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Dans l'Ouest de l'Angleterre, vivait un gentilhomme nomm� Allworthy.
ll s'en revient chez lui apr�s plusieurs mois de s�jour � Londres.
sa s�ur, Bridget.
ses serviteurs.
apr�s souper.
''Mme Wilkins !''
un b�b� !
abandonn� !
''comment est-il arriv� l� ?''
''qui peut bien �tre sa m�re ?''
''Jenny Jones !''
''qui est le p�re, Jenny ?''
''je me suis engag�e solennellement � ne pas r�v�ler son nom.''
''faites venir Partridge le barbier !''
Partridge le barbier - le p�re ?
''je m'occuperai de vous plus tard !''
''pour cette honte et cette infamie, vous �tes renvoy�e.''
''quant � votre enfant...''
''je l'�l�verai comme mon propre fils.''
''comment le nommerez-vous ?''
''Tom Jones.''
dont tous pensaient qu'il n'�tait n� que pour �tre pendu.
Notre h�ros grandit vite.
Un petit campagnard, bien plus heureux dans les bois qu'en salle d'�tude.
Peut-�tre �tait-ce un pi�tre h�ros avec bien des faiblesses.
Mais sans la faiblesse d'Adam pour les pommes,
il n'y aurait personne pour narrer l'histoire de Tom.
Une partie de cette histoire
conte les distractions que Tom d�couvrit dans les bois.
Quel chaud lapin !
Molly, que fais-tu l� ?
J'ai entendu p�re dire � m�re que vous veniez.
C'est une soir�e � sortir rechercher le gibier.
Nous interromprons ce genre de sc�nes
lorsque le bon go�t, la correction et les censeurs l'exigeront.
Nous essaierons ainsi de racheter notre incorrigible h�ros.
D�s qu'il eut quitt� la peu honorable Molly,
il alla rejoindre son aussi peu honorable p�re,
Black George, le garde-chasse du sire Allworthy.
- Vas-y. - Je l'entends.
- Venez. - Nous allons l'enfumer.
Va le chercher !
Viens.
Attendez. ll est tomb� sur les terres du sire Western.
Allons le chercher !
Non, on m'a interdit d'entrer sur sa propri�t�.
L'oiseau est � nous. N'aie crainte, Blackie.
Revenez !
lci.
C'est bon, d�mons, je vous aurai !
J'aurai votre peau.
Donnons-lui en pour son argent.
On rentre. Je l'aurai un autre soir.
Je croyais t'avoir perdu.
Un raccourci. On se fera prendre un de ces jours.
- Ne t'inqui�te pas. - Vous n'avez pas de famille � nourrir.
Je veillerai sur toi.
Tiens.
Prends cette pi�ce. Bonsoir, Blackie.
H�las, notre h�ros se faisait toujours exploiter
par des gredins comme Black George.
Car aux yeux d'un voleur, un homme g�n�reux n'est qu'un niais.
Un mouton. Oui, un mouton entier.
Bien gras.
De quoi nourrir un village une semaine.
Pendu dans sa maison comme un troph�e de guerre.
- C'est une affaire grave. - Qui m�rite la corde.
- Si je peux parler en son nom... - Silence.
- Es-tu coupable ? - Je suis coupable.
- Pardonnez-lui donc. - Silence. Je rends la justice.
Tu as commis un crime capital.
Les lois commandent la pire des peines :
la pendaison.
Mais tu as des enfants.
Par �gard pour eux,
je me contenterai de te renvoyer.
Et que Dieu te pardonne.
Sors d'ici.
Vous �tes trop cl�ment.
La compassion est une chose, la justice en est une autre.
M. Thwackum et M. Square �taient les pr�cepteurs de Tom.
Au fil des ans, ils avaient tent�, avec bien peu de succ�s,
de lui inculquer le sens de la vertu et de la religion.
Cependant, ils avaient un �l�ve plus dou�.
Peu apr�s la d�couverte de Tom,
Bridget, s�ur du gentilhomme, �pousa un capitaine Blifil.
Un fils naquit de leur union.
Le jeune homme �tait bien diff�rent de Tom.
Il �tait s�rieux, r�serv�, d'une pi�t� sans faille,
et tout le voisinage chantait ses louanges.
Vous avez appris � Tom
� se moquer de tout ce qui est convenable et vertueux.
Je lui ai appris la religion.
Le mot religion est aussi vague et impr�cis que tous les autres mots anglais.
La religion,
non seulement chr�tienne, mais aussi protestante.
Pas seulement protestante, mais de l'Eglise d'Angleterre.
Tom en est le vivant exemple :
la paroisse doit s'occuper des enfants trouv�s.
Mes chers pr�cepteurs,
ni l'un ni l'autre ne pouvez toucher son c�ur de b�tard.
C'�tait vrai.
Mais quelqu'un le pouvait.
- Je veux que vous m'aidiez. - Comment ?
Aidez-moi � trouver une place.
Mlle Western est rentr�e de France, il lui faudra une servante.
Je lui parlerai.
Vous �tes bon pour moi.
Servante de Mlle Western.
Sophie Western !
Mlle Western !
Je vous ai port� une grive.
Elle est belle. Vous �tes bien bon.
Deux ans, c'est long.
Avez-vous pris les fa�ons de Londres, comme une grande dame ?
Je suis surtout rest�e en France avec ma tante.
La France vous a-t-elle plu ?
- Vous n'avez pas chang�. - Vous �tes plus belle que jamais.
ll chante magnifiquement. Je lui apprendrai des chansons.
Je doute qu'un oiseau anglais apprenne des chansons fran�aises.
Vous verrez.
Votre p�re nous a invit�s.
Puis-je vous demander d'aider Molly, la fille de Black George ?
P�re m'a cont� l'histoire. ll a vol� un mouton ?
C'est un homme fier, avec de grandes filles affam�es � nourrir.
- Tr�s affam�es, j'en suis t�moin. - J'ai une servante, mais je vais voir.
Bien.
- Bienvenue, voisine ! - Sire.
Quel plaisir de vous voir.
Bienvenue, madame.
- O� est le sire ? - Bien le bonjour, Western.
Tom m'a apport� une grive.
Quel bel oiseau !
Son chant est plus doux que les airs de M. Handel.
Merci.
Bienvenue. Vous �tes bien belle, mon enfant.
Je me r�jouis de son retour.
Allons d�ner.
- Oh zut ! - Mon petit oiseau.
N'ayez crainte, je le rattraperai.
Bon gar�on.
Soyez prudent.
- Soyez prudent ! - Je parie qu'il l'attrapera.
Je regrette de vous causer ce tourment.
Je ne pensais pas que l'oiseau s'envolerait.
Mais comment ne pas constater
qu'il est contre nature de mettre les oiseaux en cage.
Etes-vous d'accord, M. Square ?
ll l'a pris !
ll va se noyer !
ll a l'oiseau !
- Aidez-le, quelqu'un ! - Je l'ai !
ll l'a bien cherch�.
Vous aussi.
Les semaines pass�rent, et Molly grossit.
Catin paresseuse.
Regardez-moi ce ventre.
Je ne lui souhaite pas de vivre �a.
Tu aurais d� �couter le pasteur
et ne pas courir apr�s les hommes.
C'est la premi�re fille perdue de cette famille.
Toi, tu as mis ma s�ur au monde une semaine apr�s ton mariage.
Mais je suis devenue une honn�te femme.
Mais toi, il te faut des gentilshommes,
m�chante catin.
Tu sais ce que tu auras ? Un b�tard.
- Je d�fie quiconque de dire �a. - Mon gentilhomme veillera sur moi.
Tu parles d'un gentilhomme. Je t'en donnerai, du gentilhomme.
Arr�te, ou je le dirai � mon gentilhomme !
... qu'ils soient toujours appliqu�s,
et lors, bien que nous ne puissions pas garantir le succ�s,
nous pourrons dire, comme l'ap�tre :
''Car que sais-tu, femme,
''si tu sauveras ton mari.''
Et maintenant, mes bien chers fr�res, chantons ensemble l'hymne :
O Dieu, qui nous aida au long des si�cles.
''O Dieu, qui nous aida au long des si�cles
''Tu es notre esp�rance pour l'avenir''
''Que chiens aboient et mordent, Dieu les a faits ainsi.
