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J'en veux pas de tes bestioles, tu le sais !
J'arrive.
D�j� ? J'ai m�me pas commenc� � cuisiner.
J'�tais dans le coin. Je te fais ta prise de sang.
�a t'�vitera de te d�placer demain.
D'accord.
Mais sois plus d�licat que la derni�re fois.
Toujours en train de r�ler.
Coucou, beaut�.
Tu veilles sur maman ?
- Elle a des yeux magnifiques. - Tu radotes.
Je ne sais pas si ta s�ur va venir.
Elle ne m'appelle pas.
Elle est rentr�e de Londres avec son �cervel� de mari.
Il a un nom, son mari.
Il me reste en travers. Je l'appelle Entravers.
Serre le poing.
Tu as peut-�tre rat� les appels de Nerea.
J'ai appel� hier et avant-hier, en vain.
Je m'inqui�tais pour toi.
Pas assez pour venir plus t�t ?
Je sais o� tu �tais ces derniers jours.
Tu es retourn�e au village.
Pourquoi tu y retournes, �a te regarde.
C'est ton village.
Mais si tu comptes remuer le pass�, pr�viens-moi.
C'est mes affaires, �a.
On fait tous partie de cette histoire.
- Xabi, �a va ? - C'est mon p�re.
- Je t'accompagne. - Non. Je t'appelle.
Papa...
Papa...
Papa.
- On ne passe pas. - Je suis le fils.
Maman !
Maman...
Pas de piq�re. Je peux me calmer toute seule.
Qu'est-ce qui s'est pass� ?
Txato est mort, il faut t'y faire.
- Ils te l'ont dit ? - Non.
Mais je l'ai vu.
Il avait la t�te �clat�e.
- Fini, le Txato. - Il est � l'h�pital ?
Oui, mais �a ne sert � rien.
Pauvre Nerea, quand elle l'apprendra...
On devrait l'appeler.
J'ai le num�ro du bar en bas de chez elle, dans le tiroir.
Je te pr�pare � manger ?
Mais non, maman.
Tu es s�re qu'il ne respirait plus quand ils l'ont emmen� ?
- All� ? - Bonjour.
Je suis le fr�re de Nerea.
- Elle vit au-dessus. - L'�tudiante ?
- Oui, c'est elle. - D'accord.
- Je peux lui laisser un message ? - Je vous �coute.
- Dites-lui d'appeler � la maison. - De toute urgence.
- C'est urgent. - Je lui dirai.
- Merci beaucoup. - Au revoir.
Tu as appel� l'ambulance ?
Non, j'ai appel� personne.
Elle a surgi, toutes sir�nes dehors.
Un voisin a d� appeler, j'imagine.
�a doit �tre Nerea.
All� ?
Va te faire foutre, Txato !
C'�tait pas elle.
On ne d�croche plus.
Et si Nerea appelle ? Ou l'h�pital ?
Je sais.
- H�pital Aranzazu. - Bonjour. Ici le Dr Lertxundi.
- Passez-moi les urgences. - Tout de suite.
- Urgences. - All�, ici Xabi Lertxundi.
- C'est Santos. - Bonjour.
Alors ?
Quand je l'ai vu, il �tait d�j�...
Je crois que ce serait mieux si tu venais.
Ils sont l�.
- Bonjour. - Bonjour, maman.
Bah alors ? Ton mari n'aime pas la pa�lla ?
C'est fini, avec Quique. Je vous raconterai.
- Salut, Xabier. - Vous avez encore rompu ?
Non. On s'est s�par�s.
- C'est pareil. - Non.
Si tu le dis.
- Tu veux de l'aide ? - Non.
Fais pas attention, tu la connais.
Il y a un couvert en trop.
- Autre chose ? - C'est tout.
- �a fait combien ? - Alors...
Les escalopes � paner,
les os pour le bouillon, les �ufs, les blancs de poulet.
11,50.
- Bonjour. - Bonjour, Miren.
Et 20.
- Merci, au revoir. - � bient�t !
Tu as vu ? Elle a mis un g�ranium.
Elle met ce qu'elle veut.
C'est chez elle.
