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Au d�but du dernier si�cle, en 1900 et quelque...
vint au Br�sil un scientiste cueillir des l�gendes indig�nes.
Lorsque Mario de Andrade, un grand �crivain br�silien, les lus...
il devint, selon ses propres mots, fou d'une commotion lyrique.
Parce qu'il se rendit compte que la culture populaire br�silienne...
toujours irr�v�rencieuse, dr�le...
et m�me subversive par rapport � la moralit� hypocrite...
en vigueur aux diff�rentes �poques de notre histoire...
gardait le esprit, les histoires et m�mes les personnages...
cr��s par nos indiens depuis des si�cles.
L� naquit l'id�e du livre "Macuna�ma"...
qu'il �crivit d'un seul jet, en une semaine.
Ce livre m'a inspir� le film que vous allez voir ensuite.
J'esp�re que les aventures tr�s br�siliennes de Macuna�ma...
le h�ros de nos gens, vous amusent et vous donnent � r�fl�chir.
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"MACUNA�MA"
Au fond de la for�t vierge...
le silence devint si lourd...
tandis qu'on entendait le murmure de l'Uraricoera...
�a y est. Il est n�.
C'est un gar�on, m�re.
Regarde sa t�te, m�re. Comme il est joli!
Mon Dieu! Qu'il est laid!
Faut dire que toi non plus t'es pas une beaut�.
Pleure pas, fr�rot! La laideur n'a pas d'importance.
Et il n'aura pas de nom?
Macuna�ma.
Les noms qui commencent par MA portent malheur.
Macuna�ma, h�ros de notre peuple!
C'est ainsi qu'au lieu-dit Pai da Tocandeira...
au Br�sil, naquit Macuna�ma...
h�ros de notre peuple.
D�j� enfant, il faisait des choses �pouvantables.
- Embrasse ta belle-soeur. - Il va te cracher dessus.
Tu ne vas pas cracher.
"Mauvaise herbe est pr�coce et cro�t avant le temps."
Ce gar�on est tr�s intelligent.
� six ans, Macuna�ma ne parlait pas encore.
Il trouvait plaisir � couper la t�te des fourmis.
Toujours � l'�cart, il regardait travailler ses fr�res:
Manaape, d�j� �g�, et Jigu�, dans la force de l'�ge.
�a te pla�t, mon coeur?
Mais tu parles ou quoi?
Ah! Quelle flemme!
Macuna�ma vivait couch�...
ne se r�veillant que quand il entendait parler d'argent...
ou quand la famille se baignait dans la rivi�re toute nue.
Sofara, un crabe t'a mordu?
On dit que la rivi�re en est pleine.
Je vais replonger pour voir si c'est vrai.
Un crabe m'a mordu!
C'est dr�le! Ce crabe ne mord que toi!
Un crabe d'eau douce!
Ce qu'il y a surtout ici, c'est du d�vergondage.
T'as fait pipi?
Oui, maman.
B�nis-moi, maman.
C'est � cette heure-ci qu'on se r�veille?
Que fais-tu?
Un pi�ge pour chasser les tapirs.
O� y en a-t-il?
J'ai vu des traces fra�ches pr�s de la termiti�re.
Donne-moi un bout de corde.
Moi aussi, je veux faire un pi�ge.
Pas question! C'est pas un jouet pour les gosses.
- Tu pleures, joli coeur? - Non.
Tu veux pas me dire pourquoi?
Jigu� ne veut pas me donner un bout de corde.
Il a raison. Tu pourrais te pendre avec.
Cr�tin!
Sofara!
�te-le d'ici, ou je deviens folle.
Fais-lui un pi�ge, n'importe quoi, mais emm�ne-le!
Il va encore me tripoter.
Emm�ne-le!
Viens, mon coeur! Je vais te fabriquer un pi�ge.
Sofara �tait un peu sorci�re.
Apr�s lui avoir fait un pi�ge...
elle tira de son sexe une cigarette qu'elle lui offrit.
Fume!
D�s la premi�re bouff�e...
Macuna�ma devint un beau prince.
Comme tu es beau!
Prends-moi dans tes bras. Tu es si beau.
Viens!
Pas ici. Il y a trop de fourmis.
Allons dans les fourr�s!
Viens vite!
Tu n'es pas all�e travailler aujourd'hui?
Je suis tr�s fatigu�e. Nous avons tellement jou�...
Je vais t'apprendre � jouer au lieu de travailler pour moi!
B�nis-moi, m�re.
Sofara m'a aid�, mais c'est moi qui ai eu l'id�e.
Jigu�, cet idiot, a pos� son pi�ge au d�but de la piste du tapir.
Moi, je savais bien qu'il reviendrait.
J'ai pos� le mien o� elle finissait.
Fatalement, il devait passer d'abord par le mien.
�a n'a pas loup�. Je l'ai pris. Jigu�... il attend encore.
Toi d'abord, maman.
Et moi?
- C'est les boyaux! - C'est assez bon pour toi.
Il me donne les boyaux, � moi qui ai pris le tapir!
C'est bon pour toi. Mange et tais-toi!
Le pauvre...
Si vous voulez, je l'emm�ne se promener.
Prends �a, Macuna�ma!
Arr�te-toi, fils de pute!