''Qu'ours et lions grognent et luttent C'est leur nature aussi.
''Mais, dames, tenez t�te A des d�sirs si malheureux.
''Vos petites mains ne furent point faites Pour arracher les yeux.''
O� est-elle ? Attrapons-la.
Rouons-la de coups.
Nous ne voulons pas de ses semblables dans ce village.
Elle ne fr�quentera pas d'honn�tes gens comme nous.
Prends �a, coquine !
Je t'aurai, dr�lesse, sale souillon !
- Ne me laissez pas. - N'aie pas peur.
Doucement.
Sale catin.
Bon gar�on !
C'est un bon gar�on, notre Tom.
La fille accouche donc d'un b�tard.
Oui.
ll semble qu'elle ait refus� de dire � M. Allworthy qui �tait le p�re.
ll devra peut-�tre l'envoyer � Bridewell.
- P�re, j'ai la migraine. - Je l'avais dit.
Je l'avais dit ! Tom est le p�re de ce b�tard.
J'en jurerais, Tom est le p�re du b�tard.
P�re...
Quel petit maquereau que ce gar�on !
La fille est perdue.
C'est certain.
Certaines choses ne se r�parent pas.
Ce n'est pas grave. Notre Sophie conna�t Tom.
Tu ne juges pas plus mal un jeune homme
qui a engendr� un b�tard, n'est-ce pas ?
Arr�te de te lever et de t'asseoir.
Les femmes l'en aimeront d'autant plus.
Chante-nous un de tes airs joyeux.
Pas ce soir, j'ai la migraine.
Chante-nous St. George he was for England ou Bobbing Joan.
Voil� une chanson de circonstance !
Pas de ton Handel, ma petite ch�rie.
Tu joues comme un ange.
La r�putation de Molly �tait perdue.
Le c�ur de Tom �tait lourd de remords.
Peut-�tre M. Square avait-il raison :
on est toujours puni par o� l'on a p�ch�.
M. Jones.
- O� est Molly ? - Pas ici.
Elle est � l'�tage, au lit.
- Qui est-ce ? - C'est moi, Tom.
Pourquoi n'�tes-vous pas venu plus t�t ?
Vous deviez �tre mon gentilhomme.
J'esp�rais t'expliquer...
Vous refusez d'admettre avoir pris votre plaisir.
Je n'aimerai jamais un autre homme.
Si le plus grand sire me faisait la cour, je ne pourrais pas me donner � lui.
Pas pour tout l'or du monde, car vous avez pris mon c�ur.
Vous �tes un coquin lubrique.
A cause de vous, je ha�rai et m�priserai toujours tous les hommes.
M. Square.
Apr�s tout, Tom n'�tait pas le seul � qui Molly avait accord� ses faveurs.
Notre h�ros, contrairement � bien des hommes,
eut la chance de d�couvrir � temps le p�re de son enfant.
Apr�s la gentillesse de tout le monde,
elle a abandonn� l'enfant � la porte du jeune M. Jones.
M. Allworthy est si f�ch� contre lui qu'il refuse de le voir.
Je plains le pauvre jeune homme. C'est un si beau gentilhomme.
Je serais d�sol�e de le voir chass�.
Pourquoi me racontes-tu cela ?
En quoi suis-je int�ress�e par ce que fait M. Jones ?
Je ne savais pas que c'�tait mal de dire qu'un jeune homme est beau.
Je ne penserai plus jamais � lui, car � quoi sert d'�tre beau si l'on agit mal ?
Et bla-bla-bla... Je serai en retard pour la chasse.
Excusez-moi, madame.
O� est le cidre ?
Salutations !
Bonjour, sire.
Bonjour.
- Bienvenue � tous. - Bonjour.
Quel temps magnifique !
Brute.
- Bonjour � tous. - Bonjour, milady.
Merci, monsieur.
Salut � tous.
Vous ne rajeunissez pas.
Je parle du cheval !
- Faites bonne ch�re. - Venez tous vous servir.
ll y a � boire et � manger en quantit�.
Bien. Pour le pain et le vin, l'Eglise est toujours la premi�re.
Bonne sant� � tous.
Vous ne parlez pas aujourd'hui.
Buvons tous !
- Les chiens vont sortir. - Piqueux, l�che les chiens.
Un autre, je vous prie.
Venez, petits chiens. Venez.
Vous voil�.
Prends un autre cidre, et tu seras pr�t pour la chasse.
Sant�, M. Thwackum.
Allez ! Buvez ! Buvez tous !
Cuv�e Western, ma fille.
Sire, il est trop t�t.
Retirez-vous !
Bonne sant� et bonne chasse !
Plus vite !
Allez, mes beaut�s ! Attrapez-le !
Le voil� !
Etes-vous bless�e ?
Non, pas du tout. Comment vous remercier ?
Si je vous ai sauv�e, je suis assez pay� de ma peine.
Etes-vous bless� ?
Si je me suis cass� le bras,
ce n'est rien � c�t� de ce que j'ai craint pour vous.
Cass� le bras ?
Je le crains.
Mais il m'en reste un pour vous ramener.
Regardez-le.
De ma vie, je n'ai jamais vu plus bel homme.
- Je crois que tu es amoureuse de lui. - Je vous assure que non.
Si cela �tait, pourquoi en aurais-tu honte ?
ll est certainement tr�s beau.
Pour �a oui. C'est le plus bel homme que j'ai vu de ma vie.
Et comme dit madame,
pourquoi avoir honte de le regarder,
bien qu'il soit mon sup�rieur ?
Gentilshommes et serviteurs sont tous de chair et de sang.
Je suis la fille d'une personne honn�te.
Mes parents �taient mari�s.
Tout le monde ne peut pas en dire autant.
Mon grand-p�re �tait ministre du culte et aurait �t� en col�re
si quelqu'un de sa famille avait pris les restes de Molly Seagrim.
Le jeune homme est r�veill�, madame.
Tu l'as r�veill� avec tes bavardages.
Je me sens �veill� pour la premi�re fois.
''... apr�s un attentif...
''attentif examen,
''trouva des livres magiques,
''plusieurs flasques de liqueurs �tranges,
''une bo�te de baume...''
Vous vous rappelez ce pique-nique l'ann�e derni�re ?
Je ne l'oublierai jamais.
Mon fr�re !
Pourquoi cette mine ?
- Une chose terrible. - Que s'est-il pass� ?
Un accident. Ma m�re est morte.
Et le sire Allworthy ?
On pense qu'il ne vivra pas.
La fi�vre s'est d�clar�e et il y a peu d'espoir.
ll ne nous reste qu'� prier.
Une chose pour laquelle vous avez peu de go�t.
''Puisqu'il a plu � Dieu tout-puissant, dans sa sage providence,
''de retirer de ce monde l'�me de feu notre s�ur,
''nous commettons son corps au s�pulcre,
''la terre � la terre,
''les cendres aux cendres,
''la poussi�re � la poussi�re,
''attendant la r�surrection universelle et la vie du monde � venir,
''par J�sus-Christ, notre Seigneur.''
En voil� une autre de partie.
Je suis d�sol�e.
Remettez-vous, mon gar�on.
Elle a rejoint les anges.
Nos formes mortelles ne sont que les ombres d'une r�alit� plus pure.
Merci de vos paroles de r�confort.
C'�tait une grande dame.
Peu de temps avant sa mort, votre m�re m'a donn� une lettre.
A remettre � M. Allworthy le jour de son enterrement.
Je la donnerai � mon oncle.
Elle m'a demand� de la lui remettre en mains propres.
Avocat Dowling, si mon oncle survit, nous aurons besoin d'un nouvel intendant.
J'ai l'intention de vous recommander.
Vous �tes bien bon.
N'aie pas de peine, mon cher neveu.
N'aie pas de peine.
Vous ne pouvez pas mourir.
Nous mourons tous.
Je vous ai fait venir pour vous parler de mon testament.
Neveu Blifil,
tu es l'h�ritier de tous mes biens
� ces exceptions pr�s.
A toi, mon cher Tom,
j'ai donn� une rente de 800 livres par an,
ainsi que 1 000 livres en esp�ces.
