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Venez chercher vos billets de tombola au stand 337
- Tiens, maman. - Merci.
Parmi les lots, un .40 Smith & Wesson...
Dégainez, une pichenette
et c'est armé.
C'est un Uzi automatique, chargeur Ă 25 cartouches.
On est en Amérique, gamin.
Je fixe le prix. 200 $.
Je sais oĂą je vis. Vous mentez sur la marchandise.
J'ai servi deux fois, je sais reconnaître un AK russe.
Tu veux acheter ? Paye-toi une grenadine.
N'oubliez pas de passer nous voir...
- pour participer Ă la tombola... - Papa !
... avant de repartir. Nous fermons Ă 19 h.
Mate ça.
L'emprunt de gaz d'un AK russe a 4 évents.
Le Maadi égyptien en a 2.
Ça, c'est un AK égyptien. Il a rien de russe.
La récré est terminée.
Vous voyez le petit gros en Ray-Ban ?
Un mot et vous goûtez au bitume du parking.
Question.
Le petit gros, il sait que vous fourguez
des AK égyptiens
Ă un mĂ´me de 14 ans ?
150 $.
Adjugé. Pour les deux.
150 pour deux AK ?
Des faux AK, l'ami.
J'y laisse ma chemise.
C'est mieux que d'y laisser votre autorisation.
Vous ĂŞtes une belle enflure.
Regarde, papa. Un Smith & Wesson 639.
Un vrai, en plus.
Alors, l'ami ? Vous l'offrez pour le dessert ?
Bien sûr qu'il nous l'offre.
Pourquoi on reste ici ?
Ă€ Detroit.
Tu dis que c'est un trou Ă rats.
Fils, le lion ne quitte pas le Serengeti.
Et puis, ça va être notre année, je le sens.
Les gens crachent sur l'Amérique mais y a qu'ici
qu'en branchant ton cerveau à tes couilles, tu fais des étincelles.
- Suffit de voir loin. - Voir loin ?
Faut plutĂ´t des lunettes.
Brancher son cerveau Ă ses couilles ?
C'est une métaphore, Rick.
- Une quoi ? - Une façon de parler.
Regarde derrière et dis-moi ce que tu vois.
- Un magnétoscope. - Eh non !
Ça, mon ami, c'est l'avenir. Notre avenir.
On va ouvrir un vidéo-club.
Mais pas juste un, des dizaines.
Les gens sont des agneaux.
Pas nous.
On est des foutus lions.
D'après une histoire vraie
On prend ta sœur et on va manger une crème glacée.
On va fĂŞter nos prises.
Dawn voudra jamais bouffer ça. Déjà qu'elle mange à peine.
C'est la voiture de Ty ?
On dirait la voiture de Ty.
Parce que c'est la voiture de Ty.
Putain !
Tu fous quoi, papa ?
Dawn !
Nom de Dieu.
Baisse la musique, tu veux, ma puce ?
- Quoi ? - La musique ! Baisse le son.
Vous étiez à la bourse aux armes pour la journée.
La journée se termine. Finie, la bourse.
- Qu'est-ce que tu lui as donné ? - Laisse-le.
- T'es défoncée. - C'est pas pour ça qu'il est là .
La drogue a décimé le quartier.
Tu foutras pas ta vie en l'air. Pas de drogues ici.
Ce qui a foutu ma vie en l'air, c'est toi et maman.
Il te faut une plombe pour te resaper ?
Ferme ta braguette et casse-toi !
Dawn, habille-toi. On sort.
On va manger une crème glacée.
Ça te fait marrer ?
Pourquoi je ferais ça ?
Parce que t'es ma fille.
On fait des trucs en famille.
T'es le pire des pères.
Habille-toi.
Ty, pars pas !
- Rentre. - Fous-moi la paix.
Retourne à l'intérieur.
Va t'habiller.
Fait chier !
Et merde.
Roule, je contrĂ´le.
T'arrĂŞte pas, papa. Tout va bien. Ne sors pas.
Tout ne va pas bien !
Un mec qui sortait de chez toi vient de frĂ´ler ma Chrysler.
- Tu contrôles rien du tout. - Je te déteste !
Maman t'a pas quitté parce que tu la battais,
mais parce que t'es un gros naze !
Dis donc, elle t'a quittée aussi, je te signale.
Elle nous a tous quittés.
- Je t'emmerde ! - Toi-mĂŞme.
Fils, tu la laisses te parler comme ça ?
Rentre chez toi ! Je contrĂ´le la situation.
Tu parles ! Et pas de gros mots, toi.
Ray, t'en mĂŞle pas.
Richard passe une mauvaise journée.
Non, maman, pas du tout.
Je passe une putain de bonne journée.
On a bravé la fosse aux lions et gagné la Toison d'or.
- Pas vrai, Ricky ? - C'est ça.
Vous ĂŞtes des minables. Tous les deux !
Habille-toi ! On va manger des crèmes glacées.
- Richard ? - Oui, maman.
Aide ton père à rentrer les courses.
"La Toison d'or". C'est quoi cette connerie ?
Des fois, je comprends rien Ă ce qu'il raconte.
C'est pour les AK ?
Pourquoi tu t'emmerdes ?
Tu vas au drive-in, tu commandes un burger.
La demoiselle Ă casquette te propose des frites.
T'en voulais pas,
mais vu qu'elle t'a mis ça en tête, tu te dis :
"Putain, un burger sans frites, ça rime à rien, pas vrai ?"
Deux secondes plus tard, tu dépenses tes précieux dollars
pour acheter des frites
que la demoiselle a commandées à ta place.
Qu'est-ce qu'elle vient de faire ?
Elle t'a baisé dans les grandes largeurs.
Donc, le burger, c'est l'AK.
Le silencieux, c'est les frites.
Tout ce qui nous reste Ă faire,
c'est les convaincre que l'un ne va pas sans l'autre.
Rick.
Frérot.
Réveille-toi.
Dawn...
Qu'est-ce qui se passe ?
Je pars.
Tu pars ? Quoi ?
Voilà un numéro, en cas de besoin.
Le donne pas Ă papa.
C'est celui de Ty ?
Ty vaut rien.
C'est une raclure.
Ă€ ton avis, papa c'est quoi ?
- Yo, Ricky ! - Salut.
Tu veux quoi ?
Je veux parler Ă Johnny & Co.
- Ça boume ? - Il veut quoi, le petit blanc ?
Je cherche Ă faire du business.
Vous connaissez mon père, non ?