Un poulet entier, bien gros. Je re�ois.
Ils r�clamaient la paix
dans leurs manifestations, dans leurs journaux,
et quand enfin, ils l'ont, ils viennent aussit�t la pourrir.
- �a va comme �a ? - Tr�s bien.
En plus, il faudrait demander pardon aux victimes.
Qui nous demande pardon, � nous ? C'est pas une victime, lui ?
Pardon, mon cul.
C'est un beau g�chis.
- Bonjour ! - Bonjour.
Dis � Gorka de passer me voir.
Bient�t, je le reconna�trai plus.
- C'est bon, pas la peine. - Merci.
� bient�t, ma belle.
Quelle mochet�, ses fleurs !
Aux premi�res gel�es, elles vont crever.
Miren.
Tu es au courant ? Elle est de retour.
- Je sais. - Elle a mis des fleurs.
Elle s'installe ou quoi ?
- Aucune id�e. Et vous ? - Quoi, nous ?
Votre fils se la coule douce au Mexique.
Sans lui Joxe Mari et Jokin seraient l�.
Dans la panade, d'accord, mais chez eux.
Un malin, ce Koldo. Il les balance, puis il se tire.
Ils l'ont tortur�, presque tu�. On l'oublie.
J'oublie rien, justement.
- Quand �a t'arrange. - C'est �a.
Au revoir.
Viens.
On a visit� le jardin botanique.
Kew Gardens, c'est superbe. J'ai des photos.
Ici, quoi de neuf ?
�a va.
Je te prie de ne pas aborder l'autre sujet avec maman.
Quel sujet ?
Rien, une b�tise.
Je me r�gale.
Je vais participer � une rencontre avec un d�tenu de l'ETA.
La m�diatrice est tr�s sympathique.
Comme �a, pas de cachotteries.
Je suppose...
que vous �tes contre.
Tu esp�res quoi ?
Aucune id�e.
Je ne sais m�me pas qui ce sera.
Voil� ce que je sais :
je veux qu'au moins l'un d'eux sache ce qu'on a travers�.
Ce que tu as travers�, plut�t.
Oui.
Et apr�s ?
J'�couterai ce qu'il aura � me dire.
Tu esp�res des excuses ?
Je n'en sais rien.
Selon la m�diatrice, l'exp�rience est toujours positive.
Personne n'a exprim� de regrets.
Elle m'a promis la discr�tion. La presse n'en saura rien.
Fais ce que tu veux.
Je ne vois pas l'int�r�t
de parler � un assassin quelconque.
� celui qui a tu� ton p�re, oui.
Lui, j'aurais des choses � lui dire.
Pas � un autre.
Qu'en penses-tu ?
Tu as aval� ta langue ?
C'est tr�s personnel. Je ne m'en m�le pas.
Apr�s �a, je pense m'installer ailleurs.
Je ne sais pas o�. � l'�tranger, peut-�tre.
Bon, il faut que j'y aille.
Je dois passer � l'h�pital avant le match de la Real.
- Pas de dessert ? - Non.
- Bon. - D�licieuse, ta pa�lla.
- Au revoir. - Au revoir.
Que penses-tu de ma d�cision ?
Tu es assez grande pour savoir ce que tu fais.
Je devrais finir comme mon fr�re ?
Qu'est-ce qu'il a, ton fr�re ?
C'est l'homme le plus triste que je connaisse.
Qu'est-ce que tu sais de la tristesse, toi ?
Xabier m'a dit que tu retournais au village.
Je trouve �a tr�s bien.
Toi aussi, tu dois chercher quelque chose.
Je ne cherche rien.
J'ai pas le droit d'aller chez moi ? �a te d�range ?
Au nom du P�re, du Fils et du Saint-Esprit
Bienvenue, chers fr�res, � la messe dominicale.
Tu as vu ?
Aujourd'hui, voyons ce que dit J�sus dans l'Evangile
� propos d'une notion un peu inhabituelle.
Pr�sente dans l'Ancien Testament...
Qu'est-ce qu'elle fait l� ?
Dans quel camp es-tu ?
... dans toutes les hom�lies de nos jours.
