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LA TENTATION DE V�NUS
Je suis Maria Krawiecki.
Vous parlez italien ?
- Vous parlez anglais ? - Un peu.
Allemand ?
Le vol 803 en provenance de Budapest vient d'atterrir.
Ch�re Edith, me voici � Paris,
la ville de nos r�ves de jeunesse.
Rien n'a chang�.
La police ne veut toujours pas me laisser entrer.
Ils ont v�rifi� toutes les pages de mon passeport.
M�me celles qui sont vierges.
Mon visage vous d�range-t-il ? Ou est-ce une odeur d'Europe de l'Est ?
Ils me donne le sentiment d'�tre un homme entrant dans une pi�ce
avec de la crotte sur sa chaussure.
Et qui �tait le seul � �tre arr�t� � la douane ?
Pourquoi s'en prennent-ils toujours � moi ?
Est-ce que je montre encore des signes de panique
� la vue de fonctionnaires en uniforme ?
Musicien ?
Maestro ! Maestro Szanto, bienvenue � Paris.
M. Picabia, c'est gentil � vous d'�tre venu m'accueillir.
Le gentil monsieur qui m'a accueilli m'a dit :
"Qu'est-ce que �a fait d'�tre lib�r� du rideau de fer ?"
Sommes-nous vraiment libres ?
Pourrons-nous fuir � Paris ensemble, un jour ?
Toi prisonni�re de ta m�decine et moi, de ma musique ?
En tout cas, je commence � travailler ici
dans le royaume du grand Ignacio Sarto.
Imagine-moi sur son podium ! Souhaite-moi bonne chance, Edith.
Miss Malikoff, permettez-moi de vous pr�senter Maestro Szanto
que nous attendions avec une telle impatience.
La comtesse Malikoff est notre secr�taire g�n�rale,
elle est la gardienne de tous nos secrets.
- Malikoff. - Ravi de vous rencontrer.
Elle n'aime pas utiliser le titre, bien qu'elle soit une vraie Romanov,
li�e aux tsars.
M. Jean Gabor, mon secr�taire particulier depuis 25 ans.
Vingt-neuf. Vingt-neuf ans.
M. Gabor m�prise toutes les formes de dictatures
mais c'est d�j� la quatri�me qu'il doit subir.
D'abord l'amiral Horthy, puis Hitler, Staline et maintenant moi.
M. Gabor est hongrois.
- C'�tait quoi �a ? - Je lui ai dit que j'avais quitt� la Hongrie en 56,
apr�s la r�volution.
Oui, des moments terribles.
C'est � ce moment-l� que je me suis s�par� du Parti communiste.
La premi�re de Tannh�user sera diffus�e par satellite
directement dans 27 pays, partout dans le monde.
C'est bien pour notre sponsor, Eurogreen, et bien s�r pour nous.
� condition qu'il n'y ait pas de retard ou de probl�me.
Et pourquoi y aurait-il un probl�me ?
On doit tous travailler ensemble pour �tre s�r
que Tannh�user soit un triomphe pour le Maestro Szanto.
M. Isaac Partnoi, notre r�p�titeur.
- Miss Malikoff, la bouteille ? - Maestro.
Enchant�.
Non merci. J'ai besoin d'avoir la t�te claire pour pouvoir travailler.
Juste un toast pour vous souhaiter la bienvenue
� la famille Opera Europa.
Permettez-moi de vous pr�senter notre berg�re, Miss Monica Angelo,
l'un des jeunes chanteuses les plus talentueuses.
M. Stephen Taylor, notre rempla�ant de Tannh�user.
- Vous l'avez peut-�tre entendu au Metropolitan. - Bonjour.
- Ravi de vous rencontrer, M. Taylor. - Steve.
- Oui merci. Steve. - Notre V�nus, Maria Krawiecki...
une nouvelle star tch�que d�couverte par Karajan.
Oui, mais je viens de Pologne.
Et voici notre Tannh�user, Schneider, n� � Dresde.
�galement d�couvert par Karajan.
J'ai beaucoup de vos disques, M. Schneider.
- Merveilleux. - Bonjour.
Malheureusement, Miss Karin Anderson
nous rejoindra la semaine prochaine.
Elle �tait d'accord avec Picabia, ce sont de vieux amis.
Je n'ai pas �t� consult�, donc je n'ai rien pu faire.
Notre chef de plateau, Etienne Tailleur.
Il fait les accessoires.
Je vous pr�sente Hans Dietrich, notre directeur et chor�graphe.
Veuillez nous montrer la disposition de la sc�ne.
Bien s�r.
V�nusberg.
Wartbourg.
La grande salle.
O� se d�roulera le concours de chant, ce sera fantastique.
Int�ressant, tr�s int�ressant.
Mesdames et messieurs, juste quelques mots.
Je vois que la plupart d'entre-vous parlent anglais.
Bien s�r.
Tout d'abord, je tiens � dire combien j'ai h�te de travailler
avec certains des meilleurs chanteurs du monde.
Vous savez, ma seule pr�occupation, ma seule passion,
est de cr�er avec vous un merveilleux Tannh�user.
Quoi ?
Ce grand chef-d'oeuvre nous parle � tous aujourd'hui
Il s'agit de la sensibilit�, de la cr�ativit�,
d'un chanteur, comme vous tous.
Un chanteur d�chir� entre deux mondes diff�rents
entre V�nus et Elisabeth, sexualit� et spiritualit�.
- Spiritualit�... - Son d�sir et ses principes.
C'est Opera Europe.
Ici, vous pouvez �tre mal compris dans six langues diff�rentes.
Edith, je pense que personne ne comprend un mot de ce que je dis.
Veux-tu chanter, Wolfram ? Merci.
Merci.
Chers amis, nous avons beaucoup de travail � faire.
Je vous demande juste ce que je me demande � moi-m�me,
un d�vouement absolu � cette grande oeuvre.
Ce n'est pas seulement l'histoire d'un chanteur
qui a v�cu il y a quelques centaines d'ann�es,
Elle parle de vous et moi.
Comment nous devrions vivre. Avec qui et pourquoi.
Qu'est-ce qui compte le plus dans notre vie, V�nus ou Elizabeth ?
Ce n'est pas une question facile, nous devons donc �tre disciplin�s.
Sans travail acharn�, il n'y a pas de miracles.
Apr�s tout, notre travail est l'un des plus beaux au monde.
On peut se r�jouir chaque jour et pourtant �tre pay�s pour cela.
Pas assez !
On pourrait peut-�tre commencer par le choeur des p�lerins,
acte III, sc�ne 1.
Crescendo 64, fortissimo, s'il vous pla�t.
- Dis-lui. - Quel est le probl�me ?
Dans quelques minutes, cinq de nos coll�gues devront partir, Maestro.
- Ils ont une r�union avec la direction. - Quels cinq ?
Messieurs, s'il vous pla�t. Pourquoi devez-vous parler � la direction ?
Premi�rement, nous sommes tr�s mal pay�s,
et deuxi�mement, nous travaillons trop d'heures.
Maintenant, nos vies sont en danger.
C'est l'ordinateur, ma�tre.
Il contr�le tout, m�me le rideau de s�curit�.
Comment jouer de la belle musique dans de telles conditions ?
Le rideau de s�curit� ne doit pas �tre contr�l� par l'ordinateur.
Je comprends. Permettez-moi de pr�senter vos revendications
� l'administration en votre nom.
- Peut-�tre que �a aidera. - Vive la Hongrie !
N'oubliez pas que je ne suis qu'un invit� ici.
