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Original subtitles

Voilà 10 ans que j'ai cette collection.

J'ai commencé lors de ma deuxième année universitaire.

En été, j'ai eu envie de retrouver mes jouets de la guerre des étoiles.

C'est juste le début.

Le potentiel était énorme.

Je m'inspirais directement des gens.

Vous voulez fabriquer un jouet ? Allez-y.

Les ventes augmentent chaque trimestre.

200 000 dollars...

C'est très excitant.

Est-ce un jouet ou une sculpture ?

C'est du pop art ou de l'art public ?

On limite le tirage encore et encore...

Toujours plus de design...

C'est fonctionnel, ça joue, ça fait des choses

et c'est unique...

Et tout d'un coup, boum !

Au début, on était un groupe de copains.

"Tiens, ce serait génial de transformer ça en jouet..."

Et puis, vlan !

Le premier jouet, qu'on a créé c'était Money Mark,

Un membre du groupe Beastie Boys.

Ensuite, nous avons conçu Unkle. Pour le premier album, Psyence Fiction.

A partir des personnages de Futura,

conçus pour l'illustration de la pochette.

Les premiers Unkle se cassaient, ils ne fonctionnaient pas...

Mais, c'était intéressant,

on était des gosses en train de créer quelque chose.

Ils ont souvent débuté avec des graffiti, puis dessiné des personnages,

qui se sont ensuite transformés en toys.

Futura est l'exemple le plus flagrant, avec la création de Point Man.

On le reconnaît immédiatement à sa silhouette.

La signature Futura

est très reconnaissable.

Nous, Bathing Ape, Silas, Bounty Hunter, avons été les premiers

à produire ces jouets en vinyle souple,

en partant de nos différentes sociétés.

Une société, Bounty Hunter

a été pratiquement la première boutique

à se positionner comme une entreprise.

De toutes les petites structures que j'ai vues, Bounty Hunter

était la première à fabriquer ses propres personnages en vinyle,

Pour une petite boutique, je n'avais vu ça que chez eux,

et peut-être, chez Bathing Ape, un ou deux modèles au Japon.

Silas, une entreprise de prêt-à-porter,

a développé

une ligne de jouets créés par James Jarvis.

Moi et Russel, en tant que créateurs,

de jouets en vinyle souple, avons été les pionniers du mouvement

en dehors du Japon.

Le concept de Silas est assez difficile à expliquer.

Il y a un côté skateboard, système D,

mais avec des vêtements de qualité

et mieux conçus que la plupart de l'époque.

J'ai rencontré Russel et Sophie, qui créaient Silas

en travaillant au Slam City Skates.

C'était dans les années 90.

Le premier jouet que j'ai créé, c'est Martin, en 1997.

Il est sorti en 1998.

Pendant qu'ils dirigeaient l'entreprise, Je faisais le boulot graphique.

Et, parce que je faisais ce boulot, ils ont vu tous mes personnages dessinés.

Quand l'occasion s'est présentée de faire un toy,

ils m'ont demandé si je voulais le faire. Car je faisais le travail qui convenait,

immédiatement, pour créer un toy.

Pendant ce temps, dans les années 90,

Bounty Hunter, au Japon, puis nous-mêmes,

nous avons réalisé

qu'avec une certaine somme d'argent, moins qu'on ne le pense,

on pouvait en produire en quantité industrielle.

Personne ne connaît l'histoire, parce que personne n'y était.

Pour être tout à fait honnête,

j'ai lu de nombreux livres et plein d'articles sur le phénomène des toys.

Mais, rien de clair.

Ils ne savent rien, ils ne me connaissent pas, ni James Lavelle.

Ce que je trouve tout à fait normal.

Mais ils ne connaissent même pas Bounty Hunter. Et ça, c'est inacceptable.

Il n'y avait ni Kidrobot, ni 360 Toys,

ni Michael Lau, ni Eric So, rien !

Et tout d'un coup, l'explosion ! C'était parti.

Voici un Kubrick. Imaginez ma surprise,

lorsque j'ai été contacté par Medicom.

Pour moi, ces jouets représentent plus des univers

comme Star Wars, ou des héros japonais comme Kamen Rider

et Ultraman.

Lorsque Medicom m'a contacté pour la première fois,

Tokyo Tribes n'était pas connu,

c'était un manga underground.

J'en étais qu'au début.

J'étais fier car j'adore les jouets.

Et c'est vraiment passionnant.

C'était à New York,

dans un magasin de jouets, Zakka,

on avait entendu parler de l'exposition "U-robots",

c'est la première fois qu'on fabriquait un prototype de Kubrick.

Avec Medicom toy, c'était notre premier jouet.

Ils étaient exposés à Zakka,

mais ce n'était pas encore vendable,

on ne savait pas si on allait les commercialiser.

Les designers passaient les personnages en 3d,

les dessinaient sur des feuilles de papier

avant d'en fabriquer une pièce originale.

On les envoyait au fabricant,

et le fabricant s'arrangeait avec les prototypes et les usines.

Après avoir vérifié tout ça une ou deux fois,

on a compris qu'on pouvait passer à la commercialisation.

La différence entre un Bearbrick et un Kubrick

était un défi pour moi, parce que c'est un ours vedette.

Pour un Kubrick, on peut changer la tête

ou d'autres parties du corps.