Jigu� �tait tr�s sot.
Il renvoya Sofara et prit une autre compagne...
qui s'appelait Iriqui.
Une fille coquette...
mais timide et distraite.
Un jour... ce fut l'inondation.
La bananeraie pourrit. Le gibier disparut.
On ne trouvait m�me plus de tatous.
La faim s'abattit sur la famille.
Cherche bien. Il doit y avoir du poisson par l�.
Manaape!
Cherche dans la grotte o� on dit qu'il y a de l'argent cach�.
Jigu�!
Hier, j'ai vu plein de poissons par l�.
Cherche! Cherche!
Ce sont des candirus!
Tiens-moi �a, Manaape!
Ces maudits candirus voulaient nous entrer dans le derri�re.
C'est marrant. J'ai pourtant vu des poissons ici hier.
Les poissons, avant, �taient des gens comme nous.
En nous voyant, ils se sont taill�s.
Maman...
ferme les yeux et demande:
"Qui m'emm�ne au sec, l� o� il y a beaucoup � manger?"
Vas-y, maman! Demande!
Qui m'emm�ne au sec, l� o� il y a beaucoup � manger?
Ouvre les yeux, maman!
Dis donc! Pourquoi tu en prends autant?
C'est pour tes fr�res et la belle Iriqui.
Ils ont faim.
Demande comme �a: "Qui me ram�ne au marais?"
Ferme les yeux et demande.
Et laisse tout �a l�!
Qui me ram�ne au marais o� il n'y a rien � manger?
Tu peux ouvrir les yeux.
Manaape!
Que t'es maigre fr�rot!
O� m'emm�nes-tu, maman?
Maintenant, je m'en vais.
Tu vas rester seul et tu ne grandiras plus.
�a t'apprendra � �tre m�chant!
Le h�ros sentit qu'il allait fondre en larmes.
Mais comme il �tait seul, il ne pleura point.
Il se donna du courage et prit la route.
Il erra �a et l� pendant une semaine...
et un beau jour...
Grand-p�re, tu me donnes un morceau de viande?
Bien s�r, mon petit.
Que fais-tu dans cette for�t?
Rien. Je me prom�ne.
- Vraiment? - Oui, c'est �a.
Tu conna�trais pas le chemin de ma maison?
Tu passes par l�, puis par l�...
Apr�s le tronc, tu prends � gauche...
tu tournes et tu reviens ici.
Ah! Quelle flemme!
Chair de ma jambe!
Chair de ma jambe!
- Qu'est-ce que c'est? - Chair de ma jambe!
Mon Dieu! Le "Curupira"!
L'ogre "Curupira" a voulu me manger, madame.
C'est la faute � ma m�re: J'ai trouv� � manger.
Elle voulait partager avec mes fr�res. J'ai tout cach�.
Tu as fait �a � ta m�re?
Tu as fait �a � tes fr�res?
Alors tu n'es plus un enfant.
Je vais te donner des v�tements pour ton �ge.
La petite vieille, qui s'appelait Cotia...
montra � notre h�ros le chemin de sa maison.
Maman, j'ai r�v� que j'avais perdu une dent.
C'est un deuil dans la famille.
Reste avec lui, Iriqui!
Console-le!
Les fr�res je�n�rent le temps du deuil...
Macuna�ma se plaignant h�ro�quement.
Cette �preuve pass�e...
ils prirent Iriqui par la main et partirent pour le vaste monde.
Je suis blanc! Je suis beau!
Manaape...
et si toi, qui es blanc, tu devenais noir?
Quelle guigne!
Je n'ai pu me blanchir que les paumes.
Pleure pas!
Mieux vaut �tre borgne qu'aveugle!
D�p�chons, d�p�chons, on descend.
Tout le monde descend!
Si la police vous voit, elle vous renvoie aux champs.
Il y a d�j� trop de clochards en ville.
Maintenant, c'est chacun pour soi et Dieu contre tous.
Iriqui adora la ville...
elle trouva vite une place dans une maison close...
et disparut du film.
Macuna�ma �tait tr�s pr�occup�...
mais pour une autre raison.
Il ne distinguait pas les gens des machines.
Et cela l'angoissait.
...un extrait de casier judiciaire...
Que faut-il encore?
Un certificat de vaccination.
Achetez les timbres au Minist�re des Finances.
Puis faites tamponner le tout...
au commissariat, o� vous pourrez retirer vos papiers.
Munissez-vous de photos d'identit�.
N'oubliez pas...
Le h�ros passa une semaine sans manger ni jouer.
Les machines l'obs�daient.
Le samedi soir...
une chose se fit claire dans sa pens�e:
Les hommes �taient des machines, et les machines...
les hommes de la ville.
Macuna�ma se sentit soulag�...
et alla se promener avec ses fr�res.
Je flaire quelque chose.
Cours, frangin! Cours!
Par o� est-elle pass�e?
Par l�! Regardez la trace de ses pas.
D�p�chez-vous! Vous pouvez la rattraper.
C'est nous qui allons la prendre!
Ne tirez pas.
Mouchard!
Tu vas mourir.
Vous n'avez pas compris.
Je les ai mis sur une fausse piste.
Je leur ai montr� des traces d'un tapir.
