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NETFLIX PRÉSENTE
On a un endroit, un camp.
On vit en communauté.
On est en sécurité ici.
Vous êtes combien ?
Est-ce qu'il y a des enfants ?
Pour nous rejoindre, empruntez le fleuve,
mais je crois pas que vous y arriverez avec des enfants.
Écoutez moi, je le dirai pas deux fois.
Je sais que ça va être dur, mais on doit s'en aller.
Le voyage va vous sembler durer des semaines.
Ce sera dur de se concentrer.
Et ce sera encore plus dur de rester discret, mais vous y arriverez.
Vous allez faire exactement ce que je vous dis, ou on s'en sortira pas.
C'est clair ?
Et sous aucun prétexte vous n'aurez le droit d'enlever vos bandeaux.
Si vous le faites, vous aurez une correction.
Tout est clair ?
On a nos couvertures si on a froid.
Garçon, tu as ton chien, Fille, ton chat.
Ici, c'est juste une maison, on n'en a plus besoin.
Tout est clair ?
Je veux rien entendre sur le fleuve.
Vous allez devoir être très attentifs.
Vous entendez quelque chose dans la forêt, vous me dites.
Vous entendez quelque chose dans l'eau, vous me dites.
Vous n'enlevez en aucun cas les bandeaux de vos yeux !
Si vous regardez, vous mourrez.
Tout est clair ?
Tout va bien.
Allez.
C'est bon.
Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit.
Vingt-huit, 29, 30. C'est par là. Ça va aller.
Trente-et-un, 32, 33.
Où est-ce qu'il est ?
CINQ ANS PLUS TÔT
- J'écoutais ça. - Comme tout le monde dans ta rue.
Le magasin était bondé, ça a l'air grave ce truc.
Tu n'as rien là-dedans !
- Quel truc ? - T'es sérieuse ?
- Ouais. - C'est à la télé, Nounouille.
Nounouille.
- Quelle chaîne ? - N'importe laquelle.
... les aéroports et les gares ont été fermés.
Les rues sont envahies de personnes prenant la fuite en voiture ou à pied
alors que des témoignages de suicides collectifs affluent.
Tout a commencé en Roumanie,
et les incidents se multiplient en Europe et Sibérie.
Il y aurait des dizaines de milliers de morts.
... on ignore la cause des suicides de masse en Europe et en Russie.
Les témoignages parlent de comportements psychotiques.
D'après nos sources, le phénomène ne serait ni pathologique ni viral.
Les autorités demandent à la population de rester calme.
Il n'y a pas de confirmation...
C'est en Russie...
Dis ça aux mamans qui se battent pour une bouteille d'eau.
À propos, Maman vient de m'appeler.
Pourquoi c'est moi qui dois tout lui dire ?
- Pourquoi vous parlez de moi ? - Je vais pas lui raconter ma vie !
Je vais voir un pur sang à 15 h à Sausalito.
On n'entend pas ça tous les jours.
- Tu viens ? - J'ai mon écho avec Dr Lapham.
- À quelle heure ? - Ta voix monte quand t'es excitée.
- Je te dépose ? - Non.
Je t'accompagne. On verra peut-être le bébé.
Ou j'annule et on va voir le cheval.
On s'en fout du cheval.
Quelle fougue !
Ça te plaît ?
Ils sont assis ensemble,
mais ils sont tous seuls.
La solitude est secondaire.
Ça parle de l'impossibilité de créer des liens.
Avec qui ?
- Pousse-toi. - Malorie.
- Bouge. - On en a parlé.
Ça ne se passera pas comme ça.
Avec un bébé, c'est le coup de foudre immédiat.
- Pas pour moi. - Mais si.
- Non. - Tu devrais avoir peur d'être seule,
pas de ça.
Tu dois faire des rencontres, découvrir le monde,
tu peux pas rester enfermée.
Pourquoi sortir ? Tu fais mes courses.
- Tu dois déménager. - Non.
- Si ! - Non !
- Pourquoi ? - J'adore cet appart.
Ça t'a pris du temps de le trouver,
et depuis la rupture, tu travailles encore plus.
Mais comme tu veux plus de collocs...
- Ryan était pas mon colloc. - Au final, si.
Tu peux pas élever un enfant ici. Où veux-tu la mettre ?
Ça sera une fille ?
Je l'espère.
Désolée, c'est le boulot. Une seconde.
Allô ?
Ouais.
Je te rappelle.
Quoi ?
Vous voulez pas connaître le sexe ?
Et gâcher la surprise, Dr Lapham ? Non.
Comment allez-vous ? Vous dormez mieux ?
Pas trop.
J'avais du mal à dormir avant cet état aussi.
Vous êtes enceinte, c'est pas un gros mot.
Il suffit de vivre dans le déni et vos soucis s'envolent.
Vraiment ? J'avais pas idée.
- Une jument... - Encore les chevaux.
Vous le savez ?
Une jument sait tout de suite quand elle est pleine.
Sérieux ?
Elle mange et marche différemment.
Elle mord les autres chevaux qui s'approchent.
- J'aurais dû être un cheval. - Oui.
Ça aurait été super, on aurait eu une mère
qui nous aurait élevées
et un père vivant sur une ferme d'étalon.
Il a vécu sa vie sur une ferme d'étalon.
- C'est vrai. - C'est vrai.
Pauvre de nous.
On devrait aller déjeuner avec une bouteille de vin.
Enfin une bonne idée.
- Parfait. - Vous êtes sérieuses ?
On voulait pas...
Un verre de vin ne fera pas de mal à la cacahuète.
C'était une bouteille.
Et trouvez un autre surnom, il a la taille d'un petit melon.
Un petit melon !
C'est difficile d'aimer un inconnu.
C'est beau ça.
Vous devriez le broder sur des sachets de lavande.
- Vous pourrez les vendre. - À la boutique ici.
Vous allez avoir un bébé.
Bientôt avec Jessica et une sage-femme, on sera au troisième à blaguer comme là.
Sauf que vous ne rentrerez pas seule.
Je sais.
Si c'est pas ce que vous voulez,
il y a des couples qui veulent adopter.
On ne juge personne, vous êtes libre de choisir.
Mais vous n'avez pas le droit de faire comme si de rien n'était.
VOUS PENSEZ À L'ADOPTION ? LA GROSSESSE PEUT ÊTRE DÉROUTANTE
Ça va ?
Super !
Tu gerbes ?
Va à la caisse.
Il y a des morceaux ?
Non, c'était un dégeuli liquide qui sort tout seul.
On se retrouve dehors.
- Dans le couloir ! - Renvoyons les gens.
