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A quelle heure part le prochain bateau pour l'�le ?
- 7 h. - Ce soir ?
Non, demain matin.
Pourrais-je louer un bateau ?
Pas � ma connaissance.
Quelqu'un va forc�ment sur l'�le ce soir.
Demandez au gar�on l�-bas.
Merci.
Excusez-moi. Allez-vous sur l'�le ce soir ?
Excusez-moi.
Allez-vous sur l'�le ? J'ai rat� le vapeur.
Fallait �tre � l'heure.
Allez-vous sur l'�le, oui ou non?
Oui, mais je ne prends pas de passagers.
S'il vous pla�t, mon cousin m'attend au ferry.
Je promets de me tenir tranquille.
C'est plein.
Largue les amarres, Tom.
Je ne prends pas de place.
D'acccord. Montez.
Vous dites qu'on vous attend au ferry?
Il faudrait pr�venir que vous �tes en route.
George, tu peux t�l�phoner sur l'�le?
Fred Linley. Il loue la villa Craven.
Compris ? La villa Craven.
J'am�ne la fille. Elle a rat� le vapeur.
Je ne suis iamais all�e sur l'�le.
Elle vous plaira.
Le trajet est long ?
Environ deux heures.
Puis-je prendre du papier ?
Bien s�r, servez-vous.
Vous aimez la mer, hein ?
J'ai �a dans le sang.
Mes a�eux �taient baleiniers � Portland.
Maine ou Oregon ?
Il n'y a qu'un Portland, dans le Maine.
Bienvenue en Nouvelle-Angleterre.
Vous me montrez votre dessin ?
Je ne suis pas une grande artiste.
Dites, c'est bien.
Gardez-le si vous voulez.
Merci. Merci beaucoup.
L'�le est en vue.
Eben Folger, le voil� !
Vous �tes arriv�e.
Salut, Bill.
Les Portugais font la f�te, ce soir.
Toni Pereira se marie demain.
Merci.
C'est tr�s gentil de m'avoir amen�e.
Vous avez rendu le trajet agr�able.
Prends �a.
Qui �tes-vous ?
Kate Bosworth.
Ne l'accusez pas, je me suis impos�e.
J'en ai �t� ravi .
T'as pas � �tre ravi de quoi que ce soit !
Merci beaucoup.
De rien. Au revoir.
Soyez pas intimid�e par Eben Folger. Il est pas m�chant.
Qui est Eben Folger ?
Le gardien du phare de Dragonhead.
Depuis 21 ans.
Le gar�on qui m'a amen�e vit l�-bas ?
Bill ? En ce moment, oui.
- Kate ! - Freddie.
Quelle joie de te voir !
J'ai eu tr�s peur en ne te voyant pas au ferry.
D�sol�e, je l'ai manqu� d'une minute.
Quelle frayeur !
Je porte �a.
Merci.
Tu n'as pas eu mon message ?
J'ai fini par l'avoir.
Apr�s avoir fait les cent pas pendant des heures.
- Pat est l� ? - Oui.
Je t'ai cherch� des suiets � peindre.
Tu es un amour.
O� est Dragonhead ?
A 2,5 km au large. Pourquoi ?
La vedette du phare m'a amen�e. Tu connais le gardien ?
Seulement de vue.
Que vas tu faire demain ?
Il vient tous les jours ?
- Qui ? - Le gardien de phare.
Oui, peut-�tre...
Kate, tu es vraiment ent�t�e.
D�p�che-toi !
- Bonjour, Martha. - Bonjour, Eben.
Je veux voir cette maquette de bateau.
-J'ai appris qu'elle �tait � vendre.
C'est exact. A vendre, Eben.
Drusilla voulait qu'elle me revienne.
Je ne suis pas au courant.
Oh que si, Martha ! Si vous y mettez du v�tre.
Alors, mettez-y du v�tre.
La soeur de Drusilla m'a �crit apr�s son d�c�s
que je devais tout vendre, du sol au plafond,
au meilleur prix. C'est ce que je compte faire.
Satan�e bonne femme ! .Combien vous en demandez ?
150 dollars.
150?
Je vous donne 50.
Vous perdez votre temps.
Le prix est de 150 dollars.
75, et c'est du vol.
150.
Si vous l'entendez comme �a, gardez la maquette.
Mais si vous la vendez � qui que ce soit avant ma mort,
je vous hanterai jusqu'� la tombe !
M. Folger, puis-je demander quelque chose?
- J'ai pas envie. - Vous poseriez pour moi ?
Poser pour vous ? Comment �a ?
Pour faire votre portrait.
Je pose pour personne.
Je vous paierai.
M�me si vous me payez 50 000 $,
je poserais jamais pour un portrait � la noix !
Aucun visiteur !
Aucun visiteur ! C'est une propri�t� de l'Etat.
Aucun visiteur !
- J'ai dit: ''Aucun visiteur.'' - Je sais.
C'est vous qui vouliez me peindre.
Je vous ai dit que j'en avais pas envie !
Je viens pour autre chose.
Parlez !
Vous �tes un expert en maquettes.
Le seul � pouvoir les authentifier.
Je sais que c'est beaucoup demander,
mais je n'y connais rien en antiquit�s,
et cela me d�plairait fortement d'avoir �t� roul�e.
Je sais pas trop si je suis bon juge.
Jetez-y un oeil, M. Folger.
Elle fait partie d'une s�rie.
Peut-�tre bien.
Vous �tes celle qu'il a amen�e.
Voyez-vous, je veux commencer une collection.
J'ai le reste de la s�rie, alors...
Tr�s fut�e pour une femme.
Attendez ! Que voulez-vous exactement ?
Attention.
C'est une Yankee.
Je veux faire un march� avec vous.
Quel genre ?
Je vous la donnerai � une condition.
Laquelle ?
Posez une heure par jour pendant deux semaines.
Vous pouvez fixer l'heure.
Celui qui h�site est perdu.
Fais pas ton malin, petit !
Entendu ! Soyez l� chaque jour � 4 h.
- Sauf le dimanche. - Le dimanche aussi.
Le dimanche aussi !
Demain, � 4 h pr�cises. Mais � 5 h, on arr�te !
Il est coriace.
Vous �tes t�tue aussi.
Je sais.
Maintenant que je l'ai persuad�, je vais vous laisser. .
Vous �tes occup�.