Vous savez ce qu'il vend ?
On s'en bat les couilles, blanc-bec.
Je sais ce qu'il vend.
Trouvez-lui un soda.
Au pas de course.
Sois pas timide. Déballe.
Fais voir.
Combien ?
100 $. Pour les deux.
Boo va te régler.
Vous voulez des frites avec ça ?
Ces AK sont spéciaux. Pour les customiser...
Facile à visser, pré-fileté, alu aéronautique.
15 chicanes chacun.
Du pur James Bond, le matos.
Je vais pas vous mentir.
C'est pas donné.
Je suis pas Ă sec comme ton vieux.
C'est moi le taulier, ici. Tu piges ?
Je sais qui tu es.
Tu t'appelles comment, déjà ?
Rick.
Rick le P'tit Blanc,
combien pour ton matos Ă la James Bond ?
1 500 chaque.
1 000 pour des nouveaux clients.
Vendu.
Paie-le.
Suis-moi.
T'as des couilles de te pointer ici.
T'es soit golio soit barjo.
Tiens. J'espère que t'as une meuf.
Tu vas niquer Ă mort, ce soir.
Passe au Skate and Roll.
Mais pas sapé comme ça.
On dirait que t'as braqué une friperie.
D'accord. Cool.
Cathy !
Débande, négro, mon frère va te la couper.
Merde, désolé, mec.
Je déconne.
Relax. Tu serais pas le premier Ă t'astiquer en pensant Ă son cul.
Ça va, petit ?
Nugg !
C'est qui, les deux, lĂ -bas ?
Des flics.
Le cigare, c'est Jimmy Harris.
Le garde du corps de Cathy.
Cathy, elle sort pas de la zone.
C'est la nièce de Coleman Young.
Qui ?
Le maire !
Johnny sait pas que c'est des flics ?
On vit Ă Detroit, blanco.
Soit on t'achète, soit on te jette.
Ils se mĂŞlent pas de mon biz, je me mĂŞle pas du leur.
On t'a vu Ă une bourse aux armes,
le mois dernier, dans l'Ohio.
Et alors ? J'ai mon autorisation. Je suis réglo.
Tu as une autorisation de vente d'armes,
mais on sait tous les deux que t'es pas réglo.
Frank, j'ai jamais vendu une arme non déclarée, pas sciemment.
J'ai des déclarations pour tout.
MĂŞme pour les silencieux ?
Ça, c'est de la fabrication.
Si on ajoute la détention et la vente,
tu risques 10 ans.
Tu veux faire 10 ans de cabane ?
T'es sûr de reconnaître personne ?
Allez, quoi. Je fais ce que je peux pour mes gosses.
Dans 2 ou 3 ans,
j'aurai de quoi ouvrir des vidéo-clubs,
on partira dans un endroit sympa.
Et n'oubliez pas que je vis ici.
Tu crois que ces pourritures hésiteraient à te balancer ?
Je les connais pas !
Pourquoi tu les protèges ?
Et toi ?
Dans ta chambre.
Le mêlez pas à ça, putain.
- Ça va. - Non, ça va pas.
Dans ta chambre.
Attends une minute.
Viens voir.
Voyons si tu peux m'aider.
Tu connais leur nom ?
Tu n'as pas regardé.
Prends ton temps.
Lui, il est mort.
Depuis style 2 mois.
Lui aussi.
C'est tout ce que tu me donnes ? Deux macchabées.
Et lui ?
Tu le connais ?
T'es sûr ?
Il vient de te le dire.
Ça suffit.
Foutez le camp de chez nous.
Ce numéro de gros dur,
ça te va pas.
C'est bon, on a fini.
On vous remercie beaucoup.
Merci bien.
La seule fighteuse que tu connais,
c'est ta tante qui a été en taule 3 fois.
3 fois ? Je croyais que c'était 2 !
On fait tous des conneries.
Y a un truc zarbi, lĂ -dessous.
Attends !
- Prêts ? - Je vais tout dégommer.
Il se passe quoi ?
T'as vu la main ?
On s'en fout ! Ma chemise !
Faut que je me change, putain.
C'est pas viril, comme look.
- Je sais pas où est mon père. - On est pas là pour lui.
Allez, monte.
Pour quoi faire ?
J'ai quelqu'un à te présenter. Monte.
Je veux rentrer, putain.
Ricky, lui c'est Jackson. Police de Detroit, brigade des stups.
Jackson, Ricky.
Tu sais qui c'est, la première dame des États-Unis ?
Et ce qu'elle dit, au sujet de la drogue ?
"Dites non."
C'est ça.
Le problème, c'est que trop de monde dit oui.
Surtout dans le quartier est.
Y a des frites ?
T'as déjà pris du crack ?
Tu sais à quoi ça ressemble ?
- Ketchup ! - On en a pas.
Faut ĂŞtre con pour pas prendre de ketchup.
Écoute.
- Prends la tarte. - Je veux du ketchup.
Oublie les deux et bouffe les frites, putain.
Touche pas Ă l'oiseau.
C'est un cadeau pour ma sœur, ducon.
Comment elle va, ta sœur ?
Tu l'as vue quand ?
Tu veux pas choper ses dealers ?
Me prenez pas pour un con.
Fait chier, je me casse.
Pour qui tu te prends, morveux ?
Je vais te faire bouffer mon poing.
Laisse-le partir.
On a un truc Ă te montrer, d'accord ?
Vous tripez sur les photos, ou quoi ?
Je suis censé savoir qui c'est ?
Il s'est pris deux balles dans la tĂŞte.
C'est un scoop, dans le quartier est ?
On n'a pas encore le tueur, mais on a l'arme.
Un calibre .40.
Acheté à une bourse aux armes, cette année.
Par un vendeur agréé.
Ton père est un homme d'affaires
dont certains des clients sont des pourris de compète.
La bonne nouvelle,
c'est que les seuls à le savoir sont dans ce véhicule.
Une chance pour toi.
Pour l'instant.
C'est Ă toi de voir.
Tu vas acheter de la drogue pour nous.
Non Ă la drogue.
Tu vas faire des "achats contrôlés".
On déterminera les lieux de vente pour obtenir des mandats.
C'est tordu.
Et ma part ?
200.
300.
Entendu. Mais seulement si tu fais 5 achats.
D'accord.
- Pas de flingue. - Vous en avez !
Je suis de la police et eux du FBI, petit enfoiré.
La police et le FBI ont qu'Ă y aller eux-mĂŞmes.
