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Battements de coeur.
-Mesdames, messieurs, nous approchons de Paris.
Regagnez votre place et attachez votre ceinture.
Il est 11 h 22, en heure locale.
Merci d'avoir choisi Air France. Bonne journée.
-Appelle Sarah.
-Papa ! -Ça va, ma chérie ?
-J'ai hâte de te voir. -Moi aussi.
J'arrive dans...
-65 min. L'A1 est bouchée.
-OK. À presque tout de suite.
-À tout de suite.
Alors, papa ? Je t'attends, moi.
Tu viens chez maman ?
-J'arrive, mon cœur. Deux secondes.
M. Belkacem. Attendez, laissez !
Comment ça va ? -Ça va moyen.
J'ai chaud. Hier, j'avais froid.
On s'y retrouve plus. Plus rien ne marche sur la planète.
-Ils annoncent un pic de pollution. Sortez pas trop. Faites attention...
-Oui, oui. Mais...
Pourquoi on me parle comme si j'avais 8 ans ?
J'ai 77 ans, jeune homme. J'en ai vu d'autres.
-Je comprends. Si vous avez besoin d'aide, dites-le.
-Merci beaucoup.
-Salut. -Salut. Ça va ?
-Ouais. J'ai un cours. -Ah...
-Papa, c'est toi ? -Ouais, je suis là.
-Vas-y. Je dois finir.
-C'était long !
-Comment tu vas ? -Ça va.
T'as ramené quoi ? -Surprise. T'as grandi.
-T'es pas parti 3 mois.
J'ai pas grandi en 7 jours. -T'es toute belle.
C'est pour Noé ou moi ? Tu lui parles quand ?
-Arrête, maman va t'entendre.
-Oh ! Pourquoi tu lui dis pas que t'as un fiancé ?
-Je sais pas. Je pense qu'elle serait pas d'accord.
C'est même pas mon fiancé. On s'en fout.
-Ah bon...
-Des essences naturelles. Du Canada ? -Ouais.
-T'étais pas à Marseille ? -Soulève les fioles.
-C'est les Rocheuses ? -La vue est incroyable.
Ça marche ?
-Ouais.
C'est trop classe. Merci.
-C'est beau, hein ?
-Grave !
-Continues a voir les pages 40-45.
et revise la partie sur les ondes spectrales.
J'en suis sure que ce sera a l'examen final.
Oui.
Bon. On se reverra mardi prochain, Thomas.
Salut ! Salut.
Pauvre gamin. Gentil, bosseur. Il réussira jamais l'examen.
Tu veux un café ? -Non.
-Alors, cet entretien ? Ils t'embauchent ou pas ?
-Écoute... -D'accord.
T'étais pas à Marseille, en fait.
-Non. J'étais pas à Marseille. J'étais au Canada.
J'ai trouvé quelque chose. Un nouveau protocole, ultra prometteur.
Sarah a une place. -On en a jamais entendu parler.
-C'est récent.
Les résultats sont pas publiés. Lis le rapport. C'est dingue.
Bon, y a un truc...
Il faut déménager Ià-bas.
-Déménager ? Au Canada ? -Oui.
-Si un traitement fonctionnait, le Dr Chabrier nous l'aurait dit.
-Mais Chabrier, il sait rien !
Tu verrais leurs moyens ! Rien à voir avec ici. Ils avancent !
-Chut !
Pourquoi tu veux toujours tout compliquer, Mathieu ?
On a réussi à la sortir de l'hôpital. Elle a une vie, maintenant.
-J'appelle pas ça une vie.
-J'ai téléchargé. Vous allez voir, c'est canon.
Sur la paroi glacée, c'est classe.
-Sans ton père, on se ferait chier.
-J'avoue qu'il assure.
-Carrément. La communauté des poissons rouges le remercie.
-Arrête avec ça.
-Ben, on est des poissons rouges dans des aquariums.
-On dirait plutôt un singe en cage.
-Ouais. T'as raison.
-OK, c'est bon. Un singe...
-Je vais défaire ma valise.
Réfléchis-y. Je te le demande.
-Oui, quand il y aura des résultats. -Non, maintenant.
Elle va sortir de sa bulle.
Les médecins disent ce qu'ils veulent. Crois-moi, elle sortira.
Je le sens.