J'ai quelques heures de travail.
en suis s�re.
A demain.
Entendu.
Au revoir.
M. Folger, arr�tez de gigoter.
J'ai jamais taill� de bois de ma vie.
�a fait de belles couleurs.
�a dure depuis une semaine.
Comme si j'avais que �a � faire.
Ne parlez pas. Je peins votre moustache.
Le brouillard arrive vite. Il faut que je rentre.
Encore une bonne excuse.
Je contr�le pas les �l�ments.
Je repasserai plus tard.
Vous avez presque fini.
C'est pas mal.
O� �tiez-vous pass� ?
J'�tais all� chercher du mat�riel.
Le brouillard arrive tr�s vite.
Vous ne repartez pas avec ce temps ?
Je me demande.
Vous feriez mieux d'attendre.
J'aimerais bien, mais M. Folger n'est gu�re hospitalier.
Allons donc, il a un coeur gros comme une maison.
Venez. Je porte �a.
Je ne d�rangerai pas ?
Il faudra vous occuper. J'ai du travail.
Ne vous inqui�tez pas.
Je peux entrer ?
Que voulez-vous ?
Le brouillard dure longtemps ?
�a d�pend. Une heure, deux heures. Peut-�tre deux jours.
Deux jours ?
Que fait M. Emerson ici ?
Il v�rifie le mat�riel.
avr� que vous soyez coinc�e ici.
Ce n'est rien.
�a vous ennuie si je visite ?
Il n'y a rien d'int�ressant, mais allez-y.
Merci.
Vous avez trouv� � vous occuper ?
J'explore.
Faites comme chez vous.
Je suis contente d'avoir a endu.
Peur du brouillard ?
Un peu.
�a donne un sentiment de solitude terrible.
�a ne m'ennuie pas d'�tre seule,
mais pas de me sentir seule.
C'est diff�rent, hein ?
Vous savez...
�a ne m'ennuie pas d'�tre seul, non plus.
En fait, j'ai choisi ce travail pour fuir les gens.
Je comprends.
Vous n'auriez pas peur si vous �tiez dehors.
Je vais vous montrer.
On dirait la fin du monde.
Il pourrait finir ainsi.
Je ne-me sentirais pas effray�e si c'�tait le cas.
Ni seule ?
Je savais que �a vous aiderait.
Je me demande ce que les gens feraient
si le monde finissait de cette fa�on.
Ils pourraient dire ce qu'ils ont toujours voulu dire.
Ils auraient le courage de le dire.
Par exemple ?
Des paroles franches.
Comme quoi ?
Comme vous dire que je ne tenais pas � peindre Eben.
Alors, pourquoi avoir fait tout �a ?
Parce que je voulais vous revoir.
Les gens seuls veulent des amis.
Ils doivent beaucoup chercher pour les trouver.
Ils ont du mal � trouver...
D'autres gens seuls.
Le brouillard se dissipe.
Ce n'�tait pas la fin du monde, apr�s tout.
Bonsoir, Bill. Merci de m'avoir ramen�e.
Je vous raccompagne.
Non, surtout as.
Je vous fais honte ?
Non, ce n'est pas �a.
J'ai beaucoup de choses � faire en chemin.
Vous ne me cachez rien, dites ?
Comment �a ?
Vous n'avez pas un mari, hein ?
Bien s�r que non ! Quelle id�e !
A demain.
Je ram�nerai le bateau au matin.
Merci. Bonsoir.
Quelle nuit parfaite.
C'est tellement beau.
J'aurais d� venir ici il y a des ann�es.
Vous �tiez fait pour tout ceci.
Je suis all� � une r�union d'anciens �l�ves l'an dernier.
La plupart de mes camarades de promotion
ont des boulots fabuleux i. , ls gagnent des fortunes.
Certains m'ont raill� d'�tre coinc� ici.
L'un d'eux m'a offert un emploi
pay� trois fois ce que ie gagne ici.
Je crois qu'il me plaignait.
S'il savait ce que ie pense de lui.
Vous avez trouv� votre place.
Je vous envie.
Vous �tes la premi�re � comprendre �a.
Ne renoncez jamais.
Je ne le voudrai jmais.
Venez voir le plus bel endroit.
Je n'avais jamais amen� personne ici.
�a a quelque chose de magique.
J'aimerais savoir peindre quand je suis ici.
Katie, vous arriveriez � saisir tout ceci ?
Non, je ne suis pas assez dou�e.
Si vous essayiez apr�s mon d�part ?
Votre d�part ?
Je change de poste dans une semaine.
Ces quelques jours ont �t� tr�s agr�ables.
J'ai pass� des moments merveilleux.
Vous me manquerez.
Vous me manquerez aussi, Katie.
Vous le savez.
C'est donc ici que vous habitez ?
J'ai atteint le portail, c'est d�j� �a.
Bonsoir, Bill.
- D�jeunons demain. - Si vous voulez.
Rendez-vous sur le quai � midi.
J'y serai.
Je ne serai pas absent longtemps.
Salut, frangine.
Pat, que fais-tu ici ?
Je n'arrivais pas � dormir. J'ai eu envie de papoter.
On n'a pas parl� depuis longtemps.
J'ai �t� occup�e.
Tu as du feu, Katie ?
Dis-moi la v�rit�.
Ce gardien de phare n'est pas �g�.
Si, sa barbe lui descend � la cheville.
Tu t'amuses bien ?
Un ennui mortel.
Va don � Hyannis.
Tous tes amis y sont.
Tu te d�barrasses de moi ?
Ne sois pas idiote.
Tu ne sais pas mentir.
Qui est-ce ?
Qui �a?
Pat, tu ne penses qu'� �a.
Tr�s bien, ne me dis rien.
Qu'as-tu fait ce soir ?
Il t'est arriv� quelque chose.
Tu chantais � tue-t�te sous la douche ce matin.
Et pour un vieux gardien de phare � la longue barbe,
tu passes un temps fou devant la glace.
J'ai vu le Hunky Dory au large cet apr�s-midi.
Tom Fraser est ici ?
Tom commence � �tre p�nible.
Tu ne disais pas �a le mois dernier.
C'�tait le mois dernier.
Il a un yacht fabuleux. Un atout pour lui.
es un bon parti, Pat.
Je ne l'�carterais pas totalement.
Tu le veux ?
Je connais mes limites.
Et je m'en contente tr�s bien.