Je suis convaincu, mon gar�on,
que tu as beaucoup de bont�,
de g�n�rosit� et d'honneur en toi.
Si tu y ajoutes la prudence et la religion,
tu seras heureux.
M. Thwackum, je vous laisse 1 000 livres,
et la m�me somme � vous, M. Square.
Je suis convaincu qu'elle exc�de tant vos d�sirs que vos besoins.
Quant � mes serviteurs,
cent livres pour Marjorie et Jane...
''... b�nirai le Seigneur jusqu'� la mort,
''et ma vie approchait de l'enfer...''
M. Allworthy est gu�ri !
C'est termin� ! La fi�vre a disparu ! ll s'assied !
ll est gu�ri ! Le sire est gu�ri !
C'est termin� !
Il n'est pas vrai que l'alcool modifie le caract�re d'un homme.
Il le r�v�le parfois avec plus de clart�.
La gu�rison du sire emplit Tom de joie,
et ses pr�cepteurs de d�ception.
''Chante, Thwackum le lourdaud
''Ta r�compense est � l'eau''
Votre ivresse a de bonnes raisons, mendiant de b�tard.
ll vous a bien pourvu.
Pensez-vous que j'y accorde la moindre importance ?
- Soyez maudit ! - Comment osez-vous ?
Et moi aussi si je n'ouvre pas une autre bouteille.
Je vais chanter une ballade intitul�e :
Chante, Thwackum le lourdaud, ta r�compense est � l'eau.
''Chante, Thwackum le lourdaud Ta r�compense est � l'eau
''Tu as perdu tous les biens Que tu croyais �tre tiens''
Cette maison est en deuil de ma ch�re m�re.
Pardonne-moi, la joie que me procure la gu�rison de M. Allworthy...
J'ai eu le malheur de savoir qui �taient mes parents.
Et leur perte m'afflige.
Coquin, tu oses m'insulter ?
Messieurs, votre conduite est inconvenante.
Ce grossier animal.
Partons, sortons ! Buvons !
Dehors !
Voil� le vin !
Comment osez-vous me jeter dehors ?
Venez.
lrons-nous prendre l'air ?
On pense g�n�ralement que l'exc�s de vin amoindrit les d�sirs.
C'est vrai chez les sots.
Je graverai son nom sur cet arbre !
Arbre,
m'autorises-tu � graver le nom de ma Sophia ?
''M'' comme Molly.
Voulez-vous m'ouvrir la gorge, sire ?
Veux-tu une gorg�e de mon vin ?
C'est la premi�re fois que je bois le vin d'un gentilhomme.
ll est tr�s fort.
Pourquoi riez-vous ?
Je pense � Square dans ta chambre !
A ceux qui s'�tonnent de la conduite de notre h�ros,
il est facile de r�pondre.
Tom pr�f�rait une femme quelconque � pas de femme du tout,
alors que Molly ne crut jamais qu'un homme valait autant que deux.
- ll est avec une catin. - Une catin ?
Trouvons-la.
- Qui est-ce ? - O� �tes-vous ?
Comment osez-vous ?
Contr�lez-vous !
Quelle honte !
Partez.
Prends �a, gredin !
- Que le diable vous emporte ! - Assez !
Qu'avez-vous ?
Que le diable vous emporte ! Venez ici !
Trois contre un ?
Viens, ma fille. Occupe-toi de Tom. ll est mal en point.
- Pauvre Tom. - Quoi ?
- Je vais qu�rir de l'eau. - Pourquoi vous battre ?
La cause est dans les buissons.
Chien en rut.
O� est-elle ? O� est la chatte de Tom ?
Minette.
O� est la chatte de Tom ?
Minette.
Suivons-le.
Venez souper avec moi.
Faisons la paix autour d'une bouteille.
Pardonnez-moi.
Pour un homme comme moi, il est grave d'�tre ross� par un gamin
pour avoir tent� de faire juger une catin lubrique.
La faute en revient � M. Allworthy et � vous-m�me.
Si vous appliquiez les justes lois,
vous d�barrasseriez le pays de cette vermine.
Je pr�f�rerais le d�barrasser des renards.
Vous souperez avec moi.
Je vous donnerai ce que vous voulez
sauf mes chiens et ma jument favorite.
Partez !
Allons narrer � M. Allworthy la conduite de ce monstre.
Non, attendons.
Un meilleur moment se pr�sentera.
C'est le carrosse de ma s�ur. Qu'est-ce qui l'am�ne ici ?
J'esp�re que la vieille bique est couch�e.
Chante-nous un de tes airs gais.
Je ne me sens pas bien. Je vais aller me coucher, je crois.
Pas avant de t'�tre occup�e de notre invit�.
Tom est fort assoiff�, j'en suis garant.
Qu'est-ce que ce tapage nocturne ?
Ecoutez-moi, ma s�ur.
Sophie, au lit.
- Au lit ? - Au lit.
Avec plaisir.
Ecoutez-moi, ma s�ur !
Mon fr�re, comme j'entends rester quelque temps,
je vais faire avec vous un trait� de paix.
Ma s�ur, n'employez pas avec moi ce baragouin de cour.
J'ai grande piti� de votre rurale ignorance.
Et je m�prise votre parler citadin.
Tout plut�t qu'�tre un courtisan ou un presbyt�rien,
ou que ramper devant un de ces maudits rois allemands,
comme certains le font.
Si vous parlez de moi, je suis femme...
Et c'est tant mieux pour vous.
Si vous �tiez un homme, je vous aurais d�j� donn� une pichenette.
Vous �tes un vrai bouc.
Bonne nuit.
Bonne nuit, ma s�ur.
Mon fr�re !
Avez-vous remarqu� quelque chose d'extraordinaire
chez ma ni�ce Sophie, derni�rement ?
Dites-moi donc de quoi il s'agit. Je l'aime plus que mon �me.
Si je ne m'abuse,
ma ni�ce est �perdument amoureuse.
Amoureuse ?
Amoureuse ? Sans mon consentement ?
Je la d�sh�riterai !
Je la jetterai dehors, toute nue, sans un sou !
O� est-elle ?
Et si elle avait choisi l'homme m�me que vous souhaitez ?
Elle peut bien aimer qui elle veut, mais elle �pousera celui que je choisirai !
Mais elle a choisi celui que vous auriez choisi vous-m�me.
Que pensez-vous de M. Blifil ?
- Blifil ? - Et qui d'autre ?
Dans ce pays et cette soci�t� primitive,
qui d'autre est de son rang ?
Mais oui.
ll n'y a pas plus proches que ses terres et les miennes.
Venez, ma s�ur.
Que me conseillez-vous de faire ?
Vous devriez proposer cette union � M. Allworthy.
Sur l'heure.
Je vais la proposer.
Sellez mon cheval !
Eh bien, mon neveu,
que penses-tu de ton mariage avec Sophie Western ?
- J'agirai selon vos d�sirs, mon oncle. - Allons !
C'est une r�ponse bien froide aux attraits d'une si belle jeune femme.
Mon cher oncle,
j'ai conscience des plaisirs de cette noble institution qu'est le mariage.
Je serai heureux de commencer ma cour d�s que la jeune femme me recevra.
Tu commenceras cet apr�s-midi m�me.
Quel livre est-ce l� ?
Un bien triste livre.
Vous rougissez, ch�re Sophie.
Je n'ai � rougir d'aucune de mes pens�es.
Vous savez que je vous aime.
Vous connaissez la douceur de ma nature.
Je n'ai pas toujours �t� ainsi.
Les hommes me disaient cruelle.
On m'appelait la vestale cruelle.
J'apporte des nouvelles qui vont vous ravir.
Quelles nouvelles ?
Cet apr�s-midi m�me,
votre p�re a pr�par� la visite de votre pr�tendant.
Mon pr�tendant ?
ll va venir ?
- Cet apr�s-midi ? - Oui.
Adoptez vos meilleurs airs.
Oh, ma tante !
Vous avez failli me rendre folle de peur !
Vous vous remettrez vite. C'est un charmant jeune homme.
Ma ch�re tante,
je ne connais personne d'aussi parfait,
si courageux et pourtant si doux, si beau.
Qu'importe s'il n'est pas bien n� ?
Pas bien n� ?
