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Original subtitles

Le Seigneur n'est pas venu pour être servi, mais pour servir.

Bientôt, j'aurai des sabots.

De l'eau, vite !

S'il faut combattre, il faut combattre.

Avec des piques, des fusils, des canons, des marteaux.

Combattre pour se défendre.

Ce n'est pas un crime.

Vous avez libéré quoi ?

Sept pauvres diables. Un fou, quatre faussaires, un voleur de poule...

- Au diable les prisonniers ! - On a pris la poudre.

Trois cent barils pour nos fusils.

Clémence ! Tu perds la tête ?

Toi, occupe-toi de tes sœurs. Allez !

On va manquer d'eau.

Place pour mon p'tit Prosper !

Passe l'eau et passe la fortune !

Margot.

C'est bon, Françoise. Va voir ta fille.

Paris résistera aux troupes du Roi.

Paris a fait tomber la Bastille !

J'étais penché dessus. J'avais mon canif à la main.

Le gouverneur ne bougeait plus trop.

J'ai senti un coup de coude et voilà le canif qui se plante dans le cou du gouverneur entre deux os.

À d'autres !

Tu lui as tranché la tête au gouverneur de la Bastille.

Parole de cuisinier, je vous le dis, j'ai réagi à coup de pieds.

Depuis le temps que ces tours infâmes nous glacent le sang et les os !

Je ne le nie pas, vous avez été magnifiques !

Enfin !

Magnifiques comme des hommes sans dieu.

Alors on a décidé que le Desnot, il garderait la tête jusqu'au matin.

Vous savez ce qu'il répond, le bougre ?

Étant marié, si j'amène la tête toute poisseuse du gouverneur chez moi,

cela risque de faire une révolution avec ma femme.

- Vous en avez fait quoi ? - De la tête ?

Ben comme toi, tu aurais fait.

Tu veux voir, Clémence ?

Il avait la tête dure, le gouverneur !

C'est pas lui !

On vient de remporter

le fort de la Bastille.

Ah, la belle journée !

La belle journée !

Saint-Antoine a pris

Ces tours infâmes.

Et moi, Reine Audu,

Je pourrai dire, j'ai combattu.

Avec le temps, tout s'fera.

Du sel, du pain on aura.

Après l'épine, la fleur viendra

De l'eau-de-vie à plein pot.

Alléluia !

Alléluia.

Souffle.

Souffle.

Souffle.

Ça va.

Venez voir !

Solange !

C'est la première fois que je voie le soleil dans cet angle de vue.

Françoise ! Françoise, viens vite !

Lumière !

Allez, viens là, toi !

Regarde si c'est pas beau !

Touche le soleil et fais un vœu.

Arrêtez !

Arrêtez !

Femmes des Halles !

Femmes des faubourgs, nous toutes !

Écoutez !

Nous voulons que le Roi quitte Versailles.

Et sa cour infâme.

Nous voulons du blé, du pain et des droits.

Nous voulons que le Roi quitte Versailles.

À Paris dans nos murs.

La liberté nous donnera du pain et des ailes.

Nous voulons que le Roi quitte Versailles et sa cour infâme.

Nous voulons que le Roi quitte Versailles et sa cour infâme.

Hier piétiner la cocarde, demain la mitraille.

Nous allons à Versailles chercher notre Roi.

Nous allons à Versailles chercher notre Roi.

Nous voulons du blé, du pain. Du pain et des droits.

Toutes en chœur !

Que le Roi quitte Versailles À Paris dans nos murs.

Que le Roi quitte Versailles À Paris dans nos murs.

La liberté nous donnera du pain et des ailes.

La liberté nous donnera du pain et des ailes.

Nous avons des choses à vous dire.

Ce sont des coquins qui ont accordé le véto au Roi.

Nous sommes à l'Assemblée, ici.

Faites que les farines échappent aux accapareurs et nous soit redonnées.

Faites que la cocarde ne soit pas insultée.

Le pain est rare.

Il faut se lever dans la nuit pour espérer avoir une miche.

Le pain... et des bonnes lois, c'est pareil. C'est de l'espoir.

Les nouveaux droits.

L'égalité. - Écoutez-nous.

C'est ça que nous voulons.

Je vous dit une seule voix à la fois.

Qui d'entre-vous porte la parole, s'il vous plaît ?

Citoyen Maillard. Patriote et vainqueur de la Bastille.

Messieurs. Messieurs.

Messieurs, Paris souffre.

Paris a faim.

Combien de sacs sont rentrés en ville durant ces derniers dix jours ?

Cinquante-trois. - Balivernes !

Oui, Messieurs.

53 sacs et 500 setiers de blé. - Pur mensonge !

Pour des centaines de milliers de Parisiens affamés.

On nous fout le nez par terre.

On ne fait pas du pain avec de la poussière.

Messieurs.

Ne voyez-vous pas que c'est une manœuvre ?

- On est fatiguées. - On a faim. On en peut plus.

Ces femmes sont manipulées par le duc d'Orléans.

Je ne suis pas Autrichienne.

Je suis de la Halle.

Je suis Reine Audu.

Et j'ai une pierre dans le ventre !

Et toi l'emplumé, tu as quoi dans le ventre ?

Du rôti, des pintades ?

Cette lavandière...

a enterré son bébé il y a six jours.

Raconte-leur. Faut qu'ils sachent !

Président, sommes-nous obligés d'écouter ces gens de peu ?

Foutre !

- Gredin ! - Ce sont vous, les gens de peu !

Je vous rappelle au respect de ce lieu.

Nous avons une constitution à écrire pour la France.

Ce qui nous sauvera, c'est que le Roi vienne faire son séjour à Paris.

Qu'il chasse les accapareurs et les affameurs.

La place d'un roi n'est pas d'être loin de son peuple.

Louis XVI à Paris !

Le Roi à Paris !

Le goût de la liberté leur passera.

Le Roi à Paris ? Jamais !

La place du Roi est à Versailles.

De votre vie, vous ne verrez jamais le Roi à Paris.

Messieurs. Messieurs.

Président.

Allons au Roi, en délégation,

porter au château la position si malheureuse de Paris.

Et nous obtiendrons sa signature pour les décrets de septembre.

Le pays les attend et le pays les espère.

Le Roi sera touché par ces femmes.

Allons obtenir ces signatures.

Margot !

Ils reviennent du château.

Tu m'as fait peur.

J'ai attendu trois heures

dans le salon de l'œil de bœuf.

Puis un valet est venu.

Il m'a accompagné jusqu'à la salle du conseil.

Le Roi...

Le Roi...

M. Mounier, vous avez mon acceptation.

Merci, Majesté.

