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LA CAPTIVE AUX YEUX CLAIRS
Nous remercions
le service des parcs nationaux
du minist�re de l'Int�rieur,
qui nous a permis de filmer
les beaut�s naturelles
du parc national de Grand Teton
Le d�but de l'histoire des �tats-Unis
est une chronique de tentatives h�ro�ques.
Certains furent les premiers � franchir prairies et montagnes,
d'autres � trouver de l'or, de l'argent et du cuivre,
� organiser la culture et des cit�s nouvelles.
Cette histoire est celle des premiers hommes
qui explor�rent en bateau le cours du haut Missouri.
Partis de St-Louis, ils parcoururent plus de 3000 kilom�tres
en territoire indien hostile
et ouvrirent ainsi le passage vers le grand Nord-Ouest.
Cela commen�a en l'an 1832
dans le Kentucky, sur la route de Louisville.
Jim Deakins suivait tranquillement son chemin
quand il vit dans les arbres
quelque chose qui bougeait.
�tait-ce un homme ? Un ours ?
Jim �tait curieux.
Ce ne pouvait �tre un homme. L'oiseau se serait envol�.
Je vous suis tr�s oblig� !
Je voudrais mon couteau.
C'�tait vous qui siffliez ?
Pourquoi avez-vous fait �a ?
Je n'aime pas �tre suivi !
Moi, je n'aime pas �tre ross�,
surtout quand je ne m'y attends pas !
Cette fois, ce sera moins facile !
Je ne me bats pas avec un bless�.
Si ! Vous allez vous battre !
Je n'attendrai pas votre gu�rison.
O� allez-vous ?
� Louisville.
D'ici l�, �a ira mieux. Vous m'emmenez ?
Je ne veux pas vous perdre.
C'est ainsi qu'ils firent connaissance.
Jim ne sut jamais pourquoi il l'avait emmen�...
Peut-�tre cherchait-il � le comprendre.
Et Jim �tait d'un naturel curieux.
C'�tait vous qui siffliez, l�-bas ?
C'est rudement bien imit�...
Je pense qu'on pourrait se pr�senter.
Je m'appelle Jim Deakins.
Et moi, Boone.
- Que fuyez-vous, Boone ? - Le sh�rif.
Pourquoi ?
Un type a vol� mon fusil.
Et le sh�rif vous poursuit ?
Quand j'ai pris le type,
le sh�rif l'a cru et m'a coffr�.
Je me suis �vad�.
Et vous avez repris votre fusil.
Il en valait la peine.
Je n'en ai jamais vu de pareil.
Le second coup est quelquefois utile.
Un seul m'a toujours suffi.
En arrivant � Louisville, ils �taient de vrais amis
et ils ne se battaient qu'avec les autres.
Jim vendit son chariot et ils partirent � dos de mule.
Deux semaines de trajet et une bagarre � chaque �tape.
Enfin, ils virent les eaux du Missouri briller sous la lune,
ainsi que les lumi�res de Saint Louis.
Sapristi ! Quelle grande ville !
Combien d'habitants, selon toi ?
10 � 12000, disait l'oncle Zeb.
Comment les gens peuvent-ils s'entasser ainsi ?
Cette fourmili�re ne me plairait pas.
� moi non plus.
On dirait un essaim d'abeilles !
Jamais vu tant de monde dans une rue.
Les hommes marchent en canard, le ventre en avant.
Et les femmes, comme des sacs ficel�s au milieu !
O� chercher mon oncle Zeb ?
Faudrait d'abord vendre les mules.
On dirait que c'est l'endroit, l�-bas...
�a vous fait une bonne paire de mules.
Connaissez-vous Zeb Calloway ?
Quel est son m�tier ?
Trappeur... chasseur...
Connais-tu un nomm� Zeb Calloway ?
Oui. Pas vu depuis au moins 6 mois.
Il doit �tre au Cheyenne, quelque part entre ici et le Canada.
Vaste pays, que peu de Blancs ont vu, except� Zeb Calloway.
Il n'est pas blanc. � moiti� indien !
C'est mon oncle !
Il plaisantait.
Je ne trouve pas.
- C'est sans malice. - Bon, s'il le dit.
Je disais �a comme �a.
Sam Eggleston vous dira o� il est.
O� est Sam Eggleston ?
� la compagnie des fourrures... juste au coin.
Tout cet argent me p�se. Prends-en la moiti�.
Pourquoi as-tu fait �a ?
Je n'aime pas les Indiens !
Ne frappe pas quelqu'un parce que tu n'aimes pas les Indiens
ou parce qu'il aime pas ton oncle. Promets-le-moi, pour ce soir.
- Sam Eggleston est l� ? - Oui. Sam !
O� pouvons-nous trouver Zeb Calloway ?
Je vous ai pos� une question. Savez-vous o� il est ?
Non, je l'ignore, et peu m'importe
tant qu'il n'est pas sur le territoire de la compagnie !
C'est tout ?
Il nous doit deux tonneaux de whisky
qu'il n'a pas livr�s � notre poste de Fort Missouri !
Et vous ne savez pas o� il est. Il n'y a gu�re de quoi vous remercier.
Tu t'es rappel� ta promesse.
Ils ne sont que quatre.
Chacun, ici, doit travailler pour la compagnie.
Avec �a, on n'a toujours pas trouv� mon oncle.
Il faudra sans doute rester quelque temps...
Si on allait boire un verre ?
J'ai soif et cet argent me br�le les doigts.
J'ai vraiment soif, maintenant. Versez-en deux !
N'importe quoi, mais bien tass� !
Le coin me para�t bien.
Bonne chasse !
Oh, whisky, laisse-moi...
tranquille !
Oh, whisky, laisse-moi...
tranquille !
Oh, whisky, laisse-moi tranquille !
Car je dois rentrer chez moi !
Mon verre a l'air tellement vide...
Mon c�ur est vide aussi !
Si mon verre �tait plein...
La croirais-je fid�le ?
Vous n'avez pas encore trouv� Zeb.
Nous ne le cherchons gu�re.
Vos beuglements ne le feront pas venir !
Faites donc attention � vos pieds !
Vous n'aurez vos armes qu'apr�s avoir pay� l'amende.
