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J'ai voulu voir ce terrain une dernière fois.
C'est devenu superbe, comme si rien ne s'était passé.
Quand ils détruiront la maison, rien n'en restera.
Rien...
sauf mes souvenirs.
J'ai grandi dans une ville voisine dont mon père était le maire
et où cette maison attendait ma venue.
Wilfred Butler l'a construite.
Nous ne l'avons jamais vu. Il n'était jamais chez lui
avant la veille de Noël 1950,
où il a fini par revenir
pour la dernière fois.
Nous avons tous cru sa mort accidentelle.
Nul ne savait que quelqu'un d'autre était venu ce Noël-là.
En tant que coroner adjoint du comté d'Arlington,
dans l'état du Massachusetts,
je conclu, d'après l'examen du légiste du comté,
que le défunt Wilfred Butler
a succombé aux brûlures accidentelles
qu'il s'est infligé chez lui en ce 24 décembre 1950.
Ce décès ne nécessite aucune autre enquête
et l'affaire est officiellement classée sans suite.
SILENT NIGHT, BLOODY NIGHT
Après l'enquête officielle, le jour de l'an,
Wilfred Butler fut enterré.
Personne ne vint le pleurer,
comme si on enterrait un inconnu.
Moi, Wilfred Butler,
sain de corps et d'esprit,
du moins aux yeux de ce monde,
lègue ma maison, son terrain et les effets contenus en ce lieu
à mon dernier parent vivant,
mon petit-fils, Jeffrey Butler.
Je n'exigerai de lui qu’une seule condition :
qu'il laisse la maison telle que je l'ai laissée,
soumise à aucune modification
pour rappeler au monde son inhumanité
et sa cruauté.
20 ans durant, la maison resta vide,
exactement telle que Wilfred l'avait laissée.
Puis, l'année dernière,
la rumeur courut qu'on l'avait enfin mise en vente.
La nouvelle se répandit dans tout le comté,
jusqu'à l'hôpital pénitentiaire des aliénés criminels.
- DÉFENSE D’ENTRER -
L'homme chargé de vendre la maison ne l'avait jamais vue.
C'était un homme de loi venu de la ville
pour faire son travail en y prenant plaisir.
Stop !
Prends l'air sérieux, s'il te plaît.
Tu es désespérant !
Regarde !
Attends ! Où tu vas ? Il y a des réparations à faire.
Une dernière photo...
Allez...
Ne bouge plus. J'en veux une de nous deux.
Souris !
Pour connaître toutes les nouvelles, restez branchés sur WLIX,
la voix du Nord-Est.
Ici Roger Fowler qui vous transmet les nouvelles locales.
En voici le sommaire :
un incendie d’entrepôt suspecté d'être d'origine criminelle,
l'évadé de l'hôpital pénitentiaire toujours en cavale,
et une loi controversée sur l'immobilier vient d'être votée...
Ne te l'avais-je pas dit..?
C'est superbe.
Peut-on visiter le reste ?
Il n'y a rien d'autre à voir.
Je crois que le maire m'attend.
Mon amour est un homme si important.
Ouais... Ma femme le dit toujours.
- Chéri... - Quoi ?
Ne t'attarde pas.
Chérie, si tu t'ennuies, admire la vue.
Tôt ou tard, ce pont nous ramènera chez nous.
- HÔTEL DE VILLE D'EAST WILLARD -
M. Carter...
Monsieur le maire...
Faisons les présentations...
Voici Charlie Towman, rédacteur de l'hebdomadaire "The Patriot".
Voici Tess Howard, notre standardiste.
Elle opère nos raccordements téléphoniques.
Et voici Bill Mason, notre shérif.
Veuillez vous asseoir,
en bout de table.
Merci.
Je... ne m’attendais pas à tous vous rencontrer...
Quel accueil !
Alors, commençons.
Comme vous le savez, Jeffrey Butler m'a engagé
pour m'occuper de cette maison héritée de son grand-père,
Wilfred Butler.
