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Original subtitles

*- Calmez-vous, mademoiselle, calmez-vous.

- Non, j'ai envie de m'amuser, moi.

- Parlez moins fort, ils sont tous l�.

- Ils sont l� ? Eh bien, j'y vais !

- Mademoiselle ! - Laissez-moi passer.

Jean-Pierre !!

- Mais taisez-vous ! N'entrez pas, je vous interdis.

- Mais dites-moi, mon petit bonhomme !

Elle lui donne une gifle.

- Bonsoir, tout le monde !

- Valentine, que faites-vous l� ? - J'�pouse votre fils.

Viens, Jean-Pierre, on s'en va.

- Ne l'�coutez pas, elle est folle.

- Moi, je suis folle ? Tenez !

*Bruit de vaisselle qui casse.

Le public rit aux �clats.

Acclamation du public.

Leur voix est couverte par les applaudissements.

...

- Monsieur Beaufort.

- Ah !

- Excusez-moi, excusez-moi.

Je tombe � vos pieds.

Je vous admire.

- M. le ministre.

- Quelle joie de vous conna�tre !

Le film, je ne l'ai pas vraiment vu.

Je n'ai vu que vous.

Merci d'apporter de la gaiet� � ces heures graves.

- �a ne vous a pas choqu� ? - Au contraire !

Nous devons rire.

Avec vous.

On oublie tout, avec vous.

- Je...

- Oui ? - Vous pensez qu'on aura la guerre ?

- Par piti� ! On me pose la question cent fois par jour.

Pas vous... pas ce soir.

Pour une fois que j'ai la chance...

J'ai vu tous vos films.

...

- Au revoir !

- � jeudi !

- Viviane !

- Va-t'en ! - �coute-moi.

- Je veux plus te voir.

...

- T�l�phone !

- All� ? Oui.

Ah, c'est toi.

Comment tu as eu ce num�ro ?

Tu l'as appel�e � Dijon ?

La pauvre, elle a d� se demander... Que je quoi ?

Ne parle pas si vite, je comprends rien.

- Chut !

- Il est tard. Tu pr�f�res pas demain matin ?

Si, �a me fait tr�s plaisir. Qu'est-ce qui se passe ?

Je te dis que �a me fait plaisir. Ne t'�nerve pas.

Je sais m�me pas ton adresse. Attends.

Je marque.

...

- Qu'est-ce que tu faisais ? J'ai failli te rappeler ! Entre.

- Tu as froid ? Tu trembles. - C'est l'�motion.

- De me revoir ? - Oui.

- �a fait longtemps.

C'est beau. - Il manque des choses.

- J'ai vu des photos dans une revue. - Garde-le. On reste pas.

- O� on va ?

- Viens.

- Qu'est-ce que tu as, Viviane ?

- �a !

- Il est...

- Il est tomb�.

- D'en haut ? Mais t'�tais en bas ? - Non, en haut.

- Tu l'as... - Non, j'ai rien fait. Il a bascul�.

- Tout seul ? - Je l'ai gifl�.

- Pourquoi ? - Il avait bu, il s'est jet� sur moi.

Qu'est-ce qu'on va faire ?

- "Qu'est-ce qu'on va faire" ?

Arr�te !

Ne le bouge pas, ne touche � rien !

J'appelle la police. - Non !

Non, pas la police.

- Laisse-moi faire. - Non.

- C'est un accident. - Ils me croiront pas.

- Mais si, il a gliss� !

- Ce sera un scandale horrible, tu te rends pas compte.

Je ne m'en rel�verai jamais. Et je commence un film lundi.

- Calme-toi. - Laisse-moi.

Je me suis tromp�e. J'ai cru que tu viendrais � mon secours.

Excuse-moi.

Elle sanglote.

- Qu'est-ce qu'il faisait ?

- Qui ? - Lui.

- Des affaires. Il a m�me investi dans des films.

Tu as vu Le Bal de minuit ?

- �videmment.

- Attends, pose-le.

�a t'a plu ?

- Quoi ? - Le film.

- Beaucoup.

- Je chantais bien ?

- Tr�s bien.

- J'�tais doubl�e. Je suis contente,

tu l'as pas remarqu�.

- Tu cherches quoi ? - Les cl�s de sa voiture.

- Il saigne ? - Oui, il est tomb�.

Allez.

O� est la rivi�re ? - C'est un canal.

- Profond ? - Oui.

- Tu veux pas que je vienne ? - Non. Rentre.

Et efface les traces.

- Je t'appellerai demain.

J'en �tais s�re.

- De quoi ? - Que tu m'aiderais.

- Tu m'as pas oubli� ?

- Non. C'est plut�t toi.

- Y avait trop de monde dans ta vie.

...

Klaxon.

Sonnerie.

...

...

Murmures qui se perdent dans le brouhaha g�n�ral.

- Non, restez assise.

- J'ai cherch� � vous joindre

mais c'est difficile.

- Oui, en effet.

Qu'y a-t-il ?

Des �v�nements vous pr�occupent ?

- Non... Je peux vous parler comme � un ami ?

Vous avez �t� si gentil. - Je vous en prie.

- Vous connaissiez Andr� Arpel ? Il est mort.

- Je sais.

- Je l'ai connu. Vous le saviez ?

Je ne le voyais plus.

- Ah bon... - La police enqu�te.

On m'a convoqu�e mais je n'irai pas.

La porte s'ouvre.

- Vous m'�coutez ?

- Mais pourquoi n'iriez-vous pas ? - Vous imaginez les journaux ?

- Ils ont d'autres soucis en ce moment.

- Vous ne les connaissez pas. - Vous croyez ?

Qu'attendez-vous de moi exactement ?

- Je refuse la convocation.

- Je ne suis pas le pr�fet de police.

- Vous pouvez l'appeler.

- Peut-�tre. Je vais y penser.

C'est Jeanne Lanvin ?

- Pardon ?

- Votre parfum.

- C'est "Scandale".

- Je l'aime beaucoup.

- Appelez-le maintenant.

- Qui ? - Le pr�fet.

- Je ne peux pas, mais je le ferai. Promis.

Ne vous inqui�tez pas. Vous vous torturez pour rien.

Le coupable a �t� arr�t�.

- M. Legeai, je suis ma�tre Vouriot. On m'a d�sign�.

Je vais pas pouvoir m'occuper de vous, je suis mobilis�.

- Mais alors qui va me... - Moi.

� mon retour.

Cette guerre n'a aucun sens, personne n'en veut.

M�me pas Hitler.

D'ici l�, tenez-vous tranquille.

Vous avez vu le juge ? - Non.

- �videmment. C'est une pagaille noire.

Bon, j'ai lu vos d�clarations.

On verra �a, j'ai peu de temps.

La voiture, vous l'aviez vol�e

sans savoir que le propri�taire �tait dans le coffre ?

- Ben non.

- Vous racontez ce que vous voulez � la police, mais pas � moi.

Le revolver, qu'en avez-vous fait ?

- Un revolver ?

- Cet homme, Arpel, on l'a tu� d'un coup de revolver.

Vous ne le saviez pas ?

Voix dans les couloirs de la prison.

- Dehors !

- Quoi ? - On s'en va.

Les Allemands arrivent.

