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Le territoire de Louisiane, appartenant � la France
doit revenir aux Etats-Unis.
Le Mississippi est un axe majeur
que nous devons contr�ler � tout prix.
N'est-ce pas, Tom ?
Du point de vue de Thomas Jefferson, j'en conviens,
mais en tant que pr�sident,
je n'aime pas le terme "� tout prix" .
Napol�on comprendra notre logique.
Mais pr�f�rera celle de la France.
Il a ferm� le Mississippi au commerce am�ricain
et sans un r�tablissement de la navigation,
l'Ouest ne se d�veloppera jamais.
1 million et demi de km2.
Un site id�al pour une future grande nation.
Pourquoi la France l�cherait-elle ce territoire ?
Pourquoi ?
Car elle ne pourra pas le d�fendre, face � la marine anglaise.
C'est ce que Monroe et Livingston diront � Napol�on.
Esp�rons qu'il sera dispos� � les �couter.
A la Louisiane.
Une terre inculte ?
Plus ou moins, M. le consul.
Inhabit�e, vous dites ?
Tout � fait.
Grouillante de sauvages
ayant un go�t prononc� pour la d�vastation?
Les Indiens sont tr�s hostiles.
Messieurs, � vous entendre ainsi d�crire la Louisiane,
je n'ose vous la proposer
alors que la jungle de Born�o reste � vendre.
Je comprends votre humour,
mais je vous rappelle
que Born�o n'est pas plus �loign�e de l'Am�rique
que la Louisiane ne l'est de la France.
- Je vous rappelle aussi... - Je sais.
Nous ne pourrions la d�fendre en cas d'attaque anglaise.
Vous m'�tez les mots de la bouche.
Bien s�r. Vous ouvrez la bouche, la marine anglaise s'en �chappe.
Si nous nous r�p�tons, M. le consul,
c'est parce que nous n'avons re�u aucune r�ponse claire
� transmettre � notre gouvernement.
Et ma procrastination exasp�re M. Livingston?
Si c'est le cas,
rentrez aux Etats-Unis,
n'usez pas votre patience car j'ai perdu la mienne.
Nous avons mission de vous faire une offre.
- Faites-la. - 6,5 millions de dollars.
Rejet�e.
Cambac�r�s, je veux une proposition d�taill�e et non globale.
Notre offre, bien qu'honn�te...
Alors, arr�tons les palabres.
Voulez-vous proposer vos conditions ?
Les proposer ? Non, je les �nonce.
20 millions de dollars.
Au plaisir, messieurs.
Je veux une augmentation des conscriptions
de 30 % d'ici le mois prochain.
Nous informerons Washington.
Oui... Au plaisir, messieurs.
- Ai-je bien tenu mon r�le ? - C'�tait du grand art.
Je l'esp�re.
Il me faut ces 20 millions.
- Mon fr�re est l� ? - Oui.
- Le capitaine J�r�me vous attend. - Faites-le entrer.
Tr�s bien, M. le consul.
Apr�s ses derni�res frasques, il m�ritait ce repos.
Tu as l'air fatigu�.
J'ai mal dormi la nuit derni�re.
Un chahut infernal.
As tu entendu parler de la princesse de Wurtenberg ?
Je connais un officier de cavalerie qui l'a rencontr�e.
Elle ressemble � un cheval et en a la fa�on de danser.
Il jure qu'elle va l'amble.
L'important n'est pas sa d�marche mais o� elle est assise,
en l'occurrence, un tr�ne dont elle est la seule h�riti�re.
De plus, elle n'est pas mari�e.
Mais ce n'est pas pour �a que je t'ai appel�.
- Tu pars pour l'Am�rique. - L'Am�rique ?
Tu vas n�gocier pour moi
la vente de la Lousiane et faire les visites diplomatiques.
Mais quand tu parleras, ne dis rien. Et rappelle-toi.
Pour toi, je suis ton fr�re
mais je suis le grand Napol�on pour le reste du monde.
Des visites diplomatiques.
Tu en as d�j� faites ?
Je rends toujours mes visites avec une arm�e.
Imagine alors tous ces banquets, j'en ai d�j� une indigestion.
Tout homme se doit de sacrifier au moins un estomac � son pays.
Tu ne peux pas envoyer l'estomac de quelqu'un d'autre ?
Si tu pr�f�res,
fais un voyage semi-officiel au Wurtenberg.
S'il avait �t� officier de marine ou d'infanterie,
j'aurais tent� ma chance,
mais si un officier de cavalerie dit qu'elle a l'air chevalin,
il sait ce qu'il dit.
Va pr�venir ta m�re que tu pars pour l'Am�rique.
Je refuse de me faire scalper par des Indiens.
J�r�me, tu vas me manquer.
Autant discuter avec le rocher de Gibraltar.
Ellen, voici...
Charles, vous avez pass� l'�ge
de causer des frayeurs aux vieilles dames.
Personne ne voit en vous une vieille dame.
Ah non ?
Hier, j'�tais au jardin avec un charmant ambassadeur
et quand j'ai eu froid, ce mufle est parti chercher un ch�le.
Un grand timide ?
Penses-tu. C'�tait l'ambassadeur de France.
A propos.
Le comit� d'accueil m'a annonc�
que J�r�me Bonaparte partagera ma loge au champ de courses.
Ah, ce Fran�ais.
"Ce Fran�ais" !
Le fr�re de Napol�on honore Baltimore de sa visite
et tu oses l'appeler "ce Fran�ais" ?
Je devrais dire le Fidjien ?
C'est tout de m�me le fr�re de Napol�on.
Si �a ne fait pas de lui un Fran�ais,
sa famille est trop complexe pour �tre respectable.
O� est Betsy ?
Elle au moins montrerait un peu d'enthousiasme.
Elle est partie se promener,
laissant ces trois volatiles perch�s sur la v�randa.
- Tu veux dire... - Les deux �minents s�nateurs.
Henry et John.
Et Harry, la fleur de l'aristocratie anglaise qui prend racine chez nous.