Un jour, je prendrai ma fille dans mes bras. Elle aura une vraie vie.
-Tu sais que c'est pas si simple. On essaie depuis 12 ans.
On va voir ce que ça donne et on avisera.
OK?
-C'est Alexis. Lui répondez pas !
-Mais...
-Elle est trop love. -N'importe quoi.
-Ça se voit trop.
T'es trop cramée.
-Il a raccroché.
J'avais un truc à lui dire.
Je le rappelle et je reviens. -Mais tu vas pas...
Carrément, elle nous zappe.
-T'es trop jaloux.
-Non, j'aime pas ce mec. Il se prend pour une star.
"Moi, j'ai 15 ans.
"Je suis le 1er diagnostiqué Stimberger de France."
-T'es vert parce que ça a failli être toi.
-Ouais. Et ça aurait eu une autre gueule.
-Une catastrophe naturelle sans précédent
vient de frapper la Suède et le Danemark : un séisme
de magnitude 6,7. C'est du jamais vu dans ces pays...
-Merde.
-Papa ? Papa ?
-Je suis là. -C'était un tremblement de terre ?
-Je crois. L'électricité est coupée dans ta chambre ?
-Ouais. -La batterie a pris le relais ?
-Ouais. Maman vérifie tout, là. Ça a l'air de marcher.
-J'arrive quand même pour voir.
Qu'est-ce qui se passe ?
-Papa ? C'est quoi, ces sirènes ?
-Sûrement à cause du séisme. Dis à ta mère de pas bouger. J'arrive.
-OK, je...
-Sarah ?
-C'est quoi, Ça ?
-Faut pas rester là. Ça sort de partout.
-Courez, courez, courez !
-Courez !
-Éloigne-toi de la fenêtre ! Faut partir.
-C'est quoi ? -Faut pas respirer la fumée.
-C'est toxique ? -Sarah !
On doit te laisser.
—Hein ? -Quoi ?
Non, on peut pas !
-Dans sa bulle, elle est protégée.
-Il a raison.
-On revient, promis.
Allez ! -On revient, mon poussin !
-Allez !
Vite, vite, vite !
Ouvrez !
-M. Lucien ! C'est Anna, du deuxième étage !
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Vous avez un accès au toit ? -Là, par le balcon. Mais...
-Ça a pas l'air de monter jusqu'ici.
Vous avez des serviettes, des chiffons ?
-Pourquoi?
-Pour boucher la porte. -Donne-moi le talkie.
-Tiens.
-Sarah, est-ce que le gaz rentre dans ta bulle ?
-Je sais pas. Mais y a de la fumée autour et...
-Y a quoi ? Sarah !
Sarah, réponds-moi !
Sarah ? -Quoi ?
-Il faut redescendre !
-On peut pas...
-Maman, papa ? Vous m'entendez ? -C'est bon.
-Oui, on t'entend. Est-ce que la fumée rentre dans ta bulle ?
-Non. La filtration fonctionne bien.
-Vous pourriez m'expliquer ce qui se passe ?
-Ben oui, quand même.
-Ça va. Ça va, hein...
-Mon Dieu !
-Je suis sûr que Rémi va bien. Ne t'inquiète pas.
-Mais... -Allez, viens.
-Quelle horreur. Tu crois que c'est mortel ?
-Mais c'est quoi, ce truc ?
C'est trop gros pour être une explosion.
Une attaque ?
Viens, faut rentrer. Si ça monte, on est morts.
-Ça, je le mets dans la glacière ?
-Non, pose la confiture, là. Ça peut aller.
-Oui. -Le reste va dans la glacière.
-D'accord.
-T'y arrives ?
-Non. Attends.
-Sarah, je dois savoir si mon appli capte bien depuis ici.
Tu comprends ?
Combien il te reste de batterie ?
-J'ai un peu de mal à voir.
Attends... C'est bon.
Y en a quatre. Y a quatre barres.
-T'es sûre ? -Maman !
-Bon, c'est parfait. Ça veut dire qu'il nous reste
au moins dix heures.
-Ils remettent l'électricité quand ? -Ça va pas tarder, chérie.
Je suis sûre que c'est temporaire. Et puis, on est pas loin.
-La ligne est toujours coupée.
Notre fils vit à deux rues d'ici.
Mais, il habite au rez-de-chaussée.