Comment trouver l'oncle Zeb, maintenant ?
En tout cas, ne paie pas l'amende.
Je me foule toujours les doigts, et toi jamais.
- Pile ou face ? - Pour quoi ?
La couchette d'en bas.
J'ai mal au cou... et m�me aux cheveux.
Ne me marche pas dessus en montant.
Qu'est-ce que vous voulez ?
- On peut pas roupiller tranquille ? - Je vous avais pas vu !
Ici, c'est pourtant l'endroit !
Oncle Zeb !
Tu me reconnais pas ?
- Qu'est-ce que tu fais ici ? - Je te cherche.
Quelle honte ! Retrouver son parent en prison !
�a m'est �gal.
�a ne devrait pas t'�tre �gal !
Je ne veux pas de ton aide !
Te trouver ici ! Que dirait ta m�re ?
Et toi ? Tu y es bien !
La providence m'y a envoy� pour te trouver.
Que fais-tu ici ?
Comme ton p�re, tu parles trop ! J'avais dit � ma s�ur de se m�fier !
Laisse mon p�re tranquille !
Il dit que tu n'es qu'un ivrogne !
Non seulement il a fait de la prison, mais il ment !
Voyez ce qu'il laisse tomber !
Je vois que tu as retenu ma le�on.
- Il tenait un sac � balles ! - Comme moi.
C'est pour �a que vous cognez dur ?
Sans m'esquinter les doigts.
Vous n'avez rien � boire ?
Non, �videmment.
Dis-moi ce que vous faites ici.
On s'est battus avec un type qui te traitait d'ivrogne.
Il n'y avait pas de quoi se battre. Son nom ?
Un nomm� Eggleston.
Cet avorton t'a ross� ?
Les gars de la compagnie nous sont tomb�s dessus.
Ils ne vous aiment pas.
C'est r�ciproque. Ils ont tu� mon premier associ�.
Ils en ont accus� les Sioux, mais c'est faux.
Pourquoi ont-ils fait �a ?
Rien ne les arr�te quand il s'agit de supprimer la concurrence.
Ils veulent �tre seuls � traiter avec les Indiens.
Qu'est-ce que vous comptez faire ?
O� allez-vous, Zeb ?
Je vais remonter le Missouri en bateau.
- �a semble int�ressant. - On pourrait se joindre � toi.
Vous joindre � moi ?
�a, je ne sais pas...
Toi, tu tires assez bien. Et vous ?
Jim me vaut presque.
Presque ? Rappelle-toi donc...
Je vous crois sur parole. Mais d'abord, il faut...
- O� �tais-tu ? - Je te cherchais.
Pourquoi ne m'as-tu pas cherch� d'abord ici ?
La brume remonte la rivi�re.
L'un de tes hommes a trop parl�.
Ceux de la compagnie ont jacass� que ton bateau serait fouill�
et que tu ne d�passerais pas Fort Leavenworth.
Qui les a renseign�s ?
Labadie �tait en bord�e.
Labadie et toi ! Partout, on me dit :
"Ils ont bu du whisky et sont partis !"
Je n'avais pas touch� � la seconde bouteille.
Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
Il y a de la brume sur la rivi�re ? Moi, je la remonterais avant l'aube.
Bonne id�e ! Allons-y !
Faut d'abord nous faire sortir d'ici !
Ton amende, oui, mais pas celle de ces deux gibiers de potence !
Bon, je me recouche.
Attends... Je ne veux pas partir sans toi.
Qui sont ces hommes ?
L'un est mon neveu. Et l'autre...
Tous deux sont de bons chasseurs.
Que chassent-ils ici ?
Ne perdons pas de temps. Paye nos amendes !
C'est un agit�, mais on peut compter sur lui.
Merci d'�tre intervenu.
Attendez de voir la suite !
Ce brouillard nous facilitera les choses.
�a m'ennuie de partir sans Labadie. C'est un sacr� cuisinier !
C'est Labadie qui joue !
C'est le petit Fran�ais � figure ronde ?
On va le chercher.
Je vais m'en occuper, avec Romaine.
- J'ai une fille � voir. - Tu la verras dans 4 ou 5 mois.
- �a va ? - Tr�s bien !
Ce n'�tait pas assez, alors !
Sait-il o� il va ?
- J'esp�re bien ! - Il le sait !
Montez et restez tranquilles.
La lanterne ! �teignez-la !
Nous allons dormir ici. Il y a du chemin � faire.
Qu'est-ce que tu fais l� ?
Oui, il y a une femme � bord !
Retourne � ton travail !
Vous, restez tranquilles !
- Que fait une femme � bord ? - �a va... dormez.
La premi�re journ�e parut longue.
Tous attendaient que la femme se montre
ou que le Fran�ais explique pourquoi elle �tait � bord.
Ce ne sera vraiment pas de refus.
C'est pas une femme. Une gamine !
C'est une Indienne !
Maintenant, tu l'as vue ? �a te donne des id�es ?
Tu as vu leurs t�tes ?
Oui. Dis-leur !
En effet. Il est temps. �coutez tous,
et �coutez bien !
Je n'ai rien dit parce qu'apr�s avoir bu, certains parlent trop.
D'abord, parlons affaires.
D'ordinaire, on vous donne dix dollars par mois,
� manger et du whisky.
Cette fois, vous aurez davantage.
Vous aurez une part des b�n�fices. Car nous allons loin !
� 2000 miles. Peut-�tre plus.
Aucun Blanc n'est encore all� aussi loin !
On ach�tera des fourrures aux Pieds-Noirs.
Il faut trois mois pour y aller.
Parfois plus ! Mais on ne prendra pas les restes de la compagnie !
Cette fois, nous irons o� ils n'osent pas aller !
Pourquoi n'en as-tu rien dit ?
Quand les hommes ont bu, ils parlent trop !
Si la compagnie ne peut traiter avec les Pieds-Noirs, le pourrons-nous ?
Tu veux savoir comment nous arriverons
� traiter avec les Pieds-Noirs.
Parce que nous avons l'Indienne.
Calloway, explique-leur.
C'est la fille d'un chef Pied-Noir.
Ils seront reconnaissants qu'on la ram�ne. Au bout de la rivi�re...