Commen�ons et rassemblons nos forces pour le combat.
Excusez-moi, Maestro.
Excusez-moi.
Je m'appelle Toushkau et je repr�sente les membres du syndicat du choeur.
Nous sommes tr�s heureux de travailler avec un homme qui vient du pays
o� les artistes sont pris au s�rieux, ou du moins, ils l'�taient.
Mais si je peux sugg�rer que les r�p�titions
commencent � 11 h et non � 10 h.
En �change nous n'aurions aucun probl�me � n'avoir qu'une demi-heure de repos.
Tr�s bien. Je vais y penser.
Merci Maitre. Nous savions que vous �tiez un grand homme.
Et maintenant, le choeur des p�lerins.
Maestro...
�a ne vous d�range pas que j'am�ne ma fille ?
Elle voulait tellement vous rencontrer. Elle va aller gentiment dans un coin.
Bienvenue.
Va t'asseoir sans d�ranger.
Alors, qu'aimeriez-vous que je vous chante ?
Disons le 1er acte.
- Ok ? - Splendide !
C'est merveilleux, mais...
Puis-je vous demander maintenant de pr�ter plus
d'attention � vos sentiments, et moins � votre technique.
Nous savons tous � quel point vous chantez bien, mais essayez...
d'exprimer la passion et les sentiments d'une femme amoureuse.
Je comprends, une femme amoureuse, comme une d�esse.
Non, pas seulement une d�esse, mais aussi une femme comme vous.
Magnifique, j'ai toujours vu V�nus, si passionn�e, d�sesp�r�e,
li�e � l'homme qui la quitte et � celui qu'elle aime le plus.
C'est dommage que M. Schneider soit tellement plus petit que moi...
J'aimerais l'avoir plus pr�s, il pourrait porter des talons ?
Je ne chanterai pas en talons ! Elle est la d�esse, je suis Tannh�user
- pas une personne moderne stupide. - Nous allons chanter.
Faisons attention � la partition... Ah, M. del Sarto !
Excusez-moi, l'a�roport Leonardo Da Vinci est en gr�ve. En gr�ve !
- Bonjour ma fille ! Comment �a va ? - Bonjour, Stefano.
Tu savais que je chantais � Paris ?
Maestro !
Maestro, nous devons parler.
- Maintenant, M. Schneider ? Ici ? - Tout le monde me surveille.
Aidez-moi s'il vous pla�t. Je veux passer du grand h�tel � un petit.
- Vous avez un probl�me ? - Non.
J'ai trouv� un gentil petit h�tel � Boulogne, pas cher.
Mieux pour moi.
Mais, Boulogne est loin, m�me en m�tro.
L'usine Renault est � Boulogne.
- Vous voulez habiter pr�s de l'usine ? - Maestro, vous comprenez.
Vous... venez de Hongrie.
- Nous deux... venons de l'ex-Est. - Oui et ?
De quoi parle cet homme ?
Petit h�tel � Boulogne bon march�.
J'aurai argent pour grand h�tel. Diff�rence... argent pour moi.
J'ai un autre travail. Un garage.
Ils m'ont d�couvert dans choeur de l'usine il y a quelques ann�es,
Ignacio Sarto a dit : "Schneider est un bon chanteur, tr�s bon."
Mais qui sait... pour combien de temps...
chanter est un travail pas s�r.
Alors je garde mon garage.
Ma femme est patronne maintenant.
Nous peindre voitures.
Et la peinture pour les Citro�n, Renault et Peugeot beaucoup moins cher ici.
Ici, j'ach�te peinture pour beaucoup d'ann�es, vous comprenez ?
�coutez, nous vous tenons en haute estime, ici,
nous vous tenons tous en tr�s haute estime.
Vous �tes un grand chanteur, M. Schneider.
Je parlerai avec Mme Malikoff pour votre h�tel.
Merci, Maestro. Vous �tes un grand homme.
- Tr�s bien, Miss Angelo. - Oui, Maestro.
D�sol�, mais on n'a plus le temps pour faire r�p�ter Miss Angelo.
Plus le temps ? C'est un op�ra, il faut prendre le temps qu'il faut.
- Vous �tes si press� ? - Il est 18 h.
Je ne peux pas enfreindre le r�glement, je pourrais �tre vir�.
S'il vous pla�t, je ne suis qu'un juif russe,
et je n'ai toujours pas la nationalit� fran�aise.
Personne ne saura que vous �tes rest� plus longtemps, M. Partnoi.
- Miss Angelo pourrait me d�noncer. - Je suis s�r que non.
Mais si quelqu'un lui demande peut-�tre qu'elle ne peut pas mentir.
Et m�me si quelqu'un me demande, je pourrais lui causer des ennuis.
D�sol�, Maestro.
- Nom ? - Szanto. Je pense que vous avez de l'argent pour moi.
Pouvez-vous r�p�ter le nom ?
Szanto.
- Je suis le chef d'orchestre de Tannh�user. - �pelez.
S-Z-A-N-T-O.
Je suis d�sol�, il n'y a pas d'argent pour vous.
Non, c'est impossible.
On m'a promis la moiti� du cachet d�s le d�but des r�p�titions.
- Il doit y avoir quelque chose. - Attendez un moment.
Oui, il y a quelque chose pour vous.
M. Gabor dit que votre permis de travail n'est pas encore arriv�.
Donc, malheureusement, il n'a pas pu signer de ch�que.
Vous devriez revenir demain.
- Excusez-moi, Maestro, mais... - Oui, Thomas ?
Pourriez-vous m'auditionner ?
Je voudrais devenir chanteur. Je crois que je pourrais.
Je suis ici parce que j'aime la musique,
- �couter de grands artistes. - Oui, bien s�r.
Avec plaisir, mais pas aujourd'hui. � une autre occasion. D�sol�.
- Je peux vous demander quelque chose ? - Oui.
- Quel mois �tes-vous n� ? - C'est important ?
Vous ressemblez � mon fr�re, c'est tout.
- Bonjour. - Bonjour !
Tout est d�routant ici.
Des groupes veulent nous faire exploser
parce que soi-disant notre sponsor d�truirait la for�t amazonienne.
Tu pourrais �tre la premi�re veuve dont le mari est tu� en jouant Wagner.
Ce n'est pas une plaisanterie, Edith.
Restez derri�re la cam�ra, ok ?
Que faites-vous ?
C'est ok, M. Szanto, nous sommes de la t�l�vision. Continuez.
Ils ne le savent pas, mais je suis n� pendant un bombardement.
Et j'ai appris � vivre avec le bruit des fusillades,
donc ce n'est pas facile aujourd'hui de me distraire de mon propos.
Jouons l'ouverture.
Excusez-moi.
N'�tions-nous pas d'accord hier pour commencer
presque imperceptiblement jusqu'au summum ?
Nous n'avons fait aucun accord, Maestro.
- Nous n'�tions pas l� hier. - D�sol�, je ne comprends pas.
Les gens de l'orchestre travaillent selon un agenda
�tabli avec le syndicat et l'administration.
- Nous n'�tions pas de service hier. - Oui, je vois.
Donc il �tait inutile de r�p�ter hier.
Et il serait �galement inutile de parler de mes id�es aujourd'hui
car personne ne sait qui sera l� demain.
Mais nous savons. Tout est organis�.
Tout est programm�.
- Serez-vous l� ? - Je ne sais pas. Je n'ai pas regard� l'agenda.
Je suis venu ici par amour de la musique,
mais nous ne lui rendrons justice que si nous l'aimons.
