All language subtitles for Eichmann.2007.1080p.BluRay.H264.AAC-RARBG

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic Download
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian Download
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian Download
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian Download
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Download movie subtitles or Load it directly from url on TheSubtitles.net

Holocauste (1933-45)

Extermination de tous les Juifs par le régime nazi allemand.

La persécution atteint son paroxysme avec la "solution finale",

l'extermination massive adoptée en 1942

et exécutée par Adolf Eichmann.

Eichmann, (Karl) Adolf ( 1906-62) Fonctionnaire allemand.

Responsable de l'exécution de la "solution finale" ordonnée par Hitler

ayant causé la mort de 6 millions de Juifs.

Après la guerre, Eichmann se cache en Argentine

et échappe au procès de Nuremberg.

Ce film est basé sur les transcriptions officielles

de l'interrogatoire mené en Israël (1960-1961).

Mazel Tov !

L'Argentine a exigé des explications.

Le Premier Ministre David Ben-Gourion refuse de commenter

mais devrait convoquer une réunion de crise à la Knesset.

Il va falloir être discret.

N'en parlez à personne.

C'est l'heure. Allons-y !

Durant la réunion de crise à la Knesset,

le Premier Ministre David Ben-Gourion a annoncé qu'Adolf Eichmann,

recherché pour le génocide de 6 millions de Juifs par les Nazis,

a été fait prisonnier sur le sol israélien.

Il sera jugé pour crimes contre l'humanité et le peuple juif.

Eichmann capturé

Je sais !

Attention à ta tête.

N'oublie pas mon rendez-vous chez le médecin.

- J'ai déjà oublié ? - Oui.

Je t'aime quand même.

Bonjour, Benjamin.

Bonjour, Vera.

Bonjour, je suis son assistant, suivez-moi.

Le Premier Ministre attend.

Shalom, Gruwald.

Notre personnel

recueille les témoignages et les dépositions des survivants.

Vous seul aurez accès à tout ça.

En fonction de ce qu'on vous donnera,

vous déciderez quelles questions poser à Eichmann et à quel moment.

Vous connaissant, vous rassemblerez assez de preuves rapidement.

Ce n'est pas pour demain.

Voilà Hans !

Capitaine Avner Less, voici l'incorruptible Hans Lipmann.

- Comment allez-vous ? - Bien, merci.

Hans vous assistera.

S'il vous plaît, monsieur.

Mon ange-gardien.

Lèche-moi le cul .!

Le voilà.

La plus grande menace

qui ait existé pour le peuple juif.

N'ayez crainte. Il n'est plus dangereux pour vous ou votre famille.

Dangereux ?

Ça fait 15 ans. Justice doit être faite.

Le passé, c'est le passé. Essaie d'oublier.

Il faut révéler au monde ce qu'il a fait.

- Tu réclames vengeance ? - Appelle ça comme tu veux.

C'est bien ça.

Tu ne penses pas qu'il doit être jugé ?

Même s'il est jugé coupable, que faire de lui si on ne l'exécute pas ?

Alors, à quoi bon ?

Qui va mener l'interrogatoire ? Qui est assez formé pour ça ?

Personne.

Autant le pendre ou le fusiller tout de suite.

Le tuer ?

On fera des économies.

De toute façon, notre système judiciaire n'est qu'au début.

Le gouvernement ne veut pas rétablir la peine de mort.

Ça fait longtemps qu'ils en parlent ?

Depuis la création d'Israël.

- Oui, 13 ans. - 12 ans.

- 12, alors... - 13 ans, je crois.

Je crois qu'on est trop indulgent d'organiser son procès.

- Non. - T'as raison.

Si on le juge...

On est indulgent.

Quelles preuves faut-il encore ?

C'est un assassin.

Tout Juif qui pense qu'il mérite un procès

trahit son propre peuple.

Exact.

Tu n'es pas d'accord, Avner ?

Je pense que je nous resservirais bien un peu de vin.

Tout va bien, mon ami ?

Qu'est-ce que le médecin a dit ?

Eh bien, à vrai dire, la maladie semble s'être stabilisée.

C'est formidable, n'est-ce pas ?

Sarah, j'ai la polio de la colonne vertébrale.

Mais tu as toujours tellement d'énergie à revendre.

Peut-être bien, mais plus maintenant.

La plus grande erreur a été d'avoir des enfants.

Mais Avner et moi voulions une famille.

Et les enfants nous ont tant apporté.

Je ne veux pas qu'ils me voient en fauteuil roulant.

Nous avons perdu au moins 60 membres de notre famille.

Tu te rends compte ?

Cet homme est responsable

de la disparition de 60 proches.

On devrait payer quelqu'un pour l'abattre.

On nous accuserait d'être des assassins

qui méritent de perdre leur terre promise.

Qu'il pourrisse en enfer !

Qu'il aille en enfer !

Capitaine Less !

Vos dossiers, monsieur.

Merci.

Herr Eichmann, je suis le capitaine Avner Less.

Avec votre permission, je vous poserai des questions.

Permission accordée, capitaine.

Vous confirmez avoir signé ce document, Herr Eichmann ?