Va au lit, Pat. Je suis �puiss�e.
Ce gar�on doit �tre merveilleux !
Je parlais de ton lit.
J'ai compris.
Je parie 10 $ que je te fais parler.
10 $ que tu n'y arrives pas.
Pas �tonnant que j'aie pas sommeil.
La nuit est divine. C'est la pleine lune.
Pas une soir�e � rester seule � la maison.
Il faisait assez doux pour sortir sans manteau.
Tu peins dans le noir, ma ch�re ?
J'aurais d� parier le double.
Mon c ou, si �a peut te soulager,
je verrai Tom les jours prochains.
D�juner sur le yacht et apr�s, qui sait !
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Bonjour.
Que fais-tu ici � cette heure ?
Tu es surton 31 .
J'ai rendez-vous ici � midi. .
Il est pas midi.
La voil�.
Mazette, elle est belle !
Je ne fr�quente pas es laiderons.
Boniour.
Katie, attendez.
Avez-vous oubli� notre d�jeuner ?
Non, je n'ai pas oubli�.
Pourtant, vous m'avez ignor�.
Comment aurais je pu oblier ?
Je dois envoyer es age au Hunky Dory.
Je reviens.
Dites � M. Fraser que je dois annuler.
Qu'il m'excuse.
Merci.
On peut aller d�jeuner.
J'ai cru que vous alliez me poser un lapin.
Vous savez que je ne ferais pas �a.
Vous vous �tes faite belle aujourd'hui.
Je me fais toujours belle quand j'ai un d�jeuner.
J'ai une id�e. D�jeunons � la villa.
Mais vous m'en tenez soigneusement � l'�cart.
Ah bon ?
Une femme a le droit de changer d'avis.
- Encore du caf� ? - Non, merci.
�a suffit comme �a.
C'�tait ne soir�e divine, hier,
n'est-ce pas ?
Oui.
Assez douce pour sortir sans manteau.
C'est juste.
Allons sous les arbres.
L'insigne qui vous convient: la fleur du c�libataire.
Vous avez tous les attributs du parfait c�libataire.
Je suis d�boussol� avec vous.
D�boussol� ?
Je ne sais pas comment l'expliquer.
Vous �tes sensationnelle. Je l'ai toujours su.
Mais c'est comme s'il avait manqu� quelque chose.
Je vais essayer de m'expliquer.
C'est comme si vous �tiez un g�teau...
Oui, un g�teau sans gla�age.
Et la plupart des hommes aiment le gla�age.
Vous comprenez ?
Aujourd'hui, mon gla�age vous pla�t.
Et comment !
Vous riez ?
Car vous me croyiez sans gla�age.
On ne m'avait jamais bern� � ce point.
Katie, vou savez que vous m'�tes tr�s ch�re.
J' ai peur que vous me sayez tr�s cher aussi.
J'ai tr�s envie d' une cigarette.
Vous n'avez pas de vision. C'est r�el
Bonjour, Bill. Vous �tes donc venu � notre rendez-vous.
Si vous voyiez votre t�te !
C'es tr�s malin.
Laquelle d'entre vous a ces id�es ?
Toujours moi.
Je le jure, Katie, j'allais avouer.
Tu es arriv�e une seconde trop t�t.
Une chance pour vous.
Un inconnu allait vous embrasser.
On nous confond tr�s facilement.
Votre soeur est tr�s dangereuse.
Elle pourrait soutirer des secrets � u sphinx.
Il faut que j'y aille.
Vous me raccompagnez, Katie ?
Mon bateau est � 4 h.
Vous partez?
Oui, je vais � Boston pour affaires.
Merci pour le d�jeuner...
Patricia.
Patricia.
- Bonjour, Mlle Bosworth. - Mme Minor.
Pat fait des choses insens�es.
Ce n'est rien, Katie.
Les Lippincott donnent un bal champ�tre demain soil.
Je serai rentr� � temps.
M'y accoampagnerez-vous ?
Avec joaie.
Je paasserai � 8 h.
Je serai pr�te
Journaux de Boston ! Bonbons ! Fruits !
Le journal.
Merci, madame.
Laquelle est-ce ?
Vous le savez.
Je le sais.
Et pour venir ?
J'ai pris l'avion.
Beaucoup de gens se rendent � Boston.
J'arrive.
Laquelle est-ce ?
Kate.
J'aimerais avoir une bible.
Je le jure sur mon honneur, c'est Kate.
Je voulais juste m'en assurer.
Il n'y a que des gens de l'�le ?
Non, tout le monde est invit�.
Je n'aipas dans� le quadrille depuis mon enfance.
On se marchera sur les pieds.
- Bonsoir, Bill. -M. Lippincott.
C'est le moment du changement de partenaires.
Je vous pr�sente Katherine Bosworth.
Enchant�e. Je vous remercie de me recevoir.
Passez une bonne soir�e. Allez-y.
Pat est l�.
En effet.
Comment a-t-elle su ?
J'ai d� lui en parler � Boston.
A Boston ?
Vous ne saviez pas que Pat �tait all�e � Boston hier ?
Non.
Bonsoir, Kate ch�rie.
Freddie, voici Bill Emerson. Mon cousin, M. Linley.
- Tu es venu avec Pat ? - Oui.
Cette passion soudaine pour la vie bucolique
ne lui ressemble gu�re.
Ma foi, �a a �t� rapide.
Allons prendre un verre d'eau-de-vie de pommes.
C'est du vrai de vrai.
Un m�lange de feu' liquide et e nitroglyc�rine..
Tiens. Bois �a et explose.
Bon, hein ?
On l'appelle "l'�clair du Jersey". Le tonnerre vient apr�s.
Quel idiot !
Tu veux danser ?
D'accord.
Quelle est la place de Pat dans ce puzzle ?
C'est une longue histoire. Je n'ai pas envie d'en parler.
Veux-tu faire une balade ? La soir�e est belle.
Puis-je: t'apportear du caf�? Tu le boiras ici.
Bon sang, dis quelque chose !
Ca ne te ressemble pas.
S'il compte tellement pour toi, bats-toi pour lui.
Je ne peux pas.
Dans ce cas, tu ne l'auras pas.
Pourquoi ne pleures-tu pas ? �a te soulagerait.
Dois-tu toujours laisser ta soeur te passer devant ?
Freddie, ram�ne-moi � la maison.
