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Original subtitles

Battements

...

- Attention.

Go.

1,6.

Go.

...

...

- M. Choucas.

T'as remarqué, j'ai dit M. Choucas, pas inspecteur Choucas.

- J'ai remarqué. Subtil.

- Très subtil.

Tu sais, t'as plus ta plaque. - Donc, t'as plus de port d'arme.

- Et t'es en infraction.

- On t'emballe et t'es dans la merde.

- Oui, si on veut.

- Marie-Thérèse va bien ?

- Connais pas.

- Dommage, elle vient de s'installer dans un studio rue de Ponthieu.

Elle se défend, personne l'emmerde.

Oui, elle est maquée par 2 flics.

Elle est bien. Vous m'emballez ou pas ? J'ai du boulot.

Salut, Michel.

...

Ça va ? - Arrête, y a quelqu'un.

- Où ? - Là-dedans.

- OK, on reprendra après. - Des clous.

- Madame ? - M. Choucas ?

- Oui. - Isabelle Pigot.

- Asseyez-vous. - Merci.

Voilà, ma fille a disparu.

- Ah... Depuis quand ?

- Depuis un mois.

- Vous avez vu la police ? - Oui.

Téléphone

- Oui ? *-Un policier vous demande.

C'est urgent. - Excusez-moi.

Oui, Coccioli ?

- Désolé, je voulais arriver avant elle.

- Avant qui ? - Pigot.

J'ai appelé, mais c'était toujours occupé.

- Je suis allée prendre un café.

- Virée. - Maintenant ?

- Je peux parler ? - Sa fille a disparu.

- Prenez l'affaire. Piquez-lui 1000 F, ouvrez un dossier

et dans un mois, dites que vous n'avez rien.

- Je peux lui dire que les privés sont pas plus forts que la police.

- Elle irait se faire arnaquer ailleurs.

C'est l'ami d'une parente.

Elle veut absolument engager un privé.

Écoutez son histoire

et empochez son fric. Ça s'arrête là, OK ?

- Je verrai. Ça dépendra de mon jugement.

- De quoi ? Quel jugement ?

- Mon jugement, l'entendement.

Le libre-arbitre. Vous en avez entendu parler ?

- Choucas, on vous laisse fonctionner,

on vous fout la paix, même quand vous nous laissez

des macchabées. Faites-le, ça changera

de vos histoires de culottes. - Elle en a pas.

- Qui ? - Moi.

- De culotte... On vous tient au courant, Coccioli.

Excusez-moi. - Je vous en prie.

- Vous connaissez l'inspecteur Coccioli ?

- Oui, c'est lui qui m'a reçue.

- Permettez ? - Je vous en prie.

C'est ma fille, Marthe.

La police dit qu'elle est partie, je pense qu'elle a disparu.

On avait de très bons rapports.

Il a dû lui arriver quelque chose.

- Quel âge ?

- 28 ans. - Taille ?

- Je sais pas. 1 m 70.

- Continuez.

- Elle habitait chez moi et travaillait à l'institut.

- Quel institut ? - La fondation S. Baudrillard.

Ils se consacrent à l'insertion des jeunes aveugles.

- Elle est aveugle ?

- Oui.

- De naissance ?

- Oui.

- C'est ça qui vous fait penser qu'elle a pas fui avec un homme ?

- Ah non, non... Je le sais, c'est tout.

Vous acceptez de la chercher ?

- Faites-moi un chèque et je vous poserai des questions.

- Merci, monsieur.

- Vous le rédigerez au nom de Tarpon.

Eugène Tarpon, mon associé.

- Vous m'apporterez la feuille de maladie.

- Très bien.

- Voilà.

- Merci. - C'est tout naturel.

Sonnerie du tiroir-caisse

- Merci.

- Allô, oui ? Jude à l'appareil.

Dites-lui "ce soir", je le sens.

- Jude. Je ne sais pas si...

Il dit que c'est

pour ce soir.

- Mets ça sur le compte Tarpon. - Attends, signe-moi ça.

- C'est quoi ? - Ma lettre de licenciement.

- Fais pas chier, tu veux.

Salutations à ton mari. - J'y manquerai pas. Bon dimanche.

...

- Oui, je suis là. Quand vous voulez.

- Vous pouvez partir, Pérez.

- Bien, monsieur.

...

- Un Martini dry, Georges.

- Je m'appelle Jean, monsieur. - Merci, Georges.

...

Où est votre mari ?

- La veste bordeaux

à la grande table.

- Ah, oui.

- Et votre femme ? - La dame un peu forte, là,

brune, vous voyez ?

- Ah, oui...

- On est un couple moderne.

- Merci, monsieur.

Bonsoir, monsieur.

- Bonne nuit, Georges. - Jean, monsieur.

Bonne nuit.

- Le salaud ! - Il a gagné un paquet,

mais rien ne prouve qu'il vous a pris de l'argent.

- Il est innocent ?

- Non, y a un truc bizarre, il a gagné

trop facilement.

- Merde... Qu'est-ce que vous voulez dire ?

- Ça cloche.

- Je sais, j'ai eu un trou de caisse de 2 briques, cette semaine.

- Je sais, je sais.

Vous jouez

depuis longtemps ? - 3 ans.

- Ah... Je continue ?

- Oui, je veux sa peau. Vous aurez un chèque demain.

Oh, vous avez vu ? Pleine ligne.

Téléphone

...

- Choucas, j'écoute.

Allô, oui ?

Téléphone

Oui ? *-M. Choucas ?

- De la part ? *-Je vous dirai ça, je monte.

Sonnette

...

- Oui ?

- Je m'appelle Charles Pradier.

- C'est bien. C'est tout ? - Faut que je vous parle.

Au sujet de la fille Pigot.

Marthe Pigot.

Elle a pas disparu, elle a foutu le camp de chez elle.

- Je vous écoute.

- Elle s'est barrée avec un copain à moi.

Mon copain est parti à l'étranger, elle l'a suivi. Elle l'aime, quoi.

