All language subtitles for The.scapegoat 1959 25fps

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional) Download
co Corsican
hr Croatian Download
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean Download
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish Download
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

LE BOUC �MISSAIRE

Vous avez l'intention de rester en France longtemps ?

J'ignorais qu'il y avait des restrictions, hormis l'argent ?

Je le mentionne car votre passeport expire dans un mois.

Je n'avais pas oubli�. Merci.

- Rien � d�clarer ? - Rien.

Rien du tout.

Rien � d�clarer.

On ne peut d�clarer un vide dans son c�ur.

Pourrais-je d�clarer des affaires personnelles et une vie vide ?

Un Occidental fou, un excentrique qui s'apitoie sur son sort.

Je redoute les vacances.

Bien que je les passe toujours dans cette France que j'aime tant.

Un professeur de langue fran�aise.

Qui ignore ce qu'il recherche.

- Jacques ! Enfin de retour. - Vous devez faire erreur.

Comment �tait Paris ? Canaille.

Tr�s bien. Comme tu l'entends.

"Cherchez et vous trouverez; frappez et l'on vous ouvrira."

Il me semble avoir frapp�, mais la porte est rest�e ferm�e.

Il ne veut plus me voir humain,

et pourtant, je ne crois pas tout � fait �a.

Je n'agis pas diff�remment, ni ne suis si diff�rent des autres hommes.

Pourquoi cet homme sur la place m'a-t-il pris pour un autre ?

Un homme seul dramatise sa propre vie. J'ai appris � ne pas le faire.

Rien dans mon pass� qui me fasse honte.

Rien dans l'avenir.

Peut-�tre qu'un homme doit �tre vide avant d'�tre utilis�.

Utilis� � quelles fins ?

Dieu seul le sait.

- Un cognac, s'il vous pla�t. - Un instant, monsieur.

- Madame. - Merci. Attendez !

- Donnez ceci � ce monsieur. - Oui, madame.

La dame m'a charg� de vous remettre ceci, monsieur.

Un instant, monsieur.

Personne ne fait les pr�sentations, l'un de nous doit briser le silence.

- Nous sommes en double ? - C'est ind�niable. Regardez.

- Messieurs ? - A la lueur de cette... co�ncidence,

un �tranger peut-il vous offrir un verre ?

Un �tranger relatif, devrait-on dire.

- Charmant, n'est-ce pas ? - Des plus int�ressants.

Que buvez-vous, fr�re ? Deux cognacs. Un cognac jumel�.

Devrions-nous les prendre comme mod�les ? Pr�tendons �tre jumeaux,

plut�t que d'expliquer ce qu'on ne peut comprendre nous-m�me.

Ce que nous ne pouvons comprendre, effectivement.

- Vous ne seriez pas le diable ? - Non.

Je ne le pensais pas, mais mieux vaut s'en assurer.

- Le seriez-vous ? - Non. Ce n'est pas si simple.

Avec les compliments des petits.

Non... du cognac. Qu'en pensez-vous ?

Tout � fait. Oui.

Je n'�tais pas un gros buveur chez moi, mais c'est une occasion.

En effet. Quelles �taient les chances d'une telle rencontre ?

- Enormes. - Grandes.

Astronomiques.

Ne vous donnez pas la peine.

- A l'astronomie. - A l'astronomie.

Je n'ai pas autant ri depuis des ann�es.

Pas depuis... j'ignore � quand cela remonte.

D'ailleurs, j'ai l'impression de n'avoir jamais ri chez moi.

Comme c'est �trange.

Il n'y a pas sujet � rire dans le foyer d'une universit� provinciale.

- Ce n'est pas ce qui est �trange. - Quoi alors ?

Vous avez � deux reprises parl� au pass�.

Vous avez dit "Je n'ai jamais ri", non pas "je ne ris jamais."

"Je n'�tais pas un gros buveur", au lieu de "je ne suis pas".

Je n'en �tais pas conscient. C'est parce que je le ressens au pass�.

- Vous ne comptez pas repartir ? - Je ne sais pas.

Je ne pr�vois pas de ne pas repartir. Je ne pr�vois rien.

Cela ne ferait aucune diff�rence, si je ne repartais pas.

Pendant un trimestre, au foyer, en pleines querelles mesquines,

quelqu'un se demandera peut-�tre : "Qu'est-il advenu de Barratt ?"

Et bient�t : "Je me demande, ce qu'est devenu Barratt ?"

Ma logeuse s'occuperait de mon chat.

Elle a pratiquement d�j� perdu son affection.

Les chats sont tra�tres.

- Vous n'�tes pas mari� ? - �a ne s'est pas pr�sent�.

J'ai cru une fois que �a aurait pu, mais sans succ�s.

- De la famille ? - Des cousins dans le Westmorland.

- Etes-vous bien r�el ? - Oh, oui.

Prouvez-le.

Doucement. Tr�s bien.

Vous �tes bien r�el.

- Trop r�el. - Comment �a ?

- Ce n'est en rien int�ressant. - Je suis certain que �a l'est.

Vous savez tout sur moi. Vous me donnez l'impression de m'imposer.

Tr�s bien. Comment formuler �a ?

Vous m'avez confi� avoir trop peu de vie, la mienne est trop remplie !

Il m'est difficile de croire que cela soit possible.

Si vous l'endossiez, vous comprendriez.

J'ai un ch�teau du 16e si�cle, en grand besoin de r�parations.

J'ai un titre, datant de la m�me �poque,

manquant tout autant du confort moderne.

J'ai un ancien revenu, lorsque le franc �tait � 25 contre la livre.

J'ai une entreprise familiale � perte mais qu'on ne peut fermer,

car cela mettrait au ch�mage des employ�s fid�les.

Mais ce ne sont que des choses.

La vie se compose de gens.

Tr�s bien. J'ai...

Non, je ne le supporte pas.

Disons juste qu'ils sont trop nombreux, bien trop nombreux.

Trop ou pas assez.

Dans la vie, il semble ne pas y avoir de juste milieu.

Pourtant, je ne suis pas s�r que je pr�f�rerais votre exc�s

� mon propre manque.

Je me demandais si vous le pr�f�reriez.

Attendez ici un instant, je vais voir s'ils ont une chambre.

Ma cl�.

Aucun appel dans la matin�e. Je risque de dormir longtemps.

Pourriez-vous me monter une bouteille de champagne ?

D�bouchez-la, s'il vous pla�t.

Ils n'ont pas de chambres mais la mienne a deux lits,

- si partager ne vous d�range pas. - Je ne veux pas m'imposer.

C'est plus simple que d'aller ailleurs.

Il commence � pleuvoir. Je m'en doutais.

Ce n'est pas vraiment un palace,

mais on a vu pire de m�moire d'homme.

- Je suis un peu saoul. - En une occasion si remarquable,

cela doit causer ni surprise ni regret.

