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Viens me chercher !
Tu fais des progrès, Jean.
Vraiment, père ? Vraiment ?
Va-t'en maintenant. Va t'exercer.
Il fera un bon roi. Il sera prêt.
C'est la bonne façon. Viens, mon fils !
As-tu trouvé la foi, Henri ?
Regarderas-tu du paradis pour voir qui est assis sur ton trône ?
Je dois le savoir avant de mourir.
Il est une légende d'un roi appelé Lear avec qui j'ai beaucoup en commun.
Nous avons tous deux un royaume et trois enfants que nous adorons...
et nous sommes vieux, mais ça s'arrête là.
Il taille son royaume en pièces. Je ne peux pas faire cela.
J'ai bâti un empire. Je dois savoir qu'il durera.
L'Angleterre et moitié de la France.
Je suis le plus puissant en mille ans et Jean me succédera.
Je vais te perdre, Henri, n'est-ce pas ?
Alais.
J'ai connu des comtesses... des vachères, des courtisanes...
des novices, des putains, des gitanes, des mégères...
et des petits garçons en mon temps.
Mais nulle part en ce monde de Dieu ai-je trouvé d'autre à aimer que toi.
Et Rosamonde.
- Elle est morte. - Et Aliénor.
La nouvelle Méduse, ma douce femme.
- Comment est ta reine ? - En train de faner, je suppose.
Ne sois pas jalouse de la Gorgone.
Elle n'est pas des choses que j'aime.
Combien connais-tu de maris qui emprisonnent leur femme ?
Je ne garde pas la grande garce au donjon depuis dix ans par attachement passionné.
- Voilà le capitaine maréchal. - William!
Nous tiendrons cour à Chinon pour la Noël.
Nous avons demandé au roi de France de se joindre à nous.
Que Richard et Geoffroi y soient. Trouve mes garçons et dis-le-leur.
Puis, va chercher la reine à la tour de Salisbury.
- Si la reine refuse ? - Aliénor ?
Pour rien au monde ne manquerait-elle cela.
Richard.
Richard!
Bonjour, Richard.
En avant !
En avant !
Geoffroi.
Geoffroi.
Geoffroi.
Père veut me voir.
Votre Majesté ?
Il y aura cour à Noël.
Oui, madame.
Où ? À Chinon.
Et si, pour une fois, je n'obéissais pas ?
Ce sera une journée de jungle.
Si je commence à grogner aujourd'hui, je ne durerai jamais.
Tu dureras.
Tu es comme les pierres de Stonehenge. Rien ne peut te renverser.
Dans ces chambres ce Noël, j'ai tous les ennemis dont j'ai besoin.
Tu en as plus que tu ne crois. En es-tu ?
Mon saule est-il soudain empoisonné ?
Si je décidais d'être trouble, combien trouble pourrais-je être ?
Fort peu.
- Je pourrais révéler tes plans. - Tu ne sais pas ce qu'ils sont.
- Tu veux déshériter Richard. - Aliénor le sait aussi.
Elle sait que le jeune Henri est mort.
Le jeune roi est mort cet été et je n'ai pas désigné d'héritier.
Elle sait que je veux couronner Jean et je sais qu'elle veut Richard. Nous sommes très francs à ce sujet.
Je ne peux être ta maîtresse si je suis mariée à ton fils.
Pourquoi pas ? Jean n'y verrait rien de mal.
- Je n'aime pas Jean. - C'est un bon garçon.
Il a des boutons et il sent le compost.
Il a 16 ans. Il ne peut éviter les boutons.
Il pourrait prendre un bain.
Ce n'est pas si horrible d'être reine d'Angleterre.
Tous ne pleureront pas pour toi.
- Toi, pleureras-tu ? - Je ne sais pas.
C'est fort possible.
- Je ne veux surtout pas te perdre. - Ne peux-tu me cacher ?
- Ne puis-je simplement disparaître ? - Non, tu ne peux pas.
Ton frère Philippe est roi de France et il veut que tu épouses Jean ou il reprendra ta dot.
- Je t'ai prise pour ta dot. - Tu n'avais que sept ans.
Deux gros genoux et deux grands yeux, c'était tout.
Comment pouvais-je savoir ?
- Qu'y a-t-il, mon fils ? - Rien.
- Geoffroi ! - Jean
- Est-ce pour moi ? - J'adore Noël.
Quelle différence fait ma dot ?
- Rends-la à Philippe. C'est si peu. - Je ne peux pas.
- Le Vexin est un petit comté, mais il m'est vital. - Et je ne le suis pas ?
J'ai eu la chance d'être amoureux de femmes possédant des terres.
Lorsque j'ai épousé Aliénor, je pensais "Quelle fortune !
La femme la plus riche au monde, elle possède l'Aquitaine...
la plus grande province du continent et belle aussi.
- Elle l'était, tu sais. - Et tu l'adorais.
Ma mémoire fait défaut. Il y a peut-être eu un temps où je l'adorais.
Mettons une mèche de travers. Rien dans la vie n'a affaire à être parfait.
Si je dis que nous rompons... nous rompons.
Si je te dis d'épouser Jean...
Je t'aurai près de moi...
et je t'utiliserai comme je veux.
Ah, Noël. Temps rose et chaleureux.
Le vin chaud fume, la bûche crépite
et nous sommes l'huile sur le feu.
- Elle sera ici bientôt. - Qui ?
- Mère. - Veut-elle toujours que tu sois roi ?
Nous ne sommes plus en aussi bons termes qu'avant. Si on s'attend que je baise sa joue velue, on se trompe.
Ce que tu baises, petit prince, c'est ton affaire.
Je suis le favori de père. C'est ce qui compte.
Tu me connais à peine,Jean, je te prie de croire à ma réputation.
Je suis un soldat constant, poète à l'occasion, et je serai roi.
Rappelle-toi: c'est moi que père préfère.
- Pourquoi Jean ? - Jean ne se soucie pas du tout de toi.
- Nous nous aimons profondément. - Nul d'entre eux ne t'aime.
Parce que nous nous querellons ?
Dis que les trois veulent être rois et je dirai que qui ne veut pas l'être est un prince faible.
Se fâcher et comploter contre moi en font les fils que je souhaite.
Je me suis fâché et j'ai comploté toute ma vie.
Il n'est d'autre façon d'être roi, vivant et cinquantenaire à la fois.
- Je me battrai pour toi. - Oh, bien.
- Comment a été la traversée ? - Le canal s'est-il ouvert pour toi ?
Il s'est calmé quand je le lui ai dit.
Je n'ai pas pensé lui demander plus.
- C'est gentil de ta part de me laisser sortir de prison. - Ce n'est que pour les fêtes.
Comme l'école, tu me gardes jeune. Voici la gentille Alais.
Accueille-moi comme d'habitude.
Je ne suis pas fragile.
L'affection est une pression que Je peux supporter.
Oh, mais j'ai de beaux enfants.
Jean, tu es si propre et net.
Henri prend bien soin de toi.
Et Richard. N'aie pas l'air maussade, cher.
Ça te donne de petits yeux porcins et ton menton paraît faible.
Geoffroi.
- Philippe est-il ici ? - Pas encore.
Espérons qu'il a grandi comme son père,
pur et simple.
Bon Louis. Si je lui avais donné des ?ls au lieu de ces ?lles...
je serais encore forcée d'être reine de France...
et nous ne nous serions pas connus.
Tel est le rôle du sexe dans l'histoire, mes anges.
C'est sans doute Philippe.
- Où est Henri ? - En haut avec la putain de la famille.
C'est une façon indigne et mesquine de parler de ta fiancée.
- Ma fiancée. - La fiancée de quiconque.
Je l'ai élevée, elle est gentille et elle m'est chère.
- Il veut toujours couronner Jean. - Bien sûr qu'il veut.
Quelle petite trinité avide vous faites !
Roi, roi, roi. Deux d'entre vous devrez vous faire au désappointement.
Renions-les tous et vivons à jamais.
Défense contre défense pour l'éternité.
Ah, mes fils.
Le roi de France et moi aurons une conversation tactile...
comme deux chirurgiens cherchant une grosseur.
Nous déclarerons nos positions et je ferai la première d'une série d'offres.
Il la refusera. J'en ferai une autre et une autre jusqu'à ce que je gagne.
Pour la durée de ce joyeux rituel, vous appuierez votre père.
- Mon seigneur ! - Votre Grâce !
Bienvenue à Chinon.
C'est mieux.
On m'a dit que vous étiez imposant pour un garçon de 17 ans.
- Je suis Aliénor, j'aurais pu être votre mère. - Reine Aliénor.
Vous connaissez tous les autres ici.
Je comprends que tu es troublé à propos de ta sur et de sa dot.
Il y a seize ans, vous avez conclu un traité avec nous.
- Il est temps de l'honorer. - Je le croirais.
Notre position est la suivante:
vous procédez au mariage ou vous rendez le Vexin.
Alais épouse Richard ou nous reprenons le comté.
C'est clair, concis et bien présenté.
Ma position...
Franchement, Philippe, c'est compliqué.
Il y a deux ans, la reine et moi, pour des raisons hors d'entendement...
avons donné l'Aquitaine à Richard.
Cela rend Richard très puissant.
Comment puis-je lui donner Alais ?
L'homme qu'elle épousera t'aura pour allié.
Ils s'épousent ou le Vexin me revient. C'est l'entente conclue avec Louis.
C'est vrai, mais sans importance. Le Vexin m'appartient.
- En vertu de quelle autorité ? - Mes troupes l'occupent.
Cela en fait ma propriété. Écoute, mon garçon.
- Je suis roi et garçon de personne. - Roi ?
Parce que tu as posé ton cul sur des coussins pourpres ?
- Monsieur. - Philipe.
Tu n'as pas du tout cela dans la peau.
Sers-toi de toutes tes voix. Si je hurle, tu hurles.
J'en prendrai note. Et aussi de ceci.
Nous sommes le monde en petit.
Une nation est une chose humaine. Elle fait ce que nous faisons.
Sûrement, si nous sommes civilisés, nous pouvons ranger les couteaux.
Nous pouvons faire la paix. C'est entre nos mains.
J'ai mes tuteurs. Sera-ce tout ?
Tu es venu pour une raison. Tu ne demandes pas si j'ai une offre ?
