All language subtitles for Enchanted April (1935)

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AVRIL ENCHANT�

Club des femmes au foyer de Hampstead

Voil�, c'est mieux.

Quel temps affreux, Mme Arbuthnot.

Peu de membres viennent au club, ces temps-ci .

La pluie doit les retenir � la maison .

Mais c'est agr�able, une fois qu'on est ici .

C'est justement ce que je disais � une amie, l'autre jour...

Excusez-moi un instant.

Quelle journ�e, Mme Hawkins !

N'est-ce pas, Mme Wilkins ? Laissez-moi vous d�barrasser.

Je vais accrocher votre manteau .

C'est flatteur que vous veniez au club par cette journ�e.

C'est une si belle journ�e.

Si belle pour �tre en soci�t�.

Ma foi, oui .

Donnez-moi ma chaussure. Vous �tes un ange.

S'occuper d'un club, c'est un m�tier, Mme Wilkins.

J'en suis s�re, Mme Hawkins.

Elle est encore l� .

Ne serait-ce pas merveilleux ?

Avez-vous vu �a ?

''Si vous recherchez glycine et calme,

''soleil et contentement,

''petit ch�teau italien au bord de la M�diterran�e

''� louer meubl� pour le mois d'avril .

''Huit lits, 60 �, avec le personnel n�cessaire.

''Agent A.T. Barker, 4 Bronson Place.''

N'est-ce pas un miracle ?

Cette petite annonce qui parle de glycine et de soleil,

un jour comme aujourd'hui ?

Il fait tellement mauvais.

�a ne sert � rien de perdre son temps � penser � �a .

Mais si !

Le simple fait d'y penser vaut la peine.

Et quelquefois, je crois sinc�rement

que quand on pense assez fort � une chose, on l'obtient.

- Si on essayait de l'obtenir ? - L'obtenir ?

Comment �a, l'obtenir ?

- Le prendre ! - Le prendre ?

Le louer, l'avoir !

Vous voulez dire, vous et moi ?

A nous deux.

On pourrait partager. Tout co�terait moiti� moins.

Vous avez l'air tellement...

Vous avez l'air de le vouloir autant que moi .

Comme si vous aviez besoin de repos et de quelque chose d'heureux.

Mais on ne se conna�t pas.

On se conna�trait tr�s bien si on partait ensemble un mois.

J'ai �conomis� pour les mauvais jours. Vous aussi .

Et c'est un mauvais jour.

Le th� est pr�t, mesdames.

Est-ce que vous vous connaissez ?

Mme Wilkins, voici Mme Arbuthnot. Mme Arbuthnot, Mme Wilkins.

Enchant�e.

Allons-nous prendre le th� ?

Glycine et soleil ...

Tout le monde a besoin de vacances

pour partir loin des probl�mes et des soucis...

et aussi des maris, des habitudes,

des foyers, des repas, et les laisser se d�brouiller.

M�me les probl�mes se r�soudront si on les laisse.

Mais ce serait mal de d�penser son p�cule pour son plaisir, non ?

Mon mari dit souvent...

Un p�cule est une chance. Qui sait quand tu en auras besoin .

Oui, mon ch�ri, tu as raison .

L'�conomie.

Combien de fois t'ai-je dit

que l'�conomie est le fondement d'une vie honorable ?

Sauf si elle s'�tend � la nourriture.

�a, c'est de la mauvaise gestion .

Ce que Henry dit de l'argent est assez impressionnant.

Compar� � ce qu'on en tirerait, l'argent est un d�tail .

C'est �trange.

Ce que Henry dit des d�tails est impressionnant aussi .

Mettre une pipe � sa place a peut-�tre l'air d'un d�tail,

mais ce sont les d�tails qui sont notre marque.

Notre associ� principal, M. Olgavey, m'a dit aujourd'hui :

''Arbuthnot, vous avez un flair naturel pour les d�tails.''

�a concernait des dommages-int�r�ts.

Le chien d'un client avait mordu . Le client voulait transiger.

''Regardons les d�tails'', ai-je dit.

''Le chien a-t-il �t� provoqu� ? La morsure, suscit�e ?''

C'�tait le cas.

La victime, un enfant, avait tent� de le priver de son os.

Formidable, mon ch�ri . Tu as gagn� le proc�s ?

Peu importe.

Je ne discuterai pas de points de droit compliqu�s.

Je faisais une simple observation sur la valeur des d�tails.

Vous �tes bonne.

Vous �tes trop bonne. C'est le probl�me.

Je vois que �a fait des ann�es que vous �tes bonne

et vous avez l'air tr�s malheureuse.

Ce n'est pas bien d'�tre bonne au point d'en devenir malheureuse.

Mais que dirait votre mari si vous partiez ?

Il ne le saurait pas.

Il ne saurait m�me pas que je suis partie.

Vous voulez dire qu'il... Je suis navr�e.

Non, ce n'est pas �a .

Il a �crit ce livre.

Votre nom est Wilkins. Ce livre est de Ferdinand Arundel .

C'est son pseudonyme.

Tout est ma faute, en fait.

Il �tait bien o� il �tait, documentaliste au British Museum.

Il avait pr�par� un expos� sur la vie � la cour fran�aise

pour notre club

et cela me donna une id�e fabuleuse.