Le Bearbrick, lui, est peint.

Il est si mignon, si pop...

une icône de la sub-culture.

En 1997...

Je démarre

Vous ferez le montage après...

Moi et un ami

avons réfléchi à la conception

d'une couverture de CD.

Pensant que la peinture

et la photo

c'était du déjà vu.

On s'est dit :

"Pourquoi pas des figurines ?"

Un jour nous sommes allés

à une exposition sur les espaces verts à Hong Kong.

C'était une première pour Michael Lau.

Ça a eu un impact décisif, comme une source d'inspiration.

On s'est dit : "Nous aussi, on peut le faire !"

C'est comme cela qu'on a lancé Gardener.

Autre chose que j'apprécie chez lui,

c'est sa rapidité

et sa vivacité d'esprit.

Il y a des choses que d'autres ne saisissent pas...

Je le regarde sans cesse.

A la sortie du CD,

le public a bien réagi.

C'était drôle.

En 1998-99,

avec la mode

de la "street culture",

du skateboard, du hip hop,

du graffiti...

On a décidé

de combiner tout ça

et d'en faire

une exposition.

Le style de Michael Lau est vraiment unique.

Je pense que c'est un artiste.

Pas comme mes jouets, il y donne son propre goût.

Le toy d'artiste vient juste d'arriver.

Et beaucoup ne font que des figurines humaines,

des figurines de Hip Hop.

Ce n'est pas suffisant pour moi, pour créer mon propre style.

Pour les bases des figurines suivantes,

j'ai pris un grand singe.

Car il peut facilement se comparer à l'humain.

Je peux en faire un spécial,

avec des éléments Hip Hop.

Chaque partie du monde a son inspiration,

celle-ci, c'est pour les Etats Unis.

Je m'appelle Lev, propriétaire de Toy Tokyo, NY.

C'est bon ?

A Hong-Kong, j'ai rencontré Michael Lau, Eric So...

beaucoup d'artistes,

et on a parlé de jouets et de collections.

Michael Lau était à table, dans un restaurant buffet.

Et nous avons parlé de ce que nous faisons.

Et en gros,

il m'a offert un Crazy Children,

c'était Lam Dog.

J'en ai donc rapporté en Amérique.

Beaucoup m'ont traité de fou.

Mais d'autres ne le pensaient pas.

Je ne suis pas fou, je savais que c'était le futur.

Quand j'étais au Japon, j'ai fait des expos à Tokyo.

Et je n'oublierai jamais ce personnage qui ressemblait à Mickey,

et ses oreilles.

Et en 3 couleurs

pour les Compagnons.

Je ne savais pas leurs noms à l'époque, mais ils étaient cool.

J'ai appris, qu'ils en avaient à Hektik.

Hektik est une boutique à Tokyo,

une boutique underground. Et c'était leurs premières figurines.

Et j'en ai toujours, j'en ai ramené à New York.

J'en vendais à Toy Tokyo,

en 2001.

C'était pas très cher.

Et, je n'oublierai pas la fois où, cette personne rentre dans la boutique,

il regardait la vitrine des figurines d'Astro Boy.

J'ai demandé si je pouvais l'aider,

il a demandé si c'étaient toutes les figurines que j'avais.

Et si je faisais des échanges.

Je lui ai dit que j'en faisais tout le temps.

"- Toutes ces figurines contre

un set signé.

- Signé par qui ?

- Moi, leur créateur.

- Oui, pourquoi pas, votre nom ?

- Je m'appelle Koz. - Enchanté"

Koz veut toujours dire pour moi, haute qualité.

Chaque fois, que j'en vois un, woah !

Et quand on en a un, on voit que son travail est soigné.

Cela devient une pièce dont on se rappelle.

D'autres toys arrivent et repartent, et personne s'en souvient.

Mais, une figurine de Koz, c'est une pièce de l'histoire.

Un style west coast et un style east coast pour les toys ?

D'une certaine façon, je pense que oui.

A cause des artistes west coast et east coast,

il y a des gens comme Gary Baseman, Tim Biskup, tous deux, west coast.

Sur la côte est, d'après mon expérience, les inspirations sont plus hip hop.

Ici, c'est conçu de manière légèrement différente,

comme Futura ou Koz...

Lorsque j'ai débuté, je voyais une vraie différence.

On pouvait regarder un jouet, et savoir précisément d'où il venait,

d'après le style.

Maintenant, on dirait que tout le monde s'est mélangé,

les gens ont bougé,

ils observent le travail des autres,

sans percevoir vraiment

le style propre à une région spécifique.

Il y a un style bien distinct lorsqu'on y regarde de près !

Il n'y a plus que des jouets haut de gamme.

Sur la côte ouest, il y a toutes sortes de mélanges,

du cher, beaucoup de bon marché, du moyennement cher.

Et les toys east coast sont plus exclusifs,

difficiles à se procurer.

C'est en édition limitée, très recherchée.

Les deux sont superbes, le style est différent.

Il y a bien une différence. C'est une bonne question,

c'est la rivalité east coast / west coast.

Y a-t-il un style Los Angeles ? Possible.

Si ça ne vous dérange pas, je vais m'occuper de mon Chou-Chou.

Ici vous avez Tim Bisckup, Marc Ryden, les Clayton Brothers, Camille Rose Garcia...