N'y a-t-il vraiment rien ni personne qui trouve gr�ce � tes yeux?
Si, le Dr Beecham et son �lixir contre les rhumatismes.
Quelle heure est-il ?
L'heure ?
Quelle heure est-il ?
L'heure ?
L'heure, oui...
10 heures 30, pr�cis�ment.
Pr�cis�ment.
Vous devriez v�rifier, je ne suis pas s�r qu'il sache lire l'heure.
Je m'en doutais.
Vous �tes s�r de ne pas avoir vu Betsy ?
Non, alors que je devais la voir pour lui apprendre la Marseillaise.
Vous, lui apprendre � chanter ?
Vous n'aimez pas ma voix ?
Je m'�tonne qu'elle ne vous scie pas les dents au passage.
- Voil�, vous avez r�ussi. - R�ussi quoi ?
A me donner la chair de poule. J'en ai pour des heures.
Excusez-moi, je ne vous savais pas ici.
Vous semblez en forme.
Pas vraiment. Mon foie me torture.
Il torture tout le monde.
Vous apprenez � aimer notre pays, Sir Harry ?
Tout � fait, c'est une jolie petite colonie.
Je vous rappelle que depuis 1776, ce n'est plus une colonie anglaise.
Vraiment ?
Diantre, si sa Majest� l'apprend, il sera furieux.
Je me demande s'il a entendu dire que Jules C�sar a �t� poignard�.
Ah bon ?
Oh... Je me demande, oui.
Mlle Betsy est-elle l� ?
Cela vous ennuie d'aller voir au verger ?
Je vais demander si lsham l'a vue.
Mais pas du tout.
Nous volons � sa rescousse.
Ta�aut! A l'hallali !
S�nateur, connaissez-vous quelqu'un de plus aga�ant ?
- Elle n'est pas dans le verger. - Qu'a-t-il pu lui arriver ?
Les Indiens l'auront enlev�e.
Dire que j'ai fait la R�volution et que je l'ai rat�,
le succ�s m'en para�t soudain bien p�lot.
All� ?
Voil�, appelons-la ! All� !
Vous avez entendu, un �cho. Ils ont d�couvert...
Vous �tes un �cho ?
Absolument.
C'est ce que je pensais, un �cho.
Mais c'est Betsy.
O� �tes-vous ?
Par ici !
Elle est par l�.
Magnifique, cette fa�on de s'attaquer aux arbres...
Tout � fait.
Avec la ferveur d'un pivert entreprenant.
Il en a certainement le bec.
Par ici.
J'aurais jur� que sa voix venait d'ici.
Il n'y a personne ici.
Si je eux me permettre, je trouve �a bizarre.
Betsy serait-elle ventriloque et projetterait sa voix ?
Elle ne se donnerait pas ce mal pour nous.
Bonjour.
Que faites-vous l�-haut ?
Je pensais construire un nid avant que vous n'arriviez.
Depuis quand �tes-vous l� ?
Depuis le petit-d�jeuner.
Apr�s toutes ces pommes, je me sens telle une Eve trop z�l�e.
Vous vous sentez bien l�-haut ?
Pas du tout.
Je voulais cueillir une pomme et je n'arrive plus � descendre.
Nous allons arranger cela.
John, montez de ce c�t�.
Harry, par l�. Vous aurez l'air naturel dans un arbre.
Quoi de neuf � Washington?
Des congr�s, sans r�pit.
O� sont John et Henry ? Je dois leur parler.
Ils cherchent Betsy au verger.
Chercher Betsy est en train de devenir un sport national.
Joignons-nous � eux.
Ainsi je verrai Betsy et les deux s�nateurs.
D'accord.
Gardez la t�te haute, ma ch�re.
Je m'occupe de la t�te, vous du reste.
Ne l'�coutez pas, allons.
Vous avez une mauvaise prise.
Regardez.
Je dois leur demander ce rapport.
Ils sont fiables, j'imagine.
Tr�s. Ils ne se d�partent jamais de leur dignit�
ou de leur sens du ridicule.
AUBERGE DE BALTIMORE
Celle-ci, mon capitaine ?
Encore un banquet et une indigestion.
Il y aura un banquet apr�s les courses.
Non. J'en ai assez des banquets assez de vivre dans un bocal.
Ne vous plaignez pas. Tous ces gens importants
rivalisent pour vous faire honneur. Que vouloir de plus ?
Je voudrais me lever le matin comme un �tre ordinaire.
Faire ce que je veux, parce que j'en ai envie,
parler aux gens qui me plaisent, voir les gens...
D�p�chez-vous.
Nous devons annoncer votre arriv�e.
Pourquoi ? Je suis attendu.
Vous leur faites si souvent faux bond que la courtoisie exige
de les pr�venir de votre retard.
Pouvons-nous compter sur vous ?
J'y serai.
La voiture sera pr�te.
- Viendra-t-il? - Assur�ment.
Sa voiture va arriver incessamment.
M. de Bonaparte a �t� retard�.
Il nous demande. Nous reviendrons avec lui.
Hamlet n'est-il pas trop maigre ?
Il est entra�n� � la perfection.
Il se frotte le museau.
Le pauvre ch�ri a faim. Il r�clame une brioche.
Ou peut-�tre une tarte.
Allez donc lui chercher une brioche.
John, allez voir si le capitaine Bonaparte est l�.
Je ferais mieux d'aller parier sur Firefly.
Je vous amuse ?
Je ne riais pas de vous.
Vraiment ?
Je riais de votre fran�ais.
Qu'a-t-il de dr�le ?
- C'est votre accent. - Vraiment ?
Et vous voudriez m'apprendre ?
Peut-�tre, si vous �tiez mieux dispos�e.
Vous �tes un insolent, un...
- Freluquet ? - Non.
- Mufle ? - Non.
- Butor ? - C'est cela, merci.
Je vous en prie.
O� est Betsy ?
Je ne serais pas �tonn�e
de la voir sur le dos de Bonaparte dans la prochaine course.
Vous me faites rater la course de Hamlet.
Si j'ose dire, la victoire de Hamlet est une fantasmagorie.
