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Original subtitles

Oh, je voudrais une muse de feu...

qui s'�l�verait au ciel le plus radieux de l'imagination.

Un royaume pour th��tre...

des princes pour acteurs...

et des monarques comme spectateurs de cette sc�ne majestueuse.

Alors, le belliqueux Harry, sous son vrai jour...

prendrait l'aspect de Mars...

tandis qu'� ses talons, comme des chiens en laisse...

famine, �p�e et feu mendieraient du service.

Mais, doux amis, pardonnez...

aux esprits plats et frustres...

qui ont os� porter sur cette estrade indigne...

un aussi grand sujet.

Cette ar�ne peut-elle contenir les vastes champs de France ?

Ou pouvons-nous faire entrer dans ce "O" de bois...

les casques qui semaient l'effroi dans l'air d'Azincourt ?

Oh, pardon.

Souffrez que nous qui sommes bien petits � c�t� de ce grand nombre...

travaillions sur les forces de votre imagination.

Car c'est vos pens�es qui doivent � pr�sent �quiper nos rois...

les porter ici et l�, franchissant les �poques...

transformant les exploits de tant d'ann�es en une heure de sablier.

Afin de vous aider, confiez-moi le r�le du ch�ur dans cette histoire...

� moi qui, comme un prologue...

prie votre humble patience...

d'�couter gentiment...

et de juger avec bienveillance...

notre pi�ce !

Monseigneur, je vous le dis.

On agite ce projet de loi...

qui, dans la onzi�me ann�e du r�gne pr�c�dent...

a failli �tre adopt� contre nous.

Mais comment nous y opposer � pr�sent, Monseigneur ?

Il faut y r�fl�chir.

S'il est adopt� contre nous nous perdrons la moiti� de nos biens.

Mais comment l'en emp�cher ?

Le roi est plein de bont� et de bonnes intentions.

Et il aime sinc�rement la sainte �glise.

Le cours de sa jeunesse ne nous l'a pas laiss� pr�sager.

Il s'adonnait � de vaines occupations...

passait son temps en d�bauches, banquets et jeux...

et on ne le voyait jamais � l'�tude.

Mais, mon bon seigneur...

comment �viter ce projet de loi pr�sent� par les communes ?

Sa Majest� y est-elle favorable ou non ?

Le roi semble indiff�rent...

mais il penche plut�t de notre c�t�.

Car j'ai fait une offre � Sa Majest�...

en ce qui concerne la France.

O� est mon gracieux seigneur de Cantorb�ry ?

Que Dieu et ses anges prot�gent votre tr�ne sacr�...

et vous en fassent longtemps l'ornement.

Assur�ment, nous vous remercions.

Mon savant seigneur, nous vous prions de parler...

et d'exposer en toute justice et en toute religion...

pourquoi la loi salique qu'ils ont en France...

s'opposerait ou ne s'opposerait pas � notre revendication.

Et priez, prenez garde � la fa�on dont vous engagez votre personne...

dont vous r�veillez l'�p�e endormie de la guerre.

Nous vous en adjurons, au nom de Dieu, prenez garde.

Car jamais 2 royaumes semblables n'ont lutt� sans verser de sang.

Alors, �coutez-moi, gracieux souverain.

On ne peut opposer aucun obstacle � la revendication de Votre Altesse...

sur la France, sauf celui qu'ils tiennent de Pharamond.

"In terram Salicam mulieres ne succedant."

"Aucune femme ne succ�dera en terre salique."

Cette terre salique, pr�tendent faussement les Fran�ais...

serait le royaume de France.

Pourtant les propres auteurs de cette loi affirment justement...

que la terre Salique est en Allemagne...

entre les cours de l'Yssel et de l'Elbe.

Il appara�t donc clairement que cette loi salique...

n'a pas �t� con�ue pour le royaume de France...

et les Fran�ais n'ont poss�d� la terre salique...

que 421 ans apr�s le d�c�s du roi Pharamond...

consid�r� � tort comme le fondateur de cette loi.

Le roi P�pin...

qui d�posa Childeric...

pr�tendit �tre l'h�ritier l�gitime en tant que descendant de Blithild...

fille du roi Clotaire...

quand il fit valoir ses droits � la couronne de France.

De m�me, Hugues Capet, qui usurpa la couronne de Charles, duc de Lorraine...

seul h�ritier m�le de l'authentique lign�e et de la souche de Charlemagne...

ne put porter la couronne de France avec la conscience tranquille...

avant d'�tre assur� que la belle reine Isabelle, sa grand-m�re...

descendait directement de Dame Ermengare...

fille de Charles, duc de Lorraine...

dont le mariage avait r�uni la lign�e de Charlemagne...

� la couronne de France.

Tout ceci est aussi clair que le soleil d'�t� !

Tout semble reposer sur les droits et les titres...

des femmes.

C'est �galement le cas des rois de France...

jusqu'� ce jour.

M�me...

s'ils mettent en avant cette loi salique...

pour exclure Votre Altesse du droit qu'elle tient des femmes.

Puis-je, en mon droit et conscience...

le revendiquer ?

Que le p�ch� retombe sur ma t�te, redout� souverain.

D�fendez votre d�. D�ployez votre banni�re sanglante.

Vos fr�res les rois et les monarques du monde s'attendent tous...

� vous voir vous dresser...

comme le firent autrefois les lions de votre sang.

Jamais un roi d'Angleterre n'eut plus riches et loyaux sujets...

dont les c�urs, laissant leurs corps ici en Angleterre...

campent d�j� dans les plaines de France.

Puissent leurs corps les rejoindre, mon cher suzerain...

avec le sang, l'�p�e et le feu pour regagner vos droits.

� l'appui de quoi...

nous, gens d'�glise, nous rassemblerons pour Votre Altesse...

la plus grande somme que le clerg� ait jamais apport�e...

en une fois � l'un de vos anc�tres.

Introduisez les messagers du dauphin.

Nous sommes bien r�solus...

et avec l'aide de Dieu et la v�tre...

nobles muscles de notre puissance...

la France �tant � nous...

nous la plierons � notre autorit�...

ou nous la mettrons en pi�ces.

Maintenant, nous sommes pr�ts...

� conna�tre le bon plaisir de notre cousin le dauphin.

Votre Altesse, par son r�cent message en France...

r�clamait certains duch�s...

en vertu du droit de votre grand pr�d�cesseur, le roi �douard III.

En r�ponse � cette revendication, le prince, mon ma�tre...

d�clare que vous gardez trop le go�t de votre jeunesse.

Il vous envoie donc, plus propre � votre humeur, ce tr�sor.

Et en �change, il d�sire que les duch�s...

que vous r�clamez n'entendent plus parler de vous.

Voil� ce que dit le dauphin.

Quel est ce tr�sor, mon oncle ?

Des balles de jeu de paume, seigneur.

Nous sommes heureux que le dauphin soit si aimable avec nous.

Nous vous remercions de son cadeau et de vos peines.

Quand nous aurons assorti nos raquettes � ces balles...

nous jouerons en France, par la gr�ce de Dieu...

une partie...

qui mettra en danger la couronne de son p�re.

Nous comprenons tr�s bien...

qu'il nous jette � la face notre �poque de folie...

ignorant l'usage que nous en avons fait.

Mais dites au dauphin...

que je tiendrai mon rang, et que, comme un roi...

j'entends d�ployer le voile de ma grandeur...

quand je me r�veillerai sur mon tr�ne de France.

Et dites � cet aimable prince...

que sa moquerie a chang� ses balles en boulets de canon...

et que son �me portera le poids cruel...

de la vengeance d�vastatrice qui va voler avec eux.

Car sa moquerie se moquera de milliers de veuves...

se moquera de leurs chers maris, privera les m�res de leurs fils...

et fera crouler bien des ch�teaux.

Ceux qui ne sont pas encore n�s ou pas encore con�us...

auront toutes les raisons de maudire le m�pris du dauphin.

Alors, partez d'ici en paix...

et dites au dauphin...

que sa plaisanterie...

ne sera pas jug�e tr�s spirituelle...

quand elle fera pleurer mille fois plus qu'elle ne fit rire.

Emmenez-le sous bonne escorte.

Adieu.

C'�tait un joyeux message.

Nous esp�rons en faire rougir l'auteur.

Ainsi donc, mes seigneurs, ne perdons pas une seule heure propice...

qui puisse h�ter notre exp�dition.

Nous ne pensons � rien d'autre qu'� la France, � pr�sent...

� l'exception de Dieu, qui passe avant notre affaire.

Que chacun d�sormais emploie sa pens�e...

� mettre cette belle entreprise sur pied.

� pr�sent, toute la jeunesse d'Angleterre est en feu...

et les soieries de f�tes reposent dans l'armoire.

Car � pr�sent, l'esp�rance tr�ne dans l'air...

et tient une �p�e cercl�e, de la garde � la pointe...

de couronnes imp�riales, couronnes et diad�mes...

promis � Harry...

et � ses compagnons.

Bienvenue, caporal Filou.

Bonjour, lieutenant Bardolph.

Vous �tes de nouveaux amis, l'enseigne Pistolet et vous ?

Pour ma part, je m'en soucie peu.

Je parle peu...

mais quand ce sera utile...

il y aura des sourires.

Advienne que pourra.

Venez, je veux vous offrir un d�jeuner pour vous r�concilier...

apr�s quoi, nous partirons tous 3 en fr�res d'armes pour la France.

Qu'il en soit ainsi.

Je ferai ce que je pourrai !

Il est certain que l'enseigne Pistolet est mari� � Nell P�tule.

Et elle vous a certainement fait du tort car vous �tiez fianc�s.

Tiens, notre h�te Pistolet !