Continuez, M. Carter.
On m'a dit que vous aviez demandé à mon client de vous la vendre.
Pas demandé... supplié.
- En envoyant maintes lettres... - C'est bon, Tess.
C'est pourtant vrai.
- Nous n'avons eu que des ennuis. - Je compatis.
20 ans que je m'efforce à empêcher les gens de l'approcher.
Rôdeurs, cambrioleurs... Les gosses, ce sont les pires !
Tout ça à cause de ce testament...
Cette ineptie à propos de l'humanité...
Non, non... "L'inhumanité"... Si ce mot existe !
Certes, un homme.... aigri.
- Haineux. - Le mot est fort !
Je ne vois que ça.
La haine seule l'animait. Certains naissent comme ça.
À ce propos...
cette maison vous intéresse-t-elle toujours ?
- Nous offrez-vous de l'acquérir ? - Exactement.
Pourquoi maintenant ?
Disons que... M. Butler a ses raisons...
Nous ne sommes pas riches, vous le savez.
Beaucoup d'entre nous ont migré ici durant la dépression.
Mais nous aimons cette ville.
C'est notre chez nous.
Bien sûr, vous y apporterez des améliorations.
Exactement.
Mon client partage tout à fait votre sentiment...
Il est prêt à sacrifier cette maison
en échange de $50'000
en liquide... demain midi.
- C'est une somme énorme. - Mais une excellente affaire !
Vous pourriez aller à Wilton.
Pour vous rendre à la banque.
Me suis-je bien fait comprendre ?
Tout cet argent..!
Parfait.
Je vous accorde jusqu'à demain pour me répondre.
Passerez-vous la nuit ici ?
- Oui. - Puis-je savoir où ?
À la maison de M. Butler.
Laissez-nous vous réserver une chambre au motel
- à titre gracieux. - Non, non. La maison me convient.
Le motel Paradise...
Trop aimable, mais je dois y rencontrer M. Butler.
S'il vous faut un téléphone, je peux vous reconnecter.
Ne vous donnez pas cette peine.
Ce sera très facile. Il vous faut bien un téléphone.
L'isolement est vite pesant.
Me voici... convaincu. Merci.
À propos...
Connaissez-vous M. Butler depuis longtemps ?
Je ne l'ai jamais vu. Il m'a contacté par téléphone.
J'ai accepté puis reçu la clé à mon bureau.
Monsieur le maire... Shérif... M. Towman... Mlle Howard...
Voyons-nous demain.
Il me... tarde même d'y être.
Ce type joue au malin.
- Normal, pour un grand avocat... - Trêve de lieu commun !
Il nous a regardé de haut ?
- Et sa tenue ? - Il ne fait que son travail.
On ne me la fait pas.
Moi, j'aimerais bien voir deux avocats qui parlementent.
Aucun ne saurait quoi penser.
Moi aussi, je t'aime.
Chérie, à mon retour, je te promets une belle surprise.
Allons, si je te le dis, ce ne sera plus une surprise !
Non, je ne peux pas rentrer maintenant, mais très bientôt.
Très bientôt...
Mais... Chérie... Bien sûr que tu me manques !
Oui... Oui... Maman me manque aussi.
Laura, comment ça va ?
J'appellerai demain.
Non, j'insiste, pour parler à Jenny.
À dire la vérité, je...
Je passe un assez bon moment.
À toi aussi, chérie...
Comment ça, "hostile" ?
Je m'interroge...
Une fois à nous...
Qu'en faisons-nous ?
Rasons-la !
D'accord... D'accord...
Je ferais bien d'y aller.
Tess, rendez-moi un service.
Prévenez Diane que je serais à Wilton
et que je rentrerai tard.
- DÉFENSE D'ENTRER -
C'est fantastique, tu ne trouves pas ?
Si...
Si, Butler n'a pas exagéré.
