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Alex, aujourd'hui, je suis officiellement propriétaire.
Je voulais que tu sois là pour partager cet instant.
Joey, aurais-tu peur
qu'on se perde de vue ?
Oui. Et il y a un gros insecte dans la piscine.
- Après toi. - Non, non, non.
C'est un grand moment pour toi. C'est ta maison.
Tu dois entrer le premier.
Enfin, toi ou tous ces gens.
- Salut. - Que fais-tu ici ?
Je prépare Thanksgiving.
Comment es-tu entrée ? L'alarme est en panne ?
Non. L'agent de sécurité est venu.
Un décolleté plongeant, une bouteille de schnaps et...
Le voilà qui me rentre les chaises.
- Je voulais organiser Thanksgiving. - Ne recommence pas.
Tu sais que Thanksgiving est ma responsabilité.
Et ça t'autorise à entrer chez moi et à tout chambouler ?
On se croirait dans un hall de gare ici.
Pas de panique. Je sors de la piscine.
J'ai quelque chose dans le dos ?
Tu aurais pu me dire que ta mère allait débarquer.
Elle m'a eu par surprise. Elle m'a forcé à l'aider.
Elle gâchera Thanksgiving, comme l'an dernier.
Je me demande pourquoi elle en fait tout un plat.
À Thanksgiving, on est censés s'amuser, manger et dormir.
C'est la journée la plus Joey-euse qui soit.
Où est le problème ? On sera ensemble. On va s'amuser.
Tu ne connais pas les Thanksgiving à la Gina Tribbiani.
Maman n'est pas sentimentale, tu le sais ?
Un jour, je lui ai dessiné une carte de vœux.
Elle a fait semblant de s'essuyer les fesses avec.
Thanksgiving est le seul jour de l'année où Gina devient
terriblement sentimentale.
On veut juste manger.
Mais c'est impossible. Pas d'en-cas, rien.
Et on doit écouter d'interminables discours sur la reconnaissance
et l'importance de la famille.
Et sur l'expérience des immigrants italiens.
Dont elle ne sait rien.
Alors prépare-toi à une séance diapos de 4 h sur "Ennis Island".
Thanksgiving prend forme.
J'ai modifié ma pièce sur le voyage des Tribbiani,
De la Botte de l'Italie à la Statue de Liberté.
Elle s'intitule désormais : La Traversée
des Tribbiani, de la botte de l'Italie à la Statue de la Liberté.
Pas question de jouer à nouveau dans ses pièces débiles.
L'an dernier, j'étais un agent vicieux
qui faisait payer les visas en nature.
Et moi, tu crois que ça m'a plu d'être une pauvre veuve éplorée ?
Si vous n'aimez pas sa façon de fêter Thanksgiving, dites-le-lui.
Je n'aime pas vexer les gens durant les fêtes.
Je leur dis ce qu'ils veulent entendre.
- Je compte sur toi pour Thanksgiving. - Bien sûr, mon vieux.
Joey apporte la dinde. Ça va être mon plus beau Thanksgiving.
Ça va ? Je t'ai apporté un cadeau pour ta crémaillère.
Un oranger.
Je comprends.
Il symbolise notre amitié : récent, il grandira et donnera des fruits.
J'ai surtout pensé aux jus que tu pourrais faire, mais comme tu veux.
- Je vais même te le planter. - Merci.
Bonjour, Dean Jordan, j'habite à côté.
Joey Tribbiani. Je viens d'acheter.
Bienvenue.
Vous n'auriez pas mon courrier ?
Le facteur dépose toujours mes magazines ici.
Tout ça doit être à vous, alors. On reçoit les mêmes magazines !
Maxim, FHM, Playboy, Playboy anglais.
Je recevais le Playboy allemand, mais c'est devenu trop bizarre.
Ce n'est pas sexy, ce genre de trucs.
- Celui sur le motocross aussi ? - J'ai un terrain tout près.
C'est vrai ? J'adore le motocross.
Venez donc un jour. J'y vais avec des vieux copains.
Mais le petit groupe vient de se rétrécir.
- On a perdu un ami, Timothy. - Que lui est-il arrivé ?
Un soir, on était à une rave à Ibiza, et là,
il nous appelle pour nous dire qu'il s'était fiancé.
Toutes mes condoléances.
- Regarde ce que j'ai trouvé. - C'est quoi ?