Lui aussi, d'ailleurs. C'est une histoire d'amour, vous voyez ?

- Je pleurerai plus tard si vous permettez.

Pourquoi ne rien dire à la mère ? - Conflit des générations.

- Le nom de votre copain ?

- Sans intérêt. - Ah, oui ?

Marthe Pigot, vous la connaissez ? - Ben, oui.

Blonde ou brune ?

- Aveugle.

- Blonde ou brune ?

- Brune. Merde, arrêtez.

Elle vous a écrit. Tenez.

- C'est quoi, ça ? - Du braille, Choucas.

Les aveugles écrivent en braille. Ça se lit avec les doigts.

Téléphone

- Oui ? *-M. Choucas ?

- Oui. *-Mme Pigot.

Il faut que je vous voie. - Dans 30 mn.

*-Esplanade du Trocadéro, vers 6 h.

- Je peux y être plus tôt.

*-Non, excusez-moi.

- Hé ? - J'appelle

les flics. - Pas la peine.

Ils ont reçu le même message, ils sont satisfaits.

Affaire classée. - On va voir.

Pas si vite,

mon beau !

Pradier crie.

Il gémit.

Choucas crie.

- Allez.

Choucas gémit.

Il crie.

Il gémit.

- Oh, merde.

Il soupire.

Oh, les cons.

...

Coup de feu

- Vous en voulez ? - S'il vous plaît. Merci.

- Pas trop fatigué ? - Non, non, ça va.

- Alors racontez-moi votre histoire une nouvelle fois.

- Pas de problème.

Je rentrais chez moi vers 16 h, le téléphone a sonné...

- Ne remettez pas ça, je vais hurler. Allez, tirez-vous.

- Il y avait quoi dans la lettre ?

- Rien d'important.

- Vous avez bien une transcription ?

- "J'apprends que ma mère vous a chargé de me retrouver.

"Je suis partie rejoindre mon fiancé

"à l'étranger et je ne souhaite pas revoir ma mère.

"Inutile que vous perdiez votre temps et ma mère son argent.

"Cordialement vôtre, Marthe Pigot."

Vous êtes content ?

- Si on veut.

- Vous en pensez quoi ?

- Qu'on nous prend pour des cons. Et vous ?

- Je pense aussi.

- Et merde.

Machine à écrire

- Pst ?

Il est là ?

...

Il soupire.

Je vous croyais virée.

- Je me suis fait pardonner. Au lit.

- Ah...

Il grogne.

- Café ? Vous aussi ? - Ah, je veux bien.

Dites donc, il est pas bavard.

- Il a toujours du mal à parler avant d'avoir pris son café.

- Je passais, c'est mon jour de repos.

- Là, ils disent que c'est un dénommé Madrier qui a été chargé

de l'enquête. - Oui, Chauffard a été dessaisi.

- Continuez. - J'étais avec Madrier, à Marseille.

Il a aussi été chargé de la disparition

de la petite Pigot. - Vous avez aussi été dessaisi ?

- En quelque sorte, oui.

Merci.

Il soupire.

Votre cliente étant morte,

je suppose que vous laissez tomber ?

Fanch Tanguy...

Manquait plus qu'un Breton dans ce merdier.

Merci pour le café.

Votre associé, là, Tarpon... - Oui ?

- Il existe ?

- Il est discret.

- J'avais autre chose à vous dire, ça revient pas.

- Ce sera pour la prochaine fois. - Oui.

- Tu me sortiras l'adresse de Mme Pigot.

...

*Jingle Europe 1

*-Vous êtes bien sur Europe 1, voici les informations.

...

- Trouvé quelque chose d'intéressant ?

- La 2CV en face, mettez-vous

au volant.

- Vous seriez pas le fiancé de la fille Pigot ?

- Que cherchiez-vous, là-haut ? - Vous.

- Mais encore ?

- Rien, j'ai vu. Intéressant. - Quoi, intéressant ?

- Ben, intéressant.

Elle vient d'être tuée, mais aucun flic. C'est intéressant.

- Votre cliente est morte. Oubliez ça.

- Je suis consciencieux. Elle a payé 2 semaines d'avance.

- Vous avez pas d'autre client ?

- Oui, peut-être. - Qui ?

- Fanch Tanguy.

- Faut qu'on parle de ça tranquillement. Démarrez.

Prenez la 1re à droite.

- On est pas bien, là ? - Non.

- Celle-là ?

L'homme crie.

Il gémit.

Il soupire.

- Oh ? Ça va ?

- Ouais, ouais... Ça va aller.

- Et lui, là ?

- Oh, lui, ça va, il est mort.

- Allez, viens, Hubert. - Ah... Bon, d'accord.

Bon...

- Ouais, c'est ça.

...

- Hé ben...

C'est pas trop tôt.

Commissaire Madrier.

Cessez de me braquer avec cet engin.

- Prouvez-le. Allez-y, continuez.

Vous êtes seul. - Je préfère.

- Bon, alors ?

- Alors ? Vous êtes dans la merde.

Un peu, seulement.

Faites voir.

J'ai jamais aimé le 45.

C'est bruyant. C'est presque grossier.

- Il a servi à tuer Mme Pigot.

Le con !

Il gémit.

Il halète.

...

Sonnette

...

- Nom de Dieu, t'as pas bonne mine.

- Il est là ? - Qui ?

- Ton mari.

- Non, il est sur un tournage à Nice. Mais t'es blessé.

Entre donc.

- J'attendais que tu proposes.

- T'es le mec le plus scrupuleux que je connaisse.

J'appelle un toubib ? - Non, attends.

- Oh ! - Tu vas réveiller les voisins.

- Ils vont croire que je baise. - Tu fais

ce bruit-là au lit ? - Parfois.

- Je viens de tuer un commissaire.

- Ah, ben, c'est malin.

- J'avais pas le choix. Il me faut...

Et merde. - Quoi ?

- Elle aurait pu être dedans.

