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Original subtitles

H�... H� toi, arr�te!

Petit chapardeur!

Aaron...

- Tu es encore en retard! - Excusez-moi, je nettoyais la cour.

Il est pass� chez les chr�tiens pour piquer � manger.

- Qu'est-ce que j'avais dit? - Arr�tez! Aaron, �coute.

Nous t'avons r�p�t� cent fois de ne pas franchir le mur.

Ta m�re n'aurait pas voulu que tu sois voleur plus tard.

Vous inqui�tez pas Madame, je changerai plus tard.

- Vous voulez un �uf? - Non, merci.

Tu as travaill� pour l'avoir, il est � toi.

Attention les enfants!

Encore une fois!

On reprend depuis le d�but.

Nous n'appr�cions pas les visites pendant les r�p�titions.

Excusez-moi de vous interrompre. Aaron Feldman est l�?

Aaron...

Joseph... Il a des ennuis?

Non, rien de grave.

- Aaron, tu me connais. - Vous �tes le mari de la prof.

Vous �tes au Conseil. Vous me connaissez?

Oui... Qui ne connait pas Aaron Feldman!

Le rat d'�gout, le prince des chapardeurs.

- J'suis pas un chapardeur. - �coute, mon petit.

Le policier du ghetto t'a vu trois fois dehors.

- La prochaine fois, il t'arr�tera. - Tu parles!

Je lui ai fil� un �uf pour qu'il la ferme.

Le probl�me avec les Nazis c'est qu'ils ne voudront pas d'�uf.

Eux, il faudra qu'ils m'attrapent!

- Tu n'as pas peur? - Si.

Mais je le ferai quand m�me.

- Vous allez pas me d�noncer? - Bien s�r que non.

Et toi, tu ne recommenceras plus!

Concentrons-nous sur ceux qui sont productifs et en bonne sant�.

Nous devons essayer de nourrir tout le monde!

Les chapardeurs nous ont bien aid�s.

Aujourd'hui les Nazis les tuent sans sommation.

Ils menacent de tuer vingt Juifs pour tout chapardeur surpris.

Ces enfants sont peut-�tre notre planche de salut.

Au contraire, ils nous feront tous tuer. - Nous serons tous tu�s.

Je n'ai pas compris.

J'ai dit: De toutes fa�ons, nous serons tous tu�s.

- Comment le sais-tu? - L'�puration a commenc�.

Les Nazis se font la main en Russie.

- Il n'y a plus de ghetto. - Qu'est-ce que tu racontes?

On tue en masse... On fusille tout ce qui est juif.

Ils veulent tuer tous les Juifs qui restent en Europe.

C'est ridicule!

- Comment vous appelez-vous? - Analevitz.

Je dis devant ce Conseil qu'il faut voler de la nourriture...

Et des fusils et des grenades.

Ne l'�coutez pas, on signerait notre arr�t de mort.

Si le conseil est trop l�che pour donner l'ordre, les sionistes s'en passeront!

Nous n'avons pas l'intention de mourir sans combattre.

- Dehors! - Vous allez tous mourir en �tant bien polis.

La casquette � la main,

Vous n'avez aucune autorit�, vous ne repr�sentez personne.

Jetez-le dehors!

- Pourquoi avez-vous arr�t� une infirmi�re? - Elle a �t� arr�t�e pour un motif valable.

- Sarah Holnick avait vol�. - Elle a franchi le mur,

pour acheter de la nourriture � ses enfants.

Elle connait la loi, elle n'a pas le droit.

- Je veux qu'on la rel�che! - Ah, oui...

C'est la seule qui puisse s'occuper des enfants.

Vous faites du favoritisme, docteur?

La feriez-vous lib�rer si c'�tait une bonne, une mendiante?

- Bien s�r. - Alors faites appel pour les huit.

Les huit!

Vous me prenez pour quoi? Pour un monstre?

Regardez la petite � droite, elle a seize ans.

- Quel est son crime? - Elle a vol�...

- Pour nourrir son b�b�. - Mon Dieu, vous �tes Juif!

J'�tais Juif... Je suis converti.

C'est pour �a que j'ai cette place. J'ai l'intention de la garder,

et d'ob�ir aux ordres pour survivre.

Mais... Usez de votre influence aupr�s des Allemands.

De quel droit osez-vous dire �a? Vous et votre fr�re Mo�se...

Vous �tes tous-puissants dans ce conseil de fantoches.

Que faites-vous? Sinon ob�ir aux ordres?

Vous leur donnez des listes de noms. Vous �tes � leur botte.

Vous voulez �tre un h�ros? Allez-y docteur.

Ne vous g�nez pas.

Le conseil a lanc� un appel aux Allemands, mais...

- Berta, tu n'avais pas � venir. - Je l'ai demand�.

Aaron!

Prisca, la mendiante.

- Sarah, l'infirmi�re! - Joseph, pourquoi ne les a-t-on pas sauv�es?

- C'�tait sans espoir. - Il va falloir les venger,

Je veux les voir �tendus, couverts de sang.

- Rentre maintenant. - Non!

Non, nous leur devons au moins �a.

Nous t�moignerons pour la post�rit�.

Vous pouvez venir avec nous?

Nous avons oubli� les pri�res.

Les pri�res sont inutiles aujourd'hui.

Nous allons manquer d'encre.

- Je suis un peu chimiste. - Trouvez-nous des produits,

nous pr�parerons notre encre du charbon, de l'huile cuite.

- Vous imprimez un journal de la r�sistance. - Le premier para�t aujourd'hui.

Si j'apporte les produits pour l'encre, je serai votre complice.

- Vous pr�f�rez �tre celui du conseil? - Les membres du conseil, sont vivants.

Ceux qui ne respectent pas la loi, sont fusill�s.

- Je ne veux pas �tre fusill�! - De toutes fa�ons, vous mourrez.

Il vaut mieux mourir en combattant.

Je ne suis pas convaincu, qu'ils aient l'intention de nous �liminer.

Je ne vois pas l'int�r�t que repr�sente un Juif mort.

Laissez-le, on a pas besoin de lui.

J'ai toujours bien fait mon travail.

Mais, avec un tel mat�riel...

Attendez! Essayez de comprendre.

- La logique voudrait que... - La logique ne vaut plus rien.

� tous les Juifs de Varsovie...

Il faut mettre fin � notre apathie.

Refusons cette soumission � l'ennemi.

L'apathie est responsable de notre effondrement moral.

Elle extirpe notre haine pour l'envahisseur.

Elle ronge notre volont� de combattre.

Entendu! Je marche avec vous.

Dieu vous prot�ge Monsieur Weiss. On a aussi besoin du docteur.

Elle sape les fondements de notre r�solution, car notre position est d�sesp�r�e.

