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Original subtitles

1re PARTIE

Allez! Embrasse la mari�e!

Je ne suis pas habitu� � le faire en public.

Vas-y! Embrasse-la, Karl, elle n'attend que �a.

Il n'est pas habitu� en public.

Il va falloir que je le d�gourdisse.

Joseph, je crois que tu devrais faire ton discours.

Mes amis, buvons aux jeunes mari�s.

� Inga Helms Weiss, le nouveau membre de notre famille.

Et � mon fils, Karl.

A Inga et Karl!

Comme les familles Helms et Weiss sont appel�es � se fr�quenter,

Je l�ve mon verre � Monsieur et Madame Helms.

� Monsieur et Madame Helms!

� leur fils Hans!

� tous les amis et leurs parents!

Je l�ve mon verre � mon fr�re, Mo�se Weiss.

Qui a fait le voyage depuis Varsovie, en cette merveilleuse journ�e.

- Mo�se! - � Mo�se!

Et aux parents de ma femme, Monsieur et Madame Palitz.

Arr�te tes discours et passe au champagne!

Mo�se Weiss?

On n'a jamais essay� de parler � ta s�ur, avant qu'elle ne s'engage?

Personne ne peut leur parler.

Allez papa, c'est � toi maintenant.

J'ai...

Je crois malheureusement que notre famille n'est pas aussi c�l�bre que la v�tre, Dr Weiss.

Allons, nous sommes tous des amis ici,

tous des bons Berlinois.

Mo�se aussi?

Moi aussi, je l�ve mon verre au jeune couple,

et � ma femme bien-aim�e.

Et � mon fils Hans, qui est aujourd'hui au service de la patrie.

La plus belle �ducation pour un jeune homme, quelle arme?

L'infanterie.

J'ai servi dans l'infanterie, moi aussi.

Capitaine...

2e R�giment Lourd de Berlin.

C'est le Kaiser qui m'a remis ceci.

La croix de fer.

Premi�re classe.

J'ai dit tout ce que je pouvais.

� tout le monde, beaucoup de chance et beaucoup de bonheur.

Karl, viens...

On va voir si tu danses mieux que tu embrasses en public.

- Tu danses avec moi? - Non, je ne supporte pas ton parfum.

Mais, je n'en ai pas mis.

C'est mon odeur naturelle!

- Encore toutes mes f�licitations. - Allons, Mo�se, je sais ce que tu penses.

�a ne ressemble pas � un mariage juif. Une c�r�monie civile, pas de verres cass�s...

- Joseph, je comprends, mais... - Il ne faut pas nous juger trop s�v�rement.

- Nous c�l�brons toujours nos f�tes religieuses. - Tu n'as pas � t'excuser,

- Je suis heureux pour Karl. - Oncle Mo�se,

- Tu viens danser avec moi? - Ma petite Ana.

- Ma fa�on de danser laisse � d�sirer. - S'il te pla�t.

Viens, viens, s'il te pla�t

Tu vas le regretter tu sais.

Tu es heureuse, Berta?

Si Karl est heureux, alors je le suis.

Tu ne m'as pas r�pondu.

- J'ai r�pondu du mieux que j'ai pu. - Des gens charmants.

De bons parents.

Regarde, Karl est vraiment amoureux d'Inga.

Oui... Je vois �a.

Mo�se et Helms, �a ne nous concerne pas, C'est une bonne famille.

Vous ne lisez pas les journaux? Inga va avoir des probl�mes, elle va le regretter.

Elle va �tre heureuse.

Allons... Ce sont de bons Juifs.

C'est vrai, c'est un docteur. Le grand-p�re est un h�ros de la guerre.

Dommage que vous n'ayiez pas pu, repousser le mariage de quelques mois.

- Je ne comprends pas. - Le Parti pourrait interdire les mariages mixtes.

�a nous aurait �pargn� quelques d�chirements.

Ne vous inqui�tez pas tout de suite, �a peut bien se passer.

Allons, c'est rien, �a va aller.

Tiens, bois �a.

Allons, un petit effort.

Simple r�action � la nicotine. Le th� est un rem�de miracle.

Alors, �a va?

Mieux, merci.

Je supporte le champagne, mais j'ai du avaler un peu de tabac.

Hans, ce n'est pas parce que tu portes un uniforme, que tu es un homme.

Il a toujours eu des probl�mes d'estomac.

- J'esp�re qu'� l'arm�e, ils le nourriront bien. - Bien entendu.

Remarquez, vous avez un docteur dans la famille, maintenant.

Excusez-moi.

- Vous avez une sp�cialit�? - Oui, il gu�rit ses malades.

Je t'en prie Rudi!

Docteur Weiss!

Je suis m�decin g�n�raliste. Je travaille dans ma clinique.

Je me demandais quelle �tait votre sp�cialit�. Je sais que votre fr�re vient de Pologne,

- Je viens de Pologne, moi aussi. - Mais vous pratiquez � Berlin.

Je me consid�re aussi Allemand que ma femme, J'ai fait mes �tudes de m�decine ici.

Que pensez-vous de la situation politique et de son �volution?

Je ne discute jamais politique.

Parlez-moi d'une technique op�ratoire, j'aurai une opinion,

mais en politique, jamais.

Je crois que l'arm�e a chang� depuis mon �poque.

- Vous �tiez en France? - Oui.

Verdun, le Chemin des Dames.

Je prie pour qu'il n'y ait plus de guerre, c'est trop monstrueux.

Nous �prouvons tous la m�me r�pulsion.

Le mar�chal Von Hindenburg, �a c'est un homme!

Courage... Honn�tet�...

- C'est un vieux g�teux. - Toujours un des meilleurs!

Ce sont eux qui devraient tenir les rennes en Allemagne.

Je parle des g�n�raux.

Croyez-moi, un jour les g�n�raux sauront s'occuper... de cette foule.

De cette foule?

J'ai d�j� aper�u ce que vous portiez.

Si nos officiers prennent leurs responsabilit�s, on en sera d�barrass�s.

Les militaires ont de bons c�t�s dans la famille.

Grand-p�re se croit toujours en uniforme, et maman dit qu'il devrait rempiler.

Comment �a se passe en Pologne?

Je tiens une petite pharmacie � Varsovie, je ne peux parler que m�dicaments.

Vous �tes tous nos invit�s aujourd'hui, ne parlons pas politique.

Oui, on pourrait peut-�tre chanter quelque chose.

Karl, demande � l'accord�oniste de jouer une chanson gaie.

Quelque chose d'entra�nant... Comme la Lorelei.

- Il aurait fallu le faire approuver... - Robert, je vous en prie,

Le jour d'un mariage il n'y a pas d'interdictions.

Madame, �a ne d�pend pas de moi.

- Robert, s'il vous pla�t - Je vous le demande moi aussi.

C'est ta balle, petite?

Attention, Rudi!

Je vais �galiser.

Excusez-moi, mon cabinet est en d�sordre.

Ne vous inqui�tez pas Docteur.

Mme Dorf, vous avez un l�ger souffle systolique,

voire tr�s faible. � peine perceptible.

Vraiment pas de quoi s'inqui�ter.

Il n'y a rien � faire pour l'�liminer?

Je vais vous donner quelque chose pour l'an�mie,

C'est une cons�quence de ce souffle �videmment.

Ne faites pas trop d'efforts violents,

faites un peu d'exercice.

Je n'en manquerai pas, mes petits-enfants sont l� pour �a!

Marta, nous pouvons prendre une bonne deux ou trois jours par semaine.

- Ch�rie, nous n'avons pas les moyens. - Ne vous fatiguez pas.

Ne vous comportez pas comme ces femmes berlinoises

qui se tuent � la t�che toute la journ�e! Vous �tes bien trop jolie!

N'h�sitez pas � me rappeler si cette faiblesse persiste.