Vous voulez qu'on parie ?
Voici ce que je propose.
S'il gagne, je serai votre valet d'�curie durant une semaine.
S'il perd, vous me faites visiter les environs.
C'est absurde.
C'est vous qui avez parl� de pari.
Pari tenu.
Il a perdu, le pauvre ch�ri.
Vous apparaissez dans les endroits les plus inhabituels.
- Je n'ai pas vu qui a gagn�. - Firefly.
Ce cher Firefly, il m�rite quelques brioches.
Si nous allions nous promener ?
Le Maryland, que vous allez maintenant visiter,
mon cheval ayant couru � reculons,
pr�sente des cultures tr�s vari�es, dont je vais vous parler.
Comme vous aimeriez Paris.
La Loire au printemps...
Tout y est en pleine �closion,
le vin, l'amour, la vie, les fleurs, tout.
Vous et moi, lui et elle, eux et elles,
irions, enlac�s, en riant dans la brise.
Mais, bien s�r, je suis le roi de France.
Et le restant de l'ann�e ?
Je ferais bien plus si j'�tais roi.
Moi aussi.
Je ferais une loi qui imposerait une course un mardi sur deux,
avec Firefly pour seul partant.
Pourquoi ?
En souvenir de cette belle occasion.
- Et si vous �tiez reine ? - Et vous roi ?
J'abdiquerais.
Rappelez-moi de vous faire d�capiter.
- Je ne perdrai pas ma t�te. - Et votre c�ur ?
Seulement un apr�s-midi.
- L'apr�s-midi est presque pass�. - Je dois partir.
- Restez encore. - Il va bient�t faire nuit.
Vous �tes trop adorable.
Si j'�tais un homme, je vous rosserais.
Si vous �tiez un homme, ce ne serait pas arriv�.
Ce moment e�t �t� plaisant si vous n'aviez pas tout g�ch�.
Mais vous l'avez g�ch�, alors au revoir.
Pippin.
Que fais-tu ici, petit monstre ?
Je suis assis sur un rocher.
Et ces larmes, pourquoi ?
Je l'ai perdue et il va faire nuit
et c'est dur de la trouver dans la nuit.
D'o� viens-tu ?
Des courses, avec la mule de Woody O'Pappy.
Ah ? Et o� est-elle ?
Je me suis cogn� le pied dessus.
Sur la mule ?
Oui. Sur sa t�te, en passant par-dessus.
Donc elle a ru� et s'est enfuie, c'est cela ?
Je voudrais �tre mort, moi, mort et au paradis,
car les mules vont pas au paradis et il en manquerait pas une
et je serais pas grond�.
J'ai rien fait, la mule m'a suivi quand j'�tais dessus. C'est tout.
Tu sais quoi, on dira que je t'ai pr�t� la mule,
donc tu ne t'es pas enfui avec, tu l'as emprunt�e.
Vraiment ?
Absolument. Viens, il est tard.
Je suis content d'�tre � vous.
Tu n'es pas � moi.
Tu n'es le petit gar�on que de ta maman.
Je peux �tre � vous aussi ?
- Si tu es sage. - Alors je serai toujours sage.
Miss Betsy, que faites-vous par ici ?
J'ai trouv� quelque chose qui est � vous.
Mais o� avez-vous trouv� ce moulin � b�tises?
Il dort.
Oui et il est crasseux.
Ne le r�veillez pas, il est �puis�.
Bonjour, ma ch�rie.
Bonjour, p�re.
J'appelle Julep ou vous avez d�jeun�?
J'ai d�jeun� au lit.
Comme tu te plaignais de tes lacunes en fran�ais,
je t'ai engag� un pr�cepteur, Monsieur Giraud.
Quand ?
Ce matin. Il enseigne aussi le chant. Il est dehors.
Je lui ai dit d'attendre que tu aies d�jeun�.
- Je vais voir. - Ne l'embarrasse pas.
Il m'a paru assez g�n�.
Tous les pr�cepteurs sont g�n�s.
L'un, c'est les cheveux, l'autre, les dents.
Merci.
Vous �tes le pr�cepteur ?
- A peine engag�. - d�j� renvoy�.
Mais je dois gagner ma vie.
- Faites-le ailleurs. - Puis-je savoir pourquoi ?
Non, car vous le savez.
J'ai tenu mon pari, en haut d'une colline.
Vous en avez profit�
et je doute pouvoir compter sur vous pour vous rappeler
que je suis Mlle Patterson, votre �l�ve.
- Vous me d�testez ? - Profond�ment.
- Vous voulez que je parte ? - De tout c�ur.
Tr�s bien, je m'en vais.
J'ai r�fl�chi.
Mon p�re serait tr�s d��u de me voir arr�ter mes le�ons.
Cela serait dommage.
J'aime mon p�re et je ferais tout pour ne pas le d�cevoir.
M�me vous supporter.
Pourriez-vous rester impersonnel si je vous autorise � rester ?
Je serai de glace.
C'est cela, de glace. Et je ne tol�rerai aucun d�gel.
Nous commencerons par les verbes.
Je les �noncerai en fran�ais, vous traduirez.
Tr�s bien.
Tr�s juste.
C'est parfait.
Cela suffira pour aujourd'hui.
Nous progressons trop vite.
Betsy est avec ce rossignol depuis plus de trois heures.
Professeur de fran�ais, de chant, d'escrime...
S'il se met � la couture, nous sommes fichus.
Je n'aime pas cet individu.
Il a l'air mal d�grossi. Aucunes mani�res.
Aucune prestance.
En fait, cet homme n'a aucun foie.
Si vous tenez � tenir une veill�e mortuaire,
il vous manque un cadavre.
Avec un petit effort, ce pr�cepteur fera fort bien l'affaire.
Betsy passe trop de temps avec ce moins que rien.
Balivernes ! Il lui fait du bien, il �veille sa curiosit�.
- Sa curiosit� pour quoi ? - Oui, pour quoi ?
A vous.
Non ! Vous ne ressentez donc rien ?
