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PORTRAITS DE FAMILLE
UNE TRILOGIE AM�RICAINE
||>LOLOTE
Salut, Joey. Qu'est-ce que tu fais?
Je joue.
Il fait un peu froid.
Rentre � la maison.
Ta m�re nous a envoy� une vieille photo de mariage.
Je l'ai mise dans notre chambre.
L'avocat a t�l�phon�.
Il n'�tait pas cens� nous le dire,
mais l'audience a lieu demain.
Ils viendront peut-�tre chercher Joey demain.
Tout ira bien.
Joey, comment s'est pass�e ta journ�e?
Bien.
Tu as jou� avec tes nouveaux jouets?
Avec papa.
C'est chouette. Et...
Je peux sortir?
- Mais tu n'as rien mang�. - Je n'ai pas faim.
Je l�ve mon verre au plus g�nial des couples.
Patrick, tu es un petit veinard.
Tu plaisantes? J'esp�re qu'il sera encore l� apr�s la lune de miel.
Je t'aime, Patrick.
Moi aussi.
Qu'est-ce que j'ai fait?
Je t'aime, Joey.
Mon Dieu, qu'est-ce que j'ai fait?
Qu'ai-je fait de mal?
Les derniers -jours,
-j'�tais hant� par le poids de ma responsabilit� envers elles.
Je devais �tre leur ancre.
Le phare qui les guiderait vers la lumi�re.
J'ai repens� � l'�poque
o� -j'avais moi aussi une ancre.
Ma famille.
Mon p�re.
Le caf� est bon?
Trop chaud.
On ne d�visage pas, Gary.
Mange, Gary.
Couche-toi, Gary.
Oui, je sais. Tu ne peux plus attendre.
Je vais te donner ce que tu veux, tout doucement.
Tu as compris?
Tu feras exactement ce que je veux,
quand je te le dirai.
C'est bien. On va le faire � ma mani�re.
Tu as compris?
Pas comme �a.
Ne recommence pas.
Tu aimes �a. Je sais que tu aimes �a.
Tu as compris ce que j'ai dit?
Ta main!
Tu as compris?
Tu as bien compris ce que j'ai dit?
Tu n'es qu'une petite sotte. Tu n'�coutes rien!
Ecoute-moi. Tu as compris ce que j'ai dit?
Tu as compris?
Ne refais jamais �a!
C'est moi qui commande.
Je te dirai quoi faire, quand, o� et comment.
A chaque fois.
L'amour �tait omnipr�sent chez nous.
Pourtant, je me suis mis � douter de ma propre capacit� � �tre p�re.
Heureusement,
-j'ai �t� guid� dans ma qu�te.
Vous venez d'entendre la Variation de Tcha�kovski en 3 mouvements,
interpr�t�e par le Green Quartet.
Tout de suite, les 2e et 3e mouvements
de la Symphonie n�5 de Schubert,
interpr�t�s par l'Orchestre Symphonique de Londres.
Comment tu t'appelles?
Helen.
Enchant�, Helen.
Enchant�e
de faire votre connaissance.
J'ai �uvr� pour semer les myst�rieuses graines de la famille.
"Mes l�vres tremblent.
"N'ouvre pas ton c�ur aux p�cheurs,
"ils ne te le rendraient pas.
"Nomme la tentation par ses noms, ils n'en seront que plus forts.
"lgnore ses noms, ils perdront leur pouvoir.
"Reste sur le droit chemin et ne p�n�tre pas en terre impie.
"Le R�dempteur est tout-puissant
"et ll plaidera leur cause.
"Etudie, les portes de la connaissance s'ouvriront devant toi.
"Si ton c�ur est sage, mon c�ur se r�jouit.
"Si tes l�vres disent le bien, mes l�vres tremblent."
Tout allait bien, alors.
Mais peu � peu, les choses se sont mises � changer.
Tant et si bien
que -je ne pouvais plus les ignorer.
Excuse-moi.
Non!
O� est Cassandra?
Chez les voisins, je crois.
Tu devrais aller la chercher.
Gary.
J'ai des besoins.
Ils ne sont pas tous mauvais.
Les souvenirs ont pris vie, rampant jusqu'� la surface.
�'aurait pu �tre ma m�re.
Ce serait peut-�tre un jour ma fille.
Parfois, un nuage voilait notre ciel, lorsque la maladie de ma m�re
et sa propension au d�sespoir devenaient intol�rables.
Elle nous quittait quelque temps.
Approche, Gary. Viens t'asseoir avec ton p�re.
On ne d�visage pas, Gary.
Il existe en diff�rentes couleurs. Ici, nous avons un blanc cr�me.
La consistance peut varier.
