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Zulu
...
Il frappe.
- Huissier de justice.
Ordre de saisie. Ouvrez.
Rien qu'une larme (Mike Brant)
Bonjour, mon petit. Ta maman est là?
- La crise empire. Il faut pas qu'elle avale sa langue.
- De quoi? - Je vous l'ai dit,
elle fait une crise d'épi...
- D'épilepsie? - Voilà.
- Ton papa, il est là?
- Mon père, il est mort.
Entrez, je vous laisse travailler.
- Je ne suis pas docteur, je suis huissier.
- Faut que j'aille voir si le docteur arrive.
...
Toux
- On va repasser, d'accord? - Ouais.
- Mon petit!
On va laisser ta maman se rétablir et on va repasser.
- D'accord.
Excusez-moi. Notre ligne téléphonique a été coupée
et j'ai pas de pièces
pour appeler le docteur.
- Oui, pas de problème.
Tiens.
Tu gardes tout, hein?
Au revoir, petit.
...
- Gilbert, ils sont partis? - Ouais, m'man.
...
- Gilbert!
Attends!
Gilbert!
...
Gilbert!
Attends!
- Il voulait quoi?
- Il voulait me rendre de l'argent qu'il me doit.
Et comme son père
a aidé notre famille, je veux pas.
- Je vois. - Ouais?
Je t'emmène au foot.
- Je fais du basket, maintenant.
- Depuis quand? - Un an.
- Ca passe vite.
Arrête avec ça!
- Ces immeubles existent vraiment?
- Mais oui. Je n'ai pas escroqué ton père.
- Est-ce que ces appartements existent?
- Pour qui tu me prends?
- On vit avec l'argent de mon père. Tu as pris combien?
- J'ai rien pris, il me l'a donné.
- Combien?
- Je sais pas... 90 000, max.
Il va faire un profit de dingue.
C'est une affaire en or massif.
Si tu veux, je fais profiter quelqu'un d'autre.
- OK. - A la bonne heure.
Tu me remercieras.
- Rembourse-le. - Hein?
- Rends-lui son argent.
- OK, pas de problème.
- Tu vas pas m'avoir.
6 déménagements en 3 ans.
- Cinq. - Six. J'ai fait les valises.
*- Une cellule considérée radicale et violente
a été démantelée.
Les autorités ont diffusé...
- T'as l'argent? - Faut que je le trouve.
Sinon, elle va me larguer.
Tous les jours, elle me demande de rentrer
en France.
- Et l'avocat, il dit quoi?
- D'oublier la France. Je suis grillé.
- J'ai pensé à un truc.
- Tu vas trouver ça con. - Vas-y.
- On pourrait monter une pépinière.
- Une quoi? - Une pépinière.
Toi, tu t'occuperais de la vente.
- Où est l'arnaque?
- Il n'y en a pas. On jardine...
- Je me demande si t'es mon frère.
Maxou, j'ai besoin de gent-ar, pas de jouer avec une pelle.
(En anglais) - If you take two...
- Te retourne pas.
- Oh putain!
- Quelle surprise! Qu'est-ce que vous foutez à Tel?
Vous êtes grillés en France?
- Et toi?
- On se débrouille.
Un billet par-ci, par-là.
- L'histoire est belle. Tu fais dans quoi?
- Bouclier anti-ondes.
- Tu bosses pour la NASA?
- Pour les nazes, plutôt.
- C'est quoi?
- C'est un truc qui te protège des ondes, du cancer, tout ça.
- Ca marche?
- Je sais pas. - Quoi?
- On sait pas si le portable donne le cancer.
- Des gens achètent ça?
- Presque tout Tel Aviv.
- Ah, quand même. - La peur fait vendre.
Tu peux ranger ça là-bas?
- Fais-le, toi.
- Vous voulez voir la vraie bombe?
Suivez-moi.
*- C'est la première fois que les ministres des Finances
rencontrent tous les ministres de l'Intérieur,
pour mettre en place un fond européen
permettant de lutter contre la menace terroriste.
- Les numéros passerelle, ça vous parle?
- Non.
- J'ai un contact en téléphonie virtuelle. C'est un petit génie.
Si t'appelles New York d'ici,
ça peut afficher l'indicatif de la France.
Personne peut te localiser.
- A quoi ça sert?
- A quoi ça sert? Il a pas changé, celui-là.
Tu peux foutre un bordel mondial, faire chier la Terre entière.
- Barbara nous attend.
Il baragouine.
- T'as compris?
...
Sonnerie de téléphone
- Oui?
*- Mlle Lerbier? - Oui.
*- Bonjour, votre président à l'appareil.
- Mon président? *- Oui.
Vous êtes seule dans votre bureau?
- Une cliente va bientôt partir.
*- Je vous rappelle.
- A tout de suite, M. Bert.
- On me refuse...
Je suis cliente ici...
- Je vais relire le dossier.
Sonnerie
Excusez-moi.
- Oui? *- Mlle Lerbier?
Vous êtes seule? - Presque.
*- Je vous rappelle.
- Au revoir. - Au revoir.
Sonnerie de téléphone
- Oui. *- Mlle Lerbier,
vous êtes seule? - Oui, oui.
Qu'est-ce qui se passe, M. Bert?
*- Pas de question.
Je vous appelle du ministère de l’Intérieur.
- Du ministère? Mais il y a un problème?
*- Un très grave problème.
- Mais qu'est-ce qui se passe?
- M. le ministre arrive. Je vous rappelle.
Tonalité
Sonnerie de téléphone
* Vous êtes toujours seule?
- Oui, comme vous me l'avez demandé.
*- J'aimerais que vous me donniez votre code.
- Mon immatriculation?
*- Oui, exactement.
- 39 460 03 84.
*- Je transmets. Un agent va vous appeler.
- Il va bientôt être l'heure de fermer l'agence.
*- Je sais, mais le temps presse. La situation est très grave.
- Mais je comprends pas pourquoi vous avez besoin de moi.
*- Un instant, s'il vous plaît.
Mlle Lerbier?
- Oui.
*- Je vous demande d'acheter
un téléphone avec une puce entrée libre,
pour qu'on vous parle sur une ligne sécurisée.