Je suis rest�e assise si longtemps que je suis engourdie.
Vous ne comprenez pas les paroles.
Avec le professeur de fran�ais que j'ai,
cela ne m'�tonne pas.
Je vais chanter en anglais. Jouez.
Mon royaume pour un baiser
Avec joie je donnerais
Mon royaume j'abandonnerais
Pour un de vos baisers
Sous un ciel si serein
Avec la lune pour t�moin
Je donnerais mon empire
En �change d'un sourire
Je poserais sur votre front un diad�me d'�toiles
Et les perles sur votre voile
Seront pareilles � la ros�e du matin
Que puis-je encore imaginer
Mon c�ur est � vous
Mon royaume pour un baiser
Pour un baiser si doux
C'est tr�s joli.
Un point commun avec Napol�on. C'est sa chanson pr�f�r�e.
J'en suis heureuse,
car j'admire Napol�on plus que tout homme au monde.
Un autre point commun avec Napol�on.
Vite, nous partons pour Washington.
J'avais oubli�.
Ne faites pas attendre tante Ellen, elle vous appr�cie peu.
Elle m'appr�cie peu....
Je suis le seul mal que l'�lixir du Dr Beecham ne gu�rit pas.
C'est idiot.
Elle vous soup�onne d'�tre amoureux de moi.
C'est dr�le, je le soup�onne aussi.
C'est ridicule.
Ce qui serait ridicule c'est si je ne l'�tais pas.
Vous n'avez pas le droit de dire cela.
J'ai tous les droits, je vous adore. Je veux votre bonheur.
Vous �tes mon pr�cepteur.
Vous �tes pay� pour enseigner. Pas pour me faire la cour.
Ne faites pas votre Mlle Patterson.
Soyez vous-m�me, soyez Betsy.
Qu'avez-vous contre Mlle Patterson ?
Elle est mondaine et tyrannique.
Je suis mondaine ?
Je suis guind�e ?
Et vous ? Vous �tes un ex-pr�cepteur.
- Je ne voulais pas de ce travail. - Vous ne l'avez plus.
- Bien, je d�missionne. - Vous �tes renvoy�.
Vos livres, dont vous n'aurez aucun usage.
J'en ai trouv� un.
Il aurait fallu que l'Espagne garde la Louisiane.
Mais, faite par la France, cette offre est une menace.
Ou nous l'achetons, ou il s'�tendra. C'est facile de lire...
entre les lignes.
Ce Napol�on est une vraie menace pour notre libert�.
Comme Lafayette ?
En passant, je vous ai entendus.
Vous �viterez de nous entendre en continuant votre chemin.
Laissant M. Hathaway dans un tel �tat d'ignorance ?
Et alors ? C'est l'Etat qu'il repr�sente au S�nat.
De quel droit insultez-vous mes invit�s ?
De quel droit insultez-vous mon souverain?
C'est vrai. Napol�on menace la libert� des Etats-Unis.
Napol�on veut un empire en Europe, pas en Am�rique.
En offrant de c�der la Louisiane aux Etats-Unis,
il reconna�t que le nouveau r�gime
deviendra une grande nation qui d�fendra son territoire.
Pourquoi cette amiti� d�sint�ress�e de la part de Napol�on ?
Elle n'est pas d�sint�ress�e.
Il compte sur l'amiti� de l'Am�rique.
Il l'�change contre sa loyaut� et son soutien.
La loyaut� de Napol�on ?
La loyaut� d'un tra�tre et d'un menteur.
Vous voulez sans doute affirmer vos convictions par l'�p�e.
Vous oubliez votre statut.
Mais pas que je suis Fran�ais.
Rappelez-vous que M. Hathaway est un invit� ici
et vous un employ�.
En effet, je l'avais oubli�.
Vous n'aurez pas le loisir de l'oublier � nouveau.
Veuillez m'excuser.
Partez imm�diatement.
Je suis renvoy� ?
Cela devient une habitude.
Quel effront� !
Je n'avais pas d'�p�e sous la main,
sinon j'aurais relev� le d�fi et je l'aurais occis.
Qu'auriez-vous fait d'une paire d'�p�es ?
Il se serait tricot� un bonnet de nuit.
Je vous prie d'excuser ce jeune chien fou.
Pourquoi cela ?
Entrez.
Evidemment, toute la maison sait qui je suis, � pr�sent ?
Non, votre anonymat est pr�serv�.
Nous avons dit �tre envoy�s par le consulat
pour v�rifier vos papiers.
Formidable.
Nous avons des nouvelles qui mettent fin � votre...
escapade amoureuse.
On y a d�j� mis fin par deux fois.
Et le message ?
C'est de la part de l'ambassadeur.
Demain a lieu une conf�rence officielle
o� sera examin� l'achat de la Louisiane.
Il a promis la pr�sence du fr�re de Napol�on
pour t�moigner de la bonne foi de la France.
Difficile � �viter.
Vite, dans le placard.
Comment cela ?
Accrochez-vous � une pat�re. Pendez-vous.
Entrez.
On m'envoie.
Qui me renvoie, tante Ellen ou le cousinier ?
Mon p�re pense avoir �t� injuste
et vous demande de reprendre vos fonctions.
Remerciez-le, mais dites-lui que j'avais d�j� �t� renvoy�.
A ce sujet...
Mlle Patterson est toujours furieuse,
mais Betsy voudrait que vous restiez.
S�re ?
S�re.
Et je suis d�sol�.
D�sol�e pour quoi ?
Que vous soyez si aga�ant.
Pr�parez-vous, nous partons dans une demi-heure.
C'est impossible.
Comment ? P�re vous a fait des excuses !
Ce n'est pas cela...
Je comprends, c'est votre amour-propre.
Non, ce n'est pas cela.
Alors qu'est-ce ?
Une �l�ve plus int�ressante ?
Bien s�r que non. Je ne peux pas vous le dire.
Tr�s bien, je n'insisterai pas.
- Vous ne comprenez pas... - J'ai compris.
Je me suis rabaiss�e � vous supplier et je le regrette.
