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Steve, c'est pas trop t�t !
Tu as 3h de retard !
Je vous en prie.
Merci. Tr�s aimable.
Aide-nous.
- On d�charge, Joe. - J'arrive.
Stubby. Ta sacoche.
Bonne chance.
Dis pas �a. �a porte la poisse.
Bonjour, sh�rif.
Bienvenue � Salt Flat, Stubby.
Du mat�riel de pro.
Un, deux, trois, quatre, cinq et six.
Tout �a pour taper le carton, hein ?
Des cartes neuves.
C'est que �a bouge, ici, � Salt Flat.
Mais sh�rif,
�a repr�sente 6 mois de labeur, de signes invisibles,
de cartes corn�es.
Ecoutez.
Je dois avoir une centaine de dollars.
Sh�rif.
Deux cents.
C'est tout ce que j'ai. Alors ?
On fait affaire ?
Fourre cet argent dans ta botte.
Il te servira peut-�tre.
- Viens. - Je connais le chemin.
Bonjour.
Bonjour.
Je suis Stubby Preston.
Et moi, Emmanuela O'Neil.
Et ton nom d'artiste ?
Bunny.
Salut, Bunny.
Appelle-moi Stubby.
Salut, Stubby.
Toi et moi,
on repr�sente les plus vieux m�tiers du monde.
Moi, c'est Butt.
Meurtre ? Vol ?
Hold-up ? Ou les trois � la fois ?
Je suis tr�s ami avec les morts.
Je les vois toutes les nuits et parfois m�me le jour.
J'essaye de les apaiser, parce qu'ils crient, ils hurlent, et...
Et �a nous casse les oreilles.
Et lui, le Christ en croix ?
Sant� !
Veuillez l'excuser, M. Stubby.
Il est dans cet �tat depuis son arriv�e.
Un gros porc.
LES QUATRE DE L'APOCALYPSE
- Les paris sont ouverts. - Pr�te-moi de l'argent.
10 sur celui de droite ?
- Oui. - Alors je prends l'autre.
On y est.
La course est imminente. Pariez.
Ce pur-sang, il est pour moi.
Fais-moi riche, mon petit !
Pr�ts au d�part.
Partez !
Allez, mon beau, allez !
Butt, ta carne avance pas.
Demande � tes morts de lui botter les fesses.
Esprits, mes amis, aidez le pauvre Butt.
Mais regardez ce handicap� !
Allez, mon petit cafard, me fais pas perdre !
Allez, mon grand. Avance !
Je ne parie que 10 dollars.
Je perds toujours aux courses.
Je ne choisis jamais le bon.
Pariez. Les concurrents sont au d�part.
Qu'est-ce qui se passe ?
Laissez-moi ! Je n'ai rien fait !
Ce n'est pas moi qui l'ai tu� ! Laissez-moi !
Allons-y.
Sh�rif, faites-nous sortir !
Ils veulent nous massacrer !
Sh�rif, j'ai droit � un proc�s.
Je ne veux pas �tre lynch�. Laissez-nous partir !
C'est notre tour, Stubby. Non. Ils arrivent.
Ils assassinent tout le monde.
Sales fils de pute !
On va y passer !
Ils vont nous pendre et nous trucider.
Je ne veux pas mourir comme �a. Salopards !
Je ne veux pas, Stubby !
Allez, l�ve-toi.
Tiens-toi droite, Bunny.
�a sera rapide. Un coup sec, et amen.
Tais-toi et marche.
Allez.
Avancez.
Voleurs,
assassins, escrocs,
obs�d�s sexuels...
Tu te souviens, Stubby ?
La bagarre comme pain quotidien, m�pris total de la loi,
la mort comme mode de vie...
Salt Flat �tait la ville la plus crasseuse d'Am�rique.
Mais maintenant,
on a fait le m�nage, tu as vu ?
Quelqu'un a voulu refaire une beaut� � Salt Flat...
de mani�re un peu exp�ditive.
On pourrait presque les poursuivre en justice.
Je n'ai reconnu personne. Ils �taient cagoul�s.
Un vrai bal masqu�.
Va savoir qui se cache l�-dessous...
Sam... Sam !
Pauvre Sam.
Pauvre Sam. Quelle fin atroce.
Qu'est-ce qui te prend ?
Sam est mon cousin.
Alors, il allait forc�ment finir comme �a.
Alors, Stubby. Tu as mis l'argent dans ta botte ?
�a n'en valait pas le coup.
Tu es sorti vivant de ce carnage.
Tu ne crois pas que �a m�rite une r�compense ?
Il y a un chariot derri�re le saloon. Prenez-le.