Nous n'arriverons jusque-l� que si nous avons l'Indienne !
Elle sera en quelque sorte notre...
- Comment dit-on ? - Otage !
Elle nous prot�gera. Elle dira � son peuple
que nous voulons �tre les fr�res des Pieds-Noirs.
Maintenant vous comprenez que s'il lui arrive quelque chose
tout est perdu !
Donc, laissez-la tranquille. Pas un mot, pas un geste, rien !
Autrement, M. Calloway abattra celui qui voudra y toucher.
Maintenant, vous savez. Alors, qu'en dites-vous ?
C'est le moment de parler !
Vous pouvez encore retourner � Saint Louis !
Mais si vous restez...
ce sera jusqu'au bout !
Vous restez tous ?
Bon !
En remontant le fleuve, les gars travaill�rent
en hommes qui croyaient � ce qu'ils faisaient.
Ils estimaient que le plan du Fran�ais �tait bon.
On atteignit Fort Leavenworth en dix jours.
Avec trop de whisky et l'Indienne � bord,
le "Mandan" aurait eu des difficult�s.
Aussi nous pass�mes de nuit
pour n'�tre ni vus ni entendus.
Garde � bord plus de whisky qu'il n'est permis.
Laisse-leur-en un peu � saisir. �a les calmera.
Dis-leur que tu nous as fait descendre pour chasser un peu.
Le bateau retourne au Fort ?
Il reviendra � Fort Leavenworth cette nuit pour �tre inspect� demain.
Puis on rechargera ici.
Cette fille parle anglais, Zeb ?
Teal Eye ? Elle ne parle pour ainsi dire pas.
Teal Eye... c'est son nom ?
Celui que je lui donne.
Ses yeux me rappellent ceux de la sarcelle.
Plut�t grands, doux, jolis.
Pourquoi cache-t-elle son visage ?
Avec tous ces hommes, �a vaut mieux.
Mais je commence � en douter.
Voil� que je me tracasse pour une femme.
Quand elles sont l�, on n'y pense pas
mais quand on est loin, comme nous, en ce moment...
En voil�, une id�e !
... c'est alors qu'on pense � elles !
On regrette de ne pas les avoir mieux appr�ci�es.
Voir le visage d'une femme, y a rien de tel.
Une fois, au Kentucky, j'�tais en diligence.
Assis toute la nuit � c�t� d'une femme voil�e.
Dans les cahots, je me cognais contre elle.
Elle �tait parfum�e.
Alors, qu'as-tu fait ?
Rien. Mais une roue s'est d�tach�e. On a vers�
et elle est tomb�e en plein sur moi !
Alors, quand nous nous sommes relev�s...
j'ai vu son visage.
Jolie ?
Jolie !
La curiosit� est parfois fatale aux matous, dit-on.
Pas mal, pour une Indienne !
Comment a-t-elle perdu sa tribu ?
Captur�e par les Crows, qui d�testent les Pieds-Noirs.
Une chance qu'elle ait pu s'enfuir.
Jourdonnais l'a trouv�e o� ?
Sur le fleuve, en cano�, � demi-morte.
Du c�t� de la rivi�re Platte, il y a trois ou quatre ans.
�a lui a donn� l'id�e de ce voyage.
Comment te fais-tu comprendre d'elle ?
Je parle sa langue.
J'ai v�cu chez les Pieds-Noirs.
J'ai vu quantit� d'Indiens
et presque tout ce pays.
Pays immense et sauvage.
Colter's Hell, le Sidskidi et le Teton, plus hauts que les nuages.
Il n'y a rien de plus beau que le haut Missouri.
Sauvage et joli comme une vierge.
Mais la partie la plus belle appartient aux siens, les Pieds-Noirs.
Aucun Blanc ne peut souiller leur pays.
Ils craignent la maladie du Blanc...
"Main basse" ! Ce qui lui pla�t, il le prend.
Et plus il en a, plus il en veut... comme s'il avait la fi�vre.
Il prend jusqu'� ce qu'il ait tout. Apr�s, il se bat avec ses semblables.
Comment les Indiens nous aimeraient-ils ?
J'aimerais mieux vivre au pays Pied-Noir que partout ailleurs.
Bien des fois, je les ai fuis, croyant ma derni�re heure arriv�e.
Et pourtant, c'�tait la belle vie, libre et sans entraves !
Tu aimes ce pays, hein, Zeb ?
Mon fr�re n'y a-t-il pas �t� tu� ?
Oui, c'est l� que Ben a �t� tu�.
Il avait � peu pr�s l'�ge que tu as.
Et moi aussi. Je croyais que tu avais oubli�.
Est-ce qu'on peut oublier �a ?
On dirait un scalp.
Tu l'as pris � l'Indien qui a tu� mon fr�re !
Aussi d�testes-tu les Indiens.
J'�tais revenu le dire � ta m�re.
Il y a longtemps. Si j'�tais toi, je jetterais �a.
Crois-moi... Tu devrais t'en d�barrasser !
� ta place, je ne m'en m�lerais pas.
Vous en avez assez ?
Elle est pire qu'une panth�re !
Si elle avait eu un couteau, elle t'aurait saign� !
Pourquoi voulait-elle �a ?
C'est un scalp de Pied-Noir.
Tu sais pourquoi l'Indien prend un scalp ?
Pour humilier un ennemi.
Elle croit que ce Pied-Noir n'osera pas se montrer dans l'au-del�
tant que son scalp ne sera pas enterr�.
Il faut �tre enterr� entier ?
Dr�le de croyance.
Toutes les croyances sont respectables.
Pourquoi ne pas le lui rendre ?
D�sormais, ne dors que d'un �il, crois-moi...
C'est le moment d'essayer, mais c'est fatigant !
En septembre, nous avions d�pass� la Platte
pr�s du territoire de la compagnie des fourrures.
Tout allait bien, trop bien.
Il n'�tait pas normal que la compagnie n'essaie pas de nous arr�ter.
D'o� tu viens ?
J'ai inspect� les alentours.
- Et alors ? - Rien vu. Pas une trace.
Cesse de t'�corcher et �coute-moi !
Toujours � te bichonner, comme au samedi soir.