Revenez dans un mois, d'accord?

Ce n'est pas grave, vous �tes certain?

Je veux savoir Docteur.

Je vous le jure.

En fait, vous ne souffrez que d'une infection au premier stade

des tas de gens actifs en souffrent toute leur vie.

Nous allons �liminer cette an�mie,

et ensuite, vous serez plus belle et s�duisante que jamais!

Dorf?

Vous �tes parents avec la famille, qui tient une boulangerie rue Klein?

- Je suis leur fils. - Pourquoi vous ne me l'avez pas dit?

Mon mari ne croit pas � la sinc�rit� de vieilles relations.

Je l'ai soign� pour une rub�ole quand il avait dix ans!

Comment vont vos parents?

Mon p�re est mort il y a plusieurs ann�es. Il a d� vendre la boulangerie pendant la crise.

Ma m�re habite Munich aujourd'hui.

Mon Dieu, je me souviens bien d'eux.

Ces d�licieux chaussons du jeudi.

Je crois que c'�tait le mercredi... J'�tais charg� de les livrer.

Alors je vous fais confiance

Quel malheur!

C'est incroyable, tous ces gens qui ont souffert � cette �poque.

- C'est pour �a que je suis fi�re de mon mari. - Marta, je t'en prie!

Il a termin� ses �tudes de droit malgr� tous les probl�mes.

Vous pouvez �tre fi�re de lui, effectivement.

Tenez-moi au courant de votre �tat.

Ce remontant vous aidera. Ne soyez pas inqui�te.

Merci beaucoup Docteur.

- Au revoir. - Au revoir.

Au revoir.

� qui le tour?

Monsieur Lowy.

On demande apprenti tourneur...

Gardien de nuit...

Serveur-plongeur...

Ce n'est pas tr�s all�chant pour un jeune avocat.

Sois patient, ch�ri.

Patient! Marta, je vais avoir des probl�mes pour payer le docteur.

Il te fera cr�dit le temps de trouver un travail.

Je ne veux pas vivre de cette fa�on.

Faire des dettes partout, supplier les amis de m'aider � survivre...

On pourra emprunter � mes parents.

Je leur ai d�j� emprunt� suffisamment.

Tu sais, ch�ri,

en fait, tu es trop modeste.

Tu ne te donnes pas la peine de montrer ta valeur aux autres.

J'ai fini dans les dix premiers du concours,

et je suis au ch�mage.

Mais, tu pourrais essayer,

autre chose que les cabinets d'avocats.

Ch�re et tendre petite femme.

Ce souffle au c�ur ne tiendra pas longtemps devant ta volont�.

Allez, viens! Je te paye une glace.

Le docteur a dit que tu devais manger copieusement.

Erik, �coute ce que je vais dire.

- Je sais ce que tu vas me dire. - Laisse au moins mon oncle parler.

Parler � Heydrich du jeune et brillant ma�tre Dorf.

Laisse-le au moins prendre un rendez-vous.

Tu sais que je n'aime pas la politique.

Mon p�re �tait socialiste, il se retournerait dans sa tombe

s'il me voyait travailler avec ceux qui les ont chass�s.

Tout a bien chang�.

Il y a des syndicalistes convaincus, qui sont membres du Parti.

Je sais bien que tu te fiches de la politique

et que tu ne supportes pas les fonctionnaires.

En fait, je suis un rat�.

Pas du tout.

Ch�ri,

tu sais que je t'aime tr�s fort.

Je nous souhaite tout le bonheur du monde � nous et nos enfants.

Heydrich me regardera � peine et je me retrouverai secr�taire.

Je n'ai pas le feu sacr�, j'ai horreur des armes et des parades.

Je suis un fils de boulanger qui a voulu grimper en �tudiant.

Qui a une femme bien trop jolie et intelligente pour lui.

Avec une femme qui va �tre folle de rage.

Ce qui est dangereux pour son c�ur,

si son mari ne veut pas lui faire plaisir.

Du chantage?

Tu as gagn�.

Dorf, Erik, 24 ans,

N� � Berlin, dipl�m� de l'Ecole de Droit.

- Pas affili� au Parti? - Non, pas pour le moment.

- Pourquoi cet int�r�t soudain? - Parce que je cherche du travail.

�a, c'est rafra�chissant.

Vous ne pouvez pas savoir le nombre de mendiants qui tra�nent ici.

Des larves, des limaces, d�bordant d'amour pour le Parti,

le F�hrer, le Reich.

C'est agr�able de parler � un homme qui ne veut que travailler.

Je respecte le Parti et le travail que le F�hrer a entrepris...

Restez assis!

Jeune avocat, bonne �ducation.

Interdit de travail parce qu'un Juif ou un socialiste a pris la place.

- Je n'invoque aucune excuse. - Pourquoi pas?

Nous connaissons nos ennemis! Que savez-vous sur nous?

Vous assurez la justice et la s�curit� int�rieure et ext�rieure du pays.

J'avoue que j'ai quelques probl�mes � diff�rencier les SS, les SD, la Gestapo, c'est vrai.

Nous aussi. Ce n'est pas grave, je les commande tous.

Sous la b�n�diction du Reichf�hrer Himmler, bien entendu.

Quels sont vos sentiments envers les Juifs?

- Il sont neutres. - La franchise, j'aime �a.

J'esp�re que vous ne me croyez pas stupide parce que je suis franc.

Pas du tout.

Cette pure bigoterie des vrais croyants est admirable.

Mais quelquefois, il vaut mieux �tre neutre,

analytique, froid.

Parce que la conspiration juive mondiale, le bolchevisme, le capitalisme,

qui conspirent contre l'Allemagne le sont.

La race, empoisonn�e par les Juifs.

Notre vie nationale infiltr�e.

- Les id�aux allemands, bafou�s. - Je sais, j'ai lu le F�hrer.

Vous connaissez donc l'importance qu'il attache � notre politique raciale.

En fait, elle d�termine notre programme.

Nous r�soudrons tous nos probl�mes.

�conomiques, militaires, gouvernementaux.

Simplement en attaquant les juifs.

Effectivement, si d'autres approuvent.

Je crois que �a peut �tre passionnant,

et vous devrez oublier certaines notions apprises � l'�cole.

J'ai l'esprit ouvert.

J'ai un pr�jug� favorable envers ceux qui ont l'esprit ouvert.

Surtout si cet esprit est brillant.

Vous �tes dans les dix premiers du concours,

Avec une recommandation de votre professeur.

Malheureusement je n'ai pas le type militaire.

Je n'ai ni tir� de coups de feu, ni port� d'uniforme sauf boy-scout.

C'est la partie la plus facile, n'importe quel idiot peut porter un uniforme.

Je vous envoie au personnel pour v�rification.

- La s�curit�? - La routine. Puret� de la race, affiliations politiques.

Vous ne seriez pas ici si vous n'�tiez pas totalement pur.

En effet, mon G�n�ral.

Je prends un �norme risque...

Hitler a dit un jour, qu'il n'aurait de repos que lorsqu'il n'y aura plus d'avocats en Allemagne.

- Je plaisante, bienvenue Dorf. - Merci mon G�n�ral.

Heil Hitler!

Bravo! Alors je m'empresse de r�pondre.

Heil Hitler!

- Regarde papa! - Marta, je t'en prie!

Il est bien trop grand pour �tre port�.

Peter! Est-ce que tu aimes ton papa?

Peter! C'est seulement ton papa!

L'uniforme le met mal � l'aise.

- M�me moi, je suis mal � l'aise. - Erik!

- Tu as l'air d'un h�ros. - Les bottes me serrent un peu.

- Mais je n'aurai pas � les porter tout le temps. - Mais il le faut!

Comme �a on te respectera. Les commer�ants doivent savoir!

- On aura droit au meilleur morceau partout! - Ma jolie Berlinoise!