Il m'a piqu� presque 1000 dollars !
Pour ce prix, il aurait au moins pu nous trouver une diligence !
Je pense qu'on devrait aller vers Sand City.
Une mine d'argent, du pognon. Les gens y vivent bien.
Ils aiment le jeu, les femmes, le whisky
et la musique !
Des objections ? Alors, adjug�.
Il y a m�me un beau cimeti�re, Butt. Plein d'amis !
Et il y a aussi un grand bordel pour Bunny !
C'est les hommes qui manquent, pas les bordels.
C'est loin ?
A 650 bornes.
650 ? On ne tiendra jamais sans un bon coup � boire.
Dis-moi. Je t'appelle Clem,
mais tu ne t'es pas pr�sent�.
Appelle-moi comme tu veux. J'ai oubli� mon vrai nom.
Il se souvient que d'une chose : Le whisky !
Allez, Clem.
Trempe-toi un peu pour noyer tes poux.
Je pr�f�re les garder. L'eau, c'est pas mon truc.
Tu t'astiques comme une catin. Tout �a pour moi ?
Non, pour moi.
Je veux rester un �tre humain.
Attelle les chevaux.
D'accord.
On ne peut pas s'en aller.
Pas tout de suite.
Bunny est pli�e en deux.
Elle vomit et elle pisse sans arr�t.
Va la voir.
Elle attend un heureux �v�nement.
Un �v�nement ?
Quel �v�nement ?
Un b�b� !
Elle est enceinte ?
Tu la crois ? Elle nous fait marcher.
Ce genre d'excuses, je connais.
Elle est fatigu�e et elle veut tirer au flanc.
Y a pas de femme qui tienne jusqu'� Sand City !
Ah non ?
On se brise les reins depuis une semaine sur ce chariot.
Mais je m'en fiche.
Je me suis d�j� bris� les reins sous le poids des hommes.
Mais tu ne me crois pas. Je vais te montrer, Stubby Preston.
Tu vas voir, toi qui ne crois personne !
Regarde.
Regarde bien.
Tu es content ?
Mon eau de toilette ?
Elle ne valait rien. A peine 30 degr�s.
Tu te l'es toute enfil�e ?
Oui.
C'est pas vrai.
Vous voulez faire de moi un animal ?
Vous voulez briser ma dignit� d'�tre humain ?
Me rabaisser � votre niveau ?
Un crachat dans la poussi�re !
Un fou, une femme enceinte et un ivrogne !
Vous vous moucheriez dans ma chemise,
vous vous torcheriez avec ma veste !
Je pr�f�re encore vous tuer. Tous les trois !
On est tes amis, Stubby. Calme-toi. On est amis.
On pue, d'accord.
Mais avec ce truc de luxe, tu pues encore plus que nous.
Mormons ?
Non. L'Eglise du Christ Vivant.
Vous venez d'o� ?
De Suisse. En Europe.
C'est loin ?
Autant que l'Afrique.
Et o� allez-vous ?
On cherche nos fr�res dans la terre libre
que le Seigneur nous a r�serv�e.
Vous faites quoi de vos journ�es ?
On prie, on travaille
et on chante les louanges du Seigneur.
Vous avez des armes ?
Oui, mon petit.
Les armes de Dieu : La pri�re et la foi,
une b�che et les hymnes sacr�s.
Et si on vous tue ?
Le paradis nous attend.
J'aime bien cette fa�on de penser.
Toi, le paradis, tu peux l'oublier.
La naissance, la reproduction et la mort, mon petit.
La vie n'est que �a.
La seule fa�on d'�chapper � la fureur du monde
qui s'abat sur nous est de rester en retrait.
N'aie jamais d'avance sur ton temps.
Ne cours jamais. Prendre de l'avance, c'est trop dangereux.
Notre seul salut est de vivre comme nos p�res
et les p�res de nos p�res.
C'est pr�t.
Fantastique.
Merci.
Vous devriez vous m�nager, Mme Preston.
Dans votre �tat, il ne faut pas faire d'efforts.
Mais je ne suis...
Et toi, p�re et �poux,
tu devrais faire plus attention � ta jolie femme.
Oui.
Tu as raison, vieillard.
Bunny. Assieds-toi.
Mes enfants ! On voit bien que vous �tes jeunes mari�s.
Les jeunes mari�s ont toujours des mani�res un peu rudes.
Oui. Toujours.
Et vous, encore c�libataires ?
Vous ne vous mariez pas ?
Moi, je le suis presque !
Tiens, M. Preston. La poitrine, �a te va ?
Tu aimes la poitrine
ou tu pr�f�res les cuisses ?