Appelez la sécurité !
Attention, j'ai besoin d'aide !
Retenez-la !
- Calmez-vous ! - Code gris, niveau un.
Du calme ! Sécurité !
- Ça va mieux ? - C'est arrivé ici.
T'en as sur toi ?
Le truc qui rend les gens fous est là.
- Quoi ? - S'il te plaît...
Attention !
- Dans l'hôpital. - Mon Dieu ! Vas-y !
Roule !
On va direct à Santa Rosa.
Tu vas rester chez moi tant que ça passe.
- J'ai pas d'habits. - Je te prêterai.
- Je suis pas trop botte de cheval. - C'est ça qui t'inquiète ?
Les choses sans importance sont réconfortantes.
- Merde. - Quoi ?
Il y a une voiture au milieu de la route.
- Fais le tour. - Laisse-moi passer.
Si la situation empire, on lâche la voiture et on ira à cheval.
- Putain ! - Merde.
Les gens doivent arrêter d'être cons.
Mon Dieu, Jess. Vas-y.
Je vais pas griller le feu.
Vas-y !
Laisse-moi conduire, tu me fais flipper.
- Tu sais quoi ? - Laisse-moi faire.
- C'est pas moi. - Mon portable est derrière.
- Ça doit être le mec de l'écurie. - T'emballe pas.
Où est-il ?
Mon Dieu ! C'est quoi ce merdier ?
De quoi tu parles ?
De quoi tu parles ? Qu'est-ce que c'est ?
Qu'est-ce que tu as vu ? Dis-moi !
Qu'est-ce que tu fous ? Non, Jess !
Qu'est-ce qui te prend ? Non ! Arrête !
Non !
Arrête !
Jess, qu'est-ce qui te prend ? S'il te plaît, arrête !
Je t'en prie, arrête !
Venez !
- Où vas-tu ? - Elle est enceinte !
Lydia, on rentre !
Elle est enceinte !
Tu peux pas l'aider !
Dépêchez-vous, allez !
OK.
Levez-vous, vite !
Maman ?
Reste ici.
Reste ici.
Baissez les yeux.
Ouvrez, elle est enceinte !
- Ouvrez ! - Non.
Ouvrez la porte, police !
N'ouvrez pas.
- Police, ouvrez ! - Désolé.
C'est ma maison.
Vite, entrez !
Dépêchez-vous, ça va ?
Vous n'avez rien ?
Elle voulait vous aider.
Elle en est morte.
Tout le monde est un peu bouleversé.
- Je suis désolée. - Entrez.
Je suis désolée.
Par ici.
- Tout le monde va bien ? - Vous avez du réseau ?
- Vous avez du Wi-Fi ? - Non, je capte rien.
Vas-y.
- Rien. - Je dois appeler les enfants.
Non, rien.
- Chéri ? - Rien, ça passe pas.
- Il est à la maison ? - Pardon.
Maman, rappelle-moi tout de suite.
Quelque chose... Allô ?
Ça bousille le système nerveux. Je l'ai remarqué chez mes clients.
Tu vois pas l'uniforme ?
T'es en formation, je m'en tape.
Je suis sûre qu'ils vont envoyer des secours.
La seule chose qui va arriver, c'est qu'on va tous crever.
C'est un exemple classique de guerre biologique.
Corée du Nord ou Iran.
Douglas, personne ne sait ce que c'est.
Faut qu'on garde notre calme.
- D'accord ? - Ouais.
S'il vous plaît.
On est grave dans la merde.
J'ai entendu une de ces choses.
On courait dans la rue et je le jure, j'ai senti quelque chose.
- Je l'ai entendu. - C'est quoi ?
J'en sais rien, je l'ai senti, c'est tout.
- La présence ? - Oui.
On est baisé.
Il doit y avoir des images, une vidéo.
- J'ai rien vu. - Mon équipe l'a vu.
Quoi ?
On creusait des fondations
et le chef de chantier s'est allongé devant le bulldozer.
L'opérateur a fait descendre la pelle pour se faire péter la nuque.
Si on regarde ce truc,
ça vous rend dingue ou vous donne envie de vous faire du mal.
Ça vous donne envie de vous tuer.
Et vous...
- Putain. - ... le regardez.
- Vous vous suicidez. - Comment ça ?
Baissez les stores !
Baissez-les !
Aidez-moi !
Merci, Seigneur !
Andy, Bailey ?
Papa, c'est quoi ce truc dehors ?
- Bailey ! - Bailey !
Bailey !
- Sortir, c'est mourir. - Mes enfants sont dehors !
- Poussez-vous ! - Vous n'y arriverez pas.
Mettez le son !
Le président a déclaré l'état d'urgence et a ordonné la fermeture des frontières.
Surtout, ne sortez pas !
Évitez les réseaux sociaux. Utilisez...
PAS DE SIGNAL
C'est quoi ce bordel ?
- C'est le dénouement. - Pardon, quoi ?
C'est la fin. L'humanité a été jugée et on a échoué.
- Jugée par qui ? - Ils ont plein de noms.
Dans toutes les religions, il y a des références aux démons, aux esprits.
Les personnes qui les ont vus racontent toujours la même chose.
L'entité prend la forme de leurs plus grandes craintes,
de nos chagrins et de nos regrets.
C'est des conneries, un truc religieux.
C'est pas des conneries, OK ? C'est sérieux, il y a des faits.
Ils ont différentes formes.
Il y a l'Aka Manah, le Varios Daevas de la légende zoroastrienne.
Il y a le Surgat dans les croyances chrétiennes qui obligerait
les femmes enceintes à voir leurs bébés sous forme de homard ou d'araignée.
Il y a la femme renard en Chine. Il y a le Puca dans les légendes celtes.
Les noms sont différents, mais c'est la même chose.
Et c'est quoi ?
La fin de tout.
Charlie, tu as appris ça en bossant au supermarché ?
- Non, j'ai étudié ça pendant des années. - À la fac ?
Pas exactement à la fac.
Sur internet. C'est là que toutes les infos sont.
- J'écris un livre là-dessus. - Quelle connerie.
On n'a plus qu'à attendre de devenir fou ?
L'armée va forcément prendre le contrôle.
Il faut juste attendre.
Hé !
Rasseyez-vous.
Non, je veux passer un coup de fil.
- Je comprends. - Ça va.
Entendu.
- Le téléphone fonctionne pas. - D'accord.
Vous avez mal quelque part ?
Quoi ? Non.
- Vous avez peut-être un choc à la tête. - Ça va.
- OK. - Ça va.
OK.
On roulait en voiture.
Elle a vu quelque chose.
