Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Danish
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Punjabi
Quechua
Romansh
Runyakitara
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
-"Vous êtes priés d'assister..
..au convoi de Célestin Lemoine, aubergiste, décédé à 68 ans.
Il aurait dû boire moins de calva, il serait pas parti si vite.
Elle continue à lire.
-Augustine Lemoine, sa belle-soeur. -Et autre chose aussi.
-Des familles Granville et Lenormand.
A l'église.
-On ira.
-Ben oui.
-Bonjour, M. le maire.
-Bonjour, M. le docteur. -Qui vient nous voir aujourd'hui ?
-Le docteur soigne les vivants, et le maire enterre les morts.
-Eh ben, il chôme pas, celui-là. -Non.
-Salut, M. le docteur. -Firmin.
Ça va chez toi ? -Oui, sauf la patronne.
Elle est au lit. -Tu dis rien ?
Si ça avait été pour ton cheval...
Je passerai. -Ça ne presse pas.
Cloches.
-M. le maire.
-Bonjour, M. le maire.
-Bonjour, Testu.
Comment va votre fillette ? -Mieux, la fièvre est tombée.
-Elle sera vite guérie.
Je peux la voir ? -Oui.
Prenez un café avant de monter. -Je dis pas non.
Voilà le corps enseignant.
Bonjour, Pichet.
-Bonjour, M. le maire.
-Votre fille devait arriver.
-Ce soir-même.
-Cette Madeleine. Je l'ai mise au monde...
Et la voilà professeur. -Institutrice, seulement.
Elle doit remplacer Melle Surret. -Oui, je sais.
-Un calvados avec le café. -Non merci.
-Je ne vous ai pas revu, depuis le transport de Célestin Lemoine.
Il a souffert ? -Il était inconscient.
Une attaque.
-A votre avis, qui va hériter de l'auberge ?
-Non, "hériter l'auberge".
-L'instituteur a raison.
Ne dis pas "hériter de l'auberge" mais "hériter l'auberge".
-Ah bon.
Alors, qui va hériter... Enfin, à qui va revenir l'auberge ?
"Le Trou Normand", c'est bien.
-Oui, avec des terres et sûrement un coffre rempli.
-Célestin étant célibataire, l'héritage revient..
..à la veuve de son frère, Augustine.
-Sûr, surtout qu'elle a tout fait pour ça.
On la voyait plus souvent à l'auberge que dans sa charcuterie.
-Bonjour.
-Que voulez-vous ? -Mes pieds.
Et la patronne ? -Il y a l'enterrement.
-Ah oui. -J'arrive.
Mme Augustine.
-Quoi ? -Mme Vacher veut ses pieds.
-Dans la glacière, avec son nom.
-Bon, merci.
-Quelle gourde, elle sait rien faire !
Javotte !
Tu t'amènes ?
-Oui, il y a le feu ?
-Réponds autrement.
Aide-moi à mettre mon voile. J'ai sorti le tien.
-Pourquoi ? -Tu es une sauvage ?
Tu es sa nièce. -Mais maman...
-Tu t'achèteras de jolies choses avec l'héritage.
-Merci.
-Pauvre Célestin.
Garderai-je Hippolyte ?
-Ces souliers sont un peu justes.
Ouille ouille !
Quelque chose tombe.
-Il y en a de la naphtaline.
Je vais sentir bon.
Ça va bien.
-Alors ?
Le complet de l'oncle.
-Un peu juste aux épaules et aux fesses.
Et ces souliers compressent mes doigts.
-Il faut souffrir pour être beau.
Et ta cravate ? -Ah oui, aide-moi à la mettre.
Dis, Maria, elle dira rien, la tante Augustine ?
-Tu pouvais aller à l'enterrement de l'oncle, avec ton tablier ?
Et je me fiche de la patronne de la main gauche.
-Qu'avait-elle à la main gauche ? -Gros niais.
Tu as pas compris ce qu'elle faisait avec l'oncle ?
-L'oncle et...
Oh !
En famille, c'est pas bien.
-Depuis le temps que son mari mange les pissenlits par la racine.
Et il y avait l'auberge. Pas bête.
-L'auberge ? -Pour la dot de Javotte.
Tes gants. -Ça va.
J'aime ma cousine, je la marierais pour rien, si elle disait oui...
-Te crois pas un monsieur, parce que tu as quitté tes sabots.
-Un monsieur...
-L'oncle t'aimait bien, mais il te laissait au poulailler.
La Javotte voudra pas d'un domestique, alors rêve pas.
Mets le chapeau.
-L'oncle était maigre, mais il avait une grosse tête.
Klaxon.
-C'est les clients.
J'arrive !
J'arrive !
-Que font-ils là-dedans ?
-J'arrive. -On dort chez vous !
-Mais... -Mettez 20 litres.
-Hé, chéri.
-Quoi ? -Regarde sa gueule.
-Il est drôle.
-Ça doit être pour une fête locale. -Dites donc.
Il est réussi votre costume, où l'avez-vous déniché ?
-Chez mon oncle, c'était dans un carton avec de la naphtaline.
-Que représentez-vous ? -Le neveu.
-Dans quoi ? -De l'enterrement.
-De qui ?
-De Célestin Lemoine. -C'est drôle ?
-Non.
Vous voulez rire, c'est triste.
Très triste.
Ça fait 1 204 francs.
-Tenez, gardez tout. -Merci.
-La représentation à quelle heure ? -Ah, c'est à 11 heures.
-On viendra vous applaudir.
-Hein ?
-Amusez-vous bien. -Vous en avez de bonnes, vous.
Qu'ils sont bêtes.
Au revoir.
Hé, Maria.
J'ai de l'argent. -Mets-le dans ta poche.
-Ah oui.
Allez.
-Allons-y.
Cloches.
-Condoléances.
-Condoléances.
-Mes condoléances.
-Hippolyte. -Hein ?
-Cours à l'auberge pour le notaire, je dois aller à la boutique.
Prépare du café et range le costume.
-Déjà ? -Obéis !
-Oui, tante.
-Il faut pas lui parler durement. L'oncle, il savait le prendre.
Que va-t-il devenir ? -Pour rester, il devra filer droit.
-Et moi, nourrir et engueuler, c'est guère payer.
-Maria, vous connaîtrez mes instructions.
Viens, Javotte !
-Tout de suite, maman.
Au revoir.
-Tu pourras pas aller au bal. -Dimanche prochain, non.
Après pour Popaul, je m'arrangerai. -Comment ?
-Je dirai que je pars garder les gosses de ta soeur qui va danser.
-Elle danse pas, ma soeur. -Idiote, on dirait Hippolyte.
Au revoir.
-Pauvre oncle.
Enfin, c'est la vie.
-Maman vient avec le notaire, tu as tout préparé ?
-Oui. -Bon.
-Javotte.
Javotte !
C'est beau, hein ?
L'oncle aimait son édredon.
On l'avait acheté à Rouen.
Tâte-le dessous.
C'est doux, chaud comme un poussin sous sa mère.
Tu fais quoi ?
Touche pas aux affaires.
La chemise du dimanche. -Il est mort.
-Je peux pas m'y faire.
Je l'entends me dire : "Hippolyte, quel abruti !"
"Hippolyte, corniaud !" -Tu aimais bien ?
-Il le disait gentiment.
-Je dois décider maman à tout jeter.
-A jeter quoi ?
-Ici, il faut des toilettes, là, abattre la cloison.
-La maison tombera. -Pousse-toi.
Ici, une salle de bains. -Pourquoi ?
-Pour que les clients se lavent.
-Ils viennent ici pour coucher. -Tu es indécrottable.
Le "Trou Normand" va changer, et puis ça te regarde pas.
-Javotte, Javotte.
-Quoi ? -Dis, dis.
Dis. -Ben quoi ?
-Ici, ce sera peut-être notre chambre, un jour.
-Notre chambre ? -Oui.
Le lit de l'oncle avec le bel édredon...
Ce sera notre lit quand on se mariera.
-T'épouser, un bouseux comme toi ?
Tu m'as pas regardée !
-Mon café, mon café !
-Monsieur le notaire, nous vous écoutons.
