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Zulu
�a sent mam�.
La premi�re fois elle se tenait l�.
Je voulais lui prouver...
que "la petite Am�ricaine"...
m�ritait son petit-fils ador�.
Maman, elle est encore en vie.
Voil� nos riches concurrents.
Et �a, c'est nous.
Pas de quoi se tordre de rire.
- Les temps sont durs. - C'est pourquoi...
on va imaginer une soci�t� id�ale...
une utopie pour le 21e si�cle.
Un article sur la chirurgie esth�tique ?
La femme nue boostera les ventes.
Concentrons-nous sur...
ce que l'avenir nous r�serve de bon.
Biotechnologie, la course � l'espace.
- Pens�e positive. - D'un vieux pessimiste.
� vous de voir.
Les gens ont besoin de respirer.
Je suis pas si vieux.
Puis, le Moyen-Orient depuis Obama.
Je laisse �a au bureau de Londres.
Quoi d'autre ? Ah oui...
La fille de d�port�...
contre l'�tat et la SNCF.
Elle a gagn� ?
Oui. Le discours de Chirac au Vel d'Hiv...
- a port� ses fruits. - Au quoi ?
Het Vel d'Hiv.
Comment �a s'�crit ?
- Tu plaisantes. - Que s'est-il pass� ?
En juillet 1942...
Les 16 et 17 juillet 1942...
13.000 juifs ont �t� arr�t�s.
Surtout femmes et enfants.
8000 ont �t� parqu�s dans le V�lodrome.
Une horreur.
Le Superdome de la Nouvelle-Orl�ans...
- en mille fois pire. - Au moins.
Apr�s, on les a envoy�s dans les camps.
T'es bien renseign�e.
Pour Time Magazine...
j'avais droit � un demi-feuillet.
Donc, maintenant je veux 10 pages.
Dix ? Je ne peux pas, Julia.
Nos lecteurs aiment l'histoire.
La plupart ignorent cette histoire.
Les jeunes s'excusent.
C'est donc un vieux v�lodrome couvert ?
Tr�s beau. C'est o� ?
- Ras� il y a 50 ans. - Des photos ?
Non, justement.
10.000 personnes entass�es...
sans lit, ni toilettes et tr�s peu d'eau.
- Et pas une image. - Il y en a une.
Des bus devant l'entr�e. C'est tout.
C'est bizarre.
Les nazi filmaient tout.
C'est bien connu.
Mike...
L�, c'�taient les Fran�ais.
Une rue comme les autres.
Aucune trace du pass�.
Il y a une plaque, bld. Grenelle...
et une statue quai de Grenelle.
Mais l'entr�e du Vel d'Hiv �tait bien ici ?
Mon Dieu, o� va-t-on ?
� Pitchipoi, dit-on.
Non, � Beaune-la-Rolande.
Ceux qui vont � Pithiviers seront lib�r�s.
Croyez ce que vous voulez...
mais on finira en Allemagne ou Pologne.
Finalement, o� qu'on aille...
c'est pareil, �a recommence.
Vous voyez cette bague ?
Elle contient du poison.
Personne ne me dit quand je dois mourir.
Personne.
C'est pas dangereux � ton �ge ?
Je ferai une amniocent�se.
Tu peux faire une fausse couche.
Ou �tre fauch�e par un bus.
Pourquoi tu fais �a ?
Tu as assez souffert.
Parce que je le sens.
Et si Bertrand me soutient, �a ira.
Oui, s'il te soutient...
�a ne lui dira rien, les couches sales...
et les nuits blanches.
Vous avez pass� l'�ge.
Merci. �a m'aide beaucoup.
Puis cette histoire d'appartement ?
Ils l'auraient vol� ?
Non, le Marais ressemblait...
au Lower East Side.
Les immigr�s juifs louaient.
Bertrand en pense quoi ?
J'ai pas eu le courage de lui dire.
Tu es New-Yorkaise et une battante.
25 ans en France n'y changeront rien.
Fais ce que tu as � faire.
