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Voici l'histoire vraie, survenue ici ou ailleurs,
d'individus libres qui v�curent, aim�rent
et lutt�rent pour chasser l'envahisseur de leur sol.
L'une de ces milliers de bandes arm�es
quitta son repaire vers les marais et la for�t
pour vivre une gloire imp�rissable.
Certains acteurs de ce film font leurs d�buts � l'�cran.
L'arm�e a confi� � leur chef la mission de les organiser.
Vladimir est incarn� par Gregory Peck,
vedette de la sc�ne new-yorkaise.
Son adjudant, Semyon, est n� en Russie
et a enseign� � Oxford.
Il y a aussi Yelena, une ouvri�re devenue soldat.
Sacha, l'aimable ivrogne.
Et Fedor, le mar�chal-ferrant sentimental.
Dimitri, un fermier.
Et Petrov, le taciturne.
Mitya, �g� de 16 ans, le vaillant volontaire,
et sa soeur Olga, la petite m�re.
Nina se joindra � eux, une danseuse de Moscou,
incarn�e par Tamara Toumanova, la c�l�bre ballerine.
'A l'automne, les arm�es d'Hitler marchaient
sur Moscou, Leningrad et Stalingrad...
Elles savaient qu'il fallait rester sur les routes,
car au coeur de la for�t russe, se terrait la gu�rilla.
Tu vois, bougre d'abruti!
T'aurais d� rester chez toi!
Dimitri arrive. Petrov rentre par le lac.
Tr�s bien. C'est parfait.
J'ai tout consign� dans le registre...
Un r�servoir de p�trole d�truit � toi tout seul!
C'�tait moins dur que de ferrer un cheval.
Pour ce qui est des t�ches m�nag�res,
tu �plucheras les pommes de terre pour le d�ner.
Toujours les pommes de terre...
Ce n'est qu'une impression.
Camarade, tu as not� que j'avais trouv� une vagabonde?
Oui, camarade.
Elle est si fr�le que je l'ai charg�e sur mon �paule comme un cerf bless�.
Les pommes de terre ne vont pas s'�plucher toutes seules.
Petrov, as-tu r�ussi?
Oui, voil�.
Comment l'as-tu eu? Raconte-moi.
J'ai guett� la route que prend le courrier.
J'ai tendu un solide fil de fer en travers,
sa moto s'est couch�e et...
Tu lui as tir� dessus?
Non, Semyon lvanitch.
Cette lettre d�passe toutes mes esp�rances.
Elle vient du quartier g�n�ral allemand.
Tu as fait un travail remarquable.
Bonsoir, camarades.
Bonsoir, Sacha.
Tu rentres avec deux paires de bottes,
tu as donc liquid� deux fascistes.
C'est Yelena qui les a liquid�s.
Moi, j'ai entendu les coups de feu.
Je suis arriv� � pic pour la t�che ingrate du transport.
Sacha, tu es encore ivre.
Je ne bois pas pendant le service, camarade.
Juste sur le chemin du retour.
Je devrai faire mon rapport au commandant.
Ne fais pas �a, Semyon lvanitch.
Cette l�g�re �bri�t� dispara�tra durant la nuit
et quand Vladimir rentrera,
je promets de ne plus toucher � une goutte d'alcool.
O� diable trouves-tu � boire?
Les Allemands m'en donnent.
Ils t'offrent � boire?
C'est-�-dire... pas exactement.
D'abord, il faut que je les allonge par terre.
Si les Allemands se donnent la peine de l'apporter avec eux de si loin...
Allez, donne-moi �a.
Tu es cens� monter la garde. Repose-toi un peu.
Les dictons sont toujours vrais.
Tu sais, camarade,
celui qui boit alors qu'il est d�j� ivre est d'une grande sagesse.
On attendait des pommes de terre.
- C'est des livres. - D'o�?
Du mus�e Tolsto��.
Les fascistes ont mis le feu au b�timent.
Peter a �t� assassin�.
Dieu l'a voulu.
Les tr�sors du mus�e! Une premi�re �dition.
Il y en a d'autres dans le chariot.
Quelle ironie du sort!
Les nazis se font tuer pour des livres.
A quoi pourraient leur servir les livres?
Rentrons-les vite. Sacha, Petrov, aidez-nous.
Yelena, tu as des t�ches m�nag�res � faire.
Bravo pour les deux fascistes. Mets la table, s'il te pla�t.
C'est pas bon, �a manque de sel.
- C'est pr�t? - Tu veux rire?
Le bortsch n'est pas cuit et la kasha est encore ferme.
J'ai d� �plucher les patates moi-m�me,
car ce mar�chal-ferrant est arriv� trop tard.
Un homme en cuisine est un fl�au!
J'ai coup� le pain.
Olga, tu dois accomplir tes t�ches correctement.
Comment faire?
J'ai d� servir du th� sans arr�t.
- A qui? - Au colis.
- Quel colis? - Sur le lit de Fedor.
Cet apr�s-midi, il a rapport� un gros colis,
un manteau avec quelqu'un dedans.
A moiti� mort... comment a dit le professeur?
De froid et de privation de nourriture.
Professeur Semyon m'a fait porter du th� au colis.
Du th�?
Je ne lui ai pas servi le neuf.
Pas celui qu'on a utilis� deux fois.
Pas pour quelqu'un qui va peut-�tre mourir.
J'ai utilis� le vieux, celui qui a servi six fois.
Ah bon, le vieux th�!
Venez manger le bon bortsch!
Encore et toujours du bortsch!
Tu r�les tout le temps!
Silence.
Prenez vos armes. Eteignez.
Qui va l�?
Vladimir!
Garde-�-vous!
Mitya!
II a dit: "Garde-�-vous."
L'entr�e n'est pas gard�e.
Qui a commis cette n�gligence? Qui est de garde?
Je suis fautif, commandant. Je suis navr�.
Y a pas de mal, petit camarade.
Fais sentir ton haleine.