Il aurait �t� plus courtois de me gifler.
Je vous avais dit de vous pendre.
Nous avons un autre message, de la part de Napol�on.
Napol�on peut aller se rhabiller.
Adieu la Louisiane.
Vendue aux Etats-Unis pour 80 millions de francs.
Vous savez que cela repr�sente moins de dix cents � l'hectare.
Plut�t la vendre maintenant que la perdre plus tard.
Et j'ai besoin d'argent pour canonner les Anglais.
Vous savez, Napol�on et les Anglais ne tarderont pas � s'affronter.
Peut-�tre � Austerlitz ou � l�na.
Ou � Waterloo.
Cette victoire sacrera le Premier consul
empereur de France et roi d'Angleterre.
- Quoi d'autre ? - Tout est devant vous.
Pas de nouvelles de J�r�me ?
Pas de lui personnellement. Pas directement.
- Rien de grave ? - Non.
Mais il fait des siennes.
Il s'est install� chez un certain Charles Patterson,
il se pr�tend pr�cepteur, enseignant le fran�ais et le chant a sa fille.
Vraiment? Le petit fripon.
Il se pr�tend pr�cepteur ?
L'heureux homme.
Aucun probl�me, aucun souci, aucune guerre.
Seulement le fran�ais, le chant et l'amour.
- Vous n'�tes pas f�ch� ? - A cause d'une amourette ?
Je ferais pareil si je savais quoi enseigner.
Au fait, je vous ai racont� la fois o�...
Une autre fois.
Vous envoyez Pichon ce matin ?
Oui. Vous disiez...
Je sais ce que j'ai dit. Ecrivez.
"Vous direz � mon fr�re Jer�me qu'il se remette au travail
"avec plus de s�rieux."
des facture, rien que des factures et des cr�ances.
"Apr�s la vente de la Louisiane, il y aura sans doute des festivit�s.
"Il devra y participer, non en tant que pr�cepteur,
"mais en tant que mon envoy� officiel."
Comment Jos�phine peut-elle d�penser 50 000 F pour un collier ?
Enfin...
C'est le prix de mes cours particuliers.
"Apr�s, il rentrera en France � bord d'un navire mis � sa disposition."
Vous savez, Cambac�r�s,
il faut trois choses pour entretenir une �pouse ou gagner une guerre:
de l'argent, de l'argent et de l'argent.
"A son arriv�e,
"il pr�parera son mariage avec la princesse de Wurtenberg,
"pour lequel les n�gociations sont sur le point d'aboutir."
Maintenant, du balai !
R�veillez-moi dans 15 minutes.
Vraiment,
les Patterson prennent cette soir�e pour le jeune Bonaparte
bien trop au s�rieux.
Il ne reste plus un endroit pour poser son... chapeau.
Je n'ai pas vu Betsy depuis son retour de Washington.
Moi non plus, elle semble s'�tre, retir�e du monde.
En effet.
Tu sais ce qui est arriv� ?
Je ne sais pas. Quoi ?
Napol�on a �t� sacr� empereur.
Vraiment, je suis ravie pour Napol�on.
Que t'arrive-t-il ?
Je vais tr�s bien.
Mais tu n'es pas heureuse. depuis notre retour, tu te languis.
Peut-�tre que Washington me manque.
Ou c'est ce pr�cepteur ?
Ce pr�cepteur ?
Il me manquerait ?
- J'esp�re ne plus jamais le voir. - Ma ch�rie !
- C'est un vulgaire arriviste. - Voyons...
- Un balourd arrogant. - Ne t'�nerve pas ainsi.
Et ce n'est pas tout. C'est...
C'est la personne la plus adorable au monde.
Tu l'aimes, n'est-ce pas ?
Le d�testerais-je autant si je ne l'aimais pas ?
Son d�part est un don de la Providence.
Tu es une Patterson et lui, un pr�cepteur.
Cela ne fait aucune diff�rence.
Pas pour toi, mais pour lui, oui.
A tort ou � raison, on le prendrait pour un coureur de dot.
Il en serait malheureux
et de ce fait, tu le serais aussi.
Je prendrais le risque.
Ce serait injuste envers lui, c'est mieux ainsi.
Ch�ris tes souvenirs.
Crois-en une vieille fille.
Mais je ne suis pas vieille, je suis jeune !
Je n'ai que faire des souvenirs, je veux la vie !
Tu l'auras.
Mais sans lui.
Sans lui.
M. Aaron Burr, vice-pr�sident des Etats-Unis.
Madame Burr.
M. et Mme Alexander Hamilton.
M. Pichon. M. DuFresne.
Que peut bien faire Betsy ?
Elle d�plore trop le d�part d'un Fran�ais
pour s'int�resser � l'arriv�e d'un autre.
M. le ministre Gallatin et Madame.
Enchant�.
Le pr�cepteur ? Voyons, c'est une pure fiction.
Exactement, une pure fiction, tout comme Cupidon.
Deux c�urs amoureux
Eloign�s par le destin Mais le jour viendra pour eux
De ne faire plus qu'un
Deux coeurs passionn�s qui attendent l'amour
Comme les fleurs attendent le jour
Deux coeurs qui r�vent � tout moment
ne peuvent rester s�par�s trop longtemps
Deux coeurs amoureux chanteront � leur tour
Une douce m�lodie d'amour
Bonsoir, ma ch�rie.
Comment osez-vous ?
Parce que je vous aime.
- Vous ne devriez pas dire cela. - Vraiment ?
Non, � moins que cela ne soit vrai.
J'ai la main sur le c�ur depuis notre rencontre.
Pourquoi �tre parti alors ?
Pour voir si je vous manquerais.
Alors ?
Je savais que vous me manqueriez,
mais j'ai d�couvert � quel point.
Assez pour...
Est-ce important que je ne sois que pr�cepteur ?
Et pour vous ?
Pour moi aussi, car vous m'avez appris une chose essentielle.
Quoi ?
Qu'il faut �tre deux pour faire briller la lune,
scintiller les �toiles,
pour faire chanter le vent
et danser le monde.
