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R�SIDENCE POPLAR
Merci. Puis-je vous aider ?
Pouvez-vous me dire o� trouver une Mlle Brice ?
C'est moi.
Je suis Vincent Bruce.
Je vous en prie, entrez.
Asseyez-vous donc.
- Du caf� ? - Oui, merci.
- Vous l'aimez comment ? - Noir.
Vous pourriez commencer par me parler de vous,
ou moi, de nous. Que pr�f�rez-vous ?
Vous parler de moi. Histoire de vous �pargner le reste. Si jamais.
Tr�s bien.
ll n'y a pas grand-chose � dire. J'ai quitt� l'Arm�e depuis un moment.
Je n'ai jamais eu de travail qui m'ait vraiment int�ress�.
Vous habitez ici � Stonemont, n'est-ce pas ?
J'ai v�cu ici toute ma vie
et cet endroit a toujours attir� ma curiosit�.
Pourquoi ?
Je ne sais pas. C'est comme �a.
Vous cherchez un poste de titulaire, ou un travail d'�t� seulement ?
Un poste de titulaire.
Je voudrais pouvoir aider directement les gens.
C'est la raison de ma venue ici.
Allez-vous-en.
Allez-vous-en.
Vincent, je vous pr�sente M. Polakis.
- Bonjour. - Voici M. Bruce.
C'est moins d�rangeant � cet �tage, n'est-ce pas ?
C'est curieux comme la folie a l'air moins sinistre
chez un homme que chez une femme, non ?
J'ai jug� pr�f�rable de vous montrer d'abord le pire.
Jeune homme.
- Vous �tes un nouveau patient ? - Non, juste un visiteur.
ll se peut que je travaille ici.
Vous avez lu Dostoievski ?
Crime et Ch�timent et Les Fr�res Karamazov.
Vraiment ? Vous y croyez ?
Vous croyez que, sans Dieu, Ia vertu n'existerait pas ?
Non.
- Et vous ? - Non plus.
J'esp�re que vous travaillerez ici. On deviendrait de grands amis.
Je l'esp�re aussi.
Vous vous �tes tr�s bien d�brouill�.
- Vous avez beaucoup lu ? - Assez.
A l'Arm�e, ce n'est pas Ie temps qui manque.
C'est tr�s diff�rent d'un �tablissement public, ici, hein ?
La plupart viennent de familles tr�s riches.
Qui paient plusieurs milliers de dollars par mois pour les faire rester ici.
Bonjour, Mlle Brice. Vous allez d�jeuner ?
Agr�able journ�e, hein, Mlle Brice ?
Je vous souhaite une agr�able pause d�jeuner, Mlle Brice.
Votre ami est tr�s agr�able � regarder.
C'est une bien agr�able journ�e, hein, Mlle Brice ?
Oui, Mlle Glassman. Une journ�e splendide.
Bien s�r, au d�but, vous ne serez qu'un simple aide-soignant.
Cela signifie de longues heures. Une paye mis�rable.
Une t�che sale, d�gradante, parfois dangereuse.
Savez-vous pourquoi vous travaillez ici ?
- Je ne devrais pas vous demander �a. - Non, non, �a va.
Tous les gens qui travaillent ici devraient se poser cette question.
Et t�cher d'y r�pondre
aussi honn�tement et pr�cis�ment que possible.
J'esp�re que vous le ferez aussi.
Mlle Brice.
Prenez la soir�e pour r�fl�chir.
A demain matin si vous n'avez pas chang� d'avis.
MAGASIN DE DISQUES
- Bonjour. - Comment vas-tu ?
- Tr�s bien. Et toi ? - Tr�s bien.
- J'ai su pour ton retour. - �a fait un moment.
J'en suis ravie. On t'a dit bless� ou un truc du genre.
Un truc du genre.
- Ce que tu as l'air en forme. - Merci. Toi aussi.
Tu as eu ma lettre ?
- Comment va ton mari ? - Tr�s bien, merci.
ll travaille � la compagnie �lectrique, d�sormais.
ll esp�re devenir chef de bureau en automne.
- Ici, en ville ? - Oui.
Tes lettres n'ont jamais parl� de nous ni de notre avenir.
- Non ? - Non.
Comme il n'a jamais �t� clair qu'on vivait une histoire d'amour...
Voici mon bus.
Viens nous rendre visite. Je voudrais te pr�senter Norman, mon mari.
- Compte sur moi. - Au revoir.
Je peux avoir la place si je veux.
- Tu en as envie ? - Oui.
- Tu n'as pas de formation. - Ils me formeront, eux.
Je d�sire pour toi ce qu'il y a de mieux. Tu sais �a, Vincent ?
ll n'y a aucune honte � travailler dans un asile de fous.
Rien de mal � soigner des gens malades.
Hein, grand-m�re ?
Je n'ai pas faim.
Vincent.
Si ta pauvre m�re savait ce que tu faisais,
je suis s�re qu'elle en serait tr�s heureuse.
A mon ''petit'' Vincent Je t'aime, maman
Un grand moment pour eux,
leur moment de triomphe
sur tous ces corps bless�s et agonisants.
Ouais, ouais.
Tu vas mourir.
Elle meurt.
Tout le monde meurt.
Quatri�me �tage.
- Bonjour. - Bonjour.
Vous prenez le troisi�me. Polakis et Levitz.