Pourquoi pas?

Quand on la chance d'avoir le pouvoir, pourquoi ne pas s'en servir?

Pourquoi pas?

Peter.

Ch�ri, c'est papa qui a mis un uniforme.

Mon premier jour de policier est un fiasco.

C'est un sc�ne tir�e de l'Iliade.

"Hector s'appr�te � passer son casque �tincelant."

"Et son fils fut en proie � la plus grande frayeur."

"Il pousse des hurlements devant son p�re..."

Je ne souviens pas de la suite.

Il me semble qu'Hector demande � Zeus que son fils soit plus courageux que lui.

Tous les deux vous serez courageux gr�ce � moi.

� qui le tour?

Ah! Monsieur Dorf.

Asseyez-vous.

Je... Je suppose que c'est � propos de votre femme.

- Dommage que je ne l'aie jamais revue. - Elle va bien.

Un peu fatigu�e de temps en temps.

Effectivement, elle n'est pas tr�s atteinte mais elle ne doit pas faire d'imprudences.

- C'est vous le patient aujourd'hui? - Je ne suis pas l� comme patient.

Comme quoi alors?

Service de s�curit�.

Lieutenant Erik Dorf.

Qu'est-ce que j'ai fait?

- Connaissez-vous Mme Elke Gutmann? - Oui, c'�tait notre femme de m�nage.

Dr Weiss, l�galement vous n'avez pas le droit de soigner les patients aryens.

Je l'ai fait par habitude.

Autrefois j'ai soign� de purs Aryens, votre femme, et vous entre autres.

J'avoue que j'ai longtemps h�sit� avant de venir.

- Et c'�tait dans votre int�r�t. - Je comprends.

Je ne fais pas les courses, je suis un simple bureaucrate.

- Vous n'�tes pas g�n�raliste de sp�cialistes! - Oui...

C'est un peu �a.

On m'a appris que vous soigniez une Aryenne,

j'ai pr�f�r� vous pr�venir avant que d'autres le fassent.

Tout ceci me d�passe.

Il y a quelques ann�es, j'ai examin� votre femme.

J'ai prescrit un traitement, j'ai soign� vos parents. Je suis votre docteur de famille.

Pourquoi ne pas avoir quitt� l'Allemagne? Vous n'�tes pas pauvre.

Excellente question.

Allez-vous en... pendant qu'il est temps.

Des juifs sont malades, ils ont besoin de soins.

Si tous les m�decins s'enfuient, qui s'occupera d'eux?

Il ne reste plus que les vieillards et les pauvres.

Docteur, la vie ne va pas �tre facile pour vous.

Je ne vois pas comment �a pourrait �tre pire.

Nous ne sommes plus citoyens, nous n'avons plus de droits.

Nos biens peuvent �tre confisqu�s,

je ne peux plus travailler � l'h�pital, obtenir des m�dicaments...

Qu'est-ce que vous pouvez nous faire d'autre?

Il ne faudra pas venir me demander de l'aide.

Je ne pourrai faire appel � vous, au nom du pass�, de notre amiti�?

Vous ne pourrez pas.

C'est pourquoi, je vous le r�p�te une derni�re fois,

Allez-vous en.

S'en aller?

Ce n'est pas facile.

Je reviens dans une minute.

- Parfait, bravo! - Oh papa!

Ce n'est pas joli d'�couter aux portes.

Maman et moi on r�p�tait.

Ana a raison, nous r�p�tions pour ton anniversaire.

Tu pr�f�res Mozart, toi aussi.

On sera au point, tu verras.

C'est d�j� remarquable. Difficile d'am�liorer.

Ana, tu peux nous laisser une minute?

Je sais de quoi vous parlerez. On part, on reste...

Ana!

- Tu te rappelles de la famille Dorf? - Les boulangers?

Ceux que tu as soign� pendant des ann�es, et qui te doivent tant d'argent?

Leur fils vient de passer.

- Pour payer toutes leurs dettes? - Dorf est un membre de la police secr�te.

Il est venu me pr�venir de ne pas soigner les non-Juifs.

- Il a dit que je devrais quitter le pays. - C'est tr�s aimable.

Tournes-toi.

Nous aurions du partir comme les autres depuis longtemps,

Nous aurions d� partir il y a trois ans.

- Quand Karl s'est mari�. - Qu'est-ce que tu insinues Joseph?

- Que c'est moi qui nous ai fait rester? - Absolument pas!

- On a pris la d�cision ensemble. - Joseph!

Nous sommes incapables de nous mentir.

Je sais, je t'ai dit, quand les brimades ont commenc�,

C'est mon pays aussi bien que le leur.

Je n'ai pas peur de ces barbares.

Tu n'as pas � te culpabiliser, on a besoin de moi ici.

Regardes ces pauvres gens, dans mon cabinet.

Les Nazis persistent � croire que tous les Juifs sont riches.

Ils devraient voir mes malades.

- Oh, mon mari que j'aime tant! - Nous avons pris cette d�cision ensemble.

Les choses devaient s'am�liorer. Hitler n'�tait qu'un simple politicien.

M�me ton p�re �tait s�r qu'il ne ferait que passer.

Tu es vraiment oblig� de justifier ma b�tise?

Il n'est peut �tre pas trop tard.

Ce jeune homme aux chemins de fer qu'Inga connait bien...

Nous en reparlerons plus tard.

Si nous restons, les enfants doivent partir.

Berta, nous avons trop longtemps jou� le jeu des Nazis.

Nous avons courb� le dos en attendant le prochain coup.

Quand je pense � Karl, � Ana, ou � Rudi,

Oh, nous survivrons.

C'est la patrie de Beethoven, Schiller, Mozart.

Malheureusement aucun d'eux n'est au pouvoir aujourd'hui.

T�l�phone � Karl et Inga s'il te pla�t

Tu les invites � d�ner.

Il faut que nous ayons une discussion importante.

Il y a faute, il fallait siffler.

Sale Juif!

�a suffit!

Weiss, Ulrich, je ne veux plus de bagarre.

C'est bien du Juif! Les coups en vache.

Am�ne-toi Ulrich, on va r�gler �a.

Qu'est ce qu'il fout l�? Il peut continuer � jouer.

- L�chez-moi! - Il a raison, Weiss dehors!

Comment �a dehors? J'ai particip� � tous les matchs.

- Tu es suspendu pour bagarre. - Vous n'avez pas le droit!

Allez Weiss, sors du terrain!

Non!

D�sol�, vieux!

Mon ami aux chemins de fer, dit que vous pouvez marchander des places pour partir.

- Mais ils veulent beaucoup d'argent. - On peut se d�brouiller.

O� nous conseille-t-il d'aller?

- Il ne m'a rien dit. - Il n'y a plus de place pour nous.

Tu es s�r? Et en France, en Suisse?

Les Suisses renvoient les Juifs et les Fran�ais aussi.

- Plus personne ne veut de nous. - C'est vrai.

On dit m�me que les USA n'accepteront pas autant de Juifs allemands,

que leur permet le quota.

- Ils en ont d�j� refus�s et renvoy�s. - Et alors, nous sommes ensemble.

- C'est pas vrai, maman? - Oui, bien s�r ch�rie.

- Je peux retourner voir mon ami? - Pas la peine, nous avons trop attendu.

Peut-�tre. Berta, les enfants...

Cette organisation qui envoie les enfants en Angleterre et aux USA...

Joseph, elle a �t� ferm�e il y a bien longtemps.

On pourrait se cacher dans les bois?

Faut essayer les ambassades. Les am�ricains, les britanniques...

Si on allait en Pologne? Je suis citoyen polonais.

Papa! Il para�t que ce n'est pas mieux qu'ici.

Nous n'allons nulle part pour l'instant.

Maman a toujours le dernier mot.

Peut-�tre parce qu'elle a toujours raison.

