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Original subtitles

PAVILLON NOIR

La mer des Cara�bes... cruelle, tyrannique, impitoyable.

O� seul le pouvoir donnait droit � un homme

� tout ce qu'il ch�rissait, y compris sa vie.

Par un sort cruel, un bateau de p�lerins hollandais

y fut pouss� par la temp�te

et se fracassa au large de Carthag�ne,

sa plus implacable citadelle.

Je dois voir d'urgence Son Excellence.

Le vice-roi ne doit pas �tre d�rang�.

C'est urgent !

Commandant, on a des ordres.

Et j'ai jur� fid�lit� � Sa Majest� espagnole !

Comment voulez-vous qu'on dorme ? La barbe !

C'est vous, hein ?

J'aurais d� m'en douter.

Qu'y a-t-il de plus important que ma tranquillit� ?

Un navire hollandais s'est fracass� au large du port.

Bien. Beaucoup de survivants ?

Des immigrants.

Ces banales histoires m'ennuient.

Je veux un rapport complet demain matin

ou apr�s ma sieste, selon mon r�veil.

Pardon, Votre Excellence, mais...

Quoi encore ?

Le navire �tait la Vierge blonde.

Ils ont de jolis noms de navires.

- Bonne nuit. - Son capitaine demande une audience.

Il dit que son cas est sp�cial.

Il a une requ�te sp�ciale. Que Son Excellence lui parle.

Les papiers du navire.

Quand comprendrez-vous qu'un climat tropical

exige un tempo tropical ?

Mais non !

Pour vous, chaque minute est d'or avec soixante secondes d'or !

Pourquoi soixante secondes d'or ?

Pourquoi pas trente secondes d'or ?

Et pourquoi d'or ?

Pourquoi pas d'argent ?

Pourquoi ne me dites-vous pas �a ?

Je dois tout faire moi-m�me ici, sauf ma sieste !

Vous vous en chargez pour moi !

Le vice-roi et gouverneur de Nouvelle-Grenade,

Son Excellence Don Juan Alvarado de Soto.

Votre Excellence, le capitaine Van Horn de la Vierge blonde.

Ex-capitaine Van Horn

de l'ex-Vierge blonde, je crois comprendre.

Ce que j'ai � vous soumettre est simple.

Il veut dire � "Votre Excellence" ?

Oui, Votre Excellence.

C'est-�-dire moi !

Ce dont je souhaite parler � Votre Excellence...

Vous avez une requ�te sp�ciale.

Exposez promptement la nature de votre requ�te

que je refuserai promptement.

Nous sommes de paisibles immigrants de Hollande

d�vi�s de notre cap par un ouragan.

Notre navire s'est fracass� sur vos rochers.

Quel manque de tact de leur part.

Je les ferai r�primander.

Nous souhaitons r�parer notre navire,

nous ravitailler en vivres et en eau et repartir.

Une ville espagnole vous approvisionnerait ?

Nous sommes en grande d�tresse.

Votre d�tresse va encore grandir,

je vous assure.

La loi est tr�s claire.

Elle interdit ces eaux � tout navire autre qu'espagnol.

La temp�te nous a d�tourn�s.

- On ne voulait pas... - Vous �tes un mauvais navigateur.

- Quoi ? - Les papiers du navire.

L'octroi de terres au Nouveau Monde.

En effet, une concession pour s'installer sur des terres dans...

Grands dieux, dans les Carolines !

Les gens ne peuvent pas donner ce qui n'est pas � eux !

Les Carolines appartiennent � Sa Majest� espagnole.

Et pas � ce roi anglais

qui les distribue � toute la lie de l'Europe.

Combien de survivants ?

Nous ne sommes plus que trente.

J'aurais esp�r� plus.

Mais 30 ou 40 bons travailleurs valent mieux qu'aucun.

On ne veut pas rester.

J'enverrai les plus robustes comme serviteurs sous contrat.

Quant � vous, puisque vous �tes leur chef,

je vous offrirai un statut particulier.

Et dans quelques ann�es, qui sait,

avec de la fid�lit� et du z�le,

vous pourriez �tre libre.

Votre Excellence ne comprend pas.

Mes compatriotes ne sont pas � vendre.

Ni � acheter par quiconque.

Vos compatriotes sont des intrus

et j'en dispose comme bon me semble.

De toute fa�on, cet acte n'a aucune valeur.

Quel jeune homme nerveux !

Prison, Votre Excellence ?

Pour le moment. On le pendra plus tard.

Merci de votre gentillesse.

Bienvenue dans notre trou.

Tu te demandes qui on est.

Lui, c'est Erik Swaine.

Marin d'un schooner anglais.

Il est ravi de te rencontrer.

Il peut pas te le dire, ils lui ont coup� la langue.

Lui, c'est Paree.

Surnomm� ainsi car il vient de France.

Y aurait une ville l�-bas nomm�e "Paree".

Moi, je m'appelle Pillery Gow.

J'attends qu'ils me pendent.

Pour quel crime ?

Pour aucun ! Aucun de nous.

On gagnait notre vie honn�tement

dans la marine marchande,

allant o� le m�tier nous conduisait.

Il nous a conduits ici.

Pour notre malheur.

Ils ont pris notre navire d�sarm�.

On est des prisonniers de guerre.

Quelle guerre ?

On sait pas. Et toi ?

Un paisible voyageur, comme vous.

Du moins, je le croyais.

Laurent Van Horn.

Je viens de Hollande.

On esp�rait fuir l'oppression et s'installer dans les Carolines.

Nous r�vons de b�tir une nouvelle patrie

o� tous les hommes seront libres.

Cinq ans plus tard, ayant tout oubli� du capitaine hollandais,

Don Alvarado pr�parait simultan�ment l'arriv�e d'une belle promise,

qui venait � Carthag�ne pour l'�pouser sans l'avoir jamais vu

- une coutume r�pandue � cette �poque-

et hurlait qu'on d�barrasse les mers du nouveau fl�au des Cara�bes,

le Barracuda, un pirate au navire meurtrier du m�me nom.

Feu !

On croyait le Barracuda ici.

- Mais non. - J'en ai assez, des excuses.

"On croyait le Barracuda ici,

"mais non, il �tait l�-bas."

Et inversement ! C'est intol�rable.

Attrapez-moi le Barracuda !

Votre Excellence, �a fait des ann�es...

Je m'en chargerais bien, mais je travaille 20 h par jour

pour �tre pr�t � recevoir ma promise

pendant que vous et vos hommes vous tournez les pouces.