Ne sois pas si vulgaire, Butt !
Ne te crois pas autoris� � rire
parce que tu m'as �pous�e, Stubby.
Je pars quand je veux.
Mes f�licitations, Mme Preston.
Quelle �nergie !
Merci. Mais je peux �tre douce quand je veux.
Je vous assure.
Pas vrai, tr�sor ?
Merci, Seigneur, de nous avoir rassasi�s
et permis de vivre encore aujourd'hui.
Accorde-nous Ta bienveillance demain encore.
Gloire � Toi, amen.
- Voil�, Rosie. - Merci, grand-p�re.
Adieu, M. Preston.
Plut�t au revoir.
Bonne chance.
Merci. Je peux embrasser votre croix ?
Bien s�r, ma petite.
Le Seigneur prot�gera mon enfant ?
Bien s�r. Ce sera un beau b�b�.
Beau et bon, comme son p�re.
J'esp�re que non.
- Bon voyage. - A vous aussi.
En route !
Au revoir !
Voil�, fini la mascarade.
Tu es d�barrass� de Mme Preston.
Salut, belle blonde !
A un de ces jours !
Des Indiens ?
S'ils nous scalpent, on sera fix�s.
�a pourrait �tre une bande d'assassins blancs,
des l�ches qui tuent de sang-froid.
J'ai peur de mourir.
Moi aussi, Bunny.
J'ai une trouille bleue, si �a peut te consoler.
C'est la seule chose que mes amis les morts puissent nous envier.
Souffle, Bunny.
Bon anniversaire, Bunny !
Je ne sais pas si c'est vraiment ton 20e anniversaire, mais...
Tu t'en fiches !
Quoi qu'il en soit, je bois � ta sant�,
avec cette eau de source, qui surpasse tous les champagnes.
Voil� comment Chaco tire.
Je m'appelle Chaco.
A partir d'aujourd'hui, je fais partie de votre groupe.
On ne t'a pas invit�.
Je me suis invit� tout seul.
Ah oui ?
On m'a d�trouss�.
On m'a vol� mon cheval et toutes mes affaires.
Mais je suis un bon chasseur, je vous fournirai en viande fra�che.
En �change, vous m'emm�nerez sur votre chariot.
On se tiendra compagnie un moment.
Tu es la femme de ce joueur de pacotille ?
Oui. C'est ma femme.
Tu dois �tre un habitu� des saloons
pour reconna�tre comme �a un joueur professionnel.
F�licitations.
Stubby.
Chaco a dit qu'il �tait tr�s riche.
Il avait des troupeaux de chevaux.
On lui a tout pris.
Le pauvre. Je le plains.
Bien s�r.
Et �a explique s�rement
pourquoi les voleurs lui ont tout pris
mais lui ont laiss� toute cette artillerie.
On a de la visite.
Je descends.
Arr�tez-vous et planquez-vous.
Allez, vite.
Joli coup.
Net et sans bavure.
Chaco aime l'ordre, M. Preston.
Attachez les chevaux. J'ai un petit travail � faire.
Je peux venir ?
Non. J'y vais seul.
Regarde si tu trouves un coup � boire !
Stubby.
Tu sais quoi...
Chaco, c'est un vrai h�ros, hein ?
J'y connais rien, en h�ros, moi.
Et si on attachait leurs trois chevaux au chariot ?
Il vaudrait mieux que chacun aille de son c�t�.
Qu'est-ce qui se passe ?
Ne bougez pas.
Pourquoi tu ne le tues pas ?
Ach�ve-moi, charogne !
�a suffit. Tue-le.
C'est ce que je fais.
Pourquoi tu t'amuses � le faire souffrir ?
Pourquoi ?
Ach�ve-moi, bon Dieu !
Pour ce petit plaisir, tu vois ?
Cr�ve-moi !
Je t'en prie, ach�ve-moi !
C'est du peyote. Pr�par� selon la recette cheyenne.
Vas-y, mange. C'est du premier choix.
C'est pas la merde qu'on sert dans les saloons.
Vas-y, bois.
Encore un peu ?
Tiens.
M�che lentement.
Voil�, c'est bien.
Rince-toi la lampe.
Vas-y, bois. Comme �a.
Bois.
Maintenant, ferme les yeux et r�ve.
Le peyote ouvre grand les portes du paradis et de l'enfer.
Tu pourras jouer avec les morts.
R�ve, Butt.
Bois �a par-dessus.
Tiens, Clem. Prends-en un peu.
Regarde ce que j'ai l�. Pour toi.
Juste une goutte.
�a suffit. �a suffit !
Encore un peu, Chaco ! Juste une gorg�e.