Notre volont� de donner notre vie pour une cause plus sublime,

que notre existence quotidienne, doit �tre encourag�e.

La jeunesse de notre peuple, doit marcher le front haut.

Ils sont plus courageux que moi, ceux qui impriment ces affiches,

et qui les ont coll�es ici.

C'est dr�le, elles me font penser � notre fils Rudi.

- Pourquoi? - Si notre fils �tait ici...

Il les imprimerait et distribuerait des tracts, il refuserait de se rendre.

J'ai l'�trange impression qu'il est sain et sauf.

- J'ai confiance en notre fils. - Moi aussi, Joseph.

J'ai confisqu� tous les films que j'ai trouv�s.

Qualit� d�plorable! Qui a pris ces films?

Blobel affirme qu'ils �taient destin�s � nos archives.

Je ne serais pas �tonn�, s'il se les r�servait.

- Nous devrions garder un dossier. - Vous croyez?

Notre travail doit �tre document�. Pas pour les cin�mas de quartier,

mais j'aimerais qu'Himmler voit nos r�alisations.

Je peux organiser une s�ance, avec le F�hrer.

Pas de probl�me, ils ne pleurent m�me pas.

C'est assez incroyable.

On pourrait croire � un rite religieux.

- Nous d�chargeons le camion pour du pain. - D�gagez, pas de civils ici!

- S'il vous pla�t, une miche de pain. - D�gagez!

Cet h�tel est le QG de l'arm�e allemande. Pauvre idiot!

- On a faim! - Tirez-vous, c'est clair?

J'esp�re qu'ils vous feront sauter la t�te.

Ils sont partout! O� est l'arm�e sovi�tique?

Et maintenant...

Par ici!

J'peux rien avaler. J'ai mal � l'estomac.

Imagine que tu manges un d�licieux latke.

- Je t'en prie, arr�te! - C'est agr�able, merci...

Je nous trouve un d�ner et toi tu te plains! Attends qu'on soit mari�s...

�a ne se passera pas comme �a.

- Ne bouge pas. - Qu'est-ce qu'il y a?

Des SS.

- C'est pas croyable... - Quoi?

- Je connais ce type. - Tu connais cet Allemand?

Les Russes ont fait sauter l'H�tel Continental!

Retournez au QG du bataillon, ils ont besoin de m�caniciens!

- Et Helms? - Il est mort.

Helms!

- Rudi Weiss, comment es-tu arriv� l�? - T'occupe pas.

On est parents, ce n'est pas croyable,

sa s�ur est mari�e � mon fr�re Karl.

La derni�re fois que je l'ai vu, c'est au foot. Je me suis fait expulser.

Ce n'�tait pas ma faute, je n'avais rien contre toi,

De l'eau... � boire s'il te pla�t

Helms, �coute... Tu es retourn� � Berlin...

- Et tu as vu ta s�ur. - Il y a six mois.

Ma famille... Parle-moi de mes parents.

- Ton... Ton fr�re est � Buchenwald. - Ma m�re... Mon p�re?

En Pologne, Inga a eu des nouvelles. Ils vont bien.

- O� �a? - Je ne me rappelle pas.

� Varsovie... Comment veux-tu que je me souvienne.

- Rudi, qu'est-ce que je t'ai fait? - La nuit de cristal...

Il y a trois ans, avec M�ller, vous avez bastonn� mon grand-p�re.

Au contraire... On l'a laiss� partir.

On t'a laiss� filer.

- Et ma s�ur Ana? - Elle...

- Quoi? - Elle est morte.

Mais...

- Qu'est-ce qui s'est pass�? - Je ne sais pas.

Il y a un an et demi. Je n'�tais pas � Berlin.

Elle est tomb�e malade, une pneumonie. Une pneumonie, je crois.

Elle est morte � l'h�pital.

- Elle n'avait m�me pas seize ans. - Je sais... Je sais.

Et tu l'aimais tr�s fort.

- Je devrais le tuer! - Non, non Rudi!

- Il t'a peut-�tre dit la v�rit�. - Bien s�r.

On a m�me h�berg� ta m�re et Ana!

Et le docteur Weiss et sa femme vont bien.

Tu portes cet uniforme. Pour moi, c'est toi qui a arr�t� Karl,

- et qui a assassin� Ana. - J'ob�is aux ordres.

Dites... Sortez-moi d'ici et mettez-moi dans la rue,

que je me tra�ne jusqu'� un poste de secours.

Je pourrais t'enterrer sous une pile de gravats.

- Vous enterrez bien les Juifs vivants. - Je vous aurai un laissez-passer.

Je vais vous sortir de l�. �a va pas �tre facile pour les Juifs, � Kiev.

Il a raison.

Je crois qu'on peut lui faire confiance.

�a devient malsain, ils ont fait sauter la moiti� de Kiev.

Abritez-vous!

- Je m'appelle Helms, 22�me division. - Eux, qui est-ce?

- Ce sont des Juifs. - Fais-les monter dans le camion.

Qu'ils se mettent avec les autres Juifs.

Pourri! Salaud! On t'a sauv� la vie!

- Qu'est-ce qu'on va devenir? - Je ne sais pas.

J'esp�re vivre assez longtemps pour lui faire la peau.

Personne ne savait que les Russes avaient min� la ville?

Qu'est-ce que vous foutez, toute la journ�e?

Vous vous soulez � la vodka en courant la ballerine.

Les Russes nous ont poss�d�s. Ils ont min� Kiev.

La moiti� de la ville est en feu. Nous avons perdu des centaines d'hommes.

Notre service d'espionnage n'a pas �t� � la hauteur.

Nous �tions trop occup�s � fusiller les Juifs.

Que fait-on maintenant?

J'entends d�j� Himmler hurler contre les services d'espionnage.

Nous pouvons tout mettre sur le compte des Juifs.

Vous avez vu les Juifs � Kiev? Des vieilles, des vieux, des enfants...

- Ils ne peuvent pas avoir tout fait sauter. - Si, si nous le pr�tendons...

Nous d�gageons la responsabilit� de nos services,

et nous donnons � Heydrich ce qu'il souhaite. Une Ukraine sans Juifs.

Nous avons fusill� plus d'une centaine de milliers de Juifs.

Dorf!

Vous parlez � l'homme qui a nettoy� les ghettos de Zitomir, Berdischeff et Uman.

Vous en demandez davantage?

Rappelez-vous Colonel, quand vous avez tu� dix Juifs...

Vous n'avez aucun mal � en tuer cent.

De moins en moins de mal � en tuer mille,

alors ce doit �tre tr�s facile d'en tuer dix mille.

Il dit que nous allons dans un camp de travail.