Cela dit que j'ai rallié Israël

pour répondre de ma participation à la solution finale.

Capitaine,

je peux prouver

que je n'ai été qu'un rouage dans une manœuvre d'intimidation.

Je serai vite oublié.

Le Troisième Reich a fait plus qu'une manœuvre d'intimidation.

Bien sûr, le Reich était menacé sur trois frontières.

Il en allait de notre survie en tant que nation civilisée.

En Israël, vous devez savoir ce que ça fait

d'être encerclés par des ennemis.

Vous seriez prêt à donner votre version

sur votre rôle au sein du "Troisième Reich".

C'est correct ?

En effet, allons-y.

Vous m'avez manqué tous les deux.

Qu'avez-vous appris ?

On nous a dit pour papa.

On peut parler ?

Vera...

On m'a dit de n'en parler à personne.

Pourquoi tous les Juifs du pays sont au courant avant moi ?

Même nos enfants ! Je suis ta femme.

Pourquoi tu me traites comme ça ?

Je dois suivre les ordres. On m'a dit de me taire !

Foutaises !

Vous êtes de quelle appartenance religieuse ?

Je crois en un créateur indépendant de l'univers matériel.

Mais croire en un Dieu indépendant comme je l'ai dit à mes enfants...

Vous avez 4 fils.

Votre troisième fils...

Dieter...

porte ce nom en hommage à votre ami Dieter Wisliceny.

Il était votre subordonné et a dit à Nuremberg que vous...

Je sais.

Il m'a dénigré pour sauver sa peau.

Cela ne lui a servi à rien.

D'après lui, vous avez dit que vous...

"descendriez dans la tombe en riant

car vous aviez la mort de 5 millions de Juifs sur votre conscience...

ce qui est source d'une extraordinaire satisfaction".

Je n'ai pas dit "juif", j'ai parlé des "ennemis du Reich".

Puis-je avoir un peu de vin rouge pour calmer mon estomac ?

Avez-vous souvent pris de l'alcool comme calmant durant la guerre ?

Capitaine...

si vous voulez me présenter comme un monstre nazi

envoyant plein de Juifs à la mort dans ses délires éthyliques,

je comprends la publicité que cela ferait.

Mais, entre nous...

l'exactitude de mes souvenirs sur des rencontres d'il y a 20 ans

risque d'être compromise.

N'avez-vous jamais regretté votre admiration pour le Führer ?

Le Führer...

était le miroir reflétant une grande Allemagne.

Nous l'avons adulé

car il a su révéler l'aspect de notre propre ego magnifié.

Et les Juifs qui admiraient Hitler ?

J'éprouve de la sympathie à leur égard

car je partage leurs convictions.

Qu'est-ce qu'un Allemand ne partage pas avec un Juif ?

L'héritage de la race.

Le Führer avait ordonné

de débarrasser le sang de la race germanique d'impuretés.

Pour purifier l'Allemagne, pourquoi avoir tué les Juifs grecs ou hongrois ?

Je sais.

Je n'ai jamais rencontré de Juifs grecs antipathiques.

Mais c'étaient les ordres.

Comment vos médecins ont-ils établi la différence

entre la race allemande et une autre ?

Ils ont pu prouver

que les déformations congénitales des autres races

étaient souvent dues à une consanguinité.

Chers Klaus, Horst, Dieter...

et mon cher Ricardo.

Mes chers enfants.

Mes quatre fils.

Vous savez à quoi j'ai rêvé ?

D'un lointain souvenir de nous quatre réunis.

Des jours heureux en liberté.

Je me souviens de la nuit de votre arrivée rue Garibaldi.

Votre mère était venue me rejoindre avec vous.

On a recommencé une nouvelle vie en Argentine.

Vous aviez finalement retrouvé votre père.

Cette nuit-là, dans cette modeste maison à Buenos Aires,

nous étions tous réunis à nouveau, en sécurité.

Votre mère n'avait jamais perdu espoir.

C'est au cours de cette nuit que votre petit frère a été conçu.

Cela m'a donné beaucoup de bonheur.

Est-ce qu'il sait qu'il ne reverra plus jamais ses fils ?

Ça me rend malade.

Tu devrais être couché.

Tout comme toi.

J'espère que tu penses à notre sécurité.

Allez, mon grand.

On va se coucher.

Cette lettre ne vous parviendra peut-être jamais.

Je me suis préparé à être séparé de ma famille

depuis longtemps.

L'un des rares regrets de ma vie,

c'est qu'en raison des déplacements entre la Pologne, Berlin et Budapest,

je ne vous ai pas vus grandir.

Souvent, quand je rentrais à pied la nuit, je pensais...

ils sont peut-être là.

Finalement, c'était usant.

Pourquoi votre service s'appelait "IV B4" ?

"IV" veut dire Gestapo, "B" signifie religion

et "4" était le symbole des Juifs.

C'était un département logistique.

Je n'étais rien qu'un petit fonctionnaire banal

avant que ces traîtres de Nuremberg

ne traînent ma réputation dans la boue.

Vous aviez la réputation d'être un tyran dans le service "IV B4".

