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Donc c'est pour le New York Times ?
Non, je suis d�sol�, c'est... c'est...
Non, je suis pigiste. J'�cris pour diff�rents magazines.
Je suis l� pour une raison personnelle.
Pour une raison personnelle ?
Oui, d�sol�. �a vous va ?
Oui, aucun probl�me.
Vous voulez m'expliquer de quoi il s'agit ?
C'est � propos de mon fils.
Et comment puis-je vous aider ?
Y a...
y a des moments...
o� je regarde ce jeune homme,
ce gar�on que j'ai �lev�,
que je croyais conna�tre par c�ur,
et je me demande qui il est.
Il consomme toutes sortes de drogues.
Mais il est accro au crystal meth,
qui semble �tre la pire drogue de toutes.
Et je suppose que je suis ici
parce que j'aimerais en savoir...
le plus possible � propos de cette drogue.
Connais tes ennemis, pas vrai ? Donc...
... mes deux grandes questions sont :
qu'est-ce que cette merde fait � mon fils ?
Et comment je peux l'aider ?
UN AN PLUS T�T
H�pital g�n�ral Marin. Comment puis-je vous aider ?
Bonjour. Mon fils a disparu
et je voulais v�rifier
s'il n'avait pas �t� transport� chez vous
ou s'il n'y avait pas eu un accident.
Puis-je avoir un nom et une description, monsieur ?
Nicholas Sheff. S-H-E-F-F.
Il a...
18 ans.
Il mesure un peu plus
de six pieds.
Il p�se 130 livres, peut-�tre moins, je sais pas.
Il a les cheveux bruns aux �paules
et les yeux verts.
Merci, attendez un instant.
OK.
- Monsieur Sheff ? - Oui ?
Nous n'avons aucun patient r�pondant � ce nom.
OK. Merci.
�a fait deux jours qu'il est parti.
Comment �a, parti ? Qu'est-ce qui se passe ?
J'en sais rien,
j'en sais rien.
Deux jours ? Pourquoi tu m'as pas t�l�phon� plus t�t ?
Je voulais pas t'inqui�ter, je suppose. J'ai cru...
Je suis sa m�re, David. T'avais rien vu venir ?
- Non. - Quoi ?
J'avais rien vu venir, non.
Si �a avait �t� le cas, j'aurais fait quelque chose.
C'�tait juste une question, David, Seigneur !
Je lui ai pas beaucoup parl� ces derniers temps.
Peut-�tre bien que tu devrais t'abstenir de me donner
des conseils parentaux dans ce cas-l�.
Merde, Vicki !
Est-ce qu'on pourrait �viter de se bl�mer l'un l'autre ?
Mais qui bl�me qui en ce moment ?
Si je le vois aussi peu, c'est parce qu'il trouve toujours
une raison de ne pas venir me voir � Los Angeles
comme pr�vu durant ses vacances.
Mais �a, c'est pas ma faute. On est d'accord ?
Nic, voici ton petit fr�re.
Attends, tiens-lui bien la t�te.
Salut, petit fr�re. Bienvenue.
Salut, Jasper. Salut, petit bonhomme.
C'est merveilleux.
Il tire la langue, regarde.
Salut. C'est super.
- Au revoir. - Au revoir.
- Tu vas me manquer cet �t�. - Toi aussi.
- �cris-moi, OK ? - Et r�pondez-moi.
- Mange plein de croissants. - Oui, madame.
Passe un bel �t�. Et dis bonjour � ta m�re.
Plus que tout.
Plus que tout.
UN GAR�ON MAGNIFIQUE
H� ! Attrape-moi !
Allez, viens.
C'est magnifique !
H� ! O� t'�tais pass� ?
Papa, il faut juste que je dorme.
Qu'est-ce que tu faisais ?
Il faut que je dorme, OK ? Laisse-moi tranquille.
Les enfants, descendez.
Je vous rejoins
dans une minute.
�coute, papa, je suis vraiment...
Je suis vraiment d�sol�, d'accord ?
Et j'ai fait des conneries, j'aurais pas d�,
mais �a ne se reproduira plus, OK ? J'ai appris ma le�on.
Je ne veux plus revivre un enfer comme �a, d'accord ?
Vaut mieux entrer tout de suite.
Ce sont des professionnels. Allons voir
ce qu'ils ont � nous dire, d'accord ?
�coute, j'ai 18 ans ! T'as pas le droit de me forcer. Arr�te !
La situation d�g�n�re. T'es d'accord ?
Tu trouves pas ?
S'il te pla�t.
OK. �a va, OK.
OK.
Mais si j'y vais, c'est pour toi.
Il lui faut un traitement, et rapidement.
Il y a encore beaucoup de drogues dans son syst�me.
Et le pire, c'est qu'il est en plein d�ni.
Est-ce que vous pouvez l'aider ?
Oh oui. Je veux dire :
la plupart des gens ne sont pas ici par choix.
Ils ont pourtant
la m�me chance que les autres.
OK.
Donc, nous avons une place de libre.
Si vous le souhaitez, on peut commencer
par un traitement de 28 jours puis faire une �valuation.
Quel est votre taux de r�ussite ?
Dans les meilleurs cas, 80 %.
Dans les cas lourds,
25 %.
�coutez, il b�n�ficiera de consultations quotidiennes
avec un psychiatre et un m�decin.
Il participera � des rencontres NA et AA chaque jour.
Il sera surveill� de tr�s pr�s.
Merci.
Et la derni�re page.
Plus que tout.
Plus que tout.
Pourquoi tu restes enferm� dans cette chambre ?
Tu n'en sors pratiquement jamais.
T'es comme un vampire.
Je lis. Je dessine.
Tu sais ce qu'on devrait faire ?
On devrait aller surfer.
Ouais.
�a te plairait ?
J'ai un peu d'autres int�r�ts maintenant, tu comprends ?
Lire des misanthropes et des �crivains profond�ment d�prim�s ?
Je t'en prie, ils sont plut�t g�niaux, non ?
Je comprends.
�a va te passer.
�a passe toujours.
Qu'est-ce qui passe ?
Le sentiment d'�tre ali�n�.
Et isol�.
�a m'aide vraiment.
Merci pour les conseils, papa.
OK.
Excuse-moi, je me suis mal exprim�.
D�sol�.
OK, c'est ton id�e.
Salut.
H�, papa.
Nous sentons qu'il fait d'�normes progr�s.
Pas vrai, Nic ?
- Salut. - H�.
Content de te voir.
C'est bien.
Je crois qu'on devrait parler
des prochaines semaines, Nic.
Je crois que j'ai besoin...
... que j'ai besoin de plus de temps en d�sintox.
Donc si �a vous va, je crois que le mieux pour moi,
�a serait de rester en maison de transition.
La maison de transition est un milieu de vie ouvert.
Avec des suivis tous les soirs.
Et nous l'aiderions
� trouver un emploi.
Oui, je veux pas aller � l'universit�.
Pour le moment.
OK.
Et tu vas faire quoi ?
Je crois que j'ai besoin
d'�tre ind�pendant.
Papa, c'est la meilleure solution.
Ce sera bon pour moi.
Qu'est-ce qu'il va faire ? Servir du caf�
- le reste de ses jours ? - Tu sais, Fr�d�ric m'a dit
qu'ils ont des amis qui ont un fils
qui a suivi un programme de quatre semaines.
Mais c'�tait pas suffisant.
Maintenant, il suit un programme d'un an.
Je pr�f�rerais que tu parles pas de �a � n'importe qui.
Depuis quand tu me demandes de garder des secrets ?