Surveillez Dostoievski, il est d'humeur belliqueuse en ce moment.
- Vincent Bruce, Bob Clayfield. - On s'est d�j� vus.
Vous le suivrez cette semaine. Notez son attitude avec les patients.
Vous int�grerez ainsi Ies r�gles de la R�sidence
et vous accoutumerez � l'h�pital en g�n�ral.
Entrez.
- Bonjour. - Bonjour.
Je vous pr�sente M. Bruce. Nouvel ergoth�rapeute.
- M. Bruce, Mme Meaghan. - Bonjour.
Ravie de vous rencontrer, M. Bruce.
- Je vous en prie, asseyez-vous. - Merci.
ll fait si beau dehors, on pensait que vous aimeriez aller vous promener.
C'est vrai qu'il fait tr�s beau.
C'est tr�s gentil � vous, mais je ne peux pas sortir.
Vous n'ignorez pas que j'ai beaucoup d'ennemis.
Vous serez en parfaite s�curit�. Nous serons deux pour vous prot�ger.
C'est tr�s gentil � vous. Un autre jour, peut-�tre.
- M. Bruce sait-il jouer au rami ? - Oui, je sais y jouer.
J'aimerais beaucoup jouer aux cartes si vous avez le temps.
Bien.
J'arrive dans un petit instant.
- Vous distribuez ? - Oui.
Coupez, s'il vous pla�t.
Elle a une fa�on magique de jouer.
Elle l'a fabriqu�e elle-m�me. Remarquable, non ?
Arr�tez de jouer.
J'ai dit d'arr�ter de jouer !
On m'a dit qu'elle ne pouvait jouer qu'� certaines heures.
Je trouve cela monstrueux.
D�cision du personnel. Des patients se sont plaints, je crois.
C'est monstrueux.
Je n'ai plus envie de jouer aux cartes.
Je reviens dans une minute.
Vous voulez jouer ?
Oui.
Merci. Merci beaucoup.
Vincent.
Essayez de la faire descendre.
Vous allez au pique-nique ?
Puis-je le porter ?
- Je ne sais pas. Il peut, M. Bruce ? - Bien s�r.
Quelle perspicacit�. Ravi que vous soyez l�.
- Vous �tes de quelle nationalit� ? - Am�ricaine.
- Je veux dire, quelle descendance ? - Anglaise, je crois.
Vous �pouseriez une Anglaise ? De descendance anglaise ?
Je ne sais pas, je...
- Vous me prendriez pour un Juif ? - Je n'y ai jamais pens�.
En fait, je suis polonais. Mon grand-p�re �tait pr�tre.
Je pense sortir bient�t. Je suis presque gu�ri. Je pourrais me marier.
Je les ram�ne ?
Non. Restez l� jusqu'� ce que �a se calme.
ll dit qu'on peut rester.
J'ignorais qu'on pouvait peindre
avec de l'herbe ou d'autres choses de ce genre.
Elles s'estompent, mais dans la dur�e, ce sont des couleurs uniques.
J'adorerais peindre ou faire un truc du genre.
Par o� commence-t-on ? Que faut-il faire ?
Rien. Ma main �volue seule, je la suis.
C'est tout ? Votre main bouge. Pas la mienne.
Je ne laisse pas aller mes mains.
Apprenez. Elles vous m�neront aux choses que vous aimez.
Non. J'ai l'�me d'un �tudiant pas d'un artiste.
C'est une facult� tr�s diff�rente.
Vous avez le don des langues. �a a une grande valeur.
Ce n'est rien compar� � vous.
J'ai �tudi�. Je connais la grammaire. Vous avez invent� votre propre langue.
- Le don supr�me. - Je n'ai rien invent�.
- Ils me l'ont apprise. - Vous l'entendez, alors ?
Vous les entendez parler ?
J'adorerais l'entendre. Les langues me fascinent, vous savez.
Me parleraient-ils dans votre langue ?
Si vous m'appreniez ?
Pas sans en avoir la permission.
Peu sont autoris�s � la parler.
Que faire ? Je pourrais les persuader.
ll faut faire preuve d'un grand courage et d'une grande gaiet�.
J'en suis capable. Vous ne comprenez pas.
Mangez ceci, alors.
�a pourrait me rendre malade, �a pourrait �tre empoisonn�.
Ne faites pas �a. Crachez.
- Je vous ai �nerv�, M. Bruce ? - Il a raison. Si c'�tait empoisonn� ?
�a ne me ferait aucun mal.
- Vous vous inqui�tez pour moi ? - Je suis responsable de vous.
Alors, je serai tr�s sage.
Je ne tomberai pas malade, si �a vous met dans l'embarras.
Vous m'avez fait mal � la main.
Faites voir.
Vos mains sont exquises.
Je me ronge les ongles.
Si je laissais faire mes mains,
me conduiraient-elles vers les choses que j'aime ?
Vincent, viens. On y va.
M. Bruce, vous n'avez encore rien dit sur ma peinture.
- Vous r�alisez ? - Quoi ?
Vous alliez tuer un homme. On ne l�che pas un pinceau
- � 15 m devant soi. - J'essayais d'enlever la peinture.
- Et l'envoyer le chercher ? - C'est un idiot.
A quoi bon le duper si c'en est un ?
Parce que je suis folle.
Peut-�tre le mettait-elle � l'�preuve,
Exigeant de lui une preuve de courage,
- Ou d'adoration. - Je ne sais pas.
