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Maman t'appelle. C'est ma toupie !
Rends-la-moi.
Je la veux !
- Ma petite, il faut faire attention. - Mon père !
- Je sais ce que tu veux. - Une image.
Tiens. Choisis.
Sainte Luce.
- Elle te plaît ? - Oui.
Je vous apporte de bonnes nouvelles du front.
Un général, le général Philippe Pétain,
a sauvé la France.
Fasse Dieu que votre papa revienne bien vite.
Les terroristes nous ont pris à Niversac.
Les Rouges sont sous votre contrôle.
Mes hommes sont prioritaires. Occupez-vous-en immédiatement.
Le personnel s'y emploie.
On va leur faire payer.
Rappelez le personnel en repos.
Vous le nettoyez et vous me l'amenez.
Soeur Luce, vérifiez qu'on ne soit pas à court, pour les transfusions.
Appelez Francheville. Je vous attends au bloc.
Ma soeur, prenez sa place.
Monsieur l'abbé.
Vous avez le texte du sermon ?
Je l'ai remis à monseigneur.
- Vous avez fleuri l'autel ? - J'y vais.
La préfecture, les Allemands, la milice,
la mairie, les invités d'honneur... Il faut 3 rangées de plus.
On se dépêche.
Très bien. Merci.
Martial !
Je suis content.
- Comment vas-tu ? - Ça va.
- Des nouvelles ? - Ça bouge.
Ils auraient débarqué en Italie.
Alors on va peut-être pouvoir rentrer chez nous.
Depuis 3 ans que nous sommes réfugiés ici.
Tu restes avec nous ?
Non. Je ne peux pas.
Ça fait trop longtemps que ça dure, vous deux.
Trop tard pour vous lamenter.
J'ai demandé au père de vous confesser.
Après, je vous ferai part de ma décision.
- Bonjour, ma mère. - Bonjour.
Soeur Luce, vous pouvez disposer.
Notre soeur Camille vous rejoindra plus tard à l'hôpital.
Je vous en prie, mon père.
Les Boches montent !
Ça crame au Bost ! Ils mitraillent n'importe où !
Ils ont attaqué les FTP, en bas, à la Borie.
Pedro et Martial, ils sont passés où ?
Par le fossé. On les a perdus de vue.
Merde. Ils vont se faire encercler.
Il faut les récupérer. Gilbert, avec moi.
Repli sur le camp. Regroupement aux Brousses.
Allez. Les autres, suivez Roger.
Pedro !
Ma soeur, s'il vous plaît, avez-vous des soldats allemands ?
Ou alors Francheville.
Oui. Je peux voir le professeur Charbonnier.
Très, très bien. Contactez-le.
On a besoin de vous. On a des blessés, là-haut.
Jeanne, elle va quitter le couvent.
Toi, Luce, tu ne nous condamnes pas, hein ?
Ne désespère pas de notre Seigneur.
Je vais prier pour elle, pour toi.
Viens. On a du travail.
Allez.
- Entendu. J'arrive au plus vite. - Merci, docteur.
Ma soeur, vous avez vu soeur Luce ?
Oui. Elle était avec les blessés.
Ma soeur, je dois faire appel à vos services et à votre discrétion.
Pourriez-vous vous libérer de vos soins en ville ?
Ma soeur. Martial Lemonier s'est pris une balle là.
Dans son état, on n'a pas pu le remonter aux Brousses.
J'ai fait prévenir l'évêque.
- Salut, Marcel. - Salut.
Pedro y est resté.
Il n'y a pas d'hémorragie.
Le pouls est faible. Préparez de la morphine.
Nettoyez la plaie.
Il nous faut de l'eau.
C'est sérieux. On va voir.
Il faut le remonter au camp. On a d'autres blessés.
Dans cet état, il est intransportable.
L'évêque.
Il a perdu connaissance.
Monseigneur Kern, chirurgien Belle.
Monseigneur, il devrait s'en sortir.
Dieu vous entende.
On doit le garder ici, cette nuit. Je vais poster deux hommes.
Non, ma soeur. Continuez votre travail.
Je vous remercie de veiller sur lui.
- A-t-il repris connaissance ? - Par instant.
Je vais aller m'occuper des autres blessés.
Continuez les soins.
À la moindre alerte, un homme vous conduira au camp.
Qui êtes-vous ?
Je suis soeur Luce.
