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Original subtitles

...

Je te tiens. Je suis là. -Léo!

Ne me lâche pas. -Je te tiens, mon amour.

-Au secours! -Aidez-moi.

Au secours! -S'il vous plaît, au secours!

-Attendez, on arrive.

-Bougez pas.

-Merci, messieurs. Tirez.

Grognement d'effort

-C'est bon.

-Merci à tous les deux.

Merci. -Monsieur?

Ca va aller? -Oui, ça va.

-Donnez-moi la main.

Venez.

-Mon sac!

Rends-moi mon sac.

-Arrêtez! -Lâche ça.

Vous faites quoi? Arrêtez!

-On se tire.

-Revenez ici.

-Grouille, grouille!

-La police va jamais nous croire.

Oh.

Ca va pas?

Léo?

-J'ai plus de forces.

J'arrive pas à me lever.

Générique: "Doc"

...

-Merci.

Sans toi, je m'en serais pas sortie ici.

-J'ai dû faire du bon travail vu que tu repars.

Le voilà.

-Agnès.

Tu es venue assister au retour de ma mémoire?

-On n'est pas sûrs

que ça fonctionne

et ce sera pas immédiat.

-Je vous laisse. Je fais ma rentrée de directrice.

-T'as pas l'air super enthousiaste.

-Si, je le suis. J'ai...

J'ai peur que tu ne sois pas prêt, c'est tout.

Je dois y aller.

Bon courage.

-On commence? -Ouais.

-J'ai un planning de fou, aujourd'hui.

-Tu t'installes?

-Oui.

Par où on commence?

-Par là où on s'était arrêtés il y a 3 ans.

Une stimulation à courant continu.

-Pourquoi ça marcherait cette fois-ci?

-Ton cerveau a envoyé un signal et le traitement s'est amélioré.

Je vais te donner un médicament

qui devrait baisser ta vigilance.

On y va?

Oh!

Attends, je vais couper ça.

Non, mais quel crétin!

T'es un vrai crétin. -T'aurais vu ta tête.

C'était trop tentant. -On commence.

-C'est bon, on commence.

Expulsons l'imbécile de ce corps.

J'aimerais lui parler.

-Le jour où je suis arrivé,

il a forcé un interne à enlever sa blouse

et à abandonner la médecine.

-Oui, mais il avait mis en danger

la vie d'un patient.

Fanti était sévère, mais pas fou. -Exact.

(La folie, c'est venu après.)

-Il va redevenir comme avant?

-Il va pas oublier qui il est devenu.

-Il sera sévère et fou.

-Un patient a passé la nuit aux urgences

pour une asthénie associée à une diplopie.

Il s'appelle Léo Ferri.

Il aurait subi un gros stress physique et émotionnel.

-C'est plutôt normal

qu'il se sente épuisé et qu'il voie double.

D'après ce dossier, ses symptômes ont disparu ce matin.

-Pourquoi on le récupère?

-Pour faire des examens neuro et ophtalmo.

-Faites l'anamnèse.

Si des examens ne sont pas nécessaires,

il pourra rentrer chez lui.

-C'est important. Il me les faut avant midi.

Tu as compris où c'était? -Oui.

-Vas-y.

-Bonjour. -Bonjour.

-Bonjour, M. Ferri.

Vous avez récupéré des forces et une vue correcte.

-Bonjour.

-Bonjour.

-Vous êtes là pour l'anamnèse?

C'est toujours aux internes de le faire.

Je vous dis ça avec respect.

Depuis qu'on m'a opéré du ménisque,

je lis des blogs de médecins.

Ils expliquent comment l'hôpital tient encore debout

grâce au travail des internes.

-Merci, c'est gentil.

C'est vous qu'on veut faire tenir debout.

Le Dr Wang va prendre votre tension.

-Oui, installez-vous.

-Votre soirée a été particulière.

Vous avez retenu le fauteuil

pendant longtemps?

-Je sais pas. Dix minutes.

-Dix minutes. Vous aviez déjà souffert de diplopie?

-Une ou deux semaines avant, oui.

Dernièrement, il m'arrive parfois de me sentir épuisé.

-Ca peut arriver de se sentir fatigué.

-Fatigué, oui.

Epuisé, non. Pas moi.

Wang comment?

-Wang Lin.

-Wang Lin.

-On a un problème.

Léo Ferri semble être en excellente santé.

Il tombe jamais malade.

Il consulte parce que c'est l'avocat de Pharmadream.

Constantes normales, pas d'antécédent familial.

Il prend pas de médicaments.

-Alors, prépare son bon de sortie.

-Il est convaincu d'avoir quelque chose.

Et s'il avait raison?

Tu savais qu'en Chine,

on dit d'abord le nom de famille, puis le prénom?

Donc on devrait l'appeler Wang Lin.

Wang Lin.

Tout attaché.

-Quel rapport?

-C'est Ferri qui l'a dit.

Il sait tout sur tout.

Il s'intéresse à tous les sujets.

Il doit avoir raison.

-Il a qu'à nous dire ce qu'il a.

-Il dit être épuisé.

-Excusez-moi?

Léo Ferri est mon mari.

Avec la vie qu'il mène,

c'est normal qu'il se sente épuisé.

Même s'il a toujours eu une énergie incroyable.

-C'est peut-être dû

à son métabolisme ou aux hormones.

-Depuis mon accident, il ne suit plus son propre rythme.

Ca va faire trois ans.

-Que vous est-il arrivé?

-J'accompagnais ma fille à une course.

