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Rire.
Mon p'tit mari, embrasse-moi.
Mais...
Ta mère sera d'accord, au moins ?
Bien sûr, gros nigaud !
Alors, viens !
Au revoir, Romilda. - Au revoir.
Écoute, euh... J'allais oublier.
Maman m'a toujours dit...
...qu'un jeune ménage avait besoin de 50000 lires au moins,
...pour s'établir. Comme je n'ai pas de dot,
. je crois qu'elle sera exigeante là-dessus.
Tu peux en parler à ta mère ? - Mais oui.
- Oui ? - Oui, oui !
Je vous salue, ma tante. La vie est belle !
La vie est belle ?
Imbécile !
On entre.
Bonjour, maman !
Qu'est-ce que tu as ?
Tu as l'air soucieuse. - C'est une idée, mon chéri.
- Ah bon ! Parce que je suis si heureux, aujourd'hui !
Maman, embrasse-moi.
J'épouse Romilda.
Comme ça ?
Tout de suite ?
Tout de suite.
Comme tu es pressé, mon chéri.
Ces choses ne se traitent pas à la légère.
- Je ne les traite pas à la légère, je me suis engagé.
- Quand vous marieriez-vous ? - Le temps d'envoyer les faire-part.
- Tu sais que Romilda, enfin, sa mère, est gênée.
Très gênée. - J'épouse Romilda sans dot !
Ah ?
- J'apporterai tout, c'est bien plus simple.
J'ai promis... - Combien ?
50000 lires.
C'est pas trop ?
Tu ne seras pas gênée ?
Mais non, mon chéri.
Mais non, pourvu que tu sois heureux !
Tu es heureuse ?
Romilda ?
Bien sûr, maman.
Tu le sais bien.
Tu n'en as pas l'air.
Si, j'en ai l'air.
Tu as bien spécifié 50000 lires ?
Hein ? - Oui.
Ce n'est pas assez ?
C'est très bien.
Embrasse-moi, mon enfant.
Ambiance joyeuse.
- En ma qualité de directeur du "Petit Écho de Miragno",
...je vous souhaite tout le bonheur qui...
Enfin, tout le bonheur que...
Tout le bonheur possible !
Éclats de rire.
Car vous êtes unis comme la vigne l'est à l'ormeau.
Le jeune ormeau, c'est vous, Mathias.
La vigne grimpante, c'est vous, Romilda !
Tintements.
Ah, la vigne capiteuse,
...d'où l'on tire ce vin que je bois à votre santé,
...parce que...
Parce que... je meurs de soif !
Éclats de rire.
L'orchestre joue.
Très bien, mon cher directeur,
...votre image du jeune ormeau et de la vigne grimpante !
- Merci. Le jeune ormeau sera vite étouffé par la vigne grimpante !
- Une vigne qui n'est pas une vigne vierge !
Bravo, mon cher !
Voilà du bon journalisme !
- C'est gai, ici. On se marie, on danse.
En attendant, v'là une petite note, pour les mariés.
La facture de champagne. - Viens à la fin du mois.
- A la fin du mois, vous serez plus ici.
- Qu'est-ce que tu dis ? - C'est mon patron qui le dit.
Qu'est-ce qu'il a dit ?
- Que M. Malagna s'installerait ici à la fin du mois.
- Tu permets ? - Oui.
- Mme Mathias Pascal, m'accordez-vous cette mazurka ?
Je suis fatiguée.
Oh non... - Allons !
Vous en mourez d'envie. - Taisez-vous.
- Quand on a dansé la gigue ensemble dans la campagne,
...une mazurka, ça se refuse pas. - Tais-toi.
- M. Mathias ? - Qu'est-ce que c'est ?
Pardon.
Une facture, déjà ?
Vous ne perdez pas de temps !
Venez avec moi.
Romilda éclate de rire.
Romilda ? Tiens, sois gentille.
Paye le mousseux.
- Avec quoi ? - Avec quoi ?
Tu n'as pas déjà acheté pour 50000 lires de chapeaux ?
- Il est bête ! Maman a l'argent. - Ta mère ?
Oui, elle nous le garde.
Eh bien, venez avec moi.
- Puisque vous acceptez d'être le banquier de vos enfants,
...voici déjà un créancier.
- Qu'est-ce que c'est ? - Le champagne de la noce, madame.
Avec quoi le paierais-je ?
Romilda m'a dit que...
- Je ne distrairai pas un centime des 50000 lires !
Cet argent est sacré.
Mais nous vous autorisons.
- Vous m'autorisez ? - Oui.
Ah ! Il est tordant.
- C'est bien joli, mais... mon champagne ?
Qui va le payer ?
Je vous en prie, Malagna, payez.
Cette scène est ridicule. - Je ne puis rien faire.
Si vous m'aviez écouté... - Comment ?
- Pour le mariage, nous avons dû hypothéquer vos derniers biens.
- Même le domaine de l'Épinette ? - Tout, madame.
Mais alors, nous sommes ruinés ?
Quoi ? Ruinés ?
Vous êtes... Nous sommes ruinés ?
C'est le bouquet !
Vous le saviez ! Vous nous avez roulées !
- J'ignorais que nous devions tant d'argent.
- Qui bénéficie de l'hypothèque ? - J'ai cru bien faire.
- C'est lui, le blaireau, le chacal !
Jean-foutre systémique ! Oh, le charognard !
Il est revenu, mais je n'étais pas là, tu as signé, imbécile !
- Mais j'en ai assez ! Je ne vous connais pas, moi !
Oh ! Chac... Chac...
Le chacal ! Le...
Voyou !
- Puisque c'est vous qui avez la galette...
- Entendu, je paie le champagne, c'est régulier.
Il ricane.
- Évidemment ! C'est pas le domaine de l'Épinette, ici.
Vous l'avez laissé vendre...
- Je ne voulais rien devoir à personne.
A personne, chère madame ?
Il ne fallait pas emprunter !
- Je suis très touchée. Je vous remercie...
...de l'hospitalité... - L'hospitalité !
On n'allait pas vous laisser à la rue !
Romilda !
Laisse Mathias se servir lui-même.
Tu es sa femme, pas sa bonne.
Vous l'avez drôlement élevé, votre fils.
Un feignant ! Vous en avez fait un feignant !
- Mathias est si jeune... - C'est en chassant des papillons...
...qu'on nourrit 4 bouches ? Vous ne répondez pas ?
Vous nourrirez votre famille de sauterelles ?
Romilda pouffe. - Ah, madame !
Je travaillerai.
Ha ! A quoi ?
Excusez-moi.
Travailler, travailler...
S'il croit trouver un imbécile pour l'employer !
Mathias soupire.
Tu as du chagrin, Mathias.
Sois tranquille, tout s'arrangera, va.
Mme Pescatore est un peu vive.
Mais au fond, c'est peut-être un coeur excellent.
Maman...
- D'ailleurs, tu n'as pas épousé la mère !
Hein ?
Et puisque Romilda t'aime...
Va la retrouver, mon chéri.
Va.
Bonsoir, Romilda.
Bonsoir.
Quoi, tu veux pas m'embrasser ?
Si. Tiens.
Maintenant, laisse-moi, je suis épuisée.
- Écoute, Romilda... - Tu m'ennuies !
- J'ai pas de conseil à vous donner, Mathias,
...mais les nouveau-nés ne se nourrissent pas d'insectes.
Attention. Romilda éclate de rire.
Mathias rit jaune.
Il pleure.