Ayez confiance.
Le Seigneur est avec vous.
Notre père qui êtes aux cieux, que Votre nom soit sanctifié,
que Votre règne arrive, que Votre...
Arrêtez de prier.
S'il vous plaît.
Notre père qui êtes aux cieux...
Je me suis sentie si proche de vous.
Mon Dieu, si j'ai fauté, pardonnez-moi.
Quand vous aurez terminé, passez à la salle des communautés.
Oui, ma mère.
Nous aimons la paix de ce jardin.
C'est d'un grand réconfort.
- Et cela s'est reproduit ? - Oui, ma mère.
Certaines fois, une vision s'impose à moi.
Vous voulez dire que vous avez vu chez un de vos malades
le visage de la douleur ?
Peut-être l'ombre de la mort ?
Pas seulement, ma mère.
Une sainte figure m'est apparue dans l'expression de ce regard.
Comme une sorte de lumière divine.
Peut-être cela vient-il des images pieuses ?
Ma soeur, vous êtes victime de votre imagination.
C'est un très mauvais penchant dont il faut vous défaire.
Votre foi doit être plus élevée.
Il va nous falloir travailler ensemble.
Gardez-vous de ces images.
Et encore plus de vos émotions. Elles sont trompeuses.
Allez, ma soeur.
Mes soeurs.
S'il vous plaît, un peu de silence.
En ce jour anniversaire, réécoutons la parole du maréchal.
Français, il me faut votre foi.
La foi de votre coeur. La foi de votre raison.
Il me faut votre sagesse et votre patience.
Vous ne les acquerrez
que dans la discipline que je vous impose.
- Regarde. - Oui.
C'était à Jeanne.
Elle a laissé son cahier et ses affaires.
Elle les cachait ici.
Je ne peux pas m'en séparer.
On va être en retard.
Ton tablier.
Pardon.
- Viens. On glisse. - Non.
- Viens. - Non.
Allez. Moi, je le fais.
Attends, je vais t'aider.
- Allez ! - Attention !
Doucement !
Tiens. Les 2 fusils pour le Bost. Va voir Paul.
On va enfin changer nos vieilles pétoires.
On a été gâtés, cette nuit.
- Demain, sans la canne ? - On va essayer.
- Il n'y a pas d'autres journaux ? - Il y a ça.
Adrienne.
Vas-y doucement, Martial.
Ça ira.
Il y a pire.
Pedro a seulement eu moins de chance. C'est tout.
- Pense d'abord à toi. - J'essaie.
Gilbert va te descendre.
Après tes soins, il te laissera à l'évêché.
Le temps que tu te retapes, tu seras utile, en bas.
On nous annonce l'arrivée de recrues, des STO.
Et ça va continuer.
Gardez une toile pour la grande cabane.
Le conteneur, à la ferme.
Je vais renforcer la garde, en bas.
- Ce sont des nouvelles de Fred ? - Il crève de faim, mais...
D'après lui, il y aurait pire, comme camp.
Dis-lui qu'on en verra le bout ensemble.
Jacquou, viens avec moi.
Mon mari. Ça ne va pas fort.
L'Ancien, Paulo, on planque les armes dans la grotte.
Le chirurgien m'a dit que vous n'étiez pas en déplacement.
Ça s'arrange. Je vais beaucoup mieux.
Merci pour vos soins.
Avec l'aide de Dieu, tout est plus facile.
Pas forcément.
Soyez prudent. C'est une vilaine blessure.
Je ne reste pas loin de l'hôpital.
Je remplace un vicaire, à la cathédrale.
Dieu soit avec vous.
Amen.
Je suis heureux que tu ailles mieux, mon filleul.
- Tu seras bien, ici. - Merci.
Tu pourras nous rendre des services à la cathédrale.
N'attendez pas trop de moi.
Es-tu sûr de toi ?
C'est ma vie, à présent.
Depuis l'exode, j'ai dû laisser beaucoup de choses.
Comment continuer à croire, dans ce chaos ?
Justement. La foi est la seule arme dont nous disposons
pour lutter contre la folie des hommes.
Je crois qu'il est possible d'agir sans se trahir
ou perdre sa foi.
Pas pour moi. Je n'y arrive plus.
J'aimerais que vous le lisiez.
"Le Silence de la mer."
Moi aussi, j'aimerais te faire lire quelque chose.
Viens donc.