-Nous allons..
..lire le testament.
-Maria, servez et sortez de la pièce.
-Elle est un peu de la famille, elle peut rester.
-Ah bon. -Donnez-moi les dossiers.
Où est Hippolyte ? -Que vous faut-il ?
-Sa présence. -Vraiment ?
-Oui, c'est le neveu.
-Hippolyte ! -Hippolyte !
-Va le chercher ! -Bon, bon !
Hippolyte !
Hippolyte !
Tu es sourd ? -Quoi ?
-Viens. -Pourquoi ?
-Toute la famille doit être là. -Ah bon ?
-Tu as peut-être..
..un petit quelque chose.
-Bonjour, Hippolyte.
-Bonjour, Monsieur le notaire. -Non, lisez.
-"Ceci est mon testament.
Je soussigné Célestin Lemoine,
..lègue..
..Le Trou Normand..
..situé à Courteville,
..et comprenant l'immeuble,
..3 hectares de terrain, le poste d'essence et tout le mobilier,
..linge, cave,
..et son contenu,
..à mon neveu..
..Hippolyte Lemoine.
-Vous avez mal lu !
-Non, je sais lire, Hippolyte Lemoine.
-Il a pas pu me faire ça et laisser l'auberge à celui-là !
-Taisez-vous, méchante femme, moi, je suis contente !
-J'ai l'auberge ? -Mesdames !
Écoutez-moi. -Bien.
-Ah, enfin.
Asseyez-vous.
Il y a une condition à l'héritage.
Continuez.
-"A mon neveu... -On sait !
-Fils de mon frère et de Séraphine...
Mais comme Hippolyte est..
..un ignorant, et que pour diriger une affaire,
..il faut du savoir,
..je pose une condition formelle.
Pour qu'Hippolyte touche à son héritage,
..il devra obtenir..
..son certificat..
..d'études.
-Ha ha ha !
-Ha ha ha !
-Ha ha ha !
-Hippolyte sur les bancs de l'école, c'est à mourir de rire.
-Alors il n'aura pas l'auberge, regardez-le, c'est couru d'avance.
-Hippolyte, tu as entendu ?
Alors ?
-Dis-leur que tu acceptes.
-Je vais pas aller à l'école, je suis trop grand.
Et j'ai trop de travail.
-Vous voyez ?
Tu es un sage. Qu'il signe l'acte de renonciation.
-Doucement, Madame.
Voici une 2e enveloppe,
..qui doit être ouverte après l'examen.
Pour renoncer, c'est dans 15 jours. -Je sais ce qu'il y a dedans.
Mais attendons 15 jours. -Rangez.
Hippolyte, tu viendras me voir à mon étude.
Et réfléchis bien.
Au revoir. -Au revoir.
-Madame. -Au revoir.
-Non, venez.
-Assieds-toi qu'on cause.
Viens, Javotte.
Tu iras chez le notaire, mercredi.
Je te paierai l'autocar et tu signeras là où il faudra.
-Pourquoi le notaire m'a dit : "Réfléchis bien" ?
-Pour t'embrouiller.
Hein, Javotte ? -Oui, méfie-toi de ces gens-là.
-Me méfier ? -Mais je suis là.
-Alors ça va. -Tu te vois avec des morveux ?
-Devant un tableau noir ? -J'aurais eu le bonnet d'âne.
-Sûrement. -Sûrement.
-Je te prends à mon service. -A la charcuterie ?
-Non, tu restes ici, car dans 15 jours, l'auberge est à nous.
-Tu y es ?
-La tante sera la patronne et couchera sous le bel édredon ?
-Enfin tu as compris.
Que cherches-tu, maman ? -Ses économies.
-La patronne ?
La patronne, on va voir.
-Tu en as fait du gâchis, tu as refusé d'être le maître.
-J'accepte et je m'en va chez le notaire.
-Bravo !
Voilà des sous. -C'est ça.
-Te laisse pas faire. -Oh mais...
Tu vas voir.
Je peux monter ? -Où vas-tu ?
-A Breteuil. -Monte.
-Elle l'aura pas l'édredon.
Disputes d'enfants.
-Vous désirez ? -Bonjour.
Je cherche M. Pichet pour l'école.
-Il est pris, je suis sa fille. Pour un élève ?
-Oui. -Petit ou grand ?
-Je sais pas. -Comment ça ?
-Grand, quoique...
-Je vois, votre fils est malade...
Cris.
-Arrêtez !
-Non, il viendra, enfin, c'est moi qui viendra.
-"Viendrai". Chercher les devoirs ?
-Non, c'est pas ça.
C'est moi qui viendrai les faire. -Vous ?
C'est direct. Suivez-moi.
Papa.
Le père d'un élève veut te voir.
-Hippolyte, bonjour, Hippolyte !
-Bonjour, M. Pichet. -Tu ne le connais pas.
Hippolyte, le neveu de Lemoine. Tu as une commission ?
-Oui, j'ai une lettre pour vous. -De qui donc ?
-Du notaire de Breteuil. -Donne-la moi.
"M. l'instituteur, veuillez recevoir Hippolyte Lemoine,
..qui pour devenir..
..l'héritier de son oncle,
..doit retourner à l'école,
..pour obtenir son certificat d'études dans l'année en cours.
Ton oncle avait des idées originales.
-Vous allez vous moquer de moi. -Non, c'est courageux.
Hein, Madeleine ? -Oui.
-Il est pas trop tard ?
-Non, je vous aiderai.
-Ah oui ?
Je croyais que vous refuseriez, j'on de la veine.
-"J'ai" de la veine.
1re personne de l'indicatif, j'ai.
-Ça commence.
A demain, à 9h, on te donnera un cahier.
Je te présenterai aux enfants.
Au revoir. -Merci.
Au revoir Melle Pichet.
J'ai, tu as...
J'ai, il a...
Dis, Maria, Maria !
Maria !
Je commence demain matin, l'école communale.
Dis rien à la tante Augustine.
-J'on pas l'intention. -Non, "j'ai" pas l'intention.
1re personne de l'indicatif d'avoir.
L'instruction commence.
-Hippolyte retourne à l'école pour qu'Augustine ait pas l'héritage.
C'est bien fait. -Lui à l'école ?
-C'est un secret.
Même qu'il a déjà vu la 1re personne de l'indicatif.
Hippolyte va à l'école pour qu'Augustine ait pas l'héritage.
-Pas possible ? -Oui !
Hippolyte va à l'école pour qu'Augustine ait pas l'héritage.
-Comment ? -Oui !
-Petits, petits !
Dépêchez-vous de casser la croûte.
Je vais à l'école et je veux pas arriver en retard.
Sinon je raterai mon certificat.
Bon, ça va comme ça.
Maintenant, de l'herbe pour mes lapins.
Et on y va.
On y va.
Allez !
Voyons !
Allez, je vais à l'école. -Hippolyte.
-Hein ? -Devine un peu ce que je t'apporte.
-Oh, un cartable ! -Et puis un plumier.
-Oh !
Oh oh oh !
Il est beau. -C'était à mon petit gars.
-Regarde, un porte-plume vert.
Un porte-plume rouge...
Un, deux, trois crayons.
Et ça ?
-Une gomme. -Je ferai des fautes.
-Pourquoi ? -Sans ça, à quoi ça me servirait ?
-Ah oui.
-On range tout ça pour que...
Je la mets.
-Elle te va bien. -Ah oui.
-Dépêche-toi.
-Attendez-moi !
-Hippolyte, voilà ton 4 heures.
-Merci, Maria.
-Sois sage et travaille bien. -Oui.
A ce soir, Maria.
-Je cherche la charrue ?
-C'est pas la peine, c'est pas lourd.
-En marchant vite,
..tu seras le 1er à Polytechnique.
-C'est possible. Polytechnique, où est ce patelin ?
-2 et 2, ça fait combien ? -Ça fait 4.
Et une fille comme toi, c'est 0.
-Bravo, Hippolyte, c'est beau de s'instruire à tout âge.
Vas-y, bon courage. -Merci, M. Testu.
-C'est pas malheureux ?
Monsieur fait ses coups en-dessous.
Tu es grotesque, tu es la risée de tous !