Vil chien !

Tu oses me traiter d'h�te ?

Sur ma main, je jure que je m�prise ce terme !

Et ma Nell n'aura pas de pensionnaires !

Non, ma foi, et pendant longtemps.

On ne peut donner le g�te et le couvert � une douzaine de demoiselles...

qui vivent honn�tement de la pointe de leur aiguille...

sans qu'on aille penser qu'on tient une maison de d�bauche.

- Fi ! - Fi de toi, chien islandais !

Bon caporal Filou...

montre ta bravoure en rangeant ton �p�e.

Veux-tu filer ?

Pistolet, je vais te chatouiller les tripes de mon mieux.

Voil� ce que j'en pense.

Vil fier � bras !

�coute-moi si je te dis que celui qui frappe le 1er coup...

je le transpercerai jusqu'� la garde, foi de soldat !

Un serment de poids...

et la fureur s'apaise.

Mon h�te Pistolet !

Tu dois venir chez mon ma�tre, et toi aussi, patronne !

Il est tr�s mal en point et voudrait se coucher.

Bon Bardolph, mets ta t�te entre ses draps, et sers-lui de bouillotte.

Va-t'en, crapule !

Il est tr�s malade.

Par ma foi...

le roi a tu� son c�ur.

Mon mari, reviens vite chez nous.

Alors, je vous r�concilie ? Nous devons aller en France ensemble !

Pourquoi devrions-nous �tre � couteaux tir�s pour nous trancher la gorge ?

Tu me paieras les 8 shillings...

du pari que j'ai gagn� contre toi.

L'esclave qui paie est abject.

Par cette �p�e...

celui qui porte la 1re botte, je jure que je le tue.

Aussi vrai que vous �tes n�s d'une femme, venez vite voir Sir John.

Il est si secou� par une br�lante fi�vre quotidienne...

que c'est vraiment piti� de le voir.

Doux amis, venez le voir !

Pauvre Sir John.

Un homme qui avait la foi.

Oh, une vue plaisante pour le regard...

et un bel �quipage !

Suis-je en train de m'amenuiser ?

Ma peau pend sur moi comme une robe de vieille femme !

Le m�chant entourage m'a perdu !

J'�tais aussi vertueux qu'un gentilhomme doit l'�tre.

J'�tais assez vertueux. Je jurais un peu.

Je ne jouais pas aux d�s plus de sept jours par semaine.

Je ne suis pas all� souvent dans les maisons paillardes.

J'ai rembours� 3 ou 4 fois...

l'argent que j'avais emprunt�.

J'ai bien v�cu, dans de bonnes limites.

Vous �tes si bien portant, Sir John...

que vous n'avez besoin d'aucune limite.

Change un peu ton visage, et je reviendrai � la vie.

Si la faute en revient au sucre, que Dieu aide les mauvaises gens !

Si c'est un p�ch� d'�tre vieux et joyeux...

si �tre gras provoque la haine !

Non, mon bon seigneur...

en tant que roi...

bannissez Pistolet, bannissez Bardolph...

bannissez Filou.

Mais le doux Jack Falstaff...

le vaillant Jack Falstaff, encore plus vaillant...

du fait qu'il est...

le vieux Jack Falstaff...

ne le bannissez pas de la compagnie d'Harry.

Bannissez le gros Jack, et bannissez le monde.

C'est ce que je fais.

C'est ce que je ferai.

Mais nous avons entendu sonner minuit, ma�tre Harry.

Mon Dieu.

Les jours que nous avons v�cus !

Je ne te connais pas, vieil homme.

Le roi a �panch� ses humeurs sur le chevalier.

Filou, tu as dit vrai.

Il en a le c�ur fractur� et corrobor�.

Le roi est un bon roi...

mais les choses sont ce qu'elles sont.

Il a ses humeurs et ses lubies.

Allons compatir avec le chevalier...

car nous, mes agneaux...

nous allons vivre.

Les Fran�ais, inform�s par de bons espions...

de ces pr�paratifs redoutables...

tremblent de peur...

et cherchent pauvrement � d�jouer les projets des Anglais.

Oh, Angleterre, image de ta grandeur interne.

Semblable � un petit corps avec un c�ur puissant...

que ne ferais-tu motiv�e par l'honneur...

si tous tes enfants t'aimaient d'un amour filial ?

Mais, tu vois, la France a trouv� une faille en toi.

Une nich�e de c�urs creux qu'elle comble...

avec l'or de la trahison et trois hommes corrompus.

L'un, le comte Richard de Cambridge...

le second, Lord Henry Scroop de Masham...

et le troisi�me, Sir Thomas Grey, de Northumberland...

ont, pour de l'argent fran�ais... oh, argent de quel forfait !...

tram� une conspiration avec la France apeur�e...

et de leurs mains, celui qui est l'honneur des rois doit mourir...

avant de s'embarquer pour la France.

Les tra�tres se sont mis d'accord.

Le roi a quitt� Londres...

et la sc�ne se transporte, chers amis...

� Southampton !

Par Dieu, sa gr�ce est t�m�raire de se fier � ces tra�tres.

Ils vont �tre appr�hend�s d'ici peu.

Avec quelle aisance et quel calme ils se comportent, comme si...

la fid�lit� r�gnait en leur c�ur, couronn�e de fid�lit� et de loyaut�.

Le roi a connaissance de leurs projets intercept�s d'une fa�on qu'ils ignorent.

Oh, quand je pense que l'homme qu'il eut pour compagnon de lit...

qu'il combla et gorgea de bienfaits...

a pu, pour une bourse d'or �tranger...

vendre la vie de son souverain � la mort et � la tra�trise !

Le vent est favorable, nous allons embarquer.

Mon seigneur de Cambridge et mon cher seigneur de Masham...

et vous, mon tendre chevalier...

donnez-moi votre avis.

Pensez-vous que les puissances que nous amenons avec nous...

se tailleront un passage parmi les forces fran�aises ?

Nul doute, mon suzerain, si chacun fait de son mieux.

Je n'ai aucun doute l�-dessus.

Jamais monarque ne fut plus craint et plus aim� que Votre Majest�.

C'est vrai.

Nous en sommes infiniment reconnaissant.

Oncle d'Exeter, lib�rez l'homme emprisonn� hier...

pour avoir raill� notre personne.

Nous pensons que c'est l'exc�s de vin qui l'y a pouss�...

et maintenant qu'il s'est assagi, nous le gracions.

C'est �tre cl�ment, mais montrer trop de confiance.

Qu'il soit puni, mon souverain, de peur que son exemple impuni...

n'engendre d'autres actes de m�me nature.

Oh, soyons mis�ricordieux.

Votre Altesse peut l'�tre, et punir, �galement.

Sire, vous lui montrez une grande mis�ricorde en lui laissant la vie...

apr�s lui avoir fait subir une s�v�re correction.

H�las, votre trop plein de sollicitude � mon �gard...

est un r�quisitoire accablant contre ce mis�rable.

S'il ne faut pas fermer les yeux sur de petites fautes...

dues � l'intemp�rance...

comment les garderons-nous grands ouverts...

quand des crimes capitaux, rumin�s, aval�s et dig�r�s...

surgiront devant nous ?

Nous voulons quand m�me gracier cet homme...

m�me si Cambridge, Scroop et Grey...

dans leur grande sollicitude et leur int�r�t...

pour notre personne, veulent qu'il soit ch�ti�.

� pr�sent, parlons de nos affaires fran�aises.

- Qui va nous repr�senter ? - Moi, mon seigneur.

Votre Altesse m'a dit de demander aujourd'hui mes directives.

- Et � moi aussi. - Et � moi.

Eh bien, comte Richard de Cambridge, voici les v�tres.

Voici les v�tres, Lord Scroop de Masham.

Chevalier Grey de Northumberland, voici les v�tres.

Lisez-les et sachez...

que je connais votre valeur.

Mon seigneur de Westmoreland, oncle Exeter, nous embarquons ce soir.

Eh bien, quoi, messieurs ?

Que voyez-vous d'�crit qui vous fait perdre ainsi toute couleur ?

Je reconnais mon crime et m'en remets � la mis�ricorde de Votre Altesse.

� laquelle nous faisons tous appel.

Cette mis�ricorde qui �tait encore en nous � l'instant...

vos propres conseils l'ont abolie et tu�e.

Par pudeur, vous ne devez pas parler de mis�ricorde.

Vos propres arguments se retournent contre vous comme des chiens...

contre leurs ma�tres.

Voyez, mes princes et mes nobles pairs...

ces monstres anglais.

Que te dirai-je � toi, Lord Scroop ?

Tu es cruel, ingrat, sauvage...

et inhumain.

Toi qui tenais la cl� de toutes mes pens�es...

qui connaissais le tr�fonds de mon �me...

qui aurais presque pu me monnayer en or...

si tu avais voulu m'exploiter pour ton profit.

Se peut-il qu'un salaire �tranger...

ait pu extraire de toi une �tincelle de mal capable de meurtrir mon doigt ?

C'est si �trange...

que m�me si la v�rit� �clate en noir sur blanc...

mon �il veut � peine la voir.

Tu semblais si fid�le et si pur...

que ta chute a laiss� une sorte de souillure

qui entache de soup�on...

l'homme le plus parfait et le plus combl� de dons.

Je vais pleurer sur toi...

car ta trahison me semble pareille...

� une seconde chute de l'homme.

Je t'arr�te pour haute trahison, Richard, comte de Cambridge.

Toi de m�me, Thomas Grey, chevalier de Northumberland.

Je t'arr�te pour haute trahison, Henry, Lord Scroop de Masham.

�coutez votre sentence.