Si votre Majesté pouvait me donner son accord par écrit ?

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

Article premier.

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit.

Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

Article deux.

Va au diable !

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels

et imprescriptibles de l'homme.

Ces droits sont la liberté,

la propriété,

la sûreté,

et la résistance à l'oppression.

Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation.

Le Roi a signé !

Vive l'Assemblée nationale !

Prenez bien soin de mon pauvre Versailles.

Enfin voilà donc que le Roi

Sapergué ! Quitte Versailles.

Pour venir à Paris tout droit s'installer loin de la canaille.

La Reine est venue aussi accompagnée de leurs petits.

Accompagnée de leurs petits.

Paraît qu'il refusait de venir,

Et dansait sur nos cocardes.

Alors il fallu le quérir et abattre quinze ou vingt gardes.

À la vue de nos canons, le Roi devint doux comme un mouton.

Le Roi devint doux comme un mouton.

Maintenant qu'il est à Paris,

Et qu'il boira l'eau de la Seine,

Le Roi tout ragaillardi fera l'amour à notre souveraine.

Pour lui mettre, comme dit le curé, un enfant de chœur dans le bénitier.

Un enfant de chœur dans le bénitier.

Nos députés eux aussi quittent Versailles.

L'Assemblée s'installe dans l'ancien Manège du Roi.

À deux pas des Tuileries.

Messieurs.

Le comité de constitution vous propose une division du royaume en 80 départements.

J'ai l'honneur d'observer que la cause que je défends...

touche de si près aux intérêts du peuple que j'ai droit à toute votre attention.

Le mode d'élection censitaire que vous défendez est un crime.

En l'état actuel, l'égalité politique est détruite.

Jetez vos yeux sur cette classe.

Qu'on désigne avec mépris par le nom de « peuple ».

- C'est le peuple ! - C'est comme ça qu'on l'appelle.

- Comment il s'appelle ? - Je l'ignore.

Je ne connais que Mirabeau.

C'est un avocat. Il défend l'égalité.

On sait pas si c'est Roberspierre ou Rabaispierre.

Vous qui dégradez la plus grande partie du genre humain

par les mots de « canaille » ou de « populace ».

Cette multitude d'hommes dont je défends la cause ont des droits

qui ont la même origine que les vôtres.

Qui vous a donné le pouvoir de le leur ôter ?

Monsieur de Robespierre, vous êtes un prédicateur de l'anarchie.

Voulez-vous une Assemblée de mendiants ?

D'orphelins ?

Silence dans les tribunes !

Ils sont idiots ici. C'est ici qu'on fait les lois ?

Laissez parler Robert-Pierre, bon sang !

Silence dans la tribune !

Il n'y a pas deux manières d'être libre.

Il faut l'être entièrement ou redevenir esclave.

Vous pouvez donner des lois aux citoyens mais vous ne pouvez pas les anéantir.

- Sage décision ! - Retournez à Arras, M. de Robespierre.

Il n'y a pas deux manières d'être libre.

- Il n'y en a qu'une. - La nôtre.

Mes chers fidèles,

si je vous ai réunis, c'est pour vous parler des avantages de la Révolution.

Autrefois, nous étions captifs.

Timides.

Faibles comme des esclaves.

Aujourd'hui,

l'encens et le parfum de notre liberté...

se font sentir dans toute l'Europe.

Oui.

Le nom « Français »...

sera désiré...

de l'univers entier.

Oui, je vous le dis, mes amis.

Au nom du Père,

du Fils,

et du Saint-Esprit.

Amen.

Pardonnez-vous. Oubliez les offenses, les remords, les regrets.

Et cessons ce temps de querelles et de jalousies

au pied de cet arbre de liberté.

Il en restera encore un.

Comment t'appelles-tu ?

Tout homme a un nom.

Même toi.

Je suis un âne.

Basile,

tu te souviendras de ce jour.

De quoi accuse-t-on cet enfant de Dieu ?

Il a volé ma montre.

Si ce Basile travaille pour toi.

Ce que tu estimeras juste d'accepter.

Pardonne-moi.

Allez, Julien, pardonne-lui.

Clémence.

Il gèle à pierre fendre !

Tiens, voilà notre Molière !

Alors Janis, qu'as-tu fait aujourd'hui.

Je suis pas sorti et je me suis lavé les pieds.

Pour fêter la nouvelle machine.

Guillotin,

médecin politique.

Imagine un beau matin que pendre est inhumain et peu patriotique.

Guillotin dit : la mécanique tombe...

comme la foudre. La tête vole, le sang afflue, jailli.

L'homme... n'est... plus.

Sacredié, vous ne devinerez jamais ce qu'ils viennent de voter à l'Assemblée.

La constitution.

Quand est-ce qu'on la voit, notre constitution.

Ils y travaillent, Gabrielle.

Ils y travaillent encore et encore.

Je sais : les biens de l'Église qui reviennent à la Nation.

Déjà fait.

- Des comédiens citoyens. - Déjà fait.

- Des Juifs citoyens. - Déjà fait.

- Dis ! Alors ? - Je sais, je sais.

Des femmes actives. Des femmes qui seraient citoyennes.

Quoi, tête creuse ?

Elle est pas tombée toute seule, la Bastille.

- J'y étais. - On y était toutes à la Bastille.

Pardon, mais moi je suis active.

Ça s'entend dans toute la cour.

Elle est jamais fatiguée, la Landelle !

Son Landelle, il est tendu comme du bois vert.

On va voter !

C'est aujourd'hui, samedi 12 février 1791

qu'il est permis à tout le monde en France de cultiver du tabac.

Comme le sel, on pourra dire « vive le tabac libre » !

Sacredié, non ?

- Au tabac libre ! - Au tabac libre, alors.

Pourquoi Janis voterait et pas nous ?

Té, parce que les comédiens ont des droits civiques, maintenant.

Janis votera jamais.

Il est trop pauvre.

Tu en sais quoi, vieux noyau ?

Et moi je suis trop femme pour voter !?

Trop pauvre !?

Janis,

seront actifs...

ceux qui paient des impôts.

Le vote censitaire est le vote des plus riches.

C'est des scélérats. Faut les changer !

On a le nez dans la poussière.

De rien, on est devenus des pas-grand-choses.

Mais moi j'y crois !

Qu'as-tu fait de mon royaume ?

Majesté ?

C'est vous ?

Le Grand Louis ?

Encore dans ton lit !

Paresseux !

Tu as perdu ton rang, ta place.

Ton peuple.

Qu'as-tu fait de mon royaume ?

Réponds à ton Roi-Soleil.

J'entends aussi que tu as abandonné Versailles !?