Si vous l'utilisez sur un carrelage, vous pouvez le diluer,
ce qui permet de l'appliquer
sans qu'il ne d�borde. Dans le cas pr�sent...
Bonsoir, Cassandra.
Bonsoir, papa.
C'est l'heure du d�ner.
Je sais.
Cassandra!
Tu aimes maman?
Bien s�r, papa.
Tu passes beaucoup de temps avec elle.
Tu penses � moi?
J'imagine.
Que faites-vous quand je ne suis pas l�?
Cassandra?
Allez, rentre.
Les yeux, par exemple.
On dit qu'ils sont le miroir de l'�me.
Mais l'�me n'est-elle pas mise � nu?
Vuln�rable?
Et les oreilles?
Ouvertes � ce qu'elles ne devraient pas entendre.
La langue.
Les doigts.
Le corps entier.
En sortant sous le porche, j'ai senti une pr�sence me rejoindre.
Je savais qui c'�tait.
Je me suis assis avec mon p�re, par ce beau matin de printemps,
et -je me suis senti victorieux.
J'�tais enfin rentr� � la maison.
Qu'ai-je fait de mal?
Les manifestants se sont r�unis en masse pour d�noncer
"un complot contre le monde libre".
Les porte-parole ont avanc�, comme preuve de ce complot,
Ie bilan erron� du dernier attentat communiqu� par les autorit�s.
D'apr�s eux, il aurait fait 200 000 victimes,
malgr� la preuve irr�futable du contraire.
La police a parl� de manifestation hostile
et totalement d�sorganis�e,
et a proc�d� � des centaines d'arrestations.
Il est 1 0 h 20 et vous �coutez Midhaven Info,
I'information continue 24 h/24 et 7 -jours/7.
Le bulletin m�t�o du jour.
Le temps restera inchang�.
Le ciel nuageux et les vents de la matin�e
donneront lieu � des orages dans l'apr�s-midi,
puis � des averses �parses en soir�e et dans la nuit.
Temp�ratures entre 1 0� C et 5� C.
Pas d'am�lioration cette semaine...
Ta m�re est folle de joie.
Elle a pass� la matin�e � tout pr�parer.
Tes cannes � p�che.
O� sont tes cannes � p�che?
Ta m�re ne voulait plus les voir.
Quand elle a une id�e en t�te...
Tu vois, rien n'a chang�.
J'ai voulu te simplifier la vie.
Le bacon est presque pr�t.
Tu as bien dormi?
Oui.
C'est mon jour de courses.
J'aimerais que tu raccommodes mes chaussettes.
Elles sont dans ta chambre.
Je les raccommoderai avant de partir.
On n'a touch� � rien.
Je ne savais pas si tes go�ts auraient chang�.
Vous avez vendu ma voiture.
�a nous semblait la seule chose � faire.
Chlo�.
Tu as une bonne �toile.
Ils ne l'ont jamais retrouv�e.
Tu dois �tre affam�e,
apr�s un si long voyage, ch�rie.
Je t'ai fait � manger.
C'est gentil, maman.
Ta m�re a oubli� de l'enlever.
Il a trouv� une place � la poste.
Il a eu son bac de justesse, �videmment.
Pourquoi t'a-t-il laiss�e rentrer seule?
Tu n'as toujours...
aucun souvenir?
�a viendra.
Benjamin Millen re�oit les f�licitations du maire
Quand?
Il y a quelques mois.
J'ai pris la chambre au-dessus du garage de Jim.
C'est bien.
�a n'allait plus entre nous depuis tr�s longtemps, Billy.
M�me avant...
Pas dans mon souvenir.
�a n'a rien � voir avec toi, Billy.
Rien.
C'est rien.
D'habitude, je m'en sors bien.
J'ai un an d'entra�nement.
C'est bien, Billy.
Benjamin.
Je m'en vais.
On a toute la journ�e devant nous.
On peut aller n'importe o�.
Tu as vraiment envie de le voir?
Oui.
Ta m�re serait bien venue,
sans son vide-grenier.
Elle pense qu'il faut entretenir la routine.
Maman et ses vide-greniers.
Elle ne changera jamais. Adieu l'ancien, bonjour le neuf.
Salut, Phil.
Mme Millen!
Evy!
Comment allez-vous?
Jimmy Doyle.
Les habitudes ont la peau dure.
Je fume moins qu'avant.
On ne peut plus fumer � l'int�rieur.
�a rendait Benjy compl�tement fou.
Ce n'�tait pas difficile.
Un employ� mod�le, Benjy.
Toujours � l'heure, sur le d�part.
- Vous avez vu sa photo? - Bien s�r.
Il doit bien profiter de la retraite.
Il s'occupe.
Il fait toujours du ball-trap?
Dites-lui qu'il peut encore s'inscrire � notre club.
Je lui dirai.
