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M. Valdes? Je ferme.
Je mets le linge dans votre voiture.
ACCUEIL
Y a quelqu'un?
Pousse-toi.
Tu vas faire ta lessive, maintenant?
- Inutile de faire la mienne. - Comment tu m'as retrouv�e?
J'ai vu la vieille Chevrolet dans le foss�.
Je me suis dit que t'�tais morte ou que tu cr�chais ici.
- �a te serait bien �gal. - Quoi donc?
Que je meure.
Je savais que j'aurais d� la br�ler. Ou l'enterrer.
T'aurais continu� ta route si t'avais pas vu la voiture.
Je t'aurais retrouv�e quand m�me.
Eddie.
Tu veux que je m'occupe des draps?
Je fais ma lessive tout seul depuis des mois.
Je suis tr�s dou�.
Il suffit de balancer les pi�ces de 25 cents et d'attendre.
Laisse-moi faire ta lessive, ch�rie.
Tu veux faire ma lessive?
Salaud!
Tu fais la sienne, aussi?
Tu veux une aspirine?
T'as mal � la t�te?
Tu veux de l'eau?
May.
May, allons!
Ch�rie?
Tu veux une tasse de th� bien chaud?
Tu veux un th�? Je le pr�parerai comme avant.
Avec du citron.
Tu veux un chocolat chaud?
L�che-moi, ma ch�rie.
Tu veux que je parte?
- Qu'est-ce que tu veux? - Tu pues.
Tes doigts puent.
- C'est les chevaux! - Ils sentent la chatte.
- Arr�te, May. - Ils sentent le m�tal.
Commence pas.
�a sent la chatte de riche.
- La chatte propre. - Je suis venu voir si �a allait.
- J'ai pas besoin de toi. - Tr�s bien. Parfait.
Qu'est-ce que vous foutez dans mon camion?
- Eddie, t'en va pas! - D�gagez.
Bon sang! C'est quoi, ce trou?
T'habites ici?
Je fais quoi? Je fais quoi, maintenant?
Hein?
Merde!
Tu vas m'effacer.
Qu'est-ce que tu racontes?
Tu vas m'effacer. Tu vas m'effacer ou me faire effacer.
Pourquoi voudrais-tu que je... T'es dingue?
Parce que je te g�ne.
- Dis pas des choses pareilles. - C'est vrai.
J'essaie de prendre soin de toi.
Mais oui!
Recule. Allez, recule!
Tu es coupable.
- Tu es l�che et coupable. - Merci, c'est sympa. Un l�che!
- Tu fais quoi, avec ces chevaux? - Je les sors.
J'ai conduit plus de 300 bornes sans m'arr�ter.
M�me mes chevaux souffrent � cause de toi.
- Je vais la tuer. - Qui?
- Qui? - Dis pas des choses pareilles, O. K?
Si. Je la tue d'abord. Ensuite, je te tue toi.
Je tremble de peur.
- Recule. Pousse-toi. - Deux couteaux bien aiguis�s.
Deux couteaux diff�rents. Un pour toi et un pour elle.
Pour que le sang se m�lange pas.
Tu sais ce que je vais lui faire, avant? Je vais la torturer.
Tu m'entends?
- Je vais la torturer! - Super.
- Toi, je vais t'abattre d'un coup. - Merci.
Oui.
Pendant qu'on s'embrassera, quand tu penseras que tout est r�gl�.
Quand tu penseras m'avoir montr� qui est le chef.
C'est � ce moment-l� que tu mourras.
Tu sais combien de kilom�tres j'ai parcourus pour venir te voir?
- Personne t'a demand� de venir. - 3993.
- T'es pass� par o�? Katmandou? - 3993 kilom�tres!
Et alors?
Tu m'as manqu�, tu sais.
C'est vrai.
J'avais jamais ressenti �a de toute ma vie.
J'ai pens� � toi pendant tout le voyage.
J'arr�tais pas de te voir.
Parfois, juste une partie de toi.
Ah oui? Quelle partie?
Ton cou.
Mon cou?
Mon cou te manquait?
Tout me manquait, mais ton cou me revenait sans cesse � l'esprit.
- Je pleurais � cause de ton cou. - Tu pleurais?
Tu t'�tais d�j� tap� la comtesse, � ce moment-l�?
Je ne me suis tap� aucune comtesse.
- Menteur! - Je l'ai invit�e une fois � d�ner.
- Tu mens. - D'accord. Deux fois.
Tu la sautais r�guli�rement. Inutile de me raconter des conneries.
- Je te ram�ne, May. - Dans ta caravane? Je crois pas, non.
Je vais d�m�nager. J'ai un terrain dans le Wyoming.
Je ne vais pas dans le Wyoming.
Qui habite l�-bas? M. Marlboro?
- Tu peux pas rester ici. - Pourquoi �a?
Je suis une citoyenne, tout ce qu'il y a de plus l�gal.
Et puis, j'ai un boulot.
Un boulot?