Si nous travaillons ensemble. Avec discipline et organisation.
Sinon, il ne sert � rien de continuer.
- Qui est votre d�l�gu� syndical ? - Jeanne.
D'accord, nous en reparlerons plus tard,
remettons-nous au travail, s'il vous pla�t.
St�phane !
Karin, laissez-moi vous pr�senter, Maestro Szanto.
Je vous demande de m'excuser d'arriver si tard.
J'�tais malade. Mais je veux...
Je veux vous montrer, maintenant et ici,
que je me pr�parais pour ce r�le, m�me au lit, malade.
Le grand air.
Pause caf� pour tout le monde !
Merci pour cette merveilleuse r�p�tition, Karin,
vous avez �t� magnifique...
Je suis d�sol�, monsieur, ils n'aiment pas la musique.
Bonne question...
� 3 semaines de la premi�re, j'ai des probl�mes avec la diva,
un choeur qui ne pense qu'� son estomac.
Un seul visage amical.
Tu te souviens de Jana, notre amie de l'acad�mie de musique ?
Imagine Edith, elle est d�l�gu�e syndicale ici,
comme elle l'�tait � Budapest.
S'ils refusent de danser, pourquoi perdre notre temps avec eux ?
Paris regorge de magnifiques jeunes danseur, prenez-les !
Je ne peux pas attendre, je ne peux pas travailler ainsi !
Vous m'avez invit� parce que vous avez dit
que vous vouliez quelque chose de nouveau, de courageux
et audacieux. Mais faire �a avec des danseurs classiques
demande beaucoup de travail !
Savez-vous qui a �crit cela ?
Moi. C'est une chanson sur les barricades espagnoles.
Je l'ai �crite � 18 ans,
luttant pour la classe ouvri�re pendant la guerre civile.
Pensez-vous vraiment que le p�re de cette chanson, un socialiste,
pourrait licencier ses employ�s
juste parce qu'ils exercent leur droit de gr�ve ?
C'est une d�mocratie ici.
Nous n'ordonnons rien � personne.
Je vous ai demand� d'�tre patient.
Et de r�p�ter autre chose jusqu'� la r�solution des d�saccords.
Et les probl�mes avec l'orchestre ?
La pauvret� fait partie de la vie en Inde, Maestro Szanto,
pas � l'Op�ra Europe.
Entre nous,
j'ai d�j� d� endurer beaucoup pour vous.
Un vertueux chef d'orchestre inconnu... de Hongrie...
Mais j'ai d�j� �t� dans des situations difficiles, imaginez ce que c'�tait
dans les caves de la Gestapo. Savez-vous ce qu'est la Gestapo ?
- Oui. - Vous n'avez pas besoin de me le dire...
mais je connais la personne qui vous a encourag� � venir vous plaindre.
Je sais que ce sont des compatriotes.
N'oubliez pas que la personne dont nous parlons,
et que j'aime personnellement,
�tait membre du parti communiste dans la pire des �poques staliniennes.
Les vieilles habitudes ont la vie dure.
Bonne journ�e, Maestro Szanto.
Pourquoi l'emb�ter avec ces broutilles ? Venez me voir, moi.
M. Gabor, nous sommes pr�ts, vient-elle r�p�ter ?
Intrigues et complots, Intrigues et complots.
Edith, c'est tout ce qu'ils savent faire, ici.
Que vous a-t-il dit ?
Aucune importance.
Pour un ancien communiste, c'est un autocrate extraordinaire.
Je pense que c'est celle-ci.
- Celle-ci, vous croyez vraiment ? - Oui, bien s�r, c'est parfait.
Vous savez, il raconte � tout le monde que c'est lui qui vous a trouv�.
C'est un mensonge !
Il ne voulait m�me pas entendre parler de vous, j'ai d� le convaincre.
"Pas assez original", a-t-il d�clar�.
Non, je pr�f�re celle-ci.
Vous avez raison. C'est beaucoup mieux, original.
Que pensez-vous des d�cors ?
Exactement, quel est le rapport avec Wagner ?
J'aime Wagner, malgr� les nazis.
Mais il sortirait de sa tombe s'il voyait tout cela.
Ce sera un scandale ! Ignacio Sarto...
il n'aurait jamais tol�r� quelque chose comme �a.
- Bonsoir Monsieur. - Hans Dieter !
Pouvons-nous continuer � travailler ?
Non, vous avez tort, je pr�f�re celle-ci, apr�s tout.
Je t'ai dit que c'�tait la plus belle.
- D�sol� Maestro. - Oui ? Excuse-moi.
Ma r�p�tition a encore �t� annul�e, ce n'est vraiment pas juste.
Mais j'ai une suggestion, si vous permettez.
On pourrait r�p�ter chez moi.
J'ai un piano. Et ce n'est pas tr�s loin.
S'il vous pla�t ?
J'esp�re que vous aimez la cuisine chinoise. Ce n'est pas tr�s courant ici.
Savez-vous ce que je pense ?
Je pense que la grotte de V�nus est comme la soci�t� d'aujourd'hui.
Pleins de gens �go�stes, h�donistes, c'est �a que je montrerai.
Je veux montrer un miroir au public stupide. Asseyez-vous.
Ce monde est si terrible !
Les gens ne se soucient plus des pauvres et des sans-abri,
ils ne voient qu'eux-m�mes.
Des gens que Tannh�user veut fuir, j'en ai marre aussi.
S'il vous pla�t, juste un verre pour f�ter notre rencontre,
Ce n'est pas souvent qu'on rencontre quelqu'un qui a la m�me vision du monde.
Juste un verre, il faut continuer la r�p�tition.
Je disais que le monde est si terrible !
Tout comme l'Op�ra Europe.
Toujours tenu par une vieille garde.
Picabia et ses camarades de la guerre civile espagnole,
M. Gabor et ses amis d'Auschwitz et le mouvement de r�sistance,
et bien s�r, ils ont tous oubli� leurs r�ves depuis longtemps.
Picabia ? Il ne s'int�resse plus qu'� l'argent...
et coucher avec les femmes � gros seins et gros cul,
ce qui veut dire que je suis hors de question.
M. Gabor ne chasse que les gar�ons, donc aucun d'eux
ne se soucie de savoir si je peux chanter ou non.
Vous chantez tr�s bien, magnifiquement.
Vous dites �a parce que vous �tes diff�rent, vous �tes un artiste.
J'ai peur pour vous, vous �tes si vuln�rable.
Savez-vous ce que j'aimerais faire ?
J'aimerais vous embrasser.
Pour vous prot�ger avec mes baisers de tous ces serpents et scorpions.
Je peux ?
Edith, tu ne le croiras pas mais les heures de travail sont si courtes
que je dois m�me aller chez les chanteurs pour r�p�ter.
C'est incroyable.
- Magnifique. - Tr�s joli.
Maestro, je peux vous demander une faveur ?
Je peux mesurer vos �paules et vos bras ?
Je vous fais un pull. Stefano dit que cette couleur vous ira beaucoup mieux.
Et elle ira tr�s bien � Stefano.
J'en ai d�j� tricot� pas mal au fil des ans.
Celui qu'il porte maintenant, je l'ai fait � V�rone,
pendant Aida.
Pouvez-vous vous lever ? S'il vous pla�t, juste un instant.
- Bonjour � tous ! - Bonjour.
- Bonjour. - Bonjour professeur.
Merci... c'est bon.
Maestro... je n'ai plus de voix.
Le m�tro, beaucoup de vent... trop de vent...