- Ils sont o� ? - Ils seront l� demain.

...

- �a va, l� !

- Vous permettez, non ?

- Oh !

- Avancez !

- O� est-ce qu'ils nous emm�nent ?

- Ben, dans le midi.

- On sera pas seuls sur les routes.

- En avant !

- Viens.

- Qu'est-ce que vous faites ?

- Arr�te !

Chut, tais-toi.

Un garde crie.

- Tiens, vas-y.

Voix des gardes.

- Reste pas l� !

- L�-bas, je le vois !

Arr�te-toi !

- Saloperie !

Une porte s'ouvre.

Quelqu'un marche.

Le t�l�phone sonne.

...

Un t�l�phone sonne.

- All�, oui ?

Guillaume Franc�ur, oui.

Qui ? Viviane Danver ? Non, monsieur, elle n'est pas l�.

Non, y a plus personne, y a plus de film, plus rien.

Comment ?

Je ne sais pas, elle doit �tre � Bordeaux.

Comme tout le monde, ils ont tous fil� l�-bas.

Tout le gratin.

Moi, je reste l�, oui.

J'apprends l'allemand.

L'interlocuteur continue de parler.

Un moteur se rapproche.

...

- Vos papiers.

Rires.

- �a va pas !

- On peut rigoler. Qu'est-ce que tu fous l� ?

- J'ai pris le train.

- Je vais � Bordeaux. On a pas le choix.

- Comment t'as fait hier ?

- Je te raconterai. Viens !

Pardon !

Excusez-moi.

Voil�. J'ai pas trouv� de verre.

- �a ne fait rien. Merci.

- Eh ben, dites, il �tait temps !

Je vous pr�sente un ami. Monsieur... - Auger.

- M. Auger.

Mademoiselle est au Coll�ge de France.

- Mais qu'est-ce que vous racontez ? �a n'int�resse personne.

- Qu'est-ce que j'ai dit ?

Elle s'arr�te � Angoul�me. Dommage, hein ?

Elle tousse.

- Vous allez attraper mal ici.

- Je suis bien, merci.

- Je vais dire que vous �tes malade.

- Je suis pas malade.

Arr�tez !

- J'y vais et je reviens. - Non.

Il est toujours comme �a, votre ami ?

Vous le connaissez bien ? - Pas bien. Il m'a rendu service.

- D�cid�ment...

- C'est dans sa nature.

- Vous voulez vous asseoir ?

- Vous travaillez vraiment au Coll�ge de France ?

- Oui, enfin, je suis assistante en physique.

- Ah !

- Et vous faites quoi ?

- Oh, moi, je fais beaucoup de choses.

- Oui. Quoi ?

- J'ai commenc� comme... Enfin, j'ai commenc�...

Mais l� non plus, �a n'a pas dur� longtemps.

- Vous n'avez pas �t� mobilis� ? - Non. J'�tais absent.

- Vous �tiez o� ?

� l'�tranger ?

- � l'�tranger, mais vous savez, le temps de rentrer et tout �a...

Trouver un bateau...

*- Angoul�me, Angoul�me !

- Professeur, professeur !

- Attendez !

- Je vais vous aider.

- Camille, on pensait que vous n'arriveriez jamais.

- On est rest�s 2 heures � Poitiers. �a va, M. Girard ?

- �a va.

- Merci, au revoir.

- On se reverra ?

C'est o�, le Coll�ge de France ?

- Tous les papiers sont l� ? - Oui.

J'ai pris tout ce qu'il y avait au laboratoire.

*- Attention ! Par suite d'un bombardement des voies

le trafic est interrompu jusqu'� nouvel avis.

Tous les voyageurs sont invit�s � descendre du train.

Contestations.

- Ma valise !

Prends ma valise !

- Comment ferez-vous en Angleterre ?

- Je verrai.

- Personne ne vous attend. - J'ai des amis.

Il faut que je quitte la France.

Dans 8 jours, les Allemands seront l�, peut-�tre m�me avant.

- Quoi ?

Vous les avez prises ? - Oui, c'�tait plus s�r.

- Et les camions ? - Je n'avais pas enti�re confiance.

- Il part quand, ce bateau ? - Demain.

- Vous allez aussi en Angleterre ? - Je peux pas, � cause de maman.

Le col du f�mur... Vous savez. Et je suis sans nouvelle d'elle.

- Excusez-moi, vous n'allez pas jusqu'� Bordeaux ?

- Vous inqui�tez pas. Ils ont �t� tellement serviables.

- D'o� viennent-ils ? De Paris ?

- Je crois, oui.

Tintement de verre.

- Touchez pas !

...

On frappe.

- Elle dort, monsieur. - Merci.

- Oh non, non ! Je vous en supplie.

- Il est tard, il faut vous lever.

- J'ai pas dormi. Quel bruit dans cet h�tel !

- Je sais. Personne n'a dormi.

Tout le gouvernement est arriv�.

J'ai pass� la nuit ici et � la pr�fecture.

- Pauvre Jean-�tienne !

- Je dois y retourner. - Plus tard. Allez dormir.

- C'est le Conseil des ministres.

- Trouvez une excuse, envoyez un mot.

Vous ne tenez plus debout.

- J'ai vu les De Lusse, en bas.

- Ils sont l� ?

- Ils ont dormi dans leur voiture. - Non ?

- Allez voir, leur voiture est juste devant.

127, s'il vous pla�t.

Oui, c'est Beaufort.

Vous avez vu l'�tat-major ?

Qui ? Oui, alors ?

- Jacqueline De Lusse dort dehors ! Quelle nouvelle !

- J'arrive.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Les Allemands sont � Orl�ans.

- D�j� ?

- Bonjour, mademoiselle.

- Ah, ma ch�rie !

Je suis morte ! Ce qu'Albert et moi avons v�cu depuis hier !

Je peux pas te dire.

Je ne parle m�me pas de la fatigue. Mais l'humiliation !

Quels monstres ici !

J'ai dormi... - Dans la voiture ?

- Oui. - Oh non !

- Je suis contente que toi au moins, tu sois log�e !

- Tu veux prendre un bain ? - Plus tard.

Si je ne mange pas, je vais tomber.

Je viens ? - Non.

- Une chambre � deux lits. - Je ferai de mon mieux.

- C'est � cause d'Albert, il dit que je bouge, mais c'est pas vrai.

- Ah ! - O� tu vas ?

- Reynaud. R-E-Y-N-A-U-D.

Apparently, there are two.

- Alex !

- Viviane !

On vous a donn� mon mot ?

- Je ne peux pas.

- Alors je vous invite � d�jeuner.

- C'est compliqu�.

- Juste un verre.

- Un verre, peut-�tre. - �coutez.

Je pensais avoir une chance de vous voir.

- Alex... - Je suis pas ministre.

Mais en ce moment,

c'est un avantage.

- Il te suit partout. - Il est l� pour son journal.

- Il est fou de toi. - �coute !

- Il l'a dit chez les Gramont. - Quoi ?

- Que tu �tais l'image id�ale de la France, de la beaut�.

- Faut partir, y a pas le choix.

- Pour aller aux colonies ?

- Nous sommes dans un pi�ge ici.

- On ne peut gouverner au S�n�gal.