J'�tais s�re que tu dormais.
Tu nous as manqu�. Bill t'a cherch�e partout.
Je n'ai jamais su tourner autour du pot.
Qu'�prouves-tu pour Bill ?
Autant l'avouer, Katie.
Je suis folle de lui.
C'est r�ci roque.
Alors, c'est r�gl�.
Je suis d�sol�e.
Personne n'est fautif.
Bill t'adore, Katie.
Il dit que tu es extra et que vous vous �tes bien amus�s.
Arr�te !
�a ne te ressemble pas.
Pat, connais-tu Bill ?
Comprends-tu ce qu'il aime ?
La vie qu'il aime ? Ce qu'il r�ve de faire ?
Tu n'as .amais connu quelqu'un comme lui.
Quand il aime, c'est pour de bon.
Katie, je sais qui est Bill
et j'en suis folle.
Il faut que tu me croies.
Tu l'as dit toi-m�me, personne n'est fautif.
C'es comme �a, c'est tout.
Je te crois.
Je te souhaite d'�tre heureuse.
Va te coucher, Pat.
Avant que je me ridiculise.
Je t'en prie.
Mlle Patricia Bosworth �pousera M. William Emerson dimanche.
La ceremonie aura lieu a la chapelle St John.
Ne le regarde pas, Pat. Regarde l'appareil.
Relax, Bill. C'est juste ton mariage !
Ce sera bient�t fini.
Quel beau couple.
Le petit oiseau va sortir !
C'est bien, ne bougez plus !
Merci beaucoup.
J'aimerais porter un toast. Puis-je ?
Tout le monde est servi ?
A la plus belle mari�e de l'ann�e.
De toutes les ann�es. A Pat.
A Pat !
- Aucun regret ? - Tu plasantes !
A Freddie, le plus bel ange gardien de l'ann�e.
De toutes les ann�es.
Merci, mais tu en as trouv� un meilleur.
A Freddie!
Rendez-vous dans 20 mn.
Au revoir, Katie.
Au revoir, Bill.
Tous mes voeux de bonheur.
Merci.
Si votre pauvre m�re avait pu voir ce jour...
Je sais, Mme Johnson.
Puis-je faire quelque chose, Kate ?
Merci, Freddie, c'est gentil.
Ne t'inqui�te pas pour moi. Je voulais m'isoler un moment.
On ne doit pas rester ici. Retournes-y.
J'arrive dans une minute.
Oublie �a. Patricia, Bill, tout.
Tu ne peux rien y faire.
Je sais que je ne peux rie y faire.
Que vas-tu faire, Kate ?
M'occuper. Peindre.
Voil� qui est mieux.
C'est bien.
Vernissage de l'exposition des oeuvres de Katherine Bosworth
Kate ch�rie.
Je te pr�sente Sylvester Pringle.
Enchant�e de faire votre connaissance.
Je lis votre chronique chaque jour. Je suis une admiratrice.
Et j'admire votre travail.
Vous avez le sens de la couleur. Un c�t� Rousseau.
J'aimerais beaucoup. J' admire Rousseau.
Excusez-moi. Kate, connais-tu cet homme ?
Il n'est pas vraiment � sa place ici.
Je le chasse.
- S�rement un �tudiant. - Regarde-le.
J'ai �t� �tudiante aussi, autrefois.
Veuillez m'excuser.
Vous �tes dou�.
Necessit� est m�re d'invention.
Etes-vous artiste ?
Assez pour avoir mon id�e sur ces toile.
Vous �tes critique aussi.
Inutile d'�tre critique pour reconna�tre un amateur.
Comment pouvez-vous affirmer que c'est un amateur ?
Personne n'est dupe.
L'assistance ne semble pas partager votre avis.
Ce rasseblement de copains ?
Vous les avez entendus jacasser ?
"C'est divin ! Splendide !"
Autant vous le dire, j'ai peint ces toiles.
Vous avez mis du temps � le dire.
Comment �tes-vous entr� ?
Par la porte.
Vous avez pris cette peine ?
J'avais faim et soif.
Que faites-vous ?
Je peins.
Vous �tes donc artiste.
Je n'ai jamais eu d'exposition.
Jamais eu la possibilit�.
Si jamais, que feriez-vous ?
C'est une offre .
Votre travail me montrerait si vous �tes un imposteur.
Venez le voir.
- Maintenant ? - Maintenant ou jamais.
C'est loin ?
Pas si vous payez le taxi.
Je prends mon manteau. Rendez-vous dehors.
Vous �tes �puis�e apr�s cinq �tages ?
Entrez.
Ne vous inqui�tez pas. C'est strictement intellectuel.
Il y en a d'autres sur la table.
J'en ai assez vu.
Mon travail ne pla�t jamais � ceux de votre esp�ce.
Oubliez la lutte des classes et laissez-moi parler.
Allez-y.
Je vous dois des excuses. Vous n'�tes pas un imposteur.
Et maintenant, je dois saluer bas ?
Comment vous appelez-vous ?
Karnok.
Pas d'autre nom ?
Un seul suffit.
Si je vous d�plais tant, pourquoi me montrer votre travail ?
Vous me l'avez demand�.
Vous avez lou� mon travail,
je vais devoir louer le v�tre.
Qu'a-t-il de mauvais ?
Tout.
Parce que vous �tes raide, repli�e sur vous-m�me, apeur�e.
M�me pas une femme, je parie.
Je connais votre esp�ce.
Un de vos anc�tres a gagn� beaucoup d' argent.
Son fils en a gagn� encore plus.
Puis son fils a d� apprendre � le d�penser.
Depuis, �a a s�rement continu�.
Et vous voil�, derni�re de la lign�e,
peintre � vos heures et artiste avec un grand A,
alors que moi qui suis dou�,
je ne peux pas acheter de bon papier,
ni de fusain, sans parler des peintures !
Pourquoi ne suis-je m�me pas une femme ?
�a les pique toujours au vif.
On peut critiquer le travail d'une femme,
mais si on insinue qu'elle n'est pas ardente...
attention !
Que voulez-vous dire ?
Voil� ce que je veux dire.
Je ferais mieux de partir.
Bonsoir, M. Karnok.
Vous n'�tes pas un cas d�sesp�r�.
Tr�s encourageant !
On se reverra.
Les pieds immobiles.
Pas de regard oir.
Quel culot de venir caommander ici !