Il nous parle des droits de Dieu,
et par cons�quent,
de nos devoirs :
l'harmonie,
la r�conciliation,
et la paix.
Alors que la paix semble enfin s'�tre invit�e chez nous,
l'orgueil doit �tre mis de c�t�.
Il ne doit pas envahir nos c�urs.
Car, ne nous leurrons pas,
la meilleure mani�re de revenir en arri�re
est d'oublier les offenses
et d'offrir � nos fr�res dans le Christ le pardon,
l'amiti� et la communion, comme l'illustre
la parabole d'aujourd'hui.
Celle du figuier st�rile.
Dieu nous y explique
l'importance de la patience.
Avant Londres, tu avais renonc� � rencontrer un terroriste.
Et voil� que tu changes d'avis.
"Sauve qui peut", Nerea ?
Tu me trouves �go�ste ?
Pense � la souffrance que tu vas provoquer.
Si tu crois que maman s'en fiche, son visage en disait long.
Ah oui ?
Tu as vu �a les yeux coll�s � ton assiette ?
Vous �tes fig�s.
Tous les deux.
Maman et toi vous laissez d�vorer par le chagrin.
Moi, j'en ai assez.
Je veux pouvoir dire : "Tu es un assassin.
"Voil� les cons�quences de tes actes."
Apr�s, j'irai l� o� personne ne me reconna�t,
o� personne ne chuchote dans mon dos,
o� je pourrai m'occuper des autres,
des femmes maltrait�es, des orphelins.
Rien d'�go�ste l�-dedans.
Je suis s�par�e, sans enfants.
Arr�te de fixer ton cognac et regarde-moi.
Ou je te jette ma tisane � la figure.
Notre m�re est malade.
Je ne sais pas encore ce qu'elle a,
mais ses derni�res analyses n'ont rien de rassurant.
Elle ne s'est pas pr�sent�e chez l'oncologue.
J'essaye de ne pas l'effrayer, mais...
elle a des sympt�mes
et elle n'est pas b�te.
Nerea, s'il te pla�t...
reporte tes plans.
Tant que maman est en vie.
Un cancer ?
Tr�s certainement.
Essaie d'y r�fl�chir.
Pas la peine d'y r�fl�chir.
J'appellerai la m�diatrice demain pour annuler.
M. le docteur obtient encore ce qu'il veut.
- Salut, s�urette. - Salut.
C'est loin d'ici, l'�cole v�t�rinaire ?
� perp�te, m�me. Mais leurs soir�es valent le coup.
On fait pas mieux. L'alcool co�te presque rien.
- On y va � pied ? - Non, on prend la voiture.
Mais si tu veux marcher, je t'accompagne.
Excuse, je d�connais.
Fais pas attention � lui.
Vous nous remettez une tourn�e ?
Paco, il vient ?
Je dois y aller.
Nerea, c'est �a ?
Cr�tin !
Nerea ?
�a va pas ?
O� tu vas ? Nerea ?
Explique-moi.
Quelque chose t'a offens�e ?
- Mon p�re. - Quoi ?
- Mon p�re. - Je comprends pas.
Mon p�re.
Qu'est-ce qui se passe ?
Dis-moi.
Je viens de le voir, � la t�l�.
Ils ont tu� mon p�re ! L'ETA l'a tu� !
Qu'est-ce que tu racontes ?
Ne me laisse pas seule ! Je t'en prie, ne me laisse pas !
Mais non, calme-toi.
Nerea,
on prend la voiture d'Alberto et on va � Saint-S�bastien.
Personne ne doit savoir.
On y sera dans trois heures.
Baise-moi.
- Quoi ? - Allez, baise-moi.
Je suis pas s�r d'y arriver.
On a assassin� ton p�re.
Allez.
Allez !
R�veille-toi, allez.
Il faut t'en aller.
Bon...
Appelle-moi quand tu veux.
- All� ? - Maman ?
Nerea...
Ils ont tu� ton p�re.
Pourquoi tu n'appelles que maintenant ?
Tu arrives quand ?
- Je viens pas, maman. - Quoi ?
Tu sautes dans le prochain bus, compris ?
