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Un.
- Pas mal ta corne..
...de bénitier. - Je l'ai vue le 1er.
- Que le meilleur gagne. - Tu les veux toutes.
- Ouais.
- Restez, Simone.
Veuillez cesser d'importuner Mlle de Beauvoir.
Ou je préviens Pappariteur. - Cafard!
Curé de merde!
- Pas dans une bibliothèque!
- Tu n'as pas mal, au moins?
Il est nabot, il est méchant, il louche..
...mais on ne compte plus ses conquêtes. Sartre est génial.
- Qui dit ça? - Tout le monde.
- Il est Normalien?
J'ai le coeur qui bat.
- Ca va marcher, j'en suis sûre.
Bonne chance. - Tu ne restes pas?
- Je ne peux pas, désolée.
-J'ai besoin de toi. S'il refuse, je vais être totalement déprimée.
- Ma mère vient me chercher, elle doit être là.
- Elle ne peut pas te laisser en paix!
- Simone, je quitte la Sorbonne.
- Ta mère est revenue à la charge?
- Je me fais vieille. - Tu te moques de moi?
Je l'expédie et je viens avec toi raisonner ta mère.
Occupe-toi de ton avenir.
- C'est criminel de t'empêcher d'étudier, tu es la plus douée.
- Toi, tu veux être enseignante.
- Tu préfères être la domestique d'un homme?
- Pas sa domestique, sa femme. Ce n'est pas fatalement pareil.
Je veux une robe blanche et un homme merveilleux à mon bras.
Et des tas d'enfants.
Je ne suis pas comme toi.
Mais on s'adore quand même et c'est beau.
Ne te mets pas en retard, la future agrégée.
Cours vers ton destin.
- Père, mon petit papa chéri.
Il m'autorise a passer l'agrégation et le diplôme d'enseignement.
Je vais gagner 1 an. - Viens que je t'embrasse.
- C'est la 1re fois que la Sorbonne accorde ça.
- Tu as un cerveau d'homme. Décroche tes 2 diplômes, il le faut.
- Père...
Etes-vous un peu fier de votre fille?
- Je suis rassuré.
De toute façon, on n'a aucune chance de te caser.
- Pourquoi blesser Simone?
A quoi bon, Georges? - Qui voudrait de ta fille?
Elle est laide et en plus, elle est pauvre.
Il faudra bien qu'elle gagne sa vie.
- Montrez-lui l'exemple, trouvez-vous du travail.
- Retourne à tes chiffons, tu es une boniche ici.
Une boniche pauvre. Où est la dot que ton père m'avait promise?
Il m'a grugé, cet escroc!
Il a fait de moi un déclassé.
- Et ça s'agite! Et ça travaille comme un petit castor.
Beaver en anglais, beaver Beauvoir.
- Je vous prie de me laisser en paix.
- Il vous plaît votre surnom?
Il paraît que vous êtes imbattable sur Laguite, je respecte ça.
Des ambitions littéraires?
- C'est mon affaire.
- Celui qui n'est pas célèbre à 28 ans doit renoncer à la gloire.
- Cette phrase est de R. Toepfer. - Vous m'épate ;
Vous n'avez que 21 ans.
Vous êtes en avance. - Et vous, redoublant.
- Les profs étaient trop cons.
J' ai déjà 24 ans. - Il ne vous reste que 4 ans.
Ne perdez pas votre temps. -J'écris.
Comme un forcené. Plusieurs livres à la fois.
Vous écrivez aussi? - Plus modestement.
- Essai? Roman? - Un essai.
- Sur quoi? - Une morale plurielle.
- Ca veut dire quoi une morale plurielle?
- Au-delà de la religion, des valeurs plus hautes, la morale.
- Intéressant.
- Ma mère est catholique, mon père, athée, ils partagent l'essentiel.
- C'est quoi l'essentiel? - Agir de manière respectable.
- Rien à foutre. Ne gaspillez pas d'encre pour de la mauvaise foi.
Vous vous fabriquez des raisons..
...de croupir chez des bourgeois. Moi aussi, je pleure pour un rien.
Je suis très féminin. - Je ne pleure pas.
Lâchez-moi. - Impossible, vous me plaisez trop.
On pourrait travailler l'agrég ensemble?
Qu'en dites-vous, ma jolie? - Gardez vos boniments!
Pas jolie mais pas idiote. - Vous êtes intelligente.
Et belle.
Je vous ai trouvée belle. - Cessez de me tourmenter!
- Vous êtes belle, Castor. Vous avez cette chance, bordel!
Et vous ne le sauriez pas? Alors, vous êtes la femme idéale.
Un.
- Depuis que le cours est ouvert à ces péronnelles,
...les places sont chères.
Ca ne vous gêne pas d'être avec les mâles?
- Lâche-la. - Je n'aime pas être avec elles.
- Après délibération, le jury de l'agrégation de philosophie..
...que j'ai l'honneur de présider..
...déclare définitivement admis les candidats suivants.
Premier, M. Sartre Jean-Paul.
Deuxième.
...Mlle Bertrand de Beauvoir Simone.
Troisièmes, messieurs Boivin et Jean.
Cinquième, M. Nizan Paul.
Sixième,
...M. Savin Maurice. Septième, Mlle Roussel Jeanne.
Huitième, M. Chvo Philippe.
Neuvième, M. Patronier de Gandillac.
Je vous remercie de votre attention.
Toutes nos félicitations aux brillants lauréats.
- Chapeau bas, la pucelle.
La plus jeune agrégée de tous les temps.
- Beau comme une biographie de grands hommes.
Castor, on démarre en fanfare. - La 1re après Sartre, parfait.
Absolument parfait.
Qu'est-ce que ta mère a encore inventé?
Je vais lui parler.
- Je suis une belle putain?
Je n'ai jamais servi, je suis toute neuve.
- Arrête, tu me fais peur.
Aidez-moi. Aidez-moi, elle a un malaise.
- Lola, monte dans la voiture. Relève-toi, s'il te plaît.
- Pourquoi elle est dans cet état? - l'émotion.
Elle va faire un beau mariage.
- Elle est d'accord, vous lui avez demandé son avis?
Vous la rendez folle. - Un jour, elle me remerciera.
C'est vous qui lui avez brouillé le cerveau.
Interdit d'approcher ma fille.
- Lola, reste avec moi, Lola, reste avec moi.
On se débrouillera, je vais gagner ma vie, je suis agrégée.
- Chez nous, les femmes ne s'abaissent pas à travailler.
- Lola, reste avec moi, descends de cette voiture, reste avec moi!
Ne la laisse pas faire, Lola.
Un.
- Sartre!
- Je n'en dormais plus à Paris, vous me manquiez trop!
- Je ne suis pas prête. - Je n'en peux plus.
Je vous veux, Castor.
Je vous désire. - C'est pas bien.
- Monsieur, madame. - Monsieur.
Nous sommes à Mérignac. En province, on jase très vite ici.
- Qui ça? - Peu importe.
2 cousines vont annoncer leurs fiançailles.
Leurs dots sont fixées.
Votre présence est gênante. - Mlle de Beauvoir..
...et moi devons philosopher.
- Je vous ordonne de partir. - Non, monsieur.
- Mais... Je vous l'ordonne. - N'insistez pas!
Ou je m'attaque à la vertu des 2 cousines.
Pour jaser, on jasera.
Allons, tombez la veste.
Réglons ça d'homme à homme.
- Georges, où allez-vous?
Mais revenez vous battre, voyons!
Rentre!
Simone, on y va. - Je ne peux pas le croire.
Mon père a peur de Sartre.
Je suis la fille d'un lâche. Mon père n'est qu'un sale type!