Je n'y arrive pas toute seule,
tout devient gris, p�le et morne.
Cela signifie que...
Assez ?
Aimer, c'est toujours aimer assez.
M�me pour oublier que vous �tes Mlle Patterson
et que je ne suis que M. Giraud ?
- Ce serait merveilleux. - Quoi ?
De n'�tre que M. et Mme Giraud.
Je pourrais aff�ter vos plumes,
remplir vos encriers et...
et pr�parer votre papier...
Je dois partir. Je regrette, je n'ai pas le choix.
- Quand vous reverrai-je ? - Tr�s bient�t.
Excusez-moi, vous ne pouvez pas entrer, M. Giraud.
Vous allez voir, Zacchariah.
Capitaine J�r�me Bonaparte.
M. Patterson, je pr�sume. Votre visage m'est familier.
Il me semble aussi...
Diantre, capitaine Bonaparte, je ne sais pas quoi dire.
D�s que j'aurai repris mes esprits,
je vous pr�senterai � tous mes invit�s.
Puis-je en profiter pour voir Betsy ?
- Mais bien s�r. - Merci.
Donc vous n'�tes pas M. Giraud,
mais le capitaine Bonaparte...
couvrant ainsi Mme Giraud de ridicule.
Ma ch�rie, ne faites pas la sotte.
Que je joue aux petits bateaux ou vous fasse r�p�ter vos verbes,
cela ne change rien au fait que je vous aime.
Si cela ne fait pas de diff�rence,
pourquoi n'avoir rien dit ?
Je suppose
qu'il est plus flatteur d'�tre aim� en �tant pr�cepteur
qu'en �tant le fr�re d'un empereur.
Les r�les se trouvent invers�s, n'est-ce pas ?
Pas du tout. Je suis toujours le plus heureux des hommes.
Dites-moi, Henry,
un duel de boisson est-il la meilleure mani�re de d�cider
qui aura l'honneur de demander la main de Betsy ?
Absolument.
Puis-je avoir un avis ?
J'en doute.
Ce duel de boisson ne r�soudra rien.
Quand le vainqueur aura laiss� les deux autres sous la table,
ledit vainqueur sera trop pint�
pour aller voir Betsy.
Malgr� son anglais approximatif, il a raison.
Vous pensez ?
Battons-nous en duel.
Au lieu de boire en duel ?
Un duel � mort ?
Oui, m�me si nous en mourons.
Un Hathaway n'a pas peur de regarder la mort en face.
Avec une face d'Hathaway, cela n'a rien d'�tonnant.
Quitte � mourir, que ce soit ce soir,
pour que je puisse me reposer demain.
Je voudrais dire toute ma gratitude
� celui sans les conseils et les encouragements de qui
ce succ�s n'aurait �t� possible.
Notre h�te et compatriote, M. Charles Patterson.
Je me r�jouis que ce territoire, apr�s le drapeau fran�ais,
voie flotter la Banni�re �toil�e.
Mais je me r�jouis avec plus d'�motion encore
d'une autre alliance entre la France et les Etats-Unis,
qui donnera � la France quelque chose de bien plus pr�cieux
qu'un territoire.
Je vous annonce les fian�ailles de ma fille Elizabeth
avec le capitaine J�r�me Bonaparte.
F�licitations. Je vous souhaite d'�tre tr�s heureux.
- Nous le serons. - Ma ch�rie...
- N'est-ce pas merveilleux ? - Merveilleux ? C'est incroyable.
de pr�cepteur, il devient le fr�re de Napol�on,
puis mon neveu !
Mon capitaine, puis-je vous parler ?
- Plus tard. - Maintenant.
- Vous permettez ? - Bien s�r.
Qu'y a-t-il ?
Une lettre de l'empereur est arriv�e hier.
Nous avons eu la l�g�ret� de ne pas vous la communiquer,
n'ayant pas mesur� la gravit�, de la situation.
Vous devriez la lire.
Avez-vous un probl�me ?
Cette lettre ?
Oui, elle est de Napol�on.
Sur nous ?
Vous l'aimez ?
Je ne l'ai jamais vue.
J'ai eu si peur...
C'�tait ridicule.
Qu'allons-nous faire ?
C'est simple. Marions-nous � Baltimore.
- L'empereur ordonne... - Dans ce cas, il ne sera pas ob�i.
Qu'arrivera-t-il s'il d�sob�it ?
Deux choses: la r�probation et il disgr�ce.
Je ne le permettrai pas.
Je ne permettrai pas que vous soyez humili�e
et je ne renoncerai pas � vous.
Bien s�r.
Partons pour la France et marions-nous l�-bas.
L'empereur exige que le capitaine Bonaparte rentre seul.
Dites � l'empereur que je ne rentrerai pas du tout.
Vous devez rentrer.
- Mais vous n'irez pas seul.. - Vous ne connaissez pas Napol�on.
Le grand Napol�on ne serait pas assez mesquin
pour refuser l'�vidence.
Je ne suis pas inqui�te.
Y a-t-il un probl�me ?
Un probl�me ? Non, pourquoi ?
Les gens s'interrogent.
Nous avons re�u une lettre de l'empereur.
Donnez-moi la lettre, je vous prie.
Chers amis.
J'ai ici une lettre de Napol�on que je voudrais vous lire.
Elle est en fran�ais,
alors si ma traduction est un peu h�sitante,
veuillez m'en excuser.
"Mon cher J�r�me,
"j'ai bien re�u ta lettre dans laquelle tu dis
"�tre tomb� amoureux d'une jeune am�ricaine.
"Je te f�licite.
"Ta m�re est tr�s impatiente de voir l'�lue de ton c�ur.
"Tente de convaincre ta bien-aim�e de se marier en France,
"cela nous ferait plaisir � tous.
"Paris est l'endroit id�al pour un mariage.
"Ton fr�re d�vou�,
"Napol�on."
Sachant combien il admire le courage.
Napol�on lui aurait donn� la L�gion d'honneur pour cela.
UN PORT EN FRANCE
Seule ? O� est tante Ellen ?