Je sais pas ce que c'était, mais elle avait un drôle d'air.
On aurait dit que...
Qu'elle était triste, mais Jess est toujours joyeuse.
Toujours.
Elle est sortie de la voiture, elle a couru dans la rue...
elle n'était pas suicidaire. Elle aurait jamais fait ça.
Mais c'était...
Il y a eu une femme qui m'a vue,
puis elle s'est mise à parler à sa mère et...
Cette femme était mon épouse.
- Elle s'appelait Lydia. - OK.
Elle ne parlait pas à sa mère, elle est morte depuis dix ans.
SIX HEURES SUR LA RIVIÈRE
Allô ?
Quelqu'un me reçoit ? Allô ?
Allô, quelqu'un me reçoit ?
Il y a quelqu'un ? Je m'appelle Malorie.
Je suis sur le fleuve, il y a quelqu'un ?
Allô, il y a quelqu'un ?
Quelqu'un m'entend ?
Malorie.
Malorie.
Ça fait trois jours que ces événements se sont produits.
Les lignes sont coupées.
Je peux contacter personne.
On n'a aucune nouvelle des autorités...
mais si vous m'écoutez,
d'après ce que j'ai compris, si vous restez à l'intérieur,
tant que vous ne regardez pas ces choses, vous ne risquez rien.
N'allez pas dehors.
Quand j'aurai plus d'informations, je vous tiendrai au courant.
Mon mari est dans les fiducies et les successions et vous ?
- Dépôt de bilan. - Quand il s'en prend pas à ses voisins.
On a de la bouffe pour combien de temps ?
Plus très longtemps.
Parce que certains comprennent pas ce qu'est se rationner.
Votre maison est derrière.
On ira s'y ravitailler.
Si on sort, on reviendra pas.
- Tom... - On laisse personne entrer.
Une seconde ! Calmez-vous !
- Bonjour. - Oui, bonjour.
- C'est une connerie. - Douglas !
- Oui ? - Bonjour ?
Je m'appelle Olympia, aidez-moi, je vous en prie.
- N'ouvrez pas... - Je vais ouvrir.
Putain !
Une seconde.
Hé !
Poussez-vous !
Allez-y.
Donne-moi une couverture.
Il y a deux lampes près de la porte.
Posez la couverture que je vous donne sur les lampes.
- OK ? - D'accord.
Je dois pas voir dehors.
- Couvrez vos yeux. - C'est con.
Malorie, vos yeux.
Tenez. OK.
Dites-moi quand c'est bon.
C'est bon ?
- La ferme. - Une seconde !
- C'est bon. - OK.
Venez vite.
Allez !
C'est bon.
- Malorie. - Oui.
- Le fusil. - Ouais.
Avant de tuer quelqu'un vu que vous n'y connaissez rien.
Ça va aller.
Comment...
Vous êtes si nombreux.
Vous êtes...
Enceinte ?
Oui, c'est pour le 1er octobre.
Et vous ?
Fin septembre.
Attendez. C'est encore le bordel dehors ?
Vous êtes seule ?
Oui.
Mon mari est parti en mission le mois dernier. Il est pilote.
J'ai tenu sur les réserves,
mais j'avais faim et j'avais peur d'affamer mon bébé,
je savais plus quoi faire.
- Tenez, de l'eau. - Merci.
Vous êtes sortie frapper aux portes au hasard ?
J'habite à côté.
Génial, on va crever de faim dans une maternité.
Il faut juste trouver la nourriture en plus.
Mais comment, si on ne voit rien ?
On est coincés dans ce trou.
Pas forcément.
Peut-être qu'on peut voir.
Comment ça ?
Venez voir.
On a des caméras qui transmettent en live.
Venez à l'étage.
C'est un signal numérique.
Ça montre des objets avec des couleurs.
C'est sans risque.
- Juste un écran. - Ça peut être dangereux.
On sait pas comment ça fonctionne.
C'est des images indirectes.
On peut pas les regarder à l'œil nu,
mais peut-être avec un intermédiaire.
- C'est des pixels. - Peut-être qu'il n'y aura rien.
On le saura jamais si on n'essaye pas.
Ça serait une connerie.
Pour vous, tout est une connerie.
Il va falloir faire quelque chose.
L'électricité peut être coupée.
Faites-moi confiance, ça va marcher.
D'accord.
Si ça marche, on peut l'utiliser pour se ravitailler...
Exactement.
Pas trop serré.
J'espère que vous savez ce que vous faites.
Écoutez... vous êtes des gens bien avec votre mari.
Ça n'avait rien à voir...
Avec ça.
Merci, Douglas.
Vous n'êtes pas obligé.
Je sais, vous en faites pas.
- Tom, la télécommande. - Oui.
La voilà.
C'est quoi ce procès ?
Ils veulent construire une immonde verrière dans cette partie de la maison.
Son mari est architecte.
Il fait ce qu'il veut, en quoi ça vous intéresse ?
C'est moi qui dois la regarder.
N'y pense pas.
C'est la fin du monde, on sait jamais.
T'es où, fils de pute ?
VITAMINES DE GROSSESSE
Allez, Greg.
Concentre-toi.
Ça parle de la fin du monde.
Mon livre.
C'est pas un bouquin d'ado où ils courent avec une arbalète
et doivent s'entre-tuer ou courir dans un labyrinthe.
Cette histoire... elle est hyper réaliste.
Tu pensais que ça ressemblerait à ça ?
- Greg ! - On peut entrer ?
- Ça va ? - Greg !
On peut entrer ?
Détournez vos regards !
Couvrez vos yeux.
- L'écran ! - Greg !
Greg !
Je l'ai trouvé.
C'est bon, ouvrez les yeux.
J'avais dit que c'était une connerie.
Venez.
Il faut pas rester ici.
Je suis désolée.
On va devoir rester ici.
Personne ne viendra nous chercher.
Il faut y aller.
Salut.
Salut.
On pourrait rester un peu toutes les deux...
Si tu veux.
On pourra se serrer les coudes.
J'ai lu sur un blog que les femmes enceintes
devaient dormir à côté de quelqu'un
parce que les bébés sentent quand leurs mamans ont le cafard.
Parfait.
Tu as déjà pensé à des prénoms ?
Non, pas encore.
Et toi ?
Si c'est une fille, on a pensé à Ariel ou Jasmine.
J'adorerais lui donner un nom de princesse, genre Cendrillon.
Et ton mari ? Il voulait quoi ?
Il veut ce que je veux.
Et ton mari ? Il a des préférences ?
Je suis célibataire.
- Désolée. - Non, ça va.
Et ta famille ? Ils doivent être contents...