C'est pour prot�ger Nic. � un moment ou � un autre,
il va vouloir passer � autre chose.
Et ce sera plus facile si tout le monde n'est pas au courant.
OK.
Est-ce que tu pourrais ne pas ramener �a � moi ?
D'accord, t'as raison.
�coute, Nic a besoin de plus de temps.
C'est pas la fin du monde. OK ?
- OK. - OK ?
Oui, OK.
Chut !
David Sheff.
Bonjour, monsieur Sheff.
Ici Annie Goldblum, du centre Holoff.
Oui, bonjour.
D�sol�e de vous d�ranger,
mais je dois absolument vous parler de Nic.
OK.
Il a quitt� le centre aujourd'hui
durant la p�riode de temps libre
et il n'est toujours pas revenu.
Je suis d�sol�e, monsieur Sheff.
Mais ne vous d�couragez pas, �a arrive.
Mais je croyais que vous disiez qu'il allait bien.
Dites-vous que �a fait partie du processus.
Les rechutes font partie de la gu�rison.
Les rechutes font partie de la gu�rison ?
Oui, elles font partie
du processus d'apprentissage de Nic.
Bien, c'est comme dire
que les �crasements forment les pilotes.
�coutez, il reviendra, et probablement tr�s vite.
Est-ce que quelqu'un est parti � sa recherche ?
Il n'est plus sous notre responsabilit�
une fois qu'il quitte le centre.
- OK. - Mais il est le bienvenu...
Excusez-moi.
Est-ce que vous avez vu un jeune homme tra�ner par ici ?
- Han-han. - Non ?
- Non. - OK, merci.
Ils ne veulent pas se m�ler de �a.
Papa ? Tu veux fumer �a avec moi ?
H� ! Attends. Quoi ? Arr�te.
- Range-moi �a. - On va le fumer tous les deux.
Non ! T'as perdu la t�te ? C'est ridicule.
Je sais que tu fumes.
Eh bien, ouais, OK.
- Alors, fumons ensemble. - Occasionnellement.
Pourquoi tu fumerais pas avec moi ?
Je peux aussi le fumer tout seul.
Non, arr�te, �a suffit. �a suffit.
Tu sais quoi ? T'as raison. Je vais le fumer tout seul.
Non. Occasionnellement. De temps en temps,
�a m'arrive de fumer un coup ou deux � une f�te,
mais �a fait longtemps.
Dans ce cas-l�, consid�re que tu fumes un joint
pour c�l�brer avec ton fils, c'est tout.
Non. Seigneur, je t'en prie.
Ah non, t'es merveilleux.
T'as fait six demandes d'admission � l'universit�
- et elles t'ont toutes accept� ? - Ouais.
Arr�te de douter de toi-m�me. Regarde-toi.
Donne-moi �a. Donne-moi �a.
Quoi ?
C'�tait cool...
Quoi ?
Merci, c'est g�nial...
... faire �a avec toi.
�a fera un beau souvenir.
T'as consomm� beaucoup. Non ?
J'ai... ouais, je te le cacherai pas.
J'ai essay� quelques drogues. C'est vrai.
Mais c'est pas sans danger.
Je savais que t'allais dire �a. Tu vas me faire un sermon ?
- C'est �a ? - Ouais.
Tu t'inqui�tes trop, d'accord ?
Tout le monde le fait.
Mais sois prudent.
C'est juste un peu de pot. Je m'amuse un peu.
C'est juste... j'en fume une fois de temps en temps.
Je m�rite de m'amuser un peu, non ?
"Je m�rite de m'amuser."
Je crois que oui. �coute... �a m'aide � relaxer un peu.
�a m'aide � passer au travers
de la stupidit� de la r�alit� quotidienne.
Hum. Qu'est-ce qu'elle a de stupide, la r�alit� ?
La r�alit�, c'est...
qu'un encha�nement de choses sans importance.
OK.
Tu peux pas dire des conneries comme �a.
Sinon, tu finiras par les croire.
C'est �a.
Signes et sympt�mes du crystal meth.
Une drogue stimulante tr�s addictive...
Le crystal meth peut changer
l'humeur d'une personne tr�s rapidement.
Il peut la rendre col�rique ou violente.
Merci de l'avoir apport�, Karen. Vraiment.
C'est ma maison.
Y a quelques semaines, tu m'as dit
que t'avais pris du crystal meth qu'une fois.
Mais je pr�sume que tu m'as pas racont� toute l'histoire,
pas vrai ?
Y a forc�ment plus. Ouais, hein ?
- David. - On doit savoir.
On doit savoir.
Je crois que �a m'a toujours plu.
Quoi ?
Ces trucs-l�, le pot, l'alcool,
l'ectasy, la coca�ne, le LSD.
Et tu consommes depuis longtemps ?
Des ann�es ?
Quelques ann�es, oui.
Et le crystal meth ?
Seulement quelques mois.
Pourquoi ?
J'en sais rien...
Quand j'ai essay�, je me suis senti...
Je m'�tais jamais senti aussi bien, donc...
j'ai continu� d'en prendre.
Je m'inqui�tais que tu fumes
trop de pot, pendant que toi,
tu consommais toutes les drogues de la plan�te ?
Et tu te cachais et tu mentais ?
Pourquoi ?
J'en sais rien, je...
Pourquoi, Nic ? Dis-moi pourquoi !
- Du calme. - J'en sais rien.
Je croyais qu'on �tait proche.
Plus proche que la plupart des p�res et leurs fils.
Oui, j'ai toujours
l'impression de te d�cevoir.
T'es d��u que je sois pas all� � l'universit�...
Et �a te surprend ?
Nic, y a pas si longtemps,
tu lisais et tu �crivais. Tu faisais partie
de l'�quipe de water-polo.
Et maintenant, regarde-nous !
- Papa... - C'est pas nous, �a !
�a ne nous ressemble pas !
Arr�tez tous les deux,
je vous en prie.
Papa, je suis vraiment d�sol� � propos de tout �a.
Papa, je...
Je suis vraiment d�sol�, papa.
Nic, ce que tu as,
tu vas le retrouver.
Ce qui s'est �teint en toi va se rallumer.
Ah ! Ah !
Va chercher !
Nic !
Nic !
Nic !
Nic !
Nic !
Wouhou !
- Salut, papa. - Salut.
- Alors, New York ? - �a se passe bien.
J'ai fait une bonne entrevue aujourd'hui.
- Super. - Comment tu vas ?
Oh, je vais bien. Ouais.
Ouais, t'en es s�r ?
Ouais, �a va. C'est juste que...
Quoi ?
C'est...
Qu'est-ce qui se passe ?
Bien... on a eu une super rencontre de groupe
et l'un des gars a dit qu'il ferait n'importe quoi
pour avoir la chance d'aller � l'universit�,
- sauf qu'il peut pas. - OK.
Et quand je lui ai parl� ensuite, il a dit :
"Tu peux encore aller � l'universit�, sois pas idiot.
"Saisis ta chance."
Je sais pas, �a m'a remu�. Je me suis rendu compte...
que je veux pas rester derri�re.
J'adore �crire et je sens que...
je suis plut�t dou� et j'�cris beaucoup,
mais �videmment, il me reste encore...
beaucoup de choses � apprendre.
En tout cas.
J'aimerais bien essayer si �a vous va,
� toi, maman et Karen.
Ouais, je vais parler � Karen et � ta m�re.
T'as rencontr� ton colocataire ?
Il a l'air sympathique. Il est dans le corridor.
Je compatis avec toi. Outch !
T'inqui�te pas, je vais l'�duquer.