Abandonner Versailles ?

J'en ai été chassé.

- Misérable ! - Roi fainéant !

N'as-tu point d'autres distractions à tes ennuis que ton oreiller et tes rêves ?

Laissez-moi vous expliquer, Henri de Navarre.

On me retient aux Tuileries. Les temps sont difficiles.

Je fais de la politique.

Tu fais surtout honte !

Mes ancêtres.

Un véto ?

Qu'est-ce que c'est que cette coutume ?

Un véto !?

C'est tout ce qu'il me reste.

- Assez ! Suffit ! - Tu nous affliges !

- Tu nous ruines. - Non !

Tu n'as donc rien appris ?

L'histoire ne nous fait pas.

Nous faisons l'histoire !

Ne te vante plus d'être un Bourbon !

Tu n'es qu'un bouffon ! - Un dégénéré !

Tu nous ruines.

Louis le Terne !

Louis le Zéro.

Fantôme !

Adieu.

Restez ! Ne me laissez pas !

Seul un sursaut d'orgueil te sauvera.

Comment ?

La guerre.

Le Roi a fui !

Le Roi a fui !

Quel lâche ! Nous laisser comme ça.

C'est honteux !

Plutôt mourir que de souffrir l'invasion par des troupes étrangères !

Vive les patriotes !

Fidélité à l'Assemblée.

Fidélité aux députés !

Ah ça ira, ça ira, ça ira, malgré les mutins, tout réussira.

Je jure fidélité à l'Assemblée nationale.

Ah ça ira, ça ira, ça ira, malgré les mutins, tout réussira.

Il n'y a plus que nos députés pour nous défendre.

Faut faire alliance. - Comme l'eau et la terre.

Fidélité à la Nation !

- Vive la liberté ! - Vive la loi !

Fidélité à l'Assemblée nationale !

Fidélité à l'Assemblée nationale !

- Fidélité à la Nation ! - Fidélité à nos députés !

Vive l'égalité !

Et quand on les aura tous pendus, on leur fichera la paille au cul.

Ah ça tiendra, ça tiendra, ça tiendra, et dans deux mille ans, on s'en souviendra.

Regardez !

Ils ont arrêté le Roi !

Le Roi est pris ?

Ils ont arrêté le Roi !

À Varennes.

Avec la reine.

Sanson, notre Roi ne fuit pas !

Le roi a fui !

- Eh, gredin ! - Eh, la Révolution !

Je veux revoir mon Roi.

Tu me dois encore 50 jours de corvée.

Halte.

Bois.

Eh, gros Louis sans cervelle, j'ai deux dindonneaux pour toi.

Ta bouche, ignorant ! On respecte le souverain.

Ce gros cochon fugitif. Tu veux la guerre ?

Tu veux la Nation déchirée ? - Il ne veut pas la guerre.

Sans Louis, tout l'édifice s'effondrerait.

Ton calme, Barnave, m'étonne.

Où vas-tu, citoyen ?

Le 25 juin,

tout Paris est sur la place Louis-XV...

pour voir le retour du traître.

Français,

reprenez vos droits !

Sentez vos forces !

Sentez votre dignité !

Français,

aujourd'hui c'est à vous de dicter les lois.

Même Marat est sorti de son trou.

Le voilà ramené dans nos murs, ce brigand couronné.

Parjure, traître et conspirateur !

Ne vous laissez toucher ni à ses larmes, ni à ses promesses.

S'il a déserté son poste une fois, il le désertera dix mille !

Maintenant, silence pour le traître !

Lui ? Citoyen ?

Mange, ça fait plaisir à voir.

Tu n'as rien vu à Varennes ?

Tu n'as rien vu à Varennes ?

Laisse-le. Mange.

Tu n'as rien vu ?

Sais-tu ce qu'il se passe ici ?

Sais-tu pourquoi le Roi est parti et pourquoi on l'a ramené ?

Tu as une famille ? Arrête, toi ! Arrête ! Tu as un clocher ?

Voilà qu'il a de la peine, le héros !

Mamie ! De quel pays viens-tu ?

Laissez-le tranquille avec vos fichus questions ! C'est pas de ça dont il a besoin.

J'ai pas de père, pas de mère.

Je vais, je viens, j'avale la poussière.

J'ai pas de clocher.

J'ai personne dans les yeux.

Alors, il reste ?

Il reste.

Le Roi est-il un simple citoyen ?

Punissable comme un autre ?

- Il a trahi. - Il a déserté.

Un roi est à la fois un homme, un citoyen, un fonctionnaire.

Dans les faits, le Roi a trahi.

- Il a été enlevé. - Oui, enlevé.

Peut-être non pas par... une contrainte de corps.

On l'aurait forcé par une contrainte de l'esprit.

Le Roi allait en terre étrangère pour changer nos plantes fertiles en un océan de sang.

Et vous le défendez ?

Silence, la tribune. Silence ! Le président.

Une révolution ne doit exister que par l'ordre. Le désordre l'anéantirait.

La parole est à M. Prugnon.

Le jour où la France aura des représentants perpétuels et point de roi...

sera le dernier jour de la liberté.

Tout pouvoir finit presque toujours par corrompre les hommes.

L'usage de l'autorité engendre l'ambition de l'autorité.

L'histoire de toutes les révolutions,

représente des êtres de pouvoir qui finissent par exercer le plus terrible de tous les despotismes.

Celui qui porte le costume de la liberté.

Quand il y a dans un état un corps qui dit « je veux »,

il faut un autre corps qui puissent dire « je ne veux pas ».

S'il y a réunion de pouvoirs dans un seul corps, il y a despotisme.

C'est pourquoi nous avons besoin et d'un Roi et d'une Assemblée élue.

Pour que l'État soit assis sur ses deux jambes,

debout,

en équilibre.

La Nation grandira.

Bien parlé, Joseph !

Elle est très bien, la hauteur.

Voilà.

Venez lire.

Tu me prends la main.

Et ton linge ?

Tu rigoles ?

Il y a belle lurette que je ne rigole plus avec les hommes.

Tu dis quoi ?

Je dis :

ami, j'en connais des qui ont pris la Bastille,

et moi, j'en connais une qui va prendre le Basile.

Il y aura des suites.

J'aime pas les voleur de poules.

Dégage !

C'était avant.

Ils ont aucune parole.

Dégage.

Avant, on entendait le pardon.

Tu vas partir avec la nuit ?

Non, je veux ma chérie.

Je veux ma chérie.

J'ai vu le soleil.

Il m'a touché la main.

J'ai vu le Roi.

Il m'a touché la tête.

