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HISTOIRE DE TROIS AMOURS
L'AMANT JALOUX
EQUILIBRE
Sur la rive gauche !
Les derniers arriv�s n'ont pas pu y assister.
Regardez !
C'est Coutray.
Voici l'occasion de lui demander.
- M. Coutray. - Oui.
- Puis-je vous poser une question ? - Allez-y.
J'ai vu votre ballet � Londres toute la saison.
- Chaque semaine. - Tr�s aimable � vous.
Permettez-vous...
"Astart�" est le plus beau ballet que j'aie jamais vu.
Merci.
J'ai h�te de le revoir.
Mais vous l'avez annul� apr�s la premi�re.
Pourquoi cela ?
Je ne peux pas vous r�pondre.
Je suis d�sol�.
En tout cas, je n'oublierai jamais cette soir�e-l�.
- Combien y en a-t-il d'autres ? - Huit.
Et un...
Voulez-vous poursuivre ?
Il le faut bien.
Cerette ! Adele Cerette !
Paula, ma ch�rie, que s'est-il pass� ?
T'es-tu bless�e ?
Ce n'est pas ma cheville !
Vous ne comprenez pas, docteur.
Je connais son �tat de sant� cardiaque.
Petite fille d�j�, elle vivait pour la danse.
C'est tout pour elle.
C'est sa raison de vivre !
J'�tais moi-m�me danseuse.
Une grande danseuse !
Vous pensez ?
Elle aurait �t� une plus grande danseuse encore.
Paula ne peut vivre sans la danse.
Elle ne pourra vivre si elle danse !
Comment pourrai-je lui dire ?
Me dire quoi ?
Que je ne dois plus jamais danser ?
C'est exact ?
Je suis d�sol�, mon enfant.
Vous ne me croirez sans doute pas,
mais je suis s�r que vous d�couvrirez
qu'il y a d'autres choses dans la vie.
Beaucoup de choses.
C'est vrai, nous les d�couvrirons ensemble.
Nous apprendrons � aimer d'autres choses.
Nous essaierons.
Coutray !
Bonsoir, Arnold.
Demain 10 h 30.
R�p�tition du Vent � 11 h et du Feu apr�s d�jeuner.
Oui, comme �a, ne bougez plus !
Vous avez boug�, je n'aurais pas d� parler.
Au moins, vous �tes vivante.
Je craignais que vous ne soyez qu'un mirage.
Pouvez-vous me dire ce que vous faites ici ?
Je ne devrais pas �tre ici, je sais, mais...
Comment expliquer...
Je ne vous demande rien. Et je ne suis pas un ogre.
- Qui suis-je ? - Charles Coutray.
- Me craignez-vous ? - Oui.
Sottise ! Je suis un homme simple, ordinaire et affable.
- Je ne devrais pas... - Cessez !
Ma ch�re petite...
Vous m'avez peut-�tre fait une tr�s grande faveur.
En �tant ici ?
Vous avez vu le spectacle ?
Je n'ai vu qu'"Astart�".
- Vous avez aim� ? - Bien s�r.
Mais vous n'imitiez pas vraiment Cerette !
Bien s�r que non, elle est merveilleuse !
Bien s�r, bien s�r... Rien n'est s�r !
Cerette ex�cute � la perfection ce que je lui demande.
C'est pour �a qu'elle danse pour moi.
Mais vous, vous avez dans� de mani�re diff�rente !
C'�tait un peu impr�cis, mais �mouvant.
Vous avez r�veill� ma m�moire.
Si je pouvais saisir ce mouvement,
je pourrais r�parer ce g�chis.
"Astart�" ? Un g�chis ?
Vous approuvez ? Vous ne devriez pas.
Je peux le qualifier ainsi car c'est le mien.
Des s�quences enti�res du ballet pourraient �tre am�lior�es.
Depuis le d�but, quelque chose me g�ne...
Ne vous ai-je pas d�j� vue quelque part ?
Vous vous en souviendriez.
Non, mais apr�s tout, seul le pr�sent importe.
Vous pourrez peut-�tre me rendre un petit service.
- Comment ? - En dansant encore...
Ici ?
Non, pas ici.
- A mon studio. - Ce soir ?
Maintenant !
Je crains que ce ne soit impossible.
Jeune fille, vous vous illusionnez.
Vous craignez pour votre vertu, qui ne court aucun danger.
Dans ma profession, je vois toujours
- des jeunes femmes. - Ce n'est pas cela.
Alors, quoi ? On vous attend ? Qu'on vous attende !
Vous �tes mari�e ?
Une affaire de c�ur ?
Si c'�tait le cas ?
Je hais les amants jaloux.
J'ai vu tant de carri�res ruin�es...
Pourquoi n'avez-vous jamais dans� pour moi ?
J'ai failli une fois, mais...
J'ai abandonn�.
- Vous vous dites danseuse ? - Non.
Vous devriez.
�tes-vous heureuse d'avoir arr�t� la danse ?
- Vous �tes en col�re. - Voil� donc !
Vous vous illusionnez encore.
Je vous ai vue, vous �tes une artiste.
Et vous faites fi de tout cela
pour une soi-disant forme de f�licit�.
Bravo, je vous envie !
Tout cela vaut bien mieux que la danse !
Alors pourquoi avez-vous cet air si malheureux ?
Si je vous le disais, vous ne voudriez plus de moi.
Allons donc !
- O� habitez-vous ? - Knightsbridge, Egmont Square.
Je vous emm�ne, c'est sur mon chemin.
Ne vous sentez pas oblig�.
Pauvre enfant perdue !
Je vous emm�ne o� vous voulez.
J'ignore si c'est bien pour vous, mais c'est sur mon chemin.
D'accord, merci.
N'oubliez pas...
Vous n'�tes pas tr�s bavarde.
Vous pensez me conna�tre
et me voyez comme une v�ritable brute.
Personne ne me crie dessus depuis que j'ai arr�t�.