- Tais-toi, un peu de respect! - Les bourgeois sont comme ça!
Rien dans le ventre.
- Vous dormez?
- Je n'y croyais plus.
- Ne réveillez pas l'aubergiste.
- J'y ai été trop fort avec eux. - Très fort.
Mais vous avez bien fait. Une vraie leçon de courage.
- Rentrez à Paris avec moi. - Vous allez trop vite.
- Qu'espérez-vous au juste?
Que je demande votre main?
- Je ne me marierai jamais. Aucun homme ne m'aura comme domestique.
- Inutile de prendre vos grands airs.
Vous habitez chez vos parents. Comme Lola,
...la liberté vous fait peur. - Vous n'avez rien compris.
Donnez-moi l'amour.
- Bonjour, je suis votre prof de philosophie.
Jean-Paul Sartre, vous êtes mes premiers élèves.
- Vous remplacez M. Moutier car il a fait une dépression nerveuse?
- Oui, je ne le connais pas mais ça le rend sympathique.
Ca ne m'emballe pas d'être prof.
"Je ne suis pas garde chiourme. Je ne pérorerai pas sur l'estrade"
...pour rien. Vous venez si vous le voulez.
Pas de registre d'absence. Mais si vous venez, on dialogue.
On ne fait pas semblant d'être ensemble.
Je travaille sur la logique.
Je prépare un livre, je vous en parlerai, vous direz ce que vous..
...en pensez. - Ca vous intéresse?
- Comment tu t'appelles? - Tyssen.
Charles.
- Autrui ce n'est pas seulement celui que je vois.
C'est aussi celui qui me voit.
Il confère à mon monde l'étendue de son savoir et de l'assurance..
...qu'il me donne. Ce que vous pensez m'intéresse.
J' ai autant à apprendre de vous que vous de moi.
On continue la discussion en classe. Ca va sonner.
- Je vais quitter la maison.
Je vais prendre une chambre.
- C'est hors de question.
Pas tous ces sacrifices pour que tu finisses dans le ruisseau.
Ce jeune homme t'a influencée. - Laissez-le en dehors de ça.
Je veux vivre seule. Il ne m'a rien demandé.
- Il a déjà eu tout ce qu'il voulait.
Georges.
...parlez-lui voyons!
- Dire que je vous avais mis sur un piédestal!
- C'est pour toi.
Lis, c'est Mme Cornelou, c'est important.
- Vous avez lu mon courrier!
De quel droit?
De quoi est-elle morte?
Pourquoi si brusquement? On ne meurt pas ainsi à 20 ans.
- Les médecins ne savent pas. Une encéphalite, peut-être.
- Vous l'avez tuée. Vous l'aimiez mieux morte que libre.
- La douleur vous égare.
- Vous lui avez interdit d'étudier pour la marier contre son gré..
...avec un crétin riche et catholique.
- Nous ne sommes que des instruments entre les mains de Dieu.
- Vous avez assassiné mon amie.
Si douce.
Si confiante.
Pour des convenances absurdes.
Je vous méprise, je vous hais.
Vous et tous ceux de votre engeance.
L'argent, il faut qu'on en parle.
- On s'en fout de savoir qui paye.
- Je ne dépendrai d'aucun homme. - Je ne suis pas votre père.
La thune, je n'en ferai pas une arme.
Je viens de toucher l'héritage du tonton, je suis plein aux as.
- Je ne peux pas accepter votre argent.
- Ce qui est à moi est à vous et inversement.
Faites-moi un peu confiance.
Allons arroser notre 1re nuit d'adulte.
L'argent, ça doit exploser comme on lance une grenade.
Autant tout clarifier maintenant.
Pas de mensonges entre nous.
- Je hais aussi le mensonge.
- Je n'ai aucune vocation pour la monogamie.
- Que voulez-vous dire?
- Je vous aime comme un fou.
Et je vous aimerai toujours.
Mais je suis écrivain. - Et alors?
- Je ne veux pas vivre comme ces vieux cons de l'académie.
Il me faut de l'air, de la nouveauté, de l'excitation.
J' ai besoin de connaître des amours contingentes.
- Qu'entendez-vous par contingentes?
- Sans importance, non essentielles.
Le contraire de nécessaire, vous savez bien.
- Moi aussi?
- Vous aussi quoi? - Je suis un écrivain.
Des amours contingentes, moi aussi, j'en ai besoin.
- Je ne sais pas, ça dépend.
- Mon expérience est plus limitée que la vôtre.
- Vous avez envie de connaître d'autres hommes?
- Avouez que vous détesteriez ça?
- Ce serait justice. - Avouez que vous seriez jaloux?
- Pas si on se raconte tout en détail.
- Vous êtes dégoûtant! - Nos expériences en commun.
Nous devenons riches de nos 2 vies. - Vous êtes fou!
- Il faut une femme audacieuse.
Vous êtes celle-la. - Non.
- Je vous connais mieux que vous. - Cessez de me flatter,
...je ne suis pas dupe. - Je n'ai jamais été aussi sincère.
Je vous jure, Castor.
Je vous propose un vrai pacte d'amour.
Pas un mariage bourgeois où tout le monde triche, ment.
- Alors c'est d'accord.
- Vous bluffez?
- Je ne veux plus rien faire comme les bourgeoises.
Le seul choix, c'est être mariée de force ou rester vieille fille.
Alors je vous prends au mot.
J' accepte le pacte.
- Un amant.
Elle ne fait rien..
...comme tout le monde. - Moi, j'appelle ça..
...une poule.
- Tu préférerais une vieille bique?
- Bonjour.
Asseyez-vous.
Qui parmi vous alu Gide?
- Maman me l'a interdit.
- C'est celui qui va le plus loin dans l'exploration des sensations.
- Immoral, dit-elle.
- Nous allons étudier les nourritures terrestres.
Le héros est pédéraste.
Silence.
- Mes parents iront se plaindre à la directrice.
- Qui d'autre veut déménager?
Bien.
Je ne tolérerai plus aucune interruption de mon cours.
Sortez vos cahiers.
- Voilà, tape. C'est bien. Encore.
Allez, plus fort.
Vas-y, allez!
Allez, cogne!
Plus fort! Plus fort! Voilà!
Sans rancune? -J'ai pas osé,
"c'est le prof. - Le respect, ça paralyse."
Je veux des cerveaux affranchis.
J' aurai plus de réussite au bac que toutes les autres classes.
Voilà, vous pouvez aller au bordel.
Vous avez fait bon voyage?
-J'espère qu'on sera nommés dans la même ville.
On se verra tous les jours.
- On m'offre une bourse d'étude pour aller à Berlin l'an prochain.
- A Berlin? Pas question.
- Depuis quand n'avez-vous rien écrit?
- Je n'y arrive pas.
- On devait souffler un ouragan de liberté sur le monde.
Depuis 4 ans, on vit en charentaises.
J' ai 28 ans, ça y est. J'ai écrit mais je n'ai rien publié, zéro.
- Ca changerait quoi?
- Tout.
On mène une vie sans intérêt et sans désordre.
Elle nous rend secs, sans talent.
- Elle me rend heureuse. - Secouez-vous, merde!
Vous finirez en rombière.
- Et Sartre à Berlin? - Personne ne boit?
- Pas maintenant.
- Il a rencontré une fille rêveuse, il l'appelle la fille lunaire.
- Il ne changera jamais.
- Notre couple est libre, sans hypocrisie, ni jalousie.
- C'est tout ce qu'il raconte? - Il travaille comme un fou.
Il commence un roman. - Et le national socialisme?
- Pas de politique! - Hitler n'est qu'un feu de paille!
- Quel aveuglement. Une autruche qui ne veut pas voir le danger.
La politique rattrapera Sartre.