Hitler a la Tch�coslovaquie, l'Autriche, qu'est-ce qu'il veut de plus?

Il aura d�j� du mal � dig�rer toute cette...

bi�re tch�coslovaque et ces g�teaux autrichiens.

- Tu le pense vraiment? - C'est un politicien.

Toute cette haine envers les Juifs, c'est politique.

D�s qu'il aura obtenu ce qu'il veut, il nous oubliera.

Maman a raison, c'est juste de la politique.

Mon p�re dit que les g�n�raux d�sapprouvent tout ce qui arrive.

Toutes ces choses horribles.

Oui, je crois que nous pouvons �tre optimistes.

Ana, tu veux bien d�barrasser?

Je vais l'aider mamie, restez assise.

Un meurtre l�che perp�tr� par la conspiration juive internationale.

- Mets plus fort. - L'assassin a �t� identifi�,

il s'agit de Herschel Greenspan, un Juif polonais.

Il a abattu Von Rath, froidement...

Sans avoir �t� provoqu�.

On nous signale des manifestations spontan�es un peu partout.

Le peuple allemand se dresse pour venger Von Rath.

- Arr�te �a! - Non, je veux �couter.

Von Rath a �t� abattu alors qu'il sortait de l'ambassade.

Pour l'instant, les docteurs r�servent leur diagnostic.

- Pas bien jou�, Greenspan. Il fallait le massacrer! - Rudi! Je crois que �a suffit.

Rudi! Ta m�re a raison.

Ne vous inqui�tez pas, ce n'est rien.

Vous savez que je suis respect� dans la ville.

Allo!

Ici le lieutenant Dorf.

Oh non...

Bien, j'arrive tout de suite.

- Mauvaise nouvelle? - Von Rath est mort.

On me demande au quartier g�n�ral, il faut prendre des mesures de s�curit�.

Papa! Ce sont des m�chants qui ont tu� Von Rath?

Oui, et ils vont �tre punis.

Ce sont les Juifs qui l'ont tu�.

Ils sont tous m�chants.

Papa va punir tous les m�chants C'est pour �a qu'il est arm�.

Je me sens compl�tement ridicule avec cette arme.

C'est tout � fait symbolique, on ne te demandera pas de t'en servir.

Ils auraient une surprise s'ils me le demandait.

Je ne saurai m�me pas o� est la crosse.

- C'est commenc�. - Qu'est ce qui...

Les repr�sailles.

Tu as parl� de mesures de s�curit�.

Goebbels avait d�j� pens� � cela depuis longtemps.

Heydrich va �tre oblig� de le freiner.

J'esp�re que �a ne va pas retarder ma promotion.

�a fait trois ans que je suis lieutenant,

je devais passer capitaine... Mais,

Heydrich avait d'autres id�es en t�te malheureusement.

C'est l'occasion de marquer un point.

Ne te laisse par �craser par les autres.

Tu es plus intelligent que tous ceux qui tra�nent autour de lui.

Marta, je ne suis pas un arriviste.

Je n'aime pas me battre, ni dire aux autres de se battre.

Tu es plus intelligent qu'eux,

tu es un juriste,

un homme qui connait la loi et qui comprend les autres.

- Le g�n�ral le sait tr�s bien. - Il faut que tu parles.

Et ne reste pas un �ternel assistant pour lui.

Donne-lui ton avis.

Heydrich n'a pas besoin de mon avis, il est tr�s brillant.

Alors, aide-le,

encourage-le.

Il sait que tu es brillant toi aussi.

- Il veut seulement que tu te manifestes. - Oui.

Sans doute.

Maman! Les m�chantes personnes vont venir ici?

Non, mon ch�ri.

Chez nous, personne ne nous fera de mal.

Ce Goebbels d�passe les bornes de la b�tise.

Il a l�ch� ses tueurs psychopathes dans la rue.

C'est la chasse aux Juifs.

Ils br�lent les maisons, sans plan, sans m�thode.

- Est-ce qu'il agit sur ordre? - �a m'�tonnerait.

Il veut se faire remarquer du F�hrer.

- Les repr�sailles sont n�cessaires? - Oui.

Nous venons de bluffer les alli�s � M�nich.

Nous... Nous sommes un peuple paisible. N'est-ce pas, Dorf?

M�me la presse �trang�re est �logieuse.

Mais ces tueries, ces viols! Quel abruti ce Goebbels!

�a ne devrait pas �tre sa responsabilit�. C'est nous la police du pays.

Mais ce serait pire, si des hommes en uniforme incendiaient et pillaient les synagogues.

Qu'ils le fassent habill�s en civils.

Sans banderoles du Parti, sans insignes.

Sans uniforme de la Gestapo, des SS, des SD...

Rien.

La col�re justifi�e du peuple allemand se dressant contre les assassins.

- Il faut faire croire � une r�volte civile. - Je pense, oui.

� des citoyens fous de rage.

Laissons aussi intervenir la Police, mais discr�tement.

Demandons � nos patrouilles,

de r�agir avec prudence. Ce qui veut dire laisser faire.

Vous me surprenez, Dorf.

Veuillez donner l'ordre.

- Je commence � appr�cier les juristes. - Merci.

C'est une id�e remarquable.

Demandez-leur de passer des costumes neutres.

Et pr�cisez bien Dorf, ne pas s'attaquer aux biens allemands.

Les juifs qui r�sistent doivent �tre abattus.

Apportez-moi les imprim�s pour la promotion du lieutenant Dorf,

au grade de capitaine.

Arr�tez!

C'est moi, Le capitaine Heinrich Palitz!

Laissez-moi! Au secours!

Allez, capitaine Palitz, allez!

Allez, battez la mesure.

Le peuple allemand emport� par une juste fureur,

s'est dress� devant les responsables...

- de cet assassinat monstrueux. - Allo, maman.

- Le meurtre de Von Rath est ignoble - Maman, qu'est-ce qui se passe?

- Oh, mon Dieu! - Que seuls des Juifs ont pu commettre.

- Ferme les portes. - Nous reviendrons sur les d�tails...

de ces �v�nements dans notre bulletin de vingt heures.

Qu'est-ce qu'il y a?

- Les enfants, vous voulez sortir? - Non... Toi aussi tu restes.

Maman, qu'est-ce qui se passe?

Grand-p�re a �t� battu et emmen� de force.

Tous les magasins de sa rue ont �t� br�l�s.

Il est bless�?

Maman n'a rien dit.

Joseph, qu'allons-nous faire?

Pourvu que Karl et Inga aient pu rentrer avant.

- J'appelle la Police. - La Police? Mais elle y participe.

- Je vais chercher Grand-P�re. - Non Rudi!

Reste! Il faut attendre ici. � l'abri jusqu'� la fin de cette manifestation.

- Attends si tu veux, pas moi. - Non, Rudi!

Rudi!

Rudi! Rudi!

Tu ne devrais pas te battre contre eux. Ils sont pr�ts � tuer si on leur donne un pr�texte.

Papa a raison, ne t'attaque pas � eux, ils te tueront.

- Ils n'ont pas besoin de pr�texte. - Rudi, Rudi!

Rudi, attends-moi!

Ana, n'y va pas. Je te l'interdis.

Les... Juifs... On... les cr�ve.

Les... Juifs... On... les cr�ve

Les... Juifs... On... les cr�ve

- Les... Juifs... On... les... cr�ve - C'est Grand-P�re.

- On les cr�ve

- Tu as vu qui est avec eux? - Les... Juifs... On les cr�ve!

Les... Juifs... On... les... cr�ve

Les... Juifs... On... les... cr�ve

Les... Juifs... On... les... cr�ve

Les... Juifs... On... les... cr�ve

- Satisfait? - La ferme!

Tu sais ce que tu es? De la merde, rien d'autre.

- Arr�tes-le! - Tu entends?