Tu veux bien m'excuser une seconde ?
À tout de suite.
Pardon.
Il y a des images qu'on peut pas oublier.
Non, en effet.
Désolée.
Ça va ?
Ouais.
Je vais faire ma lessive demain.
- Il vaut mieux. - Je crois aussi.
Bonne nuit.
QUATORZE HEURES SUR LA RIVIÈRE
Hé ho !
Vous avez besoin d'aide ?
- Vous pouvez enlever vos bandeaux. - Gardez vos bandeaux !
J'ai de la nourriture. Les enfants doivent avoir faim.
Baissez-vous !
Venez, mes chéris.
Vous avez déjà vu un bébé cerf ?
Je vais vous dire un secret.
J'en ai trouvé un dans la forêt.
Je sais que vous avez peur, mais il n'y a pas de quoi.
Je vais pas vous faire du mal.
Enlève ton bandeau putain !
J'ai vu une créature. J'ai vu la vérité.
Enlève ton bandeau.
C'est magnifique. Enlève ton bandeau !
Enlève-le !
Le monde sera purifié.
Tout le monde doit ouvrir les yeux.
J"ai de mauvaises nouvelles.
On va manquer de nourriture et personne nous aidera.
Il faut qu'on sorte.
Je sais peut-être où en trouver.
- Où ça ? - Au supermarché.
J'ai verrouillé le magasin quand ça a dégénéré.
- Tu comptais le dire quand ? - Au moins, on sait.
Merci.
Il nous faut un groupe de volontaires.
On sera mort avant d'arriver.
- T'es dingue ? - J'irai.
- Alors moi aussi. - T'es enceinte !
Si vous y allez tous, je vous accompagne.
Et si je faisais cette tournée et toi, la prochaine ?
- Je vais venir. - Quoi ?
- Tu veux crever ? - Je suis entraînée.
Ça me plaît pas, aucun d'entre vous ne devrait y aller.
- On sera quatre. - Cinq avec Charlie.
Comment ça ? Charlie va nulle part !
- Tu connais le code. - Je peux pas.
Vous avez l'info. Il y a pas besoin de moi, c'est un supermarché.
Vous connaissez le principe.
Suffit de suivre les pancartes. Vous savez lire, non ?
- Non. - Tu fais des recherches pour ton bouquin.
D'accord ? Ça sera super.
Il faut recouvrir toutes les fenêtres,
ça sera plus prudent.
Vous trouvez ça normal ?
On va conduire à l'aveugle ?
Non.
On a le GPS.
Calcul de l'itinéraire.
Continuez tout droit.
Dans 800 m, tournez à droite sur Bay Street.
- C'est quoi ? - Le trottoir.
Rien que le trottoir.
C'est le capteur de proximité.
C'est un ralentisseur.
Tournez à droite.
- On a quitté la route ? - Non.
- Ça doit être un camion. - Contourne-le.
- Fais le tour. - Ouais.
C'est quoi ?
C'est une autre voiture ?
- Putain ! - Calme-toi.
- Je veux sortir ! - Calme-toi.
Le touchez pas.
- Regarde-moi. Du calme. - Fais-le taire.
Putain, on va mourir.
Calme-toi.
- Merde. - Accrochez-vous.
Accrochez-vous, on bouge.
Accrochez-vous !
C'était pas un ralentisseur !
- On est coincé. - On s'accroche !
Tournez à gauche.
Ralentis.
Vous êtes arrivé.
Putain.
On est censés sortir de la voiture ?
Quelle chance !
- À trois. Un... - Je suis prêt.
... deux, trois.
Qu'est-ce que j'ai touché ?
Juste un pilier.
OK, où est...
La porte doit être à quelques pas.
- Je suis perdu. - À gauche.
La gauche.
Je suis perdu.
- Avancez ! - Je suis perdu.
- Ici ! - OK.
- C'est bon ? - Non.
Une seconde, j'y suis.
Ça y est.
Allons-y.
C'est bon.
Bonjour !
Je m'occupe des fenêtres.
C'est parti.
C'est bon, on peut les enlever.
Mon Dieu !
- Jackpot ! - Ouais.
- Les conserves ? - Allée deux.
- Le pécu ? - Cinq.
- Et la gnôle ? - Sept.
On n'a pas de place, prenez des produits essentiels non périssables.
- Les biens électroniques ? - Six.
Six, génial. Merci.
C'est pas moi qui vais nettoyer.
Parfait.
J'ai bien fait de venir.
C'est l'endroit le plus merveilleux sur Terre.
Ouais, ça rigole pas.
C'est un cadeau pour le bébé.
Merci.
De rien.
Ma sœur attend son quatrième...
Mon Dieu, c'est une sainte.
Ouais, c'est vrai.
Je touche tout le temps son ventre.
Ça m'apaise.
Ouais, la nature est rusée.
Ta sœur vit à Sacramento ?
- Ouais. - Ouais ?
Et toi ? Où est-ce que tu as grandi ?
À côté de Stockton.
- Stockton. - Ouais.
- On élevait des chevaux. - Dans un ranch ?
- Mon papa était un vrai cowboy. - D'où tes talents avec...
- Quoi ? - ... le fusil.
Oui, j'ai eu une enfance intéressante.
Stockton n'est pas loin de Sacramento.
Non, c'est sur la 99.
- Sur la 99. - C'est un autre monde, pas vrai ?
On aurait pu se rencontrer autrement.
Bien sûr.
J'aurais pu être ta baby-sitter.
Ma baby-sitter sexy.
Tu dis ça juste parce qu'on va crever.
C'est possible.
Quelle chance vous avez.
Salut.
Salut, toi.
Vous dormez ?
Nous attendons nos clients à l'allée sept !
J'ai une grosse annonce à faire.
- Mesdames et messieurs... - Ouais, Douglas ?
Je voudrais en profiter pour porter un toast à nous tous,
parce qu'en unissant nos forces on a fait en sorte que la fin du monde...
retrouve sa grandeur !
Des oiseaux.
Vous comprenez pas, les neuneus ?
On pourrait s'installer ici.
On aurait des provisions pour une année.
On n'a pas à payer et personne ne nous foutra dehors.
Et ceux chez Greg ? Ils crèvent ?
Plutôt eux que nous.
On a tout ce qu'il nous faut pour vivre ici.
Il y a aucune raison statistique, logique ou légale pour rentrer.
J'ai un argument : on serait des salauds.
On va pas rester.
C'est quoi ?
Il y a quoi derrière, Charlie ?
Le quai de chargement.
Il y a quelqu'un ?
Laissez-moi entrer.