Arr�tez, Br�mond, ce sont des r�veries.

La guerre est perdue, vous le savez.

- Pas encore. - Mais si, h�las !

Faut demander l'armistice.

- Paul Reynaud ne le fera pas. - Qu'il d�missionne !

Le mar�chal est pr�t.

- Je vois deux opposants.

- Qui ? Oh oui, bien s�r...

- Qui ?

- Mandel et De Gaulle.

Allez � gauche.

On est en retard.

- Oh ! �a va pas ou quoi ?

T'as vu �a ?

- O� tu vas ? C'est pas par l� !

- Il fallait rectifier les points 6 et 9.

- Arr�tez-vous ! - Quoi ?

- J'ai une course � faire. - Non.

- Je reviens vite. - Viviane !

- Vous d�sirez ? - Je...

Vous n'auriez pas du... des gants ?

- En cuir ou en laine ?

- Je ne sais pas. En cuir.

- Quelle taille ?

Donnez-moi votre main.

- Vous devez faire du 7. Dans quelle couleur ?

- Pareil. Blanc. C'est �a, blanc.

On t'a lib�r� ?

- Je me suis �vad�. Ils ont vid� les prisons.

- On va te chercher.

- Tout le monde s'en fout.

- Voil�. - Je les prends.

- Lesquels ?

- Tu lui as tir� dessus... Arpel ?

- Pas ici. - Tu avais peur que je te d�nonce ?

- Tais-toi, je t'expliquerai. Bouge pas.

- Viviane, il faut y aller.

- C'est bien, non ?

- Oui, ce n'est pas mal. Combien �a fait ?

- Avec le chapeau ? - Oui.

Y a des jours, on se demande si vous vous rendez compte ?

- Dis donc, c'est pas... comment elle s'appelle ?

- Viviane Danver. - C'est �a, Viviane Danver.

Tu la connais ?

- Oui.

- Mais tu la connais comme �a ou bien tu la connais...

- On se conna�t ! Que veux-tu que je te dise ?

- Mon salaud ! Je comprends mieux pourquoi t'as fait le voyage.

Et lui, c'est qui ? - M. Beaufort, le ministre.

Il font un joli couple, hein ? Vous trouvez pas ?

Cris d'enfants qui se chamaillent.

- Doucement, les enfants, pas dans la maison.

J'ai eu la mairie, ils vont livrer d'autres matelas.

Les r�fugi�s, � Bordeaux, vous savez, on conna�t.

D�j� en 1870,

apr�s en 1914...

Je vous donne la chambre de mon fils, je n'ai plus que �a.

Il est quelque part sur les routes.

Oh l� ! Mon dessus-de-lit !

- Je peux appeler ?

- C'est pour Bordeaux ? - Oui.

- Venez, c'est dans ma chambre.

- Maurice, c'est moi.

Oui, je suis l�.

�a a �t� copieux, je te raconterai.

Qui ? Ah bon ?

Ils sont arriv�s quand ?

Auger ! Ne quitte pas, Maurice.

Attends-moi, t'as 5 minutes !

O� tu vas ? Tu sais m�me pas o� elle est !

- Je trouverai !

- Vous cherchez quoi, monsieur ?

- Il cherche le gouvernement.

...

Brouhaha g�n�ral.

- Nous sommes complets !

Je peux pas vous dire mieux !

- J'ai envoy� un t�l�gramme. - Moi aussi !

- Je suis la comtesse Roberti !

- Je n'ai rien.

- Je veux voir le directeur ! - Il reste des chambres.

- Des chambres de service. - �a me va.

- C'est pour le s�nateur.

- Mademoiselle Danver. - Elle est sortie.

- Elle va rentrer ? - Je ne sais pas.

- Ne cherchez pas, c'est le Front Populaire.

Je l'ai toujours dit, �a devait finir en catastrophe.

- Il para�t

que des Russes ont viol� des femmes.

- Bonjour.

- Que faites-vous l� ?

- J'attends le professeur. - Il est pas parti ?

- Il faut des visas, il a pas pu monter � bord.

On se prom�ne de minist�re en minist�re, pour des papiers !

Un g�nie comme lui ! �a me rend folle.

Rire ridicule.

- Vous �tes dans cet h�tel ? - Non.

- Tant mieux. Je suis l� depuis une heure.

J'en peux plus, j'ai honte.

Les Allemands sont � Paris, mais �a ne d�range pas ces gens.

�a vous fait rien, � vous ? - Si.

- Non, vous vous en fichez aussi.

- J'ai d'autres soucis. Excusez-moi.

- D'autres soucis en ce moment ?

- Vous avez les v�tres. Le professeur, l'eau lourde...

- L'eau lourde ?

- Vous en parliez.

- Moi ?

- Cette nuit, vous en parliez. - Vous dormiez pas ?

- Pourquoi, c'est secret ?

C'est quoi, exactement ?

- Un corps chimique particulier. Je peux pas vous en dire plus.

- Comme vous voulez.

- C'est la seule eau lourde qui existe au monde.

Il faut l'envoyer en Angleterre pour ne pas la laisser aux Allemands.

- Pourquoi ?

Le brouhaha couvre sa voix.

- �a vous int�resse pas ?

- Si, mais l�, je dois...

- M. le ministre, que se passe-t-il ?

- Je ne peux rien vous dire.

- La guerre continue ? - Le gouvernement r�fl�chit.

- Viviane !

Alors ?

- Tout va bien, vous serez log�s. - Dans quel h�tel ?

- Au lyc�e de filles. - Tu plaisantes ?

- Ils ont emm�nag� les dortoirs. - Mon Dieu !

Si �a ne va pas, je pars pour Nice.

Merci quand m�me, je...

- Je peux te dire un mot ? Vous permettez ?

- L�che-moi, on nous regarde.

- On a le droit de parler. - Pas l�.

- Ah ! Jean-�tienne.

Voici Fr�d�ric, un ami de Dijon, un ami de mes fr�res.

C'�tait notre voisin.

On s'est pas vus depuis... �a fait combien de temps ?

Tu as pas chang�.

- Nous allons d�jeuner. Venez.

- Je monte et je reviens.

- La situation est alarmante. - J'allais vous en parler.

- Camille !

- Alors, vous avez les papiers ? - Non.

- Quoi ? - Ils ne comprennent rien.

Ils se renvoient la balle. Personne ne veut signer.

Ils me tuent, Camille.

Ils me tuent.

- J'ai menti, je t'ai racont� n'importe quoi.

Laisse-moi parler.

Je n'en pouvais plus, il me harcelait.

Il voulait divulguer ce qu'il savait sur moi.

- Quoi ?

- Une vieille histoire de bijoux que j'avais emprunt�s.

- Tu les as rendus ? - Oui.

Enfin, pas tous. C'est compliqu�... Y a si longtemps.

- Tu l'as tu� pour �a ? - J'ai eu peur et le coup est parti.

- Qu'as-tu fait du revolver ?

- Je l'ai remis dans le tiroir.

Le lendemain, dans la presse, ta photo,

l'accident, j'ai failli m'�vanouir.

Je pouvais pas t'�crire, ils ouvrent les lettres, en prison.

J'arr�tais pas de pleurer.

Tu me crois pas ?

Non, tu me crois pas.

