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Original subtitles

M. Orton ?

M. Halliwell ?

II y a quelqu'un ?

Doux J�sus. Y'en a qui ont fait les cons ici.

�a n'a pas l'air d'aller. Vous trouverez du cognac dans la cuisine.

Je suis � vous dans deux secondes.

- Impossible de trouver son journal intime. - Ah non ?

- C'�tait il y a 20 ans. - Il me serait si pr�cieux.

Je pr�f�re ne pas penser � sa valeur.

Pour le biographe que je suis.

Tess est si d�sorganis�e.

- Oh, non. - Ne vous inqui�tez pas.

Je d�teste ces trucs-l�.

Ils ne loupent rien. Impossible de rester naturel.

- �a enregistre, l� ? - Oui.

J'ignorais qui il �tait la premi�re fois que je l'ai vu.

En quelle ann�e d�j� ? Oh, mon Dieu, c'�tait en 1964.

Il avait une confiance en lui extraordinaire et un charme fou.

Il n'avait �crit qu'une pi�ce pour la radio. Aucune originalit�.

Je lui ai dit. Il s'en fichait.

Aucune originalit�.

Je lui ai dit. Il s'en fichait.

C'�tait Joe. Il m'a dit : "La suivante sera meilleure."

J'ai r�pondu : "Eh bien, ce serait formidable."

Alors qu'il partait,

il a dit : "Je peux revenir avec mon ami ?"

Je me suis demand�e : "Son ami"?

Et j'ai compris que oui, il parlait bien de "son ami".

Ce qui �tait assez audacieux � l'�poque.

C'�tait encore le haut Moyen �ge. Deux hommes gay.

C'�tait assez pour aller en prison.

Ce qu'il leur est arriv�, d'ailleurs.

Compl�tement � poil ?

Non, garde tes chaussettes.

Londres �tait une ville si grisante. Vous vous souvenez ?

Non, comment pourriez-vous.

- On parle de quelle ann�e ? - 1967.

- Tu es bien foutu. - C'est les halt�res.

Quand je serai mort, je veux que les gens disent :

"C'�tait le dramaturge le mieux gaul� de son temps."

Tout marchait tr�s bien pour lui.

Sa deuxi�me pi�ce, Le Butin, faisait un tabac.

- Alors il gagnait plein d'argent ? - Oh, �a oui !

On lui proposait de faire ceci, d'�crire cela.

Et il lui restait six mois � vivre.

C'est �a ?

C'est �a, mon cadeau ?

- C'est affreux, mon chou. - �a m'a co�t� 14 �.

Je croyais que tu voulais tout flamber.

Les fripes pourries me vont comme un gant. Depuis toujours.

C'est parce que je viens des bas-fonds.

- Un contrat de la Nouvelle-Z�lande. - Pardon ?

Je sais, mais on fera comme si on ne l'avait jamais re�u.

Ai-je raison de croire qu'�crire un sc�nario pour les Beatles nous int�resse toujours ?

Certainement.

J'appelle Brian pour mettre au point un rendez-vous ?

Super.

�a se prononce "Epstein"

ou "Epstine"?

Mieux vaut attendre.

Les Am�ricains sont si susceptibles au sujet de leur nom.

Il n'est pas am�ricain, si ?

Disons que c'est tout comme.

On se voit plus tard ?

J'esp�re qu'il y aura du monde.

Ne t'inqui�te pas. J'ai r�quisitionn� plein de gens.

- C'est gentil. - Comment va-t-il ?

Bien.

Alors ?

II est cinq heures.

Cinq heures et quart.

Il ne m'a co�t� que 14 �. Peggy le d�teste.

- Tu �tais donc chez elle. - Elle t'aime bien.

Peggy fait partie de tes quelques fans.

- Des appels ? - Je me faisais un sang d'encre.

Pourquoi ? �a commence pas avant 21 h.

Un comportement irrationnel est irrationnel par d�finition.

Je ne m'inqui�te pas pour une chose. Je m'inqui�te tout court.

- Arr�te. - Et toi, arr�te de faire la folle bilieuse.

Ils m'attendent � 20 h pour les derniers d�tails.

- J'ai peur que personne ne vienne. - Mais non.

Et c'est l� que tu dis : "Et ta journ�e ?"

Plut�t productive. J'ai fait la peau � une sacr�e accumulation de poussi�re.

Ensuite, j'ai �t� faire le plein de c�r�ales.

De retour, j'ai lav� une s�lection de choix de ton linge souill�,

ce qui nous am�ne � 16 h, heure � laquelle tu �tais cens� rentrer.

Vu que tu ne rentrais pas, j'ai d�cid� de me couper les ongles.

Tu t'attendais � quoi ? Que j'aie bais� le radiateur ?

Tu arrives toujours � me faire rire.

Toujours.

Tu as lu mon journal intime ?

- Non. - Pourquoi ?

Je l'aurais fait.

- Ils vivaient � Islington. - C'est un quartier assez branch�, non ?

Pas � l'�poque.

Dans un appartement ?

Si on veut. �a ressemblait plus � un placard.

�a va ?

Super.

- On passe devant le th��tre ? - Oh, non, j'�tais s�r que tu allais dire �a.

C'est cens� �tre ma soir�e � moi !

Tout ce que je veux, c'est me casser de ce putain d'endroit.

- Je vais prendre mon Valium tout de suite. - Donne-m'en aussi.

J'ai encore lu votre nom dans le journal hier soir.

Mme Sugden dit que vous �tes sur le point de devenir une vraie star.

Kenneth est tr�s �l�gant.

Ne me regardez pas. Je suis toute sale.

Ils sortent d�ner en ville.

Aux chandelles, s�rement.

Ils n'arr�tent jamais.

Tout le monde les adore.

"UN HUMOUR D�CAPANT" LE BUTIN - DE JOE ORTON

COMPLET

Pendant la mise en place, je ne pouvais m'emp�cher de penser � Schwitters.

Avais-je tort ?

Pas vraiment. Quand j'ai commenc�...

- Dans une cave, quelle surprise. - Arr�te. Et sois gentil avec lui.

- Les voil�. - On voulait jouir de ton expo ensemble.

C'est comme �a que c'est le meilleur.

- Bonsoir. - Alors, Kenneth, c'est le grand jour.

- Joe, comment vas-tu ? - O� sont ces fameux tableaux ?

- Merci d'�tre venu. - On doit se serrer les coudes entre filles.

J'ai eu un ami dans la d�coration int�rieure.

Le nombre de fois o� j'ai d� me tra�ner au Salon des Arts m�nagers...

J'ai re�u une invitation de la part du maire de Londres.

Un banquet pour les grands des arts et de la science.

Formidable !

J'ai vendu les droits d'adaptation de ma pi�ce.

Me voil� riche, d'o� l'invitation � ce stupide banquet.

On m'a dit qu'ils y servaient une excellente soupe de tortue.

Qui paie tout �a ?

�a marche ! Notre premi�re vente.

Peggy vient d'acheter mon Paravent de Chat.

Et j'ai failli en vendre une autre.

- Tu n'as pas � faire �a. - �a me pla�t.

Toi non plus, tu n'as pas � �tre l�. Tu ne lui dois rien.

Plus maintenant.

Il faut que tu le quittes, Joe. Il le faut.

Je ne peux pas.

J'ai pas le droit.

Il allait le quitter ?

II ne manquait pas de pr�tendants.

Je ne sais pas.

Il aurait pu le quitter ?

Vous �tes mari�. Comment pourriez-vous comprendre ?

Pour quoi ? Le sexe ?

Ce doit �tre l� qu'ils apprennent �a. Chez leur psy.

- Et vous �tes ? - L'artiste.

Oh, vraiment ?

Eh bien, c'est tr�s original.

�a a l'air de bien se passer.