Vous ramenez tout � ma m�moire.
Tout comme les couloirs, les loges en d�sordre,
les odeurs, la sueur et le liniment.
Plier le dos et �tre r�primand�e car on ne peut pas davantage.
Puis on essaie de le plier un peu plus...
Apprendre, c'est l'essentiel.
C'est alors que nous vivons !
Quand on parvient � se surpasser.
Ces moments sont si rares. Si on s'arr�te, on les perd.
Et on se perd.
On se perd.
Voil� pourquoi je suis insatisfait d'"Astart�".
Lors d'une audition, une des filles,
sans doute une parfaite idiote, mais...
elle dansait avec la gr�ce d'une flamme.
Puis elle a eu une d�faillance et elle a tout g�ch�.
C'�tait vous !
Je suis s�r que c'�tait vous.
Vous �tiez excellente, que s'est-il pass� ?
Qu'aimez-vous plus que la danse ?
- Arr�tez. - Je suis d�sol�.
Le 47, Egmont Square.
Ne vous arr�tez pas.
Je viens avec vous.
Vous �tes s�rieuse ?
Continuez ! Illingsley House.
Vous n'en croyez pas vos yeux ?
C'�tait la salle de bal du noble comte.
On a voulu la d�truire et j'�tais le seul � lui trouver un usage.
Je l'ai eue pour une bagatelle.
Ou plut�t pour une danse.
La splendeur est pass�e, le pl�tre s'effrite,
mais la danse est au-dessus de tout cela.
Une fois la flamme apprivois�e, comment la pr�server ?
Il faut la raviver.
Des sandwiches et des sortes de petites saucisses.
Pas avant de danser ?
Je ne peux regarder le ventre vide. Un petit verre ?
Je ne veux rien.
Vous mangerez apr�s !
- Comme un ogre ! - Un ogre tr�s svelte !
Que font les ogres ?
Ils mangent.
Quel sens de l'observation ! Observez donc mon studio.
Cela ne vous d�range pas que je me mette � l'aise ?
Voici mon atelier.
- Qu'est-ce que c'est ? - Un croquis, une note...
J'en ai plein. Seuls, ils ne servent � rien.
J'ai commenc� par la peinture, mais sans succ�s.
- Vous avez �t� musicien ? - Rat�...
Mais je vais plus loin qu'un musicien ou un peintre.
Pour moi, tout est mouvement, danse...
Je joue avec tout �a.
Idiot que je suis.
Je pense aux costumes et je commence � entendre la musique.
J'imagine les d�cors.
Puis il y a les compositeurs, les chor�graphes...
J'ai l'art, ils ont la mani�re.
Bouderies, chamailleries, col�res...
Apr�s le sang, la sueur et les larmes...
na�t un ballet.
Passionnant...
�a vous pla�t ?
Si je pouvais le regarder...
Plus tard, autant que vous voudrez.
Maintenant, c'est moi qui vous regarde. Pr�te ?
C'est parti.
Ici ?
O� vous voudrez.
Faites comme tout � l'heure.
Mais j'�tais seule.
Nous sommes seuls.
Vous avez de la musique ?
De la musique ?
La musique est en vous !
Et vous voulez un costume ?
La musique et un costume. Pardonnez-moi.
Qu'y a-t-il ?
Rien.
Rien.
Je garde les costumes originaux.
Gis�le. Astart�.
L'air.
La terre.
Le feu. Choisissez.
Les chaussures sont ici.
Les accessoires � cheveux... Tout est l�.
H�tez-vous.
Cher ami, j'ai compl�tement oubli� cette maudite f�te.
Dites-leur que je suis mort.
Ou que je suis pris par une premi�re.
Non ! Dites-leur que j'ai trouv� une vraie raison de c�l�brer.
Vous en saurez plus en temps voulu.
Pas maintenant. Bonsoir.
C'est �a !
Plus haut...
Bien.
Continuez.
Bien.
N'arr�tez pas.
Je vous en prie !
Je vous en prie.
Vous...
Vous allez bien ?
Parfaitement... bien.
Merveilleusement bien.
Cela vous a-t-il aid� ?
Je suis � bout de souffle.
Je n'avais pas dans� depuis si longtemps.
Ce n'�tait pas tr�s au point.
Vous �tes l'incarnation de la danse,
de la musique, de la po�sie...
Vous �tes merveilleuse.
Autrefois, je vous trouvais si terrifiant.
Vous m'avez terrifi� un instant.
Vous m'avez dit que si je savais, je ne voudrais plus de vous.
Vous auriez eu tort.
Je dois partir.
Promettez-moi que je ne vous perdrai plus.
Je veux �tre avec vous, tout partager.
Je veux vous avoir avec moi pour toujours.
Je serai l�.
Vous me le promettez ?
Je dois partir.
Je vous attendrai.
Je vous attends d�j�.
C'est inutile puisque je suis toujours avec vous.
Toujours avec moi.
Vous l'�tes !
Au diable "Astart�" !
Nous cr�erons quelque chose � nous.
Vous serez dans la musique.
Vous �tes comme une musique qui r�sonne en moi.
Vous voil�.
Vous serez dans chaque mouvement de chacun de mes ballets.
Je changerai mon style.
Il s'am�liore d�j�.
Mon style s'est d�j� am�lior�.
Foutaises ! Je suis s�r qu'il n'y a pas d'amant.
Ou alors, ce n'�tait qu'un r�ve...
une chim�re...
Votre amant n'�tait qu'une chim�re.
Vous m'entendez ?
Quel est votre nom ?
Je ne connais m�me pas votre nom.
Vous m'entendez ?
C'est toi, ma ch�rie ?
Je suis l�, je ne dors pas.
Il est tard.
Mais j'en suis ravie.
Cela prouve que tu t'es bien amus�e.
Que s'est-il pass� ?
Ma ch�re enfant, que s'est-il pass� ?
J'ai dans�, j'ai dans� !