Je me pr�cipitai au British Museum...

Le mus�e ne voudrait pas que j'�crive ce genre de livre.

Il n'a pas � le savoir. Tu pourrais prendre un pseudonyme.

Ecrire les m�moires de femmes mortes n'est pas mon fort...

La Pompadour et la Du Barry ne sont pas mortes.

Elles nous influencent. Demande � n'importe quelle femme.

Tu vois, �a ne plairait pas au mus�e.

Mais je te l'ai dit, le mus�e n'a pas � le savoir.

J'ai pens� � un tr�s beau pseudonyme,

Ferdinand Arundel .

�a me d�pla�t d'�crire un ouvrage

que je ne peux pas publier sous mon nom.

Mellersh Wilkins, c'est tr�s bien .

Mais mon ch�ri, tu serais toujours Mellersh Wilkins.

Mais ce n'�tait pas Mellersh Wilkins.

Il a eu un �norme succ�s.

Il est devenu Ferdinand Arundel pour de vrai .

Il a vendu des milliers de livres. A des femmes, surtout.

Un homme prend tr�s vite en affection un public en adoration .

Il a chang� ?

Je l'ai tr�s peu vu depuis six mois.

Au d�but, il oubliait parfois de rentrer d�ner.

Ensuite, il a m�me oubli� de rentrer � la maison le soir.

Et puis, un jour, je suis rentr�e � la maison et...

il faisait ses valises.

Mellersh ! Tu t'en vas ?

Non, voyons !

Ce sont juste quelques affaires que...

Je ne t'ai pas dit.

J'ai pris un studio pr�s du mus�e et...

Simplement un bureau o� �crire � toute heure du jour ou de la nuit.

Tu ne me d�ranges jamais et j'adorerais t'aider.

Vois-tu, c'est plus simple si j'ai un endroit � moi .

Je r�fl�chis mieux la nuit.

Mais mon ch�ri, tout est plus gai ici maintenant.

Les rideaux �carlates, le nouveau bureau, le nouveau divan .

Je sais, mais ces prochains mois, je dois me consacrer � mon travail .

Je suis devenu esclave de ma r�putation .

C'est peut-�tre dur � comprendre, mais je fais tout �a pour toi .

Oui, mon ch�ri, bien s�r. Tu as du travail .

C'est bien l� mon probl�me, je suppose.

Tu �tais mon travail .

Mais Lotty, c'est temporaire.

Je ne pars pas vraiment.

Je ne dirai m�me pas au revoir. Simplement... salut !

Salut !

Tout le monde se sent perdu � un moment ou un autre.

Les femmes affrontent des choses

qui ne gagnent pas � �tre affront�es.

A trop vouloir r�soudre les probl�mes,

on s'emm�le dedans.

Partons et laissons nos probl�mes se d�m�ler tout seuls.

Ils le feront si on part en les laissant tranquilles.

Ce serait magnifique, mais...

Vous arrive-t-il de voir des choses ?

Soudainement, avant qu'elles arrivent.

Jamais.

Moi, oui .

C'est dr�le, mais je nous vois toutes les deux,

en avril, dans un ch�teau m�di�val en Italie.

Mais ce ne serait pas trop cher ?

Avec 60 � pour le ch�teau, la nourriture et les domestiques,

le billet de train et tout.

L'annonce mentionnait 8 lits. On ne peut pas dormir dans tous.

Passons une annonce pour deux autres femmes.

Des centaines de milliers de femmes

doivent en avoir autant besoin que nous.

Un ch�teau en Italie.

Je m'interrogeais au sujet d'Henry.

Dites-lui que je vous invite.

�a lui plaira forc�ment, il est si �conome.

Je n'ai rien � dire � Mellersh .

Tout est d�j� si merveilleux, si clair, si parfait.

Passons l'annonce, voyons l'agent

et dans une semaine, nous quittons la grisaille de Londres

pour notre avril enchant� en Italie.

Qu'arrivera-t-il si Henry apprend que j'ai d�pens� mon p�cule ?

Il �tait si content que vous m'invitiez.

Laissez-le rester content le temps qu'il faudra .

Et vous ne d�penserez pas tout votre p�cule,

Mme Fisher et Lady Caroline partagent la location .

Ce sera un privil�ge, d'�tre la ma�tresse de maison .

Mme Brockwell Templeton Fisher et Lady Caroline Dester...

Ce n'est pas � Hampstead qu'on les rencontrerait.

Certainement pas !

�a ne para�t pas possible qu'on soit en route.

L'agent nous a vraiment facilit� les choses.

S'arr�ter � Paris pour acheter des v�tements semble inutile.

J'ai l'impression qu'� San Salvatore,

je n'aurai pas besoin de v�tements.

J'ai de plus en plus peur.

Moi, c'est �tre aussi heureuse qui me fait peur.

Ce ne peut �tre la route de San Salvatore.

Mais le jeune homme � la gare �tait si s�r de lui .

Oui, je sais, mais o� nous emm�ne-t-il ?

Remettons-nous-en � Dieu .

J'en ai peur.

San Salvatore ?

Regardez la route !

- Ne prenez pas �a . - Non, San Salvatore.

�a ne peut pas �tre San Salvatore.