Je ne peux pas le faire, impossible.
Je pense que je dois r�cup�rer. Aujourd'hui, l'am�ricain peut chanter.
D'accord, M. Schneider, asseyez-vous,
Mme Malikoff fixera un rendez-vous avec le m�decin.
Merci.
Oui, M. Taylor...
D�sol�, Steve, pourriez-vous monter sur sc�ne aujourd'hui ?
- Bien s�r. - Merci.
- Steve, tu devrais peut-�tre aller au fond de la sc�ne. - Bien s�r.
- �a devrait sonner mieux de l�. - C'est comme � la Scala.
Juste un peu en avant, s'il vous pla�t.
Merci. L�.
Et peut-�tre... un genou � terre.
- Covent Garden ! - Pardon ?
Covent Garden ! On l'a fait comme �a � Covent Garden.
�a a tr�s bien march�.
Et s'il traversait la sc�ne de droite � gauche
tout le temps du r�citatif � Rome ?
Steve, on a une nouvelle id�e, je pense que c'est bien mieux.
On aimerait que vous veniez en diagonale de gauche � droite
en venant tout pr�s du public, vous comprenez ?
Oui, bien s�r monsieur, j'adore ce mouvement.
En m'approchant du public, je sens la tension monter...
J�sus, on l'a fait ainsi � Vienne, c'�tait incroyable.
Et si vous vous mettiez de dos pour commencer ?
En vous retournant... lentement.
Le Met.
Demandons � M. Schneider comment ils ont fait � Dresde ?
Je n'ai jamais eu la chance de chanter en Allemagne de l'Est.
Et maintenant c'est trop tard.
Pourquoi il moque moi ?
Non, je ne me moque pas, M. Schneider, je suis vraiment int�ress�.
Je veux dire, vous en savez bien plus sur Wagner, vous �tes allemand.
Vous voyez ? Il moque moi !
Steve, laissons �a. Restez o� vous �tes,
j'aimerais d'abord vous entendre.
Oui, Steve ? Qu'y a-t-il ?
Des membres du choeur... m�chent du chewing-gum.
Je les entends.
Mesdames et messieurs, pendant la r�p�tition,
veuillez vous abstenir de manger et de boire.
Attendez, attendez ! Qui a dit qu'ils mangeaient ?
Personne n'a rien mang�. C'est une insulte !
Ce n'est pas parce que les am�ricains pensent
qu'ils peuvent bombarder la Libye ou envahir le Panama
quand bon leur semble,
qu'il peut nous harceler.
- Personne ne vous harc�le. - Lui, si !
Cet am�ricain !
C'est vrai, non ?
Vous voyez ce que je dois supporter en permanence, on peut le faire taire ?
Toushkau ? Vous �tes fou ?
Il a des tas de contact avec le Parti Socialiste, ce serait suicidaire.
- Vous devez le supporter. - Ici aussi ?
La d�mocratie est un jeu compliqu�, Maestro Szanto.
Je ne supporte pas votre d�mocratie, ici, nous parlons d'art.
Messieurs...
comme je n'ai rien de mieux � faire, je pourrais essayer le costume.
Bien s�r, Karin.
Edith, je veux rentrer � la maison.
Ici, on �crase toute la joie que je porte en moi.
- Puis-je vous pr�senter ma m�re ? - Bien s�r.
- Wagner �tait-il vraiment un nationaliste ? - Bien s�r.
Wagner �tait antis�mite.
C'est pour �a que les nazis l'ont adopt�. Bonjour.
- Mes hommages. - Venez donc avec nous. - Merci.
Mais je vais vous dire, les Juifs sont les meilleurs pour diriger Wagner.
Eux seuls peuvent faire ressortir les sentiments humains de sa musique.
Au plus profond de son �me, il �tait si humain.
Seul son esprit si germanique.
- Quelle est votre religion, si je peux me permettre ? - Voyons...
- Miss Anderson ! - Oui ?
Je me demandais si nous pourrions parler de votre r�le,
peut-�tre autour d'un caf� ?
La musique doit �tre r�p�t�e, on n'en parle pas autour d'un caf�.
Pauvre Wagner...
Tannh�user �tait un �chec terrible quand il l'a dirig� ici
et maintenant �a le sera � nouveau.
Il a eu au moins une centaine de r�p�titions.
Il ne nous reste que vingt jours.
Mais quand les bureaucrates se prennent pour des artistes
et les artistes pour des bureaucrates,
crois-moi, Edith, c'est impossible.
- Maestro, signerez-vous notre p�tition ? - � quel sujet ?
Les conditions de travail. �a vous concerne aussi.
J'ai d�j� parl� � la direction en votre nom,
ce ne serait pas correct si je signais. D�sol�.
Montrez-moi le papier.
Edith, j'aimerais vraiment tuer cette femme.
Bonjour � tous.
Pourquoi le rideau de s�curit� n'est-il pas lev� ?
Il n'est plus connect� � l'ordinateur. C'est votre d�cision.
Pourquoi le rideau de s�curit� n'est-il pas lev� ?
- Je n'en suis pas responsable. - Thomas !
Levez le rideau, s'il vous pla�t.
- Je ne peux pas, c'est Etienne... - Faites-le !
Grotte de V�nus, V�nus et Tannh�user sur sc�ne, s'il vous pla�t.
Si vous faisiez un simple essai, tr�s doucement,
- pour qu'on puisse clarifier quelques d�tails ? - Non.
Comment �a, "non" ? Si le Maestro vous demande de chanter, vous chantez.
Vous avez sign� un contrat, les r�p�titions vous sont pay�es aussi,
alors chantez, mon cher.
Il a mal � la gorge, il est malade depuis des jours.
Pourquoi n'avez-vous pas vu de m�decin ?
Si je dis que je ne peux pas chanter, je ne peux pas chanter.
- Vous dites que je mens ? - Personne ne dit que vous mentez, M. Schneider.
Il le dit. Il a appel� le m�decin fran�ais pour me contr�ler,
je sais mieux que personne si ma voix est en forme. Regardez !
Regardez !
N'utilisez pas ce ton avec moi,
je ne tol�rerai pas votre agressivit� germanique.
- Ces temps sont r�volus ! - Quels temps ?
De quoi vous parlez ?
C'est fini !
Je vais �crire une lettre � votre ministre de la Culture imm�diatement.
Il pourrait �tre int�ress� par votre comportement.
Esp�ce de sale porc ! Il va me signaler !
M. Schneider, laissez. De toute fa�on on n'a pas de ministre de la Culture.
Vous avez vu ? Il m'a trait� de sale fran�ais !
J'ai dit "sale p�d�" !
Sale p�d� d�go�tant !
- Porc ! - Nazi ?
Il a dit "nazi" ! Ce sont tous des nazis ! Je vais le tuer !
Je vais te tuer, putain de communiste nazi ! Je te tuerai !
- Esp�ce de communiste ! - Sale p�d� !
Nazi, il m'a dit ! Ce sont tous des nazis !
Je vais te tuer, putain de communiste nazi !
Des nazis, des juifs, des p�d�s,
des vilains allemands, des sales fran�ais,
clochards de Polonais, stupides Espagnols !
Qu'est-ce qu'ils se d�testent !
Catholiques, protestants et juifs !
Est et Ouest, Ouest et Est !
Nord et Sud, Sud et Nord !
Belges ennuyeux, Allemands moches, Espagnols sales !
Qu'est-ce qu'ils se d�testent !
Su�dois froids, Polonais stupides,
Grecs graisseux, ils se d�testent.