J'ai rencontr� Charles Coutray. J'ai dans� pour lui.
Ma ch�rie, tu sais que tu ne dois pas...
Je devais le faire.
Lydia, il faut me comprendre.
Je suis de nouveau en vie, je peux danser.
Lydia, il a dit...
Il a dit que j'incarnais la danse
et que j'�tais merveilleuse.
Merveilleuse !
Et il m'a fait promettre...
- Ma ch�rie... - Je lui ai promis.
Je t'en prie, va dormir, repose-toi.
Je viendrai te voir, mais pas pour parler.
Demain, nous discuterons de tout cela.
Demain...
De tout...
Cette soir�e t'appartient.
Elle m'appartient...
Ma ch�rie !
J'ai promis que je serais l�.
Paula !
Ma ch�rie.
Anna !
Veuillez m'excuser.
Ma ch�rie, c'est l'heure de d�ner.
On aura encore des le�ons � New York ?
Mais oui, je te l'ai d�j� dit !
Pourquoi ces stupides le�ons ?
Je suis votre gouvernante.
Vous pourriez faire autre chose.
- Ce n'est pas si simple. - Pourquoi ?
Quand on est gouvernante, ce n'est pas facile de changer.
"Cher Eddie,
"il y a plein d'�glises et de monuments.
"C'est pas mal si on veut. Culturel et tout.
"Les b�timents sont m�me plut�t du genre imposant.
"Mon p�re dit que notre h�tel �tait un palais.
"Tu trouveras �a dr�le mais �a ne l'est pas.
"�a ne l'est pas car il y a toujours cette femme...
"Mademoiselle"... Une Fran�aise.
"Elle conna�t tous les verbes irr�guliers, elle les adore !
"Elle m'en fait beaucoup voir.
"J'ai eu onze ans en juin.
"C'est pas vieux si on compare � Rome,
"mais trop vieux pour supporter une gouvernante.
"Elle me lit des po�mes fran�ais toute la journ�e.
"C'est de la guimauve.
"Je ne peux plus la supporter."
Saperlipopette !
Elle va encore m'en lire un autre. Je vais mourir.
Peut-�tre ne comprendrez-vous pas tout,
mais vous entendrez la beaut� de la po�sie.
Ouais, ouais...
Cela parle des enfants.
Dieu les consid�re comme ses v�ritables cr�atures,
plus que les adultes,
car la vie ne les a pas encore corrompus.
Ce sont ses v�ritables serviteurs.
Vous avez compris ?
"La voix des enfants
"est plus pure que la voix du vent
"dans le calme de la vall�e."
"Une voix comme le vent dans la vall�e..."
"Un truc de filles, � l'eau de rose.
"Si seulement j'�tais vieux, au moins 25 ans,
"je pourrais faire ce que je veux sans aucune fille dans mes pattes.
Vous ne voyez pas que vos parents vous offrent une chance
donn�e � tr�s peu d'enfants.
Vous devez en tirer parti.
Sinon, vous le regretterez plus tard.
Tout comme cette personne dans le po�me de Verlaine.
"Qu'as-tu fait, tu pleures maintenant.
"Qu'as-tu fait de ta jeunesse ?"
Donnez-moi le participe pass� des verbes suivants...
Regardez mes l�vres.
J'en ai ras le bol !
Tommy Campbell !
D�sol�, petit, les enfants ne sont pas autoris�s au bar.
Reviens dans dix ans, je t'offrirai un bon petit verre.
O� tu vas ?
Qui t'a autoris� � aller au parc ?
Je vais o� je veux.
- C'est nouveau, �a. - Si je te le dis.
- Je vais aller voir la sorci�re. - Qui ?
Tu ne connais pas la sorci�re ?
Elle vit dans les d�pendances.
Il n'y a que Mme Pennicott l�-bas.
Oui. Elle vit dans ce lieu minable
pour qu'on ne voie pas ce qu'elle fait.
C'est pas une sorci�re, c'est une Am�ricaine !
Elle peut �tre les deux � la fois !
Sorci�re et Am�ricaine.
Comment �a, sorci�re ?
Tout le monde le dit, elle est bizarre.
Elle a des pouvoirs magiques.
C'est des histoires...
Carlotta, la femme de chambre...
Elle a entendu la sorci�re parler � quelqu'un � minuit,
alors qu'il n'y avait personne...
A part le chien.
Quel chien ?
Un gros berger allemand.
Enfin, c'est pas vraiment un chien.
Avant, c'�tait quelqu'un.
T'es fou !
- Qu'est-ce que c'est ? - Des oiseaux.
Je vais voir la sorci�re, tu viens ?
Ou tu vas demander � ta gouvernante ?
Tu as la frousse � cause du chien.
C'est pas de ta faute.
Tous les gamins ont la frousse.
Attends !
Elle est toujours l�,
� boire un truc vert.
L'autre nuit, Carlotta l'a vue tricoter dans le noir.
Elle voit dans l'obscurit�. Comme les chats.
Pourquoi t'es venu, si t'as peur ?
- J'ai pas peur. - Tais-toi. T'es fou ou quoi ?
Je vais aller lui parler.
T'aimerais bien avoir ta gouvernante, hein ?
Bonsoir, jeune homme.
Puisque tu es ici, approche !
Avance un peu.
Il me semble te conna�tre.
Tu vis � l'h�tel ?
- Quel est ton nom ? - Thomas Clayton Campbell, Jr.
Ton p�re est un homme c�l�bre.
Tu me plais bien.
Je n'en dirais pas autant de ton copain.
Il est grossier, vulgaire.
Il me fixe tout le temps.
Vous entendez, Miss Schneider ?
Je me passerais bien de l'autre jeune homme.
C'est assez, Miss Schneider.
Dis-moi, petit.
Que t'a-t-on dit de moi ?
Je sais ce que les gens disent.
Tu crois que je suis une sorci�re ?
Je ne suis pas un b�b�.
Ce ne sont pas les enfants qui y croient,
mais les adultes...
"Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre
"que n'en r�ve notre philosophie."
- C'est du Shakespeare. - Oui.
Ravie que tu connaisses. C'est amusant...
"Double, double, peine et trouble !"
"Feu, br�le ; et, chaudron, bouillonne !"
Vous voulez me faire peur. C'est enfantin.
Allons. Je ne pensais pas t'effrayer.
Je me montrais simplement un peu cultiv�e.
C'est toujours la m�me chose.
Ils sont si fragiles.
Veuillez m'excuser.
Je dois retrouver ma gouvernante.
Pour une le�on de fran�ais.
Tu as une gouvernante ?
J'en avais une quand mes parents vivaient en Allemagne.
Je devais apprendre l'allemand.
Je d�testais ma gouvernante.
Enfin, en tant que telle...
Je m'en suis d�barrass�e.
Comment ?
Je ne l'ai pas tu�e.
Miss Schneider...
Que penses-tu ?
Que je suis une sorci�re ?
Apparemment, c'est le cas.
Apparemment.
Aideriez-vous un gar�on ?
�a fait 20 ans que j'attends cela.
J'aimerais �tre un homme, sans gouvernante.
Je pourrais faire ce que je veux.
Tu veux dire maintenant ?
Ce serait terrible pour tes parents.
Je crains que ce ne soit impossible.
Non ? D'accord.
Ou alors de fa�on temporaire ?
Quand tu es cens� dormir, par exemple.
D'accord !
Tr�s bien alors !
Il te faut un objet pour �a.
Tu devras te concentrer dessus.
Ceci. A 21 heures.
- Quand tu iras dormir. - Si tard !
Alors � 20 h.
Tu enroules ce ruban autour de ton doigt.
Tu le presses sur ta tempe.
Puis tu prononces mon nom.
J'adore qu'on prononce mon nom.
Hazel Pennicott.
C'est mon nom.
Je pourrais l'�couter toute la journ�e...
C'est une drogue pour moi.
Oui.
J'en garde la moiti�.
Pour aider quelqu'un d'autre.
- Tiens. - Merci !
N'oublie pas. Tu dois �tre rentr� � minuit.
J'en �tais s�r.
Je n'y suis pour rien. Je n'ai pas invent� les r�gles.
C'est l'histoire qui veut �a.
Merci quand m�me.
A 20 h pr�cises. Faisons de notre mieux.
�a marchera peut-�tre. Hazel Pennicott.
Zut ! 19 h 45 !
Voici votre d�ner.
Je vous l'ai gard� au chaud.
Que faites-vous au lit ?
Je dors. Je suis fatigu�.
Je ne veux rien.
Vous devez �tre malade !
Vous �tes tout rouge.
Nous devons prendre le train demain matin !
- Vous n'�tes pas malade ? - Je suis fatigu�, c'est tout !
Je n'ai pas le droit ? Vous �tes de cong� ce soir.
Il est tard !
Allez voir un film !
Promenez-vous au clair de lune, comme dans vos po�mes.
Habillez-vous et mangez.
Debout !
Mangez votre soupe.
Votre m�re m'a en effet donn� ma soir�e :
"C'est votre derni�re nuit � Rome !"
Elle est si gentille.
Elle ignore que je n'ai envie d'aller nulle part.
Je ne connais personne.
C'est pour votre m�re que je reste,
car j'ai l'impression que vous me ha�ssez.
Cela m'attriste, Tommy.
Ne soyez pas triste, soyez gaie !
Allez � l'op�ra, au bal !
Allez-y donc !
Tommy, qu'avez-vous ?
Je suis rest�e pour vous aider � faire vos valises.
Je peux le faire tout seul.
Allez donc au Colis�e ! Vous l'adorez !
Vous y lirez vos po�mes !
Ce serait bien pour vous !
Pas vrai ?
Arr�tez de m'appeler Tommy.
Je m'appelle Tom. Thomas Clayton Campbell, Jr.
Barbare, vous-m�me !
Une minute.
Hazel Pennicott.
Mme Hazel Pennicott.
Un, deux, trois...
Saperli...
popette !
Hazel Pennicott.
Eh bien, me voil� !
Oui monsieur, que d�sirez-vous ?
Ah ! Je croyais que...
- Connaissez-vous Mme Pennicott ? - Oui, monsieur.
C'est une excellente amie.
Nous avons les m�mes go�ts.
Vous avez ce truc vert qu'elle boit ?
C'est un "Darrogue", monsieur.
Vous n'allez pas boire �a sans eau !
- Pourquoi pas ? - C'est trop fort.
Pas pour moi.
J'en bois tout le temps.
Et beaucoup !
Alors, vous �tes un alcoolique.
Quel dommage.
Je vais vous dire une chose.
Les filles commandent toujours les gar�ons.
C'est vraiment aga�ant.
Je vois...
En fait, vous d�testez �a.
Mais vous ne pouvez vous en passer.
C'est typique.
Laissez-moi vous aider. Je vous en prie.
Vous ne me trouverez plus aga�ante.
Je vais vous dire une chose.
Une chose que je viens de d�couvrir...
Je peux m'en passer.
O� allez-vous ? Pourquoi tant de h�te ?
Une affaire urgente, qui n'attend pas.
Excusez-moi...
Ce livre vous appartient-il ?
Je l'ai trouv� par terre, � c�t� du banc.
Merci.
Je suis b�te de pleurer.
Mais je pensais juste au po�me...
quand je l'ai entendu,
venant de nulle part, comme dans un r�ve.
C'�tait si �trange, j'ai �t� �mue.
Attendez !
Je n'aurais jamais cru qu'un homme...
un homme comme vous...
s'int�resse � la po�sie.
Sans doute connaissez-vous peu d'hommes ?
C'est exact.
Les hommes peuvent avoir de douces pens�es...
� condition d'�tre inspir�s.
Ce soir, je le suis.
Quelles paroles merveilleuses !
Quoi ?