Un camp de travail... J'en ai entendu parler.

- Comment s'appelle cet endroit? - Babiyar.

Qu'est-ce que �a veut dire?

"Le ravin de Grand-m�re".

Ils ne savent pas marcher au pas, ou quoi?

Des Ukrainiens.

Et �a, l�-bas, qu'est-ce que c'est?

Le cimeti�re juif de Kiev.

Pratique, n'est-ce pas?

C'est �videmment, une op�ration de relogement.

C'est le terme employ� et ils nous ont cru.

�trange cette docilit�... Cette coop�ration.

Cela prouve qu'ils ne m�ritent pas de vivre.

Les voil�!

Nous pensions en ex�cuter six mille... On vient de m'apprendre,

Qu'il y a plus de trente mille Juifs dans ce ravin.

Absolument fantastique.

Ne regarde pas!

Des femmes... Des enfants!

Rudi! Serre-moi fort, s'il te pla�t

Jamais personne ne pourra le croire.

On nous traitera de menteurs

Personne ne peut �tre aussi atroce, C'est impossible.

Conduisez le major � ses quartiers.

Je suis responsable des routes d'Ukraine.

- Il faut que je passe sur cette route. - Pas aujourd'hui...

- Raison de s�curit�. - Vous faites des exercices de tir?

La semaine prochaine, peut-�tre.

- Des probl�mes? - Le civil veut passer.

- Il dit que je l'emp�che de travailler. - Absolument! Je suis respon...

- Erik! - Oncle Kurt... Venez!

- D'accord. - Dorf!

Si vous voulez me parler, je serai au QG. On fera un pointage.

- Un pointage? - Oui, c'est...

- Vous savez... L'administration. - Incroyable! Quelle allure!

Le major impitoyable.

- � Babiyar, Qu'est-ce qui se passe? - Des ex�cutions.

Oui, bien s�r, et tu en es responsable? Je suppose qu'il en faut un.

Et qui sont les... Les victimes?

La racaille habituelle. Des saboteurs... qui ont fait sauter Kiev.

Les criminels, le march� noir.

- Des Juifs? - Certains.

Ceux dans la r�sistance.

Je suis en Ukraine depuis quelques semaines...

et j'ai entendu dire que vous ne l�sinez pas pour �liminer les Juifs.

Les routes en sont encombr�es. Ils vont tous � Babiyar?

Et ailleurs...

- O� ils pourront s'�tablir? - La majorit�, oui.

- Les criminels et les espions sont ex�cut�s. - C'est atroce.

C'est la guerre qui est atroce.

Mais... Tous ces civils?

J'ai h�te de revoir ma famille.

Tu sais, s'il n'y avait pas Marta, les enfants...

Je me demande si je continuerais.

Je crois que personne au monde, ne prend le pouls mieux que toi.

J'ai beaucoup d'entra�nement.

Cette vieille habitude, pour qu'il ne soit pas froid.

Les vieux toubibs ont tous leurs manies.

Alors, qu'est-ce que tu entends?

Du Mozart...

- Pardon! - Ne te moques pas de moi.

Respire � fond. Ouvre la bouche.

Encore.

- C'est meilleur... Tu te sens mieux? - Oui.

Je veux reprendre mes cours d�s demain.

Quand je ne vais pas � l'�cole, ils font des b�tises.

Ma ch�rie...

Nous ne devrions pas mettre nos photos ici.

Joseph... Elles me donnent la force d'esp�rer.

Quand j'entends les enfants pleurer pour un peu de pain,

Quand je vois leurs corps frigorifi�s, quand je vois les vieillards tomber...

Je regarde ces photos et je r�ve que quelque part,

nos enfants sont vivants et connaissent le bonheur.

C'est certain, voyons!

Karl a du talent... C'est un cr�ateur, ils peuvent utiliser ses capacit�s.

Tu vois bien comment �a se passe dans ce ghetto, je suis m�decin, donc je suis utile.

Tous ceux qui peuvent �tre rentables, vont survivre.

C'est cruel, mais c'est la v�rit�.

Et nous ne devons pas parler d'Ana.

- Elle ne reviendra jamais. - Non.

Il faut que j'arr�te de pleurnicher comme �a.

Quand je serai r�tablie et que je retournerai � l'�cole,

je te promets que je ne pleurerai plus.

C'est mieux comme �a.

Je suis une femme difficile.

J'ai �t� g�t�e par mes parents...

Par toi... Par les domestiques.

Non, Berta. Tu es plus courageuse que la plupart d'entre nous.

Joseph... Tu te souviens l'argent que nous avions cousu dans le manteau?

- Oui, bien s�r. - Prends-le.

Il ne nous sert pas.

- Pour les enfants, � l'h�pital... - Ma ch�rie...

Nous pouvons en avoir besoin plus tard.

Entrez!

Docteur, votre fr�re vient de revenir avec le jeune homme de Vilna.

Merci, j'arrive tout de suite.

- Mo�se est all� � Vilna? - Non, � la gare seulement.

Ce jeune homme a du se faufiler � l'int�rieur.

Quelqu'un a envie de venir dans ce ghetto?

Un messager. Il faut qu'il reparte ce soir.

Je reviens. Je dois assister � une r�union d'�tat-major.

Ne croyez pas les Allemands au sujet des ghettos et des camps de travail.

Nous �coutons ce qu'il racontent avec incr�dulit�.

- Ils veulent �liminer tous les Juifs d'Europe. - C'est impossible!

- Le processus de repr�sailles? - Ce ne sont pas des repr�sailles.

Mais un meurtre syst�matique, l'extermination des Juifs.

Ils �taient 80.000 Juifs dans le ghetto de Vilna.

Aujourd'hui, il en reste 20.000.

- �a fait 60.000 morts! - Fusill�s par les SS.

Ce n'est pas possible de fusiller 60.000 personnes!

- Je ne vous crois pas. - Comment ont-ils fait?

Les SS ont arr�t� tous les hommes qui pouvaient travailler,

ils les ont emmen�s dans la campagne creuser des fosses.

La police lithuanienne a encercl� le ghetto,

Personne ne pouvait sortir... ni entrer.

Les Lithuaniens ont pris les maisons, fouettant, frappant...

Les Juifs sont sortis.

Certains ont essay� de se cacher... Fusill�s sur place.

Les autres conduits en camion jusqu'aux fosses.

Fouill�s... D�shabilles... Align�s devant les fosses...

Tu�s � la mitrailleuse.

Sans rien dire... Sans pleurer... Sans r�sister.

Vilna est peut-�tre une exception.

Tous les ghettos subissent le m�me sort.

Et l'arm�e allemande... Il y a des officiers honn�tes,

- ils doivent s'y opposer... - Ouvrez les yeux!