Elle a raison !
Bonjour, monsieur le maire.
- Mon cher Mathias, vous avez de la chance.
- Vraiment, vous auriez quelque chose ?
Oui, tenez, asseyez-vous.
Vous aimez les livres ? - Les livres ?
- Oui, les grands, les gros, les bouquins de toute sorte !
Nous en avons plus de 60000 dans la bibliothèque.
Vous entendez ? 60000, qu'il faut classer, arranger, cataloguer.
Voulez-vous vous en charger ? - Mais...
- Le bibliothécaire est trop vieux, je le mets à la retraite.
Ça vous convient ?
Le fossile vous mettra au courant. Vous serez bientôt...
...le grand manitou de la culture de Miragno !
Eh bien, j'accepte, M. Le maire.
Mais, pourrais-je savoir dès maintenant le...
- Combien vous gagnerez ? - Oui.
- Bon. Êtes-vous exigeant ? - Oh, non...
Mais... Je vous donnerai, tenez...
60 lires !
- Euh... - Ça va ?
- Je ne sais comment vous remercier. - Ne me remerciez pas.
A bientôt. Trop heureux d'avoir pu vous être agréable.
- Au revoir. - Au revoir !
- Et merci, M. Le maire. - De rien, Mathias.
Et moi, c'est-à-dire la municipalité,
...je gagne 40 lires dans le coup ! - Comment ?
- Mais oui, je donnais au vieux gâteux 100.
100 - 60 = 40 ! - Tu sais compter, papa !
Une femme tousse.
- Tu vas me quitter cette maison, tout de suite !
Tu habiteras chez moi ! - Et Mathias ?
Il viendra te voir !
Tu tousses depuis des semaines !
Mais regarde ta tête !
Tu pleures, tu maigris...
Voilà le travail de la veuve Pescatore !
- Tais-toi... - C'est une vieille bique !
- Vieille bique ? Vous ne m'insulterez pas chez moi.
- Chez vous ? Tu l'entends ? - Sortez ou sinon... !
- Vous ne me faites pas peur ! - Ah, je ne te fais pas peur ? !
Eh bien, attrape ! - Ah !
Cris.
A nous deux !
La Pescatore hurle.
- Qu'allons-nous faire, Scholastique ?
Nous allons faire tes bagages !
Et après, en route !
Allez, passe !
Vieille bique...
...carnivore !
Vite, où sont tes valises ?
Là. Et Mathias ?
Oh ! Il viendra te voir.
Dépêche-toi ! Où est ton linge ?
Là...
- Maman ! Mathias a trouvé une place !
- T'as trouvé une place ? - Oui.
Dès demain, je suis le bibliothécaire de Miragno.
- On te paiera ? - Je pense bien.
60 lires par mois. - Combien ?
- 60 lires ! - 60 lires ?
Oui.
Imbécile !
Romilda éclate de rire.
Gardano, "La Magie naturelle" !
Comment ?
Gardano, "La Magie naturelle" !
Gardano, "La Magie naturelle".
- Adrien Meis, "Traité d'astrologie" !
Adrien quoi ?
Adrien Meis !
M, comme marteau !
E, comme etc. !
I, comme illusion !
Et S, comme sourd ! - Et S, comme sourd.
J'entends.
Pourquoi ne profitez-vous pas de votre retraite ?
Oui, je suis à la retraite.
Mais je ne touche plus rien du tout.
Alors pourquoi restez-vous ?
- Hein ? - Pourquoi restez-vous ? !
- Où irais-je ? Voilà 40 ans que je viens ici, tous les jours.
Autrement, je m'ennuierais.
M. Pascal !
C'est votre tante Scholastique qui m'envoie.
Ma mère n'est plus malade ?
- Je ne sais pas. Il faut que vous veniez.
Va chez Mme Pescatore...
...et dis à ma femme de me rejoindre chez ma tante.
Voilà pour toi. Dépêche-toi.
Tu n'iras pas !
Cette vipère m'a insultée et a failli me tuer.
La mère de Mathias aurait pu vivre ici et y mourir.
L'enveloppe...
L'enveloppe...
Oh, ce n'est pas grand-chose.
Quelques centaines de lires.
Tout ce que j'ai pu sauver.
C'est pour toi.
Pour toi seul. Tu m'entends ?
Tu en auras peut-être besoin...
Un jour.
Maman...
Maman...
Mathias ?
La pauvre femme est heureuse.
Elle a fini de souffrir.
Tandis que moi...
On a bien raison de dire que ceux qui restent...
...sont les plus à plaindre.
Et pour l'enterrement ?
Que comptez-vous faire ?
Je ne sais pas encore.
Faut de l'argent.
Justement, je...
- Demandez donc à M. Le maire de vous aider.
Il arrangera ça très bien.
Il a des crédits pour les nécessiteux.
Laisse-le, Romilda.
Il a besoin d'être seul, tu devrais le comprendre.
Viens.
Musique funèbre.
Et que quand on est mort,
...on revient sur la terre !
Vraiment... Attention à toi.
On nous...
Oh, mais t'es donc soûl ?
Lève-toi. Là.
Vraiment, je ne vois pas...
...pourquoi on nous enterre...
Oh, M. Pascal !
Où est-ce que vous allez donc ? - Moi ?
Je ne sais pas, je vais nulle part.
Je marche. - Quand on a de la peine,
...ça fait du bien.
Allez, au revoir, les amis.
Au revoir, M. Pascal !
Puisque quand on est mort,
...on revient sur la terre !
- Si vous me permettez d'avoir une opinion...
- Je vous en prie, Pomino. Vous êtes un peu comme de la famille.
- Il s'est flanqué à l'eau. - Ça ne m'étonnerait pas.
Il est assez bête pour ça. - Il faut faire quelque chose !
Le faire rechercher. Adressons-nous à une agence.
- A une agence ? Tu peux la payer, toi ?
Non. Les gendarmes retrouveront cet imbécile.
Bien sûr, ils sont là pour ça.
- Voulez-vous vous en charger ? - Avec joie ?
Je veux dire, puisqu'il le faut. Je demanderai à mon père...
...de les prévenir. - Merci.
Au revoir, Romilda.
Train.
Vous aimez les voyages,
...monsieur ?
Non.
- Moi non plus. Vous n'allez pas loin,
...j'espère ?
Si. Je vais très loin.
Ah ah !
En Amérique.
C'est un beau pays.
C'est un pays riche.
Il paraît qu'on y fait fortune.
Vous allez tenter votre chance ?
Peut-être.
- Je peux vous dire si vous en avez, de la chance.
Répondez. Quelle heure est-il ? Dites vite.
- Euh... - Dites vite.
10 h 27.
Formidable ! Vous avez gagné.
Vous n'allez plus en Amérique ! - Ah ?
- Avez-vous déjà joué à la roulette ?
- Jamais. - Jamais ? Magnifique !
Vous êtes celui qu'il me faut. Je ne vous lâche plus.
Si vous n'avez jamais joué, misez, vous serez riche dans 2 jours.
Quand part votre bateau ? - Dans 2 jours.
Vous avez encore gagné !
Préparez-vous. Nous arrivons. - Où ça ?
- A Monte Carlo. Je me présente, chevalier Titus Lantz.
Air de valse. Brouhaha.
Les jeux sont faits !
Rien ne va plus !
Le 8, noir, pair et manque !
Voilà une place libre, prenez-la.
Messieurs !
- Jetez de l'argent. - Mais où ?
