All language subtitles for 2017_Nos_Annees_Folles_HD_VF.5.7

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Original subtitles

Musique douce

...

Musique g

Musique militaire Acclamations

...

Paul Grappe l

Il est où Paul Grappe ?

Musique militaire étouffée

...

Nous attendons pour les répétitions.

Non, c'est le rouge.

- C'est drôle...

Je savais plus qui j'étais, où j'étais.

Elle rit.

- Je suis toujours un peu comme ça.

-Il est quelle heure ?

- On s'en fout de l'heure.

Ronronnement des machines à coudre

...

- Louise, ça va ? - Non, non, ça va, ça va, ça va.

Non, c'est bon.

Ça va.

Elle vomit.

Elle crache.

...

- Je fais venir un médecin.

- Non, non.

- Ça fait 2 fois cette semaine que vous perdez connaissance.

- J'ai pas perdu connaissance.

- Vous avez de la fièvre ?

Respiration difficile

...

- Prenez une grande respiration.

Elle inspire.

Vous pouvez vous redresser.

Pas de doute, Mme Grappe, vous êtes enceinte.

Elle roule à bicyclette.

...

Musique des années 20

...

- J'ai connu Louise au cours de musique du boulevard St-Marcel.

- Arrêtez !

Vous devez projeter, Paul. Vous ne prononcez pas distinctement.

Le texte est couvert par la musique.

Il faut porter la voix, comme moi. Musique !

...

J'ai connu Louise au cours de musique du boulevard St-Marcel.

...

- J'ai connu Louise au cours de musique du boulevard St-Marcel.

- Semblables à bien des Parisiens,

nous étions issus de familles populaires...

(Ensemble) - Fraîchement débarqués dans la capitale.

...

- Merci. Merci.

Musique g

Musique de valse

...

Non, non, non, Paul.

Vous respectez pas les 3 temps.

- Je suis pas danseur.

- Venez, Louise. N'ayez pas peur.

Je vous présente Rachel qui jouera votre rôle.

- Vous avez quel âge, mademoiselle ? -18 ans.

- C'était mon âge, à l'époque.

On se mariait très jeune. Tout le monde se mariait.

C'est la peur de la guerre

qui faisait ça.

- Merci, chère Louise d'être passée. Musique !

...

Temps de valse. Un, deux, trois.

Deux, deux, trois. Trois, deux, trois.

Rotation à droite...

On ralentit sur place...

Paul, le bras ! Paul, le bras !

Et on ralentit

avec les pas de change.

Plus fluide. C'est trop sautillé.

Et on repart. Porté un !

Porté deux !

Porté trois !

- Là, on est en train de faire le remplissage des pétales...

avec des perles, un remplissage en suivi.

- Cette broderie doit être finie pour quand ?

- Assez tôt, je crois. - Bientôt, il me semble.

- Tenez Raymonde. Vous servez les filles ?

- Elle a un teint très rosé.

Je sais que ça lui ira à merveille.

- Une majorité de députés se déclarent favorables

à l'extension aux femmes du droit de suffrage.

- Les radicaux refusent. - Pourquoi ?

- Ça profite aux catholiques. - Et aux conservateurs.

- De mon temps, on se protégeait du soleil

et maintenant, on bronze. Pas trop !

- J'ai pas le droit? - Non, c'est pas raisonnable.

Je vais pas t'obliger à prendre du repos, mais tu devrais.

- Ça m'occupe.

J'aime pas rester à la maison comme une bourgeoise.

- Et Paul, comment il prend ça ?

- Le spectacle se passe bien. Y a des réservations.

Le directeur est content. - Je parle pas de ça. Ça.

- Je lui en ai pas parlé.

J'attends le bon moment pour pas lui faire un choc.

- N'attends pas trop, ça va bientôt se voir.

Bon allez, les filles.

Au boulot !

- Prenez ce que vous pouvez,

on ira chercher le reste.

Les filles discutent et rient.

...

Bombardements au loin Pas lourds et réguliers

...

Bombardement; au loin

...

- Je vous salue, Marie.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce.

Le Seigneur est avec vous.

Vous êtes bénie entre toutes les femmes.

Et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni.

Sainte Marie mère de Dieu,

priez pour nous, pauvres pécheurs,

maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.

- Mes gourmandises préférées, c'est les bonbons acidulés,

le chocolat, le massepain, le miel...

et les oranges.

Les oranges !

Brouhaha des discussions

...

- Ça a l'air bon, ça.

- Tu peux y aller. - Oui.

- Y a de la viande, tu crois ? - Ha ! Que du bonheur!

- Allons-y, les gars ! - Allez, allez.

- Je peux en avoir encore ? - Non, t'es trop gros.

Brouhaha des discussions

...

- Je rentre, je saute sur ma femme. Rires

La première chose que je fais.

Fanfare militaire

...

- Daubert, 12e régiment.

-115, 118...

- Eliot, 46e... régiment.

- Gustave, 89e régiment.

- Martin, 10e régiment.

- Jean, 2e régiment. -114...

- Odigier, 42e... -114... 114.

- Ariot,

5e régiment.

- Régis Frédéric.

- Là-bas, Marguerita, j'ai mis quelque chose.