Les sales communistes et les sales fascistes ne se parlent jamais.
- Tch�ques tricheurs. - Lituaniens paresseux.
- Autrichiens col�reux. - Suisse grasse.
- Maudits Britanniques. - Imb�ciles norv�giens.
- Danois ivrognes ! - Comme ils se d�testent !
De vilains Allemands, voleurs d'Italiens !
Merde... Britanniques, bourr�s... Danois, Tch�ques... tricheurs !
- Gras... - Grecs !
Oh mon Dieu. Qu'est-ce qu'ils se d�testent !
Tenez, finissez le mien.
Vous savez...
je suis un enfant de la guerre, je ne laisse jamais de nourriture.
Je peux ?
Je tiens � vous dire...
vous avez la plus belle voix que j'aie jamais entendue.
Et pourquoi avoir dit que j'�tais sur le d�clin et trop vieille pour Elizabeth ?
Je n'ai jamais rien dit de tel.
Vous avez dit aussi que j'�tais une lesbienne froide.
- Entre autres choses. - Qui vous a dit �a ?
Peut-�tre vaut-il mieux que vous ne le sachiez pas.
- Ils vous ont dit... ce que j'ai dit sur vous ? - Non.
Dommage.
- Dites-le maintenant. - Non.
Mais je vais vous surveiller de tr�s pr�s � partir de maintenant.
- Dites-moi, � quoi ressemblera notre Tannh�user ? - Je ne sais pas.
Je ne suis pas s�r... de la vision de von Binder.
Ce que je crois, c'est que...
si nous chantons avec une v�ritable passion,
et en comprenant vraiment Wagner,
on peut monter sur une sc�ne vide.
Ou avec des imperm�ables.
- Imperm�ables ? - Oui.
- Mon Dieu... - Qu'y a-t-il ? - On va �tre en retard.
- Pensez-vous que je suis trop vieille pour courir ? - Non.
Ch�re Edith, tout avance si lentement ici.
Apparemment, en raison de la d�mocratie,
personne n'a l'air d'�tre vraiment concern� par ce Tannh�user.
Seulement Miss Anderson, peut-�tre.
Elle a l'�nergie d'une d�butante.
Bien qu'on dise qu'elle sera bient�t grand-m�re.
Mais je n'arrive pas � faire r�p�ter tout l'orchestre,
chaque jour, il y a une nouvelle frustration.
Aujourd'hui, le choeur a manifest� contre le principe de l'enregistrement.
Merci, Jean.
M. Gabor est d�sol�, mais M. Picabia n'a pas encore sign� le bordereau.
Cher M. Picabia,
Les conditions � l'Op�ra Europa font que toute cr�ation y est impossible.
Les gens ici empochent leur salaire
mais semblent refuser de faire quoi que ce soit en retour.
� part moi, bien s�r.
�tant donn� que je n'ai encore rien touch�.
Effacez cette derni�re phrase, je vous prie.
Je refuse d'offrir au public une pantomime b�cl�e.
� moins que vous puissiez cr�er
les conditions d'un travail normal dans les deux jours,
j'ai l'intention de rompre mon contrat
selon la clause 9 et de quitter le pays imm�diatement.
Veuillez agr�er, signature, etc.
- Qui va signer ? - Moi.
- S - Z - A... - N T O.
Miss Anderson.
Votre courrier, M. Szanto.
Qu'est-ce que c'est ?
C'est Picabia qui tient � me parler.
T�l�phonez-lui de ma chambre.
Vous savez, ce n'est pas si facile pour moi.
Pourquoi ?
Je suis hongrois.
Et alors ?
Alors j'ai des engagements.
Envers la Hongrie ?
Envers mon travail, ma femme, mon enfant.
J'ai deux fils mais pas d'autres engagements.
Bonsoir.
Tu veux t�l�phoner ?
C'est Miss Malikoff.
Oui, Miss Malikoff ?
Non, Miss Anderson et moi, nous r�p�tions.
M. Picabia, maintenant ?
Non, il n'est jamais trop tard pour moi non plus,
si �a concerne la production.
Une seconde, je crois que �a peut attendre demain. Oui.
Demain matin. Merci, Miss Malikoff, � la r�ception.
Bonsoir.
Je suis d�sol�.
Miss Angelo, pour toi.
Oui, Miss Angelo ?
Je sais ce que c'est.
D'�tre si jeune et ambitieuse.
Je ne lui en veux pas.
Oui, ici Miss Anderson.
S'il vous pla�t, ne passez plus d'appels dans ma chambre ce soir.
Merci.
Qui sont-ils ?
Ce sont les hommes de ma vie.
Lui va �tre m�decin. Comme son p�re.
- Et lui est dans l'�dition. - Pas de musique ?
Ils n'ont pas l'oreille musicale. Comme leur p�re.
Tu veux que j'�teigne ?
Oui...
- Maestro Szanto ? - Oui, Miss Angelo ?
- C'est mon tour de r�p�ter. - Encore dix, cinq minutes. - Non.
Les artistes fran�ais on le droit de r�p�ter comme les �trangers.
S'il y a encore du favoritisme, toute la production en souffrira.
- Je vous prie, allez-y. - Je ne m'addressais pas � vous.
Je suis ici parce que... c'est mon tour de r�p�ter.
C'est un miracle.
- Un miracle. - Miracle ?
Je te l'ai appris. Tu es tr�s un bon �l�ve.
Non, maintenant c'est mon tour.
Fais-le.
C'est mignon, non ?
On aurait d� se rencontrer il y a vingt ans.
Si seulement je t'avais connu.
Et s'aimer comme �a pendant 20 ans ? Mon Dieu !
Nous compenserons �a.
Je ne veux pas �tre loin de toi une minute.
- Que fais-tu ? - Je veux mettre de la distance entre nous.
Je veux voir si je peux le supporter.
Je dois partir deux jours pleins, j'ai un concert � Budapest.
Zoltan, viens avec moi, s'il te pla�t.
S'il te plait, viens avec moi.
- Je ne peux pas, j'ai une r�p�tition. - Je sais.
Je dois travailler, c'est important pour moi.
Je ne peux pas m�langer mon travail et ma vie priv�e.
J'ai appel� mes enfants hier et je leur ai parl� de toi longtemps.
Ils veulent te rencontrer.
Je ne suis pas libre comme toi, Karin.
La libert� est � l'int�rieur. Ici !
M. le Pr�sident, permettez-moi de vous pr�senter Maestro Szanto.
Bonjour, M. le pr�sident. Comment �a se passe ?
Que r�pondez-vous, M. le Pr�sident, aux accusations
disant que votre entreprise d�truit la for�t amazonienne ?
J'ai des enfants et des petits-enfants.
Pourquoi voudrais-je d�truire leur avenir ?
Pour la plus grande part, nous utilisons le bois renouvelable.
Et pour chaque arbre que nous abattons,
- nous en plantons deux nouveaux. - Aimez-vous Paris, Miss Anderson ?
Je la trouve plus belle que jamais en ce moment.
Parce qu'il pleut.
Est-il vrai qu'on vous a trouv� trop vieille pour jouer Elizabeth ?
Ai-je l'air d'une vieille dame ?
Une femme merveilleuse.
Je l'ai connue alors qu'elle n'avait que 21 ans.
Elle a d�j� ruin� plusieurs chefs.
Ignacio Sarto �tait fou d'elle.
Bien s�r, elle pourrait favoriser votre carri�re.
As-tu eu des histoires d'amour avec d'autres chefs ?
Oui.
