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Des gens m'ont fait du mal
alors je le leur rendrai.
Je les ferai souffrir comme j'ai souffert.
Ces paroles sont celles d'un sadique, l'un des éléments les plus perturbateurs de notre société.
Avoir le pouvoir sur un autre,
le réduire à l'état d'objet impuissant, l'humilier,
le soumettre, infliger sa folie morale à un innocent...
Tel est son but,
son plaisir déviant !
LE SADIQUE
Très curieux, cet endroit.
C'est bien la pompe d'alimentation.
- Et ça vous prendra combien de temps à réparer ? - Il faudra la remplacer.
A peu près une demi-heure avec la bonne pièce.
On devrait pouvoir en trouver parmi toutes ces carcasses.
L'autoroute, c'est un vrai gain de temps, mais pas en cas de problème avec sa voiture.
Je suis content que ce soit arrivé ici.
Et à cette heure. Je n'aurais pas voulu me retrouver coincé dans les montagnes.
Vous parlez d'une chance... Encore quelques kilomètres et c'est le désert.
- C'est ce que vous soupçonniez, M. Stiles ? - J'en ai bien peur.
- Arriverons-nous à temps pour le match ? - Il reste une quarantaine de kilomètres.
12 h 01... Ça ne commence qu'à 13 h 30.
On y arrivera, s'ils ont la pièce.
- Et sinon ? - Coincés, ici.
Ils pourront la commander à Lancaster.
Qui s'occupe de cet endroit ?
Ohé !
- Vous dites que quand le joueur tape la balle... - Il ne la tape pas, le joueur frappe la balle.
Le joueur frappe la balle qui passe au-dessus de la barrière.
- C'est un home run. - Je sais, mais si personne ne peut l'éliminer,
pourquoi doit-il faire le tour des bases ? - Ce sont les règles. Il doit toucher chaque base.
- Vous voulez un coca ? - Merci.
Quelqu'un pourrait partir en emportant cet endroit, le proprio n'en saurait jamais rien.
- Un coca, Ed ? - Oui, merci.
Apparemment, il n'y a rien de valeur ici.
C'est même étonnant qu'ils aient du travail, tout est si sale et graisseux.
Tout travail n'est pas forcément propre, Mlle Page.
A l'armée, j'ai eu ma part en réparant les tanks.
- Si c'était un boulot propre, elle m'aurait connu à l'époque. - Doris Page est une gentille fille,
et un bon prof de maths. Un peu fofolle, peut-être.
Certains élèves l'appellent Miss Glaçon !
Je trouve que c'est une règle ridicule.
Il n'y a aucune raison que le joueur fasse le tour si personne ne peut l'éliminer.
Et voilà les femmes. Jamais vu un match de baseball et, déjà, elle veut changer les règles.
Vous devriez aller voir un match avec ma femme.
- Je continue de penser que c'est ridicule. - Si, toutefois, on voit le match aujourd'hui.
Où peut bien être le garagiste ?
Et le service, alors ?
Ils doivent bien être quelque part.
Ils ne seraient pas partis en laissant tout ouvert aux quatre vents.
Peut-être sont-ils à l'arrière du bâtiment.
Y a quelqu'un ?
Si la pompe d'alimentation de cette Chevy n'avait pas déjà été démontée, on aurait été en veine.
On a une nouvelle pompe, si elle fonctionne.
Ça ira pour notre voiture ?
Il faudra faire quelques ajustements mais ça tiendra jusqu'à L.A.
Je vais chercher des outils et on sera vite repartis.
Ce M. Stiles a beaucoup de talents.
Un jeune homme parfait.
Sa femme aura de la chance.
- M. Oliver, vous jouez encore les Cupidons. - On n'est jeune qu'une fois, Mlle Page.
- M. Oliver, vous parlez comme un vieil homme. - Cinquante-deux ans depuis hier...
Vous avez une bonne vie bien remplie.
Une belle maison, une femme charmante et deux magnifiques enfants.
Carl Junior décrochera sa licence de West Point dans deux semaines.