- Fandré, 103e.

- Noguière, 20e.

-102e aussi.

- Largette.

Rires - Du coup, ben, je les ai gardés.

- Ben, t'as bien fait.

- Je me suis dit que le dimanche, ça m'habillerait un peu plus.

Rires - Et comment ça se fait?

- Je sais pas, elle les a oubliés.

- Non, pas encore. - D'accord.

- J'en ai eu vent.

Tu viens d'arriver, tu sais pas... - Non,

je sais pas trop comment ça se passe. - Tu t'y feras.

Rires

- Colonel Saintenac, comte de Villeparisis.

(-La petite brune de droite.)

- Alors pour demain, je compte sur vous.

On reçoit les officiers du 12e bataillon.

- C'est lui !

On a quelle chambre ? - La petite en haut.

- Vous en avez une grande ? - Même plus chère.

-Il en reste une pour madame.

Brouhaha des conversations

...

J'ai ça.

- Non, on prend la grande. - Débrouillez-vous avec la dame.

- Et... du vin.

- Y en a que du très bon à 5 frs la bouteille.

-5 francs ?

- C'est bon.

...

T'as un peu maigri. - Forcément.

- Tu sens la boue.

- Ah bon ?

Je me suis lavé avant de venir.

- Tu sens la boue lavée, c'est pire.

- Attends.

Tiens, savonne-moi.

La prochaine fois, je me laverai encore plus.

Je frotterai jusqu'à ce que ma peau fiche le camp.

Tu m'aimeras, sans peau ?

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- J'ai l'impression d'avoir 100 ans.

- Vivement que la guerre soit finie.

Tu pourras te laisser pousser les cheveux.

Je pourrai m'accrocher à quelque chose.

Attends.

Je déteste les dessus de lits.

Ils sont jamais lavés.

Tu parles pas beaucoup.

- Une heure passée ici, c'est une heure de moins là-bas.

Viens.

Quand t'es contre moi, j'ai l'impression de te protéger.

- Moi aussi.

- Quoi, toi aussi ?

- J'ai l'impression de te protéger.

- Ah oui ?

J'ai l'air si faible que ça ?

- Oui, je te protège.

- Non.

La cloche sonne. Bombardements

...

- Soldats !

...

Bombardement; et cris

...

-lnfirmier! Infirmier!

...

- En avant ! En avant !

...

- Un éclat d'abus avait sectionné l'index droit

de notre héros, Paul Grappe.

Soupçonné d'automutilation,

il fut mis aux arrêts avec deux prisonniers allemands.

Les médecins jugèrent son doigt perdu

et décidèrent de l'amputer des deux premières phalanges.

- Dans les jardins de mon père

Les lilas sont fleuris

Dans les jardins de mon père

Les lilas sont fleuris

Tous les oiseaux du monde

Viennent y faire leur nid

Auprès de ma blonde Qu'il fait bon, fait bon, fait bon

Auprès de ma blonde, Qu'il fait bon dormir

Tous les oiseaux du monde

Viennent y faire leur nid

La caille, la tourterelle Et la jolie perdrix

Auprès de ma blonde Qu'il fait bon, fait bon, fait bon

Auprès de ma blonde Qu'il fait bon dormir

La caille, la tourterelle Et la jolie perdrix

La caille, la tourterelle Et la jolie perdrix

Et ma jolie colombe

Qui chante jour et nuit

Auprès de ma blonde

Qu'il fait bon, fait bon, fait bon

Auprès de ma blonde

Qu'il fait bon dormir

Que donneriez-vous, belle

Pour avoir votre ami

Que donneriez-vous, belle

Pour avoir votre ami

I' " .' '.. o' . .«:' ' - «« - o . ' ' ' o - . . o o' o

.. ' -. ' 'o - - ' o ' ' ' ' o " ' . . o' .

Auprès de ma blonde

Qu'il fait bon, fait bon, fait bon

Auprès de ma blonde

Qu'il fait bon dormir

- Ouvrez la bouche.

- Préparez l'amputation.

Murmure des voix

...

- Levez bien la tête.

- Tu leur manques beaucoup.

- C'est à qui le tour ? - C'est à toi.

- Vas-y, prends le pli.

('Paul !)

Attends.

T'en as trouvé un ?

Comment t'as fait ?

- Je l'ai acheté.

J'ai emprunté l'argent à ma grand-mère.

-Il est où ?

Quand je te le dis, tu le glisses sous le traversin.

- T'es sûr ? - Oui, je suis sûr.

Je veux pas y retourner.

Vas-y maintenant, vite !

Il faut pas pleurer, Louise.

On a besoin de gaieté, ici.

Ma femme va vous chanter une chanson.

- Bonne idée ! - Oui, s'il vous plaît.

- Allez vas-y, chante. N'aie pas peur.

- Allez-y, madame.

- Il souleva ma jupe un beau dimanche

Un peu plus tôt encore, on s'était plu

Je dois vous avouer Qu'il n'était pas manche

Il me la mit directement dans le cul

Et j'ai trouvé ça si charmant Que je lui ai dit très poliment

- Madame, un peu de tenue, s'il vous plaît.