Vos frais vous seront remboursés.
Ce numéro ne servira que pour cette mission.
- Une mission?
*- Oui, une mission très importante
pour la sécurité.
Faites ce qu'on vous dira.
- Mais de quoi s'agit-il?
*- Essayez
d'être compréhensive. Je ne peux rien vous dire.
Vous devez rester discrète et n'en parler à personne.
- Ah...
Mais...
Pourquoi moi?
*- J'ai une totale confiance vous concernant.
Le DRH m'a parlé de vous.
Vos états de service dans le groupe sont irréprochables.
- Merci.
*- Merci à vous. J'ai déjà pris les dispositions
pour que vous ne couriez aucun risque.
- Des risques? *- L'officier des renseignements
va vous aider et vous guider.
- J'espère être à la hauteur.
- Mais juste un détail, Mlle Lerbier,
* Ne nous trahissez jamais.
- Vous avez ma parole.
Tonalité
*- Ce devait être un matin normal
dans cette gare. Mais voilà
comment on a vécu cette explosion,
puis une autre, beaucoup plus proche.
Le bilan, plus tard, sera de 191 morts
et 1 900 blessés.
Sonnerie de téléphone
- Allô?
- Mlle Lerbier? *- Oui.
- Vous savez qui je suis?
- Oui, vous travaillez pour le ministère.
*- N'en dites pas trop.
Vous répondrez au nom de code
LDM33, pour cette mission. C'est clair?
- LDM33, oui, je note.
*- Ne notez rien.
- Oui, bien sûr, pardon.
- Vous avez le téléphone? *- Oui, voici le numéro:
06 60 41 52.
- Je fais sécuriser la ligne, je vous rappelle bientôt.
...
Sonnerie de portable
- Allô? *- LDM33?
- Oui.
*- Vous êtes seule?
- Oui, j'ai fermé l'agence.
- Allez sur le fichier client de l'agence.
* Communiquez-moi le nom des clients
qui font les plus gros retraits.
- Vous cherchez quelqu'un?
- En effet.
*- Je peux avoir son nom?
- Je peux juste vous dire que la personne vous connaît,
* puisque c'est vous qui avez ouvert son compte.
Nous n'allons pas vous dire son nom.
Je ne sais pas comment il a trompé votre vigilance.
- Mais, je...
- La liste, je vous prie.
*- Un armateur a son compte chez nous depuis qu'il est fiché.
Il reçoit des virements de l'étranger,
de Syrie, de Jordanie...
*- Via le Pakistan?
*- Je ne sais pas.
*- Je vous rappelle ce soir.
...
Son portable vibre.
*- LDM33?
- Oui.
*- Je vous réveille?
- Non, mais j'étais inquiète,
j'attendais votre appel en début de soirée.
*- Je vais vous demander de fermer vos volets.
- Je dois fermer les volets de ma fenêtre?
*- Tout à fait.
- Mais pourquoi?
- Je pose les questions. Vous, vous exécutez, d'accord?
- Parfaitement, oui.
...
Voilà, c'est fait.
*- Qui est chez vous actuellement?
- Je suis toute seule.
Mon mari n'habite plus là.
*- Je sais, Mlle Lerbier.
- Ah bon?
*- Nous savons beaucoup de choses.
Même certaines choses que vous-même ignorez.
- Ah?
*- Je sais
que vous traversez une période difficile.
- Oui, effectivement.
*- Vous vous sentez dévalorisée, n'est-ce pas?
- C'est vrai.
Je sens que mon travail n'est pas évalué à sa juste mesure.
*- Vos efforts ne resteront pas impayés.
J'ai eu vent d'une décision de votre président.
Des informations émanant de nos services à la DGSE
nous confirment que votre client qui travaille avec la Syrie
nous intéresse.
- Il fait toujours des retraits en espèce,
jamais de dépôts.
Je me demande s'il ne blanchit pas de l'argent.
*- Vous êtes la bonne personne.
Je vous rappelle à mon retour de Londres.
- Londres?
Vous êtes bien loin.
*- Nous sommes partout, LDM,
partout où la France a besoin de nous.
...
Son portable sonne.
- Allô? *- Donnez-moi l'orthographe
du nom de votre client sur votre compte.
- Belkader, comme ça se prononce.
*- Avec un "h"
ou sans "h"? Réfléchissez, c'est important.
- Kader, sans "h", je crois.
- C'est noté.
*- Monsieur? - Oui?
- Est-ce qu'il s'agit d'une affaire de terrorisme?
J'ai besoin de savoir.
*- A demain, LDM33.
Je vous rappelle à la première heure.
Tonalité
Sonnerie de portable
- Allô? *- LDM33, bien dormi?
- Non.
*- C'est normal. Vous vous en sortez très bien.
Allez immédiatement à votre bureau.
- Je peux boire un café?
*- Je mets cette remarque sur le coup de votre fatigue.
Je vous rappelle dans 30 minutes.
- Non, attendez, raccrochez pas.
Je comprends pas pourquoi vous avez besoin de moi
pour ces informations.
Vous avez accès au fichier de l'agence.
- Vous participez à une mission d’État.
Moins vous en savez, mieux c'est.
Je peux juste vous dire que des vies sont en jeu.
...
Sonnerie de portable
Elle va pas nous lâcher maintenant?
Il compose un numéro.
- Respire.
- J'aimerais parler à Mlle Lerbier.
C'est la brigade financière, à l'appareil.
Dites-lui de me rappeler à ce numéro.
C'est extrêmement urgent. Vous avez de quoi noter?
- Merci.
- Allô? Je voudrais parler au commissaire Langlois.
*- Oui, c'est moi.
- Bonjour, Mlle Lerbier...
*- Nous savons qui vous êtes.
Vous avez reçu un appel d'un agent de la DGSE?
- Euh...
*- Vous confirmez?
- Effectivement, oui.
*- Vous n'êtes pas la seule. Prévenez-nous, s'il rappelle.
- Qui est-ce? Il y a un problème?
*- Quand il vous appellera, faites ce qu'il vous demande.
Sonnerie
- Il est en train de m'appeler.