Que voulez-vous dire ? M. Blifil, pas bien n� ?
M. Blifil ?
De qui d'autre avons-nous parl� ?
Mais, de M. Jones !
Vous ne parlez pas s�rieusement.
Je suis la femme la plus malheureuse du monde.
Comment pouvez-vous penser � d�shonorer votre famille
en vous alliant � un b�tard ?
Madame, vous m'avez arrach� cet aveu.
Ce que je pensais du pauvre M. Jones,
je voulais l'emporter dans la tombe.
J'aimerais mieux vous suivre dans la tombe
que vous voir nous d�shonorer en acceptant un tel mariage.
Oui !
Non ! Je n'�pouserai pas cet imb�cile !
Vous me tueriez en m'y for�ant !
Meurs donc et va en enfer !
Que je sois damn� !
Quelle mis�re d'avoir des filles
pour qui a une bonne jument et un bon chien.
Cette effront�e ose refuser d'�pouser M. Blifil.
Je la chasserai si elle refuse ce mariage.
Voyez ce que vous pouvez faire.
Non !
Mon fr�re !
Promettez-moi que vous n'�pouserez pas Blifil.
- Ne prononcez pas ce nom. - Donnez-moi un peu d'espoir.
- ll vous faut partir. - Je vous en prie.
lls vous tueront.
Je ne crains qu'une blessure, la perte de ma Sophie.
Je ne peux vous quitter.
Ne pouvez-vous comprendre,
paysan bouseux ?
Enfer et damnation !
O� est-il ? Ce briseur de m�nages !
Les voil� !
Partez ! Vite !
Courez !
Je t'aurai, que je sois pendu !
Courez !
Ne la touchez pas !
Vous avez fait du beau travail.
Que peut-il y avoir, M. Western ?
Ma fille est tomb�e amoureuse de votre b�tard.
Voil� ce qu'on gagne, � �lever un b�tard comme un gentilhomme
et � le laisser rendre visite aux gens bien.
- Je regrette de l'entendre. - La peste soit de votre regret !
J'ai perdu ma fille unique.
Ma pauvre Sophie, la joie de mon c�ur.
Je l'appr�ciais comme chasseur. Je ne pensais pas
qu'il donnait la chasse � ma fille !
Vous lui avez donn� trop d'occasions.
Qu'avait-elle � faire avec lui ?
ll venait chasser avec moi, pas lui faire la cour.
Qu'allons-nous faire ?
Tenez ce gredin �loign� de ma maison jusqu'� ce que j'aie enferm� la fille.
Je lui ferai �pouser M. Blifil, quand bien m�me ce serait ma derni�re action.
Je n'aurai pas d'autre gendre que vous.
Allez donc la voir, mon gaillard.
Elle sera � vous, je vous le dis.
Si je surprends cet enfant de putain de Jones pr�s de ma fille,
il pourra postuler pour une charge d'eunuque !
Le cavalier le plus �m�rite doit se garder de la bouteille.
Cependant, les tenants de la sobri�t� unissaient leurs forces
contre notre h�ros.
Nous attirons votre attention sur la conduite abominable de M. Jones.
C'est un monstre de d�pravation
qui devrait �tre chass� de votre maison � l'instant.
Vous l'avez laiss�e sortir, quand je l'avais enferm�e ?
C'est la raison qui convainc les femmes, et non la force.
Ce qui, en anglais, veut dire que j'ai tort.
A peine est-elle revenue vivre avec vous, mon fr�re,
qu'elle a pris ces id�es romanesques.
Vous n'imaginez pas que je les lui ai enseign�es ?
Votre ignorance, mon fr�re,
comme le dit le grand Milton,
''subjugue presque ma patience.''
Au diable Milton !
S'il avait l'insolence de me le dire en face, je lui donnerais une pichenette.
ll �tait, comme on dit vulgairement,
fin so�l.
Le jour m�me o� vous couriez le plus grand danger,
il a rempli la maison de bagarre et de d�bauche,
et a m�me frapp� ma�tre Blifil.
Comment ?
ll a os� te frapper ?
Je lui ai pardonn� depuis longtemps,
mais le m�me soir, h�las, nous l'avons vu avec une fille,
dans une posture ind�cente.
M. Thwackum voulut le r�primander,
il l'attaqua et le molesta
de fa�on indigne.
Dites-moi, ma fille,
quel reproche faites-vous au jeune gentilhomme ?
Un reproche tr�s valable, � mon avis. Je le hais.
Bien des couples qui se d�testaient totalement
ont men� une vie agr�able et s�ante.
Jamais, madame, je n'�pouserai un homme que je d�teste.
Le jeune homme a quelques qualit�s qui le rach�tent.
Certains des crimes dont vous l'accusez ont �t� commis par compassion
pour le garde-chasse et les siens.
De la compassion ? De la luxure.
Ses pr�sents, sa soi-disant g�n�rosit�,
ne visaient qu'� corrompre une innocente,
l'infortun�e Molly.
Mlle Sophie Western aurait �t� sa prochaine victime.
J'aurais tout r�v�l� depuis longtemps,
si ma�tre Blifil ne m'avait pas suppli� de lui donner une autre chance.
Envoyez-le moi.
Je t'ai trop souvent pardonn� par le pass�,
par compassion pour ta jeunesse
et dans l'espoir que tu t'am�liorerais.
Tu dois quitter ma maison pour toujours.
Cependant,
je t'ai �lev� comme mon propre fils,
et je ne te renverrai pas les mains vides.
Voici qui te permettra, si tu t'y efforces,
d'obtenir un bon emploi.
Adieu.
Adieu, monsieur.
Reste ici.
M. Allworthy est tr�s sensible
aux avantages qu'il y a � unir nos deux propri�t�s.
Vraiment ?
J'ignorais qu'il s'int�ressait tant aux questions de propri�t�.
Mais si.
Et vous ?
Moi ?
Naturellement, mon attention est fix�e
sur les plaisirs heureux et b�nis des liens sacr�s du mariage.
D�j� des amours clandestines ?
Je vous prie de m'excuser, ma tante, je me sens un peu faible.
Le renard.
Ta�aut !
C'est vous qui lui avez appris la d�sob�issance, mon fr�re.
Vous �tes un vrai rat !
Je ne suis pas un verrat ! Pas plus qu'un rat !
C'est plus que de l'ignorance grossi�re.
Quant � vos mani�res, elles m�ritent le b�ton.
Et je ne me soucie pas plus des v�tres que d'un pet !
Je vais enfermer votre ni�ce dans ma tour !
Vous ne ferez rien de tel !
Tu dois me donner ta parole.
Je ne peux pas, madame. J'ai peur.
Je te tiens, ma fille ! Viens !
Cette fois, tu ne t'�chapperas pas, je te le garantis !
Notre h�ros �tait en route pour Londres.
Il v�cut sa premi�re aventure avec un groupe de ces hommes
dont les mani�res d�bauch�es s'abritent
sous la tunique rouge des militaires.
Bien le bonjour ! O� vous dirigez-vous ?
Nous allons vers le nord, lutter pour la cause protestante.
Contre le prince Charles ?
Ces Ecossais font route vers l'Angleterre.
Je suis affam�. Puis-je vous acheter � boire et � manger ?
- Donnez-lui quelque chose. - Merci, sergent.
- Bien le bonjour, capitaine. - Bonjour.
Je vois que vous �tes un gentilhomme. Soyez le bienvenu dans notre compagnie.
Votre accueil me touche.
Parfait. Nous allons bient�t partir.
''R�gne, Grande-Bretagne, Grande-Bretagne, r�gne sur les eaux
''Les Britanniques jamais, jamais, jamais ne seront des esclaves''
Vient un temps o� les hommes, toujours pr�ts au combat,
�chappent � leur laisse et se battent comme des chiens.
Je crois
qu'il n'est pas de raison de se battre plus noble que la religion.
Et je propose de porter un toast � la cause protestante.
Moquez-vous de ce poseur, Northerton.
Etes-vous all� � l'universit� ?
Loin de l� : je ne suis m�me jamais all� � l'�cole.
Moi non plus.
Vous �tes si bien inform� que j'ai pr�sum� de votre savoir.
ll est aussi facile d'�tre cultiv� sans �tre all� � l'�cole
que d'�tre inculte en y �tant all�.