Si elle voulait le tuer, elle aurait pu Ie pousser du haut de la falaise.
Je n'aurais pas d� le laisser seul.
C'est de ma faute, pas de la v�tre.
Je vous ai confi� la t�che. Vous n'aviez pas encore l'exp�rience.
Je pensais que ce serait formateur pour vous.
A la dure, hein ?
De retour ici, j'ai voulu Iui faire admettre son geste.
Mais c'�tait lui faire admettre qu'elle �tait folle.
- On en oublie qu'elle est une patiente. - Absolument.
Elle est tr�s intelligente.
Vous voulez toujours d�missionner ?
Est-ce parce que vous avez peur d'�chouer ?
Je vous ai dit que je ne confierais jamais les clefs
� un membre du personnel avant qu'il ne soit pr�t.
Si vous vous sentiez moins impliqu�, je ne vous respecterais pas autant.
- Bonjour. - Bonjour.
Vous l'avez vue ? Elle va bien ? Elle a demand� apr�s moi ?
- Elle a parl� de la semaine derni�re ? - Je ne l'ai pas vue.
Moi non plus. Ni entendue jouer.
- Serait-elle malade ? - Non, je ne pense pas.
Comprenez bien que je ne peux pas servir d'interm�diaire.
Je comprends, oui, bien s�r. Je vous demande pardon.
Mais comprenez mon impatience.
Je comprends. Quand je la verrai, je lui en ferai part.
Vous ferez �a ? C'est tr�s gentil � vous.
Je ne veux pas vous embarrasser, mais c'est tr�s important pour moi.
- Je sais. - J'imagine que vous trouvez �a idiot
et absurde, cet attachement que j'�prouve.
Je trouve qu'il n'y a rien d'idiot � �a.
- Non ? - Non.
Pas m�me dans ce contexte aussi grotesque ?
Non.
ll reste que �a peut para�tre idiot.
Elle est tr�s fi�re, vous savez ? C'est une cr�ature si d�licate.
Pourtant, elle m'a laiss� toucher ses cheveux un instant. Vous avez vu.
Vous savez je n'ai aucune autre raison de vivre.
Quatorze.
La plupart d'entre eux sont dot�s d'un esprit hors du commun.
D'une sensibilit� hors du commun.
Trop, parfois, en mon sens.
Tout cela n'a rien d'une th�orie scientifique.
Peut-�tre est-ce romantique, mais je Ies compare souvent � du cristal fin
bris� sous le choc d'une r�v�lation intol�rable.
Leur parler me donne le sentiment qu'ils en ont trop vu,
avec leur esprit hors du commun.
Qu'ils ont approch� quelque chose d'extr�me,
quelque chose d'absolu qui les a foudroy�s.
Qu'ils ont �t� d�truits, dirait-on par leur propre excellence.
Vu sous cet angle, ce sont les h�ros de l'univers.
Les meilleurs de son oeuvre ses victimes les plus nobles.
La schizophr�nie, cependant, est loin d'affecter seulement
l'esprit sup�rieur.
En fait, en utilisant une substance qu'on trouve dans le sang humain,
la schizophr�nie a �t� transmise aux chiens
aux araign�es, aussi bien qu'aux hommes.
Comme vous le voyez, Ia toile d'une araign�e normale
est aussi distincte et invariable que l'est son coloris.
L'araign�e folle, elle, tisse des structures fantastiques, asym�triques,
et avouez-le, assez cauchemardesques.
D�rangeantes au plus haut point.
Qu'est-ce que... ? C'est quelle langue ?
La mienne.
Vous voulez dire votre propre langue ?
Pourquoi �tes-vous venu ici ?
J'avais besoin de travail.
Pourquoi pas dans une boucherie ?
Dans une �picerie ou une station service ?
Vous avez fait l'Arm�e ?
Vous �tes un h�ros ?
Je pensais bien que non.
C'est la griserie que vous recherchez ici ?
La griserie ?
L'aventure ?
Je ne suis pas un aventurier.
Moi, je pense que si.
Pourquoi donc ?
Vous �tes mal � l'aise. Comme tous les aventuriers.
Ce sont des timides. Ils ne sont pas aussi audacieux qu'on le pense.
lls se cognent partout, ils cassent, ils se font gronder.
A la recherche d'un endroit qui leur corresponde.
lls ont le regard de travers.
Le regard de travers ?
Le regard de ceux qui n'arrivent pas � se d�finir.
J'aimerais aller me promener.
Je ne pensais pas qu'on me laisserait sortir apr�s le pique-nique.
ll y a des gens intelligents ici.
Ma famille me punissait.
Comment ?
Que faisaient-iIs ?
lls pleuraient. C'�tait leur mani�re de me punir.
lls s'agenouillaient pr�s de mon lit et sanglotaient.
Avez-vous d�j� entendu pleurer quelqu'un que vous aimez ?
J'entends pleurer ma m�re, parfois.
C'est vrai ?
Elle est malheureuse ?
Plus maintenant.
Du moins, je l'esp�re.
Comment �tait-elle ?
Les mains restent si tranquilles quand on est mort.
Vous avez tu� avec ces mains. Pourquoi ?
C'est le destin d'un soldat.
Vous devez l'aimer, votre dieu, pour tuer pour lui et continuer � l'aimer.
Je n'exigerais pas �a d'un amoureux.