Exact. Tu crois que je suis bonne � rien?
C'est �a, que tu crois?
- Ouais. - Non, c'est juste que...
�a fait longtemps que t'as pas boss�.
Je suis cuistot.
Tu sais m�me pas faire cuire un �uf!
Je te parle plus. Je suis s�rieuse.
Bon sang! Arr�te de faire �a, tu veux?
J'ai tout pr�vu. J'y pense depuis des semaines.
Je construirai un corral pour les chevaux. On aura un potager et un poulailler.
Je d�teste les poules.
Je d�teste les chevaux et tout ce merdier!
Tu dois me confondre avec quelqu'un d'autre.
C'est quand m�me incroyable!
Cette fois-ci, je t'ai, je te garde.
Je n'ai jamais �t� � toi.
Tu ressasses toujours le m�me r�ve ridicule:
la vie � la campagne, le potager et le poulailler...
Je hais tous ces trucs. �a me fait gerber rien que d'y penser.
Tu crois que j'aime rester dans la caravane � attendre la livraison du gaz?
Faire du stop jusqu'� la laverie? Tu crois que �a m'amuse?
Sors de l�. Arr�te ce putain de truc.
Me touche pas. Sors d'ici, merde!
T'aurais d� attendre. Je t'avais dit que je reviendrais.
Je t'ai achet� plein de magazines. Je croyais que t'aimais �a.
- Les magazines fran�ais. - Putain!
T'as raison. J'aimais bien.
Surtout celui avec la comtesse en couverture.
Tr�s mignon.
J'aimais beaucoup celui-l�.
C'est bon.
C'est bon, quoi?
- Tu vas o�? - Dormir dans le camion.
- Tu vas passer la nuit, ici? - Je serai parti � l'aube.
Non. Attends.
Tu peux encaisser le coup. T'es un dur, non?
- Vous avez de la tequila? - Vous avez d�j� bu ma tequila!
- Je veux vous montrer quelque chose. - Je suis occup�!
- Je dois parler � quelqu'un. - Je vous montre juste.
Regardez.
Vous vous souvenez de �a?
Vous l'avez eue o�?
Regardez cette photo.
- Vous savez qui c'est? - Non.
Barbara Mandrell.
C'est Barbara Mandrell.
Vous avez entendu parler d'elle?
Oui.
Vous me croiriez si je vous disais que j'�tais mari� avec elle?
Toute la diff�rence est l�.
Je suis mari� � Barbara Mandrell dans ma t�te.
Vous comprenez?
- Oui, oui. - Tant mieux.
Je suis content qu'on soit d'accord.
Je te jure que je ne te ha�ssais pas plus.
Elle grandit. Ma haine grandit.
Je ne veux plus te revoir.
Rien que de voir une photo de toi... Non, pas juste de toi.
J'ai vu une photo de toi avec elle. Cette garce.
Je comprends pas comment je peux te d�tester autant apr�s tant de temps.
Je ne sais pas � quel point j'aimerais te d�tester.
Je te hais encore plus. C'est �a.
Je te hais de plus en plus et �a ne fait qu'empirer.
Si je te vois demain matin...
Si je vois une photo de toi...
De toi et de cette garce...
Je m'en fous.
�a revient toujours.
J'arrive pas � me l'enlever de la t�te.
Cette photo me blesse plus que de te voir avec elle.
Elle me blesse plus.
J'ai l'impression d'�tre taillad�e.
Coup�e en petits bouts.
Et il arrive comme �a...
C'est vraiment toi. Arriver � l'improviste...
Juste quand je m'y attends le moins. Comme une petite torture.
Je t'en veux encore plus pour �a.
Je t'en veux plus pour cette torture que pour ce que tu as fait.
Si tu l'aimes, je pourrais te tuer.
Si je le voulais vraiment, je le pourrais.
Je me fiche pas mal de te tuer.
T'as oubli� ton pull.
Va-t'en. Il vaut mieux que tu t'en ailles.
- D�cide-toi. - Quelqu'un vient me chercher.
Ici?
Ben oui, ici. O� �a pourrait �tre?
- Tu sors avec quelqu'un? - T'approche pas de moi!
T'approche surtout pas.
Cette fois-ci... J'en peux plus...
T'as des verres?
Dans la salle de bains.
- Pourquoi dans la salle de bains? - Je range tout l�-bas.
- C'est plus s�r. - O� sont ces putains de verres?
- Dans l'armoire � pharmacie. - Ils foutent quoi, l�-dedans?
Y a pas de microbes dans l'armoire � pharmacie.
Ah, des microbes...
- Exact. - T'en veux?
Non. Je bois plus.
Bravo. Il �tait temps!
Me revoil�!
- Attends. Je suis pas ce genre d'homme. - Tu sais bien que si!
Pas le premier soir.
- Tu vas faire quoi, avec �a? - Le nettoyer.
C'est quelqu'un de gentil qui vient ici.
Il n'a rien de m�chant.
- T'as entendu ce que j'ai dit? - � propos de quoi?