C'est un malin, mon gamin. Un peu comme vous.
Je pense qu'il s'est trouvé une bonne planque.
-Ouais, j'en suis sûr.
-Bon. On y va ? -Quoi ? Où ?
-Rémi nous attend et j'aime pas être en retard.
-Mais la brume dont je t'ai parlé tout à l'heure,
faut attendre qu'elle se dissipe.
Et après, on ira voir Rémi. Hein ?
Allez. -Ah... D'accord.
-Oui...
Mon épouse est un peu...
Enfin, elle a parfois des problèmes de mémoire.
Enfin bon, voilà... -Oui.
-Lis un peu, ça va t'occuper. Ton père revient. Je vais lui parler.
Ne t'inquiète pas, ma chérie. -OK, maman.
-T'es monté sur le toit ?
-Il y en a partout. C'est à perte de vue.
Et ça bouge pas.
-Il y a des secours ?
-Non. J'ai rien vu.
-Et les hélicos ?
-Comment elle va ? -Il lui reste 4 barres de batterie.
Mais si la fumée se dissipe pas...
-Elle passe pas la nuit.
-Y a longtemps que je l'ai.
Ils ont essayé de m'en vendre une autre.
Mais celle-ci marche très bien.
Il y a un petit bout de temps que je l'ai pas utilisée. C'est...
Où sont mes lunettes ?
-Elles sont là.
-Alors, voyons voir. -Je peux regarder ?
-Non, vous en faites pas. J'en ai pour deux minutes.
Ces appareils, ça me connaît. J'ai été opérateur radio
pendant deux ans...
-Bon. Je reviens.
-Quand j'ai pris le maquis en 42. -N'importe quoi.
-Quoi ? -Non, non...
Rien, rien. -Je vois pas pourquoi tu rigoles.
J'avais 14 ans a l'époque. Je l'ai entendu, l'appel du général.
-C'est pas exactement ce que ta mère nous a raconté.
-Les contacteurs sont morts, c'est foutu.
-On a pas le choix. Faut trouver un moyen d'aller en bas.
-Pour aller voir Sarah, faudrait pas respirer 3 ou 4 minutes.
C'est impossible.
-J'arriverai à y aller, pas à remonter.
-Plus une autre minute pour changer la batterie.
Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
-M. Belkacem, il a un masque à oxygène.
-Bonneidée.
Tu veux pas attendre un peu ?
-L'appart est juste en dessous.
‘Ça Va, ça ?
-Super. Merci.
- Si tu tombes ? Que tu respires le gaz ?
Il reste des heures à la batterie. On a le temps.
-Et comment ça va tourner ?
Après, j'aurai peut-être plus accès aussi facilement à la fenêtre.
-Fais attention à toi.
-Je reviens.
-Mathieu ?
Mathieu !
-Tout va bien !
C'est bon, j'ai le masque ! -OK !
-Je vais voir Sarah. -Bonneidée!
Sarah...
-Papa l
-Ça va, ma chérie ?
-J'ai peur.
-Oui, je sais, mais il faut que tu sois forte.
On sait pas si ça va durer.
Je t'ai ramené des trucs à manger.
-T'as un masque ?
-J'ai trouvé une bouteille d'oxygène.
Je t'ai pris une lampe et des piles pour le talkie.
Je vais changer la batterie.
Bon, écoute-moi.
Les secours vont arriver, mais économise les provisions.
Faut que j'y aille. -Quoi ? Déjà ?
-Ma chérie, j'ai pas le choix. Craque pas. Sois forte.
Je suis fier de toi.
Je reviens vite, d'accord ?
Je suis juste au-dessus.
À tout de suite. -À tout de suite.
-Vous protéger est notre mission...
-Avancez, messieurs, dames !
Messieurs, dames, on va à gauche.
À gauche. -Allez !
-Allez, par ici ! Par ici !
-Hé ! Vous allez où ?
-Suivez le groupe, monsieur.
Notre convoi est à 30 min de marche.
On vous emmène à Montmartre.
C'est en dehors de la brume.
On emmène les gens. Tenez, vous tiendrez pas avec votre truc.
L'oxygène pur va vous retourner la tête.
-Merci.
La fumée, vous savez ce que c'est ? -Aucune idée.
C'est pas un gaz de combat. Ça vient du sous-sol.
‘Ça s'étend jusqu'où ?