- Avez-vous une offre ? - Pas encore, mais j'y penserai.
En passant...
tu es plus habile à ceci que je l'aurais cru.
Je m'étonne que vous Payez remarqué.
Eh bien, que pendrons-nous ? Le houx ou l'un l'autre ?
- Diriez-vous, père, que j'ai l'étoffe d'un roi ? - Un roi splendide.
Et comptez-vous que je cède sans me battre ?
Bien sûr que tu te battras. C'est ce que je t'ai appris.
Peu importe vos plans ou ce que vous offrez à Philippe.
J'aurai l'Aquitaine, Alais et la couronne.
Je ne céderai pas l'une pour avoir l'autre.
Je ne céderai pas Alais ni l'Aquitaine à cette pustule ambulante !
Votre fils affectueux ne le fera pas.
- Avez-vous entendu ce qu'il a dit ? - Clairement, cher. Allez.
- Il est presque l'heure de dîner. - Je ne fais que ce que père me dit.
- Va manger. - Ai-je dit une bêtise ?
- Ne fais pas la moue. - Je ne fais pas la moue !
Et tiens-toi droit ! Ce doit être le roi ?
Et je dois être son chancelier.
Vous a-t-il dit ?
Jean régnera sur le pays tandis que je le mènerai.
Il dépensera les impôts que je percevrai.
- Charmant pour toi. - Pas aussi charmant qu'être roi, si j'ose dire.
Nous t'avons fait duc de Bretagne. Est-ce si peu ?
- Personne ne pense à la couronne et mentionne Geoffroi. - Pourquoi donc ?
Le pouvoir de chancelier ne suffit pas ?
Ce n'est pas le pouvoir qui me manque. C'est la mention de mon nom.
Il n'y a pas d'affection ici pour moi.
Vous ne penseriez pas que j'en veux, n'est-ce pas ?
Henri.
- J'ai une confession. - Oui ?
Je n'aime pas beaucoup nos enfants.
- Seulement toi, l'enfant que j'ai élevée mais que je n'ai pas portée. - Vous ne m'avez jamais aimée.
Si et je t'aime encore. Crois-moi, le lit d'Henri est sa province.
Il peut la peupler de brebis quant à moi...
ce qu'il a fait à l'occasion.
Rosamonde est morte depuis sept ans.
Deux mois et 18 jours. Je ne l'ai jamais beaucoup aimée.
- Tu comptes les jours ? - J'ai inventé les chiffres.
Il a trouvé mademoiselle Clifford dans les brumes du pays de Galles...
et l'a ramenée à la maison pour l'observer de plus près.
Aimant ce qu'il a trouvé, il l'a scrutée des années.
Il l'aimait profondément et elle le lui rendait.
Et pourtant, lorsque Henri a dû choisir entre sa dame et mes terres.
Il n'y a guère de plaisir à me blesser. C'est si facile.
Après toutes ces années d'amour et de soin...
crois-tu que je pourrais me résigner à te blesser ?
Aliénor, les deux mains attachées dans votre dos.
Elle est adorable, n'est-ce pas ?
Oui, très.
Qui aurais-je pu choisir d'aimer...
pour t'irriter davantage ?
Personne.
Le temps n'a rien fait d'autre que te rider.
Il n'a même pas fait cela. J'ai porté six filles, cinq fils...
et 31 années conjugales avec toi.
- Il y a des moments où tu me manques. - Beaucoup ?
- En doutes-tu ? - C'est mon chien berger.
Petit Jean hérite donc de la couronne.
J'ai entendu la rumeur, mais je ne la crois pas.
Perdre Alais sera dur, car tu l'aimes.
Le dernier caprice d'un vieillard, rien de plus.
Trouves-tu difficile de vivre dans ton château ?
C'Était difficile au début mais c'est passé.
J'estime avoir assez vu le monde.
Je ne te relâcherai jamais.
Tu as mené trop de guerres civiles contre moi.
Et j'ai failli gagner la dernière.
Quand même, tant que je serai invitée aux cours de Noël...
et aux cérémonies d'État Car j'aime bien te voir.
Ça suffit.
Je meurs de faim. Allons dîner.
- Bras dessus bras dessous. - Et main dans la main.
Tu restes une merveille d'homme.
Et tu es ma dame.
C'est étrange, Aliénor.
J'ai combattu et négocié toutes ces années...
comme si je ne vivais que pour ce qui surviendrait après ma mort.
J'ai une autre raison de vivre.
J'ai tâtonné vers la paix.
La veille de Noël ?
Depuis la mort de Louis, je n'avais pas de France à combattre.
Durant cette accalmie, j'ai découvert comme il est bon...
de promulguer une loi ou de rendre un impôt plus juste...
ou de juger à quel paysan accorder une vache.
Je t'assure, il n'est rien de plus important au monde.
Le Français est maintenant adulte et je suis fatigué de la guerre.
As-tu encore besoin du Vexin, Henri ?
Il est aussi vital que jamais. Mes troupes sont à un jour de Paris.
C'est une marche de 20 miles. Je dois le garder.
Henri, cher...
si Alais n'épouse pas Richard... je verrai à ce que tu perdes le Vexin.
Je pensais que tu ne le dirais jamais.
Je peux le faire.
Tu peux essayer.
Nous avons une bande de barons pour qui nous devons sembler un couple aimant.
Vois-tu l'amour en ceci ?
Et l'affection permanente.
Mon Richard sera roi, pas ton Jean.
Je te connais. Je connais tous tes tours et tes détours...
et je t'attend rai à chaque tournant.
T'importe-t-il vraiment qui est roi ?
Si, parce que ça t'importe.
Ne t'oppose pas à moi. Que voudrais-tu que je fasse ? Lâcher, céder, abandonner ?
- Donne-moi un peu de paix. - Un peu ?
Pourquoi es-tu si modeste ? Pourquoi pas la paix éternelle ? Voilà une idée.
Si tu t'opposes à moi, je te frapperai par tous les moyens.
- Henri. - Madame.
M'as-tu jamais aimée ?
Non.
Bien. Ce ne sera que plus agréable.
Eh bien, je suis venu. Je suis ici.
- Qu'est-ce que vous vouliez ? - Simplement parler.
Nous n'avons pas été seuls, ensemble, depuis...
Depuis quand, mon agneau, deux ans ?
Tu me sembles en forme. La guerre te va bien.
Je me tiens au courant. Je suis tous tes massacres à distance.
Assieds-toi.
Est-ce une audience, une étreinte avec embrassades ou une embuscade ?
Espérons que c'est une réunion.
Dois-tu paraître aussi sévère ?
Je t'ai fait venir pour te dire que je veux retrouver ton amour...
mais je ne peux le dire à un tel visage.
Mon amour, en particulier. Pourquoi le voudriez-vous ?
Mais pour lui-même. Quel autre but pourrais-je avoir ?
Vous me le direz quand il vous siéra.
J'intrigue beaucoup, je sais. Je complote et je forme des plans.
C'est à quoi une reine en prison emploie son temps.
Mais j'ai plus à offrir.
Ne puis-je dire que j'aime un fils et être crue ?
À votre place, j'essaierais une autre piste.
Je ne refoule pas de flots de passion pour vous. Je ne risque pas de déborder.
Tu es assommant. Autant qu'un plain-chant. La, la, la à jamais sur une note.
J'ai abandonné l'église par ennui. je peux en faire autant pour toi.
Vous ne m'abandonnerez jamais, tant que je tiens l'Aquitaine.
Tu crois que je suis motivée par l'amour des collines et des vallées ? Je crois que vous voulez la ravoir.
Vous êtes fourbe au point de ne pouvoir demander à boire quand vous avez soif.
Nous pourrions égarer des araignées dans les toiles que vous tissez.
Si je suis si retorse, pourquoi ne pars-tu pas ?
Ne reste pas là à frémir d'incertitude.
Aime-moi, petit agneau, ou laisse-moi.
Vous laisser, madame ?
Avec pure joie.
Le départ est un acte simple. Tu avances le pied gauche, puis le droit.
- Mère ! - Chut, cher. Mère se dispute.
Père a fini de formuler les termes du traité.
Charmant. Où est ton père ?
Ah, te voilà.
As-tu soumis les termes à Philippe ?
Pas encore, mais nous lui accorderons sous peu une audience. J'espère que vous y serez.
Saurons-nous les termes ou préfères-tu nous taquiner ?
- Pas du tout. Les termes sont-- - Quels de mes biens lui donnez-vous ?
- Tes biens me reviennent. - Et quel est le rien de Geoffroi ?
Mon Dieu, fils, vous ne pouvez tous être rois.
- Nous pouvons essayer. - C'est inutile maintenant.
Je veux que tu me succèdes, Richard.
Alais et la couronne, je te les donne.
Je n'ai pas le sens de l'humour. Sinon,je rirais.
- Je suis sincère. - Et moi ?
Je suis votre favori. Je suis celui que vous aimez.
Je suis désolé,Jean. Je n'y peux rien.
Pourrais-tu garder ce que je te donne ? Pourrais-tu le vaincre ?
Vous pourriez. Je n'y serai pas.
Je perds aussi. Mes rêves pour toi sont perdus.
- Vous m'avez fait marcher. - Je ne l'ai jamais voulu.
- Vous êtes mauvais père. - Je suis désolé,Jean.
Pas encore, mais je ferai un coup terrible et vous le serez.
As-tu répété tout ceci ou est-ce que tu improvises ?
Vois les choses comme elles sont.
Lesquelles ? Nous en avons tant.
Le pouvoir est la seule réalité.
Comment pourrais-je l'écarter du trône ?
Il le prendrait si je ne le lui donnais pas.
Vous me forceriez à me battre.
Vous ne me donneriez jamais rien. C'est vrai.
Tu as Alais et le royaume, mais j'obtiens ce que je veux le plus.
Toi roi, l'Angleterre reste intacte. J'obtiens cela !
Tout est à toi la couronne, la fille, toute la catastrophe.
N'est-ce pas suffisant ?
Je ne sais pas qui doit être félicité.
Rois, reines, chevaliers de quelque côté qu'on se tourne et je suis l'unique pion.
Je n'ai rien à perdre. Cela me rend dangereuse.
- Pauvre enfant. - Pauvre Jean.
Qui dit "pauvre Jean ? Ne pleurez pas tous en même temps.