Facile � dire.
Wladislaw et Rywka Starzynski.
Ex�cut�s � Auschwitz en 1942.
Pas de Sarah, ni de Michel...
sur aucune liste des d�port�s...
de Pologne ou de Drancy.
Ils ont d� s'enfuir.
Tu es une ent�t�e.
Tu ne le serais pas ?
Ils peuvent �tre n'importe o�.
Ils sont peut-�tre vivants.
Tu veux leur rendre l'appart ?
Pourquoi pas ?
Ne r�veille pas le chat qui dort.
Mon beau-p�re.
Je suis s�re qu'ils le savaient.
Ils t'ont dit cela ?
Je sais pas comment leur demander.
C'est tr�s simple :
Appelle-les et demande-leur.
On mettra la vid�o en ligne.
Beau discours, qui ne ram�nera personne.
Ses mots ont fait du bruit � l'�poque.
Ton article est incroyable, Julia.
Dire que c'est arriv� en plein Paris.
C'est � vomir.
Qu'est-ce que tu aurais fait ?
Comment �a ?
Comment tu sais...
ce que tu aurais fait ?
J'aurais regard� �a � la t�l�...
comme les victimes civiles en Irak.
S'il te pla�t, Mike.
- Qu'est-ce qu'elle fabrique ? - Aucune id�e.
Maman ? C'est qui ?
J'essaie de la trouver. Je te raconterai.
Tu me dirais si c'�tait grave ?
Bien s�r, mon ange.
Ne t'inqui�te pas.
Tu es l�. J'ai essay� de te rejoindre.
J'ai coup� mon t�l�phone.
- Je suis contente de te voir. - Moi aussi.
Bertrand a t�l�phon�. Il est inquiet.
Qu'y a-t-il ?
Tu l'as fait ?
Il faut que tu lui parles.
Ils nous manquent aussi.
- Je devrais venir plus souvent. - Oui.
Alors, tu as trouv� ?
Un idiot l'aurait trouv� sur Internet.
Il y a cinq Rainsferd � Brooklyn.
� toi de trouver le bon.
Qu'est-ce que tu comptes trouver ?
Je ne sais pas.
Quelqu'un.
Je cherche Sarah ou Richard Rainsferd.
Connais pas.
Merci.
Je cherche Richard ou Sarah Rainsferd.
Pas de Richard ni de Sarah ici.
Et dans votre famille ?
Non, je suis d�sol�e.
Excusez, vous �tes Richard Rainsferd ?
Bob Rainsferd.
Connaissez-vous Sarah ou Richard ?
Non, d�sol�.
Merci.
Maintenant, on va...
Vous d�sirez ?
Je cherche Mme Rainsferd, mais...
Ma m�re est sortie. Vous �tes une amie ?
Non, je connais des gens de sa famille.
- En Europe ? - Oui, en Europe.
Vous habitez Manhattan ?
� Paris. Mais j'ai grandi ici.
Paris est la plus belle ville au monde.
- Votre m�re dit cela ? - Elle parle de Rome.
Excusez-moi.
On sera l� toute la journ�e.
L'infirmi�re de mon p�re.
Elle ne va pas tarder.
Il est malade ? D�sol�e.
Maman est tr�s forte.
Elle nous remonte le moral � tous.
C'est elle. Je vais l'aider.
C'�tait en 1966.
C'est s�rement un pneu qui a �clat�.
Le chauffeur du camion a dit qu'elle avait fait une embard�e...
et qu'il n'avait pas pu l'�viter.
J'ai rencontr� Richard deux ans apr�s.
Au d�but, il ne voulait pas se remarier.
C'�tait comme si...
il voulait rester le mari de Sarah.
Mais les ann�es ont pass�...
et il a fini par changer d'avis.
Et voil�.
Leur fils vit en Italie.
Un fils ?
William, mon demi-fr�re.
Il avait neuf ans...
quand Sarah a eu son accident.
Apr�s, �a a �t� difficile.