Petite bibliothèque. Ce n'est pas celle de Strasbourg.
Triste période, pour l'édition et nos écrivains.
Sauf pour quelques-uns.
Tu as toujours eu des idées très avancées.
Une Église plus engagée, la fin du célibat des prêtres.
Et bien d'autres tabous.
Et ça ne s'est pas arrangé.
Tu connais Bernanos ?
Malgré notre monde si veule, il ne peut s'empêcher de l'aimer.
À mon départ, j'ai promis à ta famille de veiller sur toi.
"Il est terrible de tomber entre les mains du Seigneur", est-il écrit.
Martial.
Avant de renoncer,
réfléchis encore à ta mission parmi nos semblables.
Et survivre, comme eux, à la destruction ?
Personne suivante.
Allez ! Dépêchez-vous ! Les feux !
On coupe les sangles. Gégé, Paulo, montez-y !
- Il faut récupérer le parachute. - Adrienne, fais-le.
Grouillez-vous. On va nous repérer.
Jacquou, André, Michaux.
Finissez d'éteindre les feux. Dépêchez-vous !
Allez ! Allez !
- Déjà de retour ? - Jusqu'à demain.
J'étouffe, en bas.
Martial !
Il faut prévenir le Bost qu'on a reçu la marchandise.
Demain, à 15 h, le Rouquin t'attend au parc.
- Il vaut mieux la soutane. - OK.
On se dépêche ! Allez !
Bonjour, mes soeurs.
Nous revenons de l'hôpital de Sarlat.
Des Allemands.
- Des godillots. - Un barrage.
Ils cherchent les maquis.
N'aie pas peur.
À Razac, hier, ils ont pris des otages.
Tout le monde dehors !
Les sacs. Ouvrir.
Papiers !
Au portail !
À la fontaine !
Il faut bloquer l'entrée de derrière !
Le parc est grillé.
Méfie-toi. Ils sont sur les dents.
Tire-toi.
Bouclez le parc ! Plus personne ne sort !
Merci, ma soeur. À demain.
Ah ! Ma soeur.
À l'hôpital, on m'a dit que je pourrais vous trouver ici.
Hier, vous avez disparu.
Nous devions rentrer.
Je comprends. Je peux faire quelques pas avec vous ?
- Sans vous, je ne m'en sortais pas. - Dieu l'a voulu ainsi.
Je serai encore quelques semaines à la cathédrale.
Je vous y verrai peut-être, ma soeur.
Mon Dieu, aidez-moi.
Le désordre me gagne.
Nos entretiens du jeudi servent à cela.
Parlez sans crainte, ma soeur.
Est-ce encore à propos de vos visions ?
Je sais que le départ de soeur Jeanne vous a affectée.
Ma mère, nous autres soeurs sommes vouées au Seigneur corps et âme.
- N'est-ce pas ? - Oui.
Ma mère, s'offrir à lui,
est-ce péché ?
De quelle tentation me parlez-vous ?
D'un désir... que j'éprouve, qui me bouleverse.
Ma soeur, chassez ces émotions.
Le Seigneur n'aime en vous que l'âme pure et éternelle.
Et qui mieux que vous, infirmière,
peut mesurer combien le corps est une pauvre enveloppe mortelle ?
Récupérez vos affaires. On va vous dire où vous dormirez.
Toi, dans la grange.
- Comment tu t'appelles ? - Étienne.
Bienvenue.
Bon ! Alors !
On va vous installer ici. Ce n'est pas loin du camp.
On vous donnera une instruction militaire, puis vous irez aux maquis.
Déjà, pour commencer,
vous allez virer le fourbi là-dedans.
On va avoir besoin de cette pièce.
- Combien on peut en caser, là ? - 3 ou 4.
Ma famille risque quoi, car j'ai refusé le STO ?
Les gendarmes vont se pointer. C'est tout.
Le travail en Allemagne ne fait plus recette.
- Tersner ? - Présent.
Alors ça, c'est fini.
À partir d'aujourd'hui, vous oubliez votre vrai nom.
Ce soir, on va tous vous rebaptiser.
D'accord ?
On a des petites choses à vous apprendre.
Tu vois la Sten, là ?
Si tu oublies le cran de sûreté, tu sulfates tes copains.
Ça vient de notre contact à la préfecture.
Lefort, Parade. Presque tous les gars de l'est de Bergerac.