L'endroit est longtemps resté inhabité.
Quel gâchis !
C'était le "monument" de son grand-père.
En fait...
Le gardien l'a entretenu dans son état original.
Quel genre de monument ?
C'est tout le problème...
Plus personne ne s'en souvient.
En Amérique, c'est une habitude.
Ça, je m'en souviens.
"Et il m'accompagne en me parlant, en me disant que je suis à lui."
Tu n'es pas sérieux.
C'est un chant funéraire.
- Funéraire ? - Oui.
Quand j'étais gosse, à Pétaouchnok.
Et à Pétaouchville...
Deux bourgades qu'on a ensuite rasées de la carte.
♪ Je suis bien le seul... à m'en souvenir. ♪
Seul le traiteur était ouvert.
Il y a du pastrami, du salami et tout ce dont on peut rêver.
Je prendrais du bolony... et des macaronis.
Non, non... Un peu de salade de pomme de terre.
As-tu aussi choisi le vin ?
Le traiteur a mis un point d'honneur à le sélectionner.
Quelle chance ! Cette cuvée 1970 est très rare !
Puis-je aussi en avoir ?
Mais bien sûr...
Merci.
Ça a dû être fabuleux.
Quoi ?
Pour les habitants de cette maison,
la vie a dû être formidable.
Je l'espère pour eux...
Crois-tu que cette maison est faite en bois ?
- Et bien... - C'est faux.
L'héritier ma dit que,
sous le bois, il y a une belle épaisseur de pierre,
avec des fondations faites de 8 briques accolées.
Un jour, on l'anéantira pour y construire une série
de petits lotissements éparpillés sur le terrain.
Un bulldozer dévalera la colline en direction de cette maison.
Là, lui attendra une drôle de surprise...
Ici, c'est comme un royaume.
Personne n'ose en partir.
Ah..? Qu'en dit le propriétaire ?
Comme tout le monde, ce qui l'intéresse, c'est l'argent.
Rends-toi compte ! Il cède cette maison pour $50'000
alors qu'il pourrait en tirer au moins... 250'000.
Comme il refuse d'attendre,
il la bazarde.
Veux-tu monter ?
Bientôt.
Un des grands plaisirs de l'existence
réside dans l'anticipation du plaisir.
Pas vrai ?
Nous voilà très proches, n'est-ce pas ?
Oui, chérie.
Extrêmement...
Je ne vois aucun lit.
Cherche encore. En principe, la maison est meublée.
J'avais raison !
- Rien de neuf ? - Non, mais regardez ça.
Encore du foot ?
Admirez ce quarterback. Quelle adresse !
Pas le temps... Tess ?
Où en est le raccordement téléphonique chez Bulter ?
Il fonctionne ?
Testez-le. J'attends...
Allô ?
Ah, oui... Mlle Howard.
Oui, la ligne fonctionne bien.
C'est gentil d'avoir appelé.
Merci. Bonne nuit.
Chérie, je descends chercher des cigarettes dans la voiture
- et je reviens. - Ok.
- Ne t'ennuie pas trop. - Non, non !
- As-tu retrouvé tes cigarettes ? - Oui, je les ai.
- Puis-je en avoir une ? - Bien sûr.
Curieux comme les cigarettes sont maintenant conditionnées...
dans de si petites boites !
C'est pour moi ?
Je peux l'ouvrir ?
Oh, non...
Notre Noël, c'est après demain.
Est-ce un ordre ?
C'est ça, un ordre.
- Shérif Mason. - Bill, on appelle de chez Butler.
Ok, transmettez.
Vous pouvez parler.
- M. Carter..? - Pas Carter.
Qui parle ?
Le propriétaire.
- Butler ? - Shérif, je suis inquiet.
Carter n’est pas là...
Plus fort, je vous entends mal.
Impossible.
Je suis malade.
Pouvez-vous venir ?
- Qu'y a-t-il ? Un problème ? - Sa voiture est là mais pas lui.