Elle fait de l'athlétisme.

Une voiture nous a foncés dedans.

Heureusement, Sara s'est complètement rétablie.

Depuis, Léo nous accompagne à chaque course.

Il télétravaille,

mais c'est l'avocat d'une multinationale.

Il dort très peu.

Il voyage. A peine de retour, il sort.

-D'accord.

Votre mari doit apprendre à se reposer.

-Docteure,

e passe mon temps à le lui répéter.

-Vous avez atteint un niveau de stress

très élevé.

Ca peut expliquer l'asthénie et la diplopie.

-C'est ce que m'ont dit les urgentistes.

Je ne suis pas d'accord. -Mon chéri.

-Je ne vous demande rien.

Le médecin décide de votre sortie en toute objectivité.

-Il y a médecin et médecin. Vous êtes les meilleurs.

Vous allez trouver ce que j'ai.

Le Dr Fanti est là? Je suis curieux de le rencontrer.

-Il est occupé.

La directrice va signer votre bon de sortie.

-Pas besoin.

J'ai le droit de voir le chef de service.

Je peux attendre.

-Comment tu te sens?

-Rechargé à fond. -J'ai l'impression, oui.

Andrea soupire.

-Ce sera toujours aussi long?

-Ca prendra le temps que ça prendra.

D'accord?

Tiens. Tu noteras tes rêves là-dedans.

Ils seront très animés et riches en détail.

Des souvenirs peuvent y surgir.

Et puis...

-La dernière fois...

-Je sais.

Fais-moi confiance. T'as pas le choix, en plus.

Si tout se passe bien,

tu pourras retrouver ta vie tout entière.

Je publierai l'étude sur la conscience

la plus innovante de ces dernières années.

-Bien sûr. Notification

C'est Julia.

-A ce propos...

si tu te souviens de votre histoire,

ça aura des répercussions sur elle aussi.

-Oui, mais pas comme tu crois.

Elle est passée à autre chose.

Son seul problème, c'est de me surveiller.

Bip

-Le Doc dit qu'il arrive.

-Vaudrait mieux pour lui. Son rottweiler

est de sortie.

-Ca va marcher?

Sa mémoire va revenir?

-J'espère.

Il se souviendra comment un chef se comporte.

-Vous êtes la dame des soins intensifs? Chambre 26.

Vous êtes son mari? -Oui.

-Bonjour. -Bonjour.

Bonjour, docteur. -Bonjour.

-Qu'est-ce qu'on a?

Janie Manille, 79 ans.

Fibrillation auriculaire

avec une réponse ventriculaire rapide.

36 heures plus tard, le rythme est redevenu normal,

mais elle fibrille encore.

-C'est ma faute, docteur.

J'ai pas vérifié

et Janie a confondu ses différents médicaments.

-Le pire est sûrement déjà passé.

On vous garde en observation.

Teresa, où sont les jeunes? -Là.

Marina, Frédéric?

Commencez l'anamnèse de la patiente.

-Oui. Bonjour. -Bonjour.

-Il me semble que je me souviens de vous.

On se connaît, mademoiselle?

-Signe-moi un bon de sortie.

-Vous devriez vous rappeler

que je ne signe rien sans faire de visite.

-J'ai tenté le coup.

Il aimerait te voir. Il veut rester,

mais il y a pas de raison.

On peut libérer son lit.

-Tu m'intrigues. Pourquoi il veut rester?

-Professeur.

Professeur.

J'ai fait une liste des choses urgentes.

Les contre-visites arrivent tout en bas.

-J'avais une assistante avant?

-Tu en avais deux.

Mais elles ne te couraient pas après.

On gérait le service

sans te mettre en retard.

-Comment on faisait?

-C'était très facile.

Tu me laissais prendre des décisions,

comme celle de faire sortir un patient.

-Aucun souvenir.

Refaites-moi cette liste.

-Professeur.

Oh, non.

Non, non, non.

-On va boire un verre, ce soir?

Le 1er qui finit siffle l'autre.

-Tenez, maître. -Merci de ton aide.

-C'est tout naturel.

-Bonjour. -Bonjour.

-Parent ou collègue ?

-Assistant.

Des trucs de boulot.

Vous êtes le célèbre Pr Fanti.

Ravi de vous rencontrer. -Moi aussi.

On m'a dit que cet état de fatigue vous préoccupait un peu.

-Je me connais bien. Là, c'est vraiment différent.

-Vous avez peut-être atteint votre limite ?

-Ecoutez, professeur.

-Ne soyez pas si formel.

Andrea. -D'accord, comme vous voudrez.

Andrea.

Je connais votre histoire. Je vous admire.

Vous auriez pu vous laisser aller,

mais vous avez repris votre vie en main.

-J'ai encore quelques ajustements à faire.

-Vous me rappelez le médecin qui m'a sauvé, enfant.

Un neuropédopsychiatre qui m'a aidé.

-Qu'aviez-vous ?

-Rien.

Je n'avais pas encore trouvé ce que je voulais faire.

Tout le monde s'accordait à dire que j'étais hyperactif.

Lui, il a compris

que j'avais un surplus d'énergie que je devais apprendre à gérer.

Au début, il m'a donné des médicaments.

Il m'a aidé à diriger cette énergie

vers ce qui était bon pour moi.

J'ai obtenu mon diplôme, j'ai fait carrière.

J'ai aidé ma fille à trouver comment canaliser son énergie

quand on l'a diagnostiquée hyperactive.

