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On sonne.
...
...
-Salut.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Je t'en prie, entre.
-Tu as vu, chérie ? Les plantes ont fleuri, cette nuit. C'est bien, ça.
-Et voilà.
-Je t'ai dit : "Pas de croissants". Pourquoi tu m'en donnes ?
-Tu n'as quasiment rien mangé... -Pas de croissants.
Même pas de yaourt. -Fais-moi plaisir.
-Aaah !
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Mlle Cordier ?
Mlle Cordier !
Oh là là...
Appelle
la police ! -Oui.
...
-Quelque chose ne tournait pas rond.
C'était la cata. Je ne vais pas vous faire la liste de tous,
mais si vous regardez Paul, Hugo, Vincent, Antoine...
Bref, je me suis dit qu'il fallait que je réenvisage
ma relation sentimentale avec les hommes.
Je me suis trop fiée à mon instinct qui s'avère être déficient.
Donc il faut que je sois rationnelle, objective.
Pour ça, les applis de rencontres, c'est extra !
Vous connaissez ? -Non.
-Je vous montre. Regardez.
Ca, c'est mon profil avec un pseudo. Là, vous avez une liste
de critères objectifs à remplir. L'algorithme cherche,
il vous fait rencontrer quelqu'un qui lui-même a rempli la liste,
donc pas de place pour les coïncidences. Et moi,
j'ai dit : "Pas de photo". Le physique, c'est trop subjectif.
-Mme Chassagne, je trouve ça super que vous trouviez ça formidable
mais je ne vois pas en quoi je peux vous être utile. Un service ?
-J'allais y venir.
Ce matin, l'algorithme m'a proposé un match. Une rencontre.
D'accord ?
Et je me demandais si c'était possible que vous, vous demandiez
au technicien du service de sécurité informatique
qui se cache derrière ce pseudo. Davidson.
C'est mon match.
Il a l'air formidable sauf que sur ces sites de rencontres, il y a
des mythomanes. -Attendez...
Vous me demandez d'enquêter sur un prétendant ?
-Oui.
-Hors de question.
-Très bien.
Si vous me retrouvez
découpée en morceaux, ça arrive très souvent,
vous serez beau avec votre procédure.
C'est peut-être la dernière fois qu'on se voit.
-Il se passe quoi ?
-Non, rien.
Oui ?
-Une restauratrice d'oeuvres d'art aurait été tuée
pour récupérer un tableau. Adèle est déjà
sur place. -Très bien.
Ben...
-J'y vais.
-Là, on est quoi ? A 10mn max du Louvre !
15mn, doucement.
Il marmonne.
-Capitaine !
Ca ne vous intéresse pas ? -Si ! Bien sûr que si ! Beaucoup...
...
-La Scientifique est arrivée.
-Et voilà, c'est envoyé.
-Il est comme ça depuis deux jours. C'est chelou.
-Vous venez ? Vous faites quoi ? -On arrive...
La victime s'appelle Léa Cordier. 32 ans.
4 coups de couteau. Au thorax et au coeur. Les voisins n'ont pas vu
le visage de l'agresseur.
Aucune trace d'effraction. Elle devait le connaître.
-Il avait un tableau ? -Rien.
Ils en sont sûrs.
Excusez-moi.
Lt Attias...
-Apparemment,
il n'a pas trouvé ce qu'il cherchait.
-Elle était en plein travail.
-Quoi ?
-Sa loupe.
Elle est allumée.
-Bon, OK, donc...
On imagine qu'elle était là devant son tableau,
en train de travailler.
Là, elle voit quelqu'un passer. -Oui...
-Donc elle décide de planquer le tableau, à l'écart des autres.
-S'il est parti sans le tableau, alors il doit être ici, capitaine.
Sous nos yeux.
-Sous nos yeux...
Pourquoi la loupe est dans le vide ?
C'est pour faire ça.
-Oui, c'est une lampe de travail. -OK...
Rien en dessous ? -Rien.
Attendez, tirez ! Ca a bougé ! -J'essaie...
Bingo.
C'est quoi ?
-Un étendard. Ca se faisait beaucoup en Italie,
au 15e siècle. La lampe !
-Ca vaut quelque chose,
ce vieux bout de tissu ? -C'est pas possible...
Il n'y a pas les trois fleurs de lys mais les cinq tourteaux rouges.
C'est les armoiries des Médicis, à Florence.
-D'accord... Et, heu... C'est ça que cherchait le tueur ?
-Je pense que c'est un portrait peint par Sandro Botticelli
en 1475. C'est...
C'est exceptionnel.
Capitaine, ce bout de tissu, comme vous dites,
vaut des millions.
-Putain, d'accord...
-Il faut l'envoyer au labo du Louvre,
tout de suite. -OK...
-Tout de suite. -Oui.
-J'ai eu un M. Leroux, le patron de la Cordier.
D'après lui, elle travaillait
sur aucun tableau de valeur. -Leroux ?
-Oui.
-Quel est son atelier ?
-Rina... -...scimento.
-Vous connaissez ? -Il travaille
au Louvre.
-Quoi ?
-Il restaure une fresque de Botticelli.
Attention à la marche. -Merci.
-Au 15e siècle, les participants aux tournois portaient les couleurs
d'une dame sur un étendard.
-Qui est celle qu'on a retrouvée ?
-Je la cherche. Elle.
Simonetta Vespucci, la plus belle femme de Florence. Elle est
gracieuse. -Oui.
-Botticelli est tombé amoureux de sa beauté.
-Je comprends. -Elle est morte à 22 ans. Regardez,
c'est elle. Vous voyez ? Il y a un air de ressemblance, hein ?
Il n'a plus peint de portraits de Simonetta car elle est morte jeune,
et après, toutes les femmes qu'il a peintes c'était comme... Des images
rêvées de Simonetta.
-Des images rêvées ? -Oui. Comme pour la garder vivante.
C'est comme si Léa Cordier avait trouvé la source d'inspiration
d'un des plus grands peintres.
On va voir Leroux dans son atelier ?
J'ai pris mon passe.
-Leroux...
-M. Leroux ?
-Oui ? Bonjour.
-F. Chassagne. Je travaille au musée du Louvre, on s'est croisés.
Cpt. Verlay. On collabore tous les deux.
On voudrait vous parler. -Je me doutais que vous viendriez.
Je suis au courant pour Léa.
Je suis abasourdi. C'était notre meilleure restauratrice.
-Toutes mes condoléances. -Merci.
-Vous l'avez vue quand pour la dernière fois ?
-Heu... Chez moi, hier matin.
-Chez vous ?
-Oui.
-Que faisait-elle chez vous ? -J'ai un autre atelier.