- J'ai la fesse en feu Prenez mon adresse

Tantôt si vous avez le temps Je vous ferai voir ce qu'il y a devant

- Veuillez sortir, s'il vous plaît. - BRAVO ! BRAVO !

Applaudissements

- Elle était drôlement bonne. - Merci madame.

- Ils t'opèrent ? - Ils savent pas.

Heureusement ici, il y a du chloroforme. C'est déjà ça.

Ils me le changent tous les 3 jours.

- J'ai eu des nouvelles de ta sœur.

Elle est dans le Limousin avec les enfants.

Il y a aucun problème.

- Redressez-vous.

Doucement.

Voilà. Le pied droit...

Gauche...

Ils chantent le Requiem de Fauré.

- Pie Jesu Domine

Dona eis requiem

Dona eis requiem

Pie Jesu Domine...

- Caporal Grappe.

Voici donc le phénomène.

Votre blessure vous empêche-t-elle

de saluer le capitaine ?

...

- Passible du conseil de guerre. Blessure suspecte.

- J'ai été innocenté, mon capitaine.

- Exact.

Le 16 novembre.

Et nous sommes aujourd'hui ? - Le 3 mai, capitaine.

- Que vous arrive-t-il, Grappe ?

Vous faites de la politique ?

De la résistance ?

Vous êtes contre la guerre, c'est ça ? Non ?

Alors vous retournerez au front dès demain.

- Mon doigt ne cicatrise pas, mon capitaine.

- voyons Ça-

En effet.

C'est pas grave.

Vous appuierez sur la détente avec le majeur.

C'est suffisant pour tuer un Boche.

- Comment t'es sorti ? - On m'a rien demandé.

- Mais que faites-vous là ?

- Tais-toi mamie, je t'en supplie.

- Mme Dupuy pleure la mort de son garçon.

Si encore elle avait pu le revoir.

C'est peut-être mieux, il avait eu le nez coupé.

Il était défiguré.

- Et le petit Vaugoubert, tu te souviens ?

Tu l'avais vu à la ferme.

Il a été 7 fois blessé avant d'être tué.

Quand il revenait d'une expédition sans avoir écopé,

il avait l'air de s'excuser, de dire que c'était pas sa faute.

Les parents peuvent venir à l'enterrement

à condition de pas être en deuil.

Et puis, de rester que 5 minutes

à cause des bombardements.

Moi, je veux pas mourir.

Il frappe.

- Louise Grappe ? - Oui.

- Avez-vous eu récemment des contacts avec votre mari ?

- Pas depuis qu'il est reparti au front. Je n'ai aucune nouvelle.

La dernière fois que je l'ai vu, c'était à l'hôpital.

- Et depuis ? Aucun Contact ?

- Pourquoi ?

Il est pas mort ?

-Il a déserté depuis le 19 mai.

- J'arrive pas à croire ce que vous me dites.

- Votre mari doit être dans un petit village ou à l'étranger.

Je suis sûr qu'il prendra Contact avec vous.

Votre intérêt, c'est de nous prévenir.

- Oui, je le ferai.

- Et pourquoi le feriez-vous, madame ?

- C'est une honte d'être la femme d'un déserteur.

- Bonjour.

Mesdames...

- Tire le rideau.

Tiens, aide-moi.

On parle pas de ça à Paul.

- Qu'est-ce que tu me fais faire ! Il peut pas rester là.

Ma petite Louise, il faut que tu sois courageuse.

Tu dois le dénoncer.

- T'es folle ?

Tu me vois dénoncer l'homme que j'aime ?

- Ou alors, il... il se rend. Elle rit.

- T'as raison. Comme ça, on le fusillera. Plus de problèmes.

- Vivre avec un condamné à mort,

c'est pas une vie.

- C'est la mienne.

On arrive à être heureux.

- Vous avez de la chance.

Moi, j'ai peur.

- Tu as peur ?

Alors c'est à toi de nous dénoncer.

- Qu'est-ce qu'il fait, ce type ?

-Il écrase ses poux.

Un coup de fer ?

- Je veux bien. Je peux pas avoir les œufs.

Mesdemoiselles, ce soldat a besoin d'aide.

Applaudissements

Venez.

On va repasser toutes vos doublures.

Asseyez-vous là.

Enlevez votre tricot.

Comment ça se passe sur le front ?

Ça vous gêne d'en parler ?

- Non, pas du tout.

Pour l'infanterie, c'est simple.

Il faut se faire tuer le moins possible par l'artillerie.

Et pour ça, on marche la nuit.

On se déplace au petit jour et au crépuscule.

On a toujours l'air de se cacher.

Voilà l'héroïsme de nos jours, se cacher le mieux possible.

- Ça fait du bien ? - Ah oui !

- Mettez ça en attendant.

- Venez toutes boire le café en l'honneur de l'armée française.

Chuchotements

(-il est beau, hein ?)

- Une petite goutte ?

...

- Pourquoi tu fouilles dans mes affaires ?

- Je cherche une robe pour Paul.

Elle rit.

...

- Une robe pour Paul ?

...

Je te croyais folle, mais ça dépasse tout.

- C'est bien que t'aies gardé celle-là.

Arrête de bouger.