-C'est aussi une surdouée ?

-Non. Elle, c'est une athlète.

Elle est championne junior d'athlétisme.

Elle s'appelle Sara Ferri.

Retenez bien son nom.

Sara Ferri.

Si j'ai l'entraîneur que je veux,

dans deux ans, elle est aux Jeux olympiques.

-Vous êtes très fier d'elle.

-Oui.

Ecoutez, Andrea.

Vous devez m'aider.

Je ne sais pas ce que j'ai, mais j'ai quelque chose.

Et je ne veux pas me reposer. Ca ne servirait à rien.

Je ne peux pas arrêter le travail.

Je ne veux pas renoncer à ma famille.

J'ai déjà failli la perdre une fois.

Je ne veux plus rien manquer.

-Je vous comprends.

Bon. Ne vous en faites pas.

Si vous êtes d'accord, je vous examine.

-Bien sûr. -Installez-vous.

D'abord, les choses simples.

Vous allez regarder droit devant.

-Le Doc demande scanner et examen ophtalmo pour Ferri.

-Tu t'en occupes ? J'ai des visites et un déjeuner.

Lin le fera. Tu étais de garde.

Tu dois rentrer chez toi.

Tu le sais, non ? -Wang Lin.

-Juste Lin, c'est bien.

-Riccardo. -D'accord, je rentre.

-Je dois y aller seule ?

-Il me manque une jambe, mais j'ai un coeur.

On fait les examens à deux,

mais tu attendras le bilan.

D'accord ?

-Elle t'en voudra pas ? Elle rigolait pas.

-Non.

Les heures sup' font de mal à personne.

-Merci.

-On y va ? -Oui.

-Ma tension est un peu élevée.

-Vous avez des cachets pour ça ? -Oui.

Le diurétique, c'en est un autre.

Comment il s'appelle ?

-Il nous faudrait le nom de vos traitements.

-Je les ai sur une liste, mais...

On frappe.

-Je peux ? Bonjour.

-Bonjour. Je vous en prie.

-Ma chérie, ça va ?

-Bien.

-Je t'ai pris du jus.

Celui à la poire, que tu aimes bien.

-Merci.

-Vous avez la liste ?

-Cette liste, je l'ai jamais eue.

Par contre, mon mari doit l'avoir.

Elle voudrait la liste

de mes médicaments.

-Ah, oui, je l'ai.

Un verre. Il y a pas de verres ici ?

-Elle prend des corticoïdes depuis le covid ?

-Mars 2020.

On venait de fêter ma retraite.

On avait même vendu la mercerie

après les dernières soldes.

-Elle a été hospitalisée ? -Trois semaines.

J'ai cru qu'elle allait mourir.

Ils l'ont laissée sortir.

C'est là que les ennuis ont commencé.

C'est là que tout a commencé, d'ailleurs.

-Tout quoi ? -Les maladies

qui s'enchaînent.

Janie n'a plus été la même.

Plus jamais.

On rêvait de voyager.

Toute notre vie, on en a parlé.

Et puis, il y avait le travail,

les enfants en bas âge,

les parents vieillissants.

On attendait la retraite.

Pour notre premier voyage,

on voulait partir chez ma fille Silvia.

Elle vit à Londres.

-Vous irez un jour.

-Depuis quand est-elle traitée

pour l'ostéoporose ?

-Depuis qu'elle est tombée

et qu'elle s'est cassé le fémur.

Après ça, elle a plus été la même.

A tel point qu'une amie

lui a conseillé le millepertuis.

C'est un antidépresseur.

-Le millepertuis...

-J'ai pas l'impression que ça fonctionne.

-Je ne le vois pas dans la liste.

-C'est un produit d'herboristerie.

-Je garde la liste.

Je vous la rends vite. Sonnerie

-Excusez-moi, docteur.

C'est ma fille. Lola ?

Tu m'entends ?

Oui.

-Il ne faut jamais garantir une guérison à un patient

ou à son parent.

-Pas tout à fait. Il faut en être sûr.

-Je voulais...

-Je sais, mais son pronostic est compromis.

On va essayer de la remettre sur pieds.

Fonction des reins, ionogramme et monitoring cardiaque.

-Je voulais rester en médecine interne.

J'ai changé d'avis.

-T'as préféré devenir cheffe des maladies infectieuses ?

-Je sais ce que c'est d'être ignorée par Andrea.

On peut pas supporter ça ad vitam aeternam.

C'est pour ça que tu t'en vas ?

-Le moment est venu pour moi de changer d'air.

-Andrea en pense quoi ?

-Je lui ai encore rien dit pour l'instant.

J'attends,

le temps qu'il s'adapte à la situation.

-Tu as fait peu de recherche.

-J'ai jamais vraiment eu le temps.

-Ca peut faire la différence pour devenir cheffe de service.

Vise la collecte de données plutôt que l'expérimentation.

Je dois y aller. Tu me tiens au courant ?

Ca me fait plaisir de t'aider.

-C'est gentil. -Salut.

-Au revoir.

-Pour le moment, c'est tout.

On refera une réunion avec les chefs de service

tous les lundis.

On s'alignera sur les objectifs

du Dr Marabin.

-Merci. On collaborera en bonne intelligence.

Et bravo à vous. -Merci.

-Merci beaucoup. -C'est moi.

-Je suis contente de te voir. -Merci.

Andrea ?

Alors ?

Comment s'est passé ton 1er rendez-vous

avec Enrico ?

-Bien. Vraiment bien.