Rose, ne devrait-on pas le payer ?

Pas si on doit �tre d�pouill�es et tu�es.

Bonjour.

La glycine, Rose !

Merci .

Francesca, la gouvernante.

Enchant�e.

Je m'appelle Domenico. Je fais le jardin et tout.

Je fais tout pour satisfaire les belles dames.

Montre leurs chambres aux belles dames anglaises.

Domenico.

Je serai la ma�tresse de maison .

On attend deux autres dames demain . Dans la matin�e,

je choisirai et arrangerai leurs chambres.

Mais elles sont l�, les deux dames anglaises.

Les deux autres dames sont l� ?

Elles sont arriv�es aujourd'hui . Elles dorment

dans les deux plus grandes chambres et ont pris le grand salon .

Pour vous, mesdames, elles ont choisi

deux tr�s jolies petites chambres

et un tr�s joli petit salon .

Bonjour, Domenico ! Francesca !

Merci, merci .

Lotty ?

Bonjour, ma ch�re.

Lotty, que voyez-vous maintenant ?

Avez-vous d�j� eu aussi faim de toute votre vie ?

Je meurs de faim ! Habillez-vous.

D�p�chons-nous.

Je dois faire pr�parer le petit-d�jeuner.

�a ne va pas vous peser, d'�tre ma�tresse de maison ?

Non ! Je vais adorer �a .

- De l'eau chaude dans votre caf� ? - Non, merci .

Robert Browning en prenait toujours.

C'est comme se faire �ter le pain de la bouche.

C'est vous qui deviez �tre la ma�tresse de maison .

Venez.

Bonjour.

Je ne peux pas me lever � cause de ma canne.

Quelle d�ception de vous trouver ici .

Nous voulions vous choisir les plus belles chambres

et bien vous accueillir.

J'ai choisi la plus belle chambre hier.

Enfin, je crois.

Elle a une double exposition . J'adore �a .

Nous voulions l'embellir avec des fleurs.

Domenico l'a fait. Je le lui ai dit en arrivant.

Bonjour, Francesca .

- Voulez-vous du caf� ? - S'il vous pla�t. Et vous ?

Non, merci ! J'en ai .

N'en revoulez-vous pas ?

Non, merci .

Actuellement, ma tasse est remplie de caf�.

Une orange ?

Non, merci . En voulez-vous une ?

Non, je ne mange pas de fruits au petit-d�jeuner.

Alfred Tennyson n'en mangeait pas, ni Thomas Carlisle.

J'ai d�jeun� avec les deux. C'est pourquoi je suis ici .

Je ne comprends pas. Ils ne sont pas enterr�s ici .

Leur lieu de s�pulture n'a aucune importance.

Ils sont immortels.

Je suis venue pour me mettre au soleil et me souvenir d'eux.

A moindre frais. Thomas Carlisle �tait un homme �conome.

Je suis venue pour les oublier.

Qui, Tennyson ?

Les hommes, vivants ou morts !

Le rem�de de Carlisle pour les philosophies adolescentes

�tait invariablement le m�me : l'huile de ricin .

Est-ce que �a l'a tu� ?

De la cr�me ?

S'il vous pla�t. En voulez-vous ?

Non, merci .

Deux lits encombraient inutilement ma chambre.

J'en ai fait enlever un . C'est mieux.

C'est pour �a que j'ai deux lits.

Je n'ai donn� aucun ordre. J'ai juste demand� qu'on l'enl�ve.

J'ai deux lits dans ma chambre aussi .

J'en avais un de trop.

Je trouve idiot d'avoir plus de lits que d'occupants.

Mais nous n'avons pas nos maris. Ne peut-on les enlever ?

Les lits ne peuvent pas �tre enlev�s de toutes les chambres.

Il leur faut une place.

Je le vois !

Qui voyez-vous ?

Henry !

Lotty !

C'est un Henry si diff�rent, Rose. C'est incroyable.

Je le vois dans cet autre lit.

Puis-je savoir qui vous voyez dans l'autre lit de Mme Arbuthnot ?

Son mari, bien s�r. Henry Arbuthnot.

On y va ?

Je vais vous aider.

J'y arrive tr�s bien toute seule.

Ma canne n'est qu'occasionnellement une g�ne.

Cette femme doit �tre, elle sera mise au pas.

Voyez-vous vraiment Henry ?

Oui, je le vois.

Je le vois transform� et rayonnant,

comme vous maintenant.

Regardez-vous, vous �tes une autre femme, comme par magie.

Regardez Mme Fisher.

Je viens de voir en elle.

Elle va �tre heureuse.

Elle n'a pas l'air tr�s heureuse.

On a lou� le ch�teau avec elles pour �conomiser de l'argent

et en pensant les rendre heureuses aussi .

Mais si elles le sont en nous rendant la vie dure,

en �tant ma�tresse de maison et en d�pla�ant les lits...

Elle changera .

Je la vois en train de changer.

Elle cessera d'�tre s�che

et deviendra douce, capable de concessions.

Vous verrez !

- Du caf�, Lotty ? - S'il vous pla�t.

Mettez-le devant l'entr�e.

Personne ne pourra entrer.

C'est pr�cis�ment mon objectif.

Mais ces dames ne pourront pas pousser.