Fr�d�ric, qu'est-ce qu'on va devenir ?

- N'aie pas peur.

Le t�l�phone sonne.

- All�, oui ?

Oui, je descends. Ils n'ont qu'� commencer sans moi.

Je dois y aller.

- Qu'est-ce que je fais, je t'attends ?

- Non, sauve-toi, tout Paris est ici. O� loges-tu ?

- Chez une dame. - Ne sors pas, je viendrai te voir.

Laisse-moi l'adresse.

- Tu viendras quand ? - Quand je pourrai.

- C'est r�cent, ton nouveau "r�le" avec Beaufort ?

- C'est pas facile pour moi. Si j'avais pas eu Jean-�tienne...

Une porte claque.

- Fr�d�ric ?

Fr�d�ric, arr�te.

Ne te f�che pas.

Je viendrai te voir. - Pour No�l ?

- Pourquoi tu es comme �a ? - Je sors de prison.

J'ai tu� personne, moi. - Tais-toi.

- Monsieur, monsieur !

M. Beaufort voudrait vous parler.

- Vous partiez en courant ! Vous d�jeunez avec nous ?

Venez, �a fera plaisir � Viviane.

Elle ne vous a pas vu depuis si longtemps.

Brouhaha g�n�ral.

- Vous connaissez Viviane, c'est le flou artistique.

Avec elle, on ne peut pas savoir grand-chose.

� Dijon, elle n'�tait pas mari�e ?

- Non. - Elle devait avoir du succ�s.

Vous devez le savoir, vous habitiez � c�t�.

Asseyez-vous.

Tenez, mettez-vous l�.

- Aujourd'hui, nous avons

des cailles.

- Non, du poisson. Et vite, j'ai une r�union � 2 h.

- Et vous, monsieur ? - Pareil. Vous aimez le turbot ?

Turbot pour tous.

- C'est elle ! - Je la voyais plus petite.

Rire du ministre Beaufort.

- Ah ! J'ai invit� votre ami.

J'en apprends de belles sur la vie de province.

- Tu as dit quoi ?

- Rien, n'ayez crainte.

Il est tr�s discret, presque autant que vous.

Vous avez connu le p�re de Viviane ? Lui, elle en parle.

N'est-ce pas ?

- Oui ? - Votre p�re...

Engag� en 14... Deux blessures, �vad� trois fois.

- Il serait surpris de voir sa fille ici, c'est pas la m�me ambiance.

- �a veut dire quoi, �a ?

Chuchotements.

- Mademoiselle, n'insistez pas. - Laissez-moi.

- Quelqu'un veut...

- Mademoiselle !

- C'est pour moi.

Qu'est-ce qui se passe ?

- Le professeur doit parler � votre ami le ministre.

- C'est pas mon ami. - On le dirait bien, pourtant.

- Non.

- Il faut nous aider. Je vous le demande.

- Oh, pardon !

Chuchotements.

Chuchotements.

- Mon chef de cabinet.

- Asseyez-vous. - Non, �a va.

- Prenez ma place, je m'en vais. Au revoir, Viviane... messieurs.

- Vous �tes une amie de Fr�d�ric ?

- Pas du tout.

- Le turbot, c'est pour vous.

- Monsieur Auger !

Vous �tes Fr�d�ric Auger ?

Je suis Thierry Arpel, le neveu d'Andr� Arpel.

Il a �t� assassin�.

Vous vous souvenez ?

Vous n'�tes plus en prison ?

C'est un criminel !

Il a tu� mon oncle !

� l'assassin !

- �a va, �a va.

Viviane, attendez-moi.

Laissez-moi quelques heures.

- Mais le bateau part ce soir. - Je dois en parler � mes coll�gues.

Mon chef de cabinet va rester avec vous. N'est-ce pas, Br�mond ?

- On a re�u un appel de Marseille.

- S'il vous pla�t !!!

Le "petit voisin". Ah non, bravo ! Un assassin !

En plus, je l'invite � ma table

le jour o� se joue le destin de la France.

Franchement ! - Je pouvais pas savoir.

- Qu'il l'avait tu� ? - Non, qu'il �tait ici.

- Pour Arpel, vous le saviez. - Non, je...

- Vous me l'avez cach�. - Mais non.

- On arr�te les mensonges, Viviane !

On frappe. - Quoi ?

- La voiture est en bas.

- Qu'elle monte !

Enfin, dites au chauffeur de monter et qu'il prenne les dossiers.

Comment voulez-vous que je vous fasse confiance ?

Si vous me disiez une fois la v�rit�.

Une fois.

- Il l'a fait pour moi, j'en suis s�re, pour me prot�ger.

Il a �t� voir Arpel. Ils ont d� se battre. Il supporte pas

qu'on me veuille du mal.

- Ah oui... Il en a tu� d'autres ?

- Non.

Mais il allait boxer les journalistes quand j'avais un mauvais article.

Un jour,

il s'est fait casser la figure.

- Oui, c'est tr�s touchant mais on va pas pleurer.

Vous savez o� il est, en ville ?

- Pas du tout.

- Je vais le faire chercher par la police.

- J'en avais demand� huit. Montez ceux-l�, c'est au 1er �tage.

- Madame !

- Bon, vous me suivez.

- Tu l'as trouv�e ? - Qui ?

- Elle.

Maurice, je vous pr�sente. C'est lui, c'est Auger.

- Ah, bonjour !

- Tu l'as pas trouv�e ? - Si.

- Tu pourras lui demander un autographe ?

C'est pour Maurice. Lui, les actrices, �a le chauffe.

- Tu lui as racont� quoi ?

- C'est un ami, Aie confiance.

Il �tait l�, l'autre, son ministre ? - Oui.

- Vous vous �tes expliqu�s ? Il va te la rendre ?

Non ? L�, je t'admire. Avec moi, c'�tait d�j� pli�.

- Les vedettes, c'est sp�cial. - Toi, ferme ta gueule.

Allez, accroche-toi, t'es le plus beau !

- Tout le stock est l� ? - Oui.

- Y a pas de risque ?

- Quel risque ?

- Que �a explose.

- Impossible. Sans uranium, vous ne pouvez rien en faire.

Mais sans eau lourde, vous ne pouvez rien faire.

- Ah bon ? - Eh non !

- L'eau permet la r�action en cha�ne.

- Eh oui... Oh, pardon.

- Soyez � l'�cole � 5 h.

Cherchez un garage, vous pouvez pas garer la voiture l�.

- M. Girard la garde.

- Non, il y a des espions. J'envoie quelqu'un.

- Acc�l�rez les choses, �a sera plus utile.

R�digez un ordre de mission !

Vous voulez que je vous fasse un brouillon ?

- "D�livr� � Paris..."

- Excusez-moi.

- C'est � vous ? On vous la rend.

C'est pour nos visas pour le Portugal.

- Y avait des feuilles dedans.

- Elles sont l�, je les avais pos�es.

- Papa !

- Mais laisse-moi, �a m'int�resse.

- Papa, c'est � monsieur.

- Oh pardon. Vous �tes le...

C'est un roman, n'est-ce pas ?

- J'esp�re.

- Il y a encore du travail, mais tout est l�.

Je peux vous faire des remarques ?