Varsovie a la plus grande concentration de Juifs en Pologne.

Votre tour viendra bient�t.

Ils ne trouveront pas assez de fosses, de cartouches, de mitrailleuses,

- pour nous tuer tous. - Ils sont ing�nieux et d�termin�s,

il l'ont d�j� prouv�. Ils trouveront un moyen.

Dis-nous ce que nous devons faire.

R�sistez!

Vous pouvez commencer avec �a.

� tous les Juifs du ghetto...

Ne nous laissons pas conduire � la mort, comme l'agneau � l'abattoir.

Jeunes Juifs, ne croyez pas ceux qui pr�tendent vouloir votre bien.

Hitler a projet� l'extermination des Juifs. Nous sommes les premiers,

nous sommes faibles et seuls,

mais nous devons r�sister � l'ennemi.

Plut�t mourir en combattant que par la gr�ce d'un boucher.

Luttons jusqu'au dernier souffle. Vilna, le ghetto.

Sinc�rement, cela nous avancera � quoi?

- Tu as dit qu'ils mourront de toutes fa�ons. - "Ils", docteur Kohn?

Nous!

� mains nues contre des chars et des canons!

- Vous n'avez pas d'armes? - Pas encore.

Nous apprenons aux sionistes � ob�ir et devenir des soldats.

- Ensuite, nous aurons des armes. - C'est typiquement juif...

Pas d'armes, mais d�j� une arm�e.

Les Allemands peuvent sans doute �tre soudoy�s, achet�s?

Ils savent que la guerre est perdue pour eux.

Ils reculent en Afrique.

L'Am�rique va envahir l'Europe d'un jour � l'autre.

Nous serons tous morts d'ici-l�.

- Berta, tu ne dois pas te lever! - J'ai entendu, Joseph.

Ce ne sont que des suppositions, personne n'est certain de l'avenir.

Je viens de d�chirer le manteau.

Tu pourras payer... Les armes.

Combien?

Les deux premiers jours, plus de trente-trois mille.

Nous devons pouvoir en �liminer plus de cent mille avant le d�part.

- Vous avez renforc� la s�curit�? - Bien s�r.

- Les v�tements? - Ils sont distribu�s aux Ukrainiens.

Ils ne posent pas de questions.

Oh, c'est faux!

- On peut ouvrir les cadeaux, papa? - Oui, s'il te pla�t

Vous connaissez la tradition les enfants.

Apr�s la chanson, vous rangez. Et apr�s, les cadeaux.

- La r�compense apr�s le travail. - Comme � l'arm�e.

Votre p�re a eu droit � ces longues vacances,

apr�s avoir fait son devoir sur le front russe.

Et maman, a un nouveau piano pour avoir �t� courageuse pendant mon absence.

C'est magnifique!

- C'est un Berchtein. - J'�tais sid�r�e quand ils l'ont apport�,

je n'arrivais pas � y croire!

- Oui, et il n'a rien co�t�. - C'est vrai?

Il �tait l�, dans un coin de la clinique,

il ne servait plus, il �tait couvert de poussi�re.

Le toubib qui en �tait responsable, me l'a propos�.

- Il te l'a offert? - Oui, dans l'int�r�t du parti.

Il a besoin d'�tre accord�.

Accorder un piano, ce n'est rien. Le probl�me c'est d'en avoir un.

On ne dirait pas que tu as eu du mal � l'avoir.

- D'o� vient-il? - Je te l'ai dit, de la clinique.

Il est � des Juifs qui habitaient l�, et qui sont partis.

Ah, "qui sont partis..."

Nous avons assez perdu de temps... Ouvrons les cadeaux.

Attention les enfants! Doucement!

Laisse-les faire, ce n'est qu'une fois par an.

- Des souris blanches... - Maman, j'en veux aussi.

Elles sont belles, je les appellerai Siegried et Woltan.

Tu devras changer un nom car il y a une femelle.

- Un gar�on et une fille?

Elles vont vivre ensemble, et auront beaucoup de b�b�s.

Je voudrais d�j� avoir les b�b�s.

- Et je pourrai te donner les malades. - Peter!

Les enfants sont fatigu�s.

Nous devrions chanter quelque chose et ensuite monter.

Nous �couterons la messe de minuit � la radio.

�tre mari�e � un administrateur, l'a rendue efficace!

Ou c'est le contraire...

Marta t'a transmis son efficacit�.

Allez les enfants! Debout!

Pr�ts?

Je m'excuse mais quelque chose doit g�ner les marteaux.

Il y avait ceci sur les cordes, de vieilles photos.

Des photos! Fais voir!

- Tu permets... - Oui.

Qui est-ce? Le docteur Weiss?

Et ses enfants, je suppose.

- O� sont-ils all�s? - Nous ne savons pas.

Je crois qu'on les a d�port�s, il y a des ann�es.

Laura... D�barrasse-nous de �a!

Nous allons... continuer notre chanson.

Est-ce que M�ller aura son arbre g�n�alogique?

Il l'a enti�rement invent�. Qu'est-ce qu'on est devenu!

C'est comme �a que nous survivons.

Il a fait mettre Charlemagne et Fr�d�ric le Grand.

Ils sont jaloux parce que nous, on remonte � Abraham.

Magnifique! N'oublie pas les deux crois�s.

Ils sont l�.

Weiss...

Nous serons s�rement amis avant la fin de cette pagaille.

Avec l'entr�e des Am�ricains dans la guerre,

J'aurai besoin d'amis juifs pour dire du bien de moi.

Comptez pas sur moi.

Apr�s tout ce que j'ai fait pour toi?

Ta femme est pass� hier avec ta lettre mensuelle.

Tu ne la veux pas?

- Comme d'habitude elle a d� payer. - Elle n'�tait pas affranchie...

Elle a d� payer un peu. Elle a largement de quoi.

Sortez M�ller! Allez-vous en!

- Qu'elle ne revienne surtout plus ici! - Rassure-toi...

Tu vas �tre transf�r�... Toi et Felscher.

- Gr�ce � votre r�putation de grands artistes. - Transf�r�s?

Vous �tes connus un peu partout comme les g�nies du camp.

Vous irez � Theresenstadt, en Tch�coslovaquie.

C'est le paradis des ghettos.

�a... �a me manquera de ne plus jouer le facteur.

Non, Weiss... �coute...

La situation actuelle est trop extraordinaire.

Lis-la... Montre-toi tol�rant avec elle.

Karl, mon ch�ri, mon mari bien-aim�.

Chaque jour tu me manques davantage... Je prie pour que nous soyons r�unis.

On peut toujours esp�rer...

Je me rends r�guli�rement aupr�s des services officiels,

il ne semble n'y avoir aucun moyen de te faire rel�cher.