Friedman, Rubens.
Ils vont aussi embarquer les juifs.
Il n'y a pas de temps à perdre.
Pour le Salopard, c'était ça : c'est l'Accordéoniste.
Tu dois descendre à Bergerac. Il faut le neutraliser au plus vite.
Ton boulot est d'assurer les contacts sur place.
Victor !
Je n'ai pas d'autre solution. On te logera au presbytère.
Tu ne t'occuperas pas du musicien.
On doit se défendre. Trop de nos camardes tombent.
Chaque semaine, ils interceptent des lettres de Salopard.
- Je te ramène. - Ça va.
Je peux marcher. Je coupe par là.
S'en remettre à vous était plus facile.
Luce.
Regarde-moi.
J'ai eu des nouvelles de Jeanne, par une soeur d'Évreux.
Je n'arrive pas à l'oublier.
Même en priant, mon esprit s'échappe.
J'ai recopié un texte.
Je l'ai lu et relu. Je le connais par coeur.
Écoute.
"Je suis en chacun de vous
"comme chacun de vous est en moi.
"Dans les yeux de l'être aimé vous verrez mon regard.
"Et dans l'amour que vous lui donnerez,
"il y aura celui que je vous porte.
"L'amour est un.
"L'amour est pur et ne saurait salir.
"Du fond de la plus noire des cavernes,
"sa lumière resplendit jusqu'aux cieux."
Seigneur, je m'en remets à Vous.
Cette force qui m'emporte, mon Dieu !
Guidez-moi.
Je venais voir le père Martial.
Le père Martial est à Bergerac, pour un remplacement.
C'est à quel sujet ?
Non. Rien. C'est sans importance.
Luce.
Qu'est-ce qui se passe ?
Ça va aller ?
Allons nous asseoir.
Doucement.
Respire. Ça va ?
- Qu'est-ce qui lui est arrivé ? - Elle s'est trouvé mal.
Vous nous avez fait peur, ma soeur. Par une si belle journée !
Je me sens mieux.
Je ne veux pas vous perdre.
Je suis si heureuse, ici.
Nous avons un grand besoin de recueillement.
Cette retraite va nous aider à cimenter notre foi en l'Église.
Vous me direz comment organiser les confessions.
Bien sûr.
C'est la soeur dont je vous ai parlé.
Entrez, ma soeur.
Approchez.
Voilà.
Votre dévouement vous a amenée à vous dépenser sans compter,
entre le couvent et l'hôpital.
Vous devez vous ménager.
J'ai pensé que prendre un peu de repos vous serait profitable.
Votre mère s'inquiète pour vous
et je partage ses vues.
J'ai décidé de vous accorder une permission de 3 jours.
Vous irez rendre visite à votre soeur et à votre mère,
que vous saluerez pour moi.
Vous partirez demain pour Bergerac.
Merci, mon Dieu. Merci.
Je savais que vous m'indiqueriez la voie.
- Bonjour. - Bonjour.
Je souhaite voir le père Martial.
Le père Martial n'est pas là.
Je... J'ai un message pour lui.
Il faudra que vous repassiez.
Vous reviendrez.
Bonne journée, ma soeur.
Pardon, mais... il va revenir quand ?
Je vous l'ai dit. Je ne sais pas. Il n'est pas là.
Entrez. Je vais voir ce que je peux faire. C'est urgent ?
Allez ! Avancez ! On se met en place pour la photo.
Voilà l'Accordéoniste.
Ici, chez Barnabé, on est chez nous. On ne bouge pas jusqu'à demain.
Ils vont danser. Avec les frisés en ville, ils ne s'attarderont pas.
Je suis seul. J'ai besoin de toi pour faire le guet.
Comment ça, "seul" ?
Les 2 camarades prévus sont bloqués à Bordeaux.
Alors que fait-on de l'Accordéoniste ?
On le remet au chef de secteur. Ils vont l'interroger.
Allô. Oui.
Oui.
Oui. Je la connais.
Elle a dit "important" ?
Non. Je ne peux pas lui parler au téléphone.
D'accord. Attendez !
Trouvez-lui un vêtement adapté.
Excusez-moi, pour la tenue. Nous sommes obligés.
Venez.
Que se passe-t-il ?
Venez.
J'avais besoin de vous voir.
Pardonnez-moi.
Cela s'est imposé à moi.