Je vous rappelle?
*- Rappelez-nous juste après.
- Oui, oui.
Allô?
*- La personne va venir à votre guichet pour vider son compte.
Je vous rappelle pour vous dire quoi faire.
Tonalité
- Commissaire Langlois?
*- Je vous écoute.
- Je viens de lui parler.
Il doit me rappeler pour me donner des directives.
*- Très bien.
Nous contrôlons la situation. Jouez le jeu,
nous allons l'attraper. *- Très bien.
Sonnerie de portable
- Allô?
Allô?
*- Je suis très, très déçu, LDM33.
- Pourquoi ça?
- On ne peut pas vous faire confiance.
Je sais que vous avez parlé à la police.
- Comment vous savez?
*- Commissaire Langlois, n'est-ce pas?
La police ne doit pas être au courant.
C'est une mission sous secret défense.
J'ai été clair.
Ecoutez-moi bien, je ne me répéterai pas.
- J'écoute.
*- Votre client a été identifié comme étant
un membre actif d'Al-Qaïda.
Il est impliqué dans le financement
d'un attentat.
- Al-Qaïda?
*- Vous avez failli faire capoter la mission.
*- Je suis désolée.
- La personne va venir à l'agence vider son compte.
Nous allons essayer
de retourner la situation.
- D'accord.
*- Vous allez réunir
la somme qu'il y a sur son compte et la remettre
à l'un de nos agents que nous allons équiper de puces
à mouvements indétectables.
On vous les restituera
pour que vous les donniez à la personne. Nous le suivrons
et l'intercepterons.
- Mais c'est une grosse somme,
j'ai besoin d'une autorisation.
- Vous avez l'aval de votre PDG.
- Il m'a pas dit de vider les caisses. C'est illégal.
- Il y a des lois au-dessus des lois, c'est la raison d’État.
Nous avons l'accord du ministre de l’Intérieur.
- Ca n'est pas légal.
J'y peux rien, moi.
- Et faire sauter des bombes, c'est légal?
- Je sais, mais...
C'est contre le règlement.
*- Je le sais.
Mais il y va de notre sécurité.
Sans votre erreur, nous n'en serions pas là.
C'est vous qui avez ouvert le compte
de ce terroriste.
C'est pour demain.
- Demain? *- Oui, demain.
- Mais...
Mais on n'a pas cet argent dans nos caisses.
- Vous allez demander
un transfert d'urgence
par fourgon.
- Je vais essayer.
- Non, pas essayer.
- Pardon?
- Le faire.
- Oui, bien sûr.
*- Je compte sur vous. Il faut agir vite.
Prévoyez un sac pour les liquidités.
- Vous voulez pas que je me balade avec cette somme?
- Un de nos agents vous surveillera.
Pour être sûr
qu'il vous repère,
vous porterez du blanc.
- Un foulard.
- Avec un foulard
et des lunettes de soleil.
N'oubliez pas le foulard et les lunettes.
- On frappe avant d'entrer!
- Tout va bien?
Que se passe-t-il?
- Je crois que je n'y arriverai pas.
*- Vous allez y arriver.
Vous allez très bien vous en sortir.
Vous allez prouver à votre mari
la femme exceptionnelle que vous êtes.
Il va vous regrettez.
- Vous croyez?
- Je vous le dis.
- Tout ça m'inquiète. J'ai peur.
- La peur fait partie de notre métier.
Mais il faut savoir assumer ses décisions.
- Je sais pas. J'ai peur.
*- Arrêtez d'avoir peur!
On perd du temps. *- Criez pas.
Me criez pas dessus, je suis fatiguée.
Je sais plus quoi faire.
- Nous allons
interrompre notre collaboration.
Nous allons nous adresser à une autre personne.
J'avertis votre président. Il a dû surestimer vos compétences.
Au revoir.
*- Non, attendez. Ne raccrochez pas.
Je vais le faire, OK?
- Peut-on vraiment compter sur vous?
*- Oui.
- Vous n'allez pas flancher?
- Je veux prouver à mon président qu'il peut me faire confiance.
- Vous êtes réintégrée.
Soupir de soulagement
*- A demain, Céline.
C'est bien Céline?
*- Oui.
*- A demain, Céline. - A demain.
- Elle a failli me couper l'appétit. Elle est bien, cette fille.
- On y va? - On y va! On y va!
Allez, go.
Sonnerie de portable
*- Allez à la brasserie
22 boulevard Vincent Auriol.
Je répète: 22 boulevard Vincent Auriol.
...
Elle fout quoi, LDM?
- Pourquoi "LDM"?
- Pour "elle est dans la merde".
La voilà.
Nous vous voyons, LDM33. Entrez dans la brasserie
et descendez aux toilettes. Vous irez dans la cabine de droite.
Un agent va se présenter
à 10 h pile. Il tapera
sur la cloison qui sépare les deux cabines.
Son identification est TX.
Vous lui passerez le sac sous la cloison.
N'essayez pas de le voir,
pour votre sécurité.
Vous m'entendez?
Allô? Allô?
Tonalité
- Et si c'est elle qui nous balade et qu'il y a les flics?
- Pour le savoir, faut y aller. Vas-y.
- Quoi? Pourquoi moi?
- Car je suis l'aîné. - T'es sérieux?
- L'un de nous doit lui parler si elle rappelle.
- Et alors?
- Le même que depuis le début, moi, ducon.
Vas-y!
- Putain...
...
Il toque.
- TX?
Il toque.
J'avais plus de réseau.
...
- T'as des couilles, mon frère!
Sonnerie
*- Bravo. Notre agent est en possession du colis.
Merci pour votre collaboration.
Maintenant, nous pouvons aller en Écosse.
- En Écosse?
Pourquoi en Écosse?
- Pour pêcher le saumon. Nous adorons pêcher le saumon.
- Allô?
Allô?
The Chicken Switch (The James Hunter Six)
...
- Des problèmes d'argent?
- Non.
- Des dettes de jeu?
- Non.
- Des problèmes liés à la drogue?
A l'alcool?
Pourquoi vous ne venez que maintenant?
Un détail vous a marqué chez l'homme qui a pris le sac?