- On dirait que ça t'amuse. Tu joues à la poupée ?

- Non.

Tu dois pas ressembler à l'homme des avis de recherche.

- Dans 2 heures, ma barbe va repousser.

- Alors...

- Non, pas ça !

- S'il te plaît, Paul. - Non.

C'est ridicule.

- Attends.

Fais voir dans la lumière.

C'est pas encore ça mais c'est pas mal.

- Comment je dois le prendre ? Tu te fous de moi ?

- Non.

Il est choqué.

- D'où ça te vient des idées pareilles ?

Et si on me parle dans la rue ? T'as pensé à ma voix ?

Je suis grillé.

- C'est pas si mal d'être une femme, Paul.

Nous au moins, on fait pas la guerre.

- Nous au moins, on fait pas la guerre.

Oh, je t'ai mis du rouge.

Je peux plus rester ici, Louise.

J'ai besoin de sortir.

Juste quelques pas dehors. - Tu sais que c'est impossible.

C'est dangereux.

-Il doit y avoir une filière pour passer à l'étranger.

- Je demande ça à qui?

Les gens parlent, Paul. - Je sais pas.

- Et partir, ça coûterait

les yeux de la tête. On a pas les moyens.

- Ils finiront par me trouver.

- Tu crois que l'armée française

n'a que ça à faire, s'occuper de Grappe ?

- Ça t'arrangerait s'ils me chopaient.

Tu pourrais rencontrer un autre. - Je veux pas

quelqu'un d'autre.

C'est un peu vieillot,

mais c'est... - Arrête tes conneries.

Non ! Je veux pas me déguiser en bonne femme, je te l'ai dit.

- On n'a pas le choix, Paul.

C'est ça ou tu restes enfermé,

en priant que personne te découvre.

Alors tu décides.

J'ai acheté ça aussi.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Une machine à épilation, par électrolyse.

- Non...

Orage

...

- Ça va ? Il acquiesce.

- On fait l'autre ? - Ouais.

-Aie !

Tu m'as fait mal. - La robe, maintenant.

- Celle-là ?

- Non, ça va pas. - Pourquoi ? Elle est simple.

- Si c'est plus recherche, avec ton physique, ça passera mieux.

- Avec ça, je fais mémère.

- Non, regarde, s'il y a une petite fioriture...

ce sera plus chic.

- Tu crois ?

Ma pomme d'Adam ! On voit que ça.

- Oui, j'y avais pensé.

- Et voilà. Il rit.

Je peux pas m'empêcher de me marrer quand je me vois.

J'ai besoin de t'embrasser. - Attends.

Je devrais refaire ton maquillage. - C'est pas grave.

- Pas si fort.

J'aime ça mais pas si fort.

Des pas approchent.

- Vous avez besoin de quelque chose ?

- Oui, de prendre l'air.

Elle rit.

Voix des passants dans la rue

...

Musique douce

...

- Mais Paul... - Suzanne.

- Suzanne...

Vous allez passer la guerre avec ces robes moches ?

- Paul se cache.

Il est recherché.

Si t'as une meilleure solution, dis-le-nous.

- Vous préférez quoi ?

Que je sois un gibier d'État qui crève dans les tranchées ?

- Va falloir que vous gagniez quelques kilos... ici.

Ils rient.

- Je vois pas comment.

À moins d'utiliser une pompe à vélo.

- Y en a plus. Vous en voulez encore ?

- Je veux bien. On boit encore un peu...

Je me sens heureux, léger...

Enfin, légère, comme un pinson, comme on dit.

- Merci, non. Je me sens pas bien, Paul.

- Suzanne...

C'est vrai que vous avez mauvaise mine.

- J'ai... une barre au ventre.

- C'est normal.

On va tous s'habituer.

- J'espère.

- Allez mamie, trinquons à Suzanne.

À Suzanne ! - À Suzanne !

C'était bon. - Oui, c'était très bon.

Excuse-moi, on a fini tard à l'atelier.

Ça va?

- Je veux pas être une femme.

Je veux être un homme. Ton Paul.

- Mais tu es mon Paul.

T'as de la fièvre, non ? - Peut-être.

Louise.

Je veux savoir

si je peux sortir comme ça. C'est important.

- Mais quelle heure il est? -2 heures, je crois.

- Tu veux sortir à 2h du matin ?

- Tu m'aides avec le collier ?

- Je t'accompagne ? - Non.

Faut que j'aie les couilles d'y aller seul.

Je le prends.

Ça me rassure de l'avoir.

Bon...

Ça va comme ça ?

J'y vais.

Tambour

- C'est ainsi que Paul Grappe devint Suzanne Landgard.

En s'aventurant la nuit dans son quartier,

Suzanne découvrit les merveilles du bois de Boulogne.

C'était un jardin enchanté, le paradis des aventures galantes,

le tourniquet voluptueux des rencontres,

la ronde de tous les plaisirs sensuels.

Tous !

Musique douce

...

...

Il était un homme, il était une femme,

le dieu et la déesse de la nuit.

...

Applaudissements

...

...

(-Combien pour une petite gâterie ?)

- Ça ne va pas petit soldat ?

- Personne veut de moi. - Pourquoi ?