Une assiette indienne.
J'en ai trouvé des tas dans mon jardin.
Ils ont construit sur les vestiges d'une ancienne civilisation indienne.
C'est intéressant. J'ai aussi trouvé cette canette de coca.
Mon Dieu, ça fait des années qu'ils n'en font plus des comme ça.
En tous cas, cachez-le.
Une association indienne a su que j'avais trouvé des poteries
et a fait retarder mes travaux d'un an.
C'est très précieux.
- Même les rayures ont changé. - Les lettres sont plus petites.
C'est génial.
- Bonjour. - Où étais-tu ?
Avec Dean. Il est géant.
Il a un perroquet qui est encore plus grossier que Gina.
Tu le vois beaucoup, ce Dean.
Je l'admire. Il est incroyable.
À 50 ans, il est célibataire et il sort avec ses copains.
Au lieu d'avoir une femme et un enfant,
il fait la bringue comme un môme ? Ça me paraît louche.
Louche ? Je suis copropriétaire de l'une des Batmobiles d'origine.
Dean, mon amie, Alex.
- Bonjour. - Bonjour, Alex.
Regardez-moi ces yeux. Ce bleu azur est incomparable.
Azur, c'est le nom d'une couleur que Dean connaît.
Écoute, mes copains et moi organisons une sorte
de Thanksgiving pour célibataires. Une grande fête.
On a invité plein de filles célibataires. Ça te dit ?
J'aimerais beaucoup, mais...
ma sœur prépare cette soirée depuis longtemps, je me sentirais coupable.
C'est un mot dont j'ignore le sens.
Mais tu connais le sens d"'azur" ?
On n'arrête pas de trouver des trucs. Mon garage est plein à craquer.
Ce doit être le dernier. On a bêché tout le jardin.
Je suis aussi fatigué que le dieu-loup qui tire la lune à travers le ciel.
Il faut que j'arrête de regarder ces poteries.
- M. Tribbiani ? - Oui.
Ray Wyatt de la Société Historique Indienne Américaine.
Génial, Gina a fait venir un conférencier pour demain.
Je suis ici à cause des travaux.
Pour la protection des vestiges.
- Puis-je entrer ? - Bien sûr. Entrez.
- Avez-vous trouvé quelque chose ? - Non, rien.
Et vous, monsieur ?
Permettez-moi de me présenter. Je suis Zach. Très bien.
Et non, je n'ai rien trouvé non plus.
C'est étonnant.
Au fil des ans, tous vos voisins ont trouvé des vestiges.
Comme vous le voyez, on a bêché le jardin et on n'a rien trouvé.
Ma carte, au cas où.
- Merci de votre coopération. - De rien.
Tu me dois une fière chandelle.
J'ai débarrassé le garage de tous les plats indiens
et je les ai déposés aux œuvres de bienfaisance... Bonjour.
Le conférencier de maman ?
Je vous promets de vous les rapporter.
Comme preuve de ma sincérité, regardez, il me reste un bol.
C'est pour ça que les cow-boys avaient des Tupperware.
Regarde comme tous ces gens chez Dean s'amusent bien.
Tu ne crois pas qu'on serait mieux là-bas ?
- On doit répéter notre scène. - C'est vrai.
Je vous en prie, M. l'agent d'immigration,
que puis-je faire pour entrer dans votre pays ?
Ça m'est complètement égal que vos enfants aient faim.
Ça fera quatre Italiens de moins pour souiller nos côtes.
- Les Irlandais n'ont pas le beau rôle. - Non.
Bonne nouvelle, j'ai trouvé vos pulls de Thanksgiving de l'an dernier.
Gina, ils nous démangent.
- Qu'est-ce qui démangeait nos aïeux ? - La liberté.
- Va aider Alex à mettre la table. - Oui.
Ce n'est pas ce que je voulais faire. Je veux m'amuser.
- Tu dois être là pour les autres. - Je suis toujours là pour les autres.
Howard au téléphone. À quelle heure seras-tu chez ses parents ?
Dis-lui que je suis dans les embouteillages. J'arrive dans 15 mn.
Pourquoi ne peux-tu pas accepter ma façon de fêter Thanksgiving ?
Aujourd'hui est un jour où tu dois retrouver tes racines,
fêter nos traditions,
réfléchir à tout ce que nous avons et à ce que nous avons quitté.