Les �toiles compar�es � d'�normes chandeliers suspendus dans le ciel.
Je voulais utiliser le mot...
Parce qu'il me pla�t beaucoup.
C'est vrai ?
C'est dr�le, comme un mot peut changer
sa valeur, sa couleur, d'un instant � l'autre.
Et comme les choses peuvent changer.
Les gens aussi changent.
C'est un fait.
Vous �tes sans doute tr�s diff�rente
de celle que vous �tiez il y a deux heures.
Vous avez raison.
Et je suis tr�s diff�rent de celui que j'�tais cet apr�s-midi.
Quel genre d'homme �tiez-vous donc ?
Vous voulez savoir la v�rit� ?
J'�tais monstrueux et cruel. Un vrai barbare !
Vous comprenez ?
- J'ai du mal � y croire. - Mais c'est vrai.
J'ai commis beaucoup d'erreurs dans ma vie.
N'en commet-on pas tous ?
Je l'ai rendue malheureuse cet apr�s-midi.
Tr�s malheureuse...
- Une femme ? - Oui.
Je l'ai fait pleurer.
Vous ne vouliez sans doute pas.
Je ne voulais pas vous forcer � parler de �a.
Il est tard.
Ne partez pas, je vous en prie.
Vous avez fait tomber quelque chose.
Ce n'est rien, ce n'est qu'un jouet.
Un jouet !
Je l'ai trouv�. Mais c'est pour les enfants !
C'est idiot ! J'ai perdu la t�te !
- Chaque homme reste un petit gar�on. - C'est vrai.
J'aime vous voir joyeux, vous �tiez si d�prim�.
Soyons gais. La vie est si courte.
Vous ignorez � quel point.
Vous �tes jeune.
Si jeune.
�tes-vous bien plus �g� ?
Je suis tr�s �g�. Il me reste peu de temps.
Que voulez-vous dire ?
Dans un sens, je n'ai plus que deux heures � vivre.
D�sol�, je ne voulais pas vous effrayer.
Je ne mourrai pas,
mais je devrai vous quitter.
Nous avons tant en commun.
La po�sie...
Nous avons peu de temps.
Peu de temps.
J'ai ce d�sir si d�licieux.
Vous savez...
Cela doit �tre merveilleux d'�tre vieux.
�tre assez vieux pour ne plus souffrir.
Plus de grande souffrance ni de grande joie.
Seulement la paix.
Vous avez tort.
Horriblement tort.
Vous ne devriez pas d�sirer �tre plus vieille.
En l'�clair d'un instant, les quelques heures...
les quelques ann�es de votre jeunesse auront disparu.
Elles sont trop courtes.
Croyez-moi.
Profitez de la vie maintenant.
Sinon, quels seront vos souvenirs ?
Quelques livres ?
Quelques po�mes ?
Et il vous dit dans ce po�me
ce que m'a lu une fille un jour...
"Qu'as-tu fait de ta jeunesse ?"
C'est pourquoi il est absolument n�cessaire
que je vous embrasse � nouveau.
- Je dois partir. - Vraiment ?
Arr�tez-vous vite.
Ramenez Mlle � son h�tel.
Viendrez-vous � la gare ? Je pars � 10 h.
J'y serai.
On change de locomotive dans les Alpes ?
Je crois.
- C'est un moteur diesel ? - Non, �lectrique.
- On peut aller voir la locomotive ? - Pas maintenant.
- Je peux m'asseoir ici ? - Si tu veux.
Je vais poster ma lettre � Eddie l�-bas.
D�p�che-toi, le train va partir.
Mademoiselle ne va pas nous accompagner.
Elle pense que c'est mieux pour elle de rester ici.
Au revoir, Tommy.
J'esp�re ne pas t'avoir traumatis� avec les verbes irr�guliers.
Merci encore pour tout.
- Merci, mademoiselle. - Bonne chance.
Merci.
Je me demande pourquoi elle a chang� d'avis.
Comment lire dans l'esprit d'une femme ?
Vous avez vu comme elle �tait jolie ce matin ?
Venez avec nous, s'il vous pla�t !
Vous parlez fran�ais !
Quelle maladroite je suis !
Merci.
Merci, ma ch�re.
Vous �tes gentille.
Et tr�s jolie.
Vous souriez ou vous pleurez ?
Les deux ?
Vous accompagnez quelqu'un ou vous attendez quelqu'un ?
Les deux ?
Une personne partie, une autre attendue.
Mais n'attendez pas trop !
Quand on est jeune, on n'a pas besoin d'attendre.
On saura toujours vous trouver, o� que vous soyez.
Croyez-moi.
Je m'appelle Hazel Pennicott.
Hazel Pennicott.
Merci.
Vous �tiez sur le quai en juillet, � Rome !
Moi, j'�tais dans le train.
C'est presque comme si on se connaissait.
Puis-je vous offrir un cocktail ?
Je voulais descendre, mais je devais aller d'urgence � Paris.
Et le train est parti.
J'ai alors su ce que je voulais. Les gens le savent rarement.
On a de la chance si on le comprend � temps.
Certains ne le comprennent jamais.
Du feu, monsieur, si vous �tes g�n�reux.
Regardez, elle saute !
Elle a saut� du pont !
Votre nom ?
Je ne veux pas �tre m�l� � cette histoire.
Je comprends, mais c'est la loi.
Votre nom ?
- Pierre Narval. - Adresse ?
37, rue de Tournon.
Profession ?
Employ� dans un magasin de v�los.
Merci, monsieur.
Nous vous contacterons peut-�tre plus tard.
Sont-ils venus vous parler ?
Vous vous penchiez.
Vous �tes tomb�e, c'est ce que je leur ai dit.
Dites-leur la m�me chose, vous aurez moins d'ennuis.
Qui �tes-vous ?
Je vous ai rep�ch�e.
Pouquoi �tes-vous venu ?
Pourquoi pas ?
Nina Burkhardt.
Courage.