Elle est rentr�e ce matin.
Elle a eu de la veine qu'on la retrouve.
Peut-�tre pas, en fait.
Pourquoi il l'emm�ne? Apr�s ce qui s'est pass�...
Sacr� bonhomme, Benjy.
Comment va votre fille?
Angela.
Oui.
Bien s�r.
Elle va bien. Toujours � l'�tranger.
Je la comprends.
C'est s�rement plus excitant l�-bas.
- Je dois y aller. - Bien s�r.
Je vous d�pose? J'ai le temps.
�a ne me g�ne pas.
C'est inutile. J'ai l'habitude.
Saluez Benjy de notre part.
Je ne te comprends pas.
Je dois vous demander de partir.
C'est interdit de mendier devant un b�timent administratif.
Bonne journ�e.
Tu as un dollar, papa?
C'est ignoble d'utiliser sa fille.
Je vais chercher des timbres.
M. Anders, laissez-moi...
Reste.
Je vais faire la queue.
Je crois qu'il ne m'aime pas beaucoup.
Je demandais souvent de tes nouvelles.
J'�tais tr�s pris, entre l'�cole et le travail.
Tu as eu ton bac.
Je n'�tais pas tr�s dou�.
Pas comme toi.
C'est ce que j'aimais chez toi.
Tu n'es pas au courant?
Toute la ville le sait.
J'�tais anxieux au d�but, mais c'est super.
C'est ce que j'ai toujours voulu.
Je crois.
Elle travaille juste � c�t�.
M. Casse-couilles m'appelle.
On devrait se revoir.
Elle te plairait.
Tu vas t'en sortir. Je le sais.
C'�tait interminable.
Qu'est-ce que tu as?
J'aurais d� te dire qu'il s'�tait mari�.
Tu es ma petite fille.
On peut rentrer?
L'information locale.
Midhaven vient d'�tre confront�e
au terrible souvenir de son pass�,
avec le retour de Billy Anders, 1 7 ans,
presque un an apr�s la terrible agression
qui a chang� sa vie et celle des habitants.
Un matin de septembre,
Ie destin ou le hasard
a conduit une m�re de famille en qu�te d'essence
sur une petite route � l'�cart de la nationale 25.
L 'horreur qui l'attendait resterait � -jamais
grav�e dans sa m�moire et celle de ses enfants.
Billy Anders g�t sur le bas-c�t�,
� peine consciente.
Battue sauvagement, le dos bris�,
elle a �t� viol�e et amput�e des deux bras au niveau du coude.
Apr�s un an de chirurgie et de r��ducation,
Billy est rentr�e chez elle.
Nous avons observ� discr�tement
Walter et Joan Anders accueillir leur fille.
La r�action des habitants...
Benjamin?
Je vais ranger les courses.
Ensuite...
J'ai pens� qu'on pourrait appeler notre fille.
Ta m�re nous a fait � d�jeuner.
�a va refroidir si tu ne descends pas.
Tout va bien?
J'ai vu Jimmy Doyle aujourd'hui.
Il m'a salu�e.
Il m'a demand� des nouvelles d'Angela.
Je lui ai dit qu'elle �tait � Londres.
Comme je le dis � tout le monde.
Je voulais y croire.
Je veux tant y croire.
Tu m'avais dit que c'�tait un accident.
Je l'ai cherch�e partout.
A la poste, au supermarch�.
O� a-t-elle bien pu aller?
Quelque part.
Elle est l�.
Elles sont toutes l�.
Toutes.
Celle qui �tait � la porte...
C'est le sien.
Angela?
Et les autres.
Je sais.
Je pensais m'en souvenir.
Mais lorsqu'ils nous parleront de paix,
Ie Seigneur s'avancera comme une b�te dans la nuit,
et leur infligera pire labeur que celui de l'enfantement.
Ils n'auront plus d'issue.
Pardon.
Je suis d�sol�e.
Je ne voulais pas...
Je suis all�e chez toi.
Je n'ai pas pu frapper.
Je n'�tais jamais entr�e dans son atelier.
Son atelier.
Je voulais te rendre �a.
Approche.
Pourquoi tu restes l�?
Tu n'as pas de maison?
J'en avais une.
C'�tait la plus extraordinaire au monde.
Comme dans un conte de f�es.
Et j'�tais la princesse.
Qu'est-ce qui s'est pass�?
Il a pris fin.
Et je n'aurais jamais imagin� la suite.
Je dois y aller.
Maman va me chercher partout.
||||
L�, dans le n�ant de la chambre,
les v�rit�s de sa vie d�nonc�es comme des tra�tres,
il avait enfin trouv� le repos apr�s son long voyage.
Plus rien � savoir ; il pouvait mourir.
"La Chambre du clocher"
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