Il y a trop de mots vagues.

"On entendait la rumeur de la salle."

"On", c'est qui ? C'est vous ?

- Je regarderai �a.

- "On", c'est personne, comprenez-vous ?

- Viviane !

O� allez-vous ?

- Faire des courses. - Toute seule ?

- Vous me suivez ?

- Viviane ! Est-ce que c'est mon genre ?

Je peux vous d�poser, j'ai ma voiture pr�s d'ici.

- Non. - Ce sera plus tranquille.

Il pourrait vous arriver n'importe quoi.

Restez l�. - Non.

- Pourquoi ? Vous avez peur de moi ?

Vous me fuyez toujours.

- Non, je dois...

- Vous avez des ennuis.

Je le sais. Je pourrais vous aider si vous ne me fuyiez pas.

Ce gar�on, Fr�d�ric, s'il parle,

vous �tes perdue.

Dois-je m'occuper de lui ?

- Il y a une dame pour vous.

Elle ne se sent pas bien.

- Elle fait une dr�le de t�te. je crois qu'elle est malade.

- Viens, ne reste pas l�.

- Il a pas l'air content.

- C'�tait s�r. Ils ont tout compris. Toute la ville, tout le monde.

Ils savent tout. C'est la fin, je suis finie.

- Voil� la machine. Pour votre livre,

je suis furieuse contre mon grand-p�re.

Mais �a lui a plu, il aimerait lire la suite.

- Oh...

J'ai la t�te qui tourne.

- Assieds-toi.

- Je peux vous aider ? - Non.

- Prenez-le, mais qu'il me le rende.

- Merci, il va �tre... parce que pour lui, les livres...

- �a va ?

- Oui.

...

Coups de burin.

- Des gens veulent se battre, d'autres ne le veulent pas.

- Je n'ai pas de le�ons � recevoir de vous !

- Il n'y a qu'un devoir, c'est de partir � Alger ou � Tunis !

- Allez-y ! Si vous partez, vous ne reviendrez jamais.

Protestations.

- Messieurs, messieurs !

S'il vous pla�t !

La conversation se perd dans un fouillis de voix.

- Nous avons des alli�s !

Nous emm�nerons avec nous la l�gitimit� nationale !

- Abandonnez les Fran�ais et ils s'en souviendront !

- Il y a ceux qui s'en vont pour sauver la patrie

ou ceux qui restent !

- Professeur Kopolski ?

Excusez-moi, je ne sais pas si vous vous souvenez.

Alex Winckler. Je vous ai interview� il y a deux ans � Gen�ve.

- Ah oui, en effet, oui.

- Vous �tes ici pour quelques jours ?

Rassurez-vous, ce n'est pas pour mon journal.

Je suis indiscret.

Pardon.

- Quand il s'agit

de la guerre,

seule compte la parole

des grands soldats.

Si le mar�chal P�tain nous dit qu'il faut d�poser les armes,

nous devons nous incliner.

Applaudissements.

- Nein, fahren Sie nicht am Bahnhof vorbei.

Dort ist alles blockiert.

Am besten, nehmen Sie die Boulevards.

Ja, ich warte auf euch.

Ja !

- Je suis avec qui, l� ?

- Ton fr�re.

- Antoine ?

Ah oui, c'est notre jardin. Mais c'est pris d'o� ?

- De ma fen�tre.

- C'est pas vrai. Tu m'espionnais !

- Tu le savais bien.

- Il faut que tu partes, Fr�d�ric, tu peux pas rester � Bordeaux.

Ils vont te trouver. - Toi aussi.

- Je peux pas partir. - Tu es en danger.

- Non. - Tu me l'as dit.

Elle soupire.

- Viens avec moi, partons tous les deux.

- O� ?

- Je ne sais pas... Loin.

- Loin ? - Oui.

- Au Portugal. On peut trouver des visas. Des gens en ont.

- Et qu'est-ce qu'on fera au Portugal ?

- On pourra aller en Am�rique.

- Au Mexique ? - Pourquoi pas ?

- On m'y a propos� des films.

- S'ils te voient arriver, ce sera l'�meute : "Se�orita Danver" !

- Et tu feras quoi ?

- Je donnerai des cours, je finirai mon livre.

- Ton livre ? Ne me dis pas que c'est toujours le m�me ?

- Si.

- Fr�d�ric, non.

- Cette fois, il est termin�. J'ai juste des choses � reprendre.

- Tu as revu l'�diteur que je t'avais pr�sent� ?

- C'est un filou. - Ah bon.

Si tu deviens c�l�bre, je pourrai publier tes premiers po�mes.

- Quoi ?

- Ceux que tu glissais entre mes volets.

Tu as oubli� ? - Tu les as gard�s ?

- Oui, bien s�r.

...

- Professeur, je vais vous d�cevoir, mais vous devez comprendre.

Nous ne pouvons pas vous laisser emporter l'eau lourde en Angleterre.

- Vous aviez dit...

- Elle doit rester en France. Il y va de l'int�r�t national.

- Les Allemands la prendront.

- Nous la mettrons � l'abri.

Nous allons n�gocier

d'un moment � l'autre.

- Avec les Allemands ? - �videmment !

Il ne faut pas compromettre un accord.

La paix est � ce prix.

- Mais...

- �a peut �tre une monnaie d'�change.

- Quoi ? Vous n'allez pas leur donner l'eau lourde !

- Non. Nous la mettrons en lieu s�r.

- �a fait 6 mois qu'ils la cherchent.

- Je vous en prie !

- Vous allez livrer le professeur ? "Un juif apatride" comme ils disent.

Vous esp�rez vous attirer les bonnes gr�ces de l'Allemagne ?

- Taisez-vous !!

Laissez-moi passer !

Laissez-moi passer !

- Vous savez ce qu'ils feront avec l'eau lourde :

une bombe atomique !

- Ils sont perdus. Ils ne savent plus o� ils en sont.

- Pas d'excuses, ils savent ce que vous risquez.

- Oui, ils savent.

- Vous voulez toujours comprendre les raisons de tous.

- Mademoiselle !

- �a va, monsieur, laissez-nous.

- Jamais j'aurais pens� que nous irions vers �a.

Ils vont capituler. Moi aussi, j'ai honte.

En plus, j'aurais... - C'est trop tard pour regretter.

- Qu'est-ce que vous allez faire ?

- Aller jusqu'� Bayonne.

- Non, vous vous ferez arr�ter. Ne sortez plus votre voiture.

Elle est toujours dans la rue ? - Euh, oui.

Quoi ?

- La police a re�u l'ordre de la saisir.

- Warte hier auf mich oder auf die andere Seite.

Chocs contre la carrosserie.

- Doucement, cassez pas tout ! - Mais non, on regarde !

- Waouh ! Du Pichon-Longueville

de 1928 !

- Fais voir.

- Qui va acheter �a en ce moment ?

- On vend pas, on attend.

Si la guerre continue, on sera les rois.

Mademoiselle Camille !

Stop, arr�te !

- Qu'est-ce que tu fais, Raoul ?

C'est pas vrai !

- Je vais la chercher. - Non, elle va s'inqui�ter.

- Tu vas o� ? - Je reviens, reste avec lui.

- Pardon, monsieur.