On te couvre.
Allez chier.
File-moi deux 10.
T'es pas fumeur.
- C'est pour ma sœur. - Ta sœur.
- Elle est bonne ? - Qu'est-ce que ça peut te faire ?
Si elle est bonne, laisse-moi goûter.
Va te faire foutre. File le caillou.
J'espère que ta sœur aimera le canard.
HĂ©, Scarface.
T'oublies pas un truc ?
Enlève pas la sûreté.
Fais de beaux rĂŞves.
- Heureux de vous revoir. - J'en ai marre.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Faut que j'en sorte.
Si je dois reprendre l'uniforme, soit.
Je ne peux plus attendre Delaney ni jouer leur jeu.
- Je peux plus. - Il ne vous a pas contacté ?
Non, pas un mot.
Pas la moindre enquĂŞte, ni officielle ni officieuse !
J'ai parlé à un service étranger à la Maison.
J'en verrai d'autres, s'il le faut.
Je sais pas d'oĂą elles viennent, ces fringues.
Qu'est-ce que ça peut faire, Boo ?
J'aime pas porter les fringues des autres.
Surtout si je sais pas qui c'est.
Sans déconner !
Et voilà . Flambant neuf, négro.
Pour toi. Et pour toi.
Quand t'es venu au garage avec ton petit sac plein d'AK,
c'est ton père qui t'envoyait ?
Cherche pas la bonne réponse.
Y en a qu'une.
Moi et Leo, on changera pas notre histoire, mais Boo...
il peut encore écrire la sienne, si personne fout la merde.
Tu comprends ce que je dis ?
Boo est mon meilleur ami. Je lui ferais jamais de mal.
Ça te plaît ?
- J'aime bien la couleur. - Va l'essayer.
Putain, c'est qui qu'est mort ?
Johnny Curry se marie. Je te l'avais dit, tu te souviens ?
Il épouse la fille du maire, c'est ça ?
- Sa nièce. - Sa nièce ?
Il se fait oĂą, ce mariage ?
Je sais pas.
Un endroit huppé que Johnny appelle "la Maison des Magouilles".
Le Manoir Manoogian ? C'est chez le maire.
Dingue.
Si je venais avec toi ?
J'ai un pote qui loue des smokings.
D'ici une heure, il m'habille et je te rejoins.
Ce serait super,
mais c'est sur invitation seulement.
Oui, je comprends.
Tiens, regarde.
Bam, fais claquer les manchettes.
Non, mets-y du tien.
Voilà . Tu vois, ça te finit le look.
Ça fait gros bonnet. C'est ça.
Nugg !
- C'est toi, ça ? - De la tête aux pieds.
C'est qui le Blanc avec Johnny ?
A.D. ? Art Derrick. Tout le monde le connaît.
Il passe sa vie Ă Miami, en cheville avec des Cubains.
Ce mec-lĂ , il deale gros.
Viens, on va le saluer.
Salut, Boogaloo.
Regarde mon mari.
Il fait des affaires le jour de son mariage.
Pauvre de moi.
T'en jettes.
Mais t'es un peu de travers.
Le petit nœud pap bleu.
VoilĂ .
Pourquoi j'ai pas été invité au mariage de Little Man, Boo ?
Parce que t'es Steve le Cinglé.
T'es pas Steve le Simplet, Steve Les Six Doigts ou Sexy Steve.
Même pas Steve Tout Court ! T'es Steve le Cinglé.
Vous ressemblez Ă Gladys Knight & The Pips !
Devine qui est Gladys.
- C'est quoi un "pip" ? - Ta bite.
Vas-y, fais tourner.
ArrĂŞte-toi.
C'est Brenda Moore.
T'es chaud, toi.
Ça va, Brenda ?
Pourquoi vous êtes sapés ?
On revient du mariage de Johnny Curry.
Vous montez ou quoi ?
Tu regardes ?
Tu refiles une taffe ?
Je croyais que t'étais mort.
C'est souvent ça, quand quelqu'un vient plus en cours.
Mort. En taule.
J'étais occupé.
Occupé à quoi ?
Ă€ penser Ă toi.
Joue pas les tombeurs. T'as jamais été un tombeur.
Sciences.
- Sciences ? - Oui.
C'est le cours qu'on avait ensemble. Avec Mme Halladay.
J'étais assis derrière toi.
T'avais des tas de rubans dans les cheveux.
De toutes les couleurs.
Je faisais que les regarder.
Tu devais t'emmerder si tu matais l'arrière de ma tête tout le cours.
Faut croire.
Mais ils étaient jolis, les rubans.
C'est ma grand-mère qui les mettait.
T'en fais pas, on va y aller tranquille.
Tu m'étonnes qu'on va y aller tranquille.
J'en sais rien. Un paquet de fric, en tout cas.
Y a encore un truc.
- Quoi ? - Un petit bonus.
- Si mon père voit ça, il me tue. - Cache-le bien.
Un nouveau qui achète sans vendre, c'est louche.
Vous voulez que je vende, maintenant ?
Écoute Jackson.
Laisse tomber. Tu sais ce qu'il y a, lĂ -dedans ?
4 000 dollars.
Je vais les vendre, tiens.
- J'empocherais le fric ? - C'est Ă toi.
Fais-en des cailloux de 10.
Trouve des gars pour la distribution.
On saura vite que t'es réglo.
Si t'es réglo, tu risques rien.
Il nous a trouvé un bon plan, ce coup-ci.
Un.
Son connard de mec la trompe.
Il me fait pas peur, celui-lĂ . Toi, oui ?
Il ferait peur Ă n'importe quel mec.
Mais en voilĂ un qui en impose et qui en a sous le capot.
Sachez, Mesdames, que je milite
pour le port d'armes raisonné.
Je veux pas le buter, juste qu'il s'excuse.
Il est Ă combien, celui-lĂ ?
- 1 200. Je vous le laisse Ă 1 000. - 1 000 dollars ?
Ces enfoirés sont venus te voir dans mon dos ?
Quoi ?
Je t'ai vu dans la voiture. Et t'as marché ?
Tu es mon fils.
Ils allaient te foutre en taule !
Je m'en fous d'aller en taule !
C'est ma boîte. T'as fouillé dans mes affaires ?
Oui, j'ai fouillé.
Dans cette boîte,
y a 9 782 dollars.
Comment un gamin de 15 ans peut avoir 9 782 dollars
à l'insu de son père ?
Tu devrais me remercier.
