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...
*-Paris !
*Paris outrag� !
*Paris bris�.
*Paris martyris� !
*Mais Paris lib�r�.
*Lib�r� par lui-m�me. Lib�r� par son peuple avec le concours
*des arm�es de la France,
*avec l'appui et le concours
*de la France tout enti�re ! C'est-�-dire de la France
*qui se bat. C'est-�-dire
*de la seule France, de la vraie France, de la France �ternelle.
-Bravo.
Allez, coupe-moi ces conneries.
Avant que les lib�rateurs arrivent, il y aura du sang juif
et anti-fran�ais qui coulera
sous les ponts.
Il rit.
-Ca servira
� quoi ? -On ne fait pas toujours
les choses pour qu'elles servent. -Quand on est fonctionnaires, si.
-Nous, de tout �a, on s'en fiche.
On est les soldats. Des soldats du Mar�chal.
Et on se battra jusqu'au bout.
...
-Lib�rons Villeneuve nous-m�mes. -On se charge des secteurs 3 et 4.
Villeneuve n'en fait pas partie. -Un plan,
�a se change. -On a pass� du temps � coordonner
les gars. On a un truc qui marche.
On ne va pas tout chambouler. -De Gaulle demande de nous lib�rer.
-Il demande de nous battre.
Mais pas n'importe comment. -Tu t'alignes sur de Gaulle ?
-J'incarne toutes les tendances.
-C'est impossible de lib�rer seuls une ville
tant que les Allemands y sont. -Nos camarades
sont emprisonn�s � Villeneuve. -On va sacrifier des camarades
pour en sauver
d'autres. C'est ridicule.
-Moi, je suis d'accord avec Antoine. Lib�rons Villeneuve.
-C'est de l'aventurisme. Notre mission est de faciliter le boulot
du pr�fet quand il arrivera et de ch�tier
les collabos.
-Je me bats pour reconstruire mon pays. Pas pour punir les collabos.
-Il faudra bien punir les tra�tres. -Il faut lib�rer Villeneuve.
-De Gaulle a besoin de notre aide, mais pas pour faire des pitreries
comme le d�fil� ou lib�rer Villeneuve.
Il s'agit d'aider militairement la victoire.
On passe au vote.
-Bien. Qui est pour l'insurrection de Villeneuve ?
Contre ?
Bien.
-Bon... On se bat
l� o� le comit� militaire
nous le demande. Antoine, tu tiens ton maquis � la disposition
du CDL. Arr�te
de te mettre en valeur.
-Pourquoi
tu soutiens le maquis Antoine ? On n'a personne, l�-bas.
-C'est la d�mocratie, non ?
Il frappe.
-Ca fait longtemps.
-Muller est l� ? -Il ne vient jamais ici.
Tequiero va bien ?
-Ca fait six mois que tu ne l'as pas vu.
-Bon, qu'est-ce que tu veux, Daniel ?
-Les Am�ricains ne tarderont plus. C'est une question de jours.
Tu devrais prendre tes dispositions.
-Je ne te suis pas. -Hortense...
Dans les villes lib�r�es, les femmes qui...
Enfin, tu sais...
On leur fait des choses. -J'�coute la radio comme toi.
-Et tu comptes faire quoi ? -Heinrich me prot�ge.
-Contre l'arm�e am�ricaine ? -Il m'emm�nera.
-A Francfort ? Ca m'�tonnerait. Ils n'ont pas le droit
d'emmener les Fran�aises.
-Pourquoi tu me parles de Francfort ?
-C'est l� qu'il est mut�.
Il ne te l'a pas dit ?
Je peux te faire passer en Suisse avec Gustave. L�-bas, tu feras
ce que tu voudras. -Comment tu sais qu'il est mut� ?
-Schneider me l'a dit.
-Tu parles avec Schneider ? -J'ai soign� un soldat allemand,
cette nuit. Leurs m�decins sont d�j� partis.
Ce n'est plus qu'une question de jours.
Une porte s'ouvre.
-Bonjour, tata.
-Tu ne me dis pas bonjour ?