- J'ai vu que sa main. Il...
Il portait une gourmette.
- Un agent secret avec une gourmette...
- J'ai jamais vu d'agent secret.
- Bon...
Vous êtes dans une situation extrêmement délicate.
Le mieux, c'est de me dire la vérité,
sinon votre garde à vue va devenir une détention provisoire.
- Vous me prenez pour qui?
- Pour quelqu'un qui a sorti 460 000 euros
pour les remettre à un inconnu.
- 450 000...
- Votre attention.
Je dois faire un toast.
Je lève mon verre
à celle qui me soutient,
qui m'a soutenu dans les moments durs,
celle à qui je ne dirai jamais assez combien je l'aime.
Bon anniversaire.
Et je lève mon verre à celle grâce à qui je suis là,
sans qui je ne serais pas
qui je suis.
- Un escroc.
- Maxou,
doucement sur la vodka. A ma mère.
Et que la fête continue
pour toujours.
C'est beau, non?
- Mais c'est pas de ça dont j'ai envie.
- De quoi t'as envie?
- Arrête, s'il te plaît.
J'ai envie d'une vie normale.
- Je vais bosser chez Allouche.
Il n'y a pas plus honnête.
- Merci.
Merci.
Voilà.
T'aurais pu faire un effort.
- C'est de la vente par téléphone, le client ne nous voit pas.
- C'est important, le détail. - J'ai de la fièvre.
Bon, allez.
- Gilbert?
Gilbert?
Le téléphone est notre arme, n'en aie pas peur.
Il a un avantage en marketing.
C'est un instrument de dialogue.
- J'y avais pas pensé.
- Le marketing téléphonique,
ça s'improvise pas.
Si tu veux exploser les ventes, il y a des règles.
Règle numéro 1: rester simple et honnête.
Pas de pipo.
Tu ne vends que ce que tu as. pas plus, pas moins.
Mais si tu vends plus, c'est mieux que moins.
Si tu te défonces, tu peux ramasser du lourd.
Notre number one prend 15 000 par mois.
- Waouh!
- Shekels, faut pas déconner.
- Ah ouais, super...
Sonneries de téléphone
La Cuccina Italia, je vous écoute.
*- Alors tu travailles pour Allouche?
- Maman?
*- Tu travailles pour les autres?
- Maman, on est associés.
*- Maxime, je comprendrais, mais toi...
- Gilbert, évite les appels privés aux heures de pointe.
- Je te rappelle plus tard.
- Un braquo par téléphone, c'est énorme.
Tout Tel Aviv en parle.
Si tu remets ça, je veux en être.
Je fournis la logistique.
- Un coup comme ça,
ça se refait pas.
- Non, ça se refait pas.
- Mais non. - Pas comme ça.
Faut un virement.
- Les virements, c'est des millions qui tombent.
- Les remises en espèces, c'est trop risqué.
- On s'en bat les couilles du nes. C'est un génie, je te dis.
- C'est n'importe quoi.
- T'as raison.
Faudrait ouvrir des comptes à l'étranger,
blanchir l'oseille... Personne fait ça, ici.
- Personne blanchit d'argent?
- Non.
- Il y a toujours des vendeurs de crêpes en Bretagne?
- A part les Bezinski, là-bas.
- C'est les Bezinski, ça?
- En personne.
Tout le quartier est en effervescence.
Ils font la tournée des compteurs.
Mais on passe dans une autre catégorie.
T'as pas les épaules.
- Dis toujours. - On s'en fout.
- Laisse-le parler.
- Ils blanchissent beaucoup d'argent.
C'est un contrôle d’État à la soviet,
avec des méthodes à la Poutine.
Des gros fils de putes.
- Ben, sans nous.
- Toute la rue est à eux.
Le salon de thé, Bezinski,
le salon de massage et le garage, Bezinski,
ces deux immeubles, à eux.
Le business passe par eux ou passe pas.
- Gilbert, tu vas où?
- Ca va.
- Gilbert!
...
- Putain, il est trop fort!
- Alors, alors?
Tu leur as dis quoi?
- Blanchir l'argent, c'est plus un problème.
- Tu sais où tu mets les pieds?
- J'ai pas dit oui. Ils veulent 80 %.
- Quels 80 %? J'y comprends rien.
- On vire de l'argent à Hong Kong et ils le rapatrient ici.
- Mais on n'est pas des gangsters, nous.
- Eux, c'est des banquiers et nous, leurs clients.
Ca va être un carnage.
- Mais t'avais promis d'arrêter.
- T'étais où? - Je soufflais.
Ca va pas être possible.
- Maman,
tu peux me laisser? - J'ai pas mis de poivrons.
- Bon, Gilbert...
- Ouais... - Gilbert?
Réfléchis bien. C'est difficile,
mais tu peux prendre... - Du lourd. Combien?
30 000? Tiens.
Pour tout le monde,
je vends des cuisines chez Cuccina Italia, OK?
Je veux des feuilles de paie,
je veux être invité à la fête de fin d'année, normal.
OK? On est d'accord. Et tu viens de m'augmenter.
- Tu vas faire quoi?
- J'ai deux, trois idées.
Je vais pêcher avec mon fils, braquer des banques...
La vie, quoi.
*- Faites ce qu'il vous dit.
Passez-le-moi!
Ecoutez-moi bien, car je ne me répéterai pas.
Pas de questions, 2 millions.
C'est une mission d’État.
Mes hommes vont intervenir dans 7 minutes.
Ils ont des comptes offshore.
Je vous demande un virement de 6 472 682 euros.
Je sais, c'est beaucoup.
Le virement est fait?
Merci de votre aide.
...
C'est tout?
C'est du racket, ces Bezinski.
- Tu veux faire quoi? Les braquer?
- On se remet au boulot? - Allez.
...
Demain, je serai à Londres.
Notez, Mlle Durand.
*- Londres? - Oui.
Et là, je pars pour...
- L'Australie. - En fusée.
- Pour l'Allemagne.
*- C'est une très grosse mission.
- Très, très grosse.
Vous pensez tenir le coup? *- Oui.
- Jusqu'au bout? *- Oui.