Tu en as vendu d'autres ?

Non, mais j'entends de tr�s bons commentaires.

- N'est-ce pas Joe Orton, l�-bas ? - Si.

J'ai ador� Le Butin!

En fait, c'est moi qui ai trouv� le titre.

Je lui trouve tous ses titres. Je suis son assistant.

Ah oui ?

Je n'aime pas du tout ces tableaux.

Qu'est-ce que cela implique ?

�a implique de laver ses slips. De porter ses pulls au pressing.

Et de pocher ses putains d'�ufs.

�a implique de lire ses manuscrits

et d'y retrouver �crite la moindre de mes pens�es.

Cela doit �tre tr�s gratifiant.

Si vous faites allusion aux moments de mutuelle masturbation,

non, ce n'est pas gratifiant du tout !

Je suis folle de mon Paravent.

C'est vrai ?

"Qu'est-ce qui d�crit le mieux votre vie ?"

"Que je sois l'ami de Joe Orton." Comme si c'�tait un m�tier.

Eh bien, �a n'en est pas un.

C'est un putain de boulot � plein temps.

Mais c'est pas un m�tier.

Cela arrivait-il souvent ?

Oh, oui. � en croire son journal, cela arrivait quasiment tous les jours.

Je croyais que vous l'aviez perdu.

En effet.

Non, je ne l'ai pas vu.

Je croyais que vous �tiez partis ensemble.

Non, Kenneth, bien s�r que je le voulais. Je ne l'aurais pas achet� sinon.

Je vais le mettre ici, dans mon bureau.

Oui, s'il appelle, je lui dirai.

Au revoir.

Et apr�s ?

Apr�s, il m'a fait la m�me chose.

On mange ? Je meurs de faim.

Je d�cris tout �a, mes histoires de cul. Tout est dans mon journal.

Comment a-t-il su que tu �tais ici ?

C'est toujours comme �a, non ?

Dans cet �tat-l�.

On devine tout.

D�sol�.

Je suis d�sol�.

J'ai achet� un melon.

Des appels ?

Je suis d�sol�.

Merde !

Vous avez trouv�.

Je viens juste de rentrer.

Je vous pr�sente ma femme, Anthea. Mme Ramsay.

Je vous en prie, appelez-moi Peggy.

On travaille ensemble sur le livre.

Tu sers un verre � Mme Ramsay ? Du vin blanc ?

Du vin blanc. Vous n'�tes pas am�ricaine.

Non, c'est lui.

John est am�ricain. C'est lui qui l'est, pas moi.

Oui, je crois que j'ai compris.

On travaille ensemble sur le livre.

Voici la totalit� de son journal intime.

Conservez-le pr�cieusement.

N'ayez crainte.

On peut passer � table.

Il a beaucoup fr�quent� les pissoti�res.

Du sucre ?

Plus l'endroit �tait sale et glauque, plus Joe y prenait du plaisir.

Du gingembre ?

Sa premi�re exp�rience sexuelle, la premi�re qu'il raconte,

a eu lieu dans les toilettes d'un cin�ma, � Leicester, � l'�ge de 14 ans.

Il �tait all� voir My Favorite Brunette.

Avec Bob Hope et Dorothy Lamour.

C'est �a.

Joe dit qu'il a joui sur l'imperm�able de l'autre.

D�licieux, ce melon.

Merci.

D�s qu'Anthea en aura fait la transcription, je vous rendrai les originaux.

Vous savez taper ?

Je d�teste cela, mais il faudra qu'on parle argent � un moment ou � un autre.

- Il faut que je pense aux proches de Joe. - Bien s�r.

Ils n'ont que lui au monde.

Qu'est-ce que c'est ?

C'est le sc�nario qu'il �crivait pour les Beatles le dernier �t� avant sa mort.

Joe, mon chou.

Je suis sur le point d'avoir Brian Epstein au t�l�phone.

Quand est-ce qu'on pourrait tous se rencontrer ?

II n'est pas l�, Mme Ramsay. Il est sur la c�te.

Qu'est-ce que vous entendez par l� ? Vous voulez dire qu'il est � Brighton ?

Quand il se sera d�barrass� du sable sur ses chaussures,

faites en sorte qu'il m'appelle.

Petite tra�n�e.

Joe, mon chou.

J'ai commenc� � bosser le sc�nario pour les Beatles.

Je vais utiliser des trucs que j'ai �crits il y a longtemps.

J'avais oubli� combien c'�tait bon.

C'est pas toi qui l'as �crit. C'est toi et moi.

Et tu comptais en faire quoi ? Le vendre � la Warner ?

Je m'en ficherais, si tu le reconnaissais.

Si tu disais aux autres que je t'ai aid�.

- Dis-le aux Beatles. - Tu ne m'aides pas vraiment en ce moment.

- Tu n'as rien � faire ? - Fais-le, toi !

Essaie de faire un peu de m�nage post-co:�:t. C'est toujours moi qui m'y colle.

Qui �a peut �tre ?

La police. Encore un de tes plans drague.

Ta vie sexuelle d�brid�e te rattrape. � pr�sent, tu vas le payer.

Je me disais que vous aimeriez voir ma robe en avant-premi�re.

C'est pour la f�te annuelle de ma bo�te qui aura lieu dans un mois ou deux.

Ils n'ont pas encore d�cid� du lieu,

mais tout le monde pense que ce sera dans un grand h�tel de Londres.

Ce mod�le a engendr� des disputes.

Le motif est floral, bien �videmment, et dessin� � la main.

Mais je persiste � dire que ce sont des roses.

Et M. Sugden est persuad� que ce sont des pivoines.

On dirait des fleurs de lys.

- Ou des rhododendrons. - C'est bien possible.

Je vais de ce pas en parler � Clifford.

Vous avez remarqu� que je boite ? Je me suis renvers� mon th� dessus.

�a a fait doubler de volume mon vagin.

Si tu �tais c�l�bre,

au point de ne pas pouvoir marcher tranquillement dans la rue,

qu'est-ce que tu ferais ? Je pense aux Beatles.

Je m'ach�terais une maison.

� la campagne. Et j'aurais des domestiques.

Pas moi.

Je sauterais sur tout ce que je vois.

Non.

T'as qu'� te branler.

Je peux pas me branler comme �a.

Il me faut un pr�avis de trois jours pour me branler !

Toi, tu peux faire �a quand �a te chante.

Moi, �a me demande beaucoup de pr�parations.

Je dois rassembler mes forces, acheter des magazines,

essayer de penser � une situation qui pourrait m'exciter,

penser � quelque chose qui pourrait �veiller un tant soit peu mon d�sir.

Et toi : "T'as qu'� te branler."

Faire remonter le Titanic serait plus facile.

- Je t'interdis d'�crire �a. - C'est que mon journal intime.

- Il t'arrive de le lire ? - Je t'ai d�j� dit que non.

Ma m�re le faisait. �a m'obligeait � �crire les passages cochons en st�no.

La st�no ne m'a servi qu'� �a.

Navr�e mais je ne peux rien faire.

C'est ma secr�taire qui conna�t la st�no, et elle n'est pas l�.

Ma ch�re, il va vous falloir faire preuve d'imagination.

Maman, tu as pris des cours de st�no, non ?

Oui, un bref instant.

C'est le dramaturge auquel John s'int�resse.

Il a fait des �tudes de secr�tariat et a �tudi� la st�no.

C'est son journal intime.

Il n'arr�te pas de passer en st�no, regarde.

C'�tait il y a fort longtemps, ch�rie. Je n'�tais pas dou�e.

"Me suis lev� tard. Ai s�ch� les cours. Dit � maman que j'�tais malade.

"Quand elle est partie, j'ai �cout� Le Choix de la m�nag�re."