Va chercher ta boîte à pharmacie.

- Je suis pas infirmière.

- Si je voyais quelque chose, je le ferais moi-même.

- Y a une scène comme ça dans "Vera Cruz".

Ou dans un film de Hawks.

"The Big Sky". Il faut qu'on se saoule

et pendant que tu chantes, je te soigne ça comme un rien.

Sauf que moi, je suis pas Burt Lancaster.

- Allez.

- Je te déteste.

Tu me raconteras ce qui s'est passé ?

- Tout.

Vas-y.

- Si je te fais mal, tu vas gueuler. - Non, tu seras juste virée.

Il hurle.

Salope.

- Fumier.

*Musique jazz

Pourquoi tu lui as renversé le bureau sur la gueule ?

- Il allait me tuer.

A cet instant-là, exactement. C'était prévu depuis le début.

Et moi, je suis arrivé avec un 45 à la main.

Ça pouvait pas mieux tomber.

Il a voulu faire croire que j'avais tiré dans le mur

pour établir la légitime défense.

Tu verras, demain, dans les journaux.

L'assassin de Pigot et de Madrier, ce sera moi.

- Les 2 meurtres ? - Oui, c'est la même arme.

- Ah...

- En plus, Madrier était un con.

Il aurait pu me tuer d'abord et trouer le mur ensuite.

- Il avait le sens de la chronologie.

Bon, t'es presque pas dans la merde.

- Exact.

Tiens, tu me réveilles à 6 h. T'oublieras pas de me donner tout.

Ma chemise, le coton... S'ils viennent, tu m'as pas vu.

Tu sais pas où je suis.

...

Téléphone

...

- Allô ? Qui ?

Ah, ouais. Non, je n'en sais rien.

Bon, d'accord. Si je le vois.

C'était l'inspecteur Coccioli. Il aimerait bien te parler.

- Ce cher Coccioli.

Rasoir électrique

...

- "Un ancien inspecteur de la RB tue un commissaire de police."

Tu entends ? - Oui, continue.

-"C'est Choucas, le tueur au 45,

"qui a abattu Mme Pigot au Trocadéro.

"Démasqué par le commissaire Madrier,

"il l'aurait tué avec la même arme."

T'avais raison.

- Faut que j'y aille. - Et mes croissants ?

- Pas le temps.

Merci pour le café.

Pour la chemise. Pour tout.

- Où tu vas ? - Voir Tarpon.

- Bonne idée.

Fais gaffe, hein ?

Tiens. - C'est quoi ?

- Une Lancia grise garée au coin de la rue.

...

- T'as mis du temps. - Je voulais pas te réveiller.

- T'aurais dû.

On t'a inventé un associé fictif nommé Tarpon

pour bénéficier de l'aide et des infos

qu'un policier en retraite nommé Haymann pourrait te fournir.

Haymann préférant rester dans l'ombre.

Pas dans l'ignorance, pas à l'écart.

D'accord ? - Je suis là, non ?

- Je me suis fait du souci. Toujours 2 sucres ?

- Toujours.

- On y va ? - Oui.

Madrier et Coccioli ? - Ils étaient ensemble à Marseille.

Section financière du SRPJ. - Coccioli m'en a parlé.

- Il t'a dit que le service avait été démantelé ?

Y a eu un tas de promotions et de mutations partout en France.

Madrier, surtout.

- A propos de quoi ? - J'ai passé des coups de fil.

J'espère le savoir bientôt.

Quoi d'autre ?

- Ça.

- Il est mort, Fanch Tanguy.

- Merde.

Bon, ben, raconte.

- Fanch Tanguy dit Fanch Le Siffleur.

Il est mort en 44. C'était une ordure.

Un extrémiste du Parti nationaliste breton

qui s'était mouillé avec les Boches.

Fallait le faire, non ?

En 43, il a viré au voyou pur.

Moitié milicien, moitié Gestapo française.

Il était branché sur la rue Lauriston. Racket, extorsion,

renseignement. - Tortures.

- Oui. Il sifflait

en le faisant

à cause d'un film allemand.

D'où son surnom ! - OK, t'énerve pas.

- J'ai eu des...

des cousins qui ont eu affaire à lui.

Tu sais comme on est, nous, les Juifs. On s'énerve pour rien.

- Et sa mort ?

- Il a été alpagué à la frontière espagnole en 44.

Dis, tu connais un individu d'environ 2 m, 50 ans, avec le bras

en écharpe ? - Pourquoi ?

- Il attend là.

- Nom de Dieu...

C'est mon enclumeur.

La 1re chambre est vide. Les autres sont pleines.

- Il t'a suivi ?

- Non, c'est bien ça qui m'inquiète.

...

Restez

comme vous êtes.

- Faites pas

de bêtises, Choucas. On tient votre secrétaire.

Vous devriez ranger votre arme.

On va se faire remarquer. Ce n'est pas dans notre intérêt.

Bon...

Je vais mettre ma main à ma poche pour y prendre une photo

qui peut vous intéresser.

Bien.

Vous allez venir tous les 2 avec moi pour parler avec mes amis.

Si les négociations n'ont pas commencé à minuit,

mes collègues ont pour instruction de couper un doigt

à la petite demoiselle.

Vous voyez ?

Vous n'avez pas le choix.

Il soupire.

- Il y a une chose

que je peux faire. - Quoi ?

- Ça.

- Pas sûr que tu aies amélioré ma réputation dans le quartier.

- T'as un marteau ? - Je dois avoir ça, mais...

Un marteau.

...

Un marteau.

Tu lui as cassé

le nez.

- Ben, oui.

Je suis ravi que vous ayez fait réduire votre fracture.

Le poignet, dans votre métier, c'est important.

Bientôt, vous serez comme neuf. Bravo.

A moins que...

vous ne me disiez pas où se trouve ma camarade.

Je devrais alors vous casser les 2 poignets.

Je le ferai

proprement et tout se passera bien. Qu'en dites-vous ?