Si j'éclatais en flammes, il n'y aurait pas une âme...
qui pisserait sur moi pour éteindre le feu.
Battons le briquet pour voir.
Tu es tout ce dont rêve un petit frère, tu le sais ?
J'avais l'habitude de rêver à toi tout le temps.
Je vous montrerai, Aliénor. Je n'ai pas encore perdu.
Eh bien, maman, si vous me voulez, me voici.
Jean a perdu son chancelier, non ? Et vous en avez gagné un.
C'est une chose amère que ta maman a à dire.
Elle ne me fait pas confiance. Tu dois savoir qu'Henri n'en a pas fini avec Jean.
Il gardera le Vexin tant que la lune ne bleuira pas de froid.
Et le mariage de Richard attendra le deuxième avènement du Messie.
Les travaux d'aiguille peuvent durer des années.
Je sais.
Vous savez que je sais.
Je sais que vous savez que je sais.
Nous savons qu'Henri sait, et Henri sait que nous le savons.
Nous sommes une famille informée.
Richard me prendra-t-il pour chancelier ou pas ?
Pourquoi laisses-tu tomber Jean ?
- Parce que vous gagnerez. - Je n'ai pas encore gagné.
Vous gagnerez, avec mon aide. Je peux m'occuper de Jean. Il gobera tout ce que je lui dis.
Je le mènerai par la main au piège que vous lui tendrez.
Tu es bien. Tu es superbe, Geoffroi.
Tu me vendrais Jean ou moi à Jean ou...
Tu peux me le dire. As-tu trouvé moyen de vendre tout le monde à tout le monde ?
Pas encore, maman, mais j'y travaille.
Ça m'est égal qui est roi, mais ce ne l'est pas à vous ni à Henri.
Je veux vous voir vous manger l'un et l'autre.
Tu as le don de la haine.
Vous en êtes l'experte. Vous devriez le savoir.
Mon Dieu...
tu m'as aimée toutes ces années.
Oh, Dieu me pardonne. J'ai contrarié la reine.
- Nous avons besoin de toi. Aide-nous. - Et rater le plaisir de vous vendre ?
Sois le chancelier de Richard.
Crevez.
C'est ainsi que se font les affaires.
Nous l'avons où nous le voulons.
Il nous vendra tous, tu sais...
mais seulement s'il pense que nous pensons qu'il ne le fera pas.
Pourquoi me fallait-il avoir des enfants aussi rusés ?
- Qu'y a-t-il, Richard ? - Rien.
C'est un rien lourd, ton rien.
Quand j'écris ou que je te fais venir, ou que je parle ou te tends la main...
tes riens arrivent, comme des pierres.
Ne me jouez pas une scène.
Je ne le ferais pas si je pouvais. Je suis plus simple qu'autrefois.
J'avais jadis plusieurs appétits.
Je voulais la poésie et le pouvoir et des jeunes créant l'un et l'autre.
Je voulais même Henri aussi à l'époque.
Il ne me reste plus qu'un désir: te voir roi.
Vous ne voulez que voir les organes vitaux de père sur un lit de laitue.
Peu vous chaut qui gagne. Pourvu qu'Henri perde, vous êtes prête à tout.
Vous êtes Médée jusqu'aux dents...
sauf que ce fils ne vous aidera pas à vous venger de votre mari.
Comme ma captivité t'a changé !
Henri voulait me faire du mal. C'est toi qu'il a mis en pièces.
Les hommes convoitaient cette griffe.
Henri avait 18 ans lorsqu'il m'a connue et j'étais reine de France.
Il est descendu à Paris du nord avec l'esprit d'Aristote...
et une forme de péché mortel.
Nous avons violé le décalogue sur-le-champ.
J'ai mis trois mois à me faire répudier par Louis.
Puis en mai, au printemps, près d'ici, nous nous sommes épousés.
Le jeune comte Henri et sa comtesse.
Trois ans plus tard,j'étais sa reine et il était roi d'Angleterre.
Arrivée à 21 ans... cinq ans ta cadette, général.
Je sais compter. Il n'y avait pas de Thomas Beckett alors ni de Rosamonde.
Pas de rivaux, juste moi.
Puis le jeune Henri est né... et toi...
et toutes les autres fleurs de mon jardin.
Eussé-je été stérile, chéri... je serais plus heureuse aujourd'hui.
- Était-ce destiné à me blesser ? - Quel gaspillage !
Je me suis querellée avec Henri sur son successeur, de qui...
serait-ce l'aube ou le crépuscule, et nous ne vivrons pas pour le voir.
Regarde-toi.
Je t'ai aimé plus qu'Henri et ça m'a tout coûté.
Qu'est-ce que vous voulez ?
- Je veux la relation que nous avions. - Non, ce n'est pas cela.
D'accord, alors. Je veux l'Aquitaine.
Voilà la mère dont je me souviens. Nous pouvons gagner. Je peux t'obtenir Alais.
Je peux faire arriver le mariage, mais il me faut l'Aquitaine.
- Je dois la reprendre. - Je ne la céderai pas.
Dois'-je rédiger mon testament: "A Richard,je lègue tout ? Me croirais-tu alors ?
- Où y a-t-il du papier ? - Le papier brûle.
Je t'aime.
Vous n'aimez rien.
Vous êtes incomplète. Il vous manque vos parties humaines.
Vous êtes aussi morte que mortelle.
Ne m'abandonne pas.
Ne m'abandonne pas.
J'ai vu les portraits.
Tu ne te rappelles pas comme tu m'aimais ?
Nous étions toujours main dans la main.
Voilà la sensation que ça créait. Aussi chaude et rude.
Ceci ne brûlera pas. J'y graverai un testament.
"À Richard,je lègue tout.
Mère !
Tu te souviens que je t'ai appris...
les chiffres, le luth et la poésie ?
Tu vois, tu te souviens.
Je t'ai appris la danse aussi, les langues...
la musique que je connaissais et la beauté de l'amour.
Le soleil était alors plus ardent et nous étions tous les jours ensemble.
William, dis au roi de France que je le verrai au salon.
- Oui, monseigneur. - Dans une demi-heure.
Une demi-heure. Bien.
Vous savez qu'il n'y a pas un grain de vérité dans les termes d'Henri.
Si c'est un avertissement, merci.
Et si c'est une offre ?
"Et si" est un jeu d'érudits.
Et si les anges étaient mortels ?
Et si j'étais roi ?
C'est ton jeu, Geoffroi.
Joue-le.
J'ai fait ceci pour père. Toutes les pièces marchent.
J'y ai mis des mois.Je ne suis pas idiot. Je sais. Voici mon plan.
J'ai appris trois langues. J'ai étudié le droit.
- Quel plan ? - Il faut s'entendre avec Philippe.
- Pourquoi ? - Parce que tu es écarté pour Richard.
- Quelle sorte d'entente ? - Une guerre.
Si nous nous unissons tous trois, nous pouvons achever Richard.
Tu veux dire le détruire ?
Et mère aussi ?
Et mère aussi.
Le faisons-nous ? Je dois réfléchir. Est-ce entendu ?
Nous n'avons pas le temps. Nous sommes des princes superflus.
Tu sais où vont les princes superflus ?
À leur perte.
Alors,Jean veut-il la guerre ou non ?
Vous ? Si Jean réclame vos soldats, les aura-t-il ?
Si Jean veut une guerre, il en aura.
- Jean, tu entends ? - Je réfléchis toujours.
Laisse-moi t'aider. Ou Richard monte sur le trône ou c'est toi.
Croyez-vous que nous gagnerons ?
Je le sais.
Tu ne comprends pas. J'apprécierais un peu de confiance.
J'ai assez de poux après moi. Mais tu m'as promise à Richard.
Bon Dieu, tu ne crois pas que j'étais sincère.
Donc, toute cette scène, ce que tu as dit à Jean...
Tu crois que je vais l'abandonner ?
Combien de fois dois-je le répéter ? A tous les soupers ?
Devons-nous entamer la soupe avec qui nous aimons et n'aimons pas ?
Je pense que tu aimes me passer de l'un à l'autre.
Que suis-je pour toi, une corbeille ?
Ou suis-je tout ce que tu as, tel Jean ?
Je dois obtenir l'Aquitaine pour Jean.
- Je parle de gens et tu réponds en provinces. - Ils se confondent.
Qu'est l'Aquitaine pour Aliénor ? Ce n'est pas une province. C'est une façon de me torturer.
C'est pourquoi elle a passé la soirée à aduler Richard, attisant la braise.
Elle la lui soutirera. Ce que j'aurais aimé l'espionner.
Je t'ai appris à gambader, à jouer le luth et la flute."
C'est merveilleux.
C'est absolument moi.
Puisque je descendais, me disais-je, autant les apporter.
Qu'est-ce que tu me donnes ?
Tu es un tel gamin. Tu demandes toujours.
"À Henri.
C'est ma pierre tombale. Aliénor, tu me gâtes.
Je n'ai jamais pu rien te refuser.
Ne t'en va pas. Ça l'agace de voir à quel point j'ai besoin de toi.
Tu as besoin de moi comme un tailleur de sa première chemise.
Je connais ce regard.
Il dira qu'il m'aime.
Comme ma vie.
Je parle ainsi pour lui garder le moral.
Comment t'en es-tu tirée avec Richard ? Lui as-tu brisé le coeur ?
Crois-tu qu'il devrait me rendre l'Aquitaine ?
Pourquoi pas ? Après tout, je lui ai promis le trône.
Il ne cesse de se demander si tes promesses sont bonnes.
Ça ne sert à rien de demander si l'air est bon lorsqu'il n'y a rien d'autre à respirer.
C'est exactement ce que je lui ai dit.
L'as-tu ? Te la rendra-t-il ?
Pas d'Aquitaine pour Jean.
Je dois lui donner quelque chose. N'y a-t-il aucune entente possible ?
Mon amour, dans un monde où les charpentiers ressuscitent tout est possible.
- Tu l'as porté. C'est ton fils. - Ciel, oui.
Durant 280 jours, je l'ai porté.
Je me rappelle chacun d'eux.
Tu venais de trouver Rosamonde.
Pourquoi elle particulièrement ? J'ai trouvé d'autres femmes.
Nombre d'autres.
Quel est ton compte ?
Comptons les dessus-de-lit sur lesquels tu t'es étendue.