"Puis je suis mont� dans sa chambre,

"j'ai r�arrang� les miroirs de sa coiffeuse

"et je me suis tap� une bonne longue s�ance

"de branchette."

"De branchette." Tu es s�re de toi ?

Non, ch�rie, loin de l�.

"Ai lu toute la matin�e,

"et eu une nouvelle �rection.

"Je mettais du savon dessus quand maman est rentr�e.

"Ai dit que je pensais avoir un bouton de fi�vre � cet endroit.

"Maman n'a rien dit de tout le repas." II y avait de quoi.

Tout est du m�me ordre ?

Ses premiers carnets s'arr�tent juste quand sa vie devient int�ressante.

�a me semble d�j� plut�t int�ressant.

- O� est John ? - Il est all� � Leicester voir la s�ur.

Jeter un �il � la maison dans laquelle John a grandi.

Bonjour.

Est-ce que les Orton habitaient ici ?

Est-ce que c'est...

- Moi, je suis Anglaise. Je vous �coute. - Est-ce l� qu'Orton...

Je d�testais cette maison.

Il n'y avait aucune chaleur humaine.

Normal qu'il ait eu envie d'aller voir ailleurs.

� l'�poque, qui �tait de Leicester et voulait devenir acteur

devait se d�barrasser de son accent.

Maman ignorait tout de monde du th��tre.

- Elle aimait qu'il prenne l'accent des riches. - John ?

On l'appelait comme �a dans notre enfance. Il est devenu Joe avec le succ�s.

- Mme Lambert ? - Madame Lambert.

MADAME ADA LAMBERT DICTION ET MAINTIEN

- Vous tenez � am�liorer votre diction ? - Oui, madame Lambert.

Quelle est votre domaine de comp�tence ?

- Je veux devenir acteur. - Assur�ment.

Leicester a engendr� des acteurs tr�s raffin�s.

Richard Attenborough vient de Leicester.

Prenons le th�.

Bien vous mouvoir, bien articuler, je peux vous enseigner cela.

Ce que l'on appelle les arts de la sc�ne.

Fumer une cigarette avec gr�ce, �l�gance

mais surtout avec cr�dibilit�.

Se servir du maquillage comme d'un mode d'expression.

Allez voir une pi�ce dans le West End

et vous y verrez ces arts port�s au comble de la perfection.

Mais tout ceci n'est rien

si vous ne remplissez pas une condition indispensable.

- J'ai de l'argent. - L'argent ? Foutaise !

Je ne parle pas d'argent. Je faisais r�f�rence au talent.

� en juger par votre lecture, vous n'en avez aucun.

Vraiment aucun talent.

- Je veux quand m�me apprendre. - Bravo !

Z�ro pour le talent. Vingt sur vingt pour votre t�nacit�.

LE PETIT TH��TRE - RICHARD III

Ces foutues pi�ces.

Maman �tait plut�t quelqu'un � l'esprit �troit.

Elle aurait pr�f�r� qu'il devienne fonctionnaire et soit toujours en costume.

La prochaine fois, dis-leur de te fournir un costume.

Utiliser notre dessus de lit. Non mais !

Tu le nettoieras !

Peindre un paysage dessus.

Il est foutu, compl�tement foutu.

Je parie que Dirk Bogarde ne peignait pas le dessus de lit de sa m�re !

C'est vraiment d�go�tant.

Et habille-toi.

Toujours � moiti� nu. Je ne sais jamais o� poser les yeux.

Quoi ?

On frappe � la porte. Apporte-moi mon dentier.

Ce doit �tre � cause du gaz. J'ai pas pay�.

Bonjour.

Je fais partie du conseil. C'est votre fils qui m'am�ne.

Quoi ? Qu'est-ce qu'il a fait ? Qu'est-ce que t'as fait ?

C'est du Shakespeare qu'il a fait. Et du tr�s bon.

Il a fait tr�s bonne impression sur un membre influent de notre comit�.

Oui, j'ai un dessus de lit pour lui.

Bonjour.

- Qui est-ce ? - Mon mari. Ne faites pas attention.

- Votre fils est fait pour la sc�ne. - Pour la sc�ne ?

Mais il est all� au lyc�e. Il a appris la st�no.

- Il a port� un joli uniforme. - Ce gar�on ne sera jamais dactylo.

- Il tape 40 mots � la minute. - Ferme-la !

II faut qu'il fasse sa vie � la sc�ne.

Je me suis priv�e de tout pour qu'il trouve un bon boulot dans un bureau.

Non, Mme Orton, votre fils doit demander une bourse pour aller � la RADA.

- La RADA ? - L'acad�mie royale d'art dramatique.

La RADA ?

L'acad�mie royale d'art dramatique.

La RADA.

"Savez-vous apr�s qui je cours, M. Mouche ?"

"Non, rappelez-le-moi, capitaine."

"Je suis � la recherche d'un gar�on, M. Mouche."

"Quel genre de gar�on, capitaine ?"

"Un m�chant gar�on. Un sans c�ur.

"Un gar�on qui refusait toujours de manger son riz au lait."

"Quelle horreur ! Cela existe-t-il ?"

"Eh bien, oui.

"C'est un gar�on de ce genre-l� qui m'a coup� le bras

"et l'a donn� en p�ture aux crocodiles.

"Il s'appelait

"Peter Pan."

Je suppose que vous avez fait du th��tre amateur, M. Orton.

Parlez-nous-en.

J'ai commenc� � jouer dans Richard III.

Dans quel r�le ?

Celui d'un messager.

C'�tait un extrait original. Votre performance nous a plu.

Oui, c'�tait agr�able, bonne diction.

"Oh, si cette trop trop solide chair pouvait fondre,

- "Et au d�gel se r�soudre en ros�e !" - Plut�t vieux.

- "Oh, si le Tout-Puissant n'avait statu�..." - Pas si vieux que �a.

"...En ses lois contre le suicide !"

II est toujours tr�s utile d'avoir un homme de cet �ge.

Lors de la distribution des r�les.

On n'est pas tr�s s�lectifs aujourd'hui.

Au moins, il a un manteau.

- Qu'est-ce que vous interpr�tez ? - Des chats, Mlle.

Modifions un peu l'exercice.

Je tiens un chat � pr�sent.

Tenez. Attrapez-le.

Apprendre � bien se mouvoir, � soigner sa diction et contr�ler son souffle.

Cela semble un peu d�pass�, non ?

- Tout � fait d'accord. - Mais s�rement utile pour les d�butants.

- Tu es un nouveau Londonien ? - Presque.

Un petit h�ritage m'a permis de passer du bon temps dans un h�tel de luxe.

- Je n'ai jamais mis les pieds dans un h�tel. - Celui-ci te plairait.

Allons y boire un caf� ensemble un de ces soirs.

Tu es pr�t ?

On va sur la rive sud. Au festival.

Cela doit �tre divertissant, je pr�sume.

De voir la populace et ses distractions primitives.

Pourquoi tu lui as propos� de venir ?

Allez !

FESTIVAL BRITANNIQUE

"Allons de ce pas, toi et moi,

"dans cette obscurit� sinistre,

"tel le patient endormi sur la table d'op�ration."

Allez, viens.

On dirait que certaines de ces personnes...

- ont des relations sexuelles. - Baisent, tu veux dire.

Tu t'attendais � quoi ? Beaucoup d'entre eux sont australiens.

Allez.

C'�tait quoi, le Festival Britannique ?

Le symbole de la fin des restrictions.

De la nourriture et tout �a ?

Je parle de la vie en g�n�ral. De libert� sexuelle. De tout.

Mais Joe n'a rien fait ce soir-l�.

J'aurais pr�f�r� qu'il ne vienne pas. Je voulais qu'on soit que tous les deux.

- Non. - Pourquoi ?

- Pas ici. Les gens nous regardent. - Je les emmerde.