-Je n'ai rien � te dire. -Enfin, Gustave,
dis bonjour � ton oncle.
-Je monte. -Qu'as-tu dans ton sac ?
-Des trucs.
-Dire qu'il m'en veut plus qu'� toi alors que tu couches avec...
-Des laissez-passer pour la Suisse pour Gustave et toi.
Si tu changes d'avis.
La porte claque.
-J'ai peur, Alban.
-Il n'y a aucune raison d'avoir peur.
Ma petite soeur � moi, tu me fais confiance ?
-On m'a dit qu'ils fusillaient les miliciens.
-Qui a dit �a ? -Tante Marthe.
-Elle ne dit que des b�tises. -Son beau-fr�re a �t� ex�cut�
par les FTP sans jugement.
On l'a pendu sur la place du march�.
-C'est des histoires. -A la radio...
-Genevi�ve, il faut faire ce que dit parrain.
-Il dit quoi ? -Qu'on va partir vers l'est.
En Allemagne. L�-bas, on sera en s�curit�.
Crois-moi.
Allez.
-Alban ?
Le patron veut te voir.
-On a fait les malins devant Servier
et Marchetti, mais concr�tement, on va faire quoi ?
-Que veux-tu qu'on fasse ? A part vendre ch�rement notre peau.
-Y a un dernier train qui part
pour Belfort. Avec les femmes et les gosses, on est 60.
60, c'est jouable.
-Belfort, �a veut dire l'Allemagne. Je n'ai pas envie d'y aller.
Le fascisme, j'y �tais � fond. Pour construire une Europe fasciste,
pas une Europe germanique.
Les fris�s nous ont enfum�s.
Bon, toi, l�...
Il y a un nid de r�sistants � la ferme de Ch�tenoy.
On va se les faire ?
Hein ? Bouquet final ?
-Mais euh... parrain...
Le train pour Belfort, apr�s, on va le prendre ?
-Il n'y a plus d'apr�s, mon petit Alban. Il y a ici et maintenant.
Allez, rassemble tout le monde. On va faire la f�te.
-Allez, les gars. On y va.
-On pourrait n�gocier. -N�gocier quoi ?
On n'a plus rien � vendre. -On a des prisonniers.
-Les Allemands nous les r�clament. -On n'est plus oblig�s
de leur ob�ir.
Tentons un march�. On ne livre pas nos prisonniers aux Boches...
-Contre quoi ?
-Contre des garanties pour vous
et nos policiers. -Des garanties ?
-Un papier officiel qui nous garantirait un traitement digne.
La tranquillit� pour nos familles. -On proposerait �a aux r�sistants ?
-Non, pas nous.
Larcher, il pourrait.
Marie Germain et lui s'entendent bien. Elle l'�couterait peut-�tre.
...
-Tu m'en veux pour tout � l'heure ? -Pourquoi je t'en voudrais ?
Tu m'as ridiculis� devant tout le monde.
-Je ne t'ai pas ridiculis�. -Ah bon ? Tu as juste dit
que je ne comprenais rien au combat que je m�ne depuis un an.
Alors qu'au fond, ce combat, je le m�ne pour toi, en plus.
-C'est une mauvaise raison. -Ah bon ?
-Non, c'est vrai, tu ne comprends rien.
-Parfois, je me demande si on est vraiment faits l'un pour l'autre.
-Marie ! Robert est arriv�.
...
-Vous allez lib�rer Villeneuve ? -Je l'ignore. Le pont de Rochefort,
vous connaissez ? -Oui.
-Faites-le sauter.
-On n'a pas d'explosifs.
-Nous, si. -Les Allemands
ne pourront plus partir.
-Mes ordres sont de faire sauter ce pont. Vous pouvez ou pas ?
-S'il est gard�,
�a va �tre difficile.
-Faites une reconnaissance. Tenez-moi au courant.
C'est urgent. OK ? -Bien.
-Merci.
Cris en allemand.
...
...
-Vous d�m�nagez ?
-A Villeneuve, les loyers sont devenus trop chers.
-Pourquoi tu ne m'as rien dit ? -Sur quoi ?
-Sur Francfort.
-Viens. Viens.