J'ai lutté, prié.
Je veux connaître la vérité de ce que j'éprouve.
Ces événements vous ont troublée. Vous vous égarez.
Je ne crois pas.
Vous vous méprenez sur ma personne.
Et puis vous tombez très mal.
Laissez-moi un peu de temps.
Après, je saurai.
Je vais vous prendre une chambre. Je vous reconduis demain à Bergerac.
Venez.
Vous avez mangé ?
Cadeau pour les mariés !
Les bonbons !
Ça fait bizarre, hein ? Non ?
Ça vous va très bien.
Où tout cela va nous mener ?
Nulle part.
J'ai confiance.
Mes pas ne m'ont jamais trahie ni égarée.
Si c'était le cas, le Seigneur l'aurait voulu ainsi.
C'est moi seule qui devrais en répondre.
- Vive les mariés ! - Vive les mariés !
Ça ne va plus tarder.
Tu resteras planqué.
Laisse-moi l'approcher.
Ho !
On a des questions à te poser.
Tu vas nous suivre, et ça ira.
Qu'est-ce que vous voulez ? Qui ?
Tu verras.
Dégage !
Fais pas le con !
Viens m'aider !
Mais viens ! Qu'est-ce que tu fous ?
Tirons-nous.
Martial.
Je voudrais prier.
Le Seigneur sait notre amour.
"Notre amour" ? Mais quel amour ?
Je le porte en moi.
- L'amour ne peut salir. - Je vous en prie.
Vous comprenez ? Le prêtre, la religion, c'est fini.
J'ai honte de ce que je vous ai volé.
C'est moi qui vous ai donné.
Je vous aiderai, Martial.
Je ne vous demande rien. Rien.
Ni vous ni personne ne peut m'aider.
Vous vous trompez.
N'ai-je pas déjà été à vos côtés ?
C'est vrai.
Je connais, par ici.
C'est ça que je voulais vous montrer.
C'est ici que Dieu m'a choisie.
Notre source !
Elle bat toujours.
Goûtez-la.
On ne peut pas perdre l'amour du Seigneur.
Oh si ! Quand les hommes s'en mêlent, si.
Cette guerre finira bien un jour.
Regardez.
C'est ma soeur qui était forte à la toupie.
C'était un paradis, ici.
Je te la donne.
Ayez confiance, Martial.
...Saint est son nom
Son amour s'étend d'âge en âge
Sur ceux qui le craignent
Déployant la force de son bras
Il disperse les superbes
Il renverse les puissants de leur trône
Il élève les humbles
Il comble de biens les affamés
Renvoie les riches les mains vides
De la ferveur, ma soeur. De la ferveur.
Il se souvient de son amour
De la promesse faite à nos pères
En faveur d'Abraham et de sa race
À jamais
Seigneur, vous avez accompagné chacun de mes pas vers lui.
Pourquoi son silence ?
Entendez-moi.
Mon Dieu, à ma première pensée, vous répondiez.
Bénissez-moi, mon père, parce que j'ai péché.
Je confesse, Dieu tout-puissant, et à vous, mon père,
que j'ai beaucoup péché par pensée,
par parole, par action et par omission.
C'est ma faute. C'est ma faute. Ma très grande faute.
Je suis arrivée en retard à un office par ma faute.
Par manque de vigilance.
J'ai parlé de façon emportée à ma soeur Marie-Véronique.
Je lui demande pardon.
Je crois savoir que vous avez eu des difficultés
et que vous en avez parlé à votre mère.
Le Seigneur m'a aidée à surmonter ces doutes, mon père.
En êtes-vous bien sûre, ma soeur ?
Tout est rentré dans l'ordre ?
Oui, mon père.
Ouvrez votre coeur au Tout-Puissant.
Je sais que Dieu me voit et me gouverne.
Il y aura 2 gars au coin de la rue Ragot.
Là, il y aura 2 FTP en couverture à la halle.
Si on doit ouvrir le feu, riposte échelonnée.
1, 2, 3 tireurs.
Que les Boches nous croient en force. Et on dégage.
Étienne, tu feras le lien avec Gilbert si le 1er groupe décroche.
Martial, on aura encore besoin de toi à la cathédrale.
Non.
Non. Je ne pourrai pas.
Ça va péter, à Périgueux.
Toi, tu ne prends pas de risque. C'est Adrienne et Gilbert.