- Faites vos jeux ! - N'importe où.
Les jeux sont faits ?
Rien ne va plus !
22, noir, pair, passe !
- J'ai gagné ! - Jouez et taisez-vous.
Messieurs ! Faites vos jeux.
Rien ne va plus !
- Eh bien, qu'est-ce que je vous disais ?
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute ?
- Comment ? - Je prends 10% de commission.
Entre amis, ce sera ce que vous voudrez.
Eh bien, prenez.
- Merci. - Où allez-vous ?
Je vais perdre.
Les jeux sont faits ?
Rien ne va plus !
5, noir, pair, passe !
- Vous avez une chance insolente, monsieur.
Oui, et j'ignore pourquoi.
Et voilà.
Et alors ? Vous avez gagné ?
- Non, je n'ai qu'une parole. J'ai dit "je vais perdre",
...j'ai tout perdu. C'est le jeu.
Mais... Vous ne continuez pas ? - Non. Je retourne à Miragno.
- Que comptez-vous faire de cet argent ?
- Moi ? Je rachèterai l'Épinette - Pardon ?
- J'enlèverai ma femme et interdirai à la Pescatore de me tutoyer.
- La Pescatore ? - Ma belle-mère !
Au revoir, chevalier.
Oh ?
Mais qui est mort ?
Son fils.
Son fils ?
Ben oui, Mathias. Mathias Pascal.
Qu'est-ce que vous dites ?
Mathias Pascal ? - Oui.
- Mais c'est moi ! - Quoi ?
- Mais je suis moi. Mathias Pascal, c'est moi.
- Vous avez tort de plaisanter avec la mort.
Ça porte malheur.
Léger rire.
Oui, j'ai eu tort de plaisanter.
Tenez.
Tenez, voilà pour vous.
Merci, monsieur.
Mais dites-moi,
...de quoi est-il mort, ce... ? Comment l'appelez-vous ?
Vous le connaissiez ? - Mathias Pascal ? Non.
S'il fallait connaître tous ceux qu'on enterre !
Il s'est tué.
Il s'est noyé, il y a quelques jours.
Parti. Disparu.
Le chagrin. Que voulez-vous...
C'est à cause de sa mère, qui est là.
Pauv' type. Une cloche sonne.
Le v'là qui s'amène !
- Qui ? - Mathias Pascal.
Le curé dit une litanie.
Le cortège lui répond.
Requiem aeternum domine.
Le cortège répond.
Requiescat in pace. - AMEN.
Ils récitent le Notre Père.
M'sieur Mathias...
Monsieur Mathias Pascal...
Tais-toi.
Reste là, ne bouge pas.
Quels jours !
Quels jours effroyables de consternation et de...
Et d'indicible angoisse pour la famille éplorée.
Nous t'aimions, Mathias, pour la beauté de ton âme,
...ton caractère jovial, ta modestie naturelle,
...qui t'avaient permis de supporter sans avilissement...
...ce destin contraire.
O toi, l'ami des livres et des insectes,
...bibliothécaire émérite, délicat entomologiste,
...les papillons que tu aimais choisiront ce tombeau...
...pour refermer leurs ailes.
Pleurs. Dors en paix, Mathias.
C'est le coeur déchiré, cher ami,
...que nous te disons adieu,
...pour la dernière fois.
Tu pleures vraiment, Romilda ?
- Je pleure toujours aux enterrements.
M. Mathias ?
- Jure-moi que tu ne diras jamais que tu m'as vu et que...
...je suis vivant. - Vous pouvez compter sur moi.
Même que vous me l'auriez pas demandé.
Oui, puisque...
M. Pascal,
...le type qui est là, dans le trou,
...ben, c'est moi qui...
Quoi ? Tu l'as tué ?
Mais alors qui est-ce ?
C'était un cheminot.
Personne le connaissait dans le pays.
On était soûls...
Vous vous rappelez, vous nous avez rencontrés,
...dans le sentier. Mais oui.
On s'est battus tous les deux, il m'a frappé.
Je l'ai poussé un peu, et il est tombé dans la rivière.
C'est vous qu'on cherchait et c'est lui qu'on a trouvé,
...8 jours après. Vos femmes vous ont reconnu.
C'est vrai qu'il vous ressemblait.
Oh oui. Vous pensez bien que je vais pas dire le contraire.
Qu'ils se débrouillent !
M'sieur Pascal...
Vous n'allez pas me dénoncer, hein ?
Mais non, imbécile.
Moi aussi, je veux qu'on me croie mort.
- Vous ne me dénoncerez pas, parce que je l'aurai bouclé.
Maintenant, laisse-moi.
Alors, adieu, M. Pascal.
Et bonne chance.
Maimaine !
Elle va vous salir avec ses chaussures.
Oh, elle est si gentille.
Vous aimez les enfants.
Vous en avez ? - Non, j'en ai pas.
Tiens ? Marié,
...pas d'enfants ?
M. Pascal ? M. Pascal...
- Vous connaissez mon nom ? - Vos papiers.
Vous venez de les perdre.
Je vous remercie.
Monsieur ?
Je voudrais une chambre.
- Monsieur est seul ? - Oui.
- Bon, alors, le 25 vous conviendra certainement.
Monsieur veut visiter ? - C'est pas la peine.
- Monsieur n'a pas de bagages ? - Non.
Alors, nous disons...
...monsieur... ?
Euh...
Vous dites ?
Je dis, euh...
Je dis Meis. M E l S.
- Je ne comprends pas. Si vous voulez l'écrire...
Une simple formalité. Le règlement...
Venant de...
Lucien ?
Maurice ?
Arthur ?
Allons, approchez.
Alors, Mathias ? Toujours le dernier ?
Pardon ?
- Excusez-moi, ce sont mes pigeons que j'appelle.
Pas les promeneurs. Je leur ai donné des prénoms.
Parfois, il y a confusion. Vous vous appelez Mathias ?
Moi ? Non.
Non, mais je trouve cette idée...
...tellement surprenante, enfin, originale,
...d'appeler des pigeons ainsi. - C'est si commode !
Monsieur...
Permettez ?
Oui, c'est très commode.
- Il y a longtemps que je vous vois dans le parc.
Toujours seul, toujours triste.
Qu'est-ce qui ne va pas ? Le coeur ?
Vous avez perdu quelqu'un ? - Oui.
Un ami.
Un garçon très gentil.
Un peu bête.
Il chassait les papillons.
Vous êtes un rêveur, monsieur.
Si vous voulez, je suis un rêveur.
- Et vous devez aimer la tranquillité, le calme.
- Oui. - C'est tout à fait comme moi.
J'habite une petite pension charmante, paisible.
Un paradis de silence et de bien-être.
Ça ne vous tenterait pas ?
- Oh... - Décidez-vous.
Vous vous déciderez. Je suis toujours là à 11 h.
- Mademoiselle. - A un de ces jours, monsieur.
Daniel ?
André ?
Allons, approchez !
Merci.
- M. Meis ! Une bonne surprise. Vous allez voir quelqu'un...
...que vous aimez bien. - Qui ?
De votre famille.
Le cousin Adrien !
Bonjour, mon cousin !
- Vous ne reconnaissez pas votre cousin de Syracuse.
C'est M. Octave Meis, votre cousin.
Le cousin Adrien de Milan.
- Je ne suis pas de Milan. - Sur le registre,
...vous avez bien dit en venir ? - Oui, mais...
- Alors vous êtes de Livourne. Il est de Livourne !