Nous devons supposer que tes parents se portent bien.

Une lettre est arriv�e miraculeusement de Varsovie,

Ton p�re travaillait � l'h�pital, ta m�re donnait des le�ons de musique.

J'aurais voulu avoir des nouvelles de Rudi, mais il s'est �vanoui dans les airs...

Je t'aime Karl, je voudrais tellement te retrouver.

Je t'en prie, comprends-moi mon ch�ri,

J'ai du faire certaines choses pour que ces lettres arrivent.

Mais mon amour est plus fort que tout.

Ton Inga, qui t'aime.

Qui t'aime...

Ne fais pas cette t�te...

On raconte que Theresienstadt n'est pas si terrible.

J'ai toujours voulu conna�tre la Tch�coslovaquie.

Bonjour Heydrich! Dorf!

Quelle belle �quipe!

Compos�e d'un demi-Juif et d'un avocaillon berlinois.

Nos estimations indiquent qu'il y a onze millions de Juifs dans le monde.

- La solution finale les concerne tous. - Tous?

Le F�hrer a ordonn� l'extermination de tous les Juifs.

Attention, Heydrich, surveillez votre langage!

La politique envers les Juifs, se pr�sente ainsi...

Ils seront d�port�s dans des camps de travail, en Pologne.

O� une usure naturelle due � la faim...

� la fatigue et � la maladie...

fera son effet.

Tous les survivants seront trait�s en cons�quence.

L'action des commandos va donc se d�velopper?

- Avec d'autres m�thodes. - Nous pouvons les connaitre?

- L'utilisation du gaz est envisag�e. - Du gaz!

C'est une possibilit�.

Allons G�n�ral!

Vous savez ce qui s'est pass� pour la premi�re �limination.

- De qui? - Des fous, attard�s et estropi�s.

- Oui... mais je ne comprends pas. - Vous comprenez tr�s bien!

Le Vatican et les �glises ont tous hurl�.

Nous avons du plier, arr�ter les gaz.

- Et alors? - Alors �a va recommencer.

- On ne peut pas se mettre les �glises � dos. Heydrich!

Je vous en prie, cette saloperie nous entra�ne trop loin.

Sinc�rement, je repr�sente la branche civile du Reich...

- S�rieusement, je m'inqui�te. - Ce ne sont que des Juifs.

Je sais. Ils contr�lent la presse �trang�re, les banques...

Et poussent Roosevelt � nous attaquer.

Jamais personne ne l�vera le petit doigt pour prot�ger les Juifs.

L�galement, nous sommes inattaquables.

Nous �liminons des ennemis de l'Etat, des espions, des terroristes.

Peu importe qu'ils soient fusill�s, gaz�s ou �puis�s au travail.

�a ne me pla�t pas du tout!

Moi aussi, je suis avocat et je veux qu'on m'�coute.

La notion conventionnelle de la justice est morte, Frank.

Rappelez-vous notre F�hrer quand vous lui opposiez la loi.

- Non, pas du tout. - Dorf, rappelez-lui!

Le F�hrer a dit...

"Je vais me tenir d'un c�t�, avec mes ba�onnettes,

vous, vous tiendrez de l'autre, avec vos lois,

nous verrons bien qui va l'emporter."

Si vous voulez vraiment leur extermination,

vous n'allez pas �tre d��us.

- Nous avons pris de grandes d�cisions. - Elles �taient in�vitables.

C'�tait fascinant.

- Vous avez d'autres id�es? - Bien s�r que non.

Nous ob�issons � la loi... La loi du F�hrer.

Et non pas � une notion abstraite...

Comme celle � laquelle Frank se r�f�re.

- Vous avez la conscience claire? - J'ob�is aux ordres.

- Je n'ai pas le droit du juger mes sup�rieurs. - Pourquoi faudrait-il les juger?

Dorf... comment vont... votre femme et vos enfants?

Tr�s bien.

Je me souviens de notre rencontre � Vienne. Il y a combien de temps?

D�j� trois ans.

J'�tais venu vous demander conseil sur une suggestion d'Heydrich.

- Vous ne le regrettez pas? - Et votre famille, Eichmann?

Tout va bien... �tant donn� les circonstances.

- Cette guerre m'accapare un peu trop. - Ce sont nos familles,

Les femmes et enfants d'Allemagne qui nous donnent courage et d�termination.

�videmment.

Une femme charmante... Des enfants heureux.

Nous leur devons un monde meilleur.

D'o� les d�cisions que nous avons prises aujourd'hui.

Elles �taient n�cessaires...

- Pour assurer l'avenir de la race. - Effectivement.

Les g�n�rations futures n'auront pas la volont�, ni la force,

d'achever notre �uvre.

Je regarde mes enfants... Et je sais que j'ai pris la bonne d�cision.

Rudi...

- J'ai froid. - Serre-toi contre moi.

�a change pas... Je crois que je ne pourrai plus jamais me r�chauffer.

Donne-moi tes mains.

Rudi!

�a ne peut plus durer, on ne peut plus continuer � fuir.

Alors, on aurait du rester � Prague?

Je sais pas, mais l�-bas en tout cas...

J'ai mon appartement, de quoi manger, des amis...

Ils sont tous dans des camps de concentration quelque part.

Je crois que je suis un poids mort, un fardeau.

- Je passe mon temps � pleurnicher. - Ch�rie...

Moi aussi, j'ai envie de pleurer, mais...

J'ai appris tout petit, � Berlin, � ne jamais pleurer quand on se bat.

Jamais! M�me si tu as tr�s mal...

Parce qu'il y a toujours quelqu'un qui veut te voir pleurer.

Et si tu pleures... T'es foutue!

Il ne reste plus rien, pas m�me un navet.

Ch�ri... Qu'est-ce qu'on va devenir?

Tu veux bien me parler de cette nation juive que les sionistes veulent b�tir?

Dans ce d�sert, entour� d'Arabes...

Ce type qui r�ve tout haut, comment s'appelle-t-il?

Hertzel.

Ne te moque pas de moi, s'il te pla�t

Je veux te mettre du plomb dans la t�te, c'est tout.

Tu crois que tu iras l�-bas sans te battre?

Sans tuer ou te faire tuer?

J'ai froid. Je ne peux pas parler d'Hertzel quand j'ai froid.

Je vais te chercher � manger

- Ferme les yeux, j'ai un petit cadeau. - Rudi, je t'en prie.

- Ferme les yeux, allez. - Tr�s bien.

Ouvre la bouche.

- Qu'est-ce que c'est? - Du navet!

- Des vitamines. - �a va me faire vomir.

Dis-toi que c'est un bon g�teau...