Je t'en prie, Chaco.
Juste une goutte. Crache-la-moi, si tu veux.
Je t'en prie. Fais m'en l�cher une goutte.
Si tu veux, je t'en crache dans la bouche.
- Oui, merci. - Ouvre la bouche.
Voil�.
Tu es g�n�reux. Merci.
Bien s�r que je suis g�n�reux. Doucement !
Tu en veux encore ?
Attends.
Tiens.
Tu en veux encore ? Il va falloir le m�riter.
Fais le chien. Allez. Aboie !
Plus fort.
Encore ! Grogne !
C'est bien.
Mets-toi � quatre pattes.
Fais le chien de chasse.
Flaire.
Le ventre en l'air.
Le ventre en l'air !
C'est bien.
Viens ici. Viens !
Tiens, mon beau.
C'est bien, mon chien.
Tu as soif, hein ?
Il a m�rit� une goutte.
Oui. Allez, viens le chercher.
Tire la langue.
Vas-y, tire la langue. Lape.
C'est bien.
Maintenant, �a suffit.
Tu aimes �a, hein ?
Tu veux le reste ?
Tiens, prends �a.
Attache-les serr�.
Tous les trois.
Tout de suite, Chaco.
Commence par Stubby.
Salut, joueur.
Je t'ai vu cracher le peyote.
Tant mieux. Comme �a, tu �tais lucide.
�a m'excitait de savoir que tu me voyais me taper ta femme.
Je te tuerai, Chaco.
Comment et quand ?
Tu vas crever attach� ici.
Le soleil te dess�chera
ou les coyotes te boufferont.
Avec Mme Preston et ce connard de n�gre.
Je pourrais aussi t'�gorger tout de suite
et tout serait fini.
Mais je n'ai pas envie.
Je pr�f�re les morts lentes,
� petit feu.
Merci, Chaco,
mais tu fais une erreur.
C'est moi qui te tuerai.
Je te retrouverai et je te tuerai.
Un bon joueur doit savoir perdre.
Merci quand m�me pour le rasoir,
pour le chariot et pour ta femme.
Clem.
Si tu veux te taper la putain, grouille-toi
et monte sur le chariot. J'ai besoin d'un chien.
C'est comme �a que je traite les corniauds.
Adieu, mes fr�res !
Tu es fou !
C'est un sacril�ge ! Arr�te.
�a me fait deux fois plus mal.
Ne le g�che pas !
Donne-m'en.
Juste un peu.
�a ne sert � rien.
Ce que �a fait mal !
Je ne tiendrai pas.
Calme-toi, Clem. Tu verras.
O� en est la civi�re ?
�a avance. Elle sera solide et confortable.
J'ai boss� dans un cimeti�re.
Je transportais des civi�res du saloon aux tombes.
Bient�t, tu en creuseras une
pour Chaco.
Tu sais,
j'ai la conscience tranquille quand elle est r�chauff�e par l'alcool.
Vas-y, bois.
Gardes-en pour plus tard.
Non, Stubby.
J'ai une trouille pas possible.
Allez-y mollo. Buvez pas trop vite.
Une petite gorg�e � la fois.
Je t'en apporte, Clem.
Tiens, bois.
Allez, bois.
Vas-y doucement.
Avoue que parfois, l'eau...
c'est encore mieux que le whisky.
Par petites gorg�es. On va traverser les montagnes.
On en a pour 5 ou 6 jours maximum. Tu vas gu�rir.
Il y a des traces ici.
Ils suivent le canyon vers le Nord.
Le vent a presque tout effac�. Je ne sais pas combien ils sont.
- A ton avis ? - Peu.
Peu importe, ras le bol de tirer sur des cactus.
On a besoin de bl�.
- C'est des bouseux. - Ils n'ont pas de chevaux.
Toi, va par l�. Et toi, par l�.
Chaco, par ici !
Viens voir. Il y a des empreintes. Vite !
Toute une caravane.
Des femmes ?
Aussi.
Maintenant, tu peux pleurer, Mme Preston.
Ils sont morts dans l'esp�rance.
Et ils nous ont sauv� la vie.
Vivre et mourir
pour les autres.
Je te tuerai.
Chaco.
C'est la deuxi�me fois que je te le jure.
Un jour ou l'autre, j'aurai ta peau, Chaco !
Je le jure.
Je le jure !
Stubby ! Regarde par l� !
Il y a m�me la douche !
Il fait un froid de loup.
Il faut faire un feu et �tendre nos guenilles.
J'ai froid.
Allez.
Attends que je t'enl�ve ces v�tements tremp�s.
Mais ne t'y habitue pas, hein ! Tu es trop grand pour �a !