Avant m�me qu'il s'en rende compte,
il sera fan de John Zorn.
Bon, il vaut mieux que j'y aille.
D'accord.
Plus que tout.
Plus que tout, oui.
C'est un po�me de Charles Bukowski.
Cet homme m'a sauv� la vie plusieurs fois, alors...
"J'ai chang� d'emploi et de vie.
"Je d�testais les vacances,
"les b�b�s, l'histoire,
"les journaux, les mus�es,
"les grands-m�res, le mariage, les films,
"et puis les araign�es,
"les �boueurs, les accents anglais,
"l'Espagne, la France,
"l'Italie,
"les noix et la couleur orange.
"L'alg�bre m'enrageait.
"L'op�ra me rendait malade.
"Charlie Chaplin �tait un hypocrite.
"Et les fleurs, c'�tait pour les tapettes."
Merci.
Viens.
H�.
- Tu veux du pain ? - Euh...
C'est quand m�me � trois heures d'avion...
Excuse-moi.
Vous pouvez me dire o� est la salle de bains ?
Bien s�r.
Tout va bien ?
- Salut, papa. - Salut, Nic.
Comment tu vas ? Comment �a se passe ?
Tout se passe vraiment bien ici.
Et merci pour l'argent. C'est tr�s appr�ci�.
Des injections plus s�curitaires...
NOUS T'AIMONS, NIC. BIENVENUE ! - Ouais, tu t'empiffres toujours de fondue.
Ah, Patrick et Phil partent en randonn�e demain.
Ils aimeraient qu'on se joigne � eux.
Fais comme si tu les voyais pas.
OK, ils sont cach�s ?
Est-ce que Jasper et Daisy sont � la maison ?
- Ils sont pas ici. - Non.
- Ils voulaient pas me voir ? - Non.
- BOUHOU, NIC ME MANQUE - Ah, �a me fait de la peine.
Tant pis, dans ce cas, je vais m'asseoir ici...
et penser � tout �a, hein ?
Mon Dieu !
Mon Dieu, c'est Daisy !
Ah, Jasper ! Mon Dieu !
Vous avez tellement grandi en mon absence.
Mon Dieu, vous �tes trop...
- Danemark, 1632. - Non.
Nous...
Nous aimerions nous rem�morer l'invention du hula hoop.
Un �v�nement tr�s important
pour la culture de la paix et de la sagesse.
C'est un homme
qui s'appelait Georges...
Hoop Hulu. Il s'est dit... Et il s'est dit...
Il s'est dit : Tiens,
j'aimerais bien d�velopper quelque chose qui...
Salut.
Salut.
Je me demandais :
est-ce que je pourrais prendre la voiture ce soir ?
Parce que j'aimerais aller � une r�union.
T'as une r�union ce soir ?
- Hum. - Ouais, bien s�r.
�a va ?
Ouais.
Ils sont adorables.
Oui. Ils sont contents que tu sois de retour.
On se revoit demain matin alors.
OK.
� demain.
Ouais ?
Je suis d�sol�.
C'est pas moi qui l'ai !
O� est-ce qu'il est ?
- Je l'ai pas pris ! - Les enfants !
- Je l'ai pas pris ! - O� est-ce qu'il est ?
Les enfants, �a suffit, calmez-vous ! Une seconde.
Qu'est-ce qui se passe au juste ?
- Elle a pris mon argent. - Je l'ai pas pris !
D'accord.
Je t'en prie, va voir maman
- en bas, d'accord ? - Tu l'as pris !
Non, non ! Arr�te.
Je l'ai pas pris, papa.
Je sais que tu l'as pas pris, ch�rie.
Pour l'instant, descends et va d�jeuner.
Qu'est-ce qui s'est pass� ?
Je n'ai plus d'argent.
OK. Et t'es certain qu'il �tait l�-dedans ?
Ouais. Je suis s�r qu'il �tait l� hier.
OK.
Les �conomies de Jasper ont disparu.
C'est bizarre.
Est-ce que t'as pris ces huit dollars ?
Quoi ?
T'as tr�s bien compris.
Pourquoi j'aurais fait �a ?
L'argent a disparu. Il faut bien que quelqu'un l'ait pris.
Donc c'est moi.
�a, c'est vraiment ridicule. C'est...
T'as recommenc� � consommer ?
Est-ce que je consomme ? Non.
Est-ce que tu es drogu� en ce moment ?
Pourquoi tu... Non. Va te faire foutre.
"Va te faire foutre" ? Me parle pas comme �a.
Est-ce que tu es drogu� en ce moment ?
Non.
T'as pas recommenc� � consommer ?
As-tu rechut� ?
Non, papa, merde, je suis pas gel� en ce moment !
OK.
�coute...
c'�tait risqu� de t'envoyer � l'universit�,
mais tout le monde t'a fait confiance.
Je suis content que tu y sois all�.
Les rechutes font partie de la gu�...
Les rechutes font partie de la gu�rison.
Alors, on va te...
Vaut mieux que je parte.
David, pour aller o� ?
Attends, o� est-ce que tu comptes aller ?
Tu peux pas juste partir, c'est ridicule.
Tu veux pas qu'on discute ?
Sinc�rement, nous, tout ce qu'on veut, c'est te parler.
Pourquoi tu nous aiderais pas � comprendre ? Explique-nous.
Ce qu'on veut, c'est t'aider.
J'en veux pas de votre aide. Vous comprenez pas �a ?
Merde ! Qu'est-ce qui se passe dans vos petites t�tes de con ?
Pourquoi vous continuez de vouloir me sauver ?
Vous voyez pas que vous m'�touffez ?
Vous m'�touffez ! Fait chier, merde !
Alors, c'est nous ? C'est nous qui avons un probl�me ?
Ouais, t'as raison, c'est toi, notre probl�me.
C'est toi, la cause de tout �a !
Et t'es la seule personne qui peut tout r�soudre.
Alors r�sous-le ! Et vite !
Merde.
Merde !
Merde !
"Fant�me squelette avec une chevelure cool.
"Croisi�re alcoolis�e."
"�a va, tout va tr�s bien.
"Quel mal un seul Percocet peut faire ?
"Le probl�me, c'est que, plus les mois passent,
"plus on oublie pourquoi on doit �tre sobre.
Je me convaincs que je n'ai pas perdu le contr�le."
"Quand j'ai d�couvert la drogue,
"mon monde est pass� du noir et blanc au multicolore.
"Je pourrai jamais revenir en arri�re,
"alors, je dis aux gens ce qu'ils veulent entendre."
"Les choses se d�gradent plus rapidement."
"Plus je consomme, plus j'ai honte de ce que je fais
"et plus j'ai envie de consommer pour oublier."
"Revenir en arri�re me semble de plus en plus impossible."
"Difficile de trouver de la meth ici,
"alors, je vais acheter de l'h�ro�ne.
"Le mieux, c'est d'avancer, de m'enfoncer,
"sans jamais regarder derri�re."
Donc c'est pour le New York Times ?
Non, je suis pigiste. J'�cris pour diff�rents magazines.
Mais je suis l� pour une raison personnelle.
Pour une raison personnelle ?
Oui, d�sol�. �a vous va ?
Oui, aucun probl�me.
Vous voulez m'expliquer de quoi il s'agit ?
C'est � propos de mon fils.
OK.
Il consomme toutes sortes de drogues.
Mais il est accro au crystal meth,
qui semble �tre � mes yeux la pire de toutes.
Et je suppose que je suis ici
parce que j'aimerais en savoir le plus possible
� propos de cette drogue.