Mais non.
- De Milan, de Livourne, tous les Meis sont parents !
Embrassez votre cousin, mes enfants. Embrassez-le.
Écoutez, cousin, si vous n'êtes ni de Milan ni de Livourne,
...je trouverai d'où vous sortez. Il ne me quitte jamais, l'arbre.
L'arbre ? Quel arbre ?
- L'arbre généalogique de la grande famille des Meis !
On vous retrouvera, cousin !
On vous retrouvera.
Excusez-moi, mademoiselle.
J'attends quelqu'un.
Oui, quelqu'un comme vous.
Je veux dire, quelqu'un qui donne à manger aux pigeons.
Mlle Caporale, sans doute ?
Vous la connaissez ?
Je la remplace.
Elle est un peu souffrante. Mais elle n'oublie pas ses pigeons.
Alors, pour lui faire plaisir...
C'est gentil, ça.
Gentil ? Bien sûr.
C'est surtout amusant !
Vous voulez essayer ?
- Je ne crois pas avoir la vocation de charmeur d'oiseaux.
Ils rient.
- Avez-vous une commission pour Mlle Caporale ?
- Eh bien, en deux mots, je suis à la rue.
- Oh... - Ne dramatisons rien.
J'ai quitté mon hôtel et j'en cherche un autre.
Mlle Caporale m'avait vanté la pension où elle habite...
- Alors, c'est vous ? - Comment moi ?
- Depuis hier, Mlle Caporale ne cesse de parler...
...d'un jeune homme rencontré dans le parc.
Vous voudriez loger...
...à la pension Paleari ? - Pourquoi pas ?
Vous y habitez aussi ? - Bien sûr.
Je suis la fille de la maison. Le propriétaire est mon tuteur.
Venez.
Je vais vous y conduire.
Voulez-vous m'attendre un instant ? Je préviens mon tuteur.
- Je vous en prie. - Qu'y a-t-il ?
- Le comte Papiano, l'associé de mon tuteur.
Monsieur est la personne dont parlait Mlle Caporale.
- Ah ! - Il voudrait une chambre.
- Une chambre ? - Oui, une chambre...
...et je prendrais mes repas ici. - Certainement.
Eh bien, laissez-nous, Louise.
Ah, mon pauvre monsieur, vous n'avez pas de chance !
Malgré le désir que j'aurais de vous accueillir,
...la pension est malheureusement pleine comme un oeuf.
Hein ? Mais...
Pleine comme un oeuf ?
Mais vous plaisantez, mon cher comte ?
Monsieur, j'ai une petite chambre, pas si petite que ça.
Elle est au 2e étage. Vous y serez très bien.
Elle est claire comme le jour, propre comme l'il.
- Mais elle est réservée pour... - Pour mes clients.
Monsieur est recommandé par Mlle Caporale.
Si la chambre lui convient, elle est à monsieur.
Suivez-moi, ou plutôt...
Faites-moi la grâce de me précéder.
- Marie, à partir d'aujourd'hui, vous ajouterez un couvert.
- Je suis un peu surpris et fâché, ma petite Louise,
...de ces sortes de racolage. Où l'avez-vous trouvé ?
Dans le parc.
Il attendait Mlle Caporale. C'est par hasard...
- Je n'aime guère ces sortes de hasard.
Surtout quand ils s'habillent en homme. C'est compris ?
La chambre vous plaît ?
Beaucoup.
Beaucoup.
Alors, vous êtes...
...chez vous.
Ah, parfait !
Vous resterez longtemps ?
Très longtemps.
Plusieurs mois ?
- Peut-être plus. - Dans ce cas, nous demandons...
...à nos pensionnaires de régler 3 mois d'avance.
Ça ne vous gênera pas ? - Pas du tout.
Je suis ravi que vous me gardiez chez vous...
...au moins 3 mois !
Alors, combien ? - Mon Dieu, 120 fois 3, 360.
360. Voilà 350.
Et 60.
Merci.
- Vous exagérez, mon cher comte ! 3 mois d'avance !
Ça ne se fait pas.
Une chance que ce jeune homme ait eu l'argent sur lui.
Vous déclarez qu'il n'y a pas de chambre,
...puis vous lui faites verser un cautionnement !
C'est de la folie ! - Plaignez-vous.
Vous avez l'argent. - C'est vous qui l'avez maintenant.
- Je le garde pour Louise, pour la famille.
Cher futur beau-papa, c'est moi qui tiens la caisse !
Vous dépensez avec une maestria ! Voilà 50 lires.
Allez faire le jeune homme !
On frappe.
Entrez !
Mille excuses, cher monsieur.
J'ai une petite requête à vous adresser.
Voudriez-vous porter cette fleur à la boutonnière ?
Pardon ?
- C'est en l'honneur de Mlle Louise Paleari.
Mlle Louise Paleari, la jeune femme qui vous a amené.
- Parfaitement. - Elle se marie bientôt.
- Ah ! - Oui, nous nous marions.
Je l'épouse. - Tiens ?
- Ce soir, c'est notre dîner de fiançailles.
- Eh bien, mes compliments, comte Papiano.
Merci, monsieur.
Adèle !
Ah !
Adèle ?
Où est le cousin ? Adrien ?
- Je ne l'ai pas vu de toute la journée.
Ah ! Monsieur le directeur ?
M. Le directeur ? - Oui, M. Meis ?
- Où est mon cousin, Adrien Meis ? - Ne m'en parlez pas.
Il est parti ce matin, sans dire où il allait.
- Est-ce possible ? - Je veux lui montrer sa place.
- Il est parti sans laisser d'adresse !
- Hein ? - Il est parti !
Tenez.
Regardez.
L'arbre généalogique de la grande famille des Meis !
Le tronc, c'est Adrien Meis.
Le fameux astrologue du Moyen Age.
Oui, il s'appelait Adrien.
Comme le cousin !
Mon grand-père...
Euh... Frédéric.
Et ma grand-mère...
Euh, Charlotte.
Na !
Eh ben, moi aussi, j'ai mon arbre généalogique.
Comme le cousin.
Et...
Je reviens d'Amérique,
...où j'ai passé...
5 ans.
Han ! Allez-y voir.
- Je vous dis qu'il manque exactement...
...2705 lires depuis que vous tenez la caisse !
Dès demain, je ferai venir un expert-comptable...
...qui examinera la comptabilité, et si je vous dois des excuses,
...je vous en ferai. - Pas d'excuses entre nous !
Vous voulez un expert-comptable ? J'y pensais aussi.
- Tant mieux ! - Cet expert-comptable examinera...
...la situation financière de ma future femme.
- Ma pupille ? - Oui, futur beau-papa.
- Je vous en prie. - A combien se monte la dot ?
- Taisez-vous, bon Dieu ! - Je demande...
Calmez-vous aussi.
Vous savez que je me moque de l'argent.
Je l'épouserai sans dot. C'est convenu.
Mais abstenez-vous de ces réflexions déplacées.
Ces comptes sont bons. Les bons comptes font les bons amis !
Serrez-moi la main.
Papa ?
Tout le monde attend pour le dîner
Que c'est joli !
Tu es heureuse, Louise ?
Oui, papa.
Très heureuse ?
- Mais oui, papa. - Mais oui !
Elle est adorable.
Ah, il n'y en a que pour M. Meis, aujourd'hui !
Il n'a même pas la courtoisie d'être exact à notre fête !
- Donnez-lui le temps de se préparer.