Allez, enl�ve �a.
Tr�s bien. Tu verras, tu te sentiras mieux.
Enl�ve tes v�tements.
Oui. Je sors me changer.
C'est une ville fant�me, Bunny.
On l'a b�tie parce qu'il devait y avoir une mine
ou quelque chose qui a rassembl� les gens,
puis un malheur a chass� tous les habitants.
Les puits se sont peut-�tre ass�ch�s,
les filons se sont �puis�s, ou il y a eu des razzias
de bandits ou d'Indiens.
Maintenant, on a la ville rien que pour nous.
Butt !
Marta Cammaray, morte en couche.
F�vrier 1884.
Tu n'as pas pu voir ton enfant.
Sh�rif Taylor, mon vieil ami !
Quelle sale mort. On t'a tir� dans le dos !
Raconte-moi, mon fr�re.
Tiens. Donnes-en � Clem.
Quelle horreur ! C'est quoi ?
Du rat. Je n'ai rien trouv� d'autre.
Mes amis les morts, mes fr�res,
vous m'�coutez ?
Butt est ici, parmi vous.
Jack Hart !
N� en 1842, mort pendu.
Butt, reviens !
Butt, o� tu es ?
Impossible de sortir de ce trou. Un vrai pi�ge.
On est comme sur une �le.
Dehors, tout est inond�. Une mer d'eau et de boue.
Et �a tombe toujours.
Approche.
Donne-moi la main, Bunny.
Et toi aussi.
Une fois � Sand City,
vous devrez vous marier.
Jurez-le-moi.
Jurez-le...
� un mourant.
Et faites l'amour.
Faites-le d�s que je serai mort.
Pendant une heure d'affil�e.
Faites-le pour mon enterrement,
pour dire au revoir � un pauvre ivrogne.
C'est le seul moyen de se raccrocher � la vie.
Jurez-le, mes amis.
Sur ma t�te.
Il y aura des gens...
heureux...
m�me l� o� je vais.
B�nis sois-tu, Clem.
Tu as de la chance.
Il y a �norm�ment de gens heureux l� o� tu vas.
Des �tres bons.
Tu ne les d�go�teras pas, car maintenant, tu es comme eux.
Il y a des rois et des reines.
De puissants magiciens et des proph�tes.
Tous les proph�tes qui te r�v�leront les grands myst�res
sont aussi mes amis, Clem.
Car les morts sont les amis les plus fid�les.
Stubby.
Un jour, � l'�cole, j'ai mang� une craie.
La paille, c'est d�j� mieux.
Je me demande bien pourquoi je suis tomb� amoureux de toi.
Parce que ce n'est pas vrai.
Stubby !
Stubby, regarde.
J'ai attrap� une belle bestiole !
Si cette b�te est assez grosse,
on pourra partir demain.
Le temps a l'air de s'am�liorer.
Cette ville grouille de monde.
Des gens tr�s sympathiques !
Depuis quand tu sais �a ?
Depuis le premier jour.
Les maisons semblent vides comme des caisses de whisky,
mais quand la nuit tombe, elles se remplissent d'hommes
en costume � carreaux, �l�gants et aimables.
Il y a aussi des dames
en robes color�es et bouffantes, orn�es de dentelles.
Et des gens sans fa�on,
simples comme l'herbe et l'eau.
Peu leur importe la couleur de la peau.
Tu sais quoi ?
Une belle demoiselle blanche m'a offert
un baiser, hier soir,
dans un jardin plein de roses rouges.
Des roses ? En cette saison ?
Oui, en cette saison !
C'est mal ?
Non. Pas du tout.
Elle m'a embrass�.
Il a perdu la t�te.
Il est fou � lier.
Il vit parmi ses fant�mes et ses esprits.
On ne pourra jamais le tirer d'ici.
Il y mourra, lui aussi, mais il est heureux.
Qu'est-ce qu'on peut faire ?
On n'a qu'une chose � faire : L'envier.
O� il est pass� ?
Pourquoi il n'est pas venu nous dire au revoir ?
Je parie qu'il nous dit au revoir,
cach� dans une de ces ruines.
Il est peut-�tre l�, � nous regarder.
Ou l�-bas au fond.
Ou encore l�-dedans.
Je suis s�r qu'il nous suit,
qu'il nous observe
avec ses pauvres yeux de fou.
Adieu, Butt !
Oh, tout doux.
R�v�rend Sullivan !
R�v�rend Sullivan !
Fils de chienne ! Le monde est petit !
Stubby Preston !
�a alors, quelle surprise !
Ce bon vieux p�cheur inv�t�r� !