Et merde. Garde le fric. T'en as plus besoin que moi.
Va ouvrir ton truc à vidéos !
Dawn a raison, t'es qu'un loser !
Qu'est-ce que t'as, Rick ?
Putain !
- C'est quoi, ce piaf ? - Cadeau.
T'aimes pas ?
T'as pas l'air bien.
Sale gueule toi-mĂŞme.
Ty, c'est un connard.
Tu devrais revenir Ă la maison.
Je peux pas. Pas possible.
- Tyler te fout en l'air. - C'est pas lui qui me fout en l'air.
J'ai besoin que tu reviennes.
Qu'est-ce qui se passe ?
T'as des emmerdes ?
Non, mais...
tu me manques, putain.
T'as laissé les clés dans la voiture de papi ?
Merde, j'ai failli l'avoir !
Ă€ plat ventre !
Lâchez vos armes !
Menton au sol, jambes écartées.
- Je t'explose la cervelle. - Ta main.
- Ça va pas, non ? - C'était la caisse de mon grand-père.
Ta gueule.
Sympa de t'avoir vu, p'tit frère.
Ils m'accusent de quoi ?
Conduite sans permis, port d'une arme dissimulée,
agression, tentative de meurtre...
ĂŠtre un abruti, quoi.
"Meurtre" ? Il a chouré la bagnole de mon grand-père.
C'est n'importe quoi !
T'emballe pas. Ça va se passer comme ça :
tu vas être convoqué au tribunal,
tout le monde sera là sauf le flic qui t'a arrêté,
les poursuites seront abandonnées.
Et ma sœur ?
Elle est libre. On leur a dit que le flingue était à toi.
OĂą est ma Chrysler, Ricky ?
OĂą t'as foutu ma bagnole ?
Je sais que tu m'entends, petit con. Sors de lĂ .
ArrĂŞte de me faire chier, Ă la fin !
Viens me parler en face, tocard.
Comme tu vois, ton grand-père est un poil fâché.
Viens me parler en face !
Et c'est bien normal.
J'ai pas volé sa voiture, je l'ai empruntée. Et on me l'a volée.
Quand bien mĂŞme,
tes grands-parents sont privés de leur moyen de transport.
Je dis simplement qu'il y a des conséquences
Ă tes actes d'hier soir.
Je comprends
ce que tu ressens, pour Dawn.
Moi aussi, ça me bouffe.
Alors va la chercher !
Salut.
Faut qu'on parle.
Ils t'ont accusé de quoi ?
Tentative de meurtre. Des conneries, je sais pas.
Tu sais pas ?
T'es lĂ , tranquille.
Tu causes comme un négro mais tu sais pas ce que c'est.
Tu leur as dit quoi ?
J'ai rien dit, je t'assure.
Il piquait la caisse de mon grand-père,
j'ai voulu l'arrĂŞter.
Tu crois que si on avait flingué
sa bagnole, ils nous auraient relâchés ?
Si t'as mêlé Boo à tout ça, je te rectifie la gueule moi-même.
Mêlé à quoi ?
On est au courant.
Pour tenir 10 ans dans ce milieu, faut tout capter.
On est au courant.
Tu te fournis dans nos squats et tu revends Ă ton compte.
Je suis désolé, je savais pas que c'était à vous.
650 grammes,
ça suffit pour t'envoyer, toi, moi, et tous tes potes, à l'ombre à vie.
Vaut mieux buter quelqu'un, dans le Michigan.
Si t'as un putain de gramme sur toi, t'approche pas de moi ou des miens.
S'ils te chopent,
t'auras une peine de prison pour Blancs.
Nous, une peine pour Noirs. Alors fais pas n'importe quoi.
Tu veux dealer gros ?
Viens me voir.
T'approche plus de nos squats.
Les Fédéraux les ont à l'œil.
Tu piges ?
Leon, t'as toujours une dette.
Ça, ça diffère le paiement, point.
Je comprends, frangin.
Je t'ai dit, j'attends plus qu'un mec.
Quand il m'aura payé, je vous rembourserai.
À votre retour de Vegas, on remet tout d'équerre.
Tu sais que ma femme vient, Leon ?
T'inquiète, je me suis occupé de toi et ta beauté.
Premières loges pour tout le monde, au bord du ring.
J'ai de la famille dans le staff de Tommy Hearns.
Tommy Hearns sait que vous venez.
Il sait qu'on vient ?
Eh ouais. Tommy Hearns sait que vous venez.
Vous êtes célèbres !
Leon,
t'as intérêt à tout nous régler quand on rentre.
Leon Lucas, le cousin de Tommy Hearns.
Tommy nous a réservé le premier rang.
Toutes les places VIP sont prises.
Mettez-vous sur le côté, s'il vous plaît.
On a récolté tes places, Little Man.
- Encore un crochet du droit. - Allez, mec.
Putain !
- Non ! - C'est pas vrai !
- Encore touché ! - Commence pas à ...
Il est au tapis !
Tommy Hearns essaie de se relever...
- ArrĂŞtez le massacre. - Putain.
Pourquoi on va chez Art Derrick si on n'est pas allés au match ?
Tous les invités y seront allés.
Rentre Ă Detroit si tu veux, Leo.
Moi, je rentre pas.
Je vais à la soirée, putain.
Tu t'es fait enfler par Leon, toi aussi.
Il vous a foutu la honte.
- Artie ! T'es arrivé quand ? - Je suis pas Artie.
Merde, je t'ai pris pour mon fils.
- C'est pas toi ? - Non.
Vous ĂŞtes Art Derrick ?
Il paraît, oui. Mais on peut pas se fier à moi,
d'après toutes mes ex-femmes.
T'es avec Johnny, t'es Rick le P'tit Blanc.
C'est ça.
Les amis de Johnny sont les amis de Johnny.
Je te charrie ! Johnny et Leo, ils ont qu'une parole.
La parole, c'est sacré, Rick le P'tit Blanc.
Oublie jamais ça.
Viens me voir, un de ces jours.
Merci. On n'a pas commandé ça.
Johnny ! Tu fais la tronche ?
Little Johnny a retrouvé ses places ?
C'est ma tournée.
On a ramassé le pactole !
Johnny.
Tu m'écoutes ?
Je reviens dans une heure.
Damion.
D'après la police, il s'agirait d'un tir de représailles
suite à un conflit lié à la drogue.
Damion et Frankie Lucas étaient seuls devant la télévision.
La maison appartient Ă leur oncle, Leon Lucas.