-Oh, mon cartable !
-Regardez cet abruti, ce jean-foutre !
-Laissez-le !
-De quoi je me mêle ? -Des affaires des autres.
-On va voir ça !
-Foutez-lui la paix ! -Espèce de brute !
-La fille saucisse, boucle-la !
Allez, Hippolyte, va à l'école, va la gagner, ton auberge.
C'est la volonté de Célestin, oui, de l'oncle !
N'aie pas peur, je te défendrai.
Dis donc !
-Tu me fais pas peur !
-Rira bien qui rira le dernier !
Espèce de jean-foutre ! -Arrête !
-Dépêche-toi, Hippolyte, et arrive à l'heure la prochaine fois.
-Hippolyte !
-Bonjour, les camarades. -Silence.
Vous connaissez Hippolyte, il vient étudier à partir d'aujourd'hui.
Soyez tous gentils avec lui.
En avant !
Brouhaha.
-Allez, Hippolyte.
-Un peu de silence !
-Je me mets où ? -Au fond.
Clameurs.
-J'ai dit silence !
-Il peut pas rentrer.
-Allons, allons !
J'aurais dû y penser.
Demain, tu auras un banc à ta taille.
Maintenant, au travail.
Nous commençons par la lecture.
Voilà un livre pour suivre.
Page 89...
"La chèvre de M. Seguin".
Tu commences...
Nicolas ?
-La chèvre de M. Seguin.
Le vent fraîchit, la montagne devint violette.
C'était le soir. "Déjà", dit la chèvre.
-Continue, Albert.
-Puis ce fut un nurlement... -Un hurlement, le "h" est aspiré.
-Un hurlement dans la montagne. -Bien.
-"Ouh ouh !", la chèvre pensa au loup et eut envie de revenir.
Mais elle vit deux oreilles courtes, 2 yeux, c'était le loup.
-Julien ?
-Le centimètre est la 100e... -Oui.
C'est le livre d'arithmétique, or j'ai parlé du livre de lecture.
Hippolyte ?
Alors, Hippolyte ?
-On vient.
Rires. -Allons, messieurs !
Continue la lecture.
-Moi ? -Oui et bien fort.
"C'était le loup...
-Il se mit...
-Allez. -Chut !
Alors, c'est pour demain ?
Oui.
-Il se mit à rire méchamment, en regardant la petite chèvre blanche.
Je dois imiter son rire ?
Rires. -Silence, vous autres !
Non, mais dans cette phrase, la chèvre est un complément direct.
-Un compliment direct ?
-Allons !
Continue.
-Euh...
Comme il savait qu'il la mangerait, le loup ne se pressait pas.
Et il se pourléchait les bambines.
-Non, pas les bambines. "Bambine" est le féminin de bambin.
-Ah oui. -Petite fille.
Là, il s'agit de babines. -Oui, c'est là.
-C'est-à-dire, les lèvres pendantes de certains animaux.
Et pourquoi le loup se pourléchait-il les babines ?
-Ah, ben, c'est pour montrer à la chèvre, qu'elle lui plaisait bien.
Compliment indirect.
Rires. -Silence !
Le prochain copiera 100 fois le verbe "rire".
Fermez vos livres de lecture, je vais vous interroger..
..sur les astres et les planètes.
Voyons, Pierrot ?
Combien de sortes d'astres ? -Il y a les étoiles...
Les planètes, les satellites. -Oui, satellites.
-Satellites. -Bien.
-Et puis...
-Chut, ne souffle pas.
-Il y a aussi celles qui ont des cheveux et une grande queue.
-Elle doit avoir bonne mine, cette étoile-là.
Rires.
-Du calme, les enfants.
Hippolyte s'étonne, car c'est nouveau pour lui.
Euh...
La planète, dont Pierrot a oublié le nom,
..mais qu'il a bien décrite, s'appelle une comète.
-Ah bon ? -Oui.
Une comète.
Et quelle différence y a-t-il..
..entre une étoile et une comète ?
-Les étoiles ont des pointes. -Des pointes ?
Oui, si l'on veut, on les représente ainsi.
Et pourquoi ont-elles des pointes ? -Je ne sais pas.
-Monsieur.
-Ah, Hippolyte a trouvé !
Alors, Hippolyte ?
Pourquoi ont-elles des pointes ? -C'est parce que...
C'est pour les accrocher dans les arbres de Noël.
Rires. -Allons, ce n'est pas drôle !
Tu crois qu'on a attendu les étoiles en carton,
..pour fabriquer celles du ciel ?
Rires.
-Une autre question.
Quel est l'astre le plus utile ?
Le soleil..
..ou la lune ?
-Monsieur, c'est pas difficile.
C'est la lune.
-Ha ha, et pourquoi ?
-Parce que sans la lune, la nuit, on y verrait rien.
Tandis que pendant le jour, il fait clair.
Rires.
-Allons !
Silence, les enfants !
Ils rient aussi.
-Au lieu de rire bêtement,
..vous devriez venir..
..vous instruire !
-Voilà vos 20 litres.
-Où est le comique qui était là ? -Quel comique ?
-L'artiste amateur. -Qui ?
-Celui qui s'était fait une tête d'idiot.
-Une tête d'idiot.
Ah, Hippolyte, il vient le soir, à 5h après l'école.
-Après l'école ?
Il y va encore ?
Quel âge a-t-il ? -30 ans.
Il doit se dépêcher pour avoir son certificat.
-C'est une famille de fous.
-Oui, alors !
-A demain, tu n'as pas trop mal travaillé.
-C'est maintenant que je vais travailler, dans le potager.
Mais je suis content, j'ai bien rigolé.
Au revoir, Monsieur l'instituteur. -Apprends tes leçons.
-Si j'ai le temps. -Comment ça ?
Que fais-tu en classe ? -Le jardin, les clients...
Les lapins et tout ça... -Tu veux l'avoir, ton auberge ?
-Oui... -Le père Antoine fera le jardin.
-Et qui paiera ? -On demandera au notaire.
Rentre travailler.
-Le notaire, c'est pas lui qui va faire le jardin.
-A demain.
Vous êtes content de vous ? -Pas très bien.
J'apprends, mais j'oublie vite.
Si j'ai une commission, je noue mon mouchoir, pour me rappeler.
Mais là, avec tout ce que j'ai à me souvenir, il en faudrait, du linge.
J'y arriverai pas seul.
-Je peux venir de temps en temps, le soir pour vous aider.
-Vous feriez ça ? -Puisque je vous le propose.
-D'accord. -Je mettrai de l'ordre là-dedans.
-Merci bien.
Au revoir, Mademoiselle...
-Au revoir.
Cloches.
-Pour le bal, j'ai dit que je garderai les gosses de ta soeur.
-Rendez-vous après le déjeuner. -J'irai en solex, on sera libres.
Prends une robe. -Javotte !
-Maman ? -Eh ben ?
Que complotez-vous ? -Elle me dit d'apporter un ouvrage.
-Javotte rentrera avant la nuit. -Oui, madame.
Au revoir.
-Quelle empotée !
-Ha ha ha !
-Pourquoi ries-tu ?
-Je pense à ma réponse à Mr Pichet.
Il me dit...
Un bac est troué, et un litre d'eau coule par minute.
Alors étant donné le, la... Enfin il parle de plein de choses.
Il me dit comme ça : "Quelle opération fais-tu ?"
Je lui réponds : "Si le bac est troué, je fais une soudure."
Ha ha ha !
Ha ha ha !
Il m'a bien cassé. -Pourquoi, il aurait fait quoi ?
Moteur.
-C'est Javotte.
Javotte !
Javotte, arrête-toi, Javotte !
Où vont-elles ? C'est la route de Bernay.
-A la Ferrière, y a bal. -Mais Javotte est en deuil.
-La Louisette a son promis, et Javotte peut-être aussi.
C'est de son âge. -Je ne veux pas.
-Vas-y dire, cours derrière ! -Oui, et je vais pédaler.
Et elle me fait pas peur.
Elle saura que c'est moi son promis.
Et puis si jamais elle me répond, je te lui fous une baffe comme ça.
-Hippolyte, non, Hippolyte !