Dans sa cabine.
Je n'imaginais pas votre pays ainsi.
Si froid et si sinistre.
La brume ? Nous l'avons command�e.
Le lever de rideau aura lieu plus tard, avec le soleil.
Tout va-t-il bien se passer ?
J'�tais pleine de courage et soudain...
J'ai peur de... lui.
De Napol�on ? Pourquoi ?
Il est si puissant.
Sa puissance s'�clipse devant votre beaut�.
Venez dans ma cabine, il y fera plus chaud.
A notre histoire, qui a commenc�
A notre histoire, qui a commenc�
avec M. et Mme Giraud
et finit avec J�r�me et Betsy unis pour toujours.
Qui est-ce ?
C'est Cambac�r�s.
Le deuxi�me consul de mon fr�re. Entrez.
Je justifierai ma pr�sence
en vous lisant les ordres que j'ai re�us de l'empereur.
"Le capitaine Bonaparte quittera cette fr�gate
"et suivra notre envoy� sans d�lai et sans discussion,
"laissant � bord la jeune femme dont il est accompagn�."
Cela suffit, Cambac�r�s.
Ecoutez les cons�quences de votre d�sob�issance.
Elles seront que Mlle Patterson, appel�e impoliment "la jeune femme",
et moi, repartirons en Am�rique.
- L'empereur... - Au diable l'empereur !
La travers�e fut bonne ?
Pour r�parer I� oubli de mon fr�re,
permettez-moi de me pr�senter.
Je suis l'empereur de France.
Me laisserez-vous m'entretenir seul avec vous ?
Entretiens-toi avec moi.
Cela �vitera de la peine et de l'embarras.
La peine et l'embarras sont aussi inutiles que la grandiloquence.
Mets ta cape, il fait froid.
Je ne te laisserai pas l'intimider.
Je vous ai ordonn� de quitter la cabine. Sortez.
S'il vous pla�t, il n'y a rien � craindre.
Je vous en prie.
Parfois, la bonne d�cision est une d�cision cruelle.
C'est ma fa�on de demander votre pardon.
Je suis s�re que je n'aurai rien � vous pardonner.
Vous �tes g�n�reuse.
Nullement. C'est vous qui devrez �tre g�n�reux.
Car dans ce cas, la bonne d�cision est une d�cision bienveillante.
Vous ne comprenez pas. Je suis venu...
...me demander de renoncer � J�r�me.
Une mauvaise d�cision.
Je ne le permettrai pas.
Vous ne le permettrez pas !
Votre vanit� vous emporte. Je suis son empereur.
Et moi la femme qu'il aime.
Certes, et vous aimez J�r�me Bonaparte.
Mais pensez que si je le privais de son nom et de ses fonctions,
votre fringant capitaine deviendrait un inconnu sans ressource.
Vous ne semblez pas douter qu'il me pr�f�re un tr�ne.
Tout homme n'en ferait-il pas de m�me ?
Il n'y a qu'un moyen de le savoir.
Quel est-il ?
Demandons-lui de faire son choix, tout de suite.
Il doit bien exister un moyen plus subtil.
Qui serait moins g�nant pour tous.
Il n'y a aucune subtilit� dans un "oui" ou un "non".
Vous avez gagn�.
Je vous sondais et vous l'avez vu.
Nous savons que le choix de J�r�me ne sera pas en ma faveur.
Puis-je ?
Je vous en prie.
A votre victoire.
Quelle ironie ! Les deux personnes les plus attach�es � son bonheur
vont l'en priver.
Son bonheur est � mes cot�s.
Aujourd'hui peut-�tre.
Mais vous aimera-t-il exil� loin de sa famille ?
Un vulgaire pr�cepteur, rejet� par sa patrie ?
Cette femme, qu'a-t-elle que je ne puisse lui offrir ?
Vous lui offrirez une arm�e ?
Vous lui offrirez une alliance strat�gique ?
Tout cela est pour vous, pas pour lui.
Ce n'est ni pour lui, ni pour moi mais pour la France.
Son pays et le mien,
qui attend de lui une alliance avec le Wurtenberg
comme une muraille contre laquelle s'appuyer
pour d�fendre son empire.
Pardonnez-moi,
mon patriotisme me rend lyrique.
La France est tout pour vous, n'est-ce pas ?
Tout.
C'est ma vie.
La France compte bien des politiciens,
des g�n�raux, des artistes mais un seul empereur: moi.
Ce n'est pas le fait du destin, du hasard ou de mon ambition.
La France m'a choisi
car elle cherchait un homme de circonstance.
et les circonstances m'ont d�sign�.
Si j'�choue, la France �choue.
Si je r�ussis, la France r�ussit.
Mais que j'�choue ou non, que je vive ou non,
je ne compte pas plus que le dernier de mes soldats.
Ce qui compte et perdure, c'est la France.
Le d�mon qui est entr� � vos c�t�s a disparu.
Et � sa place ?
Je vois un grand patriote.
Mais, apr�s tout, qu'est-ce qu'un patriote ?
D'abord un homme avec des r�ves,
des r�ves altruistes.
Puis un id�aliste,
un homme d'action,
un homme que l'on doit admirer.
Et vous vouliez priver J�r�me de ses r�ves ?
Troquer ses id�aux contre votre bonheur ?
Entraver sa vigueur, son �lan, sa force ?
Faire d'un patriote un tra�tre ?
- Et l'admirer ? Qui peut admirer un tel homme ?
Moi.
Vous serez la seule.
Le monde le m�prisera
d'avoir abdiqu�, comme dans une mauvaise com�die,
pour oublier sa l�chet� aupr�s d'une femme.
Jour apr�s jour, ann�e apr�s ann�e,
sa fiert� sera rong�e
par le remords d'avoir trahi des millions de Fran�ais.
Il en viendra � se d�tester, � vous d�tester.
En triomphant aujourd'hui, vous d�truisez le bonheur de demain.
Une nation dure toujours.
Un empereur marque l'histoire.
Mais J�r�me et moi,
nous avons si peu de temps.
Nous y avons droit.