Votre Excellence, on a fait le maximum.

Si je dois l'attraper moi-m�me apr�s ma lune de miel, je vous assure...

Je veux une cape, pas un c�lin !

Mille pardons, Votre Excellence.

Vous en aurez besoin si elle tra�ne

parce que vous subirez mille morts.

Je vais faire pr�parer un lit de charbons ardents.

Dans un mois jour pour jour, ce lit aura un occupant.

Le Barracuda ou vous. A vous de choisir.

- Compris ? - Oui, Votre Excellence.

Pour mes manchettes...

- De la dentelle de Venise. - Oui, Votre Excellence.

- Ou du petit point. - Oui !

Il y a une autre formulation de ce paragraphe, mon enfant,

que vous devez conna�tre.

Se�or Obispo, c'est absurde que je ne puisse pas sortir.

Sans vos du�gnes ?

Elles m'ont laiss�e.

L'air calmera peut-�tre leur mal de mer.

J'esp�re que non.

Si je suis malheureuse, qu'elles le soient aussi.

M�me pour une autre raison.

Quelle est votre raison, mon enfant ?

J'aimerais le savoir.

- Crie quand tu seras pr�t. - A vos ordres !

Se�or Obispo...

Qui est-ce ?

Pourquoi, mon enfant ?

Maintenant que je vais me marier, je...

Eh bien, je...

je me demandais si je trouverais mon fianc�

aussi beau.

Ne vous inqui�tez pas. Vous allez vous marier,

- entrer dans le monde... - Comme un torero dans l'ar�ne !

Un torero qui n'a jamais vu de taureau.

- Mon fianc� est-il aussi beau ? - Aussi beau ?

Il est vice-roi. Les vices-rois ont un port noble.

Allez-vous me dire qui est cet homme ?

Un Hollandais.

Un homme peu avare de paroles, toutes insens�es.

L'ordre existant ne lui pla�t pas.

"Un m�content", dirait mon p�re.

Le vice-roi du Mexique a le don de la formule exacte.

Un m�content, en effet.

Entre, Lupita.

Se�ora Montalvo et Se�ora Perez sont � l'agonie.

Encore ?

D�j� hier et avant-hier et le jour d'avant...

La mer a �t� tr�s agit�e.

Elles implorent votre r�confort.

Je vais les voir.

Elles ont trouv� un moyen de ne pas s'ennuyer en mer.

Tout ce qu'elles savent faire, c'est se plaindre.

Il ne leur restait que la foi � mon d�part.

Donne-moi ta cape.

Vous n'allez pas sur le pont sans vos du�gnes ?

Mes du�gnes n'ont pas le pied marin,

mais je ne resterai pas emprisonn�e.

En bas !

Belle journ�e.

Je vous ai parl�, se�or.

Vous �tes peu avare de paroles. Des v�tres !

- Car quand on vous parle... - Stop !

- Comment osez-vous ? - 32 !

Je suis donc peu avare de paroles ?

Que faites-vous ?

Je chronom�tre la vitesse du bateau avec mon pouls.

J'en serais incapable.

J'ignore si j'ai un pouls.

Je vais vous le trouver.

Rapide, beaucoup trop pour la navigation.

Se�or, vous tenez ma main.

Vous aussi. Il fait beau.

Vous �tes servante. Pourquoi pas ?

J'aurais d� le savoir, rustre et insolent.

Un Hollandais.

De pires pirates que les Anglais.

Je coulerais vos navires � vue.

Ils sont coul�s � vue.

Pirate ou voyageur, c'est pareil pour un Espagnol.

Si la Hollande vous d�pla�t, pourquoi cette dentelle de Brabant ?

Capitaine !

Condesa ?

Qu'y a-t-il ?

Il m'a touch�e.

Qui est-ce ?

Un navigateur hollandais qui va � Carthag�ne.

Vous osez toucher la fille du vice-roi ?

Si la fille du vice-roi le dit.

Capitaine d'armes, arr�tez-le et pendez-le !

Attendez !

Je ne veux pas de pendu sous ma cloche nuptiale.

Je pense, capitaine, qu'il suffirait de...

De le fouetter.

- Fouettez-le. - Au m�t de misaine.

A vos postes de combat !

Pr�parez-vous au combat.

Sortez les canons ! Pr�ts � la manoeuvre !

L'assassin le plus audacieux des Cara�bes.

Connu par le nom de son bateau, le Barracuda.

Il devrait rapporter gros, celui-ci, capitaine.

Trop beau navire pour un vil pirate.

Si vous voulez le regarder...

J'aime autant m'abstenir du plaisir de l'admirer.

Il ne peut rien contre nous ou notre escorte.

C'est la mort assur�e s'il s'approche de nos canons.

Il se montre par pure insolence.

Si vous �tes s�r qu'il partage votre avis...

Tant que ce galion avance, j'aimerais le voir essayer !

Virez de bord !

B�bord !

Pr�ts � la manoeuvre !

Canons de tribord, feu !

Pas maintenant.

Plus tard.

Feu !

Rechargez !

Vite, aide-moi � le d�tacher.

Comment ont-ils pu ?

- De l'eau. - De l'eau, Lupita.

Feu !

Comment ont-ils pu le laisser en plein soleil ?

Regarde sa peau claire.

Dire que le capitaine voulait le pendre !

Comme si de tels hommes abondaient.

Existaient !

Bonjour.

L�chez-la, esp�ce de brute ! L�chez-la !

Posez-moi !

Parole de fille de Grand d'Espagne, vous serez pendu.

Pendu pendant une semaine !

Appelez la garde !

Swaine, � la barre !

Attache-la !

Capitaine !

Venez, les gars !

Epargnez ces femmes ou vous serez maudits

dans la chair et l'esprit, la vie et la mort,

sur terre et en enfer, pour l'�ternit�.

Que dites-vous de �a ?

Mon p�re est le vice-roi du Mexique.

Condesa Francisca de Guzman y Argandora.

Un nom de poulette pleine aux as !

O� est votre chef ? O� est ce Barracuda ?

Je veux lui parler.

Il est sur le pont.

C'est quoi votre nom, d�j� ?

Francisca de Guzman de quoi ?

Ne touchez � rien avant que je lui aie parl�.

Il vous dira que vous avez fait une grave erreur.

Elle fait sa grande dame, hein ?

Conduisez-moi � votre chef.

Lequel est le Barracuda ?