Après, il y aura du grabuge.
On va se faire oublier et déplacer le camp.
C'est compris ?
Martial.
Tu vas rejoindre l'évêché de Bayonne.
Le transfert des fonds passe par eux.
La suite, ça sera l'affaire de passeurs espagnols.
On a vraiment besoin de toi.
Tu t'en es très bien sorti, à Bergerac.
Il n'y a pas de quoi être fier.
On m'a dit que l'écrivain Malraux, celui de la guerre d'Espagne,
dans le maquis, quand il parle des communistes,
il les appelle toujours "les curés".
C'est pour vous. Courrier cathédrale.
Rien pour aujourd'hui.
Bon. Je redescends, moi.
- Je te laisse le tabac. - Merci.
Ça va ?
- J'y vais. - Dors bien.
Tu as froid ?
J'espère que ça ne va pas foirer.
C'est bien préparé. Ça se passera bien.
Oui.
Saloperie de guerre !
Je crois que j'ai la trouille, Martial.
J'ai bien reçu votre lettre. Je ne suis pas ici pour longtemps.
Depuis mon retour, je ne pense qu'à nous.
À chaque instant, tout me ramène à nous.
Chaque jour, je vous ai attendu.
- Il ne faut rien attendre de moi. - Je sais.
Je ne peux plus résister à cette force qui m'entraîne.
Je dois partir.
Je vous attendrai.
Je garde cette immense confiance que Dieu m'a donnée.
Répondez-moi !
Ne me laissez pas !
Ayez pitié de moi !
Je vais vous retrouver, Seigneur,
comme au premier jour.
Mes soeurs.
Notre communauté accueillera le samedi après-midi 26,
à la salle du chapitre, le père Joseph,
un dominicain qui vient spécialement de Bordeaux
pour nous entretenir de l'importance de l'Évangile...
On a échappé à un carnage.
Des Espagnols. Des MOI de Toulouse les ont épaulés.
Messieurs, ils sont hors de danger.
Mais ils présentent des plaies avec risque d'infection.
Monseigneur.
Nous faisons ce que nous pouvons, mais nous avons quelques cas graves.
Blessure par balle, avec risque d'hémorragie.
Courage, mon fils. Je prierai pour votre guérison.
Fracture ouverte du coude, avec risque de gangrène.
Ne désespérez pas.
Je vous bénis.
- Bravo. - Nous faisons notre métier.
Monseigneur.
- Tout va bien, ma soeur ? - Oui, monseigneur.
Monseigneur.
Le père Martial est-il toujours à la cathédrale ?
Non, ma soeur. Il prépare son départ.
Mais... il doit revenir, n'est-ce pas ?
Il est mon confesseur.
Il vous faut en changer, ma soeur,
car il quitte définitivement la région.
Ils ont regroupé les otages pour les fusiller.
On doit s'attendre au pire.
Bon. En représailles, nous répondrons coup pour coup.
Il ne faut pas moisir ici. Demain, tu vas à Bayonne.
Ici aussi, on vide tout. Allez.
Laisse tes choses ici. Ne prends aucune affaire personnelle.
- Tout est aux Brousses. - Plus rien n'y traîne ?
- Non. - Vous débarrassez tout.
- On en fait quoi ? - Emportez tout au nouveau camp.
Roger, tu les conduiras au moulin.
Les gars, on en prend un maximum. On verra ce qu'on en fait au moulin.
Arrêtez de charger. Victor, c'est plein.
D'accord. On finira plus tard.
Adrienne.
On finira de vider demain. Tu restes ?
Faites attention.
Luce, qu'est-ce que tu fais ?
Je m'en vais.
Pourquoi ?
Parce que.
Mais pourquoi ? Tu nous abandonnes ?
À moi, tu peux me parler.
Tu comprendras.
Luce ! Toi si dévouée à notre Seigneur.
- Il sait. - Tu te trompes. Tu reviendras.
Ta place est ici, avec nous.
Je ne serai plus jamais des vôtres.
Aïe !
N'approchez pas !
Pourquoi ça ?
Vous n'avez pas voulu m'entendre.
Vous avez trahi notre amour.
Assez ! Vous n'avez écouté que vous.
Ne dites pas que le Seigneur vous a guidée ici.
C'est parce qu'il a lâché ma main que je suis venue.
Pardon.
Vous ne méritez pas cette épreuve.