Je ne le regrette en rien. La premi�re fois depuis des ann�es.

On d�sapprouve ce genre de choses dans notre foyer.

A l'inverse de ces universit�s o� le porto coule � flots.

Une vie sobre et des pens�es �lev�es pour nous.

Merci.

Bonne nuit.

- J'ai pris la libert� de commander. - Il n'y a pas de libert�.

Oh, cet idiot n'a apport� qu'un seul verre.

Inutile de le d�ranger. Je prendrai celui de la salle de bains.

Le champagne va-t-il

- sur tout ce cognac ? - C'est ce qu'il y a de mieux.

Il vaut toujours mieux terminer sur quelque chose de l�ger.

Dites-moi demain si je vous ai tromp�.

- A demain. - A demain.

J'ignore quand voir le lendemain �tait important.

Excellent champagne.

Je suppose que cela n'aura jamais plus...

- d'importance. - Enfin, M. Barratt,

je suis s�r que le matin venu...

les choses para�tront bien diff�rentes.

Bonjour ?

Entrez.

Vous �tes r�veill�, monsieur.

- Quel est ce jeu ? - Aucun, monsieur.

Je m'inqui�tais de vous voir dormir si longtemps, mais on m'a dit

- de ne pas vous appeler. - J'avais donn� des instructions ?

Je ne savais que faire pour ne pas inqui�ter les dames,

J'ai fait pr�venir St Gilles que vous �tiez retenu par une affaire urgente.

- J'ai bien fait ? - Rien fait de bien.

Je suis navr�, monsieur. Je ne savais que faire.

Non. Et comment auriez-vous pu le savoir ?

Merci. Ce n'est pas � moi, mais vu qu'il a pris mes affaires.

- Je pr�pare votre bain ? - Reprenons tout.

Je m'appelle Barratt, B-A-R-R-A-T-T,

et j'enseigne le fran�ais dans une universit� anglaise.

J'ai rencontr� votre patron hier, par hasard,

- et nous sommes comme jumeaux. - Bien, monsieur.

Eh bien, je vais vous montrer.

Vous voyez ?

Oui. Une ressemblance remarquable, monsieur.

Vous avez la migraine. J'apporte votre rem�de.

Cette affaire incombe clairement � la police.

Appelez la police et demandez-leur d'envoyer un inspecteur responsable.

Oui, monsieur. Je comprends.

Non, docteur. Il semble en parfaite sant� hormis les illusions.

Oui... Je ferai de mon mieux. Bien, docteur, � plus tard.

- Eh bien ? - Il y a eu m�prise, monsieur.

- Oh, vraiment ? - Oui, monsieur.

Alors que je m'appr�tais � appeler la police, le t�l�phone a sonn�.

J'ai eu le choc de ma vie, monsieur. C'�tait mon ma�tre,

depuis St Gilles, demandant � vous parler.

Comme vous preniez un bain, il m'a dit de ne pas vous d�ranger,

mais de vous accompagner � St Gilles, o� il expliquera tout.

Une mani�re tr�s cavali�re de traiter la situation.

Mais c'est le seul moyen d'�claircir les choses.

Mieux vaut m'attendre.

Quand j'aurai re�u une explication satisfaisante de votre employeur,

- je retournerai au Mans. - Tr�s bien, monsieur.

A moins qu'il ait ma voiture ici. Allez voir dans le garage.

Une Morris Minor, XMY 866.

- Avec une plaque anglaise. - Naturellement, monsieur.

Auquel cas, je n'aurai pas besoin de votre voiture.

Ah, vous voici.

- Merci, Gaston. - O� est-il ?

- Parlons-en. - Je ne veux parler de rien.

Je veux voir l'homme qui m'a jou� ce mauvais tour, le laisser s'expliquer,

recevoir une excuse, reprendre mes bagages et repartir.

Puis-je avoir un mot ? Ici, nous devrions �tre au calme.

Les dames sont dans le salon.

Voyons voir. Asseyez-vous.

- Croisez les jambes. - Quelle est cette farce ?

- Asseyez-vous, je vous prie. - Je n'en ai pas l'intention.

Je suis venu voir le propri�taire de tout cela, et je le verrai.

- En temps utile. - Non. Imm�diatement !

Tr�s bien, si vous insistez. Suivez-moi.

- L�, le voil�. - C'est une maison de fous.

Ce n'est pas si grave que �a. Discutons calmement.

J'�couterai votre explication, mais ne me demandez pas d'�tre calme.

Essayez. Ces crises ne soulagent pas les d�lires schizophr�nes.

Poursuivez.

Lorsqu'elle a re�u le t�l�gramme, votre �pouse �tait tr�s perturb�e.

- Quel t�l�gramme ? - Celui qu'elle a re�u ce matin.

Celui du docteur que vous avez vu � Paris

disant que vous vous preniez pour un autre.

- Je suis un autre. - C'�tait avant qu'on vous retrouve.

Lorsque Gaston a appel� pour dire qu'il vous avait trouv�,

- j'�tais sur place. - Quelle chance.

Gaston devait vous faire croire que vous �tiez qui vous croyiez,

et vous faire rencontrer ici celui que vous croyez ne pas �tre.

- et par cette confrontation... - Je n'ai confront� personne.

Exactement. Cela prouve que vous n'avez que vous-m�me � confronter,

et am�ne � la r�int�gration des deux personnalit�s suppos�es.

- Il ne faut que votre coop�ration. - Ma coop�ration. C'est bien beau.

Je dois coop�rer et pr�tendre �tre un autre,

ou que je suis un autre qui se prend pour moi. C'est cela ?

- En termes non m�dicaux, oui. - En termes non m�dicaux,

je vous dis que je m'appelle John Barratt.

Papa, tu es rentr�. Tu es rentr�.

Comment croire que tu as si bonne mine apr�s deux semaines � Paris ?

- En as-tu profit� ? - Je n'en profite jamais vraiment.

Evidemment. Tu �tais en affaires pour essayer de sauver la fonderie.

Les affaires sont parfois usantes.

- Tes cheveux sont diff�rents. - Vraiment ?

Ce n'est plus aussi distingu�. Je dirais m�me commun.

- D�sol�. - Qu'importe. Contente de te voir.

On pensait ne jamais te revoir.

A ce sujet, grand-m�re veut te voir. Elle est d'une humeur ex�crable.

Moi aussi.

- O� est-elle ? - Dans sa chambre, bien s�r.

- Tu m'accompagnes ? - Pourquoi ? As-tu peur ?

- Je crois que tu as peur. - En effet, oui.

Je t'accompagne jusqu'en haut de l'escalier. Allez.

Je ne vais pas plus loin. Elle ne veut plus me voir.

Je sais qu'elle ne le pense pas, mais je me tiens � l'�cart.

C'est toi, enfin ?

C'est moi.

Mon fils indigne.

Mon chaton.

