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Zulu
...
Léger brouhaha
...
Salut, les jeunes. C'est l'heure du gâteau.
Doucement, ou ça va s'éteindre.
-JOYEUX ANNIVERSAIRE
JOYEUX ANNIVERSAIRE
JOYEUX
ANNIVERSAIRE, RITA
JOYEUX ANNIVERSAIRE
Acclamations
-Bon anniversaire, chérie. Tu as fait un voeu ?
Allez, souffle les bougies.
-Allez, souffle !
-Souffle ! -Allez !
-Allez. Sinon, il va pas se réaliser.
-Je te filme, Rita.
Musique sombre
...
-Rita... Qu'est-ce que t'as ?
Parle-moi. -Papa...
Papa...
-Quoi, chérie ?
Quoi ?
-Papa, je veux pas mourir. -Ma puce...
Calme-toi. Calme-toi...
Ca va aller.
...
Générique : "Doc"
...
-Pourquoi tu veux arrêter ?
-J'ai eu un souvenir bizarre avec la femme du bar.
-N'arrête pas la stimulation.
-Très bizarre.
-A quel point ? -Au point qu'elle était
très peu vêtue et qu'on était dans le même lit.
-Très bizarre, oui ! -C'était un faux souvenir.
Comme celui d'Agnès et Bramante
qui s'embrassaient.
-Pourquoi il serait faux ?
-Tu as des infos ?
-Non. -Tu vois ?
J'ai pas trompé Agnès. -Vous étiez séparés.
-Elle était malade !
Tu penses que j'aurais pu coucher avec une autre ?
-Tu l'as fait, avec Julia.
-Il m'a fallu des années.
Et Agnès était guérie.
Vibreur
J'y vais.
-Non. Andrea, tu ne dois pas interrompre
la stimulation parce que tes souvenirs ne te plaisent pas.
Tu interromprais le flux de ta mémoire.
Cette femme a dû être très importante pour toi.
Maintenant,
tu dois te renseigner sur elle.
C'est un ordre de ton médecin.
-D'accord.
-Le chef de service arrive.
-Je vois pas
ce que ça changera. -Vous ne le connaissez pas.
-Me voilà. Bonjour.
-Bonjour.
-Andrea.
-Rita. -Son père.
-Enchanté. -Rita est arrivée aux urgences
après une insuffisance
respiratoire.
-Reste un enrouement. -J'avais pas remarqué.
-Les médecins servent à ça.
Ils ont fait quoi,
aux urgences ?
-Elle s'est calmée.
-Donc on ignore la cause ?
-Il y a 6 mois, on lui a diagnostiqué
un adénocarcinome pulmonaire.
-Dans un autre hôpital.
-Il vaudrait mieux
voir l'oncologue.
-Non. Elle refuse
la chimiothérapie. -Comment ça ?
-Elle préfère suivre
les traitements
du Dr Pascal Lambert. -Je le connais pas.
-Les patients servent à ça.
-Ils nous font perdre du temps.
Ignorante et insolente.
-Qui c'est, ce Dr Lambert ?
-Un médecin qui a... -C'est pas un médecin.
Il a été radié. Il usurpe ce titre.
C'est honteux. -Oui.
Il aurait développé
un traitement contre le cancer. -Pas un traitement.
Il profite de la stupidité des patients.
-C'est vrai.
Une pseudo-thérapie.
-Un mélange de cortisone
et de vitamines. -Voilà le résultat.
Le thorax de Rita
il y a 6 mois, et hier.
Ca s'est aggravé, d'où l'insuffisance respiratoire.
Bref,
elle a un cancer, l'oncologie doit s'en occuper.
-Elle refuse de se faire soigner.
-Elle est majeure.
-On la garde un peu. -Ce serait pas mieux
de s'occuper d'un patient
qui veut se soigner ?
-Si on la convainc,
ce sera utile.
-Parlons à son père.
-Non. Il faut insister avec elle.
Laissez-moi essayer.
-Encore des médecins
à la botte des labos...
-Ne juge pas le Dr Fanti.
-Il pourrait comprendre Lambert.
-J'ai parlé à mes collègues du journal.
C'est un type
hors du commun. -Si j'arrivais à le convaincre,
ça ferait une pub pour le traitement.
-Laisse-lui une chance.
Son histoire est intéressante.
-Raconte-moi.
-Doc ! Le matériel que tu voulais. -Oh...
Merci.
Ca va ?
T'es pâle.
-La nausée.
Non...
Je n'infligerai pas une 4e fille à Enrico.