Orchestre.
-Il y a rien. -Pour le théâtre ?
-L'art profite de mes découvertes, je suis impresario.
L'intimité révèle une future comédienne.
-Tu crois ?
-Au 1er baiser, je sais si la fille sera soumise,
..ou si elle saura me dire "je t'aime" avec la voix rauque.
Comme Danièle. -Avec elle tu as mis dans le mille.
-Jolie formule.
Viens, on part.
-Je te laisse.
-Voilà Mimi.
-Où est Popaul ? -Il est à la pêche.
-J'ai pas de veine. -Je le cherche.
-Dansons, d'abord. Ça t'ennuie pas, Javotte ?
-Non, allez danser.
-Vous êtes jolie. -J'ai eu peur.
-Rougissez, ça doit bien vous aller.
-Une photo du bal ? -Non, pas de photo.
-On verra après.
Allons danser.
-Popaul restera à la pêche.
-Vous n'êtes pas émue ?
Votre coeur bat.
-Excusez-moi, mais on doit pas savoir que je suis au bal.
-Un amoureux jaloux ? -Non.
-Plusieurs ? -Non.
-Tournée comme vous êtes...
-Je te va lui foutre une de ces gifles !
Elle va voir !
-Javotte, c'est charmant.
Moi, je suis Jean-Marco.
Imprésario théâtral.
Quand j'aime une fille,
..elle devient une vedette.
Vous avez un physique de théâtre. -Un physique de théâtre ?
-Vous auriez du succès, et j'ai toujours raison.
-Actrice, vous croyez ? -Pourquoi pas ?
Vous apprenez un bout de rôle, et vous m'appelez à Rouen.
Je suis dans l'annuaire. -J'oserai jamais.
-Pourquoi, vous ne voulez pas me revoir ?
-Javotte !
Javotte !
-Oh, Hippolyte !
Javotte !
-Vous le connaissez ? -Tu es en deuil.
Et tu danses ? -Laisse-moi.
-L'oncle va revenir la nuit, te hanter.
-Laissez Mademoiselle danser. -C'est ma cousine, Javotte.
Alors je peux lui parler. -Restez poli.
Et laissez-nous. -Tu vas filer d'ici !
-Je partirai avec toi !
-Allez voir dehors si j'y suis !
-Je resterai ici si je veux !
-Je vais te faire..
..honte.
Vous le voyez, cet imbécile ?
Il est tellement bête qu'il doit retourner à l'école.
Comme un môme de 5 ans !
Rires.
-Je fais des choses difficiles, le périmètre, le décamètre...
Des choses que tu comprends pas. -Oh !
-Et vous non plus !
Rumeurs de protestation.
-Si sa mère apprend qu'elle est là, ça va en faire du vilain.
-Dehors, Hippolyte, dehors, Hippolyte !
-Il doit être dans l'office. Rentre, Louisette.
-Que diras-tu ? Il t'écoutera pas.
-Maman doit rien savoir. Ramène le vélo à la maison.
-Là, c'est le col comme vous avez dit.
-Oui, je vais vous montrer.
Pour tracer le relief, prenez votre crayon.
Vous posez la mine à plat, et vous faites ça.
Vous voyez les montagnes ? -C'est joli.
-Et vous barrez, il n'y a plus de Pyrénées.
-Vous avez tout gâché. -Tu reviens juste maintenant ?
-Chut, je te parlerai après. -Je m'en vais.
-Melle Pichet, la fille de l'instituteur.
-Nous nous connaissons. -A l'école, c'était une vieille.
-3 ans de plus. -Juste 3 ans ?
Mais vous n'avez pas d'âge.
-Je vous laisse, je ne vais pas donner des leçons de politesse.
-Bonsoir, brioche !
-Ça veut dire quoi ? -C'était son surnom.
-Elle est fâchée. -On est tranquilles.
Je dois te parler. -Non.
-Assieds-toi ! -Non, je ne te cause plus.
-Tu regrettes ta conduite ? -Moi ?
-Écoute
Je te pardonne, à une condition...
Ne parle du bal à personne, à personne, tu entends ?
Si tu parles, je montrerai quelque chose.
-Quoi ? -Une photo de toi au bal.
-Donne-moi ça ! -Je ne l'ai pas.
C'est le photographe, mais je peux la montrer.
-Tu feras pas ça, Javotte.
-Alors promets-moi de te taire.
-Oui. -Bon.
-La chaîne des Pyrénées s'étend entre la France et l'Espagne.
De l'Atlantique à...
C'est embêtant, les Pyrénées, pourquoi s'embêter ?
Madeleine renifle.
-Papa. -Quoi donc ?
Madeleine !
Madeleine sanglote.
-Madeleine.
Mais qu'as-tu ?
-Ce n'est rien, papa.
-Calme-toi, mon petit.
Na, na, na.
Dou, dou ! A la bonne heure.
Qu'est-ce qui t'a fait du mal ?
-Papa.
-Oui ?
Qu'y a-t-il ?
-Je suis laide ?
-Laide, toi ?
Mais tu es charmante.
Qui t'a dit ça ?
Hippolyte ? -Non.
Javotte.
Elle est venue à l'auberge. -Quelle petite garce !
Nous allons nous venger avec élégance.
Il faut qu'Hippolyte obtienne son certificat d'études.
Et tu verras Mme Lemoine.
-C'est un complot. -Oui.
Bonne nuit.
Couche-toi et dis-toi que Javotte n'arrive pas à ta cheville.
-Les Capétiens sont Henri 1...
Robert le Pieux... Non, les Capétiens sont...
-Bonjour. -Bonjour.
Il me fait tromper.
Les Capétiens sont Hugues Capet, Robert le Pieux, Henri 1er...
Louis 6 le Gros, Louis 7 le Jeune.
Oh oh oh !
Ils sont marrants avec leurs noms.
Pourvu que je m'embrouille pas.
Les Capétiens sont Hugues Capet...
Sifflement.
-Ah !
Hippolyte !
-Quoi ? -Entre.
-Je vais à l'école. -Entre, c'est sérieux.
Tu as pas vu le journal ?
Entre.
-Bonjour. -Bonjour, Hippolyte.
-Va au fond.
-Mais...
Qu'y a-t-il ? -Regarde un peu.
Qui est-ce ? -Ah, c'est moi.
-Écoute le commentaire.
Il lit.
Le dernier des analphabètes de France doublé d'un minus habens.
-Hein ?
C'est quoi, un minus habens ? -Un minus habens, idiot !
C'est un crétin qui se laisse photographier.
-Testu ! -Quoi ?
-Remets-nous ça. -Une seconde.
Quel est le saligaud qui a fait cette blague ?
-Je sais pas. -Mais où étais-tu ?
Où faisais-tu le guignol ? -Euh...
A la Ferrière. -A la Ferrière.
Alors écoute mon gars...
Quelqu'un t'en veut. -Hein ?
-Montre ce journal à M. Pichet, il avisera.
-Bon !
-S'il n'y avait pas eu ce journal, tu ne m'aurais rien dit.
On se tue à élever des enfants. -Je veux pas vendre du boudin.
Je ferai du théâtre. -Tu es folle, Hippolyte a raison.
Et si j'avais été là ? -Tu aurais été fière.
Ta fille a un physique de théâtre.
-Ha ! -Oui.
On parlera de moi à la radio. -A la radio ?
-Et avec ça, Madame ? -C'est tout.
-Hippolyte.
-Et l'école ?
-Javotte, regarde-moi ça, ça doit te dire quelque chose.
-C'est pas moi. -Laisse-la.
-Qui c'est ? -Je sais pas.
-Fiche-moi le camp !
-Tu sais, c'est le type du bal ?
-C'est un Monsieur, toi, tu es un cul-terreux.
Sors immédiatement ! -Non !
-Tu connais les gifles ? -Oui.
-Quel crétin !
-Oh ! -Vous en voulez une aussi ?
-Oh !
-Qui aime bien châtie bien.
"Qui", pronom indéfini neutre, "châtie", 3e personne du présent.
-Les derniers Carolingiens...
Malgré la résistance qu'ils imposèrent aux ducs de France,
..se virent supplanter par eux.