Ça ne sert à rien de te ronger les sangs.
Elle ne peut pas comprendre.
Qu'est-ce que tu en sais ?
Ce qui s'est passé peut l'anéantir.
Comme elle est, tout peut arriver.
Je descends chez l'évêque.
Et le couvre-feu ?
Allez.
Je ne vous demande ni de me juger ni de prier pour moi.
Je ne prie pas pour toi mais pour le salut de notre soeur.
Comment as-tu pu t'égarer à ce point ?
J'ai assez de raisons de me haïr. Mais il ne s'agit pas de moi.
Je dois quitter la région.
Pouvez-vous veiller sur elle ?
Je le ferai.
Où que tu puisses aller, demande la repentance du Seigneur.
Vous nous devez la vérité.
Que pensiez-vous trouver au-delà de ces murs ?
Quelle révélation ?
Vous n'êtes pas une novice.
Vous ne devez qu'à notre pitié que nos portes vous soient rouvertes.
Nous comprenez-vous ?
Luce !
C'est moi. C'est Camille.
Luce.
Réponds-moi.
Mais dis-moi quelque chose.
La faute est grave.
Un tel manquement aux règles réclame une grande sévérité.
Comment réagit-elle ?
Pour l'instant, monseigneur, elle refuse de parler.
Elle refuse toute nourriture depuis 5 jours.
Le pire serait qu'elle se laisse dépérir.
Attendons encore un peu. Nous la reprendrons en main.
Dieu est miséricorde.
Plutôt que d'accabler cette enfant, ouvrez-lui la voie de la rédemption.
Monseigneur.
Ma fille,
nous avons sûrement notre part dans le tourment qui est le vôtre.
Je n'imaginais pas que vos visions vous mènent à de telles extrémités.
J'ai autorisé une visite.
Quelqu'un qui vous est cher.
Entrez.
Je vous laisse.
Merci, ma mère.
Ma petite.
Je n'arriverais pas à te soulever, aujourd'hui.
Aie confiance.
Tu as surmonté bien d'autres épreuves.
Je sais ce que tu traverses, aujourd'hui.
Souviens-toi,
quand le Seigneur t'a fait une place auprès de lui,
quand ton père est mort.
Il faut que tu m'écoutes.
Moi aussi... j'ai failli.
Un jour, comme toi...
j'ai subi cette épreuve.
Je me suis cru abandonné de Dieu.
Laissez-moi.
Partez.
Ma petite.
Il te faut me croire.
Un jour, Dieu te reparlera.
Dieu te reviendra.
Soeur Luce,
la cloche a sonné.
Rejoignons nos soeurs au réfectoire.
Il faut manger.
Cet après-midi, on ira à l'orphelinat.
On verra les enfants.
Laissez, ma soeur. Je m'en occupe.
Tenez.
Ça vous fera du bien.
Comme chaque semaine, sur Radio-Paris,
voici la chronique de Georges Apal.
On vous a abandonnés, menti,
on vous a trahis.
Trahir, c'est le propre des mauvais Français,
ceux qui multiplient leurs crimes sur le sol sacré de la patrie.
Des bandes de criminels, créatures du diable,
dont l'unique dessein est de tuer.
Méfiez-vous des mauvais Français.
Ils vous entourent. Ils vous trompent.
Les traîtres sont parmi nous.
Ils assassinent, enveloppés dans les plis de notre propre drapeau.
Français, vous n'êtes ni vendus, ni trahis, ni abandonnés.
Venez à nous avec confiance.
Regardez les figures du mal.
Ce sont elles qui étaient derrière vos visions.
Le Seigneur me demande de vous accompagner
sur ce chemin qu'il nous faut retrouver.
Il n'ira de votre salut que dans la foi.
Les forces du mal sont là, tout autour de nous.
Il faut les combattre.
Vous ne sortirez de cette épreuve qu'en retrouvant les forces du bien.
Ma soeur.
Le Seigneur éprouve parfois durement ses meilleurs serviteurs.
Luce.
Luce, calme-toi.
- Non ! Arrêtez ! - Luce.
Non !
C'est moi.
Tu es avec nous, tes soeurs.
Tu es avec nous.
Non.
Il m'a trahie.
- Ce sont tous des traîtres. - Arrête !
Pas la haine !
C'est un coup du comité franco-allemand Périgord.
Pas une fois "juif" ou "franc-maçon". Ce n'est pas eux.