Un jour, j'ai vu la reine aux gobelins.

Et elle a lancé un mouchoir aux enfants en riant.

Étrange.

Ta lèvre.

Basile !

Tu crois qu'on va réussir ?

Monsieur Barnave, vous avez la parole.

Messieurs.

Tout gouvernement, pour rendre le peuple heureux, doit le rendre libre.

Tout gouvernement, pour être bon, doit renfermer en lui...

les principes de sa stabilité.

Tout changement est aujourd'hui fatal.

Tout prolongement de la Révolution est aujourd'hui désastreux.

Allons-nous terminer la Révolution ?

Si la Révolution fait un pas de plus, elle ne peut le faire sans danger,

car pour prolonger la liberté, le premier acte qui pourrait suivre...

serait l'anéantissement de la royauté.

Car pour prolonger l'égalité, le premier acte qui pourrait suivre serait l'attentat à la propriété.

Vous êtes attaché à la propriété comme un esclave à son maître !

Marat, calmez-vous.

Messieurs, si la Révolution est faite pour la Nation,

elle ne doit pas toucher à la propriété. Elle doit s'arrêter...

au moment où la Nation est libre et où tous les Français sont égaux.

Foutaises ! Les Français ne sont pas égaux !

Silence !

Silence dans les tribunes ou j'interromps la séance.

Si la Révolution continue dans les troubles,

dès lors, elle n'est plus que l'avantage de quelques hommes.

Dès lors, elle est déshonorée et dès lors,

nous le sommes nous-mêmes.

Aujourd'hui...

Aujourd'hui tout le monde doit sentir que l'intérêt commun est que la Révolution s'arrête !

Écoutons ceux qui nous disent de toutes parts

« Vous avez été courageux, vous êtes puissants, »

« soyez aujourd'hui sages et modérés. »

« C'est là que sera le terme de votre gloire. »

Oui, Messieurs.

Il est temps de terminer la Révolution.

Il est temps d'en terminer avec Monsieur Barnave !

Et ce temps est venu, ce temps est aujourd'hui,

le 15 juillet 1791. En conséquence...

j'adopte la proposition de M. Salle, partisan de l'inviolabilité du Roi.

Parjure !

Fossoyeur du peuple ! Fossoyeur de la Nation !

- Parjure ! - Parjure !

Ça veut dire quoi, « inviolabilité » ?

Ça veut dire qu'ils ne feront rien contre le Roi.

Ces députés sont des...

des scélérats.

On leur a juré fidélité et ils nous lâchent.

Ils veulent qu'on reste des enfants.

De bons enfants incapables de comprendre.

Juste bons à être sans yeux, sans mémoire.

- Comment c'était ? - Triste.

Mais on les aura.

Nous voici revenus pire qu'en 89 !

Un pacte entre Barnave et l'Autrichienne !

J'en ai des larmes de sang.

On fait quoi, alors ?

On prend un autre roi ? - Je ne veux pas d'un autre capet.

Pour qu'il nous trahisse lui aussi et se ligue avec l'Autriche, l'Espagne, l'Italie...

Dis ce que tu penses, Citoyen.

Je ne suis pas une mouche de Lafayette, j'y connais rien aux lois.

Mon métier, c'est de faire des vers.

Un poète ! Monsieur fait des rimes.

L'Oncle, il fait des verres. Des flacons pour le vin.

Pour l'ivresse.

Déclarons sur le champ que la France n'est plus une monarchie.

Pour devenir quoi ?

Une république, comme à Rome.

C'est aller vite en besogne.

C'est ce que les Cordeliers répandent dans tout Paris.

C'est nous, les Cordeliers.

Foutre ! C'est pas votre quartier, ici.

- On pétitionne. - On a déposé 17 pétitions depuis juin.

Signées par 30.000 citoyens. - Et citoyennes.

Hier encore, on s'est fait désavoués à l'Assemblée.

La République est un mot abstrait pour le peuple.

Je connais des Sans-culottes qui défendront la monarchie jusqu'à la dernière goutte de leur sang.

Défendre la monarchie ?

Pourquoi défendre la monarchie ? C'est la Révolution qu'il faut défendre.

Dimanche, nous appelons toutes les sections de Paris à pétitionner.

Au Champ-de-Mars.

Venez sans arme. En famille.

Ce sera un beau jour pour la liberté.

Au Champ-de-Mars.

Si c'est pour la liberté, tu m'y verras.

L'Oncle.

Antoine-François Momoro. Imprimeur, graveur, libraire.

Varlet, Jean-François.

Candole, Françoise.

Margot Laforce.

Nous aussi, tu nous y verras.

- Vous êtes à quelle section ? - L'Arsenal.

Saint-Antoine.

- L'Arsenal a pétitionné ? - Fallait passer le fleuve !

On est aux Cordeliers.

Y a pas besoin de carte. Les femmes sont admises.

Surtout les jolies femmes comme vous.

Les Cordeliers. C'est pas un club d'épousailles.

Les jaloux font aussi de très bons républicains.

C'est ce qu'on verra.

On se promenait.

Les cocardes étaient sur toutes les poitrines.

On parlait.

On était bien.

Quand il y eut le drapeau rouge,

le drapeau rouge de la loi martiale.

Dispersez-vous ! Loi martiale !

Tirez-moi du plomb dans le cul de cette canaille !

L'arme à la main !

L'Oncle ? L'Oncle ?

Seigneur, donne-leur le repos éternel.

Et que sur eux sans fin brille ta lumière.

Par la miséricorde de Dieu.

Que repose en paix les âmes des fidèles défunts. Amen.

Amen.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce.

Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes.

Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs.

Maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.

Ange de Dieu, toi mon gardien, à tout instant veille sur moi,

La nuit, le jour et le matin.

Toute ma vie, sois mon soutien.

Garde-moi de tout mal et guide-moi vers la vie éternelle. Amen.

Amen.

On les mettre ensemble dans la boîte.

Notre père qui êtes aux cieux, que ton nom soit sanctifié,

que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel,

donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour,

pardonne-nous nos offenses,

comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.

Marat a fui. Ils arrêtent du républicain à tour de bras.

J'ai vu Robespierre dans une maison à St-Honoré.

Louis-Joseph Henri, dit l'Oncle.

Françoise Candole.

Janis, fils de Nicolas Barrucan, comédien.

Allez au Diable !

Vous êtes en état d'arrestation.

Louis-Joseph Henri, dit l'Oncle.

C'est moi. Respectez les morts.

Janis, fils de Nicolas Barrucan, comédien.

Françoise Candole.

C'est moi.

Citoyenne.

T'es-tu rendue au Champ-de-Mars le dimanche 17 juillet 1791 ?