On préparait les produits pour l'enduit des fresques.
-D'accord.
Rien de particulier ?
-On s'est engueulés. Pour une connerie.
On n'a pas des caractères faciles.
-D'accord.
Vous l'avez revue ? -Non.
Elle est partie de chez moi.
-Vous ne vous êtes pas inquiété ? -On s'engueule parfois.
Ca dure un jour ou deux. -Léa Cordier vous avait déjà parlé
de cet étendard ?
-Un Botticelli ! -Je crois.
-Mais je l'ai jamais vu !
-On vient de le découvrir. Voyez, si je zoome, là,
à cet endroit-là... -(On peut faire ça après ?)
-(On va faire ça après.) -On va poursuivre dans nos bureaux
car vous êtes la dernière personne à l'avoir vue vivante.
-C'était une petite dispute pour un truc technique. Elle ne voulait pas
risquer d'abîmer la fresque mais pour moi, on n'avait pas le choix.
-M. Leroux, après son départ, vous lui avez envoyé... Combien ?
46 textos.
J'appelle plus ça "une petite dispute".
A la fin, vous la menacez de la virer, de ruiner sa carrière.
-OK. Les mots ont dépassé ma pensée.
Et alors ?
Quel rapport avec cet étendard ?
-Elle l'a pris chez vous ? -Chez moi ?!
L'étendard chez moi... Vous avez des preuves
de ça ?
-Pas encore.
-Je ne parle d'aucun étendard.
-Peut-être ne vous étiez-vous pas rendu compte qu'elle l'avait volé.
-Simonetta, elle était tellement...
Tellement belle. La "Sans Pareille".
-En français dans le texte. La langue de l'amour courtois.
Ben tiens... Quand on parle de l'amour courtois !
-"Qui est lui" ? Ah... Il est votre chevalier.
En somme,
vous êtes sa muse.
-On peut dire ça. -Comme
la belle nymphe invite l'homme à la suivre dans l'amour contemplatif,
ce sera la perfection divine touchée par la beauté terrestre.
-Pas trop contemplatif.
L'amour platonique était peut-être l'idéal de la Renaissance
mais moi c'est pas mon truc. On lit ce que m'a écrit mon chevalier ?
"Je suis juste
"un homme comme les autres."
Super...
Il pourrait m'en dire plus.
Il veut pas me parler, ou quoi ? -Florence, tu tombes bien.
J'ai ma datation carbone 14. Ca me donne une date entre 1460 et 1495.
Pour Botticelli, ça colle. -Et pour les armoiries ?
Avec la caméra hyperspectrale, on pourrait voir les fleurs de lys.
-J'essaie de te faire ça vite. -Je peux te demander un service ?
J'ai ça. Tu pourrais me l'analyser ?
-C'est quoi ? -C'était sur les ongles
de la victime. Elle restaurait un tableau mais j'ignore ce que c'est.
-Ouais... Je travaille pour la police maintenant ?
-Bonjour.
-Vincent, vous êtes revenu, ça fait plaisir.
-Alors ?
-Ils fouillent encore l'historique de L. Cordier sur Internet.
-Des recherches sur l'étendard ? -Oui, la veille de son meurtre.
-Quoi ? -Elle l'avait pas avant.
Elle l'a piqué chez Leroux.
-On n'a trouvé aucun lien avec lui. -Ils ont fouillé
dans ses mails ? Son disque dur ? -Oui, ils ont commencé.
-Bien coupée, cette veste.
Vous croyez que ça m'irait ou pas ?
-Heu...
-Hein ?
-Tu veux l'adresse de la boutique ? -Non... C'est quoi ? Italien ?
T'es beau avec. -Merci.
-Hein ?
Je vais regarder si j'en trouve pas une.
Chassagne !
-C'est pas trop tôt.
C'est quoi ce rendez-vous ? Je me sens comme un agent du KGB.
C'est Florence ?
-Non, rien à voir.
Ca n'a rien a voir avec votre fille, c'est...
Je me suis inscrit sur un site
de rencontres.
Je sais ce que vous en pensez, inutile de repondre a ca.
Et l'algorithme m'a propose un match.
-Un match ? -Avec une fille qui a l'air super.
Et je sens
qu'elle veut que je redige un truc sur moi genre ce que j'aime,
ce que je mange...
-J'ai compris. Et alors ? -Ce qu'il faudrait :
moi, je vous donne les idees, et vous, vous les mettez en forme.
S'il vous plait...
Je suis nul en redac, et je la sens cultivee. J'aurai l'air con.
-Vous me demandez de draguer une fille pour vous ?
-Tout de suite les grands mots. -C'est quoi, alors ?
-Je connais que deux intellectuels. Vous et votre fille. Je ne vais pas
demander ca a Florence. -Jean-Marc, tu as les resultats
de la camera hyperspectrale ?
-Pas encore.
Mais j'ai analyse le produit sur les doigts de la restauratrice.
C'est juste de la sous-couche de peinture.
-T'es sur ?
-Oui, je suis sur.
Au Louvre, on sait reconnaitre ca. -OK, merci. Je t'embrasse.
Quelqu'un a vu le Cap. Verlay ?
-S'il vous plait...
-Bon... -S'il vous plait !
-Attendez...
D'accord, mais ecoutez-moi bien.
Je vous ecris une lettre. Mais pas plus.
-OK. -OK ?
-Super.
Un portable vibre.
Ah ben, heu...
C'est votre fille. Je reviens.
...
Mme Chassagne ? *-Il faut que je vous parle.
-Je fais des courses.
-Lea Cordier avait de la sous-couche sur les ongles.
-OK. J'arrive a l'OCBC. -Les restaurateurs n'utilisent pas
de sous-couche.
Ca se met sur une toile blanche avant de peindre.
-Elle voulait peut-etre peindre un tableau.
-Non.
Elle ne peignait pas. Quelque chose ne colle pas. Retournons chez elle.
Rejoignez-moi la-bas.
Ah !
-Attendez...
Ca m'agace quand on me raccroche au nez, comme ca.
On cherche quoi, exactement ?
On cherche quoi ?
-Ca... Des toiles blanches.
Regardez...
Il y a comme un petit relief.
-Un carton, non ?
C'est quoi ?
Oh... Doucement...
Doucement, doucement, doucement...
-C'est une photo. L'etendard...
-Pourquoi avoir cache ca ?
C'est qui ? -Je le connais.
-Allez-y, c'est qui ?
-Francois Derosset, un collectionneur.
-On va l'interroger. -C'est pas possible.
-Pourquoi ? -Il est mort il y a 6 ans, environ.
-Merde. -Assassine.