Je lui ai posé la question poliment, non ?

- Oui, tout à fait.

On perd du temps,

Kasper.

- D'accord.

- Alors ? - 50 m, encore.

A gauche.

- Ouvrez la bouche.

- Écoutez, merde... - Ouvrez.

...

Cri de femme

...

Un train klaxonne.

- Nom de Dieu, nom de Dieu...

Choucas, dis à ton copain que ce qui me gêne,

c'est pas qu'on voit mon cul, mais c'est d'être attachée.

- Je vous attends en bas.

...

- Ça va ?

- Moi ? En pleine forme.

Donne-moi une cigarette.

- On va redescendre, on va retrouver tes fringues

et puis on va se tirer, OK ?

On est arrivés à temps, hein ?

- Au point de vue des violences sexuelles ?

Non, vous n'êtes pas arrivés à temps.

...

- Il a dû fatiguer les fils avec son plâtre.

L'enfoiré.

...

- Hé ? - Oui ?

- J'ai une question concrète à te poser. Je peux ?

- Si elle est courte, vas-y. - Elle est très courte.

Où on va ?

- Je sais pas. - Ah, d'accord...

...

- Chez toi, y aura les flics, chez moi, nos amis et chez elle,

y aura les 2. - J'ai un endroit près de Senlis.

- J'ai un copain qui est à Ceylan. - Et alors ?

- Je sais où est la clé de son appart.

- Ton copain m'intéresse. C'est où ?

- Trocadéro. - Très convenable.

- Il fait quoi, ton copain ?

- Réalisateur. Courts-métrages, télé...

Mais surtout de la pub.

Ce qui l'intéresse, ce sont les voyages.

Il a fait une liste des pays où il n'est pas encore allé.

Il essaie de se faire une nana dans chaque.

Bref, gentil, mais un peu con.

- Il revient quand ? - Pas avant 10 jours.

Sonnette

- C'est coquet chez votre ami.

- Si vous n'avez pas besoin de moi,

je vais faire un brin de toilette.

- Alors ? - Hein ? Rien, ou presque.

On parle de toi et de Madrier, mais c'est quelques lignes.

On a retrouvé Pradier, mais ils ont pas fait le rapprochement.

- C'est tout ? - Non.

On a rendez-vous dans l'aprèm avec un Espagnol.

Il a des infos sur la mort de Tanguy.

- Ah. - Et toi ?

- Quoi, moi ?

- Le type qu'on a troué, t'as bien dû lui faire les poches.

- On peut rien te cacher.

- Jolie collection. - Oui, comme tu dis.

Bien...

Alors, carte d'identité au nom de...

Constantini Lionel, né à Moulins en mars 36.

Carte grise. Permis de conduire au même Constantini.

Fondation Baudrillard, membre bienfaiteur.

- Quoi ? - Cet institut pour aveugles,

c'est là que travaillait la fille Pigot avant qu'on perde sa trace.

100, 200, 350 francs.

18315722, ça pourrait être un numéro de province.

- On va le savoir tout de suite.

1618. - 1618

31

5722.

Allô ?

*-La Verte Colline, j'écoute.

- M. Tarpon, je vous prie.

*-Ah, pas chez nous. Vous avez fait un faux numéro.

- Bon, excusez-moi.

- La Verte Colline. - A vérifier, tu te mets dessus.

2 tickets de métro et une pochette d'allumettes, vide.

"Mouzon Renée, 10 rue d'Orléans, Neuilly, SABLON 2146".

- Y a de quoi faire.

- Y a des jours où tu m'énerves. - On doit attendre le rendez-vous.

Une partie d'échecs ? - Non.

- Ça te calmerait. - J'en ai pas envie.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Il est frustré de ne pouvoir mettre un visage sur un adversaire.

- Ah, oui, d'accord.

Air classique au piano

...

- Buenas tardes, le esperon, señor.

- Muchas gracias.

...

- Hombre.

Tu non te reces.

Aqui hombre que buscas.

- C'est lui qui a tué Tanguy. - Demande si c'est bien lui.

- Si c'est bien qui ? - L'homme que vous avez tué.

- Oui, il est mort. - Comment ?

- Un contrôle. On a arrêté une voiture. 2 hommes dedans.

Y en a un qui a tiré. On a riposté.

Et on a tué l'homme. On a trouvé beaucoup d'argent dans la voiture

et beaucoup d'alliances en or, vous voyez ?

- Et l'autre ? - On ne sait pas.

Il s'est échappé et ses papiers étaient faux.

C'est tout ?

Heu... Ça me revient.

L'homme qui s'est échappé, on a su plus tard qu'il était médecin.

- Merde. - Comme tu dis.

...

- Alors, grande sauterelle ? - Pauvre con !

- Ils ont parlé de toi, à la télé. - Ah ouais ?

- De toi, de la 2CV avec un cadavre dedans, des traces de balles.

"Une ténébreuse affaire" a dit Mourousi.

Il a dit que la police s'attendait à te trouver rapidement.

- Qui a fait le lien avec la 2CV ? - Un témoin.

- Un témoin ?

- Un jeune homme de bonne famille dans une Monte Carlo rouge ?

- Affirmatif.

- Ça sent mauvais.

- Ma pintade ? - Logique.

Je vais aller voir celui qui est à l'origine de tout.

L'ami Coccioli. - Bonne idée.

- Elle est bonne ou pas ? Répondez pas tous à la fois.

- Qui ?

- Ma pintade. - Très bonne.

- Vous voulez connaître le secret ?

- Faut le voir...

- Faut lui fourrer

2 yaourts dans le cul.

- A Coccioli ?

- Mais non, à la pintade, merde.

C'est dur avec vous, ce soir.

Heureusement, y a un Cukor.

- C'est quoi, ça ? Le dessert ?

- Des Philistins, voilà ce que vous êtes.

- Oh, Philistin, j'ai oublié de te dire

que Charlotte était un peu cinéphile sur les bords.