Pouvez-vous venir ?
- D'accord. Ne bougez pas. - Je vous attends.
S'il vous plaît, dépêchez-vous.
- J'ai... j’ai peur. - Pas d'inquiétude, je viens.
M. Butler, avez-vous fini ?
- Tess... Je suis revenu... - Que dites-vous ?
- Tess... Je veux vous revoir... - Allô ? Qui parle ?
Vous me connaissez, Tess. C'est Marianne...
Dites-le au maire.
Dites-leur à tous.
J'attends dans la maison de mon père.
Tess... On se sent si seul ici... Ne traînez pas...
Allô..? Allô..! Allô..!
Mon dieu, où sont-ils tous passés ?
Allô ?
- Maggie, Dieu merci ! - Tess, que se passe-t-il ?
Un imprévu... C'est urgent. Pouvez-vous venir ?
Je suis devant la télé...
Maggie Daly, vous rappliquez vite fait !
Qu'y a-t-il ?
Faites ce que je vous dis ! Et de grâce, venez vite !
Entrez !
C'est ouvert.
C'est bon, n'approchez plus. Que voulez-vous ?
Le maire...
Il faudra repasser. Mon père n'est pas là.
- Et ne bougez pas ! - Dois-je lever les mains ?
Non... Ne bougez pas, c'est tout.
- Pourquoi me fixez-vous ? - Je vous ai vue sur la route...
C'est pour cela que je vous tiens en joue.
Je vous crains.
- Ça se comprend. - Merci.
- Tout le monde est armé ici ? - Vous le demanderez au shérif.
- Je vais l'appeler. - Pardon de vous décevoir mais...
le bureau du shérif est vide.
Comment le savez-vous ?
J'en viens.
Qui êtes-vous ?
Jeffrey Butler.
Celui qui vend la maison ?
Oui.
Vous avez une carte d’identité ?
- Allons... - Ne vous moquez pas !
J’exige votre carte. Un fou s'est enfui de l'asile.
D'accord.
Posez ça sur la table.
Puis reculez.
Une carte Californienne...
Quelle chance !
Et ma carte d'aliéné, vous la voulez ?
Celle de l’asile...
On la reçoit quand on sévade.
Comme on marque une vache pour que les gens s'y retrouvent.
D'accord... Écoutez, pardon pour le pistolet.
Mon père est allé chercher votre argent à Wilton.
Je ne cherche qu'à entrer dans ma maison.
Le shérif adjoint en a peut-être la clé.
C'est le seul que je connaisse.
Je vois.
Après 2 km de route, vous trouverez une maison blanche avec clôture.
Impossible à rater.
- Merci. - De rien.
Joyeux Noël.
Vous de même.
Si je ne rappelle pas dans une heure...
Quoi ?
Appelez le maire... ou M. Towman. Personne d'autre.
Promettez de le faire.
Mais bien sûr...
Notez-le bien, pour vous en souvenir.
Shérif à 301. Je me dirige à l'ouest vers chez Butler.
Je vous rappelle.
Mais qu'est-ce que..?
C'est quoi, cette lampe ?
- Journal de Wilfred Butler -
- Salut. - Salut.
Avez-vous trouvé l'adjoint ?
Non, il n'y était pas.
J'y pense...
Votre avocat ne passe-t-il pas la nuit dans la maison ?
La porte est verrouillée.
Mais j'ai emprunté sa voiture.
Volé, vous voulez dire...
Ouais.
Je la maintiendrai au chaud.
- Et s'il en a besoin ? - Il saura où me trouver.
Pour qui est ce repas ?
Mon père.
Nous dînons ensemble tous les jeudis.
Avez-vous faim ?
- Non, j'ai déjà mangé au motel. - Je connais, on y mange mal.
- Voulez-vous un verre ? - Oui.
C'est... du bourbon bas de gamme mais les gens d'ici l'aiment bien.
- Avec glaçons ? - Non, sec.