- Reste ici, je vais le chercher. - De la merde, pourriture!

- Ordure! - Laissez-le, il est bless�!

- Mais pour qui tu te prends toi? - Foutez-lui la paix!

C'est un vieillard. Vous voulez vous battre? Alors battez-vous avec moi.

C'est le beau-fr�re d�Inga, Rudi Weiss.

Il vaut mieux le laisser partir.

Fous-moi le camp, Weiss!

Les... Juifs... On... les... cr�ve

Les... Juifs... On... les... cr�ve

Les... Juifs... On... les... cr�ve

Grand-p�re!

Oh, Grand-p�re!

Grand-p�re, ils t'ont fait mal?

Ne t'en fais pas, j'ai la peau dure. Je survivrai.

Heinrich!

Heinrich!

Oh, mon Dieu!

Grand-m�re!

Maman, maman, maman...

Mes livres...

Mes livres!

Allez, monte grand-p�re. Je vais tout ramasser.

Ana!

�coutez!

Wagner!

Un g�nie.

Le rapport sur les manifestations.

36 morts.

La presse �trang�re ne montera pas sur ses grands chevaux.

70 synagogues incendi�es.

Plus de 800 boutiques juives br�l�es et pill�es.

- Arrestations? - Trente-mille personnes.

Trente-mille personnes? Et bien Buchenwald doit-�tre plein.

La presse a trouv� un nom amusant: La nuit de cristal.

C'est bien choisi.

- Un verre? - Non merci.

Vous n'avez donc aucun d�faut.

Vous ne buvez pas, ne fumez pas.

Vous �tes le mari parfait.

Croyez-vous que nous ayons soulev� un gros li�vre avec cette "nuit de cristal"?

Il y aura des protestations.

Des actes de r�torsion peut-�tre, des boycottages sans doute.

Rien d'autre?

Pas grand-chose, peu de gouvernements risqueront leur existence pour les Juifs.

Les Juifs ont toujours �t� le gibier id�al.

Il semble qu'il y ait eu un pr�c�dent moral qui justifie leur punition.

C'est merveilleux, un pr�c�dent moral!

Je m'excuse si cette r�flexion para�t stupide.

Au contraire, un pr�c�dent moral!

Il y a aussi le pr�c�dent religieux.

Sans oublier surtout...

Le pr�c�dent... racial.

Je peux rentrer chez moi?

- Saskia, mon amour. - Quoi?

Saskia... La femme de Rembrandt.

Il n'�tait jamais fatigu� de la peindre.

Dis plut�t qu'il ne pouvait pas se payer de mod�le.

Toujours ton c�t� r�aliste. Je suppose... que les deux raisons sont valables.

Et puis, je ne suis pas Rembrandt.

Je suis un peintre de plus, qui ne vend rien.

- Je refuse de t'�couter ce que tu vas dire. - C'est vrai.

M�me mon p�re le savait.

Il voulait que je fasse m�decine, et moi,

Je me voyais plus c�l�bre que Picasso!

- Ch�ri, tu es un grand peintre. - Mais il n'y a que toi qui le sais.

Inga, tu veux te rasseoir?

On n'engage plus les Juifs aujourd'hui.

On n'int�resse pas les agences.

On ne m'a rien demand� depuis des mois!

On va se d�brouiller.

On s'est toujours d�brouill�.

Tu sais que je t'aime tr�s fort.

S�rement pas autant que je t'aime.

- Tu veux reprendre ta place et poser? - Non.

Inga.

Il n'y a plus de possibilit� ici pour moi.

- Je ne veux pas que tu sois malheureuse. - Arr�te!

J'ai dit que je refusais de t'�couter.

Karl,

ta m�re t'a couv� trop longtemps, il faut lutter.

Regarde-moi.

Regarde-moi.

Quand je te regardes, je vois la plus belle fille d'Allemagne.

Et peut-�tre la plus born�e.

Je vais essayer de te trouver de nouveaux papiers.

Comme �a, nous pourrons d�m�nager l� o� personne ne te connaitra.

- Br�me ou Hambourg... - Inga!

Tu auras du travail.

Inga, ne r�ve pas trop. C'est exactement la m�me chose dans toute l'Allemagne.

La synagogue de M�nich a �t� br�l�e.

Des dizaines d'habitants,

ulc�r�s par la main mise juive sur la banque et la presse,

- ont attaqu� le quartier juif - �a suffit!

Il faut que tu me quittes.

Tu sais, ce sera plus s�r.

Embrasse-moi.

�a ne changera pas le monde.

Et alors?

La police!

- Ils veulent voir Karl. - Maman!

- Tu aurais pu nous pr�venir! - �a ne sert � rien, il y en a partout.

- Des policiers, des chemises brunes. - Il fallait mentir.

On aurait pu �tre arr�t�s pour en avoir cach� un.

Je savais qu'il allait nous attirer des ennuis.

Weiss Karl?

Oui...

Vous avez dix minutes pour faire votre valise. Vous venez avec nous!

Qu'est-ce qu'il a fait? Pourquoi l'emmener?

Interrogatoire de routine.

Non, non. Il a commis un crime? Qu'est-ce qu'il a fait?

Qui sait? Je ne fais que suivre les ordres.

Quelques heures d'interrogatoire et il reviendra.

- Je suis pr�t. - Non.

Je les connais leurs interrogatoires de routine.

Je sais tr�s bien ce qui se passe chez eux.

- Certains ne sont jamais revenus. - Inga!

Tout ira bien.

Je suis sa femme, je vais avec vous.

Si �a peut vous faire plaisir, mais vous ne pourrez pas rester.

On y va, Weiss?

T�l�phone tout de suite � Hans.

Il a des relations. Demande-lui de nous aider.

Pas question! C'est ta faute si on en est l�.

- Laisse les Juifs payer leurs crimes. - Pas nous, pas notre famille!

Inga! Non!

Non, ils ne te veulent pas!

Inga! C'est pas toi qu'ils sont venus chercher!

Inga!

Doucement docteur.

Mon pauvre ami! Ils vous ont bien arrang�.

Ils �taient six,

Ils ont d�moli ma presse et br�l� la voiture.

Malheureusement, vous n'�tes pas le seul.

Mon beau-p�re a eu le droit � leur visite.

Il n'y a pas d'endroit o� nous cacher.

Mais on pr�tend que le pire est pass�.

Goering a saqu� Goebbels pour ces �meutes.

En fait, il lui reproche d'avoir vol� le spectacle.

Alors il faut que �a se calme.

� votre avis, c'est vrai?

J'avoue que je ne sais plus ce qu'il faut penser.

Toutes ces attaques contre les Juifs... Qu'est-ce que nous leur avons fait?

Ce pseudo-reproche sur l'assassinat du Christ, �a fait si longtemps!

Je crois malheureusement que les Nazis se contrefichent...

De Dieu et de ses commandements.

Mais ne ne suis pas th�ologien.

Je ne suis qu'un m�decin g�n�raliste.

L�, elle est comme neuve.

Excusez-moi!

- Joseph! - Ah!

Je reviens, ne bougez pas.

Entrez.

C'est fini.

Grand-p�re.

Vous �tes ici chez vous.

Nous avons tout perdu.

Nous avons eu le temps de prendre ceci. C'est tout.

Ils leur ont tout vol�. Tu parles de h�ros!

Vous serez en s�curit� ici.

Maman, vous serez bien dans la chambre de Karl, elle est tr�s grande.

Nous n'avons pas le droit de vous compliquer la vie.

Ne d�tes pas de b�tises, nous sommes tr�s fiers de vous avoir chez nous.

Rudi et Ana...

Portez ces affaires dans la chambre de Karl.

Cela d�fie toute logique.

L'Allemagne a besoin d'une �conomie forte.

Et nous faisons partie int�grante de l'�conomie.