Vous avez conspir� contre notre personne royale...

vous liguant avec un ennemi proclam� et l'or de ses coffres...

vous avez re�u les arrhes de notre mort.

Ainsi, vous auriez vendu votre roi au massacre...

ses princes et ses pairs � la servitude...

ses sujets � l'oppression et au m�pris...

et son royaume entier � la d�solation.

Allez-vous-en, pauvres mis�rables...

vers votre mort...

Que Dieu, dans sa mis�ricorde, vous donne la patience...

d'en supporter le go�t ainsi qu'un vrai repentir.

Emmenez-les.

Maintenant, seigneurs, allons en France.

Cette entreprise sera glorieuse pour vous comme pour nous...

puisque Dieu, dans sa gr�ce, a port� au grand jour...

cette trahison dangereuse qui �tait tapie sur notre route.

Prenons joyeusement la mer !

Hissez les drapeaux de la guerre.

Je ne suis pas roi d'Angleterre si je ne suis pas roi de France !

Doux mari, laisse-moi t'accompagner � Staines.

Non...

car mon c�ur viril est en peine.

Bardolph, sois jovial.

Filou, retrouve ton esprit vif.

Petit, rassemble ton courage...

car Falstaff est mort...

et nous devons le pleurer.

Je voudrais �tre avec lui, qu'il soit au ciel ou en enfer !

Il n'est s�rement pas en enfer.

Il est dans le sein d'Arthur, si jamais un homme y est all�.

Il a eu une belle fin et s'en est all�, comme le ferait un petit enfant.

Il est parti juste entre midi et une heure...

juste au changement de la mar�e.

Car quand je l'ai vu froisser ses draps...

jouer avec des fleurs...

et sourire en regardant le bout de ses doigts...

j'ai compris que c'�tait la fin.

Car il avait le nez pointu comme une plume...

et marmonnait des histoires de verts p�turages.

"Allons, Sir John !", lui dis-je. "Courage, l'ami !"

Alors, il a cri�...

"Dieu, Dieu...

"Dieu !"

Trois ou quatre fois.

Pour le consoler, je lui ai dit qu'il ne fallait pas penser � Dieu.

J'esp�rais qu'il n'ait pas besoin de se tourmenter avec ces pens�es-l�.

Il m'a dit de lui mettre plus de couvertures sur les pieds.

J'ai mis ma main dans le lit pour les lui toucher.

Ils �taient froids comme de la pierre.

Alors, j'ai remont� ma main jusqu'� ses genoux...

puis plus haut...

et plus haut.

Et tout �tait...

froid comme de la pierre.

On dit qu'il a maudit le x�r�s.

- C'est vrai ! - Et les femmes.

- Non, �a, ce n'est pas vrai. - Oui, c'est vrai.

Il a dit que c'�taient des diables incarn�s.

Il n'a jamais aim� l'incarnat. Il n'aimait pas cette couleur.

Il a dit une fois que le diable l'aurait par les femmes.

C'est vrai qu'il lui arrivait...

de toucher aux femmes.

Mais il �tait en d�lire et il parlait de la putain de Babylone.

Ne vous rappelez-vous pas qu'il a vu une puce sur le nez de Bardolph ?

Il a dit que c'�tait une �me damn�e qui br�lait en enfer.

Il ne reste rien du combustible qui alimentait ce feu-l�.

Et c'est toute la fortune que j'ai gagn�e � son service.

Nous filons ?

Le roi va �tre parti de Southampton.

Au revoir, patronne.

Je ne peux pas embrasser.

C'est comme �a.

Mais...

adieu.

Montre-toi bonne m�nag�re.

Reste � la maison.

Je te l'ordonne.

Adieu.

Adieu.

En avant, en avant...

car quel est celui dont le menton ne s'enrichit...

que d'un seul poil visible...

qui ne voudra pas suivre cette fine fleur de nos cavaliers...

jusqu'en France ?

L'Anglais marche sur nous...

avec toute sa force.

Et nous devons veiller � riposter en nous d�fendant en roi.

Ainsi, les ducs de Berry...

et de Bretagne...

de Brabant et d'Orl�ans...

vont partir.

Et vous, Prince dauphin...

Mon p�re tr�s redout�...

il est important de nous armer contre l'ennemi...

car la paix elle-m�me ne doit pas endormir un royaume...

mais ces fortifications, troupes et approvisionnement...

doivent �tre maintenus et entretenus...

comme si la guerre �tait imminente.

Je dis donc : "Allons inspecter...

"les r�gions faibles et malades de la France".

Faisons-le sans montrer de peur.

Non, sans plus de peur que si l'Angleterre se livrait...

� une danse mauresque du mois de mai.

Car, mon bon suzerain elle est gouvern�e par un roi...

si frivole, vain et superficiel...

qu'elle n'inspire pas la crainte.

Paix, Prince dauphin. Vous vous trompez grandement sur ce roi.

Que Votre Gr�ce questionne les ambassadeurs.

Il a �cout� leur message avec une grande dignit�...

il �tait bien pourvu de nobles conseillers...

fut mod�r� dans ses objections...

et s'est montr� redoutable dans sa r�solution !

Ce n'est pas vrai, monsieur le Grand Conn�table.

Mais peu importe ce que nous pensons.

Car "Mieux vaut juger l'ennemi plus puissant qu'il ne semble".

Pensons que le roi Harry est fort.

Et vous, princes, armez-vous fortement pour l'affronter.

Car il est le rejeton de cette lign�e sanglante...

qui nous a traqu�s sur nos routes famili�res.

Rappelez-vous de notre m�morable honte...

lors de la funeste bataille de Cr�cy...

o� tous nos princes furent faits prisonniers...

par ce personnage sombre...

�douard...

le Noir Prince de Galles.

C'est un rameau de cette souche victorieuse.

Redoutons sa puissance...

et sa destin�e.

Des ambassadeurs du roi Henry d'Angleterre...

demandent � Votre Majest� de les recevoir.

Faites-les venir.

Vous voyez, mes amis, l'ardeur de leur poursuite.

Mon bon souverain...

faites taire ces Anglais...

et montrez-leur de quelle monarchie vous �tes le chef.

S'estimer, mon suzerain, est un p�ch� moins vil...

que de se d�pr�cier.

Vous venez de la part de notre fr�re d'Angleterre ?

De sa part, et voici son salut � Votre Majest�.

Il vous demande, au nom de Dieu tout-puissant...

de vous d�pouiller et de vous s�parer...

des splendeurs emprunt�es qui, par le don du ciel...

la loi de la nature et celle des nations...

lui appartiennent � lui et � ses h�ritiers.

J'ai parl� de la couronne.

Il vous demande d'examiner cette filiation...

et quand vous aurez vu qu'il descend en droite ligne...

du plus glorieux de ses glorieux anc�tres, �douard III...

il vous ordonne de rendre la couronne et le royaume...

ind�ment usurp�s...

qui lui reviennent par le droit de la naissance.

Sinon, que se passera-t-il ?

Une violence sanglante.

Car m�me si vous cachez votre couronne dans votre c�ur...

il ira l'y chercher.

Comme une temp�te furieuse, il arrive...

il gronde et fait trembler la terre, comme Jupiter...

et si sa requ�te �choue, il emploiera la force.

Telle est sa revendication, sa menace...

et mon message.

Si le dauphin est pr�sent...

je suis express�ment charg� de le saluer.

En ce qui concerne le dauphin...

je le repr�sente ici.

Que lui envoie l'Angleterre ?

Morgue et d�fi.

Pi�tre estime, m�pris...

et tout ce qui n'est pas indigne d'un puissant souverain...

voil� le cas qu'il fait de vous.

Ainsi parle mon roi.

Dites-lui que si mon p�re accepte sa requ�te, c'est contre ma volont�...

car je d�sire plus que tout une querelle avec l'Angleterre.

C'est dans ce but, pour c�l�brer sa jeunesse et sa vanit�...

que je lui ai envoy� des balles de Paris.

Il en fera trembler votre Louvre de Paris.

Soyez s�r que vous allez d�couvrir la diff�rence...

comme nous, ses sujets, l'avons fait avec stupeur...

entre les promesses de ses vertes ann�es et celles d'aujourd'hui.

Demain...

vous conna�trez pleinement nos intentions.

Ainsi, sur l'aile de l'imagination, notre sc�ne agile s'envole...

d'un mouvement aussi rapide que celui de la pens�e !

D�ployez, d�ployez vos pens�es et imaginez un si�ge.

Regardez les canons sur leurs aff�ts...

ouvrant leur bouche fatale sur Harfleur encercl�.

Supposez que l'ambassadeur revienne de France dire � Henry...

que le roi lui offre sa fille Catherine...

et avec elle, en dot, quelques petits duch�s insignifiants.

Cette offre ne lui pla�t pas.

L'agile artilleur avec son boutefeu touche � pr�sent le canon diabolique...

et tout s'�croule devant eux !

Encore une fois sur la br�che, pr�cieux amis !

Encore une fois, ou fermons le rempart avec nos morts anglais !

Dans la paix, rien ne sied mieux � l'homme qu'une calme retenue.

Mais quand la temp�te de la guerre r�sonne � nos oreilles...

imitez alors l'allure du tigre !

Raidissez vos muscles, excitez votre sang...

d�guisez votre naturel bienveillant sous une rage aust�re.

Alors, que l'�il prenne un aspect redoutable.

Qu'il guette � travers le hublot de la t�te comme le canon de bronze.

Que le front le surplombe, effrayant comme un roc d�chiquet�...

qui s'avance en saillie au-dessus de sa base �rod�e...

noy�e par l'oc�an furieux et d�vastateur.

Alors, serrez donc les dents, dilatez les narines...

retenez votre souffle et tendez votre �nergie...

au plus haut point !