Je n'ai jamais cherché à plaire.

Quand je pense à mon travail qui me semble

si lointain maintenant

et tellement futile puisque j'ai échoué...

je songe à ce que l'Histoire enseigne.

Bien sûr, on restera toujours lié...

aux 5 millions de personnes parties en fumée.

Leurs particules finiront par retomber quelque part.

Celui-ci...

En 1942, votre chauffeur a été condamné à une peine de prison.

Pour vol. Il a cambriolé mon bureau.

1 mètre carré de linoléum.

Qui a été retrouvé par vous dans sa voiture.

Oui, il a été bien mal avisé de le mettre là.

Il a écopé de 4 ans de prison.

Qu'est-ce qu'il a fait pour vous fâcher ?

Où voulez-vous en venir ?

Vous vous êtes marié en 1935.

D'après Dieter Wisliceny, vous avez eu plusieurs maîtresses.

Cela vaut la peine de mort ?

Je ne vois pas de quelles liaisons vous parlez.

Je ne vois pas du tout.

Aidez-moi.

Deux bonnes, trois secrétaires,

une femme d'affaires.

Et une maîtresse dans une ferme confisquée en Autriche.

Pas confisquée.

Toute propriété revenait au Reich, c'était légal.

Elle était juive.

En fait, elle a dû divorcer d'un officier SS car elle était juive.

Je ne m'en souviens pas.

Laissez-moi vous aider.

Le Reich avait réquisitionné une ferme à 10 km de Doppl.

Quand Anne-Marie Schmidt a emménagé,

elle disposait d'ouvriers de camps de concentration.

Votre accusation, comme quoi j'aurais entretenu

une amourette avec une Juive en Autriche

est grotesque.

Doppl, Autriche - Hiver 1942

Dehors !

Il prend trop de libertés.

Que se passe-t-il ?

Rien.

On me transfère en Hongrie.

En Hongrie ?

Le bail de la ferme a été mis à ton nom.

Tu resteras ici.

Sans les ouvriers.

Et les animaux ? Les chevaux ?

Tue-les.

Entrez !

Bonsoir, papa.

Tu veux boire un verre ?

Merci.

Combien de temps êtes-vous resté avec la comtesse Ingrid von Ihama ?

Ingrid était baronne, pas comtesse.

Nous sommes arrivés

au début de l'évacuation de la Hongrie et en sommes partis à la fin.

Ça a dû être coûteux pour un colonel avec une famille à charge

d'entretenir une dame de ce rang.

Il paraît que vous satisfaisiez toutes ses envies ?

Je ne vois pas de quoi vous parlez.

Je ne pensais pas vous en parler aujourd'hui, mais...

l'un de vos cadeaux a valu 1500 Reichsmarks.

"Matériel à fournir par client".

300 grammes de dents en or.

Vous les avez trouvés où ?

Pardon ?

Pour fabriquer les anneaux 24 carats

pour vous et la baronne !

Aucun de vous n'a eu à se servir de la gélule de cyanure à l'intérieur.

J'étais un imbécile durant la période où le Reich s'écroulait.

J'avais vraiment pensé

avoir trouvé mon âme sœur.

Budapest, Hongrie - 1943

Sortez !

Cette robe a été portée par mon arrière-arrière-arrière-grand-mère

lors du bal pour fêter la défaite de l'occupant turc à Vienne.

Elle se porte sans rien en-dessous.

Tes ancêtres auraient approuvé ma victoire contre l'Orient.

En 6 mois, j'ai débarrassé Vienne de tous les Juifs.

Tu ne vas pas au bout des choses.

Pas au bout des choses ?

Des 900 000 Juifs hongrois,

tu n'en as tué que 500 000.

Tu es négligent.

Tu les laisses filer entre tes doigts.

En Pologne, il y avait 3 millions de Juifs.

Il n'en reste plus aucun.

- Aucun ? - Aucun.

À cela, tu peux ajouter 120 000 Allemands.

Juifs ?

Des Juifs... évidemment des Juifs.

- Encore ? - Encore.

700 000 Russes.

Encore.

75 000 Français.

Encore.

100 000 Hollandais.

Encore.

Encore ?

Encore, ça ne suffit pas.

Plus de 4 millions...

de Juifs "procédés".

Tués.

Utilise les bons mots sinon tu ne seras jamais de race supérieure.

Merci, soldat.

Cet enfant est atteint d'une maladie héréditaire du sang.

Allons...

rends service à ton Reich.

Il ne restera rien.

La chair de l'enfant servira à nourrir tes chiens

et les os rongés serviront à produire du fertilisant.

Tu dis toi-même que le meilleur chou provient d'Auschwitz.

Je me suis trompé.

À propos de quoi ?

Elle n'était pas mon âme sœur.

Il fait bien partie de la liste ?

Vous en êtes sûr ?

Vous en êtes vraiment sûr ?

Bien... au revoir.

C'est ça ?

Bon, continuez vos recherches.

"Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre".

Pardon ?

C'est le Livre de Moïse.

La Genèse, chapitre un.

C'est ainsi que débute la Bible...

en hébreu.

Bien sûr.

C'est évident.