*-Est la seule boisson qui vous donnera force et santé.

La plus économique, la plus désaltérante,

pour les petits comme pour les grands.

- OK, bon film.

*-Chers téléspectateurs, merci d'être restés avec nous sur TF1.

Maintenant, Sophia Loren dans "La Diablesse aux collants roses",

un très beau film de John Cukor.

- George, connasse.

*-George Cukor... George.

- J'ai cru comprendre que vous aviez un mari.

Elle acquiesce.

Faudrait le rassurer.

- Pas la peine. - Il doit être inquiet, non ?

- Pas son genre.

On peut ne parler qu'après ?

- Après quoi ? - Le film.

- Oui, excusez-moi.

- Y a pas de mal.

Ils nous ont collé une VF, ces enfoirés.

...

- Coccioli, c'est Choucas. *-Où êtes-vous ?

- Réfléchissez avant de parler.

*-Venez chez moi. - Votre voiture, c'est quoi ?

*-Une R14 dorée.

- Immatriculation ? *-88 CPS 75.

- Prenez le périph extérieur porte de Versailles,

roulez sur la file de droite à 50. *-Mais jusqu'où ?

- Jusqu'à ce que je vous fasse signe.

...

- Je me paie une de ces migraines.

Je devrais être couché, j'arrête pas de dégueuler.

- Essayez de pas dégueuler ici, si possible.

- Messieurs ?

- Infusion à la menthe bien chaude. - Café.

Désolé pour vos problèmes de santé, moi, ça va très bien.

Vous êtes peut-être au courant ?

- Oui.

- Expliquez-moi les règles du jeu pour que j'y prenne du plaisir.

- Y a pas de jeu. - Si.

- On joue au jeu des erreurs, des anomalies.

Madrier, vous m'aviez presque prévenu. Vous m'avez sauvé.

Mais à la suite de quoi la section du SRPJ a-t-elle été démantelée ?

Autre chose, je suis recherché par tous les flics de France.

Je vous téléphone et vous venez... seul.

C'est pas parce que je suis sympathique.

- Non. - C'est quoi, alors ?

- Et puis merde, croyez ce que vous voulez, je m'en fous.

Vous savez comment ça se passe dans la police.

Y a des familles, des coteries,

entre ceux qui ont les mêmes secrets.

A l'extérieur, on le sait, mais on bouge pas.

Et on ne cherche pas à savoir où commence la coterie.

Ni où elle cesse.

- Vous, vous vous êtes cru dedans et un jour, vous étiez dehors.

Fanch Tanguy, vous savez quoi ? - Mais rien.

Avant votre photo, j'en avais jamais entendu parler.

- Admettons.

Votre section financière est tombée sur quoi pour qu'on la fasse sauter

à coups de promotion ? - Ça a rien à voir.

Madrier a dû tomber sur un truc.

Il travaillait sur le fric de l'opposition.

- Ça n'a aucun sens. - Oui.

- Vous m'avez foutu dans un couloir.

Je suis obligé d'aller jusqu'au bout.

Vous allez faire ce que je vais dire.

Je veux la fiche de Kasper, Pradier et le dossier Madrier.

Je vous ferai signe.

- OK. - J'espère bien.

Coccioli, si je tombe, je vous emmène avec moi.

...

Klaxons

OK, essayons ça.

Sirènes

Qu'est-ce qu'ils foutent là, eux ?

Qui c'est, ces mecs-là ?

Suivez-moi.

Klaxons

...

...

...

...

...

...

...

Et voilà.

Voilà. - Ben merde, alors.

- Dois-je comprendre que tu as bousillé ma voiture ?

- Oui, complètement.

- J'avais pas fini de la payer. - Je t'en achèterai une autre.

C'était comment, le Cukor ?

- Léger. - Superbe.

- Et maintenant ? - On verra demain.

- Non, demain, on aura nos photos

dans le journal. Cette nuit, je peux.

- Quoi ? - Mouzon Renée.

Tu me refais mon pansement ?

- Si je veux.

- Et ramène-moi

une chemise propre. Ton copain

doit en avoir.

- Pourquoi penses-tu

qu'on se retrouvera dans le journal gros comme ça ?

- J'ai laissé mon flingue

dans la voiture. Celui qui a tué Pigot et Madrier, le 45.

- Bien joué. - Oh, m'énerve pas.

Tu dramatises. Ça va, ça va...

Il crie.

- Ah, non.

Dans ces cas-là, Belmondo ne fait que grimacer.

- Laisse Belmondo où il est et fais-moi du café bien fort.

...

Sonnette

...

- Oh, oh, oh, oh !

C'est fini, oui ?

- Mouzon Renée ?

- Ouais.

- Inspection générale

de la gendarmerie.

L. Constantini.

- Qu'a-t-il encore fait ?

- Une connerie.

- Venez.

C'est du rhum. Vous en voulez ?

- Non, merci. - Quel genre de connerie ?

- Il a été mêlé à une fusillade.

- Il a...

Il est...

Il est mort ? Il est mort ?

Il est mort !

- Il est à l'hôpital. Il a pris

du plomb dans l'aile, mais ça ira.

- Ah...

Où est mon verre ?

- Je vous en sers un si vous me répondez.

Elle rit.

- Fumier.

- Vous connaissez Fanch Tanguy ?

- Non. - Pradier ?

- Il est mort.

- Vous le connaissiez ?

- Il travaillait

avec Lionel. - Récemment ?

Elle soupire.

Récemment ? - Oui, récemment. Merde, alors.

Elle soupire.

Hier soir, Lionel a reçu un coup de fil.

Puis il a raccroché et m'a dit que Pradier était mort.

J'appelle l'hôpital.

- Quand j'aurai fini.

- Je sais pas d'où vous sortez,

mais y a une chose que je sais, vous êtes pas un flic.

- Et alors ?

- Donnez-moi une bonne raison de répondre à vos questions.

- OK, j'ai une bonne raison.

- C'est une bonne raison.