On ne peut pas faire �a, John.

- Je veux qu'on y aille doucement. - Pas moi.

Tu ne connais rien de la vie.

� ce train-l�, �a ne risque pas.

- Merci. - Les fripes pourries te vont comme un gant.

C'est parce que tu viens des bas-fonds.

Je t'ai dit que j'allais emm�nager avec Janet.

Voici la chambre.

Je ne fais que regarder. Je vis d�j� quelque part.

C'est expos� au nord ?

Personne ne s'en est jamais plaint.

Pas la peine de pr�ciser que la d�coration est � refaire.

C'est quoi, cette odeur ?

Du d�sodorisant. La moquette vient de Reading.

Vous �tes amis ?

- �tudiants. - Je n'ai rien contre l'amiti�.

La plus belle chose au monde, dans les limites du raisonnable.

Je ne fais que regarder.

- On dit que le quartier se d�veloppe ? - En effet.

Ils ont transform� l'�picerie en magasin d'antiquit�s et plus un son ne sort du pub.

Qu'en penses-tu ?

Je pense qu'il me faut garder l'esprit ouvert.

Vas-y, sers-toi. Tiens.

- O� les as-tu trouv�es ? - Je les ai vol�es derri�re son dos.

- Tu sais taper ? - Quarante mots � la minute.

- Tu n'as pas de photos de famille non plus. - Je suis orphelin.

J'ai toujours r�v� d'�tre orphelin.

J'aurais pu, mais j'avais des parents.

Ma m�re est morte quand j'�tais petit.

Une gu�pe l'a piqu�e sur la langue.

On passait � table prendre notre petit-d�jeuner,

et l'instant d'apr�s, elle �tait morte.

- Il te reste ton p�re. - Lui ?

II s'est mis la t�te dans le four quand j'avais 18 ans.

Je suis descendu un matin et je l'ai trouv� par terre.

J'ai ferm� le gaz, me suis ras�,

j'ai fait du th� et appel� les secours. Dans cet ordre.

Je te comprends. Mon p�re n'a jamais �t� important pour moi.

Mes romans.

N'importe qui peut jouer.

Ces livres. Tu seras toujours le plus fort.

Je suis cultiv�. �a ne pourra que d�teindre sur toi.

Les dictionnaires.

- Tu es bon � l'�crit ? - Oui, mais je fais des fautes.

- Mais je ne comprends rien � Shakespeare. - Chaque chose en son temps.

�a me fait penser, on loupe le couronnement de la reine.

Et voici la reine Elizabeth,

notre reine de droit.

Meilleur contraste.

C'est pourquoi vous �tes tous r�unis en ce jour

pour lui rendre hommage et la servir.

Promettez-vous de le faire ?

C'est nouveau pour moi.

Ah oui ?

La t�l�vision.

C'est la premi�re fois.

� r�gner sur le Royaume-Uni...

�a te pla�t ?

�a ?

La t�l�vision.

Et les autres territoires en respectant leurs lois et coutumes ?

Je promets solennellement de le faire.

C'est l'av�nement d'une �re nouvelle.

La reine Elizabeth avance et s'assoit sur le tr�ne du roi Edward

et re�oit l'onction qui accompagne le sacre des rois.

Vous �tes l� pour aider John ?

Pour le soutenir.

Kenneth est-il venu � Leicester ?

Vous l'aimiez bien ?

Je ne le trouvais pas trop d�plaisant.

Je comprenais pourquoi il �tait attir� par Joe.

Mais pas vraiment pourquoi Joe �tait attir� par lui.

Bien s�r, j'ignorais qu'ils �taient amants.

Allez, monte.

Vous saviez que Joe en �tait ?

- Oui. - C'est pas vrai.

Oui et non.

Vous savez comment c'est, non ?

Le jour de notre mariage, maman a surpris Douglas avec une demoiselle d'honneur.

Vous me suivez ? C'est comme �a.

Il ne pouvait pas �tre comme �a � Leicester.

Il a �t� corrompu.

Joe attendait quelque chose de Kenneth.

Et Kenneth de Joe. On ne peut pas parler de corruption.

C'est de la collaboration.

Il est n� comme �a, ou c'est de la faute de ma m�re.

Les femmes s'en fichent.

- Je me fiche de ce qu'ils font. - Et moi, de l� o� ils la mettent.

Pourvu qu'ils ne la mettent pas l�.

Je ne t'avais pas dit de monter ?

Une lamp�e de leur propre jus.

J'ai �t� un peu choqu�e par les sc�nes dans les pissoti�res, mais...

Un gar�on m'a interpell�e l'autre jour

et m'a dit : "Merci pour les pi�ces de votre fr�re." Que r�pondre � �a ?

Moi aussi, je pourrais le remercier pour ses pi�ces.

Personnellement, je crois qu'il en a invent� beaucoup.

- Quoi ? - Dans les toilettes.

Est-ce qu'il faut vraiment en passer par l� ?

�a me semble un peu superflu.

Poss�der une tondeuse, c'est du superflu. Une Fiesta, c'est du superflu.

On devrait lui savoir gr� de toucher de l'argent.

Lui savoir gr� ? Moi aussi, je travaille.

C'est pas les royalties, �a. C'est mon travail de plombier.

Personne ne conna�t Joe Orton � Leicester.

- Ken ? - Quoi ?

Tu sais qu'on pourrait te mettre en prison pour �a.

Toi aussi.

Non.

Moi, je suis la victime.

Arr�te, je veux avancer.

L'�criture, c'est 1l10 d'inspiration et 9l10...

De masturbation.

C'est un livre de la biblioth�que. Aie plus de respect.

Je les respecte plus que toi. Toi, tu ne les vois m�me plus.

Merde, je n'y arriverai jamais.

Et �a, c'est quoi ? On est en pleine �criture d'un roman.

Toi, tu veux dire.

On �crit ceci en collaboration.

On l'a �crit ensemble.

- Arr�te, je lis. - Tu mens.

- Teste-moi, alors. - En quoi ?

En mythologie.

Qui �tait le p�re d'�dipe ?

- La:�:os. - Et sa m�re ?

Qu'elle aille se faire foutre.

Coiffeur pour hommes.

C'est un bon titre.

Je l'ai fait lire � un ou deux

de mes coll�gues que j'ai choisis avec soin...

- et nous avons ri. - Sans blague.

Nous avons glouss� de plaisir.

Le probl�me, c'est que parler de sexualit� classique

est toujours d'avant-garde pour beaucoup,

en litt�rature.

Un livre tel que le v�tre,

- qui est tr�s piquant... - C'est ce que nous nous disions.

Qui explore les chemins de traverse de la sexualit�,

c'est avant-gardiste.

Notre maison d'�dition est tr�s conservatrice.

T.S. Eliot n'en est-il pas membre ?

Si, tout � fait.

Est-il l� ?

On est jeudi. Oui, il est l�.

T'imagines, John, on est sous le m�me toit que T.S. Eliot.

Il veut savoir quelle chaise est la sienne.

Celle-ci.

Eh bien, merci infiniment de nous l'avoir montr�.

Gardez-le un peu plus si vous le voulez. Montrez-le � d'autres amis.

Ce ne sera pas n�cessaire.

Et n'oubliez pas, la prochaine fois que vous voyez M. Eliot,

dites-lui qu'il a deux fans d�vou�s � lslington,

et qu'ils consid�rent The Waste Land comme un chef-d'�uvre.

Ce n'est pas grave.

Au moins, tu t'es assis sur la m�me chaise que T.S. Eliot.

Je ne vais jamais plus me laver les fesses.

Pourquoi tu n'as rien dit ? C'est ton roman autant que le mien.

Je suis timide. Et c'est pas dans mes cordes.

�a, �a l'est beaucoup plus.

Joli cul.