Elles ne souhaiteront pas pousser.

Je ne suis pas ici pour �tre sociable

et je prendrai les m�mes mesures dans mon salon .

Je suis venue ici pour �tre seule et me souvenir.

C'est dans cette baie que Shelley s'est noy�.

Noy� ? Qui ?

Inutile de s'affoler. Cela s'est pass� il y a un si�cle.

Ce Shelley, c'�tait un ami � vous, signora ?

Ce sera tout, Domenico.

Je dois pr�venir Henry que je suis bien arriv�e.

Quel magnifique papier � lettres !

Regardez, Lotty, il y a des armoiries dessus.

C'est tr�s italien, n'est-ce pas ?

Qu'est-ce que �a peut �tre ?

Un vautour, je pense.

Il y a un monogramme.

''B.T.F.''

Non, pas un F. Je pense que c'est un autre B.

Bien s�r, Briggs ! Le nom de notre propri�taire.

Ce n'est pas un B, mais bel et bien un F !

Mme Fisher ! Charmante pi�ce, non ? On vient de la d�couvrir.

Vous ne voyez pas que c'est mon salon

et mon papier avec mes armoiries.

Pas un vautour, mais un aigle volant vers le soleil .

Je suis confuse.

- Et ce stylo... - Est � vous.

Il m'a �t� offert par M. Gladstone.

- Je suis confuse. - Vous ne pouviez pas savoir.

- Je suis une femme �g�e. - Bien s�r.

Il me faut ma propre pi�ce. Je ne peux pas me d�placer.

Vous devez donc vous asseoir.

Puis-je le faire sans �tre d�rang�e ?

Nous ne voulions pas...

Prenez cette pi�ce si �a vous rend heureuse.

Je l'ai d�j� prise, et je suis heureuse.

Barricad�e, je le serai plus encore.

On l'ignorait, c'est tout.

Sinon, on ne serait pas entr�es avant que vous nous invitiez.

Vous le ferez bient�t.

Venez, Rose.

Vous pourriez m�me nous demander d'utiliser votre stylo,

en sachant que nous n'en avons pas.

Nous rentrerons le dernier jour d'avril ou le 1er mai.

Il y a 2 autres femmes,

Lady Caroline et Mme Brockwell Templeton.

Tu sais bien s�r de qui il s'agit.

C'est bien ! Je n'aurais jamais pens� �a d'elle.

Elle m'aide vraiment.

Dahlia ?

Si je vous disais que je vais dans le sud ?

Un peu de goutte ?

Rien de tel ! L'Italie !

J'ai besoin de repos. Toujours de nouvelles difficult�s !

Un homme a besoin de vacances.

Dahlia, faites mes valises !

Lady Caroline !

C'est plus qu'un plaisir, c'est...

Non, �a n'ira pas.

Lady Caroline !

Inutile de vous dire que rencontrer deux...

entre...

Pour quiconque a dans ses veines le sang de l'Angleterre,

le nom de Dester...

C'est aussi valable pour vous, Mme Fisher, bien s�r...

J'ai besoin de repos.

Je me suis promen�e dans le jardin et j'ai regard� la mer.

�a m'a gris�e,

comme si j'avais bu de ce vin .

Que cet endroit est beau !

Et penser que je suis loin de...

Apr�s tout, le but, en venant ici,

�tait de partir loin des choses.

Et des gens.

Et de nos maris.

Nos maris ?

Je pense vraiment � Mellersh au pluriel .

Mellersh ?

C'est mon mari .

Il n'y en avait qu'un quand je l'ai �pous�.

Il est devenu deux, pratiquement du jour au lendemain .

Peut-�tre sont-ils plus maintenant.

Mais je ne dois pas y penser. C'est pourquoi je suis partie.

Je comprends.

Je ne supportais pas qu'il se multiplie tout seul .

Il a l'air assez int�ressant.

Je ne sais pas.

Je le vois moins clairement qu'Henry.

Voulez-vous du vin ?

Non, merci . Mon Dieu, non !

Je me sens d�j� un peu ivre.

Ivre de libert�, lib�r�e de...

L'affection familiale ?

Du d�sir d'affection familiale.

Ce n'est pas un mal . �a donne de la place.

Non, c'est affreux. C'est comme �tre nue.

J'aime �a !

Mais par un vent glacial,

ne rien avoir, savoir qu'on n'aura jamais rien ...

On a de plus en plus froid et on finit par...

On finit par en mourir.

C'est �a, de ne pas �tre aim�e.

Il ne vous aimait pas ?

Je ne sais pas. Il n'en montrait rien .

Mais il commen�ait seulement � se multiplier.

Mme Bristed-Lee, je suppose que Lady Caroline sera l� ?

Je ne sais pas. Je lui ai envoy� une invitation .

Je lui ai t�l�phon�, mais aucune r�ponse.

Elle a encore d� partir s'isoler sur un coup de t�te.

M. Arundel ?

Pourquoi avez-vous �crit un livre sur la Du Barry et pas sur...

Pas sur le duc de Wellington !

Il est tr�s difficile de retrouver l'origine d'une id�e.

Je me souviens bien o� l'id�e s'est impos�e � moi .

Celle d'�crire les m�moires de cette femme remarquable.