Je pourrais te fusiller pour �a.
Je suis un sale ivrogne, mon commandant.
Je l'admets. C'est la v�rit�.
Je jure que jamais plus...
Je ne t'avais jamais vu ivre pendant le service,
ni manquer � tes devoirs de soldat.
Demain, tu conna�tras ta punition. A ton poste.
Tu ne m'embrasses pas?
Tu vois bien que je suis en service.
- Qui es-tu? - Un vieux paysan.
Il est avec nous depuis 10 jours, je r�ponds de lui.
O� sont Sergue�� et Mika�l?
Lls sont morts.
Vladimir, le repas va refroidir.
- On peut? - Oui.
- Mitya! - Petite soeur.
Assieds-toi dos au feu. Tu dois �tre gel�.
Qui avez-vous vu au quartier g�n�ral?
A qui avez-vous parl�?
Viens t'asseoir pr�s de moi.
Vous avez vu le g�n�ral Pimotchenko?
Bien s�r.
- C'est vrai? - Je l'ai vu comme je te vois.
Et un g�n�ral m'a tap� sur l'�paule et m'a dit: "�a va?"
Un grand homme.
On aimerait en savoir un peu plus long.
Mitya a tout dit. On est all�s au quartier g�n�ral,
on a vu un g�n�ral qui nous a tap� sur l'�paule.
Vous avez rapport� la pi�ce pour la radio?
Oui.
Mais nous n'avons plus le droit d'utiliser la radio.
Surtout pour envoyer des messages.
Il ne faut absolument pas
que les nazis nous d�couvrent maintenant.
Y a-t-il une raison?
Ce sont les ordres. Je ne peux pas en dire plus.
Olga,
je dois te dire que ton fr�re s'est comport� vaillamment.
Pourtant au retour, nous �tions en situation p�rilleuse.
J'ai pr�par� le d�ner.
J'ai fait la kasha.
La kasha est un d�lice.
Qu'il me le dise.
La kasha est particuli�rement bonne.
J'ai faim.
Qui est-ce?
Le colis s'est r�veill�.
�a va mieux?
Oui. J'ai un peu faim.
�a peut s'arranger.
Avant, cet endroit �tait secret, il en allait de nos vies.
Est-ce devenu un moulin?
J'apporte � manger.
M'autorisez-vous � apporter de la soupe � l'�trang�re, chef?
Bien s�r. Arr�te de jouer au g�n�ral.
Continuez � manger.
Avant tout, il faudrait nous dire votre nom.
Mon nom?
Nina lvanova.
Qui �tes-vous? Des partisans?
Merci.
Je m'appelle Mitya.
Mitya!
Viens ici.
C'est elle qui doit r�pondre.
Que faites-vous ici?
Staline a ordonn� que les artistes aillent divertir l'arm�e au front.
Il y a eu une attaque-surprise, on a eu peur.
Je suis partie vers Toula chez mon oncle.
Je me suis perdue en for�t et cet homme aimable m'a trouv�e.
Il y a eu des combats � Toula. Il fallait l'emmener plus loin.
J'�tais fatigu�, camarade.
J'ai march� toute la nuit derni�re et toute la journ�e.
Tout de m�me, ici...
Une place � votre table pr�s du feu, c'est trop demander?
Vous savez manier un fusil?
Un fusil?
- Pouvez-vous tuer? - Jamais.
�a t'en fait combien, Yelena?
63, avec ceux d'aujourd'hui.
Dans le sud, il y a une fille qui en a tu� plus de cent.
- Vous savez cuisiner? - Non.
Comment? Et vous �tes une femme?
- Et le m�nage, la lessive? - Je ne sais pas.
Que savez-vous faire?
Je suis danseuse. Je danse.
Vraiment?
On a bien besoin de �a ici!
Sacha, tu es un pauvre ivrogne.
Il vaudrait mieux pour nous tous que le chef te fasse fusiller.
On m'envoie te relever.
Il reste � manger?
Que se passe-t-il dans l'abri du bonheur?
L'�trang�re s'est r�veill�e.
Le commandant accepte qu'elle reste un peu.
Quand on danse, vous le verrez danser
Quand on chante, il remue les cieux
Mais quand vient l'heure de se quitter,
il ne dit rien, il ne fait que soupirer.
Qui sait pourquoi il soupire!
Pourquoi soupire-t-il?
Un jour, il avoua � mes amis qu'il m'aimait
Que je serais bient�t son �pouse
Et puis, un jour il a quitt� le village
II s'est enfui pour se cacher
Qui sait pourquoi il se cache!
Pourquoi se cache-t-il?
'A pr�sent, voil� que le facteur apporte
Des lettres pour le moins bizarres
Sur les feuilles, il n'y a rien d'�crit
Rien que des points
Qui sait ce qu'ils signifient!
Que signifient-ils?
Mais un soir, je l'ai trouv� qui m'attendait
Enfin, mes l�vres furent embrass�es
Et je l'ai gifl� pour m'avoir fait attendre
Une gifle pour chaque baiser perdu
Qui sait ce que nous perdons!
Qu'avons-nous perdu?
"Elle se jetait � corps perdu dans les romans d'amour!
"Avec quelle joie intense, elle go�tait
"chacun de ces fant�mes de s�duction.
"Ces personnages prenaient vie,
"anim�s par ses r�ves de bonheur."
Elle vient juste de tomber amoureuse du h�ros
qui ne partage pas ses sentiments.
Qu'importe ce qui arrive dans un roman d'amour?
En ces temps cruels o� les femmes combattent au c�t� des hommes,
l'�poque de Pouchkine peut pr�ter � sourire,
o� une femme a l'audace d'�crire une lettre d'amour.
Mais quelle belle lettre d'amour!
Je vais vous l'�crire.
"Si je vous parlais une heure, �a ne changerait rien.
"Et d�sormais vous avez le pouvoir
"de me punir de votre d�dain."
C'est cela.