J'en ai ma claque, de vous.
Tu parles trop.
Karnok, vous �tes trop dur.
J'ai le droit de donner mon avis.
Pas avec ta cervelle.
J'arr�te de poser pour vous !
On a tous besoin d'une pause.
J'avais dit que �a ne marcherait pas.
Pourquoi s'emb�ter avec des mod�les ?
On aurait d� sortir, peindre ce qu'on voyait !
�a ne vaut rien.
Il faut essayer autre chose. La pose est mauvaise.
Allons, c'est excellent ! Bien meilleur que mon travail.
Arr�tez les compliments.
Regardez �a. Regardez !
Venez.
Regardez ce bras. On dirait un tronc d'arbre.
Il y a un os sous cette chair !
Vous ne peiganez pas des pommes, mais un �tre humain !
Faites une femme vivante !
Arr�tez de la brutaliser.
Elle s'en sortait bien avant votre arriv�e.
J'ai une question � poser au grand g�nie.
Vous avez d�j� vendu ?
Fiche le camp !
Le plus vite sera le mieux.
C'est pas votre faute, Mlle Bosworth.
Karnok, il faut qu'on mette les choses au point.
Vous pouvez utiliser cet atelier � votre guise.
Mais pas si vous chamboulez tout et tout le monde.
Tr�s bien, je vous laisse � votre petite vie confortable !
Arr�tez d'�tre aussi mufle !
J'accepte que vous humiliiez mon travail.
Je le veux, m�me. Mais pas ma personne.
Et je vous interdis d'humilier qui que ce soit ici.
C'est bon, calmez-vous.
Remettez-vous au travail.
Je ne sais pas quoi faire.
A l'heure pour le th� ?
Qu'est-ce qui t'am�ne ?
Je passais vour comment tu allais.
Je fais servir le th�.
Freddie, voici M. Karnok qui m'enseigne la peinture.
M. Karnok, mon cousin, M. Linley.
On prend le th� ou on travaille ?
On prend le th�.
Asocial, ce gar�on.
Tu progresses, Kate ?
Non.
C'est vous qui lui donnez des le�ons ?
Freddie, cette remarque montre ton ignorance.
Je veux entendre ce qu'il a � dire.
Merci. Je suis juste curieux de savoir si c'est un oeil.
Il est a bon endroit. C'est forc�ment un oeil.
- Mais en est-ce un ? - Oui, c'est un oeil.
Allez boire votre th�.
Apr�s, on pourra travailler.
Ceci confirme tout ce que j'ai entendu dire.
Comment �a ?
Le bruit court que tu es sous l'influence
d'un Raspoutine du pot de peinture.
Exactement le genre de bruit que les gens font courir.
Posez le th� ici, Jenny.
M. Emerson est au t�l�phone.
M. Emerson ?
Oui, Mlle Bosworth.
Excuse-moi.
Katie, je viens d'arriver en ville.
Comment allez-vous ?
Tr�s bien. Et vous ?
�a va.
Pat est avec vous ?
N. on, je suis l� pour affaires.
Pouvez-vous me retrouver chez McCall ?
Oui, bien s�r.
Je ne d�range pas ?
Vous ne d�rangez rien du tout !
Quand ?
J'arrive tout de suite.
A tout � l'heure, Katie.
�a faisait une �ternit�.
Oui, �a faisait longtemps.
- Comment va Pat ? - Elle va bien.
Que voulez-vous acheter ?
Son cadeau d'anniversaire.
Vous pourriez me dire ce qui lui plairait.
Pourquoi pas de la lingerie ou un d�shabill� ?
Tr�s bien.
C'estaau deuxi�me �tage.
Que faites-vous ici ?
J'organise un voyage au Chili.
Face � la porte.
Le Chili est bien loin de la Nouvelle-Angleterre.
Un nouvel emploi ?
Pat vous accompagne ?
Oui.
Deuxi�me �tage.
Cet emploi a un rapport avec l'inspection des phares ?
Vous vous souvenez du boulot qu'un ami m'avait offert?
Oui. Je m'en souviens tr�s bien.
J'ai fini par l'accepter.
Une occasion en or. Un gros salaire.
Puis-je vous aider ?
Non, merci, on regarde.
Tr�s bien, madame.
Je n'arrive pas � vous imaginer loin de l'�le.
Je devais gagner plus d'argent.
C'est le genre de Pat.
C'est joli.
Puis-je vous aider ?
Essayez-le, Katie.
Ce style vous va � ravir, madame.
Il ira � merveille � Pat.
Quel cr�tin !
Qu'y a-t-il ?
C'est aussi votre anniversair demain.
Evidemment.
Je veux vous faire un cadeau.
C'est gentil, mais non.
Rien ne vous tente dans le magasin ?
Non, merci infiniment.
- Vous �tes s�re ? - Oui.
Je le prends. Combien ?
69,50 dollars.
Puis-je faire un ch�que ?
Bien s�r, sur le bureau dan le hall.
- Voulez-vous un paquet-cadeau ? - Oui.
Venez, Katie.
Je pense que �a lui plaira.
Je pars ce soir. Je veux aire la surprise � Pat.
Je suis idiote. J'ai compl�tement oubli� un rendez-vous.
Je dois y aller.
Prenons un verre avant mon train.
Je regrette, je n'ai pas le temps.
J'ai �t� heureux de vous revoir.
Moi aussi.
Et merci de m'avoir aid�.
C'�tait amusant. Au revoir, Bill.
Embrassez Pat pour moi.
Qui est cet Emerson ?
Karnok, que faites-vous ici ?
Je vous attendais.
J'ai fait du charme � la cuisin�re pour manger.
O� �tiez-vous ? Il est 11 h pass�es.
Je suis all�e au cin�ma,
je me suis promen�e dans le parc.
Pas de d�ner ?
Non, jen'avais pas faim.
O� est ce type ?
Parti.
Approchez, je veux vous parler.
Aucun homme n'en vaut la peine.
Prenez un verre.
Non, merci, Karnok.
J'ai beaucoup r�fl�chi � nous deux.
J'ai enfin compris.
La peinture sert � remplacer autre chose, hein?
Vous serez content de savoir
que j'ai pris une d�cision.
Je suis une artiste de 3e ordre. Je le serai toujours.
Ne vous tracassez plus pour moi.
Que ferez-vous ?