En avant, en avant, nobles Anglais !

Ne d�shonorez pas vos m�res.

Attestez que ceux que vous appelez p�res vous ont bien engendr�s.

Et vous, braves archers, dont les membres furent b�tis...

en Angleterre, montrez-nous la vigueur du terroir qui vous a nourris.

Montrez-nous que vous �tes dignes de votre race, je n'en doute pas !

Car il n'en est pas un, si humble soit sa naissance...

qui n'ait pas dans les yeux l'�clat de la noblesse.

Je vous vois l�, comme des l�vriers en laisse, tendus vers le d�part.

Le gibier est lev� !

Suivez votre ardeur, et tout en chargeant...

criez : "Dieu soutienne Harry...

"l'Angleterre...

"et Saint Georges !"

Dieu soutienne Harry...

l'Angleterre...

et Saint Georges !

C'est �a !

Sur la br�che, bande de chiens !

Foncez, bande de couillons !

Capitaine Fluellen, vous devez venir tout de suite aux mines.

Le duc de Gloucester veut vous parler.

Dites au duc qu'il n'est pas indiqu� d'aller aux mines.

Les mines, c'est pas en conformit� avec les disciplines de la guerre.

Ils feront tout sauter si on n'a pas de meilleures instructions.

Le duc de Gloucester, � qui la conduite du si�ge a �t� confi�e...

est enti�rement guid� par un Irlandais.

- Le capitaine Macmorris, non ? - Je crois.

C'est un �ne, plus que personne au monde.

Il a moins de connaissances qu'un jeune chiot...

sur les vraies disciplines de la guerre.

Le voici, et avec lui, le capitaine �cossais, le capitaine Jamy.

Le capitaine Jamy est un gentilhomme extr�mement valeureux, c'est s�r.

Bonjour, capitaine Fluellen.

Bonjour � Votre Honneur, le brave capitaine James.

Eh bien, capitaine Macmorris, avez-vous quitt� les mines ?

L'ouvrage est abandonn�. La trompette sonne la retraite.

Par ma main, c'est du mauvais travail.

Capitaine Macmorris, je vous en prie...

accordez-moi un moment pour vous parler des disciplines de la guerre...

en partie pour satisfaire ma pens�e...

et en partie pour la satisfaction de mon esprit...

touchant l'exercice de la discipline militaire.

- C'est la question. - Ce n'est pas le moment.

La ville est assi�g�e. La trompette nous appelle.

Nous parlons et nous ne faisons rien.

Par la messe, avant que mes yeux sombrent dans le sommeil...

je ferai du bon travail ou on me portera en terre.

Capitaine Macmorris, je crois...

sauf votre respect, qu'il n'y a pas beaucoup de votre nation.

Qu'est-ce qu'elle a, ma nation ?

Celui qui parle de ma nation est un sc�l�rat...

un b�tard, une crapule et un coquin.

Si vous prenez les choses autrement qu'on ne les entend...

peut-�tre que je vais penser que vous ne me traitez pas...

avec l'affabilit� que par respect, vous devriez avoir envers moi...

car je vous vaux bien.

Je ne savais pas que vous me valiez.

Que le Christ me pardonne, je vais vous trancher la t�te !

Que d�cide � pr�sent le gouverneur de la cit� ?

Ce sont les derniers pourparlers que nous accepterons.

Confiez-vous donc � notre supr�me mis�ricorde...

ou en hommes fiers de mourir, d�fiez-nous de commettre le pire.

Car aussi vrai que je suis soldat, si je reprends les tirs d'artillerie...

je n'abandonnerai pas Harfleur � demi conquise...

tant qu'elle n'est pas ensevelie sous la cendre.

Ainsi donc, hommes d'Harfleur...

prenez piti� de votre ville et de ses habitants...

tant que mes soldats m'ob�issent encore...

tant que la brise fra�che et temp�r�e de la cl�mence...

chasse encore les nuages infects et contagieux...

du meurtre effr�n�...

du pillage et de l'infamie !

Sinon, alors, attendez-vous dans un moment � voir...

le soldat aveugle et sanguinaire souiller d'une main impure...

les cheveux de vos filles, poussant des cris stridents...

vos p�re empoign�s par leurs barbes argent�es...

et leurs t�tes v�n�rables bris�es contre les murs...

vos petits enfants nus embroch�s sur des piques...

tandis que leurs m�res �plor�es...

d�chireront les nuages...

de leurs cris confus !

Qu'en dites-vous ?

Voulez-vous vous rendre et �viter tout �a ?

Ou coupables dans votre d�fense...

voulez-vous �tre ainsi d�truits ?

Le dauphin � qui nous avions demand� des renforts...

nous r�pond que ses troupes ne sont pas encore pr�tes...

� faire lever un si grand si�ge.

C'est pourquoi, roi redout�...

franchis nos portes...

dispose de nous et de nos biens...

car nous ne sommes plus en �tat de nous d�fendre.

Entrez dans Harfleur.

Restez-y et fortifiez-la contre les Fran�ais.

Faites preuve de mis�ricorde envers tous...

pour nous, cher oncle, l'hiver venant...

et la maladie se propageant entre nos soldats...

nous allons nous retirer...

� Calais.

Cette nuit, nous serons votre h�te � Harfleur.

Demain, nous serons pr�ts � nous remettre en route.

Alice.

La main... les doigts...

les ongles, le bras le "code".

Le coude, madame.

"Le coude !"

"Le col".

"La main, les doigts..."

les "angles"...

"Les ongles", madame...

"Les ongles, le bras, les code."

"Le coude."

"Le coude, le col...

"le menton."

Il est certain...

qu'il a pass� la Somme.

Et si nous ne le combattons pas, seigneur, ne vivons pas en France.

Des Normands !

Des b�tards normands !

Des Normands. Des b�tards !

D'o� leur vient cette ardeur ? Leur climat est froid et morose !

Ah, pour l'honneur de notre terre !

Sur la foi et l'honneur, nos �pouses nous raillent...

et disent tout net que notre ardeur est �puis�e.

Qu'elles vont offrir leur corps � la luxure de la jeunesse anglaise...

pour repeupler la France de guerriers b�tards !

O� est le h�raut Montjoie ?

Qu'on l'envoie vite chercher.

Qu'il apporte � l'Angleterre notre cinglant d�fi.

Debout, princes...

et arm�s d'un sens de l'honneur plus tranchant que vos �p�es...

courez au combat.

Arr�tez Harry d'Angleterre...

qui parcourt notre pays...

avec des pennons teints dans le sang d'Harfleur.

Abattez-vous sur lui. Vous en avez le pouvoir.

Et amenez-le prisonnier...

sur un char, � Rouen.

Ainsi parlent les grands.

Je regrette que ses troupes soient si maigres...

ses soldats malades et affam�s.

Car je suis s�r que quand il verra notre arm�e...

son c�ur s'effondrera dans la peur...

et pour tout exploit, il nous offrira sa ran�on.

Ainsi, Seigneur Conn�table...

d�p�chez Montjoie.

Prince dauphin...

vous resterez avec nous � Rouen.

Non, j'en conjure Votre Majest�.

R�signez-vous, car vous devez rester avec nous.

Maintenant, Seigneur Conn�table, et vous tous, partez...

et annoncez-nous bient�t la chute des Anglais.

Venez, capitaine.

Capitaine Fluellen.

Vous venez du pont ? Le duc d'Exeter est sain et sauf ?

Il n'est pas... Que Dieu soit lou�...

Du tout bless�...

il tient le pont avec beaucoup de courage, et avec discipline.

Capitaine !

Je te supplie de m'accorder une faveur.

Le duc d'Exeter t'aime beaucoup.

Oui, si j'ai son amiti�, j'en remercie Dieu.

Bardolph, un soldat �nergique, robuste de c�ur...

et d'une valeur all�gre...

a, par un sort cruel...

et par la roue infid�le et furieuse de l'inconstante fortune...

Excuse-moi, Enseigne Pistolet...

la fortune est un excellent symbole.

Elle est l'ennemie de Bardolph et elle lui fait grise mine...

car il a vol� un ciboire...

et doit �tre pendu.

Va donc parler au duc.

Il t'�coutera.

Plaide pour sa vie, capitaine...

et je te le revaudrai.

Enseigne Pistolet, je crois comprendre ce que tu veux dire.

Alors, ma foi, r�jouis-toi !

Il n'y a pas de quoi se r�jouir !

Car vois-tu, m�me s'il �tait mon fr�re...

je voudrais que le duc suive son bon plaisir...

et l'envoie � l'ex�cution.

La discipline doit �tre maintenue.

Meurs et sois damn�...

je fais la figue � ton amiti� !

Eh bien, Fluellen, tu reviens du pont ?

Oui, n'en d�plaise � Votre Majest�.

Le duc d'Exeter a tr�s courageusement d�fendu le pont.

Combien d'hommes avez-vous perdu ?

Je crois que le duc n'a pas perdu un seul homme � part...

l'un d'entre eux qui risque d'�tre ex�cut� pour avoir pill� une �glise.

Un certain Bardolph...

si Votre Majest� conna�t cet homme.

Sa figure n'est que bubons, boutons et flammes de feu.

Ses l�vres servent de soufflet � son nez...

qui est comme un charbon de feu... Tant�t bleu, tant�t rouge.

Mais on lui a fendu le nez et son feu est �teint.

Quand tu seras roi...

ne pends pas les voleurs !

Non...

Tu seras pendu.

Tous les brigands de cette esp�ce seront supprim�s.

Nous donnons l'ordre formel que dans notre marche...

� travers le pays...

rien ne soit extorqu� aux villages...

rien ne soit pris qui ne soit pay�...

qu'aucun Fran�ais ne soit outrag� ou injuri� en termes d�daigneux.