- Je n'attendrai pas pour lever mon verre...
...au bonheur de ma fiancée. Louise,
...je bois à nos fiançailles !
Joyeux brouhaha.
Oh ! C'est du malheur !
- Qu'il est bête ! Le verre blanc, c'est du bonheur.
M. Meis, approchez,
...que je vous présente.
M. Meis, le Dr Baldus.
- Vous êtes de Rome, monsieur ? - Non, monsieur.
- Je parierais que vous êtes de Naples !
Non, non plus.
Il a le type florentin !
M. Beraldès, un grand artiste !
- N'est-ce pas ? - Non, je suis américain.
- Ah ! - Enfin, Italien d'Amérique.
Rires. - Mlle Pepita. Mme et M. Cantinelli.
Votre place, je vous prie.
Ah ah !
- Savez-vous que le grand Max avait annoncé votre arrivée ?
- Le grand Max ? - Vous ferez sa connaissance.
C'est le fantôme de madame.
On est un peu spirites dans la maison !
- De la langouste, M. Meis ? - Volontiers, Mlle Pepita.
Goûtez donc ma salade.
- Vous avez un potager dans la maison ?
Rires. - Qu'il est drôle !
N'est-ce pas ? Je lui explique.
A la pension Paleari, chacun fait la cuisine à son tour.
C'est original, non ? - Oui, très.
Et on n'est jamais si bien servi que par soi-même !
Rire général. - Ça vous plaît ?
Vous serez de corvée un de ces jours !
Il sifflote une valse.
Qu'est-ce que tu as, chérie ?
J'ai le cafard.
- Oh ! Je ne veux pas que tu sois triste.
Ce n'est pas ce mariage qui nous empêchera de nous voir.
- Tu continuerais malgré... ? Tu me dégoûtes.
Je te dégoûte ? Chérie, va...
Si j'épouse Louise... - C'est parce que tu l'aimes.
- Grande folle, tu sais que je n'aime que toi.
Hum ?
Seulement, je voudrais que tu surveilles Louise.
- Hein ? - Il vaut mieux que M. Meis...
...garde ses distances.
- Tu as déjà remis des lettres à M. Meis ?
- Quelles lettres ? - Lui en as-tu déjà remis,
...depuis son arrivée. - Des lettres... ?
Jamais de lettre pour M. Meis !
C'est curieux, ça.
Pas de courrier, pas de visite, pas d'ami...
C'est curieux, hein ? - Hein ?
Hum... Allez, file.
On frappe. - Oui ?
C'est le courrier, M. Meis.
Comment ? Du courrier pour moi ?
Non. Toujours pas.
- Alors, que signifie ? - Rien de grave. Je venais...
...vous dire qu'il n'y en a toujours pas pour vous,
...depuis un mois que vous êtes ici.
Caporale ?
Je crois que tu as raison. M. Meis nous cache quelque chose.
En revenant du marché, nous avons eu un accident.
- Rien de grave ? - Notre fiacre a heurté un passant.
Quand l'agent a demandé à M. Meis de témoigner, il a fui.
C'est bizarre. - Non.
Veux-tu mon avis ?
M. Meis est un aristocrate.
Il se cache car il s'est brouillé avec sa famille.
On voulait l'obliger à épouser une jeune fille.
Il ne l'aimait pas, il est parti ! - Cela n'intéresse pas la police.
Ah non, c'est vrai.
Alors, il n'y a plus de doute.
C'est un conspirateur.
Tu crois ?
- Il n'est ni voleur ni assassin ? - Oh non !
Alors, c'est un conspirateur.
- M. Meis, êtes-vous vraiment celui que nous croyons ?
Pardon ?
En un mot, êtes-vous spirite ?
Spirite convaincu ?
Croyez-vous aux esprits, aux apparitions, à la survie,
...aux magiciens, au corps astral ?
J'y crois sans y croire.
- M. Meis, grâce à Mlle Caporale, notre médium,
...vos yeux verront, vous entendrez.
Osez-vous prétendre que les morts ne puissent pas...
...se manifester de manière irréfutable ?
Je ne peux pas le nier.
J'ai même connu un mort qui épluchait les pommes de terre.
- En tout cas, j'espère qu'il les épluchait mieux que vous !
1, 2, 3, 4, 5. Un ennui.
1, 2, 3, 4, 5. Un gros ennui.
- Caporale, je voudrais te demander.
Quoi ?
Écoute..
Je suis très malheureuse. - Je sais.
Comment tu sais ?
- Je vois ça dans les cartes. - Ne plaisante pas.
Tu as toujours été une bonne amie pour moi.
Donne-moi un conseil.
Je ne pourrai jamais épouser Papiano.
- Ça aussi, je le vois dans les cartes.
Il faut empêcher ce mariage.
- Parce que tu aimes un jeune homme blond.
Et le voici !
Oui.
J'aime le jeune homme blond.
A toi, je peux bien le dire.
Tu ne me trahiras pas ?
- C'est dur à garder, un secret, dis ?
Oui.
Ben, confie-toi à lui !
Je n'ose pas.
Il m'intimide.
Il est si bizarre, si tu savais...
Souvent, il plaisante, et soudain, il se tait.
Oui. Il doit être malade.
Tu crois ?
- J'en suis sûre. Vous avez la même maladie.
- Moi, je crois que j'aurai le courage de lui parler.
Mais comment faire ? Papiano m'espionne.
Il doit se douter de quelque chose. Aide-moi.
C'est bien simple.
Demain, je serai malade. Mes petits pigeons...
...mourront de faim. Tu iras les nourrir.
Et si par hasard, tu rencontrais M. Meis dans le parc...
Tu crois que je le rencontrerai ?
Les cartes le disent.
Caporale, tu es un amour.
Louise ?
Où vas-tu ? Tu sors ?
Mlle Caporale est malade.
Je fais une course pour elle. - Bon, ma chérie.
M. Adrien Meis.
12, Via Sistine.
Rome.
Et voilà.
On frappe.
Entrez !
- Je peux entrer ? - Mais certainement.
Excusez-moi, M. Meis.
Je me sens un peu souffrante. - Tiens ?
- Auriez-vous la gentillesse d'aller nourrir mes chers pigeons ?
- Je vais les effrayer. - Non, ils comprendront...
...que vous venez de ma part. Vous serez bien reçu.
Ça vous portera bonheur. - Vous croyez ?
Je le sais.
Merci.
Merci.
Je te croyais malade, toi ?
Oui, je suis malade.
J'ai des vertiges.
La tête me tourne, je vais m'allonger.
Hum hum...
Bois un coup, ça va se passer.
Non merci.
- Dis donc, où l'as-tu connu, ce M. Meis ?
Ben, dans le parc.
Où je vais d'habitude pour mes pigeons.
- Il t'a fait la cour, hein ? - Tu es bête !
Il se promenait. - Ah oui ? Comme ça ?
Ben oui, comme ça.
Il habitait l'hôtel d'en face. - Quel hôtel ?
- Le Luxor, je crois. - Il habitait le Luxor ?
Tu n'as besoin de rien, chérie ?
Non, pourquoi ?
Je te croyais malade.
Il ricane.
- M. Meis ? - Monsieur... ?
- Meis, je voudrais lui parler. - Lequel ?
- Comment cela ? Il y a plusieurs Meis dans l'hôtel ?
- Non, ils sont partis tous les deux.
- Tous les deux ! Quel dommage. Je voulais parler à M. Adrien Meis.