Je veux seulement qu'il soit gai.
Regardez-la, Elle veut me ressembler,
Elle est belle.
Mes baisers la tuent. Comme tous les autres.
D�truire pour mieux se faire aimer.
Je peux continuer ?
Lilith ?
Lilith ?
Vous m'appelez ''Lilith''.
Au moins, c'est un v�tement qui sort de l'ordinaire.
- Vous trouvez �a beau ? - Oui.
Vous allez vous couper les cheveux ?
ll y a des ciseaux sur la table. Vous me les passez ?
Non.
Non ?
Je vais rester encha�n�e par mes cheveux jusqu'� la mort ?
Je vais vous lib�rer.
�a va �tre difficile.
C'est un cadeau pour vous. Un couvre-lit.
Je l'ai fait sp�cialement pour vous.
Pour peupler vos r�ves.
Vous �tes tr�s doux.
Je suis contente que vous restiez.
Vous faites beaucoup de bien ici. Les patients vous font confiance.
Ce serait une erreur de partir.
Ces rapports �crits par moi ne sont pas tout � fait exacts.
Ce sont des faits mais pas toute la r�alit�.
Votre relation diff�re-t-elle de ce que dit le rapport ?
- Oui. - Et cela vous perturbe ?
Je vais �tre franc.
Pensez-vous qu'elle essaie de vous s�duire ?
Ce n'est pas aussi simple.
On peut dire �a comme �a. Mais ce n'est pas...
Ce n'est pas purement physique. C'est bien plus que �a.
Je n'arrive pas � savoir ce qu'elle veut offrir.
On dirait presque qu'elle cherche � partager son petit monde enchant�.
Et...
Tout cela vous para�t-il �trange ?
Non, ce n'est pas �trange.
ll n'est pas rare que les patients s�duisent le personnel
et vice-versa, malheureusement.
Avez-vous d�j� ressenti l'envie d'accepter ?
Oui.
Oui, parfois, j'en ai envie. Et...
Je ne crois pas que Lilith soit malheureuse.
La plupart des patients le sont.
Mais elle, non. Elle est comme...
- Je ne sais pas. Comme... - Ravie.
- Votre mot ? - Ravissement.
Ravissement ? Oui, c'est bien �a.
Au temps de Shakespeare, il signifiait ''folie'',
comme souvent les termes ''extase'' et ''innocence''.
En quelque sorte, le ravissement nous concerne tous, ici.
Se consacrer � �tudier sa nature
peut aboutir � se faire soi-m�me ravir.
C'est un risque que l'on prend.
Vous parle-t-elle de ses d�lires ?
Oui.
Oh que oui.
Dans son cas, il est difficile de faire Ia part entre fantasme et r�alit�.
Vous a-t-elle d�j� parl� de sa famille ?
Je ne crois pas, non.
Son fr�re a fait une chute mortelle. Par accident.
Je suppose qu'elle n'a jamais parl� de lui.
A vrai dire, je ne la questionne jamais.
Vous avez bien raison.
Les cons�quences pourraient �tre d�sastreuses.
Elle est l� depuis combien de temps, vous disiez ?
Depuis qu'elle a 18 ans.
Quelles sont ses chances de s'en sortir ?
Tr�s minimes.
Mais qui sait ? Elle va mieux ces derniers temps.
L'influence que vous semblez avoir sur elle me pla�t vraiment.
Depuis qu'elle est ici, elle n'a eu aucun contact
avec d'autre monde que le sien.
Je pense que vous faites du sacr� bon boulot.
La chance qu'elle a de s'en sortir est tr�s minime.
Vous avez vu le Dr Lavrier Ia semaine derni�re.
Vous lui avez parl� de moi ?
Entre autres.
Qu'avez-vous dit ?
Dites-le-moi.
Vous pensez que je devrais, hein ?
Vous croyez que je le ferais ?
Je lui invente plein d'histoires sur mon enfance.
ll les croit, selon vous ?
ll avale n'importe quoi sur moi, sauf que je suis heureuse.
Ce qui lui pla�t, ce sont Ies inventions et les confessions.
- Il adorerait les v�tres. - Quelles sont-elles ?
Vous ne devinez pas ?
Excusez-moi.
Bonjour, Mlle Arthur.
Je vous fabrique quelque chose, en ce moment.
A l'atelier. C'est bient�t votre anniversaire.
Je tiens � vous offrir quelque chose. J'h�site � vous dire.
Je crois que �a va �tre assez beau.
J'ai pass� beaucoup de temps dessus.
�a devrait �tre termin� dans un jour ou deux.
Vous partez � bicyclette ?
Belle journ�e pour cela.
Puis-je vous accompagner ?
D�sol�.
Une autre fois, peut-�tre.
Je suis tr�s d��u.
Attends, attends.
Attends.
Dis-le-moi maintenant, je t'en prie.
Tu crois que je ne te vois pas souffrir ?
Je sais � quel point c'est dur d'aimer quelqu'un
et de ne pas pouvoir le lui dire.
A moi, tu peux.
Je t'en prie.
Je ne peux pas le supporter.
Je ne peux plus le supporter.
Tu t'es bien coup�e. Il faut rentrer.
Tu as du sang sur le visage.
Tu te sens plus propre, maintenant ?
Tu crois que je t'ai infect� ?
Lilith.