Cette journée a exigé de longs préparatifs.
- Tu me dois bien ça. - Ne me culpabilise pas.
Tu culpabilises parce que j'ai raison.
Maintenant, mets ton pull.
Il faut une table. Elle est lourde.
Continue à plier les serviettes, mon grand.
Joey ?
Joey ?
Michael, où est passé Joey ?
Oh, douce liberté.
Dean. Superbe soirée.
Merci. Je suis content que tu sois venu.
C'est mon Thanksgiving, Je fais ce que je veux.
Dean-o, mon vieux, tu t'es surpassé.
Joey, je te présente George Hamilton.
Joey ? Joey Tribbiani ?
Je suis un de vos fans.
Vraiment ? C'est touchant venant d'un grand acteur comme vous.
Je ne vous ai jamais vu jouer. Mais je connais votre réputation sexuelle.
Selon les rumeurs, vous êtes comme moi, en plus jeune et en plus pâle.
C'est le plus beau compliment qu'on m'ait fait.
Vous êtes vraiment bien organisés.
On a tous besoin de se serrer les coudes.
Éloignez-vous de la meute et vous devenez une proie facile.
C'est arrivé à mon ami Warren Beatty.
Annette Bening l'a embarqué comme une pauvre gazelle malade.
Elle est sexy, la petite.
Quel Thanksgiving ! Pas de discours, pas de pulls idiots, pas de diapos.
Et il y a un plongeoir près de la piscine. Mais sois prudent.
Elle regorge de filles sexy dénuées d'amour-propre.
On se connaît assez pour s'étreindre ?
- Non. - Tant pis. J'y vais quand même.
Excuse-moi une seconde.
L'église a déjà donné les poteries.
J'ai l'adresse des bénéficiaires.
- Peux-tu m'y retrouver ? - Oui. J'arrive.
Dean, j'ai un truc à régler. J'en ai pour une demi-heure.
Dépêche-toi. La dinde est prête et les Laker Girls arrivent.
Je remets ça.
J'ai appelé Joey sur son portable. En vain. On l'attend ?
- Non, on commence. - Tant mieux.
On a du pain sur la planche.
Commençons par dire ce pour quoi nous sommes reconnaissants.
Je suis reconnaissante de n'avoir qu'un frère pour dégrader cette fête
et le souvenir de l'arrivée de nos ancêtres à Ennis Island.
Je suis reconnaissante d'avoir sauté le petit-déjeuner,
je n'en apprécierai que davantage ces mets exquis qui me semblent prêts.
On ne mangera que lorsque l'on aura fini nos remerciements.
Il y a une barre chocolatée collée sous la table.
C'est ça que vous cherchez ?
Bonsoir. L'église nous envoie. Vous avez reçu un colis-cadeau ?
Oui. Je vous en prie, entrez.
- Merci. - Tyler, ils travaillent à l'église,
ils nous ont donné ce merveilleux colis.
Elles sont trop fragiles pour y manger.
Elles sont si belles. Cette assiette de service est ma préférée.
Et voilà.
Attention, papa, je viens de cirer le sol.
C'est qu'elle est sacrément lourde.
Je vais vous aider, papi !
- Il y a eu un malentendu. - Vous êtes le célèbre acteur.
C'est vrai, tu as raison.
- Que faites-vous chez nous ? - Je ne voulais pas me séparer des plats
et je tiens vraiment à les récupérer.
Je vous ai acheté un service complet tout neuf.
On ne veut pas d'assiettes neuves. On veut celles-ci.
C'est notre patrimoine familial.
Vous ne les avez que depuis quatre heures.
Vous êtes un acteur connu et riche.
Pourquoi tenez-vous à nous prendre nos plats de fête ?
C'est une de ces émissions où une vedette rend visite à une famille
et réalise tous ses rêves ?
Bonhomme, tu as mis le doigt dessus.
C'est la soirée spéciale Thanksgiving des Stars Exaucent vos Vœux.
Joey est venu vous débarrasser de vos vieilleries
pour les remplacer par du matériel tout neuf.
Félicitations !
- Je vais vous faire un chèque. - Ou un gros chèque !
Où sont les caméras de télévision ?
C'est une caméra cachée. Là, dans le bouton de ma veste.
Merci, Les Stars Exaucent vos Vœux soirée spéciale Thanksgiving.
