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Zulu
À Baudelaire, Michaux et Prévert,
dont les ombres vagabondent encore sur notre terre.
Messieurs,
je ne vais pas vous fatiguer
en énumérant toutes les raisons
qui rendent la vie insupportable dans ce quartier.
Nous avons grandi affamés,
ignorants, dans des logements étroits,
sans parler de l'air irrespirable,
des bus, de leurs passages aléatoires.
Ici c'est le quartier le plus accidenté du monde ;
et à cause des gosses et des chiens, impossible de se promener en paix.
On doit se cacher comme des lépreux.
On nous méprise, on nous crache dessus,
comme si on n'était pas membres d'une nation fière et indépendante !
Un jour, une mémé m'a foutu un coup de pied
parce que j'ai ouvert la bouche.
Je ne suis pas un chien.
Et je sais que ça vous arrive aussi
d'avoir votre fierté.
C'est pourquoi nous sommes là,
fini de se lamenter, on part !
La décision n'est pas facile, nos racines sont ici.
Certains devront sacrifier leur enfance,
leurs souvenirs et leurs familles.
"Quant l'arbre est pourri il faut arracher la branche."
Nous avons tous entendu parler d'Eira,
quartier de l'autre côté de la ville.
Là-bas l'air est pur, les rues sont larges.
C'est là que nous partons ce soir.
C'est une aventure dangereuse
qui engage votre responsabilité.
- C'est à toi, Frank. - Je te remercie, Frank.
Je nous ai organisé le transport jusqu'au centre-ville.
Après on se disperse.
1er groupe : vous attaquez par le sud, le 2e groupe : par le nord,
le troisième fonce tout droit.
Procédons au partage des fonds
dont dispose notre association.
Le Corps du Christ...
Le Sang du Christ...
Ça y est, on part à six heures.
Villealfa Filmproductions présente
C'est Frank, ici.
Écoute, nous...
Oui, j'ai déjà été faire les courses.
D'accord, j'arrive tout de suite.
C'est fermé !
Vous allez où ?
Je peux entrer ?
Non !
OK, j'entre.
Script, production et réalisation AKI KAURISMÄKI
Merde !
Ça change de la maison !
N'est-ce pas, Frank ?
- Bonjour. - Bonsoir.
Une chambre pour une personne.
- Soyez le bienvenu ! Votre nom S.V.P ? - Frank l'Impitoyable.
T'en as pas ras le bol ?
Attends, j'ai encore des trucs à voir.
On y va, sinon on n'y arrivera pas.
Allez où vous voulez,
ne vous occupez pas de moi.
J'ai appelé Sirpa ce matin, on mange à cinq heures.
Je n'ai pas faim, merde !
J'ai trop bouffé.
Je me tire ! Je suis libre !
La liberté !
Bonjour, Frank !
Bonjour.
- Si on prenait un café ? - D'accord.
- Tu as du fric, Frank ? - Non.
- Pour quoi ? - Pour le petit déjeuner.
Bonjour.
Mademoiselle, il y a quatre ans...
- Salut, Frank. - Salut.
Qu'est-ce que tu fous encore ici, les autres sont déjà à Eira.
La nuit, c'est dangereux.
On peut se casser la gueule sur tout ce qui traîne.
Tous les chats sont gris,
les rues vont n'importe où. Beaucoup se sont perdus.
On a faim et soif.
Frank et moi, on a décidé d'attendre demain matin.
Quand on ne fait pas les choses tout de suite, on ne les fait jamais.
Si on ne se convertit pas tout de suite, on ira en enfer.
Pour qu'on s'en tire, plus question de maladie ni de misère !
Mais pour ça, il faudrait avoir envie de travailler...
Chaque jour, fais ce que sagesse et devoir exigent.
Quelle heure il est ?
Bonjour, Frank. Tu as bien dormi ?
Oui, ça va, Frank.
Si tu boulonnais, ta vie serait plus supportable.
Travaille six jours d'affilée !
D'abord, tu commences, ensuite tu analyses la situation.
Il faut que tu trouves ton rythme !