"Mais si vous avez pour moi
"ne serait-ce qu'un peu de compassion,
"ne m'infligez pas un tel chagrin."
Poursuivez.
"Pourquoi �tes-vous venu?
"Car en ce lieu recul�, notre rencontre n'�tait pas pr�vue.
"Et cette douleur si aigu� m'aurait �t� �pargn�e.
"Mais mon amour, � aucun autre, je n'aurais pu le donner.
"Je suis � vous, ce sont les cieux qui l'ont d�cid�.
"Ma vie ne fut jusqu'� pr�sent que l'attente
"de cette rencontre envoy�e par Dieu."
C'est l'heure de dormir.
L'heure pour qui?
Voil� plus de 20h que nous veillons.
O� sommes-nous ici?
Dans un ancien monast�re.
Thomas Mika�l dormait ici, il est mort en bon soldat.
Dormez-y cette nuit.
Merci de votre bont�.
Il n'y a pas de quoi.
Cette femme ne conna�t rien aux t�ches m�nag�res!
Plus tard, tu sauras qu'il faut admirer cette femme.
Arr�te de me casser les oreilles. C'est pas toi qui l'as trouv�e.
Tais-toi, vilain mar�chal-ferrant.
Tu crois que j'ai peur de tes muscles?
Si tu fermes pas ton clapet, je te frappe...
�a leur arrive souvent?
C'est la premi�re fois.
Les Allemands ne vous suffisent pas?
On a mieux � faire que se chamailler comme des gamins.
On regardera �a demain.
O� vas-tu comme �a?
Je pensais essayer de passer au village
pour voir ma bonne femme.
Je peux passer pour un envahisseur allemand.
Bonne nuit. A tous.
Pourquoi j'ai fait �a?
Volodia.
Je vais relever Petrov.
Tu dois �tre fatigu�.
Il faut redoubler de vigilance.
Mais ce soir...
Tu as �t� parti si longtemps.
Il faut que je mette sur pied nos futures op�rations.
Renvoie-la. Elle va tout g�cher!
Pardonne-moi, camarade.
Contente que tu sois l�.
Je suis content d'�tre l�.
Bonne nuit, camarade.
Bonne nuit, camarade.
Descends, je te remplace.
Camarade commandant,
j'aimerais vous demander quand la fin sera proche,
car la fin est proche pour nous.
Qu'est-ce que tu racontes?
Je vous observe depuis votre retour.
Je vois qu'il y a quelque chose.
L'homme qui porte un fardeau
reconna�t facilement celui qui en porte un aussi.
Ecoute-moi.
Bient�t le message suivant arrivera du front:
"La neige tombera" et ce sera le vrai commencement.
Ce qui adviendra au front d�pendra peut-�tre de nous.
Ce sera peut-�tre payant,
peut-�tre pas.
Tu auras peur?
Camarade commandant!
Je voulais vous demander le moment venu,
de me donner un poste o� j'en tuerai le plus possible.
Je veux �tre une bombe largu�e au milieu d'eux,
je veux exploser et les tuer tous de chacun de mes �clats.
C'est ainsi que je souhaite mourir.
Va dormir un peu, camarade.
Qui peut dormir?
Le commandant �labora son plan,
et en ces temps de guerre,
les douceurs de la vie, la musique, la po�sie,
furent mises de c�t�.
Mitya, tu vois quelque chose?
Rien, mon commandant.
Vous avez compris?
On place notre artillerie de chaque c�t� de la vall�e
jusqu'aux villages indiqu�s ici. Bien camoufl�s.
Je n'en peux plus.
Une semaine qu'elle est l�! Elle ne sait pas faire la soupe.
- O� allez-vous? - �a ne regarde pas les enfants.
Tu es m�chant avec moi!
Bonsoir tout le monde!
Rapporte �a. Eteins-les.
Mitya! O� vas-tu?
Je n'ai plus le droit d'aller me promener?
Vous avez eu peur?
J'ai peur de tant de choses, �a n'a pas d'importance.
Je vais te tuer, Mitya!
Si je ne t'aimais pas autant, je pourrais te tuer.
Parlez-moi de vous.
Quel est le but de votre vie? Votre r�ve?
Je veux �tre g�ologue.
G�ologue. C'est tr�s int�ressant.
J'allais � l'�cole d'agriculture au village.
J'ai appris quels tr�sors rec�le le sol russe.
Mon p�re �tait dans la m�me classe que moi.
On �tait assis sur le m�me banc.
Il avait 50 ans et apprenait � lire et � �crire.
Il �tait tr�s bon �l�ve.
Puis ces sauvages de nazis ont d�truit notre village.
Notre belle �cole.
Les nazis ont tu� mon p�re.
Ils l'ont br�l� vif dans un entrep�t avec d'autres.
Ils ont emmen� ma m�re.
Je me suis enfui avec Olga.
Un jour, le commandant nous m�nera � Berlin
et c'est moi qui mettrai le feu � l'universit� nazie.
Voil� mon r�ve.
Je suis triste pour vous.
Il ne faut pas. J'aime cette vie.
Lutter pour notre m�re patrie.
C'est une grande aventure.
La vie vous doit quelque chose.
Quelque chose de tr�s beau.
La vie devrait vous donner une belle m�daille,
mais une m�daille qu'on porte dans le coeur.
J'aimerais vous offrir quelque chose.
Aimez-vous le th��tre?
- Je n'y suis jamais all�. - Impossible.
Si, je vivais dans un village, les acteurs n'y venaient pas.
J'aimerais y aller juste une fois.
Et si le th��tre venait � vous?
- Vous plaisantez. - Pourquoi?
Je suis une ballerine du th��tre de Moscou,
et pas la moins dou�e, croyez-moi.
Asseyez-vous ici.
Je vais faire un spectacle pour vous.
Vous �tes l�-bas
et la sc�ne est l�.
Les projecteurs.
Le rideau n'est pas encore baiss�
et dans ma loge, je suis extr�mement agit�e.