-Le 8 novembre 2016, ils ont retrouve le cadavre de F. Derosset
avec une balle dans la poitrine.
Son arme. Il aurait surpris une employee volant sa collection.
-Des traces de lutte ?
-Oui. L'ADN de l'employee etait sous les ongles de Derosset.
Le coup serait parti dans la bagarre.
-OK. Ils ont arrete la femme ?
-Non. Elle a pris la fuite. Disparue depuis 7 ans.
-Je suis sure que ce qu'elle a vole,
c'est l'etendard de Botticelli. -Les enqueteurs savaient
qu'il le possedait ? -Non. Il n'est pas inventorie.
Je ne sais pas comment Derosset l'a recupere mais ca pue le trafic.
-C'est pas un hasard.
Lea Cordier a trouve la photo avec l'etendard. Et si elle avait trouve
l'etendard chez la meurtriere ? On a quoi sur elle ?
-Une experte en art. Elle aidait Derosset
pour ses acquisitions. Claire Jodelle, 39 ans.
-Jodelle, Jodelle...
Ca me parle.
Fais voir le dossier "Lea Cordier".
J'ai l'impression d'avoir vu passer ca quelque part. Jodelle...
"Christophe Jodelle".
Lea travaillait chez lui avant d'aller chez Leroux.
Claire, c'est sa femme. Christophe Jodelle fait le lien entre elles.
-Bien joue.
...
-M. Jodelle ?
-Oui.
-Cap. Verlay, police judiciaire. -Bonjour. Florence Chassagne.
-On a
quelques questions.
-J'ai pas vu ma femme et je ne sais pas ou elle est.
-Attendez...
Vous connaissez cette personne ? -Oui, c'est Lea.
Lea Cordier. Elle a bosse pour moi. Pourquoi ?
-On l'a tuee, hier.
On peut entrer ?
-Oui, oui... Venez.
Attendez-moi
dans le salon. Je vais me laver les mains.
-Merci.
-Regardez...
Il a peint sa femme facon Botticelli.
-Ca prend combien de temps ?
-J'en sais rien. J'imagine
qu'il faut des semaines. -Semaines ?
-Un 2e. -Il doit etre
tres amoureux de sa femme.
-(Capitaine...
(Venez voir...
...
(Waouh...)
-(Il est completement tare.)
-Vous devez me croire fou.
-Ben... -Pas du tout.
-Non...
C'est juste que...
C'est vous qui avez peint tous les portraits de votre femme ?
-Oui. -Oui...
-Ca me permet de vivre sans elle.
-Mais... Pourquoi vous imitez le style de Botticelli ?
-Claire et moi l'aimions beaucoup. On s'est rencontres grace a lui.
-Ah...
C'est votre peintre fetiche.
-On peut dire ca comme ca. Mais... Vous vouliez me parler de Lea ?
-Oui.
Vous la connaissiez bien ? -Pas specialement.
Elle a travaille 3 ans pour moi. J'ai jamais eu a me plaindre.
-OK. Et votre femme, elle la connaissait ?
-Pourquoi ? -On pense
que l'assassin de Cordier cherchait un etendard que votre femme a vole
a F. Derosset.
-Quoi ?! -Un etendard comme ca.
Vous l'avez deja vu ?
-On dirait un...
-Oui, c'est un Botticelli.
Ca vous parle. C'est votre peintre fetiche.
Pour passer de Claire a L. Cordier, y a forcement eu un intermediaire.
Quelqu'un qui connaissait les deux.
-Quand ma femme a disparu,
j'ai tout laisse tomber.
La restauration, les collegues, les amis...
7 ans que j'ai pas vu Lea. Elle est partie travailler chez Guillaume.
-Guillaume Leroux ?
-C'est grace a moi qu'elle est entree dans son atelier.
C'etait un... copain. -Et maintenant, vous faites quoi ?
-J'attends.
J'attends de savoir ce qui est arrive a Claire.
Et contrairement a ce que vous pensez,
elle serait jamais partie sans me prevenir.
-Si elle vous avait prevenu, qu'auriez-vous fait ?
-Je ne comprends pas.
-Imaginez. Elle vole l'etendard
et accidentellement tue son proprietaire.
Vous faites quoi ?
-J'appelle la police.
-A aucun moment vous pensez garder l'etendard ?
-Non. -Attendez ! Lea Cordier
a bien pris ce truc quelque part ! -Lea n'a jamais mis les pieds
dans ma maison.
Je ne l'ai pas tuee. On frappe.
-Antoine, je peux te voir ? C'est important.
On a fait analyser la photo de Derosset avec l'etendard.
-Ca donne quoi ? -Tu vas voir.
Ils ont agrandi le reflet
dans la vitre.
Ils ont eclairci l'image.
-Mais c'est...
-Claire Jodelle. -C'est elle qui prend la photo.
-Et la dame, la ? -Carole
Demailly, marchande d'art. -Elle a vendu
l'etendard a Derosset.
-Eh oui... -J'ai vu
Francois peu avant sa mort.
Et alors ?
On se connaissait depuis 20 ans.
-Vous n'avez jamais vu l'etendard ? -Non.
-Il y a un petit reflet
sur la photo.
On a fait agrandir ce petit reflet.
Et ca donne ca.
Et on a fait agrandir l'agrandissement.
Et la... Oh...
On dirait vous.
Hein ?
-Oui, tiens... C'est rigolo.
C'est vous.
C'est dommage de nous mentir.
C'est pas tres chic.
-On sait que vous avez vendu l'etendard a Derosset et que Claire
a tue accidentellement son patron pour le voler.
Mais on ignore
ce qui s'est passe apres.
-Je n'en ai aucune idee.
-Vous avez ete en contact avec Claire ?
-Qu'a la vente. C'est elle qui a fait l'expertise.
-Elle vous a pas rappelee
apres le vol ? -Pourquoi aurait-elle fait ca ?
-Vous savez, quand on ment, bizarrement, j'imagine des choses.
-Pareil ! -C'est vrai ?
-J'imagine le pire.
-Voila.
Je me dis que revendre l'etendard, doubler la mise, c'est interessant.
-Je n'avais aucun interet a revendre cet etendard.
-Ah bon ?
Et pourquoi pas ?
-Car ce n'est pas un Botticelli.
-Oui, Florence.
-Alors ?
-Le labo du Louvre a pu passer l'etendard
a la camera hyperspectrale. -Enfin. Ca donne quoi ?
-Les armoiries ont bien ete retouchees recemment.
-Merde... -C'est pas un Botticelli.
-OK. Alors, qui l'a peint, ce machin, la ?
-C'est pas un "machin". -Vous voyez ce que je veux dire.