- Qu'est-ce qui te tracasse ? - La compagnie.
Ils vont agir contre nous et il est temps qu'ils le fassent.
- Qu'est-ce qu'ils vont faire ? - J'aimerais bien le savoir !
Et nous ?
On pourrait envoyer des hommes. Trois suffiraient.
Appelle-les, je leur dirai o� aller.
Mais aujourd'hui !
Qu'ils prennent leurs fusils.
Mais � quoi �a servira ? Ils tirent si mal.
- Que peut faire la compagnie ? - Nous emp�cher d'avancer.
Romaine, avec moi.
Quant � vous deux, l'un ira en aval, l'autre en amont.
Ici, �a ira.
Assieds-toi et ne bouge pas.
Compris ?
Ouvre l'�il. Si tu vois quelque chose, tire !
Mais ne vise pas. Tu ne toucherais rien !
Cette musique vous retourne un homme, hein ?
Que chante-t-il ?
Oh, c'est une vieille chanson.
Un homme qui s'ennuie de sa femme...
Et quand il r�ve, il sent ses l�vres sur les siennes.
Il se sent tr�s seul, sans son amour.
J'ai cru qu'elle te le collerait dans la figure.
Prenez vos fusils !
Je l'ai manqu� !
�a t'�tonne ?
Il veut boire, je crois.
Donne-lui � boire. Peut-�tre nous renseignera-t-il.
C'est un Pied-Noir... un Indien errant...
On en rencontre parfois, pas arm�s et mal v�tus.
Et l'esprit un peu d�rang�.
Que lui a-t-elle dit ?
Qu'un Pied-Noir ne doit pas boire l'alcool du Blanc.
Il est laid, mais amusant. Que ferons-nous de lui ?
On ne peut plus s'en d�barrasser.
Sachant qui elle est, il doit rester avec nous.
L'Indien Poor Devil parla, en effet...
Outre les gens de la compagnie, nous avions � redouter les Indiens Crows.
Nous repart�mes.
Le Missouri devenait plus rude.
� la rame et � la perche, c'�tait trop lent.
Nous d�mes haler le bateau,
ce que les Fran�ais appelaient "cordelle".
Le courant semble vif.
On devrait attendre que �a se calme.
Il veut s'amarrer ? �a ne tiendra pas !
Il n'entend pas !
Allez lui dire de ne pas s'amarrer !
Trop tard ! Il va chavirer !
Coupez la cordelle !
Elle n'est que tremp�e. Qu'as-tu � la main ?
Ce n'est que mon doigt.
- �a fait mal ? - Non. Il est encore engourdi.
Faut-il la ramener ?
Ce n'est pas une plume !
Si je comprends bien, elle ne veut personne aupr�s d'elle.
Laissons-la.
Elle n'est gu�re couverte.
Je lui ai dit d'inspecter les parages.
Oncle Zeb !
Je suis ton oncle, mais pas encore un vieillard.
Comment est notre Indienne ?
Furieuse.
Elle envoie ceci avec un message.
Que dit-elle ?
Que vous �tes quittes. Tu l'as sauv�e et elle ne t'a pas encore tu� !
- Alors, ce doigt ? - Coinc� dans un arbre.
Il est engourdi.
Tu sens �a ?
Il est disloqu�.
Il ne te servira plus.
Et �a peut s'envenimer.
- Il faut... ? - Oui.
Apporte une cruche, une grande.
Boone, fais rougir un morceau de fer.
Je dois aiguiser mon couteau.
Pour couper un doigt, rien ne presse. Bois encore un coup !
- Vide ! - J'ai bu le dernier coup !
Je vais arranger �a tout de suite.
- Tu n'as rien gard� pour toi ! - C'est rare !
Elle est bien bonne !
C'est bien la premi�re fois que �a lui arrive !
Une autre cruche avant de couper.
Il faut bien l'encourager !
A-t-il tout bu, ou est-ce toi ?
On ne peut pas saouler un homme sans boire un peu avec lui.
Apporte du baume pour ce doigt et de quoi faire un pansement.
- Le fer est rouge ? - Oui, depuis une heure.
Pas trop... on a � travailler.
On peut pas le faire boire seul.
O� as-tu appris �a ? Du c�t� de ton p�re.
Ou du c�t� de ma m�re.
Tu parles trop, mais t'as peut-�tre raison.
Bient�t je serai ivre, moi aussi.
Je parle Pied-Noir ! Vous entendez ?
�a veut dire quoi ?
C'est ce que j'ai dit ! Qu'ai-je dit ?
"Je m'appellerai Quatre-doigts" !
- Tu te fais couper le doigt aussi ? - Non. Il l'a dit.
Lui aussi ? Pourquoi vous faire couper le doigt ?
Que d'histoires pour un pauvre doigt !
Et si je m'en faisais couper deux ?
Tu t'en ferais couper deux aussi ?
Toi alors, tu es un ami, un vrai !
Boone, tu t'en couperais deux aussi ?
Je crois qu'il est pr�t.
De vrais amis !
Ils se feraient couper la main, peut-�tre !
C'est fou, cette tendance � faire comme les autres.
Je me coupe un doigt, ils se coupent un doigt ! ...
Comment tu te sens ?
Il n'a rien senti !
Qui a mon doigt ? Comment faire, sans ce doigt ?
T'en as pas besoin !
Un Indien ne peut aller au ciel qu'en entier, non ?
C'est ce que tu as dit. Et �a para�t juste.
Comment iras-tu, sans ton doigt ?
C'est ce que je dis... Qui me l'a pris ?
Faire �a � un ami !
Me couper le doigt et le perdre ! Vous n'�tes pas des amis !
Quelqu'un l'a jet� au feu.
Perdre le doigt d'un ami ! �a ne se fait pas !
Maintenant, retrouvez mon doigt !
15 jours plus tard, encore aucun risque de la compagnie.
La plupart du temps, nous �tions � la chasse.
Quel immense pays !
Seul le ciel est plus vaste.
Dieu semble avoir oubli� de le peupler.
Il n'a pas oubli� les moustiques !
Pires que les puces !
Ils nous videraient de notre sang !
Ceux-l� ne sont que des avortons.