Est-ce que vous voyez mon chapeau. J'ai d� le...

Ah !

Merci.

- De toute fa�on, elle est en panne ! On ne peut pas la bouger.

- �a suffit !

La voiture ne d�marre pas.

- Non, non ! Vous �tes en seconde, vous allez caler.

En haut, la 1 re. Doucement.

Coup de frein.

- Qu'est-ce qu'ils font ?

- Qui a demand� d'embarquer ma voiture ? Qui ?

- Professeur Kopolski, Coll�ge de France.

O� allez-vous ?

- Au commissariat. - Montrez-moi votre carte.

- Arr�tez, vous allez tout casser.

- �a va pas !

- Nein, ein Franzose mit schwarzem Haar.

Die Polizei war da, ich konnte nichts machen.

Die Franzosen haben auch nichts gemacht.

* Es war mehreren Leute in einem LKW. Sie haben alles organisiert.

- Wir haben sie verloren.

Wir m�ssen Berlin bescheid sagen.

Bips de l'appareil de T.S.F.

...

- Vous, c'est la physique, alors ?

- Oui.

- Moi, �a m'aurait plu, la physique.

Les petits tubes, les bulles, l'eau qui devient rouge...

- �a, c'est plut�t la chimie.

- C'est pas pareil ?

- Les voil� !

Coups de klaxon.

- Ah, mes amis !

�a va, ma petite Camille ? Vous n'�tes pas bless�e ?

- Non, �a va.

- Et vous, M. Girard ?

- �a va pas. Qui va me r�parer �a ?

- Auger !

Auger !

- Raoul, faut y aller.

- Une minute.

Madame Arbesault !

Dites-lui de descendre.

- Il est sorti. Il est parti avec une dame.

- Une actrice ?

- Je crois que c'est �a.

- Il habite l� aussi ?

- Auger ? Oui, on se regroupe.

Maurice ! La fianc�e d'Auger �tait l�.

- Non !

- Enfin, maintenant, elle est avec un ministre.

- Ils d�jeunaient ensemble ce matin.

- Tous les trois ? - Oui.

�a, c'est le bouquet.

Pauvre Auger, elle fait de lui ce qu'elle veut. C'est son pantin.

Depuis des ann�es.

- On vous a racont� ? Ce matin, il a failli se faire arr�ter.

Vous saviez pour la prison ?

- Je me suis �vad� avec lui. D'ailleurs, si j'avais pas �t� l�...

Eh oui, c'est comme �a, nous sommes des hors-la-loi.

Vous aussi.

Et M. Girard et le professeur. C'est mieux, non ?

Si la police arrive, elle nous embarque tous.

Je reviens ce soir. On d�ne tous les deux, d'accord ?

- Le consulat ouvre � 8 h. J'y serai avant.

J'ai le nom du type qui a fait leurs visas.

D�s que je les ai, je t'appelle.

Je t'attends l�. L'h�tel, je pr�f�re �viter.

Va me chercher ton passeport. Tu veux que je vienne ?

- Non. - Qu'est-ce qu'il y a ?

- Fr�d�ric, je peux pas partir. On r�ve, l�.

- Qu'est-ce que tu veux faire ?

- Tu oublies avec qui je vis. - Ah lui...

Tu comptes sur lui.

- Il me prot�gera. Mais toi, tu peux pas rester l�.

� Lisbonne, envoie-moi un t�l�gramme. Ne le signe pas.

Je vais te chercher de l'argent.

O� tu vas ?

Fr�d�ric !

- Laisse-moi !

- Quoi ? C'est � cause de Jean-�tienne ?

- Je m'en fous. Tu le jetteras quand t'auras plus besoin de lui.

Comme les autres, tu as toujours fait �a.

T'aimes personne,

m�me pas toi. Tu finiras seule devant ta glace !

- Where have you been ? We've been looking for you everywhere.

- You're not in uniform. You're not in the services ?

How old are you ? Tell me, what do you do ?

Alarme.

...

- Mademoiselle Danver ?

Excusez-moi. Nous nous sommes vus ce matin � la salle � manger.

Excusez le scandale.

Ce Fr�d�ric est un ami � vous ? Pourquoi est-il ici ?

- Tout le monde est ici.

- Il �tait en prison. Vous savez ?

- Vaguement.

- Ah ah ! - J'ai pas le temps, monsieur.

M. Beaufort est l� ?

- Il est � la pr�fecture. - Encore ?

- Paul Reynaud a d�missionn�. - Qui le remplace ?

- Ben, le mar�chal P�tain.

- C'est rien, c'est l'alerte.

- Vous avez bien connu mon oncle ? Il aimait les actrices.

Il en est mort.

- Laissez-moi !

- Mourir de ce qu'on aime est la plus belle des morts.

�a me fait pas peur de mourir dans les bras d'une �toile.

La ma�tresse de mon oncle. Pourquoi pas la mienne ?

- Dites-moi, je cherche un ami qui est � Bordeaux.

Loge-t-il dans votre h�tel ? Il s'appelle Kopolski.

Professeur Kopolski.

- Je ne vois pas.

- Il est avec une fille brune, 25 ans.

- Arr�tez !

Attendez !

�a suffit.

Comment vous s�duisait-il ? Qu'avait-il de plus que moi ?

Dites donc, vous !

- Merci, Alex. Quelle horreur, ce type !

- Qui est-ce ? - Un malade.

Il fait une fixation sur moi. - On va s'occuper de lui.

Il ne vous emb�tera plus.

Vous revenez ? - Oui.

- Je vous attends ici !

...

Ils �coutent la radio.

Quelqu'un approche.

- Que faites-vous l� ?

- Votre ami, M. Raoul, nous a...

- Quoi ?

- Il nous a tir�s d'affaire, parce que s'il avait fallu compter sur vous.

Vous deviez tout arranger avec le ministre.

On s'est sauv�s comme des gangsters.

Tout �a � cause de vous. Je vous remercie, bravo !

- �a va, j'ai compris. C'est pas la peine de gueuler.

Pas �nergiques sur le parquet.

- Je suis catastroph� !

C'est ma faute !

J'aurais jamais d� vous �couter. Quel salaud !

- Qui ?

- Beaufort !

Maintenant, vous m'en voulez !

- Vous pouviez pas pr�voir.

- Y a qu'� regarder sa carri�re. � gauche, � droite...

Tout lui va !

Je vous confie � lui et il vous envoie la police.

Qu'allez-vous faire pour l'eau lourde ?

- Je l'ignore.

- Vous n'allez pas abandonner !

- Le professeur se repose.

- Longtemps ?

- Respectez-le.

- Excusez-moi.

Il veut toujours partir ?

Il doit y avoir d'autres moyens. Vous voulez que je m'en occupe ?

- Non, merci.

- Si.

- Je n'y tiens pas.

- Vous m'en voulez. Vous n'avez pas confiance.

- Vous m'avez trop menti.

Dans le train, vos voyages � l'�tranger...

- J'aurais d� dire que je m'�vadais ?

- Je pr�f�re la v�rit�.

- Vous la voulez ?

- Pas maintenant.

- Vous me traitez de menteur, je m'explique !

- J'ai mal � la t�te, vous parlez fort.

Et je n'aime pas les gens qui boivent.