Ce n'�tait pas les v�tres.
Et moi, je suis venu l� parce que je vous avais flair�e.
Vous �tes tr�s jolie.
Fous-moi le camp!
Vous �tes tr�s jolie, vous savez?
J'ai une envie folle de vous.
Ne pars pas.
Viens dans mes bras.
Je vais te dresser, moi!
Vous me faites mal, madame!
Au secours!
J'arrive, frangin!
Laisse cette pierre ici!
- Va m'attendre en bas. - Moi aussi, j'en veux.
Regarde si quelqu'un vient.
C'est une sauvage. Elle te tuera.
Donne-moi la main.
C'est solide?
O� est la fille?
Et Macuna�ma?
Ah, je vois.
Bas les pattes!
Goujat!
Le h�ros, maintenant...
vivait tranquillement chez Ci...
la guerri�re qui avait tant aim� jouer avec lui.
Macuna�ma! C'est nous.
Nous... Moi et Jigu�.
- Jigu� veut savoir... - Non, c'est toi.
...si on peut venir chez toi.
Habiter avec toi.
Non, pas question.
Ecoute bien. Un, c'est peu...
Deux, c'est bon...
Quatre, ce serait le bordel.
Le matin, Ci se r�veillait t�t...
et allait combattre en ville.
Macuna�ma restait � la maison, � se reposer.
J'ai pour p�re l'exil...
Pour m�re, le malheur.
J'ai un cadeau pour toi.
Une chose que tu aimes beaucoup.
Devine!
De l'argent!
Donne!
Il y en a beaucoup, non?
Viens le chercher.
Viens!
Il y en a encore?
Il va falloir que tu le gagnes.
Ce que tu peux sentir bon!
C'est de la poudre, ch�ri. �a te pla�t?
Beaucoup.
Ci est l�?
Elle ne peut pas r�pondre.
Elle est tr�s occup�e.
Rappelez plus tard, monsieur.
Tu me la donnes?
Pas question.
Alors enl�ve-la. Elle me fait mal.
Plut�t mourir...
je vais te dire un secret.
C'est la pierre de la chance: Le Muiraquitan.
Tant que je l'aurai, il ne m'arrivera que du bien...
comme toi.
Alors pr�te-le-moi.
Je te le laisserai en h�ritage.
On joue encore une fois?
Ah! Quelle flemme!
PLUSIEURS "FOIS" APRES...
Ne t'endors pas!
Fais pas �a!
- Maintenant! - On va dormir, ch�rie.
Non, jouons.
- Alors, h�ros? - Alors quoi?
- Et bien, continue? - Continuer quoi?
C'est un peu fort!
� peine commenc�, tu t'arr�tes!
J'ai oubli�.
Je vais te faire voir, paresseux!
Non! Pas avec des orties!
C'est ainsi que...
six mois plus tard...
Ci mit au monde un fils noir.
Macuna�ma se reposa le mois qui suivit l'accouchement...
mais il refusa de je�ner.
Le b�b� avait la t�te plate.
Macuna�ma l'aplatissait davantage en tapant dessus.
Il disait au gar�on:
Grandis vite pour aller � Sao Paulo gagner beaucoup d'argent.
Maman!
Attends, mon petit! Maman arrive.
Dix heures et quart...
Dix heures et demie...
Quinze minutes pour aller l�-bas...
Plus cinq minutes...
Onze heures � la cath�drale...
Onze heures un quart, �a ira.
Tu l'as r�gl� pour quelle heure?
Onze heures un quart, mais je crois qu'il avance.
Mets le b�b� dans la poussette.
Tu m'attends?
Tu n'es pas en retard, ch�rie?
Je sais, mais encore un.
Le dernier.
On continuera plus tard.
Si c'est pour moi, je suis sortie.
Tu es assommant, Manaape!
Quelle pension?
La cuisine est bonne? Grasse?
Je t'ai demand� si la cuisine �tait bonne.
Au d�jeuner ou au d�ner?
Il est arriv� un malheur... Je le sens!
Elle a explos�!
Le h�ros ne trouva rien � enterrer.
Il tint quand m�me � aller au cimeti�re.
Pleure pas, petit fr�re.
Je n'en peux plus...
Donne-moi ces lunettes!
Ne te d�courage pas, fr�rot!
La mort d'un crabe ne met pas le mar�cage en deuil.
Deux crabes.
On va s'amuser.
Manaape est vieux, mais nous, on est jeunes!
Un premier amour, �a ne se r�p�te jamais.
Elle est l�-haut maintenant...
toute par�e...
d�livr�e des fourmis...
pleine de lumi�re...
transform�e en �toile.
Un vautour.
Papa est arriv� et m'a dit
Tu ne conna�tras pas l'amour
Mandu Sarara
Maman est venue et m'a mis
Un collier fait de douleurs
Mandu Sarara
Il doit �tre riche.
L�che-le!
Laisse-le-moi!
Ne quitte pas cette barque, tu entends, mon biquet?
Attends-nous bien sagement!
Je vais pas ob�ir � une femme, quand m�me?
�a t'apprendra, pirate, � coucher avec la premi�re venue!
T'as la bouche pleine de boutons.
Prends ce th� pour te remettre en forme.
Mais la prochaine fois, choisis mieux.