- Il va falloir y aller à fond. *- Je suis prête.
- Très bien. Maintenant...
- Caressez-vous. - Caressez-vous...
l'espoir de voir le monde enfin débarrassé
de cette vermine terroriste?
Ca vous dépasse.
J'ai le ministre en ligne.
Passe-moi-le, passe-moi-le.
- Nous soupçonnons des complexités... Des complicités en interne.
Allô? Elle a raccroché. - Un sans-faute.
- Connasse! Ca se fait pas de... C'est malpoli de raccrocher comme ça.
- Je vous le passe.
- Ah oui!
Barbara. Il peut pas.
- Oui. Vous êtes toujours là?
- Oui. Oui.
*- Mon président?
- Oui. Pourquoi cette question?
*- Il est mort le mois dernier.
- Ne vous fiez pas aux apparences.
- Personne n'est à l'abri. Ca peut arriver à n'importe qui.
La ficelle est grosse, mais le poisson ne voit pas
l'hameçon.
Cet homme est dangereux. Il peut vous laver le cerveau.
Il a le don des mots qui infiltrent l'autre,
qui modifient ses repères et le rendent vulnérable.
Alors je vous demande de la prudence, de la vigilance.
Communiquez en interne dans les entreprises.
Si quelqu'un l'a au téléphone,
qu'il raccroche immédiatement
et prévienne nos services.
- Chaque seconde compte, vous comprenez?
Le virement devait arriver ce matin.
Des vies sont en jeu...
Je vous rappelle quand j'arrive au ministère.
T'es là, toi!
- Tu fais quoi?
- Tu peux la boucler? - Vas-y.
- Les cuisines, c'est une couverture. - Quoi?
- Je travaille pour le gouvernement.
- Sérieux? - C'est secret.
- Allez, papa, raconte.
- Les renseignements, ça te parle? - Oui.
- Ben voilà.
- Non!
- Tu crois que ton père vend des cuisines?
Pourquoi on déménage tous les 6 mois?
- Putain...
- Hé, dis donc!
Tiens.
Allez, file.
Hé! Rien à ta mère.
- Ben oui.
- Très bien...
Votre dossier est presque complet.
- Pourquoi "presque"?
- Il manque les relevés de compte de votre mari
et le titre de propriété de votre bien immobilier.
- Pour un crédit de 3 000 euros?
- Je sais bien, mais c'est la procédure.
- Si c'est la procédure...
Je me demandais, comme ça,
les services secrets ne vous ont pas appelé?
- Pardon?
- Non, rien.
Au revoir.
On progresse, lentement, c'est la patinoire.
- Les écoutes?
- Ils n'utilisent que des numéros passerelle.
Ca nous renvoie à l'étranger.
- On va devoir arrêter les frais.
- A toi de voir, hein.
Sans l'image, si on nous coupe le son...
A moins d'embaucher un médium, je vois pas trop.
- C'est fou, il leur retourne la tête.
- Allouche t'a offert un piano?
- Pourquoi cette question?
Tu crois que je l'ai volé?
Tu me fais pas confiance? - Si.
- Si tu me crois pas, c'est pas la peine.
- Mais si.
- Je veux qu'on puisse compter l'un sur l'autre.
Si tu me soupçonnes, c'est pas vivable.
- Pardon, mon amour. Je te fais confiance, vraiment.
OK, je t'ai menti.
C'est pas Allouche,
c'est moi qui l'ai payé, avec mes premières commissions.
- Non, mais t'es dingue! C'est une folie!
- Je sais.
Vas-y, essaie-le.
- J'aimerais bien,
mais faut que j'apprenne à jouer. - Quoi?
- J'ai jamais fait de piano.
- Mais... Le piano chez tes parents?
Le conservatoire?
- De violon, mon amour.
- Ah bon? - Ben oui.
C'est con, ça prend quand même vachement de place, non?
- Ah...
T'as essayé de m'enfler ou quoi?
*- De quoi tu parles?
- Tu m'as refilé un piano de merde.
- Il marche pas? *- Si,
mais...
C'est un quart de queue. *- Quoi?
- Ma femme dit que c'est un quart de queue.
- C'est un piano.
On s'en fout.
- Pas ma femme.
Tu vas me rembourser et te le bouffer, ton piano.
Air de piano
...
...
- Bon, allez...
La 15 est muette depuis le début. On coupe la 15, terminé.
- Pour l'instant.
- Ca fait 3 mois.
- C'est la ligne de Lerbier.
- Oui, mais bon...
- Si elle reparlait, ça serait intéressant.
Le 15, c'est mon chiffre.
Je suis né un 15 et ma femme m'a largué un 15.
- Ben dans ce cas-là...
La 12, c'est bon?
- Ouais.
- Tiens, regarde.
Lui, il a vidé 78 millions juste avec son ordinateur.
C'est la relève, ces mecs. Nous, on est des dinosaures.
- Mais nous, on se la dore au soleil. Ton Chinois est à Fleury-Mérogis.
Le patron, c'est moi.
- Et voilà la patronne.
Comme t'es belle!
Hein, elle est mignonne?
T'as fait bon voyage? - Bof.
- Pourquoi? - Mon dos.
- Elle a mal au dos, putain!
Et voilà!
Vue sur la mer. Ca te plaît?
- Faudra mettre des rideaux, parce que la lumière...
- Ouais, pas de problème. On peut changer d'appartement, aussi.
Mes affaires marchent très bien.
- Tant mieux, tant mieux.
- Bon, allez, on va te laisser t'installer.
Si t'as besoin de quoi que ce soit...
- J'ai rien, c'est facile.
- Quoi?
- Je disais pas ça
pour ça. - Pas de problème.
- Je vais pouvoir gâter Noé.
- Content que tu sois là.
- Embrasse ta femme pour moi.
- Ma femme, elle s'appelle Barbara.
- Voilà.
- Bon, repose-toi, on repassera.
- Tu vas où, toi?
- Ben, je vais chez moi.
- Quelqu'un t'attend?
- Euh... Non.
- Alors, reste.
Je suis pas venue jusqu'ici pour être seule.
- Votre président au téléphone.