Qui a peint cet... etendard ? -Non, je ne vois pas.
Tout art merite le respect. -Je suis d'accord. Qui l'a peint ?
-Un eleve
de Botticelli. Tout le monde voulait des portraits de Simonetta,
donc il deleguait a ses eleves.
-Donc Demailly l'a fait retoucher
pour faire croire a un Botticelli.
-C'est fort... Regardez, je vous explique.
Les armoiries de la famille Perudi, qui sont les commanditaires
de l'etendard,
c'est six poires. Celles des Medicis, c'est ca.
Donc il suffisait d'effacer une poire
et retoucher le reste en rouge.
Magique.
Meme Claire Jodelle s'est fait avoir.
-Putain...
Ah ouais...
Donc, combien ca vaut, ce truc-la, en vrai ?
-Cent fois moins.
-Elle avait reussi le coup parfait. -Gros, gros, gros coup.
-Merci.
Bon...
Quand Claire a tue Derosset,
saviez-vous que c'etait pour voler l'etendard ?
-C'est ce qu'il y avait de plus probable.
-OK. Et pourquoi ?
-Avant la vente, on a discute, toutes les deux.
Je voulais la mettre en confiance. Mais elle avait besoin de parler.
Elle se sentait seule.
Elle trouvait que son mari la delaissait, qu'elle avait rate
sa vie.
Elle voulait partir.
-Elle aurait vole l'etendard pour avoir du pognon pour partir.
-C'est ce que je me suis dit.
-Elle vous a recontactee, apres ?
-Non.
Je vous le jure.
-J'aurais tant voulu que ce soit un vrai !
-Il ne vous plait pas ?
Giovanni etait un de mes meilleurs assistants.
-Ca ne m'etonne pas. C'est tres reussi.
C'est bien votre style. Le sujet qui fixe comme ca le spectateur,
c'est fort. Vous etes le 1er a avoir ose le faire.
-Peut-etre.
J'ai connu quelques imitateurs, depuis.
-Comme M. Jodelle.
-Il faut quelque chose de tres fort pour peindre la meme femme,
sans cesse.
-Aussi fort que vous,
et Simonetta.
-Il fait tout pour ne pas l'oublier.
-Peut-etre...
Ou c'est pour arriver a vivre avec la culpabilite de l'avoir tuee.
-On avait des problemes, comme tous les couples.
-Apparemment,
c'etait un peu plus que ca. -"Apparemment" ? Qui dit ca ?
Les voisins qui nous entendaient crier ?
Son pere qui me deteste ? Ils savent rien !
Claire n'a jamais dit vouloir me quitter.
On voulait s'en sortir ensemble ! -Attendez...
-J'aurais tue ma femme et garde cet etendard chez moi ?
C'est ridicule ! -Sauf que vous etes le seul
qui fasse le lien entre votre femme et Lea Cordier.
-J'ai tue personne !
Ni ma femme, ni Lea !
-Le probleme : vous n'avez pas d'alibi.
-Capitaine,
vous etes en train de faire la meme erreur
que vos collegues, il y a 7 ans. Vous cherchez pas au bon endroit.
Claire ne serait pas allee d'elle-meme voler chez Derosset.
On l'a manipulee.
Si elle a disparu, c'est qu'il lui est arrive quelque chose.
-J'ai relu ses declarations
de l'epoque. Il n'a rien change. La Crim' n'a rien trouve.
-On a loupe quelque chose ? -On est surs que la Cordier
n'est pas passee chez lui ?
On a fouille son portable, GPS... ? -Oui. Adele est sur le coup.
On le laisse mariner en cellule et tu reprends l'audition demain.
-Ca marche. -Ca va.
Bonne soiree.
Son portable sonne.
-Hm...
Vous n'y allez pas ?
-Je vous derange ?
-Non...
-Vous voulez passer un appel...
A une femme...
-Pas du tout.
-Ca va, vous pouvez me dire, on est amis. Des "frerots".
J'ai trop envie de savoir. Vous n'etes pas oblige de me raconter.
Je pose des questions, vous repondez juste oui ou non.
-Ben non.
-Meme pas drole. -J'ai pas envie.
-Si ! 1re question. Elle est sportive ?
-D'accord.
Je suis sportif donc c'est une sportive. Je suis trop con
pour etre avec une cerebrale. -Non ! Elle aime l'art ?
-Ecoutez, je n'ai personne. Ce que j'ai, c'est du travail.
Je vous laisse.
-Je vous lache pas.
-Monsieur a ses secrets ? -Non, attendez,
je vous vois m'observer, accessoirement.
-Derniere chose. Est-ce qu'au moins
je peux voir sa photo en tout petit ? Je fais aucun commentaire.
-Une photo ? Souriez. 3,
2, 1...
Sonnerie.
Mais pourquoi il sonne ?
Pourquoi il sonne ?
Pourquoi vous sonnez ? -Pour que vous entendiez.
-Discret !
-Alors, ca se presente comment ? -Ben... Pas bien.
Elle me parle de poesie et me demande si je connais Politien.
-Politien ? -Vous connaissez ?
-Oui, c'est un poete de la Renaissance italienne.
-OK... Bon, heu...
Alors je mets... "C'est un poete de la Renaissance..."
-Attendez,
on va faire mieux que ca. Poussez-vous.
-Oui.
-Vous allez voir, on va lui en boucher un coin.
"Une damoiselle
"plus qu'humaine de visage..."
-OK... -"Par des zéphyrs lascifs,
"poussée vers le rivage..."
-C'est trop. On comprend rien.
-Avec les femmes, on n'en fait jamais trop.
"S'en va sur un coquillage..." -Un gros coquillage, alors.
-"Et il semble que le ciel en jouisse."
-"Que le ciel en jouisse" ? Ca ne veut rien dire, ça.
-Si...
-"Il semble que le ciel en jouisse.
"On croirait voir briller son regard de déesse,
"le ciel rire autour d'elle, et tous les éléments..."
C'est les "Stances" de Politien ! -Oui. Angelo.
-C'est incroyable ! Les "Stances" ! C'est elles qui vous ont inspiré
pour "La naissance de Vénus" ? -Oui.
"On dirait vraie la mer, vrai le coquillage, vrai le souffle
"des vents."
Je trouve que votre chevalier a très très bon goût.
-J'adore votre accent.
Les algorithmes, c'est vraiment magique.
Il me propose un verre demain soir.
"Tu ne voudrais pas continuer cette conversation
"derrière un verre ? Ce serait plus sympa. Demain soir ?"
-Bien sûr.
-"Bien sûr." -Non !
Se confronter à la réalité, c'est toujours renoncer.