Pour les boutons, rien ne vaut une cl� de tabernacle.
- Manaape est all� en chercher une. - Ta photo est dans le journal.
"Attentat � la pudeur dans un jardin public".
Tiens, prends la cl�. J'ai eu du mal � semer le cur�.
Laisse-moi voir!
Tu es c�l�bre, mon ange.
Le Muiraquitan!
"Les champions de l'entreprise Priv�e..."
"Le g�ant de l'industrie..."
- Tu as une dr�le de voix. - J'ai aval� la cl�.
"Le g�ant de l'industrie, M. Venceslau Pietro Pietra...
affirme avoir trouv� le joyau de sa collection...
une amulette tr�s ancienne appel�e Muiraquitan...
qui porte bonheur au porteur, dans le ventre d'un poisson."
Elle �tait dans le ventre de ce poisson.
Je l'ai empaill�, mais �a ne l'a pas embelli.
Quand je lui ai mordu le ventre...
j'ai senti la pierre...
dure comme tout.
Je me suis presque cass� une dent. Sur pivot!
Vous mangez le poisson sans le nettoyer?
Je ne nettoie rien.
Je n'ai pas le temps!
Je le bouffe cru.
Je le mange comme il est, et discute pas!
Voici la pierre et le poisson, pour ceux qui ne me croient pas.
N'importe quel mis�rable ouvrier aurait pu la trouver.
Mais c'est moi...
qui ai trouv� le Muiraquitan!
C'est une pierre porte-bonheur.
Alors je suis devenu riche.
Et comme l'argent porte chance, je suis devenu tr�s riche.
Regardez!
Toutes ces machines sont neuves.
Am�ricaines... d'occasion.
Si tu savais comme cette pierre m'a port� bonheur!
D�gage!
Les fr�res d�cid�rent d'agir vite.
Car c'est le premier coup qui tue le serpent.
Ils partirent chez le g�ant.
Eh, les mecs!
Regardez-moi ces fruits!
Donne-m'en un.
Donne-moi celui-l�... Le jaune!
Donne-le-moi!
Pas � lui, � moi!
Le salaud! Il m'a donn� la peau!
Faites pas de bruit! Le g�ant va vous entendre.
Alors, donne-m'en un!
Celui-l�!
- Celui-l�? - Oui.
Il est vraiment bon.
Tu n'�tais pas mort?
Non. J'ai fait semblant pour qu'il cesse de tirer.
Le h�ros �tait pr�occup�.
Il ne pouvait plus se montrer chez le g�ant.
Maintenant, Venceslau le connaissait.
Et Venceslau Pietro Pietra �tait le g�ant Pia�man...
mangeur d'hommes.
Macuna�ma r�fl�chit...
et vers trois heures, il eut une id�e.
Je veux parler au g�ant Venceslau.
C'est lui-m�me.
Je suis une jeune femme, r�cemment divorc�e.
J'aimerais parler affaires avec vous.
Tr�s bien.
Venez maintenant si vous voulez.
La vieille Ceuci, ma femme...
est sortie avec les enfants. On pourra parler tranquillement.
Je peux venir sans crainte?
Bien s�r... Je ne fais peur � personne.
Mon Dieu, qu'est-ce que c'est?
Ma collection d'oiseaux chanteurs.
J'ai lu votre interview dans le journal...
et elle m'a beaucoup int�ress�e.
Moi aussi, je fais collection de pierres rares...
et il ne m'en manque plus qu'une. Une seule.
Il ne me manque qu'une seule pierre.
Le Muiraquitan.
Le th�, Mademoiselle.
C'est pour compl�ter ma collection.
C'est vrai que vous en avez une?
Le Muiraquitan.
Authentique.
Vous me vendriez cette pierre?
Non, je ne la vends pas.
Pr�tez-la-moi, alors.
Vous pensez qu'un sourire suffit pour que je vende...
la pierre la plus rare de ma collection?
�a me ferait...
Avec moi, c'est tout ou rien.
Je ne la vends pas, mais je suis capable de la donner.
Cela d�pend...
Cela d�pend...
�a d�pend de quoi, Venceslau?
Ciel!
Quels livres vous avez!
Tu aimes?
Plus ou moins.
J'ai aussi une collection de bons films.
Celui-ci est justement une adaptation de ce livre.
Une adaptation libre...
- Tu veux le voir? - Il est bon?
Tr�s bon.
Enl�ve ta robe pour le voir plus � l'aise.
Comment �a, Venceslau?
Tu ne veux pas le Muiraquitan?
Alors enl�ve ta robe.
Vous me le donnerez?
- D�shabille-toi! - Vous le jurez?
D'accord... mais derri�re le paravent.
D�gage!
�a y est! Donne-moi le Muiraquitan.
Retire tout!
Continue.
Maintenant, donne-le-moi!
Mets-toi nue!
�a y est.
Il manque quelque chose. Est-ce que, par hasard...
Le voil�... Maintenant, donne-le-moi.
Enl�ve le reste.
Voil�! �a y est!
C'est un gar�on.
Je n'ai pas de pr�jug�s!
Reviens! �a ne fait rien!
Je suis venu vous demander un service.
J'en veux beaucoup � quelqu'un.