Plus d'une fois ?
Deux.
Ignacio Sarto �tait l'un d'eux ?
Oui.
Ignacio �tait un homme merveilleux.
Le plus gentleman que j'ai jamais rencontr�.
Je ne sais pas s'il �tait aussi talentueux ou original qu'on le dit,
il savait tout sur la musique, il �tait fantastique.
Zoltan, qu'y a-t-il ?
C'est rien.
Je me fichais qu'il soit bien plus �g�.
On n'est pas rest�s ensemble longtemps, mais j'�tais heureuse.
Zoltan, qu'est-ce qu'il y a ?
Je ne peux pas rivaliser avec lui.
De quoi tu parles ?
Je ne suis pas Ignacio Sarto.
Je ne peux pas te donner ce qu'il t'a donn�.
Je ne suis pas assez bon.
Comment peux-tu dire �a, ce n'est pas vrai.
Si, c'est vrai.
Un jour tu sauras, tu r�aliseras que je ne suis personne.
Un homme sans talent.
Je pensais pouvoir tout te dire parce que je t'aime,
je ne voulais pas te blesser.
C'�tait il y a si longtemps,
il est mort il y a 10 ans. C'est du pass�.
Tu ne couches pas avec des chefs juste pour t'assurer que...
tout tourne autour de toi ?
C'est �a ?
Tu es mon plus grand amour.
M�me si tu ne le crois pas.
Je t'aime totalement.
J'ai aim� Ignacio d'une autre fa�on.
Il m'a appris � �tre tol�rante et douce.
Avant lui, il n'y avait pas beaucoup de gentillesse en moi.
Tu es le premier homme... que j'ai accept�...
en sachant qu'il appartient � une autre femme.
Et moi dans tout �a ?
En ce moment... � dire vrai, je suis pas tr�s heureux.
Parfois je pense que je travaille dans une maison de fous.
Personne ne semble s'int�resser � la musique ici,
uniquement � des questions personnelles.
Je suis vraiment d�sol� de dire tout �a, mais c'est vrai...
Je ne suis m�me pas s�r qu'il y ait une production de Tannh�user.
Maestro !
Je vous demande de vous dissocier imm�diatement de cette interview.
Sinon...
Excusez-moi. Oui ?
Je n'aurais jamais cru qu'un vrai hongrois puisse �tre aussi ingrat.
Porter de fausses accusations...
appelez cette grande institution "asile de fous", abuser de ma confiance...
Des m�thodes staliniennes comme �a
sont peut-�tre encore accept�es l� d'o� vous venez,
mais ici c'est Paris. Paris !
Excusez-moi.
Comme je n'ai pas re�u un seul cachet, je continue � dire ce que je pense.
Alors c'est �a votre probl�me ! Il fallait le dire. Asseyez-vous.
- Inutile de comploter contre moi. - Je ne complote pas contre vous.
Maestro, si vous avez besoin d'argent,
je serai ravi de vous en pr�ter autant que vous voulez.
Ce journaliste est un de mes amis,
je vais l'appeler et lui sugg�rer de tout oublier.
Je travaille depuis trente ans pour construire tout cela.
Tout le temps, chaque jour, des probl�mes,
des pressions, des attaques, venant des artistes ou des sponsors.
Je suis comme un stupide Tannh�user, coinc� au milieu,
et je dois chanter pour les banquiers,
les sponsors, les syndicats, les ministres...
Sans moi... il n'y a pas de musique !
- Que s'est-il pass� ? - Elle a march� sur un clou.
Regardez, il y a des clous partout sur la sc�ne.
J'ai balay� la sc�ne avant la r�p�tition, je le promets.
Il n'y avait pas de clou.
Alors comment peuvent-ils y �tre maintenant ?
- Esp�ce d'assassin ! - Pourquoi avoir interrompu la r�p�tition ?
Il y a des clous partout sur le plateau.
Et s'il n'est pas balay� correctement, les danseurs se mettront en gr�ve.
M. Tailleur !
Pourquoi la sc�ne n'a pas �t� balay�e correctement ?
C'est votre responsabilit� !
- Remettez le tapis de danse. - L'ordinateur ne peut pas le faire ?
Ne le touchez pas, il s'est cass� la jambe.
Miss Anderson ne peut pas aller � Budapest pendant deux jours,
Nous n'avons plus que 10 jours avant la premi�re.
On ne peut rien faire, cet accord a �t� sign� avant.
Personne ne me l'a dit.
Mais s'il peut garantir que la qualit� artistique
de la production n'en souffrira pas, c'est votre responsabilit�.
Si Miss Anderson promet de revenir lundi � 10 h, �a ira.
Tr�s bien.
Donc c'est votre d�cision.
- Je la veux par �crit, maintenant. - Bien, qu'y a-t-il ensuite ?
Le remplacement du musicien bless�.
Edith, on dirait que je rentre pour le week-end.
Mme Anderson a un concert � Budapest, donc pas de r�p�titions.
Edith !
Vous chantez si merveilleusement, ma ch�re.
Tout ce que j'ai entendu sur vous est vrai.
Pas une seule fois de toute ma vie,
je n'ai entendu quelqu'un chanter Schumann avec une telle...
- M�re... - passion et �motion quand j'�tais encore enfant � Vienne...
M�re...
Miss Anderson, vous �tiez magnifique.
Puis-je vous pr�senter ma femme.
Mon autre soeur.
Ma belle-m�re.
Et ma fille... Agn�s.
J'ai vraiment appr�ci� votre concert, Mme Anderson, merci.
Malheureusement, je dois retourner � l'h�pital...
J'ai op�r� une jeune fille ce matin, je veux voir comment elle va.
Tu es tr�s belle, Agn�s. Tout comme ta m�re.
Vous avez une famille merveilleuse.
Excusez-moi, Mme Anderson...
Je suis d�sol�, je devais te voir. C'�tait une terrible erreur.
Ce n'�tait pas une erreur.
- Que veux-tu dire ? - Je te l'ai dit, je ne veux pas g�cher ta vie.
Je tiendrai parole.
- Oui, mais je t'aime, Karin. - Je sais.
Mais je ne peux pas vivre une double vie.
Je n'ai pas besoin d'une liaison.
Passer ma vie dans des h�tels � attendre que le t�l�phone sonne.
Je dois travailler.
- Oui, mais maintenant je suis l�. - Seulement parce que tu avais peur.
Tu ne sais pas quoi faire et je ne peux pas t'aider.
Je ne te forcerai pas � regretter ce que tu fais et � me d�tester pour �a.
Quand tu sauras quoi faire, tu le feras.
Maintenant, je t'en prie, pars.
Je ne peux pas.
S'il te pla�t, non. Je t'en prie, pars.
Si elle r�pond, dites-lui que je la cherche.
- Tu es devenue folle ? - Moi ? C'est toi !
Agn�s !
�dith, s'il te plait !
Ton p�re veut te dire au revoir.
Dis au revoir � ton p�re.
Au revoir.
- Tu es terrible. - Moi ?
Tu am�nes ta ma�tresse ici,
tu me la pr�sentes, � nous deux...
et nous voil�, � nous faire des sourires comme maintenant...
Pourquoi devons-nous faire �a devant notre enfant ?
Je veux qu'elle voie ce qu'est vraiment son p�re,
je veux qu'elle apprenne.
Non, elle ne part pas, elle reste ici.
- Ou tu veux qu'on parte ? - Arr�te de crier, on peut en parler.
Tu ne parles jamais.
- Tu es tellement froid et insensible. - Tu sais pourquoi ?