Gardez le moral, Nina.
Toujours ici ?
Jusqu'� demain.
Elle est partie ?
Termin� !
Pourquoi avez-vous fait �a ?
Pour moi aussi, c'�tait termin�.
�a l'est encore.
Mais je suis vivante.
Je sais ce que vous ressentez.
Vous allez recommencer ?
Oui ?
Je n'ai pas la force de r�essayer.
Si seulement c'�tait toujours la guerre...
Si seulement quelqu'un...
le faisait pour vous ?
Ne dites pas �a.
Ne dites jamais �a.
C'est une belle journ�e.
J'aurais d� vous acheter des fleurs.
D'o� �tes-vous ? D'Italie ?
D'Orezia, au Tyrol.
C'�tait l'Italie.
�a vous pla�t, l�-bas ?
Les montagnes, oui.
C'�tait si vert, si vivifiant en �t�.
En hiver, c'�tait couvert de neige.
J'ai vu skier � Innsbruck un jour.
Le saut � ski...
C'est quelque chose !
J'aime regarder �a, c'est...
Comme si on volait.
C'est �a.
Vous en avez fait ?
- Un peu. - Vous �tiez dou�e ?
Il para�t.
Mais qu'importe.
Vous ne semblez pas tr�s muscl�e.
�quilibre et pr�cision.
Et il ne faut pas avoir peur.
�quilibre et pr�cision.
Je suis fatigu�e. Partez.
D'accord.
Vous dites vouloir mourir.
Au fond de l'eau, vous vouliez vivre, mais comment ?
O� irez-vous en sortant d'ici ?
Vous ne savez pas ?
Et s'il y avait une vie !
Quelque chose de diff�rent.
Diff�rent de tout ce dont vous avez r�v�.
37, rue de Tournon.
Merci.
Quelqu'un est absent.
Vous.
Oui, Rose.
Je suis absent depuis longtemps.
Trop longtemps.
Legay !
Comment vont les affaires ?
Ici, on n'y pense pas.
Ce n'est plus le bon vieux temps !
Le bon vieux temps, c'est fini.
Et s'il revenait !
Que je dirige un autre Pierre Narval ?
Le m�me.
C'est une plaisanterie ? Tr�s dr�le.
Une plaisanterie, mais pas de sourire...
Un sourire, mais pas de plaisanterie.
Concentre-toi donc sur tes v�los.
J'en ai assez, des v�los.
Je reprends la barre.
Tu es fou !
- Tu avais promis... - C'�tait idiot.
Tu es poss�d� par un d�mon.
Tu �tais le meilleur, mais �a ne suffisait pas.
Deux voltiges, la foule en d�lire...
Alors, tu fais trois voltiges.
Toujours plus haut, toujours plus loin...
On t'a tous pr�venu.
Mais non... encore quelques centim�tres...
Et puis...
tu l'as tu�e.
Tu l'as dit toi-m�me. Tu l'as dit et r�p�t� cette nuit-l�.
Je ne l'ai pas tu�e.
C'�tait un accident.
As-tu jamais pu garder une partenaire par la suite ?
Elles sont toutes parties.
Tout le monde te conna�t, mon ami.
Tu n'en retrouveras plus.
Eh bien moi, je crois que si.
Mes amis, mes amis...
Tenez, Legay !
Ne g�chons pas notre soir�e.
Amusons-nous !
Antoine, mange...
Rose, nous allons d�ner.
Apr�s tout, dans un sens, c'�tait un accident.
La chance, le hasard, le destin si l'on veut...
Entrez !
Il y a une jeune femme en bas qui vous demande.
Ce n'est pas une autre...
Qu'y a-t-il ?
- C'est le destin ! - Sais-tu bien ce que tu fais ?
C'est une maladie, une obsession...
Ne la laisse pas t'envahir encore.
Elle va tout g�cher.
Si tu y retournes, tu te tueras.
Pense � cette fille, aie piti� d'elle.
Rose, tu ne comprends pas. Elle s'en fiche.
Nous, les femmes, ne sommes pas aussi fortes que toi.
Elle ne s'en fichera pas et tu la tueras !
Tu la tueras elle aussi.
Bonne nuit, Rose.
Aie piti� de moi.
Je pensais qu'on allait �tre heureux.
Heureux ? Ensemble ?
Trouve un homme sain.
La terre en regorge.
Moi, je n'ai rien � faire sur terre.
Elle est l�.
La clef.
- Num�ro 27. Bonsoir, Mlle. - Bonsoir.
Venez.
- Comment allez-vous ? - Je ne sais pas.
Vous allez vous reposer. Vous avez d�n� ?
- En venant ici. - Bien.
Vous vous interrogez ?
Mais vous �tes venue, �a me pla�t.
Je suis venue parce que...
vous sembliez �tre la seule personne
que je puisse qualifier d'ami.
Vous �tes seule au monde ?
Pas de famille ?
J'avais un mari. Il est mort.
Un mari ! Vous �tes si jeune.
Nous �tions jeunes tous les deux.
C'est pour �a que vous...
Vous alliez me dire ce que vous voulez.
Il y a quelques ann�es, j'�tais voltigeur...
ou trap�ziste.
On me disait le meilleur de tous.
Mais j'ai manqu� de chance.
On a dit que j'ai pris des risques.
Mais si on n'en prend pas, on reste � terre
comme un oiseau sans ailes.
En haut, sur le trap�ze, il faut agir,
inventer ce qui n'a jamais �t� fait.
Sans doute.
J'avais une partenaire merveilleuse.
On devait essayer de nouvelles figures.
Les gens paient pour �a.
Vous avez eu un accident ?
C'est exact. Un accident.
Dans ce milieu, �a ne pardonne pas.
Les rumeurs circulent...
Voil� pourquoi je travaille dans un magasin de v�los.
Je veux reprendre.
Je dois reprendre.
Mais je n'ai pas de partenaire.
Voulez-vous l'�tre ?
Moi ?