Bien renseignés.
Les Brousses et des noms.
Viens avec moi.
J'ai dit à Vincent de prévenir les légaux.
Jojo, Fernand, Belleuil.
Les gars de Toulon, aussi.
Avertir les gars du Bost. Allez.
Il faut trouver qui se cache derrière ça.
Elle a été postée hier.
Une autre lettre a pu échapper au tri.
Rassemblement !
Un instant, les enfants.
Soeur Luce ?
Je suis bien content de vous voir.
Vous nous manquez.
Quand peut-on espérer votre retour ?
Excusez-la.
Elle traverse une épreuve difficile.
Allez. On ne traîne pas.
Allez.
Ma fille !
Chassez ce tourment.
Je veux retrouver notre soeur Luce.
Qu'est-ce qui se passe ?
On a tous été dénoncés. Vous aussi.
Ça continue.
Une autre.
Je connais cette écriture.
On est tous en danger.
Il faut prévenir tout le monde, y compris l'évêque.
On va faire remonter Martial de Bayonne.
Nous pouvons vous mettre à l'abri.
Pas question. Je dois continuer à soigner mes malades.
Je m'occupe du reste.
Roule !
Vous devez leur dire ce que Luce a raconté. C'est votre devoir.
Vous pouvez encore la sauver.
Monseigneur.
Il ne fallait pas vous déplacer.
Quelle épreuve !
Non seulement une fugue, mais à présent, un enlèvement.
Nous croyons connaître nos soeurs, mais elles restent un mystère.
Nous avions joué avec les enfants.
Quels que soient les périls qui nous guettent,
seule importe la cause de notre sainte Église.
Bien sûr. Bien sûr.
J'ai entendu une voiture arriver. Et quand...
Et quand je me suis retournée, j'ai vu qu'on y poussait soeur Luce.
C'était une voiture noire. Il y avait 2 hommes
à l'intérieur.
On sait que c'est toi. On a les preuves.
Du calme.
Est-ce vous qui avez écrit ces lettres ?
Oui.
- Vous en avez écrit d'autres ? - Non.
Pourquoi ?
Vous mesurez la gravité des conséquences de vos actes ?
Oui. C'est moi qui ai fait ça.
Pourquoi ?
C'est mon secret.
- La milice ! - Là-bas aussi !
- Par derrière ! - La Sten !
Nom de Dieu !
Là-bas !
Coupez par le pré !
Feu à volonté !
On s'est fait avoir.
On a coupé par le pré.
Calme-toi. Calme-toi.
Qu'est-ce que tu as vu ?
Ils nous attendaient en haut.
J'ai vu tomber Roger.
Adrienne, Martial.
Amenez-la.
Vous nous avez menti. Vous avez envoyé d'autres camarades à la mort.
Tes amis les Boches, la milice ! Ordure !
Vous ne répondez pas ?
Faites ce que vous avez à faire.
On va la juger.
Ramenez-la.
Qu'elle ait agi par dépit amoureux ne l'excuse pas.
Je sais.
Ce que vous dites sur d'autres possibles écrits est accablant.
Elle a trahi l'Église. Elle en répondra devant Dieu.
Mais la justice des hommes existe aussi.
La juger, c'est la condamner à mort.
L'Église aussi a ses propres prisons.
Proposez-lui de rejoindre un carmel en Espagne.
Je ferai en sorte qu'elle y reste.
Si elle acceptait, ce serait un soulagement.
Vous aurez tout essayé.
Que Dieu nous garde.
Non. Je n'irai pas.
Pourquoi, ma soeur ? Vous nous obligez à vous juger.
Vous savez ce qui vous attend ?
Oui.
Attends. Arrête. C'est rien. Ça va.
Pars. Tu vas les trouver en chemin.
À Beauronne, cherche la scierie.
Le moulin est en bas.
Attends.
Ne bouge pas d'ici.
Ça va aller.
Ma soeur.
On vous a proposé une vie consacrée à la prière.
Je ne comprends pas.
Ma soeur, je prie pour vous.
Vous voulez donc mourir.
C'est à moi.
Ça m'appartient.
L'Ancien.
Félix.
Paulo.
Étienne.
Bon.
On va tirer au sort.
Arme aux pieds.
Garde à vous !
En joue !
Adaptation : Claire-Gabrielle Robert pour Eclair Media
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