Vous allez me virer 980 000 euros sur un compte à Hong Kong.
J'en ai besoin pour une acquisition en Asie.
Non, ne prévenez pas le président de la filiale suisse.
J'ai pas de temps à perdre. Je repars ce soir.
Comment?
Mais et alors?
Mais...
La personne a raccroché.
Commandant Paul, à l'appareil.
Nous savons que cette société bis, basée au Mexique,
doit recevoir cette somme dans les 24 heures.
- Je vous arrête.
Je ne peux faire aucun virement.
Notre parc informatique
est en cours de révision.
Mais je peux voir ce que j'ai dans les caisses.
- Je te dérange pas?
- Faut que j'aille en France récupérer des fonds.
- Pourquoi pas par virement?
- Ils ont un bug informatique, un truc comme ça.
- Ah ouais? Sympa.
- Quoi?
- C'est pas du tout louche.
- Ca fait des mois
que j'ai pas dérouillé une banque.
- Pourquoi tu veux prendre un risque à la con?
- Qu'est-ce que tu veux qu'il m'arrive?
Si je sens l'embrouille, je me casse.
Si on planquait un cadavre, ici, personne ne le remarquerait.
Ouais, c'est moi.
Je pars pour 24 heures.
- Tu vas où?
*- Un gros client espagnol. Allouche veut que j'y aille.
- OK.
*- Je suis peu présent, en ce moment,
mais Allouche compte sur moi.
- Alors ne le déçois pas.
Sonnerie de portable
- Allô?
*- Oui, c'est Barbara.
- Comment vas-tu?
*- Est-ce que Gilbert
est encore au bureau ou déjà à l'aéroport?
- Il est parti.
- Il va où, au juste?
*- En Espagne.
- Ah oui, c'est ça.
Je cherchais juste à le joindre. Je vais réessayer son portable.
- OK, ça marche. A plus.
*- Nous vous voyons
et nous contrôlons la situation, n'ayez pas peur.
Une fois aux toilettes, attendez le code.
Notre agent arrive.
On toque.
- Police, les mains en l'air!
...
- Il fallait bien que ça s'arrête un jour.
On s'est bien éclatés. Sans regrets.
Tant mieux, je dirais.
- "Tant mieux"...
- Mais oui, les Bezinski, les flics...
Ca tourne pas rond.
Faut passer à autre chose.
- A quoi? Je sais faire quoi d'autre?
...
- Arrête, tu me fais mal.
- T'es pas cap. - Tu vas tomber d'abord.
- Merde! Allez jouer ailleurs. Noé!
Noé, allez jouer ailleurs!
- Ca va, on est en vacances.
- On peut pas être tranquille.
- Au revoir.
- M. Perez?
- Vous lui voulez quoi?
- Le portail était ouvert.
Je suis votre voisin,
le papa du petit qui joue ici avec votre fils.
- Ah!
Eh bien,
je vous en prie, entrez.
- Merci, merci.
Avant ici, vous viviez
en Chine?
- Oui, c'est ça.
- Vous travaillez dans quoi?
- La finance, pour une banque privée.
- Pourquoi "privée"?
- On gère les intérêts de gros clients.
Vous connaissez Leclerc division?
Ben voilà, en fait, c'est nous.
- On parle de milliards.
- De dizaines de milliards, même.
- Je peux pas encore ouvrir un compte chez vous, alors.
- Vous êtes en vacances?
- Ouais, depuis deux semaines.
Je prends du recul.
- Le pays vous manque pas?
- Si, bien sûr, mais on n'est pas à plaindre, ici.
- Ah ça, on peut pas dire.
Mais il n'y a pas grand-chose à faire.
- On est d'accord.
- Les plages bondées de touristes mal élevés...
- Les Français, c'est les pires.
Ils se croient tout permis.
- On peut se tutoyer?
- Bien sûr.
- Alors, avec les Bezinski?
- Pardon?
- Tu leur manques, tu sais.
Il est temps que tu te remettes au travail.
Tu ne travaillerais pas pour quelqu'un d'autre?
- Je travaille pour personne.
On est grillés en France. Je calme le jeu.
- Tu vas trouver la parade, Gilbert.
- Tout ce que je veux, c'est arrêter et vivre tranquille.
- Oui, c'est normal.
Mais c'est pas possible, tu rapportes trop d'argent.
C'est du gâchis.
M. Bezinski a beaucoup investi sur toi.
Faut que tu t'y remettes.
- Je vais y réfléchir.
- Elle est jolie, ta famille.
Réfléchis vite.
- Les Bezinski peuvent me dire les choses en face.
Je suis pas leur employé.
- Je leur dirai.
Au revoir, Gilbert.
- Qu'est-ce qui se passe? Ca va?
Qu'est-ce qu'il te voulait? - Rien.
- Ne me dis pas "rien". - Rien, je te dis.
...
Sonnerie de portable
Ouais, allô?
- Ca va? C'est moi.
*- Les vacances? - On rentre bientôt.
*- Pourquoi? - Je t'expliquerai.
*- C'est les Bezinski? *- Je t'expliquerai.
...
Ca va?
Ouf! On n'est pas passés loin.
Ca, c'est du pilotage.
Gilbert rit.
- T'as mauvaise mine pour quelqu'un qui rentre d'Eilat.
T'as des ennuis?
Tu retombes toujours sur tes pattes.
- T'étais reine de beauté?
- Oui, j'avais tous les hommes à mes pieds.
- Tu mets combien de sucres dans ton café?
- Ton père ne fait rien comme les autres.
- Il serait mort, sinon. - Pourquoi tu dis ça?
Quand les autres tombent du 5e étage, ils ne sont plus de ce monde.
Ton père, c'est un miraculé.
- Arrête avec ça.
C'était de la chance.
- Pourquoi tous les journaux ont parlé d'un miracle?
Les gens priaient sous notre fenêtre.
Les journalistes venaient m'interviewer à la maison.
Au passage, si t'avais vu leurs têtes...
Ils ne pensaient pas
trouver une reine de beauté derrière la porte.
C'est moi...
Quelqu'un frappe à la porte.
...
Communications radio
...
Un policier parle hébreux.