- Il t'a entendu. - Et alors ?

C'est toi le timide � pr�sent.

Celui-l�, il est tout � fait � mon go�t.

Ah bon ?

II ne me branche pas du tout.

Celui-l�, il est bien �quip�.

- Qu'est-ce qui te fait dire �a ? - Il n'y a qu'� le regarder.

- Regarde-moi ce beau paquet. - O� �a ?

- C'est pour nous. - Quoi ? II a fait quoi ?

Tu veux quoi, un t�l�gramme ? Viens !

II est vraiment bien baraqu�.

- C'est s�rement un flic. - Oui, je sais. Il est beau, non ?

On devait aller au concert de la BBC !

Bon. Comment tu t'appelles ?

- Quoi ? Comment je m'appelle ? - Moi, c'est Kevin.

Et moi, Howard.

- Un vrai nom de tantouse. - Patrick, alors.

Un catholique, hein ? Et tu fais quoi dans la vie ?

- Je sais pas. Et toi ? - J'assemble des pi�ces auto.

Et moi, ma�tre-chien.

� ton compte, ou � la solde d'un gros groupe ?

J'ai une trouille bleue, je sais pas si je vais pouvoir faire quoi que ce soit.

On ne veut pas louper le d�but du concert pour �a.

�coute, mon chou, tu pr�f�res qui ?

Lui ou le chef Malcolm Sargent ?

Salut. Moi, c'est Kevin.

- Et moi, Kenneth. - Moi aussi.

- Eh merde. - Mais tous mes amis m'appellent Patrick.

On est tous des amis ici.

Tu embrasses ?

Je crois que je ne lui plais pas.

Il te pla�t, non ?

Bien s�r.

Embrasse-le.

Et ainsi, 10 ans pass�rent.

- Ils n'ont pas fait �a pendant 10 ans. - Bien s�r que non.

Il ne se passa rien. Quand j'y repense, je me dis que c'�tait un travail pr�paratoire.

Une p�riode formatrice, peut-�tre.

Pour Joe, sans doute, mais �a n'a pas d� l'�tre pour Ken.

- Non. - Il perdait ses cheveux.

Je sais ce que c'est.

Et alors qu'il a arr�t� d'�crire, Joe s'y est mis.

Aucun des deux ne per�ait, donc ce n'�tait pas grave.

- � cette �poque-l�. - Tout � fait.

Tu veux ton riz au lait avec les sardines ou � part ?

Avec.

De la confiture ?

Non.

Mozart n'a jamais atteint mon �ge.

- Je suis d�j� trop vieux. - Qu'est-ce que je devrais dire ?

Tu ne l'as jamais �t�.

Je ne vois pas comment on va r�ussir � marquer notre �poque

en barbouillant des livres de biblioth�que.

- Vous m'aviez cach� qu'il �tait eff�min�. - Je vous demande pardon, M. Cunliffe ?

Le chauve, Mme Batersby.

Un homosexuel. Un qui est de la jaquette.

- � lslington ? - Vous n'aviez rien remarqu� ?

Ils r�novent de nombreux logements dans le comt�,

tout �a pour y introduire la vermine.

Adresse : Noel Road.

Ceci exige une petite enqu�te, Mme Batersby.

"Bais� par Monty." Vous m'en direz tant !

Des hommes y ont laiss� la vie ! Leur vie !

Plaque d'immatriculation :

K-Y-R

4-5-0.

Le v�hicule susmentionn�

semble �tre une �pave ou �tre laiss� � l'abandon

sur Noel Road,

et on m'a fait comprendre

que vous en �tiez le propri�taire.

"Avant d'employer les grands moyens,

"je vous laisse une chance de retirer votre v�hicule de la voie publique."

Le sale enfoir� !

Fais chauffer notre fid�le Remington, John.

Nous allons pisser � la raie de ce monsieur avec brio.

"Avec brio", en effet.

Cher Monsieur, merci pour votre petite lettre affligeante...

- "D�solante", je dirais. - Si tu veux.

J'aimerais beaucoup savoir

qui vous a donn� cette myst�rieuse information.

"Fourni", c'est mieux que "donn�". �a fait plus officiel.

Regardez la police, Mme Batersby, c'est la m�me.

La jaquette de notre livre,

leur lettre.

Je vous ai eus, mes petits.

Voici le roman Clouds of Witness, de la tr�s remarqu�e Dorothy I. Sayers.

Voulez-vous nous lire ce que les accus�s ont �crit sur la jaquette ?

"Quand la petite Betty McDree raconta qu'on avait abus� d'elle,

"sa m�re rigola.

"'Elle a d� en entendre parler � la t�l�vision.'

"Mais alors qu'elle trie le linge,

"Mme McDree d�couvre qu'il manque une culotte toute neuve.

"Elle repense aux paroles de sa fille.

"La m�re am�ne la petite Betty au commissariat,

"o�, � la surprise g�n�rale,

"elle identifie l'agent Brecken-Coolidge comme �tant son agresseur.

"Une fouille est organis�e dans le quartier des femmes.

"On y trouve un godemich� de 18 cm

"et une culotte semblable � celles que porte Betty.

"Cela s'annonce mal pour l'agent Coolidge.

"C'est un des romans les plus captivants jamais �crit par Mlle Sayers.

"� lire dans le calme et la tranquillit�...

"sur la cuvette des chiottes de pr�f�rence."

l'agent de probation pense que vous �tes tous les deux des �crivains frustr�s.

Si vous �tes assez malins pour vous moquer

des �crits de gens plus talentueux,

vous devriez essayer d'�crire � votre tour.

Vous r�aliseriez que ce n'est pas un jeu d'enfant.

Vous �tes des �tres lubriques et d�bauch�s.

Je vous condamne � six mois de prison.

- Quelle merde. - C'�tait ton id�e.

Mais je suis le plus jeune.

La prison a vraiment r�ussi � Joe.

Et �tant un homme,

il a exag�r� le c�t� dur de cette p�riode-l�.

- O� est-il all� ? - � Brixton, pour � peu pr�s cinq minutes,

puis dans une de ces prisons ouvertes dans le Sussex.

Pr�s de l� o� j'allais en cure, pour � peu pr�s le m�me r�sultat.

� un prix d�fiant toute concurrence.

En effet.

Et l� o� j'allais, on n'�tait pas suivi par un psy.

Et vos parents ?

Morts. Tous les deux.

Quand j'�tais tout petit.

Je suis orphelin.

Le gars avec qui j'habite,

Ken,

il dit qu'il est orphelin.

Mais ne le croyez pas.

� le croire, il se serait lev�,

et aurait trouv� son p�re la t�te dans le four.

Il n'aurait pas appel� les secours.

Comment il va, au fait ?

Vous me parliez de votre m�re.

Parlez-moi de votre p�re.

Il n'y a rien � raconter. J'avais 18 ans,

un beau matin, en descendant, je l'ai trouv� avec la t�te dans le four.

Vous avez appel� les secours, bien s�r ?

J'ai bien fini par le faire.

Je me suis pr�par� un th� d'abord.

Il �tait d�j� bien mort.

- Vous ne l'aimiez pas trop ? - Pas vraiment.

Vous aimez bien votre camarade de chambre.

On est tout l'un pour l'autre.

Vous dormez ensemble ?

Non...

mais on couche ensemble.

En �tes-vous s�r ?

Absolument.

Ne serait-ce pas plut�t un de vos d�sirs ?

Non, on le fait.

Mais votre ami n'est pas comme vous, si ? II est mari�, il a un enfant.

Cela para�t vous surprendre.

Pas vraiment.

Cela va peut-�tre vous surprendre grandement,

mais je soup�onne votre ami

d'�tre un homosexuel.

Mon Dieu !

Et moi qui dormais dans la m�me chambre que lui.