M. Arundel, je vous en prie, continuez.

C'�tait au clair de lune, dans les jardins de Versailles,

ceux o� Du Barry se promenait.

En admirant le ch�teau des rois fran�ais,

j'ai soudain compris

� quel point les femmes inspirent les hommes.

Non seulement les hommes ordinaires, mais les rois.

Qu'ai-je manqu� ?

Lady Caroline n'est pas avec vous ? Vous �tes ins�parables.

Lady Caroline a disparu avec armes et bagages.

Elle sera absente tout le mois d'avril .

Je vois.

Tout le mois d'avril .

Ne bougez pas !

Restez l� une minute, dans cette lumi�re.

Oui, merci .

C'est charmant, charmant.

Levez les yeux. Pas vers le plafond, mais au-del� .

Oui, c'est �a, c'est �a .

C'est ravissant !

Merci, merci beaucoup.

Je suis Briggs, votre propri�taire.

Je me rendais � Rome et j'ai pens� venir voir

si vous ne pi�tiniez pas mes lys.

C'est tr�s aimable.

Ah bon, vraiment ? Merci, merci .

Je loge � l'auberge, voyez-vous, mais j'aimerais tant...

Mais bien s�r, logez donc ici .

Non, ce n'est pas �a .

J'aimerais que vous me permettiez de vous peindre.

Me peindre ?

Oui, bien s�r.

Mais personne n'a jamais voulu me peindre.

Non, vraiment ? Ma foi, je ne comprends pas.

Pour la premi�re fois depuis des mois,

je sens le feu divin . J'ai m�me tent� de peindre Smithers.

Smithers ?

Mon majordome. Son p�re �tait au service de Browning .

A-t-on mentionn� Robert Browning ?

Mme Fisher, voici M. Briggs. Notre propri�taire.

Enchant�e, enchant�e, jeune homme.

San Salvatore a fait grand bien � mes rhumatismes.

Et toute am�lioration du corps se communique � l'esprit.

Charm�, charm�.

Je pr�viendrai Francesca que vous d�nez et dormez ici .

Vous �tes sortie de votre cocon !

Formidable !

Vous avez fait connaissance il y a une semaine ? Extraordinaire.

Je ne vois rien d'extraordinaire � �a .

Devrait-on se quereller ?

Je pr�viens Francesca .

Merci, mais je ne voudrais pas vous d�ranger.

J'insiste pour rentrer � l'auberge. J'y suis attendu .

J'ai l'impression de rentrer chez moi en vous trouvant ici .

Vous n'avez pas l'habitude de m'y trouver.

Non, h�las.

Mais j'ai toujours imagin� ainsi le retour chez moi .

�a, par exemple !

Comme c'est agr�able d'entendre des louanges.

Ce n'est absolument pas le ch�teau .

Ce sont des balivernes. C'est Lotty !

Elle m'a entra�n�e loin de Hampstead,

jusqu'� San Salvatore.

Personne ne m'avait jamais rien fait de tel .

C'�tait avant qu'elle ait vu le ch�teau ?

Ce n'est pas un ch�teau qui m'a mis d'humeur

� essayer ce genre de chose.

Bienvenue � San Salvatore !

- Signore, ils veulent de l'argent. - Oui, bien s�r.

Tenez, partagez-vous �a !

N'en parlons plus ! Montrez-moi ma chambre.

O� est Mme Arbuthnot ? �a va lui faire une bonne surprise.

Henry, quelle bonne surprise !

Je le savais. Je le disais justement aux autochtones.

Ma ch�rie, tu es ravissante.

Tu t'es �panouie. Bien, bien, bien !

Tu leur as manifestement parl� de moi .

Merci, mes amis !

Notre chambre est � l'�tage suivant.

Par ici, s'il vous pla�t.

J'aimerais prendre un bain chaud . Tu t'en occupes ?

Domenico va devoir s'en charger. C'est assez compliqu�.

Compliqu� ? Qu'y a-t-il de compliqu� dans un bain ?

Rien, mon ch�ri .

M. Arbuthnot d�sire un bain chaud .

Un bain ?

Oui, avec beaucoup d'eau chaude. Je veux m'y pr�lasser !

Le signore veut un bain dans la baignoire ?

Evidemment !

Oui, Domenico, dans la baignoire en bas.

Signore, je conseille une toilette � l'�ponge dans la chambre.

Pas de toilette � l'�ponge ! Je veux un bain !

Un bain d'Anglais ! Un bain dans une baignoire !

Que d'histoires pour un bain dans une baignoire !

Lady Caroline Dester et Mme Fisher sont toujours l�, je suppose.

Oui, mon ch�ri .

Tr�s bonnes fr�quentations. Tr�s bonnes.

Je veux �tre � mon avantage.

Une occasion pareille ne se rate pas.

Laisse, c'est les vacances.

Vas-tu rester longtemps, mon ch�ri ?

Je reste jusqu'� la fin du mois.

Et je vous raccompagnerai toutes � Londres.

Formidable.

Ton bain sera pr�t d�s qu'ils auront de l'eau chaude.

Il ne faut pas fermer l'eau

tant que le feu br�le

ou le chauffe-eau explosera .

Le bain est pr�t dans la baignoire, signore.

Tr�s bien !

Est-ce une quelconque c�r�monie publique ?