Thomas Beckett. C'est faux.
Je sais. Tu te soucies encore de ce que je fais.
Je veux l'Aquitaine pour Jean ! Je la veux et je l'aurai.
Est-ce une menace que tu profères ? Sera-ce la torture ?
L'eau bouillante ou l'étirement ? Lequel ? Serai-je transpercée ?
J'ai les documents et tu les signeras.
Comment m'y forceras-tu ? Par des menaces ? Signe ou je refuse d'alimenter tes larmes ?
"Oh, signe avant que mon coeur se fende.
Je suis comme la terre, vieux. Il est impossible de me contourner.
Je t'adore.
Épargne tes pieds endoloris. Cette route est fermée.
J'ai une offre pour toi, ma chère.
Un marché. Un marché.
Je donne à Jean la province la plus riche du continent.
Pourquoi ? Dis-moi, génie, pourquoi ?
Ta liberté.
Une fois l'Aquitaine aux mains de Jean, tu es libre, je te relâcherai.
Réfléchis. En liberté à Londres, les hivers en Provence...
voyages impromptus chez Richard partout où il massacre des gens.
Tout cela pour une signature.
- Tu es bon. - J'ai pensé que ça te plairait.
- Tu as toujours aimé voyager. - Oui.
J'ai même forcé le pauvre Louis à m'emmener en croisade.
Quel blasphème, n'est-ce pas ?
J'ai vêtu mes bonnes en amazones et j'ai chevauché les seins nus sur la route de Damase.
Louis a failli mourir de syncope et moi des brûlures du vent.
Louis a failli mourir de syncope et moi des brûlures du vent.
Henri, je suis acculée au mur.
Être captive...
être emmurée...
quand on a connu le monde.
Je ne sais comment j'ai survécu.
Ces dix ans, Henri, ont été inimaginables.
Et maintenant...
tu m'offres la seule chose que je désire...
si je renonce...
à la seule chose que je chéris.
Signe le papier et nous annoncerons la bonne nouvelle.
La reine est libre, Jean obtient l'Aquitaine et Richard épouse Alais.
Oui. Finissons-en.
Je signerai.
- À une condition. - Dis.
- Procède au mariage maintenant. - Quoi ?
Quoi, je t'ai surpris. Ce n'est sûrement pas soudain.
Ils vont vers l'autel depuis 16 ans. C'est une longue marche.
Jean peut être garçon d'honneur. C'est drôle.
Tu peux donner la main de la mariée. Je veux te voir le faire.
Alais. Je peux vivre sans elle.
- Et je croyais que tu l'aimais. - Je l'aime.
Dieu merci. Tu m'as effrayée. J'avais peur que tu n'en souffres pas.
Quelle tragédie tu es !
Je me demande. T'es-tu jamais demandé...
si j'ai couché avec ton père ?
Père ?
C'est faux mais le bruit court.
Ne t'es-tu jamais demandé ?
Est-ce agréable de me mépriser ? Est-ce gratifiant ?
- Arrête alors ! - Comment ?
- C'est pourquoi je vis. - Je vais te montrer.
Par le Christ,je le ferai. Je le ferai !
Où y a-t-il un prêtre ? Trouvez-moi un prêtre !
Toi ! Va me chercher un évêque !
Appelle Durham. Il est dans le hall.
- Qu'il nous rejoigne à la chapelle. - Jean, Richard, Geoffroi !
- Qu'y a-t-il ? Qu'y a-t-il ? - Richard se marie.
Il se marie ? Maintenant ? Il se marie maintenant ?
Ta vivacité d'esprit ne laisse pas de m'émerveiller.
Vous ne pouvez me blesser, sac de fiel.
- Mais vous pouvez, père. Pourquoi ? - Parce que je le dis.
- Monseigneur attend à la chapelle. - Bien ! Finissons-en.
- Tu feras une adorable mariée. - Je me demande si je pleurerai.
- Vous avez l'air de penser que ça arrivera. - Je le pense.
Il ne fait qu'intriguer. Ne le reconnaissezvous pas ?
- Pas cette fois. - Tu ne renonceras jamais à moi.
- Tu crois ? - Tu me l'as dit !
Tu n'es pas mon Hélène. Je ne ferai pas la guerre pour sauver la face.
- Je ne te crois pas. - Attends dix minutes !
Richard, tu n'est pas honnête!
Non tu ne l'est pas!
S'il te plaît! Nous nous apprecions.
C'est de la folie ! Je ne le ferai pas ! je ne le ferai pas !
- Viens ! - Lâche-moi, Henri.
Richard, non !
Ça n'a pas de sens. Pourquoi m'abandonner ?
Qu'en tires-tu ? Qu'y gagnes-tu ?
L'Aquitaine, bien sûr.
Quoi encore ?
Ta mère recouvre sa liberté et j'obtiens l'Aquitaine.
C'est la proposition, n'est-ce pas ? Tu l'as acceptée.
Bien sûr que oui. Je le savais. C'était une comédie et je l'ai crue.
- J'étais sérieuse. - Il n'y aura pas de mariage.
Mon garçon, écoute, Durham attend.
Tu dois l'épouser, pour moi. Ce n'est pas trop demander.
Je l'ai promis à Philippe. Pense à ma position.
Au diable le mariage et au diable votre position.
- Tu n'oses pas me défier. - Oh, non ?
Tu es roi de France. Parle, fais quelque chose.
- Menacez-moi. Faites-moi peur. - Âne.
- Il n'entendait pas procéder au mariage. - Quoi ?
Vous feignez bien la fureur. J'aime votre façon de la jouer.
Petit, ne traite jamais un roi de menteur en face.
Je ne suis pas petit ni pour vous ni pour personne.
Tu es venu ici me demander le mariage ou le retour du Vexin.
Tu n'auras ni l'un ni l'autre. Je dis non aux deux.
- Vous avez un pacte avec la France. - Au diable le pacte et la France. Elle ne se mariera pas de mon vivant.
"Votre vivant et "jamais sont deux époques différentes.
Pas à ma pendule, petit !
Écoutez le lion ! Montrez une dent jaune, effrayez-moi. Ne gâche rien, Richard. Sois beau joueur.
- Comment va la mauvaise jambe ? - Mieux, merci.
Votre dos. Vous vieillissez. Vous m'aurez une fois de trop.
Quand ? j'ai 50 ans. Bon Dieu,je suis le plus vieil homme que je connaisse.
Quand ?j'ai 50 ans. Bon Dieu,je suis le plus vieil homme que je connaisse.
Qu'est-ce que ce sera ? Le sabre à 85 ans ?
Je ne suis plus le second fils. Votre Henri gît dans le caveau.
Je sais. Je l'y ai vu.
- J'ai la couronne. - Tu as ce que père te donne.
- Je suis l'héritier ! - De rien !
- Nous passerons au sabre maintenant. - Dès maintenant ?
- Sur le champ de bataille. - Nous sommes en guerre alors.
Oui, nous sommes en guerre. J'ai 2000 hommes à Poitiers.
Appelle et vois qui répond. Tu ne seras jamais plus près de Poitiers.
Vous n'oserez pas me faire prisonnier. D'ici qu'on s'entende sur la succession de Jean, je peux et je le ferai.
Je te traite avec respect. Tu as le château à ta disposition.
Aucun château ne peut me contenir. Postez vos gardes.
Mon Dieu,je suis de nouveau roi ! Fantastique !
Es-tu heureux pour moi, Geoffroi ? Je suis heureux pour nous deux.
Tu l'as fort bien joué. Tu as été adroit.
Oui, en effet. Je t'ai eue, n'est-ce pas ?
Oh, mon Dieu,j'adore être roi.
Eh bien, Henri...
seigneur et suzerain...
qu'arrive-t'il maintenant ?
Je n'en ai pas idée.
Je sais que je gagne et je sais que je gagnerai.
Tu as eu peur, n'est-ce pas ?
Je crois que si.
J'ai eu peur.
Ne joue pas avec les sentiments, Henri, pas les miens.
Ce n'était pas possible de te perdre.
Je dois te chérir plus que je ne croyais.
Tu as ton visage énigmatique. Quelle peut bien être ton humeur ?
Pures délices.
Je suis enfermée avec mes fils.
Quelle mère n'en rêve pas ?
Une chose. Oui.
Puis-je te voir l'embrasser ?
Puis-je te voir l'embrasser ?
Je le vois tous les soirs.
Je le fais apparaître avant de dormir.
Laisse-le là.
Ma curiosité est intellectuelle.
Je veux voir si je me trompe.
Oublie le dragon à la porte. Viens.
Crois que je t'aime, car je t'aime.
Crois que je t'appartiens à jamais, car c'est vrai.
Crois au contentement et au bonheur que tu me donnes.
Et crois.
Tu veux davantage ?
Je suis un vieil homme dans un lieu désert.
Sois avec moi.
Comme tu me fais belle !
Qu'aurait chanté Salomon s'il avait vu cela ?
Je ne peux pas.
Je me transformerais en sel.
J'ai encore perdu.
J'ai encore perdu.
Eh bien, il y aura d'autres Noëls.
Je te pendrais aux mamelons, mais tu choquerais les enfants.
Ils se sont embrassés gentiment, non ?
Je l'aurai la prochaine fois. Je peux attendre.
Te voilà.
Mon réconfort et ma compagnie.
Enfermés pour une autre année.
Quatre saisons de plus.
Quelle désolation !
Quelle uvre d'une vie !
Est-ce trop ?
Plisse les yeux en approchant.
Tu peux être aveuglé par ma beauté.
Joyeux Noël.
Est-ce la raison de ta visite ?
Vous vous sentez peut-être seule.
Tiens, chancelier.
Tiens, chancelier.
Je suis perplexe.
Je me rappelle mon 3e anniversaire.
Pas que des dessins du jardin ou des cadeaux...
mais qui a fait quoi à qui et comment je l'ai senti.
Mon souvenir va jusque-là, mais je ne me rappelle rien...
de plus chaleureux que l'indifférence de la part de vous ou de père.
Pourquoi donc ?
Je ne sais pas.
La question ne m'était pas facile et ne mérite pas une réponse facile.
Il y a des moments où nous n'aimions aucun de nos enfants, je pense.
Encore trop facile, ne croyez-vous pas ?