Etes-vous ce gredin de Barracuda ?

H�las, non.

Capitaine Mario D'Avilar pour vous servir, se�orita.

Si vous cherchez le Barracuda...

Permettez-moi.

Pr�parez-vous � abandonner le navire !

Permettez-moi de vous pr�senter

mon ma�tre, le se�or Barracuda.

Mon fianc� est le vice-roi de Nouvelle-Grenade.

Je sais, je le connais bien.

M�me s'il doit mobiliser tous ses galions, il vous fera pendre.

Peut-�tre.

Mario, un autre navire, le San Pablo,

sera l� dans 2 ou 3 h.

Votre t�te sera notre cadeau de noces.

Mets 50000 piastres

de ma part du butin dans le pot commun.

Je prends cette femme pour moi.

Laurent, aucune femme ne vaut cette somme.

C'est vrai, mais elle est plus qu'une femme pour moi.

Elle est un compte � r�gler.

Vous �tes fou !

Pas de compliments, s'il vous pla�t.

Supportera-t-elle le gros temps ?

Si jamais tu veux...

J'ajoute la valeur de la cloche d'argent.

Une cloche nuptiale. Je la veux aussi.

Le monde est �trange, D'Avilar. Vraiment �trange.

On ne sait jamais quand on va se marier.

Posez-moi ! L�chez-moi !

C'est quoi, cette eau de cale ?

La boisson des nobles, du vin des Canaries.

Je suis pas un canari !

- Passe-moi le rhum. - Monte-le !

Du nerf !

Courage.

On a gagn� 50000 piastres.

Mes amis, je serais honor� que vous dansiez � mon mariage !

Quand le mariage aura-t-il lieu ?

En temps voulu.

Je promets de vous avertir une heure � l'avance.

Rien au monde ne me forcera jamais � vous �pouser.

Accompagnez-moi � ma cabine.

Vous n'avez aucun projet de mariage pour mes du�gnes ?

Escorte ces dames � leurs cabines.

S'il vous pla�t.

Ou s'il ne vous plait pas.

D�gagez les ponts !

Les prisonniers, en bas !

Veuillez me suivre.

A quoi riment ces pr�paratifs ?

La Condesa oublie que le Santa Madre a une escorte.

Le San Pablo est en vue.

Le San Pablo ! Encore du sang vers�, non !

Pressez-vous si vous voulez �viter la vue du sang.

Se�or Barracuda.

Quoi encore ?

- Je vous propose un march�. - Vraiment ?

Je vous accorderai ma main.

Votre main, hein ?

Que ferez-vous au San Pablo ?

C'est quasiment impossible d'�tre original.

Remplace-moi. Serre le vent.

Et guette le San Pablo.

Morris, prends la barre. Serre le vent.

Je vous �pouserai si le San Pablo n'est pas inqui�t�.

C'est donc �a ?

Je peux avoir votre main et le San Pablo comme je veux.

Vous ne comprenez pas.

Un vrai mariage, dans les r�gles.

L'�v�que en personne le c�l�brera.

Pillery, hisse la cloche d'argent.

Mais le San Pablo ! On a jamais eu une proie aussi facile.

Il ne sera pas inqui�t�.

Monseigneur !

Nous allons nous marier sur-le-champ.

D�s que vous aurez pass� votre robe.

Je ne profanerai aucun sacrement.

N'ayez crainte.

Mais je le veux.

Si vous �tes forc�e,

si ce n'est pas de votre plein gr�...

C'est de mon plein gr�.

Je d�sire �pouser cet homme

tout de suite.

Occupe-toi de Son Excellence, Swaine.

Vous, allez dans ma cabine avec elle

et mettez-lui sa robe de mari�e.

Je ne vous ob�irai pas, esp�ce de porc.

Brute �paisse ! Salet� ! Animal ! Posez-moi !

Vous marchez ou on vous porte ?

Acceptes-tu de prendre cet homme pour �poux,

de vivre avec lui dans les liens sacr�s du mariage,

de lui ob�ir et le servir, de l'aimer et l'honorer,

pour le meilleur et pour le pire, et de renoncer � tous les autres

jusqu'� ce que la mort vous s�pare ?

Oui.

Encore habill�e ?

Vous devriez �tre au lit.

Dentelle de Brabant.

Vous mettrez �a.

Croyez-moi, vous le ferez.

Je suis tr�s content de moi.

Je suis s�r que vous partagez la joie de votre �poux.

J'ai toujours aim� d�pouiller Alvarado de son or

et couler ses navires.

Mais � pr�sent, je l'ai priv� de son �pouse.

M'avez-vous �pous�e pour cela ?

Peut-�tre. Ou � cause des coups de fouet que j'ai re�us.

Ou parce que je vous aime.

Ce n'est pas si incroyable que �a.

Si ?

Bref...

Peu importe, je vous ai prise pour femme.

Et vous serez ma femme.

Etait-ce pour vous ou pour moi ?

Je vous le destinais.

Mais je n'en ai pas besoin.

Vous ne pouvez rien me faire.

Ni votre contact,

ni vos paroles ne peuvent m'atteindre.

Apr�s tout,

on m'a appris � ignorer les chiens et les paysans.

Si vous avez termin� votre d�claration d'amour...

Passez �a.

Passez �a ou je vous jette � l'�quipage sans.

50000 piastres.

Valez-vous r�ellement 50000 piastres ?

Qu'ai-je en �change ?

Francisca de Guzman y Argandora, porteuse d'un grand nom d'Espagne,

enfant g�t�e, �duqu�e � �tre inutile, �go�ste et arrogante,

form�e � la cruaut� et � l'orgueil t�tu,

et afflig�e d'un mauvais caract�re que vous avez s�rement cultiv�.

Non, vous n'�tes pas une affaire.

Mais il y a peut-�tre des atouts que je ne prends pas en compte.

Si je puis oser...

Ma silhouette ?

Bien. Vous rapporterez 5000 aux ench�res � Alger.

Disons 4.

Mes cheveux ?

Il y a du feu en eux.

Mes yeux ?

Froids, et m�me calculateurs.

Mes l�vres ?

Vos l�vres...

Elles pourraient me convaincre que j'ai fait une affaire.

Je vais commencer � compter.

Si vous n'�tes pas pr�te � dix...

Je suis pr�te.

Bonne nuit.

Du vin pour les se�oras et du r�ti pour l'�v�que !

Pardonnez l'absence de ma femme. Elle apprendra la politesse.