Pardonne-moi mais je n'ai pas beaucoup de temps.
-Tu comptais me le dire quand ? -Je n'avais rien d�cid�.
Tirs.
-Qu'est-ce que c'est que ces tirs ? -On vide nos prisons.
...
Je dois aller � Francfort sinon je suis d�serteur. Et je ne peux pas
t'emmener. -Pourquoi ?
-On n'est pas mari�s.
Si je t'am�ne � la fronti�re, on sera arr�t�s.
Depuis l'attentat
contre Hitler, tout est compliqu�.
-Tu ne vas pas m'abandonner comme �a ?
-Je n'ai pas de solution, Hortense.
C'est �a, la d�faite.
Des probl�mes sans solutions.
-Et si on partait en Suisse ? -Avec Gustave, impossible.
-Sans Gustave. Toi, moi, en Suisse.
J'ai un laissez-passer.
-Pas moi.
Ecoute, t'as un laissez-passer,
vas-y seule.
-Et notre "zweisamkeit" ?
Notre "zweisamkeit".
Tu es capable de nous faire passer en douce.
-Ce serait tr�s dangereux. -Pas plus que de rester ici.
-Je parle pour moi.
Les Fran�ais ex�cutent les SD. Les Allemands ex�cutent les d�serteurs.
Ce que je serai.
-Alors, tu vas fuir ?
Tu vas fuir ?
Te terrer
� Francfort ?
Et pour faire quoi ?
Hein ? Pour aller o� ?
-Ecoute...
Une porte s'ouvre.
Mets-toi l�.
-Ah ! Ah !
-(Laisse-nous.) -(Que fait-on ?)
-(Je te contacterai.)
-Impossible n'est pas fran�ais.
-Pourquoi tu tiens � prendre Villeneuve ?
-Depuis l'an dernier, je pense
� ce moment o� on d�filera sans �tre oblig�s de repartir. Pas toi ?
-Vous devriez go�ter les pommes. Elles sont sucr�es.
-Mmh ! Les pommes de Ch�tenoy,
les meilleures du Jura. -Merci.
C'est vrai qu'elles sont sucr�es.
On dirait qu'on mange de la compote.
-J'ai beaucoup donn� � la R�sistance depuis deux ans.
La fin du cauchemar approche, et j'ai envie de vivre.
Pas de d�filer dans Villeneuve. J'ai envie
de profiter de ma famille.
-Eh ! Ca va ?
-Papa, tu me donnes un peu de ta pomme ?
-Tiens. Croque.
Je te la donne.
-Pourquoi t'as quitt� le CDL ?
-Les luttes de clans, je laisse �a aux communistes et aux moralistes.
-Yvonne ! -Dommage.
R�sultat : les communistes magouillent, et les moralistes
nous emmerdent.
-Un jour, tu auras une famille.
Alors, tu comprendras. La politique, �a passe.
La famille... -Visiteur.
-Quand on parle des communistes... -Oh !
Elle, ce n'est pas une vraie. -Faudra m'expliquer la diff�rence.
-Je peux parler au chef ?
-Oui. -C'est confidentiel.
Viens.
-Merci de m'avoir soutenu, tout � l'heure.
M�me si �a n'a servi � rien.
-Ca sert toujours de dire ce qu'on pense.
Remarque, non, pas vraiment. -Tu as un message du CDL ?
-Oui.
-Une mission ?
O� �a ?
-Ici.
Viens.
Ca fait des semaines qu'on en a envie.
-Quelqu'un pourrait venir. -On ne fait rien de mal.
T'as pas envie ? -Si.
-T'as d�j� fait �a, quand m�me ?
-Oui. Oui, bien s�r.
-Non ?
Le chef du maquis Antoine, l'homme du d�fil�.
Je suis tr�s honor�e d'�tre la premi�re.
-Je croyais...
enfin... qu'apr�s Marcel, tu... Enfin, je sais pas.
-Je ne vais pas rester veuve toute ma vie. Surtout que je suis
encore mari�e.
-Attends. -Qu'est-ce qu'il y a ?
-Chut... -A genoux !