28 coups ont été tirés avec des AK-47 modifiés,
qui inondent le marché.
L'une des balles a touché Damion à la poitrine.
Son frère Frankie a appelé les urgences.
Venez vite ! Mon frère a pris une balle.
3344 Judith Drive...
C'est juste à côté.
Leon Lucas aurait un casier judiciaire...
Tu le connais, le gamin ?
Son neveu Damion, transporté d'urgence à l'hôpital,
a été déclaré mort en arrivant.
Putain, Ricky. Tu veux te faire buter ?
Je cherche un flingue. Mamie cache le mien.
Pardon mais t'as une sale gueule.
Je suis vieux et pauvre. C'est quoi ton excuse, Ă toi ?
T'es rentré quand ?
Un peu loin pour voir quelqu'un se faire défoncer en trois rounds.
J'ai loupé le match.
J'ai joué au blackjack, j'ai rencontré une fille.
Une gentille juive.
Juive ?
Vu que tu t'es converti.
L'étoile.
C'est juif.
Sans déconner !
Ils sont cons, tes potes ?
Et toi ?
Ils sont pas pauvres, eux !
Ils empruntent pas Ă leurs parents. Le fric, ils leur prĂŞtent !
Y a un .38 au-dessus du conduit.
Je veux que tu retournes au bahut.
Ces mecs, là , ils vont t'entraîner trop loin.
Tu pourras plus reculer.
Qui ? Les Curry ou les flics ?
T'as vu les infos ?
Évidemment, Gil !
- T'y étais ? - Bien sûr que non.
Fais le ménage. Je pourrai pas empêcher l'enquête.
Vire les AK de chez toi.
Gil, tu me connais. Je protège ceux qui me protègent.
Le FBI a une balance. Vérifie à qui tu peux faire confiance.
Les flics vont plus nous lâcher.
C'est pas un fait divers. On parle d'un gosse.
Et ça veut dire quoi ?
Qu'un Noir va tomber, coupable ou non.
Ils veulent un négro, n'importe qui.
Devinez qui ce sera pas ?
Ce sera ni moi ni quelqu'un de la famille !
Leon était même pas dans la baraque !
Putain !
Merde !
Barrez-vous.
Bougez-vous le cul.
Et bouclez-la.
Sinon, je le saurai.
HĂ©, chef ! T'oublies pas quelque chose ?
J'oublie que dalle.
- Ça va pas ? - Vous êtes sérieux ?
Faut qu'on parle du petit garçon.
Vous voulez que je me fasse buter ?
Vous êtes tarés ou quoi ? J'arrête.
Du calme !
Laisse tomber. On se tire.
C'est quoi ?
Je t'ai fait des pancakes.
J'aime pas ça.
J'ai jamais aimé ça.
Au fait,
tu m'as appelée Audrey, hier soir.
Tu as dit : "Bonne nuit, Audrey."
Je veux rien savoir.
Je connais pas d'Audrey.
Ton grand-père t'a fait des pancakes.
J'aime pas ça. Ça me file la courante.
Papa...
Papi a fait des pancakes. Je me suis dit que t'en voudrais.
- C'est tous des AK ? - Presque.
Je dois les refourguer.
Je vais faire ce que t'as dit, je vais retourner au bahut.
L'autre jour, j'ai échangé un Glock, j'ai eu un poisson rouge en prime.
Va voir, il est sympa. C'est Ed.
Ed ?
C'est ouvert.
Salut, Nugg.
Ça va ?
Ça roule ?
C'est votre truc, les films, hein ?
Oui, on va ouvrir un vidéo-club.
- Un soda ? - Oui, je veux bien.
Il est Ă toi, le poisson ?
À mon père.
- Il s'appelle comment ? - Ed.
- Ed ? - Oui, Ed.
Il est sympa.
Je le connais pas bien.
Désolé.
Frank !
Il est oĂą, mon fils ?
Ă€ l'accueil, ils le trouvent pas.
Il est enregistré sous X, par sécurité.
Il est oĂą ?
C'est mon fils ?
Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
Ils disent qu'il va s'en sortir.
Qui a fait ça, putain ?
Un mec de la bande de Curry.
Je vais le crever.
Je vais lui foutre une balle dans le crâne.
Fais gaffe Ă ce que tu dis devant nous.
Je t'emmerde, Frank.
Pour toi aussi, j'ai une balle.
- Et pour toi, salope. - On n'est pas tes ennemis.
C'est votre faute, ça. Il a 15 ans !
On va pouvoir arrĂŞter les Curry.
Papa ! Il est oĂą, Rick ?
Ça va aller...
Je veux voir mon frère.
Attends. Putain...
Boo !
Amène Nugg.
- Tu trouves ça où, Johnny ? - T'occupe.
Ils vont adorer.
On aura chaud, cet hiver.
- T'es plus si petit, Little Man. - Je suis big, Big Man.
Essayez-les !
Dans quoi tu t'es fourré ?
Ils t'ont enregistré sous X.
Qui veut ta mort ?
T'as pas perdu ton charme.
"Puisque t'en as jamais eu."
C'était bien, hein ?
Quand on était gamins, pendant un temps ?
T'es toujours un gamin.
Salut, Ricky, comment ça va ?
J'ai un cadeau pour toi.
T'aimeras peut-ĂŞtre pas la musique.
Qui t'a fait ça ?
Steve ?
Nugg ?
- Boo ? - Boo ferait jamais ça.
Peu importe qui a tiré. On sait qui a donné l'ordre.
Johnny sait qu'on a un indic. Mais tout va bien.
On a fait une descente dans un squat. Son équipe l'a balancé.
FBI !
C'est qui ?
La chambre !
Baisse-toi !
Tu te baisses ou je te troue la cervelle !
Lâchez-moi !
Bouge plus !
Mains dans le dos. On sort.
- C'est bon ! - Ta gueule.
Debout !
Lâchez mon petit frère !
Il a rien Ă voir lĂ -dedans !
Lâchez-le !
Il peut plus rien pour toi, ton frangin.
Ce qui t'est arrivé pourrait compliquer les choses.
Il vaut mieux que ça n'ait jamais eu lieu, tu comprends ?
Et il vaut mieux qu'on oublie le hobby de ton père, au sous-sol.
Et voilĂ , champion.
Tu dois ĂŞtre content de dormir dans ton lit.
Elle est lĂ , Dawn ?
Non.
Apparemment, Ty s'est fait la malle.