Mais attention, 3 questions, pas plus.

Comme dans les contes.

- Vous connaissez un certain Kasper ?

- Non.

Ça fait une.

- La Verte Colline, c'est quoi ?

- Une clinique d'amaigrissement du côté de Meulan.

Pour cadres

et vieilles peaux.

J'ai rencontré Lionel là-bas.

Mon patron faisait une cure et j'ai dû l'accompagner.

Lionel devait lui parler

et il est venu sur place.

Ça fait 2.

- Que fait votre patron ? - Il dirige une fondation

pour aveugles.

Ça fait 3.

...

- Toujours vivant ?

Il acquiesce.

- Pourquoi tu dors pas ? - Je t'attendais.

On a avancé sur La Verte Colline. C'est une boîte à maigrir près...

- De Meulan.

- On a bossé pour rien, alors ? - Non, continue.

- Pas grand-chose, le truc habituel.

Ils te bourrent de diurétiques

et de jus de fenouil. Tu sors avec 3 kg en moins

que tu reprends avec le 1er verre de vin,

affaibli et fauché.

Ça sent la fausse piste, à mon avis. Et toi ?

- Pas grand-chose, mais... - Quoi ?

- Faudra aller chez les aveugles.

- Haymann dort à côté ? Je vais dormir où, alors ?

- Je suis en train de chauffer ta place.

- C'est une proposition malhonnête ?

- Oui.

- C'est ce que je pensais.

Tout ça est assez choquant.

- J'ai appelé Georges, ce soir.

- Et alors ?

- Rien.

Je lui ai laissé dire "allô" et j'ai raccroché.

Embrasse-moi.

...

Dialogue inintelligible entre Haymann et Charlotte

...

Il grogne.

- On pourrait en savoir plus, mais c'est compliqué.

- Faut voir. Mais c'est pas évident.

- Ah, quand même.

Bon, figure-toi... - Attendez, il entend rien.

- Quoi ? - Tant qu'il a pas bu son café,

il ne voit rien, n'entend rien. 100% d'incapacité.

Tiens.

Sirènes au loin

...

- Là, je peux ? - Pas encore.

...

Allez-y. - Au lieu d'avoir nos photos,

on trouve ça en page 4 : "Fusillade en forêt, un blessé."

Page 5 : "Des repris de justice ont forcé un barrage au sud de Paris

"et provoqué un accident sur le périphérique."

Aucun lien entre les 2.

Aucune mention de ton 45.

Rien, des petits faits divers.

- Le black-out. - Exact.

- Comme ça, on pourra travailler.

Ils doivent se protéger.

- Si c'était pour te laisser

bosser, ce black-out ?

- Tu l'as payée combien ? - 2 bâtons.

- Cher. - Avec carte grise bidon et plaques.

- Pas cher.

- Ça fait presque une heure, elle devrait être sortie.

- T'inquiète, elle se débrouille. La seule chose, c'est...

Merde... Mouzon, en face.

Manteau vert.

- Elle a une drôle de tête. - Vu ce qu'elle a bu...

Encore 5 mn, après, tu y vas. - Oui, oui.

La voilà.

- Ça a pas été du gâteau. J'ai dû faire un sacré numéro.

- Tu l'as vu ? - Oui, je l'ai vu.

J'avais l'air fin en disant que je cherchais un job.

J'ai vu ta rouquine. - Oui, on l'a vue entrer.

- Le directeur est mignon.

Blond, grand, bronzé, une gravure de mode.

Il doit passer sous la lampe et prendre des hormones de singes.

A part ça, poli, souriant, faux-cul, quoi.

C'est Jacques Decroux. C'était marqué sur sa porte.

- Pas marqué, écrit.

- Mais il est con, ce mec.

Ils rient.

- Reste à espérer que Renée Mouzon

sera suffisamment impressionnée par ma visite pour tout lui dire.

- On va vite le savoir.

Constantini avait les papiers d'une Volvo, non ?

- Oui, et alors ?

- La voilà, avec mon enclumeur.

Baissez-vous.

C'est lui, le directeur ?

- C'est lui.

- Ils vont la mettre au vert. - Et nous, on suit.

- Le chauffeur, là, le chauve. - Quoi ?

- J'ai l'impression de...

Clignotant

- On les suit plus ?

- Non. - Pourquoi ?

- Je sais où ils vont. - Tu sais où ils l'emmènent ?

- A La Verte Colline. - Tout juste.

- Pourquoi on y va pas ? - Je dois aller à la pharmacie.

- T'as besoin d'aspirine ? - Arrête.

T'as vu le conducteur de la Volvo ? - Oui.

Je sais où je l'ai déjà vu.

Je l'ai vu jouer au chemin de fer au casino avec Pérez,

celui de la pharmacie Jude.

- C'est pas vrai ? Oui, mais...

T'enquêtes sur un type qui pique dans la caisse d'une pharmacie,

d'accord ?

- D'accord.

- Et voilà qu'il y aurait un lien entre cette affaire et Pigot ?

C'est ahurissant. - Beaucoup trop, oui.

- C'est-à-dire ?

- C'est pas un hasard.

Carillon de porte

- Hélène, mon petit, prenez la caisse.

- Oui, M. Jude.

- J'ai pas arrêté de vous appeler.

- Les flics ont répondu ? - Non, pourquoi ?

- Vous lisez pas ?

- Si, "L'Equipe". - Très bien.

Où est Pérez ?

- Il est pas revenu depuis lundi.

Il a disparu, le fumier.

- C'est tout ce que je voulais savoir, merci.

- Et notre affaire ? - Ça avance.

Mais c'est pas lui, le voleur.

- Pas lui ?

- Je vous tiens au courant. Ça va, le tennis ?

Albert Pérez, préparateur en pharmacie, crèche là-haut.

Ce sera pas long.

- On dit ça...

...

Tu l'as vu ?

- Oui.

- Mort, c'est ça ?

- Depuis un moment.

L'ami Pérez n'intéresse plus que les mouches.