Renoncer à l'idéal, à la perfection, à la beauté.
-Ben moi, un mec réel, s'il est pas trop mal...
Enfin non, si même il est beau gosse et sympa, ça me va très bien.
"Avec joie et plaisir de vous découvrir.
"Enfin."
-Putain...
Elle a dit oui !
Yes !
-Je vous le disais ! 50 ans d'expérience,
ça fera toujours la différence. -Vous, vous êtes...
Je vous embrasse.
-Non, non, c'est bon.
OK, très bien.
Antoine marmonne.
...
Qu'est-ce que tu as été faire ? Comment je vais me démerder ?
Je dis à Alex de m'envoyer un message
pour faire semblant qu'il y a une urgence ?
Mais peut-être qu'elle est mignonne.
-Capitaine... -Ca va, Adèle ?
-Oui. J'ai rien trouvé dans l'ordi de Jodelle.
Tu veux jeter un oeil ? -Pose-le.
Je ferai ça après.
(Non, maintenant.) -Tu regardes quoi ?
-Hein ? Elle, là... -Elle est trop belle,
Simonetta.
-Tu penses
qu'on serait déçus si on la voyait en vrai ?
Je veux dire... Enfin, tu vois...
On idéalise une rencontre, on se dit qu'on va tomber sur elle
et on tombe sur toi.
Mais ce serait très bien sur toi.
Je veux dire que c'est pas la même personne. C'est toi.
-Mais c'est très bien.
-C'est ce que je dis. Ce serait pas la même personne. Du coup...
-Où tu veux en venir ?
-Rien. Oublie. Tu peux amener Jodelle en salle d'audition ?
Mais tu sais, avec toi ce serait très bien aussi ! Enfin...
T'as compris.
-Ca va ? T'as l'air bizarre ? -Ca se confirme,
il est de plus en plus chelou.
-Je demanderai à Alex de...
C'est balancé, et après...
Florence frappe.
Ca va ?
-Coucou !
-Coucou...
-Ca va ? Bip.
-C'est Jodelle qui a reçu un mail.
-"Retrouvez ce qui est perdu".
Allez-y.
Cliquez dessus.
-C'est de la pub.
-C'est un Botticelli. C'est le portrait
de Julien de Médicis. -Les pubs
avec Botti machin, il doit y en avoir plein.
-Sauf que Julien de Médicis, c'était l'amant de Simonetta.
Regardez
la colombe. C'est un symbole
de fidélité. Je suis sûre que ce n'est pas une pub.
Cherchez quelque chose. Ce n'est pas un hasard.
-OK...
"Cliquez".
-Regardez, c'est "La naissance de Vénus".
-C'est quoi, c'est...
Oh, putain...
Putain...
Putain...
Alex !
-Si vous voulez bien signer... -Tenez, M. Jodelle. Vos affaires.
Vous pouvez rentrer chez vous. -Donc je suis libre.
-Oui. Aucun indice grave ne justifie votre mise en examen.
On vous tiendra au courant. Bonne journée.
J'espère qu'on ne fait pas une connerie.
Adèle a bien installé le matos ? -Oui. On est prêts.
On est branchés sur son ordi. -C'est le meilleur moyen
de remonter jusqu'à elle.
...
-Claire...
...
-Bon alors,
on récapitule. 1 : Christophe Jodelle n'a pas tué sa femme.
2 : ça fait sauter son mobile
pour le meurtre de Léa Cordier. -3 : Claire Jodelle est à Paris.
-Donc Léa Cordier a pu la croiser et lui piquer l'étendard.
-Claire a pu tuer Léa. -Oui.
-Pardon... C'est passionnant, mais pourquoi
Claire est-elle rentrée en contact avec son mari au bout de 7 ans ?
-Je sais pas, elle a peut-être besoin de lui.
-Elle ne lui a pas envoyé cette vidéo pour rien.
-Elle va forcément le recontacter.
-Oui, à travers Botticelli. C'est comme un code.
-Comme un code. Mme Chassagne...
Elle ignore que vous êtes là pour le décoder.
-Ca non... -Venez...
-Bon, en tout cas, on ne bouge pas d'ici
tant que le message n'est pas arrivé.
-C'est-à-dire ? -On reste. On doit être réactifs.
-Même ce soir ? -Oui ! Toute la nuit, s'il le faut.
Ca pose un problème ? -Ben, heu... Moi, oui... Enfin...
-Pas du tout. Moi, ça ne me pose aucun problème.
-Moi non plus.
-Tout va bien, alors.
-Genre toute la nuit ? -Toute la nuit. Jusqu'à l'aurore.
-Heu...
Tu me dis si y a un truc. Je vais dans mon bureau.
-Toujours pas
de message ?
-Heu, non, non... Rien du tout.
-Désolée mais j'ai un truc de prévu. Je vais pas pouvoir rester.
-Moi aussi j'ai un truc de prévu. Vous croyez que j'ai rien à faire ?
-J'ai pas dit ça. -Moi aussi,
je préférerais être ailleurs, mais le boulot, c'est le boulot.
Je suis
un type responsable, donc je reste. -Moi aussi,
je suis responsable. -Hum...
-Vous pourriez m'envoyer
le message, je le décode à distance, et voilà.
-Ce sera plus rapide d'ici. -Ca, c'est vous qui le dites.
Qui est là
à faire la potiche ? C'est Bibi. Je vois même pas ce que je fais ici.
C'est pas moi qui vais courir après Mme Jodelle.
-Putain,
vous êtes égoïste.
-Comment ? Qu'avez-vous dit ?
-Que vous étiez égoïste.
-Excusez-moi, c'est le monde à l'envers ! Vous me traitez moi
d'égoïste ? C'est l'hôpital qui se fout de la charité.
Monsieur qui se croit seul au monde,
les yeux rivés sur son téléphone, avec une espèce de sourire...
Même Adèle qui se mêle de rien dit que vous êtes chelou.
-Chelou ?
-Oui ! -Un message.
-Bon, alors... -C'est le même expéditeur.
-"Restez à l'affût". -Elle veut être sûre
qu'il soit devant son ordi demain à 15h.
-Elle veut le voir.
-Eh ben voilà.
Vous n'avez plus besoin de moi !
Je peux y aller ?
-Elle a raison. Si y a plus de message à décoder,
inutile qu'on reste ici comme des cons.
-Inutile de rester comme des cons. -J'ai compris.
Vous pouvez y aller. A demain.
Bonne soirée. -Merci.
Bonne soirée, capitaine. -Oui, oui...
-Commandant, commandant...
-Oui ?
-Je peux vous voir... 2mn ?