Mais je l'ai �lev� comme mon propre fils.
Je lui ai appris � aimer l'Italie...
� manger des p�tes.
Et il a rencontr� une femme...
du village o� je suis n�e.
Il n'est jamais revenu.
Il vit � Florence, maintenant.
�a lui a fait du bien de partir d'ici...
et de refaire sa vie en Europe.
C'est l'infirmi�re. J'y vais.
Puis-je voir votre mari ?
Je ne sais pas si c'est une bonne id�e...
de reparler de toutes ces choses.
Il est tr�s malade.
Je comprends.
Et son fils ?
Maman, r�ponds-moi. Tu as un amant ?
Bien s�r que non.
Mais tu vas quitter papa.
Je n'ai jamais dit �a. Il t'a dit �a ?
Non, mais pourquoi...
tu es partie tout d'un coup � Florence ?
Ma ch�rie...
C'est beaucoup plus compliqu�.
Je rentre demain...
et on en parlera.
Et le b�b�... Tu aurais d� me le dire.
�a me concerne aussi.
Je sais, je suis d�sol�e.
- Tu ne veux pas ce b�b� ? - Je dis pas �a.
J'aimerais bien avoir un petit fr�re.
Ou une petite soeur.
Mais je ne changerai pas ses couches.
Je t'aime, choupinette.
Que voulez-vous boire ?
De l'eau, ce sera parfait.
Vous voulez d�ner ?
Juste boire quelque chose.
De l'eau et un verre de Brunello.
Vous �tes journaliste. J'ai enqu�t�.
Et vous �crivez sur la cuisine toscane.
Mon livre est responsable de...
ces kilos que je n'arrive pas � perdre.
Que puis-je faire pour vous ?
Vous �tes bien trop jeune...
pour avoir connu ma m�re.
Je suis de la famille T�zac.
- Qui ? - Les T�zac.
D�sol�, �a ne me dit rien.
Ils ont repris...
l'appartement rue de Saintonge...
apr�s que la famille de votre m�re...
Mon beau-p�re, Edouard T�zac �tait l�...
quand ils ont trouv� votre oncle Michel.
Je n'ai pas d'oncle.
Le fr�re de votre m�re.
Elle n'a pas eu de fr�re.
La rue de Saintonge ne me dit rien.
Peut-�tre vous vous trompez de personne.
Votre m�re s'appelait Sarah ?
Oui, Sarah Rainsferd.
Et avant �a Sarah Dufaure.
Et Starzynski, �a ne vous dit rien ?
Starzynski ? Non.
Vous avez fait ce voyage pour rien.
D�sol�.
Il doit s'agir d'une autre Sarah.
Que vouliez-vous dire au fils de ce...
Vous la reconnaissez ?
C'est impossible. Non...
Il y a une petite ressemblance, mais...
Ce n'est pas ma m�re.
Vous �tes s�r ?
Oui, j'en suis s�r.
Ma m�re n'�tait pas...
juive.
Vous voulez quoi ? Vous �tes venu dire...
que ma m�re portait un autre nom ?
Qu'elle �tait victime de cette trag�die ?
D�sol�e. Je croyais que vous saviez.
C'est du d�lire. Ma m�re �tait fran�aise.
Sarah Dufaure. Elle n'a pas eu de fr�re.
Elle n'a jamais v�cu � Paris.
- Vous vous trompez. - Laissez-moi...
tout vous raconter.
Non, je ne veux rien savoir.
C'est important.
Que ce soit clair.
Je ne veux pas parler de �a.
Et je ne veux pas vous revoir.
S'il vous pla�t, ne m'appelez pas.
Bon s�jour � Florence.
- Bonjour, papa. - William...
Tu ne devrais pas �tre avec ta famille ?
Non, ma place est ici.
Tu as vu cette journaliste, non ?
Celle qui raconte cette histoire idiote.
Assieds-toi, William.
- Je vais t'aider. - Assieds-toi.
Tu veux dire que tout �a est vrai ?
Oui ?