- � propos de l'homme qui vient ici. - Quel homme?
�a doit pas �tre tr�s s�rieux.
- Pourquoi �a? - Tu dis que c'est un homme.
- Je suis cens�e dire quoi? - Que c'est un type.
Si tu disais "un type", je serais inquiet.
En disant "un homme", tu te trahis.
T'es dans une impasse avec ce type que t'appelles un homme.
- Tu te consid�res inf�rieure � lui. - Qu'est-ce que t'en sais, d'abord?
Quelqu'un qui ne passe pas sa journ�e
sur un cheval ou � conduire des b�ufs est un cr�tin, � tes yeux?
- C'est �a. - Tu crois que t'es quoi, toi?
Un type ou un homme?
Si t'es pas un cow-boy, t'es rien du tout.
Tout est une comp�tition, avec toi.
Je te signale qu'il ne te conna�t m�me pas!
- Pr�sente-le-moi. - Arr�te de foutre ma vie en l'air.
T'as pas le droit d'�tre jaloux apr�s tout ce que tu m'as fait endurer.
- On a conclu un pacte. Tu t'en souviens? - Il est plus valable.
Ah bon? Alors pourquoi tu t'�nerves?
- Je ne m'�nerve pas! - Si. T'es hors de toi.
C'est toi qui me rends dingue!
On est li�s l'un � l'autre, May.
Et on le sera toujours. �a a �t� d�cid� il y a longtemps.
Rien n'a �t� d�cid�. T'as merd�.
- Tu sais ce qui s'est pass�. - Tu me l'as promis.
Tu m'as promis de ne plus en parler.
Une promesse ne changera rien � ce qui s'est pass�.
- Il s'est rien pass�! - Innocente jusqu'au bout des ongles.
Il s'est rien pass�.
- Tu m'as trahi. - Eddie, il ne s'est rien pass�!
Mon b�b�!
Tu veux savoir quelque chose, ch�rie?
Y a une chose que j'oublierai jamais.
Je m'en souviendrai tant que je vivrai.
Je sais m�me pas pourquoi je m'en souviens.
Toi, ta m�re et moi,
on traversait, je crois, l'Utah du Sud,
avec notre vieille Plymouth.
Tu te souviens de la Plym? Elle avait une capote en plastique blanc.
C'�tait une r�plique du Mayflower, je crois.
�a, c'�tait un bateau digne de ce nom!
Bref. On avait conduit toute la nuit.
Tu dormais � poings ferm�s sur la banquette arri�re
et ta m�re dormait � l'avant.
Tout � coup, tu t'es r�veill�e en pleurant.
Tu hurlais, mais je ne savais pas � cause de quoi.
Tu faisais peut-�tre un cauchemar.
Ta m�re s'est r�veill�e.
Elle a enjamb� le si�ge, s'est mise � c�t� de toi
et a essay� de te calmer.
Tu continuais � brailler. Tu te serais pas tue pour tout l'or du monde.
J'ai arr�t� la Plymouth sur le bas-c�t� de la route,
dans un endroit d�sert.
Je pourrais pas dire o� on �tait exactement.
Il faisait nuit noire.
Je t'ai prise dans mes bras et je t'ai emmen�e dans le champ.
Je pensais que l'air frais te ferait taire.
Mais tu continuais � hurler.
C'est alors que j'ai vu quelque chose bouger.
Cette chose �tait plus grosse que nous deux r�unis.
Elle s'est mise � venir vers nous, doucement.
Et puis d'autres choses aussi grosses qu'elle l'ont rejointe.
M�me forme, tout �a.
On aurait vraiment dit qu'elles se rapprochaient de plus en plus de nous.
J'ai regard� vers la voiture pour voir si ta m�re n'�tait pas en danger.
C'est alors que ces choses se sont mises � beugler.
Elles beuglaient comme des folles.
Des vaches?
On �tait au beau milieu d'un troupeau de vaches!
J'ai jamais vu un b�b� se taire aussi vite.
T'as plus �mis un bruit de tout le voyage, apr�s �a.
T'as du gin?
Connard!
La vache s'est d�tach�e? Allez, mon petit!
Tu t'es remise � boire?
- Qu'est-ce que tu fais? - Je m'entra�ne.
Je dois rester en forme.
De nos jours, y a des gamins qui attrapent une vache en six secondes.
C'est devenu une vraie science.
- Je croyais que t'�tais parti. - Je l'�tais.
Et puis, au bout d'une quinzaine de kilom�tres,
je me suis dit que personne n'allait venir.
Ni type, ni homme.
Que t'avais tout invent�.
- Pourquoi je ferais �a? - Pour �tre quitte avec moi.
C'est donc �a?
Tu te remets � �tre m�chant et � faire n'importe quoi, comme autrefois.
�a fait un bail que j'ai pas bu, ch�rie. Je me suis tenu � carreau.
J'ai jug� que j'y avais droit, pour une fois.
T'as d�j� couch� avec lui?