Je n'inaugure rien, je ne baptise rien,

je prends un bain .

Dr�le d'engin,

mais je suppose qu'il fournit l'eau chaude.

Ma bonne dame, vous pouvez disposer.

Quoi ?

Ecoutez ! Emmenez-la avec vous, mon brave.

Non, signore, il faut que je reste pour regarder la jauge.

Regarder ? C'est hors de question .

Dehors !

Quels gens �tranges !

Me regarder prendre un bain .

Quelle incomp�tence ! Ils ont laiss� couler l'eau .

Etre dans la salle de bains avec une femme.

M�me si elle a le dos tourn� !

Apr�s votre traduction de ''pericoloso'',

j'ai renonc� aux bains.

Pour tout avril .

Je suis s�re que Domenico expliquera tout � Henry.

J'ignore pourquoi San Salvatore me rend si somnolente.

Je l'�tais � Londres aussi .

Je l'attribuais aux bruits de voitures.

Tout est si calme ici, si tranquille.

Qu'est-ce que c'est que �a ?

Lady Caroline Dester, je pr�sume.

Je m'appelle Arbuthnot, Henry Arbuthnot.

Le mari de Mme Arbuthnot.

- Enchant�e. - Charm�.

Lady Caroline,

pour quiconque a dans ses veines le sang de l'Angleterre,

le nom de Dester...

C'est aussi valable pour vous, Mme Fisher.

Mme Brockwell Templeton Fisher, je pr�sume.

Je suis Henry Arbuthnot.

Comme je disais � votre charmante compagne,

pour quiconque a dans ses veines le sang de l'Angleterre,

les noms de Dester et Fisher...

Etes-vous conscient de votre tenue, monsieur ?

Je vous demande pardon .

Une m�saventure dans la salle de bains.

C'est un immense plaisir, un immense plaisir.

Veuillez m'excuser.

L'Italie n'est plus comme du temps de Browning .

Ma ch�re, je suis convaincu qu'un bain en Italie se situe

entre une c�r�monie publique et une �ruption du V�suve.

Domenico, je ferai une toilette � l'�ponge dans ma chambre.

Bonsoir, M. Arundel . Lady Caroline n'est pas l� .

Je sais, Martha . Je veux son adresse.

Entrez, monsieur. La gouvernante l'a .

Le premier Sir Richard Dester, si j'ai bonne m�moire,

fut tu� pendant la deuxi�me croisade.

Puis il y eut Sir Humphrey Dester, sous le r�gne d'Henri VIII.

Sir Humphrey fut en danger de perdre ses biens

du fait de la disgr�ce de ses souverains.

Si je puis me permettre,

il fut sauv� de ce malheur par un membre de ma profession,

un avocat de grand renom, Sir John Herrington .

Vous me pardonnerez, Lady Caroline,

la modeste fiert� que je tire d'un ''confr�re'' � moi

qui eut l'honneur de rendre service

� un Dester.

Il a pris l'explosion � merveille.

Ce n'est pas du tout le m�me Henry.

C'est San Salvatore.

Il a si bien r�agi que je lui ai parl� du p�cule.

Comment a-t-il pris cette explosion ?

A merveille.

Vous voyez !

J'ai r�capitul� les trois premiers si�cles de Dester,

ce qui nous am�ne au XVIIIe si�cle.

A cette �poque,

apparut dans les illustres annales de votre famille

Lord Oswald Dester. Lord du sceau priv� sous Jacques II.

Au moment de l'expulsion de Jacques

et de l'ascension de Guillaume et Marie,

Lord Oswald se retrouva en disgr�ce.

Cette fois encore, un avocat vint � sa rescousse.

Ce n'est peut-�tre pas une co�ncidence

si ce monsieur s'appelait Arbuthnot.

Les Arbuthnot du Northumberland,

une branche �loign�e de ma famille.

Lord Oswald se retrouva � la Tour de Londres.

Un jour, il alla � la fen�tre.

Il regarda par la fen�tre,

comme je suis en train de le faire,

mais la sc�ne qu'il vit �tait bien diff�rente.

Oui, bien diff�rente.

Cette sc�ne, que je suis sur le point de d�crire,

vous captivera .

Remontant le cours de la Tamise, il vit une p�niche

avec une marquise bleu paon .

De cette couleur. Comment appelez-vous cette fleur ?

Ne bougez pas.

Ne faites pas un geste.

Restez une minute dans cette lumi�re pour moi .

C'est ravissant, charmant.

Approchez-vous du bord . C'est charmant.

Levez les yeux. Ou baissez-les, comme vous voulez.

Vous �tes une de mes locataires. Je suis votre propri�taire.

Je m'appelle Briggs.

Oui, je sais. Vous vous rendez � Rome.

Vous venez voir si on ne pi�tine pas vos lys.

Exact, est-ce le cas ? Ils vous adoreraient.

Vous �tes s�r ?

Certainement.

Permettez-moi de vous peindre.

- Moi ? - Oui, bien s�r.

Pour la premi�re fois depuis des mois,

je sens le feu divin .

- J'ai m�me voulu peindre Smithers. - Smithers ?

Mon majordome. Son p�re �tait au service de Tennyson .

Ne vous �tes-vous pas tromp� ?