- Comment t'appelles-tu? - Macuna�ma.
�a commence par MA, �a porte malheur.
Vous savez ce que je veux?
Je veux battre ce maudit g�ant...
Venceslau Pietro Pietra.
Je vais recevoir son esprit.
Il va sentir tout ce que je vous ferai?
Je peux vous battre?
Je peux battre ce maudit g�ant?
Tu es nerveux, Pietro!
Calme-toi!
Les visites, Pietro!
Enl�ve cette pierre. Donne-moi les ciseaux.
Mets-la sous le pansement.
Venceslau passa plusieurs mois au lit.
Macuna�ma ne pouvait rien faire pour r�cup�rer le Muiraquitan...
coll� avec du sparadrap au corps du g�ant.
Tr�s ennuy� par ces contretemps...
notre h�ros alla prendre l'air.
C'�tait un nouveau jour f�ri�: Le Jour de la Croix du Sud.
C'est la traditionnelle Croix du Sud...
le plus merveilleux symbole de notre pays.
La cible, le but, le destin...
l'objectif et la cons�cration...
de notre marche avec le rosaire autour du cou.
C'est la d�fense de nos propri�t�s, de nos �conomies...
de la mortalit� de nos fils...
et de la fid�lit� de nos �pouses...
contre le danger d'une p�n�tration chez nous...
d'id�ologies exotiques �quivoques.
Contre l'ath�isme ath�e...
contre le d�r�glement de nos traditions...
et l'improbabilit� administrative...
qui firent, pendant le dernier gouvernement, le malheur du Br�sil!
C'est pas vrai!
Messieurs, la Croix du Sud est le symbole le plus sublime...
Non et non!
Faites-le taire!
C'est pas vrai! C'est faux!
Vas-y, fr�rot, parle!
Messieurs...
tout ce qu'il a dit, c'est pas vrai.
Ces quatre �toiles l�-haut...
invisibles maintenant parce qu'il fait jour...
ces quatre �toiles n'ont rien � voir l�-dedans.
Vraiment, croyez-moi:
Les fl�aux qui affligent le Br�sil...
ce ne sont pas ceux dont vous a parl� ce mul�tre.
Maintenant que tu es blanc, tu es raciste!
Les fl�aux du Br�sil...
ce sont les parasites du caf�, la chenille rose...
le football, le moustique Pium...
le muri�oca, le vareja et tous les autres moustiques.
Et les vaches farouches, parce que les bonnes donnent du lait.
Mais les farouches, que lorsqu'elles veulent!
Et en plus toutes les maladies: La rougeole, le mal de ventre...
les rages de dents, les enflures, la fi�vre jaune...
et une esp�ce de salaud de g�ant...
Venceslau Pietro Pietra, qui a vol� mon Muiraquitan.
Mes amis: Peu de sant� et trop de fourmis...
font le malheur du Br�sil!
Subversif!
Communiste!
- En prison! - Appelez la police!
- Je vous arr�te! - Pourquoi?
Attitude suspecte. Vous �tiez en train de fuir.
Vous n'avez pas compris. C'est le contraire!
Je courais apr�s un marcassin.
Un marcassin, oui. Vous ne l'avez pas vu?
- Il venait de la rue Ouvidor. - Lynchez-le!
Puisqu'il dit qu'il l'a vu!
Un marcassin ici, devant la Bourse des Valeurs!
Incroyable, non?
Regardez sa piste. Elle est fra�che.
Que veulent dire ces mots �tranges?
Rien. Je dis n'importe quoi.
Tu te moques de nous? O� est la piste?
Je n'ai pas dit qu'il y a une piste...
Il y en avait une, et elle a disparu.
Minute! Alors qu'on se tue au travail...
un inconnu nous fait perdre notre temps � chercher...
un marcassin qui n'existe pas!
Je n'ai demand� � personne de chercher un marcassin.
Ce sont ces deux-l�, Jigu� et Manaape.
Et puis, qui est l'inconnu ici?
L�, vous vous trompez!
Et puis, je n'ai peur ni d'un, ni de cent, ni de mille!
Si vous continuez, je casse tout.
Alors lynchez donc ces deux-l�! Moi, je me tire.
Lynchez-les!
Joli coeur, tu vas �tre r�tabli en un rien de temps.
Rien de tel qu'un bain de pieds pour gu�rir un rhume!
Oh! Mon mignon, mon pauvre b�b�...
Comment! Tu dors habill�?
Pauvre ch�ri! Il avait froid.
Tu aurais d� m'appeler, mon b�b�.
Mets-y un doigt. Mais attention, c'est chaud!
Comme �a... Maintenant l'autre!
Comme �a, mon amour. �a va mieux?
Tu aurais d� m'�couter...
au lieu d'aller te promener avec tes fr�res.
Qu'il est mignon...
Que c'est chaud!
Mais que c'est bon.
M'emb�te pas!
Ecoute-moi, t'as rien compris.
Un blanc qui court, c'est un champion.
Un noir, c'est un voleur!
Tu as couru, ils t'ont tap�...
et tu as pass� la nuit en prison. Bien fait!
Cr�tin, les vieux doivent rester chez eux.
T'avais rien � faire dans la rue!
Entre, vieux con.