Ma femme et moi irons à la cérémonie.
- Ils prennent soin de leurs outils. - Mais où peuvent-ils bien être ?
Je vais faire le tour et voir si je peux les trouver.
Je ne voudrais pas vous choquer, Mlle Page, mais je ne veux pas salir ma chemise.
Vraiment, M. Stiles, je ne suis pas si coincée que ça.
Je ne sais pas.
Nous enseignons dans la même école depuis un an et on en est toujours à Mlle Page et M. Stiles.
- Ed et Doris, ça sonnerait mieux. - Alors ça sera Ed et Doris.
C'est juste une mue de serpent, c'est la saison.
- Je déteste les serpents. - Comme la plupart des gens.
On en trouve plein dans la région.
Il paraît même que certains font jusqu'à trois mètres de long.
Je me suis encore trompée, on dirait.
Il y a quelqu'un ?
Doris ? Ed ?
On n'imaginerait pas que le même homme enseigne l'histoire au lycée de Lancaster.
- Il est très agréable. Il sera heureux de voir ses Red Lakers. - Je sais.
Il m'a dit ne pas les avoir vus jouer depuis qu'il a quitté Cincinnati. Depuis qu'il a les billets...
Il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond ici.
La table est mise pour quatre, deux assiettes ont été entamées et deux sont pleines.
La tarte est encore tiède.
A part le chat, il n'y a aucun signe de vie. Plus tôt on s'en ira, mieux je me sentirai.
Continuez, m'sieur, vous allez réparer la bagnole comme prévu.
- Jeune homme, vous ne pouvez pas... - La ferme !
Et si je ne la répare pas ?
Vous la réparerez, m'sieur.
- Et z'avez intérêt à faire vite. - Et une fois que je l'aurai réparée ?
Moi et ma chérie, on se cassera.
- Comment puis-je vous faire confiance ? - On dirait qu'il va juste falloir.
Pas vrai, m'sieur ?
Vous. Donnez-moi vot' portefeuille.
Il n'y a pas grand-chose mais vous pouvez le prendre.
Ecoutez jeune homme, nous ne sommes que des enseignants.
T'entends ça, Judy ? "Nous ne sommes que des enseignants."
Nous, on n'aime pas les profs. Pas vrai, Judy ?
Les profs croient tout savoir mieux que tout le monde.
Vous avez notre argent... N'est-ce pas suffisant ? Que voulez-vous de plus ?
Continuez de bricoler, m'sieur.
Les profs traitaient Judy de stupide.
Ils se moquaient d'elle.
La renvoyaient chez elle en pleurs.
Non ! Arrêtez !
T'as une carrure imposante, mon gars. Je me demande si tu le serais sans ton arme.
Vous êtes un de ces beaux parleurs, pas vrai, m'sieur ?
D'accord, beau parleur... Ton portefeuille.
Allez !
- Ramasse-le. - Ramassez-le vous-même.
Tu fais le malin devant ta p'tite copine.
Mais j'vais lui montrer à quel point tu l'es.
Posez cette arme et vous verrez qui est le plus malin.
J'te donne trois secondes, m'sieur, pour faire c'que je dis.
Et j'te dis de ramasser l'portefeuille.
- Un... deux... - Faites ce qu'il vous dit.
Pose-le sur le capot.
Ou tu veux p'têt' le flingue, hein ? Tu veux le flingue ?
Sur le capot.
Un vrai malin, hein... J'parie que tu voulais juste frimer.
Continue de bricoler.
Puis-je avoir de l'eau ?
Ce pauvre homme est aveuglé par son propre sang.
N'avez-vous même pas la décence de me laisser m'occuper d'un blessé ?
Quel genre d'homme êtes-vous ?
Ça vous amuse de faire du mal aux gens et de les voir souffrir ?
Comment pouvez-vous être aussi inhumain ?
- Comment va-t-il ? - La tête, ça va, mais je sais qu'il a mal.
La coupure sur la joue n'est pas trop sérieuse mais celle sur sa tête ne cesse de saigner.