Qu'est-ce que tu en dis, Frank ?
Sans amour, Frank n'est qu'un petit grelot qui tintinnabule.
Quand on est jeune,
on a l'impression qu'on a le temps,
que les années ne comptent pas.
- Quels bobards ! - Si on pense par exemple...
à Frank,
cet abruti qui ne sait pas se taire,
sa conception de la moralité a la finesse...
d'un hamburger !
Que pense-t-il de sa mère ?
Ou du Service de Voirie ?
Le fait qu'une femme ait pu tomber amoureuse de cette gueule de cul
est la preuve de la déchéance de la femme de notre siècle !
Vous parlez de qui ?
Assieds-toi !
Ils parlent de qui ?
- De toi, Frank. - Ta gueule ! Frank.
Salauds !
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Vous savez...
J'ai passé cinq ans en Amérique du Sud.
Un jour, on s'est retrouvés en pleine guérilla.
On traversait la jungle
quand on a vu deux guérilleros avant qu'ils ne nous voient.
Et on les a descendus !
Devinez ce qu'on a fait.
Devinez ce qu'on a fait.
On leur a coupé les couilles...
et on les a bouffées.
C'était un régal.
Ça va, Pekka !
On connaît déjà !
C'est à moi que tu parles ?
C'est bien à moi que tu parles ?
Ces derniers jours,
ça n'allait pas...
Je suis complètement dans les vapes...
Je ne sais plus très bien où j'en suis...
Ni quoi... Ni où...
J'ai cru que ce trou du cul allait me conduire directement à Eira.
Mais ce con continue à tourner toujours dans le même quartier !
J'ai une idée.
On va à la banque.
Je fais un emprunt. Vous vous portez garant.
On achète un bus
avec lequel on traverse toute cette ville merdique.
Qu'en pensez-vous ?
- Pas mal comme idée. - Compte rendu nul !
Moi, faut pas croire que je voyage en bus !
- Qui va conduire ? - Moi, je conduis.
On peut laisser Frank conduire.
Qu'est-ce que tu fous ?
- C'est à moi que tu parles ? - Ouais.
Cette vieille chiotte ne démarre pas !
Tu viens ?
Frank ! On va à la banque.
Un bus en bon état coûte 28 000.
Avec l'essence, la bouffe et les boissons, ça fait 36 500.
Nous sommes pressés d'avoir la somme.
Du fait que nous ne vous connaissons pas, et sans garantie, je ne peux pas...
Ouvrez la porte, et voyez !
Je vois.
Je ne comprends pas comment un homme dans ma position doit mendier ainsi,
on devrait me faire parvenir l'argent
tous les matins chez moi, du moins si j'avais...
un domicile. Mais ça ne change rien à la question.
Je pense qu'on doit s'en aller, Frank.
Va dire à Frank, Frank...
On se tire, Frank.
Te mêle pas de ça, Frank, nous avons presque terminé.
Frank.
J'en peux plus !
Frank.
J'ai soif, Frank.
Deux verres d'eau avec des glaçons.
Assieds-toi.
Qu'est-ce que vous me voulez ?
Laisse tout, et viens avec moi.
J'ai un bon boulot et je suis logée ;
et vous, que me proposez-vous ?
Je vais construire une maison au bord de la mer, de l'autre côté de la ville.
Ensuite je vais me lancer dans les affaires.
Nous pourrions même avoir des enfants.
Ça, cela ne m'intéresse pas. Mais quand cela se réalisera-t-il ?
Dès que tu m'indiques comment aller à Eira.
Ça va coûter beaucoup d'argent.
Pas de problème - pour l'instant.
Donnez-moi quelques jours pour réfléchir.
Je n'ai pas le temps d'attendre.
Fais de beaux rêves, Frank.
- On prend un taxi. - Tu as de l'argent ?
- Non, et toi ? - Non.
- On prend un taxi. - D'accord.
À Eira.
À cette heure-ci ? C'est trop loin.
Bon, conduisez-nous où on peut boire un pot.
Tous les bistros sont déjà fermés.