-Je sais pas. On n'en sait pas plus que vous. Allez.
Suivez-moi. Faut rester groupés.
-Non, allez-y. Je peux pas.
-Vous vous rendez pas compte du bordel.
On est débordés. Je sais pas si on repassera.
-Ma famille m'attend chez moi.
-C'est vous qui voyez.
-Attendez ! Je peux avoir un autre masque ?
Ma fille a un Stimberger. Elle est coincée
dans sa bulle. C'est mon seul moyen de la rejoindre.
-Bon courage. -Merci.
-Il est toujours pas là ?
-Non.
-Ça fait hyper longtemps qu'il est parti.
-Sarah, mon poussin.
T'inquiète pas. Il va pas tarder, j'en suis sûre.
Fais tes étirements. Ça va te relaxer.
-Oh non.
-Allez, chérie, je vais le faire avec toi.
Respire.
Ah, le voilà !
Je te l'avais dit ! Ton père est là, il va bien.
Je te rappelle tout à l'heure.
T'as mis du temps ! On était folles d'inquiétude.
-Je suis désolé. Je suis allé voir dehors.
J'ai récupéré ce que je pouvais. -Comment t'as eu ça ?
-J'ai croisé un convoi de militaires. -Des militaires ?
-Ils emmènent les survivants à Montmartre.
-Ils vont venir nous rechercher ? -J'y compterais pas trop.
Ils sont à pied.
On va devoir passer la nuit ici.
Tu veux aller voir Sarah 2 min ? -La bouteille dure combien de temps ?
-Je sais pas.
Pas longtemps, à mon avis.
-Écoute. Je vais attendre, je crois. On sait pas si ça va durer.
Il faut économiser l'air comprimé. -T'as raison.
-Les militaires savent d'où vient cette brume ?
-Elle serait sortie de terre après le séisme.
Ils avaient l'air aussi paumés que nous.
C'est le bordel, dehors.
-Votre petite,
elle a le syndrome de Stimberger, c'est ça ?
-Oui.
-Je me souviens de son arrivée dans l'immeuble.
C'était une énorme machine. Ça a mis plusieurs jours.
De plus en plus d'enfants naissent avec cette malformation génétique.
-Ben oui, on la connaît, cette maladie.
Elle est terrible. Notre fils Rémi nous en a parlé.
-Il faut qu'on vous le présente.
Il pourra vous aider, il connaît beaucoup de monde
Vous serez moins seuls.
-C'est gentil.
-Allez, on va essayer d'aller dormir.
-Bon, d'accord.
-Bonne nuit.
-Si vous avez besoin de quelque chose...
-Merci.
-Viens.
-Bonne nuit.
-Bonne nuit.
-Il y a quelque chose que tu me dis pas ?
-La brume...
Elle monte.
-À quelle vitesse ?
-Quelques centimètres par heure.
-On pourra pas rester ici indéfiniment.
-Je pense qu'on a franchi le seuil.
Ça ira pas mieux.
Ça va ne faire qu'empirer.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Je sais pas, mais...
Il y a forcément un nombre de morts tolérable.
Un seuil de mortalité qu'on peut pas dépasser,
au-delà duquel la société ne peut pas se relever.
Tu te rends pas compte comment c'est dehors.
Les deux tiers des Parisiens y sont passés d'un coup.
Et si c'est pareil ailleurs,
alors aucun service public peut être en état de fonctionner.
-Ça veut dire
plus de police, plus de médecins,
plus de techniciens pour remettre l'électricité.
-Ça veut dire plus rien.
-Ça va aller, mon bébé.
Ça va aller.
Ça va le faire, je crois.
-Mais d'où tu sors tous ces outils ? -Mon bureau.
-T'as vu Sarah ? Elle va bien ?
-Oui. Je suis passée, elle dormait.
Heureusement, elle a le chauffage de la bulle.
Dans le reste de l'appart, on gèle.
-...du ministère de l'intérieur. La France est en état d'alerte.
Respectez les consignes suivantes.
Rentrez dans le bâtiment en dur le plus proche.
Bouchez toute ouverture.
Arrêtez climatisation, chauffage et ventilation.
N'allez pas chercher vos enfants à l'école.
-C'est le même message sur toutes les stations ?
-N'ouvrez pas vos fenêtres... -Oui, on dirait.