Tu es trop beau peut-être. Ça les intimide.

Ils rient.

- Viens t'asseoir.

Viens.

Encore 3 mois comme ça.

Après, j'aurai un râtelier.

Le médecin a dû me casser la mâchoire à coups de marteau.

Il m'a charcuté à vif. C'était dur mais bon... c'est fait.

'On y va ?

- Tu te dégonfles pas ?

- Non.

Mais toi aussi, tu risques d'avoir une surprise.

- J'aime bien les surprises.

Par contre, j'ai pas beaucoup de sous.

- Pour toi, ce sera gratuit.

- Qu'est-ce que t'as au doigt ?

- C'est rien.

Un accident.

*"Nobody Knows You When You're Down & Out" (Bessie Smith)

'k

Bonjour.

'K

Regarde ce qu'on m'a fait, cette nuit.

'K

Étonnement

'k

'k

La foule chante La Marseillaise. - Aux armes, citoyens

Formez vos bataillons

Marchons, marchons

Qu'un sang impur

Abreuve nos sillons

- Vive la République !

- Vive la France !

Cris de joie et acclamations

...

- C'est la fête, aujourd'hui.

On arrête de travailler, les filles.

- Tu fais quoi, ce soir ?

- Rien de spécial, je rentre.

- On va danser ?

- Je t'invite.

- Merci mais je peux pas.

J'ai promis à Suzanne.

- Elle a qu'à venir avec nous, Suzanne.

- Suzanne, Suzanne, toujours Suzanne.

On aimerait bien la voir cette Suzanne.

Elle sort jamais ton amie ?

- Pour vivre heureuses, vivons cachées.

Acclamations de la foule

...

Et moi, pourquoi tu m'embrasses pas ?

Je t'accompagne.

...

'fi' “ 'w-y , y.

...

Ah, Raymonde, vous vous occupez des tissus ?

Louise !

Je t'invite à dîner, ce soir.

- Non, je peux pas. - Encore Suzanne ?

Et Paul ? T'as des nouvelles ?

- Non, aucune. Pourquoi tu me parles de Paul ?

- La guerre est finie.

Je peux comprendre 2 femmes qui vivent ensemble. Mais lui ?

- Lui, s'il revient, on l'enverra au bagne.

- Tu devrais demander le divorce. Avec un mari déserteur, tu l'obtiendras.

T'as de la chance de vivre aujourd'hui.

J'ai aimé une femme,

je l'ai caché à tout le monde. Même à elle, je lui ai jamais dit.

- Bonsoir, Valentine.

- Les arrangements préliminaires s'établissaient par téléphone.

Les partenaires désargentés étaient rejetés.

Les meilleures conditions de réussite d'une fête au bois

étaient le beau temps et un peu de lune.

Musique douce

Parfois, Louise accompagnait Suzanne dans ses sorties nocturnes.

...

Mais Louise avait peur, mesdames et messieurs.

...

- Tu crois que c'est du toc ?

- Je sais pas. L'usurier nous le dira.

- Quand tu viens, on ramasse le double.

- J'aime pas faire ça.

- Ça nous rapproche, quand on y va ensemble.

- J'ai vu que ça te faisait plaisir. Moi, ça me dérange.

- Qu'est-ce qui te dérange ?

- Tous ces inconnus, j'y arrive pas.

J'ai besoin de...

connaître les gens pour coucher avec eux.

Pour les aimer un peu.

- Les aimer ? Mais je les aime pas, Louise.

C'est toi que j'aime.

Toi seule.

Embrasse-moi.

Avec les autres, c'est pas de l'amour.

C'est de la gourmandise, comme ça.

Il rit.

Tiens.

Je joins l'utile à l'agréable, c'est tout.

Si ça te peine, j'arrête.

- Je te demande pas ça, Paul.

Brouhaha des conversations

...

Oh, pardon.

Ça va ma Guillemette ? - Oui.

T'as passé un bon dimanche ? - Oui.

- Écrasez mieux les coutures.

Faites tout en coutures anglaises.

Monsieur ?

- La patronne, s'il vous plaît. - Par ici.

- Madame, bonjour.

- Monsieur ?

(Le comte de Lauzin veut vous voir.)

- Charles de Lauzin.

Pardon de vous déranger à votre travail, Suzanne m'a encouragé à le faire.

Nous nous sommes vus hier soir au bois. Vous vous souvenez ?

- En effet. Et alors ?

- Alors je suis tombé amoureux. Elle rit.

Pourquoi riez-vous ?

- C'est une plaisanterie stupide.

Suzanne est folle de vous avoir donné l'adresse.

- Vous permettez ?

Je ne vous avais jamais vue au bois.

- J'y vais rarement.

- Pourquoi ? Ça ne vous tente pas

de vous livrer à tous les plaisirs... comme votre amie Suzanne ?

-"Tous les plaisirs", je n'aime pas trop ça.

Et dans la semaine, vous le voyez, je travaille.

Donc je dois me coucher tôt.

- Je n'ai pas cette chance.

Elle rit.

J'aime vous faire sourire.

- Faut que j'y retourne.

(En allemand) - Nous rentrons, M. le Comte ?