Bon débarras. Mais tu connais les femmes.
On n'a pas besoin des mauvaises ondes de Dawn, lĂ .
Mamie.
T'as jamais eu envie de déménager ?
Ça fait tellement longtemps qu'il se passe rien de bien.
Ça va s'arranger.
D'abord, on va te remettre sur pied.
Regarde les jolis ballons. Viens.
Une marche Ă la fois.
VoilĂ .
Tu vas pas reconnaître la baraque.
C'est propre comme un sou neuf.
Bienvenue Ă la maison.
T'as vu ça ?
Besoin d'un coup de main ?
Comment je vais aller au bahut, avec ça ?
En fait, faut que je te dise...
Ils veulent plus que t'y ailles,
vu qu'on t'a tiré dessus.
Ils trouvent ça dangereux pour les autres.
Y a d'autres sacs,
mais on va le rincer, ça vaut 3 $.
Je rince que dalle. Rince-le toi-mĂŞme.
Je disais ça comme ça.
On les achètera en gros, c'est forcément moins cher.
Donne-le-moi, je vais le laver.
On fait comme tu le sens, champion.
Comme tu le sens.
Va y avoir une bourse aux armes. On pourrait y aller, si ça te dit.
Génial.
Le conducteur a pris une balle dans le bras, il est Ă l'hĂ´pital...
La police pense que l'acte est prémédité...
S'il est inculpé...
... des années d'emprisonnement.
Tu vas te faire descendre, à frapper chez les gens comme ça.
Ricky Wershe ?
T'as fait un bébé avec ma sœur.
- C'est qui ? - Brenda Moore.
Appelle-la, assume tes responsabilités.
On s'est vus qu'une ou deux fois.
Il suffit d'une fois !
Et Keisha est presque aussi blanche que toi.
- Qui ? - Ma nièce, ta fille.
Ferme la porte, la chaleur se barre.
- T'es qui, toi ? - Vous êtes son père ?
Oui.
Maintenant, vous êtes grand-père.
Assume, appelle ma sœur.
Sinon, je reviendrai, et t'as pas intérêt.
C'est quoi, cette histoire ?
J'en sais rien.
J'ai été avec sa sœur.
Sans protection ?
Putain, Rick.
C'est le papa du bébé !
Qu'est-ce qu'il fait lĂ -bas, papi ?
Il m'a amené.
Ricky Wershe.
Salut, Brenda Moore.
Oh non...
Quoi ?
Ça gaze, papi ?
"Ça gaze, papi ?"
Elle est minuscule.
C'est normal ?
Elle a un mois et demi.
Elle est aussi jolie que toi.
Heureusement qu'elle me ressemble pas.
Je voulais pas dire ça.
C'est ta fille, je te fais pas marcher.
Et c'est bien.
Soutiens bien sa tĂŞte.
Elle est pas pareille avec son papa.
C'est ton papa.
Ça peut pas être sa fille.
Elle est bien trop belle.
Donne-la-moi, je vais te montrer.
Viens lĂ , toi.
VoilĂ .
Je me balançais comme ça avec ton papa et sa sœur.
Oui madame, tout est nouveau. Tu aimes danser ?
Je vais ĂŞtre franc.
Ta mère et moi, on avait pas prévu d'avoir Dawn.
Ni toi, d'ailleurs.
Mais on s'en est sortis.
Papa, ta fille est une junkie et je chie dans un sac.
Je suis du genre
à voir le verre à moitié plein.
Tu seras un super papa.
J'en suis sûr.
Dès qu'on aura lancé le vidéo-club,
je commencerai par acheter une nouvelle bagnole.
Je sais, tout s'est pas déroulé comme prévu.
Mais une bonne idée, c'est comme le bon vin :
ça s'améliore avec le temps.
Les choses vont pas s'améliorer.
T'es content, toi ?
Content d'ĂŞtre qui tu es ?
Cherche pas la bonne réponse. Y en a qu'une.
Tu sais comment on pourrait changer tout ça.
Non.
Pas de drogue, putain.
Pas de drogue.
C'est du poison.
Ça tue. Pas question.
Et toi, tu vends quoi ? Des pistolets Ă eau ?
Les armes, c'est un droit constitutionnel.
La Constitution parle pas de drogue.
- De quoi tu parles ? - De la Constitution.
La base de ce pays.
Papa !
Ça va ?
Regarde cette merde, regarde notre vie !
Faut réagir ! Faut qu'on se fasse du fric !
Pas la drogue. Je peux pas.
Tu vends des flingues aux dealers tous les jours !
Mais tu gagnes petit.
Il serait temps qu'on gagne gros, non ?
Allez, papa !
Je peux y arriver.
On peut y arriver.
Je connais les mecs.
Et je connais leurs règles.
J'ai déjà perdu Dawn. Je peux pas te perdre aussi.
On n'a pas perdu Dawn,
mais elle rentrera pas si ça bouge pas.
On n'a rien Ă lui offrir, lĂ .
Personne nous aidera.
Il faut le faire avant qu'il soit trop tard.
Moi aussi j'ai une fille, maintenant.
Salut, Art.
Salut, petit.
Qu'est-ce que tu fous lĂ ?
Vous m'avez dit de venir vous voir.
Entre.
- Salut. - File-moi 3 g.
Deux doses.
Dawn...
C'est moi, Ricky.
Je suis venu avec papa. On te ramène à la maison.
Pourquoi il est lĂ ?
Je peux pas le saquer, tu le sais.
On te ramène à la maison.
Non, je veux pas rentrer.
C'est ici, chez moi.
Non. Tu vas venir avec nous.
Tout de suite.
J'ai toutes mes affaires, ici. Je peux pas les laisser.
Y a que des merdes, on t'en achètera d'autres.
Tu m'en achèteras d'autres ?
Ce que tu voudras.
Promis ?
C'est promis.
Me touche pas ! Me touche pas !
Lâche-moi, papa !
Lâche-moi !
Lâche-moi !
Me touche pas.
Me touche pas, putain !
Ouvre !
Ouvre !
Ouvre !
Je t'en supplie.
Je t'en supplie !
Papa...
Je t'en supplie.
Laisse-moi sortir.
Brenda !
Les grand-mères !
Elle est trop !
Qu'est-ce que tu es belle.
Je t'aime si fort.
BLANCHE-NEIGE
Il avait une putain de cicatrice.
Il chope une aiguille, il met le fil,
et il se recoud.
VoilĂ .
On va trinquer.
Ça va ?