Je l'ignore. Je ferai quelque chose. J'irai quelque part.
Je n'ai pas d�cid�.
Vous fuyez toujours.
Normal que vous l'ayez perdu.
Je refuse d'en parler, Karnok.
Vous �tes trop ferm�e pour s�duire.
Je n'ai pas tou.jours �t� comme �a. Les gens changent.
Vous vous souvenez de mes paroles dans ma chambre ?
Parfaitement bien.
Je vous plaisais. Mais vous avez eu la frousse.
Karnok, votre pr�tention me stup�fie, parfois.
L'homme a besoin de la femme. La femme, de l'homme.
Tout le reste en d�coule. L'art, la musique, tout !
Mais les femmes comme vou.s veulent en faire tout un plat.
Un homme doit suffoquer pour vous, vous voulez la passion !
Oui.
Ne jouez pas � ce petit jeu avec moi.
Ouvrez les yeux.
Laissez-moi tranquille.
Vous n'�tes pas en train de me fuir ?
Franchement !
C'est mieux.
Je suis d�sol�e, Karnok.
Je suppose que c'est la passion ou rien.
Karnok, je vais aller sur l'�le quelque temps.
- Combien vous dois-je ? - 75 cents.
- Gardez la monnaie. - Merci bien.
Pat, je te croyais au Chili.
Je n'ai pas pu y aller.
Freddie a re�u mon t�l�gramme ?
Il passe quelques semaines � New York.
Je l'ignorais.
Tu as l'air fatigu�e. Un probl�me ?
Aucun en particulier.
J'ai lu des articles sur ton exposition.
J'aurais d� aller la voir.
M�me si je n'y connais rien.
Je ne distinguerais pas un Rembrandt d'un Renoir.
Ne me dis pas que tu fumes !
Pourquoi n'as-tu pas pu ?
J'avais un rhume affreux.
�a ressemblait � la grippe.
Quel dommage ! Bill se faisait une joie a de ce voyage.
Bill est tellement naif.
Mais c'est Bill.
La naivet�-est lassante au quotidien.
Tu ne veux pas monter ?
Tu n'as rien dit sur ma tenue. Je deviens une grande sportive.
J'apprends � faire du voilie.
Je veux voir ca.
Je te le prouverai.
Pourquoi ne poses-tu pas ton chapeau ?
On pourrait aller vers Dragonhead ton ancien repaire.
Comme tu voudras. C'est toi le capitaine.
Je hisse le foc.
Et moi, la grand-voile.
Je vais tourner, Katie.
Alors, ton capitaine?
Il est pas mal.
Pouquoi fais-tu du bateau?
�a ne t'avait jamais int�ress�e.
Je serais morte d'ennui sinon.
Tu as un petit ami?
Porquoi es-tu venue, Pat?
Je voulais revoir toute la bande.
On d�jeune sur le yacht de Tom Fraser, demain.
La brise est forte, Pat. Tu peux te debrouiller ?
Bien s�r, c'est excitant.
Tu vas �tre servie.
On va vers du gros temps.
Formidable ! On va voir qui est la plus forte !
Attention, je vais lofer.
�aa se g�te vraiment, Pat.
Faisons demi-tour.
Pas question !
Ram�ne la grand-voile.
Je r�vais de naviguer dans la temp�te.
Tu es folle.
Oui, et alors !
Il ne manquait plus que le brouillard.
On aurait d� faire demi-tour.
Trop tard. Il faut qu'on s'approche du phare.
Attention, une grosse vague !
J'aurais d� insister pour rentrer.
Je m'occupe des �coutes !
On va vers le r�cif !
En arri�re ! Sous le vent !
Tiens bon !
Attention, Katie !
Le r�cif, Pat !
Mets-toi au fond du bateau !
Pat !
Quand vous en �tes-vous aper�u ?
J'�coutais la radio.
Il y avait un vent terrible et j'ai entendu crier.
Vous �tes all� � la fen�tre ?
Vous parlez trop fort.
Compris, madame.
J'ai vu le bateau aller sur les rochers.
La grand-voile �tait en lambeaux.
Ne parlez pas si fort. Elle a besoin de dormir.
C'�tait pas un temps � sortir.
Elles ont d� avoir un probl�me en mer avant.
J'ai appel� les gardes-c�tes.
Laquelle des deux manoeuvrait ?
J'�tais infichu de les distinguer.
Parlez-plus bas.
Oui, madame.
Une fois sur place, vous avez vu le corps de l'autre ?
On a pas vu le corps. On l'a toujours pas vu.
Doucement, tout va bien.
Vous devez rester bien au chaud et tranquille.
J'ai essay� de la remonter.
Mme Emerson, nous savons tout �a.
Mme Emerson ?
Je suis enqu�teur.
J'ai recueilli la d�position de M. Folger, le seul t�moin.
Vous �tes chanceuse. C'�tait un terrible accident.
Votre soeur est venue vous voir hier, exact ?
Vous l'avez emmen�e en mer ?
Elle est boulevers�e. Laissez-la tranquille.
Elle a raison.
Mme Emerson, pensez � M. Bill.
Pensez � sa peine si �a avait �t� vous.
Vous connaissez Bill, Eben. Parlez-lui.
Je veux vous parler un peu.
Depuis l'accident, vous �tes alit�e
et vous n'arr�tez pas d'appeler Bill.
Vous r�p�tez que vous avez essay� de la sauver.
Bill vous accusera pas. Mettez-vous �a dans la t�te.
Voyez �a comme �a.
Si le bon Dieu avait voulu vous prendre, vous,
il l'aurait fait.
J'aimais beaucoup votre soeur.
Je le montrais pas beaucoup, mais c'est la v�rit�.
Mais c'est vous que Bill a toujours aim�e.
Et vous avez �t� �pargn�e.
On discute pas avec la volont� du Seigneur.
R�tablissez-vous et soyez une bonne �pouse.
C'est ce qu'elle aurait voulu, je peux vous le dire.
M. Linley est ici.
Je vous laisse, mais pensez � ce que je vous ai dit.
Vous pouvez lui parler.
Je ne te parlerai pas longtemps, tu es fatigu�e.
Tu me comprends, Pat ?
Bill rentre.
J'ai attendu tout l'apr�s-midi la r�ponse � mon t�l�gramme.
Il arrive � New York par avion vendredi.
Vendredi.