Non, maman.
Ils ont tu� ton p�re. Tu vas rester l�, peinarde ?
Non, je suis d�vast�e. Mais je veux pas le voir mort.
Ce serait trop dur. Comprends-moi.
Ici, personne ne sait.
Si je viens, on me verra � la t�l�, et tout le monde saura.
- Qu'est-ce que tu racontes ? - Ne me juge pas.
Je suis aussi an�antie que toi. Laisse-moi faire � ma fa�on.
Au revoir.
On ne l'enterre pas, on le cache.
Je n'ai pas vu Nerea.
Elle n'a pas pu se d�placer.
Elle �tudie � Saragosse.
Peu importe qu'elle ne soit pas l�.
Je ne crois plus en Dieu.
Oui ?
Je n'ai pas os� venir � l'enterrement.
Je suis sinc�rement d�sol�e.
Txato me l'a offert
quand j'�tais petite, � la f�te du village.
Tu ne dois pas t'en souvenir.
Il en avait achet� un � Nerea, j'�tais envieuse.
Ma m�re ne voulait rien savoir. Tu la connais.
Alors sans rien dire,
il m'a emmen�e au stand et me l'a achet�.
Je le donnerais � Bittori si j'osais la regarder en face.
D�sol�e, Xabier.
- All� ? - Maman, c'est moi.
Je sais ce qui est arriv� � Arantxa.
Un AVC, il y a deux ans.
� Palma de Majorque. Elle est compl�tement d�pendante.
Et ses enfants ?
- Je n'ai pas demand�. - Tu aurais d�.
Mais Ramon m'a dit
qu'apr�s l'accident c�r�bral, son mari est parti.
Le goujat.
Depuis, Arantxa vit avec ses parents.
Pauvre petite.
�a me bouleverse.
Cette petite est la meilleure de la famille.
Et de loin.
Elle seule a eu de la peine pour nous.
Je dois te laisser. � plus tard.
D'accord. � plus tard.
C'est moi qui gagne !
C'est reparti !
Bravo, maman ! Joli !
Vas-y !
Maman ? Tu es fatigu�e ?
Tu veux qu'on arr�te ?
T'en fais pas, c'est rien de grave.
D'accord.
Racontez-moi.
On �tait � la plage, on jouait aux raquettes.
Soudain, j'ai eu tr�s mal � la t�te.
Vous avez pris quelque chose ?
Rien du tout.
J'ai eu mal � la t�te, c'est tout.
D�tendez-vous.
On va d�j� faire une IRM.
On va venir vous chercher.
Allez.
Tu te sens mieux ?
Je crois, oui. Plus de peur que de mal, tu verras.
Tu as �t� tr�s courageuse.
Et tu as r�agi tr�s vite.
S'ils me gardent,
tu prendras une chambre d'h�tel.
- Non. Pourquoi ? - Parce que...
Cala Millor est tr�s loin...
Maman ? Maman !
� l'aide ! S'il vous pla�t ! Ma m�re a besoin d'aide !
- Calme-toi. - Maman !
Vite !
Maman ?
Tu m'entends ?
Fais un mouvement si tu m'entends.
Tu as fait un AVC il y a deux jours.
Mamie est en chemin.
Son vol a �t� retard� � cause d'un attentat � Palma.
Je suis un peu inqui�te.
Tu vas te remettre ?
Je t'aime fort, maman.
Mamie.
Maintenant, on va plier la jambe.
- Bonjour, docteur. - Bonjour, �a va ?
Arantxa, tu re�ois la visite d'une sommit�.
Comment vas-tu ?
Foutue.
Navr� de ce qui t'est arriv�.
Docteur Ulacia m'a expliqu�.
Elle veut l'iPad.
J'ai toujours eu un faible pour toi, trouduc.
Je te l'ai gard� pendant toutes ces ann�es.
Ne me le rends jamais.
Je reviens dans quelques minutes.
Non, pas la peine. Je m'en vais.
Bonne chance. Tr�s heureux de t'avoir vue.
Sinc�rement.
Si tu fais un AVC, on se marie.
Dieu du ciel, vous arrivez tard !