Bien dit, jeune volontaire.
Par ma foi, vous devriez le laisser, il risque d'�tre trop fort pour vous.
Portez un toast, jeune homme. Remplissez sa coupe.
Je propose de boire
� la sant� et au nom b�ni
de Mlle Sophie Western.
J'ai connu une Sophie Western
qui a couch� avec la moiti� des hommes de Bath.
Peut-�tre est-ce la m�me.
Mlle Western est une grande dame par les fa�ons et la fortune.
C'est la m�me dame.
Je parie six bouteilles de Bourgogne
que Tom French, de notre r�giment, l'a eue dans la taverne de Bridge Street.
Monsieur !
Je ne tol�rerai aucune plaisanterie sur cette dame.
Une plaisanterie ? De ma vie, je n'ai �t� plus s�rieux.
Tom French, de notre r�giment, les a eues ensemble, elle et sa tante, � Bath.
Vous �tes le plus fieff� gredin de la terre !
Vous l'avez tu�, pourceau !
Ce n'�tait qu'une plaisanterie.
Je n'avais jamais entendu ce nom.
Vous m�ritez d'�tre pendu. Vous �tes en �tat d'arrestation.
Sergent, emmenez-le.
Arr�tez-le.
Mais un h�ros ne peut �tre perdu avant que son histoire ne soit cont�e.
Gr�ce au ciel, nous vivons en des temps
o� nul ne meurt plus par amour, sauf sur sc�ne.
Je vous tuerai, Northerton.
Je vais vous tuer.
Je dois trouver Northerton.
Je dois le trouver.
A l'aide!
Un fant�me!
Allons, debout.
Je n'ai pas les moyens de vous entretenir ici plus longtemps.
Suivez vos chenapans d'amis.
Vous, les soldats, vous pr�tendez gentilshommes,
quand c'est nous qui devons payer et vous entretenir aussi!
De quoi parlez-vous?
Ce Northerton s'est �chapp� la nuit derni�re.
Le reste de la compagnie est parti � sa poursuite,
et vous a laiss� l� sans payer la note.
Comment s'est-il �chapp�?
Sa poule est arriv�e. Une souillon du nom de Mme Waters.
La sentinelle a disparu, et elle l'a fait sortir.
Elle verra bient�t � qui elle a affaire.
Rien n'est assez bon pour lui, mais pour payer la note, plus personne.
Ne vous inqui�tez pas.
Je vous d�dommagerai g�n�reusement.
Un beau monsieur comme vous
ne devrait pas se m�ler � ces grossiers soldats.
- Il a disparu. - Quoi?
J'avais un billet de 500 livres dans mon pantalon. Il a disparu.
- Quelle bonne histoire! - J'avais 500 livres...
- Je ne vous crois pas! - J'avais 500 livres, elles ont disparu!
J'aurais d� me m�fier de vous!
Quelqu'un est entr� dans cette chambre et a pris 500 livres dans ma poche!
L'avez-vous vue les prendre cette nuit?
Gredin! Menteur!
Comme ces tricheurs de tuniques rouges qui sont vos amis!
Prenez vos affaires et filez vite d'ici!
Si vous ne vous d�p�chez pas, je l�che les chiens contre vous!
Canaille! Voleur!
Vous tous, avec vos 500 livres!
R�veillez-vous, sac � vin!
Votre fille, monsieur!
Pendant que vous dormiez l�, votre fille s'est enfuie!
Eveillez-vous de cette torpeur pastorale!
Votre fille s'est enfuie!
Quoi?
Allons, bande de paresseux! Prenez la route de Londres!
Voulez-vous quelque chose?
Nous sommes fatigu�es. Nous voulons nous rafra�chir.
C'est un honneur. Permettez que je vous aide.
Un M. Jones est-il pass� ici r�cemment, par hasard?
Pour �a oui, madame.
Je suis surprise que vous le demandiez.
Braillard, voleur, fanfaronnant sur une Mlle Sophie Western.
- Sophie Western? - Cela ne me surprend pas, madame.
Je suis Sophie Western elle-m�me.
Sortez d'ici et emmenez votre souillon!
Emportez vos airs et vos gr�ces! C'est une maison respectable, ici.
Nous ne voulons pas de vos pareilles!
La prochaine aventure de notre h�ros concerne une dame dans des circonstances
dont un gentilhomme voudrait instinctivement la lib�rer,
mais dont tout homme n'�tant point gentilhomme
pourrait aussit�t vouloir tirer avantage.
Laisse-la partir, gredin!
Sauvage!
Je suis � bl�mer d'avoir fait confiance � un homme si indigne de mes faveurs.
Vous en avez d�j� assez fait.
Je m�rite la honte d'aller nue.
J'irais seule, si je n'avais besoin de votre protection.
Au cas o� des regards indiscrets vous offenseraient,
je marcherai devant et vous escorterai jusqu'� Upton.
Ainsi, Tom et Mme Waters, car c'�tait le nom de la dame,
prirent la route d'Upton.
Tom, comme Orph�e ramenant Eurydice des Enfers,
osait � peine regarder en arri�re de peur d'�tre consum� par ses feux.
- Cousine Sophie! - C'est Mme Fitzpatrick!
- Ma cousine Harriet? - Elle-m�me.
Mais oui, c'est elle!
Cousine!
- Que faites-vous ici? - Je vais � Londres.
C'est ma destination!
- Pourquoi montez-vous un seul cheval? - Je me suis enfuie de la maison.
Moi aussi, je fuis mon mari, M. Fitzpatrick,
qui est � ma poursuite, j'en suis s�re.
N'�pousez jamais un lrlandais,
surtout s'il est jaloux, de caract�re vif,
et un fieff� sot par-dessus le march�.
Que ferez-vous seule � Londres?
J'ai un ami.
Il a r�serv� un logement pour moi dans Castle Street.
C'est un homme bon, et un pair du royaume.
Venez habiter avec moi!
- Vraiment? - Allons!
- Mais votre ami... - Parti quelques jours.
A son retour, nous prendrons d'autres dispositions.
Montez, cousine, et contez-moi l'histoire.
Deux chambres, aubergiste, et peut-�tre trouverez-vous une robe pour cette dame.
Elle a eu un accident qui l'a priv�e de ses v�tements.
Conduisez-nous � nos chambres.
Les h�ros, pour nobles que nous les croyions,
sont mortels et non divins.
Nous sommes tels que Dieu nous a faits, et souvent pires qu'il ne nous a faits.
Voil�, j'arrive!
J'arrive!
- O� est ma femme? - Qui?
Ma femme, Mme Fitzpatrick! O� est-elle?
- Il n'y a pas de Mme Fitzpatrick ici. - Foutre si!
O� est cette sir�ne aux dents de vip�re?
Dites-moi qui est l�.
Je vous ferai la plus riche des pauvres femmes.
Il n'y a que M. Jones.
- Pas de femme? - Mme Waters est avec lui.
Waters? Je parie qu'elle utilise un faux nom.
C'est une maligne.
"Par les eaux de Babylone je me coucherai."
Je parie qu'elle est couch�e avec M. Jones.
Montrez-moi leur chambre.
- O� est-elle? - Je vais vous montrer.
O� est cet homme au sang chaud?
Au fond du couloir.
Mme Fitzpatrick!
- Mon mari. - Votre mari?
M. Fitzpatrick. Je connais sa voix.
Te voil�, enfant de putain!
Au viol! Au meurtre!
Qu'est-ce?
II y a un viol l�-dedans.
Au viol! Au meurtre!
Fitzpatrick, qu'est ceci?
M. MacLachlan, cher ami, je me r�jouis de vous voir.
- Ce gredin a d�bauch� ma femme! - Votre femme? Quelle femme?
Ne connais-je pas tr�s bien Mme Fitzpatrick?
Et ne puis-je voir que cette dame n'est pas votre femme?
Au viol!
Quel est ce tintamarre?
Tom Jones et Mme Waters au lit, et d�couverts par le mari!
- Pardonnez-moi, Tom Jones, dites-vous? - Oui, avec cette souillon!
Trahie!
Qui? O�?
Pardonnez ma l�che intrusion.