- Les communistes ne sont que des bâtons.
...de guerre. La boucherie de 14 ne vous a pas suffi?
On frappe.
'Oui?
Un.
- Que faites-vous ici?
- Je vous aime, mademoiselle.
- Je vous aime bien aussi mais c'est interdit par le règlement.
- Le règlement, je m'en fiche. - Partez!
- Vous êtes seule et votre amoureux ne s'occupe pas de vous.
Vous êtes triste.
Quand vous croyez qu'on ne vous regarde pas, vous pleurez.
Je ne veux plus que vous soyez triste.
- La fille lunaire est sa maîtresse.
Ne soyez plus mécontent de moi, petit charmant.
Je vous ai obéi, comme toujours.
Hier, j'ai fait l'amour..
...avec un autre que VOUS.
Ce n'était pas un homme.
- Surprise! - Petit homme, vous êtes revenu!
C'est votre roman? Vous l'avez terminé?
- Flanelle. - Non?
- La panne, je ne sais pas ce qu'il m'arrive.
- C'est pas grave.
- Je deviens impuissant. - Non, ça arrive à tous les hommes.
- A Berlin, c'était sans souci.
Avec les autres femmes, ça marchait.
- Pourquoi êtes-vous mufle?
Car je vous ai trompé? - Au contraire.
C'était passionnant. J'attendais un amant et c'est une maîtresse.
Vous m'avez épaté comme d'habitude.
- Avec un autre homme que vous, je n'aurais pas pu.
- Castor, je bande!
- C'est peut-être dangereux. - Je suis cobaye pour explorer.
...les effets de la mescaline alors que j'écris sur l'imagination.
Je ne vais pas refuser. - Et si vous écriviez sur le crime?
Vous commettriez un assassinat! - En attendant, on bosse?
- C'est pas du luxe, je l'ai lu. - A qui croyez-vous parler?
A une de vos élèves? - C'est pareil quand je critique.
Pas de félicitations gratuites. - Qu'attendez-vous pour écrire?
- La critique est aisée, je sais.
N'empêche.
C'est trop guindé! C'est un français de marbre!
- Le médecin vous attend.
- Sauvé par la drogue!
Continuez et ne m'épargnez pas.
Vous avez de la visite.
Mais bossez quand même.
- Vite, je vais être en retard.
Que regardez-vous par terre?
- Les scarabées. - Quels scarabées?
- La langouste. Attention, elle est énorme!
- Il n'y a ni langouste, ni scarabée. Sartre, reprenez-vous!
On dirait l'idiot du village.
Sartre, c'est pas possible. - Il est bon pour la camisole.
- T'es encore là, toi?
Raccompagne-le, j'ai cours. - Oui, je m'en occupe.
Ca va aller, ça va aller.
Tu te souviens de moi quand même?
- Tu as fait l'amour avec un homme? - Homme ou femme, ça m'est égal.
Les moches comme toi, je ne peux pas, ça me débecte.
- Vous allez mieux?
Vous avez faim?
Où est Lumi? - Partie.
Vous ne trouvez pas qu'elle est une captivante table rase?
- Lumi vous captive? - Une conscience neuve, spontanée.
Une individualité naturelle. Elle rit et pleure comme un enfant.
- Insupportable. - Elle se donne comme une femme.
- Où voulez-vous en venir? - Lumi ne veut pas de moi.
- En quoi cela me concerne? - Vous pouvez la convaincre.
- Vous me prenez pour une mère maquerelle?
- Vous rabaisse : tout. - Car je couche avec elle?
- Bien sûr. - La mescaline vous rend fou.
- On pourrait la modeler. Une incarnation de notre philosophie.
Les parents qu'elle mérite.
- Des parents incestueux. - Les préjugés de votre caste!
Quelque chose de mesquin àjamais.
- Où allez-vous?
- Ca ne vous regarde plus. Vous ne respectez pas notre pacte.
- Sartre me met la main aux fesses dès que tu as le dos tourné.
- Tais-toi. - Tu me crois pas?
- Tu vois l'honneur qu'il te fait? - l'honneur?
Tu es complètement zinzin!
- Lui et moi, c'est pareil. Rends-lui son sourire.
Je ne supporte pas de le voir malheureux.
- Bonjour, Nergon. - Ils ont du porto dans ce trou?
- Tu as assez bu! - Un double porto et vite!
- Maman est fâchée? -J'ai gagné un bisou.
- Ce que tu me dégoûtes!
- On est là, Tyssen.
Il tient à se faire tuer en Espagne.
- Enchanté, bonjour.
- Tu as vu Malraux?
- Il m'a viré, je ne sais pas tirer.
Je voulais apprendre. - Tant mieux.
Trop mignon pour mourir. - Fils de pasteur.
Apprends la philo.
C'est plus utile. - l'imagination va être publiée.
Il a trouvé un éditeur. - Pas trop tôt!
- Mes compliments.
- L'éditeur en a viré la moitié, trop prétentieux.
- Tais-toi! - C'est la vérité.
Tu as toujours raison.
Tu es l'ange qui juge dans un ciel de cristal.
- Arrête!
- Mon bébé, ma petite fille,
"non!"
- Il faut que tu me planques!
Délivre-moi de la folie, sauve-moi.
- Tu m'étouffes!
- Je n'en peux plus de coucher avec ton crapaud, pitié!
- Vous êtes 2 belles salopes. Vous lui avez fait mal!
- Ne me touche pas, toi!
Plus jamais!
Faut que tu saches, c'est fou comme c'est bon avec lui.
Il a la peau douce. - De quoi elle parle?
- De Tyssen! - Tu couches avec lui?
- Sartre!
- Crève!
- Faut nettoyer ça.
Je sais qui je vais vous présenter.
Elle est comme vous aimez. -J'ai mal.
- Attention, ça va piquer.
- Je n'ai que vous au monde.
- Faut vous libérer de Lumi.
Elle vous tue. - Va la chercher.
J' ai besoin de Lumi, je ne peux pas m'en passer.
- Evidemment que je le trompais, mais il n'en sait rien.
On est un couple heureux.
Mais eux, ils veulent être authentiques.
- Excusez-moi, je suis en retard.
- Ca va?
Je vais commander un verre de vin chaud avec de la cannelle.
- L'éditeur a lu le roman de Sartre.
On compte sur l'intervention de Nizan.
- Paul fait ce qu'il faut, il faut que tu te reposes.
Enfin, Simone! - Respire!
- Simone!
On frappe 'Oui?
Asseyez-vous là.
Mettez à terre ce qui vous gêne.
- Des pralines de chez Junet.
- Merci.
- Je serais venue a l'hôpital si j'avais su.
- Comment va mon père?
- Il est inquiet pour toi. - Ce n'était qu'un mauvais rhume.
- Un de tes poumons est atteint, l'autre est menacé de l'être.
- Je vais beaucoup mieux.
- Tu aurais pu mourir.
-J'avais oublié votre goût pour le grandiloquent.
- Maintenant, tu as besoin d'une vraie convalescence.
D'une vie plus rangée.
- Vous êtes venue me dire que Dieu me punit d'avoir fait la noce?
- Il ne t'épousera jamais. D'ailleurs, où est-il?
- Sartre travaille.
Il a été affecté en Normandie.
Les profs ne choisissent pas.
- Il prend soin de toi?
- Vous sentez l'encaustique jusqu'à votre façon de penser.
- Où ça t'a mené de vivre comme tu vis?
- Regardez-vous avant de prodiguer des conseils.
- Rentre à la maison avec moi. - Vous feriez mieux de partir.
Le médecin m'interdit toute contrariété.
Un.
- Les Gallimard prennent mon roman.