Car lorsque tol�rance et cruaut� se disputent un royaume...

c'est le joueur le plus mod�r�...

qui gagne le plus vite la partie.

Voici ce que dit mon roi : "Va dire � Harry d'Angleterre...

"que si nous paraissions morts, nous n'�tions qu'endormis.

"Dis-lui que nous aurions pu le repousser � Harfleur.

"Maintenant, nous parlons, et notre voix est imp�riale.

"L'Angleterre va se repentir de sa folie.

"Incite-le donc � songer � sa ran�on...

"en proportion des pertes que nous avons subies...

"un ch�timent �gal � l'offense subie accablerait sa faiblesse.

"Ajoute � cela notre d�fi, et dis-lui, pour conclure...

"qu'il a trahi ses partisans...

"dont la condamnation � mort est prononc�e."

Ainsi parle mon roi et ma�tre, ainsi s'ach�ve ma mission.

Quel est ton nom ?

Montjoie.

Tu t'acquittes bien de ta mission.

Retourne sur tes pas...

et dis � ton roi que pour l'instant, je ne le cherche pas...

mais je voudrais marcher sur Calais sans en �tre emp�ch�.

Va donc dire � ton ma�tre que je suis ici.

Ma ran�on, c'est ce fr�le et mis�rable corps...

mon arm�e n'est qu'une garde affaiblie et malade.

Pourtant, par Dieu, dis-lui qu'on ira de l'avant...

m�me si le roi de France en personne ou un autre voisin nous en emp�che.

Adieu, Montjoie.

Toute notre r�ponse tient en ces mots...

Nous ne rechercherons pas la bataille dans l'�tat o� nous sommes...

sans chercher � l'�viter dans l'�tat o� nous sommes.

Dis cela � ton ma�tre.

Je le lui transmettrai.

Merci � Votre Majest�.

J'esp�re qu'ils ne vont pas fondre sur nous, maintenant.

Nous sommes dans les mains de Dieu, mon fr�re...

pas dans les leurs.

Marchez jusqu'au pont.

La nuit est proche.

Nous camperons au-del� de la rivi�re...

et demain...

donnerons l'ordre de se mettre en route.

Supposez maintenant que vous �tes en cette heure...

o� des murmures furtifs et des t�n�bres imp�n�trables...

emplissent le vaste vaisseau de l'univers.

D'un camp � l'autre...

� travers le ventre noir de la nuit...

le bourdonnement des deux arm�es r�sonne � peine...

de sorte que les sentinelles entendent presque...

les chuchotements secrets des gardes.

Le feu r�pond au feu...

et � travers sa flamme bl�me...

chaque corps de bataille voit le visage ombr� de l'autre.

Le destrier menace le destrier par des hennissements sonores...

per�ant l'oreille engourdie de la nuit.

Et du fond des tentes...

les armuriers, �quipant les chevaliers...

de leurs marteaux actifs obturant les rivets...

font entendre le bruit terrible des pr�paratifs.

Fiers de leur nombre et l'�me tranquille...

les Fran�ais arrogants et s�rs d'eux...

jouent aux d�s les Anglais m�pris�s...

et sermonnent la nuit boiteuse et lente...

qui, comme une sorci�re hideuse et boiteuse...

clopine � n'en plus finir.

J'ai la meilleure armure...

du monde.

Je voudrais qu'il fasse jour.

Vous avez une armure excellente, mais rendez justice � mon cheval.

C'est le meilleur cheval d'Europe.

Le matin ne viendra donc jamais ?

Mon seigneur d'Orl�ans et monsieur le Grand Conn�table...

vous parlez de cheval et d'armure ?

Vous �tes aussi bien pourvus de l'un et de l'autre qu'aucun autre prince.

Je n'�changerai pas mon cheval...

pour n'importe quelle autre b�te � quatre sabots.

Quand je le monte, je plane.

Je suis un faucon.

Il est enti�rement air et feu !

Les lourds �l�ments de la terre et de l'eau n'apparaissent chez lui...

que dans son calme patient quand son cavalier le monte.

Vrai, mon seigneur, il est excellent et parfait...

ce cheval.

Monsieur le Conn�table, l'armure que j'ai vue dans votre tente...

Est-elle parsem�e d'�toiles ou de soleils ?

D'�toiles, Montjoie.

Quelques-unes vont tomber demain, j'esp�re.

Et il en restera toujours � mon firmament.

Le jour ne viendra-t-il jamais ?

Demain, je parcourrai au trot une bonne lieue...

et mon chemin sera pav� de t�tes d'Anglais !

Je n'en dirai pas autant...

de peur de perdre la t�te en chemin.

Je vais m'armer.

Le dauphin r�ve de voir venir le jour.

Il r�ve de manger les Anglais.

Je crois qu'il mangera tout ce qu'il tuera.

Il n'a jamais fait de mal � personne.

Il n'en fera pas davantage demain.

Je voudrais qu'il fasse jour.

H�las, pauvre Harry d'Angleterre.

Il ne r�ve pas de voir venir l'aube comme nous.

Si les Anglais avaient le moindre bon sens, ils s'enfuiraient.

Cette �le d'Angleterre engendre des �tres tr�s vaillants.

Il est temps de nous armer.

Vous venez ?

Il est 2 heures.

� 10 heures, chacun de nous aura sa centaine d'Anglais.

Les pauvres Anglais condamn�s...

comme des victimes offertes en sacrifice...

attendent patiemment assis autour de leur feu de bivouac...

et ruminent dans leur c�ur le danger du matin.

Leur grave attitude...

transfigure leurs joues creus�es...

et leurs habits us�s par la guerre...

et les fait appara�tre au regard de la lune...

comme autant de spectres affreux.

Oh, qui verrait maintenant...

le capitaine royal de cette troupe d�labr�e...

allant de poste en poste...

de tente en tente ?

Il s'�crierait : "Louange et gloire sur sa t�te".

Car voici qu'il rend visite...

� tous ses soldats...

leur donne le bonjour d'un sourire modeste...

et les appelle : "Fr�res, amis et compatriotes".

Largesse universelle, comme le soleil...

voil� ce que dispense � tous son �il g�n�reux...

faisant fondre la froide peur...

de telle sorte que tous, humbles et nobles...

contemplent telle une esquisse indigne...

une image de Harry dans la nuit.

Bonjour, v�n�rable Sir Thomas Erpingham.

Un bon oreiller douillet pour ta t�te blanche...

vaudrait mieux que cette ingrate pelouse de France.

Non, mon suzerain.

Ce lit me pla�t davantage...

car je peux dire : "Maintenant, je suis log� comme un roi".

Pr�te-moi ton manteau, Sir Thomas.

Vous deux, mes fr�res, donnez mon salut aux princes de notre camp.

Dites-leur de me retrouver tout � l'heure dans ma tente.

Bien, mon suzerain.

- Dois-je accompagner Votre Gr�ce ? - Non, mon bon chevalier.

Je dois d�lib�rer avec ma conscience...

et je ne souhaite aucune autre compagnie.

Le Seigneur te b�nisse...

noble Harry.

Par Dieu, merci, vieil ami.

Tes propos sont tr�s r�confortants.

Un ami.

Confie-toi � moi.

Es-tu officier...

ou es-tu manant, rustre et populaire ?

Je suis gentilhomme dans une compagnie.

- Tu sers dans l'infanterie ? - Tout juste.

Qui �tes-vous ?

Un gentilhomme aussi noble que l'empereur.

Ah, alors vous valez mieux que le roi.

Le roi est un beau coq et un c�ur d'or...

un bon vivant, un enfant de la gloire...

de bonne lign�e et de poigne vaillante.

J'embrasse son soulier crott�...

et de tout mon c�ur, j'aime ce brave gar�on.

Quel est ton nom ?

Harry le Roy.

Un nom de Cornouailles ?

Non, je suis gallois.

Connais-tu Fluellen ?

Oui.

Dis-lui que je lui briserai le cr�ne avec son poireau, � la Saint-David.

Ne portez pas votre dague � votre chapeau, ce jour-l�...

de peur qu'il ne vous brise le v�tre.

Es-tu son ami ?

Oui, et son parent aussi.

- Alors, je te fais la figue. - Je vous remercie.

Que Dieu soit avec vous !

On m'appelle Pistolet.

Ce nom s'accorde bien avec votre air farouche.

Capitaine Fluellen !

Au nom de J�sus-Christ, parlez plus bas.

Si vous voulez prendre la peine...

d'examiner les guerres du grand Pomp�e...

vous verrez...

qu'il n'y avait pas de patati et patata dans le camp de Pomp�e.

L'ennemi est bruyant. On l'entend toute la nuit.

Si l'ennemi est un �ne, un idiot et un cr�tin bavard...

croyez-vous qu'il est bon que nous soyons aussi des �nes...

des idiots et des cr�tins bavards...

en toute conscience ?

Je vais parler plus bas.

Je vous en conjure et vous en supplie.

Mon fr�re John Bates...

n'est-ce pas le matin qu'on voit poindre l�-bas ?

Je crois bien...

mais nous n'avons aucune raison de souhaiter la venue du jour.

Nous voyons l�-bas le d�but du jour...

mais je crois que nous n'en verrons jamais la fin.

Qui va l� ?

Un ami.

Dans quelle compagnie servez-vous ?

Celle de Sir Thomas Erpingham.

Un brave officier v�n�rable...

et un gentilhomme extr�mement bon.

Que pense-t-il de notre situation ?

Il nous voit comme des naufrag�s sur un banc de sable...

qui s'attendent � �tre balay�s � la prochaine mar�e.