Je suis lasse...
tu veux une réponse simple et je n'en ai pas.
J'en ai assez de vous tous.
Je pensais venir jubiler un peu.
Mère est fatiguée.
Viens me narguer demain matin. Je serai plus sensible.
Il n'y a nul plaisir à défier ce soir. Le salaud nous a enfermés.
Que dis-tu, cher ? Nous sommes ses prisonniers, si cela vous intéresse.
Pourquoi devrait-ce ? Je suis de toute façon sa prisonnière.
Corrigez-moi si je me trompe...
mais j'avais l'impression que vous me destiniez le trône d'Henri.
Nous ne pouvons pas gagner, Richard. Nous l'avons perdu cette fois.
- Vous me croyez fini, n'est-ce pas ? - En effet.
J'ai subi plus de défaites que tu n'as de dents.
Je sais reconnaître un échec.
Prends ton armoise comme un grand, avale-la et couche-toi.
Je serai roi.
En effet, mais pas cette année. Oh, laisse, Richard !
- Laisse aller pour l'instant. - Je ne peux pas.
Ce n'est pas si difficile. Répète après moi: "Jean gagne,je perds.
Et si Jean mourait ?
- Tu n'oserais pas ! - Pourquoi pas ?
- Il a un couteau ! - Il a toujours un couteau.
Nous avons tous des couteaux. C'est 1183 et nous sommes des barbares.
Nous l'affichons clairement. Oh, mes cochonnets, nous sommes l'origine de la guerre...
pas les forces de l'histoire, ni les temps, ni la justice...
ni l'injustice, ni les causes, ni les religions, ni les idées...
ni les formes de gouvernement, ni rien d'autre.
Nous sommes les tueurs. Nous engendrons les guerres.
Nous en portons les germes, comme la syphilis, au-dedans de nous.
Des corps pourrissent dans les champs parce que les vivants sont pourris.
Pour l'amour de Dieu, ne pouvons-nous nous aimer juste un peu ?
C'est ainsi que commence la paix.
Nous avons tant de raisons de nous aimer l'un l'autre.
Nous avons tant de possibilités, mes enfants.
Nous pourrions changer le monde.
Tandis qu'on s'embrasserait, que ferait Philippe ?
Oh, bon Dieu ! Philippe !
Nous devons amorcer une guerre. Si père |'apprend,je serai ruiné.
- Calme-toi,Jean. Ne t'énerve pas. - Quel conseiller tu fais !
Ne fais rien sans moi. Laisse-moi m'en occuper.
Il a fait un pacte avec Philippe. Tu lui as conseillé d'aller en guerre.
Ce garçon sans pareil. Il s'est déshérité lui-même.
Quand Henri l'apprendra, quand je lui dirai ce que Jean a fait.
Il me faut un peu de temps. Peux-tu éloigner Jean de Philippe un moment ?
- Tout ce que vous dites. - Je veux que tu partes avant la crise.
Tu auras besoin de Philippe. Va le voir. Aie l'air désespéré.
Promets tout... le Vexin, la Bretagne.
Quand tu seras libre et Jean en disgrâce, nous ferons d'autres plans.
Voyez Philippe. Vous êtes la diplomate. Voyez-le et parlez-lui.
Tu es son ami. Tu le connais. Pas moi.
Et, Richard...
promets n'importe quoi.
Oh, je tiens le vieux cette fois.
L'idiot pense aimer Jean. Il le croit.
C'est là où le couteau doit pénétrer.
Les couteaux.
Les couteaux.
Où est cette glace ? Je suis Aliénor et je peux tout voir.
Quelle femme ravissante !
Comment son roi a-t-il pu la laisser ?
Philippe.
Philippe.
Ça marche. Au matin, je peux être le fils élu.
La couronne peut me revenir. Es-tu toujours avec moi ?
Nous devrons les combattre tous. Ils se grouperont quand ça arrivera.
- Ai-je ta parole ? - Ai-je la tienne ?
Toutes les terres de l'Angleterre en France si je t'appuie. Sommes-nous alliés alors ?
Nous sommes nés pour l'être. Je devrais être solennel, mais je n'ai pas le temps.
Je vais dire à père que Jean est traître.
Tu es pourri ! Tu le sais ? Tu es pourri et tu pues.
Je te tuerai !
Empoté.
Si tu es prince, il y a de l'espoir pour tous les singes d'Afrique.
Je t'avais sauvé. Je n'allais pas chez père, mais il y allait.
Il serait allé voir Henri et t'aurait trahi. Regarde, c'est dans son visage.
C'est vrai. Je ne sais pas qui sont mes amis.
- Pouvons-nous ? - C'est l'objet des tapisseries.
Je n'apprendrai jamais. J'ai tout gâché.
Bonjour, Richard.
Tu allais au lit. J'attendrai à demain.
- Mère m'envoie. - Entre de toute façon.
Nos alchimistes sont tombés sur l'art de bouillir le bourgogne.
Il se transforme en vapeur et quand il refroidit...
nous l'appelons brandy. Je suis prisonnier d'Henri.
- Tu trouves ça charmant ? - Non.
- Pourquoi ce sourire charmant alors ? - Je pensais,je ne sais pourquoi...
à ta dernière visite à Paris.
- Se peut-il qu'il y ait eux ans ? - Il se peut.
- J'ai besoin d'une armée. - Ça chassera le rhume.
- Je dois avoir des soldats. - Ai-je vieilli ?
Te parais-je plus vieux ? Ce furent deux années acharnées. Je me suis entraîné à être roi.
- J'aurai ta réponse oui ou non ? - Tu l'auras quand je la donnerai.
Tu vois, j'ai changé.
Je ne suis plus le gamin à qui tu montrais à chasser il y a deux ans.
Courir après un sanglier, toi en tête, moi derrière.
Tout le jour jusqu'au crépuscule.
Ne t'en va pas. Je dois savoir. M'aideras-tu ?
Assieds-toi et nous en parlerons.
- Tu n'écris jamais. - A personne.
Pourquoi devrais-je te faire roi d'Angleterre ?
Ne serais-je pas mieux avec Jean ou Geoffroi ?
Pourquoi me battre contre toi au lieu du crétin ou du monstre ?
- Nous battrions-nous ? - Nous nous battons maintenant.
TU es encore un enfant.
À certains égards. Lequel avais-tu en tête ?
Tu n'as pas demandé combien me vaut ton aide.
- Tu peux ravoir le Vexin. - Et quoi d'autre ?
- Toute la Bretagne. - Elle appartient à Geoffroi.
- Est-ce que ça importe ? - Peut-être à Geoffroi.
- Quoi d'autre ? - C'est tout ce que vaut ton aide.
- En échange, que veux-tu de moi ? - Deux mille soldats.
- Quoi d'autre ? - Cinq cents chevaliers.
- Quoi d'autre ? - Des armes et de quoi assiéger.
- Quoi d'autre ? - Je n'ai jamais écrit parce que je croyais que tu ne répondrais pas.
Tu t'es marié.
Cela fait-il une différence ? N'est-ce pas ?
J'ai passé deux ans dans les rues de l'enfer.
C'est étrange. Je ne t'y ai jamais vu.
Tu n'as pas dit que tu m'aimes.
Lorsque viendra le temps.
Il n'est pas trop tard ?
J'espérais vous voir.
Nous ne pouvions laisser les négociations à ce point.
Je cherche toujours ton père chez toi. Il n'y est pas.
Il me manque.
Richard ou la reine sont-ils venus te voir ?
Est-ce que ça importe ? S'ils ne sont pas venus, ils viendront.
Je veux en arriver à un accord. Je t'ai offert trop peu.
Oui, rien est trop peu.
Je regrette que tu ne m'aimes pas plus.
Ton père disait toujours Aime les gens forts.
Aussi aimait-il tout le monde.
Je viens t'offrir la paix.
Au diable votre paix !
Au diable votre paix !
Mon père était pleurard.
Combats-moi et tu perdras.
Je ne peux pas perdre, Henri.
J'ai le temps. Regardez-vous.
Grand, de gros bras, mais qui se font toujours plus lourds.
Le sable tapote dans le verre.
Je ne suis pas pressé, Henri. J'ai le temps.
Supposons que je dise que l'Angleterre est en guerre avec la France ?
La France capitule. Je n'ai pas à lutter pour gagner.
Prenez tout. Ce comté, celui-là. Vous ne les aurez pas longtemps.
Quelle sorte de courage as-tu ?
Celui de la marée.
Il va et vient.
Dieu que jaimerais te lâcher contre Aliénor ! Plus de brandy ?
Vous le reconnaissez ? On le bouillait en Irlande avant le départ des serpents.
Eh bien, la situation semble un peu sombre pour Henri, n'est-ce pas ?
Tu diras oui à Richard quand il viendra... armes, soldats, tout ce qu'il veut.
- Je serais bête de ne pas le faire. - Oui.
Et tu lui retireras tout avant le début de la bataille. Ne le feriez-vous pas à ma place ?
Pourquoi combattre Henri quand ses fils le feront pour vous ?
Oui. Exactement.
Tu promets, mon garçon. C'est de la haute stratégie.
- Bonne nuit. - Vous partez ? Mais nous n'avons rien réglé.
Nous déballons les cadeaux de Noël à midi. D'ici là. Vous n'en avez pas fini avec moi.
Si. Ce fut très satisfaisant. Qu'y a-t-il de satisfaisant ?
Gagner l'est. Je viens de gagner. Tu l'as sûrement remarqué.
Pas une chose. Vous n'avez rien gagné du tout.
J'ai vu comment fonctionne ton esprit et le genre d'homme que tu es.
Je sais tes plans et tes attentes.
Tu as débité tous les éléments de stratégie que tu as.
Je sais exactement ce que tu feras et exactement ce que tu ne feras pas.
Je ne t'ai exactement rien dit.
À ces yeux âgés, mon garçon, voilà comme apparaît la victoire !
Vous.
Vous avez anéanti mon père.
Vous lui étiez toujours supérieur.
Vous l'avez malmené.
Vous avez couché avec sa femme.
Vous avez gagné toutes les guerres.
Vous avez déformé tous les traités.
Vous vous êtes moqué de lui...
et vous l'avez forcé à vous aimer pour autant.
J'y étais.
Ses derniers mots étaient pour vous.