Grand-p�re, viens, je vais t'aider.

- Pauvre grand-p�re. - Rudi!

Docteur Weiss � l'appareil. Ah, Inga.

Karl...

Oui, je comprends. Qu'est-ce qu'il ont dit?

Ils t'ont donn� une raison? Rien.

Inga, tu veux que l'un de nous aille te rejoindre?

Entendu.

Qu'est-ce qu'il y a?

Qu'est-ce qui se passe? C'est Karl?

Il a �t� arr�t� par la Gestapo.

Ils l'ont emmen� pour un simple interrogatoire, mais...

Inga l'a suivi jusqu'au poste.

- Elle nous rappellera plus tard. - Maman.

- Karl a jamais rien fait. - C'est vrai.

Tu verras, ils vont le rel�cher.

- Nous sommes punis, pour mon ent�tement. - Non.

Il faut... Il faut que j'aide maman et papa � s'installer.

Rudi, tu veux faire les commissions?

- La liste est dans le panier. - J'y vais.

Essayes de te reposer. Je vais te donner un s�datif.

- �a va. - Oui.

Tu as un malade qui s'impatiente dans ton cabinet.

Entendu.

[JUIF]

Quelles pourritures!

Qu'est-ce que tu pr�f�res? La Boh�me? La Traviata?

Heydrich veut nous inviter � l'op�ra.

Oh, Ch�ri, je serai mal � l'aise,

au milieu de ces femmes riches avec ces robes luxueuses.

Mais tu seras la plus jolie de toutes.

Nous allons davantage sortir en soci�t�.

Mais je suis tr�s heureuse d'�lever mes enfants.

De tenir la maison pour mon mari,

le capitaine Erik Dorf.

Avoue que ce n'est pas croyable. Quelques suggestions bien plac�es,

quelques id�es lanc�es � bon escient, il sait que j'existe maintenant.

Quand je pense qu'autrefois tu d�nigrais ce travail ingrat de policier v�reux.

Tu vas �tre �tonn�e par l'assurance de ton mari.

Aujourd'hui j'ai tir� une belle �pine du pied d'Heydrich.

Les compagnies d'assurance allemandes sont oblig�es de rembourser tous les d�g�ts.

Eh bien, je lui ai dit...

Laissez-les payer. Ensuite le gouvernement confisquera l'argent,

sous le pr�texte que les Juifs ont provoqu� ces �meutes.

Mais c'est la v�rit�

Oui, bien entendu c'est la v�rit�.

Embrassez papa et allez vous coucher.

Oh, vous sentez bon, on dirait des fleurs des champs.

J'suis pas une fleur!

Non mais tu as la peau douce comme ta m�re

Dis papa, pourquoi on d�teste les Juifs?

Parce qu'ils ont tu� le Christ. On me l'a dit au cat�chisme.

Allez, maintenant au lit, d�p�chez-vous.

Ch�ri, ne travaille pas trop tard.

Qui �a peut bien �tre � cette heure-ci?

J'y vais.

Monsieur Dorf.

Docteur Weiss.

- Je peux? - Oui, entrez.

Je m'excuse, mais j'avais peur que vous refuseriez de me recevoir si je t�l�phonais,

Vous ne pouvez pas faire appel � moi.

Je n'ai personne � qui m'adresser.

Voil�, mon fils Karl a �t� arr�t�,

nous n'avons aucune nouvelle, nous ne savons pas o� il est.

Il a jamais fait de politique de sa vie.

- C'est un artiste. - D�sol�, je ne peux rien.

Qu'avons-nous fait? Quel crime avons-nous commis?

Mon beau-p�re est capitaine,

il a combattu dans vos rangs.

Sa maison et sa boutique ont br�l�.

Ma famille, mes fils se sentent autant Allemands que vous.

Ces mesures ne sont pas dirig�es contre vous et votre famille particuli�rement.

Peut-�tre, mais �e ne va pas vous faciliter la vie.

Elles font partie d'une politique g�n�rale dans notre int�r�t commun.

Des vies sont bris�es, de pauvres gens massacr�s, et tout �a pour quoi?

Je n'ai pas � en discuter avec vous.

Je vous en prie Dorf,

vous �tes officier dans les SS, vous avez des relations, aidez mon fils.

Je vous ai dit de ne pas venir.

Erik, qu'est-ce qui se passe?

Rien ch�rie, j'arrive.

Votre femme peut mieux comprendre. Imaginez qu'elle soit � ma place.

Elle saura ce que je peux ressentir pour mon fils, j'en suis s�r.

Dorf, vous �tes venu dans mon cabinet,

- vous m'avez confi� la sant� de votre femme, - Erik!

C'est le docteur Weiss?

Qu'est-ce qu'il vient faire ici?

Il a des probl�mes avec un de ses fils.

- Il veut que tu interviennes? - Oui.

Dis-lui de s'en aller. Tu joues ta carri�re.

Vas lui dire que tu refuses de l'aider.

Je lui ai d�j� dit.

D�sol�, je ne peux rien.

Vos sup�rieurs, un simple mot de vous,

juste pour savoir o� il est, s'il sera bient�t rel�ch�.

- D�sol�! - Non, je vous en prie.

Bonsoir!

Attention! Accroche-toi, �a va faire mal une seconde.

Rien qu'une seconde.

Attention, tu as un doigt d�bo�t�.

Je vous en prie, j'ai un malade, attendez un peu.

- Bureau d'Immigration. - C'est Dorf qui vous envoie?

Dorf? Connais pas.

Vous �tes le docteur Joseph Weiss?

22 Roning Strasse, n� � Varsovie en Pologne,

- Vous �tes ici car vous avez un visa. - Oui.

Alors vous repartez pour la Pologne.

Vous devez �tre � la gare Anhalter demain matin � six heures.

Avec de quoi manger pour un jour et une petite valise.

- Et ma femme et mes enfants? - Cet ordre ne concerne que vous.

Vous donnerez ceci � l'officier responsable, demain.

Attention mon petit.

Tu vas avoir mal une seconde, c'est tout.

Goldberg Maurice.

Pamside, 34 ans, Berlin.

- Nom de la pute qui t'a mis au monde. - Ma m�re n'est pas une pute.

Toutes les femmes juives sont des putes.

- Nom de la pute qui t'a mis au monde. - Ce n'est pas une pute!

Nom, pr�nom, adresse, profession.

Weiss, Karl.

12 Wahlou Strasse, Berlin.

Je suis artiste.

Encore un de ces illustrateurs juifs.

Un de ces minables qui font de la propagande bolchevique.

Je vois que tu as �t� d�nonc� par un membre du Parti.

- Il dit que tu es Juif communiste. - Non, je vis de mes tableaux,

de mes dessins, qui a pu inventer �a?

Contente-toi de r�pondre aux questions!

- Nom de la pute qui t'a mis au monde. - Qui m'a d�nonc�?

Nom de la pute qui t'a mis au monde.

Ma m�re n'est pas une pute.

Articule! Nom de la pute?

Berta... Berta Palitz Weiss.

- Le p�d� qui l'a viol�e? - Docteur Joseph Weiss.

Quel crime as-tu commis pour �tre envoy� � Buchenwald?

- J'ai rien fait! - R�fl�chis.

- Quel crime? - J'ai rien fait!

Non!

Nous allons prier en silence.

Pour les enfants d'Abraham.

Dehors, la synagogue est en flammes.

Pourtant, comme cette �glise, c'est la maison de Dieu.

Dans bien des foyers, on distribue des documents, des papiers r�voltants,

nous interdisant toute sentimentalit� envers les Juifs.

Mais nous ne pouvons pas l'accepter.

Cette �glise et ce pr�tre,

vont prier pour les Juifs.

Nous allons prier pour toutes les victimes,

pour tous ceux qui affrontent ces �preuves.

Pour tous les innocents.