Simple curiosit�.
T'es pas oblig�e de r�pondre. Je le sais.
J'esp�re que cet homme va venir.
Je l'esp�re vraiment.
Il me tarde de le voir entrer par l�.
- Tu vas faire quoi? - Je vais lui exploser la t�te.
Sans attendre.
J'ai pas envie de voir �a.
Allons, d�tends-toi!
Je ne m'�nerverai pas, ch�rie. Je me tiendrai bien.
Je serai docile comme un vieux matou.
Tu n'auras qu'� lui dire que je suis ton fr�re.
- Peut-�tre pas ton fr�re. - Non.
Ton cousin. Je veux juste le voir.
- Pourquoi? - Tu comprends pas ce genre de chose.
Les gens qu'on fr�quente en disent long sur notre personnalit�.
- Je vais aller dans le bureau. - Allez!
- On va essayer d'oublier tout �a. - Parfait. Super.
Super.
Pourquoi tu ne vas pas te jeter dans ses bras?
- Tu vas faire quoi? - Je vais mettre mes �perons.
Je veux lui faire bonne impression.
- Je suis ton cousin. - T'as pas int�r�t � lui faire du mal.
- Je lui ferai rien. - C'est un rendez-vous ordinaire.
- Je vais le rendre inoubliable. - Fais-moi une fleur.
Juste une fois. Juste une fois, Eddie.
Tout ce que tu voudras, ch�rie.
Qu'est-ce que tu fais?
C'est pas lui.
- Ah non? - Non.
Dommage. C'est qui, alors?
Quelqu'un d'autre.
Dans une grosse Mercedes Benz noire.
C'est un motel, ici.
Les riches aussi ont besoin de dormir.
C'est pas un motel pour ce genre de Mercedes Benz noire.
Quelqu'un se tient devant la voiture
et me regarde.
Qu'est-ce qu'il fait?
Je ne crois pas que ce soit un homme, mais une femme.
May, sors de l�!
Tu ne connais personne avec une Mercedes Benz?
Bouge pas.
- C'est qui? - Qu'est-ce que j'en sais? Reste l�.
�a va aller.
Je sais pas qui c'est, mais ne bouge pas.
�a ressemble � la voiture d'une comtesse.
- Tu la connais pas, hein? - Bouge pas.
- �a va? Bouge pas. - Je bouge pas!
- Elle est folle? - Un peu, oui.
- Reste l�. - T'as couch� avec elle?
Elle a explos� mon putain de pare-brise!
- Quoi? - Elle a p�t� mon pare-brise.
- T'aurais d� y penser plus t�t. - O� tu vas? Attends.
- N'allume pas. - Ne me dis pas quoi faire!
Elle va revenir. Il faut y aller.
- On va aller prendre tes affaires... - Arr�te. L�che-moi!
- Repose-moi! - Je suis venu te chercher.
J'ai fait tout ce chemin pour toi. Je l'aurais fait pour personne d'autre.
- Pose-moi! - �coute-moi.
Le plus fou, c'est qu'aucun de vous deux ne m'est familier.
Je ne comprends pas.
Je ne me reconnais dans aucun de vous deux.
Fais ta valise. On s'en va.
Je ne pars pas. C'est toi qui pars.
- T'as cass� mon lit. - Je pars pas sans toi.
Si tu restes, je reste aussi.
Tu ne te d�barrasseras jamais de moi. Je te suivrai, o� que tu ailles.
Je sais comment tu fonctionnes.
Je me suis jamais tromp�.
- Jamais. - Arr�te �a, Eddie.
Je ne sais plus ce que tu as dans la t�te.
Maintenant, tu as d�sesp�r�ment besoin de moi?
Tu ne peux pas vivre sans moi?
Pourquoi je te croirais, maintenant?
Parce que c'est vrai? C'�tait cens� �tre vrai toutes les autres fois.
Toutes les autres fois avant celle-l�. Et l�, c'est encore vrai.
Tu m'as tromp�e pendant 15 ans.
Pendant 15 ans, j'ai �t� ton joujou.
J'ai jamais trop su ce que je voulais non plus.
Je me suis jamais vraiment pos� la question. Je t'aimais, je t'aimais plus...
Tu sais quoi, Eddie?
Maintenant, je ne t'aime plus, un point c'est tout.
Tu comprends?
Tu m'entends, Eddie? Tu comprends?
Je ne t'aime pas, je n'ai pas besoin de toi et je ne veux pas de toi.
- Tu piges? - Va dans la salle de bains!
J'irai pas dans la salle de bains.
Je me cacherai pas dans ma propre maison!
Je vais sortir et je vais lui arracher les cheveux.
Je vais lui foutre une racl�e. C'est �a.
Viens par ici avec ton foutu pistolet. Viens avec toutes tes armes!
Arr�te!
Tout va bien.
On se disputait, c'est tout.
C'�tait juste une petite dispute.
Mon Dieu!
Je t'ai entendue crier et puis les lumi�res se sont �teintes.