C'est quoi ?
-Ceci est un message officiel du ministère de l'intérieur...
-Viens.
Regarde.
-Quelle horreur !
-Ça va vite être l'enfer, Ià-bas.
Viens.
-Nuit de Chine, nuit câline, nuit d'amour...
Nuit d'ivresse, de caresses...
-Y a des émeutes ?
-Oui. En hauteur, on survit. Les gens s'entassent sur Montmartre.
-On doit aller chez Charlotte.
-Charlotte, la copine de Sarah ?
-Oui. Dans le Morvan. C'est en altitude.
Les parents de la petite nous accueilleront.
Sarah pourrait partager sa bulle.
-Ouais. Il faut une combinaison.
-Elle ne doit pas toujours rester dans sa bulle ?
-Il y a des combinaisons spéciales pour les déplacements.
Elles sont chères. Les parents les louent.
-Et elles sont où ? -Dans un Iabo, au centre de Paris.
-J'en ai pour 1 heure 30 max.
-Non, j'y vais. Le service a déménagé.
Même avec un plan, j'ai failli me perdre.
-OK. On y va ensemble, alors.
Je te laisse pas y aller seule. Pas avec ce bordel dehors.
-OK.
-Papa, maman !
-Ça va, ma chérie ? -Ça va.
C'est long, quand même. -Je sais, poussin.
On va te chercher une combinaison, au cas où.
-La fumée se dissipe pas ? -Non.
Ça bouge pas. J'ai laissé un talkie au voisin.
M. Lucien. Tu lui parles quand tu veux.
-OK. Comme vous sortez, vous pouvez aller voir Noé ?
Allez le voir, s'il vous plaît.
Ses parents étaient pas là. Il doit être seul.
-Non, ma chérie. On peut pas.
On économise l'oxygène.
-C'est pas loin : 42, rue Saint-Ange. Au-dessus du magasin de vélo.
-On aimerait, mais on n'a pas le temps.
-T'aimerais pas que ses parents le fassent pour moi ?
Allez...
-Mon Dieu !
-Je sais. Essaye de pas regarder.
On fait vite.
Qu'est-ce que c'est ? -Oh...
-Tiens.
Cours !
Allez !
Vite !
Allez !
Anna !
Anna !
Anna !
-Mathieu !
Mathieu !
-C'est moi. Anna, c'est moi ! -Mathieu !
Je t'ai vu tomber, ça s'est passé tellement vite.
J'ai eu si peur !
J'ai cru que... -Moi aussi.
J'ai cru que je t'avais perdue. Ça va ?
-Oui.
-On va y arriver. -Oui. Je sais.
-C'est juste là. Viens.
-C5.
-Dans l'eau. D4.
-Tu dis quoi ?
-D4. -Désolé.
Dans l'eau aussi.
-Vous êtes sûr ?
-Oui, je suis sûr.
Je l'ai juste devant les yeux.
Tu crois quoi ?
Que le petit vieux, il a plus toute sa tête ?
A moi. D2.
-Par là.
Ici.
Elles étaient rangées là. Je comprends pas.
-Merde !
-Là ! -OK.
-C'est ça. -OK.
Allez !
-Mathieu ! C'est par là.
-C'est quoi...
-Mathieu ! Mathieu !
-Ça Va. -Ça Va ?
-Ça va. -T'es sûr ?
Qu'est-ce qu'y a ?
Mais quoi ?
Oh merde !
Merde...
Attends !
OK. On y va!
-OK.
-Fais voir.
-Faut pas que ça touche le tissu.
0K. Bouge pas.
Je reviens, OK ? Je reviens tout de suite.
Je suis là.
-OK.
-Attends, relève...
Tiens ça.
-Pardon, pardon.
Pardon.
Pardon.
-Quoi ?
Je l'ai fait quand j'étais à Barcelone.
Je rêvais d'en avoir un.
J'ai jamais osé.
OK, c'est bon. J'ai compris. -J'arrête.
Ça va ? -Ouais, c'est bon.
-Tu vas y arriver ? -Oui.
-OK. Vas-y, je vais t'aider. -Non, ça va.
Tiens.
Qu'est-ce qu'y a ?
-C'est presque vide. Il en reste pas assez
pour qu'on rentre à deux.
-Mais non. On peut essayer. -Non.