Oui.

Comme d'autres.

Nomme.

Nomme.

Tonin.

Paco.

Pourquoi tu t'y étais rendue ?

Pour signer la pétition.

Comme tout bon citoyen.

On est venus sans armes.

Sans cannes ni bâtons.

Elle parlait de quoi, cette pétition ?

Le vœu des citoyens.

Vivre libre. Et point de Louis XVI.

C'est donc que tu as signé pour la déchéance du Roi ?

J'ai signé pour la justice.

Pour la Révolution.

La liberté... ou la mort.

La liberté ou la mort.

As-tu lancé ou vu lancer des pierres ?

Non.

Tu es membre d'un club ?

Non.

Quels journaux lis-tu ?

Je ne suis pas de celles qui savent lire.

Vous en avez compté combien, de nos morts ?

Désolé, c'est moi qui pose les questions.

400.

Vous avez jeté 400 patriotes à la Seine.

Que nenni !

De mémoire d'homme, a-t-on déjà vu des policiers jeter des hommes à la Seine ?

- Marat le dit. - Marat est un rat. J'écoute pas les rats.

Alors pourquoi Bailly a ordonné de faire lever les filets de St-Cloud ?

Pour que la mer avale tous ces morts.

Voilà ce que vous cachez.

Assez ! Remettez celle-là en cellule.

J'ai pas fini.

Moi si. Les enragés me fatiguent.

La garde nationale a tiré sur les ordres de Lafayette, non ?

La garde nationale, c'est bien des citoyens comme toi et moi ?

Depuis le 14 juillet, les citoyens défendent Paris.

Alors, dis-moi, citoyen...

comment des citoyens ont pu tirer sur d'autres citoyens ?

Pour moi, le mot de citoyen a une valeur.

Y a pas plus lâche, y a pas plus ignoble comme trahison.

Lafayette, tu as tué ma sœur Margot.

Lafayette, j'irai cracher sur ta tombe.

La constitution garantit comme droit naturel et civil...

la liberté à tout homme d'aller, de rester, de partir...

sans pouvoir être arrêté ni détenu...

que selon les formes déterminées par la constitution.

La liberté à tout homme de parler...

d'écrire, d'imprimer et publier ses pensées.

La liberté aux citoyens de s'assembler paisiblement et sans armes.

De la royauté et du Roi.

Article un.

La royauté est indivisible et déléguée héréditairement à la race régnante

de mâle en mâle à l'exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance.

Article deux.

La personne du Roi est inviolable et sacrée.

Son seul titre est Roi des Français.

Monsieur Thouret nous apporte de la lecture.

Article trois.

Le pouvoir législatif est délégué à une Assemblée nationale composée de représentants

librement élus par le peuple.

Eh bien Messieurs les ministres,

nous allons lire.

Mardi 13 septembre 1791.

Messieurs, le Roi accepte. Il fera exécuter la constitution.

Le Roi demande un pardon général pour tous.

C'est le plus beau jour que la France ait connu depuis 1.400 ans qu'elle existe.

Jamais la cour,

ni ses serviteurs,

ne vous trahiront dans le sens grossier et vulgaire.

Ils vous tromperont.

Ils vous endormiront.

Ils vous épuiseront.

Ils vous trahiront avec art,

avec modération,

avec civisme,

avec patriotisme.

Ils vous trahiront lentement,

constitutionnellement,

comme ils ont fait jusqu'ici.

Le siège du mal n'est pas en Europe,

à Varsovie ou de l'autre côté du Rhin,

le danger est à deux pas d'ici,

il est aux Tuileries,

il est au Manège.

Le danger est aussi...

au milieu de nous.

Courage !

Allez, crie, ma fille ! Libère-toi ! Lâche !

Allez, crie !

T'as raison. Il va faire chaud dans mon atelier.

Libère-toi.

Tu es la plus belle.

Encore un effort, Françoise.

Madame Sainte-Marguerite, digne vierge de Dieu,

ayez pitié de nous.

Reste assis.

Bois.

Celle-là, elle s'est pas fait prier.

Et voilà !

Bon Dieu, Solange, c'est toi qui va chercher l'eau !

Allez, viens avec moi, toi.

Basile, la vie donne à tous les hommes.

Maintenant, emmène-le à l'église.

Le pays est en guerre.

Les armées amies du Roi menacent de détruire Paris

si l'on porte atteinte à Louis XVI ou à sa famille.

Les sections sont dans la plus forte fièvre.

Y en a qui disent que le devoir le plus sain, la foi la plus chérie,

c'est d'oublier la loi pour sauver la Patrie.

L'Assemblée nationale débat et l'ennemi s'approche.

Citoyens des sections de Paris,

frappons le colosse effrayant du despotisme.

Qu'il tombe !

Qu'il se brise en éclats !

Et que le bruit de sa chute fasse pâlir les tyrants jusqu'aux extrémités du monde.

Unissons-nous. Disons d'un accord commun,

Louis XVI n'est plus Roi des Français.

La France ne sait pas vivre sans roi.

Alors ne peut-il y avoir d'autres rois que ce Louis, que ce traître ?

Lafayette prépare un coup d'état.

Oui, nous demandons un droit.

Le droit de suspendre la loi, mais c'est pour sauver la Patrie.

Pourquoi les députés vous écouteraient ?

Les députés sont libres de nous écouter ou non.

- Et après ? - Tu connais la réponse, citoyen.

Elle est écrite dans la déclaration des droits où tes enfants apprennent à lire.

L'insurrection est un droit

qui appartient à tous.

Soyons pas étonnés...

si nos ennemis invoquent avec tant d'ardeur la constitution.

Vous oubliez un peu vite...

que tous les despotes de l'Europe se sont coalisés pour faire la guerre à la France...

et sauver le capet.

Marie, ne te plains pas, porte plainte.

- Grande gueule ! - On peut le faire !

Non, on peut pas. La constitution est sacrée. Vous le disiez, ça.

C'est ça, oui.

De quoi t'as peur ? Parle ! Ici on est francs. Pas de censure.

On sait tous ce qu'il y aura. Le chaos et l'anarchie.

Je ne signe pas pour le chaos.

Où vous arrêterez-vous, les Cordeliers ?

« S'arrêter ». Tu parles comme l'infâme Barnave.

L'idole est pourrie. Faut la renverser, c'est tout.

Vite dit.

Mieux vaut un roi caté qu'un nouveau tyran.

- Il a raison. - Bon sang, non. Jamais !

Écoute-moi bien. La constitution est un contrat comme un autre.

La constitution nous met en danger. Alors on la déchire et on en fait une autre, non ?