-Quoi ? Maintenant ? -Oui. 2mn.
Je connais ce café... -Vous ne risquez
rien, là ! -Ca peut paraître ridicule
mais j'ai beaucoup lu sur les serial killers...
-D'accord... On fait quoi ? Je lui fais une fouille au corps ?
-C'est pas marrant. J'ai vraiment besoin de vous. Venez.
Vous allez me dire comment il est. -Comment ça ?
-Ben... S'il a un physique compliqué, par exemple.
-Enfin, je connais pas vos goûts. Que voulez-vous que je vous dise ?
-Dites-moi
s'il semble dangereux. C'est votre métier. Attendez.
Ce livre, c'est notre signe de reconnaissance.
-D'accord.
-Et voilà le petit chardonnay. Passez une bonne soirée, mesdames.
-Alors ? -Ben, je vois rien. Si ! Son livre.
-Il est comment ? -Son livre ?
-Non, c'est pas drôle. Lui.
-Il n'y a personne.
Ah si.
Je le vois...
Il est très bien.
-Mais... -Bien. Propre sur lui.
Non, c'est pas lui.
Ah,
voilà.
...
-Il est laid ?
-Non, il n'est pas laid.
Il ressemble un peu
à... C'est un peu le genre de...
Antoine.
-D'Antoine ?
Ca va pas du tout !
-Si vous ne voulez pas de quelqu'un qui ressemble à Antoine, non.
-Attendez, je...
Je ne dois pas me fier aux apparences. On est d'accord ?
Niveau personnalité, il n'a peut-être rien à voir avec Antoine.
-Non. -Pourquoi "non" ?
-Car c'est Antoine.
-C'est pas possible...
Impossible. Vous voyez Antoine lire ça ?
-Non.
Mais c'est Antoine. -Je sais, j'ai vu.
Alors,
merci, commandant. Je vais me débrouiller.
C'est bon. Prenez mon livre.
-Vous êtes sûre ?
-Absolument.
-Un grand merde.
...
-Bonsoir.
-Bonsoir. Heu...
Qu'est-ce que vous faites là ?
-Moi ?
-Vous ne pouvez pas rester. Désolé, c'est pas possible.
-C'est une soirée
privée ? Ca n'a pas l'air privatisé, mais...
-Non, c'est pas privatisé
mais vu que j'ai rendez-vous, vous ne pouvez pas rester.
-Vous vous intéressez à la poésie italienne du 15e siècle ?
-Oui... Non, c'est pas pour moi, c'est pour un cadeau.
-Sans vous offenser,
Politien, c'est vraiment...
C'est pointu.
-Ah bon ? Pointu ?
-Papa ?
C'est les "Stances" de Politien. -Angelo.
-C'est incroyable.
Il m'écrit les "Stances" de Politien.
-Mais qu...
Qu'est-ce qu'elle faisait là ?
-Papa,
tu fais ce que tu veux avec le Cap. Verlay.
-Chérie, cette fille n'est même pas venue. Je te promets...
-Je sais.
Tu l'aidais juste. Tu fais ce que tu veux. Du macramé, du tricot...
J'ai pas le temps. Je t'embrasse. -Floflo ! Oh...
Elle a raccroché.
-Florence...
Vous n'êtes pas troublée par une coïncidence pareille ?
Platone... Platon,
il dit dans "Le banquet"... -Je sais. Le mythe des âmes soeurs,
blabla... Vous trouvez que le Cap. Verlay a une tête
d'âme soeur ?
-L'amour va au-delà des apparences. C'est là une chose grandiose.
-Non, pas de platonisme naïf. J'en ai déjà pris plein la figure.
Merci. Là, on est plutôt
dans "Oedipe revisité". C'est pas le fils qui veut épouser sa mère
mais le père qui drague sa fille. -Ne te préoccupe pas.
Le destin est plus fort que tout.
-Il a bon dos, le destin. Je vais lui dire 2 mots à cet algorithme.
-Mme Chassagne,
on doit être prêts pour le message. -Oui, bien sûr.
J'arrive. -Attendez...
Je... -Quoi ?
-Je voudrais vous dire... -Non.
-Si. Pour hier soir...
-Ne vous inquiétez pas, j'ai tout compris.
-C'est-à-dire ? -J'ai eu mon père. Tout est réglé.
-Vous avez parlé avec votre père
et tout est réglé ? -Absolument. Faut aller décoder
le message. -Oui...
Putain... Qu'est-ce qu'il lui a dit ?
Tintement.
...
...
...
-"Moins 30%
"sur tous les produits."
C'est St-Augustin dans son cabinet de travail.
-OK.
-C'est exposé à Paris ? -Non. C'est une fresque
dans une église à Florence, dans le quartier de Botticelli.
-Ca peut
donner un lieu de rendez-vous ? -Quoi d'autre ?
-Je sais pas. C'est l'original ?
-Ca ?
Je vais regarder.
Celui-là, c'est l'original.
-Pourquoi il sourit ? -Quoi ?
-Il sourit.
Il l'a décodé. -J'appelle Adèle.
Sonnerie.
-Allô ? *-On en est où ?
-Il bouge pas.
-S'il sort, ne le lâche pas. Il a décodé l'adresse du rendez-vous.
-Compte sur moi.
-Alors ?
Quelque chose ? -Ca, c'est différent.
-Exact.
-Oui, c'est vrai.
Ca, c'est le blason d'origine, des Vespucci, les commanditaires.
-Mais, c'est quoi ce blason ?
-Attendez,
j'ai une appli pour les blasons. Je pense que c'est...
Voilà.
C'est le blason des André. Edouard André était un grand
collectionneur au 19e, fou de la Renaissance.
Son hôtel particulier est devenu un musée.
-Jacquemart-André ! Il y a un Botticelli, là-bas !
-C'est le lieu de rendez-vous. C'est sûr.
-Et l'heure de rendez-vous ?
-Ce tableau est connu pour ce cadran solaire.
Regardez. -Putain...
-L'aiguille est sur le 1, et là sur le 12.
-Donc midi.
-Non. Il est basé sur l'heure du lever du soleil. Donc c'est 12h
après le lever du soleil. -Ca nous ferait du 20h.
-Donc le lieu de rendez-vous, c'est Jacquemart-André, à 20h.
-Dans 5h.
Adèle, le rendez-vous aura lieu au musée Jacquemart-André.
On se retrouve là-bas, en espérant que Claire soit notre suspecte
numéro 1. A tout de suite.
-Christophe Jodelle
entre dans le musée. C'est quoi ?
-Le Grand salon. -Il se dirige vers le Grand salon.
-C'est bon, il vient de passer devant moi.