J'�tais s�re qu'on allait �tre en retard, mais non.
Je dois �tre affreuse � voir.
Vu les circonstances,
Bill ne s'attend pas � te voir resplendissante.
Le vol 7 de la Pan American arrive porte 2.
- C'est l'avion de Bill ? - Oui.
Je me sens mal. Je vais prendre un verre.
Un martini, c'est �a, Pat ?
Oui, Freddie.
- �a va ? - Oui, merci.
Un martini.
Le voil�.
Bois ton verre tranquillement. Je vais chercher Bill.
Bonjour, Pat.
C'�tait inutile de venir me chercher.
Allons, ne sois pas b�te.
Je suis vraiment d�sol� pour Kate.
On doit rester quelques jours � New York
pour que je r�gle ses affaires.
�a me convient. J'ai du travail � faire ici.
Tu as fait bon voyage ?
- Bonjour, Mme Emerson. - Bonjour, Alice.
- Mme Johnson. - Toutes mes condol�ances.
Voulez-vous monter ? On a pr�par� votre chambre.
Non, merci. On va prendre un verre.
J'en ai besoin. Et toi, Freddie ?
Pas pour moi. J'ai un rendez.-vous.
Ne nous laisse pas !
Je passerai demain.
Tu n'es pas tr�s sociable.
Au revoir. N'h�sitez pas � m'appeler.
- Merci pour votre aide. De rien.
- A demain, Freddie. - Entendu, Pat.
Passons � la biblioth�que.
Freddie est tr�s affect�. Je l'avais jamais vu comme �a.
Je comprends ce qu'il ressent. C'est tr�s �trange sans Kate.
Un scotch ?
Tu sais que je bois du bourbon.
Oui, bien s�r.
Tu as l'air fatigu�.
Je pensais � Kate.
Je n'arrive pas � y croire.
Elle comptait � ce point ?
On �tait tr�s bons amis.
�a ne signifie pas que je l'aimais.
Elle le savait.
Comment le sais-tu ?
Elle m l'avait dit avant le mariage.
Tu m'as beaucoup manqu�.
Je suis contente que sois rentr�.
Je regrette de n'�tre pas all�e au Chili.
Rien a chang� entre nous.
Je suis revenu � cause de la mort de Kate.
Pourquoi cet �tonnement ?
Ne fais pas semblant d'avoir oubli�.
Je n'ai pas oubli�.
Mais je pensais que peut-�tre...
Je ne suis pas all� directement � l'h�tel pour te m�nager.
C'est f�cheux que l'accident ait eu lieu, mais...
quand les affaires de Kate seront regl�es,
tu devrais aller � Reno pou qu'on en finisse.
Que se passe-t-il ?
Je vais voir.
Personne ne m'a jamais parl� de cette fa�on !
Vous donnez des ordres � tout le monde.
Vous �tes un bon � rien !
Dehors ! Ne posez pas vos pattes sur mon travail !
Mlle Patricia, Mlle Kate laissait cet homme utiliser l'atelier
et il ne part plus.
Du balai !
Laissez.
Tr�s bien.
Vous �tes Patricia.
Oui.
Elle vous disait plus jolie. Je ne vois gu�re de diff�rence.
Sauf peut-�tre autour des yeux.
Entrez une minute.
S'il vous pla�t.
Les yeux sont parfaits. Je croyais les v�tres diff�rents.
Mais non. Absolument pas.
Asseyez-vous.
Regardez-moi.
J'exasp�rais votre soeur.
C'�tait une sacr�e femme.
Regardez-moi.
C'est incroyable.
Quelqu'un arrivait � vous distinguer ?
Non. Pas m�me Bill.
Bill qui ?
Mon mari, Bill Emerson.
C'est donc lui, Emerson.
Dommage que Kate n'ait pas �t� plus combative.
Vous n'aimiez gu�re votre soeur.
- Pourquoi ? - C'est vrai, non ?
Non.
Vous vous �tes toujours d�test�es.
C'est un antagonisme parfaitement naturel.
Vous pouviez avoir tous les hommes. Vous avez voulu le sien.
Kate n'a jamais dit �a.
Comment le savez-vous ?
Elle n'aurait jamais dit �a.
Elle n'avait rien � me dire. Je la connaissais.
Excusez moi.
Un ami de Kate peint son portrait dans l'atelier.
Je posais pour lui.
Cette maison me rend soudain nerveuse.
J'aimerais all�r � Boston ce soir.
Je reviendrai pour tout r�gler.
Je comprends.
J'irai � l'h�tel. �a nous �vitera pas mal de g�ne.
Mme Johnson doit refaire mes bagages.
Le divorce peut attendre ton retour � Boston ?
Je n'arrive pas � r�fl�chir.
A quoi veux-tu r�fl�chir ?
Je veux une autre chance.
Tu crois la m�riter ?
Peut-�tre pas.
Tes premi�res paroles franches.
Laisse-moi essayer.
D'accord.
Tu changeras s�rement d'avis une fois � la maison,
mais en attendant, �a fera l'affaire.
Merci, Bill.
Ne m'accompagne pas � la gare. Je pr�f�re y aller seule.
Dis � Freddie que je suis partie.
Pr�viens- Q .moi de ton arriv�e. ue to. udt soit pr�t pour toi.
Au revoir, Bill.
Au revoir, Pat.
Bonsoir, Mme Emerson.
On n'a pas eu beaucoup de temps pour mettre la maison en ordre.
Je sais.
Tout a l'air parfait.
Merci, madame.
On ne vous attendait pas de sit�t.
M. Emerson sera l� dans un jour ou deux.
Je le croyais parti pour l'�t�.
Mike s'est ennuy� sans vous.
Va voir ta ma�tresse.
Qu'est-ce qui te prend ?
Mike semble m'avoir oubli�e.
Vous montez dans votre chambre ?
Vous avez des messages.
M. et Mme Devereaux ont appel�.
Ah bon ?
Ils partent demain.
Je les appellerai plus tard.
M. Talbot a envoy� les roses.
Il appelle chaque jour depuis l'accident.
Je me suis permise de lui dire que vous rentriez.
Je pense qu'il attend votre appel.
Je verrai �a plus tard.
Vous d�ferez mes bagages demain matin.
Je l'appelle ?
M. Talbot ! Il sera au num�ro habituel toute la soir�e.
J'a dit plus tard.