J'ai cru que quelqu'un essayait de te...
Non, pas du tout.
Je vais �teindre les phares sinon j'aurai plus de batterie.
Oui, t'as raison.
On aurait vraiment dit que tu...
Non.
- C'est lui? - Je vais te tuer.
Martin, je te pr�sente... mon cousin.
Eddie.
- Je suis d�sol�. - Elle ment.
Mais non! Entre.
Je te sers � boire? T'en as s�rement besoin.
Je vais te laver un verre.
Elle range les verres dans la salle de bains. Bizarre, non?
Je pensais que tu ne viendrais plus.
Excuse-moi. Je devais arroser le terrain de foot de l'�cole.
- J'avais oubli�. - Ah oui?
- Oubli� quoi? - Que je devais l'arroser.
J'�tais � mi-chemin quand �a m'est revenu.
- Tiens. - Je croyais que vous l'aviez oubli�e, elle.
�a, non!
Vous �tiez o�, � mi-chemin?
Pardon?
Vous �tiez � quelle distance quand vous �tiez � mi-chemin?
Je ne sais pas. � quelques kilom�tres d'ici.
� quelques pauvres kilom�tres?
Vous voulez savoir combien j'ai parcouru de km, moi?
Excuse-moi!
C'est rien. On a un peu bu.
Elle est dans la merde.
Je vais te tuer.
Qu'est-ce qu'il y a, May?
Quoi? Rien.
Pourquoi vous �tiez dans le noir?
On s'appr�tait � sortir.
- Mais... - Mais on allait revenir!
C'est pas du tout ce qu'on allait faire.
En fait, on se disputait � propos de vous.
De moi?
On �tait en pleine discussion sur vous.
�a a commenc� � d�g�n�rer, alors on a �teint.
- Il plaisante. - C'�tait � propos de quoi?
On se demandait si vous �tiez un homme ou pas.
Si vous �tiez un homme ou juste un type.
Elle dit que vous �tes un homme. Vous le saviez?
Vous saviez qu'elle vous appelait comme �a?
- Non. - C'est pas vrai. Fais pas attention.
C'est pas grave. �a me g�ne pas.
On ne devait pas aller au cin�ma?
Si.
Finis ton verre et on y va.
J'arrive.
Elle est pas en col�re, au moins?
Je voulais pas la mettre en col�re.
Vous allez voir quoi, Marty?
J'arrive pas � me d�cider.
Comment �a? Vous �tes cens� avoir tout organis�.
Oui, mais je ne connais pas bien ses go�ts.
Et alors? C'est vous qui l'emmenez au cin�ma.
C'est vous qui choisissez le film. C'est le type qui est cens� choisir le film.
Je ne veux pas l'emmener voir quelque chose qu'elle ne veut pas voir.
Comment vous savez ce qu'elle veut voir?
Je ne le sais pas. C'est pour �a que je n'arrive pas � me d�cider.
Si je l'emm�ne voir quelque chose qu'elle a d�j� vu?
Vous n'avez rien compris.
Si vous l'emmenez au cin�ma,
c'est pas pour voir quelque chose qu'elle a jamais vu.
Si vous l'emmenez au cin�ma, c'est parce que vous voulez �tre avec elle.
Vous voulez �tre pr�s d'elle.
C'est vrai.
Vous pourriez l'emmener n'importe o�.
Bient�t, vous n'aurez plus besoin de l'emmener nulle part.
Vous pourrez rester ici et �conomiser votre argent.
On fera quoi, ici?
Vous pourrez vous raconter des histoires.
- Je connais pas d'histoires. - Inventez-en.
- Ce serait mentir. - Seulement si vous croyez que c'est vrai.
Quand on sait que c'est un mensonge, c'en est pas un.
Je vous aide � vous relever?
Je pr�f�re rester par terre. Y a moins de tension.
Vous croyez pas que quand on est debout, y a plus de tension?
Souvent, quand je travaille, je suis � genoux.
- Vous travaillez dans quel domaine? - Je travaille dans les jardins.
Vous tondez les pelouses, tout �a?
- Je m'occupe de l'entretien. - Vous tondez les pelouses � genoux?
C'est quand je taille les bordures.
- Que je d�sherbe autour des arroseurs. - Je comprends.
J'ai remarqu� que j'�tais bien plus d�tendu
quand je travaillais � quatre pattes, pr�s du sol.
Mettez-vous � quatre pattes, si vous voulez. �a ne me g�ne pas.
- Je vais rester debout. Merci. - Comme vous voudrez.
Mais vous serez de plus en plus tendu.
- Alors, vous �tes le cousin de May? - Vous voyez?
C'est parce que vous �tes tendu que vous me demandez si je suis son cousin.
- Vous savez que je ne le suis pas. - Comment le saurais-je?
- J'ai l'air de l'�tre? - C'est ce qu'elle a dit.
- Elle ment. - Vous �tes quoi, alors?
Vous �tes de plus en plus tendu.