Le seul pr�tre que je puisse encadrer !
Qu'est-ce que tu fais l� ?
Je suis en voyage de noces,
avec ma belle �pouse.
Stubby Preston ! Tu n'as pas chang�.
Vous avez l'air d'avoir faim.
- Tiens. - �a fait un bail qu'on n'a rien aval�.
�a va, comme �a ?
Madame, vous savez que ce voleur, ce tricheur,
cette maudite fripouille qui vous sert de mari
m'a gagn� mon �glise et tous ses ornements au poker ?
Une partie m�morable !
Sans doute une de mes meilleures parties.
Je parie que le diable t'a aid�.
C'�taient rien que des as,
pas des d�mons.
Quatre petits as qui sortaient tous ensemble tous les quarts d'heure.
Tu n'es qu'un arnaqueur.
Mais gr�ce � cette partie, tes p�ch�s te seront pardonn�s
et tu monteras directement au paradis.
Ch�re Mme Preston,
si ce satan� magouilleur
n'avait pas gagn� mon calice avec une paire de rois,
je ne serais jamais devenu un vrai pr�tre.
Il a �t� mon chemin de Damas !
M. Preston est bien meilleur que ce qu'il laisse para�tre.
J'en suis convaincu, ch�re Bunny.
Quand ce brigand m'a rendu mon �glise et ses ornements
contre la r�mission totale de ses p�ch�s,
j'ai c�d� l'�glise � un jeune pasteur tout beau tout neuf.
Un petit jeune homme de Boston.
Et je suis devenu ce que je suis encore aujourd'hui :
Un libre missionnaire de notre Seigneur.
J'y ai trouv� joie et s�r�nit�.
Attelle les chevaux.
D�p�che-toi ! Les chevaux !
Vite ! Il faut aller � Altaville.
C'est en haut de la sierra. Vite !
Oui, Altaville.
C'est le seul endroit habit�, par ici.
M�me si ses habitants sont peu fr�quentables.
Il n'y a pas de sage-femme, ici ?
Non. Il n'y a pas une seule femme � Altaville.
Pas m�me l'ombre d'une putain.
Qu'est-ce qu'on va faire ?
Je n'y connais rien.
Je n'ai jamais rien vu na�tre, pas m�me un chat.
On va devoir s'en remettre au Seigneur.
Qu'est-ce que Dieu a � voir l�-dedans ?
Bunny est ma femme.
Alors, il a d�j� cri�, ce petit casse-couilles ?
Pour l'instant, c'est elle, qui crie.
Mais il ne va pas tarder.
Il se passe quelque chose chaque jour. C'est Washington, ici !
On n'est jamais tranquille. Il ne manquait plus qu'un accouchement !
T'en penses quoi, Mel ?
Il y en a eu, des morts, dans ces baraques,
mais c'est la 1 re fois qu'on vient nous emmerder
� peine n�, pas vrai ?
Les femmes ont jamais �t� les bienvenues, ici.
�a ne me fait pas rire, loin de l�. Cette femme est une plaie.
Faut s'en d�barrasser vite fait. C'est un pays d'hommes, ici.
Quand on a besoin de femmes, on va en culbuter � Sand City.
Alors tu devras chasser l'�nesse et les poules !
- C'est aussi des femelles. - Lemmy.
Tu sais, Lemmy,
je suis inquiet.
Tous ces couillons bavardent,
mais moi, j'ai peur. Je ne suis pas tranquille.
Va voir ce que tu peux faire pour l'aider � sortir.
Je ne veux pas qu'un gamin naisse parmi nous
gr�ce � un pasteur qu'on ne conna�t m�me pas.
J'ai pas envie.
J'ai �t� mari� trois fois.
Moi, les femmes, j'en ai jusque-l�.
Justement, tu as d�j� eu 3 pisseuses,
tu es le plus exp�riment�.
Bon sang, Lemmy.
L'honneur de la ville est en jeu.
Bouge-toi !
Allez !
Va les aider.
Bon, j'y vais, bande de casse-couilles.
Mais je refuse toute responsabilit�.
Refuse ce que tu veux, mais si tu le sors pas vivant,
je te broie les os, compris ?
Montana,
qui va prendre le quart � la mine ?
Tu peux te le foutre o� je pense.
Il y a une vie en jeu, bon Dieu !
Tu n'�tais pas aussi soucieux de la vie
quand tu avais ton revolver � la main.
Ils �taient d�j� � moiti� partis.
Lui, il n'est pas encore arriv�.
Ce sont de braves gars.
Du calme.
Tous des fils de putes.
Il y en a 2 ou 3 dont la t�te est mise � prix.