Je dois faire une tonne de paperasse,

sinon mon assistante va partir en vrille.

Si tu veux, je te raconte tout autour d'un dîner ?

-Tu veux me parler de quoi ? T'as eu des souvenirs ?

-Il te met en boîte.

A chaque fois, ça marche.

-J'allais avoir un rencard !

-Tu vas arrêter, oui ?

-Pas de nouveaux souvenirs.

Mais demain est un autre jour.

-Ceux-là, il faut les signer.

De l'eau.

Ceux-ci sont à remplir.

Pardon.

Ca, c'est arrivé de l'université de Padoue.

C'est pour un congrès.

Vous avez mangé ?

-Non, j'ai pas eu le temps.

Merci.

-Bon appétit.

...

On frappe. -Oui ?

Tu sais si j'ai un stylo préféré ?

-Non. On a les résultats de Ferri.

-Non, tu sais pas ou non, j'en ai pas ?

Je remets en place tous les détails.

Mon 1er souvenir est revenu ici

en répétant une série de gestes anodins.

-Le scanner et le bilan ophtalmo sont négatifs.

Il est physiquement épuisé. -Oh.

-T'es pas content ?

-Ce sera difficile de lui dire de ralentir.

-Je peux aller le voir.

-Je vais le faire.

Tu veux pas m'aider ?

Je suis assez débordé. J'avais un stylo préféré ?

-Non.

Tu me piquais toujours le mien.

-Bonjour.

Tu dois être Sara.

Je suis Andrea. On m'appelle aussi Doc.

Et dernièrement, Prof.

-Vous ressemblez pas à un prof.

-Toi, tu ressembles à une championne d'athlétisme.

Tu devras aider Léo à se fatiguer moins.

-C'est pas si facile. Il est têtu.

-Je le comprends bien, ton papa.

S'il y a une personne qu'il écoutera, c'est toi.

La porte s'ouvre.

Euh...

-Merci. -De rien.

Fabienne ? -Oui ?

-Je cherchais votre mari. -Oh.

Il essaie de trouver une bonne connexion pour une visio.

-Okay.

Yeah, talk to you soon. Bye.

Bye.

Andrea.

Ce potager est génial. C'est à vous ?

-Oui et aux patients.

-J'ai tout lu sur les potagers. J'en ai un sur mon balcon.

La tomate, par exemple.

Elle a besoin d'être taillée un peu plus haut.

Allez, courage.

Le pied donnera plus à la base.

-Vous savez tout sur tout ? -Je sais pas.

Je me rappelle tout ce que je lis.

J'ai toujours eu une mémoire d'éléphant.

Je voulais pas être indélicat.

-Non, non.

-Je peux vous en donner. -Je vais la retrouver.

Ronflement

Il gémit. Ca va ? Tout va bien ?

-Oui, oui, oui.

J'ai un coup de barre. Quand ça arrive, c'est direct.

Peu importe où je suis, je dors 20 mn

et je me réveille comme neuf.

Léonard de Vinci faisait ça aussi.

-Encore un qui aurait dû apprendre à se reposer un peu plus.

En tout cas, le scanner...

-Des somnolences quand on dort pas,

c'est normal.

Je ne retiendrais pas la narcolepsie.

-Il s'est endormi instantanément.

L'asthénie serait de la catalepsie.

-Ca lui serait déjà arrivé.

-Pas sûr. Il vit tellement à 100 à l'heure

que certains symptômes seraient latents.

Peut-être que Léonard de Vinci était narcoleptique.

-Au moins,

en l'hospitalisant,

on aurait fait la une.

Là, ce patient aurait pu repartir chez lui ce matin.

-Non.

On doit analyser son sommeil.

On mettra le polysomnographe dans la salle de soins.

Comme ça, le lit sera libre

si on reçoit des urgences.

C'est un patient dont l'anamnèse est très intéressante.

On collectera ses données pour la subvention.

-Il représente une multinationale pharmaceutique.

Il ne faut rien négliger.

-Eh oui.

-Dans la salle de soins.

Bonne soirée. -Merci.

Il soupire.

Comment je ferais sans toi ?

-Les données, qu'on ne collecte pas du tout,

je veux m'en occuper.

On pourrait trouver quelque chose.

-C'est certain, si tu t'en occupes.

On aura un gros chèque.

-Vous avez trop de potassium.

On remplace l'IEC par un bêtabloquant

qui n'augmente pas le potassium.

Vous prendrez le diurétique le matin.

Sinon, ça vous force à vous lever la nuit.

Ca me paraît sadique.

-Tu as entendu, chérie ? Tu vas aller de mieux en mieux.

-Autre chose.

Le millepertuis, il ne faut plus en prendre.

C'est un produit d'herboristerie contre-indiqué

avec beaucoup de médicaments.

Il faut l'avis du médecin avant d'en prendre.

Pas l'avis d'une copine.

-Oh, je suis vraiment désolée.

J'arrête pas de causer des problèmes.

-Comment ça ?

Les problèmes, ce sont les maladies.

-Je sais. -On appelle Lola ?

-Oui. -Tu parleras à Tommy.

Ca te distraira un peu.

D'accord ?

-Je vous laisse.

A plus tard. -MERCI.

-C'est occupé.

On réessaiera plus tard.

-Demain, on lui refait un ECG.

Remplissez la fiche de suivi

pour que les infirmiers aient tout demain.

-Je m'en occupe. -Bon courage.

-T'as attendu qu'il parte pour tout me refiler ?