Où est le problème ?

Ce n'est pas de l'anarchie, c'est de la justice.

Émile, signe avec moi.

Je n'ai pas peur du chaos.

Du chaos sont nées des grandes choses.

Vous ajoutez de la guerre à la guerre.

Je ne signe pas pour la guerre civile.

Quand y aura plus les lois, y aura quoi après ?

La vie.

Y aura la vie après.

Tu auras la mort.

Vous me voyez ?

Oui, on te voit.

- Tu veux nous dire quoi ? - Vous me voyez ?

C'est qui, ce drôle ?

Moi je signe.

Regardez tous.

Regarde, toi.

1 heure de la vie d'un homme libre vaut mieux que 100 ans de la vie d'un esclave.

Moi, je signe.

Nous avons trop dormi pendant des siècles.

Moi, je signe.

La liberté ou la mort. Émile, signe !

Émile, t'es vraiment un lâche.

Barrucan, Janis.

Françoise Candole.

Basile.

Asseyez-vous là, s'il vous plaît.

Messieurs, notre seul et unique espoir n'est plus que dans la résistance à l'oppression.

Nous demandons que Louis XVI abdique la couronne.

La levée de 400.000 hommes pour réquisitionner le blé dans les campagnes.

Qu'il soit fait des lois sévères contre toute espèce d'accaparement.

L'usure, le monopole sont des assassinats moraux.

Le peuple se lasse.

Citoyen Varlet.

Vous oubliez un peu vite que la souveraineté appartient à tout un peuple,

non à une section du peuple.

Si justice et droit ne sont pas fait au peuple...

par le corps législatif...

jeudi à onze heures du soir,

le même jour à minuit, le tocsin sonnera.

La Générale sera battue et tout se lèvera à la fois.

Silence ! Nous allons procéder au vote.

Assis ou levé. Qui appuie la motion d'accusation de M. Lafayette ?

Qui appuie la motion inverse ?

- Honte sur vous ! - Parjures !

Vous êtes tous des scélérats !

Je pense qu'il n'y a pas lieu à accusation contre M. Lafayette.

Nous demandons l'appel nominal.

Paris...

ne fait pas la loi à la France,

et ne le fera jamais.

Louis est notre rempart.

Mon ami,

j'attends avec inquiétude des nouvelles de votre santé.

Nous touchons ici aux plus grands événements.

L'Assemblée a hier absout Lafayette.

Et tout semble présager pour cette nuit-même la plus grande commotion à Paris.

C'est maintenant.

Réveille-toi.

Basile. C'est là, oui.

C'est maintenant.

C'est le signal.

Saint-Antoine se lève.

Saint-Marcel se lève.

Les 48 sections de Paris se lèvent.

Basile, l'insurrection n'est pas le jour de la vengeance nationale.

Sans-culotte, citoyen, c'est simple.

Ce sera la liberté ou la mort.

Vous allez connaître une journée bien plus terrible que toutes celles que vous avez connues.

Debout !

En formation !

La liberté ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval.

- Rentre chez ta mère. - J'ai pas de mère.

- Chez ton père alors. - J'ai pas de père.

Fous-moi le camp, petit !

Capitaine.

Le Val-de-Grâce s'oppose à la sortie des canons.

Leur section résiste.

Je me ferai hacher en morceau mais les canons partiront.

- Je veux pas que tu meures. - Et moi, je veux pas perdre ma vie à la gagner.

J'aimerais mieux me faire clouer aux murs de ce palais...

que de me réfugier au Manège.

Les insurgés arrivent par milliers des faubourgs.

Il n'y a de sûreté que dans l'Assemblée.

Mais enfin Monsieur, où sont nos troupes ?

Il n'y a pas assez d'hommes pour garantir votre défense.

Sire, ce n'est plus une prière que nous venons vous faire.

Mais un devoir.

Monsieur Roederer, répondez-vous de la vie du Roi ?

Oui.

L'Assemblée sera votre refuge.

Soit.

Marchons.

Fidélité !

Fidélité à notre Roi !

Fidélité à notre Reine !

Feu !

Nous sommes tous citoyens. Tous frères.

Poussez-vous !

Ça brûle !

P'tit Prosper.

Louis XVI est en cage

Qu'il mange, qu'il mange du fromage

Comme un oiseau sauvage

Il faut le conserver

Il faut le conserver

Sans le laisser sauver

Ainsi que sa femelle, Antoinette hypocrite et cruelle

Gros Louis sans cervelle

Par elle est attrapé

Par elle est attrapé

Et le peuple trompé

Se lève et prend les armes, pour cesser, pour cesser les alarmes

Louis dans ces vacarmes croyait être vainqueur

Croyait être vainqueur

Mais les suppôts sans cœur

Basile.

Basile.

Je demande que l'Assemblée nationale veille...

sur la sûreté des prisonniers suisses, trente officiers,

en les mettant sous la sauvegarde de la loi et de la loyauté de la France.

Président, ce Suisse fut mon ennemi.

Je veux le loger et je veux le nourrir.

Fraternité !

Citoyen Clément, ton nom apparaîtra au procès-verbal de la séance.

Laissez passer. Faites place. Place !

Citoyen-Président, je demande la parole.

Législateur.

Citoyen.

Ce sont les nouveaux magistrats du peuple qui se présentent à votre barre.

Ce sont les nouveaux dangers de la Patrie qui ont provoqué notre nomination.

Que les traîtres frémissent à leur tour.

Ce jour verra le triomphe des vertus civiques.

Article premier.

Le peuple français est invité à former une convention nationale.

Article deux.

Le chef du pouvoir exécutif est provisoirement suspendu de ses fonctions.

Jusqu'à ce que la convention nationale ait prononcé sur les mesures qu'elle croira devoir adopter

pour assurer la souveraineté du peuple et le règne de la liberté et de l'égalité.

Article trois.

La commission extraordinaire présentera en le jour un mode d'organiser un nouveau ministère.

Article quatre.

La commission extraordinaire présentera également en le jour un projet de décret

sur la nomination du gouverneur du prince royal.

Article cinq.

Courage, ma fille ! L'Oncle est salement blessé. Basile me l'a dit.

- T'as vu Basile ? - Oui.

Que valent nos combats comparés à nos victoires ?

Que valent nos blessures comparées à nos conquêtes ?

Jusqu'ici, on a agité le peuple.

Parce qu'il fallait lui donner l'éveil contre les tyrans.

Maintenant,

il faut que les lois soient aussi terribles

contre ceux qui y porteraient atteinte

que le peuple l'a été en foudroyant la tyrannie.

Il faut que les lois punissent tous les coupables.