-J'ai une question.
-Sur Enrico ? -Sur moi.
Tu me connais depuis toujours.
-Du coup, je sors
avec un psychiatre.
-D'après tes souvenirs,
j'ai eu d'autres liaisons, avant Julia ?
-Je me souviens d'une collègue.
-Une collègue ? -Ouais.
Une radiologue.
-Grande, brune ? -Brune...
Lucia. C'était ça, oui.
C'est la seule
qui t'a fait des avances.
Tu ne pensais qu'au boulot.
-C'est ce que je me disais.
Merci. -En même temps...
j'avais pas vu que tu étais avec Julia, donc tu devrais voir
avec elle.
-Quand le Doc fait ça, ça me met en colère.
Garder cette patiente ne sert à rien.
-Marabin va approuver ton projet sur les benzodiazépines.
Tu seras cheffe de service ailleurs
et tu le verras plus.
-C'est vrai.
-Dr Giordano...
-Comment ça va ?
-Je me sens fatiguée, comme d'habitude.
-Le Dr Cesconi supervisera votre suivi mensuel, maintenant.
Il est briefé. -Enchantée.
-Bonjour. -"Cesconi", c'est ça ?
-"Damien", si vous préférez.
-Je connaissais un Cesconi.
-Ah oui ?
-Samuel.
-C'est mon frère.
Et... Où vous vous êtes
rencontrés ?
-Ici, à Milan. On a...
On a travaillé ensemble.
-Ah... Je savais pas qu'il vivait dans le secteur.
-Vous vous parlez pas
souvent ?
-Non.
-Lui et moi,
on s'est perdus de vue.
-Pardon.
Julia, j'ai du nouveau. Tu viens ?
-Oui. -Bonjour.
-J'ai une question.
-Tu savais que Damien avait un frère ?
-Euh... Oui.
-C'est vrai ?
-J'ai bu un verre avec lui.
Il m'en a parlé.
-Je déteste apprendre
des choses sur mes ex. Tu voulais me parler ?
-Aucune urgence. On va voir
ta patiente préférée.
-Alors, vous connaissez
le Dr Lambert ?
-Il faut que je creuse.
Je veux vous montrer ça.
Ils font ce calendrier
en oncologie.
C'est les femmes qui ont guéri, après avoir fait leur chimio.
-Je suis pas une gamine. -Un peu de respect.
-Il me respecte ?
Il essaie de me manipuler.
-Absolument pas.
Je veux discuter
de vos doutes. -Et vos doutes, vous les affrontez ?
-La tumeur a grossi.
Croyez en la science. -J'étudie les mathématiques.
Je crois en la science, mais j'ai aussi un cerveau.
-OK.
Expliquez-moi pourquoi vous êtes contre la chimio.
-J'ai vu ce que ça faisait.
Vous perdez tout :
vos cheveux, votre force, la lueur dans vos yeux.
-On a fait des progrès
là-dessus. -C'est le meilleur traitement.
-C'est le seul sur lequel on fait des recherches.
-C'est le plus efficace. -C'est une erreur.
Les tumeurs sont le reflet
des douleurs psychologiques.
Vous êtes complices des labos.
Il faut des solutions naturelles.
-Vous savez quelle douleur votre corps métabolise ?
-Sa mère est morte dans un accident.
-Et je suis tombée malade. C'est pas un hasard.
-Je suis désolé.
Mais vous ne pouvez pas prouver
que cette douleur a causé votre maladie.
-Il paraît que c'est arrivé à votre femme aussi.
Elle est tombée malade après le décès de votre fils ?
-Oui, mais ça me semble un peu hasardeux.
-Ah oui ?
Vous n'avez aucun doute ?
-Tu veux encore insister ?
-Je vais en parler
avec Agnès, avant de la transférer.
-Tiens-moi au courant. J'y vais.
Faites un compte-rendu du diagnostic.
La patiente doit signer. Je ne veux aucun problème
quand ça tournera mal.
Occupez-vous de la base de données.
-Elle est prête.
-Mais vide.
Il faut rentrer les antécédents des patients.
-Nous ?
-Qui d'autre ?
-Bon... Génial.
On doit s'occuper de la base de données,
en plus des patients
qui adulent les faux médecins. -Pas faux.
Lambert connaît
la médecine.
-Rappelle-moi le traitement... Des vitamines contre le cancer !
-Ca, c'est n'importe quoi,
mais les choses sont parfois plus compliquées qu'il n'y paraît.
-Tu défends un homme qui exerce sans y être autorisé ?