Tu devrais d�j� �tre au cimeti�re.
Faites pas cette t�te. C'est mauvais pour la sant�.
Redis-nous ce que tu as vu hier devant la Bourse des Valeurs?
Ne change pas de sujet!
Qu'est-ce que tu as racont� hier aux gens dans la rue?
Un marcassin?
Tu sais tr�s bien que ce n'est pas vrai.
J'ai menti.
Et pourquoi as-tu menti, coeur des autres?
J'ai pas fait expr�s.
Quand j'ai commenc�, je me suis aper�u que je mentais.
Macuna�ma gu�rit de la grippe...
mais il n'avait toujours pas le courage d'aller voir le g�ant.
Pour passer le temps...
il alla au parc tuer des fourmis.
Bonjour, l'ami! Comment �a va?
Bien, merci.
Je te vends mon canard.
- Cette b�te puante? - Il sent un peu, c'est vrai.
Mais il est pr�cieux, car il pond de l'argent.
Et je te fais un prix.
O� as-tu vu un canard faire de l'argent?
Mets la main!
De l'argent!
Tu vois? Tu deviendras vite riche.
Je te le vends pas cher.
Quatre cent mille.
C'est trop... Je n'en ai que trente.
Vendu, parce que c'est toi.
- Merci. - Il n'y a pas de quoi.
Donne-moi �a!
- Qu'est-ce qu'il y a? - Il m'a pris mon argent.
Et tu n'as rien fait?
Il t'en reste? Donne-moi �a.
Que �a te serve de le�on!
"� coeur vaillant, rien d'impossible."
Bonjour, mademoiselle.
Venceslau est l�?
Il est parti en Europe pour se remettre d'une racl�e.
Mais sa femme, Mme Ceuci, la Caapora, est l�...
avec ses deux filles.
Est-ce que par hasard...
il n'aurait pas emmen� avec lui une pierre Muiraquitan...
pendue � son cou?
Je ne sais pas, mais si tu le veux...
attends la nuit dans ma chambre.
Tu pourras voir dans le coffre de Mme Ceuci quand elle dormira.
- Elle est marrante, ta chambre. - Elle n'est pas mal.
- Comment c'est, ton nom � toi? - Moi...
Jigu�.
Tu �tais si distrait...
J'ai des probl�mes, ma petite...
beaucoup de responsabilit�s.
Bonsoir, madame.
Figurez-vous que je suivais la piste d'une autruche...
qui est entr�e ici...
Qu'est-ce que c'est, maman?
Regarde le canard que j'ai attrap�.
Il a l'air bon.
Poule mouill�e, va! Emmenons-le � la cuisine.
Vous m'avez fait mal.
D�p�chons!
Doucement, �a fait mal!
Maman, qu'est-ce qu'on mange?
Ce dindon.
Plume-le pendant que je pr�pare la sauce.
Qu'il est joli! Comment l'avez-vous pris?
Au filet.
Mets du sel dans la casserole.
La ferme!
Je m'ennuie...
Je vais �tre gentille avec toi.
Je vais te poser deux devinettes. Si tu trouves...
je te laisse venir dans ma chambre.
O� les femmes sont-elles le plus cr�pues?
- En Afrique. - Bravo.
Maintenant, une plus difficile.
"Faisons ce que Dieu consent.
Mettons poil contre poil, laissons le chauve dedans."
L� alors, vous exag�rez!
C'est l'oeil. Quand on dort, les cils se joignent.
Je vais quand m�me t'emmener dans ma chambre.
Rends-moi mon d�ner, sinon je te mets � la porte!
Vite, avant qu'elle enfonce la porte!
Quoi, vite?
Excuse-moi, mais vite, �a ne marche pas.
�a me rend nerveux. Une autre fois.
Tu as perdu ton pantalon?
Je me suis fait rouler par un Turc en ville.
J'ai perdu tout notre argent...
trente mille.
Jigu� n'est pas rentr�?
- Il a peut-�tre de l'argent. - Non, il est fauch�.
Tu ne sais pas le pire.
Le g�ant est parti en Europe.
Dur�e ind�termin�e. Il a emport� la pierre.
- Et maintenant? - Je ne sais pas.
C'est ta faute. Tu croyais qu'il allait t'attendre?
"Dieu donne des noix � qui n'a pas de dents."
Je vous pr�sente Suzy.
Voil� notre hamac.
D�shabille-toi et couche-toi, j'arrive.
Je m'occupe du reste...
J'ai trouv�! J'ai trouv� la solution.
Dis que tu es artiste, demande une bourse au gouvernement...
et pars en Europe toi aussi.
Pourquoi pas?
Eteins, bon Dieu!
Avale �a.
- Et si �a marche pas? - Tu paries?
Maman disait: "Bouffe de la merde, mais ne parie jamais!"
Le Gouvernement lui dit...
qu'il y avait d�j� mille artistes en Europe...
et mille autres sur la liste d'attente.
� ce train-l�, le h�ros partirait � la saint-glinglin.
Bonjour, tonton! �a va?
On fait aller.
Et la famille?
Toujours pareille.
"Ne me regarde pas de biais, je ne suis pas un poulet.
Ni de c�t�, je ne suis pas un gibier."
Que fais-tu l�?