J'ai aussi un diff�rend avec la justice. Je suis recherch� pour bigamie.
Trigamie, m�me !
Il faut �tre cr�tin pour �pouser trois femmes d'un coup !
Sullivan. Occupe-toi de ces draps.
Et prie.
Tu verras, r�v�rend, on va le sortir, ce garnement.
Bon Dieu ! Regardez-moi Bert ! Je ne l'avais jamais vu courir.
O� tu files comme �a ?
Tu as ferm� le saloon ?
�a n'a jamais d� t'arriver de ta vie.
J'�tais le dernier couillon de la ville.
J'apporte des munitions. C'est ma tourn�e.
C'est le jour des miracles !
Allez, tout le monde.
Du whisky gratuit pour tout le monde ! Venez !
Allez-y !
Tiens.
Laissez-m'en un peu !
Il me faut de l'alcool.
T'as �t� attir� par l'odeur, cabot !
L'odeur, mon cul !
C'est du d�sinfectant !
Faudrait une binette pour lui curer sa crasse.
Un an qu'il s'est pas lav� !
Des draps propres, vite !
T'en as de bonnes !
Lemmy. Comment �a se passe ?
Il se d�cide � sortir, ce petit ?
Je fais ce que je peux, Montana.
Il est un peu capricieux, comme tous les gamins.
Allez.
Pousse.
Aide-nous.
Qu'est-ce que t'as ?
�a va pas ?
Moi ?
Tu sais, Stubby,
je me sens bizarre.
Comme si toutes les douleurs
et les peurs de ma naissance me tombaient dessus.
Parfois, j'ai l'impression
que j'en peux plus.
Mais je suis heureuse.
Comme quand j'avais 16 ans,
avant les ann�es difficiles.
Tu m'aimes un peu ?
Stubby ?
Tu ne vois pas qu'il est tout vert
ce petit merdeux ?
Il t'aime comme une puce aime le sang,
ton petit mari.
Pasteur !
Remets de l'eau � chauffer
et continue � prier.
Lemmy.
Dehors.
Dehors, j'ai dit !
Les draps.
Les draps propres.
Merci. Ouste, du vent !
Vous savez quoi,
ce tas de vieilles baraques est en train de devenir une ville.
Il nous faudra un registre
pour y inscrire le nom de notre 1er n�.
- �a nous changera des pierres tombales. - Tu en veux ?
On devrait se mettre � enregistrer les mariages et les naissances.
On va commencer par �a :
Un beau registre avec un tas de noms,
de pr�noms, de dates de naissance et d'adresses.
C'est dr�le.
�a ne me fait pas rire.
Et cette pauvre femme non plus.
5 contre 3 que c'est un gar�on.
Et m�me 5 contre 2.
Et combien tu paries qu'il p�se au moins 4 kg ?
D'accord. 4 contre 2.
C'est moi qui tiens les paris.
Quelqu'un d'autre veut miser ?
- Moi. - Sortez vos sous !
5 dollars que c'est un gar�on.
5 dollars ! Yeux noirs ou clairs ?
Je te prends �a.
J'arrive. Un peu de calme, les enfants !
J'accepte l'or. Un � la fois, putain !
5 que c'est un gar�on. 3 que c'est une fille.
10 pour un gar�on, 5 pour une fille.
J'accepte l'or.
7 que c'est un gar�on.
Ok, sors le bl� !
Sol ! 10 dollars que...
Mon couteau contre 1 dollar que son kiki sera plus long qu'un pouce.
Ok pour un pouce !
T'es foutu, Sol. Je suis s�r que c'est un gar�on.
M�le-toi de tes oignons. Combien tu paries ?
- 5 sur une fille. - Tu vas contre le vent.
2 dollars qu'il a les yeux clairs.
Quelqu'un d'autre ? J'accepte tout.
- 20 que c'est une fille. - Pas de limites.
C'est un beau gar�on, Mme Preston.
Je suis maman.
Qu'est-ce que tu penses de mon fils ?
Tu as l'air plus jeune que lui.
Il est beau ?
Tr�s beau.
Il a la plus jolie maman du monde.
Tu me fais marcher.
Tu veux m'arnaquer
pour ma derni�re partie,
hein, Stubby ?
Je...
Je t'aime.
Je t'aime.
Je t'aime tellement.
Je t'aime !
Du calme.
Faites la queue.
Doucement.
D�coiffez-vous.
C'est un gar�on, Lemmy ?
Un gar�on. Il deviendra un beau petit homme.
Heureusement, � Altaville, on a une autre femelle
qui pourra l'allaiter. L'�nesse de Bert.