Essayez de trouver un endroit.
Qu'est-ce que tu fais, Frank ?
Je voulais mourir...
J'étais perdu, vous m'aviez abandonné.
Je ne savais plus où aller...
Pourquoi vous revenez ? Allez-vous-en ! Je veux crever !
Viens avec nous.
Très bien.
Tu ne t'es pas fait écraser, dommage !
Pourquoi ?
Tu ne peux pas m'encaisser ?
T'es vraiment trop con, Frank.
Là, vous allez un peu trop loin !
Ça me fait réfléchir...
À quoi ?
Excuse-moi,
je ne voulais pas te blesser.
Vraiment, t'es un mec bien !
On s'en va.
Je pourrais vous amener chez un type que je connais...
Mademoiselle !
Qu'est-ce que vous voulez ?
Salut, Frank.
Salut. Un verre d'eau avec des glaçons ?
- De l'eau avec des glaçons ? - De l'eau avec des glaçons.
Qu'est-ce que tu fous ici ?
Un moment.
Frank est ici.
Salut, Frank. On peut s'asseoir.
- Salut, Frank ! - Retournez au boulot,
- fainéants ! - Salut.
On a réussi à trouver cet endroit.
On essaie d'avoir un peu de sous pour continuer le voyage.
Je me suis rendu compte que j'étais plus intelligent que les autres Frank,
je les ai fait travailler.
J'arriverai certainement, mais je ne sais pas où.
Ici c'est un truc qui marche !
- Comment ça va, les affaires ? - Mal.
Le seul client était tellement bourré qu'on n'a pas pu le servir.
Je comprends.
T'as des nouvelles de Frank ?
- Pas depuis hier. Pourquoi ? - Comme ça.
Frank !
Apportez-nous de l'eau !
Comment ça va, Frank ?
Merci.
Ça fait plaisir de te revoir, Frank.
Comment ça ?
- Salut. - Salut.
Ces deux mecs vont à Eira.
- Ils ne savent pas où dormir. - Ah bon, à Eira ?
- Tu peux les héberger ? - Bien sûr, ici, il y a de la place.
Bon.
Où allez-vous ?
Je te l'ai dit.
Restez. Nous avons besoin d'un portier.
Les femmes, ça ne comprend rien.
Merde ! Il n'était pas chez lui.
Je te connais, toi et tes bagnoles, c'est bidon, ton truc.
Attends-moi dehors, tu seras pas déçu du voyage !
Au Parlement !
Imbécile !
Faut bien faire un peu de théâtre.
Mon copain se trouve mal, cherchez la trousse de secours dans le coffre !
D'accord, tout de suite.
Mon copain est mort. J'ai besoin de la bagnole.
Très bien.
Des allumettes et un sac plastique.
C'est toi qui paies, j'ai payé l'hôtel.
C'était horrible !
T'as raison. On devrait pas faire ça.
De toute façon, c'est compris dans le prix.
- Où on va bouffer ? - J'ai plus faim.
- On rend tout ? - T'es complètement taré !
Tu as faim !
T'en veux ?
Non ?
Il veut pas de mes pilules.
Il est terrible
le petit bruit de l'œuf dur
cassé sur un comptoir d'étain,
quand il remue dans la mémoire
de l'homme qui a faim.
Elle est terrible aussi la tête de l'homme,
quand il se regarde dans la glace du grand magasin.
Il s'en fout de sa tête l'homme.
Il n'y pense pas.
Il songe.
Il imagine une autre tête,
une tête de veau par exemple,
ou une tête de n'importe quoi qui se mange.
Et il remue doucement la mâchoire
car le monde se paye sa tête,
et il ne peut rien contre le monde.
Et il compte sur ses doigts - un, deux, trois.
Un, deux, trois.
Cela fait trois jours qu'il n'a pas mangé.
Et il a beau se répéter depuis trois jours :
"Ça ne peut pas durer."
Ça dure trois jours,
trois nuits, sans manger.
Et derrière ces vitres,
ces pâtés, ces bouteilles, ces conserves.