Je me rappelle...
la premi�re fois que j'ai vu ta m�re.
C'�tait dans un dancing � Manhattan.
J'ai remarqu� deux choses.
La premi�re...
C'�tait la femme la plus belle...
que j'avais jamais vue.
La deuxi�me...
Derri�re son sourire...
elle semblait cacher quelque chose.
On passait un bon moment.
Mais je devinais...
qu'elle ne se sentait pas � l'aise.
C'�tait la personne la plus triste...
que j'avais jamais rencontr�e.
J'ai essay� d'effacer cette tristesse.
Mais c'�tait impossible.
Ce n'�tait pas un accident.
Son accident...
n'�tait pas un accident.
Tu veux dire qu'elle s'est suicid�e ?
- Papa ! - �coute...
Elle �tait de plus en plus d�pressive.
Tous les m�dicaments, l'alcool...
Comme si elle avait une ombre en elle...
qui n'en finissait pas de grandir.
Tu en veux ?
- Tu ne diras rien ? - Non. Continue.
Nous avions d'horribles disputes...
au sujet de ton identit�.
Sur ce que tu devais...
ou ne devais pas savoir.
On n'�tait d'accord sur rien.
Elle avait pris des pr�cautions.
Juste apr�s ta naissance...
elle a quitt� l'h�pital...
pour te faire baptiser � l'�glise.
J'ai quitt� le travail pour la c�r�monie.
Pour elle, si tu �tais juif...
ta vie �tait en danger.
C'est...
irrationnel, bien s�r...
Tout est l�-dedans.
Qu'est-ce que c'est ?
On n'en a jamais parl�...
mais elle aurait voulu ceci.
Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
Pourquoi tu as attendu...
que j'aie cinquante ans ?
Je n'en avais pas la force.
Toute ma vie n'est qu'un mensonge.
William, mon petit...
Tu es ce qui m'est arriv� de mieux.
On est tous le produit de notre histoire.
La tienne est dans ces pages.
Allez, mon fils. N'aie pas peur.
C'est quoi ?
William ?
Julia ?
D�sol�.
M�me en France, on se serre la main.
- Comment tu t'appelles, princesse ? - Lucy.
Ravi de te rencontrer, Lucy.
C'est un pi�ge � touristes.
Mais je venais souvent ici avec ma m�re.
La vue la fascinait.
Alors...
Vous vivez ici depuis longtemps ?
� peu pr�s un an.
Vous avez tout quitt� ?
Pardon, je ne voulais pas �tre indiscret.
- Vous avez choisi ? - Un chocolat chaud.
Les Dufaure ont tout gard�.
C'est incroyable.
Ils ont d� �tre si heureux...
de vous rencontrer.
C'�tait r�ciproque.
J'ai compris avec ces cahiers...
que je ne connaissais pas ma m�re.
Je connaissais son visage...
son sourire, son parfum.
Mais je ne savais rien d'elle.
Ses doutes, ses peurs, ses r�ves.
Et me voil� : 40 ans plus tard...
en train de faire sa connaissance.
Merci d'�tre venu.
Apr�s l'Italie, j'�tais tr�s d�prim�e.
C'�tait d'un �go�sme...
de fouiller dans la vie des autres...
de remuer des souvenirs...
et m�me de juger les gens.
De quel droit ?
Alors : merci.
Non, c'est moi qui vous remercie.
Gr�ce � vous, mon p�re est mort en paix.
- Et maintenant ? - Je ne sais pas.
Bizarre, j'avais besoin de revenir.
Mais je me sens comme une �trang�re.
La France m'a plus influenc�e que je ne pensais.
Je rentrerai peut-�tre � Paris.
Ma fille a�n�e ne se pla�t pas ici.
Et je veux que la petite...
voie son p�re quand bon lui semble.
Elle est adorable,
votre petite Lucy.
Lucy, c'est le nom de la girafe.
Elle s'appelle comment alors ?
Sarah.
Excusez-moi.
C'est moi qui suis d�sol�e.
Merci.
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