Vous avez Chack, Shepard.

Qui vous voulez...

Des artistes plus jeunes comme Thomas Hong, Joe Ledbetter...

Ils sont tous ici,

ils se retrouvent tous.

D'une certaine manière, à L.A., je ne sais pas pourquoi,

tout converge en ce moment, tout se passe ici.

J'ai des amis musiciens, dans la mode, des écrivains,

des artistes, des fabricants de jouets...

Nous sommes presque tous à Los Angeles.

Oui, la plupart de mes amis ont grandi en regardant des dessins animés,

et ont été influencés par Bugs Bunny et compagnie.

Disneyland était juste à côté...

Les gens que je connais qui sont de L.A., allaient tout le temps à Disneyland,

ou en tout cas assez souvent pour que ça influence leur design.

Je suis né et j'ai été élevé

à Hollywood, Los Angeles.

J'étais très gâté.

J'allais à Disneyland tous les ans, c'était mon plus grand plaisir.

Mes parents viennent d'Europe de l'Est, de Pologne.

Ils sont arrivés après la Deuxième Guerre mondiale,

et sont, ce qu'on pourrait appeler, des survivants.

En arrivant en Amérique, ils m'ont inculqué le rêve américain.

Pour moi, le rêve américain, c'était Mickey Mouse,

Félix le Chat...

On était tous fans de Disney. On a grandi dans le sud de la Californie,

Disneyland était une attraction majeure ici.

Quand on passe un peu de temps en Californie, on va à Disneyland.

On est amateur de bandes dessinées,

on peut avoir fréquenté un studio d'animation, et avoir touché à la publicité...

Je ne sais pas, peut-être que ça fait partie d'un tout.

Il y a aussi l'influence de ce qu'ils ont pu produire avant,

avec des animateurs, quand ils débutaient comme illustrateurs.

Quand j'étais petit, dans "Alice au Pays des Merveilles",

c'était un des personnages les plus chouettes du film,

et comme il a ce côté caméléon, qui disparaît et fait plein de choses.

Nous trouvions que c'était le personnage idéal à faire varier dans tous les sens.

On peut l'imaginer faire ce genre de choses en tant que Cheshire Cat.

Les concurrents ne vont pas s'amuser à créer un Cheshire punk rock,

ni lui coller un symbole anarchiste,

car ils font des jouets Disney plus classiques.

Je conçois le Cheshire Cat comme le représentant d'un mouvement culturel.

Prenez quelqu'un comme Shepard Fairey,

il fait du street art,

des expositions, il a son studio de design,

son magazine, sa collection de vêtements.

Il s'implique dans le milieu de la nuit et des DJs,

et tout s'intègre, tout fonctionne.

J'expose mon travail dans la rue

pour plusieurs raisons :

La première étant que de cette manière,

on n'est pas obligé d'aller montrer une présentation aux galeries,

de monter d'exposition, d'inviter les gens pour qu'ils viennent.

Vous l'apportez directement aux gens.

L'autre raison, c'est le contenu même de mon travail.

Je le considère comme une réflexion sur la société de consommation,

le contrôle de l'espace public, le fait que le monde soit aussi homogène

parce que les gens ne s'expriment pas vraiment.

C'était un moyen de faire entrer mon travail dans l'arène

pour que les sujets que je voulais aborder stimulent la discussion,

et y parvenir.

Donc, au lieu de dire :

"Je vais créer un personnage pour le toy ",

je l'ai considéré d'avantage comme une toile de fond

et fait un collage dessus.

Et c'est super de voir comment des gens regardent le jouet comme un tableau.

J'ai eu beaucoup de chance avec le concept des Qee toys,

les objets à faire soi-même, la beauté des formes...

Cela a attiré l'attention d'une galerie d'art, Ox Op,

dans le Minnesota, aux Etats-Unis.

Tom Hazelmyer a eu la gentillesse

de me contacter pour une exposition qu'il voulait faire.

Il connaît tant d'artistes importants : Gary Baseman, Tim Biskup, Frank Jose,

Shepard, Obey...

Tous les artistes qui comptent.

C'est Toy2R qui avait le Qee toy,

et c'était beaucoup plus simple pour moi,

on a un modèle type dans Illustrator,

le programme que j'utilise habituellement.

Vous tracez les croquis et il vous le transforme en 3D.

Et vous avez la perspective avant, arrière et de côté.

Et après, vous calculez la façon dont ça tourne.

Et le programme fait le reste à partir du modèle.

Mon travail est extrêmement graphique,

et pour quelque chose qui a ce genre de forme,

comme le Qee toy

et plus tard le Dunny,

c'était logique pour moi

de travailler comme ça.

Tant que j'ai l'impression d'être créatif

et de faire quelque chose de différent,

Ça me paraît logique

et ça vaut la peine.

Pour moi, c'est extrêmement visuel, c'est basé sur le visuel.

Ça peut être très conceptuel

mais l'art californien, l'art de L.A. Est très visuel.

Kaiju est un terme générique qui veut dire monstre.

Et les jouets kaiju viennent en général du Japon.

Bien que la plupart des gens du côté américain ou même européen,

en faisant référence aux kaiju, parlent de personnages

en vinyle souple des séries américaines et des films des années 70.