-Tu t'es proposée. J'ai rien fait.

Lin est restée seule,

mais elle se plaint pas,

elle.

-Bonvegna avait fait plein d'heures sup.

-Je suis vraiment désolé pour lui.

-On est trop bêtes ?

-Si l'hôpital tient debout, c'est grâce aux internes.

...

Crissement de pneus

-T'es pas obligé de venir aussi souvent.

Tu travailles déjà bien assez.

-Si je suis là, c'est de ta faute.

Tes résultats sont pas bons.

Si je regarde sans toi, c'est pas drôle.

-J'arriverai pas à rester immobile pendant des heures.

-Il faut savoir s'arrêter.

-Je veux pas m'arrêter. Je veux guérir.

La narcolepsie, ça se soigne ?

-Bien sûr. Avec des médicaments et du repos.

Cet appareil va surveiller votre respiration.

Essayez de dormir, d'accord ?

-Merci.

-Ah,

une dernière chose.

Quel traitement preniez-vous ? C'est pour un recueil de données.

-Du Benzotex.

-OK. Bonne nuit.

-Bon, j'ai une question à te poser.

-Ce serait dommage de tout gâcher, non ?

-Je compte pas te demander en mariage, t'inquiète.

Et si Andrea se souvient de votre histoire ?

-Ca changerait pas ses sentiments.

-Je parlais des tiens.

Sois sincère.

C'est déjà assez humiliant d'en parler.

-Après tout ce qui s'est passé,

que cela changerait-il pour moi ?

-J'en sais rien. Dis-moi.

Musique romantique

...

D'accord.

J'ai pas bien compris. Tu peux répéter ?

...

Là, c'est clair.

-Et s'il retrouve la mémoire

et qu'il s'en souvient,

ce sera terrible.

-Tu dois lui dire la vérité.

-Tu sais dans quel état il était après le coup de feu.

Il n'aurait pas tenu.

-Dis-lui maintenant. Avec le recul,

il devrait comprendre.

-Je suis sûre que non.

Et si la mémoire ne lui revenait pas,

je lui aurais infligé une autre souffrance.

David rit.

Tu ris ?

-Ca changera jamais.

Notre vie tournera toujours autour d'Andrea.

Dis la vérité.

T'es devenue directrice pour l'aider.

Musique émouvante

Ecoute, on m'a fait une belle proposition

au travail.

Un gros chantier à Madrid.

Je pensais refuser

parce que je serai loin de la maison.

Mais pourquoi je devrais dire non ?

...

Manuel ? Lave-toi les mains, c'est prêt.

-Respire, Caro. Respire.

Ici. Voilà.

-Un, deux, trois.

-Chérie, deux le matin et deux le soir.

C'est important. Tu comprends ?

-Oui, papa. -OK.

Où est Agnès ?

-Elle vit avec quelqu'un d'autre.

-Et tu me dis ça comme ça ?

Musique intrigante

...

...

Les draps roses,

on en mettait dans le service ?

-Teresa aurait pas accepté.

Peut-être que Caroline adorait la couleur rose.

Autant que Mathias adorait les caramels.

Donc, dans le rêve, tu lui en donnes

au lieu de ses médicaments.

C'est pas des vrais souvenirs, ça.

Reste tranquille. Ne te précipite pas.

Laisse-toi aller.

On tambourine à la porte.

Oui, entrez.

-Professeur.

S'il vous plaît.

Appelez-moi quand c'est fini.

-J'essaie de me laisser aller.

-Ne faites pas attention. Je vous appelle.

Laissez-moi votre numéro.

Notez-le dans mon agenda.

-Oui, d'accord. Mon numéro.

-C'est parti. Andrea acquiesce.

Bien.

Je rédige le compte-rendu de ton patient.

Oups.

-Merci, au revoir. -Pardon.

-A plus tard, professeur.

-Il ne souffre pas de narcolepsie.

Il a dû se tromper pour le Benzotex.

Il n'est commercialisé

que depuis 10 ans.

Il ne pouvait pas en prendre enfant.

-Et voilà.

Madame. Janie.

Ca va ?

-Il y a encore d'autres médicaments

que je prends.

Ils sont sur une autre liste qui est à la maison.

-Il fallait nous le dire avant. C'est quoi ?

-Je les connais pas par coeur.

Je les garde dans ma trousse de toilette,

avec ma liste.

Mais mon mari n'est pas au courant.

Il ne doit rien savoir.

-Pourquoi ?

-Il va s'inquiéter

pour moi.

Vous avez vu tous les médicaments que je prends.

Dernièrement,

il a pas pu m'accompagner à certains rendez-vous.

Je lui ai pas dit qu'on m'en avait donné d'autres.

Je vais commencer à guérir, non ?

-Quelqu'un d'autre peut-il récupérer cette liste ?

-Madame.

Il vaudrait mieux dire la vérité

à votre mari.

Musique émouvante

...

-Bonjour, Prof. -Bonjour.

-Quel est le verdict ?

-Ce n'est pas la narcolepsie.

J'ai passé une nuit plus agitée que vous.

Je donnais des cachets à ma fille,

ce que j'ai fait il y a des années,

mais je ne m'en souvenais plus.

-Vous avez eu raison.

J'en ai pris, enfant. Ca m'a fait du bien.

-Vous pensez que ça pourrait aussi aider Sara en sport ?

Vous en avez parlé à un médecin ? -Comment ça ?

-Le Benzotex est un produit récent.