Parce que tu ne t'int�resses pas � moi.
Tu t'endors � mes concerts.
Tu ne t'int�resses qu'� ton h�pital et peut-�tre au Dr Sabo.
- Tu es fou ! - Tu crois que je ne le sais pas ?
Allons-y, j'aime Karin Anderson !
J'adore l'entendre chanter !
J'adore lui faire l'amour !
Elle est fantastique !
- Avec elle, je me sens vivant ! - Vivant ?
Il y a des gens � la morgue plus vivants que toi !
Tu reviendras vers moi quand cette garce te mettra � la porte.
Tu me supplieras � genoux de revenir dans mon lit.
Tu vas pleurer pour ta fille ! Sors de chez moi !
Va-t'en ! Je ne veux plus jamais te revoir !
Karin !
Karin, c'est moi !
Karine, tu m'entends ?
Karine, je t'aime !
Karine je t'en prie !
Karin, tu m'aimes !
Vous devriez avoir honte !
D�sol�, je ne parle pas fran�ais.
Que faites-vous � Paris ?
Je dirige Tannh�user � l'Opera Europa.
Tout cela est-il li�...
� une femme ?
Avec notre production, les Fran�ais vont aimer Wagner.
Nous avons parmi les meilleurs chanteurs du monde.
Karin Anderson interpr�te Elizabeth...
et aussi... beaucoup d'autres artistes...
- Maestro, pouvez-vous signer notre p�tition ? - Pour quoi ?
L'orchestre et le choeur protestent contre le parrainage d'Eurogreen.
Nous ne voulons pas �tre li�s avec une entreprise
qui d�truit l'environnement et menace l'avenir de nos enfants.
Nous sommes aussi menac�s par le Front de Lib�ration Vert.
�a n'a rien � voir avec �a.
C'est une question de principe.
Merci.
- Avez-vous vu Miss Anderson ? - Non, Maestro.
Ok. L'Ouverture, s'il vous pla�t.
- Avez-vous vu Miss Anderson ? - Non.
- Elle n'a pas laiss� de message ? - Non.
Pas m�me de Picabia ?
M. Picabia est rentr� � Barcelone.
Sa femme a de nouveau fait une d�pression nerveuse.
La troisi�me cette ann�e.
Sa fa�on � elle de le terrifier. Ou le chantage au suicide.
Miss Anderson est peut-�tre dans sa loge ?
Excusez-moi, juste un instant.
Karin ?
Pas tous ensemble.
Vous jouez comme des enfants !
C'est une insulte � Wagner et � moi !
C'est un orchestre de renomm�e mondiale,
nous avons �t� dirig�s par Karajan et Bruno Walter,
- aucun d'eux ne s'est plaint. - Ce n'est pas de la musique fran�aise.
On veut interpr�ter une version fran�aise, plus douce.
Vous devriez vous excuser aupr�s de l'orchestre, maestro Szanto.
Sinon, nous aurions une catastrophe sur les bras.
Maestro Szanto !
Maestro !
Est-ce que tu m'aimes ?
Oui.
Beaucoup.
M�me si j'�choue ?
Tu n'�choueras pas.
Je sais que tu n'�choueras pas.
- Je ne peux pas les s�duire. - Si, tu le peux.
Tu m'as s�duite.
Viendrais-tu avec moi maintenant, si je te le demande ?
Oui.
Que faites-vous ? Szanto,
si vous refusez de continuer � r�p�ter, vous rompez votre contrat.
Je vous ferai un proc�s ! Je vous ruinerai !
Revenez ici tout de suite ! Je l'exige !
- Je peux vous dire quelque chose en hongrois ? - Faites.
Dis quelque chose.
Quoi ? Qu'aimerais-tu que je dise ?
Dis-moi ce qu'on va faire...
apr�s Paris.
Regardez �a, encore plus de spaghettis !
Mme von Binder, encore un peu ?
Bien s�r.
Une grande part pour votre �norme app�tit am�ricain.
Maman !
Hanse, tu m'as promis que tu ne le ferais pas.
Hanse ! R�veille-toi !
Hanse ?
Mon Dieu, qu'est-ce que tu essaies de me faire ? Hanse !
La chanson pr�f�r�e de Staline. Malikoff la chante tr�s bien.
Dommage que sa famille ne l'ait pas soutenue
quand elle a voulu �tre chanteuse, quelle honte.
Tant de personnes talentueuses ! Excellente compagnie.
C'est merveilleux de les voir ensemble.
Notre Tannh�user sera un triomphe !
- Vous devriez avertir Tyler pour son comportement. - Pourquoi ?
Il est venu ici pour chanter, pas pour avoir des affaires de coeurs difficiles.
Ok. Consid�rez que c'est fait.
Il a peur de la Premi�re. C'est toujours pareil.
Zoltan...
Regarde-moi.
Je veux que tout le monde sache...
que vous �tes assis devant l'un des plus grands...
et des plus talentueux chefs d'orchestre du monde.
J'ai travaill� avec de nombreux chefs. Certains parmi les meilleurs.
Vous savez tous ce qu'Ignacio Sarto repr�sentait pour moi.
Mais... j'ai le m�me...
respect...
pour cet homme.
Tu comprends Wagner... mieux que n'importe lequel d'entre nous.
C'est un privil�ge de l'avoir connu...
et de pouvoir travailler avec lui.
J'admire... son int�grit�.
Son talent.
C'est un g�nie !
Et vous devriez tous...
baiser sa main !
Comme je le fais.
�coute ! Pourquoi tu me fais �a ?
C'est si facile de dire "c'est un g�nie".
Et le lendemain, il "n'a pas assez de talent".
"Pas assez original."
Qu'est-ce que le talent ? Dis-moi.
Dis-moi, qu'est-ce que le talent ?
Tu changes d'avis tous les jours.
Sur qui est ou qui n'est pas talentueux.
Je t'en prie, n'en dis pas plus.
Laisse-moi juste travailler.
Je sais juste que sans toi, je n'ai pas de talent, c'est tout.
Tu ne me crois pas quand je dis que tu es magnifique.
Tu ne crois pas que beaucoup de gens peuvent t'admirer.
Mesdames et Messieurs, nous...
nous devons nous excuser pour notre ivresse � tous les deux.
Nous sommes tous l�g�rement... compl�tement saouls !
Nous vous admirons tous, nous sommes tous talentueux.
Sant� !
- Fin d'une histoire d'amour ? - Non.
Tu devrais avoir honte.
Tu sais que je t'aime.
Mais tu n'as pas eu le courage de l'accepter.
C'est pour �a que tu as fait ce petit num�ro l�-bas ?
Tu viens de me ridiculiser.
Tr�s bien.
C'est fini.
Va en enfer !
C'�tait beau.
Dommage que ce soit fini.
Qu'est-ce que je vous avais dit ? �a marche, non ? C'est fantastique !
Pourquoi lui � la t�l�vision ? Je suis Tannh�user !
Vous avez mal � la gorge.
Vous avez demand� qu'il vous remplace.
Excusez-moi.
O� est le reste du choeur ?
Maestro, ils enregistrent aujourd'hui, mais on les briefera,
il n'y aura aucun probl�me.
Ceux qui ne sont pas l� aujourd'hui peuvent se dispenser de venir demain.
Hanse, r�organisez le choeur. Les altos, � l'arri�re.
Vous... balcon.
Je suis d�sol�e. Mais je ne peux pas �tre l�-haut.
Je fais de l'agoraphobie.