Ma ch�re Olga, assieds-toi � c�t� de Mitya.
Tu aurais pu le porter jusqu'au bout!
Ne faites pas attention. Vous �tes dans votre loge.
Oui, je regarde dans le miroir pour v�rifier mon maquillage.
Agrafez mon corsage, s'il vous pla�t.
Mon tutu est assez bouffant? Je veux donner le meilleur de moi-m�me.
Le spectacle va commencer.
Dans les coulisses, j'attends en tremblant.
Savez-vous pourquoi je tremble, Mitya?
Parce que vous �tes dans la salle,
et il n'y a que vous au monde car vous �tes le public.
Etes-vous fier?
Sans vous, il n'y a rien.
Ni succ�s, ni carri�re, ni spectacle.
A pr�sent,
l'orchestre joue l'ouverture.
Entendez-vous la musique, Mitya?
C'est tr�s beau.
Puis, le rideau se l�ve.
Inondant la sc�ne de lumi�re.
Je suis sur sc�ne en �quilibre sur une pointe,
c'est tr�s difficile mais je peux tenir une minute.
Mitya!
Que dit-il?
Que puis-je lui dire?
II fait froid, mon fr�re et moi nous sommes abrit�s ici.
Il n'a que quinze ans.
Je vais te tuer!
Cet idiot ne comprend rien.
Je vais te tuer!
II n'y a personne.
Nous avons captur� un Allemand.
Joli travail.
Ton nom?
R�ponds aux questions.
Ne vous faites pas mal � la main.
Ton nom.
Johann Schell.
Ton r�giment?
32e r�giment d'infanterie.
Il ment. 45e motoris�. Ton commandant?
Tu ne le sais pas? C'est Von Runholz.
O� �tes-vous stationn�s?
A Tiflis.
Faux! Vous �tes l� depuis 5 jours!
Combien �tes-vous?
- 5000. - 2000.
Combien de tanks?
- 200. - 75!
Tissu de mensonges! Achevez-le!
II est � moi. Ecartez-vous.
Ne g�che pas les munitions.
Vladimir!
Vous �tes choqu�e?
Alors, sortez.
�a nous regarde, vous n'�tes pas des n�tres.
Ne faites pas �a, camarade.
Je me disais... C'est un prisonnier de guerre.
On l'a captur� en uniforme.
Selon les accords internationaux, il a droit � un proc�s.
Des accords avec les nazis?
Font-ils des proc�s, eux,
avant de tuer des milliers d'innocents?
On fait partie de la gu�rilla.
C'est une chasse. On ne fait pas de prisonniers.
Ecoutez, en ce monde de violence et de souffrance,
il doit rester un endroit, si petit soit-il,
o� la justice et l'humanit� sont pr�serv�es.
Faites comme vous voulez,
mais j'aimerais que cet endroit soit celui-ci.
Demain... Cette nuit, on travaille.
Mettez-le en cellule et montez la garde.
J'emm�ne Mitya, il ne fera pas de sottises.
C'est ta soupe que j'ai jet�e.
En avant!
Je vous apporte du th�.
C'est tr�s aimable � vous.
Venez par l�.
Faites attention.
- Vous ne dormez pas? - Je suis nerveuse.
- Et triste? - Un peu.
Comment le savez-vous?
Je vous observe tr�s souvent,
plus que vous ne le pensez.
Que se passe-t-il?
Les Allemands ont mass� leur artillerie lourde.
Le front de Toula n'est qu'� 10 km.
Seulement?
C'est la guerre qui vous attriste?
Pourquoi me rejettent-ils?
Lui, surtout. Il ne me regarde jamais.
- Il a de gros soucis. - Et les autres?
Est-ce parce que je ne cuisine pas ou que je ne sais pas tirer?
Parce que j'ai peur.
Je ne supporte pas l'id�e de tuer, d'assassiner, de la mort...
Vous appartenez � un autre monde.
Un monde de musique, de po�sie et de danse.
Vous leur faites peur.
Je veux �tre des leurs.
Vous �tes chaleureux avec moi. Mitya aussi.
Je comprends ce que vous �tes.
Une personne lumineuse... pleine de vie,
mal � l'aise dans cette contr�e de mort.
Rentrez, vous allez avoir froid.
Merci encore pour le th�.
C'est moi qui vous remercie, j'ai compris.
Qu'y a-t-il? Que s'est-il pass�?
L'Allemand.
Quelqu'un l'a tu�.
Qui l'a tu�, camarade Nina?
Nina! �a ne peut �tre que Nina.
Elle?
Je tiens � dire au nom de tout le d�tachement...
acceptez nos remerciements
pour votre acte de courage en situation de danger.
Je sais que ce fut tr�s difficile pour vous.
Semyon vous l'a dit?
Je sais et je ressens des tas de choses
dont il ne convient pas de parler maintenant.
Vous devez comprendre que vous ne pourrez pas rester ici,
pour votre bien et votre s�curit�.
Cependant, j'esp�re que pour le moment,
vous sentirez que vous �tes des n�tres.
Bonne nuit. Ou plut�t bonjour.
Sans rel�che, la gu�rilla harcelait l'ennemi.
Les hommes sortaient de leurs cachettes,
se faufilant telles des ombres dans la for�t.
Cette nuit-l�, les hommes de Vladimir �taient en mission,
laissant Fedor de garde � la maison.
Tiens, Fedor. Soupe de pommes de terre et pain.
Il faudrait me tuer une poule.
Pour quoi faire, Olga?
Pour faire de la soupe. Mitya adore �a.
Un jour viendra o� tu auras une poule bien grasse sur le feu.
Pas tout de suite, mais bient�t.
On se r�unira tous � nouveau autour d'une table,
dans nos nouvelles maisons.
Et cette guerre ne sera plus qu'un sale cauchemar.
Tout le monde f�licitera Olga pour sa bonne soupe de poulet.
Je serai mari�e avec Mitya.
Mari�e avec Mitya?