Je ne m�rite m�me pas un baiser ?

On ne s'�tait jamais inqui�t� pour moi, pas depuis le berceau.

Jamais, je ne m'�tais senti aussi bienvenu.

Bienvenu dans ce qui semblait �tre une maison de fous.

Laissons-la parler. Ses propos r�v�leront peut-�tre un indice.

...avec cette vie que tu m�nes, tu pourrais avoir plus mauvaise mine.

Parle-moi de Paris. Raconte-moi tous les d�tails.

Non, ne dis rien. Je ne veux pas l'entendre.

Je ne te pardonnerai pas d'�tre parti si longtemps.

- Je dois expliquer quelque chose. - Plus tard. Mens-moi plus tard.

Divertis-moi, maintenant.

Cette maison est si ennuyeuse quand tu n'es pas l�.

Fran�oise pleure, Blanche prie,

et l'enfant tourne en rond comme une souris dont personne ne veut.

Je ne suis pas celui que vous croyez.

Je sais, je sais.

Tu as fait une d�pression nerveuse.

Je me suis d'abord inqui�t�e quand le t�l�gramme est arriv�.

Puis, je me suis dit,

je connais mon fils, je connais mon chaton.

C'est une belle invention, une excuse pour n�gliger les gens

et oublier les choses.

J'esp�re que tu ne t'en es pas servi pour oublier mon cadeau.

- Tu n'as pas oubli� mon cadeau ? - J'ignore s'il l'a oubli� ou pas.

Ne joue pas au chat et � la souris, tu sais combien j'en ai besoin.

J'en ai besoin maintenant. Ne me tourmente pas.

Je t'ai attendu toute la journ�e, je ne peux attendre plus longtemps.

O� est-ce, o� est-ce ? O� est-ce ?

J'ai entendu de dehors. Je n'�coutais pas. J'attendais.

- Allez chercher le docteur. - Il n'a pas ce qu'il lui faut.

- Vous le lui avez apport� ? - Je ne sais pas.

Gaston d�fait vos affaires. Je viens d'aller voir.

Tout est en ordre, monsieur. J'ai mis les paquets sur le bureau.

Est-ce ceci ? Cela ?

"A maman, affectueusement". De la morphine !

Quel fils attentionn�. Une pi�ce du puzzle en place.

- Un whisky, monsieur ? - Non, merci.

Pourquoi as-tu frapp� ?

Cela fait-il partie de ta folle charade ?

Madame, il vous sera difficile de croire mes propos v�ridiques,

mais je vous prie de le faire, je ne suis pas votre mari.

Vraiment ? Alors pourquoi portez-vous ses v�tements ?

- C'est une longue histoire. - Je d�teste les histoires longues,

- en particulier les mensonges. - Ce n'est pas mon costume

ni ma cravate. Ce ne sont pas mes boutons de manchettes.

Alors pourquoi les portez-vous ?

Pourquoi parlez-vous avec sa voix ? Me regardez-vous avec ses yeux ?

Vous pensez que je ne reconnais pas ces yeux cruels ?

Racontez-moi Paris. Mentez-moi. Comment �tait la tour Eiffel ?

M�me vous, ne pourriez mentir sur la tour Eiffel.

Vous le parieriez ?

Non ?

- Fran�oise, ma ch�re, restez calme. - Calme ! Quand il me taquine ainsi ?

Ce n'est pas de la taquinerie. Seuls les enfants le font innocemment.

Je vous assure, en qualit� d'expert, que Jacques ne vous taquine pas.

- Il croit r�ellement �tre un autre. - Vous faites empirer les choses.

- Ce n'est pas vrai ! - Si. La v�rit� est tr�s simple,

tenons-nous-en � �a. C'est aussi simple que cela.

Je ne suis pas Jacques, quel que soit son nom.

Je lui ressemble simplement.

Pourquoi ne nous dis-tu pas ce que tu manigances ?

A quelles fins �go�stes comptes-tu aboutir ? On y consentira.

- Arr�tons de jouer cette farce. - Je ne manigance rien.

- C'est la v�rit�. - Ce mot ne signifie rien pour toi.

Chacune de tes paroles sens�es deviennent des monstres.

- Je vis un cauchemar. - C'est moi qui vis un cauchemar.

- Qu'ai-je fait pour m�riter �a ? - Fran�oise, ne vous torturez pas.

Allez vous reposer.

Jacques et moi allons discuter de la chose.

Regarde ! Regarde !

Rentre imm�diatement.

Vas-tu monter me parler ? Ou dois-je descendre pour te parler ?

- Je monte dans un instant. - Mieux vaut te d�p�cher.

Je compte jusqu'� cinquante et apr�s je descends.

1, 2, 3, 4,

5, 6, 7, 8, 9, 10...

17, 18, 19, 20...

28, 29...

40, 41, 42...

48, 49...

50 ! Juste � temps.

Assieds-toi, tu es tout essouffl�.

C'est tr�s mal d'effrayer les gens ainsi.

Toi, seulement.

Recommence et je ne bougerai pas. Tu sauteras et ce sera bien fait.

Bien fait pour toi. �a salira tout et tu devras le nettoyer.

Petite brute sanguinaire. Et � ce sujet,

- c'est quoi ? - Le martyre de St S�bastien.

Je me suis lass�e de celui que tante Blanche m'a donn�,

- alors j'ai fait plus moderne. - Et �a ?

- C'est la police secr�te. - Quelle police secr�te ?

Juste la police secr�te.

Et �a c'est pour toi, quand je prie pour toi.

- Qui pries-tu pour moi ? - Pour que ce que tu as fait de bien

et le mal tu as subi, te valent la r�mission de tes p�ch�s,

- la gr�ce et la vie �ternelle. - Merci.

- Des p�ch�s en particulier ? - Non. Aucun en particulier.

Tu as fait bon voyage ? Tu ne vas pas devoir repartir encore ?

- C'est difficile � dire. - Si tu repars, je sauterai.

- Penses-tu pouvoir t'endormir ? - Je le pense.

J'ai eu des insomnies en ton absence, mais �a ira mieux maintenant.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

- J'�teins la lumi�re ? - Non. Je vais lire un peu.

Trop, c'est trop. Ce n'est plus une aventure.

�a prend la forme d'un cauchemar. Son cauchemar, pas le mien.

J'abandonne.

Homme ou diable, je n'ai conclu aucun pacte avec lui.

Je suis libre de partir.

Veuillez m'excuser, monsieur.

- Vous dormiriez mieux d�shabill�. - Je dormirai ainsi. Je suis fatigu�.

M�me si c'est le cas, l'effort en vaut la peine.

- Etes-vous mari� ? De la famille ? - Je n'en ai plus, monsieur.

Pas depuis que les Allemands �taient l�.

Je vois.

Je suis chanceux. Avec la famille, viennent les responsabilit�s.