- J'ai peur qu'il perde tout son sang. - Calmez-vous, Doris. Ça ne peut pas être si grave.
Où croyez-vous aller comme ça ?
Cet homme nécessite des soins et il les aura si vous réparez cette voiture.
Il s'en sortira, Doris.
Vous avez de la chance, Carl.
Un peu plus à droite et vous ne seriez plus là.
Si on peut avoir de l'eau et le mettre à l'ombre, on pourra stopper le saignement.
Pouvons-nous emmener cet homme à l'ombre ?
- Comment pouvez-vous être aussi cruel ? - Retournez à la voiture, il n'a besoin de rien !
Oh, c'est ça, éclatez-vous.
Mais vous pourriez au moins permettre à cet homme d'avoir un peu d'eau.
En vous comportant de la sorte...
Vous n'êtes qu'un animal !
Enlevez vos sales pattes !
Laissez-la tranquille si vous voulez la voiture !
- Cet homme doit avoir de l'eau. - Il y a une pompe à côté de la maison.
Continue de bricoler, m'sieur.
Et vous...
Avancez.
Tu tires s'ils bougent, Judy.
Si j'entends un coup de feu, ta copine crève.
Fais pas le malin, Judy sait se servir d'un flingue.
Je me demande pourquoi il a changé d'avis.
- Ed, je n'aime pas ça. - Il y a autre chose que vous n'aimerez pas, Carl.
Vous vous souvenez de ces récents meurtres brutaux en Arizona ?
Laissez-moi passer.
Pourquoi nous torturez-vous ?
Vous avez notre argent et vous aurez notre voiture, cela ne vous suffit pas ?
"Enlevez vos sales pattes."
Vous vous croyez supérieur à moi.
Votre espèce le pense toujours.
Vous me traitez d'inhumain.
Je vous demande pardon, je n'aurais pas dû dire ça.
Vous me laissez passer ?
Vous me traitez d'animal.
Pardon... Pardon d'avoir dit ça. Je peux passer ?
Vous êtes désolée, mais vous le pensez toujours !
Vous pensez que je suis mauvais, que Judy est mauvaise, alors arrêtez vot' baratin !
Votre espèce ne signifie rien pour moi, z'entendez ? Rien !
Pourquoi vous n'criez pas ?
P'têt' que le beau parleur viendra vous s'courir.
P'têt' que Miss Gentille Fifille pense encore qu'elle vaut mieux que moi.
Qu'est-ce que ça fait d'être touché par la saleté ?
Gentille Fifille n'aime pas ça.
Goûte ça ! Goûte ça !
Bouffe la saleté, goûtes-y !
Miss Gentille Fifille ne pense plus grand-chose d'elle-même, hein ?
La saleté ne la dérange plus.
Bougez !
Que vous a-t-il fait, mon enfant ?
Tout va bien, c'est terminé. Ça va.
- Continue de bricoler. - Vous voulez la voiture, réparez-la vous-même.
Tu fais encore le malin, hein ?
C'est vous, le malin, Tibbs. C'est bien votre nom ? Charlie Tibbs ?
Le malin qui a tué sept personnes en les faisant s'agenouiller
avant de leur tirer une balle dans la tête ?
Les journaux vous surnomment le "Tueur exalté".
Ça doit être vraiment exaltant d'exécuter les cinq membres d'une famille.
Combien de fois avez-vous eu des frissons depuis l'Arizona ? Et les gens d'ici, vous les avez tués ?
Combien de temps encore pensez-vous vous en tirer, mon garçon ?
- La justice vous aura un jour ou l'autre. - La justice a sa façon de traiter les meurtriers.
- Ne l'énervez pas davantage. - Que va-t-il vous arriver ?
Si quelqu'un me cherche, je lui colle une balle dans la tête !
Ecoute, le malin. Continue de bricoler la bagnole ou tu seras aussi mort que malin !
Tout à coup, tout le monde parle bien. Et devient courageux.
Personne ne veut plus parler, Judy.