Je casse mes oeufs pour les manger.
� d'autres.
Si tu ne me crois pas, pourquoi demandes-tu?
Et c'est bon?
Go�te!
C'est tr�s bon... Il y en a encore?
Je n'en avais que deux.
Mais les tiens doivent �tre bons. Mange-les!
�a ne fait pas mal?
C'est m�me agr�able.
Tu as le courage?
Sic transit.
�a va mieux, mon coeur?
Dieu veuille qu'il gu�risse! Un coup comme �a, c'est dangereux.
Il aurait pu en mourir... ou pire!
Tu as remarqu� que sa voix s'est affin�e?
Il vaut mieux changer.
Laisse Suzy me faire ce massage.
Je vais lui montrer.
Vous autres, attendez dehors!
C'est dr�le, j'ai mal ici.
- Macuna�ma... on peut entrer? - Pas encore.
Sa voix est redevenue normale.
- Tu vois quelque chose? - C'est bouch�.
Macuna�ma, ouvre!
Vous pouvez entrer.
Sensationnel! Je suis gu�ri.
Tu n'as plus rien?
Ce massage est formidable!
Jigu� et Manaape en conclurent...
que le h�ros n'�tait vraiment pas s�rieux.
Il avait jur� de ne pas toucher Suzy.
R�sultat: Jigu� la renvoya...
et le h�ros eut tant de chagrin...
que ses fr�res, pour le distraire...
l'emmen�rent visiter la l�proserie de la ville.
Une lettre du g�ant!
"De retour d'Europe, de France et de Bahia...
o� il se remettait d'une racl�e dont il croit conna�tre l'auteur...
le g�ant Venceslau Pietro Pietra invite M. Macuna�ma, seul...
au banquet de mariage de sa fille."
N'y va pas! Il te mangera.
On verra bien! Appelle un taxi.
Je n'ai pas d'argent, mais ce conseil vaut de l'or.
Pour vivre en paix, m�fie-toi de trois choses:
Le jeu, l'argent et les femmes.
Entre, fais comme chez toi.
Je tiens � te pr�senter ma fille. Comme si tu ne la connaissais pas.
Elle s'est mari�e aujourd'hui.
Elle devenait trop g�n�reuse, on a d� la marier.
Ne fais pas �a, mon joli!
Si tu es sage, je te pr�terai le Muiraquitan.
- C'est vrai? - Si tu savais...
comme cette pierre m'a port� chance.
J'ai gagn� plus d'un milliard cette ann�e.
Arr�te, ne fais pas �a!
Les invit�s t'attendent pour le banquet.
Demain, � cette heure-ci...
ping... ping... ping.
Et moi, avec ta m�re, pang... pang... pang.
Votre attention!
Rien ne va plus!
Chien, num�ro 5! Qui est-ce?
Monsieur Carlito Chaves.
Num�ro 9! Serpent!
Assieds-toi sur cette balan�oire. C'est amusant.
Je ne veux pas, Venceslau!
- J'ai la flemme. - Balance-toi! C'est agr�able!
Je ne sais pas me balancer. Montre-moi comment on fait.
Pas la peine, c'est facile comme boire de l'eau.
Vas-y, monte. Je te pousse!
�a suffit, merci.
Si papa et maman �taient encore l�...
je serais pas entre les mains de ce m�chant!
Donne-moi �a!
Mon Muiraquitan!
Si je m'en tire...
je ne mange plus personne!
�a manque de sel.
Les trois fr�res d�cid�rent de rentrer au bercail.
Ils �taient satisfaits.
Le h�ros plus encore que les autres...
car il ressentait ce que seuls les h�ros peuvent ressentir:
Une immense satisfaction.
Il ramenait ce qui l'avait le plus enthousiasm� en ville...
et une jeune fille tr�s �l�gante nomm�e Princesse.
Peu de sant� et trop de fourmis...
font le malheur du Br�sil!
Frangin, en route vers les rives de l'Uraricoera
Frangin, en route vers
Les rives de l'Uraricoera
Frangin, en route vers les rives de l'Uraricoera
Prends note, Princesse.
Ici, on construira un pont pour faciliter la vie des citadins.
Frangin, en route vers
Les rive de l'Uraricoera
� la nuit tomb�e, les l�vres du h�ros se mirent � trembler.
Ci lui manquait tant...
"Qui est loin de ses amours, m�ne une vie de for�at."
Ci, inoubliable vilaine!
Elle se prom�ne l�-haut, dans le ciel...
toute par�e...
d�livr�e des fourmis...
jouant avec Dieu sait qui!
Ruda!
Toi qui es au ciel et commandes � la pluie...
fais en sorte que mon aim�e, m�me si elle en a beaucoup...
pense que tous ses amants sont des couilles molles!
Souffle � cette vilaine les tendres regrets de son vilain.
Fais qu'elle se souvienne de moi!
Demain...
quand le soleil sera couch�...
Finalement, tout leur redevint familier.
Ils aper�urent le Serro Manso depuis le Pai da Tocandeira...
et au-del� du sentier du Tapir, l'ancienne friche...
r�duite � l'abandon...
et la vieille hutte compl�tement d�labr�e.
Les autres s'en furent chercher de quoi manger.
Manaape alla p�cher au fleuve, mais il n'eut pas une touche.