Finissez vite le vôtre. Nos rêves sont en train de se réaliser.
- Je suis ravie pour vous.
- Ils n'aiment pas "Mélancolia", ils proposent "La Nausée".
- C'est très bien aussi. - Mon pauvre Castor.
Vous n'avez même plus la force d'être enthousiaste.
Je vous dois tout. Sans votre soutien,
"votre intelligence, votre grandeur d'âme..."
- Vous exagérez mais merci quand même.
- Vous me repoussez?
- Il me semble inutile de continuer à coucher ensemble.
- Regardez-moi quand vous dites ça!
- Nos existences se confondent. Vous êtes mon autre moitié.
- Venez-en au fait.
- Je méprise la jalousie mais je suis jalouse.
Jalouse à en mourir, je ne peux plus continuer comme ça.
- Je n'ai pas voulu vous faire mal. - On a fait du mal tous les 2.
Heureusement, Lumi est solide. - Moi aussi, j'étais jaloux.
Je ne supportais pas qu'elle me repousse.
- Elle le fera toujours. - Je m'en fous, c'est terminé.
Je suis publié, toutes les femmes vont m'aimer.
- Plus d'amours contingentes. - Vous, ce n'est pas pareil.
- Ca me fait trop souffrir.
Sartre, la sexualité entre nous, ce n'est pas important.
Arrêtons, ce sera plus simple. - Plus simple?
- On peut inventer une autre sorte de couple.
- Sans baiser, pas de couple. - Travailler ensemble, c'est mieux.
- Vous voulez me couper les couilles?
- Je veux me mettre à l'abri.
La chasteté est le prix à payer pour que notre couple dure.
- Comment être plus heureuse en martyrisant votre corps?
- Vous ne m'avez pas comprise. - C'est dur.
- Je renonce juste à la sexualité avec vous.
Je veux une place qu'aucune..
"Autre ne pourra me ravir. Une place où je serai nécessaire."
Je pourrai alors jouir de cette liberté mutuelle.
- Je ne serai pas le petit satellite du couple royal.
La 3e roue du carrosse.
Il faut que tu te débarrasses de la vieille.
Je veux que tu sois le 1er et le dernier.
- Je suis fou de toi.
- Jure que c'est fini avec elle. - Je te l'ai déjà juré.
-Jure-le-moi encore.
Tu me jures?
C'est que ça les écrivains?
Plus rasants que leurs livres.
- Personne ne te retient. - C'est la réception de Sartre.
- Elle est exaspérante! - Sartre l'a invitée.
- Laissez-le savourer son triomphe.
- Pour mieux dévoiler l'absurdité de l'existence.
Puissance pour un 1er roman.
- Le Castor.
- Un bien charmant castor.
Je le questionnais sur cet étrange animal auquel il a dédié son livre.
F. Mauriac, enchanté.
- Simone de Beauvoir, enchantée. - Je dois tout au castor.
J'écris pour elle. - Les jeunes gens ont encore..
...leur muse.
- Elle ne joue pas de lyre, elle a la dent dure.
Ses critiques tapent dans le mille.
- Son approbation?
Votre fiancée est.
...le patron?
- Ma fiancée?
- Excusez-moi, j'avais cru... - Je n'épouse pas.
Pas d'enfant, pas de ménage. Chacun sa chambre d'hôtel.
- La vie de bohème.
- Une vie d'écrivains. - Vous écrivez aussi?
J'aperçois M. Gallimard.
Je vais lui dire tout le bien que je pense du livre.
- Vous l'avez affolé. - Je l'ai fait exprès pour..
...qu'il en parle.
-J'ai enfin trouvé le titre de mon roman.
- On a largué Sartre et Lumi à Paris pour faire de la randonnée!
Pas pour bosser. - Légitime défense.
- Pourquoi?
- Je tue ma jeune rivale à la fin. - Tu tues Lumi?
Tu l'assassines?
- On a tous les droits en littérature.
C'est enivrant d'écrire. Je me sens libre depuis que j'écris.
Je sais que je te plais.
- Hitler voulait la Tchécoslovaquie, il l'a!
Il nous foutra la paix.
- Cache ta joie! - Je ne bois pas à la capitulation.
- Ils ont accepté le déshonneur pour avoir la paix.
Et ils auront la guerre. - Sartre n'est pas Churchill.
Il ne voit pas plus loin que sa trouille.
Il faut mordre les Boches avant qu'ils ne s'arment davantage.
C'est reculé pour..
"Mieux aller en enfer. - Arrête de faire ta Cassandre."
Grâce aux accords de Munich, on a eu un sursis.
- On va le payer cher le sursis.
- Tout plutôt que la guerre.
- Allez.
J'ai jamais vu un castor aussi peu doué pour la natation.
- Vous l'avez fait exprès!
- Tania dit vrai, vous avez l'air d'une grenouille enrhumée.
- Toujours aimable votre punaise! - Une sangsue plutôt.
Je l'ai traînée jusqu'à son train, elle voulait votre place.
- Ces réconciliations pathétiques, il vous faut ça pour vivre?
- Comment va le jeune Tyssen? - N'en parlez à personne.
J'ai juré que Lumi ne saurait rien.
- Peur de le perdre? - Je veux la garder.
Tyssen ne sait pas qu'entre Lumi et moi ça continue.
- Vous arrivez à écrire car vous ne couchez plus avec moi?
- Sartre! Sartre!
Les Soviétiques ont signé un pacte avec les fascistes.
Staline est passé du côté d'Hitler. - Ton Staline?
J'ai mal au bide, j'ai envie de chialer comme un gosse.
Si Thorez ne dénonce pas Moscou, je lui balance ma carte à la tête.
- Hitler peut tranquillement envahir la Pologne maintenant.
On s'est engagé à protéger la Pologne.
- La France entre en guerre? - C'est imminent.
-Je ne veux pas que vous alliez vous faire tuer.
- On va tous se faire tuer. Les pacifistes comme les autres.
Un.
- L'éducation nationale vous virera mon salaire.
C'est vous le chef de famille.
- Je veillerai sur votre mère et sur Tania, c'est promis.
- N'oubliez pas de m'écrire tous les jours.
Retravaillez le 3e chapitre de Légitime Défense pour l'améliorer.
Il est formidable votre roman!
- Comment vais-je vivre sans vous?
- On y va, on embarque.
Allez, en voiture.
-1, 2, 3, 4.
On descend. 1. Remontez.
1, 2, 3,4.
3. Inspire.
5. Souffle.
- Charmant Castor, Tania est malade et me réclame.
Le seul moyen de fuir, c'est de l'épouser.
Un mariage purement symbolique, ça va de soi.
Qui me donnera droit à 6 longs jours de permission.
Je vous réserverai 3 jours,
...mon tout petit.
Juste vous et moi.
Quel bonheur!
-10. Les bras tendus.
- Je file au rectorat. Les Allemands ont envahi la Hollande.
La boucherie va commencer. - Tous les soldats sont consignés?
- Evidemment, pauvres garçons qui ont attendu 1 an dans leur caserne.
Finie la drôle de guerre.
Sonnerie.
- Vous aviez visé à côté de la corbeille.
Heureusement que je l'ai prise. - Vous l'avez lue?
- Ces noms affectueux pour vous rouler dans la farine.
Pourquoi épouse-t-il Tania et pas vous?
Un mariage symbolique, il se moque de vous! Pour une permission.
- Il n'y aura ni mariage ni permission, n'ayez crainte.
Je peux compter sur vous pour tenir votre langue?
- Croix de bois, croix de fer.
Si j'avais voulu faire ma pipelette, je l'aurais gardée.
- Retournez en cours maintenant.
- Merci, mon chien.
- Merci. Allez, filez.