On sort, après. Tu viens ?
J'ai promis Ă mamie qu'on ferait des cookies.
Je sais, je suis naze.
Non, t'étais juste un peu perdue.
Ça a rien à voir.
Merci.
Ils sont lĂ .
Reste lĂ , papa, j'ai pas fini. On va trinquer.
Tenez. Dawn.
Entrez.
On va trinquer !
À la famille. Santé !
C'est parti !
Salut, Cathy.
Salut.
On se voit plus.
Toi, tu me vois.
Je t'ai vu me voir.
Tu joues avec le feu.
Dis donc !
C'est classe, ici !
Comment il va, Little Man ?
Alors que t'es avec sa femme en pleine nuit ?
Non, comment il va ?
Johnny est en taule pour 20 ans.
Et moi, je suis lĂ .
Toute seule.
T'aurais pu appeler. On est amis.
J'étais occupé.
C'est ce qu'on m'a dit.
Rick le P'tit Blanc fricote avec Art Derrick.
Tu sais pourquoi Johnny est en taule et nous, on est libres ?
On est plus malins.
Johnny, il s'est fait grâce à moi.
Mais il fait trop confiance.
S'il s'était contenté de mon réseau, je serais pas seule.
Et tu serais pas lĂ .
Tu aimes ce que tu vois ?
Alors reste pas planté là .
Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
Je veille.
Je m'assure que ta sœur rentre.
Dawn sait traverser la rue.
On peut vite faire fausse route, mĂŞme si le trajet est court.
Toi, ça va ?
Oui, super bien.
Vous voir, toi et Dawn, mamie et papi...
Je pourrais pas aller mieux.
Mais...
Quoi ?
C'est fragile.
Tout ça. La famille.
Je veux pas que ça parte en sucette.
Je veux pas tout casser. Encore.
Rentre, je l'attends.
Non, c'est Ă moi de veiller sur elle.
Et sur toi.
Je me gère, t'inquiète.
Foutons pas tout en l'air.
Soyons pas trop gourmands. C'est déjà bien, ce qu'on a là .
C'est vrai.
Allez...
Tu pues la boîte à putes des lendemains de fête.
- Sans dec ? - Oui, sans dec.
Bonne nuit, papa.
Bonne nuit, fils.
- Qu'est-ce que tu fous ? - Je me rase.
- Depuis quand ? - Maintenant.
T'as pas de poils !
Pas le visage ! Ça va faire mal !
Jetez vos armes !
Du calme, Rick !
Face contre terre !
Arrêtez de résister.
Contre le mur ! Recule !
C'est quoi ce bordel ?
La touchez pas !
Lâche !
C'était quoi, l'idée ?
T'as cru nous échapper ?
- De quoi vous parlez ? - De quoi ?
Regarde-moi. 8 kilos.
C'est de ça que je parle. 8 kilos.
- Tu me prends pour un con ? - Pour un taulard.
Lâchez-le !
Pas de burger-frites, ce coup-ci, ducon.
C'est quoi, ce bordel ?
Voilà à quoi on est confrontés.
Ils en font un nouveau Capone !
Ils le voient comme ça, en haut lieu.
Le maire m'a dit de ne pas m'en mĂŞler.
Ricky est un lépreux.
Écoutez, il a tué personne.
650 grammes. C'est la loi.
Dans la boîte, y avait 8 kilos. 8 000 grammes.
Il vaudrait mieux qu'il ait tué quelqu'un.
Et le FBI, les flics ?
C'est eux qui en ont fait un dealer. Ils sont oĂą ?
Posez-vous la question :
vous le croiriez, vous,
qu'un ado de 15 ans bossait pour le FBI ?
Mais c'est le cas !
Ricky, c'est notre seule chance de conclure un marché.
Laisse-moi faire.
Ce n'est pas un complot.
- On ne peut rien dire publiquement. - Moi, je peux.
Si je révèle que le FBI a fait dealer mon fils, gros titres assurés.
Ce serait pas malin.
Ricky est dans de sales draps,
mais on n'est pas venus négocier.
On est impuissants. C'est pas notre juridiction.
Et le Bureau refuse
de dire qu'on aurait encouragé Ricky à dealer.
Il l'a fait tout seul, il s'est fait prendre.
Et maintenant, il risque la prison Ă vie.
Nous avons une proposition Ă faire Ă Ricky.
C'est peut-ĂŞtre une porte de sortie.
Qu'est-ce qu'il doit faire ?
On voudrait infiltrer un de nos agents.
Si t'y arrives,
on obtiendra quelques condamnations...
On pourrait renvoyer l'ascenseur.
Ils m'écouteront pas.
Y en a une qui t'écoutera.
Son père est proche de Gil Hill
et du maire.
Cathy ? Elle est mal.
Personne s'occupe d'elle.
Parle-lui.
Dis-lui que ton contact de Miami
va avoir besoin de protection pour un gros chargement.
Elle rencontre notre gars, le présente à son père
et on se charge du reste.
Vous visez Young, c'est ça ?
Le maire.
On n'inculpera pas Cathy.
- Elle n'est pas notre cible. - Comme Boo ?
Boo a fait que dalle et vous l'avez coffré.
Ça vaut le coup d'essayer.
Je comprends, tu en pinces pour cette fille.
Ils visent des mecs comme Jackson. C'est Ă cause de lui qu'on en est lĂ .
Ça vaut le coup d'essayer.
T'en dis quoi, champion ?
Je ferai ce que tu veux, papa.
On met tout ça par écrit. Une sorte de contrat.
Je suis désolée, c'est impossible.
Et si on couche ça sur le papier,
ça donnera l'impression que Ricky cherche juste à éviter la prison.
Ça veut dire quoi ?
Que vous devez nous faire confiance.
Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
On doit pas nous voir ensemble.
- Ce sera pas long. - Je peux pas.
C'est pour une grosse livraison. J'ai besoin d'aide.
Principale nouvelle du jour,
la corruption municipale...
Bande de salopards. C'est bien fait.
Onze officiers de police, dont Jimmy Harris,
ont été amenés au tribunal menottes aux poignets.
Six civils ont également été arrêtés,
dont le beau-frère du maire, Willie Volsan.
D'après plusieurs sources, Rick Wershe Jr.,
alias "Rick le P'tit Blanc",
aurait introduit un agent du FBI passant pour un dealer
à la recherche de policiers pour protéger sa cargaison.
Wershe aurait aussi fourni des informations
sur l'inspecteur Gil Hill et un meurtre étouffé.