- Il est parti le 1er. Le jour de l'arrivée de son cousin.
- Son cousin ? - Octavio, avec sa petite famille.
- Octavio... Ils sont partis, c'est dommage.
M. Meis recevait-il beaucoup de courrier ?
- Lequel ? - Adrien Meis.
- Adrien Meis ? Non, il n'y avait jamais rien pour lui.
C'est vrai, ça. Il est pourtant resté ici plus d'un an.
C'est... - Curieux !
- Oui. - C'est bien le mot.
Merci, mon cher. - Merci, monsieur.
- Les pigeons de Mlle Caporale ne mourront pas de faim !
On vous a envoyé aussi ?
Eh oui.
Je suis en service commandé.
- Et moi qui vous croyais volontaire !
- Puisque vous avez pris la place, je pourrais faire demi-tour.
Et vous restez ?
C'est gentil.
Pour les pigeons.
Écoutez, Louise,
...je voudrais vous dire...
Dites.
Oh non, je ne peux pas.
- Voulez-vous que je vous vienne en aide ?
Non, ne dites rien.
Vous me faites peur.
N'ayez pas peur, Louise.
Que voulez-vous...
S'il n'y avait qu'à être sincère, la vie serait trop simple.
Qu'avez-vous ?
- Excusez-moi. Ne parlons plus, allez.
Ça vaut mieux.
Vous ne croyez pas ?
Comme vous voudrez.
- Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre,
...l'un s'ennuya.
Et dans le ciel sans plus attendre,
...il s'envola.
Et pendant une année entière,
...plein d'illusions,
...ne trouva qu'ennuis et misères,
...pauvre pigeon.
C'est joli, hein ?
Hé hé !
- Ah ! - Sans explication.
- Je vous demande pardon, je suis un peu en retard.
Ah ah !
Bonne promenade ? Oui ?
Vous aimez les pigeons, Louise ?
Et vous, M. Meis ?
Il y en a d'excellents pour le déjeuner.
Avec des petits pois.
A propos, M. Meis, ce matin, j'ai rencontré un ami à vous.
Un parent.
Votre cousin Octavio Meis.
C'est un homme charmant.
- Vous avez un cousin à Rome, M. Meis ?
Dites-lui de descendre chez nous,
...il y a de la place. - Dame, mon cousin...
Mon vieux cousin Octavio ?
Oui, oui, oui.
Il est toujours à Rome ?
Je lui ai parlé !
Oui, naturellement.
Il vous a montré l'arbre ?
L'arbre ?
Quel arbre ?
L'arbre généalogique des Meis !
Il prétend que nous descendons d'un astrologue du Moyen Age.
Une idée fixe. Il est fou !
Il vous persécutait, hein ?
Oui.
Et j'ai horreur des maniaques.
Et des gens indiscrets.
Vous avez raison, M. Meis.
Passons à table. - Avec plaisir.
- C'est pour ce soir, M. Meis. - Quoi donc ?
- Notre séance de spiritisme. Et nous comptons sur vous.
- Vous savez que j'ai horreur de ça, je n'y crois pas.
- Pour une fois, vous me ferez plaisir. Toi aussi, Louise.
Léger brouhaha.
Rire aigu.
- Mlle Pepita ! Nous ne sommes pas ici pour danser le quadrille.
Un peu de sérieux.
Chuchotements.
Paleari, mettez-vous là.
Mlle Pepita, ici. Et Béraldez, à ma gauche.
Et vous, docteur... - Près de vous ?
Mettez-vous là.
Si je suis venu, c'est pour vous.
BONSOIR.
Hé !
Une lettre pour M. Meis.
Ils rient.
Tu vas te taire, oui ?
Imbécile
Écoute
Prends ça et ouvre bien tes oreilles.
- Et maintenant, que faisons-nous ? - Un peu de patience, M. Meis.
Nous commencerons dès que M. Papiano sera là.
- Qu'est-ce qu'il fabrique, ce soir ?
Voulez-vous avoir l'obligeance... ? - Volontiers.
M. Papiano ?
Voilà, mes amis !
- Surtout, M. Meis, je vous demande le plus grand recueillement.
Excusez-moi, mes amis.
Là.
La lampe.
Là, comme ça.
Brouhaha. - Silence.
Faites la chaine.
Les mains effleurant la table.
L'extrémité du petit doigt touchant celui du voisin.
- Comment vous sentez-vous, M. Meis ?
Oh, ému, M. Papiano.
Ému. - Hum hum.
Et vous ?
Moi ? Oh !
Très calme.
Silence, par le diable !
Vous êtes en transe, Mlle Caporale ?
Oui.
Vite ! Que voyez-vous ?
Le grand Max approche.
Il me salue.
Il va parler !
M. Meis ? !
- Oh, quel idiot ! - La chaine est rompue.
Qu'y a-t-il ?
Une lettre pour vous, M. Meis !
Donne !
Merci.
Allez, va-t'en !
Je vous en prie,
...nous permettons. - Non.
Non, continuons.
Quelle coïncidence, cette lettre !
Vous qui étiez sceptique, M. Meis,
...le grand Max se charge de vous convaincre.
Nous pourrions lui demander le nom de l'expéditeur.
Ce n'est pas...
...indiscret ? - Il le dira.
J'en mettrais la main au feu. Max dit tout !
Parlez, Mlle Caporale.
Vous voyez cette lettre, Max ?
Vous la voyez ?
Pouvez-vous nous dire qui l'a envoyée ?
Parlez, Max.
Nous vous écoutons.
Vous entendez quelque chose ?
Il se tait.
- On dirait qu'il ne veut pas parler.
Il est fâché.
Il y a des sceptiques dans l'assistance.
- Mais non, cette lettre ne l'intéresse peut-être pas.
Elle n'est peut-être pas signée.
C'est peut-être une lettre anonyme.
Trois coups.
Ah ! Le grand Max a frappé trois coups.
Qu'est-ce que ça signifie ?
C'est un signe d'interrogation.
Il demande peut-être que vous ouvriez la lettre ?
A1llumez !
C'est scandaleux.
Scandaleux !
Bonne nuit.
- Oui. Il a raison. C'est scandaleux, dégoûtant !
Vous n'avez pas le droit de vous acharner sur sa vie privée !
Ici, on ne peut rien faire sans que tous en soient prévenus !
Je suis écoeurée.
- Mais voyons, mon enfant, c'est du spiritisme.
Du spiritisme ?
Moi, je trouve que c'est de l'espionnage !
Et de la grossièreté !
Vous partez ?
Vous me quittez sans me prévenir ?
Sans me dire adieu ?
Louise...
Je l'ai bien deviné, allez.
Il y a quelque chose qui nous sépare.
Vous avez un secret ?
Dites, confiez-le-moi, si vous m'aimez.
- Non, ne me demandez rien, il faut que je parte.
Oui, oui.
Taisez-vous,
...si vous ne pouvez pas, si vous ne devez pas parler.
Mais ne m'abandonnez pas. - Non, Louise,
...je vous en supplie !
Non.
Vous ne m'aimez pas.
Louise...
Si tu pars, je te suivrai.
Nous voyagerons, nous quitterons l'Italie, s'il le faut.
Nous oublierons tout.
Tu oublieras ton secret.
Je t'y aiderai.
Hé, Papiano... Papiano...
Oui, ma chérie.
Nous partirons.
Tout de suite, si tu veux.
Demain matin, à 7 heures...
Sois prête.
Je suis prête, tout de suite.