On voyait Godzilla tous les dimanches,

à la télévision, dans le sud de la Californie.

Tous les dimanches, un nouveau Godzilla,

et le même revenait toutes les dix semaines.

Je les appelle les néo-kaiju.

Ce qui est génial, c'est que les vieux modèles sont très ingrats.

En fait, ils sont plutôt merdiques.

C'est mal sculpté, ils sont gauches...

Mais il y a une énergie, une étrangeté intéressante.

Ce sont bien des jouets de designers,

des jouets d'artistes ou art toy.

Parce que tous ceux qui créent ces nouveaux personnages

sont artistes d'une manière ou d'une autre,

peintres ou designers.

Je suis devenu obsédé par les monstres japonais...

Ceci est un nouveau jouet, bizarre, il a ce parfum des anciens jouets,

mais il est plus raffiné et plus moderne.

Les kaiju Ultramen étaient ce que j'avais vu de plus dingue,

et mon style a réellement évolué quand j'ai collectionné les vinyles et autres.

Les designers essaient de dupliquer leur personnage tel qu'ils l'ont dessiné.

Dans le milieu des kaiju, il y a beaucoup de gens qui rendent hommage

à telle famille de coloris, en référence à tel jouet ancien.

On devine le clin d'œil, toujours une allusion cachée dans un petit détail,

en référence à un vieux monstre ou un vieil objet.

C'est un truc d'initié,

mais le travail lui-même est très raffiné.

On rend hommage, on a plus de reconnaissance envers les choses du passé.

J'ai réalisé la sculpture moi-même

et je l'ai envoyée à Kyoka Gargamel.

On a préféré le terme kaiju à monster dès le début.

Avant, les kaiju étaient d'abord à l'écran,

puis on les remodelait et

on les mettait en vente...

C'étaient des sortes de masques d'animaux,

des kigurumi...

Ici, ils ne sont pas issus de l'écran.

Ce qui me plaît, c'est de créer un personnage

comme on pourrait en trouver dans un spectacle réel.

On a des designs plutôt beaux, parfois fous, mais intéressants.

Quand on a créé des jouets, on a travaillé avec des sociétés japonaises

pour fabriquer les jouets qui manquaient à notre collection.

Par exemple, ils fabriquaient en 5 pouces tel ou tel jouet,

et pas tel autre.

D'autres, ils ne les produisaient qu'en 9 pouces...

C'était ça qu'on voulait, remplir les vides,

faire fabriquer ce qui nous manquait.

En fait, c'est le design...

La silhouette, les lignes, comment dire ?

Ça peut être très japonais par l'arrangement et le remodelage.

Il y a ça aussi.

Et puis c'est vrai que j'aime bien remodeler ces jouets.

J'aime bien les jouets d'autrefois.

C'est vrai que moi, aux peluches réalistes de kaiju,

je préfère les jouets remodelés.

Ces jouets remodelés,

ce sont ceux des japonais

et c'est parce que

leur sensibilité ressort

quand je les arrange

et que je fabrique des partenaires pour Gargamel.

Le plus connu qui soit multi-genre,

c'est Tim Biskup. Beaucoup de jouets sont basés

sur ses personnages et ses thèmes.

Et ils appartiennent souvent au monde des monstres,

et nous collaborons avec lui pour Mecha Godzilla et les kaiju.

Celui-ci semble exactement à mi-chemin :

Un personnage stupide,

bizarre, vaguement effrayant,

mais pas trop,

plutôt le genre taré pathétique.

Vous savez, la plupart des gens ne collectionnent pas les héros,

mais recherchent des kaiju, des monstres en délire, des trucs gélatineux.

Sur les vinyles :

D'abord, beaucoup n'ont aucune idée de ce qui les pousse à faire des vinyles.

Parce que c'est la matière des jouets vintages.

Je ne crois pas que les gens savent pourquoi ils en fabriquent.

Je pense que c'est parce que leurs prédécesseurs le faisaient.

"Si lui en fabriquait, pourquoi pas moi ?"

"Ah, bonne idée, je vais en refaire à ma façon."

Mais il ne connaissent pas l'histoire, ils ne savent pas pourquoi ils le font,

ni ce qui a amené Bounty Hunter à en fabriquer en 1999.

S'il l'a fait, c'était en référence aux jouets anciens,

et aux personnages publicitaires

en vinyle creux,

ainsi qu'aux monstres qui étaient en vinyle.

Parce que c'était le procédé

le moins cher du moment.

On ne trouve qu'au Japon

ce type de vinyle

transparent sans bulle.

Les créateurs de toys viennent

du monde des jouets classiques

dont la fabrication est similaire.

Et si la plupart des gens en fabriquent, c'est que c'est bon marché.

Les jouets comme ceux de Gargamel et Secret Base, tous les jouets Indy vinyle,

évoquent plus le milieu

et la fin des années 70.

Les personnages Popy, Bomark,

ce genre-là, ou Marusan...

on les voit plutôt comme ça.

Ces gens vont le refaire comme les jouets Indy d'aujourd'hui,

mais en fait tout vient des jouets des années 70,

actualisés pour 2010, en somme.

Nous allions à l'usine japonaise d'origine

qui a beaucoup fabriqué dans les années 60 et 70,

notamment la plupart des jouets Popy des années 70.