Pour que le peuple n'ait plus rien à désirer.

Nous t'écoutons, ô Danton.

Il faut faire justice au peuple,

pour qu'il ne se la fasse pas lui-même.

Que la loi soit terrible et tout rentrera dans l'ordre.

Citoyens,

prouvez que vous voulez le règne des lois.

Et prouvez aussi que vous voulez le salut du peuple.

Et surtout,

surtout épargnez le sang des Français.

Messieurs, écoutez ceci :

« À voir la trempe... »

« de la plupart des députés à la Convention nationale, »

« je désespère du salut public. »

« Cinquante ans d'anarchie vous attendent ! »

« Ô peuple babillard, si tu savais agir ! »

Cet appel au crime est signé de Marat.

Écoutez Marat.

J'ai donc dans cette Assemblée un grand nombre d'ennemis personnels.

Que ce monstre soit arrêté sur le champ !

Je supplie l'Assemblée de ne pas se livrer à un excès de fureur contre moi.

J'atteste que c'est écrit et fait depuis dix jours.

Dix jours.

Avant-même l'ouverture de la Convention.

Alors j'étais indigné de voir...

triompher cette faction de la Gironde qui me poursuit aujourd'hui.

Une minorité de ces hommes-là. Oui !

J'ai demandé que le peuple se nomma un dictateur.

- Faites taire ce rat ! - Un tribun militaire.

Si le peuple avait pu sentir la sagesse de cette mesure,

tout aujourd'hui serait tranquille.

Les traîtres auraient frémi.

100.000 patriotes n'auraient pas été égorgés.

100.000 patriotes ne seraient pas menacés de l'être.

Des flots de sang vous feront un jour sentir votre erreur.

Mais...

la preuve incontestable que je veux marcher avec vous...

vous les véritables amis de la Patrie.

Cette preuve, la voici.

Le premier numéro du journal de la République française.

Tu l'aurais vu,

Et si, par une folle négligence de mon imprimeur je n'avais pas eu ce journal,

qu'auriez-vous fait ?

Incroyable.

Vous m'auriez donc voué au glaive des tyrans ?

Un fauve.

Cette fureur est indigne d'hommes libres.

Et je ne crains rien sous le soleil !

Si l'acte d'accusation eût été lancé contre moi,

je me brûlais la cervelle devant vous.

Solange ?

Voilà donc le fruit de trois années de cachots et de tourments essuyés pour sauver la Patrie.

Voilà le fruit de mes nuits blanches,

de mes travaux, des dangers que j'ai courus.

Eh bien, je resterai parmi vous pour braver vos fureurs !

J'appuie la proposition de Barère.

Décrétons que la République française soit une et indivisible.

Quand je suis revenue à moi, j'ai entendu :

Il est décrété que les actes publics porteront désormais la date

de l'an premier de la République française.

République. La République. Nous y sommes.

Il faut qu'ils nous écoutent, sinon c'est...

c'est Danton qui aura raison.

Et demain sera toujours plus terrible.

Lève la tête.

Tu fais quoi, avec le four ?

Le fou ? Marat est fou, mais sans lui la Révolution serait de l'eau tiède.

Je te parle du four.

Il s'éteint.

On fait quoi ?

Je suis pas sûr d'être le mieux placé pour voir dans l'avenir.

Quoi, Dieu ?

Tu crois que Dieu nous approuve ?

Il soutiendrait les tyrans et les contre-révolutionnaires ?

Ces vermines qui complotent,

mettent du verre pilé dans les farines et nous attaquent aux frontières. Foutre !

Évidemment que Dieu approuve la Révolution !

Il ne soutiendrait pas l'égalité, les nouveaux droits ?

Solange, tu verras.

L'ivresse de la liberté se répandra dans tous les cœurs.

Et les morts de septembre ?

Ceux-là, paix à leur âme.

Je passe la commande du bois.

Approche.

Un.

Deux.

Trois.

Quatre.

Cinq.

Six.

Sept.

Huit.

Tu n'es pas prêt.

Je te croyais plus dur.

La parole est au citoyen Saint-Just.

Je dis que le Roi doit être jugé en ennemi.

Que nous avons moins à le juger qu'à le combattre

De peuple à roi, je ne connais pas de rapport naturel.

Les citoyens se lient par le contrat.

Le souverain ne se lie pas.

Pour moi, je ne vois point de milieu.

Cet homme doit régner ou mourir.

Détrompez-vous, Monsieur Saint-Just.

Juger le Roi serait la moindre des dignités.

Il opprima une nation libre. Il se déclara son ennemi.

Il abusa des lois. Il doit mourir pour assurer le repos du peuple,

puisqu'il était dans ses vues d'accabler le peuple pour assurer le sien.

On ne peut régner innocemment.

Tout roi est un rebelle et un usurpateur.

Il est le meurtrier de la Bastille, de Nancy, du Champ-de-Mars, des Tuileries !

Quel ennemi, quel étranger nous a fait plus de mal ?

On cherche à remuer la pitié

On achètera bientôt des larmes.

On fera tout pour nous intéresser, pour nous corrompre, même !

La parole est au citoyen Fauchet.

Ici j'invoque, citoyens, cette même justice éternelle de la nature,

dont les lois sont antérieures à toutes les lois sociales.

Vous nous promettez le repos de la Patrie dans le crime national ?

M. St-Just, votre repos de la Patrie est une sanglante infâmie qui ferait horreur...

à toute la terre.

Tu dois pouvoir tenir vingt secondes.

Vingt secondes, c'est quoi ?

Comparé à tes années de traîne-misère ?

Vingt secondes pour manger à ta faim.

Onze.

Douze.

Treize.

Quatorze.

Quinze.

Seize.

Va boire.

Citoyens, l'Assemblée a été entraînée loin de la véritable question.

Il n'y a point ici de procès à faire.

Louis n'est point un accusé.

Vous n'êtes point des juges.

Vous n'avez point une sentence à rendre pour ou contre un homme.

Mais une mesure de salut public à prendre,

un acte de providence nationale à exercer.

Le procès du tyran,

c'est l'insurrection.

Son jugement, c'est la chute de sa puissance.

Sa peine, celle qu'exige la liberté du peuple.

Qu'il tue les rois, mais qu'il ne s'érige pas en roi lui-même.

Silence, les amis de Brissot !

Les peuples ne jugent pas comme les cours judiciaires.

Ils ne rendent point de sentence.

Ils lancent la foudre.

Ils ne condamnent pas les rois.

Ils les replongent dans le néant.

Pour moi, vous le savez,

j'abhorre la peine de mort prodiguée par vos lois.