Plus fort, j'entends pas.
Laissez-moi entrer.
Couvrez vos yeux.
- Quoi ? - Je vais ouvrir.
- Non. - Il a besoin d'aide.
Je dois ouvrir.
Bon.
- Allô ? - Je suis là.
Laissez-moi entrer, je suis coincé.
Attend, Bigorneau, c'est toi ?
- Oui, Charlie, c'est moi. - C'est qui Bigorneau ?
Il travaille au rayon fruits de mer et poisson.
Il a fait de la taule, il est un peu dingue, mais gentil.
- Qu'est-ce tu fous là ? - J'ai...
Ils m'ont tendu un piège.
Qui ça ?
De quoi tu parles ? T'es seul ?
Ils m'ont laissé pourrir ici.
Qui ça ? De quoi tu parles ?
Quelque chose cloche.
- C'est pas normal ! - Je veux rentrer.
Hé !
Qu'est-ce tu fous, Bigorneau ?
Regardez-le, vous devez le voir ! Laissez-moi entrer.
Il est trop fort, on peut pas le retenir.
Laissez-moi entrer !
Charlie !
Merde !
Charlie, attends !
Regarde, Charlie, c'est magnifique.
- Charlie ? - Charlie !
- Charlie ! - Charlie !
- Merde ! - Putain, non !
Bordel !
On doit y aller.
Allez, viens.
On se tire d'ici.
Pitié, ouvrez-moi.
Comment il peut rester vivant ?
Ouvrez-moi.
Felix !
Mon Dieu.
Il y a tout ça ?
- Des oiseaux ? - Oui.
Ils sentent quand les créatures sont là.
Où est Charlie ?
Un livre en moins à lire.
Il nous a sauvé la vie, enfoiré !
Je sais, ce que tu penses de moi, ce que tout le monde pense.
Quand elle a demandé le divorce,
ma première femme a dit que me traiter d'ordure serait une insulte aux ordures.
La deuxième a dit qu'elle n'avait plus peur de l'enfer,
parce que ça peut pas être pire que notre mariage.
Je les comprends.
Peut-être.
Puis il y a eu Lydia.
La troisième fois était la bonne.
C'était quelqu'un d'adorable.
Mais elle est morte et je suis tout seul. Et pourquoi ?
Parce qu'il n'y a que deux types de personnes.
Les connards et les morts.
La vache, on dirait mon père.
Ton père ? Pourquoi ?
C'était un être immensément intelligent dispensant son savoir à des abrutis ?
Il maîtrisait aussi l'arrogance.
Et il justifiait aussi ses conneries en se trouvant des prétextes,
théories du complot, ou alors...
c'était forcément la faute des autres quand il avait tort.
Le jour où on a réalisé avec ma sœur que c'est une excuse
pour nous rabaisser, ça a simplifié notre vie.
Je crois qu'il y a une différence entre lui et moi.
J'ai jamais tort.
Vous êtes aussi pourris l'un que l'autre.
Je lui ressemble physiquement ?
Pas vraiment.
Il n'était pas aussi séduisant ?
Non, c'est juste...
la coiffure.
- La coiffure ? - Oui.
Il avait des cheveux.
Je peux pas.
C'est la fin du monde.
Tu crois qu'un verre de whisky va changer quoi que ce soit ?
Eh ben...
J'espère que c'est faux.
Sur les connards et les morts.
J'espère qu'il n'y a pas que ça.
Buvons à cet espoir.
- Fermez le garage. - J'y vais.
Attendez !
- Vos yeux. - Oui.
C'est fermé.
Les salopards.
Elle est où, la voiture ?
Où sont Lucy et Felix ?
Merde.
VINGT-QUATRE HEURES SUR LA RIVIÈRE
Tu as arrêté de ramer.
Je fais une pause.
C'est encore loin ?
Quelques heures.
Malorie !
Malorie !
Au secours !
Malorie !
Ça va ?
- J'ai froid. - Je sais, attends.
Non, toute la nourriture et les couvertures ! Bordel de merde !
- Je suis désolé. - Non...
Attends.
Tiens, voilà.
- C'est bon. - J'ai vraiment froid.
On va te réchauffer, d'accord ?
Mets ça.
Garde bien ton bandeau. Reste ici.
Vous avez entendu ?
Restez cachés au fond du bateau.
Pas un bruit ! Je vous laisse les oiseaux.
Je vous couvre, mais pas un bruit et sortez pas.
C'est compris ? Sortez pas du bateau !
Merde !
Malorie.
Malorie.
Malorie a un problème.
Malorie ?
Malorie ?
Malorie ?
Je t'ai dit de rester.
Tu réfléchis pas,
tu fais ce que je te dis, sinon tu meurs !
S'il m'arrive quelque chose, n'essayez pas de m'aider.
Oubliez-moi et sauvez-vous.
C'est clair ?
Dis-le ! Que fais-tu, s'il m'arrive quelque chose ?
Tu te sauves ! Dis-le !
- Je me sauve. - Voilà.
Je peux pas te faire confiance.
La fin du monde nous fait faire des choses.
- C'est pas la fin du monde. - Ah bon ?
Pourtant, on dirait.
À la fin de ma mission en Irak, on était stationné dans un village.
On devait patrouiller et veiller à la sécurité.
Un matin, on a vu...
un père avec ces quatre gosses.
Je me suis garé pour vérifier que tout va bien,
pour être sûr qu'ils étaient en sécurité.
Il accompagnait ses enfants à l'école.
Au milieu de ce merdier,
il accompagnait ses gosses à l'école.
Alors...
On l'a suivi.
Tous les jours.
On l'escortait.
C'est devenu une routine.
Et quand on a dû rentrer,
il m'a donné cette médaille.
Je veux croire qu'il accompagne toujours ses gosses.
VINGT-HUIT HEURES SUR LA RIVIÈRE
Allô, quelqu'un me reçoit ? Allô ?
Ici Malorie. Est-ce que vous me recevez ?
Est-ce que vous me recevez ? Allô ?
Allô. Test.
Allô, il y a quelqu'un ? Allô ?
- Allô, test. - Vous...
Vous avez un bandeau ?
La couverture est toujours derrière vous ?
Alors entrez vite.
Merci, j'enlève mon bandeau. Merci.
Attendez, une minute. Malorie !
- Attendez ! - Qu'est ce que tu fais ?
- Malorie ! - Qu'est ce que tu fais ?
- T'es folle ? Couchez-vous ! - Il a peur, c'est tout.
- Il a juste peur. - Regarde le sac.
Viens ici, Olympia.
- T'es qui ? - D'où il sort ?