Et elle fabrique encore aujourd'hui, c'est à Tokyo.

Les produits venant de Tokyo sont, sans doute,

4 à 5 fois plus chers qu'en Chine,

mais il y a une vraie différence : la qualité.

Si je veux fabriquer des jouets de grande qualité,

je veux les meilleurs matériaux et la meilleure fabrication.

Là-bas,

oui, c'est plus cher.

Mais quand vous ouvrez le colis, l'objet n'a aucune odeur,

il ne sent pas la peinture, pas d'émanation désagréable,

pas de plastique,

car c'est du vinyle pur.

C'est le seul endroit où on trouve du vinyle transparent,

dans toutes les nuances sans bulle,

juste de la bonne épaisseur, sans déformation,

et dans les bons coloris.

En Chine, ils n'en sont pas encore là.

Je connais des gens pour qui ça compte que ce soit fabriqué au japon.

Il y a de la nostalgie là-dessous.

Sous les pieds des jouets anciens, on lit : "made in Japan"...

On ne fabrique plus rien au Japon, tout vient de Chine,

mais aussi de Malaisie,

d'Indonésie ou d'ailleurs.

Le "made in Japan" a un côté nostalgique.

Pas vraiment pour moi, mais j'en connais pour qui ça compte.

C'était notre premier souci,

à nous, collectionneurs cinglés,

trouver par exemple un Godzilla géant.

Il y a des fans qui achètent 2 exemplaires de chaque objet,

un pour le vendre sur Ebay et rembourser l'achat,

et l'autre pour sa collection.

Quand on va au Comic Con,

ou d'autres événements de sortie de toys,

comme quand Munkey King a sorti la figurine possessed,

la file d'attente était énorme.

De même, quand nous avons fait un événement pour la sortie du Dunny.

Je pense que la demande

est très forte. Et nous continuons

de vendre nos produits.

Je ne crois pas

que le marché américain va tomber.

Pour la sortie d'une paire de Nike,

prévue dans un magasin,

les gens ont fait la queue pendant une semaine.

C'était fou, les gens ont campé devant pendant une semaine.

Avant, on visitait la galerie de Michael Lau, il y avait 50 personnes environ.

Maintenant, on ne peut même plus acheter

une de ces figurines.

Les files pour les autographes,

Ebay, et tous les autres facteurs,

ne font que s'amplifier,

partout dans le monde.

Des gens connaissent le toy,

les soirées de lancement

et tout ce qui concerne les produits et leur fabricant,

sans oublier les rumeurs.

Ils apprennent à aimer les œuvres

et investissent toujours plus.

Tout ça n'aurait pas pu arriver sans l'internet.

La façon dont le monde est devenu petit.

Cela a facilité l'accès à la commercialisation.

Michael Lau, par exemple,

a pu créer ses designs à Hong Kong, et il a pu trouver une usine

qui a réalisé son projet fou de 500 toys.

Vous avez 100 dollars que vous dépensez, vous ne les avez plus.

A la place, vous avez ce toy.

Mais quand ce toy peut se revendre 200 dollars,

ben quoi ! C'est du business !

Vous êtes dans votre passion, vous investissez,

c'est pourquoi

quand les toys des artistes se vendent

sur Ebay, plus que le prix normal,

cela attire des gens à collectionner votre marque.

La plateforme toys existe

car c'est très cher de faire son premier toy.

Vous devez en vendre énormément,

si vous voulez revoir votre argent.

C'est juste pour ça qu'elle existe.

Ils n'arrêtent pas d'en vendre, ils en font toujours des nouveaux.

Les industries doivent s'adapter,

c'est la nécessité,

c'est la loi du marché.

Vous devez contrôler votre budget, votre développement,

vos ventes

et vos coûts.

Tout doit être sous contrôle.

Les designers qui resteront sur le marché

seront les plus forts.

Dans ce monde, les gens pensent que 5 000 pièces, c'est un nombre

graduellement énorme.

Quand un fabricant,

qui a un processus industriel,

a des minimums de fabrication,

c'est de l'ordre de 10 000 pièces.

Et pour faire,

la fraction de cette fraction

en terme de quantité, c'est extraordinaire,

et c'est nouveau.

C'est une de mes fonctions dans ma vie de tous les jours,

que je n'aurais pas pu faire il y a 10 ans.

C'est pas tout le monde, qui peut gérer un objet en 3D.

C'est plus facile, maintenant,

c'est cher mais c'est un processus industriel

qui requiert le capital en entier,

alors qu'on produit

1 500 à 2 000 pièces

à un prix élevé.

Mais ça a changé avec les grosses compagnies.

C'est intéressant, le design des toys,

c'était différent, il y a des années. Depuis les années 50,

un nouveau jouet demandait de l'ingénierie et des réunions.

Puis, il était produit en nombre,

il fallait rivaliser

avec l'idée d'une personne.

C'était sympa.

Des gens font de l'argent avec, et c'est un gros business.

Il a de bons côtés et de mauvais côtés.

Beaucoup d'artistes se voient

offrir la chance de créer un toy,

mais en même temps,

on retrouve souvent les mêmes choses.

Et puis,

je crois que c'est sain que de vrais artistes s'y retrouvent,

mais ce qui m'inquiète, c'est que ce soit devenu trop grand, trop vite.