Donc le crystal meth procure au toxicomane
un sentiment d'euphorie instantan�.
Du moins lorsqu'il en prend.
Par contre, lorsque les effets se dissipent,
son niveau de dopamine diminue de 60 %.
Ce qui le pousse � augmenter la dose.
Il doit la doubler, la tripler
pour simplement ressentir quelque chose,
causant encore plus de l�sions nerveuses,
ce qui augmente la compulsion de se droguer.
Un cycle horrible.
Qu'est-ce que tu fais ?
Je fais seulement quelques recherches.
Salut.
Est-ce que t'as faim ?
Tu veux manger quelque chose ?
La plupart des gars me demandent des pipes.
Non, non, je te propose seulement d'aller manger
et peut-�tre parler, si t'en as envie.
Le crystal meth change physiquement le cerveau.
Ici, on peut voir la perte
de r�cepteurs de dopamine
dans le cerveau d'une personne d�pendante au meth.
Maintenant, je vais vous montrer autre chose.
Vous voyez, juste l�, y a deux grosses taches.
- Les grosses taches rouges ici. - Oui.
Ces taches montrent une hyperactivit� dans l'amygdale.
On appelle aussi amygdale la partie du cerveau
qui est li�e � l'anxi�t� et � la peur.
Ici, l'amygdale indique une grande d�tresse.
�a nous montre clairement
qu'il existe une cause biologique expliquant
pourquoi les personnes d�pendantes � la m�thamph�tamine
sont incapables, pas r�ticentes,
mais simplement incapables de participer
� des programmes normaux de gu�rison.
Je suis aussi all�e en d�sintox.
Trois fois.
Je me suis enfuie chaque fois.
Pourquoi ?
C'�tait l'enfer. Je voulais mourir.
Pourquoi c'�tait l'enfer ?
Les conneries religieuses.
Et on peut pas savoir � quel point c'est bon
sans avoir essay�.
C'est difficile � expliquer.
On dirait l'effet de la coca�ne,
mais multipli� par mille.
Ou m�me un million.
Qu'est-ce que �a signifie pour Nic ?
�coutez, monsieur Sheff,
je ne sais pas qui vous a promis quoi,
mais son pourcentage de r�ussite se situe sous les 10 %.
OK.
Oui, mais tes parents ?
Quoi, mes parents ?
Tu crois pas qu'ils s'inqui�tent pour toi ?
Tu devrais pas... les pr�venir que...
�a les int�resse pas.
Bien, moi, je crois que oui.
Vous en savez quoi, vous ?
Je dois partir.
OK.
Merci.
Seigneur !
Je vais voir si tu comprends le klingon. Pr�t ?
- Tu sais ce que j'ai dit ? - Puis-je avoir du coca-cola ?
Exactement.
C'est �a !
C'est exactement ce que j'ai demand�.
Je peux avoir un coca-cola ?
D'accord. Si tu me le demandes en klingon,
peut-�tre bien que t'auras un coke.
Salut.
�a a pas du tout chang�, hein ?
Cet endroit.
H�, merde.
Alors, comment tu vas ?
Je vais tr�s bien.
Tu vois, je fais...
Je fais seulement ce que j'ai � faire.
Qu'est-ce que �a veut dire ?
J'essaie de devenir plus responsable.
Et j'ai arr�t�
la drogue tout seul, tu vois.
C'est mon cinqui�me jour.
J'ai l'impression que �a se passe bien,
mais j'aurais besoin de quelques centaines de dollars.
Nic, je peux pas te donner d'argent.
Oui. OK.
Et seulement 200 $, j'ai besoin de...
j'ai besoin de changer d'air. Je voudrais aller � New York.
- � New York ? - Oui.
Il faut que je quitte San Francisco.
Ici, y a trop de...
Je sens trop de mauvaises vibrations partout,
tout le temps.
Seulement quelques centaines de dollars.
On pourrait manger
puis en discuter. On peut faire �a, pas vrai ?
Comment vont Karen
et les enfants ?
Ils vont bien. Ils demandent de tes nouvelles.
C'est leur spectacle la semaine prochaine
et je sais qu'ils adoreraient...
Tu me fais culpabiliser, OK ?
Non, je dis seulement �a...
Je me sens coupable maintenant.
Je sais qu'ils voudraient que tu sois l�, c'est tout.
Je suis d�sol�, papa.
J'ai seulement besoin d'argent, OK ?
Alors, s'il te pla�t, de l'argent !
Ensuite quoi ? O� �a va te mener ?
Cette fois-ci, il faut que j'aille jusqu'au bout.
�a a l'air de marcher l� !
Je suis sobre depuis cinq jours.
�a a pas l'air de marcher.
Tu veux que j'aille en th�rapie ?
Reviens � la maison.
On va t'aider. Je t'en prie, Nic.
Je t'en prie.
Tu sais, j'ai fait des recherches.
- Comment �a, des recherches ? - Non, �coute-moi.
Tu crois que tu contr�les la situation.
Et moi, je comprends � quel point tu as peur.
Je comprends pourquoi je fais les choses,
�a m'emp�che pas de les faire.
Je suis attir� par la folie.
Et toi, �a te fait chier, parce qu'avant,
j'�tais ta petite chose merveilleuse,
ta prodigieuse cr�ation, je sais pas.
Et t'aimes pas ce que je suis devenu.
Ouais ? Qui es-tu, Nic ?
D�sol�, papa,
je suis moi, je suis personne d'autre que moi.
T'aimes pas ce que tu vois.
Tu sais, plus j'y pense, plus je me dis...
... que maman aurait d� obtenir ma garde.
Parce que le truc avec toi, c'est que tu dois
tout contr�ler tout le temps. C'est �a le probl�me.
T'as le droit d'�tre f�ch� contre moi, Nic.
J'ai fait des erreurs,
j'en suis conscient. J'aimerais que �a soit pas le cas,
mais �a l'est. Mais, Seigneur,
ce que tu dis en ce moment n'a absolument aucun sens.
- Tu le fais en ce moment ! - C'est pas toi, �a...
T'essaies de me contr�ler en ce moment !
- C'est la drogue qui parle. - Qu'est-ce que �a veut dire ?
La terreur psychologique ! Les toxicomanes en souffrent.
Et qu'est-ce que tu fais en ce moment ? C'est quoi ?
Qu'est-ce que tu fous l� ?
Merde.
Je voulais pas que �a se passe comme �a.
�coute, je dois y aller, papa.
Laisse-moi te louer une chambre dans un h�tel.
Au moins pour quelques jours.
Non, papa, je dois y aller.
Pourquoi on irait pas quelque part manger un peu ?
Tu peux me dire au revoir
- au moins ? - Salut, papa.
O� est-ce qu'il dort ?
T'inqui�te pas pour �a, ch�ri, il va bien.
Peut-�tre bien qu'il a un ami et qu'il dort chez lui.
Ouais, peut-�tre bien.
Je l'esp�re.
Est-ce que je peux l'appeler ?
Non. J'ai essay�, mais sa ligne a �t� coup�e.
Je lui envoie un message ? Peut-�tre qu'il le recevra
quand il rallumera son t�l�phone.
�a, c'est une bonne id�e.
Essayons �a.
- Dave ? - Ouais ?
- Dave, ferme les yeux. - OK.
Et rouvre-les.
All� ?
Ici Julie Ford, de l'h�pital Bellevue, � New York.
Est-ce que Nic Sheff est votre fils ?
Monsieur Sheff, d�sol� qu'on se soit rat�s plus t�t.
Donc Nic a encore des difficult�s � respirer,
mais ses signes vitaux redeviennent normaux.