Que diable est tout ce vacarme?
Je me croyais dans une auberge respectable, mais c'est un bordel.
J'ai fait erreur. Je cherchais ma femme.
Il a fait irruption dans ma chambre!
J'implore votre pardon, madame. Je vous avais prise pour ma femme,
bien que je ne voie pas ce qu'un gentilhomme fait dans le lit d'une dame.
J'ai entendu crier de la chambre voisine, j'ai couru l'aider.
La chambre voisine!
J'ai emp�ch� la dame d'�tre vol�e.
Vol�e!
Pour cela, vous allez mourir, monsieur!
Au viol!
Venez, il nous faut fuir avant que Fitzpatrick ne me d�couvre.
Remettez-vous, cousine.
Un long voyage nous attend.
A l'aide!
- O� est-elle? - Ici!
Je te tiens, renard! Ta rou�e complice ne peut �tre loin.
Adieu, madame. Je dois partir.
Bougre de gamin! Suivons-le!
Suivons-le! Enfer et damnation!
- Le voil�! - Mlle Western!
Ne vous tourmentez point.
Elle se fatiguera bient�t et fera halte dans une auberge.
- Elle va � Londres, c'est s�r! - Au diable la fille!
Je regrette la perte d'une matin�e si propice � la chasse.
C'est dur de perdre un des meilleurs jours pour flairer le gibier!
Suivez-moi!
Que faites-vous?
Dobson, continuez.
Debout et accouchez!
- Que dites-vous, monsieur? - Debout et accouchez!
Accoucher?
Je ne suis pas une sage-femme. Accoucher de quoi?
Debout!
Je ne me l�ve ni pour vous, ni pour aucun homme!
- Madame... - D�tournez cette arme de moi!
Dobson, continuez!
C'est piti� qu'une femme ne laisse � un homme
que des souvenirs et un manchon.
La bourse ou la vie!
- Je n'ai qu'une pi�ce d'or. - Donnez-la moi.
Comme voleur de grand chemin, vous avez pi�tre allure.
Ayez piti�, monsieur, je ne pensais pas � mal.
- Pas � mal? - Il n'est pas charg�.
- C'est exact. - Je ne suis pas un bandit de m�tier.
Juste un pauvre homme dans la d�veine. Mon histoire est bien triste.
Le d�but de ma perte eut lieu il y a vingt ans.
Tout arriva � cause d'un certain Tom Jones.
Qu'est-ce � dire?
M. Allworthy m'employait comme barbier.
Il trouva un b�b� abandonn� dans son lit.
On m'accusa d'en �tre le p�re.
- Votre nom? - Partridge.
P�re!
Mais je vous l'assure, l'accusation ne contenait nulle v�rit�.
- Qui �tait donc mon p�re? - Personne ne l'a jamais d�couvert.
Ce fut le d�but de ma chute.
M. Partridge, comment r�parer ce que vous avez souffert?
Voulez-vous me prendre � votre service?
Mon compagnon d'infortune!
Comment se loger � Londres? Je n'ai pas d'argent.
Je connais une vieille dame qui y tient une pension.
C'�tait la cuisini�re de M. Allworthy. Nous irons chez elle.
Aucun ami de M. Allworthy ne voudra me parler.
Mme Miller est tr�s bonne.
Elle peut vous faire retrouver ses faveurs.
Quel joli gar�on! Allez-vous rester?
Bien le bonjour.
Non, merci.
Pr�t � tout pour retrouver sa Sophie, Tom rendit visite � Mme Fitzpatrick,
qui recevait une certaine lady Bellaston.
La c�l�bre lady Bellaston.
C'est encore le beau jeune homme qui cherche Mlle Western.
Vous voyez comme il s'obstine?
Son serviteur a d�couvert cette adresse, et depuis lors, il nous pers�cute.
Renvoie-le. Dis-lui que Mlle Western n'est plus ici.
Vous devez permettre � Sophie de rester chez vous.
Mon protecteur revient. Il pourrait s'int�resser de trop pr�s � ma cousine.
Vous pouvez toujours compter sur moi.
De toute �vidence, votre servante a raison.
C'est un tr�s joli gar�on.
Il n'est pas �tonnant qu'il plaise � beaucoup de femmes.
Nous devons faire l'impossible pour Sophie.
Elle en est visiblement �prise,
et rien d'autre que sa perte ne la satisfera.
Je suis certain que Sophie �tait chez Mme Fitzpatrick lorsque j'y suis all�.
Ch�re Mme Miller, que dois-je faire?
Sans ami, ni argent, ni recommandation, je ne sais rien de Londres.
Ne vous tracassez pas pour l'argent.
- Vous pouvez rester ici pour le moment. - Vous �tes tr�s bonne.
Pour vous. Cela vient d'arriver.
Je me demande ce que cela peut �tre.
Qu'est-ce?
Une invitation � un bal masqu�.
"La Reine des F�es vous envoie ceci.
"Son soutien vous est acquis."
Est-ce de Mme Fitzpatrick avec des nouvelles de Sophie?
Ou de Mlle Sophie elle-m�me.
Vauxhall Gardens,
o� les gens viennent "pour voir et �tre vus,
"courant en grand nombre,
"certains pour d�faire, d'autres pour �tre d�faits".
Un homme comme moi ne trouve pas dr�le d'�tre affubl� de ce maudit costume.
Tous les gens du monde sont ici. Sophie ne fera pas exception.
- Je la ferai arr�ter! - Arr�ter!
Vous croyez qu'une femme de qualit�
peut �tre arr�t�e dans une nation civilis�e?
Pi�tre civilisation, o� les femmes sont au-dessus des lois.
Civilisation, foutaises!
O� peut �tre ma ni�ce?
Si vous restez avec cette souillon, je le dirai � Mlle Western.
Sophie est donc ici?
Sur mon honneur, Mlle Western n'est pas ici.
Mme Fitzpatrick, si c'est bien vous,
il est cruel de vous divertir � mes d�pens.
Et croyez-vous, mon bon monsieur,
que j'ai assez peu d'estime pour ma cousine
pour l'aider � poursuivre une aventure entre vous,
qui ne peut la conduire qu'� sa perte?
L� n'est pas mon d�sir.
Si la Reine des F�es avait si peu d'estime pour vous et Sophie,
elle ne vous aurait pas donn� rendez-vous ici.
Confessez-le.
Des conqu�tes si soudaines vous sont-elles habituelles?
J'ai coutume de suivre mon instinct.
Si mon c�ur est pris par surprise, le reste de mon corps le suit.
Vous ne me suivrez pas, j'esp�re.
Je proteste.
Je ne saurai que dire si vous le faites.
Voulez-vous faire un tour?
Seuls les indigents ne peuvent pas se payer �a.
Et les avares!
Je vous avais prise pour Mme Fitzpatrick.
Les coutumes de la campagne ne me sont pas famili�res,
mais en ville, il est impoli de faire attendre une dame.
Avec notre bonne �ducation coutumi�re,
nous n'assisterons pas plus avant � cette conversation,
mais en examinerons les r�sultats le lendemain.
Notre h�ros lib�ra chez lady Bellaston
des torrents d'affection et un flot de pr�sents.
Il en fut poliment embarrass�, mais n'y r�sista pas.
- Vous devez �tre � votre avantage. - Lady Bellaston...
N'est-ce pas ce que voudrait Mlle Western?
Revenez � 4 heures pr�cises. J'aurai des nouvelles pour vous.
Envoyez-moi la facture.
Oui, milady. Tr�s bien. Bien le bonjour.
Comment Tom aurait-il su que Sophie habitait � pr�sent chez lady Bellaston?
Elle y subissait les assiduit�s de lord Fellamar,
gentilhomme attir� par toute beaut�,
surtout accompagn�e d'une fortune.
Je vous conjure d'excuser la pi�ce, mais quand puis-je vous revoir?
Pardonnez-moi, milord.
Mes projets de s�jour � Londres sont encore incertains.
Bonne journ�e, milord.
Madame...
Vous �tes quelque peu surprise, je vois.
- Que faites-vous ici? - Je suis venu � votre recherche.
J'ai trouv� votre portefeuille � Upton. Je suis venu vous le rendre.
Comment osez-vous citer ce lieu?