Il faut que t'y ailles.
-Quoi ? Non, je te laisse pas ici.
-On n'a pas le choix.
Je vais me débrouiller, tu me connais.
-Tu vas faire quoi ?
Rentrer sans respirer ? -J'en sais rien.
Je trouverai une solution. Je passerai par les toits.
-Par les toits ? N'importe quoi !
-Anna, c'est jouable. Fais-moi confiance.
-Non, non. -Écoute-moi.
Il faut que tu lui amènes cette combinaison.
Si, écoute-moi.
Avec la combinaison, Sarah ira a la pharmacie a l'angle.
Elle est intelligente. Elle trouvera des recharges d'oxygène.
Et tout sera possible.
C'est une grande idée, chez Charlotte.
C'est pas si loin et parfait pour attendre
que ça redevienne normal. Que ça passe.
-J'y arriverai pas.
Pas sans toi. S'il te plaît.
-Mais bien sûr que si.
Je vous connais, vous deux. Vous êtes les plus fortes.
Les deux femmes de ma vie.
Et je vais réussir à vous rejoindre.
C'est l'avantage d'être un optimiste à la con.
Je doute de rien.
Allez. Vas-y.
-Dieu merci, vous avez réussi !
Et votre mari ?
-Il a dû rester Ià-bas.
Sarah, ça va ? -Votre fille va bien.
Vous en faites pas.
-Non. Non.
Non, non, non !
C'est pas vrai.
-Y a quelqu'un ?
Y'a quelqu'un ?
-Elle a recommencé à monter.
C'est de plus en plus rapide.
Allez.
Dépose le masque, s'il te plaît.
Allez. De toute façon, t'es foutu. On l'est tous.
T'as qu'à te dire que j'abrège ton calvaire.
Dépose ce putain de masque.
-Et après ? Tu vas me buter, comme l'autre ?
-Maman ?
-Oui ?
-Tu crois qu'il y a quelque chose après ?
"Après ?
-Après. Quand on est mort, quoi.
Tu crois qu'on disparaît ou qu'il y a autre chose ?
-T'en penses quoi, toi ?
-Je sais pas.
Je préfère me dire que ça ne s'arrête pas.
-C'est bien que tu te dises ça.
-Mais toi, tu crois en Dieu ?
Tu crois que c'est lui qui fait tout ça ?
-Je suis scientifique, Sarah.
En physique, on croit que toute action
entraîne forcément une réaction.
Cette brume, elle est pas divine. Ni magique.
C'est forcément
une réaction naturelle à quelque chose.
-Mais à quoi ?
-Je sais pas, mon poussin.
-Maman, t'es là ?
-Je dois vérifier quelque chose, chérie. Faut que je te laisse.
-Qu'est-ce qu'il y a ? -Je dois aller changer la batterie.
-Mais pas sans masque. -Il lui reste 10 min.
-Alors j'irai.
-Qu'est-ce que tu racontes ?
Avec ton souffle au cœur et ton diabète, tu tiendras pas 20 secondes.
-Mais moi, c'est pas grave si je remonte pas.
-J'apprécie beaucoup. Vous êtes courageux.
Votre place est avec Colette.
-Maman ?
-Oui, chérie ? Ça va ?
-Oui, ça va. Je voulais te demander...
mais je sais pas trop.
Comment on sait quand on est vraiment amoureuse ?
-T'es amoureuse, ma chérie ?
-Je crois.
-C'est Noé, l'heureux élu ?
-Tu trouves ça ridicule ?
-Ah non, pas du tout. C'est bien.
-Ça te dérange pas ? On sera jamais comme tout le monde.
-Ma chérie, écoute-moi bien.
C'est très important.
Je vais plus avoir de batterie sur le talkie.
Je vais devoir te laisser.
Mais avant, je veux que tu saches...
Je trouve magnifique que tu sois amoureuse.
Être amoureuse de ton père, avec ta naissance,
c'est la plus belle chose qui me soit arrivée dans la vie.
Et je trouve aussi que plus que n'importe qui sur cette planète,
tu as le droit d'être amoureuse.
-Maman, ça va ?
-Je t'aime, ma fille.
Je t'aime plus que tout. -Moi aussi, je t'aime.
-Merci.
-Maman, y a un problème de batterie.
Oh non...
Maman, la bulle s'est éteinte.