Il est encore faible.
Monsieur, nous sommes pr�ts � d�coller.
OK. Est-ce que je peux lui parler ?
Non, �a ne sera pas possible...
Monsieur, vous devez �teindre votre t�l�phone.
... vaut mieux ne pas le r�veiller.
Rappelez dans quelques heures, d'accord ?
- OK. - Monsieur.
- Pourriez-vous lui dire que... - Monsieur, s'il vous pla�t !
Pourriez-vous lui dire que je viens le rejoindre.
- Il est parti. - Quoi ?
Malgr� ce qu'a dit le m�decin.
Non ! Non, il a fait une overdose.
D�sol�e, monsieur, il a retir� la perfusion
et le cath�ter et il est parti.
�a fait longtemps ?
Dix ou 15 minutes. Je suis d�sol�e, monsieur.
Oui, all� ?
�coute, j'ai bien r�fl�chi et les drogues,
c'est fini pour moi, c'est termin�.
Je te le dis, papa.
J'arr�te.
Et comment tu comptes t'y prendre ?
Je veux dire : apr�s ce qui vient de se passer.
Si vous vous trouvez dans cette zone,
les ordres d'�vacuation
et les d�tails concernant
les centres de relocalisation...
� 15 h, on a une conf�rence t�l�phonique
avec les gens du Mississippi.
� 15 h 30, avec ceux du Nouveau-Mexique
et � 16 h avec ceux de l'Oregon.
J'ai fait des recherches
sur le centre du Nouveau-Mexique.
On parle de 40 000 $ par mois.
Tu sais, il est m�me pas si bien cot�, oublions celui-l�.
�coute, j'ai peut-�tre trouv� une place ici � Los Angeles.
Je crois que �a serait une bonne solution en ce moment.
On devrait me rappeler d'ici une heure.
Prends une pause, David.
Pourquoi tu me laisses pas prendre le relais ?
- Papa ? - Ouais ?
Est-ce que tu peux venir me voir toutes les 15 minutes ?
Ouais.
Tu veux vraiment apporter tous tes dinosaures ?
OK.
Tu veux apporter un livre ?
Non ? OK.
T'es pr�t ?
Tu me fais un c�lin ?
Non ? Pourquoi pas ?
T'es f�ch� contre moi ?
Parce que tu dois partir ?
OK.
Bien...
Tu seras content de voir maman, par contre, non ?
Oui.
Je veux que tu saches une chose.
Quand tu vas revenir, je t'attendrai ici.
Je te le promets. Je t'assure que je serai l� � t'attendre.
OK ?
Et appelle-moi si je te manque
et je t'appellerai aussi.
Est-ce que tu sais que je t'aime tr�s fort ?
Parmi tous les mots de toutes les langues du monde,
y en aucun assez fort pour d�crire � quel point je t'aime.
Et m�me en rassemblant tous ces mots,
�a ne d�crirait pas encore ce que je ressens pour toi.
Mon amour pour toi surpasse tout.
Je t'aime plus que tout au monde.
Plus que tout ?
Ouais, plus que tout.
C'est ma m�re !
Je suis contente que tu sois � Los Angeles.
Tu le sais, �a.
Tu peux pas savoir ce que c'est !
Embarque pas l�-dedans, non, s'il te pla�t.
D�sol�e.
Je pouvais pas penser � autre chose que toi.
Je sais que �a peut para�tre sans importance,
mais je suis d�sol�.
Je suis vraiment d�sol�.
Nicky !
Approche.
Tu es mon petit ange.
Tu le sais, �a, pas vrai ?
Allez, p�dale, vieux schnock !
Tu sais que t'es vraiment irrespectueux ?
Je suis pas irrespectueux !
On doit respecter ses a�n�s !
Je me rapproche !
T'as qu'� me regarder les fesses !
Elles sont belles, mes fesses, non ?
OK ! Tant pis !
C'est comme �a que tu me remercies ?
Debout !
Je suis une vraie p�te molle.
- Tr�s molle. - Oui ! Vraiment.
Comment tu te sens ?
Je me sens comme un v�ritable �tre humain.
On va rentrer avant qu'il fasse nuit.
Un jour, j'ai essay� la m�thamph�tamine.
Ouais, c'�tait cool !
Et j'ai pens�...
que c'�tait �a qui me manquait.
Je me suis senti combl�.
C'est une bonne journ�e.
Et je recherche ce m�me sentiment depuis ce jour-l�.
Peu importe...
la quantit� de meth,
ou peu importe quelle autre merde je trouve � m'injecter,
peu importe, �a ne suffit jamais.
Et j'ai fait quelques cures de d�sintox,
et certaines ont march�,
et on m'a parl� de maladies, bien s�r.
Mais j'ai jamais compris.
Jusqu'� ce qu'un jour, je me r�veille dans un h�pital et...
et qu'une personne me demande :
"C'est quoi, ton probl�me ?"
Et que je r�ponde : "Je suis un alcoolique et un drogu�."
Et qu'il dise :
"Non, �a, c'est ta fa�on de r�gler ton probl�me."
Exact.
Je sais maintenant que je dois trouver un moyen
de combler...
cet �norme trou noir en moi.
En tout cas, je suis sobre depuis 14 mois.
Je travaille dans un centre de d�sintox.
C'est gratifiant d'aider les autres � redevenir sobres.
Et j'ai un parrain, Spencer.
Il me montre que ma vie peut �tre g�niale
quand je suis sobre.
Et j'ai toujours ma famille.
Ma m�re a �t� fantastique.
Mon p�re a �t� fantastique aussi.
Je veux qu'ils soient fiers de moi.
Tu vas bien ?
Qu'est-ce qui va pas ?
- T'es nerveux ? - Ouais.
Merci de m'�pouser.
Merci d'�tre le partenaire parfait
dans un monde imparfait.
Merci de m'avoir fait conna�tre ton merveilleux fils.
Sache que je suis l� pour toi et que je suis l� pour rester.
Karen, merci.
Merci de m'aimer.
Et merci d'aimer mon fils.
Il me regarde droit dans les yeux et dit :
"Superman est le meilleur."
Je veux dire : je suis son p�re.
Salut. Content de te voir ! H� ! Salut, Daisy !
H� ! Daisy !
Salut !
H� ! Jazzy Jeff ! Comment tu vas, mon grand ?
Tu sais que tu m'as manqu�
autant que le soleil s'ennuie de la lune la nuit ?
- Salut, Karen. - Salut !
Merci de m'avoir invit� � venir. S�rieusement.
Cours ! Daisy, cours ! Cours, cours, cours, Daisy !
Cours, Daisy !
Ch�rie !
Vas-y, Daisy, vas-y !
G�nial !
Moi aussi, Nic !
- Toi ! - Daisy !
"Si le marqueur est �puis�
"dans le cerveau des accros au meth, il est probable
"qu'il y a une perte de terminaisons nerveuses
"et que les dommages au cerveau soient irr�versibles.
"Par contre, lorsque j'ai fait le test VMAT2,
"les niveaux semblaient normaux."
Et �a, c'est encourageant ?
Oui. Normaux. Au point o� on en est, ouais.
Ils le sont.
OK. Je voulais �tre certaine.
- Non, c'est bien. - OK.
Autrement dit, les ter...
les terminaisons nerveuses br�l�es par Nic
pourraient se r�g�n�rer.
�a pourrait prendre deux ans, mais...
- Deux ans ! - Ouais.
Mais c'est g�nial, David.
- H� ! - Salut.
T'es en retard.
Oui. C'�tait une r�union g�niale.