- Je ferais mieux de m'en aller. - Non, Martin. Ne vous en allez pas.
On se sent seul dehors par une nuit aussi sombre.
Je sais.
Allons prendre un verre au bar. Qu'est-ce que vous en dites?
- Et May, �a va aller? - �a va toujours.
Elle prend son temps pour vous torturer.
- Comment saura-t-elle o� on est? - Vous inqui�tez pas. Elle a un 6e sens.
Allez, Marty. Venez!
C'est quoi, son probl�me, exactement?
Elle est en �tat de choc.
Pourquoi �a?
On s'est pas vus depuis longtemps.
�a fait un bail qu'on se conna�t. Depuis le lyc�e.
Ah oui?
- Je savais pas. - �a fait un bon bout de temps!
Vous n'�tes pas vraiment cousins, alors?
Pas vraiment, non.
- Vous �tes son mari? - Non.
C'est ma s�ur.
Votre s�ur?
Vous vous connaissiez bien avant le lyc�e, alors?
J'ai su trop tard que c'�tait ma s�ur.
- Comment �a? - Quand je l'ai appris, on avait d�j�...
On avait d�j� fait des b�tises.
Vous aviez fait des b�tises?
C'est ill�gal, non?
- Seulement si on se fait prendre. - C'est qui, ce type?
- C'est vrai? C'est vraiment votre s�ur? - � moiti�.
- Quelle moiti�? - Celle du haut.
La partie sup�rieure du cheval, quoi.
Et la femelle, c'est quoi? C'est la pouliche.
C'est pas la partie inf�rieure?
C'est marrant que je me souvienne de �a.
Vous avez eu une liaison au lyc�e?
- Comme tout le monde. - J'ai jamais eu de liaison au lyc�e.
- Vous auriez peut-�tre d�. - Pas avec ma s�ur.
Je ne le recommande � personne.
Comment c'est possible?
Notre papa est tomb� amoureux deux fois.
C'est comme �a que c'est arriv�.
Il est tomb� amoureux de ma m�re et de la sienne.
C'�tait le m�me amour. Il �tait partag� en deux, c'est tout.
Pourquoi vous ne vous �tes pas rencontr�s avant le lyc�e?
Il menait deux vies distinctes.
Deux vies compl�tement distinctes.
Il vivait avec ma m�re et moi, puis il allait vivre avec elle et sa m�re.
Sois pas trop dur avec moi, petit. �a arrive aux meilleurs d'entre nous.
Vous n'avez jamais su ce qui se passait?
Jamais. Ma m�re non plus.
- Elle le savait. - Elle ne l'a jamais su.
Elle devait se douter qu'il se passait quelque chose.
Si c'�tait le cas, elle ne m'en a jamais parl�.
Elle avait peut-�tre peur de conna�tre la v�rit�.
Ou peut-�tre qu'elle l'aimait. Je ne sais pas.
Il disparaissait.
Il disparaissait pendant des mois.
Elle ne lui demandait jamais o� il allait.
Et elle �tait toujours contente de le voir.
Je nous revois, elle et moi, sortant de la maison en courant pour l'accueillir
d�s qu'on voyait la vieille Studebaker arriver � travers champs.
C'�tait une Willis.
J'ai jamais eu de Studebaker.
C'�tait une Willis Knight.
Comment vous avez su que c'�tait votre s�ur?
�a a dur� des ann�es.
Ch�ri?
Il disparaissait, puis revenait.
Et un jour, �a s'est arr�t�.
Il est rest� longtemps � la maison.
Il restait l�. Il ne sortait plus.
Il s'asseyait dans son fauteuil, le regard vide. Puis, il s'est mis � faire des balades.
Il marchait toute la journ�e ou toute la nuit.
Ellie!
Il disparaissait dans la nuit noire.
Je le regardais par la fen�tre de ma chambre.
Il s'enfon�ait dans la nuit avec son pardessus.
Il allait o�?
Il marchait, c'est tout.
Je prenais une d�cision.
Et puis, un soir...
Je lui ai demand� si je pouvais l'accompagner.
Il m'a emmen� avec lui.
On a march� � travers champs tous les deux.
Ils venaient d'�tre labour�s et nos pieds s'enfon�aient dans la terre.
La boue remplissait mes chaussures et alourdissait mes pas.
Je voulais vider mes chaussures, mais il continuait d'avancer.
Il allait droit devant lui.
J'avais peur de le perdre dans la nuit, alors je le suivais tant bien que mal.
On �tait compl�tement silencieux.
On ne se disait pas un mot.
On voyait � peine nos pieds
mais on sentait les chouettes blanches fondre pr�s de nous, � l'aff�t des li�vres.
Elles nous fr�laient, puis disparaissaient.
On a parcouru des kilom�tres, puis on est arriv�s en ville.
Mon p�re est entr� chez un marchand de spiritueux et a achet� une bouteille.
Il est ressorti, la bouteille emball�e dans un sac de papier kraft.
Tu fais quoi? Tu m'attaques, ou quoi?