Des responsabilit�s envers qui ? Ce foyer malheureux ?

Suis-je responsable si le destin m'a fait ressembler � un autre ?

Suis-je l'ange gardien de mon fr�re ?

On s'est rencontr�s par hasard. Par hasard...

- Bonne nuit, monsieur. - Bonne nuit, Gaston.

Entrez.

- Bonjour. - Bonjour.

Combien de fois a-t-on dit � Gaston de garder cette bo�te pleine ?

- Jacques ? - Oui ?

C'est gratifiant de vous retrouver enti�rement vous-m�me.

- Enti�rement moi-m�me. Merci. - Oui.

En votre absence, j'ai g�r� les probl�mes. C'est une responsabilit�.

Et en raison de cette responsabilit�, j'ai d�cid� de l'assumer.

Entrez.

- Bonjour, monsieur. - Bonjour, Gaston.

Sur la table, je vous prie.

- Parlons des probl�mes tour � tour. - Parlons des probl�mes plus tard.

Je ne supporte pas la compagnie au petit-d�jeuner.

Hormis la compagnie f�minine. Mais l� encore, pas toujours.

Merci, Gaston.

Gentil chien.

Sois gentil. Recule. Allons.

Maldoror !

- O� allais-tu ? - J'allais me promener.

Je viens avec toi.

Bizarre que Maldoror ait r�agi ainsi. Il t'aime bien d'habitude.

- Quand vais-je lire ce livre ? - Lequel ?

Celui d'apr�s lequel tu as nomm� Maldoror.

- Quand tu seras plus grande. - Tu dis toujours �a.

- Pourquoi es-tu habill�e ainsi ? - Tu ne devines pas qui je suis ?

- Jeanne d'Arc. - Oui.

J'ai voulu �tre Jeanne d'Arc aujourd'hui.

Ste Th�r�se est trop fatigante pour l'incarner souvent.

De plus, certains jours, j'aimerais �tre un gar�on

et Jeanne d'Arc est plus appropri�e.

- Pourquoi aujourd'hui ? - Je ne sais pas.

C'est peut-�tre li� � ton retour. Tu pr�f�rerais que je sois un gar�on.

- Pourquoi dis-tu �a ? - Tante Blanche me le r�p�te.

Tante Blanche ne te dit que des sottises.

- J'aimerais pouvoir aider. - Je te pr�f�re telle quelle.

Comment esp�res-tu que cette enfant se comporte autrement qu'en sauvage

si tu ne lui apprends pas � �tre ponctuelle ?

- D�sol�. - Tu l'es toujours. O� est-elle ?

- Elle se rend pr�sentable. - Cela changera.

Bonjour Jacques. Content de vous voir apr�s tout ce temps.

- Comment �tait Paris ? - Froid, en cette p�riode de l'ann�e.

- Le contrat ? Avez-vous vu Tissot ? - Euh... non. Pas Tissot.

Les ouvriers de la fonderie sont anxieux.

J'ai pour r�gle de ne jamais parler affaires � table.

Il nous tarde tous de savoir.

- D�sol�e du retard. - Ton p�re �tait en retard lui aussi.

Je sais. Nous nous promenions ensemble.

J'ai trouv� ceci. Je voulais t'�viter la peine de les descendre.

- Tu les as trouv�s ? - Je voulais t'�viter cette peine.

C'est gentil de ta part.

- Tu les distribues ou je le fais ? - Je t'en prie.

M-N. C'est moi. Avec deux initiales, j'aurais d� avoir deux cadeaux.

Quelle avidit�.

- F. Ce doit �tre pour vous, m�re. - Merci, ma ch�rie.

Et ceci est pour vous je suppose, Tante Blanche.

Cousin Aristide, il n'y a rien pour vous.

Je ne m'y attendais pas. Je re�ois toujours une bo�te de cigares � No�l.

- Puis-je ? - Je suis aussi curieux que toi.

- Merci, merci. C'est merveilleux. - Tant que cela te fait plaisir.

Les gens disent toujours : "C'est ce que je voulais." Mais c'est vrai.

Allez, je veux voir votre cadeau.

- Qu'est-ce que c'est ? - A quoi cela ressemble-t-il ?

- On dirait un jouet. - C'en est peut-�tre un ?

- On n'en offre pas aux adultes. - Et pourquoi pas ?

- Je peux voir ? - Si tu veux.

Oh ! Pose-la, s'il te pla�t.

Tu n'avais pas oubli�. Suis-je sotte ! D�sol�e.

- Quelle est cette m�lodie ? - Ton p�re et moi la connaissions.

Avant ta naissance.

Quelle folie. Tu as d� la commander.

Personne ne conna�t cette m�lodie � part nous.

Cela a d� co�ter une vraie fortune.

Merci.

C'est honteux de ma part, quand... tout ce temps, tu...

- Tant que �a te pla�t. - Me pla�t ?

- Tante Blanche, ouvrez le v�tre. - Assieds-toi et finis ton repas.

Vous avez vu nos cadeaux, � nous de voir le v�tre.

Assieds-toi et prends ton repas.

Voulez-vous que je l'ouvre pour vous ?

Si tu veux.

Cela sent tr�s riche. C'est accompagn� d'une carte.

"Si vous ne l'aimez pas, vous pouvez toujours le vaporiser sur le cheval."

Quel cheval ?

Assieds-toi imm�diatement.

Il est tr�s malpoli de lire des choses destin�es aux autres.

Aux autres, �a para�t justifi�.

J'aimerais que l'on m'explique pour le cheval.

C'est une plaisanterie de ton p�re. On n'explique pas les plaisanteries.

Surtout quand elles ont mal tourn�.

Pendant votre absence, j'ai bien �tudi� notre chiffre d'affaires.

Mieux vaut que je me rende � la fonderie pour en discuter.

- A la fonderie ? - Pourquoi pas ?

Rien ne vous en emp�che.

Et sans pour autant vous critiquer, j'ai �t� quelque peu... n�gligent.

- Les hommes en seront ravis. - Je m'y rendrai cet apr�s-midi.

- Tu ne peux pas. C'est mercredi. - En effet, c'est mercredi.

Ce qui rend ma le�on de musique tol�rable, c'est que tu m'y am�nes.

- Comment ai-je pu oublier ? - Tu es distrait depuis ton retour.

Nous irons apr�s. Vers quatre heures et quart.

Elle avait raison. Vous �tes distrait.

Merci.

- Laissons cela hors de la maison. - Peut-�tre.

Caressez le cheval de ma part.

Jouons � un jeu. Je suis un inconnu qui n'est jamais all� � Villardeau,

- et tu dois me montrer la route. - Quel jeu stupide !

Pas aussi stupide que tu le penses.

- O� vais-je maintenant ? - Tr�s bien, si cela t'amuse.

A droite.

Si je survis � ma le�on, on se retrouve ici comme d'habitude.