Je vais chercher mon autre sac.
Judy ! Ramène-moi un coca.
Juste un peu d'entraînement.
...et m'en débarrasser.
M. Oliver, ils vont faire quelque chose de terrible, je le sens.
Toi. Debout !
- Qu'allez-vous faire ? - La ferme !
Avance !
Ça suffit.
Mets-toi à genoux.
A genoux !
Vu que t'aimes parler, tu vas pouvoir parler autant que tu veux.
Quand j'aurai fini la bouteille, tu ne parleras plus.
L'école est finie, prof.
Vas-y, parle, m'sieur. Le temps passe vite.
Vous ne pouvez pas me tuer comme ça, sans raison.
M'exploser la tête ne peut pas vous exciter.
Vous voulez de l'argent ?
J'ai près de 2 300 $ à la banque. Appelez ma femme, elle vous donnera tout.
Vous et votre amie pourrez passer du bon temps avec 2 300 $.
Il parle plus comme il le faisait avant, pas vrai, Judy ?
Vous avez bien un père ?
Vous aimeriez qu'on le traite ainsi ?
Imaginez votre père à ma place.
Ou le vôtre.
N'y pense même pas, m'sieur. Je suis tout ce qui lui reste.
Son père est mort... et sa mère est alcoolique.
Jeune femme. Ne voyez-vous pas que c'est mal ?
Vous l'aimez, non ?
Vous savez ce que c'est, d'être avec quelqu'un que vous aimez et qui vous aime ?
Il y a des gens que j'aime. Une fille un peu plus âgée que vous, un fils de son âge...
Je vous en supplie, parlez à votre ami. Dites-lui que c'est mal, je vous en prie !
Mon Dieu, pauvre enfant, n'avez-vous aucun sentiment ?
- Ne comprenez-vous pas ? - Regarde-le se démener, Judy.
Sont tous pareils, pas vrai ?
De vrais lâches.
Vous ne pouvez pas prendre une vie comme ça.
Pas comme ça.
Ne restez pas là à regarder !
Ed ! Ne le laissez pas faire ! Il vous écoutera. Ed, parlez-lui !
Faites quelque chose, dites-lui que vous ne réparerez pas la voiture, ne le laissez pas faire !
Vous voulez la voiture ?
P'têt' que l'malin veut prendre ta place ? Encore un mot et il le fera.
Alors, gros malin ? Toujours envie de l'ouvrir ?
Ou p'têt' que la gentille fifille veut prendre ta place.
En fait, j'crois que personne n'en a envie, m'sieur.
L'école est finie, prof.
Non, s'il vous plaît...
Ed...
- Monstre ! Monstre ! - Doris !
- Sale, sale, sale ! - La ferme !
- Vous, fermez-la ! - Doris, essayez de vous contrôler !
- Vous n'êtes qu'un lâche ! Ne me touchez pas ! - Doris, il va vous tuer !
Alors allez-y, qu'est-ce que vous attendez, tuez-moi, tirez, tirez...
- Dans quelques minutes, j'aurai dégagé la pompe. - La ferme !
- Ce sera rapide de l'installer dans une autre voiture. - J'ai dit la ferme !
Vous avez besoin d'une voiture et moi seul peut la réparer.
J'ai déjà trop attendu.
Judy, va me chercher un coca et aussi la tarte !
Pauvre Edna...
Qui pourra lui expliquer ?
La cérémonie de remise de diplômes de son fils...
Doris, croyez-moi, je me sens aussi mal que vous.
Mais il est mort, il ne reviendra pas.
Nous, nous sommes en vie, nous devons penser à nous-mêmes.
Vous croyez que je voulais le regarder mourir ?
Qu'aurais-je pu faire ? Qu'aurait pu faire quelqu'un d'autre ?
On ne peut pas le raisonner. Il veut du sang, et personne ne l'en dissuadera.
Ne voyez-vous pas à quoi nous avons affaire ?
C'est un psychopathe, Doris.
Et si j'avais pris sa place, vous vous sentiriez mieux ?