A genoux. Mets tes mains sur la t�te. Mets tes mains sur la t�te !
Eh ben ! Il �tait bon, le tuyau.
Finalement.
Rires.
D�j� que je n'aime pas les flics,
mais alors les flics r�sistants...
Tu l'as entendu, le discours de De Gaulle ?
Rires.
Paris... martyris� !
Hein ?
Oh !
T'es sourd ? -Non. Mais je n'ai rien � te dire.
-Bon...
-Allez, hop !
Rires.
-La prochaine, elle est pour ta femme.
Il a entendu le discours ?
-On doit r�agir. -Mon arme est l�-bas.
Et ils sont trop nombreux. -Tu as entendu
le discours ? -Oui.
-Tu t'en rappelles ?
Ils l'ont diffus� plein de fois. T'�tais flic, t'as s�rement
une bonne m�moire.
(Emm�ne
(sa femme.)
-WOUH ! Sifflements.
-Wouh hou hou !
Rires.
-Le mariage, c'est pour le meilleur et pour le pire.
Les mains sur la t�te !
Allez, dis-le, le discours.
Si tu te trompes,
je la tue.
Rires.
-Vous nous tuerez, de toute fa�on.
-Non, ce n'est pas s�r. Parfois, j'ai des faiblesses.
Rires.
...
Allez, tente ta chance. Paris...
-Paris outrag�. -OUI.
-Paris bris�. -Ouais.
-Paris martyris�. -Exact. Mais Paris... ?
-Lib�r�.
Rires.
Lib�r� par lui-m�me.
Lib�r� par son peuple.
Avec le concours des arm�es de la France.
-C'est bien. Hein, c'est �a ? -Hum.
-C'est-�-dire de la France
qui se bat.
De la seule France.
De la vraie France.
De la France �ternelle.
-Non !
Rires.
Non !
Coup de feu.
Pas qui approchent.
-Maman...
-Que fait-on des m�mes ?
-Oh !
-Il ne faut jamais s�parer une famille.
T'attends quoi ?
-Non ! Coup de feu.
...
-Je ne fais plus de politique.
-La politique, on ne s'en d�barrasse pas comme �a, Larcher.
-Je n'ai plus de convictions.
Je ne veux plus intervenir sur rien.
-Je vous demande juste de jouer les interm�diaires.
Il s'agit de...
peut-�tre �pargner des vies.
-Pourquoi moi ?
-Je ne vous comprends pas. Vous y avez cru � P�tain.
Pendant trois ans. Vous ne vous �tes pas r�volt� en 40,
que je sache. -J'ai �t� r�voqu� en 42. Par vous.
-En 41,
vous l'avez faite avec moi la liste des condamn�s � mort communistes.
N'est-ce pas ?
Vous n'avez pas oubli� ?
-Vous avez l'impression qu'on a fait notre devoir, ce jour-l� ?
-En cas de crise, la difficult�,
ce n'est pas de faire son devoir, c'est de le discerner.
J'ai fait le calcul. Il reste
douze r�sistants
dans nos prisons. Les Allemands vont nous les r�clamer.
Dites-le
� Marie Germain. Proposez-lui une rencontre en terrain neutre.
...
-Ca ne va pas �tre possible.
-On ne sait jamais. Il faut aller voir d'un peu plus pr�s.
Je prends deux gars et j'y vais.
-Tu te souviens,
en juin 40, quand on s'est revus apr�s l'�glise ? C'�tait l�.
-Tu ne voulais m�me pas qu'on se revoie.
-J'�tais mari�e. -Moi aussi.
-T'as toujours r�ponse � tout. Tu pensais vraiment
ce que t'as dit ? -Qu'il faut lib�rer Villeneuve ?
Oui. -Qu'on n'est pas faits
l'un pour l'autre.
-Pas quand tu es dans mes bras.
-Encore heureux.
-Tu nous imagines tous les deux � la ferme ?
Je me ferais chier. Ou toi � la ville
o� t'�toufferais.
-Tu crois ?
-Tu te vois en train de servir des liqueurs � des anciens collabos ?
T'aimes �a, en fait, l'Occupation.