Poissons morts protégés par les boîtes,
boîtes protégées par les vitres,
vitres protégées par les flics,
flics protégés par la crainte.
Que de barricades pour six malheureuses sardines !
Je suis arrivé au bout
d'un des innombrables chemins
que l'on trouve
dans le monde.
Il fait frais ce soir.
Le jour s'en est allé
derrière les forêts.
Rien ne peut mourir,
ni les fleurs, ni le vent.
L'amour ne peut pas mourir.
Mais le chemin s'en éloigne,
loin derrière restent les fleurs.
Le vent chante ailleurs.
L'amour s'enfuit
et s'en va son propre chemin.
L'étreinte de nos mains,
c'était vrai hier,
comme ce chant
l'est aujourd'hui.
Je voudrais un costume qui aille avec cette cravate.
De mon enfance je ne me souviens que de ma mère.
Elle me giflait doucement, et après elle me faisait
- prendre un bain. - Ça vous plaisait ?
Je ne sais pas.
On se sent seul dans l'eau, surtout si elle est froide.
Si l'eau avait été chaude, est-ce que cela aurait été différent ?
- Qu'est-ce que vous en dites ? - Moi, je ne dis rien,
c'est à vous de parler.
Si le vent pouvait ne pas exister ?
Le vent fait tout trembler.
On ne voit que les choses sans importance.
Pourtant, nous aussi, nous tremblons. Je me demande pourquoi...
Moi aussi, je me sens triste.
Tout le monde se sent pris à la gorge.
Vous savez, je suis jeune, mais avant, j'étais encore plus jeune.
Comme mes amis d'ailleurs... Je les appelle mes amis,
bien qu'ils m'aient abandonné.
On était terriblement angoissés.
On aurait pu en profiter, de cette angoisse,
et nous dire : "Votre dernière heure a sonné !"
D'ailleurs on n'osait pas courir trop vite,
de peur d'arriver, le souffle coupé, au bord de la tombe,
en nous rendant compte
qu'on n'a même pas le temps de dire un mot.
Dans ce pays, l'éducation
étouffe les émotions...
Ça tient à l'époque sans doute...
Faudrait la devancer...
Personne ne m'aime.
Tout le monde se moque de moi.
On me supporte seulement
parce que mes parents sont riches.
J'ai acheté mes amis,
d'abord avec des bonbons, ensuite avec de l'alcool.
Mais malgré ça, on se moque de moi !
"Rentre chez toi, Frank, et va manger une bonne assiette de porridge !"
Qu'est-ce que je pourrais faire ?
Vous n'avez qu'à vous suicider !
Salut, Frank !
Qui c'est, celui-là ?
J'en sais rien... Bon, on y va.
- Tenez. - Merci. Je peux avoir l'addition S.V.P.
Hé, mon gars !
Qu'est-ce que tu fous là ?
J'ai besoin de fric pour acheter une nouvelle Mercedes.
- Ah oui, on t'a volé la tienne. - Oui.
On va lui donner quelque chose. Vous avez du fric ?
- C'est pas la peine. Laissez tomber ! - Vraiment, on veut te dépanner.
Ça va, j'en ai pas besoin.
- Passe-moi plutôt un clope. - J'en ai pas. C'est vrai !
Alors, file-moi ton mégot.
Merci.
- Bonne chance ! - Bonne chance.
Merde, merde !
Un California split, chérie !
Tiens !
J'ai un peu mal au dos.
Bien sûr.
C'est lui.
On y va !
Les mauvais garçons viennent casser tous tes jouets.
Les mauvais garçons s'amènent pour écraser ton faux nez.
Les gamines pleurent quand les abordent ces emmerdeurs.
Si tu le racontes à ta mère je te prends c'est clair.
Je suis un très mauvais garçon
tu t'en fous de mes chansons.
Je suis un très mauvais garçon tu t'en fous de mes chansons.
Il fait bigrement chaud, dis, tu te déshabilles.
Viens, on s'en va et je ne t'embêterai pas.
Si tu le racontes à ta mère je te prends c'est clair.