- Sûrement pas, nous allons à Montmartre.

- Montmartre ? - Oui, allons boire ensemble.

Oh, mais elle est ravissante !

Ravissante ! Bonsoir. Amusez-vous.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Merci d'être venue.

Ah, Odette ! Bonsoir.

Ça fait si longtemps.

Musique des années 20

...

Acclamations

...

Le comte et Ludwik chantent Der Leiermann de Schubert.

...

...

...

...

...

...

...

...

...

- Installez-vous dans mon fauteuil.

C'est un vieux compagnon.

Il me suit depuis mes premières années,

quand j'étais dragon à Perpignan.

- Je ne savais pas que vous étiez un héros.

- Non...

Un décoré, seulement.

Je ne suis pas mort.

Mais j'ai la nostalgie du front.

- La nostalgie du front ?

- Vous tenez à rester debout ?

Le rôle de Suzanne est terminé, maintenant.

Votre mari a eu raison de se cacher.

Il y a peu, aucun avocat n'aurait eu la folie de plaider sa cause.

Les déserteurs n'ont pas compris l'expérience du front.

Ce ne sont pas des hommes.

Monter en ligne, c'est monter au ciel.

Quand le cœur fait peau neuve...

Je ne me suis jamais senti aussi libre qu'au combat.

Ma vie m'apparaissait plus précieuse que jamais.

Pourtant, je l'aurais quittée sans regret...

car je ne m'appartenais plus.

On ne peut pas refuser cette existence que seule la guerre permet.

Quand il risque sa vie pour la nation, le soldat devient la nation

toute entière.

C'est une joie intense.

La guerre nous délivre de nous-mêmes.

C'est une vie supérieure.

Depuis la fin des combats, j'ai perdu une âme.

Une âme plus grande que la mienne.

La paix ne m'a laissé que vide et désenchantement,

monotonie...

et mesquinerie.

J'ai eu la tentation du désespoir. J'ai même pensé au suicide.

Heureusement que je vous ai rencontrée.

Vous êtes devenue la meilleure part de ma vie.

- Je ne veux pas être la meilleure part de votre vie.

Je ne saurais pas.

- L'amour que j'ai pour vous n'est pas aveugle.

Il est droit.

C'est un amour fort et rude.

Il ne vous encombrera pas.

- Bonjour, M. le comte.

- Louise vous attend, mon ami.

- Vous êtes allemand ? - Non mademoiselle, je suis polonais.

Mais le comte apprécie la culture allemande

et la musique romantique.

- Et vous aussi, apparemment.

Il rit.

Il m'a dit que vous étiez sa vraie famille.

...

'On y va ?

Les cloches sonnent.

...

- Pourquoi

tu pleures ?

- Je suis heureuse !

- Pourquoi t'es heureuse ?

- Car tu m'aimes.

Et je t'aime.

Et on voyage...

toutes les deux.

On va tellement loin !

Tu as vu le comte ? Il est séduisant.

Je te l'avais dit.

- Le ciel aussi lui appartenait.

On ne comptait plus ses exploits en parachute.

Il lui arrivait de faire 12, parfois même 16,

16 sauts dans la journée, mesdames et messieurs !

Suzanne disait: "Envole-toi avec moi ma Louise !

"Nous ne sommes pas des victimes.

"Nous sommes des femmes libres."

Mais Louise résistait :

"Je ne comprends pas où tu veux m'entraîner."

Et Suzanne répondait :

"Tu crois que je comprends, moi ?

"On est des explorateurs, ma Louise.

"Les explorateurs ne savent pas ce qu'ils vont découvrir."

Musique douce

...

- Vous avez autant d'admirateurs.

- Pas du tout, c'est Samuel qui fleurit ma loge tous les soirs.

C'est pour m'encourager.

Il est très gentil avec moi, le patron.

- On se déplace pour entendre l'histoire de votre vie.

Ce doit être grisant, non ?

- Je suis une bête de foire, M. le comte.

Ce n'est pas glorieux mais ça me rapporte un peu de sous.

Je vous en prie, ne restez pas debout.

- Vous fumez toujours des longues ?

- Je m'étonne de vous voir ici.

- En effet, je ne suis pas partisan d'exposer

les choses qui selon moi, doivent rester secrètes.

Enfin...

Il faut vivre avec son temps.

Félicitations pour l'heureux événement. Vous avez de la chance.

- Je ne comprends pas.

Parlons d'homme à homme.

Enfin, si je puis dire...

C'est le seul moyen pour vous de revenir sur terre,

d'oublier Suzanne et toutes ces foutaises,

de redevenir Paul Grappe.

- De redevenir Paul Grappe ?

- Vous pouvez compter

sur mon soutien, mon ami.

Ce qui m'importe le plus, c'est le bonheur de Louise.

Je veillerai à ce que votre enfant

ne manque de rien. - Quel enfant?

- Je croyais que...

Chute

- Je suis pas prêt, moi.

Avoir un enfant, je suis pas prêt.

Pourquoi tu m'as rien dit ?

Tu savais que j'en voulais pas, c'est ça ?

Faut que tu me laisses du temps.

Tu me laisses du temps.

Je te promets, on aura un enfant plus tard.