Il y a tant de forums

où l'on peut trouver et acheter des toys,

et montrer sa collection.

Si tu ne peux pas faire de l'argent, tu ne peux pas faire de toys.

Quand j'ai commencé aux Etats-Unis,

l'Amérique c'était rien,

maintenant, on est presque en train de produire

plus de toys que Hong Kong.

Et en tant qu'entreprise, on le fait plus que Hong Kong et le Japon.

C'est leur culture depuis longtemps,

c'est pourquoi,

ils sont un peu sur le déclin maintenant.

Le marché japonais repart dans le passé,

fait du Old School

comme les Soul of Chogokin,

de vieux jouets,

des kaiju,

des vaisseaux spatiaux.

Au Japon, c'est que du revival,

c'est les principales choses à vendre sur le marché du toy,

donc les designers n'y sont pas.

Les grosses entreprises comme Bandai, Takara et Tomy,

n'ont jamais touché le milieu du toy créatif.

C'est pas bon pour le business.

Le marché est totalement différent.

Par exemple, les Chogokin sont destinés au mass market,

tout le monde les a vus, les a connus

et les reconnait.

Mais les toys d'artistes ne sont créés que pour une petite partie

de la population.

Ils le savent, et n'empiètent pas,

mais bien sûr, on s'en inspire.

Faire seulement 1 000 toys ?

Ca n'a pas de sens.

Car l'artiste

ne peut pas gagner de l'argent.

Sans argent, on ne finance pas le toy suivant.

Certains diront : "Tu sais qu'il va faire un toys ?"

C'est cool, mais quand on fait une licence, ça ne l'est plus.

Je l'ai lu dans un forum, je l'ai entendu dire.

Vous ne pouvez pas contrôler les pensées des gens,

vraiment pas.

Tu fais ton boulot, ils ne te payent pas.

Ils ne payent pas pour que tu fasses ton toy.

Je fais des toys pour les vendre, s'ils les aiment, ils les achètent.

Si tu vas sur Internet,

les gens disent que c'est fini.

50 personnes ont fait ce commentaire,

mais en réalité, l'année dernière,

j'ai vendu 250 000 toys.

Et,

tous les trimestres, les ventes sont en hausse.

Les boutiques qui ont ouvert, il y a 2 ou 3 ans, sont toujours là.

Toutes les boîtes nous demandent

des designs, plus de designs...

Peut-être que ça change un peu ?

Toujours un petit peu,

les choses changent toujours.

Je pense que cela continue d'augmenter

et qu'il y aura de nouvelles personnes qui découvriront les toys.

Cela n'augmentera pas pour toujours

mais ce sera comme dans chaque ville, il y a un libraire,

un disquaire...

et la boutique bizarre qui vend des toys et des fringues.

Ce sera normal,

ce sera une chose de tous les jours.

J'en ai vu des centaines, ce n'est que le début.

Comme c'est limité, et que ce n'est pas à la portée de tout le monde,

cela montre

que vous y étiez avant les autres.

Ce n'est pas quelque chose d'inné,

c'est du travail de tous les jours.

Vous devez rester au courant, par les news, les blogs...

On ne peut pas juste en faire partie.

On doit l'apprendre.

C'est cool.

Tous les jours, il y a un nouveau toys qui sort de notre imagination.

Même si certains suivent une ligne artistique,

d'autres vont s'attaquer

à une machine avec une forme impressionnante.

Mais la machine ne parle pas et n'interagit pas.

Ca commence comme ça et après...

Quand vous voyez des choses en 3D,

elles ont cette qualité tactile

qu'on ne retrouve pas sur les 2D.

C'est super

de voir la 2D prendre forme,

la voir tourner, interagir avec elle.

Mais des fois,

cela ne donne pas la même chose que l'originale.

Vous devez faire des compromis entre vos dessins et la façon dont ça va ressortir.

Mais elles ont chacune leur qualité

qui fait que c'est incroyable.

Il y a comme une lutte constante entre

le Grand Art et le nouvel art contemporain

représenté par les illustrations, les sérigraphies...

Et on ne regarde pas un toy

comme on regarde une œuvre.

Mais tout cela,

comme la création de pièces uniques

est fait pour se rapprocher du monde de l'art.

Mais, c'est possible,

grâce à des artistes comme Tim Biskup...

Toutes leurs pièces sont uniques,

et tout le monde veut faire comme eux.

Voyons si ton micro marche.

Nous...

- les autres, je ne sais pas -

Au début, on s'est retrouvé à créer ce jouet,

pas juste pour faire un jouet,

mais pour rendre notre art

extrêmement accessible,

et tactile,

pour le faire connaître de tous

de la façon la meilleure et la plus large.

Et ce moyen c'est les jouets.

Un produit de masse,

ou semi-industriel,

qui demeure accessible à un prix abordable.

C'était très ouvert, beaucoup d'artistes ont adopté ce support.

Et maintenant, on en fait pour le monde entier.

On doit donc prendre tout le monde en compte,

mais Miami nous influence aussi, par les couleurs,

c'est plein de vie, c'est puissant... Et chaud...

La réalité ici est comme ça,

de la magie réelle, tout le temps !

Habiter ici, ça compte.

Il y a un exemple parfait en ce moment,

c'est le WarDragamel de Tim Biskup,

vous connaissez ?