Votre psychiatre n'aurait pas pu vous en prescrire, enfant.

Vous en donnez à Sara ?

-Je ne donne absolument rien à Sara.

-Hier, quand je suis entré dans votre chambre,

vous n'étiez pas là.

Elle cherchait peut-être quelque chose

apporté par votre assistant.

-Ces accusations concernent-elles mon diagnostic ?

-Non.

Vous avez raison.

Je projette mon problème sur vous.

Je vais préparer votre bon de sortie.

-Merci.

Musique de suspense

...

Merde. -C'est vous qui prenez du Benzotex.

-Elles ne le savent pas et ne doivent pas le savoir.

Peut-être que Sara me le vole.

-Pourquoi n'avoir rien dit ?

-Vous me l'auriez confisqué, non ?

-Ca date de quand ? -De l'accident.

-Il y a trois ans ?

-Ca m'aide, tout simplement.

Tout est sous contrôle. Pourquoi diaboliser ça ?

-On ne diabolise personne.

Prendre des benzodiazépines pendant 3 ans,

c'est une très mauvaise idée.

Ca ne s'utilise pas comme ça.

-En fait...

Sara était en soins intensifs et ma femme dans le coma.

C'était ma faute.

-C'est pas ce qu'il s'est passé.

-Si.

Je ne les accompagnais jamais.

Pendant ces deux mois à l'hôpital,

j'ai cru devenir dingue.

Les benzodiazépines m'ont sauvé.

Pour la deuxième fois.

-Vous êtes devenu dépendant ?

-C'est que sans,

je réfléchis mal.

Ca m'aide à rester lucide. -Non.

Ca, c'est l'effet du sevrage.

Tout ira bien.

...

-Comment ça, il est accro ?

Tu le savais ? -Non, je te le jure.

-Que cherchais-tu dans son sac ?

-Le numéro du coach que papa veut m'obliger à rencontrer.

Moi, je veux pas.

Je voulais l'appeler pour lui dire.

-Ton père sera soulagé d'apprendre

que tu n'es pas accro à ces médicaments.

-Que peut-on faire ?

-Etre patientes, indulgentes.

Il sera irritable.

Il essaiera de vous soutirer des cachets.

Vous allez devoir être inflexibles.

-On vous aidera. On le confie au Pr Sandri.

Il va mettre en place le suivi.

On sera là pour vous aider si vous avez besoin de nous.

-Merci.

-Vous pouvez aller le voir.

-Laisse tomber.

Pas question

que je garde un toxico en sevrage.

-Avant,

tu aurais été de mon côté.

-Tu n'aurais pas créé ces problèmes.

-OK.

Prépare le bon de sortie. Enrico me le signera.

-Tu peux pas tout gérer.

T'as du travail en retard.

-Je m'en occupe, relax. -Ouais.

-Si je te dis draps roses, à quoi tu penses ?

-A quelqu'un qui a mauvais goût ?

-Je t'ai demandé de remplacer les draps

par des draps colorés ?

Ca te parle ?

-Si tu avais fait ça, je t'aurais fait interner.

Fais gaffe à ce que tu proposes.

-Attendez.

Je dois parler à Sandri.

Après, on discutera de ce que vous voulez.

Mais après.

-Aucun problème. Je vous accompagne.

Le CA a lieu demain à 16h.

Il faut présenter

le bilan prévisionnel.

Il se calcule selon le nombre d'admissions

et le nombre de sorties.

Musique angoissante

...

Professeur ?

Tout va bien ?

-Oui.

Je viens de me rappeler une chose que je dois faire seul.

-Tu as osé me mentir ?

-Je voulais pas que tu t'inquiètes.

Je croyais bien faire.

-Laissez-la se reposer.

Vous êtes au courant, c'est bon.

-J'ai dit quoi ?

-Je suis désolée d'être si malade.

Ah !

Bips

-Madame ? -Qu'est-ce qu'il y a ?

-Ca va ?

-Chérie !

-Son rythme cardiaque.

-Madame ? Vous m'entendez ?

Elle frôle les 180.

C'est une tachycardie paroxystique.

J'appelle quelqu'un. -Bouge pas.

Tu sais faire un MSC ?

-Oui.

-Chérie ! -Pardon.

Dites quelque chose.

-Janie !

-Vous m'entendez ?

-Janie, ma Janie chérie !

C'est ma faute. Tout est ma faute.

J'aurais pas dû m'énerver.

Janie voulait me protéger.

-Oui, c'est sûr.

Une tachycardie paroxystique

peut se répéter pendant 1 semaine.

C'est pour ça qu'on l'a gardée ici.

On a bien fait.

-Je voudrais remercier tous ses médecins.

Bravo. Bravo.

-Faites-moi plaisir, voulez-vous ?

-Bien sûr.

-Montrez-moi cette liste.

Musique émouvante

Merci.

...

-Tu m'attends depuis longtemps ?

-Je voulais te regarder dans les yeux.

-Pourquoi ?

-J'ai eu un souvenir. J'ai vu Bramante.

Je me suis souvenu que vous vous embrassiez.

Dis-moi la vérité.

Vous avez eu une aventure

et notre mariage a foiré ?

-Non.

-Ne me mens pas !

Je m'en suis souvenu.

-Ne me parle pas comme ça.

Tu envisages pas que ce souvenir soit faux ?

On a tous de faux souvenirs.

Et toi, tu prends des médicaments.

Ca fait des jours que tu t'en prends

à Bramante parce qu'il avait

un faible pour moi.