Je n'ai jamais pu faire quoi que ce soit de valable dans ma vie.
Aide-moi � faire au moins une chose convenablement. Honorablement.
Si tu veux m'aider, va-t'en.
Ce n'est pas l'honneur qui me sauvera.
Comment vous sentez-vous tous aujourd'hui ?
Vous avez l'air si solennel.
Quelqu'un a-t-il envie de parler de ce qui lui est arriv� aujourd'hui ?
Personne n'a rien � dire ?
Mlle Verigold,
vous �tes de retour parmi nous. Voulez-vous vous confier ?
Je suis heureuse d'�tre de retour...
C'est trop stupide.
- ''Marigold.'' - J'aimerais...
Qu'est-ce qui vous fait rire dans ce qu'a dit Mlle Verigold ?
C'est son nom.
ll est si dr�le. Il me fait mourir de rire.
Je comprends, maintenant.
Benito, vous vouliez dire quelque chose au groupe.
�a vous dit d'en parler ?
Vous avez d�j� vu un danseur fumer ?
Je ne veux plus danser et je sais pas pourquoi.
Je suis n� pour �a. Pour bouger mon corps.
Pour �tre libre. Pour m'exprimer, cr�er.
Plus rien de tout �a n'existe en moi. Je suis vid�.
Je sais que je... Je sais que...
J'adore �a.
Mais je peux aussi facilement ha�r cet amour.
- Le d�truire pour m'avoir poss�d�... - Qui te donne le droit de d�truire ?
- Qui te donne le droit de d�truire ? - Personne.
- Je l'ai pris. - Tu n'as pas le droit.
On ne d�truit pas le don que Dieu nous donne. Il appartient � tous.
Certainement pas. C'est le mien.
- J'en use � ma guise. - Tu te prends pour qui ?
Qui te donne un tel privil�ge ?
- Ah oui, vraiment ? - Oui ! Oui !
- Tu n'as aucun droit. - Qui je suis, moi ?
Dieu t'a donn� un don.
C'est � nous tous
- de juger si tu as le droit... - Ce n'est pas � toi de juger.
Tu as perdu le sens des r�alit�s.
Qu'y a-t-il de si bien dans la r�alit� ?
Pourquoi tu ne me dis pas que tu m'aimes, Que tu me d�sires,
Parce que je t'aime,
L'honneur ne me sauvera pas,
Pour peupler tes r�ves, Pour peupler tes r�ves,
Pour peupler tes r�ves, Pour peupler tes r�ves,
Tu m'appelles ''Lilith'',
Bonjour. Sacr� orage, cette nuit. Vous avez vu ?
Oui. A 3h, le volet s'est cass� et m'a r�veill�.
Je n'ai jamais vu pleuvoir comme �a.
- J'ai lu votre rapport. �a a �t� ? - Assez bien, oui.
Vous �tes s�r de vous ?
Tout cela n'�tait que pure imagination. Trac de d�butant.
Vous fantasmez beaucoup ?
Non. Justement, j'en ai parl� dans le rapport.
Pas de confessions dont je devrais �tre au courant ?
- Non. Non. - Tenez-moi au courant.
Elle voudrait assister au tournoi de joutes � Barnesville.
J'ai dit que je vous demanderais Ia permission...
Vous lui avez demand� vous-m�me ?
C'est venu dans la discussion. On parlait de chevaux, je crois.
Tous les ergoth�rapeutes m'ont rendu de si bon rapports. �a me ravit.
Tr�s bien. Emmenez-la.
Merci.
On dirait une autre �poque.
- Chevaliers. Lances. - Une tr�s vieille coutume.
lmport�e d'Angleterre. Sauf qu'aujourd'hui,
au lieu de se d�sar�onner, il faut transpercer un anneau.
Ah oui ?
J'ai fait �a avant mon service, quand j'�tais gamin.
Tu es fort ?
Assez, oui.
Pommes d'amour. Pommes d'amour
Pommes d'amour. Quinze cents,
Pommes d'amour. Quinze cents Pommes d'amour.
La poup�e, l�.
- Laquelle ? - Celle-l�. Je la veux.
Combien, les past�ques ?
Vingt-cinq cents. Les grosses.
- Et les gla�ons ? - On vend pas les gla�ons, m'dame.
Je pr�f�rerais, pourtant. Tu m'en donnes un petit ?
Oui, m'dame.
Laisse-moi faire.
On dirait un diamant.
Oui, m'dame.
Elle a aval� le diamant !
Elle serait coup�e � l'int�rieur si c'�tait le cas. Elle saignerait.
- Tu veux voir mon sang ? - Oui, m'dame.
Touche mes l�vres.
Y en a pas. Je savais que c'�tait du chiqu�.
Si, il y en a, mais il est invisible. Clair comme de l'eau.
Son sang est blanc.
- Le tien est de quelle couleur ? - Rouge. Je me coupe souvent.
Non, il n'est pas rouge.
ll est bleu.
Chaud et bleu.
Je n'ai pas d'argent. Rien pour payer le diamant.
Je t'embrasse � la place ?
- Oui, m'dame. - Viens ici.
Au revoir. Merci. C'�tait d�licieux.
C'est le plus beau de tous. Il brille comme de l'or.
Vince ne m'a pas dit qu'il t'am�nerait ici. Le fripon.
Tu vas le monter ?
Pour moi ?
Prends aussi la lance. Pr�s de l'arbre, l�.