On a la messe � 19 heures.
Voil�, les beaut�s !
OK, c'est bon.
Merci, Jos� Ramon. En avant.
Au revoir, Miren !
Allez, on va �tre en retard.
Bonjour, ma ch�rie ! C'�tait bien, la physio ?
On vise les Jeux olympiques ?
Quoi ?
Quel joli bracelet !
Tu te l'es achet� ?
Tr�s beau.
- Je vois, il est � toi. - Bon...
Je vous laisse.
Bonne soir�e.
- � demain, ma ch�rie. - � demain !
On va regarder la t�l�.
Celeste.
D'o� il sort, ce bracelet ?
Un m�decin lui a offert.
- Joli, non ? - Tr�s joli. Quel docteur ?
Un docteur de l'h�pital, un ami d'enfance.
Ils ont papot�, et il lui a offert ce bracelet.
Elle a dit son nom ?
Non. Je peux lui demander. C'est grave ?
Mais non, c'est rien ! Simple curiosit�.
- D'accord. - � demain.
Voyons, c'est impossible.
Je le jure sur ma vie.
Txato lui a offert ce bracelet lors d'une f�te au village.
Bon, et alors ?
Elle a d� le retrouver au fond d'un tiroir.
Imb�cile ! Elle ne l'a pas retrouv�.
Un m�decin le lui a offert.
Tu te payes ma t�te !
Baisse la voix.
R�sumons : Txato le lui a achet�,
et maintenant, un m�decin lui r�offre son bracelet.
J'y comprends plus rien.
Il n'y a qu'un m�decin qui a pu faire �a.
- Qui �a ? - Leur fils a�n�.
Mais d'o� il le sort ?
Tu regardes trop de feuilletons.
Ils nous cherchent.
Ils mijotent quelque chose, c'est s�r.
Ils s'immiscent dans nos vies.
Pourquoi revenir, sinon ?
Et le g�ranium, et l'�glise ?
- Il faut faire quelque chose. - Oui.
Dormir.
Je suis s�rieuse !
Moi aussi.
Bonjour. Je peux entrer ?
Tu t'en occupes bien.
Tu as utilis� la terre offerte par Txato ?
- Qu'est-ce que tu veux ? - Parler.
De quoi ?
Je n'ai rien � te dire.
Je suis all�e au cimeti�re hier.
J'y vais souvent. Txato m'a dit de te saluer.
Laisse-moi tranquille.
Le pass�, c'est le pass�.
- On peut rien y changer. - D'accord, mais...
Justement, que s'est-il pass� ?
Aide-moi � compl�ter l'histoire.
Je veux simplement savoir.
Apr�s, je te fiche la paix.
Joxian, tu �tais le meilleur ami de Txato.
Je vous vois encore sur vos v�los,
� jouer aux cartes au bar, tout �a.
Je me souviens aussi de Miren qui me disait :
"Bittori, mon mari est mari� au tien.
"Un coup de hache ne les s�parerait pas."
- Elle disait �a ? - Demande-lui.
J'ai toujours �t� son ami.
Tu as arr�t� de le saluer et de venir chez nous.
�a n'a rien � voir.
Tu as m�me rat� l'enterrement.
Je n'ai pas de comptes � te rendre.
M�me sans se parler, on �tait amis.
C'�tait une erreur.
Vous auriez d� partir un an ou deux, le temps n�cessaire.
Il serait en vie, et vous pourriez revenir.
� distance, beaucoup d'entre nous auraient pu vous aider.
Toi, tu peux encore m'aider.
Je ne vois pas comment.
Je ne peux pas remonter le temps.
C'est simple.
Pose une question � ton fils de ma part.
On a souffert aussi, Bittori.
On souffre encore.
Fais ta vie et laisse-nous faire la n�tre.
Il faut oublier.
Si tu souffres, comment peux-tu oublier ?
�a ne plairait pas du tout � Miren.
Elle n'a pas besoin de savoir.
Joxian, tu ne veux pas savoir ce que je demanderais � Joxe Mari ?
Quelqu'un l'a vu au village l'apr�s-midi o� Txato a �t� tu�.
Comm�rages.