- Dans combien de temps ? - Tu joues encore ? Dans 1 heure 10.

Eh bien, Jacques de Gue, je suis dans vos souliers !

J'ai assum� vos habits et vos responsabilit�s.

Et d'une certaine mani�re, je vous suis reconnaissant.

Tout ce qui m'a manqu�. Des gens qui comptent sur moi, une maison, un but.

Mais je ne peux p�n�trer votre esprit. Vous m'�chappez.

Pourquoi suis-je ici ? Pour r�soudre vos probl�mes ?

Ou est-ce pour vous laisser �tre ailleurs ?

�a vous apprendra !

Excusez-moi si je semble �tre entr� ill�galement...

Vous �tes chez vous. �a vous apprendra de m'avoir trait�e ainsi.

- Je peux tout expliquer. - Vous le pouvez toujours.

Vous devriez faire de la politique. Deux semaines sans un mot.

Puis une carte postale, "Notre-Dame au cr�puscule",

disant : "Rendez-vous dans notre bar, au Mans". Notre bar !

Voil�. Et quand j'arrive, que se passe-t-il ?

- Je n'�tais pas moi-m�me. - Vous �tiez tout � fait vous-m�me.

C'est quand vous vous comportez bien, que je m'inqui�te � votre sujet.

Vous n'avez jamais vu de selle ? Accrochez-la.

J'ignore pourquoi je m'inqui�te, ni pourquoi je devrais �tre si seule.

Des tas d'hommes me traiteraient bien mieux que vous.

Un de ces mercredis apr�s-midi, vous viendrez ici et je serai partie.

Avec un millionnaire. Ou un dresseur de lion du cirque itin�rant.

Peu importe, tant qu'il m'enl�ve.

Un cirque itin�rant peut-�tre ! �a me reposera de la vie avec vous.

Mais comme vous �tes l�. Autant entrer.

J'ignore pourquoi je reste ici.

Je reste ici, cach�e, pour vos plaisirs occasionnels,

dans le coin d'une petite ville de province,

alors que Paris et le monde entier ne demandent qu'� �tre explor�s.

Je sais pourquoi. N'est-ce pas ?

Et vous le savez. N'est-ce pas ?

Parce que je vous aime.

Et vous pr�tendez m'aimer. Vous ne pr�tendez pas tr�s bien,

mais avec beaucoup de charme.

Mais, ceci dit, pas vraiment aujourd'hui.

Laissez-moi vous entendre pr�tendre. Dites-moi que vous m'aimez.

Je n'y croirai pas, mais j'aimerais l'entendre.

Que voulez-vous que je dise ? Que je vous aime plus que jamais ?

- Que je vous aime comme toujours. - Un tel mot ne devrait pas exister.

Ne me dites pas que vous m'aimez toujours, mais seulement maintenant.

C'est quoi ?

"Si vous ne l'aimez pas, vous pouvez toujours le vaporiser sur le cheval."

C'est un cadeau. Je n'�tais pas s�r qu'il vous plairait.

Vous savez tr�s bien que c'est le seul parfum que j'utilise.

C'�tait une plaisanterie.

Etrange. C'est une plaisanterie par �crit.

Mais pas quand vous la dites.

Merci. Et pour la preuve que vous avez pens� � moi au moins une fois.

- Au moins une fois. - Combien de fois, vraiment ?

- Au moins une fois par jour. - Menteur.

C'�tait un joli mensonge. Comme les fleurs, le parfum.

- Et comment va le mausol�e ? - La maison ?

Quoi d'autre ? Vous n'avez que la moiti� de votre esprit aujourd'hui.

L'autre est pr�occup�e par le mausol�e.

- Est-ce pire que d'habitude ? - Je l'ignore.

Mais j'ai l'impression d'�tre moins � m�me de r�gler les probl�mes.

- Il le faut. - C'est ce que l'on attend de moi.

Il faut que je retrouve la petite.

Merci de me l'avoir rappel�.

- Je n'aurais pas d�. - En effet.

- Entre-temps... - Entre-temps...

- Je suis l�. - Et puis ?

Jusqu'� mercredi. Avant si possible.

Qui sait quand ce cirque arrivera en ville ?

- A quoi tu penses ? - A rien en particulier. Pourquoi ?

On aurait dit que tu pensais � quelque chose en particulier.

- Au cirque, peut-�tre. - �a date de la semaine derni�re.

Vous voici, pile � l'heure.

- Bienvenue, monsieur. - M. Lacoste, le responsable.

Je fais les pr�sentations, comme si vous �tiez un �tranger.

- Je me sens presque �tranger. - Cela fait longtemps, M. Jacques.

- Combien de temps ? - Quatorze ans.

Mieux vaut faire comme si je ne savais rien.

Expliquez-moi tout, comme si j'�tais un �tranger.

Rien n'a chang�. Notre travail ne change pas.

Rien n'a chang�, � l'exception des profits.

- Prenez un verre pour c�l�brer. - C�l�brer quoi ?

- Le nouveau contrat. - Qui a parl� de nouveau contrat ?

Vous n'avez rien dit, mais votre visite apr�s tant de temps.

- J'ai confi� aux ouvriers... - Les ouvriers sont ravis.

- Les temps ont �t� durs. - Ils le sont toujours.

Sans doute, mais si on fait tous le poids...

- Qu'y a-t-il ? - Je pensais au poids d'Aristide.

- Ce n'est pas tr�s poli. - Peu importe.

Un commentaire sens�, avec tout ce travail s�dentaire.

- Vraiment pas ? - Non, merci.

J'ai besoin d'un petit digestif.

Le d�jeuner de Blanche �tait excellent mais copieux.

Je me contente d'habitude d'un sandwich.

- Combien d'employ�s avons-nous ? - Combien exactement, Lacoste ?

Quarante-deux, plus les douze retrait�s.

Mathurin vient de mourir, mais il reste sa veuve.

Je dois m'habituer... me r�habituer � tous les probl�mes.

Je vais voir les souffleurs de verre, si M. Lacoste le permet.

- M. Lacoste le permet-il ? - Bien s�r.

Je t'accompagne. Je dois v�rifier la commande de Dijon.

- Je suis confront� � un probl�me. - J'en suis pleinement conscient.

Je peux seulement dire que 150 ans est une longue p�riode

- et que nous ferons tout pour aider. - Je n'en doute point.

Mais du c�t� des clients, les choses ont chang� en 150 ans.

- La production de masse. - Et le travail de qualit� ?

Je pense bien. Je l'esp�re.

- Votre m�re vous a fait demander. - R�cemment ?

Toutes les dix minutes de l'heure �coul�e.

- Bonsoir. - Je pensais que tu serais en retard.

Pourquoi souris-tu alors que j'�tais emprisonn�e, � lire ce torchon ?

Un torchon. Assieds-toi.

J'ouvre avec le pion sur le quatri�me du roi.