Mari�e � ton fr�re? Ignores-tu que la loi l'interdit?
Mitya m'a dit la m�me chose. Qui a fait une loi pareille?
Qui fait les lois? Je n'en sais rien.
S'il ne peut pas m'�pouser,
il devra �pouser une femme comme moi.
Une bonne m�nag�re, en tout cas, pas cette �trang�re.
Je me demande pourquoi le commandant l'a emmen�e, ce soir.
Pour qu'elle apprenne.
C'est vrai qu'elle a tu� un Allemand.
Ils vont faire sauter le train?
J'esp�re bien!
Lls vont tuer plein d'Allemands?
Peut-�tre.
Tant mieux. On l'entendra jusqu'ici?
Si �a se trouve, on l'entendra jusqu'� Berlin.
Ils posent la dynamite sous les rails.
Un train blind�.
Vladimir avait raison.
Le feu?
II est vert. On peut se fier � Yelena.
Ne bouge pas.
Retournons l�-bas, le train de munitions va arriver.
Restez � l'abri.
- Le feu est pass� au rouge. - Bien.
Le train blind� s'est arr�t�.
Il fait marche arri�re.
Ils ont des doutes.
On a encore le temps.
Couchez-vous!
Petrov! Viens ici.
D�sol�e d'avoir cri�. J'ai eu peur.
Quand tu m'as embrass�e...
Tant que �a?
Plus encore.
J'ai dormi?
Pendant longtemps.
Je ne m'en souviens pas. O� est Petrov?
Je suis l�, Nina.
On a mont� la garde. Il y avait des Allemands partout.
Quel pi�tre soldat je fais! J'ai r�v�.
J'�tais quelque part.
Je ne sais pas o�.
Oui.
Toi aussi?
Oui.
C'est vrai?
C'est vrai.
Dans le ciel. Et m�me par-del�.
Encore plus haut.
Un Messerschmitt.
Un vrai Allemand?
Un vrai Allemand.
Il survole la ligne de front. A Toula.
Je pense qu'on peut rentrer.
- La route sera d�gag�e. - On te rejoint.
Ils l'ont eu.
Ils ont vraiment...
Ce regard...
Je t'en prie, ne m'en veux pas.
J'ai vu ce regard quand le train a explos�
ou quand tu as failli tuer le soldat allemand.
Quel regard?
Comme si l'id�e de tuer, de d�truire te procurait...
comme si cela te procurait de la joie.
Avant la guerre, j'�tais ing�nieur.
Je construisais des choses,
des usines, des ponts.
Je passais ma vie � construire.
Je pensais faire �a toute ma vie.
J'aimais les choses que je construisais.
J'ai particip� � la construction du barrage de Dnieprostro��.
Ce barrage, con�u par l'imagination de l'homme,
a �t� b�ti par de nombreux ouvriers.
La nation enti�re le regardait en retenant son souffle.
Enfin termin�, il tr�nait majestueux et magnifique.
Il apportait la lumi�re o� il n'y en avait jamais eu
et faisait esp�rer de futures constructions.
Le barrage inspira des po�tes et des compositeurs
et on donna son nom aux enfants du pays.
C'�tait notre cr�ation et j'avais aid� � le b�tir.
A l'arriv�e des Allemands, j'ai aid� � le d�truire.
J'imagine que le professeur saurait dire ce qui m'est arriv�.
Oui, Semyon lvanitch trouverait les mots.
Quand on d�truit quelque chose qu'on a ador�,
on apprend � aimer d�truire.
C'est ton cas? Cela te donne-t-il de la joie?
Parfois, quand je d�truis une construction,
j'ai envie de pleurer.
Puis je cherche autre chose � d�truire et �a passe.
Serre-moi dans tes bras. Mon ch�ri!
Nina... Ninotchka.
D'o� viens-tu?
Tes yeux sont magnifiques comme un r�ve englouti.
L'�trang�re, c'est comme �a qu'Olga t'appelle.
Volodia,
suis-je faite pour toi?
Toi?
Une femme doit savoir. Je suis faite pour toi?
Tu es parfaite.
Je m'en fiche. Mais suis-je faite pour toi?
Oui, tu es faite pour moi.
Il n'y a rien que je ne puisse faire pour toi.
Dis-moi toujours ce que ressent ton coeur, je l'apaiserai.
Tu ne m'�loigneras jamais de toi,
n'est-ce pas?
Je t'appartiens, il n'y a jamais eu que toi.
Tu peux faire ce que tu veux de moi.
Mais tu ne m'�loigneras pas de toi, n'est-ce pas?
Je ne t'�loignerai jamais de moi.
Jusqu'au jour de ma mort.
Je le promets.
Olinka.
Ce matin, Natacha ici pr�sente, et moi
avons trouv� un moyen de mettre de l'ordre dans le monde.
Puisque les Allemands aiment se battre,
qu'ils se battent contre le Japon!
Tout le monde sera content. Qu'ils s'entretuent
et il y aura la paix dans le monde.
"Veux-tu que je vole cette fille pour toi?
"Comme elle danse! Comme elle chante!
"Et elle brode au fil d'or. Une merveille!
"M�me le padischah de Turquie n'a pas eu pareille femme."
Bonjour, les amis.
Bonjour, camarade.
Jolie explosion hier soir. Beau travail.
Les signaux ont bien fonctionn�.
Rien de sp�cial � signaler?
Non, on a suivi vos ordres, on est rentr�s
et on n'a pas boug�.
Les nazis n'ont pas arr�t� de patrouiller par ici.
Oui, on a pr�f�r� ne pas rentrer tout de suite.
Vous avez d�jeun�?
Le th� est au chaud. Je l'apporte.
C'est bon d'�tre chez soi.
Reprenez vos activit�s.
Tu lisais?
Nous �tions justement au beau milieu
d'une histoire tr�s �loquente.
"Un h�ros de notre temps" de Lermontov.