On vous a nommé assistant du Reichsführer

aux affaires juives en raison de vos connaissances linguistiques.

J'ai peut-être un peu exagéré

pour protéger les Juifs que j'avais en charge.

Vous vous voyez comme un protecteur des Juifs ?

C'était possible tant que je n'allais pas à l'encontre de mon serment de soldat.

Nous continuerons plus tard.

Ajoutez celui-ci.

On m'a dit que vous étiez ici et non à la prison.

J'ai dû partir comme l'exige la procédure sécuritaire.

Laissez-nous !

Il y a un problème ?

Vous savez, quand nous avons démarré cette procédure,

toute personne concernée par le génocide

a été écartée du recrutement

du Bureau 06.

Jusqu'à ce jour,

nous pensions que votre père était mort de cause naturelle

à Theresienstadt.

Que voulez-vous dire ?

Je vous dis

de jeter un coup d'œil à ceci.

Assis, assis !

Vous voyez ici ?

La signature d'Eichmann.

C'est une liste de déportés pour Auschwitz.

Regardez plus bas, là.

Votre père, Abraham Less.

D'une simple signature, il l'a envoyé dans la chambre à gaz.

Vous savez ce que ça signifie.

Dès que les médias l'apprendront, vous êtes fichu,

fini.

Donc,

vous devez le pousser à avouer très vite, capitaine.

Tu dois démissionner.

Qu'ils se débrouillent !

Pourquoi es-tu en colère ?

Les nazis ont aussi tué ma mère.

Mais je suis fâchée...

parce que je me fais du souci pour toi.

Ça se saura tôt ou tard.

Un secret finit par se savoir et tu le sais.

Le gouvernement est composé de conciliateurs. Ils se servent de toi.

Pas aujourd'hui.

Bonjour, vous êtes le capitaine Less ?

Je suis Miriam Fröhlich du "Jérusalem Post".

Auriez-vous quelques minutes à me consacrer ?

Salut Vera !

Je ne dois pas récupérer Ruth et Zackeri à l'école ?

On préfère que tu ne viennes plus chercher nos enfants pour l'instant.

Ça dérange Sarah. Elle pense que c'est trop dangereux.

Pourquoi ?

Tu es une cible.

Je croyais que nos petits rendez-vous étaient terminés.

Ai-je dit quelque chose de mal ?

Vous savez ce que je me suis dit ?

Si vous voulez une autre punition pour moi qu'une simple exécution,

je pourrais me pendre.

Cela servirait d'exemple pour tous les antisémites.

Nous sommes contraints de tout faire pour vous garder en vie pour l'instant.

C'était une simple suggestion.

C'est al-Husseini, le mufti de Jérusalem

et le président du Haut Conseil des Musulmans.

Il a prôné l'extermination des Juifs.

Vous le connaissez personnellement ?

Je l'ai rencontré quand je suis allé en Palestine

pour le Reich en 1938.

Nous n'étions pas proches. Il était impressionné par Hitler, pas par moi.

Est-ce...

est-ce inexact...

qu'al-Husseini, sur votre invitation,

ait vu les camps de concentration lors d'une visite diplomatique

en Allemagne en 1941 ?

Ah bon ?

Je ne m'en souviens plus.

Vous n'avez jamais reçu un cadeau de sa part au nom du parti nazi ?

Jamais, jamais, jamais.

Il ment.

À chaque fois qu'il répète 3 fois une réponse,

il ment.

Vous avez raison. Voici les cadeaux qu'Eichmann a reçu de Husseini.

Des bracelets et des pièces en or, et un poignard ornementé.

Je le savais.

Je les ai rendus.

Retourne te coucher. Au lit !

C'est fou tout ce que nous découvrons durant nos recherches.

J'ignorais que "Mein Kampf" avait été traduit en arabe.

Certains faits sont étranges.

Par exemple,

j'ai lu dans les journaux que votre épouse s'appelle Vera.

C'est aussi le nom de ma femme.

Drôle de coïncidence.

Peut-être que ces similitudes...

peuvent expliquer ma sympathie pour vous.

Dites-moi...

qui vous a appris à interroger un prisonnier ? Les Britanniques ?

Ça fait de vous un bon petit policier.

Les policiers britanniques sont réputés pour leur loyauté.

C'est mieux que d'être coiffeur.

Qui vous a dit que j'ai été coiffeur ?

Je l'ai également appris par les journaux.

Je me retrouve donc à partager mes secrets avec un barbier juif.

La famille de mon épouse a exigé que j'ai un fonds de commerce.

J'ai dû rejoindre le parti nazi pour obtenir la main de la mienne.

Allez-y !

Hannah, attends-moi !

Maman !

C'est une requête pour des crânes.

Je ne m'en souviens pas.

Une demande du professeur Hirt de l'Université de Strasbourg.

J'ai dû faire suivre

ce document au service de l'approvisionnement.

Je veux dire...

comment aurais-je trouvé ces crânes ?

Au moment de la requête,

ces crânes étaient encore des personnes vivantes.

Vous vous êtes peut-être servi de personnes vivantes.

Des Juifs.