C'était un homme aimant et tu n'en as rien appris.
J'ai appris comment les pères revivent dans leurs fils.
Un roi de votre trempe a une politique sur tout.
Mais quelle est la politique officielle sur la sodomie ?
Que dit la Couronne des garçons qui le font avec les garçons ?
Richard sait entrer dans tant de légendes.
Entendons la tienne et voyons comment elle s'y compare.
Il m'a découvert quand j'avais 15 ans.
Nous étions à la chasse. Il faisait presque nuit.
Mon cheval est tombé, j'ai été jeté.
Richard me touchait à mon réveil.
Il m'a demandé si je l'aimais.
"Philippe m'aimes-tu ?"
Et je lui ai dit oui.
Savez-vous pourquoi je lui ai dit oui ?
Pour qu'un jour je puisse vous le raconter.
Vous ne pouvez imaginer ce que ce "oui a coûté.
Imaginez-vous câlinant une putain rongeuse...
et plissant les lèvres dans une sorte de sourire...
disant "Oui...
je t'aime...
et je te trouve...
beau.
Je ne sais pas comment jai pu.
- Ce n'était pas comme ça ! - Mais ce l'était.
Tu m'aimais.
Jamais.
Allez-vous-en.
Je vous en prie. Je ne veux pas de vous ici.
Ce n'est pas un plaisir d'être ici.
Le tire-bouchon royal me trouve donc tordu, n'est-ce pas ?
- Dis-le à ta mère. Elle sera contente. - Elle le sait. Elle m'a envoyé.
Tu lui appartiens totalement.
Vous avez eu quatre fils. Qui revendiquez-vous ?
Pas Henri, pas mon frère enseveli...
pas ce fumier monumental, cet idiot épique.
Pourquoi lui ? Pourquoi toujours lui et jamais moi ?
Il était l'aîné. Il est venu en premier.
Merde, Henri. Est-ce tout ?
Tu es allé avec Aliénor.
Vous ne m'avez jamais appelé. Vous n'avez jamais dit mon nom.
J'aurais marché,j'aurais rampé. J'aurais fait n'importe quoi.
Ce n'est pas ma faute. Je n'en tolérerai pas le reproche.
Je ne voulais que vous.
Non, c'est ma couronne. Tu veux mon royaume.
- Gardez votre royaume. - Ça,je le ferai.
J'espère qu'il vous tuera. Dieu merci,j'ai un autre fils.
Et qui remercierons-nous pour Geoffroi ? Vous ne pensez pas beaucoup à moi.
Beaucoup ? Je ne pense pas à toi du tout.
La nurse disait que j'avais vos mains.
J'aurais pu avoir davantage de vous. Essayez de me voir.
Je n'ai pas le don guerrier de Richard, mais il venait vous trahir, pas moi.
- Je n'ai pas ce qu'a Jean. - Dieu sait ce que vous lui voyez.
- Il vous a aussi trahi. - Tu penses que je te ferais roi ?
Vous me ferez roi car je suis tout ce que vous avez.
Je devais être son chancelier. Demandez-lui pourquoi.
- J'en ai assez entendu. - Pour pousser Jean à la trahison.
Je ne doute pas qu'il l'ait offert. Je ne doute pas que tu aies essayé.
Et je ne doute pas que Jean m'aime.
Comme un glouton aime son repas.
Fumier !
Eh bien,Jean.
- Ce n'est pas ce que vous pensez. - Qu'est-ce que je pense ?
- Ce qu'a dit Geoffroi. - Je ne comploterais pas contre vous.
Je sais. Tu es un bon garçon.
Puis-je m'excuser ? Il est tard. Je dois me coucher.
Ne pouvais-tu attendre ? Ne pouvais-tu me faire confiance ? C'était tout à toi.
- Ne pouvais-tu le croire ? - Voulez-vous écouter le chagrin ?
Pour qui ai-je bâti ce royaume, penses-tu ?
Papa l'a tout fait pour moi.
Mais quand puis-je l'avoir, papa ? Pas avant de vous enterrer.
- Je t'aimais. - Vous êtes un salaud de glace, voilà ce que vous êtes...
et vous n'aimez rien.
Je suis l'héritier. Il n'y a plus que moi.
Voici, père. Me voici.
Ma vie, lorsqu'elle sera écrite, se lira mieux qu'elle s'est vécue.
Henri Fitz-Empress, premier Plantagenêt...
roi à 21 ans, le plus talentueux soldat d'une époque de talent.
Il dirigeait bien ses hommes. Il était juste quand il le pouvait...
et a régné durant 30 ans sur un empire aussi grand que celui de Charlemagne.
Il a épousé par amour une femme légendaire.
Ni à Alexandrie ni à Rome ni à Camelot, n'y a-t-il eu une telle reine.
Elle lui a donné beaucoup d'enfants...
mais aucun fils.
Le roi Henri n'avait pas de fils.
Il avait trois barbus, mais les a déshérités.
Vous n'êtes pas à moi ! Nous ne sommes pas liés !
Je vous renie !
Aucun de vous n'aura mon royaume ! Je ne vous laisse rien !
Et je vous souhaite la peste. Puissent vos enfants crever !
Mes garçons sont partis.
J'ai perdu mes garçons.
Vous osez me maudire, n'est-ce pas ?
Eh bien,je vous maudirai à mon tour.
Soyez maudits !
Mes garçons sont partis.
J'ai perdu mes garçons
Oh, merde.
TOUS mes garçons.
Le vin de Noël Est dans le pot
Les charbons de Noël sont rouges
je passerai ma journée en amante
Déballant mes cadeaux
Au lit
La messe de Noël est terminée
Les prières de Noël sont dites
Personne d'autre ne chante des noëls. Ce pourrait aussi bien être le carême.
Quand j'étais petite, Noël était un temps de grande confusion pour moi.
La Terre sainte avait deux rois: Dieu et l'oncle Raymond.
Je ne savais jamais de qui c'était l'anniversaire.
- Henri n'est pas ici. - Nous pouvons parler derrière son dos.
- Qu'est-il arrivé ? - Ne le sais-tu pas ?
Il y a eu une scène avec lits et tapisseries et beaucoup a été dit.
Du vin épicé.
J'avais oublié qu'Henri aimait cela. Puis-je rester ?
C'est votre chambre comme la mienne. Nous sommes toutes deux en résidence.
Entassés comme les pauvres, trois par lit.
Entassés comme les pauvres, trois par lit.
Jamais ? Avant le déluge. D'aussi longtemps que Rosamonde ?
C'est de la préhistoire, mon agneau. Il n'y a ni dossiers ni survivants.
Il y a des portraits. Elle était plus belle que vous.
Oh, beaucoup. Ses yeux, à certaine lumière, étaient violets.
Toutes ses dents étaient égales. C'est un trait rare, des dents égales.
Elle souriait trop, mais elle mâchait avec distinction.
Vous la haïssez même maintenant.
Non, mais je l'ai haïe.
Il l'a mise à ma place, tu vois et ce fut très difficile.
Comme toi, elle a été à la tête de la table d'Henri.
C'est ma chaise. Vous l'avez donc fait empoisonner.
Non, je n'ai pas empoisonné Rosamonde.
J'ai prié pour qu'elle tombe et
j'ai un peu souri quand c'est arrivé.
Pourquoi n'es-tu pas heureuse ?
Henri te garde. Tu dois être plus habile que moi.
J'ai tenté de m'apitoyer sur vous...
mais ça se transforme toujours en autre chose
Pourquoi t'apitoyer ?
Vous aimez Henri, mais vous aimez aussi son royaume.
Vous le regardez et vous voyez des villes, des terres...
la côte, des impôts.
Tout ce que je vois, c'est Henri.
Laissez-le-moi, ne pouvez-vous pas ?
Je l'ai laissé il y a des années.
Et je croyais pouvoir vous toucher.
Et je croyais pouvoir vous toucher.
Quand j'étais jeune et vous vénérais, étiez-vous pareille ?
Fort probablement.
Mon enfant, je suis finie et je viens lui donner tout ce qu'il veut.
Savez-vous ce que jaimerais pour Noël ?
J'aimerais vous voir souffrir.
Juste pour toi.
The sky is pocked with stars.
Quels yeux devaient avoir les Mages pour en voir une nouvelle parmi tant.
- Tu sembles avoir froid. - J'ai réchauffé du vin.
Je me demande, y avait-il moins d'étoiles alors ?
- Je ne sais pas. - Je soupçonne du mystère là-dedans.
- Qu'est-ce ? - Du vin chaud.
Ainsi en est-il.
Tu es aussi belle que Je me rappelais.
Va-t'en. Ma veuve veut me voir.
- Elle veut savoir tes plans. - Je sais.
Elle veut te ravoir. Va à ta chambre.
Donc, tu veux me ravoir.
Elle le pense.
Elle pense que le besoin d'amour ne s'éteint jamais.
Elle n'a pas tort.
Tu m'émerveilles, après toutes ces années...
tu restes un pont-levis démocratique, t'abaissant pour tout le monde.
À mon âge, il n'y a plus beaucoup de circulation.
À ton interminable santé.
- Eh bien, femme, qu'est-ce qui te tracasse ? - Je viens de voir Richard.
Splendide garçon.
- Il dit que vous vous êtes bagarrés. - Nous nous bagarrons toujours.
Il a l'impression que tu entends les déshériter.
J'imagine que je me laisserai fléchir.
- Pas toi ? - Ça m'est assez égal.
En fait, Henri,je me demande si tout ne m'est pas égal.
Je me demande si je suis avide par habitude.
Je pourrais t'écouter mentir pendant des heures.
Ta convoitise est donc rouillée. Superbe.
Henri, je suis si fatiguée.
Dors alors. Dors et rêve à moi avec des croûtons.
- Cesse ! - Aliénor, je n'ai pas commencé.
Tu veux mon nom sur papier ? Je signerai n'importe quoi.
Tu veux l'Aquitaine pour Jean ? Elle est à Jean.
C'est à lui, à toi, à n'importe qui.
- En échange de quoi ? - De rien.
Pour un peu de paix. Pour mettre fin à tout ceci. Pour l'amour de Dieu.
Ramène-moi en Angleterre, enferme-moi et perds la clé...
et laisse-moi être seule.
J'en fais serment.
Je donne ma parole.
Oh, eh bien.