-Je défends personne ! C'est juste...
Oublie, on n'en parle plus. -Tu m'as l'air perdue.
Tu manques de sommeil ? Tu fais trop d'heures sup' ?
-Ca te regarde pas.
-Si : si tu fais des erreurs, c'est moi qui devrai en répondre.
-Pardon, je pensais qu'on pouvait discuter
entre collègues.
-C'est moi,
ton tuteur !
-T'as vu ça ?
Ca m'a l'air tendu entre Bonvegna et Carèle.
-Désolée pour eux. -Vraiment ?
Sur les réseaux qui ne t'intéressent pas,
j'ai repéré qu'un médecin qui ne te plaît pas
allait souvent dans une certaine piscine...
où tu n'as
jamais mis les pieds.
-Il y a des limites.
Respecte la volonté de ta patiente.
-C'est une volonté insensée.
Elle pense que le cancer est une espèce de fièvre fugace.
-Je peux la comprendre. -Comment ça ?
-Je pensais ça.
Ca faisait quelques semaines qu'on avait perdu Mathias.
-Moi aussi, j'aurais dû tomber malade.
Hm ?
-Andrea, tu es malade.
Tu as effacé 12 années de ta vie,
celles marquées par la mort de Mathias.
-Tu es d'accord avec elle ?
-Non. Moi, j'ai fait de la chimio
et une thérapie aux Etats-Unis, ce qui m'a permis de guérir.
C'est pas une fièvre.
-Comment j'ai pu te quitter pendant que tu te battais ?
-Tu étais là, quand j'étais malade.
Après Mathias, c'était fini entre nous.
-Après, est-ce que j'ai eu...
Comment dire ?
D'autres histoires ?
-Comment ça ?
-Je sais pas, d'autres liaisons...
-Non. Non, je ne crois pas.
Tu as eu d'autres souvenirs ?
-Non.
Non, malheureusement.
-Votre projet de recherche sur les benzodiazépines
a été rejeté. -Comment ça ?
-Ca vous surprend ? Mon autorisation n'était pas garantie.
-Expliquez-moi.
-Nos partenaires sont des entreprises pharmaceutiques,
et vous proposez une étude sur les dangers des médicaments.
-On n'a plus le droit de s'interroger ?
-Plus depuis que la science a un coût.
Excusez-moi, j'ai rendez-vous pour le diagnostic énergétique.
Trouvez un autre sujet d'étude, et moi, je réduis nos factures.
Suivez-moi. -C'est de la censure !
-Tu exagères.
-Il y a trop de psychotropes prescrits.
On doit informer.
-Ton étude donnera des arguments aux personnes comme Rita.
-Qu'elle pense ce qu'elle veut.
Le comité scientifique devra se prononcer.
-Je pense qu'elle a raison.
Je voterai en sa faveur.
-Oui...
Dans l'absolu, moi aussi.
Mais elle va révéler les pratiques des médecins.
-On découvrira qu'ils ont eu des liaisons
qu'ils ont oubliées.
-Je comprends mieux.
T'as eu une liaison
avec une brune ? -Peut-être.
-Je n'ai eu aucune liaison.
-Tu as demandé à Julia ?
-A Agnès, qui est au courant de rien.
-J'ai oublié
ma salade.
-Elle est sur ton plateau. -Elle est fausse.
-De quoi tu parles ? -On va apprendre
que toi aussi, tu as eu une liaison ?
-Elle délirait, ce matin ?
-Non.
-Il y a un potager sur le toit.
Huile, vinaigre et sel.
-Tension élevée,
mais pas de fièvre.
-Même ici, il y a des Chinois ?
-Excuse-la.
-Sa peau est chaude,
mais elle ne transpire pas.
Bouche sèche.
-Baisse la lumière !
-Elle prend
des médicaments ? -Du diazépam.
-Elle en a trop pris ?
-Elle connaît
les doses.
-Baisse cette lumière !
-Trouble bipolaire ?
-Je le saurais !
-Chut...
Calme-toi, chéri.
T'as faim ? Mange ta main.
Fatigué ? Va te coucher.
Elle rit.
...
-On la garde.
Bilan sanguin, recherche de toxiques
et bilan thyroïdien.
-Vous avez entendu le professeur ?
Au travail ! -Non, non.
Chérie...
-Comment on fait, sans elle ?
-Génial, vous me nommez infirmière en chef...
-Non.
Ce sera Zoé. Vous gérerez l'administratif.
C'est provisoire. Vous, aidez les infirmiers.