On m'a volé mon argent.
On a fracturé mon secrétaire.
Quoi ?
Comment ?
Louise...
Nous ne pouvons pas partir.
Oh !
C'est Papiano !
J'en suis sûre ! Je vais chercher la police.
Tu déposeras une plainte. - Je t'en supplie...
Attendons.
Peut-être Papiano est innocent.
Nous n'avons encore aucune preuve contre lui.
Attends-moi.
Louise ?
Voleur !
C'est toi qui as pris l'argent ! Voleur !
Tiens, Louise !
Déjà levée ?
Mais, comment ? Tu es en tenue de voyage ?
C'est toi, oui, c'est toi !
Rends cet argent à M. Meis !
- Ma chérie, que dis-tu ? De quel argent parles-tu ?
Le comte Papiano est un voleur !
Un voleur !
Un voleur !
- Un voleur ? Appelons la police. - Oui, les gendarmes !
- Parfaitement. Prévenons messieurs les gendarmes.
Louise, ne vous affolez pas.
On n'accuse pas les gens à la légère.
Ça n'est certainement pas le comte Papiano. Non.
Ça n'est pas lui.
Et puis, qui sait ?
J'ai peut-être mal cherché.
Excusez-moi.
- Mais enfin, qu'est-ce qui se passe, bon Dieu ?
- Je ne sais pas. M. Meis a perdu son argent.
Il y a des voleurs ici ? - Oui, il y en a un. C'est toi.
Quelqu'un arrive.
J'ai retrouvé mon argent !
Je l'avais changé de place.
Il était sous une pile de linge, dans la commode.
Je suis désolé.
Désolé pour vous, Louise.
Et pour vous, M. Papiano.
Excusez-moi.
- Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai !
Tout le monde ment. M. Meis n'a rien retrouvé.
C'est Papiano qui a pris l'argent. - Ne te mets pas dans cet état.
C'est un fou. Ce M. Meis est un fou.
Ou alors je crains le pire. - Le pire ?
- Oui. Disons les choses comme elles sont.
Il n'a pas la conscience tranquille.
Il ne tient pas à voir la police mettre le nez dans ses affaires.
Je voudrais que tu te trompes !
Voleur.
Rendez-moi mon argent tout de suite !
Oh, par exemple !
C'était vrai.
Papiano...
- Hum ? - Fichez le camp.
Vous m'entendez ? Fichez le camp ! Sinon, je vous fais arrêter.
- Je me défends comme je peux. Vous vouliez enlever ma fiancée ?
- Oui. - J'ai fait ça pour vous retenir.
- Vous vouliez partir avec Louise ? - Elle était consentante.
Nous nous aimons.
Il n'y avait pas d'autre moyen. - Ah bon ?
L'un de nous est de trop ici. - Je crois.
- Parfaitement, vous l'avez dit. C'est à Louise de décider.
J'ai toujours pensé au bonheur de ma pupille.
Elle choisira entre vous.
Je vais lui parler tout de suite.
Vous avez gagné, M. Meis.
Louise vous aime, elle vous épousera.
Vous venez de déclarer avoir retrouvé votre argent,
...et m'avez fait des excuses.
Vous redoutez tant la justice ? - Taisez-vous !
- Attention ! Vous allez m'étrangler.
Vous seriez inquiété, la justice s'en mêlerait.
Alors, on serait indiscret, hein ?
Peu m'importe qui vous êtes ! Ça ne regarde que Louise !
- Tous ces repas de fiançailles me donnent l'envie folle de...
- Voyons, docteur ! - De me mettre à table.
- Nous ne sommes pas fiancés, nous. - Il ne veut plus m'épouser.
Dans 8 jours, ma chérie.
Quand j'aurai vendu mes tableaux. - Oh, alors...
Eh bien, nous sommes tous là !
Vous attendez quelqu'un, peut-être ?
Quelle question ! Le fiancé.
Ah... Ah, M. Meis !
Sa porte est ouverte, la chambre vide.
Je crois que l'oiseau s'est envolé. - Que dis-tu ?
- C'est de la folie ! - Je dis la vérité.
Vous mentez ! C'est impossible.
- Vous êtes merveilleux. Vous arrangez les choses,
...sans demander l'avis de M. Meis.
Est-il d'accord pour épouser Louise, vraiment ?
- Tais-toi, je t'en supplie. Pars, je ne veux plus te voir.
Calme-toi, Louise.
Examinons froidement la situation.
M. Meis n'avait aucune raison de partir sans crier gare.
Il aurait dû nous avertir, ton père et moi.
Nous sommes obligés de prévenir la police.
Je vais chercher les gendarmes !
Tu vas te taire, toi, oui ? !
Je t'en prie, écoute-moi.
Tu veux me dire quelque chose ?
Oui.
Viens.
Je t'écoute. Tu sais tout, hein ?
Oui. Non, je ne sais rien.
Mais je t'en supplie, laisse Adrien.
- Comme tu le défends, il est donc si coupable ?
Laisse-le.
Puisqu'il a disparu...
...et que je suis sûre qu'il ne reviendra plus.
Il n'y a plus de raison de lui en vouloir.
- Mais si je ne tente rien, que feras-tu ?
Tout ce que tu voudras, Papiano.
- Tu veux te tuer, Mathias ? Ne commets pas cette folie.
Ce n'est pas Mathias Pascal qu'il faut tuer.
C'est l'autre, c'est Adrien Meis. Retourne à Miragno.
Reprends ta vraie condition et ton vrai nom.
Tu frapperas chez toi et crieras: "Me voici, je suis Mathias Pascal.
"Et je suis bien vivant." Allons...
Dis adieu une fois pour toutes à Adrien Meis.
Et détruis-le.
- Qui est là ? - Moi !
Qui, moi ?
Moi ! Mathias Pascal !
Venez m'ouvrir, tout de suite, vieille bique !
Hein ? Qu'est-ce que vous dites ?
Oooh !
Il frappe et tire la cloche.
Par exemple !
Pomino.
Mathias !
- Qu'est-ce que tu fais ici ? - Moi ?
Euh... Mais toi ?
Tu n'es donc pas mort ?
Si, si.
Je suis mort.
Je suis mort.
Tu n'as pas répondu à ma question.
Que fais-tu ici,
...à cette heure-ci ? - Je suis marié.
Ah ?
Et tu découches ?
Non. Écoute..
Oh, ma tête...
Écoute..
J'ai épousé...
C'est affreux !
Qui ?
Qui as-tu épousé ?
Romilda.
- Romilda ? - Hum...
Toi ?
Tu as épousé ma femme ? !
Hum.
Ah !
C'est le comble.
Et depuis quand ?
Depuis...
Tu sais bien. Elle s'est remariée...
...après l'événement, la chose. Tu dois comprendre.
Enfin... Mais... Je...
Tu... Vous... Tu... - Taisez-vous, vieille taupe.
Allez dire à mon épouse de venir ici. Filez, sinon... !
Et depuis quand êtes-vous mariés ?
Eh ben, réponds.
10 mois après ta m...
Enfin, dans les délais légaux.
On dit que les morts vont vite,
...mais les vivants sont encore plus pressés !
- Et toi, où étais-tu ? Qu'as-tu fait, tout ce temps ?
Moi, tu sais, j'ai fait le mort.
C'est difficile. - Tu n'as pas de veston ?
Non, je l'ai perdu.
Quel cauchemar !
Qu'allons-nous en faire ?
Pourquoi est-il parti si longtemps ?