Je vais la chercher.
Tu vas courir comment Sans nom pour remplir la case ?
- Le Chevalier de Poplar. - Tes couleurs ?
Passe-moi ton foulard.
Bleu et or.
La course de cheval va commencer.
Messires Chevaliers, voici les r�gles :
distance de la course : 75 m,
Dur�e : 10 secondes,
Les anneaux sont pr�ts.
Perch�s � 2m10 du sol.
La course de cheval va pouvoir commencer.
Chevalier de Doranstown pr�parez � charger.
On �vacue la piste. Tenez bien vos ballons, les enfants.
Messire Chevalier, chargez.
Trois anneaux.
Nous r�duisons maintenant Ies anneaux � 1 cm.
Les anneaux d'1 cm sont suspendus.
Chevalier de Doranstown pr�parez � charger.
Evacuez la piste, s'il vous pla�t.
Messire Chevalier, chargez.
Trois anneaux, Trois.
Chevalier de Poplar, pr�parez � charger.
Messire Chevalier, chargez.
Trois anneaux !
En 9,3 secondes. Meilleur temps. Voici donc notre gagnant.
- C'est votre dame ? - Oui.
Couronnez-la Reine d'Amour et de Beaut�.
Je t'aime.
Si je meurs ce soir en auras-tu v�cu assez ?
Alors, je vais vivre pour toujours.
C'est tellement doux...
partout sauf l� o� tu es bless�.
Maintenant, c'est ma blessure.
Bonsoir.
Bonsoir.
Vous n'allez pas d�ner ?
Dans un petit instant.
Je peux monter un plateau dans votre chambre si vous le d�sirez.
Non, merci.
J'ai pu remarquer que vous avez r�ussi
� persuader Mlle Arthur de vous accompagner � plusieurs occasions.
Remarquable, quand on sait qu'elle n'est pas sortie depuis des mois.
Cela fait partie de vos fonctions, n'est-ce pas ?
�a n'en fait pas partie ?
Vous devez vous consid�rer comme quelqu'un de tr�s persuasif.
C'est mon travail.
A votre place, je trouverais cela d�primant,
divertir de vieilles filles excentriques, mener des idiotes par le bout du nez.
Je ne vois pas les choses sous cet angle.
Non, bien s�r que non.
Vous �tes un homme de principes.
C'est moins flatteur que vous ne croyez.
Bonsoir, M...
Bruce.
Oui, bien s�r.
Les principes, M. Bruce,
m�ritent un examen constant.
On doit faire attention.
Est-ce un p�ch� de m'aimer ?
Tu trouves que je suis dou�e pour l'amour ?
Si je l'�tais encore plus que tu n'imagines, tu arr�terais de m'aimer 7.
Tu ne m'aimes pas.
Toutes les choses � ne pas faire, on les a faites.
S'ils savaient, que feraient-ils ?
Si je leur disais ?
C'est ta parole contre la mienne. Vas-y.
Si quelqu'un soutient ma version, on me croira peut-�tre.
De quoi tu parles ?
Si je perds ce travail, on ne se verra plus.
Je t'aime, Vincent.
Sale tra�n�e.
Si tu venais � d�couvrir que ton dieu en aime d'autres,
autant qu'il t'aime, tu le d�testerais ?
Mon amour, je le donne � tout le monde et tu me m�prises.
M. Bruce ? Je voudrais vous montrer ceci.
C'est le cadeau que je lui destine.
Je l'ai montr� � Mlle Brice. Elle le trouve ravissant, hein ?
- Oui. - C'est en c�dre.
Constatez que le dessin est tr�s compliqu�.
C'est le premier objet que je fais de mes mains.
C'est pour ranger ses pastels.
Je ne l'ai jamais vue si heureuse, pas vous ?
DEUX FILMS
Vincent ?
Vincent, mon Dieu.
Que diable fais-tu dehors sous la pluie ?
Je suis sorti me promener et je suis pass� devant chez toi.
Entre donc une minute.
Nous allions prendre le caf�.
Tu prendras bien une tasse avec nous ?
Je sais que Norman est impatient de te rencontrer.
Si je ne suis pas de trop, je veux bien.
Norman.
Norman, voici Vincent Bruce dont je t'ai tant parl�.
Ravi de te rencontrer. �a fait Iongtemps qu'on attendait ce plaisir.
- Merci. - Vincent passait par l�.
- Il va prendre une tasse de caf�. - Tr�s bien, merveilleux.
Assieds-toi, Vince. Laura va nous pr�parer le caf�.
- Ce sera long ? - C'est presque pr�t.
- N'oublie pas ma r�union. - Comment pourrais-je l'oublier.
Je vais au Conseil des Citoyens Unis, ce soir.
Les femmes sous-estiment Ies choses civiques.
Un homme remplit ses devoirs civiques
- et elles se sentent abandonn�es. - J'imagine.
Tu dois �tre bien content d'�tre rentr�, hein ?
- Oui. - C'�tait l'aventure, hein ?
Oui, �a l'�tait.
J'ai essay� de m'engager 2 fois. Je n'ai jamais �t� � la hauteur.
Probl�mes au colon.
La t�l� te g�ne ? Je vais...
Je suppose qu'il y a pas beaucoup de chance
que tu connaisses mon fr�re. 1 �re Division de la Marine
quelque part dans la partie du monde o� t'�tais.