- Maxime, ils n'ont rien,
rien du tout.
Le policier parle hébreux.
Gilbert parle hébreux.
...
- Ca va, votre jambe?
Je vais vous poser quelques questions.
- On commence par quoi?
- Par votre première banque.
- Elle était parfaite.
- Qui ça?
- Ma complice.
Pour réussir, faut être deux.
- Et qui est votre complice?
- Celui qui décroche le téléphone.
Il faut jouer le bon air.
Et comme un serpent devant une flûte...
Il n'y a pas besoin d'être un génie,
croyez-moi.
- Vous admettez avoir une responsabilité
dans cette affaire?
- Mon dossier est vide.
Vous n'avez rien contre moi.
- Si vous êtes si serein,
pourquoi vous avez sauté du 3e étage?
Vous n'avez pas peur de nous. Des Bezinski, peut-être.
- Connais pas.
- Ah...
- Mais...
Votre frère a commis
une petite maladresse.
*- C'est moi.
Alors, les vacances? *- On rentre bientôt.
*- Y a un souci? *- Je t'expliquerai.
*- C'est les Bezinski? *- Je t'expliquerai.
- Jetez un coup d’œil là-dessus. On a trouvé ça
dans la voiture des Bezinski.
Pour votre sécurité,
vous feriez mieux de rentrer en France.
- Vous avez peut-être pris ces photos.
- C'est vrai.
Vous avez tort
de me voir comme votre ennemie. Je suis le contraire.
Je suis votre seule
porte de sortie. Cette extradition, c'est une solution de survie.
C'est mon numéro.
...
- Barbara?
Gilbert pleure.
...
...
Attends.
Putain!
J'y arrive pas.
Hé, tu t'inquiètes pas.
Tout ça, c'est bientôt fini.
- Ca fait mal. - Ouais.
- Ils sont où?
- Elle est partie avec Noé.
- Je crois savoir où ils sont.
- Ouvre, je sais que t'es là.
Barbara!
Je défonce la porte. Barbara, ouvre!
Barbara, ouvre ou je défonce la porte.
Ouvre! Barbara, ouvre!
Noé,
tu dis pas bonjour?
- Noé, attends-moi dans la voiture.
- Ca veut dire quoi? Vous partez où?
C'est mon fils.
T'as pas le droit de faire ça.
Barbara...
OK. S'il te plaît, donne-moi une chance.
Laisse-moi lui parler.
- Pour lui dire quoi?
...
- Tu vas t'acheter un porte-avions?
- C'est pour les Bezinski. Après ça, ils nous foutront la paix.
- Putain, Gilbert, Leclerc division, c'est l'armement,
la défense nationale.
- Les Bezinski
nous lâcheront jamais.
Je vais nettoyer toute la division.
C'est de l'argent
qu'existe pas, personne va m'emmerder.
- Ca te fait kiffer, tout ça.
C'est reparti pour un tour.
- De quoi tu parles?
- Et ensuite, tu comptes t'attaquer à qui?
Le Pentagone?
*- Votre ligne est sécurisée. On vous a expliqué la situation?
- Complètement, commandant.
*- Le groupe est dans le viseur,
on cherche à discréditer ses liens avec le pouvoir.
- Oui. Oui. Et?
*- Bon, je vais être bref.
Nos sources nous ont confirmé
que les rétrocommissions n'ont pas été versées au parti,
mais à quelqu'un de chez vous.
- C'est-à-dire?
*- Le détournement vient de l'intérieur.
- Vous pensez pas que c'est moi?
Je n'ai rien à voir avec cette histoire.
- Nous le savons. Votre travail est bon.
Le président a confiance en vous.
*- Je vous remercie.
- Pour me situer, j'ai besoin de tout savoir.
A combien s'élève exactement
le solde du compte,
s'il vous plaît?
- Vous parlez du compte...?
*- Celui-là même, oui.
- 400 millions d'euros.
*- Nous sommes sur une ligne sécurisée.
- 850.
- Je comprends,
M. Lefèvre. - Hum.
*- Mettez-vous immédiatement en arrêt maladie pour 3 jours.
- Mais je peux pas, j'ai du travail.
*- Je vous donne 5 minutes, je dis bien 5 minutes,
pour tomber malade.
Est-ce clair?
- D'accord. Je vous demande pardon.
- Oh putain!
Oh putain!
Maxime?
Sonnerie de portable
Sonnerie de portable
- Oui, allô? *- Vous pouvez parler?
- Oui, absolument, oui.
Je suis vraiment choqué qu'on ait pu faire cela à mon insu.
Je comprends pas comment c'est arrivé.
*- Nous non plus.
M. Lefèvre, ne cherchez pas à en savoir trop.
Concentrez-vous sur la mission.
Mais je peux vous dire qu'on soupçonne votre directeur.
- M. Ezin?
*- Affirmatif.
- Il faut que je vous dise...
Habituellement, pour procéder à des virements importants,
le président doit signer.
Et je sais que M. Ezin signe souvent à sa place.
*- Nous avons la preuve qu'il a usurpé sa signature
pour faire des virements.
Nous allons essayer de le prendre en flagrant délit.
Vous prenez une douche?
- Non, c'est pour que ma femme n'entende pas.
*- Bien joué.
Nous avons eu raison de vous solliciter.
- Merci.
Au revoir.
*- Bonjour,
vous êtes sur le répondeur de Barbara et Gilbert,
laissez-nous un message.
*- Lefèvre, retournez au bureau.
*- Mais je viens de rentrer et je suis censé être malade.
Ma femme va...
*- Vous vous sentez mieux, d'accord?
Vous allez effectuer un virement de 2 480 000 euros
aux bénéfices de cette société à Hong Kong
dont je vous ai parlé.
On doit les recevoir dans 24 heures.
Je vous rappelle.
Sonnerie de portable
- Allô?
*- Vous avez fait le virement?
- Euh, c'est-à-dire que... non.
Il me faut une confirmation officielle, pour un tel montant.
*- Une confirmation de qui?
De votre directeur?
Des soupçons pèsent sur lui.
- Non, quelqu'un de votre côté, je sais pas...
La police ou un ministre.