Apr�s, on est all�s chez un des intervenants
et on a regard� une vid�o et...
Quelques-uns des gars que je parraine �taient l�.
Donc, c'est...
Pas de t�l�phone ?
Mon cell �tait mort.
Est-ce que tu serais d'accord pour passer un test ?
Ouais. Ouais.
OK.
Tu comprends pourquoi, n'est-ce pas ?
Ouais, je comprends.
J'aurais d� t'appeler pour te pr�venir, alors...
Je te fais confiance.
Mais on a besoin d'avoir un genre de preuve.
Y a pas plus contradictoire
que ce que tu viens de dire, mais...
Je sais, je sais.
Je vais le faire, je vais le faire.
J'ai rien � cacher.
OK.
Tu t'en sors bien.
Je le pense vraiment.
J'ai calcul� : 485 jours de sobri�t�.
Je trouve �a super.
Je laisserai l'�chantillon dans la salle de bain.
- Bon, bonne nuit, papa. - Bonne nuit !
- Je t'aime. - Je t'aime aussi.
- OK, Jasper, t'es pr�t ? - Ouais !
Allons-y ! Allez, allez !
Eh ! Non ! Attendez !
Jasper ! Je veux pas que t'ailles l�-bas.
Maman, j'irai pas loin ! Je te le promets.
Les vagues sont trop grosses. C'est trop dangereux.
J'ai surf� des vagues plus grosses que celles-l�.
- Je sais, mais je veux pas... - Je resterai pr�s de lui.
Nic restera pr�s de moi. Tu vois ?
Karen, je resterai pr�s de lui.
Nic peut y aller, �a va. Mais toi, non !
Et c'est non n�gociable.
- C'est ce qu'on va voir ! - H� !
OK ! �a va.
�a va.
Tu veux jouer � un jeu � la place ?
- Ouais. - Ouais ?
Es-tu une planche de surf ?
- Non. - Non ?
Es-tu une bicyclette ?
Non !
OK ! Es-tu comestible ?
- Pas vraiment. - Pas vraiment ?
Pas vraiment.
Donc, plus ou moins. OK.
Es-tu une maison ?
Ouais ! Comment t'as devin� ?
Eh bien, je lis dans tes pens�es.
Je sais que t'es un bon nageur.
Et je serai l� pour t'encourager � ta prochaine comp�tition.
D'accord ? Hein ? OK !
Tu trouves �a bizarre, de me revoir apr�s tout ce temps ?
Ou pas ?
Peut-�tre un peu au d�but.
J'ai cru que tu serais un peu diff�rent.
Mais t'es rest� le m�me vieux Nic.
Salut. Merci.
J'ai pass� une belle fin de semaine.
Tu dis au revoir � ton fr�re ?
Au revoir, Nic !
Est-ce que tu le vois ?
- Merci. - F�licitations.
Allez, Nic !
- Bravo, Nic ! - Bravo, Nic !
Au revoir ! Au revoir, Nic !
Au revoir, Nic !
Un jour � la fois, mon gars.
F�licitations ! Bienvenue dans le vrai monde !
Je veux pas vivre dans le vrai monde.
Je n'en peux plus, du vrai monde !
C'est ta maladie qui parle, Nic.
Je fais ce que je peux.
Elle essaie de te tuer. Tu le sais, voyons !
J'ai pas l'impression d'�tre malade, Spencer.
J'ai l'impression...
Tu dois lutter.
Mais c'est pas un foutu cancer !
C'est mon propre choix.
Je me suis mis dans cette merde.
Ah ouais, c'est vrai. Tu t'es mis dans la merde.
Mais l�, laisse-moi parler, compris ? OK ?
T'es un �crivain, non ? Alors, �cris !
T'es dou� pour �a.
C'est le premier jour du reste de ta vie !
Tu vas en faire quoi ? C'est ton choix !
Si tu rechutes, tu n'auras plus le choix de rien !
- Si tu consommes, tu perds tout. - Ouais, c'est �a.
Alors, continue de faire les bons choix.
- OK. - Fais ce que tu dois faire :
suivre le chemin qui est bon pour toi.
Ouais, d'accord. �coute, je vais te rappeler plus tard.
OK ? Je sens que je peux y arriver, l�.
Tu te fous de moi ?
Tu m'appelles et tu me fais perdre mon temps ?
Ne me mens pas. Je suis l� pour toi, Nic.
Je vais cuisiner des steaks ce soir. Viens souper.
- D'accord. On se voit ce soir. - Ouais !
Bonne id�e. On se voit plus tard !
- Nic ! - Super ! � tout � l'heure.
- Nic ! H� ! Nic ! - Allez, au revoir.
Nic Sheff ?
Lauren ? Qu'est-ce que... Mais qu'est-ce que tu fous ici ?
�a fait si longtemps. Toi, qu'est-ce que tu fous ici ?
Je suis juste...
Quoi ?
Je suis sobre depuis un moment,
mais j'ai vraiment envie de m'amuser ce soir.
T'as peur de moi ?
J'ai ce qu'il te faut ! J'ai de l'ecstasy et des pilules.
Ouais, je te l'avais dit !
Tu peux m'apporter un verre d'eau et une cuiller ?
OK.
�a y est ?
Voil�.
Merci.
Du coton et une cuiller.
Voil�, �a y est !
Votre appel a �t� transf�r� � une messagerie vocale.
Apr�s le timbre sonore, veuillez dicter votre message.
C'est encore papa. J'ai eu l'impression
que t'allais pas bien quand t'es parti, Nic.
Mais je veux que tu saches que je suis l�
si tu sens le besoin de parler. D'accord ?
T'as aucune id�e d'o� il peut �tre ?
Spencer m'a dit qu'il lui avait parl�.
Il a dit qu'il traversait des moments difficiles,
mais qu'il tenait le coup.
Par contre, il est absent au travail,
il n'est pas � la maison et r�pond pas au t�l�phone.
Bon sang, Vicki !
�a fait deux jours qu'il est parti.
Pourquoi t'as pas pris de ses nouvelles ?
T'es cens�e t'occuper de cet enfant, toi aussi, merde !
Qu'est-ce qui te prend, David ?
Qui prend soin de lui depuis l'ann�e derni�re ?
T'aurais d� prendre de ses nouvelles !
Je me demande ce que t'as dans la t�te !
Qu'est-ce que tu crois que je fais toute la journ�e ?
D'ailleurs, on ne peut pas le surveiller
24 heures par jour, sept jours sur sept.
Je crois que tu dois aller voir la police
et r�diger un rapport de personne disparue, d'accord ?
Arr�te de crier !
Non, je vais pas arr�ter de crier apr�s toi, Vicki !
Je d�teste quand t'es comme �a ! T'es totalement...
Qu'est-ce que tu fous l�-bas au juste ?
- Totalement injuste, David ! - Non !
�coute-moi ! Qu'est-ce que...
C'est pas vrai !
Merde !
Dave ?
Tu peux m'appeler, s'il te pla�t ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Il est parti.
Comment tu sais qu'il est encore � Los Angeles ?
Il pourrait bien �tre � San Francisco ! Il pourrait...
Il pourrait bien �tre au Mexique ou n'importe o� !
Je dois y aller.
Ouais, mais moi, je veux que tu restes.
Parce que Vicki arrive pas � g�rer la situation.
Je m'en fous, de Vicki ! Le probl�me, c'est pas Vicki !
OK. Pourquoi t'essaies pas de te calmer
et d'�tre raisonnable ?
- Quoi ? Toi, sois raisonnable ! - Je suis tr�s raisonnable.
Tu trouves �a raisonnable ?