Rentre chez toi mets-toi au pieu prends ton nounours si tu veux.
Je suis un très mauvais garçon
tu t'en fous de mes chansons.
Je suis un très mauvais garçon tu t'en fous de mes chansons.
Je suis un très mauvais garçon
tu t'en fous de mes chansons.
Je suis un très mauvais garçon tu t'en fous de mes chansons.
Mauvais garçons !
M-m-m-mauvais garçon !
M-m-m-mauvais garçon !
M-m-m-mauvais garçon !
Mauvais garçons !
Les mauvais garçons
baisent,
suffit que ça leur plaisent.
Les mauvais garçons
détestent
à profusion
en toutes occasions.
Je suis un très mauvais garçon
tu t'en fous de mes chansons.
Je suis un très mauvais garçon tu t'en fous de mes chansons.
Je suis un très mauvais garçon tu t'en fous de mes chansons.
Je suis un très mauvais garçon tu t'en fous de mes chansons.
Hé, toi là-bas !
- C'est à moi que tu parles ? - Oui, viens ici !
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Où tu vas ?
On va à Eira.
Je t'emmène. J'ai une baraque, là-bas.
Mais y a pas une baraque à Eira !
Tu viens ou tu viens pas ?
- Et mes copains ? - Pas question !
C'est pas par là !
Je la connais, cette nana. Je veux entrer.
- N'y va pas, Frank. - Faut que j'y aille !
N'y va pas, Frank.
Salut, Lisa.
Lisa, c'est toi ?
Lisa ?
Qu'est-ce que vous voulez ?
- T'es pas Lisa de Clichy ? - Ça, j'ai mis une croix dessus !
Comment va le gosse ? Tu sais, j'ai eu des remords...
Espèce de salaud !
Casse-toi !
- J'ai oublié de te dire... - Venez m'aider !
Merde. Il me fait chier !
On le tue !
Putain de merde...
- Elles l'ont tué. - Nom de Dieu !
Trop tard, Frank.
Je peux m'asseoir ?
Qui es-tu ?
Je suis secrétaire.
Secrétaire !
Pour quoi faire ?
Tu travailles pour ces mecs-là ?
Te poudrer le nez et être secrétaire, tu penses que ça va changer ta vie ?
Tu piges pas, merde, tu me fais pitié !
Tu gâches ta vie !
Tous ces mecs, du directeur au coursier,
vont profiter de toi.
T'es qu'un paillasson pour eux !
Quand tu seras vieille et moche,
on te foutra à la porte.
Dans ta vie il ne se passera plus rien.
Tu ne pourras même pas te caser et avoir des gosses.
Peu à peu ta vie va...
Frank avait raison.
Mieux vaut trouver une femme riche que de courir après l'impossible.
Comment ça ?
Une riche veuve
cherche un homme cultivé
pour l'accompagner à Rome.
- J'ai vu l'annonce dans le journal. - Mais toi, tu n'es pas cultivé !
Elle n'en sait rien.
Ça se voit !
On y va.
Je m'appelle Frank.
Ah bon.
Comment vous me trouvez ?
L'hiver arrive. Et on est toujours là.
On va crever
de faim et de soif.
Chez nous, on n'a pas l'habitude de laisser tomber.
On essaie encore une fois, Frank.
Notre mère nous le pardonnera.
Y a un os quelque part, Frank.
Tais-toi.
Merde. On s'est fait avoir.
Non... seulement on arrive trop tard,
on a des années de retard.
Je ne vais pas rester ici, moi.
- Où tu vas, alors ? - En Estonie.
- Je veux venir avec toi, Frank ! - Il n'y a pas de place pour deux.
- Bon alors, c'est moi qui pars. - Qu'est-ce que tu crois ?
Fais pas ça, Frank !
Tu ne vas pas te mettre à chialer !
Le soleil printanier
fait fondre glace et neige
les petites anémones blanches
se penchent
et sur leur lit de mousse
elles écoutent
le murmure du vent
dans les forêts
qui raconte comment
près de la fontaine dansent les fées...
FIN
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