- On peut aimer les hommes et les femmes à la fois? Tu préfères..
...avec lui ou avec moi? - Rentre, je dois travailler.
- Tu n'as pas le droit de me renvoyer comme ça.
Tu sais les risques que je prends pour rester avec toi?
Ma Sainte Mère va m'arracher les yeux.
- Raison de plus pour filer. Allez.
- La plus mauvaise de tes élèves et la plus amoureuse.
On reste là et on fait l'amour jusqu'à la fin de la guerre.
- Te voilà, toi!
C'est ta mère qui doit être contente.
- Et vous?
Vous êtes content de me voir? - Tu te soucies de moi maintenant?
De ce que je ressens.
Après plus de 10 ans d'absence.
- Après une opération aussi grave,
...il aurait besoin d'un bouillon gras ou d'une côte de boeuf.
- Je peux trouver des oeufs.
Ou du beurre. - Au marché noir?
Ton père n'en voudra jamais.
*-Notre défaite est venue de nos relâchements.
*L'esprit de jouissance détruit ce que l'esprit de sacrifice..
...a édifié.
- Je jure sur l'honneur d'être ni juif, ni franc-maçon.
Date et signature. Les certificats de baptême,
...il les faut avant la fin de la semaine.
Dépêchons, s'il vous plaît.
- Simone?
Simone, réveille-toi.
- Un verre d'eau? - Non.
Ecoute, ça m'est égal de mourir.
Mais pas de curé!
-J'ai eu tort de vous sous-estimer.
Je vous dois des excuses.
- Ta mère, parle-lui, empêche-la.
Pas de bon Dieu sur mon cercueil. - D'accord, père.
D'accord.
Je ferai de mon mieux.
Mais vous connaissez maman.
- Ah s
- Sartre!
Vous êtes de retour.
- Un certificat médical bidon.
Cécité partielle et trouble de l'orientation.
- Un faux document?
- Ils m'ont fait croupir 15 jours à Drancy mais je les ai baisés!
- Je comprends votre agacement, tout petit.
- Vous ne comprenez rien et arrêtez de m'affubler de noms ridicules.
-J'ignore comment vous prendre.
- Il n'y a pas que vous au monde!
- Pour moi, il n'y a que vous. - Arrêtez les violons.
Finis les rêves, les plaisirs pervers, nos airs supérieurs,
"c'est fini."
- Un mariage avec Tania?
- Je vais combattre.
- La guerre est finie!
- Nous ne sommes plus des hommes si nous acceptons le régime de Vichy.
On les foutra dehors les Boches.
Ils ont tué Nizan. Il avait tout compris avant tout le monde.
C'était mon ami, ma jeunesse.
Il me manque.
- Je sais ce que ça vous a coûté de renoncer à l'église..
...dans un moment pareil.
- Mme de Beauvoir, mes condoléances.
Vous pourriez être intéressée, je suis brocanteur.
- Passez me voir demain. - Qu'allez-vous vendre au juste?
- Meubles, bibelots, presque tout.
On en parlera demain matin. - Vous vendez vos meubles?
Cet appartement sera plus sinistre.
- Je vais partir. - Pour aller où?
- Quelque chose de plus petit, plus moderne.
Des grandes fenêtres, mezzanine.
- Un atelier d'artiste. - Oui, c'est ça.
- Ca ne vous correspond pas. - Je veux faire des études.
- A votre âge?
- Toujours aussi encourageante!
Pour être aide-bibliothécaire. - Pour quoi faire?
- Je dois travailler, ton père ne m'a pas laissé un sou.
J'en rêve depuis que je suis petite.
- Alors pourquoi avoir attendu la mort de papa pour le faire?
- Je ne voulais pas l'offenser. Une femme est ce que son mari la fait.
Il aimait bien ça.
- Il n'a pas eu les mêmes scrupules a votre égard.
- A quoi sert tout ce fiel?
- Il faut qu'il meure pour que vous rêviez d'un peu de bonheur.
- Je ne me réjouis pas de sa mort. - Vous êtes libre.
-J'ai toujours obéi, toute ma vie.
Où est le mal de penser un peu à moi?
- Une femme est ce que son mari la fait, c'est inouï!
- Que racontes-tu?
- On vous a dressée.
Comme un animal.
Vos parents, votre mari, vous êtes de chair et de feu.
- Ne me parle pas comme ça. - On vous a mutilée mais..
...il reste une petite flamme.
2 mois à pédaler sur les routes pourries de la zone libre.
- Pour des clous, pour se faire cracher à la gueule.
- Il fallait bien rallier des écrivains a notre réseau.
Sans contact extérieur, un petit groupe isolé comme le nôtre,
...ne peut pas tenir le coup. - Il est foutu, notre groupe.
Elle est morte dans l'oeuf ma 3e voix. J'ai des envies de meurtre.
Il m'a traité comme un mariole, Malraux.
Sartre, l'action, c'est pas pour vous, contentez-vous d'écrire.
- Le conseil condescendant de Malraux, faites-en votre arme.
L'émotion des pistolets chargés, c'est vous qui me l'avez dit.
-J'en ai rêvé de mon groupe de maquisards parisiens.
- A défaut d'être un résistant qui écrit, soyez un écrivain qui..
"Résiste. Battez-vous."
Seul, vous pouvez être encore plus fort.
On vous entend dans tout l'hôtel!
- L'hôtel appartient à la famille. Tu as fini de t'installer?
- Presque. - Cadeau!
Pour vous remercier de m'accueillir.
- Du mohair! Il est fou ton amoureux, Marina.
- A côté de nous, c'est Crésus. - Et voilà!
Tu m'aideras pour l'agrég?
- Donne ça à Marina, c'est plus de mon âge.
- Donne, donne.
Castor ne digère pas d'avoir 35 ans.
- Castor, Nergon monte ma pièce dans son théâtre.
- Bravo! - Et Lumi va jouer Electre.
- Mais comment tu as fait?
Oh, merci!
- Félicitations!
-Jeunesse, crime, haine, innocence, ce sont des mots forts, bordel!
C'est pas passe-moi le beurre!
Tu comprends? - La police peut débarquer.
On ne le jouera jamais peut-être.
- Inutile de l'assassiner!
- Que fait-elle? - Je vous laisse.
La directrice m'a convoquée. - Si elle n'a pas de visa..
...de censure chez ces enculés de Boches?
- Les murs ont des oreilles.
- On a notre visa de censure.
Il a débloqué la situation. - Je dois partir.
- Vous partez déjà?
- Mlle de Beauvoir affiche dans sa conduite et dans son enseignement.
...un mépris de toute discipline morale et familiale.
Son maintien serait inadmissible..
...à l'heure où la France aspire..
...à la restauration de ces valeurs.
C'est signé du ministre en personne.
- On ne condamne pas les gens sans qu'ils puissent s'expliquer.
- Je suis chargée de vous notifier votre renvoi.
Vous avez évité la prison d'un cheveu.
L'enquête policière a conclu à un non-lieu.
- Quelle enquête?
"- La mère de Marina Caladine a porté plainte"
"contre vous. - Pour quel motif?"
Détournement de mineur.
- Je suis un bon professeur.
Excellent même et vous le savez.
- C'est un avertissement.
Elle ne supporte pas de me voir amoureuse d'un juif.
Elle ne me ramènera pas au bercail!
- Essaye de l'amadouer. Il faut la calmer, elle est dangereuse.
Il risque trop gros. - Sa mère ne peut rien contre moi.
Il ne m'arrivera rien.
Mon père allonge la thune et ils se couchent tous.
- Arrête de faire le malin, il faut te cacher, disparaître.
Elle me fait peur.
- Mais je n'ai pas envie de mourir.