On trouvera plus gros.
Avec des dards comme des tuyaux de pipe !
Je vois pas pourquoi Dieu les a cr��s.
Pour nous rappeler qu'on n'est pas si grands.
Il y a peu de chances qu'on l'oublie.
Aussi nous a-t-il donn� cinq doigts.
Je parie que les moustiques disent :
"Seigneur, pourquoi avoir donn� des mains � l'homme ?"
Les voil�.
C'est pr�t.
Nous avons de la viande pour vous !
On va en chercher d'autre ! Guettez-nous en amont !
Sentinelle � la manque ! Si on �tait des Indiens... Que se passe-t-il ?
On fouette Chouquet. Il a voulu attraper la fille.
Continue de monter la garde. Et ouvre l'�il !
O� est la fille ?
� bord. Va lui parler, je la comprends pas.
On ne traite pas un homme ainsi !
Rends le fouet.
Rafra�chis-toi ! �a vaut mieux que de se faire du mal.
Vous dormirez sans doute mieux avec �a.
Vous l'avez bien cherch� !
Vous m'avez bien assez provoqu�
en vous glissant aupr�s de moi.
Je n'aime pas qu'on me menace.
Si vous l'aviez demand�, je vous l'aurais donn�.
Mais vous ne parlez pas.
Une femme qui ne parle pas, c'est pire qu'une bavarde !
On ne sait pas ce qu'elle pense.
Parlez donc ! M�me si je ne comprends pas.
O� est Boone ? Il n'est pas de garde.
Donnez-moi ce couteau !
- Attention ! Elle a un couteau ! - T'es saoul ?
Donnez-moi ce couteau.
Comment l'a-t-elle eu ?
Je le lui ai donn�. Et j'ai bien fait !
Dommage qu'elle n'ait pas...
Pas si fort, sans tes balles.
Attrape-le, Romaine, et fouette-le.
Regardez ce qu'elle lui a fait !
Allez, esquintez-le un peu plus...
J'aurais d� me douter qu'il �tait bless�.
Vous pouvez le fouetter. Il l'a m�rit�. Mais attendez qu'il soit gu�ri.
Mieux vaut recoudre �a.
Une fois, avec Parker le trappeur, on rencontra un ours �norme.
Avant qu'on l'ait tu�, il blessa Parker,
lui arrachant une oreille
mais j'avais une aiguille et du ligament de cerf, comme ceci...
et je lui ai cousu l'oreille, qui redevint presque aussi bonne.
Je vais le faire.
Je vois, seulement mes bras ne sont pas assez longs.
J'ai dit : presque aussi bonne
car j'ai cousu l'oreille � l'envers.
Aussi Parker m'en a-t-il voulu
car lorsqu'il entendait un serpent � sonnettes,
il filait dans la mauvaise direction et marchait dessus !
As-tu vraiment envie de le recoudre ?
Depuis ce coup-l�, je suis nerveux.
Arrose de whisky et commence � coudre.
Il l'a bien m�rit�.
Ne le frappe pas maintenant.
J'attendrai qu'il se rel�ve.
Versez avant de coudre.
On ne sait jamais ce que fera une femme.
Ne g�chez pas le whisky !
Ne recommencez pas !
�a se cicatrisera bien tout seul !
Assez !
Regarde un peu par l�...
C'est une fa�on de r�gler ses comptes ! �a fait 2 cruches en 3 jours !
En voil� une qu'elle n'aura pas !
Les pluies ne dur�rent pas, mais les eaux �taient hautes.
Le vent du sud nous fut favorable.
Nous pass�mes le Cheyenne et atteign�mes le Yellowstone.
Puis, une nuit, la compagnie des fourrures entra en action.
Amenez-la pr�s des chevaux.
Nous irons au bateau par le fleuve.
Allumez le plus grand feu possible. Nous vous attendrons en amont.
L�chez ces fusils. On veut vous parler.
Voyons un peu ce que �a veut dire.
- La fille est indemne ? - Elle n'est pas � bord !
O� est la fille ? Parlez, ou je tire !
Ne tire pas. Il faut qu'ils parlent.
Vous avez tu� Chouquet ?
Attends. Ne t'emballe pas.
C'est Mac Masters qui vous envoie ? Parlez !
- Qui est Mac Masters ? - Le patron de la compagnie.
C'est lui qui vous fait faire ses sales besognes !
- Qui a tu� Chouquet ? - Ce n'est pas nous !
- Mac Masters vous envoie ? - Oui.
O� est la fille ?
Streak et les autres l'ont emmen�e.
Ils sont partis en amont.
Ils �taient six.
- Allons les chercher. - Tout de suite !
Ils ne lui feront pas de mal. Elle a autant de valeur pour eux.
- Il faut "br�ler" le bateau. - Bonne id�e.
Faisons un grand feu de branchages. Streak croira qu'ils ont r�ussi...
Et qu'on est � pied.
L'eau a caus� le plus de dommages aux haricots et � la farine.
Mac Masters nous revaudra �a.
On va le voir. S'il veut se battre, tant mieux !
J'aimerais aider � reprendre la fille.
Emmenons Poor Devil et...
- Pete, tu prendras des munitions. - J'ai ce qu'il faut.
Un grand feu ! Qu'on le voie de loin.
Poor Devil pouvait suivre leurs traces
et la pens�e de Teal Eye le stimulait.
Jim et moi le suiv�mes toute la journ�e.
La fille est bien l�.
Ils sont six.
Que pourrions-nous faire, selon toi ?
On pourrait passer � deux derri�re eux.
C'est pas b�te.
Poor Devil et moi, nous monterons sur ce rocher.
Quand je ferai le cri du hibou, Pete et toi avancerez de ce c�t�-ci.
Pete, mets-toi derri�re cet arbre et attends-moi.
Ne touchez pas � vos fusils !
Streak, je vois que tu travailles toujours
pour la compagnie et Mac Masters.
- Ne bougez pas, et �a ira bien. - Tu ne peux tirer qu'un coup.
En voici un autre.
- Qu'en penses-tu ? - Vous �tes fous !
Voici un autre fou ! Ne bouge pas !
Et il y a des Indiens tout pr�s.