Je n'ai rien à voir là-dedans.

Les médecins pouvaient se rendre dans un camp

et choisir ce dont ils avaient besoin.

Je m'occupais de la logistique.

Si on vous ordonne d'organiser le transport

et si vous suivez cet ordre en sachant qu'ils mourront,

cela ne vous rend-il pas responsable ?

Je ne me rappelle pas cette requête.

Aucun document ne m'incrimine.

Vous avez peut-être donné un ordre oralement.

Je me souviens d'une conversation...

concernant ce sujet

mais ma section 4 n'a pas été impliquée.

Pourquoi on vous consulterait pour des crânes

si vous n'étiez pas au courant que ces crânes étaient transportés

dans des cercueils spécialement conçus

jusqu'à Strasbourg ?

Je me creuse la tête...

mais ça ne me revient pas.

Je n'ai jamais eu peur avant.

Même quand nous avons fui les gendarmes en France.

Vous vous rappelez avoir reçu un représentant de la Croix Rouge

le 6 avril 1945 pour une visite de Theresienstadt ?

Je ne me souviens plus de son nom.

Dubois ?

Dans ce rapport, il est écrit :

"Le 6 avril 1945,

nous avons visité Theresienstadt

et nous nous sommes entretenus avec le colonel Eichmann,

le représentant du Reichsführer SS,

spécialiste des affaires juives".

Dubois écrit qu'il vous a demandé

qui avait autorisé les transports

mais il n'a pas eu de réponse.

À ce stade de la guerre, tous nos services font pression

pour envoyer tout le monde ici à Theresienstadt.

Combien de convois pour Auschwitz avez-vous effectués ?

Posez la question au docteur Epstein.

Il a dit que vous aviez les chiffres.

"Herr Eichmann envoie des Juifs vers les chambres à gaz d'Auschwitz".

Un moyen humain de réduire la pression à Theresienstadt ?

J'obéissais aux ordres.

Qui vous a donné ces ordres ?

Hitler.

Mais je croyais que vous obéissiez à Himmler ?

Où voulez-vous en venir ?

Je veux savoir si vous obéissiez aux ordres...

Ou bien ?

Ou si vous agissiez de votre propre chef.

S'il a obéi aux ordres en tant que responsable du transport,

ça contredirait tout ce qu'il a dit.

Dites-moi ce que vous avez.

Un rabbin qui vit à Saint Louis

dit connaître quelqu'un qui a vu Eichmann abattre un bébé.

- Et le principal témoin ? - Elle est morte.

Laissez tomber.

Alors, capitaine...

comment allez-vous ?

J'aimerais vous parler de ma protection, ma porte...

Oui, je suis au courant.

L'officier de surveillance a été réprimandé.

Croyez-moi, Avner...

nous prenons ces menaces envers votre famille très au sérieux.

Tout comme moi.

La peine de mort vient d'être réhabilitée.

J'en parlerai avec mes assistants. Je reviens vous voir demain.

- Merci infiniment. - Je vous en prie.

Qui est-ce ?

Capitaine Less ?

Ravi de vous rencontrer. Docteur Robert Servatius.

Avocat de la défense.

Messieurs.

Vous avez appris la bonne nouvelle, capitaine ?

J'ai lu les transcriptions.

Ça ne suffit pas.

- Comment ça ? - Pas assez de preuves.

Ses avocats pourront contredire ça

et le faire extrader en Allemagne.

Il n'y a pas la peine de mort en Allemagne.

Ce qui est plutôt ironique.

J'ai envoyé des enquêteurs

dans le monde entier, ce qui a coûté très cher,

pour parler aux survivants

mais je dois fonder nos accusations par une confession.

Il n'avouera jamais.

Il n'admettra pas sa culpabilité.

Vous ne voulez pas une confession ?

Vous l'interrogez comme un naïf.

Je me fiche de savoir s'il a eu une douzaine de maîtresses juives.

Je veux qu'il reconnaisse ses crimes.

Moi aussi, Mordecai.

Merci, brave monsieur.

J'ai réfléchi.

Nous avons beaucoup de choses en commun.

Comme vous, j'ai été un officier de police obéissant aux ordres.

Vous étiez SS, pas policier.

Facile à oublier.

Vous avez assisté à la mise à mort des Juifs.

Au début, je n'ai pas su ce qui se passait.

Je n'avais rien à voir là-dedans.

Quand j'ai compris, ça m'a rendu malade.

J'ai vomi.

Cette cruauté m'a laissé sans voix.

Plusieurs témoins ont confirmé votre présence aux pendaisons.

Ce n'était pas moi.

Je me souviendrai d'une telle atrocité.

Selon nos sources,

vous êtes intervenu en demandant que "la corde soit réutilisée

car la corde ne valait pas la peine d'être gaspillée sur un Juif".

C'est un mensonge. De la pure invention.

Je n'ai rien à voir avec la mort des Juifs.

Je n'ai jamais tué un Juif, ni commandité la mort d'un Juif.

C'est peut-être pour cela que j'ai l'esprit aussi tranquille.

Je suis peut-être coupable d'avoir contribué à l'évacuation.