Non, non, je ne le connais pas.
- Tr�s bonne unit�, cependant. - Oui, tout � fait.
Nick avait de bons �tats de service. Il va bien.
�a lui va comme un gant, maintenant, d'�tre repr�sentant de commerce.
Son secteur est assez curieux pour un ex-Marine.
Quand je le vois, je luis dis :
''Nick, j'aurais jamais cru te voir en sous-v�tements f�minins.''
C'est son secteur Ies sous-v�tements f�minins.
J'ai compris.
C'est nous, les guignols. Il s'est fait 3 600 en commissions l'an dernier.
Pas de quoi se moquer de �a, hein ?
Non.
J'aurais bien aim� voyager moi aussi.
C'est une vie qui apporte beaucoup d'avantages.
Ch�rie !
Tu es oblig� de crier ainsi, Norman ?
Maman essaie de dormir.
Ne parlons pas de �a maintenant.
Et le caf� ?
Je ne veux pas vous d�ranger.
Non, non. Reste. Parle-nous de toi.
Laura m'a dit que tu travaillais � l'asile ?
Je suis form� � �tre ce qu'ils appellent ergoth�rapeute.
Vraiment ? Ergoth�rapeute ?
�a doit �tre int�ressant, comme travail.
- Parfois, oui. - Ouais.
Dis donc
il doit se passer de dr�les de choses dans un endroit pareil, hein ?
Maintenant que j'y pense, Laura m'a dit
que ta m�re �tait un peu...
Merci.
Tu es mal tomb�. Il faut que je file. Sinon, je vais rater cette r�union.
- Il vaut mieux que j'y aille... - Non. Reste.
Laura, apporte-lui Ies muffins aux myrtilles.
Tu as sorti la poubelle ?
- Plus tard. - C'est la troisi�me fois...
Je peux pas penser � tout. Je peux vraiment pas penser � tout.
J'ai d'autres choses en t�te que cette poubelle.
- Ravi de t'avoir rencontr�. - Oui.
Reviens, on aura une vraie discussion.
Merci.
Tu aurais imagin� �a, toi, Vincent ?
Moi, boire ?
Viens prendre un verre.
Vincent pourquoi es-tu pass� ce soir ?
Tu n'as jamais fait r�parer cette pendule.
C'est pas dingue, les souvenirs ?
Je croyais que tu m'avais compl�tement oubli�e.
Je ne savais pas trop ce que tu dirais de mon mariage avec Norman.
J'ai m�me pens� que tu m'en tiendrais rigueur.
Pourquoi �a ?
Je pense � toi.
Je t'ai vu passer l'autre jour. C'est s�rement la raison.
Tu �tais avec une tr�s jolie blonde.
Une patiente.
Je suis s�re que ton travail sera couronn� de succ�s, Vincent.
J'ai toujours cru que tu finirais par trouver ta voie.
Vincent, qu'y a-t-il ?
- Je vais m'en aller. - Vincent.
Tu te souviens que je disais
que je ne te laisserais pas me faire l'amour avant le mariage.
Je suis mari�e, maintenant.
J'ai pas le droit de traverser la rue.
A ta place, j'accrocherais des rubans et des clochettes.
C'est une bonne id�e, m'dame mais �a co�te cher.
Alors, je vais devoir te donner de l'argent.
ll nous reste de l'argent, n'est-ce pas, Vincent ? De mon argent de poche ?
- Combien ? - Un dollar.
Tiens. N'oublie pas, c'est juste pour les clochettes.
Oui, m'dame. Merci.
Je reviendrai te voir dans quelques jours. Quand, Vincent ? Jeudi ?
- Tu t'appelles comment ? - David.
Madame, je voudrais acheter cet aquarium.
ll recommence.
ll a hurl� comme �a toute la nuit. Qui peut bien crier comme �a ?
Notre ami M. Davis, non ?
Pourquoi ne font-ils rien ? C'est atroce.
- Que veux-tu qu'ils fassent ? - Qu'iIs Ie tuent !
On ne tue pas les gens ici. On les soigne.
Ah bon ?
Soigner Lilith, c'est possible ?
Sais-tu ce qu'elle veut ?
Comment apaiser son feu ?
Sais-tu ce qu'il faut soigner ?
Elle veut marquer de son d�sir chaque cr�ature de ce monde.
Si elle avait �t� C�sar elle ferait �a � coups d'�p�e.
Po�te, � coups de mots.
Mais elle, c'est Lilith.
C'est son corps qu'elle utilise.
Tes mains sont froides. Froides comme la mort.
Pourquoi as-tu vol� ma poup�e ?
- Quelle poup�e ? - Tu le sais bien.
Je ne vois pas de quoi tu parles.
Tu mens.
Tu dis que tu m'aimes et tu mens. Comment se faire confiance
- si tu mens ? - Attends un peu !
- Je n'ai pas vol� ta poup�e. - Menteur ! Menteur !
Menteur ! Menteur ! Menteur !
Menteur !
Menteur.
Je l'ai prise parce que je t'aime.
Je t'ai montr� ma bo�te de peinture ?
La nouvelle ?
N'est-elle pas magnifique ?
C'est un cadeau de Ronnie.
Ronnie ? Qui est Ronnie ?
Mon fr�re.
Ton fr�re est mort.
Ah oui ?
ll m'offrait souvent des cadeaux.