Tom, c'est bon, fouille la mallette.
- Qui s'est ? - Il a peur.
- Qui êtes-vous ? - Comment il est entré ?
- La ferme, Olympia ! Vous êtes qui ? - Je lui ai ouvert.
- Tu as laissé entrer un inconnu ! - Pardon.
- Il était terrifié ! - Tu es folle ?
S'il vous plaît.
Je m'appelle Gary.
J'habite en ville.
On a pris le train avec mes collègues
pour se mettre à l'abri.
Laissez-moi rester ici. Ils veulent me tuer.
Qui ça ?
- Il ment. - Qui veut vous tuer ?
Il ment, c'est évident.
- Je le jure. - Que faites-vous là ?
On est allé chez mon collègue Carl pour se cacher.
Tout allait bien jusqu'à ce qu'ils entrent par effraction.
Les créatures ne font pas ça.
Pas eux, les dingues.
Les dingues de Northwood.
Northwood ? C'est quoi ?
Une institution où on enferme les criminels aliénés.
Ravi d'apprendre qu'ils sont libres.
Et après ?
Ils nous ont fait sortir et nous ont forcés à ouvrir les yeux
pour regarder les créatures.
Quoi ?
- Vous l'avez fait ? - Non.
Carl a réussi à plaquer un de ces types au sol
et on s'est enfui.
J'ai couru comme j'ai pu jusqu'à ce quartier.
J'ai frappé à toutes les portes et personne n'a ouvert.
Jusqu'à ce que j'arrive chez vous...
Merci.
Des perruches.
Le plus effrayant c'est que quand ils sont entrés,
aucun ne portait de bandeaux.
Ça leur servait à rien.
Ils devaient avoir un bandeau pour sortir.
Pas eux.
Ces fous n'étaient pas affectés comme les autres.
Ils voulaient voir.
Ils étaient heureux.
Ils étaient tellement contents.
Ils disaient que tout le monde devait regarder.
Attends !
Allez, sortez. C'est pas l'armée du salut.
Ravi de la visite, très sympa de vous avoir rencontré, mais dégagez !
Ceux qui sont pas d'accord l'accompagnent.
- Dehors ! - Ce serait criminel.
Non, ça, c'est criminel.
- Pitié. - Laisser des inconnus entrer.
À chaque fois qu'on entre en contact avec l'extérieur, il y a des morts.
Lydia, Greg, Charlie.
Si vous voulez sauver des gens,
prenez la porte et allez-vous-en.
On laisse pas entrer n'importe quel inconnu.
Pas tant que je serais vivant. Je vous le répéterai pas, levez-vous...
Merci.
Tu vas dormir dans le garage.
Je lui ai ouvert la porte juste parce que je me rappelais de l'autre côté.
Si vous m'aviez pas laissé entrer...
Je suis un vrai fardeau.
Pas plus que moi, OK ?
- C'est pas vrai. - Si.
Je suis trop sensible.
J'ai toujours été gâtée.
Mes parents ont toujours tout fait pour moi, puis mon mari
et je suis devenue trop sensible de tout cet amour.
J'ai été élevée par des loups, tu as de la veine.
S'il m'arrive malheur, je veux que ça soit toi qui t'occupes de mon bébé.
D'accord ?
- Non. - Je t'en prie.
- C'est ton bébé. - Malorie.
Non.
- Promets-le... - Il va rien t'arriver.
C'est ton bébé.
- Promets-le. - Tu...
Promets-le-moi.
D'accord.
Qu'est ce que c'est ?
Si je comptais te le dire,
je l'aurais pas mis dans ce joli sac.
Je l'ai trouvé au supermarché.
C'est trop chou.
- Merci. - Je t'en prie.
C'est pas le cadeau que tu imaginais.
Non, c'est parfait.
Tu l'offriras à ta puce quand elle aura l'âge, d'accord ?
Merci.
TRENTE-HUIT HEURES SUR LA RIVIÈRE
Il y a de plus en plus de courant. Faut qu'on parle.
Je dois vous parler des rapides.
Les rapides c'est quand ça secoue très fort.
Ça fait du bruit et c'est dangereux
et ça va être très dur.
Aux rapides, l'un d'entre vous aura une mission très importante.
L'un d'entre vous devra regarder.
Celui qui regardera
va devoir me dire dans quelle direction je dois aller.
Si je regarde, on s'en sortira pas.
Et s'il y a une créature ?
- Je vais le faire. - Non.
C'est moi qui décide qui regarde. D'accord ? C'est moi.
Je vous dirais. Je dirais qui regarde.
Test, allô. Il y a quelqu'un ?
Allô, test, un, deux, trois. Allô.
Test.
- J'adore cette chanson. - Moi aussi.
- Moi aussi. - Moi aussi.
Je l'ai jamais entendue.
- C'est sûrement une fausse alerte ? - Viens.
On va aller à l'étage.
On a besoin de serviettes, d'éponges, de ciseaux et beaucoup d'eau.
Montez des seaux d'eau. Ça va aller.
Ça va aller.
Doucement, je te tiens.
Ça va aller.
Les ciseaux sont dans le tiroir à ta gauche.
- Le bébé va arriver. - Non, pas tout de suite.
- Pas tout de suite. - Si, si.
- Viens. - C'est pas pour tout de suite.
Si, viens ! Allez !
- Je dois m'occuper de l'eau. - Je le ferai.
C'est bon, j'arrive.
- Vous êtes géniales. - La ferme !
Encore une fois.
Allez.
C'est bien.
C'est un garçon.
Et ta tante qui disait que tu serais une fille.
Hé, le nouveau, ouvre-moi !
Viens, déverrouille la porte. Allez.
Laisse-moi entrer. Que fais-tu ?
Quoi ?
Tu fais quoi ?
Gary ?
Gary !
Hé !
Tom ! Il a mis les oiseaux dans le congel.
Je vous l'avais dit, il est taré.
Gary !
Tom, prends le fusil !
C'est un fou !
À quoi tu joues putain ? On t'a laissé entrer.
On t'as...
Non ! Putain !
Enculé ! Je savais que tu étais complètement fêlé.
Espèce d'ordure ! On t'a sauvé.
Putain !
Vas-y.
Oui !
Tu as réussi, Mama. T'as réussi.
Bonjour.
Vous êtes magnifiques.
Qu'est-ce qui se passe ?
Je peux les voir ?
Quelle merveille.
Merci.
Je peux voir le tien ?
Trop beau.
Merci.
Regardez ça.
- Couvre tes yeux ! - C'est magnifique.
Pourquoi tu fais ça ? Arrête, Gary !