Si vous voulez quelque chose, demandez.

Consid�rez-vous comme mes invit�s, non comme mes prisonniers.

Recommandez ma piraterie � vos amis � votre retour.

Ce sera quand ?

Au paiement des ran�ons.

Demain, de Tortuga, j'enverrai le montant � Alvarado.

En temps voulu, l'argent arrivera et vous serez libres.

Et la Condesa Francisca ?

Elle restera ma femme.

Excusez-moi.

Fermez la porte !

Je vous interdis d'entrer pendant que je me coiffe !

La noblesse a des usages auxquels il faut s'habituer.

En aucune circonstance, une dame ne se coiffe elle-m�me.

Je sugg�re de lui envoyer Lupita.

J'ai une meilleure id�e, Mario.

Tu �tais barbier avant d'�tre d�port� pour chantage.

L'affaire peut ais�ment t'�tre confi�e.

Tiens.

Vends notre butin aux marchands ou aux ench�res, selon le march�.

Rendez-vous ce soir.

Moi, je vais me faire couper les cheveux.

Partage ce soir, � l'enseigne de la Tortue.

Les absents seront pas pay�s.

- Belle journ�e, Benjamin. - Je trouve pas.

Ton exp�dition n'a pas �t� fructueuse.

Laurent a pris le Santa Madre.

5000 la part, au moins.

- Et une belle �pouse pour lui. - Je vois �a.

Tu penses que notre navire n'est pas digne de cette dame ?

Je serais assez d'accord.

Allons en parler devant un verre.

Avis aux pirates

Le Cobra cherche des hommes vaillants. Pas de proie, pas de paie.

Capitaine Benjamin Black

Il y a plus que pr�vu ?

Notre plus beau butin � ce jour !

Apporte-moi du rhum !

Maudites cartes !

Le Barracuda a �pous� la fille ?

Pourquoi l'�pouser ? Il est pirate.

C'est un comportement excentrique,

mais il n'y a rien dans les r�gles de la Confr�rie contre le mariage.

- Juste un avertissement. - Au diable, le Barracuda !

Quand le vice-roi l'apprendra,

il enverra 20 galions et une arm�e pour reprendre sa fianc�e !

Il enverrait tout �a pour une fille ?

C'est un peu fort, Benjie.

Benjamin a raison. Je l'ai moi-m�me entendu.

Je suis pirate, pas s�ducteur.

J'�cume les mers.

Je m'empare du tr�sor ou du navire d'un Espagnol

et je le lui revends.

Je prends des risques,

mais je prendrai pas de risques pour le Barracuda.

Qu'est-ce que �a change, si on les tue d'abord ?

- On a pas peur d'eux. - Le Barracuda nous utilise.

Pour r�gler un compte personnel.

Qu'ils partent d'ici tous les deux !

Lui et sa poule de la haute ! Avant qu'il soit trop tard.

Que dit la loi, Jonas ?

D'apr�s les r�gles,

le capitaine dispose de sa prise comme il l'entend.

�a, c'est d'un c�t�.

D'un autre c�t�,

les prisonniers sont g�n�ralement renvoy�s chez eux en bon �tat

et rapportent plus que leur poids en ran�on.

�a, c'est d'un autre c�t�, alors...

Il la renverra ou je...

A la Confr�rie d'en d�cider, Benjamin.

Tu es assis � la place du Barracuda.

L�ve-toi, tu veux ?

Je r�ve pas, c'est le Barracuda !

Alors, o� elle est ?

- D�sol�. - Pas de chemise de nuit en dentelle ?

Esp�ce de vaurien !

Qui lui r�chauffe les pieds ?

C'est quoi ?

Mon amie Anne Bonney. Voici ma femme, Anne.

Ta femme ?

Sa femme, il dit !

L'�v�que nous a mari�s � bord du Barracuda.

Il t'a coinc� dans le puits aux cha�nes et mari� sous la menace ?

C'est vrai ?

Oui.

Esp�ce de merlu hollandais !

Si t'avais une goutte de sang honn�te, je t'�gorgerais.

Des mois que je te connais !

T'as jamais parl� de mariage. Et mari� � �a !

Une tra�n�e b�gueule et poudr�e !

Large de l'arri�re-train.

Molle de la poitrine.

Montre tes dents.

Fais ta pri�re, ma jolie.

Arr�te, Anne.

Je n'ai pas besoin de votre protection.

Comme si ton esp�ce avait le cran de se battre !

Non, tu es une aristocrate !

Cach�e derri�re ta protection pay�e.

Je t'�ventrerai comme un pigeon.

Vous pr�f�reriez s�rement combattre des pigeons.

Mais je me demande,

m'affronteriez-vous avec un pistolet � la main ?

J'en ai bien envie, mon chou !

�a suffit !

Qu'en dis-tu, Jonas ?

Je dois pas obtenir satisfaction ?

Je te la donnerai, si tu veux.

D'apr�s les r�gles des Fr�res de la C�te,

les parties en cause doivent �tre arm�es et d�barqu�es 30 minutes

sans intervention de quiconque.

Qu'il en soit ainsi ! Pas d'intervention !

Pas si vite, Benjamin.

Ce ne sera pas un duel, mais un meurtre.

Avez-vous d�j� tir� au pistolet ?

Votre honneur ne vous servira � rien une fois morte.

Serrez la main d'Anne, buvez avec nous et soyez amies.

Anne, pour moi, pardonne-la.

Elle me supplie � genoux ?

Tu vas trop loin ! Tu as entendu Jonas.

Sans intervention de quiconque.

Tu as raison.

Comme elles voudront.

Ton pistolet.

Et le v�tre, capitaine.

Je vais les charger de la m�me fa�on.

Dieu vous b�nisse.

Tenez bon.

Quelle chance aura ta femme ?

La m�me chance qu'Anne Bonney.

Ton pigeon a des serres.

Seuls les aigles ont des serres.

C'est pas un aigle.

Renoncerez-vous � cette folie ?

Bien. En vertu des r�gles, la partie offens�e d'abord.

C'est moi.

Reculez !

Armez !

En joue !

Je dirai une fois: "Pr�tes ?"

Qu'elle le tienne � deux mains.

Je veux pas �tre transform�e en passoire !

Pr�tes ?

Pr�te, mon ami.

Pr�te.

Feu !

Esp�ce de merlu hollandais !

De la suie dans les pistolets !

J'aurais d� me douter que tu ferais un coup pareil.