C'est aussi simple.
Castor, ne laisse pas gagner ces cons, bats-toi.
- Il a raison.
Fais appel, l'enquête n'a rien donné.
- Sartre? - C'est un homme, c'est différent.
Et c'est pas n'importe qui!
Il est célèbre, lui.
- Sartre, je fais appel? - Doucement.
Il y ajuste l'histoire avec Marina mais s'ils découvraient.
...les autres... - Vichy hait les lesbiennes.
- Je ne suis pas lesbienne.
"Une lesbienne ne supporte"
...pas les hommes.
- C'est une femme qui couche avec des femmes.
- Faites-la taire, Sartre.
- En faisant appel, on en prendra plein la gueule.
Vous ne gagnerez pas.
Ils me vireront aussi de l'éducation nationale.
On n'aura plus mon salaire pour faire bouillir la marmite.
-J'ai préparé de la chicorée, j'ai même réussi à avoir du lait.
- Je ne reste pas. - Mais pourquoi?
Qu'y a-t-il?
Merci.
- L'éducation nationale vient de me remercier.
Ma vie, mon enseignement manquent de décence.
Je ne vous donnerai plus d'argent. - Mon Dieu.
- Triomphez. Je suis celle par qui le scandale arrive.
Vous m'avez assez prévenue.
- Ne me confonds pas avec ces hypocrites vendus aux Boches.
Je ne reçois pas de leçon de décence de ces gens-là.
Reprends ton argent, tu vas en avoir besoin.
Mais reste un peu.
- Bravo.
C'était très bien.
- Tu étais bouleversante. - Je suis fier de toi.
- Ca t'a plu? - Bravo.
- On est dans la panade!
- C'était plein à craquer.
- "La nausée vient au coeur".
Ce que dit le critique. - Ce collabo me fait gerber.
- Entrez Camus, entrez.
- Bonsoir. - Bonsoir.
- Vous excellez en tout, philosophie, roman...
En pleine occupation.
- Merci. - Rien ne vous échappe.
- Votre pièce est un hymne à la liberté.
Bravo. - Ca ne renflouera pas les caisses.
- C'était magnifique.
On frappe. - Entrez.
-J'ai besoin de vous parler.
- Vous vous inquiétez pour les Mouches?
On ne trompe pas les Allemands ainsi.
- A quoi bon écrire sans prendre de risques?
- Votre pièce sent la charge contre Vichy à 10 km.
- Je ne suis pas venu pour parler de ça.
- De quoi alors? - Roulement de tambour.
Gallimard prend "L'Etre et le néant".
- L'époque est peu propice à une philosophie libertaire.
- Rien de tel que l'oppression pour apprécier mon appel à la liberté.
- Ils seront tous contre vous, les Boches et les vieux de la Sorbonne.
- Je vous ai dédié les 722 pages de..
...mon 1er pavé de philosophe.
- Avouez que je ne l'ai pas volé.
-J'avoue.
Vous ne voulez pas savoir la suite? Vous avez deviné?
- Non.
- Mais si! Gallimard vous publie.
Bienvenue au club des auteurs. - Vous et moi chez le même éditeur!
- Ils veulent changer le titre.
Ils proposent "L'invité". Alors? - Pourquoi pas?
Restez, Sartre.
Il faut fêter ça. - Pas ce soir.
Sinon Tania va me chanter Ramona.
-Julien est mort.
- Ta mère l'a donné? - Je ne sais pas.
Les Allemands ont descendu son père, sa soeur aussi.
- C'est de notre faute.
- Salope g
Tu vas payer pour les Boches!
Ils ont tué mon amoureux!
Ils l'ont descendu comme un chien.
Je vais la crever, cette collabo!
- Elle n'y est pour rien.
Elle a tout fait pour nous rendre service.
- C'est qu'une poubelle!
Une sale profiteuse!
Elle va s'en sortir.
- Pardon. - Je veux qu'elle crève.
Je veux qu'elle crève. - Sartre?
Les alliés ont débarqué en Normandie.
Un.
- On boucle à 2H du matin, heure de Paris.
Tu m'envoies ton papier.
- Manhattan, le jazz de Harlem, Hollywood, je n'y crois pas!
Ne me gâchez pas mon plaisir! - Vous m'aviez promis...
- On devait faire notre baptême de l'air ensemble.
- Vous savez ce que vous me laissez sur les bras?
-J'ai une totale confiance en vous.
- Comment vais-je trouver du papier, il est rationné?
Le dossier n'est pas complet. - Merlo Ponti.
Tu l'aideras? - Ca va de soi, bien sûr.
- Relancez ceux qui ont promis leur contribution au 1er numéro.
- On peut lui demander de revoir sa maquette?
- Même s'il dit oui, on n'a plus le temps.
- C'est trop artistique! - Va dire ça à Picasso!
L'important, c'est le contenu, pas l'emballage.
- De l'emballage, Picasso! - Quelque chose de plus sobre.
Une couverture blanche. - Cette maquette est formidable!
- Qu'en pensez-vous?
- Trop cubiste. - Le débat est clos, merci.
- On va manger, les filles? - Sartre avait supplié Picasso!
Il sera furieux.
Je le connais.
- Simone?
Sartre est obligé de prolonger. - Obligé par quoi?
- Le succès. Il est plus célèbre que Maurice Chevalier maintenant.
- Ne vous fatigue : pas.
Elle est américaine?
- Castor? Salut, Castor, content de te voir!
Debout si tôt, c'est un miracle. - Je n'ai pas dormi.
- Vous n'imagine : pas l'opulence de ce pays.
- Merci. Moi aussi, j'ai un cadeau pour vous.
Votre édito, vous me le donnez quand?
- Voyez ça comme elle parle, mon castor.
- Incroyable cette matière! Mieux que de la soie.
Comment ils appellent ça les Américains?
- Nylon. - Nylon.
C'est chou de m'avoir apporté ces bas de New York.
- Rends-moi ça tout de suite!
- Qui c'est Carmen? D'où elle sort?
Ton unique, ton merveilleux amour!
Tu ne t'en tireras pas comme ça, je te préviens!
Je ne suis pas comme la vieille peau. Pas cocue avec le sourire!
C'est pas vrai! Tu vas parler! - La barbe!
- Salaud!
- Entrez.
- Vous n'êtes pas prête?
- Le lien entre littérature et politique, c'est très fort.
Génial, Sartre. L'engagement, c'est ce qu'on retiendra du 1er numéro.
Je mets celle-là?
Je l'ai beaucoup mise ces derniers temps.
Vous êtes bien silencieux?
- Je suis malheureux, Castor.
- Votre Américaine?
Ce soir, je proscris la tristesse.
Un dîner en notre honneur. - Je m'en fous.
- Parlez-moi de Carmen.
- Métisse.
Un esprit curieux, une intelligence vive.
C'est extraordinaire comment elle partage mes goûts, mes émotions.
L'accord parfait.
- Répondez sans détour.
Qui vous est nécessaire, elle ou moi?
-J'ai pensé m'installer en Amérique mais je suis rentré.
Ne m'en demandez pas plus.
- Personne ne connaît Carmen, elle habite à l'autre bout du monde.
- Je me fiche de Carmen. - Alors, quel est le problème?
- Je voudrais comprendre. - Comprendre quoi?
Que les hommes sont ingrats, inconstants, injustes, égoïstes.
Et qu'ils sont les plus forts. - C'est moi que je veux comprendre.
Je me croyais au-dessus du lot et je me retrouve flouée,
...niée, grugée comme vous.
Comme toutes les femmes. - Ton père, je l'ai aimé.
Vraiment. Et contrairement à ce que tu crois,
...lui aussi il m'a aimée à sa manière.