- Regarde. - Gary, fais pas ça.
- Montre au bébé. - Non, Olympia !
Olympia, couvre les yeux du bébé.
Olympia.
Regarde ça !
- Montre au bébé. - Olympia, donne le bébé.
- Ça va finalement. - Donne-moi ton bébé.
Couvre ses yeux. Montre-moi le bébé, une seconde.
Laisse-moi tenir ton bébé une minute !
Juste une minute !
Laisse-moi-la tenir, OK ?
- Une minute. - Regarde !
- OK ? - Regarde !
Regarde !
Non, pitié, non.
- Regardez. - Non !
Bien joué.
Allez, Malorie.
Donne-moi les enfants.
Donne-les-moi !
Tu me les donnes ou je les prends !
Hé, connard !
Hé !
Que fais-tu là ?
Tu veux voir ?
Ouvre tes yeux.
N'aie pas peur.
Regarde-moi !
Je suis désolé.
Tu n'as pas eu l'occasion de voir.
C'est magnifique.
Je suis désolé.
Le monde sera purifié.
S'il vous plaît, nous faites pas de mal. Laissez-nous tranquilles.
Pitié, ne faites pas ça.
C'est fini.
CINQ ANS PLUS TARD
Écoutez ce bruit.
Concentrez-vous sur les sons, sont-ils fort ou pas forts.
Écoutez bien.
Écoutez.
S'ils sont forts, vous êtes dans un espace ouvert.
S'ils sont pas forts, ils sont tout près.
S'il vous plaît, répondez. Allô...
Allô.
Il n'y a rien.
Salut.
Salut.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je les ai encore entendus.
Quoi ?
C'était un groupe... ils conduisaient.
Ils conduisaient comme s'ils voyaient.
D'accord.
Tu n'iras plus seule.
D'accord.
C'est quoi ?
Ça pourrait servir d'alarme aux enfants.
- S'il y a un problème, ils sonnent. - Super.
Et ça ?
Ça c'est...
C'est pour la survie.
- Juste pour ça ? - Bien sûr.
Allô.
Vous me recevez ? Allô.
Test.
Si vous me recevez, répondez.
- Allô. - Allô.
Qui est là ?
- Je suis Rick. - Non.
Qui êtes-vous ?
Je suis Tom.
On a un endroit.
Un camp avec assez de vivres...
On vit en communauté.
On est en sécurité ici.
On est au bord du fleuve.
- Vous êtes où ? - Dis pas.
Près de Pike's Quarry.
C'est pas la porte à côté. Vous êtes combien ?
On est quatre.
Il y a des enfants ?
- Tu lui dis rien. - Ça va aller.
Non, pourquoi ?
Pour nous rejoindre, empruntez le fleuve,
mais je crois pas que vous y arriverez avec des enfants.
Comment ça ?
Laissez-vous porter par le courant.
Restez sur l'eau jusqu'aux rapides.
Le courant est très fort, c'est dangereux.
On a perdu des gens.
Vous aurez besoin de voir.
- De quoi il parle ? - Comment ça ?
Vous allez devoir regarder.
On portera des bandeaux, on pourra pas regarder.
Vous me rassurez.
L'un d'entre vous devra...
Le voyage devra durer deux jours en suivant le courant.
Prenez des vivres en plus.
- Et après les rapides ? - Vous entendrez les oiseaux.
On en a beaucoup. Ils vous conduiront jusqu'à nous.
Après un ponton vous trouverez un mur avec une porte.
C'est notre...
- C'est quoi ? - C'est quoi ?
Rick ?
Ça peut être vrai.
- Non. - Peut-être.
- Ça me suffit pas. - Et s'il peut aider ?
Et s'il est un des leurs ?
Il sait pour les oiseaux.
Gary savait aussi, il les a mis au congélo.
J'y crois pas que tu envisages ça.
Il n'y a plus de bouffe, on doit bouger.
Tu crois que j'en ai pas conscience ?
On avait le même bateau à votre âge.
Tous les étés on allait sur un lac.
Tous les étés.
Vous auriez adoré. Il y avait des arbres, des fleurs.
L'eau était chaude, il y avait des nuages.
On jouait dans l'eau. Il y avait des enfants.
On courait autour du lac ensemble.
Il y avait d'autres enfants dans le monde ?
Oui, tout comme toi.
Et toi.
Un jour on a vu un vieux chêne,
plus grand que la maison.
Il était si grand et vieux, je voyais pas le sommet.
- Et après... - Vous avez grimpé.
Oui, on l'a grimpé.
On a grimpé jusqu'au sommet.
Devinez ce qu'on a vu ?
C'est l'heure de dormir.
Mais c'est pas fini !
- J'ai presque fini. - Je le dirais pas deux fois.
Fille, viens.
Tout de suite.
Allez !
Tout de suite !
Au lit !
- À quoi tu joues ? - Et toi ?
Ils vont croire qu'ils vont aller dehors et grimper aux arbres
- avec des enfants. - C'est une histoire.
C'est un mensonge !
Ils grimperont jamais dans un arbre et n'auront pas d'amis.
- Pourquoi leur donner des idées ? - On doit rêver.
À quoi ça sert sinon ?
- À survivre. - C'est pas vivre.
Ils crèveront s'ils t'écoutent.
Vivre, c'est pas seulement accepter la réalité, c'est aussi rêver.
Même si leurs rêves se réaliseront jamais.
Il faut que tu les aimes en sachant que tu peux les perdre.
Ils méritent des rêves, de l'amour, de l'espoir et une mère.
Ils méritent une mère.
Tu les as même pas nommés. Ils sont Garçon et Fille.
- Penses-y ! - À chaque décision, je pense à eux.
Chaque fois.
Tu sais ce que j'ai vu ?
Au sommet de l'arbre ?
Un nid.
Avec cinq oiseaux.
Ils étaient sur la dernière branche.
Ensuite, ils se sont envolés.
Je vous tiens. Assis !
C'est bon, entrez.
Super !
J'hallucine.
- Probablement rassis. - Ouais.
Viens là.
Je les aime comme ça.
Je suis désolée.
- Désolée. - Moi aussi.
Embrasse-moi.
Les enfants.
C'est à la fraise.
C'est le goût de la fraise.
- C'est quoi ça ? - Tais-toi.
Il y a quelqu'un ?
Sortez par-derrière, je vais faire diversion.
Si je reviens pas, partez avec le bateau.
- Je vais pas te laisser. - Mal.
- Je te laisse pas. - Écoute-moi.
Je t'aime tellement.
Je t'aime. Fonce !
- Non ! - S'il te plaît.
Soyez sages. Allez.