Vous avez mentionn� une �pouse. O� se trouve-t-elle ?

Aux derni�res nouvelles, elle est � Lyme Regis avec le petit.

Essayez de renouer avec eux.

Prenez un nouveau d�part.

Ne vous inqui�tez pas.

Ce n'est pas trop rudimentaire ?

Bien au contraire, avoir une chambre � soi...

La prison permet � un �crivain de s'affirmer.

Alors qu'elle d�truit tous les autres.

C'�tait la premi�re fois qu'ils se trouvaient s�par�s en dix ans.

- La prison avait un petit go�t de libert�. - Pour Joe.

Quand as-tu �crit �a ?

- J'ai jamais vu �a. - C'est une pi�ce radiophonique.

Je l'ai �crite seul, en prison.

- Je l'ai envoy�e � la BBC. - Et tu ne m'as rien dit ?

J'aurais pu t'aider pour la lettre. Ils ne r�pondront jamais.

Ils l'ont d�j� fait.

"Notre chambre �tait exigu�,

"et on menait une vie confortable gr�ce aux allocations du gouvernement.

"Nos amis �taient tous tr�s diff�rents

"mais tous d�munis.

"Cela suffisait � notre bonheur.

"Nous �tions jeunes."

"J'avais 17 ans, il en avait 23.

"On peut difficilement faire mieux que �a, non ?

"Nous �tions comme cul et chemise."

- "Cela vous choque ?" - "Aussi proche que cela ?"

"Nous avions chacun notre lit."

"Il tenait vraiment � sauver les apparences.

"Mais on passait nos nuits dans les bras l'un de l'autre.

"C'est pour cela qu'on n'arrivait � rien.

"Toute ma vie tournait autour de lui."

- "C'est rare, non ?" - "En effet."

"Il avait de la personnalit�."

Vous pourriez dire "sauver les apparences" sur ce ton-l� ?

"Son esprit manquait encore un peu de maturit�.

"Mais il �tait in�vitable que le succ�s arriverait un jour."

J'ignorais qui il �tait la premi�re fois que je l'ai vu.

M. Orton...

- Bonjour. - Bonjour, tr�s cher.

Je lui ai dit que sa pi�ce manquait d'originalit�.

- Cela l'a touch� ? - Pas du tout.

J'en �cris une meilleure pour le th��tre.

M. Orton, ce serait formidable.

Cela vous para�t-il d�plac� de vous demander de quoi vous vivez ?

Des allocations : 3,10 � par semaine.

Et je dois vous avouer que je sors de prison.

C'est formidable.

La presse va adorer.

Voici ce qu'on appelle une avance.

Cela signifie que quand vous aurez fini votre pi�ce,

celle qui est cens�e �tre meilleure,

vous viendrez ici me la montrer.

John Orton.

�a ne me pla�t gu�re.

C'est trop proche de John Osborne.

�tes-vous attach� � votre pr�nom ?

Non.

Essayez d'en trouver un autre.

La prochaine fois que je viendrai ici,

je pourrai venir avec mon ami ?

Tu fais le tour par derri�re, et arriv� au milieu du canap�, vous plongez.

Voil�.

- C'est mieux comme �a, Joe ? - �a va.

- Vous �tes plus � l'aise ? - Oui, je pr�f�re.

Sauf que ce n'est plus notre pi�ce.

Vous en faites un mauvais vaudeville. Ce n'est plus du tout notre pi�ce.

Notre pi�ce ?

- Ken pense... - Vous l'avez �crite, moi, je l'adapte.

Je n'ai rien � secouer de l'opinion d'un r�fugi� qui porte des fripes.

Je ne veux plus le voir. Il d�concentre les com�diens.

- C'est un ami. - Mais c'est votre pi�ce.

Vous en �tes l'auteur, non ?

Tu veux juste qu'on t'aime.

C'est �a, ton probl�me.

J'ai 25 ou 26 ans ?

C'est pour la presse.

Peggy m'enquiquine pour je mette �a noir sur blanc.

Pourquoi ne pas dire la v�rit� ? Que tu as 31 ans, "Joe".

Je peux pas mettre 31 ans.

Je ne les fais pas.

De plus, la ligne de bus la plus fr�quent�e est la 31.

Mari� ou c�libataire ?

Mari�...

Divorc�.

Un gamin.

Je te l'ai d�di�.

Qu'est-ce que tu veux de plus ?

Tu as mis mon nom en entier ?

Ou juste Kenneth ?

J'y mettrais ton num�ro aussi, si tu veux.

Pourquoi maintenant ?

Je te fais honte ?

Une calvitie pr�coce est signe de virilit�.

Est-ce que vous pouvez me le confirmer ?

II y a plus de gens qui portent des perruques qu'on ne le croit.

Des dirigeants syndicaux,

des grands noms du sport,

des membres de la famille royale.

C'est mieux que le b�ret.

Vous la gardez sur la t�te ?

Oui, pourquoi pas.

Je la porterai pour notre premi�re.

�a fera 70 �.

70 �?

Je te l'offre.

Et moi, je la porte.

Je refuse de t'appeler "Joe." �a fait petite frappe.

Pour moi, tu es et tu seras toujours John.

Pour Ken et Joe,

c'est le d�but de la gloire.

LES ARTS NOUVEAUX - Le Locataire

Je veux voir si �a marche.

Quoi ?

La perruque.

Je vais finir aussi d�bauch� que toi.

Oui.

Ne bouge pas.

�a va ?

Tu as cinq minutes ?

Pas vraiment.

H� !

Tu vois le gars avec la perruque ?

II ne demande que �a, va le voir.

Oh, quelle horreur !

Vas-y.

T'aurais du feu ?

- Quoi ? - Du feu.

- Je crains que non. - Dommage.

J'avais envie de faire prendre l'air � Popaul.

Tu me suis.

�a marche.

- �a marche vraiment. - Allez, vas-y.

J'oserai jamais.

- Tu veux que je vienne ? - Non.

Vas-y.

On appelle �a des chaumi�res, vous savez. Les pissoti�res.

Aux �tats-Unis, on appelle �a des salons de th�.

Ah oui ?

En Angleterre, les salons de th�, c'est autre chose.

Comme nous, les chaumi�res.

Vous avez d�j� vu �a de pr�s ?

Tu n'aimerais pas qu'on te la foute au cul, par hasard ?

Si je comprends bien ce que tu entends par l�,

non.

On peut toujours demander.

Ken !

On ne faisait que discuter.

- Les flics sont devant. D�p�che ! - Merde.

Merci.

LE BUTIN DE JOE ORTON

Cette pi�ce, Le Butin, est un plus gros succ�s que la pr�c�dente.

Elle est aussi de meilleure qualit�, et la critique l'a ador�e.

La meilleure pi�ce de l'ann�e.

Jamais des droits cin�matographiques n'avaient �t� si �lev�s.

Et l�, je travaille sur un sc�nario pour quatre gar�ons

qui jouent des coudes avec J�sus

pour �tre la personnalit� la plus connue au monde.

Mais ai-je jamais rencontr� ces personnages de l�gende ?

Ai-je jamais rencontr� leur manager, M. Brian Epstein

et ai-je re�u mon ch�que ?

Non. Alors pourquoi je persiste ?

Parce que tu es vaniteux.

Je vais tout l�cher, Beatles ou pas Beatles.

Ce que j'aimerais faire l�, maintenant,

c'est baisser leurs frocs de mecs de Liverpool,

et de leur enfoncer ma Remington dans le cul.

� ces adorables �bouriff�s.

- Et moi, dans tout �a ? - Quoi, toi ?

J'ai oubli� quand tu m'as touch� la bite pour la derni�re fois.

En fait, si.

C'�tait il y a deux ans environ.

Mais je ne me souviens plus de la date exacte.