Pete, prends leurs fusils.
Vous autres, groupez-vous.
Et vite !
Joignez-vous plut�t � nous.
Sans bateau, vous ne pouvez plus rien.
On a vu le feu dans le lointain.
Et vous avez su ce que c'�tait, hein ?
C'�tait un feu de branches. Vous �tes tomb�s dans le panneau.
- Alors, ces deux hommes ? - Ils n'ont pas br�l� le bateau.
Demande-lui s'ils ne l'ont pas ennuy�e.
Tais-toi, Poor Devil !
Qu'est-ce qu'il raconte ?
Il dit que Streak a un superbe scalp !
Il n'a qu'� le prendre !
Partons.
Pete, prends leurs fusils.
Nous prenons aussi vos chevaux. N'essayez pas de nous suivre.
Streak n'essaya pas de nous suivre.
Trois jours apr�s,
nous �tions au fort de Mac Masters.
Amenez ces deux salauds !
Nous savions bien que vous seriez ici avant nous.
- As-tu racont� �a � ton ma�tre ? - Non.
Tu peux, maintenant ! Garde ta salive pour plus tard !
Allez donc rejoindre les v�tres !
En voici d'autres. Ou ne sont-ils pas � vous ?
Je ne dirais pas �a.
Non, vous n'admettez jamais rien.
Vous les avez envoy�s incendier notre bateau
mais ils n'ont br�l� que nos provisions. Remplacez-les !
Vous en trouverez � l'int�rieur, les gars. Servez-vous !
Je connais vos projets, mais Jourdonnais est un sot.
Je disais donc, c'est un sot !
Nous voulons contr�ler le territoire Pied-Noir.
Qu'attendez-vous ?
Le moment n'est pas venu.
S'il ne l'est pas pour nous, encore moins pour vous.
Nous n'attendrons pas.
Vous et vos projets avec cette fille !
Allez-y. Vous verrez le r�sultat.
Nous irons. Et comprenez bien...
Il comprend.
Je vous ai assez vu, esp�ce de gandin !
S'attaquer � des femmes et envoyer des salauds...
- Calme-toi. - Je t'ai dit de te taire.
Tu as de la chance qu'il trouve �a dr�le.
Nous allons continuer.
N'envoyez pas d'hommes apr�s nous. Ils ne reviendraient pas !
On a ce qu'on voulait. Quelqu'un veut ajouter quelque chose ?
Pas toi. Allons-y.
Retenez cet Indien !
J'ai un second coup � tirer ! L�chez-le !
Laisse-le, Streak.
Une semaine se passa sans incident.
Jourdonnais croyait Mac Masters battu.
Il fit faire halte et passer la cruche de whisky.
Colloway, qu'en penses-tu ?
Ruse pour nous faire passer au nord.
Restons au milieu.
- Et Pascal ? - Il est mort.
Ce jour-l� et le lendemain matin, plus rien.
Aucun Indien en vue nulle part.
Prenez vos fusils !
Ceux qui peuvent se mettre � l'abri, restez-y !
Encore d'autres !
Ce sont des Crows. Avec peinture de guerre !
- Pourquoi nous attaqueraient-ils ? - Je me le demande.
Ils ne sont pas hostiles.
Quelqu'un a d� leur monter la t�te.
Ils se born�rent � nous suivre, sans rien faire.
On aurait pr�f�r� qu'ils agissent.
L'attente �tait p�nible.
Nous nous sentions � leur merci.
Les fa�ons de faire des Indiens vous rendent fous.
Cela continua pendant 3 jours,
chacun semblant plus long que le pr�c�dent.
Soudain, un matin, ils avaient disparu.
Mais ce n'�tait pas plus rassurant.
Crois-tu qu'ils sont partis ?
Oui, mais ne reviendront-ils pas ?
On va reprendre le halage. �a ira plus vite.
Pas sur la rive sud.
Sur la rive nord, alors. Il faut bien faire quelque chose !
� ta place, j'attendrais !
L'hiver vient, et on n'avance pas !
Je ne veux pas rester ici comme une femme peureuse !
Bien s�r, il nous faut remonter la rivi�re.
Ne restons pas plant�s ici. Essayons.
Boone ?
�a me va.
�a ne me pla�t pas, mais d�barque-nous.
Donne-nous quelques minutes d'avance avant de d�barquer les hommes !
Si tu entends un coup de feu, gagne vite l'autre rive !
T'en fais pas pour nous. On sera prudents !
Deux par l� et deux pr�s de la rive.
Viens, Poor Devil... � moins que tu le veuilles ?
Non. Prends-le.
Et si vous apercevez quelqu'un,
tirez un coup de feu et regagnez la rive.
Des Indiens � l'assaut du bateau !
Planque-toi !
Il y en a trop.
Pas moyen de rejoindre le bateau.
Il faut gagner la rivi�re en amont.
Plus on s'�loignera dans le courant, mieux �a vaudra !
Comment Jim s'en sort-il ?
Occupe-toi de ce qui est devant nous !
Baisse la t�te, sinon elle servira de cible !
Nage ferme ! Peu importe, maintenant !
Ce sont eux qui souffrent le plus !
O� sont Deakins et l'Indien ?
On les a laiss�s l�-bas.
De la poudre.
- On n'essaie pas de les aider ? - Tire sur les Indiens !
� la nuit, ils cess�rent le combat.
Bateau amarr�, nous attend�mes Deakins et Poor Devil.
- Fatigu� ? - �a va.
T'en fais pas pour Deakins. On s'en d�barrassera pas comme �a.
- Tu crois qu'il a une chance ? - Bien s�r. Il a Poor Devil avec lui.
C'est Poor Devil !
Viens te r�chauffer.
Donnez-lui une boisson chaude.
Il ignore o� est Deakins.
Il l'a vu tomber. Il croit qu'il est bless�.
Il n'en sait pas plus. Les Crows le poursuivaient.
O� cela se passait-il ?
- � 3 kilom�tres en aval. - L'endroit du combat !
Il a d� contourner les Crows.
Bless� et entre leurs mains !
�a s'annonce mal.
Mais se tracasser ne servira � rien.
Peut-�tre m'�couteras-tu, d�sormais.