A l'occasion d'une exposition à la galerie Billy Shire à Los Angeles,

il en a conçu une version transparente

en 25 exemplaires.

Il a moulé à la main des pistolets, des couteaux

et diverses armes en étain

qu'il a peints et insérés. Il y en avait 25,

et c'est un jouet à 600 dollars.

Mais c'était aussi une sculpture, ça venait d'une galerie

et c'était une édition limitée, 25 sculptures.

Tout a été vendu en quatre heures.

Il peut y avoir plusieurs directions, clairement, deux :

L'une plus axée vers une culture du toy de masse,

mais aussi une tendance Grand Art.

Et moi, c'est plutôt celle-ci. L'évolution des jouets vers l'art

en est une nouvelle, intéressante à explorer,

de transformer les jouets

en un produit reconnu.

Ce qui me plairait vraiment,

ce serait d'aller plus du côté de la sculpture,

ça resterait des reproductions,

mais dans un genre plus sculptural.

Les créateurs y mettent beaucoup d'âme,

ils ne s'enrichissent pas encore

mais ils considèrent ça vraiment comme de l'art.

D'où les chiffres, ils fabriquent cent pièces,

le jouet peut valoir dans les 100 dollars,

mais quand vous le possédez, c'est extraordinaire.

Donc c'est quoi ? Un jouet ou une sculpture, un objet d'art ?

Est-ce du pop art ou de l'art publique ?

Et la frontière devient de plus en plus floue.

Est-ce que le "Dissected Companion" en fibre de verre de 16 pieds

ou les "Original Fake" sont de la sculpture ?

Et un "Dissected Companion" de seize pouces

produit en 500 exemplaires pour le compte de Medicom ?

Est-ce de l'art publique ou du Grand Art ?

Tout est confus, ça va dans le sens du pop art.

Il y a une économie d'échelle, c'est pour les masses,

mais avec un vrai point de vue artistique.

Une forme d'art ? Possible.

Par exemple, si, assis là, je fais ça, c'en est ?

Je ne sais pas.

Si un autre le fait c'est de l'art ? Non, ce serait un produit.

Est-ce qu'on peut en faire une sculpture ? Oui.

Mais je vais le faire de façon à ce que ce soit un objet d'art.

Est-ce que je veux lui donner vie et l'animer ? Oui.

Mais en le voyant, on peut venir me dire :

"Ah non, les filles l'aiment comme ci et comme ça,

et c'est ce qui a fait son succès..."

C'est une forme ou un support artistique pour beaucoup d'artistes.

Quand au terme toy, c'est une mode.

Est-ce une statue

ou une édition limitée à partir d'un moule ?

L'appeler toy, c'est une mode.

Cela tient plutôt du phénomène culturel, de notre temps,

que de l'art ou d'une forme d'expression artistique.

Je ne pense pas que le terme toy survivra.

C'est important,

car en y réfléchissant bien, c'est le premier médium artistique nouveau

depuis cent ans.

Il existe une fondation Andy Warhol

qui est chargée de développer des formes artistiques.

On a appliqué des Andy Warhol originaux à des Bearbricks,

c'est un autre moyen de faire connaître Andy Warhol.

Et ceux qui le connaissent nous disent :

"C'est quoi ces personnages ? On veut en acheter."

Le pop art a un peu fait ça, avec les "multiples".

Mais c'était encore trop précieux.

Alors que tout à coup avec les "toys"

l'art underground en 3D

devient accessible

sous forme de dessins, de livres

ou de pièces de théâtre. C'est nouveau.

Ça n'existait pas avant.

Il y a bien eu la sculpture kitsch mais

ce n'était pas de la contre-culture, comme : "Tiens, voilà une Madonna".

Et vous pouviez aller au musée voir un Rodin

ou une statue grecque,

mais une sculpture qui soit aussi

de l'art populaire d'avant-garde,

ca n'existait pas avant ce mouvement.

J'aime créer ces objets.

On ne me dit pas ce que j'ai à faire,

ce qui est bien ou pas, lorsque j'en crée,

je n'ai rien de commun avec les gens.

J'emporte mes carnets à dessin partout,

je travaille dans le monde entier,

je leur donne vie.

Et puis,

je suis mon propre maître, je ne me demande pas

si je vais pouvoir le vendre ou en vivre...

Ce qu'il y a de génial avec la culture pop,

c'est qu'on peut parler de toutes sortes de sujets délirants,

tout en ayant un marché de masse.

C'est comme un peintre

qui ne peindrait pas une toile pour une seule personne

mais choisirait de créer des T. Shirts

pour que son œuvre

soit la propriété d'un large public.

Ou un sculpteur, qui ne cherche pas

à faire une œuvre unique

mais une figurine

vendue en

multiples exemplaires.

Les objets ont toujours fait partie des courants artistiques.

Vous savez, il y a des milliers d'années qu'on fait

des totems, de l'art brut, des objets sculptés.

Tout ça a toujours fait partie de l'histoire de l'art.

Oui... les jouets en vinyle font bien partie

d'un nouveau mouvement artistique,

et nous verrons bien où ça nous mènera.

Il n'y a pas de message particulier : "A cette œuvre correspond ce message."