Vous deux, les repas, et toi...
-Le planning sacré.
-C'est quoi ?
-Les tours de garde.
-D'accord.
-Andrea...
Rita va mal.
Elle s'est réveillée comme ça.
-Doc, son pouls est à 146.
-Tension à 14.
Ca augmente.
-Appelez mon père.
-La tumeur comprime
le coeur.
Vous avez l'impression
d'étouffer.
Le traitement Lambert
ne fonctionne pas.
Permettez-nous de vous soigner.
-Je veux... voir
mon père.
-Donne-lui
2 cc d'héparine.
Organise son transfert.
-Oui.
-Pardon. Il y a un problème
avec Teresa.
-Tu me piqueras pas ma place ! -Calme-toi.
-Du calme !
J'ai aucune envie de rester à ce poste.
J'aide, c'est tout. -Bien sûr...
Zoé, distribue les médicaments. -Teresa !
-Ah, Doc ! T'avais raison.
Elle est casse-couilles.
-Pardon ? -J'ai jamais dit ça.
-Elle me pique mon boulot, et après, ce sera Enrico !
-Teresa, voilà ce qu'on va faire.
Barbara, va sortir.
-J'y vais.
-Ramène-la
dans sa chambre.
-Mes fiches de suivi !
-On y va. Rien ne presse.
-Doc, les résultats des examens de Teresa.
-Alors ?
-Rien. Aucun problème thyroïdien ou urinaire.
-Merde...
-Vous pouvez nous expliquer en quoi c'est une mauvaise nouvelle ?
-On doit envisager quelque chose
de pire,
au cerveau.
-T'as pas à être ici. -Sois pas relou.
Je veux pas dîner seule.
-Je travaille.
-Je vais me poser
et me faire des amis.
-Viens.
-Et voilà. -Oui ? Une petite seconde.
*Tonalité
Vibreur -Je t'écoute.
-Il y a la personne qui s'occupe des médicaments.
-On n'a besoin de rien.
Il peut y aller.
-D'accord. On a ce qu'il faut.
Merci.
-Très bien.
Au revoir.
-Tu veux pas le croiser ?
-Il était avec moi à l'université.
Pour mon diplôme...
Il saura que je mens.
-Et comment ça va, avec Jambe de bois ?
-Parle pas comme ça des handicapés.
-Elle le défend !
T'es amoureuse de lui ?
-C'est mon tuteur.
-Folle amoureuse... -Il a plein de problèmes.
Il était accro au travail.
Et sa petite amie est morte. -Il l'a tuée ?
-Mais ça va pas !
Elle est morte à l'hôpital, à cause d'une épidémie,
après avoir veillé sur lui.
-Tu fais pas le poids.
Mais surtout, tu oublies le problème principal.
Si tu t'ouvres à lui, il finira par te comprendre.
-Marina ?
-Avec un patient.
-OK.
-Psst !
-Riccardo ?
J'ai vu tes affaires de piscine.
-C'est un ordre de la psychologue. Sinon, je travaille trop.
Pourquoi ?
-Parce que je cherchais une piscine dans le secteur.
Comment tu la trouves ?
-Bien, bien...
Demain soir, on peut y aller ensemble.
Le gérant est un ami. -Super.
-Avec plaisir.
-Je te remercie.
-Demain, ils accueilleront Rita en oncologie.
-Ils la convaincront peut-être de se soigner.
-Ca m'étonnerait.
Si t'as échoué, personne ne peut rien pour elle.
-Ca va ?
-Mon cancer doit pas être grave.
-Non...
Vous pourriez avoir des dégâts permanents.
-Vous essayez les menaces ? -Vous êtes courageuse.
-La flatterie ?
-Non. Vous êtes trop maligne.
Ecoutez-moi.
Renoncer à la vie comme ça, c'est absurde.
-Je suis d'accord.
Lambert me soigne. -Ca ne marche pas !
Pourquoi vous vous obstinez ?
-Ca explique ma maladie.
-Je peux vous donner 100 raisons.
La pollution, les prédispositions génétiques,
une inflammation... Le plus important,
ce n'est pas la cause, mais comment on guérit.
-J'ai besoin de comprendre. Lambert m'a donné une explication.
-Mais elle est fausse. Ce n'est qu'une supposition.
Vibreur
...
-C'est mon père. J'ai envie d'être seule.
...
Il crie.
-Andrea ?
-Au lieu de parler aux plantes, je crie.
-Elles doivent être
en super forme, alors. Moi aussi,
j'ai crié.
-A cause de Marabin ?