Il n'a pas dit sa pens�e au roi ?

Non, et il n'est pas bon qu'il le fasse.

Je pense que le roi n'est qu'un homme, comme moi.

La violette a pour lui le m�me parfum que pour moi.

Le faste mis � part...

dans sa nudit�, il n'est qu'un homme.

Aussi, quand il voit comme nous des raisons de craindre...

ses craintes, n'en doutez pas, ont la m�me saveur que les n�tres.

Il peut montrer ext�rieurement tout le courage possible...

je crois, si froide que soit la nuit...

qu'il souhaiterait �tre dans la Tamise jusqu'au cou.

Moi aussi, je voudrais qu'il y soit, et moi avec lui...

quoi qu'il arrive, pour que nous soyons loin d'ici.

Je pense qu'il ne voudrait pas �tre ailleurs que l� o� il est.

Alors, je voudrais qu'il y soit seul.

Il me semble que je ne mourrais nulle part plus heureux...

qu'en compagnie du roi, sa cause �tant juste...

et sa querelle honorable.

C'est plus que nous n'en savons.

Oui, et plus que nous devons chercher � savoir.

Nous en savons assez si nous savons que nous sommes les sujets du roi.

Si sa cause est mauvaise...

notre ob�issance au roi nous lave de cette faute.

Mais si la cause n'est pas bonne...

le roi lui-m�me aura de s�rieux comptes � rendre.

Toutes ces jambes, ces bras et ces t�tes...

tranch�s dans la bataille...

s'assembleront le jour du Jugement et crieront tous ensemble...

"Nous sommes morts � tel endroit !"

Les uns jurant, les autres implorant un chirurgien...

d'autres invoquant leur femme laiss�e dans le besoin...

d'autres, leurs dettes impay�es...

d'autres, leurs petits enfants laiss�s sans protection.

Je crains que dans une bataille, il y ait peu de gens...

qui meurent en �tat de gr�ce...

car comment peuvent-ils agir selon la charit�...

quand ils n'ont en t�te que le sang ?

Si ces hommes ne meurent pas en �tat de gr�ce...

ce sera bien accablant pour le roi qui les a conduits � la mort.

Donc, si un fils que son p�re envoie faire du commerce...

p�rit en mer en �tat de p�ch�...

il faudrait imputer ses fautes, selon vous...

au p�re qui l'y a envoy� ?

Mais ce n'est pas le cas.

Le roi n'a pas � r�pondre de la fin de chacun de ses soldats...

ni le p�re de son fils...

car ils ne recherchent pas leur mort en recherchant leurs services.

De plus, il n'y a aucun roi, aussi irr�prochable que soit sa cause...

qui puisse la mettre � l'�preuve avec des soldats irr�prochables.

L'ob�issance de chaque sujet appartient au roi...

mais l'�me de chaque sujet n'appartient qu'� elle-m�me.

C'est certain.

Tout homme qui meurt dans le p�ch�...

son p�ch� lui retombe sur la t�te.

Le roi n'a pas � en r�pondre.

Je ne lui demande pas de r�pondre pour moi.

Pourtant, je suis d�termin� � me battre pour lui avec fougue.

J'ai moi-m�me entendu dire au roi qu'il refuserait de payer une ran�on.

Oui, il a dit �a pour que nous nous battions de bon c�ur.

Quand nous aurons la gorge tranch�e, il se d�cidera � payer une ran�on !

Si je vis pour voir �a, je ne le croirai plus jamais.

Allez donc lui demander des comptes !

Vous ne le croirez plus jamais de votre vie ?

Vous dites des b�tises.

Votre r�primande est trop brutale.

Je m'emporterais contre vous, si le moment �tait propice.

Nous r�glerons cette querelle si vous survivez !

Restez amis, imb�ciles d'Anglais !

Soyez amis. Nous avons bien assez de querelles avec les Fran�ais !

Allons-y !

� la charge du roi.

Mettons nos vies...

nos �mes, nos dettes...

nos �pouses inqui�tes, nos enfants...

et nos p�ch�s � la charge du roi.

Nous devons tout porter.

Oh, dure condition.

S�ur jumelle de la grandeur...

assujettie au murmure du premier sot venu.

Que de bonheurs infinis dont les rois sont priv�s...

et dont jouissent les particuliers !

Et que poss�dent les rois que ne poss�dent aussi les particuliers...

� par le faste ?

Et qu'es-tu donc, faste idol�tr� ?

Que bois-tu souvent au lieu d'un doux hommage...

sinon le poison de la flatterie ?

Oh, sois malade, grandiose grandeur...

et demande au faste de te gu�rir.

Toi qui commandes au genou du mendiant...

peux-tu commander aussi � sa sant� ?

Non, r�ve orgueilleux...

tu te joues bien trop subtilement...

du sommeil d'un roi.

Je suis un roi qui te perce � jour...

et je sais...

que ce n'est pas l'onction du sacre, le globe...

l'�p�e, la masse, la couronne imp�riale...

le manteau tiss� d'or et de perles...

le titre ronflant qui pr�c�de le roi...

le tr�ne o� il si�ge...

ni le flot de la magnificence...

qui vient battre la rive alti�re de ce monde.

Non, rien de ce faste trois fois somptueux...

rien de tout cela, couch� sur un lit majestueux...

ne peut dormir aussi profond�ment...

que l'esclave mis�rable...

qui, le corps plein et l'esprit vide, se laisse aller au sommeil...

gorg� du pain de la d�tresse...

sans jamais voir l'horrible nuit, fille de l'enfer...

mais qui, comme un valet, du lever au coucher de soleil...

transpire sous l'�il de Ph�bus...

et dort toute la nuit...

dans l'�lys�e.

Le lendemain, d�s l'aube, il aide Hyp�rion � atteler son cheval...

et suit ainsi le cours incessant de l'ann�e...

occup� � des travaux utiles jusqu'� sa tombe.

� part pour le faste...

un tel mis�rable...

qui consacre ses journ�es au labeur...

et ses nuits au sommeil...

a bel et bien l'avantage...

sur un roi.

Mon seigneur, vos nobles, inquiets de votre absence...

vous cherchent dans tout le camp.

Bon vieux chevalier...

rassemble-les dans ma tente.

J'y serai avant toi.

Oh, dieu des batailles, trempe le c�ur de mes soldats.

Ne leur insuffle pas la peur.

Enl�ve-leur maintenant le pouvoir de compter...

sinon, le nombre de leurs ennemis leur fera perdre leur courage.

Pas aujourd'hui, oh, Seigneur, pas aujourd'hui !

Ne pense pas � la faute que mon p�re a commise en prenant la couronne.

J'ai donn� une nouvelle s�pulture au corps de Richard...

et j'ai vers� sur lui plus de larmes contrites...

que la violence n'en fit jaillir de gouttes de sang.

J'entretiens 500 pauvres dans l'ann�e...

qui, deux fois par jour, tendent leurs mains fl�tries...

vers le ciel, pour demander le pardon du sang.

Et j'ai construit deux monast�res...

o� des pr�tres graves et solennels chantent pour l'�me de Richard.

Je ferais plus...

mais tout ce que je peux faire...

ne vaut rien...

puisqu'il faut que mon repentir vienne...

implorer le pardon.

Mon suzerain !

Est-ce la voix de mon fr�re Gloucester ?

Je sais ce que tu veux.

Je viendrai avec toi.

La journ�e, mes amis...

et toutes sortes de choses...

n'attendent...

que moi.

�coutez comme nos coursiers hennissent d'impatience.

Montez-les et faites dans leur flanc des entailles si profondes...

que leur sang chaud jaillira dans les yeux des Anglais.

Contemplez seulement cette pauvre bande fam�lique.

Votre bel aspect les videra de leurs �mes...

n'en laissant que des coquilles et des �corces d'hommes.

Il n'y a pas assez de travail pour tous nos bras.

Pourquoi tardez-vous si longtemps, mes seigneurs de France ?

Ces charognes insulaires, sans espoir pour leurs os...

sont un pi�tre ornement dans la plaine matinale.

Ils ont dit leurs pri�res et attendent la mort.

Un rien nous reste � faire, et tout sera accompli.

Que les trompettes sonnent l'heure de monter en selle...

car notre approche va r�pandre un si grand effroi...

que l'Angleterre, prostr�e sous l'effet de la peur...

se rendra.

O� est le roi ?

Le roi lui-m�me est all� examiner leur corps de bataille.

Ils ont bien soixante mille combattants.

�a fait 5 contre 1.

De plus, ce sont des troupes fra�ches.

La disproportion est incroyable.

Oh, si seulement nous avions ici...

ne f�t-ce que dix mille de ces Anglais...

qui ne travaillent pas aujourd'hui !

Qui donc exprime ce souhait ?

Mon cousin Westmoreland ?

Non, mon beau cousin !

Si nous sommes marqu�s pour mourir...

la perte inflig�e � notre pays est suffisante.

Et si nous devons vivre...

moins nous serons, plus grande sera notre part d'honneur.

Au nom de Dieu, je t'en prie, ne souhaite pas un homme de plus !

Va plut�t, Westmoreland, proclamer dans nos rangs...

que celui qui n'a pas d'estomac pour se battre...

peut partir.

On lui donnera un passeport...

et de l'argent pour le voyage.

Nous ne voudrions pas mourir aux c�t�s d'un homme...

qui craindrait de mourir en notre compagnie.

C'est aujourd'hui la Saint-Cr�pinien.

Celui qui survivra ce jour et rentrera chez lui sain et sauf...

se dressera sur la pointe des pieds quand on citera ce jour...

et se grandira au nom de Cr�pinien.