Il a ouvert la bouteille et me l'a pr�sent�e.
Avant m�me de se servir, il m'a offert � boire.
J'ai pris la bouteille, j'ai bu et je la lui ai rendue.
On se l'est pass�e et repass�e jusqu'� ce qu'il n'y en ait plus une goutte.
On a fini par arriver devant une petite maison blanche avec un store rouge.
On s'est avanc�s jusqu'� la porte d'entr�e et il a sonn�.
J'�tais tendu. Je ne pensais pas qu'on rendrait visite � quelqu'un.
Une femme est arriv�e.
Une tr�s jolie femme rousse.
Elle s'est jet�e dans ses bras et il s'est mis � pleurer.
Il a craqu� devant moi.
Elle l'embrassait sur tout le visage.
Il pleurait comme un b�b�.
Et puis...
Dans l'entr�e, derri�re eux, j'ai vu une fille.
Elle est apparue comme �a.
Elle me fixait.
Je la fixais aussi.
Impossible de d�tourner le regard.
On avait l'impression de s'�tre d�j� vus quelque part, mais on ne savait pas o�.
D�s l'instant o� on s'est vus,
on a su qu'on s'aimerait toute notre vie.
T'es vraiment incroyable! Oui. Incroyable.
Martin fait la route jusqu'ici. Il ne te conna�t pas
et tu lui racontes cette histoire. T'es fou?
C'est �a?
Tout est faux, Martin. Il entretient cette id�e malsaine depuis des ann�es.
Il a tout invent�. Je ne sais pas d'o� �a lui vient. Il est un peu cingl�.
Je me demande o� il va p�cher tout �a. Il est tar�!
Toute cette histoire la g�ne un peu. Faut la comprendre.
- Je voudrais un verre, s'il te pla�t. - Tu la connais?
Oui.
Tr�s bien. Je l'�coute toujours.
Il m'a racont� la m�me histoire un millier de fois. �a change tout le temps.
- Je ne me r�p�te jamais. - Tu ne fais que �a, te r�p�ter!
Tu ne fais que �a. Tu tournes en rond.
Vous croyez que c'est une histoire invent�e?
Quand vous la racontiez, �a paraissait vrai.
Mais maintenant, elle vous fait douter, c'est �a?
Elle dit que c'est un mensonge, alors vous changez d'avis?
- Allons au cin�ma. - Personne ne va aller au cin�ma.
Aucun film ne saurait �galer l'histoire que je vais raconter.
Je vais terminer mon histoire.
Vous voulez conna�tre la fin de l'histoire?
Parfait.
Personnellement, j'en meurs d'envie.
Tu crois que �a va changer quelque chose?
- Qu'est-ce que tu cherches? - Absolument rien.
Pourquoi infliger �a � tout le monde? On ne veut pas entendre tes conneries.
Je sais que toi, tu ne veux pas les entendre.
Ne t'avise pas de m'accuser.
Tu as retourn� l'histoire dans tous les sens.
Tu as tout chang�.
Tu ne sais m�me plus ce qui est le d�but et ce qui est la fin.
Je n'ai pas besoin de vous.
Je n'ai pas besoin d'entendre cette histoire.
Parce que je connais la fin.
Je sais exactement ce qui s'est pass�.
J'ai pas besoin d'y ajouter la moindre fioriture.
- Qu'est-ce qu'elle sait? - Elle ment.
Tu veux que je termine l'histoire � ta place?
Tu veux que je termine l'histoire, Eddie?
Vous voyez, ma m�re...
Ma maman, la jolie jeune femme rousse...
Elle �tait folle amoureuse de cet homme.
Pas vrai, Eddie? �a se voyait dans ses yeux.
Il l'obs�dait tellement qu'elle ne pouvait pas supporter d'�tre loin de lui.
Ne serait-ce qu'un instant.
Elle partait � sa recherche, de ville en ville,
guid�e par des indices tels qu'une carte postale, la bo�te d'allumettes d'un motel.
Il ne laissait jamais rien d'�vident derri�re lui, comme un num�ro de t�l�phone
ou une adresse.
Vous voyez, ma m�re �tait son petit secret.
Elle le traquait.
�a a dur� des ann�es.
Il essayait de la garder � une distance raisonnable.
Plus l'�cart entre ces deux vies,
ces deux enfants,
ces deux femmes se refermait,
plus son angoisse grandissait.
Plus il �tait terroris�
que ces deux vies se rencontrent,
que son petit secret l'avale tout entier
ou l'�touffe.
Elle a fini par le retrouver.
Son acharnement a fini par payer.
Je me souviens du jour o� on est arriv�es dans cette ville.
Elle br�lait � l'int�rieur, elle �tait comme folle et ne cessait de r�p�ter:
"C'est ici. C'est ici, May."
Son corps tout entier tremblait
tandis que nous arpentions les rues, � la recherche de sa maison.
Elle serrait ma main si fort
que j'avais peur qu'elle ne me brise les os.