Ou de la brioche que je viens de voler � la boulangerie du coin.

- Arr�te, s'il te pla�t. - Ce caf�, quel ar�me...

- Je le prendrai avec de la cr�me. - Monstre!

Nous sommes une famille berlinoise qui mange beaucoup trop.

- Mais on ne vivra jamais � Berlin. - Ni jamais � Prague.

O� �a alors? Dans ton pays imaginaire?

En Isra�l?

Je ne sais pas, emm�ne-moi o� tu veux, je serai heureuse avec toi.

Moi aussi.

Tout le monde dehors, les mains sur la t�te!

- Nous sommes cinquante partisans. - Non, Rudi!

Range ce couteau, ce n'est pas la peine. Ils sont trop nombreux.

Sortez! Tr�s lentement.

Un seul fusil... J'aurai pu me d�fendre.

- O� sont-ils vos partisans? - Ils seront l�, en cas de besoin.

Qui �tes-vous?

Nous sommes Tch�ques...

Nous avons pu quitter Kiev, depuis on fuit au hasard.

- Pourquoi? - Il vous faut une raison?

Vous �tes Juifs!

Nous aussi.

- Shalom! - Shalom!

- Des Juifs avec des armes! - Tr�s peu malheureusement.

- Et les cinquante partisans? - Oncle Sasha a de l'imagination.

Sasha... Je commande la brigade de partisans de Zitomir.

Vous savez,

vous avez de la chance d'�tre tomb�s sur nous

et pas sur les partisans ukrainiens. Ils vous auraient tu�s.

- Vous avez un fusil pour moi? - Non.

Pour le moment, nous avons plus de Juifs que de fusils.

Allez, venez! Nous rentrons au camp. Vous avez l'air affam�s.

Droit devant! On ne parle pas!

Weiss...

Est-ce qu'il y a Karl Weiss et Felscher?

Oui!

- Weiss et Felscher. - Oui, je suis Karl Weiss.

- Vous me connaissez? - Les nouvelles vont vite.

Je suis Maria Kamova, Je travaille � l'atelier de dessin.

Vous venez avec nous.

Il y a des boutiques?

- Et une banque. - Il n'y a que la fa�ade.

Dans ce camp, tout est trompe-l'�il.

Vous pouvez vous faire servir un bol d'eau chaude dans ce caf�.

Vous pouvez racheter votre valise dans une boutique.

- Et la banque? - Elle distribue des billets inutilisables.

Alors c'est un jeu?

Non. Il ne s'agit jamais d'un jeu avec les Allemands.

Vous �tes convenablement trait�s?

Les baraquements sont pleins de vieillards et de malades.

Ils �vacuent les morts tous les jours.

Vous �tes entr�s par la petite forteresse.

Tortures, meurtres, ex�cutions.

Karl, il n'y a aucune diff�rence avec Buchenwald,

� part l'aspect ext�rieur, �videmment.

- Pourquoi cette com�die? - Erezine c'est pour leur respectabilit�.

Je ne peux pas croire �a!

Vous comprendrez quand la Croix Rouge nous rendra visite,

et d�clarera que les Nazis traitent les Juifs avec d�licatesse.

Les Su�dois, les Suisses, tous les pays neutres viennent ici.

Une banque... Une boulangerie... Et un cin�ma.

On se demande pourquoi les Juifs se plaindraient.

Ils s'en sortent comme �a? C'est pas possible!

Ils font peut-�tre semblant de les croire.

Venez avec moi.

Vous devez �tre heureux d'�tre sortis de Buchenwald.

L'ordinaire va s'am�liorer...

Ne vous laissez pas abuser par la fa�ade.

Un artiste doit discerner ce qui est derri�re.

Oui, merci, Maria m'a racont�.

Ce endroit est un trou � rats.

Vous avez vu tous ces vieux dans le train?

Qui portaient ces manteaux �lim�s et ces chapeaux ronds?

Certains habitaient pr�s de chez moi, � Berlin.

Les derniers repr�sentants de la bourgeoisie juive.

D�pouill�s de leur derniers Reichsmark, de leurs bijoux,

- pour �tre d�port�s ici. - Ils meurent de faim tous les jours.

Nous... Nous avons de la chance.

Si vous restez dans votre coin, sans vous faire remarquer,

vous pouvez esp�rer survivre.

Quelqu'un a r�ussi � s'�vader?

Jamais personne n'a �t� lib�r�?

Mon cher, nous ne sommes pas dans une prison,

nous sommes ici pour longtemps. Tr�s longtemps.

C'est votre �uvre? Et celle de vos coll�gues?

Tout ce qui est ici, oui.

Vous n'allez pas me dire que vous en �tes fier!

J'ai pas vu d'enfants juifs qui ressemblent � �a.

Excusez-moi, mon vieux, mais...

Je ne suis pas un mod�le de force morale, mais quand m�me!

Les enfants du ghetto qui s'amusent...

Le repas du Shabbat � Theresienstadt... Sinc�rement...

Fais le guet, tu veux.

Nous formons un groupe tr�s �clectique.

- Tous les styles sont repr�sent�s. - Ah oui.

Nous pourrions appeler celui-ci...

Camp de concentration.

- C'est de vous? - Oui.

Mais... Tout l'atelier en fait autant.

Attention, les voil�!

Comme j'ai souvent l'occasion de le dire...

Vous allez constater la qualit� des �uvres de nos artistes.

Alors, comment vont mes artistes aujourd'hui?

- Tr�s bien mon Commandant. - Bon, bon.

Mon h�te est Monsieur Bensen de la Commission Su�doise.

Il a entendu parler de notre programme artistique,

et il m'a demand� de le lui pr�senter.

Bel atelier... Alors Bensen,

On est loin de... D'une chambre de torture.

Fred, Montrez � Bensen...

Ces portraits d'enfants juifs, s'il vous pla�t.

Charmant!

Une preuve de notre bont� envers les Juifs.

Avez-vous d�j� entendu parler d'une prison,

qui permette aux artistes de travailler dans la joie?

Maintenant, je vais vous montrer notre orchestre.

Permettant aux talents naturels de s'exprimer.

L'Allemagne a un pass� artistique et le prouve tous les jours.

- Quel salaud! - Attention Weiss.

D'o� vient-il?

- Sasha? C'est un m�decin. - Un docteur?

Et o� est son cabinet?

Tu peux rigoler... Il peut te recoudre, ou t'enlever les amygdales.

- Et cet homme qui prie? - C'est un rabbin.

- Un rabbin avec les partisans? - �a me pla�t!

Il me convaincra peut-�tre de retourner � la synagogue!

H�, les enfants...

�a n'en a pas l'air, mais c'est une synagogue.

Je m'occuperai de vous tout � l'heure.