Celui qui aura vu ce jour et atteint la vieillesse...

chaque ann�e, la veille de cette f�te, festoiera ses amis...

et dira : "Demain, c'est la Saint-Cr�pinien".

Puis, remontant ses manches, il montrera ses cicatrices...

et dira : "Ces blessures, je les ai eues � la Saint-Cr�pin".

Les vieillards oublient...

mais m�me s'ils oublient tout...

il se rappellera en les sublimant...

les exploits qu'il aura accomplis ce jour-l�.

Et nos noms, familiers sur leurs l�vres comme des noms quotidiens...

Le roi Harry, Bedford et Exeter...

Warwick et Talbot, Salisbury et Gloucester...

Seront c�l�br�s au milieu de leurs libations !

L'homme de bien apprendra cette histoire � son fils.

Et la Cr�pin Cr�pinien ne reviendra jamais...

� compter de ce jour jusqu'� la fin du monde...

sans qu'on se souvienne de nous.

De nous, cette poign�e.

Cette heureuse poign�e d'hommes.

Cette bande de fr�res.

Car quiconque verse son sang avec moi sera mon fr�re.

Si humble qu'il soit, ce jour anoblira sa condition.

Et les gentilshommes anglais aujourd'hui dans leur lit...

se consid�reront maudits de ne pas �tre ici...

et feront peu de cas de leur valeur...

quand parleront ceux qui auront combattu avec nous...

le jour de la Saint-Cr�pin !

Mon souverain, courez rejoindre votre poste !

Les Fran�ais sont superbement rang�s en ordre de bataille...

et sont dispos�s � marcher sur nous sans d�lai !

Tout est pr�t, si nos c�urs le sont.

Que celui dont le c�ur h�site p�risse � pr�sent.

Tu ne souhaites plus de renfort d'Angleterre, cousin ?

Par Dieu, mon suzerain.

Vous et moi, nous pourrions livrer seuls cette bataille !

Vous connaissez vos postes !

Dieu soit avec vous tous !

Je viens demander si vous voulez traiter pour votre ran�on...

avant votre chute in�luctable.

- Qui t'envoie, cette fois ? - Le Conn�table de France.

Je te prie de rapporter ma r�ponse pr�c�dente.

Dis-leur qu'ils m'ach�vent avant de vendre mes os.

Grand Dieu, pourquoi railler ainsi de pauvres h�res ?

Je veux parler avec fiert�.

Dis au Conn�table que nous ne sommes pas des guerriers du dimanche.

Notre magnificence et nos dorures sont toutes crott�es...

� marcher p�niblement dans la campagne sous la pluie...

mais par la messe, nos c�urs sont flamboyants.

H�raut, �pargne ta peine.

Ne viens plus me parler de ran�on, gentil h�raut.

Je jure qu'ils n'en auront pas d'autre...

que mes membres !

Et s'ils les ont dans l'�tat o� je les laisserai...

ils n'en tireront gu�re profit.

Dis-le au Conn�table.

Je le dirai, roi Harry.

Sur ce, je vous dis adieu.

Vous n'entendrez plus jamais de h�raut.

Mon seigneur, tr�s humblement � genoux...

je demande le commandement de l'avant-garde.

Prends-le...

vaillant York.

� pr�sent, soldats, avancez...

et toi, mon Dieu...

dispose de ce jour � ton gr�.

Notre sc�ne doit maintenant s'envoler vers le champ de bataille...

o�, h�las, nous allons profaner...

avec quatre ou cinq �p�es minables et ridicules...

maladroitement crois�es dans une lutte d�risoire...

le nom d'Azincourt.

Pr�ts !

Feu !

Tous nos rangs sont enfonc�s !

Oh honte ineffa�able !

Honte...

honte �ternelle.

Rien que la honte !

Mourons les armes � la main !

Retournons au combat !

Nous sommes encore assez de vivants pour �touffer les Anglais...

sous notre nombre, si l'on pouvait r�tablir un semblant d'ordre.

Au diable l'ordre, � pr�sent.

Je cours � la m�l�e.

Que la vie soit courte...

ou la honte sera longue.

Bien jou�, trois fois vaillants compatriotes !

Mais tout n'est pas fini.

Les Fran�ais tiennent encore la plaine !

Tuer tous les pages en vue !

C'est express�ment contraire aux lois de la guerre.

C'est la plus parfaite infamie, entendez-vous...

qu'on puisse perp�trer.

En votre conscience, ne le croyez-vous pas ?

Il est certain qu'il ne reste pas un seul gar�on en vie.

Je n'�tais pas en col�re depuis mon arriv�e en France...

jusqu'� cet instant.

Voici venir le h�raut des Fran�ais mon suzerain.

Que veut dire ceci, h�raut ?

Veux-tu encore me parler de ran�on ?

Non, grand roi.

Je viens demander � votre charit� de nous permettre...

de parcourir cette plaine sanglante pour d�nombrer nos morts...

et pour les enterrer.

Pour s�parer nos nobles des hommes du commun.

Car nombre de nos princes... Triste jour !...

Gisent noy�s et baign�s dans un sang mercenaire.

Oh, permettez-nous, grand roi, d'inspecter librement...

le champ de bataille et d'emporter leurs corps sans vie.

� dire vrai, h�raut...

Je ne sais pas si nous avons ou non remport� la victoire.

La victoire est � vous.

Dieu en soit lou�...

et non pas nos forces.

Comment s'appelle ce ch�teau...

tout pr�s d'ici ?

On l'appelle Azincourt.

Alors, ceci sera...

la bataille d'Azincourt...

livr�e le jour de la Saint-Cr�pin-Cr�pinien.

Votre grand-p�re d'illustre m�moire...

n'en d�plaise � Votre Majest�...

et votre grand-oncle �douard le Noir, Prince de Galles...

d'apr�s ce que j'ai lu dans les chroniques...

ont livr� une bien belle bataille, ici, en France.

En effet, Fluellen.

Votre Majest� dit vrai.

Si Votre Majest� s'en souvient...

les Gallois combattirent bravement dans un jardin plein de poireaux...

et ils avaient mis des poireaux � leurs chapeaux de Monmouth...

et vous savez que c'est aujourd'hui un insigne en l'honneur de cet exploit.

Et je crois que Votre Majest� ne d�daigne pas...

de porter le poireau le jour de la Saint-David.

Je le porte en l'honneur d'un glorieux souvenir...

car je suis gallois, cher compatriote.

Toute l'eau de la Wye...

ne peut laver de son sang gallois le corps de Votre Majest�.

Que Dieu le b�nisse et le pr�serve, aussi longtemps qu'il plaira...

� Sa Gr�ce et � Sa Majest� aussi.

Merci, mon cher compatriote.

Pardieu, je suis le compatriote de Votre Majest� !

Je ne m'en cache pas. Je l'avouerai au monde entier !

Et je n'ai pas � rougir de Votre Majest�, Dieu soit lou�...

aussi longtemps que Votre Majest� sera un homme honn�te.

Que Dieu me garde tel !

La fortune a-t-elle d�cid� de faire la fille l�g�re avec moi ?

J'apprends que ma Nell est morte.

Je me fais vieux, et de mes membres fatigu�s...

l'honneur est chass� � coups de gourdin.

Eh bien...

je me ferai maquereau...

et t�terai un peu au m�tier de pickpocket.

Je volerai en Angleterre...

et une fois l�-bas, je me ferai voleur.

H�raut, a-t-on d�nombr� les morts ?

Voici le d�compte des Fran�ais tu�s.

Cette note me parle de...

10 000 Fran�ais...

qui gisent tu�s sur un champ de bataille.

126 princes sont inclus dans ce nombre...

auxquels s'ajoutent 8 400 chevaliers, �cuyers...

et vaillants gentilshommes...

dont 500, hier seulement, furent faits chevaliers.

Voil� une royale confr�rie de morts !

O� est la liste de nos morts anglais ?

"Le duc �douard d'York...

"le comte de Suffolk...

"Sir Richard Keighley...

"Davy Gam, �cuyer."

Nul autre de renom...

et pour le reste...

vingt-cinq hommes seulement.

C'est prodigieux !

Venez.

Rendons-nous en cort�ge au village...

et que la peine de mort soit proclam�e dans notre arm�e...

pour qui se vantera de cette victoire...

ou ravira � Dieu la gloire qui n'est due qu'� lui seul.

N'est-il pas permis, n'en d�plaise � Votre Majest�...

de dire le nombre des tu�s ?

Si, capitaine...

mais � condition de reconna�tre...

que Dieu a combattu...

pour nous.

Oui, en mon �me et conscience.

Il nous a bien aid�s.

Accomplissons tous les rites sacr�s.

Qu'on chante le "Non nobis" et le "Te Deum."

Que les morts soient pieusement d�pos�s en terre.

Et puis, gagnons Calais...

et de l�, l'Angleterre...

o� jamais n'arriv�rent de France...

des hommes plus heureux.

Paix � cette assembl�e.

� notre fr�re de France, sant� et jours heureux.

Joie et bonheur � notre cousine princi�re, Catherine.

Et vous, membre et rameau de cette royaut�...

par qui fut pr�par�e cette grande entrevue...

nous vous saluons, Duc de Bourgogne.

Et vous, princes et pairs de France...

sant� � tous.

Nous sommes tr�s heureux de voir votre visage...

tr�s noble fr�re d'Angleterre.

Soyez le bienvenu.

Comme le sont aussi, princes anglais, chacun de vous.

Mon hommage � tous deux, et un amour �gal...

grands rois de France...

et d'Angleterre.

Puisque mes bons offices ont pr�valu au point que...

face � face et les yeux dans les yeux, vous vous �tes salu�s en rois...

qu'on ne m'en tienne pas rigueur si je demande devant cette assembl�e...

pourquoi la pauvre paix, nue et meurtrie...

ne viendrait pas dans le meilleur jardin qui soit au monde...

notre fertile France...

montrer son beau visage ?