Il est fou.

On s'en va.

- P�re Lichtenberg? - Oui.

Je m'appelle Erik Dorf.

Capitaine Erik Dorf... De la Police Secr�te.

J'ai �cout� votre sermon avec beaucoup d'int�r�t.

Et qu'avez-vous appris, mon fils?

Que vous �tes d'une grande bont�, mais mal inform�.

Je sais tr�s bien ce qui arrive aux Juifs.

Le pape Pie XII a conclu un concordat avec Hitler.

Le Vatican nous consid�re comme le dernier bastion qui prot�ge le christianisme du bolchevisme.

- Ceci ne justifie pas le massacre d'innocents. - Il n'y a pas eu de massacre.

J'ai vu les Juifs se faire bastonner et jeter en prison sans raison.

Ce sont des ennemis du Reich. C'est une guerre, mon p�re.

Vous livrez une guerre contre des ennemis arm�s? Ou contre des Juifs sans d�fense?

J'aimerais que vous vous montriez plus nuanc� dans vos remarques.

- Je parle selon ma conscience. - Attention, elle vous �gare.

Vous devez comprendre, qu'� un homme pr�s,

les eccl�siastiques approuvent notre politique.

Dans ce cas il me faut faire la diff�rence entre les commandements du Christ,

et leur interpr�tation par des l�ches aveugles.

Voil� comment l'intelligence est r�cup�r�e,

et voil� notre don � la post�rit�.

D�part du train sp�cial pour la Pologne, dans cinq minutes.

Tous les passagers doivent porter la lettre J

- Ne pleure Berta, tu vas me mettre en col�re. - Je ne pleure pas. Qu'est-ce qu'on va devenir?

Ne t'affoles pas, c'est peut-�tre ce qu'il y a de mieux.

Mo�se vient me chercher. Je trouverai du travail. Quand Karl sera lib�r�, vous viendrez tous.

- Je veux partir avec toi. - Non ma ch�rie.

Les enfants ont besoin de toi,

il faut que tu aides Inga � faire sortir Karl de prison.

Joseph.

- Tout �a c'est � cause de moi. - Tu n'as pas le droit de dire �a.

Je ne suis pas m�content, cette petite �preuve,

- va t'ouvrir les yeux. - C'est moi qui nous ai fait rester!

Non, je t'interdis de relancer cette discussion.

Tu devrais vendre l'appartement et le cabinet, et prendre quelque chose de plus petit.

Promets-moi de ne pas rester de garde toutes les nuits.

Portes des bottes quand il pleut ou qu'il neige. La Pologne est tr�s humide.

Ne vends pas le piano, Ana doit continuer ses le�ons.

Suivez les gardes qui vous indiqueront votre voiture.

Ana, Rudi, dites au revoir � papa.

Papa... On va vite habiter l�-bas.

Oncle Mo�se va nous trouver un appartement et tu pourras travailler.

Oui, bien s�r. Mais n'oublies pas,

Il faut t'occuper de tes grands-parents et de Karl, tu me feras plaisir.

Travaille bien ton piano avec ta maman.

Rudi.

Rudi, toi... Tu pourras peut-�tre retourner � l'�cole.

La vie ne se r�sume pas � une partie de football. Il faut avoir un dipl�me.

Je sais papa, je retournerai � l'�cole.

Ils ne pourront rien contre nous tant que nous nous aimerons.

Rappelle-toi ton latin, "Amor vinci omnia". L'amour est le plus fort.

D�part du train sp�cial pour la fronti�re polonaise.

Tous les laissez-passer doivent �tre pr�sent�s � la porte A.

Les papiers seront contr�l�s dans le train.

Ceux qui ne pr�senteront pas d'ordre de d�portation, devront redescendre.

Les familles de d�port�s doivent se retirer derri�re la porte A.

Chaque passager n'a le droit qu'� une seule valise.

- Docteur Weiss! - Monsieur Lowy.

Vous aussi vous partez? Je crois qu'ils nous expulsent tous.

- Vous connaissez ma femme? - Bonjour Madame.

Berta, je suis le seul m�decin � �tre expuls� avec sa client�le!

Passagers avec les lettres A �, embarquement par la porte 3.

De H � N, porte 5.

De N � S, porte 4.

De T � Z, porte 6.

On aurait d� s'enfuir.

- Je ne partirai pas comme �a. - Tu te crois si fort?

Qu'est-ce que tu feras quand il viendront te chercher comme papa et Karl?

Je me battrai.

Allez, venez, on rentre.

Va t'asseoir au bout, l�.

- Bonjour, Weinberg, de Br�me. - Weiss, de Berlin.

T'as de la chance d'�tre ici, il fait chaud. Dehors tu tiendrais pas deux semaines.

- T'es tailleur? - Non dessinateur. J'ai cr�� des mod�les de robes,

alors on m'a envoy� ici, c'est simple.

- Dis! Quelqu'un a r�ussi � s'enfuir? - Au travail, silence!

Une seconde, je lui montrais.

Tu mets un coup de �a sur le c�t� gauche. Comme �a, tu apprendras vite qui est qui.

Le triangle rouge pour les prisonniers politiques.

Ceux qui sont pas d'accord avec eux.

Vert, prisonniers de droit commun.

�a tu peux l'�tre pour avoir plaisant�.

Violet, les T�moins de J�hovah.

Noir, les �l�ments nuisibles, les intellectuels.

Rose, les homosexuels.

Marron, les Tziganes.

- Les Tziganes? - Il y en a beaucoup ici, les gardes jouent avec.

Hier, les SS ont enterr� vivants deux tziganes.

Une fois d�terr�s, leur langue �tait grosse comme une saucisse.

- Tu sais � qui elle est r�serv�e? - Nous le savons tous.

Et �a?

C'est pour les demeur�s, les simples d'esprit.

- C'est quoi leur crime? - Leur inutilit�.

Tu vas voir ce que font les gardes pour s'amuser.

- Ils les torturent, les battent - Non!

- Non, je ne peux pas croire �a! - Tu crois?

Il y a un endroit o� ils conduisent dingues, vieux, malades, estropi�s...

- Et ils les tuent par le gaz. - Le gaz!

On travaille!

Super musique! La moiti� du Philharmonique de Berlin est l�.

Les Juifs.

Balance, table d'examen,

autoclave,

m�dicaments.

Voil� toutes les cl�s de la maison.

Cabinet, garage, porte d'entr�e et porte de service.

Je vous remercie... Madame Weiss.

Moi, je ne peux pas vous remercier.

Je vous pr�sente mes excuses pour la fa�on dont vous avez �t� trait�e.

Je connaissais votre mari, professionnellement.

Je suppose avant son expulsion de l'h�pital.

Autres temps, autres m�urs, Madame Weiss.

Et les compensations que nous sommes cens�s recevoir?

Le Parti �tudie de nouveau votre dossier.

Vous pourrez nous joindre � cette adresse, chez Monsieur et Madame Helms.

Au cas o� vous voudriez nous joindre.

Il s'en contrefiche. Il vient de tout nous voler.

- Allez, On s'en va. - Je t'en prie, une minute.

Maman!

- On emporte le piano? - Peut-�tre plus tard, ch�rie.

Nous n'avons pas beaucoup de place.

- C'est fini pour nous ici, bien fini. - Je sais.

Rappelle-toi cette chanson.

Celle qu'on avait chant� au mariage de Karl. La Lorelei

- On la joue une derni�re fois? - Si tu veux.

Rudi, vas dire � Mamie et � P�p� que nous partons.

Oui maman.

Grand-m�re! Grand-p�re! Il faut partir.

Grand-p�re?

VIENNE

- Qui prendra une autre glace? - Dis merci au major Eichmann.

- Non, merci Major Eichmann. - Maman, on peut aller sur le man�ge?

Vous avez beaucoup mang�, vous allez �tre malades.