C'est ridicule.

-Il s'est rien passé entre vous ?

-Non.

Andrea soupire.

-Excuse-moi.

Musique triste

...

-Andrea retrouve la mémoire.

Il vaut mieux qu'on nous voie pas ensemble.

...

-Renato.

-Chut. Faut pas que tu te fatigues.

Attends.

-Je veux que tu ailles à Londres.

Demain, tu vas appeler Silvia.

Elle te trouvera un vol.

Elle a tellement hâte

de te présenter Flynn.

-Qu'est-ce que tu racontes ?

Elle a hâte qu'on la rencontre tous les 2.

-Moi, je n'y arriverai pas.

Toi, fais-les, ces voyages.

On rêvait de partir un jour.

Vas-y pour moi.

-Mais, sans toi, qu'est-ce que je ferais, là-bas ?

-Vas-y. -Non.

-Voyage.

Je t'en prie. Voyage, mon amour.

Tu dois me laisser.

...

-Parfaitement à l'heure.

Même avec 5 min de retard

et aucune envie de me mettre au travail.

Je peux même aller prendre un café.

-Change-toi. Aujourd'hui, tu vas souffrir.

Configure une base de données

référençant les patients de médecine interne,

classés par pathologie,

sexe, âge et par leur histoire personnelle.

-C'est pas un job d'informaticien ? -Si.

On a besoin du modèle sur lequel ils se baseront.

-OK. C'est pour quand ?

-Si possible, pour hier.

Tu organiseras le travail avec les autres.

Vous intégrerez les 6 derniers mois.

On pourra le présenter à Marabin.

C'est une idée du Doc pour obtenir des fonds

et protéger le service.

-Tu confies toutes ces responsabilités

à un accro au boulot ?

-Je ne plaisante pas avec ça.

L'an prochain, tu pourras devenir titulaire dans ce service

parce que mon poste se libère.

-Tu veux dire que tu...

-Si t'es encore accro,

tu dois le dire.

-Je vais bien. Je vais bien.

Tu peux compter sur moi.

-Le patient est sorti de son lit.

-Qui ? Ferri ?

Encore ?

Il bouge vachement pour un narcoleptique.

-Il l'est pas. Va le chercher sur le toit.

-Oui.

-Tes 5 min de retard vont se transformer en 10.

-T'as vu ? Je suis guéri.

-M. Ferri ? M. Ferri !

M. Ferri.

M. Ferri ?

Musique d'action

...

-A mon signal.

Trois, deux,

un, go !

Témazépam, 20 gouttes. Je gère l'oxygène.

-Oui, tout de suite.

...

-Lin ? -Oui, j'y suis.

-Voilà.

OK.

Léo gémit.

...

-Riccardo ?

-Il respire pas. -On sédate et on intube.

Pousse-toi. -Oui, pardon.

-Préparez le sédatif.

Bonvegna, laryngoscope.

Le sédatif, allez.

...

-On a loupé un truc. Vous lui avez donné quoi d'autre ?

-Rien. Il ne respirait plus.

Le témazépam a dû potentialiser un autre benzo.

J'aurais pas dû lui donner, c'est tout.

-Il aurait pas dû nous mentir. Tu pouvais pas le savoir.

Lin aurait pu t'informer.

On n'arrête pas de respirer

avec une surdose de benzodiazépines.

Ils ont dû interagir avec autre chose.

-L'alcool et la drogue,

en interaction avec les benzodiazépines,

peuvent endommager l'appareil respiratoire.

-Myasthenia gravis.

A un stade précoce.

Il lui a fallu une dose forte de benzo

pour faire une insuffisance.

-Ca expliquerait l'asthénie et la diplopie.

Et le fait qu'elles aient disparu

après une nuit de repos.

-Une myasthénie, même précoce, aurait présenté d'autres signaux.

Au moins un ptosis.

-Il l'avait.

Il avait un ptosis.

Une de ses paupières était plus basse.

J'aurais pu le comprendre.

-La double dose a pu nous aider

à faire le diagnostic.

-Ca a pu aussi

lui causer des dommages neurologiques permanents.

-On n'en sait rien.

On verra à son réveil.

Il faut faire une recherche d'anticorps

pour confirmer la myasthénie.

Allez-y. -Oui.

-C'est ma faute.

J'aurais dû rester avec lui.

Je suis allé voir Agnès, puis Enrico.

-Ou alors, tu aurais pu déléguer.

Sans ça, dans 6 mois, tu seras plus là.

Tu es chef de service.

Tu ne peux pas rester avec les malades.

Il faut savoir lâcher prise.

-Demain, on saura si c'est une myasthénie.

-Bien.

-Je suis désolée de t'avoir causé des ennuis.

-Non. Non, non, Lin.

J'aurais dû voir le ptosis.

C'est ma faute.

-Ca m'intéresse pas de jouer le 1er de la classe.

-Qu'est-ce que tu fais ici ?

T'as pas envie d'être là ?

-Très perspicace.

Je suis obligé d'être ici.

-Sur ordre du médecin ?

-Ouais, plus ou moins.

Sur ordre de mon père. Contente ?

-T'as été pistonné ?

-Non.

J'ai bossé pour avoir les meilleures notes

à la fac.

"C'est ça si tu veux rejoindre mon cabinet."

-C'est ce que tu veux ?

-Bien sûr. Faudrait être fou pour refuser.

De toute façon, je dois juste tenir 6 mois.

Et après, au revoir.

Je deviens ophtalmo et je profite de la vie.