Allez !
J'arrive !
- Salut, mon ami. - Je peux vous aider ?
Ça va aller.
Mais on peut t'aider, nous.
Non. Partez !
- Enlève ton bandeau. - N'avancez pas.
- Reculez ! - Elle n'a pas bougé.
Il y a une femme et deux enfants.
Ils approchent.
Ils te feront pas de mal.
Fais chier.
Ne t'en fais pas...
c'est magnifique.
Écoutez-moi, je le dirais pas deux fois.
Ça va être dur, mais on doit s'en aller.
Vous allez faire exactement ce que je vous dis, ou on s'en sortira pas.
C'est clair ?
Où est Tom ?
Il vient pas.
QUARANTE-DEUX HEURES SUR LA RIVIÈRE
On y est presque.
Vous vous rappelez les rapides ?
Vous vous rappelez ce que j'ai dit ?
C'est bientôt.
C'est dangereux et si on veut passer,
on doit regarder.
- Je regarderai. - Non, je décide.
Laissez-moi une seconde.
Je vais le faire.
Je t'aime.
Personne ne regardera.
D'accord ?
OK ?
Mettez les bandeaux.
À genoux et restez au fond. Accrochez-vous.
Bougez pas et accrochez-vous.
Accrochez-vous. Ça va aller.
Tenez bon !
Tenez bon !
Garçon ! Fille !
Garçon ! Fille !
Garçon ! Fille !
Fille !
Malorie !
Garçon !
- Appelle-moi. - Au secours !
- Malorie ! - Appelle-moi.
Malorie !
- Je suis là. - Malorie !
- T'es où ? - Malorie !
Où est Fille ? Fille !
Continue de sonner. Je t'entends.
Continue de sonner.
Continue.
C'est bien.
Bravo. Lève-toi.
Bravo. Vous entendez des oiseaux ?
On doit aller vers eux, vers leurs chants.
Restez derrière moi.
Salut Nounouille.
Ouvre les yeux, Malorie, je suis là.
Non.
C'est faux.
Non.
Malorie, regarde-moi.
Regarde-moi, Malorie.
- Regarde-moi. - C'est pas réel.
- Malorie ? - Malorie ?
Malorie ?
Malorie ?
Malorie.
Regarde-moi, Malorie.
- Garçon, Fille ! - Malorie.
Bougez pas, restez où vous êtes.
Ouvre les yeux.
Malorie, ouvre les yeux.
Garçon ! Fille !
Où êtes-vous ?
Viens avec moi. Regarde-moi.
J'ai besoin de toi. Regarde-moi.
Je peux enlever le bandeau ?
- Garçon ! - Je risque rien ?
C'est pas moi !
Non, garde ton bandeau !
Garçon, c'est pas réel.
Garde ton bandeau. Écoute-moi.
Écoute ma voix, ça c'est ma voix !
Fille, viens avec moi. Regarde-moi.
Enlève ton bandeau. Tu peux me regarder.
C'est pas dangereux ?
Non, je suis là. N'enlève pas ton bandeau.
Écoute-moi !
- Malorie. - Quoi ? Non.
- Ouvre les yeux. - Fille, appelle-moi.
- C'est si beau. - Appelle-moi. Où es-tu ?
Garçon, Fille, où êtes-vous ? Prenez pas mes enfants !
Continue de sonner.
Continue, j'arrive.
T'arrêtes pas.
C'est bon, je te tiens.
C'est bon, tout va bien. Où est Fille ?
Fille !
Où est Fille ?
Elle a peur de toi.
Quoi ?
Elle a peur de toi.
Je suis désolée.
Je suis désolée, ma chérie.
J'ai eu tort d'être si sévère.
J'aurais dû te laisser jouer.
J'aurais dû laisser Tom finir son histoire.
Quand il a grimpé en haut du chêne,
il a vu des choses merveilleuses.
Il a vu des centaines d'enfants jouer.
Des centaines.
Il a vu des oiseaux...
de toutes les couleurs
et puis il nous a vus nous.
Il nous a vus d'en haut.
Il nous a vus tous ensemble, on doit pas se quitter
et c'est pas qu'une histoire.
Je voudrais te montrer tellement de choses.
Il y a tellement de choses que je voudrais que tu voies.
Mais il faut qu'on soit tous les trois.
Il faut que tu viennes me rejoindre. S'il te plaît.
Viens ici.
Viens me rejoindre, d'accord ?
Je t'aime tellement.
On doit trouver les oiseaux, OK ?
Écoutez le chant des oiseaux.
Écoutez.
On doit trouver les oiseaux.
Il faut suivre leurs chants.
Malorie !
Malorie !
Restez en silence.
Je sais que tu as peur, mais c'est moi.
Où es-tu ? Aide-moi !
Jette un coup d'œil et trouve-moi.
Venez !
Vers les oiseaux. Où sont-ils ?
Où sont-ils ? Les oiseaux !
Par là.
Je les entends pas.
Il y a trop de bruit.
Malorie !
C'est trop fort !
Par là !
Il y a une marche.
Bonjour !
Ouvrez la porte, s'il vous plaît !
Je m'appelle Malorie, j'ai des enfants.
Dites à Rick qu'on a suivi la rivière et les oiseaux.
Malorie !
- Au secours ! - Regarde-moi !
- Au secours ! - Regarde-moi !
Malorie !
Prenez les enfants.
Prenez-les, c'est des enfants. Laissez-les entrer !
- Ouvrez la porte ! - Regarde-moi !
Montrez vos yeux !
Voilà.
C'est bon.
Elle a rien. Ils n'ont rien.
Cherchez Rick.
C'est bon.
- Malorie ? - Oui.
Je suis Rick.
Suivez-moi.
D'accord.
Par ici.
Vous êtes à l'intérieur.
Vous pouvez enlever les bandeaux.
ÉCOLE POUR LES AVEUGLES
Venez avec moi.
Les oiseaux.
Ils préviennent les voyants que les créatures rôdent.
C'est pas grand-chose, mais c'est déjà ça.
Je vais vous chercher des habits secs.
Hé.
Et si on libérait les oiseaux pour qu'ils puissent jouer avec les autres ?
On fait ça ?
D'accord.
Malorie ?
Malorie Hayes ?
Dr Lapham.
Et vous êtes ?
Fille.
Garçon.
Au fait...
tu t'appelles Olympia.
Ouais.
Comme la fille la plus gentille du monde.
Et toi...
Tu t'appelles Tom.
Tom.
Et je suis leur mère.
Vous voulez aller jouer ?
Vous voulez ?
Vous allez jouer ?
Merci beaucoup.
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