H�las...

elle est depuis trop longtemps chass�e de France...

et toutes ses r�coltes s'amoncellent...

pourrissant dans leur propre fertilit�.

Et de m�me que nos vignobles, nos prairies et nos haies...

infid�les � leur nature, retournent � l'�tat sauvage...

de m�me nos maisons, nous-m�mes et nos enfants oublient...

ou n'apprennent pas, faute de temps...

les sciences qui devraient embellir notre pays...

mais poussent en sauvages, comme des soldats...

qui ne songent qu'� verser le sang...

qu'� jurer, l'air farouche, les habits en d�sordre...

avec une allure...

monstrueuse.

Et mon discours implore...

que l'on me dise pourquoi la douce paix...

ne pourrait pas chasser ces calamit�s...

et nous b�nir de ses anciennes vertus.

Duc de Bourgogne...

si vous voulez la paix...

dont l'absence fait na�tre les vices que vous avez cit�s...

vous devez acheter cette paix...

en donnant plein accord � toutes nos justes demandes.

Je n'ai fait que jeter un coup d'�il rapide...

� ces articles.

Si Votre Gr�ce veut bien d�signer des membres du conseil...

pour si�ger � nouveau avec nous...

nous vous donnerons...

notre agr�ment et notre r�ponse d�finitive.

Fr�re, je vous en prie.

Mais laissez-nous ici...

notre cousine Catherine.

Elle est notre principale demande...

et figure au premier rang de nos articles.

Elle en a la permission.

Belle, tr�s belle Catherine...

Voudriez-vous apprendre � un soldat...

des mots qui puissent p�n�trer l'oreille d'une dame...

et plaider son amour aupr�s de son doux c�ur ?

Votre Majest� va se moquer de moi.

Je ne sais pas parler votre anglais.

Belle Catherine, si vous voulez m'aimer avec votre c�ur fran�ais...

je serai heureux d'entendre cet aveu dans un anglais boiteux.

M'aimez-vous bien, Kate ?

Je ne comprends pas le sens de ces mots.

Vous �tes semblable � un ange, Kate.

Que dites-vous, belle amie ?

Que les langues des hommes sont pleines de tromperies ?

Que les langues des hommes sont pleines de tromperies.

C'est ce que dit la princesse.

Ma foi, ma fa�on de te courtiser est du niveau de ta compr�hension.

Je ne sais pas faire le mielleux en amour...

mais je dis directement : "Je t'aime".

Et si vous allez plus loin que de me dire "Vraiment ?"...

je serai pris de court.

Donnez-moi votre r�ponse, et puis, l'affaire sera conclue.

Qu'en dites-vous, madame ?

Je comprends bien.

Si vous vouliez que je fasse des vers et que je danse pour vous...

je serais perdu.

Si je pouvais conqu�rir une dame � saute-mouton...

ou en bondissant en selle avec mon armure sur le dos...

j'aurais vite fait de gagner une femme.

Je saurais cogner comme un boucher et tenir en selle sans tomber.

Mais devant Dieu, Kate, je ne sais pas prendre un air transi...

ni soupirer avec �loquence...

ni nier habilement de mon amour.

Si tu peux aimer un gar�on de cette trempe, Kate...

qui ne regarde jamais dans son miroir par plaisir de ce qu'il y verrait...

que ton �il me cuisine � son go�t.

Je te parle simplement en soldat.

Si tu peux m'aimer comme tel, prends-moi.

Sinon, te dire que je mourrai, ce sera vrai...

mais par amour pour toi, Seigneur, non.

Et pourtant, je t'aime.

Si tu veux un homme comme celui-l�, prends-moi.

En me prenant, tu prends un soldat.

En prenant un soldat...

tu prends un roi.

Eh bien, que dis-tu de mon amour ?

Parle, ma douce...

et gentiment, je t'en prie.

Est-il possible que j'aime...

l'ennemi de la France ?

Non, Kate.

Il n'est pas possible que vous aimiez l'ennemi de la France.

Mais en m'aimant, vous aimerez l'ami de la France...

car j'aime tant la France que je ne veux renoncer � aucun de ses villages.

Je veux l'avoir enti�rement � moi.

Et, Kate, quand la France sera � moi, et moi � vous...

la France sera � vous, et vous � moi.

Je ne comprends pas �a.

Non, Kate ?

Je vais vous le dire dans votre langue...

qui, j'en suis s�r, va rester coll�e dans votre palais...

comme une jeune mari�e pendue au cou de son �poux...

et qui ne peut en �tre d�tach�e.

Laissez-moi r�fl�chir...

Il est aussi facile pour moi de conqu�rir un royaume...

que de te dire autant de mots en fran�ais !

Jamais je ne pourrai t'�mouvoir en fran�ais, mais je te ferai rire.

Non, ma foi, il ne l'est pas.

Mais dites-moi, Kate...

Comprenez-vous au moins ces mots d'anglais ?

"Peux-tu m'aimer ?"

Je ne saurais le dire.

L'une ou l'autre de tes voisines peut-elle le dire ? Je leur demanderai.

Sur mon honneur, en bon Anglais, je jure que je t'aime...

sur cet honneur, je n'ose pas jurer que tu m'aimes.

Mais mon sang commence � me flatter de cet espoir...

malgr� le pauvre aspect de mon visage.

Maudite soit l'ambition de mon p�re !

Il pensait aux guerres civiles quand il m'a engendr�.

J'ai donc �t� cr�� avec des dehors rev�ches...

un visage de fer, et quand je courtise les dames...

je leur fais peur.

Mais en v�rit�, plus je vieillirai, meilleure sera mon apparence.

Ma consolation, c'est que l'�ge qui pr�serve si mal la beaut�...

ne pourra pas faire plus de ravages sur ma figure.

Si tu me prends... Tu me prends au pire moment.

Et si tu uses de moi...

Je serai de mieux en mieux.

Alors, dis-moi, belle Catherine...

veux-tu de moi ?

Donne-moi ta r�ponse dans une musique boiteuse...

car ta voix est musique...

et ton anglais est boiteux.

Alors, reine des reines, Catherine...

veux-tu de moi ?

Si cela pla�t au roi mon p�re.

�a lui plaira, Kate.

�a lui plaira, Kate.

Alors, �a me plaira aussi.

Sur ce...

je vous baise la main, et vous appelle ma reine...

Alors, je vais vous baiser les l�vres, Kate.

Madame, mon interpr�te, que dit-elle ?

Que ce n'est pas la coutume, pour les dames de France...

Oh, je ne peux pas dire ce qu'est "baiser" en anglais.

Embrasser ?

Votre Majest� comprend mieux que moi.

Selon la coutume, une Fran�aise n'est pas embrass�e avant le mariage ?

Oh, Kate.

Les coutumes pointilleuses s'inclinent devant les grands rois.

Vous et moi, nous ne pouvons �tre enferm�s...

dans les fragiles fronti�res des usages du pays.

C'est nous qui faisons les m�urs, Kate.

Ainsi donc, patience...

et soumission.

Vous avez de la sorcellerie dans vos l�vres, Kate.

Il y a plus d'�loquence dans leurs doux baisers...

que dans toutes les langues du conseil de France.

Voici votre p�re.

Dieu garde Votre Majest�.

Mon royal cousin, enseignez-vous l'anglais � notre princesse ?

Je voudrais lui apprendre, mon beau cousin...

combien je l'aime...

et c'est l� du bon anglais.

Nous avons consenti � toutes les conditions raisonnables.

Et en cons�quence, donnez-moi votre fille.

Prenez-la, noble fils...

et de son sang, donnez-moi une descendance...

afin que les royaumes rivaux de France et d'Angleterre...

dont les rivages m�me p�lissent d'envie devant leur bonheur...

puissent mettre un terme � leur haine...

et que cette union solennelle...

implante le bon voisinage...

et une harmonie chr�tienne dans leurs c�urs adoucis...

de sorte que jamais la guerre ne porte sa sanglante �p�e...

entre l'Angleterre et notre belle France.

Amen.

Alors, bienvenue, Kate...

et soyez tous t�moins...

que j'embrasse ici ma reine souveraine.

Que Dieu qui sait le mieux faire tous les mariages...

fonde nos c�urs en un, nos royaumes en un.

Comme mari et femme, �tant deux, dont l'amour ne fait qu'un...

qu'il y ait entre nos deux royaumes une telle union...

que jamais malfaisance ou jalousie cruelle...

qui troublent souvent le lit du mariage b�ni...

ne se glissent dans le contrat de ces royaumes...

pour r�duire au divorce leur intime alliance...

que l'Anglais comme le Fran�ais...

le Fran�ais comme l'Anglais, s'accueillent mutuellement.

Que Dieu dise...

"Amen".

Jusque-l�, d'une plume inhabile et sans gr�ce...

notre auteur appliqu� a conduit cette histoire...

confinant les puissants dans un petit espace...

mutilant en fragments l'ample champ de leur gloire.

Temps bref...

mais dans ce temps bref cet astre anglais...

eut une grande vie.

La fortune fit son �p�e...

par laquelle il conquit le plus beau des jardins...

pour en laisser son fils imp�rial souverain.

Henry Six...

couronn� au berceau roi de France et d'Angleterre...

succ�da � ce roi...

et ils furent si nombreux � diriger l'�tat...

qu'ils perdirent la France...

et firent saigner l'Angleterre...

ce que souvent notre sc�ne a repr�sent�...

puisse donc, en reconnaissance...

notre pi�ce �tre accueillie par vous avec bienveillance.

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