-La perfide.
Et toi ? -Rita. J'avais jamais rencontré
une patiente aussi têtue.
-Ce sera plus ta patiente.
-Et bientôt, elle sera plus vivante.
Comment on peut croire un ancien médecin ?
-Moi aussi,
j'ai fait ça. -C'est-à-dire ?
-Quand t'as perdu la mémoire,
je me suis retrouvée dans cette situation.
Les médecins disaient tous pareil.
En face, il y avait un ancien médecin, toi.
J'ai fait confiance à l'ancien médecin.
Et j'ai eu raison.
-Retrouver la mémoire pourrait être plus difficile.
-Toi, il te reste de l'espoir.
Pas pour Rita et son père.
-Très juste.
-J'ai dit quoi ?
-La clé, c'est le père.
C'est lui qui n'a plus d'espoir.
En quelques mois, sa femme est morte,
et sa fille est tombée malade.
Pour surmonter ces tragédies, il faut trouver une explication :
l'une est la conséquence de l'autre.
-Rita est sous son influence ?
-Elle est à peine majeure, et elle vit avec son père.
-Demain, j'attendrai pour transférer
sa fille. -Merci.
Ah...
Tu dis toujours des choses exceptionnelles.
-Te moque pas de moi.
-Rita suit les idées
du Dr Lambert pour vous donner raison.
-Qu'est-ce que vous racontez ? Vous n'avez rien compris.
-Ah non ?
C'est quoi, alors ?
Rita a besoin d'une chimio.
-J'ai déjà perdu ma femme.
Pour soigner Rita, je peux accepter la chimio.
-Vous y êtes favorable ?
-Bien sûr.
J'ai essayé de convaincre Rita, mais...
sur ce sujet, elle pense comme sa mère.
-Votre femme était contre la médecine conventionnelle ?
-Complètement.
Les antibiotiques, les vaccins, les médecins...
Je n'étais pas d'accord.
Mais je la suivais,
parce que je l'aimais.
-Et aujourd'hui, vous suivez votre fille.
-J'espérais qu'elle comprendrait qu'il y a des médecins honnêtes
à qui il faut faire confiance.
Je lui ai raconté
votre histoire.
Ca ne l'a pas convaincue.
-Alors, vous allez la regarder mourir ?
-Je suis convaincu du choix qu'il faut faire,
mais ma fille a le droit d'avoir ses convictions.
Je ne peux la contraindre.
-Bonjour. -Julia...
-Ca va ? -Je m'ennuie.
-Tu te reposes.
-Non. Les hommes préfèrent les brunes.
-Quoi ?
-Enrico pense que je délire,
mais tout matin devient soir. -Bien sûr.
-L'occasion fait le larron.
-Les jeunes vont arriver pour le scanner.
-Le temps qui passe ne se rattrape plus.
Et les brunes
n'ont pas le temps.
C'est logique que le Doc
ait eu des souvenirs
au lit, avec une brune.
-Quels souvenirs ?
-Envoyez les documents au bureau du maire.
-T'es sûr ? Ca va faire un scandale.
-Tu préfères un décès ?
-Un scandale ?
-Le Dr Fanti veut demander une hospitalisation.
-Ah bon ? Pour qui ? -Pour Rita.
Pour qu'elle se soigne.
-Sortez.
-Son père veut
que Rita se soigne.
-La demande n'aboutira pas.
Rita est majeure est saine d'esprit.
-Je ne peux pas renoncer.
-Parce que tu refuses qu'on doute de toi, comme Rita.
-De quoi tu parles ?
-Teresa m'a parlé de ton souvenir.
-C'était pas un vrai souvenir.
-Pourquoi tu m'en as pas parlé ?
T'as peur que je te confirme que tu couchais avec d'autres femmes
pendant que ton couple battait de l'aile ?
-Je l'ai fait ?
-Non.
Tu étais dévasté.
Quand on est sortis ensemble, tu m'as dit que j'étais la 1re,
après Agnès. -Merci.
J'aurais dû t'en parler. -C'est le doute
qui t'a fait peur.
Comme Rita.
Si tu la forces, tu l'effraieras.
"I'll Find You in the Dark" (Tony Brundo et Nico Bruno)
...
-Aucune trace
d'anévrisme ou d'hémorragie.
-Comment elle va ?
-Je lui ai demandé. Elle ne m'a pas répondu.
Elle croit que je suis une espionne.
-Excuse-la.
-Je sais qu'elle le pense pas.
-Je refusais de l'admettre, mais Teresa
a un trouble psychiatrique.