C'est b�te.

J'aurais d� l'�crire dans mon journal intime.

"La derni�re fois que Joe a touch� ma bite.

"L'ouverture de la chasse aux t�tras."

On devrait peut-�tre partir.

Dans un endroit o� on pourra baiser � tout-va. Et je ne parle pas de Southport.

Un endroit o� m�me toi, tu pourrais t'amuser.

Le Maroc, peut-�tre.

Qu'est-ce que tu en dis ?

Je ne veux pas partir en vacances.

Je veux aller � la c�r�monie de remise de prix.

C'est possible ! Regarde : "Joe Orton et son invit�."

Je serai sage. Je ne dirai rien, je te le jure.

- Non. - Pourquoi ?

- C'est pour moi. Je l'ai �crite. - J'ai trouv� le titre.

Quand il y aura une remise de prix pour les titres, tu iras.

Oui ?

Non, c'est son assistant.

Non, il est tr�s occup�.

Je vois.

Tr�s bien.

Je vous remercie.

Paul McCartney appelait pour te voir.

Il est en route.

- Vers ici ? - Oui.

Merde.

- C'�tait lui ? - Non.

Quelqu'un de plus cultiv�. Son chauffeur, je crois.

- Tu lui as donn� l'adresse ? - Il la connaissait.

J'aurais aim� le savoir. Quelle porcherie ici !

Tu parles. Il a l'habitude.

Ils viennent tous de la classe ouvri�re.

Mais c'est mon pr�f�r�. Je l'ai toujours bien aim�.

Les autres sont moins sophistiqu�s.

Je serai discret. Je te demande juste de nous pr�senter.

Dis-lui qui je suis, et apr�s je me ferai tout petit.

On doit ressentir la m�me chose avant d'�tre pr�sent� � la reine.

Sauf qu'avant de voir la reine,

on ne doit pas avoir souhait� lui foutre une machine � �crire dans le cul.

M. Orton ?

Son assistant.

Il t'attend dans sa voiture.

Joe !

- C'�tait Paul McCartney. - C'est vrai ?

Kenneth, vous allez avoir de ces souvenirs !

Ken n'a pas assist� � la c�r�monie, mais moi, oui.

Je vous donne cette r�compense au nom des policiers de Londres...

Dans les instants glorieux, les maris oublient vite leurs femmes.

Sinon, on perd nos moyens.

- Mais les femmes exigent d'eux le partage. - C'est exact.

Et Ken �tait autant son professeur que sa femme.

Pauvre Ken.

Il avait conquis tout le monde.

Joe �tait jeune, la pi�ce �tait os�e. Tout cela �tait tr�s culott�.

Mes pi�ces parlent de ceux qui s'en tirent toujours,

et ceux-l�, ce sont les coupables.

Ce sont toujours les innocents qui trinquent.

Cela me para�t �tre aussi le cas dans la vraie vie.

Et pas juste dans mes pi�ces.

Je m'en suis toujours tir� jusqu'� pr�sent,

et je compte bien continuer ainsi.

Merci.

- Je te d�pose ? - Je pr�f�re prendre le 24.

- Pourquoi, o� vas-tu ? - Quelque part, c'est tout.

- Encore bravo. - Merci.

Qu'est-ce que tu as dit ?

- Tu n'as rien dit ? - Non.

Tu me connais.

Merci.

Diff�rentes personnes

m'ont embrass�.

Fais tes valises.

- Est-ce que tu lis mon journal ? - Non.

Pourquoi ?

Peut-�tre que tu m'aimerais un peu moins.

Je prends ma machine � �crire ?

- Non, on part en vacances. - Juste au cas o�.

Tu veux lequel ? Groucho ou Zeppo ?

�a m'est �gal.

Tu crois que je plais auquel des deux ?

Je ne suis pas s�r que ce soit important.

Je ne suis pas s�r que ce soit important.

Le mari de ta s�ur travaille � Epsom ?

Oui, � Epsom.

Dans un h�tel ?

Oui. Comme serveur.

Epsom se trouve dans le Surrey,

pr�s de Londres.

Et dire que deux autres arrivent vers 19 h.

Je commence � avoir un emploi du temps du diable

qu'aucun membre de la famille royale ne supporterait.

- Je m'am�liore. - C'est vrai.

Tu redeviens un �tre humain depuis qu'on te suce r�guli�rement.

Qui �a peut �tre ? Personne ne sait qu'on est l�.

J'ai donn� le num�ro pour les Beatles. Au cas o�.

C'est Brian Epstein.

J'ai �t� impressionn� par ton sc�nario, Joe.

Mais certains passages me laissent perplexe

et j'aimerais que tu me les expliques.

Avec plaisir.

Les Beatles courent tous apr�s la m�me fille, c'est �a ?

Oui.

Bon, admettons.

Les connaissant, je dirais que c'est...

peu probable.

Mais,

c'est surtout page 53,

dans la sc�ne 86, qu'on nage en plein d�lire.

Quand tous les gar�ons sont au lit avec Susan.

L'un d'eux fume un joint. Il le fait passer.

Deux mises au point, Joe. Un, les gar�ons ne se droguent pas.

Ils ne l'ont jamais fait et ne le feront jamais.

Il s'agit juste d'un joint.

Deuxi�me mise au point. S'ils sont tous au lit avec Susan,

�a veut dire, si je comprends bien, qu'ils couchent les uns avec les autres.

Hors de question.

Pourquoi ?

Pourquoi ? Parce qu'ils sont normaux et h�t�ros.

Je suis s�r qu'ils couchent ensemble.

Absolument pas.

Mais ils sont tous tr�s mignons.

Je leur faisais passer du bon temps.

Je les ai fait chanter, fumer, baiser tout ce qui passe, eux inclus.

Je croyais que c'�tait �a, le succ�s.

M. Orton, le succ�s, c'est...

�a demande un certain respect � l'�gard du public.

De plus, un des gar�ons est mari� et heureux de l'�tre.

Vous me voyez navr�, M. Orton.

J'esp�re que vous passez de bonnes vacances.

Pourquoi est-ce que tu travailles ?

Profites-en.

Mais j'en profite.

- �coute �a. - Pas maintenant. J'ai pas envie.

Pas ici.

�a sera d�j� assez comme �a d�s notre retour � Londres.

Arr�te.

Casse-toi.

Mais quel tar� !

D�s notre retour, c'est fini. Termin�.

Tu as oubli� : "Je retourne chez ma m�re."

C'est ce genre de r�plique qui fait que tes pi�ces ne valent rien.

Il attend qu'on le paie.

En fait, il est plut�t charmant.

Je crois que je vais me retirer.

L�cher mes blessures...

ou me les faire l�cher.

Tu pourrais au moins ouvrir la fen�tre. �a pue ici.

Bonne nouvelle.

Peggy a vendu le sc�nario des Beatles � quelqu'un d'autre.

�a va me rapporter le double, apparemment.

L'Observer aimerait m'interviewer.

L'Observer aimerait m'interviewer.

Et Vogue se demande si j'accepterais de d�filer pour eux.

C'�tait bien la peine de partir.

- Quoi ? - On part loin d'ici un mois,

et au retour, tu refais une de tes crises de jalousie.

Tu les as trouv�es ? Bien s�r que oui. Je te connais bien, allez.

Allez, fais-moi ton petit num�ro.

- Arr�te ! - Allez, fais-le.

Il en faut combien, pour y passer ?

Douze, c'est �a ?

Une, deux...

Tiens. Va chercher.

Et encore une. Oui, et une autre.

Tiens.

- R�ponds. - Non.

R�ponds.

All� ?

Bonjour, Leonie.

Oui, c'�tait tr�s agr�able. Merci.

Je te le passe.

All� ?

C'est arriv� quand ?

�a veut dire qu'il faut pr�parer son enterrement ?