Et pourquoi revient-il ?
- Il est changé ? - Changé ? Méconnaissable.
Il est bien vêtu, soigné de sa personne.
Il parle avec une autorité du tonnerre !
Méconnaissable. - Que t'a-t-il raconté ?
- Il m'a engueulée ! Parfaitement, engueulée !
Et alors ? Ma femme descend ?
Oui.
J'ai faim.
J'ai faim !
Y a rien d'autre ? - Non.
Euh si. Y a encore...
Apportez-moi ce qu'il y a encore !
C'est le service de ma tante Scholastique !
Hein ? !
Comment ça se fait ?
C'est vrai. Tu ne sais pas.
Elle est...
Dis-le, tu as peur du mot ?
Elle est morte, hein ? - Oui. C'était une bien bonne femme.
Pauvre Scholastique.
Mais alors, en mon absence,
...c'est Romilda qui a hérité ? - Forcément.
- On n'allait pas en faire don aux bonnes soeurs ?
Parbleu.
Vous ne trouvez pas notre situation embrouillée ?
Vous savez ce que dit la loi ?
Quand le 1er mari, qu'on croyait mort, reparaît,
...le second mariage est annulé.
Automatiquement annulé.
Alors, moi, je... ?
Il éclate en sanglots.
Romilda ?
Mathias !
Un enfant ?
Oui. L'enfant de Pomino.
Tu es belle, Romilda.
Tu es toujours belle.
Pourquoi me regardes-tu comme ça ?
Je te fais peur ?
Ah ! Ma barbe et ma moustache !
Oui, j'ai tout rasé.
Ça me change !
Ça ne me va pas, hein ?
Si. Ça te rajeunit.
Mais dis-moi, qu'est-ce qui t'est arrivé depuis si longtemps ?
Pourquoi tu n'as pas donné de nouvelles ?
Tu sais qu'on t'a... enterr... - Oui, je sais.
- Tu savais ? Il éclate de rire.
Qu'est-ce que tu as ? - Je trouve ça cocasse !
Énormément cocasse !
- Tu n'as pas honte de pleurer devant lui ?
- Calme-toi, Pomino. Pour que notre mariage soit annulé,
...il faudrait que Mathias en fasse la demande.
Il ne le fera pas. Il aura pitié de nous.
Quel touchant tableau de famille !
Il pouffe.
- Dites donc, vous devez être riche, maintenant !
N'aie pas peur, Romilda. Mathias ne te reprendra pas.
Faudrait partager la galette.
- Mathias ne veut pas notre malheur. Il comprendra.
- Je m'en vais, Romilda. Je disparais.
Je m'excuse d'être venu troubler ton bonheur.
Qu'êtes-vous venu faire ?
- J'étais venu pour vous embrasser, belle-mère.
Mais c'est vraiment trop difficile.
Cours après, imbécile !
Il s'est moqué de nous. Éloigne-le !
- Comment ? - Je ne sais pas.
Mais qu'on ne le revoie jamais.
Mathias !
Mathias...
Qu'est-ce que tu veux ?
- Elle ne te croit pas. Elle pense que tu reviendras.
- Que je reviendrai, moi ? Il rit.
- Si tu revenais... - Tu serais ruiné !
- C'est pas ça. Mais que diraient les gens ?
Je n'oserais plus rentrer à la mairie.
- A la mairie ? Tu y travailles toujours ?
- Oui. - Qu'est-ce que tu y fais ?
- Je suis à l'état civil. - L'état civil ?
Mais oui, à l'état civil !
Qu'est-ce que tu as ?
- Tu veux vraiment que je parte ? - Oui.
- Et que je ne revienne jamais ? - Oui.
Fais ce que je vais te dire,
...et je te jure qu'on n'entendra plus parler de Mathias Pascal.
- Que dois-je faire ? - Allons à la mairie. Tiens.
Prends du papier de la mairie, un cachet et au travail.
Je ne peux pas, c'est trop risqué.
- Tu as promis de me rendre service. As-tu une parole ?
Mathias, je...
- Je te jure sur ma propre tombe que tu vas m'obéir !
Si tu refuses, je reprends ma place auprès de Romilda.
Et tout Miragno rira de toi.
- Jamais je ne pourrai faire un faux.
Moi, le fils du maire... - Tu ne penses...
...qu'à toi !
Et moi, je ne compte pas ?
Je veux un nom. Un nom certifié, légalisé.
Authentifié avec tous tes tampons.
Sans ce papier, je ne suis rien. - Mais...
- Si je rencontre une femme, si je l'aime,
...il faut que je la fuie, comme un voleur, un paria !
- Oui, mais... - Assez parlé !
Redonne-moi le moyen d'exister...
...ou je reprends la place que tu m'as prise !
Alors... quel nom ?
Adrien Meis.
Pourquoi Adrien Meis ?
Et pourquoi pas Adrien Meis ?
Ça s'écrit comment ?
Eh bien Adrien et Meis. M E l S
Né à Miragno, à la même date que moi,
...naturellement.
- Mais tes parents ? Aucun Meis n'a habité ici.
Écris "né de père inconnu".
La mère, une fille de ferme, aura quitté le pays...
...3 mois après.
Qu'est-ce que tu me fais faire...
Une bonne action, Pomino.
Nous t'en tiendrons compte,
...après ta mort.
Quand tu nous rejoindras, là-haut.
- Papiano ! Papiano ! Les gendarmes !
- Les gendarmes ? Que se passe-t-il ?
Je l'ai vu. Il est à Rome.
Qu'est-ce que ça signifie ?
De quoi te mêles-tu, imbécile ?
- Vous faites rechercher un certain M. Meis ?
Non, c'est une erreur.
N'écoutez pas ce pauvre idiot. - Le voilà !
Qui ?
- Eh ben, lui, quoi. - Alors, c'est vous, le disparu ?
Moi, disparu ?
Vous voyez bien que non.
Oh, M. Meis !
Vous êtes donc revenu !
Ce monsieur est bien M. Meis ?
- Oui ! - Alors, n'en parlons plus.
- Si, parlons-en, au contraire. M. Meis, c'est vite dit, non ?
Qui vous prouve qu'il l'est ? Je n'ai jamais vu ses papiers.
Hein ? Quoi ?
Je sais, mon cher Papiano,
...que vous avez toujours éprouvé à mon sujet...
...une curiosité, disons maladive.
Mais tenez, voici mes papiers.
Examinez-les bien.
Ils sont peut-être faux.
Évidemment Oui. Ah ah !
Mais demandez-lui aussi d'où lui vient cet argent qu'il cache.
Demandez-lui d'où il lui vient. - Ah !
Oh, M. Meis...
- Et maintenant, si M. Papiano veut porter plainte,
...il sait qui je suis.
Excusez-nous, messieurs.
C'est un malentendu.
- Mais... - Un simple malentendu !
Allez, messieurs.
Exactement,
...je suis feu Mathias Pascal.
Qu'est-ce que tu dis ?
La vérité.
- Tu m'effraies. - Oui.
Feu Mathias Pascal.
Enterré.
Rayé des vivants.
Mon chéri, je ne comprends pas.
Explique-moi.
- J'ai toute la vie pour t'expliquer ça.
- Non, dis-moi tout de suite. - Tu veux ?
Ah ! C'est une étrange histoire.
Il y avait une fois à Miragno...
...un jeune homme,
...très gentil,
...un peu bête.
Il allait...
...à la chasse aux papillons.
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