Et moi, je n'ai rien vu.
-Ca se révèle subitement. -Ne me cherche pas d'excuses.
On n'est pas à la hauteur de l'image qu'on a de soi.
-Tu veux un truc plus fort ?
-C'est rien. Depuis hier, j'ai des nausées.
-Teresa m'avait dit qu'elle se sentait nauséeuse.
-Et donc ?
-Vous avez mangé quoi ?
-Tu penses à une intoxication alimentaire ?
Je...
J'ai mangé de la viande avec une salade,
et Teresa, une salade composée.
Rien de dangereux.
-Pas tout à fait sans risque.
Hier, j'étais ici, avec Julia.
J'ai vu un truc bizarre, mais il faisait noir.
-Tu fais quoi ?
-Oh, merde...
La salade ressemblait
à ça ?
-Plus ou moins. Pourquoi ?
-C'est du stramonium, l'herbe du diable.
C'est une mauvaise herbe extrêmement toxique.
Elle contient des alcaloïdes.
Ca provoque des nausées, une photophobie, un délire...
-Et tu cultives ça ici ?
-C'est une mauvaise herbe ! Et Teresa a piqué une salade !
-On vérifie le taux d'alcaloïdes dans ses urines ?
Tu faisais quoi avec Julia ? -On discutait.
-Tu lui as dit, pour ton souvenir ?
-Elle pense aussi que c'est un faux souvenir.
On arrête là. -Si Julia le dit...
-C'est moi qui le dis. C'est peut-être mieux de...
-Un crétin diplômé en neuropsychiatrie
a peut-être 2 ou 3 conseils à te donner.
Tu crois pas ?
On frappe à la porte. -C'est ouvert.
-Vous refusez le transfert ?
-Oui. Ce lit pourrait servir
à quelqu'un d'autre.
-Je suis pas d'accord, mais vous êtes cohérente.
-Vous aussi.
-Vous avez gagné.
-Je sors
contre avis médical, car je suis
en possession
de mes facultés.
C'est pas le Dr Giordano qui m'a parlé.
Je l'ai appris par un interne.
Je vous dirai pas lequel.
-Je vais virer les deux.
-Ils iront travailler pour Lambert.
-Pardon d'avoir voulu vous imposer les soins.
Je n'aime pas l'idée
de vous perdre.
Je me suis souvenu
du devoir d'un médecin.
Celui de toujours respecter la volonté des patients.
-Mon père avait raison. Je vous avais jugé trop vite.
-Passe-moi ton stéthoscope.
-Vous voulez dire au revoir
à la tumeur ? -Non. Excusez-moi.
OK.
Respirez.
Nos mains, nos yeux, nos oreilles sont les instruments
les plus précieux,
mais ils ont une limite.
C'est nous.
On croit connaître la vérité sur un patient.
Donc, on l'observe, on le touche, on l'ausculte, mais on loupe
des détails importants
comme celui-ci. Ecoutez.
Battements de coeur Vous entendez ?
Concentrez-vous sur le claquement d'ouverture diastolique.
Il est comment ?
-C'est évident.
Précoce.
-Toi, ça compte pas. Laisse les nouveaux répondre.
-Vous entendez
quoi d'autre ?
-Un souffle.
-Un souffle comment ?
-Un roulement
diastolique.
-Très bien. Alors, récapitulons.
On a un claquement d'ouverture diastolique précoce
et un roulement diastolique qui va decrescendo crescendo.
Qu'est-ce que ça vous évoque ?
-Un rétrécissement mitral.
-Très bien. Un rétrécissement mitral.
Ca peut se manifester
chez les personnes ayant eu une infection au streptocoque
qui n'a pas été correctement traitée.
-Merci, maman...
-Le passage du sang de l'atrium vers le ventricule
est gêné par la valve mitrale.
-Ca explique tout.
La tachycardie, les gênes respiratoires...
-Oui, et j'aurais dû le voir avant.
Je pensais que c'était causé
par le cancer. J'ai pas laissé de place au doute.
-Donc, il faut opérer.
Vous acceptez l'opération, ou vous la refusez ?
-Le Dr Lambert
est contre la chimio, mais pas la chirurgie.
-Andrea ?
Je te demande pardon. -Pourquoi ?
-Tu avais raison.
Si elle était sortie,
t'aurais rien vu.
Et le rétrécissement mitral aurait pu la tuer.
-Mais tu m'as convaincu d'abandonner mes certitudes,
et d'écouter la patiente.
-Je devrais en faire autant.