La R�sistance, la clandestinit�, l'action, tout �a.
-Mais pas toi ? -Non.
Non. Non, moi, je veux un bon plumard, du pinard
et une bonne paire de fesses.
C'est les tiennes que je pr�f�re.
-De jour, c'est exclu. Il faudrait un canon ou un char.
Il faut venir de nuit. S'il y a personne aux mitrailleuses,
c'est jouable, mais �a sera coton.
-On ne peut pas laisser passer �a sans r�agir.
-On doit attendre les ordres du CDL.
-Tu veux attendre les ordres ? -Je ne veux pas me mettre en avant.
-Ils ont tu� deux enfants. C'est des monstres.
-Le type qui a tir�, je le connais.
C'est un con, mais pas un monstre. -Tu le connais ?
-Il s'appelle Alban.
L'an dernier, quand le STO nous est tomb� dessus, on s'est planqu�s
ensemble, au d�but.
Mais il n'a pas voulu entrer dans la R�sistance. Alors, il est parti.
Je ne sais pas comment il s'est retrouv�
dans la Milice. -Alors, on ne va rien faire
car tu le connais ? -Suzanne,
�coute ! Des camarades sympas, il y en a plein qui sont morts.
Thierry, Claude...
Alors, Vernet...
je l'aimais bien, mais...
-Il t'h�bergeait. Sa femme te pr�parait � manger.
T'as jou� avec ses gosses. -On ne va pas attaquer
la Milice au commissariat. -Pourquoi pas ?
-On vient de voter contre l'insurrection de Villeneuve.
Attaquer le commissariat sans faire d'insurrection, �a ne rime � rien.
-On n'a qu'� descendre le chef de la Milice chez lui.
-Tu sais o� il vit ? -La semaine derni�re, il donnait
un repas avec des Boches. Ils ont pris des extras. L'un d'entre eux
�tait un camarade. C'est dans une maison rue de Besan�on.
-Je ne sais pas. Je...
-Ecoute, moi, j'y vais.
Tu m'accompagnes ou pas.
-Hou ! Putain ! On s'est bien marr�s.
-Le train de Belfort arrive demain � 16h � la gare.
Il para�t que les SS exp�dient un wagon plein de youpins.
-Ils sortent d'o� ? -On les a ramass�s cette semaine.
-On ne va pas voyager avec des youpins.
Laisse tomber, on partira plus tard, en voiture.
-Parrain, pour les familles, ce train, ce serait bien, quand m�me.
-Tu as but� deux m�mes
et tu me parles de famille ? -Il a but�
ces m�mes sous tes ordres.
C'est un bon milicien. -C'est mon filleul.
Que ferait-on en Allemagne ? Les fris�s perdent la guerre.
-On cr�ve ici ou on �vacue. Je veux
qu'on �vacue.
-C'est bon. T'as gagn�. Comme toujours.
On �vacue.
-Pr�viens les gars. Garde de nuit par roulement. Trois six.
Demain, d�part 13h. Uniquement les �pouses et les enfants.
-Et ma soeur ?
-Elle bat le beurre. Evidemment qu'elle peut venir. Reste discret.
-Tu viens d�ner � la maison, ce soir ? Dernier soir � Villeneuve.
-T'es gentil, mais je r�cup�re Eliane et les enfants. La famille,
tu sais ce que c'est.
-Pas question
qu'on discute avec la police. -Que risquez-vous ?
Ils seront sans armes, � votre merci.
-On ne parle pas avec des tra�tres.
-Ils ont douze r�sistants.
-Ils menacent de les tuer ? -De les livrer
aux Allemands. -C'est la m�me chose.
Vous nous transmettez un chantage.
-Ecoutez, Marchetti, ses policiers,
Servier, ils sont aux abois. Ils ne sont quand m�me pas tous
des monstres.
-Juste des collabos.
-C'est comme �a que vous me voyez ? Juste un collabo ?
-Vous n'�tes pas policier, Daniel.
Bon, soyons clairs.
Pour les miliciens pris arm�s, c'est l'ex�cution imm�diate.