Fais boire Poor Devil. Il est glac�.
Deakins ?
Nous ignorons o� il est... Mais vous ne comprenez pas.
Je vais monter la garde.
Qu'est-ce que vous faites ? J'ai failli vous tirer dessus !
Retournez au bateau !
N'avons-nous pas assez d'ennuis ?
Pourquoi venir ? Vous avez le b�guin pour Deakins ?
Ce serait parfait ! Il parle sans arr�t et vous ne dites rien.
Comment les avez-vous rep�r�s ? Vous avez d� les flairer.
Votre pr�sence peut �tre utile.
S'ils vous attrapent, poignardez-vous. Mais ne vous exercez pas sur moi.
Je doutais qu'on m'ait entendu.
Tu es bless� � la jambe. Ne bouge pas.
Comment m'avez-vous trouv� ?
J'ai froid, terriblement froid.
Et tu as de la fi�vre. Je vais faire du feu.
Ne fais pas de feu ! Les Crows...
Si je n'en fais pas, il ne survivra pas.
Il n'y a pas d'autre moyen...
Salut, Poor Devil. D'o� tu sors, toi ?
Je ne croyais pas que je serais content de voir un Indien !
O� est le bateau ?
Le Mandan ?
Je voudrais pouvoir te parler.
Nous ne pouvons retourner au bateau.
Mais il faut nous �loigner d'ici.
Cachons-nous jusqu'� ce que tu puisses voyager.
C'est toi qui l'as amen�e ?
Non. C'est elle qui est venue.
Emm�ne-la et laisse-moi Poor Devil.
Peux-tu marcher, ou faut-il te porter ?
Prends son fusil. On te suit.
Tu veux qu'on se cache l� ?
�a saigne encore.
Oui, et tu as froid !
Nous allons faire un feu et extraire cette balle.
Supporteras-tu qu'on te charcute un peu ?
Jamais vu de balle comme celle-ci.
�a vient d'un moule...
Content d'en �tre d�barrass�.
Merci de l'avoir sortie.
Je ne t'ai pas remerci� d'�tre venu � mon secours.
Tu ferais mieux de dormir.
� la nuit, nous irons chercher de quoi manger.
Ils se cach�rent pendant 8 jours, jusqu'� ce que Jim p�t marcher.
Pour �viter les Indiens, ils dormaient le jour, voyageant la nuit.
De jour en jour, la blessure se gu�rissait.
Ce ne sont pas des Indiens. Ce type �tait au fort !
Oui, c'est Streak !
Que peuvent-ils bien faire ici ?
Quand j'ai �t� bless�, avant que tu viennes,
cette bande est pass�e pr�s de moi, � ma recherche.
J'ai cru voir un Indien, une plume dans les cheveux.
Maintenant que je vois Streak, je sais que c'�tait lui !
- Tu es s�r ? - Certain.
- En territoire Crow ? - En plein milieu.
Peut-�tre se dirigent-ils vers le Mandan.
Nous traverserons la rivi�re plus loin.
On avait raison.
C'est bien ici que Streak est all�.
Il faut savoir ce qui se passe !
Jourdonnais, vous aurez un bon prix de vos marchandises.
- Vous, mais pas moi. - Comment ferez-vous, sans l'Indienne ?
Quand Zeb nous verra, je parie qu'il dira : "Que le diable m'emporte !"
Que le diable... Comment �tes-vous ici ?
Je vous croyais morts ! Et la fille ?
Derri�re, avec Poor Devil.
Que le diable m'emporte !
- Comment �tes-vous venus ? - Qu'est-ce qui se passe ?
- Que fait Streak ici ? - Il essaie d'acheter Jourdonnais.
- Le bateau ? - Et le reste !
Dispos� � vendre ?
N'ayant plus l'Indienne, il �tait d�courag�.
Les Indiens nous ont harcel�s. Les hommes sont nerveux.
Jourdonnais a d� en abattre un pour l'emp�cher de nous l�cher.
Streak fait des promesses que Mac Masters ne tiendra pas.
Comment Streak est-il venu ?
Par cette rive, sans passer chez les Crows.
- C'est un menteur ! - Ils ont travers� du c�t� sud.
Sans nous voir.
Le c�t� sud ? Alors ils sont pass�s en territoire Crow.
Ils n'ont pas pris de pr�cautions.
Ils ne redoutaient rien.
Alors, il est de m�che avec les Crows ?
Oui.
Et il les a mont�s contre nous !
Cela regarde Jim et moi !
Je vous comprends.
- Combien sont-ils ? - Quatre, en plus de lui.
Dis � un ou deux de tes hommes de nous soutenir.
Et laisse-nous agir.
On veut confondre Streak.
Comment cela ?
Avec la balle qui a bless� Jim.
Peut-�tre trouverons-nous la m�me.
Je vais dire � Teal Eye d'attendre ici, � l'abri.
Tu as une id�e ?
Ne risque pas de faire blesser nos hommes.
Mac Masters a agi en ami en vous mettant en garde
contre les Indiens.
Les gars ont quelque chose � dire.
Streak, tu les connais...
La derni�re fois, il poursuivait Poor Devil.
Cet Indien voulait mon scalp !
Il est fou. Il d�raisonne.
Sans lui, je ne serais pas ici.
� quoi bon nous garder rancune ?
Vous �tes dans le p�trin. Nous voulons vous aider.
Avec qui traiter ? Les Crows sont en guerre.
Mac Masters m'envoie vous avertir.
Par quelle rive �tes-vous venus ?
Celle-ci. Pourquoi ?
Laissez donc ce fusil !
N'�tiez-vous pas sur l'autre rive ?
Nous ne sommes pas fous ! Les Crows sont d�cha�n�s.
Je tiens � mes cheveux.
- On y croirait, hein ? - Presque.
Les Crows �tant contre vous, avec qui traiterez-vous ?
Pourquoi ne pas vendre votre cargaison ?
Parce que l'Indienne est l�.
- O� est-elle ? - Dans les bois.
Inutile d'avancer. En arri�re !
�a vous contrarie, hein ?
Nous pouvons faire un meilleur march�.
Peut-�tre : mais avant, nous aimerions voir une de vos balles.