�a me rappelle Berlin.

Je me faisais punir car je jouais au foot le samedi.

Comment �tes-vous arriv�s l�?

L'oncle Sasha nous a fait quitter Koretz.

Les Allemands ont fusill� sa femme et ses filles.

Plus de deux mille Juifs fusill�s dans l'apr�s-midi.

- Mes parents, mon fr�re. - Toute ma famille.

C'est un de malades de Sasha, un brave type ukrainien.

Il nous a guid�s ici, nous �tions vingt.

Les autres nous ont rejoint

Ils venaient de Zitomir, de Berdischeff,

de tous les patelins o� les Juifs se faisaient tuer.

Dans ce camp? - C'est notre quatri�me camp.

Les Allemands et les partisans ukrainiens nous harc�lent tous les jours.

- Vous vous battez? - On se battra... Quand on aura des armes.

- Qu'est-ce que vous attendez? - Pas si facile.

� cause des femmes, des vieillards, des enfants.

Sasha ne veut pas les laisser tomber.

Il ne prie pas avec les autres?

Il a d�chir� le ch�le de la pri�re quand sa femme a �t� fusill�e.

Il dit toujours la m�me phrase aux nouveaux...

"Plus d'agneaux � l'abattoir".

Enfin, vous n'�tes qu'une poign�e...

Alors que des milliers d'autres vont docilement � la mort.

Ils sont an�antis. Ils pensaient pas qu'on puisse faire �a.

H� Weiss! � toi de monter la garde.

- Tu sais te servir de �a? - Bien s�r.

- Il marche au moins? Si non, utilise-le comme massue.

Je vais te montrer, viens.

- Je peux savoir pourquoi tu souris? - Une association d'id�es...

- Mon p�re est m�decin - O� �a?

Il avait un cabinet � Berlin et il est � Varsovie maintenant.

Il voulait que je fasse des �tudes de m�decine.

- Tu ne supportes pas la vue du sang? - Je n'�tais pas assez dou�.

Oncle Sasha!

- Je peux monter la garde avec lui? - Bien s�r.

Mattel va vous emmener.

Vous endormez pas,

- Passez pas votre temps � vous embrasser. - Oncle Sasha...

- Le vieux Samuel, votre rabbin. - Oui.

Il peut c�l�brer un mariage quand nous aurons fini notre garde?

Pourquoi pas. Vous n'aurez m�me pas � le payer.

Bien-aim�, viens rencontrer la mari�e.

La princesse Saba nous accueille, viens au milieu de tes amis.

Rencontrer celle que le Seigneur t'a choisi...

Et que tu ch�riras toute ta vie.

Car votre union sera sacr�e.

Dans mon d�sarroi, j'ai appel� le Seigneur,

il a r�pondu � mon appel, comme toujours.

Puissiez-vous connaitre le bonheur et �lever de nombreux enfants.

Que votre amour soit �ternel.

Dans la foi d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.

Je vous d�clare mari et femme.

Mazel Tov!

- Embrasse ta femme! - �a me g�ne un peu,

Maintenant qu'on est mari�s.

Bravo!

Nadia! Merci de m'avoir pr�t� la bague.

Je te l'offre, elle �tait � ma s�ur.

Bien... Tu as de nouvelles responsabilit�s.

Une famille, une maison, une assurance.

- Il va falloir faire des �conomies. - Je crois entendre mon p�re.

Il passait son temps � me faire la morale, car je d�pensais tout au football.

Sasha... Viens ici!

Il y a une patrouille � trois kilom�tres. Un fermier a vu le camion.

Allez, grouillez-vous, on l�ve le camp. Vite... Vite...

Rudi! Helena!

Nous y allons?

Par ici, Reich F�hrer!

- Qui a eu cette id�e? - Le Colonel Nebe.

- C'est un idiot. - Il a pens� que le Reich F�hrer devait voir �a.

Je connais Himmler mieux que ce cr�tin.

� vos rangs! Fixe!

� vos rangs! Fixe!

- Combien en avez-vous? - Pr�s d'une centaine.

G�n�ralement, nous proc�dons par groupes plus importants.

Nous avons d�j� �limin� 40.000 Juifs en cinq mois dans la r�gion de Minsk.

Minable...

Nous en avons �limin� 33.000 en deux jours, � Babiyar.

Par ici!

Ce grand jeune homme, le deuxi�me...

Il a le profil d'un Aryen, faites-le venir ici.

Sergent... Amenez le plus grand.

Vos deux parents �taient juifs?

Oui.

Aucun anc�tre qui n'aurait pas �t� Juif?

Non.

Alors je ne peux rien pour vous.

Emmenez-le!

- Quand vous serez pr�t, Reichf�hrer... - Pr�t? Oui, oui.

Quand vous voudrez Nebe.

Feu!

La premi�re fois �a surprend, c'est difficile � supporter.

Cette poule mouill�e lamentable.

Et nous, on les fusille par milliers.

- Mon Dieu, il y en a qui bougent encore... - Sergent!

Je crois qu'il faut trouver un autre moyen.

Messieurs...

Je n'ai jamais �t� aussi fier des soldats allemands.

Vous devez avoir la conscience tranquille.

Je prends la responsabilit� de vos actes devant Dieu et Hitler.

Les hommes vous en remercient, Reichf�hrer.

Retournons � la le�on que nous donne la nature.

Le combat doit �tre incessant.

L'homme primitif avait compris que le cheval �tait n�cessaire...

Et que la punaise �tait n�faste.

Je sais, vous pouvez soutenir que les punaises et les rats,

et les Juifs ont le droit de vivre et nous pourrons en d�battre.

L'homme a le droit de se d�fendre contre la vermine.

Cela dit, Heydrich, je vous en prie...

Trouvez des m�thodes plus efficaces.

Bravo Nebe! Vous avez bien loup� votre coup.

Pour vous, je suis le Colonel Nebe, Major Dorf.

Estimez-vous heureux de ne pas vous retrouver sergent apr�s cette com�die.

Qui vous a autoris� � inviter le Reichf�hrer � ce massacre?

Vous n'avez pas de tireurs qui r�glent �a d'une seule rafale?

Vous vous prenez pour qui? Vous n'�tes pas mon sup�rieur.

Je pourrais vous �tonner.

Major Dorf...

Nous sommes plusieurs � �tre fatigu� de vos exigences.

Ah oui... Confidence pour confidence, mon cher Blobel,

nous sommes tr�s d��us par Babiyar.

Heydrich veut que vous d�terriez les corps pour les br�ler.

- De quel droit osez-vous? - Allez mon grand...

- Vous repartez imm�diatement en Ukraine. - Major Dorf...

- Rien ne vous autorise � nous parler ainsi. - Malheureusement, si.