Aimerais-tu un coussin ? Un tabouret ? Un châle ?
Tes serments sont des jurons, ta parole est une malédictionn ton nom sur le papier...
est un gaspillage de pulpe. Je t'insulte, pour l'amour de Dieu ! Prête l'oreille !
Comment...
d'où nous sommes partis...
sommes-nous arrivés à ce Noël ?
Pas à pas.
Que m'arrive-t'il maintenant ?
C'est une curiosité bien vive de la part d'un chat mort.
Si tu veux savoir mes plans, demande-les-moi.
Conquiers la Chine, pille le Vatican ou prends le voile.
Je ne suis pas de ceux qui s'en soucient.
Laisse-moi céder mes terres à Jean et aller au lit.
Non, tu es trop bonne. Je ne peux pas accepter.
Je le signerai avec du sang, de la salive ou de l'encre bleue.
- Qu'on en finisse. - Non.
Je ne pense pas vouloir ta signature sur rien.
Tu n'en veux pas ?
Dieu, le plaisir que jéprouve encore à te provoquer.
Tu ne veux pas que Jean ait mes provinces ?
- Dans le mille ! - Je ne supporte pas ta suffisance.
Tu ne veux pas Richard et tu ne veux pas Jean.
- Tu as saisi. - D'accord alors. Bouleverse-moi.
Dis-le-moi. Que veux-tu ?
Une nouvelle femme.
Donc...
je serai répudiée.
Eh bien...
le pape me le permettra-t-il ?
Le pontife me doit un pontificat. Je crois qu'il le permettra.
Dehors Aliénor...
voici Alais.
- Pourquoi ? - Une nouvelle femme, femme, me donnera des fils.
C'est la seule chose...
dont je pensais que vous etiez satisfait.
Je veux un fils. Nous pourrions peupler une ville...
de paysannes qui t'ont donné des fils.
Combien ? Aide-moi à compter les bâtards.
Tous mes fils sont des bâtards.
Tu es vraiment sérieux. Amour, du fond de mon cur.
Tes fils font partie de toi.
Comme des verrues et des goitres et je les fais exciser.
Nous les avons faits. Ce sont nos garçons.
Je sais, et bon Dieu, regarde-les.
Geoffroi, quel chef-d 'uvre !
Il n'est pas chair. Il est engin. Il est roues et engrenage.
Et Jean...
As-tu inspiré sa dernière trahison ?
Je l'ai pris à mentir et l'ai blâmé sur sa jeunesse.
Je l'ai pris à tricher et l'ai blâmé sur son sexe.
Je l'ai vu voler, courir la gueuse et fouetter ses domestiques...
et il n'est pas un enfant. Il est l'homme que nous avons fait.
Ne partage pas Jean avec moi.
Il est ton uvre. Et Richard est la tienne.
Comment as-tu pu l'envoyer traiter avec Philippe ?
J'étais fatiguée.
J'étais occupée.
Ils étaient amis.
Il était le meilleur.
Depuis le berceau, tu l'as dorloté. Je n'ai jamais eu une chance.
- Tu n'en as jamais voulu. - Comment le sais-tu ? Tu l'as pris.
Tu pouvais supporter la séparation de ton mari, mais pas de ton fils.
Tout ce que jai fait c'est à cause de toi.
Tu mas jeté du lit pour Richard.
Pas avant que tu m'en jettes pour Rosamonde.
Ce n'est pas si simple. Je n'accepte pas que ce sont aussi simple.
Je t'adorais. Jamais.
Je t'adore toujours.
De tous les mensonges, c'est le plus terrible.
Je sais. C'est pourquoi je l'ai gardé jusqu'ici.
Oh, Henri. Nous avons mutilé tout ce que nous avons touché.
Dénie-nous ce que tu veux... nous avons fait cela.
Te rappelles-tu notre rencontre ?
Jusqu'à l'heure et à la couleur de tes bas.
Je te voyais à peine dans la lumière du soleil.
Il pleuvait, mais qu'importe.
Il y a eu très peu de conversation, autant que je me souvienne.
Très peu.
Je navais jamais vu telle beauté.
Je m'en suis approché et l'ai touchée.
Dieu, où ai-je trouvé le culot de faire cela ?
Dans mes yeux.
Je t'aimais.
Pas d'annulation.
- Quoi ? - Il n'y aura pas d'annulation.
- Il n'y en aura pas ? - J'ai peur que tu doives t'en passer.
Eh bien, ce n'était qu'un caprice.
Je suis si soulagée. Je ne voulais pas te perdre.
Par curiosité, d'intellectuel à intellectuel...
comment nom de Dieu peux-tu me perdre ?
Nous voyons-nous jamais ? Suis-je jamais près de toi, avec toi ?
Suis-je jamais nulle part qu'ailleurs ?
Est-ce que jécris ? Nous envoyons-nous des messages ?
De petits canots remplis de cadeaux remontent-ils la Tamise pour toi ?
- Se souvient-on de toi ? - On se souvient de toi.
- Se souvient-on de toi ? - On se souvient de toi.
Comment peux-tu me perdre ? Ne peux-tu sentir les chaînes ?
Tu me connais assez pour savoir qu'on ne peut m'arrêter.
Tu me connais assez pour savoir qu'on ne peut m'arrêter.
Chacun de tes ennemis a des amis à Rome. Nous te colons du temps.
Qu'est-ce que ceci ? Je ne moisis pas.
- Ma peinture ne se détache pas. Je suis bon pour des années. - Combien d'années ?
- Supposons que je te retarde d'un an. - Je peux. C'est possible.
- Supposons que ton premier fils meurt. - Le nôtre est mort. C'est possible.
- Supposons que tu as ensuite une fille. - Ça nous est arrivé.
C'est aussi possible.
Quel âge a papa alors ?
Quelle sorte de lignée chétive...
rachitique, laiteuse, desséchée, gourde, estropiée,
boiteuse engendreras-tu ?
C'est gentil à toi de t'en soucier. Nous attendrons que tu sois mort pour le faire.
Et quand tu mourras, ce qui sera regrettable mais nécessaire...
qu'arrivera-t-il à la frêle Alais et à son prince malingre ?
Tu ne peux croire que Richard attendra que ton grotesque grandisse.
Tu ne le laisserais pas faire pareille chose.
Le laisser ? Je le pousserais dans la pouponnière.
Tu n'es pas si cruelle.
Ne te fais pas de mauvais sang. Nous attendrons que tu sois mort pour le faire.
Aliénor, que veux-tu ?
Juste ce que tu veux: un fils roi.
Tu peux en faire plus, je ne peux pas. Crois-tu que je veux disparaître ?
Je n'ai qu'un fils tu ne peux l'effacer et me dire cruelle ?
Durant ces dix années, tu as vécu avec tout ce que jai perdu...
et aimé une autre femme dans l'intervalle. Et je suis cruelle ?
Je pourrais te peler comme une poire...
et Dieu lui-même dirait que c'est justice.
Je mourrai bientôt.
Un jour je me baisserai trop lentement et à Westminster...
on criera "Vive le roi" pour quelqu'un d'autre.
Je t'en supplie, permets que ce sont mon fils.
Je ne suis pas émue aux larmes.
- Je n'ai pas de fils. - Tu as trop de fils.
- Tu n'en as pas besoin d'autres. - Eh bien, souhaite-moi bonne chance. Je pars.
- Pour Rome ? - C'est là où on garde le pape.
Tu n'oserais pas !
Redis-le à midi, tu le diras au cul de mon cheval !
Je serai libéré de toi avant Pâques. Tu peux compter tes mauvais jours !
Si tu vas à Rome, nous nous soulèverons contre toi.
- Qui le fera ? - Richard, Geoffroi, Jean et Aliénor.
Le jour où ces curs vaillants feront bande, les cochons auront des ailes.
Il y aura du porc au faîte des arbres dès demain !
Ne vois-tu pas ? Tu leur as donné une cause commune: de nouveaux fils.
Tu quittes le pays, tu le perds.
- Vous tous à la fois ? - Philippe aussi. Il se joindrait à nous.
Si, il le ferait.
Comment s'annonce le voyage à Rome ?
Oh,je t'ai. Je t'ai, je t'ai.
Dois-je emmener mille hommes armés ou est-ce ostentatoire ?
Bluffe tant que tu veux.
Ah, pauvre toi. Comment t'annoncer la nouvelle ? Tu viens de faire un mauvais calcul.
Vraiment ? Comment ?
Tu aurais dû mentir. Tu aurais dû promettre d'être bonne en mon absence.
J'aurais laissé tes fils en liberté. Ils auraient pu me combattre alors.
Tu ne garderais pas tes fils emprisonnés ici.
- Pourquoi pas ? - Tu n'oserais pas.
- Qu'ils reposent à Chinon un moment. - Je l'interdis.
- Elle l'interdit. - Ton père a-t-il couché avec moi ?
- Tu me diras sans doute qu'il l'a fait. - Ça te dérangerait ?
Et les mille hommes ? Fais du tapage et au diable.
Ne me laisse pas, Henri. Je touche le fond.
- Je ferai tout pour te garder. - Je crois que tu crois être sérieuse.
- Demande quelque chose. - Il est trop tard, depuis des années.
- Teste-moi. Nomme un acte. - Il n'en existe pas. À propos de ma fornication avec ton père.
- Oui, il en existe. Tu peux expirer. - Toi d'abord, vieil homme.
J'espère seulement en être témoin. Tu as si peur de mourir. Tu en as si peur.
- Pauvre Aliénor. Si seulement elle avait menti. - Elle a menti.
- Elle a dit qu'elle n'a jamais aimé ton père. - Je peux toujours compter sur toi.
Je ne t'ai jamais touché sans penser à Geoffroi.
Le jour où tu me blesseras, je pousserai un cri.
Je t'ai fait porter plus de cornes que Louis n'en a jamais eues.
- Suis-je censé m'en faire ? - Je te tuerai si tu me quittes.
- Tu peux essayer. - J'aimais le corps de ton père. Il était beau.
- Ce n'est jamais arrivé. - Je vois son corps maintenant. Dois-je le décrire ?
- Aliénor, j'espère que tu mourras ! - Ses bras étaient rudes...
de cicatrices.
Je sens ses bras. Je les sens.
Je le touche.
Quoi ? T'ai-je blessé ?