- On vous a dit que j'avais tu� ?

Vous l'avez cru ? - Vous �tiez en prison.

- Ah non !

Je vais tout vous dire.

- Camille, vous voulez pas que j'essaie d'appeler Bayonne ?

- C'est �a, oui !

- Qu'est-ce qui vous prend ?

M. Girard !

- Votre nomination, M. le mar�chal, a �t� re�ue

avec soulagement dans les ambassades.

Des t�l�grammes de soutien nous sont parvenus.

Une porte s'ouvre.

Chuchotements.

- Excusez-moi.

- Ces t�l�grammes viennent des missions diplomatiques.

- Qu'y a-t-il ? - Je dois vous parler.

- Pas maintenant. - Si. C'est pour Fr�d�ric Auger.

- Qu'est-ce qu'il a fait ? - Rien. Arr�tez les poursuites.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est moi qui ai tu� Arpel.

- Tenez.

- Merci.

Vous me prenez vraiment pour un assassin ?

- Non.

- Cette femme, elle a quelque chose � voir avec �a ?

- Quelle femme ?

- Vous savez bien.

Vous la connaissez depuis toujours, il para�t.

- Qui l'a dit ? - Votre ami.

- Raoul ? Qu'est-ce qu'il vous a racont� ?

- Rien. Ce n'est pas un secret.

�a doit pas �tre facile. - Quoi ?

- D'aimer une femme comme elle.

- Et vous, vous avez d�j� aim� ?

- Oui, je...

- Qui ? - �a ne vous regarde pas.

- On peut rien vous demander ?

- Je suis r�serv�e.

- Mais ce jeune homme...

- Lequel ?

- Ce jeune amant.

- J'ai pas dit �a.

- C'est un homme �g�. C'est le professeur.

- Non !

- Restez, excusez-moi. Je suis stupide.

Restez, je ne poserai plus aucune question.

- Mais pourquoi ce soir, le soir o� tout se d�cide !

La guerre, la paix. Le monde nous observe !

Et me voil� m�l� � un crime !

- Il m'a agress�e.

- C'est pas ce qu'on dira. - Personne ne le sait.

- Si ! Vous, moi, Auger et le neveu Arpel.

Arpel a tout compris.

- Justement, je pensais que vous pourriez le faire arr�ter.

Un obs�d� sexuel, comme son oncle.

- Vous divaguez !

- Vous allez �tre

ministre de l'Int�rieur...

- Vous savez plus ce que vous dites !

Viviane pleure.

- Ne pleurez pas.

Il ne vous arrivera rien, je vous le promets.

Je ferai classer l'affaire, on ne remontera pas jusqu'� vous.

- Et Fr�d�ric ?

- Oh, lui, �a va !

Oui, bon, je verrai ce que je peux faire.

- Merci.

Camille rit.

- Je peux ? - Et Bayonne ?

- Personne ne sait rien.

- Que se passe-t-il � Bayonne ? - Y a les Anglais.

- Pas la peine d'aller � Bayonne. - � Bordeaux, y en a pas.

- Attendez.

Venez !

- Vous voyez ces visages comme ils sont graves ?

La France est vaincue.

Peut-�tre m�ritait-elle de l'�tre. Trop de facilit� ?

Une autre France est � reconstruire.

- C'est un discours ? - Ne vous moquez pas.

Je suis pr�occup�.

J'ai peur que ces temps nouveaux ne vous conviennent pas.

On me l'a fait comprendre.

- Quoi donc ?

- Vous le devinez. Notre liaison a toujours �t� mal vue.

Elle va devenir impossible.

�a me d�chire de vous dire �a.

Cette libert� qui �tait la n�tre, je ne l'oublierai jamais.

- Monsieur le ministre ?

- Oui.

- On vous attend.

- Je viens.

- O� sont les Anglais ? - Ils viennent juste de partir.

- M. Br�mond !

D�posez-moi � l'h�tel. - Je dois...

- S'il vous pla�t ! C'est � 5 min. Regardez dans quel �tat je suis.

- Nous avons rappel� l'a�rodrome.

Votre avion sera pr�t � d�coller � partir de 7 h.

Vous serez � Londres avant midi.

- Venez, Albert, je suis pr�te.

- Des nouvelles ? - Le mar�chal a demand� l'armistice.

- Enfin !

- C'est l'armistice. - C'est l'armistice.

- On va retrouver Paris. - Avec les Allemands !

- On s'y fera.

- Vous vous y ferez sans nous. Nous partons pour Nice.

- Merci. Bon voyage.

Jacqueline !

- Tu es tremp�e, tu vas attraper mal.

- Si vous partez, vous pouvez m'emmener ?

- � Nice ? - Oui, je ne peux plus rester ici.

J'arrive !

- Attends, la voiture est pleine.

J'ai 5 valises � l'arri�re, une malle sur le toit.

Ils n'ont plus de chauffeur au gouvernement ?

- Je te remercie.

- Mais Viviane !

- Ah, Alex !

- Je vous approuve enti�rement. Qu'elle se d�brouille !

- Vous voyez, elle marche, il n'y a rien de cass�.

- Sauf la marche arri�re. Elle coince, maintenant.

Le professeur doit reprendre la route.

- Il va o� ? - � Soulac.

On lui a trouv� un bateau. Il faut faire vite.

- C'est loin ? - 100 km.

- Vous y serez.

- Je vais pas pouvoir y aller. J'attends un appel de ma m�re.

- Qui va conduire ?

- M. Auger.

- Le Taillan, c'est l�. Alors, c'est simple, il y a qu'une route.

Au Taillan, prenez la d�partementale.

- Il s'en passe de belles derri�re mon dos.

- Apr�s, c'est tout droit, vous traversez la for�t.

� Saint-Vivien, vous prenez � gauche vers Soulac.

- D'accord.

- Tu vas pas conduire ? - Si.

- T'as ton permis ?

100 km de nuit, c'est pas raisonnable.

Il va vous mettre dans un platane.

On va vous demander des papiers, sur le bateau.

- Non, c'est un bateau anglais.

Faut y aller.

- Je suis pr�t. Bonsoir, Raoul. - Bonsoir.

- Ils vont o� ? - Je veux voir la voiture.

- Les enfants, venez ici. Allez.

- Oh, Camille... Ma serviette.

- O� ? - Dans l'entr�e.

- Vous seriez partie sans me dire au revoir. �a me fait de la peine.

On devait d�ner ensemble.

- Oui.

- Je vous avais apport� �a. Du Pauillac.

- Merci, mais l�...

- Laisse-moi les emmener.

Je lui ai sauv� la vie � cette petite. Elle m'adore.

Et toi, c'est pas ton style. - Fous-moi la paix !

- Pour qui tu te prends ? T'en serais o� sans moi ?

- Il faudrait bouger le camion. - Oui.

- Plus bas, le d�marreur.

- Vous partez ? Vous oubliez votre manuscrit.

J'ai mis des notes.

Ce ne sont que des suggestions de syntaxe mais le livre est bon.

La derni�re partie, surtout. Le th��tre, l'actrice.

Cette femme qui ment !

C'est un personnage fascinant et... Comment vous dire ?

Fr�d�ric fait craquer la bo�te de vitesses.