Non... on s'est vraiment amusés à faire ce qu'on fait,

et on n'a pas tant pensé au message

qu'à susciter une réaction chez les gens.

C'est l'objectif numéro un. Faire quelque chose

qui vous touche,

qui produise quelque chose,

qui fasse rire, pleurer, haïr,

n'importe quoi, c'est bien.

C'est-à-dire que c'est bien de faire quelque chose,

de le présenter et de voir la réaction de l'autre.

Pour nous, c'est le principal,

ce n'est pas un message, mais une action qui cherche une réaction.

Beaucoup ont été attirés par les jouets ces deux ou trois dernières années,

ils ont juste pris le train en marche,

sans aucune base visuelle de départ.

Ils se sont mis aux jouets parce qu'ils en avaient envie.

Pour nous, ce n'était pas que des jouets,

c'était un moyen d'exprimer ce qu'on avait à dire visuellement.

Récemment, ont été exposés à Pékin,

les plans du Business House Museum.

Comme la salle d'exposition était très spacieuse,

le projet a pu être présenté en grand format, sur 10 mètres.

Comme c'était en grande dimension

dans un vaste espace,

les visiteurs l'ont considéré

comme une véritable œuvre d'art.

En réalité, il avait juste été agrandi.

Comme quoi c'est l'espace et la taille qui font l'art.

Il y a plus de possibilités, toutes sortes

de gens du multimédia passent de la peinture au toy, des graffiti aux jouets.

Les gens ne disent plus : "Je suis un peintre, je peins..."

Beaucoup de gens touchent à tout.

Je trouve qu'il est parfois difficile

de travailler sur plusieurs choses à la fois,

de trouver l'équilibre.

Cet équilibre qui existe

quand on peut voir le fil conducteur entre les différents médiums utilisés

pour exprimer ce qu'on veut faire.

Non, je ne suis pas un créateur,

mais j'apporte une valeur ajoutée qui fait vendre.

Il y a certainement de nouvelles voies pour les artistes.

Avant, il fallait trouver une galerie,

on pouvait trouver porte close

si on n'avait pas fait les bonnes écoles

ou acquis la bonne formation.

C'est ce qui me fait dire que la création de jouet est une expérimentation,

l'expérimentation de la forme...

Je peins les personnages différemment,

une fois qu'ils existent en "toys",

Je les comprends autrement.

Tout le monde dit que c'est mort à Hong Kong, que c'est mort au Japon,

et que cela va mourir ici bientôt.

Cela ne va pas mourir, car il y a des gens qui ne connaissent pas encore le toy.

Et tous les jours, on en rencontre.

Ils viennent à Toy Tokyo, et je peux observer leur réaction.

C'est généralement des jeunes gens, qui ne peuvent pas s'offrir ces figurines.

Mais, ils pourront le faire plus tard.

Et, il y aura de nouvelles figurines, de nouveaux designers.

Quelqu'un a dit que cela deviendra meilleur,

et nous serons toujours de mieux en mieux.

Il reste encore beaucoup de place pour grandir.

Un de ces jours on s'en rendra compte : "C'était vraiment important,

il s'est passé quelque chose ".

Parce que c'est incroyablement populaire,

et ce qui est génial, vraiment super génial,

c'est que les gens achètent le jouet en blanc et font leur propre création.

Ça a toujours été le cas avec les maquettes,

mais ça n'a jamais été aussi artistique.

C'était : " On va lui donner l'allure de quelque chose qui existe déjà."

Les gens ne font pas des chars ou des avions artistiques.

Et là, ils font ces trucs dingues à partir d'une figurine en blanc.

Et les amateurs font souvent mieux que les fabricants.

Ils peuvent acheter un objet fini,

mais ils préfèrent en faire un qui reflète leur image.

Donc, il y en a pour un moment,

car ça génère une énergie qui retourne

vers l'objet...

Et tout ça... C'est ce qui définit la scène,

la scène des designers de toys.

Il y a des gens qui vont prospérer sans appartenir à cette scène.

Alors que d'autres, si ce marché vient à s'effondrer,

n'auront rien à dire

et disparaîtront.

Je pense que ça va bouger,

ça chauffe, en ce moment,

ça dure depuis un bout de temps et c'est inévitable.

Ça va probablement s'accentuer un certain temps

et ensuite imploser, devenir obsolète.

Moi... Mon seul espoir c'est de pouvoir continuer

à travailler quand j'en aurai envie.

J'aimerais vraiment ça, c'est si sympa de pouvoir se dire :

"Voilà ce qui serait super : une statuette en bronze

avec des éléments en vinyle,

ou en contreplaqué."

Il y a tant de choses à faire,

tant de choses qui gravitent

autour de ce mouvement...

J'aime cette possibilité de créer ces objets,

c'est vraiment génial.

Tout le monde a ouvert la porte, en même temps.

Du coup,

une nouvelle catégorie de designer,

des designers de toy, a été créée dans le monde des toys,

incluant l'art mondial.

S'il existe un livre

parlant de l'histoire du toy et du reste,

il faudrait le faire. Nos noms seraient peut-être

à l'intérieur, comme faisant partie

de la scène des designers de toys.

Je suis sur qu'il y en aurait plein.

Quand il n'y aura plus rien,

ce sera la fin.

Mais pour l'instant, cela ne l'est pas.

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