Allez, sors de l�.
Ils ont pas pu le prouver.
Demande-lui.
Si c'est lui qui a tir�.
Je dois savoir, il me reste peu de temps.
Dis-lui que je ne le d�noncerai pas.
Et que s'il me demande pardon, je le lui accorderai.
Je t'en prie...
ne remue pas le pass�.
Pas si vite, putain !
Tu rigoles ? Je vais pas vite.
La vache...
Tu ramollis, Txato.
Je ramollis...
- Tiens, bois. - Non.
J'ai re�u une autre lettre.
J'en dors plus.
- Et ta famille ? - Au courant de rien.
�a vaut mieux.
J'ai pay� il y a quelques mois. En France, 2 millions.
Une belle arnaque, mais bon.
Maintenant, ils me r�clament 25 millions !
C'est trop, c'est monstrueux.
Entre Basques, c'est honteux.
J'ai l'air d'un exploiteur ? J'ai pass� ma vie � travailler.
Et s'ils s'�taient tromp�s de destinataire ?
Je ne suis pas pauvre, non.
Mais au bout du compte, je roule pas sur l'or.
Loin de l�, putain !
Ils s'imaginent quoi, les gens ?
En plus, c'est s�rement un employ� qui en aura trop dit.
"H�, Txato est plein aux as !"
Mais je n'ai pas peur.
Une balle, et c'est fini. Je serai mort, mais en paix.
Mais la lettre parle de Nerea, de l� o� elle �tudie...
Je dois leur parler, Joxian.
Pour qu'ils r�duisent la somme ou �talent le paiement.
Ton fils pourrait me mettre en contact avec eux.
Pourquoi mon fils ?
Je dois entrer en contact avec l'ETA.
Joxe Mari n'est pas de l'ETA. �a va pas ?
C'est un nigaud et un glandeur, oui,
mais il est pas de l'ETA.
En route.
Salut !
Et Koldo ?
- O� il est, ce con ? - Va savoir.
Mais c'est son tour de faire � bouffer.
Quoi ?
Merde, ils ont chop� Koldo ! On se tire !
D�p�che, putain !
Vite !
Merde.
Venez !
Faites gaffe.
Allez, allez !
Personne � l'int�rieur. On fouille les environs.
Salut, Josune !
Te retourne pas, avance.
Attends-moi dans l'�glise.
Si quelqu'un entre, on trace. Je suis peut-�tre suivie.
- Par qui ? - � ton avis ? Les poulets.
Ils cherchent � en attraper d'autres.
- Joxe Mari te cherche. - Moi ?
Ils t'attendent dans le b�timent abandonn�, sur Soroalde.
Passe d'abord voir Patxi � l'Arrano. Il t'expliquera.
Sors apr�s moi, dans une dizaine de minutes.
Attends.
C'est dangereux ?
Ils surveillent les familles des fuyards. Sois prudent.
Et demande � ton fr�re s'il a un message pour moi.
- On vous entend dehors ! - C'est une t�te de mule.
Gorka, va me chercher des chaussures.
Si je passe en France pieds nus, c'est grill�.
Tu chausses du combien ?
T'as juste � rentrer � la maison.
Merci.
Patxi dit de faire super gaffe. L'argent, c'est pour manger.
Pas un mot aux parents, hein ?
Je leur �crirai quand je pourrai.
Gorka.
T'es un type g�nial. Tu l'as toujours �t�, bordel.
Au fait, Josune demande si tu as un message pour elle.
Qu'elle fasse sa vie.
Joxe Mari, visite au parloir.
Tout va bien � la maison ? Je t'attendais pas.
�a te fait pas plaisir ?
Bien s�r que si.
Mais m�nage-toi. Tu es venue r�cemment.
- C'est loin. - Eh bien...
Quoi ?
Je n'arrive plus � dormir.
C'est papa ?
Arantxa ?
Elle est revenue ?
- Envoie-la se faire foutre. - Elle est collante.
Y a personne pour la chasser ?
Le village n'est plus ce qu'il �tait.
La folle veut savoir...
Adaptation : Danielle Marques
Sous-titrage : VSI - Paris
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