Mais je n'ai jamais...
Comment...
J'ai l'intuition que vous pourrez.
Vous avez saut� � ski...
Et dans la Seine.
M'offrez-vous un meilleur suicide ?
Non... Une meilleure vie !
O� l'on ne pense plus � ses ennuis.
On n'a pas de pass�.
Peut-�tre pas d'avenir, mais qu'importe !
On est dans les airs, avec les tambours qui grondent...
�coutez
Je ne veux pas vous tuer.
Ni me tuer non plus.
Vous vous en sortirez car la vie ne vous importe pas.
On se tue quand on tient � la vie.
On s'accroche � la barre une seconde de trop.
Ma partenaire aurait d� s'en sortir,
mais elle a commenc� � penser � la vie.
Elle est tomb�e amoureuse.
De vous ?
Cela ne m'arrivera pas.
Cela ne devrait arriver � personne.
Il faut �tre libre.
Garder son sang froid, partir au bon moment.
La barre vient � vous...
Les mains vous rattrapent.
Alors ?
Ces mains qui m'ont sortie de la Seine.
Poussez-moi un peu en arri�re.
Allez-y.
C'est �a. Soyez ferme.
N'ayez pas peur.
Vous ne me ferez pas mal.
Voil�, c'est �a.
Regardez encore.
Comme �a. Vous voyez ?
C'est plus facile avec de l'�lan.
A vous !
Plus bas.
Levez la t�te.
Tournez.
Remontez.
Pas mal.
Plus bas, le genou. Bien !
Maintenez la position.
Tenez bien. Accrochez-vous.
C'est bon !
Vous �tes fatigu�e ? Assez pour aujourd'hui.
Penchez-vous.
Comme �a. Ne bougez plus !
Parfait.
Observez bien mes jambes.
Les orteils bien serr�s.
C'est bon.
Tr�s bien !
D�tendez-vous. Je vais me balancer un peu.
Pr�parez-vous.
Tendez les bras pour voir.
Vous �tes pr�te ? Allons-y.
C'est �a... Comme �a, continuez.
Souvenez-vous bien de ce qu'on vient de faire.
En haut.
Vous avez vu ?
Prenez le trap�ze.
Attachez-vous.
Je suis ici pour vous rattraper. Allez-y doucement.
Ne vous inqui�tez pas, je suis l�.
Pr�te ?
Au prochain !
Comment c'�tait ?
Pas une mauvaise chute mais vous h�sitez � vous l�cher.
Essayez encore.
Tenez bien et lancez-vous d'un coup.
Allez-y.
L'important, c'est d'�tre synchro.
Vous �tes fatigu�e ?
Non, je recommence.
Les pieds tendus.
Pr�te ?
Bien.
Parfait.
Passons � autre chose.
�a va ?
Oui.
Vous �tes s�re ?
- J'ai juste eu un peu peur. - Descendons.
Jacques, tu vas nous chercher un caf� ?
D'accord, patron.
Vous avez l�ch� trop tard.
Vous devez vous l�cher au signal.
Vous devez l�cher imm�diatement.
- C'est ce que j'ai fait. - Imm�diatement.
Soyez concentr�e.
Sinon, vous l�cherez trop tard.
C'est alors qu'il y a des accidents.
Je sais, j'en ai vu.
Au Palais d'Hiver ?
Qui vous en a parl� ?
Les gens parlent...
Ils sont venus vous trouver.
Plus d'une fois.
Vous les croyez ?
Ils mentent. Je vous ai dit que c'�tait un accident.
Comment peut-on �tre coupable d'un accident ?
Je sais ce que vous ressentez.
Mon mari a eu un de ces accidents.
Nous �tions dans un camp de concentration.
Ils ont lib�r� les femmes.
Il me manquait tellement.
Mon mari avait un plan pour s'�vader.
Un homme m'a dit pouvoir lui faire passer un mot.
Je lui ai fait confiance.
Je lui ai �crit de ne pas s'�vader, que les Am�ricains arrivaient,
qu'il y aurait la paix et qu'on se retrouverait.
Cet homme a remis la lettre aux Allemands.
Ils ont tu� mon mari.
Je n'aurais pas d� �crire.
La pr�cision... !
Reprenons.
Voil�.
Parfait !
Jacques, qu'en dis-tu ?
C'est celle qu'il vous faut.
Demain m�me heure, patron ?
Je te tiens au courant.
Legay a r�ussi ?
Je ne sais pas encore.
Salut !
Je croyais que Legay n'�tait plus votre agent.
Il a chang� d'avis.
Cyrus est ici.
C'est un grand directeur de cirque am�ricain.
On pr�sentera notre num�ro
le 6 au Palais d'Hiver.
Le Palais d'Hiver ?
Oui. Il nous faut un autre lieu d'entra�nement,
avec plus de hauteur.
Rentrez chez vous. J'ai des choses � faire.
Bonjour, Nina !
Un homme vous cherchait.
Il a dit conna�tre votre mari.
Bien. Merci.
Il fallait que je vous voie.
Je vous ai cherch�e partout.
Sans cesse.
Je vous en supplie.
�coutez-moi.
Je vous en supplie.
- Bonjour, Pierre. - Bonjour, Legay.
- T'as vu Marcel ? - Non !
Il est 20 h 45 !
On a organis� l'audition avec Cyrus.
- Au Palais d'Hiver. - Parfait !
- Ravi de te trouver. - Qu'y a-t-il ?
Marcel, il est 20 h 55 !
C'est Nina.
Un homme est venu la voir, un ami de son mari.
Il est rest� longtemps.
Je vous sers un verre ?
- Et alors ? - Il ne me plaisait pas.
Je suis all� frapper.
Elle n'a pas r�pondu. Je suis entr�.
Elle ne voulait pas parler.
Il s'est pass� quelque chose de grave.
C'est impossible.
Pas maintenant.
Qu'y a-t-il ?
Qu'avez-vous ?
Que s'est-il pass� ?