Non ! �a l'est pas !
Je peux pas �tre raisonnable !
Mon fils est dehors quelque part !
Je sais pas ce qu'il est en train de faire !
Je sais pas comment je peux l'aider.
Tu peux pas !
Maman, j'arrive pas � dormir.
Il faut que tu dormes.
Mais j'y arrive pas.
OK.
Bonne nuit, papa.
Bonne nuit.
Plus fort ! Je suis un avion !
Allez, petit avion, envole-toi ! Vole !
Non ! Allez, allez ! Reviens ici...
Je croyais que Nic serait l� aujourd'hui.
Non, il a eu un emp�chement.
Je peux l'appeler ?
Non, tu peux pas. �a ne va pas �tre possible.
Pourquoi pas ?
Parce que tu peux pas.
Est-ce que Nic a recommenc� � prendre de la drogue ?
On le sait pas, ch�ri.
Mon p�re. Fait chier !
Quoi ?
Bon, tant pis.
"Nic n'est pas rentr� � la maison
"pendant plus d'une semaine apr�s �a."
"Il m'envoie parfois de dr�les de courriels.
"Il pr�f�re les spaghettis aux penne.
"Avez-vous vu mon gar�on magnifique ?
"Dites-lui qu'il me manque."
Allez, Jasper !
OK.
Allez, hop !
Merde ! OK ! Lauren !
Lauren, il faut partir.
- Quoi ? - Il faut s'en aller.
Qu'est-ce qui se passe ?
Tiens. Il faut qu'on s'en aille.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je crois que j'ai vu Nic.
Quoi ?
Je crois que je viens de voir Nic s'enfuir avec une fille.
Nic ?
- Non, restez � l'int�rieur. - OK !
Non !
J'ai dit : Non ! Restez � l'int�rieur !
J'ai pas envie de rire. Compris ? Restez l�.
OK, on y va.
Merde ! �coute-moi. H� !
Qu'est-ce qu'on fait ?
OK ! �a va aller.
C'�tait pas une bonne id�e.
Merde !
Nic ! Nic !
Non ! Je t'en prie !
Merde !
Qu'est-ce qu'elle fout ?
Je t'en prie !
Je suis d�sol�. Je suis vraiment d�sol�.
911. Comment puis-je vous aider ?
Bonsoir. Je suis avec une amie. Elle a fait une overdose.
J'ai besoin d'une ambulance. J'ai besoin d'aide.
Monsieur, vous connaissez la RCR ?
Oui, je suis en train de lui faire, mais...
vous devez envoyer une ambulance au plus vite. OK ?
O� �tes-vous, monsieur ?
J'en ai aucune id�e. Vous allez devoir retracer l'appel.
All� !
All�, vous �tes encore l�, monsieur ?
Monsieur ?
Merde !
Monsieur ? �tes-vous toujours l� ?
Monsieur, est-ce que vous �tes toujours l� ?
R�pondez-moi, s'il vous pla�t.
Regarde en l'air.
Regarde en l'air pour moi.
Tu peux regarder par l�, s'il te pla�t ?
On va devoir t'emmener avec nous � l'urgence.
Non, non, non, pas question. Je veux pas. Non, non !
On doit t'emmener � l'urgence.
Elle veut pas y aller. Elle va bien.
Non, elle va pas bien. On l'emm�ne � l'urgence !
Non, jeune homme, elle doit venir avec nous !
OK ? Si �a te cause probl�me,
je vais devoir en informer la police !
Bon sang ! Merde !
Tu vas venir me rejoindre, hein ?
Ouais.
- Tu me le promets ? - Ouais !
Je t'aime tellement !
Je t'aime aussi.
Tu me promets que tu me rejoindras ?
Oui, Lauren, je te promets que je viendrai.
Qu'est-ce que tu veux de plus ?
Bon sang ! Fait chier !
David Sheff.
Salut, papa. C'est moi.
Nic ?
Ouais.
Je t'en prie, papa, ne me d�teste pas.
Je sais que j'ai merd�.
Je vais arr�ter, mais piti�, piti�, piti� ! Je t'en prie !
Je t'en supplie, pas de d�sintox ! OK ?
Laisse-moi rentrer � la maison. Tu sais quoi ?
J'ai r�alis� qu'en fait, j'avais...
besoin d'�tre � la maison. C'est vous,
c'est vous qui allez me donner la force d'arr�ter.
D'accord ?
Ce sera pas possible. Non.
J'aimerais pouvoir te dire de revenir,
mais je peux pas faire �a.
Je peux pas.
Papa, aide-moi, je t'en prie.
Papa, j'ai juste besoin d'un petit peu d'aide.
Je t'en prie, aide-moi. Laisse-moi revenir � la maison !
Tout ce que je peux dire, c'est ce que tu sais d�j�.
Papa, est-ce que t'�coutes ce que je te dis ?
- Appelle ton parrain. - J'ai pas envie de parler
� mon parrain, c'est � toi que je veux parler.
Va chercher de l'aide.
Je t'aime...
j'esp�re que t'arriveras � reprendre ta vie en main.
Je t'aime aussi.
Je t'aime.
All� ?
Nicolas m'a appel�e. Il avait l'air d�sesp�r�.
Il va crever si on fait rien pour l'aider.
Bien... il va crever peu importe ce qu'on fait.
Y a rien de ce qu'on fait qui a un effet sur lui.
J'ai �chou�.
Je sais que t'as honte. OK.
Moi aussi.
Mais t'as �t� super, David.
Et Karen aussi. Et je vous en remercie.
T'�tais l� pour Nic quand j'y �tais pas.
Pas question que je l'abandonne maintenant.
Ni jamais.
Mais je n'y arriverai pas toute seule.
J'ai besoin de ton aide.
Je crois pas qu'on puisse sauver les autres, Vicki.
Mais on peut quand m�me essayer, tu crois pas ?
Regarde �a !
Regarde ! Je tiens en �quilibre !
J'ai suffisamment essay�.
OK ? Je...
OK.
JE N'EN SUIS PAS LA CAUSE JE N'AI AUCUN CONTR�LE - JE NE PEUX PAS LE GU�RIR
OK, tout le monde ! Je vous invite � vous rapprocher.
Bonsoir.
Ma semaine a �t� difficile.
Certains d'entre vous le savent, d'autres, non.
J'ai perdu ma Frances cette semaine.
Elle est morte d'une overdose dimanche.
Donc... je suppose que je suis en deuil.
Mais j'ai r�alis� autre chose.
J'ai r�alis� qu'en fait,
je suis en deuil depuis des ann�es.
Puisque, d�j�, quand elle �tait vivante, elle �tait absente.
Quand on pleure les vivants...
c'est comme si on ne vivait pas vraiment.
Alors, je me dis...
... que d'une certaine mani�re, c'est mieux comme �a.
Elle �tait merveilleuse !
C'�tait une magnifique jeune femme.
J'ai toujours senti... que j'avais besoin de...
rester forte, parce qu'un jour, dans le... futur...
un �v�nement allait se produire,
et que je devais �tre pr�te � le vivre.
Mais je vivrai jamais rien de pire que la perte de ma fille.
J'esp�re qu'elle ne souffre plus l� o� elle est.
Adieu, Frances.
H� !
Salut.
Comment il va ?
Le m�decin est avec lui en ce moment.
Il a dit que c'�tait un miracle que Nic ait surv�cu
malgr� la quantit� de drogue dans son corps.
Les overdoses sont d�sormais la principale cause de d�c�s
chez les Am�ricains de moins de 50 ans.