- Maestro, ne me faites pas �a... - Montez l�-haut !
Non !
D'accord. Si cette dame n'est pas descendue de sc�ne dans 30 secondes,
Tannh�user se produira sans moi !
Vous n'avez pas le droit de faire �a.
Montrez-nous un peu de respect.
D'abord, j'ai du respect pour Wagner. Et pour moi-m�me.
Descendez de sc�ne, M. Toushkau !
Imm�diatement !
Maintenant, M. Toushkau !
Une fois pour toutes !
J'en ai assez de ces interruptions !
Si quelqu'un n'est pas d'accord, qu'il quitte la production maintenant.
- Pour ceux qui veulent rester, Acte 1, � partir de 25. - Un moment !
Par quelle autorit� expulsez-vous les gens de cette entreprise
qui sont ici depuis 25 ans ?
Vous voulez entendre un op�ra ou pas ?
Les membres de cette institution administratif, orchestre et choeur,
ne veulent plus travailler avec vous.
Ce n'est pas vrai ? Allez, parlez.
Je n'entends que des plaintes.
Herr Leuchter, s'il vous pla�t.
Nous respectons tous Maestro Szanto.
- M. Partnoi ? - Oui ?
Personnellement, je n'ai rien contre lui.
- Richard ! - Vous avez promis de ne jamais m'appeler ainsi.
Je vous l'ai dit, je m'appelle Delphine et c'est tout !
Maintenant, �coutez-moi.
Je vous pr�sente M. Franz Windfogel, il vient de Gelsenkirchen.
M. Windfogel est pr�t � prendre
la direction dans cette situation tr�s difficile.
M. Windfogel est un sp�cialiste de Wagner.
J'ai bien peur que l'orchestre ne souhaite pas que Maestro Szanto parte.
- "Souhaite" ?- Peut-�tre peut-on en discuter apr�s la r�p�tition.
- Il n'y a pas de r�p�tition. - Si.
- Acte I ! - Il n'y a pas d'Acte I ! - Dehors !
- Comment osez-vous ? - Dehors ! - Szanto !
- Qu'est ce que vous faites ? - Dehors !
Vous me le paierez !
S'il n'y a pas de retransmission, vous le paierez !
Vous avez l'air ridicule !
Maestro !
Levez le rideau. Allumez les lumi�res.
- Allumez les lumi�res lentement. - Commen�ons.
Lumi�res !
Que se passe-t-il !
Merde.
Votre ordre de r�glement...
mais malheureusement, il n'a pas �t� contresign�.
Revenez demain.
- Je pars demain. - Ce n'est pas ma faute.
Appelez M. Gabor imm�diatement
et dites-lui que Maestro Szanto va quitter le b�timent
et prendre un avion.
M. Szanto est l�.
Je comprends.
Tenez... Votre argent. Ce n'�tait pas ma faute.
Seulement apr�s la Premi�re, jamais avant.
Vous �tes superstitieux.
Je n'ai bu qu'une fois avant une Premi�re,
Une gorg�e. Vous vous rappelez ?
L'op�ra a �t� un d�sastre.
Mais vous savez que si je n'ai pas un verre de whisky avant la Premi�re,
c'est aussi un d�sastre.
Maestro Szanto.
Vous n'avez pas encore rencontr� mon mari.
Maestro, voici ma femme.
Maestro Szanto, je vous pr�sente mes parents.
Maestro Szanto, ma femme.
Miss Anderson ne veut pas qu'on la d�range.
Dites-lui que je veux juste m'excuser aupr�s d'elle, c'est tout.
Elle dit que vous n'avez pas � vous excuser. Elle veut �tre seule.
Pour lui donner ces fleurs, s'il vous pla�t.
Je suis d�sol�e, elle ne veut laisser entrer personne. Pas m�me M. Picabia.
Tu avais dit que tout �tait fini. Tu l'avais promis.
Il vient d'arriver de New York.
- J'�tais cens� faire quoi ? - Tu aurais d� lui dire.
Tu m'aimes vraiment ou pas ?
- Je ne peux pas vivre une double vie. - Arr�te, Hanse, arr�te.
Qu'est-ce que tu veux ?
Je me sens si seul...
C'est parce que tu ne penses qu'� toi. Pour toujours !
- Toujours ! - D'accord !
- Toujours ! - D'accord !
- Je m'en fiche ! D'accord ! - Toujours ! Toujours !
Toujours !
J�sus, je perds ma voix !
Je perds ma... Ils vont me tuer !
Appelez-moi un docteur !
J'ai perdu ma voix ! Ils vont me tuer !
Dirig� par Zoltan Szanto.
Tannh�user : Stefan Schneider.
Wolfram von...
Esenbash ?
Eschenbach.
Elizabeth : Karin Anderson.
Venus : Maria Carvey... Krawiecki.
Le pr�sident est l�.
- Levez le rideau de s�curit�. - Etienne n'est pas encore l�.
- Comment �a, pas l� ? - On ne sait pas ce qui s'est pass�.
Qu'attendons-nous, ils diffusent d�j�.
- Il a la cl� du g�n�ral. - Non, c'est impossible.
La cl� ne doit pas sortir du b�timent. Le portier doit l'avoir.
C'est M. Tailleur qui est responsable du rideau de s�curit�.
Personne d'autre ne peut le faire fonctionner.
Vous ne pouvez pas me faire �a !
Quelqu'un doit le faire.
- 1 000 francs. 10 000 ! Qui va le faire ? - Moi !
- Levez le rideau de s�curit� ! - Je ne peux pas.
Mon syndicat a appel� � la gr�ve aujourd'hui � midi.
Je reviens de la r�union, je ne pouvais rien faire.
Fils de pute, vous nous faites quoi, vous voulez nous ruiner tous ?
Je vais vous casser les couilles !
Qu'est-ce qui se passe ? R�ponds-moi, esp�ce d'idiote !
C'est toi l'idiote, je ne sais pas ce qui se passe.
J'aime l'op�ra.
Je travaille ici depuis 45 ans, je connais tout le monde par coeur.
Je les ai suppli�s de faire une exception,
mais jamais de ma vie je n'ai bris� une gr�ve.
L'op�ra c'est ma vie !
Mais je ne peux pas trahir mes coll�gues. Je ne peux pas !
- Vous n'aimez pas la musique. - La musique ?
Qui se soucie de la musique ici ?
Chantons devant le rideau, comme si c'�tait un concert ?
Vous �tes devenue compl�tement folle.
Si nous y allons et chantons avec une vraie passion...
nous en dirons plus sur Wagner.
Plus sur nous-m�mes qu'une grande repr�sentation.
Si nous sommes bons, nous pouvons aller n'importe o�,
porter ce qu'on veut, m�me des imperm�ables.
Si nous sommes mauvais, peu importe ce qu'on porte.
Imperm�ables ? Apr�s tout �a ?
- Oui - Elle a raison.
S'ils chantent bien, �a peut �tre magnifique.
Vous voulez ? Chanter Tannh�user pas sur la sc�ne ?
C'est une excellente solution !
C'est pour �a qu'il voulait que je chante...
L'am�ricain, cochon ! Il veut que je massacre Wagner !
Monsieur Schneider...
vous �tes trop bon pour massacrer Wagner.
Imaginez... C'est la guerre...
les bombes...
Dresde... kaput ! Et vous chantez.
Vous chantez Tannh�user !
Et donc ?
Imperm�able.
Qu'est ce qu'ils fabriquent ?
Ils ne savent pas que chaque seconde co�te beaucoup d'argent ?
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