-Si tu dois rester 6 mois,

il vaudrait mieux collaborer, non ?

Alors, les jeunes.

J'ai besoin que vous recueilliez

des données sur les patients.

Oui, ça va se rajouter à votre travail dans le service.

Oui, ce sera prioritaire.

-On fait ça quand ?

-Une fois la base de données créée.

-D'accord.

Il soupire.

Je peux t'aider à créer la base de données.

J'ai pas envie de partir. -Euh...

-Je suis bête. Tu dois éviter les heures sup'.

J'ai entendu ce que t'as dit à Giordano.

Je suis désolée.

-Tout à l'heure ?

Non, ça, c'est...

J'ai inventé une histoire pour pas faire d'heures sup'.

D'ailleurs, ça marche. Mais le répète pas.

-OK, d'accord.

Musique mélancolique

...

...

En chinois

-Tu me manques déjà.

*-Je peux passer chez toi.

-Non. Maman a de la fièvre et veut voir personne.

*-D'accord.

On repousse les présentations.

-Mais t'es folle !

Tu l'appelles quand t'es ici ?

-Papa est sorti. -Et alors ?

Il te laissera jamais le fréquenter.

-Attends de tomber amoureuse.

Même notre oncle a accepté un mariage mixte.

Papa est le seul à encore vivre hors du monde.

-Bonjour.

-Bonjour, docteur.

-Bonjour.

-Vous serez hospitalisée

plus longtemps que prévu.

-C'est si grave que ça ?

Elle peut pas rentrer à la maison ?

-Elle peut aller à Londres.

-Qu'est-ce que ça veut dire ?

-J'ai examiné ses troubles et ses traitements.

Le cercle vicieux

qui a amené les médecins à vous prescrire ces médicaments

a fait plus de mal que de bien.

Au lieu de vous guérir, ils vous empoisonnent.

-Je ne dois plus les prendre ?

-Faut y aller doucement.

-On appelle ça la déprescription.

J'échelonnerai les doses,

puis on surveillera les effets.

-Ca prendra du temps.

Mais nous avons un but.

Vous ne pourrez pas arrêter tous les médicaments,

mais vous ne prendrez que ceux qui vous aident à vivre.

-Vous croyez que je pourrai aller à Londres ?

-L'idée, c'est que vous alliez partout.

Musique douce

...

On lance la déprescription.

...

-La myasthénie est confirmée.

L'hypoxie n'a eu aucune conséquence.

Le patient est réveillé.

-Désolé, euh...

Très bien.

Je vais paramétrer la base de données pour recueillir

les histoires des patients.

C'est très intéressant.

-J'ai changé d'avis. Je le lui ai confié.

Il fera du bon travail.

Je veux étudier les effets à long terme des benzodiazépines.

-Tu veux faire une étude ?

-C'est juste une idée, comme ça.

-OK.

-On y va ?

-Non, je m'en occupe. Je sais quoi dire.

Toi, en revanche,

tu peux faire les bons de sortie du jour.

-C'est pas trop tôt.

-J'ai exagéré.

...

-Qu'est-ce que j'ai, alors ?

-Une myasthénie grave, une maladie auto-immune

qui entraîne une faiblesse musculaire.

Si vous n'aviez pas pris votre Benzotex,

on ne s'en serait peut-être pas rendu compte.

Ca aurait duré des années.

Les symptômes auraient disparu dès la 1re nuit de repos.

On aurait continué à vous prendre pour un fou

incapable de lever le pied.

-Donc, ça se soigne ?

-Ca peut se soigner, mais pas se guérir.

En prenant des médicaments à vie,

vous pourrez vivre avec, mais plus comme avant.

-Pourquoi moi ?

J'ai une maladie qui enlève la force.

-La force, oui, mais pas l'énergie.

Il va en falloir pour affronter le sevrage,

puis le traitement.

Il faudra apprendre à renoncer à une chose ou deux.

Mais vous allez y arriver.

Vous n'êtes pas seul.

Vos proches savent comment vous aider

et surtout, ils le veulent.

Musique entraînante

-On va y arriver, papa. J'en suis sûre.

-Bien sûr qu'on va y arriver.

Je le sais.

On y arrive toujours, nous.

...

-Il va s'en sortir.

Et le mérite te revient. Il va lever le pied.

-C'est grâce à lui. Il a canalisé son énergie.

-Et la tienne ?

D'énergie ?

Tu m'as l'air plus calme.

-J'apprends à lâcher du lest.

Je peux compter sur Julia pour me concentrer sur le reste.

Ca peut m'aider

à faire revenir les souvenirs.

-Bravo. C'est ce qu'il faut faire.

Moi, j'ai le droit de lever le pied ?

Je suis crevé.

-Accordé.

-On se voit demain ?

-S'il vous plaît, une autre.

Notification

Musique de suspense

...

-La médecine, ce n'est pas

qu'une vocation.

-Excusez-moi.

-Andrea ?

-On se connaît ?

-Ca fait tellement longtemps. Comment tu vas ?

-On se connaît depuis quand ?

-Plus de 10 ans. Tu venais de passer chef.

Tu ne te souviens pas ?

J'ai appris ce qui t'était arrivé.

-Tu étais une de nos internes ?

Sonnerie

-Je dois répondre.

Musique d'action

-Excusez-moi.

Je peux avoir de l'eau ?

...

-Andrea ?

Tout va bien ?

-J'ai eu un autre souvenir.

Sous-titrage : Nice Fellow II

...

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