- Car vous en avez, n'est-ce pas ? - J'en ai dans mon sac.
Une que vous avez sur vous suffira.
Comme deux gouttes d'eau !
Ne nous cherchez pas d'histoires !
Voil� ceux qui ont mont� les Crows contre nous.
Ils ne le m�ritent pas, mais mieux vaut les enterrer.
La disparition de l'Indienne �tait un coup dur.
Que faire, sinon remonter la rivi�re
tandis que Jim et Boone allaient � sa recherche.
L'Indienne partie, nous, immobilis�s sur la rivi�re que faire ?
On ne peut abandonner. Il faut...
Ne tirez pas !
Ce sont des Pieds-Noirs et ils n'ont pas de peinture de guerre.
Ils font le signe de paix !
Teal Eye les envoie !
Ils viennent � notre aide ! Qu'en dis-tu ?
J'ai peine � y croire ! Quelle chance !
Je suis rudement content !
Des Pieds-Noirs ! Teal Eye a d� les amener !
Teal Eye les avait envoy�s
et ils nous hal�rent jusqu'� leur camp.
Alors, le commerce commen�a.
Ils �taient pr�ts � nous vendre des peaux.
Il dit qu'elles sont superbes.
- Donne-lui ce que tu veux. - Qu'il prenne ce qu'il veut !
Ce sont les plus belles que j'aie jamais vues !
Ce sont les moins ch�res que tu aies jamais achet�es !
Chaque fois qu'il passe, il a une couverture diff�rente !
Et si nous allions chasser ?
Vas-y si tu veux. Je reste ici.
J'ai peut-�tre une raison de rester, aussi !
Qu'est-ce qu'il a dit ?
La m�me chose que les autres.
Le commerce dura trois jours.
Toujours pas de Teal Eye...
Mais un soir, elle parut.
Levez-vous. Teal Eye a un rang �lev�, ici.
Elle vous souhaite la bienvenue.
Je l'ai remerci�e de son aide.
Elle a un cadeau pour toi, Deakins.
C'est un embl�me d'abondance.
Elle dit qu'elle t'aime
comme un fr�re. Te voil� son fr�re adoptif.
Dis-lui que...
je la remercie.
Elle vous remercie de tout ce que vous avez fait pour elle.
J'ignore pourquoi je viens ici. Dommage que je ne puisse m'expliquer.
Il ne faut pas avoir peur de moi.
Pourquoi ce vacarme ?
Ils c�l�brent vos noces.
Tu es mari�, maintenant.
Mais on ne m'a pas consult� !
C'�tait inutile.
Labadie dit que tu veux me voir.
Voici le p�re de Teal Eye, le chef Cheval-Rouge.
Il veut savoir combien tu vas payer pour sa fille.
Tu l'as �pous�e, alors tu paies.
C'est sans doute la coutume.
Oui et non.
Mais dans ce cas-ci, c'est oui.
- Il y a une raison ? - Teal Eye l'a voulu.
Vraiment ? Qu'a-t-elle dit ?
Si tu paies pour elle, tu es libre de t'en aller quand tu voudras.
M'en aller ? Bien s�r, je m'en vais.
Le bateau va partir. Tu ne restes pas ?
Non !
- Et toi ? - Rien ne me retient ici.
- Tu lui as dit que tu partais ? - Comment le lui dire ?
Trouve un moyen. Et paie Cheval-Rouge.
- Oui. Que veut-il ? - Ton fusil lui pla�t.
- Il ne prendra rien d'autre ? - Ne vaut-elle pas un fusil ?
Allons, donne-le-lui. Vas-y !
Il aimerait les chevaux pris � Streak.
- La moiti� est � Jim. - Je t'en fais cadeau.
Froid ?
L'eau a gel� dans les pots. �pais comme �a !
Tu sens que l'hiver approche, c'est �a ?
Il faudrait prendre le chemin du retour.
� quoi bon laisser geler toutes les peaux ?
Nous partons ce matin.
- On part ce matin ? - Oui.
Tu crois qu'il viendra ?
Quand on n'a pas de raison de rester...
Si c'�tait moi...
Oui, mais ce n'est pas toi.
Il est temps de dire au revoir.
Elle dit : "Fr�re, reviens bient�t."
Elle veut dire que son c�ur est � toi.
Au revoir, Poor Devil. Ton fusil te pla�t ?
Tu as des balles et de la poudre ?
Toi, tu es satisfait.
- Mais pas whisky... - La prochaine fois !
� la prochaine, Poor Devil !
C'est dr�le... Deux hommes sont amis.
Une fille survient... et bient�t ils ne sont plus amis.
L'un abandonnant ce � quoi l'autre eut tout sacrifi�.
Je me demandais comment ils r�gleraient �a.
Ils vont vers le sud. Comme nous.
Je n'aurais jamais cru qu'il la laisserait.
On ne peut pas le forcer. Il faut qu'il ait envie de rester.
Encore ce scalp. Quelle sottise de le lui avoir donn� !
Pis que cela... Toute cette histoire est un mensonge.
Son fr�re n'a pas �t� tu� par un Indien. Il s'est noy�.
Il ne le croirait pas.
Personne ne le croirait. Je parle trop !
C'est dr�le comme on se fait des id�es...
et puis tout change...
J'ai vraiment utilis� toutes les fa�ons de me conduire en imb�cile !
Je ne continuerai pas avec vous.
Je veux voir si elle veut de moi.
J'en suis s�r.
J'esp�re.
- As-tu un fusil ? - Frenchie m'en a donn� un.
Je l'�changerai contre le mien, avec Cheval-Rouge.
Assez de poudre et de balles ?
Je vais t'en donner !
Que ferai-je de ton argent ?
Gardez-le-moi.
� l'an prochain !
Voil�. Tu ne veux rien d'autre ?
Mieux vaut partir.
Nous avons du chemin � parcourir. Toi, tu n'as qu'un pas � faire.
Voici un autre sac de balles.
J'ai parfois eu envie de te l'envoyer autrement.
Tu peux encore le faire.
Peut-�tre l'an prochain, � mon retour.
Je ne croyais pas que tu aurais le bon sens de rester...
Sous-titrage TVS - TITRA FILM
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