- O� �tais-tu ? - J'ai emmen� la petite � sa le�on.

- Et la tienne ? Int�ressante ? - La mienne ?

Ta le�on de conversation italienne. Je suis au courant de tout

On essaie de tout me cacher, mais c'est peine perdue.

Vas-tu jouer ou pas ?

Quoi d'autre ? Ou as-tu appris l'italien jusqu'� maintenant ?

Je suis all� � la fonderie.

Que va faire cet idiot d'Aristide lorsqu'on fermera ?

Je lui ai � peine parl�. J'ai parl� �... Lacoste.

Un homme honn�te. C'est dur pour lui, pour eux tous,

- mais il n'y a pas d'autre issue. - Si pourtant.

J'ai d�cid� de renouveler le contrat, m�me en termes d�favorables.

- Tu as d�cid�. - J'ai d�cid�.

- Fermer serait trop dur pour eux. - Et pour nous ?

- On doit s'arranger. - S'arranger ? Comment ?

Je dois me concentrer sur le jeu ou je vais tourner de l'�il.

Le cavalier de la reine sur le troisi�me du fou.

Que t'est-il arriv� en ton absence ? On dirait que tu es un autre.

Je le suis. Comme j'ai vraiment essay� de l'expliquer.

- Tu es m�l� � la politique ? - On ne peut affamer les gens.

On ne peut pas �tre affam�s. Tu ne peux nous y condamner.

Tant que les socialistes de la fonderie ont assez � manger.

Fou sur le quatri�me de la tour.

Si tu veux donner dans le sentimentalisme,

- tu d�tiens la solution. - C'est-�-dire ?

Aie un fils ! Pion sur le fou de la Reine.

Malin.

Il n'y a qu'une seule autre fa�on de briser l'accord.

Son petit forgeron de p�re avait tout bien ficel�.

- Quel autre moyen ? - Clause 14, paragraphe 2.

Oui ?

- Puis-je entrer ? - Entre, oui.

- Je pensais que tu viendrais. - Je jouais aux �checs.

- Comment est-elle ? - Sulfureuse.

- Quelque chose en particulier ? - Tout en g�n�ral.

On s'est disput�s sur l'avenir de la fonderie.

Dis-moi, ces boucles d'oreille te plaisent-elles ?

- Tr�s jolies. - J'ai ador� ma bo�te � musique.

- J'en suis heureux. - Tu le savais, n'est-ce pas ?

- J'ai �t� affreuse hier soir. - Ce n'est rien.

Je me sentirai mieux quand je saurai que tu m'as pardonn�.

Montre-moi que tu m'as pardonn�.

- Que caches-tu ? - Je ne cache rien.

- Pourquoi lis-tu �a ? - Je voulais v�rifier une chose.

V�rifier ? Comme si tu ne le savais pas.

Je vais te le lire. Je le connais par c�ur.

Tu ignorais que j'avais un exemplaire.

- Papa y tenait. - Fran�oise !

Clause 14, paragraphe 2.

"Si Fran�oise venait � d�c�der sans h�ritier m�le,

l'h�ritage reviendrait � parts �gales � sa fille et � son tuteur l�gal."

Le tuteur l�gal, c'est toi.

Papa a toujours dit que cette clause invitait au meurtre.

Il plaisantait, mais ce n'est plus une plaisanterie ?

- Ce n'est en rien une plaisanterie. - J'en ai une bien meilleure.

Je vais �crire au tailleur de pierre de mon vivant, tant que je le peux.

Je lui ferai graver la clause 14 paragraphe 2 sur ma tombe.

- Les gens auront de quoi jaser. - Fran�oise, ma ch�re.

Mais je n'aurai pas de tombe, on m'enterrera dans ton caveau...

- Ecoute-moi donc. - Oui, j'�coute.

Le notaire va r�diger un nouvel accord ne me donnant aucun droit

- et nommant le tuteur de ton choix. - On ne peut le modifier.

Nous ferons tout en notre pouvoir.

Tu ne me veux pas morte ?

Je veux que tu sois heureuse.

- On fera venir le notaire. - Ce n'est pas l'important.

J'essaie juste de croire que ce que tu dis est vrai.

Rien de tout cela n'importerait, si seulement tu m'aimais.

Si seulement tu m'aimais.

Je n'apprendrai jamais le piano m�me si j'essayais pendant un si�cle.

Imagine un si�cle de mercredis apr�s-midi.

C'est ce que doit �tre l'enfer.

Pas de flammes, juste l'ennui �ternel.

Tu as certainement raison.

Mais j'oublie que tu ne crois pas � l'enfer.

Ce type d'enfer, si. Le ver qui meurt, non.

Eh bien, � plus tard.

Venez m'aider.

Regardez. Ne sont-elles pas merveilleuses ?

- C'est bon ? - C'est bon.

Vous auriez d� dire les meilleures.

J'ai quelque chose � vous dire.

En plein c�ur de tous les autres probl�mes m'occupant l'esprit.

Et le mien.

- Vous ignorez ce que j'ai � dire. - Je le sais.

Pas en totalit�, mais dans l'essentiel.

J'ignore qui vous �tes, mais je sais qui vous n'�tes pas.

Je n'en sais gu�re plus moi-m�me.

Je n'�couterai pas � moins de promettre que �a ne changera rien.

Promettez-le. Acquiescez de la t�te.

Sinon, partez sans rien dire.

Le choc pass�, il a �t� plus facile d'accepter que si c'�tait improbable.

C'est une exp�rience telle que je l'accepte comme un r�ve.

Dans un r�ve, le comportement ordinaire cesse de fonctionner.

Il y a dix jours, j'ignorais l'existence de cet endroit.

J'ignorais votre existence.

Maintenant, �tre ici semble parfaitement naturel.

Cela semble parfaitement naturel.

Il est insens� de questionner le bien-fond� d'un r�ve mais...

Excusez mes propos.

La semaine derni�re, quand vous m'avez enlac�,

c'�tait lui que vous aimiez. Maintenant, vous dites que c'est moi.

Oublions un instant que vous �tes identiques.

Vous vous ressemblez, mais vous �tes diff�rents.

Il est possible d'aimer deux hommes pour des raisons diff�rentes.

Ce n'est diff�rent que dans les contes de f�es.

Alors ?

En quoi est-on diff�rents, lui et moi ? Non.

- Je ne devrais pas vous le demander. - Tant que je ne suis pas indiscr�te.

Il est f�roce, alors que vous �tes doux.

Cruel, alors que vous �tes gentil.

Ego�ste, alors que vous ne l'�tes pas.

C'est comme �a que j'ai compris.

Quand j'ai vu que vous vous pr�occupiez des autres.

Je n'ai pas compris tout de suite. Cela m'a paru �trange.

Mais quelque chose dans mon esprit me fit finalement comprendre

que cette chose improbable s'�tait pourtant produite.