Elle �tait terrifi�e.
Elle �tait terrifi�e � l'id�e de le croiser au d�tour d'une rue
parce qu'elle savait qu'elle allait trop loin.
Elle savait qu'elle entrait dans la zone interdite.
Mais elle ne pouvait pas s'en emp�cher.
On a march� toute la journ�e dans cette ville paum�e.
Toute la journ�e.
On a arpent� chaque rue de chaque quartier,
observ� chaque famille
� travers chaque fen�tre ouverte.
Je me souviens que c'�tait l'heure du d�ner
parce que tout le monde �tait attabl� devant du poulet frit.
On �tait si pr�s de la fen�tre qu'on voyait ce qu'ils mangeaient.
On entendait les voix, mais on ne comprenait pas ce qu'ils disaient.
Eddie et sa m�re parlaient,
mais lui, il �tait assis, silencieux.
Il ne disait rien. Pas vrai, Eddie?
Il se contentait de manger son poulet en silence.
Dis quelque chose.
Le plus dr�le, c'est que d�s qu'on l'a retrouv�, il a de nouveau disparu.
Elle �tait avec lui depuis quelques semaines � peine.
Il s'est volatilis�.
Personne ne l'a plus jamais revu.
Ma m�re �tait comme folle.
Je ne comprenais pas. Elle �tait aussi triste que si quelqu'un �tait mort.
Je ne comprenais pas
parce que je ressentais tout le contraire.
J'�tais amoureuse.
Quand je rentrais de l'�cole apr�s avoir vu Eddie,
j'�tais remplie d'une joie qui...
Et elle �tait l�.
Debout dans la cuisine � fixer l'�vier.
Son regard �tait d'une tristesse � mourir.
Je ne savais pas quoi lui dire. Je ne comprenais m�me pas sa peine.
Parce que je ne pensais qu'� lui.
Et lui ne pensait qu'� moi.
Pas vrai, Eddie?
Chaque soupir nous rapprochait l'un de l'autre.
On ne pouvait ni manger ni dormir � moins d'�tre ensemble.
La m�re d'Eddie ne comprenait pas ce qui lui arrivait.
Ma m�re, elle, avait tout compris.
Au plus profond d'elle-m�me.
Elle est all�e voir Eddie et l'a suppli� de ne plus me voir.
Elle est all�e voir la m�re d'Eddie et l'a suppli�e elle aussi.
Mais la m�re d'Eddie...
La m�re d'Eddie s'est fait sauter la cervelle, pas vrai?
Elle s'est fait sauter la cervelle.
Attendez. Pas si vite, merde!
Cette histoire ne tient pas debout.
Tu ne vas pas la laisser s'en tirer comme �a, quand m�me?
C'est la version la plus d�bile que j'aie jamais entendue!
Elle ne s'est pas fait sauter la cervelle. On ne m'a jamais dit �a.
�a sort d'o�, cette invention?
Alors?
L�ve-toi!
L�ve-toi, bon sang! Je veux entendre la version masculine de l'histoire.
Tu vas me repr�senter, maintenant. Tu vas parler pour moi.
Plus personne ne parle pour moi.
Debout!
Dis-lui. Dis-lui ce qui s'est vraiment pass�.
C'�tait ton fusil.
Celui avec lequel on chassait les canards. Un Browning.
Elle n'avait jamais tir� de sa vie.
C'�tait la premi�re fois.
Personne ne m'a jamais dit �a.
On m'a laiss� dans l'ignorance.
- Tu �tais parti. - Quelqu'un aurait pu me chercher.
Me retrouver. Je n'�tais pas introuvable.
- Tu �tais parti. - Je sais que j'�tais parti!
J'�tais parti!
Mais je n'avais pas coup� les ponts.
Je ne m'�tais pas retir� du monde.
La vie continuait comme avant mon d�part. Rien n'avait chang�.
Ta m�re, elle, refusait de l�cher prise, n'est-ce pas?
Elle m'attirait vers elle et se donnait une peine folle pour y arriver.
C'�tait une force.
Je lui ai dit d�s le d�part que je ne resterais pas avec elle,
mais elle �tait toujours l� pour moi.
Elle �tait toujours...
Elle m'offrait son c�ur.
Comment je pouvais la repousser alors qu'elle m'aimait autant?
Comment je pouvais la d�laisser?
On formait un tout.
Qu'est-ce que tu fais?
Parle-lui! Fais-lui comprendre notre vision des choses.
Ouvre-lui les yeux!
Ne l'approche pas.
Qu'est-ce que tu fais? Ne l'approche pas.
Vous ne pouvez pas vous aimer!
Tu dois me soutenir. J'ai plus personne.
Tu ne peux pas me trahir, maintenant.
Tu es mon fils.
Je ne reste pas.
Tout est en feu!
Attends!
Est-ce que je peux t'aider?
J'ai ma voiture. Je te d�pose o� tu veux.
O� vas-tu?
Tu ne t'en vas pas avec lui?
Il est parti.
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