Bon Dieu, j'y suis.

La question est : "Qu'est-ce que la section financière du SRPJ

"a pu découvrir à Marseille ?"

Je crois savoir.

La Verte Colline,

établissement pseudo-médical,

avec ses laboratoires et ses préparations,

peut à loisir jouer avec l'acétone et l'acide tartrique

sans éveiller les soupçons. - Oui, et alors ?

- C'est à partir de ces produits

que par un processus précis, mais simple,

on transforme la morphine base en héroïne.

Vous comprenez ?

- Exact.

- Ben, merde.

Que vient faire Pérez là-dedans ?

- On l'utilisait pour laver l'argent.

C'était bizarre comment il jouait avec le chauve. Mécaniquement.

Maintenant, je sais pourquoi.

L'Américain perdait volontairement contre Pérez et le chauve.

Il ne jouait pas, il le payait.

Une grosse somme.

- Alors ? - Je vais

piquer une colère.

- Qu'est-ce qui vous... Vous tombez bien.

Du calme, Choucas. - J'ai pas envie d'être calme.

Il gémit.

- Dites-moi tout.

- Merde, Choucas.

- J'écoute.

- C'était un indicateur, Pérez.

Il est mort, je suppose que vous le savez.

Ils ont dû l'abattre dimanche ou lundi.

Arrêtez vos conneries, Choucas.

- Oui, arrêtez vos conneries.

- Commissaire Chauffard.

- Lui-même.

Il crie.

- Mais bon sang, Choucas...

Tout de même...

- Commissaire Grazielli,

stups. Vous avez fini ?

- Presque.

- Non, merde... Mon Moustiers.

C'est vrai, vous êtes dégueulasse.

C'est un souvenir de famille.

Vous me décevez.

- C'est vous,

le dégueulasse.

- Vous avez semé la vérole dans une affaire bancale.

- Comment ça ?

- Pérez était mon indicateur. - Tiens...

- Je le tenais pour une affaire de recel.

C'était un curieux zèbre.

Honnête employé le jour et voyou le soir.

Indic, au fond, ça lui plaisait.

Un cérébral, quoi. - Abrégez.

- Y a 5 ou 6 mois, des copains à Pérez...

- De Pérez. - Oui...

Ils lui ont proposé de laver des ronds dans les casinos.

J'ai suivi l'affaire de loin.

Je pensais pas que c'était important.

Mais il avait vu passer 3 millions en 3 mois.

C'était plus une petite affaire. J'ai fait un rapport.

- A moi. - Et on vous a dessaisi en 24 h.

- Pérez déposait l'argent dans un bistrot.

J'ai mis du temps à repérer le type qui venait collecter.

Un type bien, un bourgeois... - Jacques Decroux.

Le directeur de la fondation Baudrillard, juste à côté.

Vous enquêtez. Vous liez connaissance avec la fille Pigot,

mais quelques jours après, elle disparaît, sans adresse.

Un hasard, naturellement. - Pas tout à fait.

- Vous savez ce qui est arrivé à la fille Pigot ?

- On retrouvera bientôt son cadavre, je suppose.

- Et Fanch Tanguy ?

Mme Pigot a été tuée pour avoir parlé de lui.

- Elle a été tuée car c'est la mère de la fille Pigot.

- Un peu léger, Coccioli.

Bon, la suite. Je sens que ça va me plaire.

- Mais vous vous êtes mis à filer Pérez pour son patron.

Pérez dit qu'un fille tape dans la caisse, une nommée...

- Hélène ? Ben, merde.

- Quoi ? - Rien, continuez.

- Pérez vous a repéré.

Sans doute une boulette de Jude. Moi, la mère Pigot me tannait.

J'ai eu une idée.

- Espèce de fumier.

- Je voulais opérer discrètement. Puis je me suis dit :

"Peut-être qu'il faut pas être discret."

- Pourquoi ne pas envoyer un mec

pour secouer ces malfrats en restant à l'abri ?

Un mec comme Choucas.

- Grosso modo, c'est ça.

- Sans le savoir, je file 2 encaisseurs d'un gang dangereux.

Ce gang vient de faire disparaître une jeune aveugle.

Vous me branchez sur sa disparition sans rien me dire.

A leur place, qu'auriez-vous fait ?

- Oui... - Dites-le !

- Je vous aurais tué.

- La peau d'un flic, ça vaut pas cher.

Surtout celle d'un ex-flic.

- C'est normal que vous soyez un peu énervé.

- Petit con malfaisant.

Vous m'avez mis dans leur ligne de mire.

- Il recommence.

Arrêtez, Choucas. Faites quelque chose.

- Le mal est fait.

- Ça va mieux. - Y en a pour 2 briques.

- Soyez pas sordide.

- OK, j'ai devant moi 3 flics dont les méthodes puent,

mais qui ont au moins essayé de faire leur boulot.

Vous pourriez être une quinzaine ? - Pour ?

- Foutre en l'air leur labo,

bousiller tout le monde et arrêter ce merdier.

- Personne sait où est leur labo.

- A côté de Meulan.

Dans une boîte à faire maigrir, La Verte Colline.

- Que proposez-vous ?

...

- Dis donc, le Pr Bachhauffer,

ça te parle ? - Non, pourquoi ?

- Pendant que t'étais avec tes amis, j'ai reçu un coup de fil d'Espagne.

Bachhauffer, avec 2 F.

C'est le docteur qui était dans la voiture avec Tanguy.

- Et c'est intéressant ? - Pas pour moi.

C'est encore loin ? - Non, on arrive.

...

Y en a un qui a pas beaucoup dormi.

- Exact. Et d'ailleurs... Commissaire

Haymann...

- Repos, Coccioli, je suis à la retraite.

- Mais qu'est-ce...

- Il se demande ce que tu fous là.

Son autre nom est Tarpon.

Mon associé. - Oh, ben, merde.

- Comme vous dites.

- Bon, alors...