Et merde.

J'arrive. Tr�s bien.

Au revoir.

- Ma m�re est morte. - Oh, Joe.

Je sais ce que �a fait.

La mort de ma m�re a chang� toute ma vie.

Je suis vraiment d�sol�.

Pas moi.

Profite de mon absence pour aller voir un docteur.

Un bon docteur. Tu es vraiment malade.

Salut, mon ch�ri.

Votre m�re est pr�te,

si vous voulez entrer et lui pr�senter vos respects.

Votre p�re, d'abord.

Arr�te, Joe. Ne me fais pas rire.

Je la connaissais pas. Ne me fais pas rire.

Je ne comprends toujours pas pourquoi tu veux qu'on t'appelle Joe.

John, �a a beaucoup plus de classe.

Vous ne lui avez pas mis ses lunettes.

C'est la proc�dure � suivre.

En g�n�ral, c'est ce que les gens pr�f�rent.

Et son dentier ?

�gar�, apparemment.

Dommage.

Elle en �tait fi�re.

Oh, mon Dieu. Jette-moi �a.

Je veux un souvenir d'elle.

Tu es vraiment sans c�ur, hein ?

Je prends des cours du soir.

De litt�rature britannique contemporaine.

C'est fou le nombre d'auteurs qui sont p�d�s.

C'est � cause de maman que tu pr�f�res les gars ?

L�che-moi.

C'est eux que tu regardes. Je l'ai bien remarqu�.

C'est eux que tu regardes. Je l'ai bien remarqu�.

J'ai d�j� eu plus de bon temps qu'eux.

Sexuellement parlant.

On n'en a eu aucun.

Il y a bien d� avoir des fois

o� vous avez �t� heureux.

Oui.

Plusieurs.

Tu fais la bise � pr�sent. C'est nouveau.

C'est Londres.

J'avais oubli� de te dire.

J'ai rencontr� Paul McCartney.

ARR�T DE BUS

Je t'ai d'abord pris pour un flic.

- C'est la chemise noire. - Un enterrement.

- De qui ? - Ma m�re et deux s�urs.

R�duites en cendres dans l'incendie de notre foyer.

- Tu dois avoir le c�ur bris�. - En effet.

Occupe-toi de mes couilles.

Je peux vous aider � d�shabiller le corps ?

Je n'ai pas besoin d'un cours d'anatomie. J'ai fait des �tudes d'infirmi�re.

� pr�sent, je lui enl�ve ses dessous.

�pargnez-moi. Vous oubliez qu'il s'agit de ma m�re.

- Je suis navr�. - � quel sujet ?

Pour votre m�re.

Passez-moi le faux dentier.

Pas de b�tises. �a va �tre � moi.

Utilisez celui-l� plut�t. C'�tait celui de ma m�re.

Bon sang !

Vous avez trouv� autre chose ?

J'ai dit : "Vous avez trouv� autre chose ?"

Son dentier.

Je ne sais pas quoi dire sur la fin de leur vie.

Cela n'avait rien de naturel.

C'est le moins qu'on puisse dire.

Ce n'est pas ce que je voulais dire. Ce sont des choses qui arrivent.

J'ai un rendez-vous avec le psychiatre � 10 h demain.

Oui.

Merci de vous donner tant de mal.

Ce n'est pas d'un psychiatre dont tu as besoin.

C'est cette chambre. Tu vis ici depuis trop longtemps.

Ah oui ?

J'en trouve des centaines. Tu refuses d'aller les visiter.

"Deux chambres, deux salons, une salle de bains et une terrasse.

"Ce lieu de vie bien am�nag� est facile � entretenir

"et vous laisse plus de temps libre pour vos loisirs."

- O� ? - East Croydon.

Je refuse d'habiter l�-bas.

Tu es si peureux. Moi, j'adore la campagne.

Ce serait sympa de voir du vert � l'occasion.

- L�-bas ? - N'importe o� ! Mais pas toi.

Tu seras toujours � niquer tout ce qui bouge jusqu'� ta mort.

Qu'est-ce que le docteur a dit ?

II parle d�j� de m'interner.

Et je n'ai m�me pas encore vu de psychiatre.

Ceci �tant dit, c'est un tr�s bon docteur.

Il soigne les ministres du gouvernement.

Et si on se s�parait ?

�a m'aiderait ? C'est de moi qu'on parle.

�a ne peut plus continuer.

Je t'ai tout donn�. Tu me dois tout.

�coute-toi parler, mon chou.

Tu n'as pas �t� mon Pygmalion. J'ai r�ussi tout seul.

- Ce sont mes livres. - On se verra toujours.

- Je t'ai appris des choses. - Moi aussi.

Comme quoi ? Allez draguer dans les pissoti�res ?

Enfin,

si �a n'avait pas �t� toi, �a aurait �t� quelqu'un d'autre.

- Dors l�-dessus. - Comment ?

Je peux te branler si tu veux.

- Qu'est-ce que tu veux ? - Joe.

John.

Il n'y a plus de John.

John est mort.

Si tu changes d'avis pour la branlette, ne me r�veille pas.

Ma vie n'a aucun sens.

Je suis un enfant unique.

Mes deux parents sont morts.

J'ai commenc� � perdre mes cheveux � 20 ans.

Je suis homosexuel.

Si on prend tous ces faits en consid�ration,

j'avais tout ce qu'un artiste peut souhaiter.

Tout me pr�destinait au succ�s.

J'�tais programm� pour devenir romancier ou dramaturge.

Mais je n'ai pas r�ussi alors que toi, si.

Joe ?

Tu fais tout mieux que moi !

Tu dors m�me mieux que moi !

J'aurais d� utiliser �a.

Beaucoup plus th��tral.

Mais tu l'aurais vu venir.

Si vous lisez ce journal, vous comprendrez. K.H.

P. -S : Surtout la fin.

Je l'aimais.

J'ai d� l'aimer.

J'ai voulu mourir � travers lui.

J'�tais cens� passer le prendre � midi.

Pour un d�jeuner priv�.

Sa vie est de plus en plus glamour.

Il dort toujours d'un sommeil de plomb ?

Je ne sais rien de sa vie priv�e.

La curiosit� n'est pas mon point fort.

Essayez de regarder par la bo�te � lettres.

M. Orton, vous �tes l� ?

J'ai transport� toutes sortes de personnes � droite, � gauche.

Est-ce que l'autre gars est chauve ?

Non, il porte une perruque.

On peut enfoncer cette porte ?

Clifford !

Tu permets qu'on enfonce la porte ?

C'est hors de question.

Si on n'a pas le choix, appelez les flics.

C'est leur boulot.

S'il n'avait pas assassin� Joe, personne ne conna�trait son nom.

Ken �tait la premi�re concubine.

Il l'a aid� � ses d�buts et puis...

Elles ne d�foncent pas toutes le cr�ne de leur mari.

Exact, mais je ne comprends pas pourquoi.

Alors qu'est-ce que �a fait de vous ? La deuxi�me concubine ?

Mieux que �a, tr�s cher.

La veuve.

Il y a eu deux c�r�monies.

Celle de Joe a eu lieu � Golders Green. Tout le monde �tait l�.

Et celle de Ken � Enfield. Personne ne s'est d�rang�.

On �tait trois.

C'est triste.

Eh bien...

ils ont quand m�me fini par �tre ensemble.

� proprement parler, nous aurions pr�f�r�

que les deux morts aient �t� incin�r�s sur les lieux.

Le m�lange aurait ainsi pu �tre effectu� par une personne exp�riment�e,

et sous contr�le.

Je crois que j'en mets plus de Joe que de Kenneth.

C'est symbolique, tr�s ch�re, pas une recette.

J'esp�re que �a ne viendra pas aux oreilles des gens de Leicester.

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