"Le monoxyde de carbone s'est avéré inefficace."

Vous avez cherché d'autres moyens pour tuer.

Je ne remets pas en question votre commandement

mais votre efficacité.

Le zyklon B

a fait ses preuves dans l'utilisation de l'épouillage de textiles.

Il sera aussi efficace sur la vermine humaine.

En utilisant correctement ce gaz dans cet espace,

le succès sera garanti.

Vous étiez au courant des essais de gazage au zyklon B ?

J'étais au courant, évidemment.

Tout le monde savait.

Un ordre de déportation devenait donc un arrêt de mort ?

Pas du tout.

Moi, je ne décidais pas qui allait être déporté.

Dans son témoignage à Nuremberg, Wisliceny parle

d'une politique du massacre dans votre service.

Ses témoignages sont peu crédibles.

Il a affirmé qu'il y avait des moyens de contourner les ordres d'Hitler.

Il y avait bien un moyen mais un seul,

prendre un revolver et se tuer.

J'ai obéi. Peu importe ce que l'on me disait de faire, j'ai obéi.

Je ne vais pas vous mentir, c'était ma façon de penser à l'époque.

Quand on me donnait un ordre, j'obéissais car j'avais prêté serment.

J'avais juré loyauté.

Je réfute la responsabilité pour des choses que l'on ne m'a pas ordonnées

et qui ne concernaient pas mon service.

Je ne suis pas l'un de ceux qui disent après la guerre

qu'ils étaient contre ce régime

pour tenter de sauver leur peau avec des explications farfelues.

Je n'ai pas faim ce soir.

Combien de Juifs ont été déportés en Hongrie quand vous y étiez ?

Je vous l'ai dit tellement de fois.

Combien ?

450 000... environ.

C'est vrai que vous avez dit aux Juifs de Budapest

que le seul moyen de sauver leurs vies, c'était de collaborer avec vous ?

Combien cela peut-il coûter de "collaborer" avec vous ?

Je n'ai jamais accepté de l'argent pour libérer des Juifs.

J'ai le témoignage du docteur Kastner...

responsable d'une organisation juive à Budapest.

"Eichmann a dit", je cite :

Kastner,

je dois nettoyer les régions de toute vermine juive !

Inutile de discuter ou de pleurer !

Peu importe si les Juifs hongrois ont été gazés.

J'ai besoin de camions !

Je dois livrer des Juifs polonais et tchèques !

C'est en partie vrai.

Mais il y a beaucoup d'exagération

et il ne parle pas d'argent.

"De la vermine juive en échange de camions" ?

Des termes affreux.

Je n'ai pas dit ces mots-là.

Des camions contre des vies ?

On manquait de camions.

Kastner vous a aussi demandé d'éviter la surcharge dans les trains

en mentionnant le fait que 90 personnes...

ont été rassemblées dans un wagon conçu pour 40.

La plupart de ces personnes étaient des petits enfants.

Où allaient ces enfants ?

À Dachau.

Capitaine ?

Vous avez une minute ?

Qui êtes-vous ?

Je suis journaliste au Poste.

Je ne peux pas vous parler. Je croyais avoir été clair.

Je suis au courant pour votre père.

Que voulez-vous ?

Votre histoire.

Je ne suis personne. Eichmann si.

Est-ce normal que l'interrogateur d'Eichmann soit le fils d'une victime

d'Auschwitz ?

C'est ça, votre article ?

Je tiens un scoop.

Vous pouvez le prouver ?

Capitaine...

je ne serais pas ici si je bluffais.

Comment l'avez-vous su ?

Donnez-moi deux semaines.

J'aurai l'exclusivité ?

Je veux tout savoir.

Je veux, Avner, l'homme. Qui il est, ce qu'il est.

- Sa vie familiale et professionnelle. - Pas la famille.

Vous voulez ces 15 jours ?

J'ai besoin de deux semaines.

Je vous en laisse une.

Je te laisse.

Avner, que puis-je pour vous ?

Vous pourriez arrêter de baiser cette journaliste pour commencer.

Tu dois vraiment partir ce soir ?

Tu as l'air fatigué.

Tu ne dors jamais ?

Tes enfants me demandent où tu es.

Il ne me reste plus que cinq jours.

Cinq.

La déportation de tziganes dépendait de votre bureau IV B4 ?

Pas tous les tziganes, seulement ceux en Allemagne.

Tous les tziganes arrêtés dans le prétendu "Grand Reich"

ont été déportés à Auschwitz pour être gazés.

Nous devions affréter des trains, établir des feuilles de route et...

Quelles étaient vos directives ?

Mes directives ?

Pour exterminer les tziganes.

Les directives pour les tziganes étaient simples.

Il n'y en avait aucune.

Alors, pourquoi exterminer tous les tziganes ?

Je n'en sais rien.

C'est venu comme ça, tout d'un coup.

On a exécuté les ordres sans poser de questions.

Un demi-million de tziganes déportés pour un traitement spécial

par le bureau IV B4, c'est venu juste comme ça ?

Un autre témoignage de Waneck .:

"Eichmann a rejoint Höss à Auschwitz quand Höss a eu l'ordre d'exterminer

les Juifs. "

Je ne sais pas de quoi vous parlez.