Mais là... c'est pas le moment.

Arrête.

Celui-ci, on le garde pas.

Dis quelque chose !

Pourquoi tu dis rien ?

Qu'est-ce que t'as ?

Réponds-moi.

Réponds ! Elle crie.

Elle gémit.

...

Pourquoi le comte il savait et pas moi ?

Réponds-moi !

Elle crie. Dis quelque chose !

Paul ?

Paul ?

Tu as peur de moi, maintenant?

Ne me tourmente pas.

On menait une de ces vies !

C'était un rêve.

Oui, c'était un rêve.

Délicieuse, cette oseille ! - Merci.

- J'ai demandé à votre grand-mère d'organiser ce déjeuner.

C'est la meilleure ambiance pour les repas d'affaires.

- Repas d'affaires ?

- Je voudrais faire de votre histoire un spectacle.

Mais... je vous prendrai sous mon aile. Je m'occuperai de tout.

Je dirige les tableaux, je joue, je suis devant, derrière.

Je suis partout.

Vous êtes un cas unique.

Si, si, mon cher Paul.

Ou ma chère Suzanne.

Excusez-moi, je suis un peu pressé.

Je vous laisse réfléchir à mon offre.

Le potage me suffit, je dois surveiller ma taille.

Tenez...

Voici ma carte. Ne tardez pas,

j'ai besoin d'un spectacle sensationnel pour la rentrée.

- Excusez-moi, je ne suis pas acteur.

- Acteur, actrice, peu importe... C'est vous le phénomène.

On veut vous voir en chair et en os.

- Comment ça se fait que tu rentres si tôt ?

- Je voulais te retrouver.

- Pourquoi tu gardes toujours ça ?

- C'est en cas de mauvaise rencontre.

- Ce serait bien que t'arrêtes de te prostituer.

- N'emploie pas ces mots-là.

J'aime ce que je fais.

Je veux pas que tu me juges.

- Je te juge pas, Paul. - Si.

Tu me traites de pute.

Comment on vivra ?

Avec tes soldats de plomb et ton salaire de petite main ?

Ou alors je devrais accepter d'aller faire le clown chez Samuel ?

Tu préfères quoi ?

Ça rapporterait plus, tu crois ?

- Tu fais comme tu veux, Paul. Je t'aime comme t'es.

- Tu m'aimes comme je suis...

Mais je sais pas comment je suis.

Musique douce

...

...

- Comme elle l'avait transformé en Suzanne,

Louise le transforma en Paul.

Musique triste

...

Une semaine à peine suffit

pour que l'odyssée du déserteur travesti

fasse le tour des rédactions.

C'est ainsi, mesdames et messieurs, que Paul Grappe

passa de la clandestinité à la gloire !

Applaudissements

...

Je devine votre impatience

mais un peu de calme, je vous prie.

Posez vos questions mais s'il vous plaît,

pas tous en même temps.

Oui ?

- Comment passe-t-on

de Suzanne la Garçonne à Paul Grappe, déserteur amnistie ?

- Une autre question ?

- Votre amnistie encourage la désertion.

Par cette mesure, le gouvernement fera naître d'autres Suzanne.

- Pas de questions politiques. Oui ?

- Vous qui avez été une femme... Rires

C'est quoi être une femme ?

M. Grappe!

-Il a perdu sa langue.

- M. Grappe, répondez-nous. Rires

...

Je vous ai posé une question.

Il veut plus parler.

- Oui ?

- Avez-vous vécu une odyssée du sexe, comme disent les journaux ?

Brouhaha de la salle

...

- M. Grappe, vous avez été femme pendant des années.

N'allez-vous pas regretter cette époque ?

...

- Ce soir, mesdames et messieurs, notre sphinx gardera son secret.

Huées du public

...

Pourquoi je vous paye, Paul ? Pourquoi ?

- J'ai pas pu, ça sortait pas.

- On a beaucoup travaillé. Vous connaissez les réponses par cœur.

Il reste 30 représentations, j'enlève les questions.

C'est pas l'essentiel du spectacle.

Il faut être fort.

- Je suis plus fort en Suzanne.

Et je refuse de choisir entre Paul et Suzanne.

Je veux pas qu'on m'impose ça.

Il titube.

...

Louise ?

Louise...

Elle est où, Louise ? - Elle est pas là.

- Où est-elle ? - Je sais pas.

Paul !

- Y a plus le miroir ?

Je peux rester un moment?

- Pour quoi faire ?

- Comme ça. Allez-y.

- Gentlemen, ready?

M. Paul Grappe, s'il vous plaît.

Souriez !

- On peut en refaire une autre ? - Oui.

Donnez-moi une seconde, s'il vous plaît.

OK...

Do the same thing.

0K, Paul.

Mister Grappe, ready, please?

Smile.

Perfect again. Thank you.

- Celle-ci ? - Non, ce renard-là.

Brouhaha de l'atelier

...

-il faudra aller chercher de la sciure pour le nettoyage.

(Y a Paul Grappe.)

- Louise, elle est partie.

Je l'ai battue.

Elle est chez Lauzin ?

- Je sais pas où elle est.

- Je vous remercie.

- Votre présence n'est pas souhaitée dans cette maison.