C'est le moment o� Petchorine, le h�ros, le brave soldat,
enl�ve la radieuse B�la.
Arr�tez!
Qu'est-ce qui te prend?
Je veux m'en aller. Je pensais faire de grandes choses.
On pose de la dynamite sur des rails,
et on rentre se cacher pour lire une histoire.
- C'est �a, mon devoir? - Tu divagues, idiot.
Vous me traitez d'idiot?
Vous?
Et vous, quel commandant �tes-vous?
Mitya...
J'ai peut-�tre eu tort de lire.
Si vous voulez de l'action, vous allez �tre servis.
M�me Mitya sera satisfait.
Ce soir, il faut franchir les lignes allemandes
et porter un message au commandement.
Ma fonction m'interdit d'y aller.
Mon commandant...
Je veux y aller.
Non, Mitya.
Montrez que vous me pardonnez en m'y envoyant.
J'appr�cie, Mitya.
Mais j'ai besoin des hommes.
Une femme doit y aller,
d�guis�e en paysanne, elle aura ses chances.
Mon commandant, nous ne sommes que deux femmes.
Qui ira?
Je suis volontaire.
Laquelle ira?
II faut un combattant exp�riment�,
un soldat aguerri qui passera.
Yelena, je te confie la mission.
Je suis pr�te.
Tu as appris le message par coeur?
Rouge 152, blanc 3, jaune 57, stop.
Vert 1000, violet 55, bleu sans num�ro.
Bien.
Ce code les informe de l'�tat de nos forces
et de celles des Allemands � lasna��a Poliana.
Tu connais le chemin?
Je longe la for�t � cheval.
Puis, je franchis � pied les lignes nazies
jusqu'au camp du chef de la gu�rilla, Semionov.
Je r�cite ce message et dois en rapporter un autre.
- Qu'as-tu, camarade? - Rien.
- T'ai-je offens�e? - Non, il n'y a rien.
Je r�cite ce message et j'en rapporte un.
Ai-je jamais failli � mon devoir?
Tu n'as jamais failli.
Alors, pourquoi crains-tu que j'�choue?
Ce n'est pas vrai.
Ils t'attendent � l'�curie.
M'autorises-tu � partir sans plus de discours?
Oui.
- Bonne chance. - A toi aussi.
Maman!
Ma petite maman!
Olinka! Je suis l�.
Rendors-toi.
Qui �a peut bien �tre?
C'est pas un des n�tres. Ils n'ont pas de chevaux.
Je parie que je peux l'abattre d'ici.
Tu ne peux pas. Il est trop loin.
- Combien tu paries? - Deux marks.
- Que fais-tu? - Je ne peux pas dormir.
J'ai eu un pressentiment.
Je me suis r�veill�e en sursaut.
- Tu as d� r�ver. - Et toi?
Laisse-moi faire.
Tu es agit�e?
Yelena va-t-elle s'en sortir?
Pourquoi cette question?
Je l'ai vue quand elle est partie.
Elle croit que tu l'as choisie � cause de nous.
C'est absurde.
N'importe quel commandant l'aurait choisie.
C'est ridicule de croire le contraire.
Parfois, les femmes sont ridicules.
Qu'�tait-elle pour toi?
Tu veux bien m'en parler?
Yelena?
Rien, nous �tions camarades.
Yelena...
Mais ce n'�tait pas un amour comme le n�tre.
Absolument pas.
Ma pr�sence n'a pas �t� un fardeau pour toi?
Je vais te r�pondre.
Je n'arrive pas � me rappeler comment j'�tais avant de te trouver.
Je me rappelle juste le vide, la haine, la mort...
- L'attente... - De l'inconnu.
J'ai toujours su. Pour toi.
- Te trouver maintenant... - C'est merveilleux.
C'est affreux.
Ce que tu as fait est �pouvantable, ma ch�re Nina.
Tu m'as fait aimer la vie � nouveau.
Qu'y a-t-il?
Camarade commandant.
J'entends un bruit. Comme un cheval au galop.
Reste ici.
Du sang frais.
Aujourd'hui et pour les si�cles des si�cles.
Amen.
Que notre Dieu accueille l'�me
de sa servante, Yelena Kamarova,
vaillant soldat et femme de valeur.
Elle voulait tant voir la neige.
On choisit rarement le moment de son entr�e ou de sa sortie.
Voici du pain, un peu de chocolat.
Tu es s�re de vouloir y aller?
Yelena est morte, je me sens responsable.
Yelena a �t� tu�e par une balle allemande.
Tu connais le chemin?
J'ai la carte en t�te et ta boussole.
Le code?
Comme toutes tes paroles, je le connais par coeur.
Je serai chez la femme de Fedor aux abords du village.
Rapporte-moi le message l�-bas demain.
Tu y vas seul?
Avec Petrov.
Sois contente, tu es soldat, � pr�sent.
Sois brave et prudente.
Rien d'autre, mon commandant?
D�p�che-toi.
Oui, mon commandant?
- Accompagne-la. - Bien, mon commandant.
Je vous promets de veiller sur la femme que nous aimons.
Quel gosse!
Rappelle-toi seulement qu'il ne faut pas �tre captur�e.
Sinon, je ne pourrai rien faire.
C'est la r�gle, si on te prend, c'est fini.
Dis-moi plut�t comment ne pas me faire prendre.
Je te prot�gerai. Mais si tu es captur�e,
tu ne dois pas parler. Pas un mot � ces sales boches.
Mitya Zakharov du d�tachement Vladimir
et Nina lvanova en mission importante.
Nina lvanova de Moscou? Du th��tre?
L'une de nos artistes pr�f�r�es.
Je ne vous avais pas reconnue dans cette tenue.
Vous avez bien fait de venir � deux, c'est plus s�r.
Qui doit nous r�citer le message?
Rouge 152, blanc 3, jaune 57...
Le capitaine me prend pour un �ne. Il ne soup�onne rien.
J'ai suivi la bonne femme dans la rue.