S'ils sont malades, le Major Eichmann leur prescrira un m�dicament.

- Tu veux que je les emm�ne? - Non, reste, j'y vais.

Je les surveillerai, mon estomac ne supporterait pas un seul tour!

Madame.

Allez, maman, d�p�che-toi!

Votre femme est malade?

Elle a un l�ger souffle au c�ur. Elle se fatigue tr�s vite, mais...

- Sinon elle va tr�s bien. - Elle est charmante.

J'�prouve toujours une petite fiert� � expliquer ma fa�on de proc�der � une personnalit� de Berlin,

Les convois ferroviaires, les entrep�ts, l'�limination...

Maintenant que nous avons la Tch�coslovaquie,

Nous avons � nous occuper de 250.000 Juifs de plus.

Est-ce que vous obtenez des r�sultats sans r�volte?

Question d'organisation, Les chefs juifs coop�rent avec nous.

C'est le sucre qui attire les mouches, pas le vinaigre...

D'autre part je veille � ce que mes ordres soient toujours respect�s.

Le bon soldat...

Comme vous.

- Qu'en savez-vous? - J'ai lu votre dossier.

Je m'arrange toujours pour connaitre mes interlocuteurs.

Votre P�re, Klaus Dorf... �tait boulanger. Il est mort en 1933.

Il s'est tir� une balle dans la t�te. Il �tait socialiste.

- Incroyable! - Vous vous habituerez.

L'espion surveille l'espion, c'est sa chance de survie.

Ce n'est pas de cette fa�on que je compte survivre.

Laquelle alors?

- En ob�issant aux ordres qu'on me donne. - Tr�s bien!

C'est une bonne chose de connaitre ses points faibles.

M�me Heydrich a ses probl�mes.

- On dit qu'il y a un Juif dans sa g�n�alogie. - Non, je ne le crois pas.

Il a pourtant fait un proc�s pour arr�ter les rumeurs,

Il y a un point n�buleux, malgr� tout.

Enfin, c'est ce qu'on raconte.

- Je me demande ce qu'on raconte sur moi. - Assistant intelligent, travailleur efficace...

Du chef de la Gestapo et des services secrets.

Les m�mos d'Heydrich sont beaucoup plus lisibles depuis que vous �tes avec lui.

Relogement, assainissement, reconsid�ration du probl�me juif...

De merveilleux synonymes pour jeter les Juifs dehors, et les d�poss�der de leurs biens.

Je suis ravi de divertir agr�ablement mes coll�gues officiers.

- Excusez-moi, je ne vous ai pas offusqu�? - Cela ne me concerne pas.

Vous avez raison, tout le monde a peur d'Heydrich. Himmler, Goering, Goebbels...

Je me demande m�me si le F�hrer n'a pas peur! Heydrich a un dossier sur chacun d'entre nous.

Allez, d�p�che-toi!

Je crois qu'ils sont bien trop excit�s pour moi.

Marta, je pense que nous devrions rentrer � l'h�tel.

- Maman, on peut faire un dernier tour? - Non Peter.

- Vous voulez vraiment y retourner? - Oh oui.

- Je les emm�ne. - Merci.

Je vous en prie.

Papa, d�p�che-toi, il va repartir.

Je voudrais vous remercier Major. Quelle journ�e merveilleuse!

Je l'ai appr�ci�e tout autant que vous.

- Votre mari ne connait pas sa chance. - Oh je sais...

Avoir si magnifiquement r�ussi, avoir la confiance d'Heydrich, la v�tre.

Je pensais � sa femme et � ses deux beaux enfants.

C'est �a l'image de l'Allemagne aujourd'hui.

Un foyer, une famille, les honneurs.

Dire que je l'ai suppli� pour qu'il s'engage dans le service.

Il a chang�, comme nous tous d'ailleurs.

Alors, � vous. Mais surtout, aux enfants.

Fronti�re Germano-Polonaise.

Halte!

Posez vos valises!

Videz vos poches!

Vous n'avez droit qu'� 10 marks, hors d'Allemagne.

Vous avez vol� l'argent du peuple allemand. Nous le r�cup�rons en son nom.

C'est pour eux, oui.

Fais voir ce billet!

C'est bon.

- C'est quoi �a? - Un cadeau de ma femme pour mon doctorat.

Ces ploucs de Polonais s'en fichent.

Ils n'ont jamais entendu parler de toubib.

Avancez! Avancez! Les familles restent group�es.

- Vous avez de la famille ici Docteur? - Oui, j'ai �crit � mon fr�re.

Il est pharmacien � Varsovie.

Avec ma femme, on a personne.

Pr�parez les papiers qui prouvent votre nationalit�

Avancez! Avancez! Pr�parez vos papiers.

D'accord, passez! Avancez! Avancez! D�p�chons!

Allons, d�p�chons!

- Alors, c'�tait vrai? - Mo�se!

- Comment s'est pass� ce voyage? - Oh, euh...

Rien � voir avec l'Orient-Express! On nous a fait attendre en rase campagne.

Cette poussi�re! C'est fou ce qu'elle pique les yeux.

Tu ne nous dis pas grand-chose dans ta lettre, mais...

On raconte les pires horreurs.

Karl est en prison. Ils n'ont jamais voulu dire o� il �tait.

Oui, je sais.

Tu as des nouvelles de Berta?

Tu ne caches pas quelque chose au moins?

Berta s'est d�brouill�e pour nous t�l�phoner cette nuit.

Oui...

Les Palitz se sont suicid�s.

Ils ont pr�f�r� mourir la main dans la main.

Oh, non!

Et... Berta n'a rien dit d'autre?

Si... Qu'ils �taient morts paisiblement.

Je... Je suis d�sol� de t'avoir appris �a alors que tu viens d'arriver.

Ce pauvre vieux Palitz,

Si fier d'avoir servi l'Allemagne.

Et cette gentille petite vieille.

Ils n'avaient plus rien � eux, Mo�se.

J'ai entendu dire que la situation devrait s'am�liorer, ils vont moins s'acharner sur les Juifs.

Ils vont rouvrir les prisons. Ne t'inqui�te pas.

En attendant, tu viens avec moi � Varsovie.

Je me suis arrang� pour que tu travailles � l'h�pital,

et il y a une chambre pour toi dans mon appartement.

Si �a ne t'ennuie pas de loger au-dessus d'une pharmacie.

Allez! Viens, la gare n'est pas loin d'ici. Non, non laisse...

Nous prenons le train jusqu'� Varsovie,

Je t'ai pr�par� un d�jeuner.

Ce d�jeuner, �a ne te rappelle rien? T'a oubli� nos parties de p�che?

On n'attrapait pas beaucoup de poissons,

- mais on engloutissait des sandwiches. - Docteur!

Nous avons entendu. C'est affreux. Je connaissais le vieux Palitz,

- Je l'avais rencontr� plusieurs fois... - Merci Monsieur Lowy.

Je vous pr�sente mon fr�re Mo�se. Un de mes malade Monsieur Lowy.

Et Madame Lowy.

Les Juifs en sont r�duits � se pr�senter entre l'Allemagne et la Pologne.

On ne compte plus en kilom�tres mais en antis�mites.

Docteur, excusez-moi, ma femme et moi...

Nous n'avons nulle part o� aller, tous nos parents sont morts.

Vous nous permettez de vous accompagner?

Attention! On ne demande pas la charit�, je suis imprimeur.

Ce serait plus agr�able si nous pouvions vivre pr�s de quelqu'un de connu.

Mais Varsovie n'a rien du paradis.

Je ne pense plus au paradis depuis longtemps

Nous nous contenterons d'un lit et d'une tasse de caf�.

Bien s�r, �videmment vous pouvez venir avec nous.

Le train nous attend.

Je vais vous porter votre valise. Je vous en prie Madame.

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