Je vous répète que vous n'êtes pas le bienvenu.

Quelqu'un joue de la trompette.

...

M. Paul Grappe.

- Merci Ludwik, tu peux nous laisser.

- On gardera cet enfant puisque tu le veux.

Je serai un bon père, un père normal.

Le comte rit.

...

- Vraiment, mon ami, vos facéties sont amusantes.

J'en rirais même, si vous n'étiez pas un danger pour Louise.

Un bon père...

Un père normal... Il rit.

Un travesti !

...

- Viens, Louise ! - Ça suffit, Paul !

Vous n'emmènerez pas Louise de force.

C'est à elle de décider.

- Vous avez été bon avec moi.

Ce n'est pas vous que j'aime. Pardonnez-moi.

Un bébé pleure.

...

...

Elle chantonne.

...

Musique de tango

...

- Paul?

Paul !

...

T'as une petite mine. Je te préfère en Suzanne

- Moi aussi.

...

- Laisse-nous, ma chérie.

...

Une minute de pause !

- Je ne vous dérange pas ? - Non, non.

Comment va votre Louise ?

- Elle s'occupe du bébé.

Et elle peint des soldats de plomb aussi

On roule pas sur l'or.

- Et vous mon ami, comment vous portez-vous ?

- Justement, je cherche du travail.

Vous n'auriez pas quelque chose pour moi ?

- Tous les rôles sont distribués.

- Non, pas pour faire l'acteur...

Je peux... m'occuper des costumes, entre les tableaux.

Ou même...

régler les projecteurs. Je peux apprendre.

- Là comme ça... je sais pas. Mais... je vais réfléchir.

Ça me ferait plaisir qu'on dîne ensemble.

Vous me direz ce que vous pensez de mon nouveau spectacle.

Je suis touché que vous soyez passé nous voir.

Revenez quand vous voulez.

Vous me pardonnerez mais... vous savez ce que c'est...

Le théâtre !

Musique g

Musique de tango

...

- Au revoir Mme Grappe. - Merci, docteur.

Pourquoi tu m'as pas dit que t'étais malade ?

Une bronchite de 3 semaines c'est pas normal.

Tu n'en fais qu'à ta tête.

Promets-moi de te soigner.

- Un peu.

- Pas un peu, faut que tu prennes tout.

Et ça, c'est sérieux ?

Tu fumes ?

Martèlement de tambour

...

...

- En joue !

Feu ! Pan l

...

- Écoute, Louise, t'es encore jeune.

Ta servitude avec Paul, ça doit s'arrêter.

- Ma servitude ?

Pourquoi tu dis ça ?

Je l'aime, c'est tout.

Le bébé se réveille.

...

...

...

- Dis donc, c'est très mignon ça.

- Crêpe de Chine.

J'imagine que tu connais pas toi, forcément.

- Chacun sa tenue de travail.

- Le travail, je le laisse aux cons.

Je veux pas en entendre parler.

- Comme la guerre, tu laisses les cons crever.

- Bonjour.

Combien je vous dois ? -3 francs.

- Laisse-moi tranquille.

C'est pas la place d'une mère.

Tu me fais honte avec ton gosse.

...

Babillages du bébé

...

Qu'est-ce que tu fais ?

- Tu le vois bien.

J'essaie de retrouver Suzanne.

Depuis le temps...

Mais c'est raté, non ?

Les yeux, là...

La bouche, ça bave, ça va pas.

J'ai perdu la main.

On a de la chance, il gueule pas.

- Je t'en prie, lui fait pas de mal. Il l'imite.

- Il sent mauvais, je vais le changer. - Arrête !

Laisse-le. - T'es sûr qu'il est de moi ?

C'est pour ça, tu veux pas que je le prenne.

Donne-le-moi un peu. - Arrête. Paul !

Tu as trop bu. Tu bois trop.

Laisse-moi passer. - Tu vas où comme ça ?

Chez le comte ?

Vous sortirez pas d'ici.

On reste tous les trois en famille.

Le bébé pleure.

...

*"Nobody Knows You When You're Down & Out" (Bessie Smith)

\ il \ \

- Fais-le taire ! Merde !

\ il \ \

S'il continue de gueuler, c'est moi

qui le ferai taire ! Arrête, Louise !

\ il \ \

Coups de feu

...

- On a eu de la chance de pas l'attraper. - Oui.

- Vous avez eu la varicelle, vous ?

Brouhaha des conversations Rires

...

- C'est là que travaille ton fiancé ? - On est pas encore fiancés.

- Vous remercierez votre mère pour la confiture.

...

- Elle va finir... Elle va s'énerver, comme d'habitude.

- Y a Louise ! - C'est vrai ?

Louise ! - Louise !

Brouhaha et rires

...

- Oh ! Laissez-moi l'attraper. Viens là, petit bonhomme.

Viens là, petit bonhomme. Viens.

Oh, mais il a le hoquet!

...

Regarde-les toutes.

...

Ah là là!

Comment tu l'as appelé ? - Paul...

Paul Grappe, comme son père.

...

"Auprès de ma blonde" (Olivia Chaney)

...

...

...

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...

Sous-titrage : Hiventy

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