Faut pas �pouser une femme qui sait pas rire !

Tu as raison, Anne.

Si je t'avais choisie...

�a n'a pas l'air de t'amuser, Benjamin.

Toi et ta catin espagnole !

Quoi d'autre ?

Ram�ne-la d'o� elle vient.

J'attends, Benjamin. Quel est ton grief ?

Ta femme, Hollandais.

Elle nous attirera des ennuis.

On ne veut plus d'elle, ni de toi !

Cette racaille parle pour la Confr�rie ?

Ai-je �t� jug� ?

Si on demande � un homme de...

Vous m'�couterez !

Quel est mon crime, r�ellement ?

Je vais vous dire.

C'est de d�tester ce tyran de toute mon �me.

A Carthag�ne, autrefois, j'ai jur�

de lui desserrer les doigts de force

jusqu'� ce qu'il l�che prise.

Pour que d'autres apr�s moi trouvent au Nouveau Monde

ce que j'y cherchais.

Eh bien...

L'Espagnol devient nerveux.

Ses navires partent et il les perd.

On doit m�me ruser pour l'obliger � se battre.

Elle fera sortir Alvarado du bois.

Et je serai pr�t � le recevoir.

Si c'est de ce crime que Black m'accuse,

je plaide coupable.

Au plus haut degr� !

- Laurent ! - Non !

Tu claques des dents, Benjamin.

As-tu peur ?

Ta mis�rable vie est sauve,

mais quitte Tortuga avant l'aube, je t'avertis !

Laissez passer !

- Qui est-ce ? - Votre mari. Vous vous rappelez ?

J'ai quelque chose � vous dire.

Mais j'ai peur que vous compreniez mal.

Selon vous, on m'a �lev�e pour �tre un ornement.

Un ornement ne peut pas comprendre.

Justement, vous �tes un ornement.

Merci.

Je vous ai admir�e � la taverne.

Votre dignit�, votre �-propos, votre courage.

Et ?

J'�tais fier de vous.

Le se�or Barracuda est trop aimable.

Inutile de me r�pondre par des sarcasmes.

Il vous arrive d'�tre sinc�re ? R�ellement sinc�re ?

J'ai une suggestion.

Soyons sinc�res l'un avec l'autre.

Au sujet de la taverne.

J'aurais �t� offens�e si j'avais �t� votre femme.

Mais apr�s tout, cette femme, cette...

- Comment s'appelle-t-elle ? - Vous le savez.

Tr�s bien. Anne Bonney.

Vous avez mis la suie pour la prot�ger aussi.

Anne �tait tout ce que j'avais avant de vous rencontrer.

J'ignore dans quel but vous me dites �a.

A moins d'�tre sinc�re.

Je suis sinc�re.

Je vous en prie, ne m'obligez pas � vous croire de nouveau.

Hier soir, quand vous m'avez laiss�e ici...

Vous n'�tiez pas sinc�re, c'est impossible.

Pourquoi �tes-vous parti ?

Si vous �tiez rest�...

Quand j'ai pris le Santa Madre et vous, et d�cid� de vous �pouser,

j'ignorais si j'agissais par m�pris,

pour me venger d'Alvarado.

Mais � pr�sent, je sais.

Je veux que vous soyez ma femme.

Vraiment ma femme.

- Laurent... - Oui.

Pourquoi ?

Dites-moi pourquoi.

Faites attention !

Et toi, Hollandais,

dis au revoir � ta femme.

Elle part pour Carthag�ne � la mar�e.

Il faut me pardonner.

Je fais �a pour votre bien, et au nom de la Confr�rie.

Mario commande ton navire et Bonney se charge de ta femme.

Tu restes � Tortuga,

que �a te plaise ou non.

Laurent !

�a suffit ! Emm�ne la fille !

Je commence � croire qu'elle t'a ensorcel�.

Je veux bien �tre pendue si c'est pas la chemise de nuit.

Emmenez-le � terre.

On tirera au canon en sortant du port.

Apr�s, lib�rez-le et filez.

Levez l'ancre !

Voil� le Barracuda.

Fais embarquer l'�quipage, on part dans une heure.

Attention.

On ne te veut aucun mal.

Je me souviendrai de ta pr�venance.

Et tu t'en souviendras aussi, jusqu'� la fin de tes jours.

Je m'en occupe, Lussan.

Que veux-tu ?

Lui !

Laisse-nous et il ne t'ennuiera plus.

Benjie, tu as trop bu.

Y aura pas de meurtre tant qu'il sera sous ma garde.

Baisse ce pistolet ou je...

N'avance pas !

Tu es tr�s courageux, Benjie, hein ?

Je salirai pas ma lame sur toi.

Swaine !

Bon sang, si c'est pas le portrait crach� du Barracuda !

C'est pas lui.

Le Barracuda, il est o� il doit �tre.

Pillery, d�tache-moi.

�a alors, c'est le Barracuda !

T'entends ? C'est le Barracuda.

Tu es bless�, Swaine ?

Il veut dire

qu'il peut r�gler leur compte � douze hommes comme Black.

C'est quoi ?

Le signal que mon ami D'Avilar a fil� avec ma femme et mon navire.

Il a chip� ta femme et ton navire ?

C'est tr�s obligeant de la part de Benjie

de laisser son bateau quand on en a besoin.

Le Cobra rattrapera jamais le Barracuda.

Il nous conduira � Carthag�ne. Je n'en demande pas plus.

Je vous aurais bien fait lib�rer plus t�t,

mais ces fruits tropicaux

doivent �tre mang�s d�s la cueillette ou ils sont g�t�s.

- Il ne lui a fait aucun mal ? - Apparemment pas.

Des paroles assassines, Monseigneur.

Disons que j'ai entendu: "Indubitablement pas."

La Condesa Francisca de Guzman y Argandora !

Bienvenue � Carthag�ne.

Monseigneur l'�v�que nous a inform�s

de votre capture et de vos terribles �preuves.

- Il fallait dire qu'elle �tait belle. - Je l'ai dit.

Il fallait dire qu'elle �tait encore plus belle.

J'ai �galement �t� inform�

d'un pr�tendu mariage entre vous-m�me et ce Barracuda.

Evidemment, je juge ce mariage inexistant.

Et ce que je juge inexistant le devient automatiquement.

A commencer par un homme qui prend le nom de plume d'un poisson.

On peut toujours demander l'annulation du mariage.

Mais cela prendrait des mois, non ?