- Il n'y a pas d'urgence. Qu'est-ce que vous allez faire � Nice ?

- Je vous l'ai dit...

- Tr�s vite, tout sera fini. Je vous ram�nerai � Paris.

- Mademoiselle...

- Encore un peu, encore...

Stop, c'est bon ! Allez !

- Tu t'en vas ? - Oui.

- Moi aussi.

- O� vas-tu ?

- � Nice, mais ils ne peuvent pas m'emmener.

Alex ne peut pas non plus.

Et toi, tu pourrais ?

- � Nice ?

- C'est pas votre route ?

Vous allez o� ? Je suis peut-�tre indiscr�te ?

- En vacances.

- Ah oui, o� �a ?

Jean-�tienne, c'est fini, je l'ai quitt�.

J'ai tout racont�. Tu risques plus rien, j'ai dit que c'�tait moi.

- Bonsoir.

Monsieur, vous savez o� ils vont ?

- Non.

- � Soulac. Ils vont prendre un bateau.

- Excusez-moi ! Il y a un t�l�phone dans la maison ?

- Ne me laisse pas. Je sais plus quoi faire.

Je suis perdue, l�. Tu le vois pas ?

Je suis fatigu�e, Fr�d�ric.

- Tu vas �tre content. Il vaut mieux que tu les conduises.

- C'est comme tu veux.

- Oh l� l� !

- Vous ne venez pas ?

- Non.

- Elle a besoin de vous, c'est �a ?

- Oui, je dois l'aider.

Je ne peux pas faire autrement.

- Du f�hrst am Sonntag nach San Sebastian.

Le t�l�phone sonne.

*- Ich bin's. Ich habe sie wieder gefunden.

Sie sind noch in der Stadt, aber sie werden Bordeaux verlassen.

Ich habe sie jetzt gesehen.

*- Wohin ? - Ich wei� wohin sie fahren.

- Oh ! Pardon.

- Je n'en ai pas pour longtemps. - J'esp�re.

C'est pas la poste ici.

M. Girard, vous comprenez l'allemand ?

- Un peu, oui.

- Venez, venez.

- Tu pourras travailler, � Nice. Tu �criras dans le jardin.

Ils nous laisseront tranquilles.

Avoir un �crivain chez eux !

- Je ne resterai pas.

- Pourquoi ? - C'est fini. Tu le sais.

Toi-m�me, tu n'y crois pas. Je vais t'y emmener.

C'est la derni�re chose

que je ferai pour toi.

- Tu ne m'aimes plus, c'est �a ?

C'est ma faute.

J'ai g�ch� ta vie avec mes r�ves.

- M. Auger, M. Auger !!

Au secours ! Venez vite !

Il va le tuer ! C'est un espion.

- Un instant, monsieur.

- Vous n'�tes pas � Nice ?

- Ah !

- Papa, j'ai peur !

Sonnerie de t�l�phone.

- All� ?

Qui ? Oui, je vous le passe.

C'est votre m�re.

- All�, maman ?

Non, �a va bien.

- Rattrapez-le !

- �a parle de quoi, ce bouquin ?

�a parle d'elle ?

- Je regarde les notes du monsieur.

- C'est indiscret.

- C'est int�ressant. �coutez.

"Ces r�flexions ne remettent pas en question l'essentiel.

"Vous prendrez place parmi les �crivains qui comptent.

"Ils ne sont pas si nombreux."

- Eh ben, dites donc !

- L� !

La voiture ne d�marre pas.

- Ils savent tout. Soulac, le bateau... Il leur a tout dit.

- M�me le nom du professeur.

...

...

Crissement de pneus.

- Qu'est-ce qu'ils foutent ?

- La police !

Voix allemandes.

- C'est des Allemands !

Ah !!

- Noch mehr !

Klaxon.

- Gib Gas !

So geht's nicht !

Der Reifen steckt fest. Wir m�ssen was anderes machen.

Und langsam fahren.

Ich glaube so, m��te es gehen.

- Ils sont l�-bas. Viens !

Ils sont l�.

- Ah !

...

Un v�hicule d�marre.

...

- Faites doucement.

...

Rires.

- �a va ? - Oui.

- OK, come on ! That's it.

And be as careful as you can.

Wonderful !

- Bon, ma petite Camille...

Nous reparlerons

de tout �a un jour.

J'esp�re.

- Pourquoi vous ne venez pas avec nous ?

- Vous partez aussi ?

- Oui.

- Mais vous... Vous avez d�cid� �a ?

- Maintenant.

- Mais je ne peux pas. C'est impossible, j'ai ma vie ici.

- Quelle vie ?

- Qu'est-ce que vous ferez en Angleterre ?

- Ce que je pourrai.

- It's time to leave !

- Au revoir, Camille.

- Oh !

Oh !!

Oh !

Ah !

- Vous vous imaginez � Nice,

dans cette ville pour vieilles dames ?

Non, vraiment.

� Paris, vous verrez, la vie va reprendre.

- Vous croyez ?

- Mais bien s�r. Faites-moi confiance.

- Oh !

Voix allemandes.

- N'ayez pas peur.

Sieg Heil !

Ich bin Alex Winckler.

- Woher kommen Sie ? - Aus Bordeaux.

Viviane !

Attendez !

...

Les soldats parlent allemand.

- Non, pas ici. Vous la lirez tout � l'heure.

Il a mis aussi un mot pour M. Girard.

- Vous l'avez vu quand ?

- Le professeur ? Lundi, � Cambridge.

Dans son laboratoire.

- C'est la premi�re fois que vous revenez en France ?

- Oui.

- On vous a parachut� ?

C'est �a ?

- Oui.

- Pr�s de Chartres ?

- Comment vous savez �a ?

- Je le sais.

- Ah vous...

- Hmm.

Vous allez rester longtemps ?

- Non.

Je repars bient�t.

- Vous n'avez plus beaucoup le temps d'�crire ?

- Pas vraiment.

- C'est dommage.

J'ai toujours votre manuscrit.

Si vous voulez, je pourrais...

Ne vous retournez pas.

- Papiers, s'il vous pla�t.

Monsieur ! Un instant !

Mademoiselle !

Voix des acteurs du film.

- La porte !

*- Je compte sur vous. *- Je ne lui dirai rien.

Vous ne me faites pas confiance ?

*- Si. Mais si elle l'apprenait, elle penserait que vous l'avez trahie.

*- Non, elle sait bien que j'ai toujours �t� son ami.

*- �a y est, on l'a retrouv�.

Il se cachait dans son bureau.

Il a tout avou�, c'�tait bien lui.

*- Tout va s'arranger. Je suis si heureuse pour elle !

Applaudissements.

Chanson.

*- Il n'y a pas de bonheur

Pour ceux qui ont peur de l'amour

qui se donne

Pour ceux qui emprisonnent

les �lans de leur c�ur.

Mais...

Se laisser prendre

par des mots tendres

Une voix de velours

C'est un pr�sage

pour un voyage

Pour un aller-retour

Mille kilom�tres

Vous...

me rejoindrez peut-�tre

Pour ce voyage sans un bagage

Juste un aller-retour

Un aller pour un

amour !!

Adaptation : J-Jacques L. SERRES Sous-titrage : �clair Vid�o

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