S�rement, mais pourquoi dites-vous �a ?

Vous peigniez Lotty hier.

Une femme remarquable. Elle m'a invit� � d�ner.

H�las, j'ai d� refuser, j'�tais attendu � l'auberge.

Mais je suis libre ce soir,

si vous avez des id�es.

Si vous veniez d�ner ? Apr�s tout, c'est votre demeure.

Tr�s juste.

Vous ne faites que la louer.

Je n'y aurais jamais pens�. Incroyable !

Je rentre � l'auberge pour me changer.

A ce soir !

Poussez !

Non, je refuse de payer quelque chose d'aussi scandaleux.

Si j'�tais venu � pied, j'aurais mis moins longtemps.

J'ai d�j� quasiment tout fait � pied .

Que se passe-t-il ?

Un autre malheureux a d� demander un bain dans la baignoire.

Je vais vous payer, mais c'est quand m�me scandaleux.

Caroline, vous savez pourquoi je suis venu .

Je sais comment vous �tes venu .

J'esp�re que vous ne serez pas trop f�ch�e.

Que faites-vous ici ?

Je n'ai absolument aucune excuse. Je n'ai pas pu m'en emp�cher.

Vous emp�cher de quoi ?

Je me rendais � Rome.

Je suis descendu � Mezzago pour venir vous voir.

Ne saviez-vous pas que je me reposais ?

Je l'ai suppos�.

Ou plut�t, je n'ai rien suppos� du tout.

Je suis venu, c'est tout.

Je suis parti t�t ce matin, mais mon courage m'a abandonn�.

Alors, vous avez fini par vous en remettre � l'�ne ?

Pardonnez-moi, Ferdinand .

Le d�ner est � 7 heures.

Venez vous asseoir.

Parlez-moi des autres.

Vous me demandez de d�ner avec vous dans cette tenue de voyage ?

Bien s�r !

Je suppose que vous allez reprendre le train de nuit.

Il se peut que j'attende demain .

Ou le jour suivant.

Mais parlez-moi de vous. Laissez-moi vous regarder.

Londres a �t� un calvaire sans vous.

Etes-vous seule ici ?

Il y a trois autres dames.

Des amies � vous ? Je les connais ?

Des inconnues. Vous les aimerez, une en particulier.

Vraiment ?

Personne ne m'a �t� aussi cher depuis des ann�es.

Je l'envie.

Vous saurez laquelle en les voyant au d�ner.

Je pr�viens Domenico que vous restez.

Attendez au salon pendant que je me pr�pare.

Je suis tr�s fier de toi, ma ch�rie.

Tu as �t� d'un tr�s grand secours. Tr�s grand .

Je suis si contente.

J'ai convaincu Lady Caroline que j'�tais son homme.

Henry, vraiment ?

Cet apr�s-midi, j'ai eu l'honneur d'attirer son attention,

avec une certaine �loquence,

sur les gloires de sa famille

qu'elle-m�me ne connaissait pas.

Elle a �t� profond�ment �mue.

Emue au point de se retirer brusquement

pour dissimuler son �motion .

J'ai eu le tact de ne pas essayer de la retenir.

Je me flatte de comprendre la susceptibilit� des femmes,

en particulier, des femmes de la noblesse.

Merci, ma ch�re.

Mellersh ch�ri,

tu te souviens, autrefois, tu me disais

que mes cheveux ressemblaient aux acacias en fleur dans le soir.

Mellersh ?

Lotty !

Je savais que tu viendrais.

Au fond de moi, j'ai toujours su que tu viendrais.

On est tous l�, maintenant.

Toi et moi et...

Te souviens-tu, Mellersh ? Autrefois, tu me disais

que mes cheveux ressemblaient aux acacias en fleur dans le soir.

Bien s�r, ma ch�rie.

Tu as accouru � l'instant o� tu as eu mon t�l�gramme.

Le t�l�gramme, oui !

- A l'instant m�me ! - Oui, � l'instant m�me.

Il est all� si vite.

Presque aussi vite que mes pens�es.

Et tu es venu tellement vite.

Presque aussi vite que bat mon coeur.

Serre-moi fort.

Aussi fort que tu peux, pour tous ces jours vides.

Il n'y en aura plus, n'est-ce pas ?

Ce soir, nous nous prom�nerons au milieu des acacias

et tu me rediras qu'ils ressemblent � mes cheveux.

Bien s�r.

Et demain, nous nous prom�nerons au bord de la mer

o� je me souvenais de toi tel que tu �tais,

tel que je d�sirais que tu redeviennes,

tel que tu es maintenant.

Oui, ma ch�rie.

Nous aurons tout le mois d'avril ensemble

et il sera vraiment enchant�, n'est-ce pas ?

Comme je le disais � Mme Fisher cet apr�s-midi,

il n'est pas de position dans ce monde

� l'abri des vicissitudes du destin .

H�las, elle a �t� oblig�e de se retirer pour sa sieste.

J'aillais lui expliquer

que la seule protection contre l'infortune

est le conseil et la loyaut� d'un avocat consciencieux

dont le premier devoir est envers ses clients.

Elle l'avait vu ici .

Rose ch�rie, il est ici . Voici Mellersh .

Il a accouru d�s qu'il a re�u mon t�l�gramme.