Vous avez l'air crevé.
Je le suis.
- À votre transaction. - Santé.
Pourquoi avoir choisi de vendre la maison ?
Besoin d'argent.
Après toutes ces années ?
Maintenant oui.
À quoi ressemble l'intérieur ?
Je n'y suis jamais entrée.
Mon père me l'a toujours interdit. Il redoutait un accident.
Ça en faisait comme une... maison hantée.
Je n'y suis jamais entré.
- Vous la vendez sans la voir ? - Oui...
C'est bien dommage.
C'était notre seul objet de curiosité.
Au fait...
Une femme a appelé plusieurs fois en laissant un message à mon père.
Elle disait l'attendre chez vous,
dans la salle de réception.
Qui pourrait bien l'y attendre ?
Je l'ignore... Je n'en sais pas plus.
Je ferais bien d'y aller.
Je vous accompagne ?
Pour quoi faire ?
Je suis curieuse.
J'imagine que vous retournerez bientôt en Californie.
La Californie... Vous y habitez bien, non ?
Non, je vis à Cleveland.
Jeff, regardez..! La voiture du shérif !
Il y a une lampe !
Regardez-moi cette tombe !
C'est pas la joie !
"Quiconque porte la croix portera la couronne."
Wilfred Butler... Mon grand-père.
Quelqu'un a perdu ses lunettes dans la neige.
Elles sont au shérif !
Mon avocat a disparu et maintenant le shérif...
D'étranges coups de fil...
et la tombe de mon grand-père qui fascine quelqu'un...
Allons-nous-en.
Toujours partante pour voir la maison ?
Oui.
Mais pas seule.
- Écoutez... - Je n'ai pas peur.
- Ben voyons ! - Je tremble à cause du froid.
Partons.
- D'accord. - Allons chercher de l'aide.
La ville est à 10 min. d'ici.
Au revoir, M. Towman.
Joyeuses fêtes !
L'adjoint n'est pas là. M. Towman, si.
- Qui est-ce ? - Venez, vous verrez bien.
M. Towman, attendez !
S'il vous plaît, j'ai à vous parler.
Pardon... Voici Jeffrey Butler, celui qui vend la maison.
Il n'arrive pas à y entrer. Mon père est parti pour Wilton.
On s'est demandé si...
- Un problème ? - Il va nous le dire.
Tess ?
Elle s'est rendue à sa maison ?
Pour quoi faire ?
Je ne sais pas.
Comment y entrerait-elle ? C'est verrouillée, vous l'avez dit.
Il dit qu'elle déteste l'endroit.
Cela vous dérangerait d'y aller ?
Diane pourrait s'enfermer ici en attendant.
Il me faut une clé.
Towman, ce n'est pas ma maison mais celle de Tess.
Tess n'est pas là... Heureux ?
Elle est sûrement allée chez moi.
Pourquoi, selon vous ?
Elle en a horreur ?
Elle a peut-être rejoint la femme qui s'y trouve
et qui a déjà appelé le maire de là-bas.
Elle n'en a pas bougé.
Qu'y a-t-il ?
Allô, Jeff ?
Allô..?
Qui est en ligne ?
Qui parle ?
Diane Adams... On s'est déjà parlé.
Amenez votre père à la maison...
Je suis Marianne.
Dites-lui que j'ai le journal.
- J'attends. - Qui êtes-vous ?
Il saura.
Noël... 1935.
Allô..?
Allô..?
Shérif... J'ai vu votre voiture.
Bill...?
C'est vous ?
Tess... Vous ne voyez pas mais moi, je vous vois.
Oui, je me souviens bien de ce visage.
Vous avez vieilli.
Empâtée...
mais la même Tess...
Vous avez peur, n'est-ce pas ?
Ne craignez rien.
Je vous aiderai...
Prenez ma main.
Prenez-la, Tess.
La voix au téléphone a mentionné 1935.
À Noël...