Racontez-moi.
Vous ne pouvez �tre malade maintenant.
N'abandonnez pas comme �a.
�coutez..
Vous et moi, nous r�sistons � ces choses-l�.
Ce qui compte pour nous, c'est le spectacle !
Vous �tes gel�e.
Vous �tes compl�tement gel�e.
R�chauffez-vous, vous allez �tre malade.
Je vous ai fait travailler trop dur.
Mais on avait peu de temps !
Comme �a, vous aurez bien chaud.
Je reviens...
Vous savez, Nina...
Nous ne parlons gu�re, vous et moi, mais...
Vous savez ce que je pense de vous.
Vous avez entendu ce qu'a dit Jacques ?
"C'est celle qu'il vous faut."
Cela m'a fait chaud au c�ur
J'�tais si fier de vous !
Dites-moi quelque chose. Racontez-moi.
Que voulait cet homme ?
Il s'agit de votre mari ?
Je n'ai pas oubli� vos paroles.
C'est marrant.
Vous �tes si jeune et vous vous accusez de tout.
Vous vous torturez l'esprit pour rien.
Vous vous accusez sans raison, et nous...
certains d'entre nous...
Peu importe.
Essayez de dormir.
Essayez au moins.
Je suis l�, je veille sur vous.
Il y en a peu comme vous.
Nina, vous m'entendez ?
�coutez-moi.
Je l'ai tu�e.
Tout le monde m'a suppli� d'arr�ter, mais je n'ai pas �cout�.
J'�tais pouss� par un d�mon et je l'ai tu�e.
Mais vous...
Si vous avez fait une erreur,
c'�tait par amour.
Qu'un homme re�oive autant d'amour !
On ne le m�rite pas.
Personne ne le m�rite.
Et vous l'avez aim� � ce point...
Des pi�ces de jeu d'�checs.
Il les a sculpt�es pour moi au camp.
Avec des petits morceaux de bois qu'il avait trouv�s.
Il m'a appris � jouer.
Cet homme me les a apport�es.
Il m'a suppli� de lui pardonner.
Ils l'ont tortur�.
Il a vu Walter le jour de sa mort.
Walter lui a pardonn�.
Et vous lui avez pardonn� ?
Pardonnez-vous aussi.
Allez-y. Pleurez...
Pleurez, mais �coutez.
Je ferai tout ce que vous voulez.
J'abandonnerai tout.
On aurait pu �tre la meilleure �quipe au monde, mais � quoi bon ?
A quoi bon ?
Je ferai tout pour vous.
Je ferai autre chose.
Je ferai tout pour vous, Nina.
Tout.
Salut, Jacques.
Comment tu trouves �a ?
Mieux que jamais.
C'est un peu plus haut qu'avant, comme tu voulais.
Et Nina ?
- Elle ne vient pas. - Non ?
Aujourd'hui, c'est repos.
Tu ne te changes pas ?
Il reste peu de jours.
Plus que tu ne penses.
Comment �a ?
Qu'est-ce que tu fabriques ?
Je r�ve de la Seine.
Alors, tu ferais mieux de descendre de l�.
D'accord.
On bosse ou tu continues avec tes cascades ?
Balance-toi.
Garde �a pour �pater la galerie !
Travaillons en professionnels !
En professionnels !
D'accord.
Pr�viens-moi la prochaine fois.
Garde ton souffle, tu en auras besoin.
Le Grand Narval !
Envoie !
Vous ne m'avez pas attendue.
Je ne pensais pas que vous veniez.
Chaque jour compte, non ?
Attendez, je descends.
Non, je monte !
�coutez, Nina.
Vous avez travaill� toute l'ann�e pour �a.
C'est ce que vous voulez le plus au monde.
Pr�parons-nous pour l'audition.
Pr�t ?
On est les prochains.
Je suis pr�t.
Patron...
Fais attention � elle.
Surtout pour la derni�re voltige.
- Pourquoi ? - Tu n'as rien remarqu� ?
Non, je n'ai rien remarqu�.
Moi si.
C'est � nous.
Que voulais-tu me dire ?
Elle h�site, Pierre.
Que dis-tu ?
�a fait un moment. Elle l�che le trap�ze en retard.
Ce n'est plus la m�me...
quand tu es l�.
Contente-toi de faire ton boulot.
C'est �a, mon boulot, rattraper et ne pas rater...
Fais ton boulot.
- Comment vous vous sentez ? - Bien.
Et maintenant, M. Cyrus,
voici un num�ro enti�rement nouveau.
Sa premi�re repr�sentation depuis longtemps...
le Grand Narval !
Ne pr�tez pas attention � la musique.
J'adore la musique.
Faites comme d'habitude.
Compris ?
Allons-y.
Pr�te ?
Tr�s bien.
L�chez un peu plus t�t cette fois.
Faites comme si on s'entra�nait.
M. Cyrus, voici maintenant Pierre Narval et sa partenaire
dans leur num�ro le plus p�rilleux.
Le saut de la mort.
Pierre, attends !
Un instant.
Qu'y a t-il ?
Attends une minute.
Je ne les ai jamais vus faire ce num�ro.
Ils le feront � chaque repr�sentation !
D�sol�...
Le num�ro doit �tre ex�cut� en conditions r�elles.
Je suis s�r qu'ils accepteront.
Attendez un instant.
Tu dois faire le num�ro comme si le public �tait l�.
- Sans le filet. - Maintenant ?
- Pourquoi ? - Sinon, il ne signera pas.
Il veut le voir comme �a.
C'est non.
Pierre, je suis pr�te.
M. Legay, dites-leur d'enlever le filet.
Alors, Pierre ?
Enlevez-le.
Pr�t !
Fabuleux !
Le monde est � nous !
Je vous obtiendrai tout ce que vous voulez.
- Vous aviez raison, Legay. - Oui ?
Mais il fallait que je le voie.
M. Cyrus, je ne pense pas qu'on le revoie jamais.
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