- Quoi ? - C'est rien, papa.
Moi et Ricky, on a tout prévu.
Le FBI a vu ça avec le juge. Tout va bien.
Wershe, qui s'est fait de puissants ennemis,
risque la perpétuité pour trafic de cocaïne.
Silence, s'il vous plaît.
Le jury est-il prĂŞt Ă rendre son verdict ?
Oui, M. le président.
Remettez-le Ă mon huissier.
Accusé, veuillez vous lever.
Le peuple de l'État du Michigan
déclare l'accusé, Richard Wershe Jr.,
coupable de détention et de vente
de plus de 650 g d'une substance illicite,
ce qui, dans l'État du Michigan,
entraîne la réclusion à perpétuité,
sans libération conditionnelle.
Mais vous ĂŞtes dingues ?
Ce garçon a 17 ans !
Coupable.
- Ricky ! - Juré numéro deux.
On va pas en rester lĂ !
Sois fort !
Vous venez de prendre une vie.
Accroupis-toi Ă fond, trois fois.
Complètement. Plus bas. Reste.
Garde ta tasse et ta cuillère en permanence.
Par ici.
Tu peux sortir dans la cour, seul, une heure par jour.
Les 23 autres heures, tu restes en cellule, pour ta sécurité.
Aucun échange avec l'extérieur.
Si tu veux communiquer, mets un formulaire dans la boîte.
Des questions ?
Faut qu'on parle, Alex.
Salut, Rick.
J'ai rendez-vous, mais passe au bureau la semaine prochaine.
Je suis passé trois fois déjà .
Oui, je sais.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
J'ai rien de réconfortant à te dire.
Ricky a respecté sa part du marché. Maintenant, c'est à vous.
On est dans un lieu public. Parle moins fort.
- Explique-moi. - Soyons clairs, on n'a rien promis.
On devait faire de notre mieux auprès du tribunal
pour alléger la peine.
On a essayé. Le juge n'était pas réceptif.
"Pas réceptif" ? Ça veut dire quoi, ça ?
C'est ça, faire de votre mieux ? C'est ta réponse ?
Tu m'as dit de vous faire confiance et vous n'avez rien fait.
Vous nous avez trahis, putain !
Je préfère boire seul.
Relax, Frank.
On est juste deux mecs en congé, non ?
Je suis pas en congé.
Pourquoi mon fils ?
Dis-moi la vérité. Pourquoi lui ?
Quand on deale, on se fait coffrer.
C'est pas vrai,
on avait conclu un marché.
Je peux pas faire de miracle.
Ton fils s'était retiré, puis il a décidé d'y retourner.
Et t'as pas vraiment été neutre.
Baron de la drogue ou fils dévoué ?
Il ne s'agit pas de Ricky.
Ni de ses petits copains.
Ni de gamins qui dealent au coin d'une rue.
On remet les petits Ă l'eau,
mais quand les gros poissons s'échappent,
ils gardent ce qui reste dans le filet.
Vous pouvez pas avoir le maire,
alors mon fils plonge.
Il est jeune.
Il sortira.
Regarde, ma puce.
Regarde, c'est papa.
Comme sur la photo qu'on embrasse tous les soirs
avec maman.
Tu manques Ă mamie.
Elle voulait venir mais papi Ray va pas mieux.
On sait pas s'il ira mieux.
Comment tu vas, Dawn ?
Je supporte pas que tu sois ici.
Je supporte pas.
Je peux lui parler ?
Tu veux dire bonjour ?
Elle est fatiguée.
Au moins, t'as pas perdu ton charme.
Puisque t'en as jamais eu.
La photo.
Continue bien Ă lui montrer.
Oui.
Bisous.
Au revoir.
On laisse la place Ă papi.
Salut, champion. Content de te voir.
J'ai de bonnes nouvelles.
Ils pourraient abroger la loi des 650 g.
Byrd et Snyder seraient prêts à appuyer ta libération conditionnelle.
Si c'est abrogé, tu peux espérer sortir d'ici 6 ans.
C'est une bonne nouvelle.
On va pas les laisser faire.
Ils ont éperonné le lion une fois de trop.
C'est bon, papa.
On en a souvent parlé. On perd une bataille, pas la guerre.
On n'en a pas parlé. Tu en as parlé.
Et la guerre est finie.
Non, dis pas ça.
- C'est pas fini. - Regarde oĂą je suis.
C'est comme si j'étais mort. Et c'est ce qu'ils veulent.
4 kg.
C'était ton poids à la naissance.
La première fois que j'ai regardé dans tes yeux,
j'ai vu que tu me dépasserais.
Que ta vie dépasserait la mienne.
Qu'elle aurait plus d'ampleur, de cœur, d'audace.
Moi je galérais mais toi, t'allais avoir la vie facile.
Tellement plus facile.
Mais j'ai merdé.
Je te demande pardon.
Je suis tellement...
Tu es mon meilleur ami.
Mon seul ami.
N'oublie jamais que tu nous as, moi, Dawn et ta fille.
On bouge pas. On sera toujours lĂ , d'accord ?
Ça se terminera pas comme ça. Baisse pas les bras !
Ça se terminera pas comme ça. On est des lions.
Des lions !
Rick est incarcéré depuis 1988.
Il purge la peine la plus longue du Michigan
pour une infraction ne portant pas atteinte aux personnes.
Richard Wershe Sr. est décédé en 2014.
Johnny, Leo et Boo Curry sont sortis de prison.
Les policiers corrompus
confondus grâce à Rick ont été relâchés.
Rick a gardé le contact avec sa fille pendant toute son incarcération.
Elle est mariée et a deux fils.
Personne ici ne trouve que ma place est en prison.
Le 14 juillet 2017, Richard Wershe Jr. a obtenu une libération conditionnelle
après 30 années sous les verrous.
La levée de la perpétuité,
ça libère d'un stress énorme.
J'avais un poids sur la poitrine, toutes ces années.
Ce 30e anniversaire en prison sera le plus beau.
Je déborde de joie !
Je vous jure, j'ai l'impression d'avoir rajeuni de 10 ans.
C'est bizarre. C'est un tel poids qui disparaît.
"C'est fini.
"Le Michigan a accordé une libération conditionnelle."
J'ai pleuré.
J'ai pleuré.
J'ai envie de dire Ă mes grands-parents
que je suis sorti.
Je veux leur rendre visite sur leur tombe.
Je suis comblé, maintenant.
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