Mais l'histoire remonte plus loin.
En 1927, Wilfred Butler avait remis sa maison en état.
Après, rien de plus que des faire part, des réceptions...
Puis en 1930,
sa femme Catherine meurt de tuberculose.
En aout 1933, tout commence.
La fille de Wilfred Butler est cruellement attaquée puis violée.
Elle s'appelait Marianne
comme la voix qui a laissé tous ces messages.
Elle avait alors 15 ans.
Le 3 mai 1934, Marianne accouche d'un fils,
Jeffrey Butler.
Jeff...
Début 1935, la maison est confiée au Dr Robinson
pour en faire un asile d'aliénés.
Butler admet lui avoir confié sa propre fille.
Marianne a donc vécu dans cet asile.
Puis plus rien...
Tout article les concernant a été soigneusement découpé.
Qu'a pu pousser Towman à le faire ?
Vous m'avez fait peur..!
Qu'est-il arrivé ?
Eh bien... Tess a 30 cages à oiseaux.
Towman est dans tous ses états. Chez moi, ça défile sauf moi.
Dehors, il caille et vous n'aviez pas verrouillé.
Jeff... Quel âge avez-vous ?
Mon âge..? Vous voulez dire, en nombre d'années ?
Non... Les journaux ont souvent parlé de votre famille.
Moi, je n'en parle pas.
Au fait... Une certaine Marianne a appelé.
N'est-ce pas le nom de votre mère ?
Elle est morte en me mettant au monde.
C'est pour ça que je suis devenu bohème.
Ça ne concorde pas avec les journaux.
Et alors ?
J'ai un truc à vous faire lire... qui vous instruira.
Je n'ai rien à gagner de ce que vous m'apprendriez sur moi.
- Où est ce journal ? - Sur la table.
Mentir, quelle idiotie..!
J'ai tout raté.
Jeff... Votre mère vit peut-être encore
et vous attend à la maison...
Je ne sais pas...
Allez...
Fini de lire !
Sortons.
- DÉFENSE D'ENTRÉE -
C'est la voiture de Towman !
Elle est vide.
Jeff, regardez !
- Mon Dieu...! - Restez là !
C'est Towman !
Restez là !
Mort...
Ses mains...
On les lui a coupées !
Vous l'avez tué.
Vous avez tué Towman !
Il réclamait de l'aide.
Vous l'avez tué...
Remontez.
La maison Butler...
Les clés... Il les a prises !
- Allô ? - Allô... Monsieur le maire ?
Oui, quoi ?
Marianne Butler à l'appareil.
J'appelle de ma maison.
Pourriez-vous venir, monsieur le maire ?
On s'adonne à une petite réunion.
Tout le monde est là. Même votre fille...
Ce message ne devra jamais être lu.
Ni par ma chère fille, ni par mon petit-fils, Jeffey.
J'écris en espérant trouver le pardon, s'il est possible.
Mais aussi pour toi, Marianne,
dont j'ai détruis la jeunesse et l'innocence.
En 1935,
les docteurs ont soigné ma fille pendant un an.
Je les ai crus capables de la guérir.
Son fils Jeffrey a été transferré en Californie.
J'ai fait de ma maison un asile,
conviant des savants à venir y vivre
et accueillant d’autres patients.
Vains...
Sordides...
Je me souvenais d'elle.
La quintessence de l'enfance heureuse.
Mesdames et Messieurs, silence, s'il vous plaît. Je...
Je propose de porter un toast.
Docteur, je vous prie...
Le premier Noël, j'ai dû faire bonne figure.
Non pour moi, mais pour ma pauvre fille.
Je n'avais rien prémédité.
Seulement résolu de la tirer d'entre leurs griffes.
Eux et leurs promesses !
Leurs mensonges..!
♪ C’est un joyeux camarade, c’est un joyeux camarade,
♪ C’est un joyeux camara-a-ade, ce que personne ne renie...