Que diriez-vous à Carl si c'était mon cadavre, là-bas ?
- Ed, je suis désolée... - Oubliez ça.
Je me sens si honteuse d'avoir réagi ainsi et du fait qu'on ne pouvait rien y faire.
Pourquoi ne s'échapperait-on pas ? L'autoroute est toute proche.
Il nous aura avant qu'on ait fait deux mètres.
Je préfère mourir en courant plutôt qu'à genoux.
Je le vois encore finir sa bouteille...
- Peut-être qu'une voiture passera... - Bien sûr, Doris. Une voiture s'arrêtera ici.
Ces pauvres gens ne sauront pas à quoi ils s'exposent... Il nous tuera tous.
Cet endroit...
Peut-être que la police passera.
Ils doivent patrouiller sur l'autoroute. Ils viendront, Ed, ils viendront !
J'en suis certain.
Il faut trouver un moyen de les arrêter, Ed.
Doris, si les miracles arrivent, on ne peut pas compter dessus.
Je suis désolée...
Ecoutez.
Je vais essayer de savoir combien de balles il lui reste ou s'il a rechargé son arme.
Et comment va-t-on s'y prendre ?
Déjà quatre coups de feu. Ça lui fait encore quatre balles.
Il a dû tuer les gens qui vivaient ici. Ils devaient être deux,
rappelez-vous ce que Carl nous a dit de la table de la cuisine.
Deux assiettes entamées et deux pleines.
Les gamins ont dû les surprendre durant le repas.
Ces gens devaient être terrifiés en les regardant s'empiffrer.
S'il les a tués, il reste deux balles.
Il n'est pas venu à pied de l'Arizona,
peut-être a-t-il tué quelqu'un d'autre. Et s'il n'a pas rechargé...
Vas-y, parle, m'sieur.
Parle autant que tu veux.
Vous croyez qu'on va venir vous sauver.
Pourquoi je réparerais la voiture si vous prévoyez de nous tuer ?
Tu le feras parce que tu vivras plus longtemps.
Comme tout à l'heure... J'ai vu que tu me baratinais.
Si tu refuses de réparer la bagnole, tu meurs.
Vous avez besoin de cette voiture, Tibbs, et vous le savez.
Tuez-nous et vous n'irez nulle part.
Y a une route là-bas ? S'il y a une route, y a des voitures.
Quelqu'un nous prendra. Comme d'habitude.
C'est comme ça que vous avez quitté l'Arizona ?
Un marin nous a pris.
- Où vous a-t-il laissés ? - Il s'imaginait irrésistible, pas vrai, Judy ?
Je suppose que vous lui avez tiré dessus ?
Non... Je lui ai tranché la gorge.
- Et où est sa voiture ? - On a manqué d'essence hier soir.
Tu poses beaucoup de questions, m'sieur.
Mais, vas-y, tu peux continuer.
- Comment êtes-vous arrivés ici ? - Un fermier nous a pris.
Sa caisse a rendu l'âme pas loin d'ici.
Dommage, je l'aimais bien, l'vieux bougre.
- Il a pris une balle ? - Il a beaucoup prié avant de partir, pas vrai, Judy ?
Il a levé les bras au ciel et a supplié le bon Dieu.
- Et vous avez tiré ? - Ouais. Entre les deux yeux.
Et les deux personnes que vous avez tuées ici, elles ont prié ?
Tu me prends pour un idiot, m'sieur, tu crois que j'ai pas compris ?
Tu comptes les balles.
Compte tout ce que tu veux, moi aussi je peux le faire.
Tu sais que j'ai tiré sept fois, alors il me reste une balle.
A moins que j'aie rechargé.
Combien de balles il me reste ?
T'es un grand malin ! Viens, attrape le flingue !
P'têt' qu'il est vide !
Allez, tente ta chance !
Allez, m'sieur, viens attraper le flingue !
Ben alors, t'as peur ?
T'avais une chance, m'sieur, t'aurais dû la saisir.
T'en auras pas d'autres.