J'aimerais pouvoir l'accepter si ais�ment.

Pr�cis�ment. Je l'accepte.

J'accepte tout ce qui se passe, comme le soleil ou la pluie.

J'accepte votre pr�sence comme j'accepte les fruits de la terre.

Tr�s bien jusque-l�.

Mais mon esprit vacille quand je pense � l'avenir.

Ne pensez pas plus loin que cet oiseau qui s'envole.

- Rien de plus. - Rien de plus.

Bonjour, monsieur. On s'assure que tout est pr�t pour demain.

- Vous voulez tirer ? - Non. Nous allons � la fonderie.

Regardons un instant. Allez-y, M. Fournier.

Pr�t ? Pull !

Bravo !

Votre p�re est le seul � avoir tu� simultan�ment trois faisans.

Vous vous souvenez, monsieur ?

Pr�t ? Pull !

Trois faisans tu�s simultan�ment.

Moi qui n'ai jamais tenu de fusil de ma vie.

Si je tire demain, toute cette mascarade, cette campagne,

sera mise au jour et perdue.

Mais si je me blesse � la main, comment tirer ?

Tu t'es fait mal. Je t'ai vu te br�ler. C'est grave ?

- Voil�. Comment vous sentez-vous ? - Bien moins mal, merci.

- Pourrai-je tirer demain ? - Aucune chance.

- On oublie alors ? - Pas de chance avant le match.

- Pas de chance tout court. - Je vous suis tr�s reconnaissant.

Puis-je vous offrir un verre ? Servez-vous.

- J'en prendrai un aussi. - Un tout petit.

La piq�re ne fait pas bon m�nage avec l'alcool.

Un petit verre, alors.

- Bonsoir, que fais-tu ici ? - Si tu avais oubli� de le faire,

- je venais te dire bonne nuit. - C'est tr�s gentil de ta part.

- Comment va ta main ? - Mieux. On m'a fait une piq�re.

- J'ai fait �a pour toi. - Merci.

Sidrach, Misach, Abdenago

dans les flammes de l'enfer. Tr�s r�confortant.

- Tu as �t� courageux. - Non. C'est un r�flexe.

On fait tomber quelque chose et on le ramasse sans penser.

Mais tu ne l'as pas fait sans penser. J'ai tout vu

- et je t'admire pour l'avoir fait. - J'ignore de quoi tu parles.

Si tu ne veux pas en parler. La r�demption est une chose priv�e.

Je ne veux pas para�tre curieuse.

Je vais te chercher une punaise.

Merci.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

Je voulais juste te dire que je t'admire beaucoup.

Pr�t ? Pull !

Oh, non, non !

- L'apr�s-midi a �t� formidable. - Vraiment ?

Merci.

- Puis-je vous parler ? - Oui, Gaston.

Pourriez-vous jeter un �il sur la voiture, un probl�me d'embrayage.

Excusez-nous.

Un appel de Villardeau. La dame veut vous voir imm�diatement.

- Vous devrez m'y conduire. - Oui, monsieur.

Je serai de retour d�s que possible.

- Que se passe-t-il ? - Que se passe-t-il ?

- Vous m'avez fait appeler. - Non. Je suis ravie de vous voir...

- Gaston dit vous avoir parl�. - Il est devenu fou...

ou m�dium. Je pensais � vous. Vraiment.

Combien j'aimerais vous voir, et justement, vous voil� !

- Je ne comprends pas. - Inutile d'essayer de comprendre.

Le destin ou l'op�rateur t�l�phonique a fait une erreur

et nous sommes ensemble au lieu d'�tre s�par�s.

...il y avait une parcelle de gentillesse � laquelle m'accrocher

et pr�tendre que c'�tait suffisant pour maintenir l'illusion.

Mais je ne peux �tre utile qu'en �tant morte. Pourquoi rester en vie ?

- Ne te trouble pas tant ! - Sors ! Sors !

Sors et laisse-moi mourir !

- Qui vous a parl� au t�l�phone ? - La dame, monsieur.

- En �tes-vous absolument certain ? - J'ai pens� que c'�tait la dame.

Je vois ou plut�t, je ne vois pas.

A qui appartient cette voiture ? Pas celle du docteur, l'autre ?

Je crois que c'est celle de l'inspecteur de police de Villardeau.

- S'est-il pass� quelque chose ? - J'en ai bien peur.

Jacques, pr�parez-vous � un gros choc.

- Marie-No�lle ? - Ce n'est pas Marie-No�lle.

C'est Fran�oise. Elle est tomb�e de sa fen�tre.

Elle �tait morte quand on l'a trouv�e.

- Quand ? Comment ? - Il y a une heure environ.

Nous ne savions o� vous trouver, mais vous n'auriez rien pu faire.

J'�tais chez votre m�re. J'�tais avec Fran�oise, une question de minutes,

on n'a rien pu faire.

- Fran�oise ! - J'ai d� appeler la police.

L'inspecteur Rigaud est venu imm�diatement.

- Toutes mes condol�ances. - Merci.

- O� est-elle ? - L�-bas.

- L'enfant sait-elle ? - C'est elle qui l'a trouv�e.

Heureusement, elle ne l'a pas vue tomber. Personne ne l'a vue tomber.

- O� est l'enfant ? - Dans sa chambre. Avec Blanche.

- Qui est l� ? - C'est moi. Ton p�re.

Ne voyez pas cette proc�dure comme une enqu�te,

mais comme une rencontre pour �tablir certains faits,

afin que je n'aie plus � vous d�ranger.

Je prendrai dans sa chambre, le t�moignage de la Comtesse douairi�re,

qui, h�las, est alit�e.

Je ne suis pas alit�e.

Qui plus est,

je n'accepterais point que de m�diocres fonctionnaires

fassent de mes appartements une cour de r�cr�ation.

Du calme. Je peux y arriver.

Si seulement cette idiote pouvait tenir sur ses pieds.

Jeune homme, que voulez-vous savoir ?

Puis-je, de la part de mes coll�gues et de moi-m�me,

observer que nous sommes heureux de vous voir en meilleure sant�.

M�me de la part de la France, ma sant� n'est en rien meilleure.

Commencez vos questions.

J'aimerais entendre la derni�re personne � l'avoir vue vivante.

D'apr�s mes premi�res informations, c'est la jeune enfant, sa fille.

Vos informations sont incorrectes.

J'ai vu la d�funte apr�s l'enfant.

Alors que j'�tais dans le couloir pr�s de la chambre de ma belle-fille,

l'enfant est sortie, a dit bonne nuit et elle est mont�e dans sa chambre.

Vous n'avez pas � tourmenter l'enfant avec vos questions.

- Quelle heure �tait-il ? - Je l'ignore.

Je n'ai pas pour habitude de noter l'heure dans ma propre maison,

comme si je me faisais cuire un �uf.

- De quoi avez-vous parl� ? - D'affaires de famille.