J'implore votre pardon.
Mon pardon? Apr�s ce que j'ai entendu � l'auberge?
Je me m�prise plus que vous ne pouvez le faire.
Mlle Western, je vous croyais au th��tre.
La pi�ce a provoqu� un tel toll�
que j'ai eu peur et suis revenue ici,
o� j'ai trouv� ce gentilhomme.
Il a trouv� le portefeuille dont j'ai racont� la perte � milady
et souhaite me le rendre.
Je demande seulement l'honneur de le retourner moi-m�me.
Je suppose que vous �tes un gentilhomme,
et mes portes ne sont jamais ferm�es aux gens du monde.
Merci, madame.
Mesdames.
Votre canne, monsieur.
Beau gar�on.
Je ne me souviens pas avoir jamais vu ce visage.
Moi non plus.
J'ai cru que c'�tait M. Jones lui-m�me.
Vraiment?
Je ne comprends pas ce qui m'a mis cette id�e en t�te.
Pour lui rendre justice,
il �tait fort bien mis.
Ce n'est pas souvent le cas de votre ami, je crois.
Je pensais que milady l'avait trouv� beau.
- Qui, je vous prie? - M. Jones.
Je parlais du gentilhomme qui �tait ici � l'instant.
Je crains que M. Jones ne vous trotte encore dans la t�te.
Je vous assure, madame,
que pour moi, M. Jones ne repr�sente pas davantage que ce gentilhomme.
Pardonnez mes railleries.
Je vous promets
de ne plus jamais prononcer son nom.
Portez ceci � lord Fellamar,
et priez-le de me rendre visite demain.
C'est la fille unique d'un grand ben�t de hobereau.
Au th��tre, elle brillait comme une �toile.
D�s que je l'ai vue, je l'ai aim�e �perdument.
Les terres de son p�re rapportent plus de 3000 livres par an.
C'est le plus beau parti de toute l'Angleterre.
Si elle vous pla��t, milord,
elle est � vous.
- Honor! - Une lettre de ma ma��tresse.
A l'�tage?
Que faites-vous?
- J'ai dit � ma ma��tresse... - Derri�re le rideau. Taisez-vous.
Ma ch�re, charmante lady Bellaston.
Ch�re? Charmante?
Vous m'�vitiez. Je devrais vous gronder,
mais je ne crois pas le vouloir.
Il y a une dame.
Une dame? Une de vos femmes, sans doute. O� est-elle?
Dans la chambre voisine, madame. Cette dame se meurt.
Que complotez-vous avec Sophie derri�re mon dos?
- Je ne comprends pas. - Je poserai une seule question.
Avez-vous trahi mon honneur avec elle?
Suis-je n�glig�e?
D�laiss�e pour une paysanne?
Pour une idiote?
N�glig�e, madame?
Ma ch�rie.
"Je vous ordonne de ne plus me rendre visite",
avait �crit Sophie avec d�sespoir.
"La v�rit� sera sans nul doute d�couverte.
"Peut-�tre un �v�nement favorable se produira-t-il.
"Jusque-l�, nous devons �tre patients."
Lord Fellamar est l'un des jeunes gens les plus galants de la ville.
Vous parler d'amour, vraiment! Je voudrais qu'il le f�t.
Vous seriez folle de le refuser.
Dans ce cas, je serai folle.
Mlle Western est bien peu encourageante.
Mon cher milord, vous avez vraiment besoin d'un cordial.
Fi donc! Montrez-vous plus r�solu.
Le mot viol vous fait-il peur?
Les femmes aiment les hommes de caract�re.
Rappelez-vous l'histoire des Sabines.
Je crois qu'elles ont ensuite fait des �pouses supportables.
Venez ce soir � 9 heures.
Je veillerai � ce qu'elle soit seule.
Je suis pris dans les rets de cette femme
� tel point que je ne sais comment m'en lib�rer.
J'ai une id�e. Demandez-la en mariage.
Lady Bellaston?
Demandez-la en mariage, et elle rompra aussit�t.
Vous n'avez pas un sou vaillant,
elle croira que vous l'�pousez pour sa fortune.
Elle a de quoi convaincre un homme aux abois comme vous.
Mais si elle me prend au mot? Je serai pris � mon propre pi�ge.
Je vous promets qu'elle ne le fera point. C'est elle qui rompra.
- Lord Fellamar! - Mlle Western, c'est moi.
Je crains d'arriver inopin�ment.
C'est vrai. Je suis surprise.
L'amour m'a �t� toute raison.
Milord, je ne comprends ni vos paroles ni votre conduite.
O la plus adorable, la plus divine des cr�atures...
Je ne supporterai pas d'en entendre davantage!
Que ne suis-je le ma�tre du monde, pour le d�poser � vos pieds!
Je vous demande d'arr�ter!
L�chez ma main! Je ne veux jamais vous revoir!
Nous devons donc profiter de cet instant.
Que voulez-vous dire?
Je ne crains rien, madame, si ce n'est de vous perdre.
O� est-elle?
Que je sois damn� si je ne la trouve pas!
- Mon p�re! - Votre p�re?
Oui! Et qui diantre �tes-vous?
Je suis lord Fellamar,
l'heureux homme que vous allez, j'esp�re, accepter pour gendre.
Vous �tes un fils de putain, malgr� tous vos beaux habits!
Votre ton m'offense.
Offense mon cul! Je vous apprendrai � m'appeler beau-p�re!
P�re, posez-moi!
"Tr�s ch�re madame", avait �crit Tom avec le plus grand soin,
"j'ai grande crainte que votre r�putation ne soit mise � mal.
"II n'y a qu'un moyen de la sauver,
"c'est que vous m'accordiez le droit l�gal de vous appeler mienne � jamais."
Comprenez-moi bien,
si M. Jones se pr�sente ici � nouveau, je ne le recevrai pas.
A Londres, les amours et les scandales font tout le charme du th�.
Je sais que ma ni�ce fera bon accueil aux faveurs
d'un gentilhomme comme lord Fellamar.
Ce Blifil est un gar�on d'une atroce laideur.
Vous savez que c'est le cas de tous les gentilshommes campagnards.
Je ne m'�tonne donc pas que Sophie en soit entich�e,
car ce Jones est un gar�on agr�able � regarder.
Me croirez-vous si je vous dis
qu'il a eu l'audace de me faire la cour?
Ces hommes!
J'aurais arrach� les yeux d'un prince
qui se serait permis avec moi de telles libert�s!
II est m�me all� jusqu'� me proposer le mariage.
Si vous le permettez, je montrerai ceci � ma ni�ce.
Faites-en l'usage qu'il vous plaira.
- C'est de ma Sophie. - Bien.
"Monsieur", �crit-elle,
"ma tante m'a montr� une lettre adress�e par vous � lady Bellaston,
"et qui contient une demande en mariage.
"Mon seul d�sir est que votre nom ne soit plus jamais mentionn�
"� votre humble servante, Sophie Western."
Vous pourriez voir Mme Fitzpatrick.
Elle pourra peut-�tre vous aider.
On dit que l'espoir fait un mauvais souper, mais un bon petit d�jeuner.
Et au matin, Tom partit chercher de l'aide chez Mme Fitzpatrick.
Il partit au bon moment,
car qui arriva, sinon son bienfaiteur, le sire Allworthy.
Quel plaisir inattendu!
- Bonjour, Mme Miller. - Vous �tes venu lui pardonner.
- Pardonner � qui? - A ce cher M. Jones.
M. Jones est ici?
Non, je suis venu amener mon neveu, M. Blifil, � Londres.
Ce doit �tre la plus indigne des femmes
pour n�gliger des m�rites tels que les v�tres.
Arrive une vieille connaissance.
O� vit � pr�sent cette sale putain?
Attendez que je mette la main sur elle.
Voyons-nous demain.
Nous trouverons un moyen de vous sortir de cette situation.
Oui, demain.
Merci.
Excusez-moi...
Monsieur, j'esp�re qu'il ne subsiste nulle col�re entre nous.
J'ai oubli� votre nom.
Et moi le v�tre, mais je vous ai vu � l'auberge d'Upton.
- Upton? Vous �tes Tom Jones. - C'est exact.
Vous �tiez donc avec ma femme apr�s tout!