J'ai demandé l'abolition de la peine de mort

à l'Assemblée que vous nommez encore constituante.

Et je n'ai pour Louis ni amour ni haine.

Je ne hais que ses forfaits.

Je prononce à regret cette fatale vérité :

Louis doit mourir. - Non, M. Robespierre !

Parce qu'il faut que la Patrie vive.

Je demande que la Convention nationale le déclare traître à la Nation française.

Criminel envers l'humanité.

Je demande qu'à ce titre,

il donne un grand exemple au monde,

dans le lieu même où sont morts le 10 août...

les généreux martyrs de la liberté.

Alors ? Ça donne quoi ?

C'est raté.

Recommence.

Doucement. Pas trop.

Pas trop, je te dis !

Et pour connaître les traîtres,

car il y en a dans cette assemblée,

Nommez-les !

Et pour connaître les traîtres,

pour les connaître avec certitude,

je vous propose un moyen infaillible.

C'est que la mort du tyran soit votée par appel nominal.

Et que cet appel nominal soit publié.

Le jour du jugement approche.

Ayez le courage de dire la vérité.

La vérité brûle en silence dans tous les cœurs

comme une lampe ardente dans un tombeau.

L'appel nominal peut commencer.

La question est posée en ces termes :

Quelle peine Louis, ci-devant Roi des Français,

a-t-il encourue ?

Le tirage au sort ayant décidé de la lettre G,

ce sera au département de la Garonne à se prononcer en premier.

Je crois que... le tyran nous nuira plus par sa mort

que par la continuation de sa honteuse existence.

Je conclus pour la réclusion

jusqu'à la paix et pour le bannissement à cette époque.

Citoyens,

je descends dans ma conscience...

Le peuple...

n'a pas le droit...

d'égorger un prisonnier vaincu.

On dit que les cours d'Europe, les Autrichiens, la Prusse, l'Angleterre, l'Espagne,

ont envoyé à Paris leurs plus belles putains pour corrompre les députés.

Tout le monde est maître de son lit, personne de son tombeau.

Je craindrais que la tête de Louis

n'ouvrît en tombant l'abîme des passions et les volcans de l'ambition.

Je crains l'anarchie et cela suffit pour écarter de mon esprit toute idée de mort.

Régulier.

Doucement.

Chez... une nation libre et généreuse,

la mort est un outrage à l'humanité.

Je n'ai ni père ni fils à venger.

Mais cent mille de mes concitoyens.

La mort.

Pour faire quelque chose de fort, de solide, il faut mieux que du temps.

Il faut y mettre de la douceur.

La douceur du geste, tu comprends ?

Je n'aime point les longs discours dans les questions évidentes.

Ils sont d'un sinistre présage pour la liberté.

Je vote pour la mort.

Je ne suis pas de cette foule d'hommes d'état

qui ignorent qu'on ne compose point avec les tyrans.

Qui ignorent qu'on ne frappe les rois qu'à la tête.

Je vote pour la mort du tyran.

La mort dans les vingt-quatre heures.

Manuel dans son avis du mois de novembre a dit :

Un roi mort, ce n'est pas un homme de moins.

Je vote pour la mort.

Trop tard, peut-être, pour l'honneur de la Convention.

Dans l'intime conviction où je suis,

que Louis est le principal auteur des forfaits qui ont fait couler tant de sang le 10 août.

Et de tous les massacres qui ont souillé la France depuis la Révolution.

Je vote pour la mort du tyran dans les vingt-quatre heures.

Uniquement...

préoccupé de mon devoir.

Convaincu que tous ceux qui ont attenté ou attentront...

à la souveraineté du peuple méritent la mort,

Je vote pour la mort.

- Le monstre ! - Son parrain ! Son propre sang !

L'arbre de la liberté,

a dit un ancien,

croît lorsqu'il est arrosé du sang de toutes espèces de tyrans.

La mort de Louis XVI est dans mon intime conviction

le tombeau de la liberté publique.

Et le triomphe des ennemis de ma Patrie.

Je vote pour le bannissement.

La mort.

Puisque Louis XVI fut l'ennemi du peuple,

de sa liberté et de son bonheur,

je conclus à sa mort.

La peine contre les conspirateurs est la mort.

Cette peine est contre mes principes.

Je ne la voterai jamais.

Je suis convaincu que Louis est coupable.

Mais sa mort, quoique juste,

me paraît avoir des dangers que n'a pas sa conservation.

Je vote pour la mort, mais en adhérant au sursis.

Le vote est clos. Nous allons procéder à son dépouillement.

Je proteste. Il manque un député.

370 voix pour la mort immédiate de Louis.

319 pour le bannissement.

Je déclare au nom de la Convention

que la peine qu'elle prononce contre Louis Capet est la mort.

Elle est parfaite.

On y est. On a réussi par Dieu !

Arrête de remuer ta langue ou je te l'arrache !

Parjure ! Je plains vos âmes !

Vermine ! Véroleuse !

Assez ! Assez !

Tu vas te taire, oui ?

Allez, assez. Assez !

Je plains vos âmes !

Maintenant qui va laver les pieds des pauvres au Jeudi saint ?

On sera tous Sans-culottes et sans tête !

La Révolution leur donnera des sabots !

La belle blague.

Vous êtes des monstres, des criminels.

Tuer notre Roi. Mais de quel droit ? Par quel orgueil ?

Quelle honte ! Quelle tristesse !

Tu mérites la danse à bascule !

Landelle, il est où le mal ?

Le mal est aux nostalgiques.

Toi ?

Dans mille ans, vous vous en repentirez encore.

Béni soit mon rocher !

Qu'il triomphe, le dieu de ma victoire !

Ce dieu qui m'accorde la revanche,

Qui soumet à mon pouvoir les nations.

Tu me délivres de tous les ennemis.

Tu me fais triompher de l'agresseur.

Tu m'arraches à la violence de l'homme.

Aussi je te rendrai grâce parmi les peuples.

Seigneur, je fêterai ton nom.

Vous n'avez qu'à m'exécuter comme je suis là.

Je crains la chose impossible.

Faites attention. Ça glisse.

Il est gros.

Il est grand.

Où est mon peuple ?

Mon bon peuple ?

Taisez-vous !

Taisez-vous !

Je meurs innocent.

Bourreau, ne tremble pas !

L'univers te regarde !

Vive la Nation !

C'est trop rapide ! C'était mieux avant !

Avant ils lui auraient broyé les os. Ils auraient jeté ses cendres au vent.

Pour mon jugement dernier.

En République, le sang d'un Roi porte bonheur.

Marie. Marie-Pique.

Égalité. Une enfant de 92.

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