Ici Joey Tribbiani. Bon Thanksgiving !
Avant de commencer la séance diapos...
En ce jour de Thanksgiving,
es-tu prête à t'excuser de la façon dont ton peuple a traité mon peuple ?
Je suis hollandaise, qu'est-ce qu'elle raconte ?
Où est la télécommande ?
Je crois qu'elle est dans la cuisine. J'y vais.
Gina, je meurs de faim, est-ce que je peux prendre un petit pain ?
Je ne dirai rien à Michael.
Je pourrais être chez ma sœur,
son mari pourrait accidentellement entrer dans la salle de bains.
Je n'aurais jamais cru que ça me manquerait.
Michael, où est la télécommande ?
Michael.
Mon Dieu ! De la part de Joey, ça ne m'aurait pas étonnée, mais Michael !
Il fait les deux choses que je lui ai strictement interdit de faire.
Mentir à sa mère
et danser en public.
Où sont-ils ?
- Les voilà. - Je vais les chercher près du buffet.
Si je vous dis que j'ai un corps divin,
me permettrez-vous de vous... J'ai encore tout gâché, hein ?
Regardez-moi ça. Comment avez-vous pu me faire ça ?
- Aujourd'hui est un jour important. - Pourquoi ?
Parce que Michael et moi sommes restés seuls longtemps,
sans autre compagnie que nous-mêmes pour les fêtes.
Et maintenant que tu es là, j'espérais que ça changerait.
Gina, s'il te plaît, tu prends ça trop au sérieux.
C'est sérieux. Ça devrait l'être aussi pour toi.
Sinon ta vie restera vide et dans 20 ans,
tu seras comme lui, ou lui, ou lui.
Désolé, mon rôle est déjà pris.
Il n'est pas mal.
Joey, fais ce que tu veux. Michael, on y va.
- Alex. - Pourquoi ?
S'il vous plaît, mon fils...
il veut une vie meilleure en Amérique.
- Au diable, mangeurs de spaghetti... - Oh, arrête.
Mon Thanksgiving a déjà été assez gâché comme ça.
Tu ne pourrais pas le dire avec l'accent, s'il te plaît ?
Michael, recommence du début. Avec le châle.
S'il vous plaît,
mon fils,
il veut une vie meilleure en Amérique.
Au diable, vermine, sales mangeurs de spaghetti.
Vous avez souillé l'Europe, vous ne souillerez pas ce pays
avec votre huile d'olive et vos habitudes de voleurs.
C'est vraiment insultant.
Que fais-tu ici ?
J'ai dit que j'allais faire ce que je voulais
et c'est ce que je veux faire.
Pourquoi ?
Parce que c'est important pour ta mère et...
Et cela veut dire que c'est important pour moi.
Gina, je ne vais pas finir comme ces types, à côté.
Je peux compter sur toi pour me les briser.
Tu peux compter sur moi.
Je parie que tu t'es empiffré à côté.
Oui, je sens que je vais vomir. Mangeons.
Joey, Joey, écoute.
Tu allais chez les parents de Howie,
un train a heurté ton 4x4. Tu as dû rentrer à pied
- et tu n'avais pas de téléphone. - Quoi ?
J'ai vu Zach, il m'a tout raconté. Dieu merci, tu es vivant !
Ton pull est grandiose.
Gina, c'était délicieux.
Et ces tartelettes individuelles, quelle inspiration.
Elles n'étaient pas individuelles.
À ceux qui ne sont pas des Tribbiani.
À part ce soir, votre plus beau Thanksgiving ? Vas-y.
- Celui-ci. - Tu es éliminé.
- Alex ? - C'était en 1998,
notre dernière fête en famille.
Je m'en souviens, car ma mère avait dit à ma jolie sœur qu'elle était rondelette.
Zach ?
Moi, c'était quand j'avais 11 ans. Mon père était dans l'armée.
Il est rentré d'Allemagne pour nous faire la surprise.
Quand il est entré,
l'expression de ma mère...
C'est pour ça que je ne vous parle pas de mon passé.
On a fait le tour.
Pas tout à fait.
C'était en 1967, le Summer of Love venait de se terminer.
Mais pour Angie Dickinson et moi,
l'automne de l'amour ne faisait que commencer.
Un petit Brandy ?
[FRENCH]
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