- Vous croyez qu'il m'aime, Sartre?
- Il y a 15 ans quand tu l'as rencontré, je ne croyais pas..
...à cette union et pourtant elle dure encore.
Elle est solide pour survivre sans enfant, sans bague au doigt.
- C'est moi qui suis solide au nom de la liberté, de la vérité.
Pour ne pas faire comme les bourgeois, j'ai tout accepté.
- Tu as 38 ans, pourquoi céderais-tu ta place..
"Maintenant qu'elle est enviable?"
- Je suis existentialiste, vive la liberté!
- Tu vas te taire, oui!
- Il a appelé ça "Les Temps modernes".
Piqué à Charlie Chaplin, tu te rends compte de son culot!
- Une revue de philo appelée comme un film de Chariot!
- Qui est Carmen Colomba? - Je ne sais pas. Pourquoi?
- Sartre lui dédie sa présentation.
- Personne ne sait où elle est.
- Elle a bossé et au moment du triomphe, elle part, insensé!
- La dédicace à Carmen...
- Simone l'ignorait? - Elle aurait fait des salades.
- Sartre!
- A quoi vous jouez, Castor?
- Vous avez l'audace..
...de le prendre sur ce ton, la coupe est pleine.
Quand vous étiez en Amérique, j'étais au bagne.
Pour que Sartre ait sa revue!
-J'aurais dû vous parler de cette dédicace.
- Vous auriez dû me la dédicacer. - "Vous faites partie"
...du comité directeur!
Votre nom est présent, c'est pas comme pour mes livres.
-J'aurais dû vous laisser a vos langoustes! Il avait belle allure,
...le génie.
Je vous ai fait.
Vous me devez tout. - Vous prenez la grosse tête!
- Il pleurait pour avoir la gloire. - La gloire, je l'emmerde.
Faites-en autant.
- Fichez le camp d'ici!
- Vous ne me le direz pas 2 fois.
Si Dieu n'existe pas,
...il y a un être chez qui l'existence précède l'essence,
"c'est l'homme."
l'existentialisme dit à l'homme qu'il n'y a de l'espoir que dans..
...ses actions. Nous sommes la manifestation de nos actes.
Nous sommes seuls sans excuses.
Quand on dit que l'homme est responsable de lui-même,
...ce n'est pas de son individualité.
- On vous reproche de souligner que ce qui est sale, louche.
- Ecrire contre Dieu.
- Je ne suis pas contre Dieu puisque je suis sans Dieu.
- Alors Dieu a bon dos?
Notre destinée n'est pas écrite d'avance, elle nous appartient.
- Mais on est libres!
Tu es responsable de tes actes.
- C'est Simone de Beauvoir.
- Bravo!
- Vive les existentialistes!
- Je reviens.
Il l'invite?
- Les gens feraient tout pour te plaire.
3 mois a travers toutes les universités américaines.
Castor ignore tout. - Elle part quand?
- On y travaille. - Allez, viens.
On va danser, Castor.
Allez, venez, Castor.
-J'ai l'impression d'être dans un film américain.
- Je suis fière d'être chargée de veiller sur vous.
Et rencontrer la reine des existentialistes.
Vous êtes si sophistiquée. - Moi?
- Ce refus des enfants, du mariage, c'est si romantique.
Qu'écrivez-vous actuellement? - Un livre sur les femmes.
- Intéressant.
On passe à l'hôtel pour que vous vous rafraîchissiez un peu.
Et je vous montre New York.
- Pas ce soir, je suis épuisée.
Mais demain, avec plaisir.
Vous connaissez Carmen Colomba?
Elle s'occupe des émissions féminines de la voix de l'Amérique.
- Non, mais je vous la trouverai.
- Vous êtes Carmen Colomba?
Sartre vous a bien décrite.
- Et vous, Simone de Beauvoir? -J'aurais dû vous appeler.
Ces bagages, vous partez à Paris?
- Je pensais que Jean-Paul vous avait mise au courant.
- Il ne s'est pas donné cette peine.
Un.
- Vous êtes Simone?
- Oui.
- Désolé, je suis en retard.
- L'ami de Cathy? - Oui, Nelson Algren.
-J'ai aimé votre dernier roman. - Merci.
- Asseyez-vous. - Je ne peux pas rester.
- Comment ça? - Une copine m'attend dehors.
- Qu'elle vienne aussi. - C'est une négresse.
Ici, c'est un bar blanc interdit aux Noirs et aux chiens.
- On s'en va.
- Le poker exige de la concentration, chérie!
- Ta française s'ennuie à mourir.
- Laisse, c'est une intello!
- Je rentre à l'hôtel.
- Je finis la partie et je vous appelle un taxi dans la rue.
Il ne vaut mieux pas traîner seule ici.
- Nelson, j'ai encore soif!
- Je peux aussi?
- Toutes les parisiennes sont comme ça? - Comme quoi?
- Une femme comme il faut qui boit dans le verre d'une noire! Incroyable!
- Je ne suis pas comme il faut. Au revoir.
Un.
- C'est ton premier orgasme?
Et c'est grâce à un plouc du Michigan!
-J'ai acheté des bagels et du fromage.
Ils disent que c'est ton mec...
Il sait que tu baises avec d'autres?
- Je ne me mêle pas de ta vie, tu ne te mêles pas de la mienne, OK?
- Si on aime vraiment une femme,
...on ne supporte pas qu'elle soit infidèle.
Tu veux savoir ce qu'il y a de neuf chez les penseurs américains?
Lis les sociologues. - C'est un genre mineur.
- Ici, c'est en train de changer notre regard sur le monde.
Tiens.
Ça a fait sensation.
- Le rapport Kenzie. - Ca parle de sexe.
Kenzie mesure tout. La fréquence des rapports sexuels,
"l'intensité du plaisir, la raison de caresser."
La plupart des mecs ne savent pas ce qu'est un clitoris.
- Même toi, tu n'es pas à l'aise avec le plaisir féminin.
- Ca prouve que je suis un mec, un vrai.
Un livre américain.
C'est un livre qui décode tous nos stéréotypes sur les Noirs.
Il démontre comment les Blancs s'en servent pour justifier...
...et maintenir l'inégalité raciale.
La condition des Noirs. - Ou celles des femmes, pareil.
- Visionnaire.
- On invoque la nature pour justifier leur infériorité.
Un.
- Vous voilà!
-J'ai des dizaines de carnets de notes, je veux en faire un livre.
Un carnet de bord en Amérique. - Dépêchez-vous.
Tout le monde ici veut lire de Beauvoir, la plus jolie..
...des existentialistes.
- Je ne reste pas longtemps, mon avion décolle aux aurores.
- On ne parle que de vous.
- Merci.
- Vous avez fait forte impression sur mon ami,
...vous savez.
- Madame? - Merci.
Excusez-moi.
- Un problème?
- La routine.
Bon, à la prochaine.
Un.
- Je t'ai bien baisée?
Il faut que je parte?
- Pourquoi es-tu aussi grossier?
- Tu m'utilises comme un godemiché!
- Je n'ai pas beaucoup insisté pour que tu me rejoignes.
On voulait la même chose. - Je suis un homme, rien à voir.
- Tu me fais mal!
- Tu ne comprends donc rien!
- Tu m'en veux de prendre du plaisir.
- Tu n'es pas à moi.
- Il te faut un contrat de mariage avant de passer au lit?
C'est inespéré une alchimie entre nous comme ça à notre âge.
Pourquoi tout compliquer?
- Ne repars pas à Paris.
Reste avec moi, Simone.
- Je ne peux pas.
- Je t'aime, reste.
- Je t'aime aussi mais je ne peux pas.
- Il ne t'aimera jamais autant que moi. Personne..