Il se dirige vers la salle Botticelli.
-Bien reçu.
Il est là. On fait rien tant que Claire Jodelle n'est pas arrivée.
-Ca marche.
Adèle, surveille l'entrée.
-OK.
...
Je la vois !
-Où ça ? Tu la vois où ? *-Elle est déjà à l'étage.
Elle est arrivée par l'autre côté. -Tu ne l'as pas vue entrer ?
-Non. -Adèle, elle est où ?
-Elle va passer derrière vous.
-Elle vient de passer devant moi.
...
Personne ne bouge. On attend de voir ce qu'elle a à lui dire.
...
Y a un problème.
-Elle t'a repéré ? *-Non.
-Quoi ?
-Elle se barre. -J'arrive.
-Claire... -M. Jodelle, restez avec moi.
-Que faites-vous là ?
-Excusez-moi.
-Les escaliers du fond.
-Adèle, je l'ai perdue.
Tu la vois ?
-Je l'ai perdue aussi. Y a trop de monde. Elle est sortie du champ.
Zoomez ici.
OK, je l'ai. C'est quoi ?
-Le salon de Musique. -Sur ta droite au salon de Musique.
-Je la vois.
S'il vous plaît...
C'est une erreur, excusez-moi.
C'est pas elle.
Elle est plus là.
-Ca va...
-Eh merde !
-Je peux vous parler ?
C'est urgent.
-On revient, M. Jodelle.
Qu'y a-t-il ?
-J'ai retrouvé la fausse identité de Claire Jodelle.
Elle a des papiers au nom de Valérie Devaux.
-Que disent les douanes ? -Elle est arrivée hier d'Uruguay.
-Hier ? -Sûre !
Elle n'était pas
en France quand Léa Cordier a été tuée.
-Ca ne peut pas être elle.
-OK, merci.
-Chier...
Qui en veut à votre femme ?
-Qui ?
Vous ! C'est vous qui lui avez tendu un piège.
-C'est pas à cause de nous qu'elle a fui. Elle a vu autre chose.
Là, c'est vous. Voilà votre femme qui apparaît. Elle avance
vers vous et soudain s'arrête.
Elle a vu quelqu'un. Cette silhouette, ça vous dit rien ?
Là.
-Vous l'aviez remarquée ?
-Je regardais ma femme ! Ca fait 7 ans que je ne l'ai pas vue !
On voit pas son visage. Comment être sûrs
qu'elle a eu peur de ce type ? -A cause de ça !
Il s'en est débarrassé.
-Dans une poubelle.
-Il voulait la tuer ?
-Oui.
Et c'est sûrement lui qui a tué Léa Cordier.
Il était au courant pour le rendez-vous. Il est arrivé
juste après vous.
-On sait qu'il ne vous a pas suivi. On vous surveillait.
-Comment il a su ?
-On pense qu'il a accès à votre messagerie.
-Bon... On récapitule.
Il y a 3 jours,
Léa Cordier est tuée dans son atelier.
2 jours plus tard,
Claire Jodelle débarque à Paris.
-La presse a parlé de l'étendard ?
-Oui.
Il va falloir expliquer que c'est un faux.
-Claire Jodelle
a su que l'étendard avait réapparu et qu'une femme était morte.
-Elle savait qui le possédait puisqu'elle l'a volé.
-Elle sait qui a pu tuer Léa. -Et le jour
de son arrivée, elle reprend contact avec son mari
pour lui donner rendez-vous au musée.
-Et un type veut la tuer, là-bas. -Vu sa réaction, elle le connaît
forcément.
-Il veut l'empêcher de parler. -Parce que
c'est le meurtrier de Léa Cordier.
-Il faut la retrouver avant qu'il ne la tue ou qu'elle disparaisse.
-Ce mail, c'est la seule façon de rentrer en contact avec elle.
-Il va falloir vous montrer convaincant.
-Le tueur... S'il a accès à ma messagerie ?
-Faites un message
codé. -Pour un rendez-vous aujourd'hui.
On fera en sorte qu'il puisse pas vous suivre.
-Je sais pas coder un message, moi. -Ce ne sera pas vraiment un code.
Vous avez passé 15 ans avec elle. Il y a forcément un truc
que vous seul connaissez. Non ?
-C'est absurde.
Pourquoi elle accepterait un autre rendez-vous avec moi ?
Elle peut croire que je lui ai tendu un piège.
Pourquoi elle me ferait confiance ?
-Trouvez
quelque chose qui la touche, qui lui montre que vous tenez encore
à elle.
Je sais pas, un...
Un cadeau que vous lui auriez fait.
Ou... Une chanson que vous écoutiez
ensemble. -Je sais pas.
-Non ?
-Attendez...
C'est...
C'est "La divine comédie".
De Dante.
Illustrée par Botticelli.
Un cadeau pour nos dix ans.
C'était une façon de lui dire
que je l'aimais aussi fort que Dante aimait Béatrice.
C'était sa muse... Son guide, sa lumière.
-Comme Botticelli aimait Simonetta.
C'est bien, ça.
Un dessin de Béatrice et Dante. C'est parfait.
En plus, ils sont magnifiques.
-Et pour le lieu de rendez-vous ?
-Heu...
-Vous vous êtes rencontrés où ?
-Au château de Fontainebleau.
Je restaurais l'"Allégorie de la Renaissance".
-La Renaissance...
C'est bien.
Non ?
-Oui, c'est bien.
C'est très très bien.
Hum...
Bon ben, à vous de jouer. On vous attend dehors.
Vous pensez que...
Qu'elle pourra lui pardonner ? -Comment ?
-Vous pensez qu'elle pourra lui pardonner ? Lui refaire confiance ?
-J'en sais rien.
...
-"Sept ans que tu n'es pas là,
"et sept ans que je vis un enfer.
"Tu te souviens de Dante ?
"Pour lui, l'enfer c'est comme un désert glacé où tout est gelé.
"Rien à voir avec le feu ou les flammes.
"Maintenant,
"je sais que c'est lui qui a raison.
"Je sens la morsure du froid sur mon coeur.
"Tout s'est arrêté.
"L'eau qui coulait en moi s'est figée dans la glace.
"Reviens, s'il te plaît.
"Quelles que soient les raisons de ton silence, reviens.
"Je peux t'aider.
"Je t'aime."
...
Bip. -C'est elle.
-"OK, je suis d'accord, j'y serai." -Putain...
Je reviens.
Elle a répondu.
-On y va !
Alors ? -Elle est d'accord.
Elle va au rendez-vous.
-Attendez ! Le message
qu'a reçu Claire Jodelle... La dernière phrase a changé.