En moyenne, environ dix-huit.

Dix-huit mois !

Je n'attendrai pas comme un mendiant le chapeau � la main.

Il n'y a aucune raison qu'on ne se marie pas demain.

Demain, Votre Excellence ?

Hier, h�las, c'est impossible.

Aujourd'hui, je vais consacrer toute mon attention � la t�che

de rehausser encore ma prestance pour vous.

Mais demain, je suis libre toute la journ�e.

Nous nous marierons demain.

Mais...

une jeune fille a tant de choses � consid�rer.

Si je me retrouvais avec deux �poux ?

Un pirate ne sera jamais un �poux,

sauf pour un autre pirate.

A pr�sent, Condesa Francisca, excusez-moi.

Je vais r�gler les pr�paratifs des noces et du banquet.

Et j'ai des papiers � signer,

des gens � pendre qui ne peuvent �tre pendus sans ma signature.

Je reviens vite.

Venez.

Nous formerons un beau couple.

- Vous m'aviez parl� de son port noble. - Il avait un port...

Oui, j'ai dit �a, n'est-ce pas ?

Ce n'est pas le cas, il est gras.

Ne pouvez-vous pas le voir comme plaisamment dodu ?

Mon pauvre Monseigneur !

Vous exercez une mauvaise influence.

Je devais autoriser la pendaison de plusieurs individus.

Mais je me suis laiss� attendrir, ils auront le chevalet.

Eh bien, ma petite fianc�e est-elle tout �mue ?

Par �gard pour la Condesa, je conseille son d�part

et le report du mariage.

Je suis s�r que votre conseil est bon.

Mais je l'ignorerai.

Commandant.

A l'avenir, le mot "belle" s'appliquera

� toutes les dames qui ont paru dans ces lieux.

Vous inventerez un nouveau mot signifiant "bien plus que belle"

qui s'appliquera exclusivement � la Condesa Francisca.

Dix-huit mois ? C'est absurde.

Je rappelle � Son Excellence que j'ai pris ma d�cision.

Je rentre chez mon p�re.

Vous faites erreur. N'en parlons plus.

J'insiste pour rentrer chez moi.

C'est une erreur d'insister quand on ne peut imposer sa d�cision.

Apr�s tout, votre p�re d�sirait aussi notre mariage.

Je persiste � supposer que c'est aussi votre d�sir.

O� sont les pirates

qui les ont ramen�s ?

Ils sont encore � bord.

Je d�sire les voir. Je vais les honorer de mon attention.

Excusez-moi, mon enfant.

Et vous, Monseigneur.

Votre Excellence !

Je vous accompagne.

Vous commencez d�j� � go�ter ma compagnie.

Bien.

Je vous en prie, venez.

Voici donc le Barracuda.

Il me pla�t autant que les navires de notre Armada.

- Peut-�tre plus. - Je suis d'accord.

�a ferait un bon navire de guerre.

L'�limination du se�or Barracuda

suffira pour le convertir en ce qu'il me faut,

un bateau pour mon plaisir personnel.

Ne soyez pas surprise s'il prend la mer un beau soir

pour votre lune de miel avec votre bien-aim�.

Si ma r�f�rence � votre bien-aim� est vague,

je parle de moi-m�me.

C'est une femme !

Oui, la barrique !

Et t'es quoi ?

Celui qui doit d�cider si vous serez pendue

ou br�l�e sur le b�cher. Epineux choix.

Je leur ai promis un sauf-conduit pour Tortuga.

Vraiment ? J'aurais s�rement fait la m�me chose.

Je n'aurais pas tenu parole.

Je n'ai pas � tenir la v�tre.

Je leur ai donn� ma parole en comptant la tenir.

Aucune parole d'honneur n'a � �tre tenue

avec ces moins que rien.

Elle doit �tre tenue.

Comme vous voudrez.

Mettez ces gens sous garde,

aussi l�g�re que n�cessaire,

jusqu'� ce qu'on les rende � leurs amis pirates.

Cela vous satisfait ?

- J'ai votre parole ? - Vous l'avez.

Commandant, escortez la Condesa � la passerelle.

Emmenez cette racaille,

avec les cha�nes si n�cessaire, � la prison.

Je d�ciderai plus tard s'ils br�leront ensemble ou s�par�ment.

J'aurais d� vous couper...

Quel grossier langage ! Emmenez-la.

Votre Excellence.

- Qui �tes-vous ? - Mario D'Avilar, vous connaissez.

En effet. Vous serez pendu.

Pour vous avoir ramen� votre fianc�e ?

Votre Excellence plaisante.

Pendu ?

Seulement par les pouces.

Mais la Condesa m'a promis...

Ce sera une exp�rience instructive.

Un gueux tel que vous ne peut jamais avoir l'audace

de croire la fille d'un vice-roi.

Quoi encore ?

Un rapport, Votre Excellence.

Un schooner anglais est en train de longer la c�te.

Le Cobra.

Bien s�r !

Le Barracuda est � bord.

Pourquoi ai-je dit �a ?

Le Barracuda et moi avons eu des d�saccords, mais c'est mon ami.

Je pr�f�rerais �tre pendu sur-le-champ

plut�t que d'�tre tent� de le trahir.

Ma parole, vous �tes une crapule.

- Quelle preuve avez-vous ? - Aucune.

- Mais alors... - Je le connais.

Comme je sais que le soleil se l�ve.

Il lib�rera la Condesa et Anne Bonney.

Ou sera tu�.

La seconde solution est plus plausible.

Et plus satisfaisante, aussi.

Si vous nous aidiez � attirer ce Barracuda

dans la sph�re de ma bienveillante garde,

vous pourriez �viter la pendaison.

Un aussi grand service, Votre Excellence, vaut bien...

Vous avez des conditions ?

La Condesa m'a promis 50000 piastres et l'ordre de l'Eperon d'or.

Votre insolence est presque attachante.

Entendu, vous aurez 50000 piastres

et l'ordre de l'Eperon d'or.

Sur mon honneur d'hidalgo.

Je remercie Votre Excellence.

Le Barracuda d�barquera � coup s�r

dans une crique qu'on utilise pour la reconnaissance.

A quelques lieues d'ici. Si je vous �chappais...

- �a pourrait s'arranger ? - En effet.

J'irais l'y trouver.

Laurent !

Je savais que tu viendrais. Je t'ai cherch� partout.

J'ai jamais �t� aussi content de voir des amis.