Regarde comme ils ont la trouille, Judy, z'ont peur d'un flingue vide.
Grand malin... Beau parleur !
Ed, ils préparent quelque chose.
Toi !
La police ! Ils arrivent, M. Stiles, je vous l'avais bien dit.
Ils s'arrêteront... Je le sais !
Ils vous arrêteront, vous m'entendez ? Vous ne tuerez plus personne !
Allez par là !
Avancez ou je vous tue sur place ! Faites ce que je vous dis !
Par là.
Allongez-vous. Allongez-vous !
Ils vont s'arrêter ici ?
Debout !
- Dépêchez-vous. - Ce doit être la police...
Rentre dans le coffre.
Vas-y ou je t'explose la tête !
Un seul bruit et ta copine meurt !
Restez hors de vue. Au moindre bruit, tranche-lui la gorge !
- 'Jour. - Bonjour, fiston.
- Quelle chaleur. - Ouais.
Pourquoi ne t'a-t-on jamais vu par ici, fiston ?
J'suis un ami de la famille.
J'ai vu le fils de Milt en ville il y a moins d'une heure.
Marrant, venant d'un tel moulin à paroles, il n'a rien dit au sujet d'une visite.
Il est parti juste avant que j'arrive.
Lancaster, hein ?
Ouais. Je bricole une voiture. C'est la pompe d'alimentation.
La mienne a lâché la semaine dernière.
La réparation m'a coûté plus de 30 $. Quel escroc, ce garagiste.
Regarde, une recharge de calibre .45.
Où est Milt ?
Quelque part derrière.
Il peut sortir d'une voiture plus de pièces que l'usine n'y met.
Pour sûr.
Au secours !
Au secours ! Au secours !
Sors de là.
Je t'avais dit d'te taire. J'te l'avais pas dit ?
Avance.
J'avais dit que personne n'vous aiderait.
Tous les policiers de Californie se mettront à votre recherche.
Ils ne m'font pas peur. Personne ne m'fait peur.
J'te laisse le choix, grand malin.
Tu meurs ou tu répares la voiture.
- Tu as quinze minutes. - Pourquoi je le ferais ?
- Vous nous tuerez, de toute façon. - Ça te laisse toujours quinze minutes de sursis.
Si tu l'fais pas, je t'explose la cervelle maint'nant.
Il est 13 h. T'as jusqu'à 13 h 15.
Commence à bricoler.
Qui croirait à cette histoire ?
Comment a-t-il pu tuer deux policiers ?
Ils étaient deux, pourtant.
Judy, passe-moi le flingue.
Quinze minutes...
Qu'est-ce qu'on va faire ?
"A toutes les unités,
soyez vigilants concernant deux meurtriers de l'Arizona passés en Californie...
qui conduisent peut-être une Ford Sedan immatriculée MN 46983.
Les suspects ont été pris en stop par le conducteur de la Ford, un marin en route pour San Diego.
Le marin a été retrouvé mort ce matin, aux alentours de 10 h 30.
Tibbs, Charles A., homme blanc, vingt ans, cheveux châtain clair, yeux bleus, environ 1m85,
pesant environ 90 kg, peau pâle, vêtu d'une veste et d'un pantalon en jean.
Le suspect est armé et considéré comme très dangereux.
Suspect 1 est accompagné de Bradshaw, Judy, femme blanche, âgée de 18 ans, cheveux noirs,
yeux bleus, environ 1m65, pesant environ 50kg, peau mate, vêtue d'une robe jaune à fleurs."
Si seulement cet avertissement était parvenu quelques minutes plus tôt.
Il faut qu'on trouve une solution.
Il va peut-être falloir courir, après tout.
Approchez-vous.
Mettez-vous devant moi.
J'ai une idée. Ça ne marchera peut-être pas mais on a une chance.
C'est évident, il ne connaît rien aux voitures.
Alors voilà. Quand j'aurai installé la pompe, je vous demanderai de démarrer la voiture.
Laissez la vitesse au point mort, je m'occuperai du moteur.