-"Là où gît la victime
"du mendiant".
-Non. J'avais écrit :
"Là où on s'est rencontrés." -Le tueur a intercepté le message.
-Et changé le rendez-vous.
-Il faut le retrouver. "La victime du mendiant", ça évoque quoi ?
-Je ne sais pas.
Le mendiant, c'est peut-être Savonarole.
-Savonarole ?
-C'est quoi ? -Savonarole ?
-Oui. -C'était
un prédicateur dominicain de l'ordre mendiant
qui s'est opposé aux Médicis. Botticelli l'a connu.
-OK. Et la victime ? -J'en sais rien.
-Votre femme avait étudié Savonarole ?
-Je crois pas.
-Non ?
-Non ! -Mme Chassagne, ça vous dit rien ?
Vous savez toujours tout ! -OK.
La victime, c'est peut-être Botticelli.
C'est super tiré par les cheveux. -C'est pas grave.
-Savonarole trouvait la peinture de Botticelli trop païenne.
-OK. Ca donne un lieu ? -Non, pas du tout.
-Merde.
-Je fais ce que je peux. Je vais réfléchir en silence.
-C'était pas contre vous. -Comme toujours.
Bon, Savonarole... Ah, il m'énerve !
Bon, Savonarole, Savonarole, Savonarole... Il prend le pouvoir
en 1495... Non, 94.
La fin du siècle approche, les gens ont très peur
de ses prédictions apocalyptiques. On veut expier ses péchés...
-Il a fait brûler tout ce qui pouvait corrompre les âmes, inciter
au péché. Le feu partout.
-Le Bûcher des Vanités. Il aurait brûlé certaines de vos oeuvres.
-Oui.
Alors je me suis éloigné des Médicis et de tous
mes anciens commanditaires.
Certains ont fini sur "la forca".
Je ne sais pas le traduire en français.
-La potence. -Si.
-La potence ?
Vos anciens commanditaires ?
Ne bougez pas.
Merci.
La victime du mendiant,
c'est Lorenzo Tornabuoni, pendu pour s'être opposé à Savonarole.
-Quel rapport avec le rendez-vous ? -C'est le commanditaire
des fresques de Botticelli du Louvre.
Regardez. Là, il y a Vénus... Il est là.
Votre femme est là-bas. -On y va. Go ! Go !
Sirènes.
...
...
...
-Si tu cries,
t'es morte.
-Que vas-tu me faire ?
Me tuer ici, devant tout le monde ? -Tu ne m'en crois pas capable ?
Je pourrais t'éclater le foie sans que tu ne puisses rien faire.
T'aurais si mal !
Ecoute bien.
Tellement mal que tu ne pourrais même pas crier.
Tu tomberais par terre.
Et le temps qu'on s'aperçoive que c'est pas un malaise,
je serais déjà très loin.
-Comment j'ai pu tomber amoureuse de toi ?
Je suis trop bien avec toi.
Je vais le quitter. Je veux vivre avec toi.
-Bientôt. Mais c'est trop tôt.
-Tu avais tout calculé depuis le début.
C'était facile.
Je travaillais pour Derosset,
j'étais la femme délaissée de ton pote...
Tu ne pouvais pas espérer mieux. -T'as mis 7 ans à comprendre ça ?
Bravo.
Tu connais bien l'appart de Derosset. T'y es allée souvent.
Avec ça, je t'assure,
plus de problèmes. On partira tous les deux.
-Claire ?
-Putain, je l'ai tué...
Il est mort...
Guillaume, on fait quoi ?
Faut appeler la police.
-Non.
Tu dois partir,
loin. -Non...
-Si, si... -Je veux pas te laisser,
te quitter...
-La police doit ignorer qu'on est ensemble.
-Et l'étendard ? -Je vais le détruire.
-Quoi ?
Non...
Non, non, non, non...
-C'est une pièce à conviction !
Y a tes empreintes dessus.
-Tu as tué cette fille.
-Elle m'a volé l'étendard. Elle avait
la photo. Cette conne allait me faire chanter.
Allez, prends ton sac et avance.
-Allez, go, go, go !
...
-Police !
Lâche ton arme.
Lâche ton arme !
Tout de suite.
Lâche ton arme !
-Dépêche-toi.
Dépêche-toi !
Un geste de merde, je t'allume.
Dépêche-toi.
...
-Par ici.
-On va en face.
Entrez là.
Asseyez-vous là.
Asseyez-vous.
Patientez, on va venir vous chercher.
...
-C'est votre chevalier ? -Hum...
-Vous lui écrivez ?
-Ouais, enfin... J'essaie.
Je ne veux plus être sa muse.
Il y a eu tromperie sur la marchandise.
-Pourquoi ?
-On ne parle pas d'amour, là, mais d'un énorme malentendu.
Signal de messagerie.
Voilà. Quand on parle du chevalier, on voit sa lance.
...
-Bonsoir.
-Bonsoir. Excusez-moi mais je suis très enrhumée.
Du coup, j'ai la voix complètement cassée.
Je suis désolée. *-Heu...
Je suis désolé pour toi.
Alors, heu...
Ta vidéo est désactivée. Ton écran est noir.
Tu ne mets pas ta caméra ? -Non, je préfère pas.
-OK... D'accord.
Ecoute, heu... Je ne sais pas si tu es venue au rendez-vous.
Je ne sais pas si tu m'as vu avec cette fille.
-Ben...
-Non mais, heu... Attends... Ne réponds pas,
enfin, je préfère ne pas savoir.
Voilà, je, heu...
Je voulais te...
Te... Te... Te dire que j'ai bien réfléchi,
et que je pense que si on ne s'est pas vus, c'est que...
Enfin, il ne fallait pas que ça se fasse.
Voilà.
-Excuse-moi, mais je...
Je ne comprends pas.
-En fait, je me suis rendu compte... que...
Enfin, la fille dont je te parle, là,
heu...
J'arrive pas à l'oublier.
C'est pour ça. Je ne suis pas prêt à rencontrer quelqu'un d'autre.
Heu... Allô ? T'es encore là ? Comme je ne te vois pas, je...
Allô ?
-Oui...
-Voilà. Cette fille,
je lui ai fait beaucoup de mal
et, heu...
J'ai pas encore fini mon histoire avec elle.
Je préfère être...
Etre honnête avec toi.
Je me suis un peu menti à moi-même...
Je me suis beaucoup menti à moi-même.
Voilà. Je préfère ne pas te mentir. On se connaît pas,
ce serait con.
Donc voilà... Je préfère qu'on en reste là.
Je vais... Je vais quitter la conversation.
Heu...
Au revoir.
-Au revoir.
...
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