Il y a moins de trois heures de �a,

j'�tais enferm� et condamn� � la torture.

Sans l'aide d'un officier connu en des jours meilleurs...

Si je peux t'aider, Laurent.

Laurent, tu me crois, j'esp�re !

Tu as vol� mon bateau.

J'ai agi au nom de la Confr�rie. Dans ton int�r�t.

On �tait en train de te perdre,

tu trahissais notre cause commune.

Vous entendez �a ?

J'�tais infid�le � la cause.

Laisse-moi l'achever !

Tu disais ?

M�me si j'en meurs,

c'est ta femme qui nous a trahis.

Ma femme ?

D�s votre rencontre,

quand elle disait t'aimer,

elle intriguait pour qu'on la lib�re.

On a fini par accepter. Pas pour elle.

Pour ton bien.

Continue.

Elle avait promis un sauf-conduit pour Tortuga

une fois qu'on l'aurait amen�e ici.

Anne Bonney et tes hommes croupissent dans les donjons de la prison.

Tous condamn�s au b�cher.

Tu ne peux pas lui faire confiance.

Tu p�ses tes propos ?

Parfaitement.

Elle n'a pas attendu les noces pour emm�nager au palais d'Alvarado.

Dans son palais ?

Sous le m�me toit ?

Pardonne-moi de m'�tre m�fi� de toi.

Merci de m'avoir inform�.

T�che d'en savoir plus.

Retrouve-moi au march� � la nuit.

Compte sur moi.

Comment tu peux le croire ?

Qui a dit �a ?

Si ce menteur dit bonjour, je crois qu'on est le soir.

- Tout ce qu'il dit... - Pas tout.

Il y a du vrai et du faux. Un hachis.

Que je n'avalerai pas avant d'en savoir plus.

- Par qui ? Elle ? - Tu iras en prison.

Y a pire comme endroit.

Nos vrais amis s'y trouvent.

Je pense qu'ils seraient ravis de nous voir.

Venez.

Votre Excellence, le capitaine Mario D'Avilar.

Faites-le entrer.

Vous �tes d�j� de retour, hein ?

Eh bien...

je connais mal la racaille, on dirait.

Votre Excellence doutait de moi ?

Pas du tout.

J'�tais certain que vous me trahiriez.

Avez-vous r�ussi ?

Votre Excellence en jugera.

J'ai vu

un homme important, v�ritablement...

Allez au fait !

J'ai abord� un sujet qui ne laisse aucun homme insensible...

la femme qu'il aime.

J'ai laiss� entendre qu'elle ne l'aimait pas.

Qu'elle se moquait peut-�tre m�me de lui.

- Vous �tes malin, finalement. - Votre Excellence...

Ce n'�tait pas un compliment.

Je vous avais promis 10000 piastres.

50000 �tait la somme mentionn�e.

J'avais mentionn� 50000, mais je pensais 10000.

- Comme Votre Excellence voudra. - Exactement.

La vanit� devrait conduire cet homme

� chercher � savoir si on s'est moqu� de lui.

Si vous �tiez � sa place, Votre Excellence ?

Si j'�tais dans sa situation...

Oui, je pense que j'irais voir la dame.

Laurent !

Navr� pour cette frayeur,

mais je manquais de temps pour me faire annoncer.

Attendez, je ferme la porte.

Ne restez pas ici.

Ne savez-vous pas ce que vous risquez ?

Vous �tes fou d'�tre venu.

Une telle folie est peu risqu�e.

Qui pourrait m'imaginer ici ?

Sauf si vous appelez Alvarado.

Laurent, soyez s�rieux !

Pourquoi ne m'embrassez-vous pas ?

Vous voudriez continuer cette farce ?

Comment �a ?

Dire que j'ai cru en vous,

cru qu'une aristocrate pouvait s'abaisser � un flibustier.

Taisez-vous !

J'ai cru � votre amour et vous intriguiez pour me quitter.

Pourquoi dire �a ? Quelle preuve avez-vous ?

A Tortuga...

La seule preuve que j'ai est dans mon coeur.

Vous m'avez fait fouetter

parce que j'avais os� vous parler.

Vous �tiez pr�te � me poignarder.

L�, vous �tiez vous-m�me.

Avant de me cajoler.

Cette nuit-l�, � Tortuga, j'ai voulu vous expliquer.

Ces choses ne sont pas vraies. Ce sont des demi-v�rit�s.

Elles ont �t� vraies.

Elles ne le sont plus depuis que j'ai compris...

� quel point je vous aime.

Quelles preuves avez-vous que vous m'aimez ?

J'aimerais pouvoir vous en donner.

Si vous n'�tes pas pr�t � me croire sur parole...

Je n'ai aucune preuve.

Vous avez fait emprisonner mes hommes.

Anne Bonney aussi, qui devait avoir un sauf-conduit.

Elle attend avec les autres d'�tre br�l�e au b�cher

pour f�ter l'�v�nement royal.

Anne Bonney et vos hommes ?

Le feu ajoutera de la couleur

- aux festivit�s... - Appelez la garde !

De votre prochain mariage.

Il faut que vous partiez !

Vous savez que la garde arrive.

Je vous jure que je l'ignorais.

Et vous me pr�venez trop tard.

Mais j'avais envisag� cette possibilit�.

C'est donc vous, le Barracuda ?

Laurent Van Horn.

Oui, je me souviens.

Vous �tiez arrogant et je vous ai puni.

On est de vieux amis.

Cette intimit� ne va gu�re durer, j'en ai peur.

Je vais vous d�barrasser de cet intrus, d�finitivement.

Dites-lui pour Anne Bonney.

Laurent, sachez-le...

Cela a �t� un privil�ge de vous conna�tre.

Jamais je ne vous oublierai.

Quel joli discours !

Fouillez le jardin !

Vous !

Regardez dans les arbustes.

Faites-moi passer les armes � la prison de la m�me fa�on qu'� Maracaibo.

Assurez-vous qu'il n'y en a plus.

Mille pardons pour cette intrusion, mon enfant.

Mais je la jugeais n�cessaire, pour votre propre bien.

Je vous ouvre une autre bouteille.

Pas maintenant.

Si quelqu'un nous voyait ?

Apportez-leur le panier

et revenez vite.

Je vous attends.

Votre dernier repas !

Vous �tranglez pas avec les os.

Vous entendez ? Le dernier repas.

Il a dit quoi ?

Qu'il s'en fiche.

Le vice-roi !