Des fleurs.
ll tenait une rose dans sa main, ce jour-l�.
Tous les p�tales se sont mis � voler comme des petites fleurs.
Et toi, que m'as-tu offert, Vincent ?
Je veux que tu nous emm�nes nous promener.
Ses mains sont chaudes.
Les tiennes sont froides et mortes.
ll fait de jolies choses pour moi.
ll est tr�s gentil.
J'ai �t� tr�s cruelle envers lui.
Dis-m'en plus sur ton fr�re.
Mon fr�re ?
ll n'y a rien � dire.
ll est mort.
ll a demand� � Mlle Brice de me l'apporter.
Qui ?
Steven.
Steven Evshevsky. Il me l'a fabriqu�e pour mon anniversaire.
N'est-ce pas touchant ?
Tu nous emm�neras nous promener, demain, hein ?
Tu vas nous emmener.
N'est-ce pas ?
Bonsoir.
Asseyez-vous donc.
Quelle belle musique, n'est-ce pas ?
Vous avez vu Mlle Arthur aujourd'hui.
Je me demande si elle a parl� du cadeau que je lui ai offert.
Oui.
Ah oui ? Avait-elle... ?
Avait-elle l'air contente ?
Elle me l'a montr�.
Elle vous l'a montr� ?
Donc, elle a d� �tre contente.
Je crois qu'elle commence � ressentir quelque chose pour moi.
Vous ne trouvez pas ?
De tous ici, je crois que vous �tes Ie seul � pouvoir nous comprendre.
A comprendre la beaut� de tout ceci.
Mais hier soir cet arbre-l� m'a terrifi�.
Savez-vous que j'ai failli d�truire cette feuille ?
J'ai failli la tuer.
Parce que je me sentais heureux.
On est si insouciant quand on est heureux et en m�me temps, si bien.
La sensibilit� atteint une sorte de paroxysme.
On entend des choses pour la premi�re fois.
On voit des choses pour la premi�re fois.
On sent les couleurs.
C'est ce qu'elle doit ressentir en attrapant la lumi�re avec ses prismes.
Je me sens tellement bien quand je suis heureux.
Pensez-vous que la folie...
puisse se r�duire aussi simplement au malheur ?
C'est peut-�tre dans l'autre sens.
Je ne comprends pas.
Que vouIez-vous dire ?
Je ne sais pas.
Parfois, je raconte des choses. Ne vous y fiez pas.
Je vous fais confiance.
Comme je me fie � mes sentiments.
Vous dites qu'elle vous a montr� mon cadeau.
A-t-elle dit quelque chose ?
L'a-t-elle aim� ?
A-t-elle parl� de moi ?
Donnez-moi la permission de vivre dans le parc.
Quelqu'un lui a donn� un couteau de cuisine.
ll l'a port� � sa poitrine, puis est tomb� de tout son long.
- Quand �a ? - Au moment du lever du soleil.
ll n'est pas venu petit-d�jeuner. Greta est pass�e le voir.
Qu'on lui couvre ses mains.
ll n'aimait pas qu'on voit ses doigts.
Qu'y a-t-il ? Maman est I� ?
J'ai vu l'ambulance.
Je regardais de ma fen�tre.
Ils sont venus chercher mon fr�re, hein ? Pour l'emmener loin.
J'ai vu. J'ai vu l'ambulance.
Ils l'ont mis sur un brancard recouvert d'un drap blanc.
C'�tait Steven.
Steven ?
- Tu mens. - Non.
- Pourquoi tu mens sans arr�t ? - Je ne mens pas.
Ce gentilhomme avec les belles mains,
qui a fabriqu� ma bo�te de peinture ?
Je t'ai montr� ma bo�te de peinture ?
Tu devais nous emmener nous promener.
- Non. - Tu avais dit
qu'on irait se promener.
Tu ne sais pas ce que j'ai fait. Il s'est tu�.
ll est mort.
Non, je ne vois pas de quoi tu parles.
Je ne comprends pas ce que tu dis.
Ne dis pas des choses aussi terribles.
C'est mentir.
J'ai fait ce qu'il fallait faire.
C'est toi qui voulais que je le fasse. Dis-le.
Les gens ne meurent pas comme �a.
Dis que j'ai fait ce qu'il fallait.
Dis-le-moi.
Dis que tu voulais que je le fasse.
Je ne tue pas les choses que j'aime.
Je n'ai pas tu� mon fr�re.
ll a saut�.
ll a saut� parce qu'il n'osait pas m'aimer.
Et je voulais qu'il m'aime.
Je voulais qu'il m'aime.
Que cherchez-vous, docteur ?
Vous voulez toujours que je vous dise des trucs. Vous n'en savez pas assez ?
Moi, c'est Vincent.
Vincent ?
Laisse-moi tranquille, s'il te pla�t.
Laisse-moi tranquille. S'il te pla�t.
Vincent ?
Vincent ?
Vincent ?
Bonsoir.
- Vous voulez un verre ? - Oui.
Je vous invite. Je vous dois une cuite.
Scotch, avec un verre d'eau.
Scotch, avec un verre de sang.
Dans une fus�e vous pouvez riposter.
lls se d�sint�grent.
On se sent seul dans l'espace, vous savez.
Dans l'espace, tout seul.
Je ne sais pas lequel est mieux.
Cheveux blonds, ruban jaune.
Voil� pour toi, tra�n�e.
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