-De quoi tu parles ? -De mon étude
sur les benzos, du fait de vouloir devenir cheffe de service.
Je devrais renoncer.
-Julia... -Si tu votes contre ma demande,
je comprendrai.
-Andrea ? Teresa te demande.
-Elle délire encore ?
-Pire : elle est guérie.
-Tu nous as fait une frayeur.
-Je vais faire bétonner ton potager.
-Je vais porter plainte pour vol.
-Je te l'aurais dit, si je n'avais pas déliré.
-Pourquoi la voler ?
-Essaie de perdre des kilos quand tu as 3 filles
et un homme à nourrir.
-Ca va être ma faute !
-Tu vas souvent au supermarché ? -Euh...
-C'est quand, la dernière fois ?
-Je sais plus.
-C'est curieux.
L'autre soir, je devais manger de la salade.
Je comptais en acheter, mais on a eu une urgence.
Lila m'attendait, donc je me suis servie dans ton potager.
"Si un médecin la fait pousser,
"elle doit être bonne."
-Ne pas croire les médecins.
-T'as de la chance d'être seul.
-Maman !
-Mes chéries ! -Salut.
-Sortez, les garçons.
-On part.
-Mes chéries...
Les poulettes d'amour à leur maman...
Je vous aime.
Musique douce
...
Sonnerie de téléphone
...
-Allô ? -Salut, Samuel.
C'est moi, Damien.
-J'avais compris.
-J'ai appris que tu vivais ici.
-Oui.
*-Je travaille à la polyclinique.
On pourrait se croiser.
-Milan, c'est une grande ville.
-Oui, mais on pourrait se donner rendez-vous,
aller boire un verre,
si tu veux.
-Te sens pas obligé de jouer les grands frères maintenant.
Pas la peine.
OK ?
-Ca marche, OK. Bien reçu.
Ciao.
Musique mélancolique
...
-C'était qui ?
-Personne.
...
-Marina ? -Salut.
-Marina !
Y a plus de paracétamol. -J'en commanderai.
-On en a besoin maintenant. Va faire des réserves.
-Euh... Moi ?
-Tu devais t'occuper des médicaments, non ?
-Oui.
-Tu vas faire ton cours d'essai ?
-Si je réussis pas ?
-L'essai, c'est pas pour toi.
Ce qui est testé, c'est la piscine, pour voir si tu l'aimes bien...
-J'en suis sûre.
-OK.
Je me change
et on y va.
-Ric ?
J'ai pas fait l'approvisionnement des médicaments.
J'ai du retard sur les fiches.
Tu pourrais m'aider ?
-Tu m'as dit qu'on n'avait besoin de rien.
-Je me suis trompée.
-Votre attention : il arrive au Dr Carèle de se tromper.
C'est une première.
-En fait, on était en train de partir.
-Je t'en supplie.
-D'accord.
J'arrive.
Lin, je t'accompagnerai
une autre fois. -OK.
-Merci.
Excuse-moi.
-Ils ont commencé ?
-Hm hm.
Le coeur de votre fille résistera à l'intervention.
-Oh, merci...
-J'aurais voulu faire plus.
-Que lui sauver la vie ?
-J'aurais voulu la convaincre de faire la chimio.
-Le problème, c'est que Rita a honte d'être vivante.
Il y avait des baskets qu'elle aimait,
que tous les jeunes portent.
Des rouges.
Ma femme s'opposait aux conformismes, de la mode...
aux vaccins.
Mais à force d'insister, Rita a réussi à la convaincre.
Elles sont allées au magasin.
Et en traversant la rue, sa mère a été renversée.
Les chaussures sont encore dans leur boîte.
-C'est terrible.
-Vous avez fait à Rita le plus beau
des cadeaux d'anniversaire.
Vous lui avez offert du temps.
"Firestones" (Tony Brundo et Nico Bruno)
...
Musique mystérieuse
...
La femme rit.
...
Musique mystérieuse
...
-Entrez, je vous en prie. -Merci.
...
Rire de femme
...
"Need You Right Now" (Tony Brundo et Nico Bruno)
...
-Je t'écoute.
-Vous préparez une base de données contenant
les antécédents des patients ? *-Ca sera très utile.
Pourquoi ?
-Je voudrais la consulter.
-Tu veux faire de la recherche ?
-Si c'était pour ça, je contacterais quelqu'un d'autre.
-Je ne peux pas te donner les codes.
C'est confidentiel.
-A toi de voir
si tu préfères protéger la vie privée des patients
ou notre secret.