S'il vous trouve ici dans cet �tat, avec moi, sa favorite...

Je sais, ce sera mon dernier repas aussi.

�a alors, si je pensais te revoir.

Francisca ! Elle est ici !

Elle sait se faire aimer.

Cache-le !

Je porterai plut�t le brocart blanc.

Il flatte ma silhouette.

Mon cher Escobar,

le but de ma visite n'est pas de d�nigrer cette prison.

Mes apparitions forcent les gens � rester vigilants.

Vous serez satisfait, Votre Excellence.

Attention aux marches.

Dites � mon barbier qu'il faut tailler ma barbe.

Un homme peut approcher votre gorge avec une lame ?

Coco, dis-lui que oui.

On ne vole pas une femme et son amour comme on vole des navires.

On est d'accord. Une femme ne peut �tre vol�e, ni son amour.

Pendez-le assez haut pour qu'il voie une derni�re fois le Barracuda.

- La touche finale. - Oui, Votre Excellence.

Les mari�s seront sur la m�me barque que les pr�tres.

Qu'il atteigne sa destination avant.

D'Avilar, quel joli spectacle.

Tu te caches derri�re le large dos de Son Excellence.

Quel dommage qu'une aussi fine lame

en soit r�duite � parer avec des mots.

M�me si j'avais un objet plus pointu que les mots,

je ne l'utiliserais pas maintenant.

Eh bien, Coco.

On ne le reverra pas,

alors nos condol�ances.

Il ne doit pas me voir.

J'ignorais que ton esp�ce tenait aussi � ses hommes.

Je l'aime.

Je viens tenir parole et vous lib�rer.

Vous pouvez sortir.

�a alors !

Vous...

Avancez.

- Ma femme. - Allez, ouvre !

- Vous me croyez maintenant ? - Oui.

Jamais je n'oublierai ces secondes.

Ni votre visage en cet instant.

On va avoir les gardes � nos trousses.

O� est l'armurerie ?

- Plus vite ! - Allez !

Avancez !

Vous vous trompez.

Le palais a envoy� une servante.

Le palais n'a envoy� aucune servante.

Il y a une femme ici.

Il faut d�couvrir qui c'est et l'emp�cher de sortir.

Je m'en charge.

J'ai du mal � croire que c'est votre robe de mari�e.

Allez vous changer

et montez sur la barque.

Vous serez de mon avis,

mieux vaut ne rien dire � Alvarado.

Mario, enfin !

Sale rat de fond de cale !

Regagnez le port.

- Evitez le fort et les soldats. - Venez !

Emm�ne-le aux Carolines.

Et l�-bas...

bonne travers�e.

Vous voyez le bateau ?

Je ne vois rien.

Ne me regardez pas, il n'est pas sur ma figure.

Ouvrez l'oeil.

Les oreillers ?

On veut passer la nuit ici ?

Idiot ! Descendez-les !

Pour mon petit-d�jeuner demain.

- Pourquoi ces soldats ? - Il y a eu un soul�vement.

Les pirates sont en fuite.

Ces hommes vont prot�ger votre retour � terre.

Mon retour � terre ?

Leur chef n'a que ce bateau. Je l'attendrai ici.

Les autres ?

Ils sont dans la chaloupe.

Qu'ils montent.

Avec ceux qui sont l�, �a fera un bon comit� d'accueil.

Le bateau arrive.

- Doit-il faire demi-tour ? - Non.

La Condesa doit apprendre comment je traite les g�neurs.

Les p�res ne se rendront compte de rien avant leur r�veil.

Pillery n'a pas utilis� la violence.

Je crains que l'�v�que en personne ne soit attendu.

Dans ce cas, son absence devra �tre excus�e.

Officier !

Une haie d'honneur pour la Condesa !

Et le tapis.

Ma ch�re.

Le p�re Lorenzo remplace Son Excellence.

L'�v�que a une attaque de goutte.

Je le plains,

mais ravi qu'il ne m'ait pas retard�.

J'avais envie que nous soyons mari�s ici m�me.

J'imagine que vous �tes d'accord.

Je dois mentionner un contretemps.

Vous n'�tes pas encore veuve.

Nous devrons r�fr�ner notre impatience,

pas pendant des jours, ni m�me des heures, j'esp�re.

N'esp�rez pas.

J'aurais d� parler d'une question de minutes,

car ce bateau est fortement arm�,

ce que vous n'aviez pas pr�vu.

J'ose croire que vous avez �t� impliqu�e contre votre gr�.

C'�tait mon choix.

Le choix du perdant. Vous pouvez changer d'avis.

Je n'en ai pas l'intention.

N'allez pas trop loin.

Je ne suis plus de votre monde.

Je ne partagerai jamais votre triomphe.

Lieutenant !

Vos gardes ne pourront rien contre mon m�pris.

Vous incarnez tout ce que je veux oublier.

Lieutenant !

O� �tes-vous ?

Sentinelle !

Coupez l'ancre !

On peut pas passer devant le fort.

On sera � bout portant.

Il faut qu'on file.

Imb�ciles !

Vous ne sortirez jamais.

J'ai donn� l'ordre � la garnison de tirer

si ce bateau bouge avant l'aube.

Sonnez l'alarme. Servez les canons.

Sonnez l'alarme !

Au moins, nous aurons tous la douteuse consolation de mourir ensemble.

Servez les canons !

Le Barracuda part tr�s en avance, monsieur.

Le pr�tre, la mari�e, Son Excellence.

Pourquoi ne se marierait-il pas en avance ?

Regardez le pr�tre. N'est-il pas grand pour �tre l'�v�que ?

Oui, �trangement grand, c'est vrai.

Pr�ts � tirer par section !

Pr�ts � tirer par section !

Tirez !

Tirez, bon sang !

Section num�ro trois !

Tirez !

Encore quelques instants.

Priez que nous soyons d�livr�s.

Quand je pense que j'ai failli lui tirer dessus,

avec Son Excellence � bord.

Saluez-les avec les fus�es.

Vive le vice-roi !

Pendons-le � la vergue.

Br�lons-le !

Il faut faire �a bien.

Pas � pas, membre par membre.

Ne pouvez-vous pas l'�pargner ?

Lui trouver un travail utile ?

Un travail ?

Non, Condesa.

Votre suggestion est la plus cruelle.

- Don Alvarado, le chanceux ! - Il n'a pas pu attendre.

Il est mort.

Adaptation: Anne Trarieux

Sous-titrage vid�o: C. M.C.

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