Un autre accusé tentant de détourner l'attention de sa propre personne.

Ce document concerne la fabrication du gaz, n'est-ce pas ?

Il a effacé les preuves pour ne pas être tenu responsable.

Votre département IV B4 employait-il des personnes pour superviser

les déportations vers les camps de Riga, Auschwitz...

Je m'occupais de la logistique.

On ne m'a jamais consulté pour des décisions politiques.

Ce n'est pas ce qu'on a découvert.

Vous disiez ne rien avoir à faire avec ça.

Où voulez-vous en venir ?

Que pensiez-vous de l'ordre d'extermination du peuple juif

et de ce que vous appeliez la "solution finale" ?

Je ne nie pas ma responsabilité dans ce que j'ai fait

mais je ne suis pas

et je n'ai jamais été antisémite.

Mes chers enfants,

Je suis tellement fier de vous.

Vous êtes mes fils et ceux de la Patrie.

Des bons gaillards allemands.

Votre père reste celui que vous avez connu.

Mais le monde a changé.

Comme nous tous.

Tu as oublié de nous réveiller, papa.

Pardon.

Je nous ai habillés, David et moi.

C'est bien, Hannah.

C'est bien.

Comment tu te sens ?

Je suis désolé.

Pardon de t'avoir négligée.

Cet homme nous a éloignés.

Il ronge ton âme.

Pas de raisins ?

Je plaisante. Pèle-moi une orange, s'il te plaît.

Tu te rappelles les orangeraies dans le kibboutz, le soir ?

Au coucher du soleil,

les milliers d'oranges luisaient telles de petites lunes.

Tu te rappelles nos baignades dans la mer ?

Je m'en souviens.

Nous étions insouciants.

On n'avait peur de rien.

Et je suis tombée malade.

Mais l'année suivante, tu cueillais des oranges.

Parce que tu as pris soin de moi.

Je vais m'occuper de toi

comme quand nous vivions à Haïfa.

Je ne cueillerai plus jamais d'oranges.

Bien sûr que si.

Et Eichmann ?

J'en ai terminé avec lui.

Tu as dit qu'il te fallait encore 2 jours.

Continue.

Après ce sera terminé.

Vous devez connaître le témoignage de Bruno Waneck à Nuremberg ?

Il a dit : "Concernant la procédure d'extermination, il a été décidé

que seul le gaz soit employé parce qu'Eichmann a déclaré

qu'éliminer tous les prisonniers par balle était impossible.

Ce serait trop dur pour les soldats SS d'abattre des femmes et des enfants".

Je n'ai rien à voir avec le gazage.

Qui a donné l'ordre, alors ?

Le Führer.

Heinrich m'a dit qu'Hitler avait décidé d'exterminer les Juifs.

Les désirs du Führer étaient des ordres.

Toujours selon Waneck :

"Eichmann occupait une position dominante, pour ne pas dire absolue.

Il dépendait directement de Himmler".

En fait, je n'ai jamais été le subordonné de Himmler.

Donc, ces affirmations sont infondées.

C'est confirmé par le commandant d'Auschwitz, Rudolf Höss.

Oui, eh bien...

réfuter ces mensonges ne changera pas ma sentence, non ?

Ce n'est peut-être pas mentionné dans les conventions de Genève,

mais utiliser un lubrifiant ne serait pas du luxe.

C'est une page de gloire de notre histoire...

une page non écrite et qui ne sera jamais écrite.

Nous savons combien il aurait été difficile pour nous

si nous avions toujours les Juifs qui ont voulu nous tuer...

Poznan, le 4 octobre 1943.

Himmler a prononcé un discours devant des officiers SS.

Vous vous rappelez ce qu'il a dit sur les Juifs ?

Je n'ai jamais su qu'Himmler avait prononcé un tel discours.

Jamais.

Il était inutile de prononcer des discours

sur les convictions du Reichsführer. On était au courant.

Octobre 1943.

Himmler passe en revue des soldats soviétiques attendant

d'aller au camp de concentration de Riga.

Son député, Adolf Eichmann, qui échappa aux poursuites...

Il continue de nier ses liens avec Himmler. Pourquoi ?

Tout le monde, s'il vous plaît, écoutez-moi, cessez vos activités.

Cherchez toute correspondance

entre Himmler et Eichmann !

Merci.

On le tient.

Bien joué.

Les marches forcées des Juifs pour quitter la Hongrie

entre octobre et décembre 1944 intriguent nos chercheurs.

Vraiment ?

On n'arrive pas à savoir si c'est vous

qui avez dû vous en occuper.

On m'a ordonné de le faire.

Insinuer que j'aurais voulu ça est une insulte envers ma personne

et envers tous les déportés.

Une insulte ?

Le 17 octobre 1944,

vous êtes retourné à Budapest pour organiser la 1 ère marche

des déportés.

On estime que 3 000 personnes ont péri durant cette marche.

Comme vous le voyez, Kastner, je suis de retour.

L'Allemagne semble sur la voie de la victoire.