Voici Rose Arbuthnot.

Je vous f�licite pour ces heureuses retrouvailles.

Je suis Henry Arbuthnot.

Bienvenue � San Salvatore, M. Mellersh .

Vous verrez, un endroit charmant, des gens charmants.

Vous n'avez pas encore eu le plaisir de rencontrer

Mme Brockwell Templeton Fisher...

Et Lady Caroline Dester, dont vous avez d� entendre parler.

Elles vont descendre.

Quelqu'un a-t-il mentionn� mon nom ?

Eh bien, Lotty,

qui est ce jeune homme charmant et d�concert� ?

Phoebe, je vous pr�sente Mellersh .

Enchant�e, enchant�e, jeune homme.

Un petit air de Darwin, mais sans ses fadaises, j'esp�re.

O� est notre charmant invit�, notre propri�taire ?

Ce soir, je suis votre h�te.

Je choisissais les vins avec Francesca .

En cette grande occasion,

je revendique le privil�ge de l'�ge pour inviter.

Henry, comme c'est gentil . Quelle charmante attention !

- Une grande occasion ? - Bien s�r.

Vous ne connaissez pas le mari de Mme Wilkins, M. Mellersh .

Il vient d'arriver � San Salvatore.

Son mari ?

Je ne vous ai pas parl� de Mellersh .

Charm�, charm�.

Je vous f�licite, M. Mellersh .

Je vous peindrai tous les deux.

Je ne vois aucune raison de nous exclure.

Excellente id�e, Mme Fisher. Excellente !

J'ai toujours eu un penchant pour le portrait de groupe.

On n'est pas tous l� . Lady Caroline n'est pas descendue.

Vous savez,

je ne peux pas l'expliquer,

mais pour la 1re fois depuis des mois,

je sens le feu divin .

- Vais-je chercher Lady Caroline ? - Non !

M. Briggs ne pourrait pas nous peindre.

Enfin, pas avant le d�ner.

Domenico, mes couleurs, ma toile !

Le sujet du c�l�bre tableau auquel je faisais r�f�rence,

si je me souviens bien,

�tait Abraham avec ses �pouses et...

Avec ses �pouses et ses troupeaux.

Et � qui pensez-vous

pour les troupeaux, dans le cas pr�sent, M. Arbuthnot ?

Oui, bien ... j'ai vraiment tr�s faim.

Pourrions-nous reporter �a ?

Oui, charmant, tr�s bonne id�e. Je vous f�licite, M. Mellersh .

Le d�ner est servi .

- On y va ? - Mais Lady Caroline ?

On ne l'attend jamais. Elle fait ce qu'elle veut.

Je vois.

Comme votre mari est notre h�te, vous serez en bout de table.

M. Arbuthnot, mettez-vous ici, M. Briggs, l� .

Lotty, voulez-vous vous asseoir ici ?

M. Wilkins, ici . Je serai � votre droite.

Quel plaisir d'�tre ma�tresse de maison .

Je propose un toast aux retrouvailles de la famille Wilkins.

Nous avons eu la joie d'y assister

dans ce lieu enchanteur.

Merci .

M. Wilkins, une r�ponse est de rigueur.

Une r�ponse ?

Tout un discours, si vous le souhaitez, M. Mellersh .

Je ne suis pas contre dans les d�ners.

Excellente coutume.

Mon ch�ri, tu pourrais leur parler de la Du Barry.

La Du Barry, tu penses, oui ...

Mesdames et messieurs...

Bien s�r, j'ai �crit les m�moires de la Du Barry...

Quand ...

L'id�e m'est venue dans les jardins de Versailles...

Quand je me promenais dans les...

Domenico, ils sont � table ?

Merci .

Je vous surprends en train de d�ner sans moi .

Je vois que vous avez fait connaissance avec tout le monde.

Vous saviez que mon mari �tait l� ?

Oui, j'ai rencontr� votre mari � son arriv�e, au bout du chemin .

Vous l'avez rencontr� au bout du chemin ?

Et je l'ai rencontr� pr�s de l'�tre.

C'est vraiment le bout du chemin, n'est-ce pas ?

Je vous prie de m'excuser.

Puisque vous m'avez invit� � d�ner,

vous auriez pu �tre l� pour m'accueillir.

Je vous prie de m'excuser.

En parlant de discours,

�a me rappelle

un incident qui vous amusera quand vous l'entendrez.

Je t'en prie, ne sois pas en col�re.

Tout a �t� tellement... J'ai �t� tellement...

Je ne sais pas ce que tu crois, mais ce n'est pas vrai .

Mais si, c'est vrai !

Que veux-tu dire ?

Je t'aime.

Tu es adorable, ma ch�rie. Plus adorable que jamais.

Et tes cheveux ressemblent aux acacias en fleur.

Vous savez, M. Arbuthnot,

sous ce jour, vous avez un instant ressembl� � Robert Browning .

Je lui ressemble ?

Vous lui avez ressembl� un instant, sous ce jour.

Qu'est-ce que c'est ?

Ce sont les Briggs.

Les Briggs ?

Je les vois comme les Briggs !

Et je nous vois comme les Arundel .

Adaptation : Anne Trarieux

Sous-titrage : C.M.C.

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