En quelle année, Julien ?
-En 996. -Très bien.
A cette époque,
..Hugues Capet fonda la 3e dynastie de nos rois,
..celle des Capétiens.
Ah !
Monsieur Hippolyte daigne être des nôtres.
Qu'y a-t-il ? -Je vous explique.
-Va t'asseoir, on verra après.
Je vous disais donc qu'Hugues Capet fonda..
..la 3e dynastie de nos rois,
..celle des Capétiens.
Hippolyte.
Tu dois..
..savoir ta leçon.
Viens nous réciter les rois capétiens.
-Les Capétiens ?
Ceux-là, alors !
-Tu vas savoir ? -Oui.
Rires.
-Chut, silence !
Je t'écoute.
-Après les derniers Carolingiens, vinrent les Capétiens...
Les Capétiens sont Hugues Capet...
Qui fonda la dynastie.
Robert le Pieux, Robert le Pieux...
Ils soufflent.
-Ne soufflez pas !
-Henri 1er.
Philippe... Non.
Louis, Louis le Gros.
Ah non, le Gros vient après.
Je recommence tout.
Euh... Les Capétiens sont Hugues Capet...
Robert le Pieux, Henri 4... -Henri 4 ?
-Non, Henri 1, je me trompe dans les numéros.
Henri 1, Philippe le Gros...
Je bute toujours sur le Gros. Comment c'est...
Louis 7 le Jeune...
Philippe le Hardi... Louis le Hutin...
Philippe Auguste...
Augustine la Grosse.
Testu le Chauve...
Hippolyte le Beau...
-Que racontes-tu ?
-Monsieur, ils m'ont pris mon...
-Joseph, viens voir.
Allons, vite !
Va au coin.
Rires.
-Vous riez pour ça ?
Vous n'avez jamais vu une photo ?
Tu viendras me voir. Va à ta place.
-Ah bon.
-Je vous disais donc... A l'avènement d'Hugues Capet...
La royauté était faible.
-Papa. -Quoi ?
-Le garde champêtre est là, on te demande.
-Je me doute pourquoi.
-Pourquoi ? -Pourquoi ?
Tiens.
Regarde en 4e page.
Hippolyte, viens avec moi.
-Bien, Monsieur.
-Mets-les en récréation. -Oui.
-C'est grave. -Et comment !
Dès que j'ai vu ce torchon, je suis accouru.
On frappe. -Entrez !
-Pichet. -Docteur.
-Tu as fait venir le loustic. -Oui, Hippolyte m'a tout raconté.
-Tu nous as foutus dans un joli pétrin.
-J'étais au bal et j'ai même pas dansé.
-Tu aurais dû rester tranquille ! -Qui t'aurait fait ça ?
Parle ! -Je sais pas.
-C'est un coup des réactionnaires. -Sûrement.
-Pour nous déboulonner.
J'imagine le prochain article : "Une municipalité rétrograde,
..les arriérés pullulent...
Aux élections, on perdra 200 voix.
-Notre village est humilié, et même toute la Normandie.
-Si ça fait tant d'histoires et que je suis qu'un idiot,
..je peux tout lâcher.
-Non, au contraire, ne t'arrête pas au certificat, va à la licence.
Ton doctorat, ton agrégation. -N'exagérons rien.
-Mais il faut arrêter le scandale, car les journalistes viendront ici.
-Si des journalistes viennent à l'auberge, tu ne dis rien, hein ?
-Je téléphone au préfet pour obtenir une rectification.
J'ai sauvé sa fille l'an passé.
Allô ?
Janine ?
Donnez-moi la préfecture.
-A bientôt, bonjour chez vous.
-D'accord, M. Lemoine.
-Entrez.
-C'est le fameux Trou Normand ? -Le fameux ?
Pourquoi ? -Pour rien.
Patron, je veux du cidre.
-Je suis pas encore le patron.
Pourquoi ces questions, vous êtes journaliste ?
-Non, représentant en crayons.
-Alors ça va.
Parce que certains risquent de s'amener, alors vous pensez...
Casse. -Ça porte bonheur.
Mais j'ai une liste de réponses que l'instituteur m'a écrites.
Il faut se méfier. -Oui.
Et ils viendront pourquoi, ces journalistes ?
-Vous venez pour me questionner ou pour le cidre ?
-Pour le cidre.
-Bruicourt.
-Duval, toujours le 1er. -Vous vous connaissez ?
-Il est aussi représentant en crayons.
-Comme lui.
-On fait la région ensemble. -Alors...
-Et voilà Giroud, le 3e représentant de crayons.
-Ah, dites donc. -Il manquait.
-On en use des crayons, ici.
Un cidre ? -Oui.
-Ah là là !
Ces journalistes ont pas l'air de venir.
Mais qu'ils s'amènent, parce qu'avec moi...
Bouche cousue.
Ils sauront rien. -Puisqu'on est entre nous...
On va bavarder gentiment. -C'est pas de refus.
Vous êtes aimable, et j'ai du temps.
-Vous n'avez pas besoin de crayons ?
-Des crayons ? -Vous allez à l'école.
-Oui. -Et pourquoi ça ?
-Je vais tout vous raconter, entre nous...
Figurez-vous...
-Le salaud, il l'emportera pas au paradis !
Maman !
-Qu'ont-ils, tous ? -Regarde, Hippolyte a parlé.
Il nous traîne dans la boue.
Dans celui-là aussi. -Oh !
-Regarde ici, regarde.
-Tu as tout raconté !
-Tu avais bouffé du tigre.
-Mais non, j'ai pris du café avec des tartines.
-Ne fais pas l'idiot. -Tu t'es laissé avoir.
-Malgré ma mise en garde. -J'ai pas vu les journalistes.
J'ai vu des marchands de crayons qui m'ont même payé un verre.
-Ils se sont payés ta tête. -C'est étrange.
Le préfet devait rectifier. Je le rappelle.
-Il va voir de quel bois je me chauffe !
-Ha !
Pousse-toi de là !
Augustine crie.
-Madame Lemoine !
Madame Lemoine, non, l'école n'est pas un lieu public !
-Voyons !
-Monsieur le préfet. -Oui ?
-Le Dr Aubert de Courteville. -Passez-le-moi.
Bonjour, Docteur.
Oui, je suis désolé.
On a été gagnés de vitesse par les journalistes.
-Ça fait un scandale.
Je n'exagère rien, mais l'histoire prend des proportions grotesques.
Et si France Dimanche s'en mêle, on n'en sortira pas.
Et ça tombe sur un garçon courageux.
C'est courageux de retourner à l'école.
-Il est trop tard pour rectifier.
Attendez.
Le seul moyen est d'y aller carrément,
..et de faire de la publicité qui fasse de votre écolier une vedette.
Oui, je convoque la presse et voici ce que je vous propose.
-Laporte Jean. -Présent.
-Ta moyenne est faible et pour ta conduite, vois avec ton père.
Brochet Pierre. -Présent.
-Un point de plus en histoire.
-Lenormand Albert. -Présent.
-Progrès, continue.
Lemoine Hippolyte.
-Présent.
Je t'annonce une bonne nouvelle. -Ah bon ?
-Tu as la croix. -Non ?
-Oui, la croix simple, en attendant la croix d'honneur.
Mets-la sur ta blouse. -Oh, M. Pichet.
Vous vous êtes mis en frais. -Non, mais je ne te la donne pas.
Tu me la rendras. -Ah bon ?
-Sauf si tu la mérites encore. Voilà ton livret.
-Ah bon.
-Papa. -Qu'y a-t-il ?
-Des reporters veulent photographier Hippolyte.
-Ça se sait déjà ?
-Ils disent que tu es au courant. -Ils tombent bien, cherche-les.
Va à ta place.
-Ah bon.
-Mes enfants, on vient pour photographier Hippolyte.
C'est un honneur pour l'école, bénéfique à tous.
Alors soyez sages.
Debout !
Messieurs, entrez, vous venez pour photographier notre phénomène.
Vous tombez bien, il a eu la croix.
Assis !
-Vous allez pas voir ma croix.
Allez-y.
Que ferez-vous de tout ça ?