- Le ministre?
Vous vous rendez compte de ce que vous dites?
- Je sais pas! Je peux pas faire ça.
N'insistez pas.
...
- Me voilà.
- Les Bezinski ont été convaincants?
- Non, c'est pas à cause d'eux que je suis rentré.
Ma femme et mon fils sont ici.
- C'est courageux.
- Non.
- Et euh... Et donc...
Vous êtes là.
- Je pourrais les appeler?
J'aimerais parler à mon fils.
...
- Permettez?
*- Allô? - Vous êtes qui?
*- Barbara Perez. Et vous,
qui êtes-vous?
Allô?
- C'est moi.
Je suis rentré.
Je me suis rendu.
Tu peux me passer Noé? Je voudrais lui parler.
*- Il est pas là.
- Fais-le me rappeler ici tout de suite.
Tu veux bien?
Tu passes par le standard
et tu demandes le commissaire Moretti.
On fera suivre l'appel.
Merci.
Le téléphone sonne.
Oui?
Juste une seconde.
- 5 minutes.
- Merci.
Quelle ponctualité, Lefèvre!
Ca va, ça vous rassure?
La brigade de répression des fraudes,
c'est assez officiel?
- Oui, je vous prie de m'excuser, commandant.
J'ai eu tort de me méfier.
Ne quittez pas, un instant, j'effectue le virement.
Le virement est parti.
*- Effectivement,
mais nous allons vous le renvoyer. Vous savez pourquoi?
- Non.
Pourquoi? Pour moi, tout est bon.
- Non.
- Nous avons fait 2 480 000.
Il fallait faire 2 350 000.
C'est le montant qu'ils attendent.
Je vous renvoie les 2 480 000
et vous allez faire un virement de 2 350 000.
- Je le fais tout de suite.
- C'est pas possible!
*- Allô? Papa?
T'es là?
- Tu appelles Max, tu lui dis que tout va bien.
*- OK.
Tu me manques.
- Oui, moi aussi.
Moi aussi, tu me manques.
Merci, commissaire.
- On y va?
- "Gilbert Perez, né le 17 juillet 1965 à Paris,
"vous êtes mis en examen pour faits d'escroquerie aggravés
"commis au préjudice de Parisis,
"pour un montant de 2 100 000 euros,
"pour les mêmes faits, au préjudice de la Clemenz,
"pour un montant de 2 455 000 euros.
"La mise en examen s'applique à votre personne,
"car il existe des indices
"concordants..."
- Arrêtez, ça part mal.
- Pardon?
- Moi, si ça commence comme ça, je m'en vais.
Avec le plus grand respect,
vous ne parlez
que d'escroquerie.
J'ai pas fait tout ce voyage,
pour me faire insulter.
En plus, j'ai le ventre vide.
- Pardon de vous avoir froissé.
Quel terme vous semble plus approprié?
- J'ai rien volé. - Ravie de l'apprendre.
Vous comptiez rendre l'argent?
- Je demande de l'argent, on me l'envoie.
J'ai rien volé, on me l'a donné.
Mes numéros du loto, moi, c'est mes numéros de téléphone.
Vous feriez pas pareil?
- Je...
- Évidemment!
- Perez!
"Lors de l'interrogatoire,
"Le juge vous rappellera tous les faits
"pour lesquels vous êtes mis en examen.
"Vous disposerez
"de votre droit..." - Arrêtez!
On perd du temps.
- Vous m'interrompez encore...
- Je vous interromps plus. Mais soyez raisonnable.
J'ai pas coulé Lehman Brothers.
J'ai pas pu ouvrir ces boîtes
juste avec mon téléphone.
- Vous avez fini?
- Ou alors, les escrocs, c'est ceux
qui sécurisent les banques.
Je vous demande une chose. Je veux pas aller à Fleury.
- Pourtant,
c'est là que vous allez.
- Je vais être tout seul avec des voyous et des violeurs.
J'ai pas mérité ça, madame la juge.
Je suis pas un criminel! Je suis pas un criminel!
- Je peux?
...
- Merci, frère.
Certains comptes ne demandent qu'à être piratés.
Et il y a des comptes qui ne demandent qu'à être crédités.
- Et?
- Tu es un génie de l'informatique, non?
- Tu te trompes de Chinois.
Le Chinois que tu cherches, il a été transféré le mois dernier.
- La prison, c'est une couverture.
On m'a envoyé ici pour surveiller des prisonniers.
Je suis en contact avec les services secrets.
Mais tu dis rien.
On nous écoute.
Tourne-toi discrètement.
Le barbu,
il fait partie d'une cellule terroriste super organisée.
...
Comment va ta mère?
- Elle m'attend en bas.
- Elle me pardonnera, quand elle saura la vérité.
C'est ma dernière mission. Après, j'arrête.
Je rentre à la maison.
Je te jure. Crois-moi.
Sonnerie
...
Pour moi, Gilbert Perez, l'arme la plus dangereuse du monde,
c'est le cerveau.
Quand on est intelligent, on peut faire mal.
Quand on est bête, on peut souffrir.
Quand on est normal, on cherche pas.
Mais quand on est malin
et qu'on a compris un individu lambda,
même intelligent,
je parle du système neurologique,
alors on a tout compris.
Tu peux retourner un cerveau jusque dans la troisième dimension,
voire la quatrième, si c'est pas la cinquième.
Crois-moi.
L'arme la plus dangereuse du monde,
c'est le cerveau, un point c'est tout.
- Bien sûr,
on s'en fout du reste.
- Je parle bien au directeur de la prison de Fleury-Merogis?
Pierre Granier, à l'appareil.
Je travaille pour l'observatoire des prisons.
La température dans vos locaux est trop basse,
surtout dans les cellules.
Non, les responsables de centre sont responsables.
Je peux remonter jusqu'au ministère de la Justice.
Je peux prévenir la presse et citer votre nom.
Tout le plaisir est pour moi.
Et concernant la nourriture, une dernière chose.
Je vous le dis en toute discrétion.
Vous allez recevoir une visite
de la Ligue Européenne des Droits de l'Homme.
...
Sous-titrage T.E.S.F.
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