Elle est entr�e chez elle et a ferm� la porte.
Mais il y avait une fen�tre ouverte.
Dis � Fedor de ne pas venir.
Il vaut mieux qu'il ne voie pas tout �a.
Il aurait le coeur bris� de voir ce que nous font ces porcs.
Que le feu consume leurs �mes pour l'�ternit�!
�a n'avance � rien de jurer. Qu'avez-vous appris?
Leur �quipement est rest� l�-bas?
Oui, les tanks sur l'a�rodrome et les camions dans les rues.
Ils ont stock� du p�trole?
Oui, derri�re la gare.
Nous sommes sains et saufs.
Dis-moi, �tait-ce difficile? Tu rapportes un message?
On a travers� la for�t sans difficult�.
Comme les Allemands �taient sur la route,
on est pass�s par les marais que je connais par coeur.
- Vous y �tes arriv�s? - Oui.
Le colonel Wolenka nous a re�us. Il est gentil.
Il nous a remerci�s.
- Ils ont eu mon message? - Oui.
Ensuite, le commandant Semionov, tr�s amical...
Tais-toi, Mitya. Quelle est la r�ponse?
"Demain, la neige tombera."
"Demain, la neige tombera."
Ce message est bizarre.
Il a neig� toute la journ�e.
Alors,
c'est pour demain.
Des Allemands viennent ici!
Descends. Vite.
Enl�ve l'�chelle.
Que se passe-t-il?
On ne salue pas les soldats allemands?
Vous devez lib�rer cette maison.
Nos soldats en ont besoin.
Qu'avez-vous � me regarder ainsi? Vous n'�tes pas contente?
Nous allons mourir dans ce froid.
Vous avez trop de v�tements chauds.
L'arm�e allemande en a besoin.
Enl�ve cette veste.
Ce chandail n'est pas russe, o� l'as-tu trouv�?
Qui est ce blanc-bec?
- Tes papiers. - Je les ai perdus.
Tu mens. Tout le monde a des papiers.
Que lui voulez-vous?
II est du village voisin.
Que se passe-t-il? Que faites-vous tous ici?
Y en a-t-il d'autres?
Tu oses cracher sur un officier allemand!
Je devrais te tuer.
Dis-moi ton nom tout de suite.
Dis-moi ton nom, petit idiot!
Dans mon pays, un h�ros n'a pas de nom.
Comme �a, tu es un h�ros?
On verra �a au quartier g�n�ral.
Vladimir!
Que va-t-il se passer?
Volodia! On dit qu'ils vont pendre Mitya.
Ils cherchent des t�moins.
C'est vrai!
- Que vas-tu faire? - Faire?
- Rien. - C'est impossible.
Le message que tu as rapport� est un ordre.
- "Demain, la neige tombera." - C'est demain?
Je t'en prie, tu as fait des choses plus dangereuses.
- Impossible. - Il t'a peut-�tre sauv� la vie!
Petrov, essaie de le convaincre. Je ne peux supporter �a.
- Si j'�tais... - Tu ne peux rien.
On n'a que nos vies � perdre.
On a tout � perdre.
Tu crois que je veux sacrifier ce gar�on qui est comme un fr�re?
Je t'interdis, quoi qu'il arrive,
de trahir d'un mot ou d'un geste le fait que tu le connais.
C'est un ordre.
Es-tu capable d'y ob�ir?
Oui.
Alors, tu peux y aller.
Ce gar�on est coupable d'activit�s contre l'arm�e du Reich.
Il admet �tre un partisan, mais au cours de l'interrogatoire,
il a refus� de nous divulguer le moindre renseignement.
Toutefois, il peut encore �tre sauv�,
jusqu'au dernier instant.
Vous aussi pouvez �tre �pargn�s.
Si l'un d'entre vous nous renseigne
sur le r�seau auquel appartient ce gar�on.
Quelqu'un veut-il parler pour sauver ce gar�on?
Je te donne une derni�re chance.
Dis ton nom, celui de ton r�seau,
et l'endroit o� il est cach�.
Le nom de ton chef et le plan de ton repaire.
Ou tu seras pendu.
Tu as 5 secondes pour r�pondre.
Je vais r�pondre.
On ne pend pas une nation.
Mort aux envahisseurs allemands, tuez-les,
br�lez-les, empoisonnez-les!
Mitya!
O� est Mitya?
Que lui est-il arriv�?
II est parti avec vous. Il n'est pas l�?
Dites-moi ce qui lui est arriv�.
Ce qui est arriv� � des milliers, des millions de nos fr�res russes.
Et je veux que tu saches
que peu d'hommes auraient affront� leur destin
avec un sens aussi grand du sacrifice.
Va avec Nina.
Ils ont fait �a?
Mitya.
J'ai des ordres pour vous.
Petrov contr�lera la radio.
Sacha, tu vas chercher le d�tachement de louchenko au lac.
Fedor, tu attends Semionov au marais.
Je vais �tudier la carte avec Semyon.
Camarade commandant.
Je voulais vous dire
que je remets ma pauvre vie entre vos mains.
Quel grand h�ros!
Moi au moins, je ne suis pas gras.
Comment a-t-il pu me quitter?
Vous a-t-il dit quelque chose?
Oui. Il t'a envoy� un message.
Comment?
Vous l'avez vu? Vous �tiez avec lui?
Jusqu'� la derni�re minute.
Il m'a regard�e et il a souri.
- Souri? - Oui, il a souri.
Ce sourire calme et magnifique que lui seul avait.
Ma petite Olinka,
je ne sais pas si tu vas comprendre mes mots.
Il �tait heureux
et au dernier moment, ses yeux ont envoy� un message.
Je l'ai entendu.
Dans ce message qui t'�tait adress�, il nous disait de ne pas le pleurer
car il a donn� sa vie avec bravoure
et tu dois te souvenir de lui comme je l'ai vu.
J'ai vu une grosse m�daille briller au-dessus de son coeur,
car il va devenir l'un de nos plus grands h�ros.