- Quel �tait son �tat d'esprit ? - Excellent.

- Bien meilleur que r�cemment. - Avait-il �t� bas r�cemment ?

La plupart des femmes l'ont bas apr�s une fausse couche.

- Aucun signe de d�pression ? - Absolument aucun.

Tout le contraire.

Aucun signe laissant supposer qu'elle attenterait � sa propre vie ?

- Une supposition impensable. - Je vous remercie.

Ce fut admirablement clair.

Que des faits simples. Seul un idiot les rendrait peu clairs.

- Vous n'�tiez pas pr�sent ? - Non, en effet.

- O� �tiez-vous ? - J'�tais � Villardeau.

Il n'�tait pas � Villardeau.

Il �tait dans sa chambre. Je l'ai entendu parler.

- Sottises. J'�tais � Villardeau. - Y avez-vous vu quelqu'un ?

Avez-vous parl� � quelqu'un qui puisse le confirmer ?

Je ne doute pas de votre parole, mais il y un conflit direct.

Quelqu'un fait erreur.

- Les preuves doivent corroborer. - C'�tait de nature confidentielle.

- Entretenons-nous en priv�, alors. - Public ou priv�, il vous mentira.

Il �tait dans sa chambre. Il l'a tu�e.

- Examinez le contrat de mariage. - Attendez que je vous interroge.

Je n'attendrai point.

Si vous permettez, puis-je parler ? Je pense pouvoir aider.

- Des objections ? - Aucune. Bien au contraire.

- Tr�s bien. - Je l'ai conduit � Villardeau.

Il ne pouvait conduire car il s'est bless� � la main.

Je l'ai conduit � Villardeau, l'ai attendu et je l'ai ramen�.

A notre retour, Madame �tait d�j� morte.

- Votre voiture �tait d�j� l�. - C'est exact.

Ils sont partis, ils sont revenus. Que cela prouve-t-il ?

Qu'a-t-il fait pendant ce temps ?

Ils sont de m�che, lui et son laquais.

Combien a-t-il promis de vous payer pour vos mensonges ?

Je suis un homme simple, mademoiselle Blanche.

Je n'ai aucune �ducation. Je sais conduire et cirer les chaussures.

J'ignore comment mentir ou soutirer des pots-de-vin.

C'�tait simple, Jacques de Gue. Une chance sur dix millions.

Un chiffre astronomique vous a fourni un alibi

ou un bouc �missaire.

Comment peux-tu ?

- Comment peux-tu ? - Je cherche des indices.

Cela ne te dira rien que tu ne saches d�j�.

- C'est horrible. - C'est m�lancolique.

Ils ne m'ont pas �cout�. Ils ont cru tes mensonges.

- Ne recommen�ons pas. - Je vais recommencer.

Jusqu'� ce qu'on m'�coute. J'irai voir la police de Paris.

J'�crirai aux journaux. Tu peux m'enfermer dans un asile,

mais je continuerai � �crire et � parler aux gens.

Que je t'ai entendu parler. Chanter cette chanson.

Comme quand vous �tes revenus de voyage de noces.

Je l'ai entendue rire. Puis crier.

- Quelqu'un a chant� cette chanson ? - Je t'ai entendu la chanter.

- All� ? - Quel plaisir d'entendre votre voix.

- Qui est-ce ? - Un �tranger. Un �tranger relatif.

- Je savais que vous seriez surpris. - Pas enti�rement.

Assez de politesses. J'aimerais vous parler, mais pas au t�l�phone.

- Quand ? O� ? - O� ? C'est le probl�me.

- La fonderie. A 11 heures ? - Tr�s bien. A 11 heures.

Entrez.

Aucune raison d'avoir peur.

Asseyez-vous.

Tr�s bien. Laissez-moi vous observer.

Vous avez pris du poids. La bonne cuisine campagnarde.

Et vous avez chang� la fa�on de vous coiffer.

Je pr�f�re parler ici que dans le bureau d'Aristide.

Un vieil idiot pompeux, mais un c�ur d'or.

Mais l'or sort de mon compte en banque.

Vous avez perdu votre langue ?

- Non. J'ai beaucoup � dire. - Splendide. Buvons d'abord.

- Je sais o� est cach� le cognac. - Pas pour moi, merci.

Il me semblait que vous appr�ciez le cognac.

Comme vous l'entendez. Je me sers.

Parlez-moi de votre direction. En avez-vous profit� ?

Profiter, non. Je dirais int�ressant.

Merci pour votre aide. Je peux maintenant vous d�charger du poids.

Je ne souhaite pas en �tre d�charg�.

- Ma famille vous pla�t-elle tant ? - En fait, pour �tre des plus clairs,

je refuse d'en �tre d�charg�.

La situation a radicalement chang� ces derniers jours.

La somme d'argent lib�r�e par la mort de ma femme a un certain charme.

L'argent ne m'int�resse nullement.

Vous n'aimez tout de m�me pas mes relations bizarres ?

J'ai appris � les conna�tre et � les aimer � un certain niveau

de fa�ons diff�rentes.

J'ai vu leurs probl�mes et j'ai tent� de les aider � les g�rer.

Qui e�t cru qu'ils inspirent un z�le missionnaire.

Je vous assure, vous pr�viens, que mes mots sont bien pes�s.

Cela d�passe la plaisanterie et devient une charge.

Apr�s trois semaines de mascarade dans la noblesse fran�aise,

il est temps de redevenir vous-m�me

et de retourner dans votre universit� provinciale.

Et si je refuse ?

Je devrai vous y contraindre. Ne soyez pas surpris.

Je ne suis en rien surpris qu'un meurtrier soit �quip� de la sorte.

Dites-moi, quel meurtre ?

Clause 14, paragraphe 2.

Dois-je en dire plus ?

Mais supposons que j'ai tu� ma femme,

j'aurais un alibi parfait car vous �tiez � Villardeau.

Voyons, M. Barratt, vous pensiez vraiment

que vous pourriez vivre ce mensonge dans le luxe le reste de votre vie ?

Le luxe, je m'en d�barrasserais.

Seul le mensonge m'inqui�terait. Il faudrait un jour le r�v�ler.

- Comment ? - D'une fa�on ou d'une autre.

Sinon, je ne pourrais le supporter.

Quel sentiment noble. Je n'ai pas le temps de l'admirer.

Il est temps de remettre nos propres v�tements

et de reprendre nos propres existences.

Bravo ! J'admets que vous m'avez surpris.

Mais je suis meilleur tireur, m�me avec l'usage de votre main.

A cette distance, je pourrais m�me tirer de la main gauche.

Oui, bien s�r. C'est tr�s facile.

Mieux vaut me remettre cette chose dangereuse.

Villardeau.

- Que faites-vous l�. - Le destin a fait une belle erreur.

Et nous sommes ensemble au lieu d'�tre s�par�s.

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.