Tr�s bien, madame
Ma ch�rie, il faut que je te voie !
Tiens.
Tu es un chenapan.
Rappelle-toi ce que je t'ai dit.
Il faut que tu sois mon ami.
Bonjour, M. Emerson.
Montez mes affaires, Lucy.
Je sers les cocktails ?
Oui. Nous d�nero s dans une heure.
Oui. Nous d�nerons dans une heure.
Salut, Mike !
- Tu as l'air repos�e. - Je le suis.
On t'a pr�par� un d�ner.
On reste ici ce soir ?
Ce sera amusant.
Oui, bien s�r.
Je monte me rafra�chir.
C'est fabuleux de te voir.
Tu es mon ami !
Sers-toi de lait et de sucre.
Ton tabac.
Alma est un vrai cordon-bleu. On a de la chance de l'avoir.
C'est vrai.
Mike s'ennuyai beaucoup sans moi.
N'est-ce pas, Mike ?
Je sais que c'est aussi dur pour toi que pour moi.
Mais non, Bill. J'aime �tre ici avec toi.
Tu me crois, hein ?
Je le veux.
Tu le sais.
Et Talbot ? Tu l'as vu ?
C'est la chose la plus importante � r�gler entre nous.
Je ne veux pas le voir.
Tu ne crois pas que tu lui dois �a ?
Dis-lui que tout est fini.
Ou n'est-ce pas fini ?
Si, Bill ! Je le jure!
Il m'a t�l�phon� 2 ou 3 fois et m'a envoy� des fleurs.
Je n'ai pas r�pondu, c'�tait la meilleure solution.
Tant que tu n'as pas r�gl� �a pour de bon,
nous n'avons plus rien � nous dire.
Bonjour, Mme Emerson.
Bonjour. Pourriez-vous dire � M. Talbot que je suis l� ?
Il est chez lui.
Merci.
Bonjour, ma ch�rie.
Je prends ton manteau ?
Oui, merci.
Un martini ?
Je n'en ai pas envie.
Je sais que j'aurais d� t'appeler.
Lucy m'a dit que Bill �tait rentr�.
J'avoue que �a m'a surpris,
vu la situation.
Il est rentr� hier soir.
Et je deviens quoi ?
J'ai quelque chose � te dire.
Je suis toujours amoureuse de Bill.
Je suis d�sol�e.
Parfait ! Tu fiches ma vie en l'air et tu es d�sol�e.
J'ai demand� le divorce pour toi.
Tu n'imagines pas qu'il y a des gens sinc�res ?
Je ne t'ai pas vue depuis des jours.
Il y a autre chose.
Non, il n'y a rien, crois-moi. J'aimerai toujours Bill.
Tu ne peux pas dire �a apr�s ce qu'on a v�cu !
Ce n'�tait qu'un interm�de pour toi ?
Oui, c'est ce que c'�tait.
Sale petite garce !
Tu me traites comme tous les autres.
J'�tais au courant.
Les gens ont entendu parler de tes frasques sordides.
Tu n'es pas tr�s discr�te.
Fiche le camp !
Je ne peux pas l'affronter.
Je ne peux pas !
Pourquoi cette valise ?
Je pars, Bill.
Pourquoi ?
Tu avais raison. �a n'aurait pas march�.
J'aurais d� le savoir.
Tu as vu Talbot.
Tu l'aimes toujours ?
Je ne veux pas en parler.
Alors, pourquoi pars-tu ?
Bill, tu ne peux pas vouloir que je reste.
Pas apr�s...
Tu as dit que la seule chose � r�gler, c'�tait Talbot.
Mais les autres qui sont bien pires ?
Tu �tais au courant. Ou alors, tu �tais idiot.
Ne sais-tu pas que tu es la ris�e de la ville ?
Bonsoir, ma ch�re.
Donne-moi ton manteau.
Ta chambre est pr�te.
C'est gentil, Freddie. J'esp�re que je ne te d�range pas.
Allons, donc ! Sale temps, ce soir, hein ?
J'aime bien le brouillard.
Tu as l'air �reint�e. Veux-tu du th� ?
Non, merci.
Je ne sais pas quoi dire.
J'avais tant de choses � te dire.
Vois-tu, j'ai quitt� Bill.
Ce n'est pas ce que je voulais dire.
Si je te disais que...
Attends.
Je crois que je sais ce que tu veux me dire, Kate.
Tu le savais ?
J'ai eu des do tes apr�s l'accident.
Mais j'ai essay� de les chasser.
Puis quand tu as appel� pour dire que tu venais,
�videmment, j'ai su.
C'est incroyable que tu aies fait une chose pareille.
C'�tait ma seule chance d'�tre heureuse.
Mais tu n'as jamais �t� une menteuse.
Tu pensais vivre sur un mensonge ?
Je n'ai pas r�fl�chi.
J'ai laiss� les choses se faire.
C'�tait si simple au d�but.
Personne n'allait souffrir.
Mais quand j'ai d�couvert comment...
comment Pat avait trait� Bill,
je n'ai pas pu continuer.
Elle lui a fait tellement de mal. Il n'oubliera jamais.
Quoi que je fasse, ce sera toujours l�.
Et maintenant ?
Je ne sais pas.
Je veux �viter qu'il souffre.
Avec un homme comme Bill, la v�rit� est la seule solution.
Tu me pardonnes si je vais dans ma chambre ?
Bien s�r.
Vois-tu, Freddie, Bill ne m'a jamais aim�e.
Je n 'avais jamais amen� personne ici.
J'aimerais savoir peindre
quand je suis ici.
Katie, vous arriveriez � saisir tout ceci ?
Vous me manquerez aussi, Katie. Vous le savez.
Katie !
Je savais que je te trouverais ici.
Alors, tu sais ?
Oui, je sais.
Comment te demander de me pardonner ?
Tu n'as rien � me demander.
Tu n'as rien � me dire.
Tu as d�j� tellement souffert pour nous deux.
M�me au phare, cette nuit-l�, tu savais.
C'�tait moi qui ne savais pas. Je n'�tais pas pr�t.
Je suis tomb� amoureux de Pat, mais �a n'allait pas.
Nous sommes faits l'un pour l'autre.
Je le sais maintenant.
Oublions tout ce qui est arriv�,
comme si on n'avait jamais quitt� l'�le.
Tu veux bien ?
Katie, je t'aime tellement.
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