Dans toutes les �coles du pays, il aura son portrait
et les ma�tres d'�cole feront de beaux discours sur le courage
dont il a toujours fait preuve.
Et tous les enfants de la classe regarderont Mitya
et ils l'envieront d'avoir donn� sa vie pour son pays si courageusement.
Je veux que tu l'emm�nes loin d'ici. Aujourd'hui.
Vers le nord, la voie est libre,
toutes les femmes et les enfants vont partir.
Mais je veux rester.
Mon amour...
Bient�t, nous allons �tre d�bord�s,
Olga et toi, vous allez nous g�ner.
Je n'ai plus de secret pour toi,
le moment que nous attendions si ardemment est proche.
Tu as rapport� l'ordre.
J'ai rapport� ta condamnation � mort!
Ce soir, demain matin,
le front russe se mettra en marche.
Ce soir, nous allons commencer � venger Mitya et Yelena.
Tu m'avais dit, jusqu'� ta mort!
Je veux que tu emm�nes la petite,
je veux l'�pargner et tu es la seule femme.
Dieu te b�nisse de l'emmener
et d'�tre rest�e ici avec nous un moment.
Et toi?
Tu connais le dicton:
"Les balles �pargnent ceux qui s'aiment."
Commandant,
les radios sont en �tat de marche.
Le d�tachement de louchenko arrive. Il veut vous voir.
Rassemble vos affaires.
Nina emm�ne Olga, elle part avec les villageois.
Chers camarades des diff�rents d�tachements.
Je n'ai pas l'intention de vous donner une le�on de g�ographie.
N�anmoins, soyez attentifs et retenez ce que je vais vous dire.
Voil� notre repaire,
l'endroit o� vous vous trouvez.
De l'autre c�t� de la vall�e, le village de lasna��a Poliana.
Et l�, la ville de Toula avec les positions nazies
et les n�tres, ici.
Il y a tr�s longtemps, vous avez re�u un ordre de Moscou:
"Plus un seul pas en arri�re."
Mais l'ordre que nous attendions est enfin venu:
"Contre-attaque."
Toula.
Sur ordre du chef d'�tat-major de division,
j'ai �t� inform� d'une attaque pour demain
dont l'objectif est de renvoyer les nazis dans leur pays.
De les d�loger de Toula puis de les d�loger de Moscou.
Pendant que l'arm�e rouge attaquera, on fera notre part.
A lasna��a Poliana sont bas�es les forces de r�serve nazies.
Elles devront avoir disparu quand notre arm�e passera la ligne.
Ce sera notre mission.
Nous devons attaquer ces forces et battre en retraite.
Les attirer loin du village, dans la for�t,
� travers la vall�e, et jusqu'ici.
Il sera difficile � des Russes de battre en retraite.
Mais c'est parfois le secret de la victoire.
Et je vous assure que c'est le cas ici.
Ces jours-ci, vous entendrez souvent le mot "retraite"
qui vous br�lera les oreilles et me br�lera la gorge.
Mais en disant "retraite", je penserai "attaque"
et vous devrez faire de m�me.
Car cette fois, notre repli fait avancer la cause de notre pays.
Deux tanks allemands arrivent.
On n'est pas pr�ts.
Va donc le dire aux Allemands, gros malin!
La ferme!
Lls arrivent, camarade.
Petrov!
Sa vie les a arr�t�s.
D�tachement de lasna��a Poliana.
Message du front militaire. Allez-y.
"Le chef du d�tachement, camarade Vladimir,
"est f�licit� pour avoir �loign� les nazis
"de lasna��a Poliana.
"Notre assaut commence,
"vous ne devez � aucun prix cesser d'attaquer l'ennemi
"tant que la victoire finale n'est pas atteinte.
"Le chef d'�tat-major de division, g�n�ral Govorov."
Message re�u. L'ordre sera ex�cut�.
Dis � Semionov de nous relever. On va sur la colline.
C'est la derni�re �tape.
Les hommes de Doutchenko nous couvriront jusqu'� la fin.
D�s qu'il y a une perc�e, il faut attirer l'ennemi.
Dimitri!
- Je suis l�. - Comment �a va?
Tout est pr�t.
Ils doivent croire qu'on est tr�s nombreux.
Laisse-les venir, qu'ils envoient trente tanks contre nous.
Contre trois soldats russes.
Je suis revenue.
Ne me gronde pas.
Bienvenue, ma ch�rie.
Tu n'es pas f�ch�?
Si tu es l�, c'est que rien ne compte plus pour toi.
Tu vas m'aider.
Ils commencent � avancer.
Je vais t'aider.
Pousse-toi, c'est moi qui tire.
Comment �a? C'est moi.
- C'est moi. - Non, moi.
Sacha!
Finalement, c'est toi qui vas tirer, camarade.
Non, camarade,
on va tirer ensemble.
Je voulais te dire,
tu es le plus beau des pr�sents.
Toi aussi.
Ils sont tout pr�s. Nous avons oubli� une chose.
Quoi donc?
On a combattu ensemble.
J'ai �t� bonne compagne et bon soldat, n'est-ce pas?
Je veux �tre des v�tres.
Pr�te serment.
"Moi, Nina lvanova, citoyenne de la r�publique sovi�tique...
"je jure solennellement d'�tre un combattant
"disciplin� et vaillant.
"Jusqu'� mon dernier souffle.
"Je jure de la d�fendre avec courage et sagesse.
"Sans craindre de donner mon sang et ma vie.
"Jusqu'� la victoire finale sur l'ennemi."
Sans craindre de donner leur sang ou leur vie.
Multipliez ce groupe par des dizaines de milliers,
multipliez cette ardeur,
vous comprendrez pourquoi les hordes d'Hitler ont d�tal�
tournant leurs visages d�moniaques vers le soleil couchant de leur d�faite.
Traduction: Lsabelle Audinot
Sous-titrage: C.M.C. - Paris
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