Sur la plantation, Princesse ne trouva pas un �pi de ma�s...
ni la moindre racine de manioc.
Jigu�, qui �tait vaillant, alla chasser dans la for�t...
mais il ne vit rien, pas m�me un oiseau.
Quand ils rentr�rent...
- Macuna�ma. - Qu'y a-t-il?
- Je parie que tu dormais. - Pas du tout!
J'�tais sur le point de coincer une caille...
mais vous avez fait du bruit et elle s'est �chapp�e.
Menteur! Princesse, tu es t�moin!
Tout le monde est all� travailler et le seul � se pr�lasser...
c'est ton compagnon! En plus, il d�range les autres!
C'est lui qui ment, Princesse!
- J'ai chass� un cerf. - O� est-il?
J'ai pris un chemin et je suis tomb� sur la piste d'un cerf.
Un petit cerf...
Je me suis accroupi, j'ai avanc� en suivant sa trace...
j'ai tourn� autour...
Et soudain...
je me suis cogn� la t�te contre un truc mou.
C'est bizarre. Tu sais ce que c'�tait?
Les fesses du cerf! Pense un peu!
Il m'a demand�: "Qu'est-ce que tu fais ici, cousin?"
"Je te ram�ne au bercail", je lui ai dit, et l�...
je l'ai but�.
Et o� est-il?
Je l'ai mang�.
J'avais si faim que je l'ai d�vor� avec tripes et boyaux.
J'en avais rapport� un morceau pour vous, mais...
je me suis pris un gadin en traversant le ruisseau!
Il est tomb� pile sur une fourmili�re.
Il �tait infest� de fourmis.
Tu es all� � la chasse?
C'est-�-dire... Oui, j'y suis all�!
Regarde-moi dans les yeux.
Si c'est vrai, tu ne clignes pas.
Si c'est faux, tu clignes.
Il a menti!
Puisque c'est �a, j'irai plus rien chasser.
Aide-moi, frangin!
Princesse, tu viens jouer?
Quand j'ai voulu, tu ne voulais pas.
Maintenant, joue tout seul!
"J'ai plant� du manioc...
j'ai r�colt� du maniaque."
"M�me chez soi, y a de l'arnaque."
"Quand le vautour a la poisse, �'ui du bas arrose �'ui du haut."
Le lendemain, quand il se r�veilla, fi�vreux...
le h�ros ne vit plus personne dans la paillote.
Il �tait comme un d�funt, compl�tement abandonn�.
Ah, quelle flemme!
Le h�ros ne quittait plus son hamac...
tendu entre deux troncs d'arbres.
Il s'endormait m�content, mangeait du caju...
vex� car il ne comprenait pas ce silence.
Un beau jour, apparut un perroquet bavard...
qui resta pour lui tenir compagnie.
Macuna�ma, pour se distraire...
lui racontait les extraordinaires aventures qu'il avait v�cues...
depuis son enfance.
J'�tais dans la casserole et la Caapora voulait me manger.
Elle dit � sa fille de me d�shabiller.
Celle-ci en profita pour me tripoter.
Et je te prends ici... Et je te pince l�!
Et puis elle a voulu me manger.
La fille et moi, on s'est cach�s dans la baignoire.
La m�re a cogn� � la porte.
"Ouvrez, ou je d�fonce la porte!"
Et moi: "Chut, ne fais pas de bruit."
Mais elle ne venait pas, on �tait bien cach�s.
On l'entendait:
"Ouvrez cette porte!"
On est rest�s l� un bout de temps.
C'�tait le pied!
Le h�ros se vantait de tant de gloire pass�e.
Un beau jour de janvier...
Macuna�ma s'�veilla tard...
au piaillement sinistre d'un corbeau tincuan.
La chaleur �tait torride.
Le h�ros sentit une ardeur nouvelle dans son corps.
Ses sens paraissaient revivre.
Il se souvint qu'il ne jouait plus depuis bien longtemps.
Viens, perroquet... Viens!
On dit que l'eau froide tue le d�sir.
Cette femme, tr�s belle, n'�tait pas une femme.
C'�tait Uiara, la mangeuse d'hommes.
Comme elle se pr�sentait toujours de face...
Macuna�ma ne put voir le trou dans sa nuque...
par lequel la perfide respirait.
H�, jeune fille...
H�, jeune fille...
H�, jeune fille...
Gloire aux hommes qui honorent la patrie
Cette patrie ch�rie qu'est notre Br�sil
Depuis que Pedro Cabral l'a ainsi nomm�e
Glorieuse par un beau jour d'avril
Par la voix des cascades bouillonnantes
Des vents et des mers aux vibrants reflets bleus
Gloire aux hommes H�ros de notre Patrie
L'heureuse Terre de la Croix du Sud
"Macuna�ma (1969) A �t� restaure � partir
des n�gatifs d'origine d'image et de son.
Un intern�gatif fait en France en 1999 a �t� utilis� pour substituer
quelques images manquantes.
Le synchronisme original du film a �t� maintenu.
Restauration digitale en 2K conclue � Sao Paulo, en juin de 2OO4."
ADAPTATION: ALICE DE ANDRADE PEDRO ALVIM - OLIVIER HORN
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