Voil� pour vous, gredin!
Si vous ne me rendez pas raison de ce soufflet,
je vous en donnerai un autre.
En garde, que diable!
Je regrette, vous l'avez voulu.
Menteur! Vous vouliez le voler!
Je sortais de la maison.
J'ai d� me d�fendre! II a tir� son �p�e!
Reculez! Que se passe-t-il?
Je devrais attendre sans bouger qu'il me d�coupe en morceaux?
Oui, pour vol � main arm�.
Vous �tes certain que le b�tard sera pendu?
Sans aucun doute.
Je les ai engag�s pour suivre ma�tre Jones, et ils ont fait preuve d'un grand z�le.
Bien. Assurez-vous qu'on s'occupe d'eux.
Je vais annoncer la nouvelle � mon oncle.
M. Jones a l'un des meilleurs c�urs.
Il ne dit de vous que des louanges.
Mon oncle!
Je redoute de vous dire ce qui s'est pass�.
- Le choc risque d'�tre trop fort. - Qu'y a-t-il, mon neveu?
Votre fils adoptif, Jones,
s'est r�v�l� �tre l'un des pires gredins de la terre.
Si un autre l'avait trait� de gredin,
je lui aurais jet� ce th� bouillant au visage.
Je sais qu'il n'est pas sans d�faut,
mais ce sont ceux de la fougue et de la jeunesse.
Ce n'est pas le pire d'entre nous.
Au moins ne sommes-nous pas des voleurs de grand chemin.
Que voulez-vous dire?
M. Jones a attaqu� un homme.
Il a �t� condamn� � la pendaison. Nul ne peut le sauver.
"Si au bout d'une corde il balance
"II entendra la cloche dans le silence
"Et ce sera la fin du pauvre Tommy
"II faudra bien y balancer
"Car nulle main ne coupera le lacet
"Pass� autour du cou du pauvre Tommy
"S'il balance
"S'il balance"
Et Tom balancerait.
Ainsi en avaient d�cid� ses ennemis.
L'avocat Dowling d�cida de rendre visite � M. Fitzpatrick.
Et qui le re�ut, sinon Mme Waters?
Strictement confidentiel.
Je viens de la part d'un gentilhomme estimable
dont je ne puis pour l'instant divulguer le nom.
Que me veut ce myst�rieux gentilhomme?
II veut que vous l'aidiez � s'assurer que justice est faite,
� veiller � ce que Jones re�oive ce qu'il m�rite.
Pour toute l'aide que vous lui apporterez, il est pr�t � bien vous payer.
Vraiment?
Vous m'int�ressez.
Quelle est votre proposition?
Pendant ce temps, le fid�le Partridge �tait � la recherche de quiconque
pourrait prouver que Tom �tait innocent de ce dont il �tait accus�.
Gendarme.
Avez-vous vu un homme avec une cicatrice � la joue?
Je ne peux pas dire cela.
Mais tous les coquins du quartier sont dans cette taverne, l�-bas.
Viendrez-vous avec moi?
Je ne cherche pas les ennuis, ils viennent assez tout seuls.
Excusez-moi.
Etes-vous les deux gentilshommes qui ont vu la bagarre avec M. Jones?
Tom ira � la potence si vous ne retirez pas votre t�moignage.
Je vous supplie de le faire.
En attendant, je vous assure que vous en serez r�compens�s.
Tout ce que nous avons dit �tait vrai.
A votre place, je partirais avant de le regretter!
II n'y avait plus qu'un espoir, pensait le pauvre Partridge.
Fitzpatrick!
Voil� qui est mieux.
Vous gu�rirez.
Entrez.
Excusez mon intrusion.
Mais c'est M. Partridge!
Jenny Jones!
Je suis � pr�sent Mme Waters.
Que faites-vous ici?
Je suis une bonne amie de M. Fitzpatrick. Je m'occupe de lui.
Je suis venu voir M. Fitzpatrick pour plaider la cause de votre fils.
Mon fils?
Votre fils Tom Jones.
Il n'a jamais eu l'intention de blesser M. Fitzpatrick.
J'ai rencontr� l'homme qui a bless� M. Fitzpatrick, � Upton.
C'est le m�me homme, votre fils Tom Jones.
Avec sa propre m�re?
Avec Jenny Jones?
- Comment auraient-ils pu savoir? - Grands dieux!
Combien le vice et l'imprudence entra�nent de d�tresses!
Mme Waters est ici pour voir M. Allworthy.
Que fait-elle ici?
Vous ne devez pas me reconna�tre.
Vous �tes bien chang�e, madame.
Quelle affaire vous am�ne � moi � pr�sent?
Une affaire dont je ne peux m'ouvrir qu'� vous.
Veuillez nous laisser.
C'est l'homme dont je vous parlais!
Mais c'est mon intendant.
C'est lui.
- Connaissez-vous cette dame? - Cette dame?
Si vous appr�ciez mes bonnes gr�ces, dites-moi la v�rit�.
Connaissez-vous cette dame?
Je l'ai vue.
Avant de mourir, ma s�ur vous donna-t-elle une lettre pour moi?
Venez avec moi.
Allez chercher mon carrosse tout de suite!
Oui, monsieur.
Mon oncle, je...
Avant mon retour, trouve la lettre que ta m�re a donn� � Dowling avant de mourir!
Bien le bonjour, mon voisin!
Allez-vous voir pendre votre b�tard?
Bien au contraire.
Nous allons � la prison de Newgate pour le sauver!
Pourquoi le sauver?
Voici ce que dit maintenant M. Allworthy � M. Western.
"M. Fitzpatrick est gu�ri
"et n'accuse plus Tom de vol."
J'en suis aussi heureuse que s'il �tait mon fils.
Peut-�tre vais-je vous �tonner, il ne l'est pas.
Bridget, la s�ur de M. Allworthy, �tait la m�re de Tom.
Moi, j'ai mis le b�b� dans le lit du sire. C'est ce que dit la lettre.
Tom est � pr�sent mon seul h�ritier!
Votre h�ritier, avez-vous dit?
Oui, voisin!
A Newgate! Comme si votre vie en d�pendait!
J'ai toujours pr�f�r� ce gar�on.
Il aura ma Sophie!
Tyburn, me voil�!
Voil� une autre vieille connaissance
non seulement r�int�gr�e dans l'arm�e, mais nomm�e responsable des condamn�s.
Sur votre vie, plus vite!
Je suis venu lib�rer un M. Tom Jones.
Ils l'ont emmen� il y a des heures.
- Il doit �tre pendu. - Ce n'est pas possible!
- J'ai obtenu pour lui cette gr�ce. - Ils ne peuvent pas pendre un innocent!
Ce ne serait pas la premi�re fois.
Il faut les arr�ter! Venez!
Plus vite!
Ayez plus de chance dans l'autre monde.
"Mourir pour une cause est un mal banal.
"Mourir pour une absurdit� est diabolique."
II serait diablement absurde de ne pas envoyer de sauveur � Tom Jones.
Mon cher enfant.
- Pardonne-moi. - Vous pardonner?
Comment pourrai-je jamais r�parer mes injustes soup�ons?
- Vous avez toujours �t� bon avec moi. - Non, mon neveu. J'ai �t� cruel avec toi.
Votre neveu?
Oui. Tu es bien un enfant ill�gitime,
mais ta m�re n'�tait pas cette dame,
mais ma s�ur Bridget.
Mon oncle!
- C'est vrai. - Ce n'est pas le moment des explications.
Tu es le coq le plus vaillant du royaume.
Va rejoindre ta ma�tresse.
J'ai beaucoup p�ch� contre elle. Je doute qu'elle veuille me parler.
Ne dites pas que vous l'avez perdue.
Allez la rejoindre � pr�sent.
Allez la rejoindre.
Va, mon gar�on.
J'y vais.
Vas-y mon gar�on! Vas-y!
Je parie 1000 livres contre une pi�cette
qu'il nous na�tra un gar�on dans neuf mois demain.
"Heureux l'homme, et seul l'homme enfin, qui peut dire que ce jour lui appartient.
"Celui qui, au fond de lui, peut dire: 'Que m'importe si demain est pire,
"'Car j'ai v�cu aujourd'hui."'
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