Soit, profitez de ce bonheur fugace, il vous co�tera plus qu'il ne vaut.
- Mais je l'aime. - C'est un mensonge.
Comment osez-vous ? Je mourrais pour lui.
Mourir pour lui est facile. C'est vivre sans lui qui est dur.
C'est cela la bravoure, le sacrifice, l'amour.
Je...
"Je, je..." Vous n'avez que cela � la bouche.
Et lui ? Rendez-lui sa libert�.
- Il sera malheureux sans moi. - Il le sera sans sa fiert�.
- C'est ma vie. - C'est la sienne.
- Comment pouvez-vous exiger cela ? - Je n'exige pas, je supplie.
Je vous supplie, vous comprenez ?
Vous, le grand Napol�on ?
Vous me suppliez ?
Je l'aime.
Moi aussi, je l'aime.
Je renoncerai � lui.
J'ai fr�l� la mort sur les champs de bataille,
j'ai jou� ma carri�re sur une table,
mais devant vous, je me sens l�che.
- Je ne pourrai pas lui dire. - Ce n'est pas n�cessaire.
Le navire est amarr�, pr�t � partir pour l'Am�rique.
Votre tante est � bord.
Vous �tiez s�r de vous.
J'�tais simplement s�r que la femme qu'aime J�r�me
�tait une femme d'honneur.
Je veux le voir avant de partir.
Je vous l'envoie.
La cloche sonnera 4 fois quand le bateau sera pr�t.
Il ne faut pas qu'il sache.
Non, il ne saura jamais.
Elle veut te voir.
Succ�s ? Strat�gie ?
Dramaturgie. Un acteur extr�mement dou�
face � un public extr�mement r�ceptif.
Ma ch�rie, alors ?
Alors ? Alors quoi en effet ?
- Je vous aime. - Ma ch�rie, qu'a dit Napol�on ?
Tout est arrang�.
Il est d'accord pour notre mariage ?
Il n'y a plus � s'inqui�ter, � pr�sent.
Tenez.
A nos lendemains, � notre mariage.
A nos lendemains.
Il a tourn�.
Il a tourn�.
Qu'avez-vous ?
Ce que j'ai ? Rien.
Demain para�t si loin, soyez gentil, dites-moi combien vous m'aimez.
Tellement que l'�ternit� para�t trop courte.
Personne ne pourrait me remplacer, n'est-ce pas ?
Personne, ma ch�rie.
Personne.
Je dois y aller.
Je veux vous montrer ma robe de mari�e.
Je la verrai demain.
Je ne peux attendre jusqu'� demain.
- Vite. - Tout est pr�t.
Un empereur vous remercie.
C'est inutile.
Je l'ai fait... pour un pr�cepteur.
Je suis si heureux de te revoir.
Moi aussi, j'en suis heureuse.
Un... deux... trois...
Vous �tes l�.
J'esp�rais vous voir.
Pour vous.
C'est adorable. Cher vieux grincheux.
De ma part.
- Vous avez soign� votre foie ? - Comme un b�b�.
Tr�s bien.
Et de ma part.
Mon dieu, comme vous avez grandi.
Tu as d�truit deux vies.
- Que de grands mots ! - D'autres me viennent � l'esprit.
Comme mensonge ou tricherie.
Emploie-les, si cela soulage ta stupidit�.
Des mots vides de sens pour toi.
Pour moi, le moyen d'atteindre un but.
Mon but.
Oui, ton but. Par la ruse.
Ruser, c'est tromper. Je ne t'ai pas tromp�
puisque j'ai su te soustraire �... tes amours am�ricaines.
Les enfants...
Je vois sur ton visage que tu t'es encore �nerv�.
Et toi ?
- Que dit ta fianc�e ? - Il n'a pas de fianc�e.
Faut-il toujours que vous vous battiez ?
Je me battrai pour qu'il entre dans l'histoire.
Je le ferai roi de Westphalie.
A quoi bon s'il ne le veut pas ?
A quoi bon tout ceci si cela ne nous satisfait pas ?
Peut-�tre qu'il n'aspire pas � la grandeur comme toi.
Peut-�tre qu'il veut seulement �tre heureux.
Vous ne comprenez pas.
Je ne suis que ta m�re.
Te voyant, petit, jouer avec tes soldats de plomb,
je ne pensais pas que nous en arriverions l�.
Je voyais en toi un grand homme,
mais pas grand au point de ne plus �tre humain.
M�me lorsque tu �tais jeune,
je trouvais que tu �tais un peu enclin � te surestimer.
Allons, mon fils...
Rien ne vaut tant d'amertume.
Laisse-le choisir sa vie et la mener � sa guise.
Fais-le pour moi.
Nous vous avons suivie.
Nous pouvons partir si vous voulez.
J'ai fui la compagnie des autres. Pas la v�tre.
Voudriez-vous...
-- Enfin, puis-je... - Nous !
- Pouvons-nous offrir un conseil ? - Bien s�r.
Nous pensons qu'il est grand temps. pour vous de choisir...
enfin... d'�pouser l'un de nous.
Ne r�pondez pas sur-le-champ. disons d'ici 1 ou 2 jours.
Mais choisissez soigneusement.
Vous avez 2 chances sur 3 de commettre une terrible erreur.
Mais... c'est impossible.
C'est une mauvaise affaire.
Je gagne un mari et je perds trois amis.
De plus...
Je vous aime tous les trois d'un amour si unique
que je serais incapable d'�pouser l'un de vous.
M�me maintenant ?
Surtout maintenant.
Mais pourquoi ? Tout est fini.
Ne vivez plus dans le pass�.
Nous avons si peu de pass�.
Tout �tait dans l'avenir.
Vous �tes jeune. Vous oublierez.
Oublier ? Comment puis-je oublier ?
Alors que tout ici me fait penser � lui ?
Je suis d�sol�e.
O� �tes-vous ?
Je suis ici !
Allez � la grille. Vite !
Ma ch�rie.
Ils ont tous deux surv�cu.
Qui ?
Monsieur et Madame Giraud.
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