♪ Ce que personne ne renie, ce que personne ne renie...
♪ C’est un joyeux camara-a-ade, ce que personne ne renie... ♪
Je savais qu'ils s'adonneraient à un stupide festin.
Je m'attendais bien à les voir faire ripaille.
Mais ils agissaient comme si la maison leur appartenait,
comme des parents affamés, se sentant à demi coupables
mais, au final, incapables de réfréner leurs appétits.
Ensuite, ils burent et dansèrent comme d'habitude.
Robinson ne cessait de sourire pour me rassurer.
Ils pensaient que je croyais en eux,
faute d'alternative.
"Wilfred, faites-moi confiance."
Il croyait en la guérison prochaine de Marianne.
Selon lui, le long tunnel déboucherait sur la lumière.
Il y a une lumière
au bout du long... tunnel.
Ne bougez pas, docteur.
Je vais chercher plus de champagne.
Il était prêt et je le savais.
Ivre, repu et imbu de sa propre importance.
Alors, je me suis éclipsé.
J'ai été envers Marianne d'une cruauté sans borne.
J'en ai conscience.
Je l'avais "aimée",
engendrant notre fils Jeffrey.
C'est moi qui ai causé son état.
Je jurai ce jour-là
de tout faire pour sauver mon enfant.
J'espérais l'éloigner de cette maison,
tout en libérant aussi ces pauvres créatures
si longtemps maltraitées par ces médecins.
Je savais ce que ces derniers feraient une fois libres
et ça, j'en porte la faute.
Je le savais.
Mais je les ai... quand même libérés.
J'ai laissé les pensionnaires investir la maison
en prenant la voiture pour emmener Marianne.
Je ne me souviens plus bien quand elle m'a faussé compagnie.
Je suppose qu'en la voyant dans la salle à manger,
ils la prirent pour la maîtresse de cette maison honnie.
Alors...
ils la tuèrent.
Plus tard eut lieu une célébration.
Un grand nombre de pensionnaires s'évanouirent dans la nature.
Je n'oublierai jamais ce qu'il firent à mon enfant.
Après ce Noël-là,
j'ai vécu alternativement en prison ou en asile.
En simple anonyme.
En animal...
J'ai promené mon amertume
jusqu'à ce que les années se confondent
en une mission vengeresse.
Jeff...
Jeff...?
Wilfred Butler vit toujours.
C'est toujours sa maison.
Votre grand-père est mort en 1950.
Brûlé vif...
dans cette maison.
Mon grand-père a répandu de l'essence sur le gardien.
Les gens d'ici ont voulu le croire mort.
C'est toujours vrai.
Cette maison était un asile.
Ses pensionnaires ont commis un massacre.
Tess, Towman, le shérif...
et votre père.
Non...
Tous des pensionnaires.
Ils ont tué ma mère... dans cette pièce.
Qui est là ?
Qui êtes-vous ?
Butler..!
Oh, non...
Non... Mon Dieu, non...
Papa...
Papa...
Diane...
Jeff...!
Jeff... Non...
Jeff, pourquoi ?
- Pourquoi ? - Pardon...
Marianne...
Ne t'enfuie pas !
Non... Je suis ton père.
Ne crains rien. Je ne te ferai aucun mal.
N'aie pas peur. Tout va bien.
Je ne te ferai aucun mal... J'ai besoin de toi.
Je t'ai attendue.
S'il te plaît...
S'il te plaît...
À l'aide..!
À l'aide..!
J'ai passé cette nuit-là à pleurer.
Au lever du jour, je n'avais plus de larmes.
Mon père et Jeffrey croyaient tous deux abattre un tueur.
Ils étaient en fait les dernières victimes
dans cette maison peuplée de victimes.
Aujourd’hui, un an plus tard,
ils détruiront le monument de Wilfred Butler.
Mais pas mes souvenirs de ce qui s'est passé ici.
Sous-titres : Nicholas Dubreuil
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