Elle vient de mettre bas.
J'ai fait du bon boulot, hein ?
Un moment, braves gens.
Mesdames et messieurs...
Enfin, messieurs.
Ceux qui veulent donner quelque chose pour le b�b�
peuvent le mettre ici.
Tu vas te servir au passage.
Donnez et taisez-vous.
Merci.
Merci.
C'est bien. Allez-y.
Allez, messieurs.
Moi aussi. Voil�.
Bravo, Montana.
Merci, messieurs.
T'es un beau petit poulain.
�a te portera bonheur.
Lemmy, je n'arrive pas � voir � qui il ressemble le plus.
Regarde.
Regarde.
Il sait y faire, ce petit voyou.
Il a pris mon doigt.
Petit s�ducteur, va.
Pasteur.
Pasteur !
Qu'est-ce qui se passe, encore ?
Tu dois le baptiser, non ?
Bien s�r.
Mais pour �a, il lui faut un nom.
Vous en avez un ?
Il lui faut un nom, sinon, je perds mon temps.
Qu'est-ce que vous pensez de Lucky ?
Cur� !
Dis-moi.
Ce cr�tin propose de l'appeler Lucky.
�a serait pas mal, non ?
Alors d'accord. Va pour Lucky.
Approchez.
Un peu de sel et d'eau.
Je te baptise Lucky,
au nom du P�re, du Fils et du Saint-Esprit.
Puisses-tu grandir sain et juste
aux yeux du Seigneur.
Fils de pute.
Whisky. Aujourd'hui, je me ruine !
A la sant� du grand petit Lucky.
Buvez. C'est la maison qui r�gale. C'est jour de f�te !
Sant� !
R�v�rend.
On voudrait que tu fasses un saut � Sand City
pour acheter des affaires au loupiot.
C'est de la poussi�re d'or.
Ach�te le meilleur :
De la dentelle, des volants,
des chaussons, des moufles, tout, quoi.
�a co�tera ce que �a co�tera.
Tr�s bien. J'irai en ville d�s que je le pourrai.
Merci pour Lucky.
C'est nous qui te remercions.
Lucky est � vous.
C'est vous qui l'avez fait na�tre.
Vous lui avez donn� du lait.
Vous le prot�gerez mieux que moi.
Et vous lui donnerez une vie plus saine et calme.
Je n'emporterai avec moi que le souvenir de Bunny.
C'est la seule chose qui m'appartient vraiment.
- Au revoir, Stubby. - Au revoir, Sol.
Tiens. Un peu de whisky pour le voyage. Bonne chance.
Merci.
Il est vieux, mais il te m�nera o� tu veux.
- Bonne chance. - Merci, Mel.
Tu sais, je n'ai pas l'intention de quitter Altaville.
Ici, on n'a presque jamais l'occasion de tirer.
Mais toi, tu vas voyager,
alors on ne sait jamais. Prends-le.
Il pourrait te servir.
Au moins, �a te fera un souvenir de Montana et de ses amis.
Merci.
Adieu, Stubby.
L�che.
Sale l�che !
Tu as raison.
J'ai tir� sans pr�venir.
Un bon joueur ne laisse pas trop d'avantages � l'adversaire.
C'est contraire aux r�gles.
Tu n'es qu'un l�che.
Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant, hein ?
Me livrer au sh�rif pour empocher la prime ?
Un sacr� magot, pour un joueur � deux sous.
Regarde ce que tu m'as fait au bras, sac � merde !
- Je vais me raser. - Tu m'as �clat� le bras.
�a fait un moment que je r�ve d'un bon brin de toilette.
Merci de me l'avoir gard�.
Tu es un bon gars, au fond.
Tu as mal au bras ?
Ce n'est rien. �a va �tre pire.
Un bon avant-go�t de l'enfer.
J'ai eu tort de ne pas te faire la peau, l'autre fois.
J'aurais d� vous tuer, toi et ta femme.
J'aurais d� vous tuer.
Tu as raison, Chaco.
Tu as eu tort.
Tu as p�ch� par pr�somption.
- Salopard. - N'essaye m�me pas.
Ce n'est pas la peine.
Salaud. Pauvre l�che !
T'as toujours �t� un moins que rien.
Stubby.
Regarde.
Donne �a � ta pute de femme.
J'ai oubli� de la payer, je ne suis pas un arnaqueur.
J'ai pris mon pied avec elle.
Elle fait bien l'amour.
Paye-la. Elle est meilleure que beaucoup de putes.
Dans quel bordel tu l'as prise ?
Je me la suis tap�e !
Je me la suis tap�e devant tes yeux, connard !
Je me la suis tap�e !
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