Nous l'avons fait !
Tu étais dans la pièce voisine quand nous l'avons fait.
Eh bien...
quelle famille n'a pas ses hauts et ses bas ?
J'ai froid.
Je ne sens rien.
Rien du tout.
Nous ne pourrions revenir ensemble, n'est-ce pas, Henri ?
William!
Debout !
Quand le roi est sur pied, personne ne dort !
Debout !
Debout !
Debout ! Elle part à l'aube.
Debout !
Vite ! Nous partons.
Y a-t-il une guerre ? Qu'y a-t-il ? Qu'est-il arrivé ?
Rien, pour faire changement. Le croirais-tu ?
- Où étais-tu toute la nuit ? - Je nous faisais un entourage.
- Pourquoi ? - Nous allons à Rome voir le pape.
Il t'a encore excommunié.
Non, il me libérera. Je répudie Aliénor.
La nation sera étonnée d'apprendre que le mariage n'a pas été consommé.
- Oh, sois sérieux. - Je le suis.
Il semble que toi et moi allons nous épouser.
Devant le pape même.
Tu ne plaisantes pas ?
Dois-je m'agenouiller ?
Ce n'est pas une autre blague ? On répète la noce sur les pavés.
- Elle trouvera moyen de nous arrêter. - Comment ? Elle ne sera pas ici.
Nous l'envoyons à la tour de Salisbury quand les vents tourneront.
Elle descendra le fleuve au déjeuner.
Si elle ne nous arrête pas, Richard le fera.
Je l'ai bouchonné. Il est dans la cave avec ses frères et le vin.
Les princes royaux vieillissent avec le vin royal.
Tu n'as pas dit oui. Veux-tu une déclaration formelle ?
Voilà, mon plus bel angle. Il est sur toute la monnaie.
Triste Alais, veux-tu m'épouser ?
Sois ma reine.
Nous nous aimerons et tu me donneras des fils.
Ayons-en six. Un de mieux qu'Aliénor.
Nous appellerons le premier Louis, si tu veux.
'Louis le Premier'. Charmant pour le roi d'Angleterre, non ?
Henri, tu ne peux jamais les libérer.
Tu m'as égaré. Libérer qui ? Tes fils.
Tu les as enfermés au donjon et tu dois les y garder à jamais.
Vraiment ?
S'ils sont libres à ta mort, ce sera le donjon ou le couvent pour moi.
Et l'enfant ?
Ne me parle pas de l'enfant. Il n'est même pas encore né.
S'ils sont libres, ils le tueront.
Et je ne vivrai pas pour voir nos enfants assassinés.
Henri!
Descends-tu ?
Pour les libérer ou les garder en prison ?
Pourrais-tu dire à ton enfant...
"Tu as vu la lumière du jour pour la dernière fois ?
Le peux-tu, Henri ?
J'y serai forcé...
n'est-ce pas ?
Il est ici.
Il n'aura pas satisfaction de moi. Il ne me verra pas mendier.
Chevaleresque idiot, comme si la façon de tomber importait.
Quand il ne reste plus que la chute, ça importe.
Ma péniche appareille avec la marée et je suis venue dire au revoir.
- Henri sait-il que vous êtes ici ? - Je vous ai apporté quelque chose.
Quel est son dessein ? Entend-il nous garder ici ?
- Je l'ai choisi particulièrement. - Pour l'amour de Dieu, mère.
- La garde est-elle nombreuse ? - On s'en est occupé.
- Et la cour et la porte ? - En désordre. Vous sortirez sans mal.
Nous irons à Poitiers, il s'y attend, mais une armée l'accueillera.
- Restez près de moi et courez vite. - Pourquoi courir ? Nous devons rester.
- Rester ici ? - Jusqu'à ce qu'Henri vienne.
Il viendra, n'est-ce pas ?
Et il viendra seul.
- Je compte trois poignards contre un. - Tu crois que nous pourrions ?
Je le ferais mal. Tuez-le. Je regarderai.
- Où allez-vous ? - Prendre l'air.
Ne l'arrête pas. Tu ne penses quand même pas que je vous laisserai le tuer ?
Si vous parlez, il y aura une vague d'exécutions et vous ne voulez pas ça.
Vous ne voulez pas perdre l'un de nous, pas même moi.
Tu es rusé, mais je me demande si tu as raison.
Si vous le prévenez, c'est notre fin. Autrement, c'est sa fin.
C'est aussi clair.
- Prenez les poignards et fuyez. - Non, Geoffroi a raison.
Tu n'es pas un assassin.
Regardez encore.
Épargnez-moi ça. Vous avez apporté ces armes. Vous le voulez mort. Tuez-le.
Espèce d'animal dénaturé.
Dénaturé, maman ? Dites, quelle est la voie de la nature ?
S'il pousse des champignons vénéneux et des bébés naissent estropiés...
s'il y a des goitres, des chiens enragés et des femmes infanticides
qu'est-ce qui est dénaturé ?
Voici votre agneau. Couvrez-le de baisers. Il est à vous.
Non, tu n'es pas à moi. Je ne suis pas responsable.
D'où l'ai-je appris, croyez-vous ? Sous qui ai-je étudié ?
- Quel âge avais-je quand vous vous êtes disputée avec Henri la première fois ? - Jeune. Je ne sais pas.
- Combien de disputes ai-je vues ? - C'était des disputes, pas un couteau derrière une porte.
Le mort ne demande pas qui l'a raidi. A quoi pensiez-vous dans ces bagarres ?
- À toi. - Votre animal dénaturé ?
- Je l'ai tout fait pour toi. - Vous vouliez père mort.
- Vous avez tenté de le tuer. - Pourquoi ? Que vouliez-vous ?
Je voulais ravoir Henri.
Menteuse !
I wanted Henry.
Ne lui fais pas confiance. Elle l'avertira si elle en a la chance.
Cher, cher. Cher, cher.
Il a besoin de lumière.
Ce que nous faisons dans les donjons requiert les ombres du jour.
J'ai pris les cierges de la chapelle.
Jésus ne rechignera pas et l'aumônier est à mon emploi.
- Tu as l'air affreux. - Toi aussi.
J'ai manqué de sommeil.
Nous pourrons tous reposer bientôt.
Voilà. C'est mieux.
Clair et radieux, comme le matin.
Beau garçon.
Que voulez-vous de nous ? Vous devez être fou.
Pourquoi vous fallait-il venir ici ? Merde ! Pourquoi êtes-vous venu ?
Tu étais le meilleur.
Je le lui ai dit.
Toi, je t'aimais.
Vous allez nous garder ici.
Vous ne pouvez pas me libérer. Vous savez que vous ne pouvez pas.
Car je n'arrêterai jamais.
Je ne peux m'arrêter non plus.
De braves garçons.
Voilà ce que jai.
Venez me chercher.
Qu'y a-t-il ? Tu es Richard, n'est-ce pas ?
Mais vous êtes Henri.
Je vous en prie, reprenez-moi. Ne pouvons-nous essayer de nouveau ?
- De nouveau ? - Nous l'avons toujours fait.
Nous l'avons toujours fait.
Dieu !
Exécute-le.
Ce sont des assassins, n'est-ce pas ?
C'était une trahison, n'est-ce pas ?
Tu leur as donné la vie. Reprends-la.
Qui dira que c'est monstrueux ? Je suis le roi.
Je dis que c'est juste. Par conséquent, moi, Henri, par la grâce de Dieu...
roi des Anglais, seigneur d'Écosse, d'Irlande et du Pays de Galles...
comte d'Anjou, de Bretagne, de Poitou et de Normandie...
de Maine, de Gascogne et d'Aquitaine...
je vous condamne à mort.
Fait ce jour de Noël à Chinon, en l'an de grâce 1183.
Ce n'était sûrement pas mon intention.
Les enfants...
Les enfants...
ils sont tout ce que nous avons.
Allez.
J'ai fini.
J'en ai fini avec vous.
Vous et moi sommes finis.
Qui aime bien châtie bien.
Je n'ai pas pu, Aliénor.
Personne ne croyait que tu pouvais.
Viens te reposer.
Je ne veux pas de femmes dans ma vie. Tu es fatigué.
J'aurais pu conquérir l'Europe, toute l'Europe...
mais javais des femmes dans ma vie.
Allez. Va-t'en. Allez.
J'aurais dû te tuer il y a longtemps.
Tu m'as mis ici. Tu m'as fait faire des folies. Tu m'as saigné.
Assume-le toi-même.
Ne me le mets pas sur le dos.
- Prends-le et porte-le. - Je peux.
Mes pertes sont mon uvre.
Quelles pertes ?
Je suis celui qui n'ai rien.
Tu as perdu l'uvre de ta vie ?
Les provinces ne sont rien.
Les terres ne sont rien.
- Je pourrais prendre des défaites comme la tienne et en rire. - Je l'ai fait.
Si tu es brisé, c'est que tu es fragile.
J'ai perdu...
toi...
et je ne pourrai jamais te ravoir.
Tu es le seul que j'aie jamais aimé.
Ciel... tu ne sais pas ce qu'est rien
- Je veux mourir. - Non, tu ne veux pas.
- Je veux mourir. - Je te tiendrai.
Henri, je veux mourir.
- Je veux mourir. - Laisse-moi te tenir.
Je veux mourir.
Tu mourras, tu sais, un jour.
Attends assez longtemps et ça arrivera.
Ça arrivera.
Nous sommes dans la cave et tu retournes en prison...
ma vie est gaspillée, nous nous sommes perdus,
et tu souris.
C'est ma façon d'exprimer le désespoir.
Il y a tout dans la vie fors l'espoir.
Nous sommes tous deux vivants.
Autant que je sache, c'est ça l'espoir.
Nous sommes des créatures de la jungle.
Et les ténèbres nous envahissent.
Tu les vois dans les coins ?
Tu peux voir les yeux.
Et elles peuvent voir les nôtres.
Je suis de taille à tout affronter.
Tu ne l'es pas ?
J'aurais été très bête...
de ne pas t'aimer.
Tu me feras sortir à Pâques ?
Le jour de la résurrection, tu pourras me terrasser de nouveau.
Cette fois, je le ferai peut-être.
Et peut-être que non.
J'espère que nous ne mourrons jamais !
Moi aussi.
Tu crois que c'est possible ?
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