Je me gratterai l'épaule, ce sera le premier signal...
- Là, vous passerez en première et vous enfoncerez la pédale, d'accord ? - D'accord.
Je vous ferai un clin d'il pour le second signal.
Accrochez-vous parce que la pédale sera à fond.
Je vais essayer de l'attirer devant la voiture.
On doit prendre le risque.
On ne le renversera peut-être pas mais, si on peut le surprendre,
ça me laissera quelques précieuses secondes.
Prions pour que la voiture ne nous lâche pas.
Et si cela arrive ?
On court.
Et s'il ne me laisse pas entrer dans la voiture ?
C'est un risque à prendre.
Il te reste onze minutes.
Doris...
Mince.
Je ne peux rien faire si vous la démarrez.
"Ici Dick Woods qui vous apporte de la musique du Dodgers Stadium
comme chaque dimanche avant le match.
Pour parler baseball, les ardents Cincinnati Reds sont en ville, forts de neufs matchs remportés.
Ça va être rude pour Sandy Koufax et les Dodgers de battre les Reds.
On devrait assister à une vraie bataille.
Il reste encore des places alors, si vous n'avez rien de prévu,
venez au Dodgers Stadium pour voir du vrai baseball de ligue nationale.
Il fait un temps splendide pour le match..."
Si seulement on pouvait les éloigner, le temps de...
La musique... Tous ces gens...
Les rires, les cris...
Si heureux...
Oh, Ed, je ne veux pas mourir.
Je ne veux pas mourir.
Vous n'allez pas mourir, Doris.
Quatre minutes.
Doris, démarrez la voiture pour que je vérifie la pression de la pompe.
Doris, allez démarrer la voiture.
Attendez un peu.
Vous voulez une voiture qui roule, je veux vivre encore un peu.
Je dois vérifier la pression de la pompe.
D'accord.
Elle a intérêt à marcher.
Démarrez-la.
Il ne vous reste plus beaucoup de temps.
Deux minutes.
Ça fait quel effet de savoir qu'on va mourir ?
Essayez encore.
Je crois que t'es un vrai lâche, ouais. Une poule mouillée.
Sortez de là !
J'ai dit sortez !
Descendez !
Vous me prenez pour un con ? Qu'est-ce que vous essayez de faire, là ?
Laisse-la-moi.
- T'as fait quelque chose. - J'ai rien fait.
Elle marchait y a deux minutes, t'as dû foirer quelque chose !
Cette pompe était dans une épave depuis qui sait combien de temps.
Parfois, elle ne tient plus la pression. Je dois la sortir et la nettoyer.
T'as pas le temps pour ça.
S'il n'y a pas de pression, elle a besoin d'être nettoyée.
- Tu veux gagner du temps, pas vrai ? - Ça ne sera pas long.
Tu n'enlèves rien du tout ! Tu crois pouvoir m'avoir, pas vrai ?
Tu crois que je n'connais rien aux bagnoles, pas vrai ?
Ce truc-là, c'est le carburateur.
La voiture n'démarre pas sans essence.
Ce qu'il faut, c'est l'amorcer.
Je l'ai vu faire alors, vas-y, amorce-le.
Il y a une pompe à essence là-bas.
- Doris, démarrez la voiture quand je vous le dirai. - Y a qu'moi qui entre dans cette bagnole.
Si je dois l'amorcer, quelqu'un doit enfoncer la pédale.
Oublie ça. Mets de l'essence dans le carburateur.
Charlie !
Judy !
Judy !
Je sais que vous vous cachez !
Je vous trouverai !
Je vous tuerai !
Doris, courez !
"Et c'est reparti...
Une balle basse, le trajet arrondi lui a fait rater le coin extérieur...
Il reste encore beaucoup de bonnes places ici pour les fans des Dodgers et des Red Lakers.
Si vous êtes près d'ici, pourquoi ne pas venir et passer un bon moment.
Ici, au Dodgers Stadium, il fait un temps splendide, tout le monde s'éclate. Les joueurs se préparent..."
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