Oui, quoi ?
Allez-y.
Là.
La table est petite, ça déborde. Ça sera pas pour la photo.
Mais c'est à moi.
-On va te la rendre. -Ah bon.
Par où ?
Par là.
Allez-y, ne vous gênez pas.
-Tenez-vous la main. -Ah bon.
Allez-y.
-Merci.
-Ah bon.
-Au revoir, messieurs.
-On fait ça quand un élève a la croix ?
-C'est Courteville ? -Oui.
-Où est le Trou Normand ? -Par là, à la sortie du village.
-Sur la droite. -Merci.
-Javotte !
Où est la petite ?
Javotte !
-Digne fils du héros qui t'a donné le jour.
-Plein de clients à l'auberge.
-Délivre l'univers d'un monstre... -Tu t'en fous, avec tes fables.
-Non, "Phèdre". -Tu as pas mieux à faire ?
-La veuve aime Hippolyte.
-Toi, tu aurais dû aimer Hippolyte. -Mais je ne l'aime pas.
Quand ma bouche implorait le nom de la déesse, j'adorais Hippolyte.
-Tu en fais trop. -Et le voyant...
-Tu m'énerves avec ton Hippolyte, et enlève ce rideau que tu salis.
Tout le village est à ses pieds.
Ils l'adulent, et nous, on nous ignore.
Dis quelque chose ! -Quoi ?
-Il va réussir ?
-Le certificat d'études, c'est facile, et puis il sera pistonné.
-Moi, je me résigne pas, j'aurai cette auberge.
J'ai tout fait pour l'avoir. Il y a un moyen, je le trouverai.
Téléphone. -Téléphone ?
-J'y vais. -Non.
-Allô ?
J'ai pas demandé Rouen. -C'est moi.
-Ah, ta carrière artistique, ton imprésario.
Attends d'être majeure.
Je ne veux pas d'une cabotine, il y a déjà un idiot.
Annulez.
-Il y a quelqu'un ?
-Oui, j'arrive.
-Janine, n'annule pas Rouen, passe-moi vite la communication.
Téléphone.
-Qui est à l'appareil ?
Ah oui, parfaitement.
Si, je me souviens bien.
La fille de Courteville ?
Javotte.
On n'oublie pas ce prénom.
Je peux faire votre portrait.
Des cheveux dorés...
Des yeux noisette...
Des joues rondes...
Une bouche sensuelle...
Une taille mince et souple...
Et puis des...
Je me rappelle.
-Je veux auditionner.
-Voulez-vous...
Chez moi ?
22 rue des Capucins.
Au rez-de-chaussée, oui.
N'oubliez pas, 22.
C'est ça.
Disons... Après-demain.
Trois heures.
Entendu.
-Bonjour.
-Bonjour.
-A qui donnais-tu rendez-vous ? -A mon marchand de charbon.
-Il a de la poitrine,
..ton marchand.
-Si peu...
Brouhaha des écoliers.
-Relève-toi.
N'oubliez pas que c'est moi, le chef.
Allez.
Suivez.
Plus vite.
Allons.
Allez.
Un, deux. -Un, deux.
Un, deux.
-Quand on demande aux enfants, fanfan...
S'ils sont venus par la cheminée, néné...
Ils vous répondent "c'est évident", denden,
..en suçant du réglisse et du cachou, chouchou.
-Fanfan, néné.
Denden, chouchou.
-Fanfan naît dans choux choux.
-Ha ha ! -C'est maman.
-Ha ha. -C'est papa.
-Ha ha ha. -Qui nous ont appris tout ça.
-Ha ha. -C'est maman.
-Ha ha. -C'est papa.
-Ha ha. -Qui nous ont appris tout ça.
Les enfants se réveillent très tôt, toto.
La maman leur peigne les cheveux, veuveu.
Mais le soir, ils reviennent crottés, tété.
Le nez sale et de la boue jusqu'aux genoux, nounou.
-Toto veuveu tété nounou.
-Toto veut téter nounou.
-Ha ha. -C'est maman.
-Ha ha. -C'est papa.
-Ha ha. -Qui nous ont appris tout ça.
-Ha ha. -C'est maman.
-Ha ha. -C'est papa.
-Ha ha. -Qui nous ont appris tout ça.
Quand ils savent qu'on ne les voit pas, papa.
Ils s'en vont grimper sur le buffet, fèfè.
Pour chiper, les petits chenapans, panpan.
La tirelire où l'on garde leurs écus, cucu.
-Papa fèfè panpan cucu.
-Papa fait pan-pan cucul.
-Ha ha. -C'est maman.
-Ha ha. -C'est papa.
-Ha ha. -Qui nous ont appris tout ça.
-Ha ha. -C'est maman.
-Ha ha. -C'est papa.
-Ha ha. -Qui nous ont appris tout ça.
-On va jouer au ballon.
Cris des enfants.
-On se prépare.
Ne soyez pas dissipés, je vais sévir.
M. Pichet vous a confiés à moi.
Je vais former les équipes. Ecartez-vous comme ça.
Ceux-là jouent par là, et ceux-là jouent par là.
-Avec nous, Hippolyte !
Cris des enfants.
-Du respect, je suis plus vieux et je suis le chef.
Je fais le goal des deux côtés et je fais l'arbitre en même temps.
En place !
Allez, hop !
Allez, c'est moi qui engage.
Ecartez-vous, là.
Attention...
Hippolyte siffle.
-Un...
Hippolyte se fait huer.
-Ça compte pas.
-Hippolyte !
Allez !
Cris des enfants.
-Une tête.
Faites des têtes.
Allez !
Allez !
-Dégage !
-Ouais !!!
Cris des enfants.
-Et hop !
Cris des enfants.
-Hippolyte !
-Je vais perdre dans les 2 camps.
-Hippolyte !
Hé bien, Hippolyte !
Je t'appelle. -Ma tante.
Que veut-elle encore ?
-J'ai un mot à te dire.
-A moi ?
-C'est au sujet de Javotte.
-Javotte ?
Tiens, fais l'arbitre, j'arrive.
Javotte ?
-Approche. -Vous n'avez pas votre bâton ?
-Non, je ne suis pas venue pour te battre mais pour faire la paix.
-J'aime mieux ça. -J'ai à te parler.
-Je reviens.
Cris des enfants.
-Pourquoi venir ici ?
-On sera bien pour causer. -Ah bon.
-C'est pas triste, à la maison, j'aurais dû te prévenir avant.
Mais je pense à ma fille. -Qu'est-ce qui arrive à Javotte ?
-Que lui arrive-t-il ?
Elle est amoureuse de toi. -Amoureuse de moi ?
C'est pas possible. -Je te le dis.
Mais je ne voulais pas, elle est jeune.
Et épouser un cousin, ça fait des enfants difformes.
Et tu es riche.
-Je suis riche ?
-Avec l'auberge, on aurait dit qu'elle te voulait pour tes sous.
-J'ai de la chance.
J'y crois pas.
Javotte m'aime vraiment ?
-Il te faut une preuve ?
Je te jure que devant moi, elle a dit "J'adore Hippolyte".
-Elle a dit ça ? -Et comment !
Mais tu l'as giflée, alors elle est butée.
Et tous ces racontars, et son désir d'être une artiste.
De faire une carrière.
Elle quitterait le pays. -Non ?
-Pour qu'elle te revienne, tu dois faire quelque chose.
-Ah oui. -Un geste.
-Je vais aller l'embrasser. -Non, un grand geste.
Comme un cadeau.
-J'ai une tirelire... -Non, tu veux Javotte ?
-Oui. -Alors donne-lui le Trou Normand.
-Mais je l'ai pas encore. -Tu l'auras, si tu as ton examen.
-Oui. -Alors ?
-Ah, c'est la renonciation que je dois signer ?
-Non, il est trop tard.
Et tout le monde t'en empêcherait, ça me retomberait sur le dos.
Non, il doit y avoir un moyen.
Cherche. -Mais il faut trouver.
Comment on ferait bien ?
Et si je ratais exprès mon examen ?
-Ça alors, j'y aurais jamais pensé. -Je répondrai n'importe quoi.