On produit une arme contre laquelle les Alliés ne pourront rien,

"l'Arme de vengeance 3".

Pour cela,

j'ai besoin de 70 000 nouveaux Juifs hongrois.

20 000 Juifs pour la construction du mur à Ostmark

et cinq autres envois de 10 000 hommes chacun

qui rejoindront l'Autriche à pied.

Votre liste !

Heil Hitler !

Je ne crois pas qu'il y ait eu autant de morts.

Sauf peut-être quelques-uns.

Ça devait être terrible de voir certains peiner durant les derniers kilomètres.

Je ne pouvais rien faire.

Je n'aurais rien pu y faire.

Au mieux, j'aurais pu dire :

"Gardez vos Juifs. Je n'en ai pas besoin".

Auschwitz était plein à craquer, en surcharge.

Nous avons un ordre pour déporter entre Theresienstadt et Auschwitz

jusqu'à la fin de la Guerre, signé par vous.

Ainsi que...

50 000 prisonniers partis à pied de Hongrie.

Vous saviez qu'ils allaient mourir, même s'ils survivaient à la marche.

Je vous assure.

Je n'avais aucune idée de leur souffrance.

Vous aviez un rapport écrit d'un groupe de hauts-gradés allemands.

Le commandant de la Waffen SS Juttner était l'un d'eux.

"Quand nous l'avons confronté une première fois,

Eichmann n'a rien voulu avouer.

Mais après l'avoir menacé d'en avertir Himmler, il a annulé la marche forcée".

C'est vrai. J'ai annulé la marche forcée.

Une semaine plus tard, les marches ont repris.

Vraiment ?

Je ne m'en souviens pas.

Juttner dit :

"Eichmann,

défiant l'ordre de Himmler

de cesser le massacre des Juifs

décrète que tous les Juifs et leurs enfants de plus de dix ans

devaient être déportés vers Auschwitz, Dachau...

et les chambres à gaz".

C'est impossible. Je n'aurais jamais

désobéi aux ordres.

Voici l'ordre de Himmler que vous n'avez pas suivi.

Voici l'ordre de la marche signé par vous.

C'est bon.

J'en ai terminé.

Pouvez-vous vous assurer que ma lettre soit envoyée à ma famille ?

Envoyez ma lettre, je vous en prie.

Ce n'est pas tant pour Dieter.

J'ai peur de ce qui pourrait arriver au petit dernier.

Six ans, c'est trop jeune pour perdre son père.

Il a six ans, vous dites ?

Bientôt sept.

Il a un excellent tempérament.

C'est votre préféré ?

Je les aime tous.

Vous auriez aimé en avoir plus ?

Bien sûr.

J'adore être un père.

J'adore les enfants.

Mais vous avez tué des enfants.

Ils vont me manquer.

Certains avaient l'âge de votre fils, d'autres plus jeunes.

Je sais mais...

500 000 enfants en 4 ans !

- Je sais mais... - Mais quoi ?

Mais quoi ?

Ils étaient juifs.

C'est notre dernière entrevue.

Je suis mutée à Berlin.

Merci de n'avoir rien écrit sur ma famille.

Eichmann a été jugé coupable.

7 mois d'interrogatoire suivis par un procès.

Cela valait-il le coup ?

Sans parler du coût pour les contribuables.

On a fait preuve de plus de justice pour lui que lui pour nous.

C'est une journée historique.

Adolf Eichmann a été exécuté hier soir après un long procès.

Il a été pendu peu après minuit.

1erjuin 1962

Je n'étais qu'un simple rouage

dans une manœuvre d'intimidation.

Je n'ai rien à voir avec le gazage.

J'obéissais aux ordres. Je n'ai jamais tué un Juif.

Je n'ai jamais commandité la mort d'aucun Juif.

Je suis juste coupable d'avoir contribué à l'évacuation.

Je n'ai jamais été antisémite.

Adaptation : Brigitte Badier

Avner Less : "Des milliers de gens n'ont jamais entendu parler d'Eichmann.

Ils ignorent qu'il a été pendu après avoir été jugé.

Si vous demandez à des jeunes qui était Hitler,

beaucoup répondront qu'ils n'en ont jamais entendu parler.

Quand vous prenez conscience de ce qui s'est vraiment passé.

6 millions de Juifs sont morts dans l'Holocauste

avec des millions d'autres morts.

Eichmann en a été tout autant responsable.

C'est devenu le combat de ma vie

et ça a changé ma perception sur de nombreuses choses

comme croire en une véritable démocratie.

C'est la seule chose qui puisse préserver l'humanité

de gens comme Eichmann.

Il y a beaucoup de gens comme Eichmann.

Mais les gens comme Eichmann ne naissent que sous des dictatures.

Des dictatures de droite ou de gauche, c'est pareil.

C'est impossible sous une vraie démocratie.

C'est pour cela qu'il faut lutter pour la démocratie.

Il faut tout faire pour que cela n'arrive plus,

pour empêcher des gens comme Eichmann d'exister à nouveau."

Voix de Avner W. Less (1916-1987) Interview enregistrée en 1983

Download movie subtitles or Load it directly from url on TheSubtitles.net

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.