Gr�ce � un soutien et � une chance incroyable,
Nic est sobre depuis huit ans, un jour � la fois.
Alors que le traitement de la toxicomanie est sous-financ� et sous-r�glement�,
des gens travaillent sans rel�che dans toutes les communaut�s
pour lutter contre cette �pid�mie.
L'aide est l� pour ceux qui luttent contre la maladie,
pour leurs proches et pour ceux qui pleurent un �tre cher.
D'APR�S LE LIVRE "BEAUTIFUL BOY" DE DAVID SHEFF
D'APR�S LE LIVRE "TWEAK" DE NIC SHEFF
Qu'il soit question de paix ou d'amour,
laissez-les vous rendre meilleur.
Quand j'�tais un jeune homme, je croyais que ces choses
�taient banales et sans envergure.
J'avais de la rancune, un esprit tordu,
une �ducation pr�caire.
J'�tais dur comme du granit.
Je m�prisais le soleil.
Je ne faisais confiance � aucun homme
et, surtout, � aucune femme.
Je vivais un enfer au c�ur de petites...
chambres bourr�es d'objets bris�s.
Je marchais sur du verre et j'�tais maudit.
Je m'opposais � tout,
continuellement expuls�, emprisonn�,
or, et en plein combat,
en pleine possession et d�possession de mon esprit.
Les femmes n'�taient que des objets sexuels � engueuler.
Je n'avais pas de copains.
J'ai chang� d'emplois et de villes.
Je d�testais les vacances, les b�b�s et l'histoire,
les journaux, les mus�es, les grand-m�res,
le mariage, les films et puis les araign�es,
les �boueurs, les accents anglais,
l'Espagne, la France, l'Italie,
les noix et la couleur orange.
L'alg�bre m'enrageait,
l'op�ra me rendait malade.
Charlie Chaplin �tait un hypocrite
et les fleurs, c'�tait pour les tapettes.
La paix et le bonheur �taient pour moi
des signes d'inf�riorit�,
parasitant les esprits faibles et pourris.
Mais alors que je continuais mes combats de ruelle,
mes ann�es suicidaires, les nuits pass�es
avec un nombre incalculable de femmes,
je me suis graduellement rendu compte
que je n'�tais pas diff�rent des autres,
que nous sommes tous pareils,
que tout le monde est plein de haine,
bourr� de petites r�criminations.
Les hommes avec qui je me battais dans les ruelles
avaient des c�urs de pierre.
Tout le monde se bousculait et trichait
pour des avantages insignifiants.
Le mensonge �tait une arme, mais le chargeur �tait vide.
La noirceur exer�ait sur moi son pouvoir absolu.
Avec pr�caution, je me permettais parfois de me sentir bien.
Je vivais des moments de s�r�nit�
dans des chambres miteuses,
en regardant la poign�e d'une commode
ou en �coutant la pluie tomber dans le noir.
Moins j'avais de besoins, mieux je me sentais.
Peut-�tre que l'autre vie m'avait us�.
Je ne trouvais plus rien d'excitant � rabaisser
quelqu'un d'autre dans une conversation,
ni � chevaucher le corps d'une pauvre femme
saoule d'avoir noy� sa vie de regrets dans l'alcool.
Je ne pourrais plus jamais accepter la vie telle qu'elle �tait.
Je ne pourrais plus jamais engloutir tous ces poisons.
Mais j'avoue qu'il y a eu certains moments,
t�nus et magiques, qui m'ont fait me questionner.
Je me suis m�tamorphos�, je ne sais pas quand,
la date, l'heure, tout �a,
mais le changement s'est produit.
Quelque chose en moi s'est calm�, s'est adouci.
Je n'avais plus � prouver que j'�tais un homme.
Je n'avais plus rien � prouver � personne.
Je me suis � voir des choses,
les tasses bien align�es derri�re le comptoir d'un caf�
ou un chien marchant le long d'un trottoir.
Ou la fa�on dont une souris, sur ma commode,
s'�tait arr�t�e d'un coup,
s'�tait arr�t�e avec tout son corps, ses oreilles, son nez,
pour rester immobile,
un peu de vie emprisonn�e en elle-m�me.
Elle me fixait des yeux.
Et ils �taient magnifiques.
Et puis, elle est partie.
Et j'ai commenc� � me sentir bien.
J'ai commenc� � me sentir bien dans les pires situations.
Et j'en vivais beaucoup.
Comme, disons, quand le patron se trouvait derri�re son bureau
et que je savais qu'il allait me virer,
parce que je m'�tais absent� trop souvent.
Il portait un complet, une cravate et des lunettes.
Il avait dit : "Je vais devoir te laisser partir."
"�a fait rien", j'avais r�pondu.
Il doit faire ce qu'il a � faire, me suis-je dit.
Il a une femme, une maison, des enfants, des d�penses.
Probablement une ma�tresse.
J'avais piti� de lui, il n'avait pas le choix.
Je sors et le soleil m'explose au visage,
la journ�e m'appartient.
Temporairement, du moins.
Le monde entier saute � la gorge du monde.
Tout le monde est en col�re,
tout le monde a la m�che courte,
tout le monde se sent tromp�, d�courag�, d�sabus�.
J'accueille les bribes de paix, le moindre �clat de bonheur.
J'embrasse les choses comme un beau spectacle,
les talons hauts, les seins, les chansons, les �uvres.
Ne vous m�prenez pas : je sais que l'optimisme
peut parfois sembler louche, lorsqu'il �carte
les probl�mes de base pour ses propres desseins.
Il est alors qu'une armure, qu'une maladie.
Je sens le couteau s'approcher de ma gorge, encore.
J'ai failli rallumer le gaz, encore.
Quand les bons moments sont revenus,
je ne les ai pas combattus comme un adversaire de ruelle,
je les ai laiss�s me prendre, je me suis amus� avec eux,
je les ai accueillis chaleureusement.
En me regardant dans un miroir, un jour,
je m'�tais trouv�... laid.
Maintenant, j'aime ce que je vois.
Je me trouve... presque beau.
Peut-�tre un peu ab�m�, avec mes cicatrices,
mes bosses, mes imperfections.
Mais, en gros, je me trouve pas trop mal.
Presque beau.
Plus beau, du moins, que certaines vedettes de cin�ma
avec leur visage lisse comme les fesses d'un b�b�.
Et c'est alors que j'ai d�couvert de vrais sentiments
pour les autres, jusque-l� inconnus !
Comme r�cemment, comme ce matin,
alors que je partais pour la piste
et que j'ai vu ma femme au lit.
� peine la forme de sa t�te,
les couvertures tir�es tr�s haut,
juste la forme de sa t�te dans le lit.
Sans oublier les si�cles des vivants, des morts et des mourants.
Les pyramides, Mozart, qui est mort,
mais dont la musique r�sonne encore dans cette pi�ce !
L'herbe qui pousse, la Terre qui tourne,
le tableau de bord qui m'attendait.
J'ai vu la forme de la t�te de ma femme, immobile.
Et j'ai eu mal de l'aimer si vivante sous les couvertures.
Je l'ai embrass�e sur le front, j'ai descendu les escaliers,
je suis sorti puis entr� dans ma superbe voiture.
J'ai attach� ma ceinture, recul� le bras de vitesse.
Le bout de mes doigts �tait chaud.
Mon pied sur la p�dale de l'acc�l�rateur,
j'ai pris part au monde une fois de plus.
J'ai descendu la colline,
d�pass� les maisons pleines et vides de gens.
J'ai crois� le facteur, klaxonn�,
il m'a salu� de la main en retour.
Sous-titrage : difuze
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