Pour preuve d'amour, c'est bien. -Tu es plus futé qu'on ne le croit.
-Et l'auberge serait à moi et à Javotte, puisqu'on serait mariés.
-J'ai bien fait de venir, mais pas un mot à personne.
-Promis. -Surtout pas à Javotte.
Elle refuserait ton sacrifice,
..pour que tu ne penses pas qu'elle voulait l'auberge.
-Oui, c'est vrai, elle est si sensible.
Si droite, si fière. -Ça, tu peux le dire.
-Vaines précautions, cruelle destinée,
..j'ai revu l'ennemi que j'avais éloigné.
Ma blessure trop vive a saigné. Ce n'est plus une ardeur cachée.
C'est Vénus toute entière...
-Merci, merci.
C'est pas mal du tout.
-J'en sais plus. -Ça suffit.
Vous êtes très douée.
Mais avez-vous déjà mis un péplum ?
-Un péplum, non.
-Mais c'est important.
Très important, question d'épaules.
Il faut pas être trop mince. -Je...
-Montrez votre décolleté.
Coup d'oeil professionnel.
-Comme ça ? -Je ne vois rien.
Dégagez l'épaule.
C'est adorable.
Vous avez peur ? -Non, pas du tout.
-Alors dites-moi...
Pourquoi avoir choisi Phèdre ?
Vous pourriez faire des rôles bien plus tendres.
Plus vous-même.
Petit monstre qu'on adore et pour qui on ferait tout.
-Ou les ingénues.
-Les oies blanches, elles ne vont pas loin.
-Je veux aller loin.
-Alors là...
Il y a une épreuve à subir. -Ah ?
-Charmante épreuve.
Comment embrassez-vous ? -Je sais pas.
-Tout est là, le public doit voir votre tempérament.
Et votre 1er public, c'est moi.
-Alors je dois vous embrasser ? -Exactement.
J'aurais pu le faire, mais vous auriez eu un sursaut.
Je veux un baiser d'amoureuse. -Bien sûr.
-Embrassez-moi.
Allez-y.
Embrassez-moi.
C'est ça, embrasser ?
Je vais te montrer, idiote.
Sonnette.
-Zut, c'est... -Dites...
-Mon marchand de charbon, file.
Viens.
Je te prépare ton contrat. Attends que je t'appelle.
-Au revoir. -Oui.
Oh, celle-là !
-Bonjour, Mme Maria, voilà le facteur.
-Pas trop de paperasse ? -Si, le double, grand-mère.
Les journaux.
Il y a un rouleau et des lettres.
-Mon Dieu ! -Il y a ça.
Tout ça, c'est pour vous. -Seigneur !
Ça servira à allumer le fourneau.
-Ça marche pour Hippolyte ?
L'examen approche.
-Sa tête va éclater.
Mais voilà votre goutte. -Merci, c'est pas de refus.
Il doit être savant, maintenant. -Je peux pas y causer.
Je parle d'oignons, il me cause de Charlemagne.
-Bonjour, Hippolyte est-il là ?
-Il y a ceux-là aussi.
Des journalistes, des photographes. Ils demandent tous quelque chose.
-Non, moi, j'offre. -Quoi donc ?
-S'il pose pour nous et s'il signe,
..la maison du stylo "Éclair" en offre un.
-D'autres sont venus avant vous.
Il a 14 stylos, dont un, en vrai or.
Et des frigidaires, des machines à laver...
Même une auto qu'on va lui donner.
Alors... -Oui, oui.
Arrangez-vous pour qu'il vienne.
Il va pas à l'école, jeudi. -Il a pas de jeudi, lui.
Il a des leçons en plus.
Je vais voir s'il a fini avec Louis XVI.
-Là.
-Calculez l'épaisseur du sable.
-Hippolyte.
Tu dois poser pour des stylos. -J'en ai à revendre.
Maintenant je veux... -Quoi ?
-Une bague et des boucles d'oreille.
-Mais pour quoi faire ?
-Hein ?
Rien.
Je disais ça pour causer. -Il délire.
-Reprenons, calculez l'épaisseur de la couche de sable.
-Vous y tenez vraiment ? -Vous n'aimez plus votre travail.
-C'est pas que je ne l'aime plus, mais il m'amuse moins.
-Mais vous touchez au but et il faut cravacher.
On a la surface, le volume et le poids du sable.
Calculez son épaisseur.
-Mais c'est des blagues, ça. -Des blagues ?
-Oui.
Supposons que je mette le pied sur le sable...
L'épaisseur a changé. -Je vais me fâcher.
-Non, vous êtes trop gentille. -Quel toupet.
-C'est pas grâce à vous que j'ai eu toutes mes croix ?
Et que je sais que Charlemagne rendait la justice sous un chêne ?
-C'est pas Charlemagne, c'est Saint Louis !
Allons, il faut encore travailler, reprenons.
-L'épaisseur du sable, c'est difficile.
C'était vraiment Saint Louis ? -Reprenons.
-Allez.
-Reviens avec ton certificat. -Oui, mère.
-Je te confie mon petit gars.
-Ne fais pas comme l'an passé.
Il klaxonne.
-Cher Pichet. -Bonjour, Docteur.
-Votre candidat va bien. -Ne vous en faites pas pour moi.
-Madeleine, voyons les résultats de vos efforts.
-Vous avez revu votre histoire ? -Inutile.
Vous allez voir.
Acclamations.
-Bonjour !
-Et il nous nargue par-dessus le marché.
-Allons voir les résultats. -Non.
-Si, je sais qu'il ne sera pas reçu à son examen.
-Ah ?
...
-Le voilà !
Commentaires.
-Laissez-moi descendre.
Ne m'accaparez pas comme ça.
-Nerveux ? -Un fétiche ?
-Que préférez-vous ? -Continuerez-vous ?
-Ne l'affolez pas ! -J'ai l'habitude.
-Avez-vous bien dormi ?
-J'ai jamais réussi à dormir sur mes deux oreilles.
-Il a bu ? -Dépêchez-vous.
-Vous en faites pas.
A tout à l'heure.
-Au succès d'Hippolyte.
-J'ai confiance. -Moi aussi.
-S'il y a un Dieu, il ne laissera pas Augustine avoir le dernier mot.
-Comment va-t-on fêter son retour ? -Tout est prévu.
Les banderoles sont prêtes.
Le vin d'honneur aura lieu dans son auberge.
Qu'il gagne. -Comment le saurons-nous ?
-Tout est prévu, on nous avertit par téléphone.
On pourra s'installer.
Je vais voir Maria pour le vin d'honneur.
-Maria, elle doit être à l'église.
Elle doit en être à son 14e cierge.
-Saint Nicolas, faites qu'il ait son certificat d'études.
Saint Nicolas...
-Le voilà.
-Ah !
-Ça a marché comme tu voulais ? -Pour ça, oui.
-Je suis fier de toi. -Quelle chance !
-Quelques mots aux auditeurs de Radio Normandie.
-Non, parce que... -Si.
-Attendons que ce soit officiel.
-Dans quelques instants,
..Hippolyte Lemoine vous fera le récit de son examen.
-Pardon, mais je vois ma tante... -Elle est venue, celle-là ?
-Je dois lui parler. -Ménage-la.
Elle peut tomber raide. -J'ai des sels dans ma trousse.
-Alors ?
-Vous allez être contente.
Où est Javotte ? Elle flâne.
Elle nous rejoindra au café, viens.
Donnez-nous 2 cidres. -Oui.
-Merci.
Alors, raconte.
-J'ai écrit que des bêtises.
-Tu as fait ça ? -Oui.
Vous n'avez pas..
..vu le petit gros avec un lorgnon me demander...
"Dites-moi le nom de la femme de Louis XVI."
Alors je réponds, sans rire, Marie-Antoinette.
Et je précise...
"L'Autrichienne", pour qu'il comprenne de qui je causais.
1372
-C'était pas la femme de Louis XVI ?
-Oh, tante, vous n'êtes pas calée, vous auriez eu 0 aussi, alors.
Merci. Louis XVI...
Mari de Catherine de Médicis.
Marie-Antoinette, elle avait été pendue depuis longtemps.