Si la fumée rentre, je fais quoi ?
Maman !
Maman ! T'as pas de masque ?
Pourquoi t'as pas de masque ?
Faut que tu remontes ! Allez !
Tu fais quoi ?
Je comprends pas. Pourquoi t'es venue sans masque ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Maman !
Pourquoi t'as fait ça ?
Vas-y, repars !
Maman ?
Maman, t'es là ?
Maman ?
T'es arrivée en haut ?
Papa! "Sarah ! Ça va ?
-Maman est venue. Elle avait pas de masque.
-Vous vous en êtes sorti !
Et Anna ?
-Maman, t'es là ?
Papa ?
J'ai entendu un cri. Vous avez entendu ?
-Remettez-vous. Je vais lui parler.
-Pourquoi vous me répondez pas ?
Mais répondez-moi ! -C'est bon.
C'est bon... Je vais...
Sarah.
C'est papa.
-Mais qu'est-ce qui se passe ?
C'est un tremblement de terre ?
-C'est rien.
Ils l'avaient annoncé.
Y a rien de grave.
-Lucien.
La brume monte vite. On peut pas rester là.
Ça va rentrer dans l'appartement.
Place des Victoires.
J'y ai vu un camion avec une combinaison intégrale de l'armée.
Je suis sûr que je peux l'adapter à celle-là pour Sarah.
Et je vais vous trouver deux masques à oxygène.
-Ce ne sera pas nécessaire, Mathieu.
Pour nous, le chemin s'arrête ici.
C'est mieux.
-Je suis sûr que j'ai le temps, Lucien.
-Je vous assure.
Je n'ai aucune envie de survivre à mon fils.
-Je suis désolé. -Mais ne le soyez pas.
Nous avons eu une belle vie.
Nous sommes chez nous, et...
Et nous sommes toujours ensemble.
Merci à vous, Mathieu.
Nous sommes de tout coeur avec vous.
-Embrassez-la pour moi.
-Je le ferai.
-Lucien, qu'est-ce qu'on entend ?
-C'est rien, ma douce.
Y a rien à voir dehors.
C'est des jeunes qui jouent avec des pétards.
Ça va aller. Ne t'inquiète pas.
-Sarah, c'est moi.
Faut que je te parle, ma puce.
Sarah, regarde-moi.
Sarah. Regarde-moi, ma chérie.
Faut que je te parle. C'est important.
Je vais ressortir.
-Quoi ?
-Faut que je retourne dehors.
-Je fais quoi, moi, toute seule ?
-Je dois réparer ta combinaison.
- Je veux pas, je te dis !
-T'énerve pas, ma puce.
-Si tu sors, tu vas mourir comme maman.
Et ce sera encore à cause de moi.
-Mais pourquoi tu dis ça ? Je peux pas te laisser dire ça.
Ta mère le supporterait pas. C'est elle qui a fait ce choix, pas toi.
Et elle savait ce qu'elle faisait.
Fais-moi confiance.
Je te promets que je vais revenir.
Sarah, il faut que tu me croies.
Je vais revenir.
Et on va sortir d'ici tous les deux.
Ensemble.
D'accord ?
Faut que j'y aille.
Pleure pas, ma chérie.
Je vais te sortir de là, mon cœur.
-Tu trouves vraiment que tu as eu une belle vie avec moi ?
-S'il y a bien une chose au monde qui est vraie, ma douce,
c'est que j'ai été le plus heureux des hommes
en vivant avec toi.
-Papa ?
Papa, t'es là ?
Je t'entends pas, là.
Papa, c'est toi ?
-Sarah, tu m'entends ?
Sarah !
Sarah ?
Sarah !
Je suis là.
J'ai la combinaison.
J'arrive, ma chérie.
J'arrive.
Sarah, tu m'entends ?
Je suis presque là.
Tu peux respirer ?
-Noé est venu me chercher. La brume nous fait rien à nous.
Comment c'est possible, tu crois ?
-Je sais pas.
Je sais pas.
-Qu'est-ce que tu fais ?
-T'es libre.
-Ça va ? -Oui.
Oui, ça va.
Ça va, ma chérie.
Je te l'avais dit. Je le savais.
Sarah ?
-Oui, papa. J'arrive.
Sous-titres : Laetitia Rauscent
Sous-titrage : ECLAIR
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