- Ça n'a pas été facile, mais on y est arrivé.

Carte d'identité,

permis de conduire et une vieille note de téléphone

au nom de Serge Blondeau, cadre supérieur.

Blondeau devait se présenter

à La Verte Colline aujourd'hui pour une cure de 5 jours.

Il a craché un acompte de 3500 F

que nous avons dû lui rembourser.

- Je suis désolé. Vraiment.

- Bon, le principal.

Vous avez localisé Kasper ?

- Non.

J'ai mis 10 hommes sur le coup, on l'a pas trouvé.

- Quoi ?

- Espérons que...

- Si Kasper tombe sur lui, Choucas est cuit.

Il pourra sortir vous avertir.

Il en sortira pas

vivant.

Bon,

t'y vas pas.

- Mais si, j'y vais.

Les renforts arrivent

quand ? - Dans 1 h.

On vient vous chercher dans 2 h.

- J'espère.

- Choucas ?

- Téléphone à Charlotte.

Si elle nous prépare pas un bon gueuleton, elle est virée.

...

- Oui ?

- Serge Blondeau.

- Vous étiez convoqué à 11 h. - Désolé.

- Les médecins

sont pas là, c'est les bains. - Ils prennent un bain ?

- Non,

les curistes.

- Je peux l'installer. Il fera la visite après.

Chambre 310. Blondeau Serge,

42 ans. Troubles glandulaires,

rétention d'eau, légère albuminurie, hypertension.

- Tout ça ? - Oui.

- Je l'accompagne.

Suivez-moi.

*-Chambre 113. Un brancardier est demandé chambre 113. Merci.

- Vous entendrez une sonnerie vers 15 h.

Le Dr Malvout vous attendra à la réception.

- Très bien, merci. - De rien.

Pardon.

Voilà, 310. - Merci.

...

- Vas-y, des mouvements plus amples.

Continuez, c'est bien.

Allez, on respire. Respirez.

Détendez-vous bien.

- C'était une vanne engorgée, mais c'est réparé.

- Ah bon ? Merci.

Je viens d'arriver, on m'a dit que c'était ici.

- Que quoi était ici ? - Le bureau du docteur.

- Mais quel docteur ? - Malvout.

- Ah, venez, venez...

Je lui ai dit de mettre une pancarte, mais rien à faire.

Alors, à la hydrothérapie, ils prennent tous à droite.

On les retrouve tous au vide-ordures.

Venez. - C'est pas à droite ?

- Non, vous allez voir. - Merci.

- Une seconde.

Après vous.

Il crie.

Il gémit.

Il halète.

- Allez.

- Vous m'étonnez, Kasper.

Je pensais que vous aviez fui depuis 48 h.

- Pourquoi depuis 48 h ?

- Depuis 2 jours, cette demeure est surveillée.

- Continuez. - Ils seront là dans une heure.

- Merci de prévenir.

Vous allez m'accompagner sans résistance.

...

Vrombissement des machines

...

Attache-le.

On s'occupe de lui,

des autres et on s'en va.

C'est fini, ici.

Le docteur sifflote un extrait de "Peer Gynt".

...

Il crie.

...

Vous m'avez cassé

le bras. - Ce sera pas long.

- Non ! - Si.

Il hurle.

Il gémit.

- Ça y est.

- La douleur est très forte au début, puis elle s'atténue.

Je parle par expérience.

Si vous bougez pas, ça sera supportable.

Vos amis finiront par vous trouver.

Adieu, flic.

Le docteur sifflote un extrait de "Peer Gynt".

...

- Bachhauffer !

Il gémit.

Vrombissement des machines

...

Il crie.

Il gémit.

Il halète.

Gémissements d'effort

Il halète.

Il halète.

Il expire bruyamment.

Il gémit.

...

...

Il crie.

...

Il halète.

Marthe Pigot ?

- Ils l'ont droguée.

Vous aviez meilleure mine, l'autre soir.

- Venez, faut sortir d'ici.

La porte claque.

- Ils ont voulu la tuer, je m'y suis opposé.

Comprenez-vous ?

- Je crois, oui... Pr Bachhauffer.

La petite vous a entendu siffler et ça lui a rappelé une histoire

que sa mère lui avait racontée.

- Amusant, hein ? La fille de mon vieil ami,

Fanch Tanguy.

Coups de feu au loin

Le reste est... silence.

Il crie.

Elle hurle.

- Je vous ai dit d'en finir. - Non !

Kasper crie.

Elle hurle.

Elle crie.

Bachhauffer sanglote.

...

- On ne bouge plus.

- Arrêtez vos conneries, Chauffard.

- Voilà pour le menu fretin.

Pour le gros gibier, Decroux a été inculpé, il est en taule.

Bachhauffer est mort d'une crise cardiaque.

Pigot a été désintoxiquée. Elle va retourner chez Baudrillard.

Elle va bien.

Chauffard, Grazielli et Coccioli ont été montés en épingle.

Ce qui les a aidés.

Tu ne seras inculpé ni pour Madrier ni pour Pigot.

La presse a peu parlé de toi. Normal,

un privé, en France, ça ne sert qu'à surveiller les alcôves.

Et, à propos d'alcôves...

- Au fait, M. Jude

vient de passer au bureau.

Le pharmacien. Il voulait clore le dossier.

Je lui ai dit que tu savais qui tape

dans la caisse. Il est devenu rouge.

Il a dit qu'il savait aussi et qu'il ne fallait laisser tomber.

Et il est parti.

Elle est comment la vendeuse, Hélène, jolie ?

OK, d'accord. Vous partez, là, ou vous restez ?

- Je reste.

- J'aurais voulu voir ce qu'on peut faire

avec un type dans son état.

- Compris.

A demain.

...

- J'ai une chose à te dire.

Ça m'arrange que tu ne puisses pas répondre.

Je voudrais que tu le saches, même si ça ne te regarde pas.

Georges et moi, c'est fini.

Voilà.

Sous-titrage : Vdm

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