-Ah ?
C'est si loin.
-Le plus drôle, c'est pour les villes de l'Amérique du nord.
J'ai hésité, mais j'ai pensé à Javotte.
Pour elle, je dois faire l'idiot.
C'était pas commode.
Mais très vite, j'ai répondu Boston, Chicago, New York...
-New York est du nord.
-Du nord ?
Et quand une vague de chaleur touche New York, c'est le nord ?
-Ah !
-Hippolyte reste longtemps avec sa tante.
-Vous avez un collègue ici ? -Oui.
-Allez vous renseigner, la radio pourra partir s'il est recalé.
-J'y vais.
-Javotte.
Je te donne l'auberge. -Tu es bien gentil.
J'ai appelé à Rouen.
Jean-Marco m'engage pour 3 mois.
-Quoi ? -Mais tu dois signer le contrat.
-Jamais ! -Et ma carrière artistique ?
-Tu pars 3 mois ?
Elle me taquine. -Toi, la barbe !
-On lui parle de notre complot ? -Quel complot ?
-C'est rien.
Je vais appeler le notaire pour lui dire qu'Hippolyte a échoué.
-Tu as raté, bravo ! -C'est exprès, pour toi.
C'était convenu. -Avec qui ?
-Avec ta mère.
-Maman ?
-Oui, elle m'avait dit que...
Qu'on se marierait si je faisais ça.
-Et tu l'as cru ?
-Oui.
C'est pas vrai, tu m'aimes pas ? -Et elle t'a dit que je t'aimais ?
-Oui.
Même que tu m'adorais.
-Et tu as marché ? -Oui.
-Pourquoi elle a dit ça ?
-Pour avoir ton auberge.
Tu me fais de la peine.
Comprends-moi, je suis pas faite pour toi, ni pour vivre ici.
Demain, je partirai vivre ma vie.
-Alors j'ai tout perdu ? -Non.
Tu as des amis, va les retrouver.
-J'ai tout perdu ?
J'ai tout perdu.
-Allô, Maître Poussin ?
Il n'est pas là ?
Où ?
A Courteville.
A son retour, dites-lui d'aller au Trou Normand pour la succession.
Avec la 2e enveloppe.
Moi, j'appelle la cabine de Courteville pour le joindre.
Merci.
Allô Mademoiselle, je voudrais la cabine de Courteville.
-Honneur à Hippolyte.
Mets cette banderole en place, je m'occupe des drapeaux.
-Tout de suite.
-Des nouvelles ? -Non.
-J'ai le foin à rentrer. -Et moi, mes patates.
-Patientez, on va bientôt être fixés.
-Les gars, Hippolyte a raté. -C'est pas vrai, pas possible !
-Augustine a appelé, on doit prévenir le notaire.
-Que fait-on ? -Foutez le camp.
Les gamins, allez jouer avec les banderoles, les drapeaux.
-Y a pas de bon Dieu ! -Non, sûrement.
Oh, il a raté.
Oh !
-J'ai tout perdu, le certificat, Javotte.
-Pardon.
Il est reçu !
-Il sera content. -L'inspecteur a dit que ça y était.
-Cherchons Hippolyte. -Et j'appellerai Testu.
-J'ai tout perdu.
Tout perdu.
-Alors ? -J'ai rien vu.
-Pichet ? -Rien du tout.
-Où est-il ? -Il faut faire quelque chose.
-Je prends ma voiture. -Je continue.
-On vous rattrape.
-Pardon, vous n'auriez pas vu un jeune homme en gris ?
Avec un béret.
-Tu l'as vu ? -Non.
-Ah, un gars est parti à gauche. -Je vous remercie.
Klaxon.
-Pardon, vous n'avez pas vu un jeune homme en gris avec un béret ?
-Oui, il allait par là. -Je vous remercie.
-Hippolyte !
-J'ai tout perdu.
-Hippolyte !
Hippolyte !
Il est là-bas.
-Allons le chercher.
-Hippolyte !
-Que fais-tu là ? -Laissez-moi !
-Hippolyte !
-C'est vrai, je suis un idiot, j'ai tout raté.
-Mais il est fou ! -Vous êtes reçu.
-C'est vrai ? -Oui, tu as ton certificat.
-C'est vrai ? -Oui.
-Allez, monte !
-Et vous avez bien répondu. -Vraiment ?
-Mais oui.
C'est vraiment moi ? -Oui.
-C'est comme ça. -Eh oui.
-Dire que c'est Augustine qui aura l'auberge.
-Elle mettra Hippolyte à la porte. -Que vont dire les réactionnaires ?
-Pauvre Hippolyte, c'est pas juste.
C'est pas juste. -Non.
-A la nôtre. -Oui, santé.
-Ça y est, il est reçu à l'examen.
-Non ! -Melle Pichet m'a appelée.
-Bravo !
-Et l'appel d'Augustine ? -Elle nous a eus.
On s'est pas méfiés.
J'ai renvoyé la fanfare. Et les banderoles.
Les banderoles.
Il est reçu, Hippolyte est reçu !
Oh oh oh !
Janine, va annoncer la bonne nouvelle.
Toi, va dire à Maria de ressortir son vin d'honneur.
Tâche de récupérer des drapeaux.
-Les petiots sont là, je les prends.
-Les drapeaux !
Flûte !
J'ai renvoyé la fanfare.
-J'en cherche quelques uns ? -C'est ça, oui.
Musique de fanfare.
Acclamations.
-Hippolyte !
-Le voilà !
Fanfare et acclamations.
-Hippolyte !
-Silence !
Je vous en prie !
Hippolyte, je te félicite au nom des habitants de Courteville.
Tu es comme leur enfant.
Acclamations et fanfare.
-Pourquoi ce tintamarre ?
-Votre neveu a son certificat. -Quoi ?
La bourrique ! -Il t'a bien eue.
-C'est pas fini, j'ai pas dit mon dernier mot !
Il croit que ça va se passer comme ça !
Brouhaha.
-Je lève mon verre au symbolique courage d'Hippolyte Lemoine.
-Bravo, Hippolyte !
-Qui, malgré les embûches de toutes natures,
..a mené à bien une tâche peu commune.
Retrouver l'enfant en lui pour être l'homme que son oncle souhaitait.
-Bravo !
-N'oublions pas d'associer à cette réussite notre instituteur.
Notre ami Pichet.
Acclamations.
-Ainsi que Madeleine, dont le dévouement est un exemple.
Acclamations.
-La brave Maria qui a couvé notre Félix.
Acclamations.
-Et vous tous, qui n'avez jamais douté du génie tardif..
..et des dons précoces d'Hippolyte.
Acclamations.
-J'y comprends rien, à l'examen j'avais fait exprès de me tromper.
-Ne le dites pas, il y a un bon Dieu pour les grands enfants.
-Mademoiselle Madeleine, c'est difficile, le brevet élémentaire ?
-Pourquoi me demander ça ? -C'est pas que je veux le passer...
Ça me ferait plaisir de vous avoir auprès de moi, pour travailler.
-Alors, patron, tu es heureux ?
-Si je suis heureux ?
C'est comme dans un conte de fées. -Voilà Carabosse.
-Hippolyte !
-Si c'est pour m'embrasser, j'ai pas envie.
-Viens, le notaire t'attend.
-Mme Lemoine, c'est pas le moment. -On doit ouvrir une 2e enveloppe.
Le notaire attend. -Qu'il entre.
Qu'il vienne trinquer. -Oui !
-Qu'il lise ici, j'ai rien de caché.
-Tu vas voir !
-Ouh là là !
-Que contient l'enveloppe ? -Elle doit aller à l'école aussi ?
-Pas de blagues, je démissionne.
Il klaxonne.
-Oh vous, j'arrive tout de suite.
-Hippolyte Lemoine, veuve Augustine Lemoine, approchez.
On lit le document.
-Le document ? -Oh !
-Chut !
A ouvrir après l'examen.
-"Mais si Hippolyte est assez crétin pour rater son certificat,
..comme moi...
-Mais je l'ai eu. -Chut !
-Qu'il prenne l'auberge quand même.
Brouhaha et fanfare.
Sous-titrage MFP.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.