-Je te dérange ?
-Non. Je t'écoute.
-J'ai eu un autre souvenir.
-D'accord.
-J'étais avec une femme, à l'hôtel.
J'étais persuadé
que c'était un faux souvenir, mais j'ai retrouvé l'hôtel.
Il y a une trace de ma réservation.
C'était il y a environ 12 ans, avant notre divorce.
J'ai été infidèle.
En plus, j'ai choisi
le pire moment possible
pour te tromper.
Tu le savais ?
Musique mélancolique
...
Après la mort de Mathias,
on aurait pu rester ensemble, mais...
j'ai tout foutu en l'air.
...
Pardonne-moi.
...
-Andrea...
...
-Doc ?
Rita s'est réveillée. -Hm...
-Marina ? Ca allait,
hier, les fiches de suivi ?
-Oui. Oui, parfait.
-Parfait.
Doc...
-Il y a eu un souci ?
-Je les ai remplies, et elle les a vérifiées.
-Tu les as remplies seul ? -Oui.
C'était mon tour.
Pourquoi ?
-Hier, elle a dit qu'elle devait le faire.
Du coup, Riccardo s'est occupé des médicaments,
et il est pas venu à la piscine.
Voilà.
-Non, mais j'hallucine...
Elle a saboté
vos plans.
Elle est maligne.
-Bonjour.
-Je ne suis pas là
pour vous, mais pour lui.
Hm hm.
Hm !
Je lui dirai.
OK. Ciao.
Votre coeur dit qu'il va bien,
qu'il aime beaucoup sa nouvelle valve,
et qu'il serait...
vachement content, si vous en preniez soin, cette fois.
Hm ? -Ca marche.
Sinon, je viendrai vous voir.
-Vous savez, parfois, je me trompe. Il faut que je m'en souvienne.
Vous les avez ?
J'ignore pourquoi
votre mère en voulait autant
à la médecine conventionnelle, mais ce que je sais...
C'est qu'elle aimerait
que vous arrêtiez de vous punir, que vous parcouriez
le monde, que vous finissiez vos études,
que vous deveniez celle que vous voulez.
Et que vous usiez ces baskets sur le chemin qui est devant vous.
Musique douce
...
Mais le choix vous appartient.
On frappe.
-Professeur, le comité commence la réunion.
-J'arrive.
Rita, j'espère vous recroiser au détour d'une rue,
dans longtemps.
-Au revoir, Doc. J'espère aussi.
-On y va ? -Moi aussi ?
-En récompense de ton diagnostic.
C'est du beau travail.
-On est en retard.
Allez.
-Dr Sandri... -Oui ?
-Nouvelle cravate ?
-Oui. A réunion importante, cravate importante.
-Elle vous va bien.
-Nous devons décider si nous approuvons l'étude
proposée par le Dr Giordano.
Vous savez que je souhaite que vous votiez contre le projet.
Qui est pour ?
-Je voudrais m'exprimer. -Je vous en prie.
-Ce sujet d'étude semble dangereux.
Il soulève des doutes sur nous tous,
sur notre manière de travailler, nos protocoles,
nos prescriptions.
Seul un fou furieux voterait
pour cette étude.
Seul un médecin
qui s'intéresse plus aux patients
qu'à lui-même,
ou à la vérité plutôt qu'à ses propres convictions,
à la sincérité
plutôt qu'à certains mensonges auxquels nous avons recours
pour nous protéger.
Qui serait aussi fou ?
Moi.
Moi, je vote pour l'étude.
-Et moi aussi.
-Une voix de plus.
-Je suis pour.
Musique douce
...
-Salut.
-Ta tête !
Ca va ?
-J'en peux plus.
J'en ai assez de mentir à tout le monde.
Je me sens
comme quelqu'un d'horrible.
Je suis pas comme ça. -Bien sûr que non.
T'es un médecin super doué.
Ne gâche pas tout parce que...
-S'il te plaît, arrête.
Demain, j'avoue et je démissionne.
-Merci.
-Y a pas de quoi.
Je dis ce que je pense,
avec mon syndrome préfrontal.
Je dois aussi te dire autre chose.
Ce souvenir que j'ai de moi avec cette femme,
c'est vraiment arrivé.
-J'étais pas la première.
-Non. Je sais pas pourquoi je t'ai dit ça.
-C'est évident.
Pour que je me sente exceptionnelle.
Tu te souviens pas, alors je te le dis.
Avec moi, t'avais pas besoin de mentir.
Sous-titrage : Nice Fellow II
...
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