...ne peut t'aimer comme moi.
- Ne m'oublie pas, petite grenouille.
- Comment pourrais-je t'oublier?
Merci.
Un.
- C'est pas trop tôt!
- Sartre n'est pas venu? - Personne à l'aéroport.
- Dis-lui la vérité. - Laisse-la souffler.
- Pourquoi n'est-il pas venu?
- Carmen est toujours là.
- Il va l'épouser. - Il te remercie comme ça.
- Tu te préoccupes de moi?
- Elle nous déteste. - Elle veut le séparer de..
...la famille.
- S'il nous laisse tomber, on risque de crever la dalle.
Où tu vas? Sans toi, la partie est perdue.
- Castor? - Débrouillez-vous.
- Ne nous laisse pas.
- Il ne t'aimera jamais autant que moi, personne ne peut t'aimer..
...comme moi.
Je t'ai bien baisée?
Maintenant, il faut que je parte?
Ne prends pas cet avion, ne retourne pas a Paris.
Personne ne t'aimera.
...jamais comme je t'aime.
-J'ai fini par découvrir votre refuge.
Je viens à Canossa. - Fichez le camp!
- Je comprends que vous soyez furieuse.
- Je vous méprise.
- Ce n'était pas bien ce complot pour vous éloigner de Paris.
- Votre vie est une comédie.
- Le ridicule ne tue pas.
J'ai pensé à me marier, moi. - Je sais qu'elle vous a plaqué.
- Elle a compris que j'étais lié à vous pour l'éternité.
- Je ne jouerai plus les lots de consolation.
- Vous m'êtes nécessaire.
- Trop tard, j'aime un homme.
Il me donne ce que vous ne pouvez pas me donner, du plaisir.
- Ca ne vous rend pas moins chiante.
J'ai mieux à faire qu'une scène de ménage.
J'en ai déjà eu plus que ma ration. - Pas une scène, une rupture.
Vous avez entendu? - Ravi pour votre bon coup mais..
...n'en faisons pas un plat. Sur quoi travaillez-vous?
- Sur ces créatures que vous appréciez tant.
- Les femmes. C'est vrai?
Vous en êtes où?
- Oseriez-vous prétendre que la femme est libre?
Qu'elle est liberté comme pour l'homme?
- Je n'ai pas attenté à votre liberté.
- Mon père disait : une femme est ce que son mari la fait.
Les hommes nous fabriqueraient-ils de toutes pièces?
- Tordre le cou à la nature féminine?
Pas mal, existentialiste.
- On naît femme ou on le devient?
- Il y a quand même des différences physiologiques indéniables.
- Est-ce un alibi à la domination des hommes?
- Vous tenez peut-être un truc énorme.
- Je vais tout vérifier, puberté, règles, grossesse, avortement.
Dépucelage, ménopause, masochisme, frigidité, adultère.
- Bravo! Attaquez-les aux couilles.
La femme comme question philosophique, personne n'a fait.
Même pas moi.
- Surtout pas vous.
- Je veux te faire une douzaine d'enfants.
-J'ai 41 ans, Nelson. - Pas de temps à perdre.
Il est sorti quand?
- C'est touchant.
- Tu t'habilles?
- Repose-toi, tu dois être épuisé.
Je ne serai pas longue. - Tu vas retrouver ton avorton?
- Travailler avec lui.
- Je n'ai pas pris l'avion..
...pour entendre ces conneries!
Comment un crétin pareil..
...a une femme comme toi à ses pieds?
- On ne couche plus ensemble depuis des lustres.
- Ce n'est pas de la jalousie. Quand te libéreras-tu.
"...de lui? Dis-lui qu'on doit s'expliquer"
...lui et moi.
- Pardon madame mais il faut que je vous dise,
...je me sens des ailes depuis que je vous ai lue.
- La putain du "Deuxième Sexe"!
- Elle se pavane, quel culot!
- Elle ne nous aura rien épargné sur son vagin!
- C'est un génie, lisez-la avant de cracher votre venin!
- Elle est belle, la littérature moderne!
Vous n'avez pas honte de défendre une salope pareille!
- Tu pues la morue!
- Excusez-moi, monsieur.
- C'est la gloire pour ton castor.
A part "Deuxième Sexe", il ne se passe plus rien à Paris.
-20000 exemplaires en 1 semaine!
- Elle a attiré tous les cons contre elle.
La violence du Figaro! - Les communistes?
- La voilà avec son Américain.
- Ca ne va pas être de la tarte.
J'ai adoré "L'Homme aux bras d'or".
Ce que t'es grand, Nelson!
J'ai l'air d'un trou du cul à côté!
- On va parler seul à seul.
- On se boit un coup d'abord.
Faut que je te présente à la famille.
Tu en fais déjà partie.
Viens, assieds-toi.
- Bonjour. - Tania.
Tyssen et Lumi. - Hello.
- Que boit-il?
- Du vin.
Tu te fous de moi!
On va vivre à Chicago!
Je veux t'épouser de suite. - Nelson, sois raisonnable.
Un succès pareil, je ne peux pas lui tourner le dos.
- Tu me prends pour un con!
- Quelle différence ça fait de vivre à Paris ou à Chicago?
On est ensemble. Plein d'Américains viennent s'installer à Paris.
- Qui je suis pour toi? - l'homme que j'aime.
- Non, je suis le putain de Simone, voilà qui je suis.
Pour toi, pour Sartre.
Ta petite famille à la con!
Je t'aime.
Je t'aime.
- Il veut m'épouser. - Pour quoi faire?
- Il veut des enfants. - Il est comique.
- Et il m'aime.
- Sérieusement, vous ne vous voyez pas en train de torcher des mômes?
- Je ne veux pas le perdre.
- Vous n'allez pas tout bazarder en suivant le 1er venu?
- Je l'aime, je n'ai pas le choix.
- On a toujours le choix. Et moi?
Vous avez pensé à moi? Je deviens quoi sans vous?
- Vous n'avez pas besoin de moi. - De vous seule, j'ai besoin.
Tout brader pour une amourette!
- Vous ne m'avez jamais voulue comme il me veut.
- Vous venez à peine de publier que vous voulez déjà vous renier?
Je voulais changer le monde mais c'est vous qui l'avez fait.
Les femmes vous remercieront.
-J'ai envie de son désir même si c'est un piège.
J'ai envie une fois dans ma vie d'être l'épouse, l'unique.
A mon âge, le plat ne repassera plus.
- C'est ensemble que nous sommes uniques.
Sartre ne se conçoit pas sans Beauvoir.
Ni Beauvoir sans Sartre.
- Aidez-moi, je ne sais plus où j'en suis.
- Dans notre pacte, nous avons oublié un détail de poids.
Les autres ont des sentiments, ils nous les font payer cher.
"- S'il y a une femme qui mérite"
...la couverture de Paris Match, c'est vous.
- Merci. - On va publier des extraits,
...ça fera un dossier.
Une femme appelle les femmes à la liberté.
- Ca a de la gueule.
"- Simone de Beauvoir, lieutenant de J.-P. Sartre"
"est sans doute la 1re femme philosophe.."
...dans l'histoire des hommes.
Elle dégageait de l'aventure humaine,
...une philosophie de son sexe.
Ca vous va?
- C'est trop. - Une photo du couple.
Ambiance Paris existentialiste.
- Vous êtes les Pierre et Marie Curie de la littérature!
- Arrêtez la pommade.
- Monsieur?
Pouvez-vous vous écarter?
Vous êtes dans le champ.
Je pars.
Ne partez pas, j'en ai pour une seconde.
- Suivez les conseils de ce journaliste.
Souriez à..
...la postérité, mon amour!
Sous-titrage MFP.
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