Heydrich le prot�ge.

Cet esp�ce de demi... Juif!

Heydrich n'a pas de sang juif, Blobel.

Celui qui r�pand ces calomnies devra en r�pondre.

Allez vous faire foutre!

Faut que je boive un coup.

�coutez un peu, major...

Je crois savoir ce que voudrait Himmler... Des m�thodes plus efficaces.

Et moins co�teuses.

La dynamite peut-�tre... Les piq�res.

Le gaz.

Qu'il aille se faire voir!

- Vous venez Major? - Il ne boit pas!

Il pr�f�re garder les id�es claires pour nous espionner...

Et courir faire le rapport � son ma�tre.

Il va falloir faire quelque chose pour ce salaud.

Quoi? Il s'est fait une jolie place.

Est-ce que vous marchez avec moi?

Vous partez pour la Pologne ce soir?

Oui, on doit me pr�senter d'autres m�thodes.

Avant votre d�part, vous devriez lire �a.

Le Major Dorf, qui vous seconde,

est un membre des "Jeunesses Communistes" de notre universit�.

Son p�re �tait un chef communiste qui s'est suicid�.

La famille de la m�re de Dorf...

Pourrait bien avoir du sang juif. Mais...

- Ce n'est pas sign�! - Elles ne le sont jamais.

Qu'en pensez-vous, Erik?

Que tout ceci-n'est qu'un tissu de mensonges.

Mon p�re �tait vaguement socialiste,

mais je n'ai jamais �t� membre du Parti Communiste.

J'ai peut-�tre assist� � une r�union, par curiosit�.

- Aucun chromosome juif? - J'en suis persuad�.

J'ai fait l'enqu�te habituelle en 1935 quand j'ai �t� engag�.

Malheureusement, Himmler a re�u une photocopie de cette lettre.

Il y aura une nouvelle enqu�te sur votre famille et ses activit�s.

- Vous n'�tes pas garant pour moi? - Vous connaissez le Service.

Il y a une rivalit� entre Himmler et moi et vous �tes mal plac�.

Vous voyez qui a pu �crire cette lettre?

�a peut �tre n'importe qui. Histoire de me nuire.

- Mais, vous �tes le num�ro deux! - Oui.

Mais tout le monde r�ve de me d�boulonner.

Erik, je sais tout sur chacun d'entre eux.

Absolument tout. Je sais ce qu'ils valent.

Une v�ritable galerie de monstres.

Goering est drogu�... Corrompu jusqu'� la moelle.

Rosenberg... J'ai toutes les lettres � sa ma�tresse juive.

Goebbels, scandale sur scandale.

Himmler, un point n�buleux du c�t� de sa femme.

Sans parler de Streicher et de Keltenbrunner,

qui ne sont ni plus ni moins que des criminels.

J'esp�re que je ne ferai jamais partie de votre galerie.

Il n'y a pas de raison.

Si cette lettre est un mensonge.

Force un peu soixante-dix, c'est trop.

Cela dure combien de temps?

Dix � douze minutes.

Plus long quand le camion est charg�, le moteur fatigue.

- Il faudra am�liorer le mod�le. - Il n'a pas �t� con�u pour �a.

Et � l'int�rieur, c'est comment?

Il y a des traces d'ongles et de coups de poings.

Parfois, on les entend taper contre les parois.

Pas maintenant, le moteur fait trop de bruit.

Pas mal. � une demie-heure du camp.

- Ce n'est pas ce que j'esp�rais. - Je suis d'accord.

Avec cette m�thode, on va casser tous les camions en Pologne.

C'est laborieux... Lent. Il faut des installations permanentes.

Oui.

Nous en parlons souvent avec Blobel et quelques autres.

C'est vrai?

- Quel autre sujet de conversation avez-vous? - �a d�pend.

Vous n'avez jamais �crit de lettre anonyme?

Destin�e � Heydrich et � Himmler, concernant le personnel?

- Excusez-moi, je ne comprends pas. - Vraiment?

Ils sont tous morts � part deux enfants qu'il a fallu achever.

Tr�s bien... Merci.

- Je n'approuve pas ce que je vois. - Moi non plus.

Les m�res essaient de prot�ger leurs enfants, c'est pour �a qu'il y en a qui survivent.

Ce n'est pas ce que je voulais dire.

L'oxyde de carbone n'est pas assez efficace.

Nous avons des sp�cialistes en Allemagne, qui pourraient faire mieux.

Il en reste un.

Ce sont des Allemands?

Des miliciens ukrainiens.

- On les veut? - Ils ont tu� plus de Juifs que les nazis.

Feu!

Tue-le! Tue-le!

Piti�... Non!

Non! Non, piti�!

Je t'ai dit, tue-le!

Tue-le ou je vais le faire, d�p�che-toi!

Si on le laisse, il am�nera les Allemands.

C'�tait encore un enfant.

Yo� dit que c'est le genre de m�me qui tue les Juifs pour du fric.

Je t'en prie ch�ri.

- Je n'avais encore jamais tu� personne. - Je sais.

Il le fallait.

Moi qui me croyais costaud. Il avait du sang sur tout le visage.

Je ne comprends plus rien � rien.

Mes parents non plus... Sasha peut-�tre.

Il faut qu'on vive, ch�ri.

C'est tout ce qu'il y a � comprendre.

�a suffit pas! Quand ce massacre s'arr�tera... S'il finit un jour.

Et si on est toujours vivants, �a changera quoi?

�a changera que nous seront vraiment monsieur et madame Weiss,

et que nous partirons pour la Palestine.

Tu me vois travailler dans une plantation de past�ques?

Ch�ri, il faut vivre pour connaitre �a. Les orangeraies,

les c�dres, les petites fermes, les villages...

- Et la mer chaude... - Je te dois un voyage au pays sioniste.

Pas un voyage... Toute une vie.

O� personne ne voudra nous arr�ter, nous battre ou nous tuer.

Tu te souviens la premi�re fois, � Prague?

- Je t'en prie, tu me g�nes. - C'�tait merveilleux.

La meilleure chose qui me soit jamais arriv�e.

- � moi aussi. - Chaque fois que nous sommes ensemble,

je suis fou de bonheur.

Imagine deux �tres qui se connaissent si intens�ment...

Non seulement, par leurs corps, mais par leurs bras, leurs l�vres,

c'est comme si Dieu

ou la nature ou autre chose en avait d�cid� ainsi.

Ch�ri... Il y a un po�te en toi.

Non.

J'�prouve juste tant d'amour pour toi, que je ne peux l'exprimer.

Je sais mon ch�ri.

Je sais.

C'est pour �a que je sais qu'on ne mourra pas.

On ne mourra jamais.

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