-Ma d�marche ne concerne pas
les miliciens, mais la police et le sous-pr�fet.
-Ils proposent quoi,
Marchetti et Servier ?
-Une rencontre en terrain neutre.
Qu'est-ce que vous risquez � une simple rencontre ?
-De nous faire d�savouer par la majorit� du CDL.
-Si �a permet de sauver des vies ? -Ca, il fallait y penser avant.
Je suis d�sol�e, cette rencontre est impossible.
Dites-leur que si les r�sistants ont �t� tu�s, nous nous vengerons.
...
-J'ai eu votre message.
C'est quoi, l'id�e ? -Tuer Janvier.
Il habite au fond.
-C'est dangereux, ici.
Il n'y a pas de bon d�gagement.
-C'est parce que c'est dangereux que j'ai pens� � toi.
-C'est une d�cision
du CDL ? -Non. C'est notre d�cision.
Le CDL, il fait de la politique. Nous, on agit.
-Janvier est une ordure.
Il a massacr� une famille. Vernet. Tu connaissais ?
-Oui.
D'accord, j'en suis.
Je vais faire semblant de crever � v�lo. J'arriverai bien � glaner
quelque chose.
-T'as peur ?
-Pas plus que �a.
-Ce n'est pas une tare d'avoir peur.
Je t'effraie plus que la Milice.
-La Milice, j'ai l'habitude.
Tu �tais tr�s proche de Vernet ? -Non.
-Alors, au fond,
pourquoi on est l� ?
-On est l� pour oublier le regard des deux m�mes.
-Descendre Janvier, �a va te le faire oublier ?
-Attends, regarde.
On devrait s'embrasser pour passer inaper�us.
-Tu crois ? -J'en suis s�re.
-Attends... c'est pour de vrai ou pas ?
-C'est marrant, cette question.
-Ca va ?
-Je pensais �...
A ma premi�re planque. En 41, devant l'�glise de Villeneuve.
-Ca a donn� quoi, ta planque en 41 ?
-On a descendu un officier allemand.
Enfin, Marcel.
-En 41 ?
-Le patron
rentre d�ner.
-Parfait. -C'est risqu�.
Vous �tes s�rs de vouloir y aller ? -Oui.
-Je viendrai avec un copain. On se retrouve � 7h30,
le temps de t�ter le terrain.
-Alors ?
-Alors, ils ont refus� la rencontre.
-Les miliciens ont tu� Vernet, sa femme et leurs deux enfants.
-Travail, famille
et patrie.
Ca n'arrange pas
nos affaires, tout �a. -Les Boches nous demandent si on a
des prisonniers. Je dois rappeler Schneider.
-Dis-leur qu'on n'en a plus. Et lib�re les douze qui restent.
-Tu vas prendre le train
pour Belfort, toi ?
-Qu'est-ce que tu veux que j'aille foutre � Belfort ?
-Tu vas faire quoi ?
D�clics.
-Ne t'inqui�te pas, je n'aurai jamais le courage de faire �a.
Servier est parti � Besan�on.
Il est all� voir l'intendant de police. Les policiers
pourraient se rendre au pr�fet nomm� par la R�sistance.
Il doit me rappeler.
Magne-toi de lib�rer les douze types qui restent. Allez.
Et discret, Loriot.
La porte claque.
-Chut !
-(Ca se pr�sente pas mal. Personne aux mitrailleuses.
(Le probl�me, c'est qu'il faut les neutraliser sans faire aucun bruit.
(Chut !
(S'ils ont le temps de donner l'alerte, on est fichus.)
-(Donc aux couteaux et synchros.) -(Affirmatif.
(Le radio est c�t� nord. Je le neutralise. Pendant ce temps,
(Fernand et Paul font le sud. T'as ton couteau ?)
-(Oui, c'est bon.)
-(On y va.)
-(Fais attention.) -(Oui, maman.)
Chut.
Discussion en allemand au loin.
...
-(Ils ont �teint leur cigarette.
(Quand ils allument la suivante, tu fais du bruit.
(Ils auront les mains prises. C'est le bon moment.
(Moi, je me fais le deuxi�me. Le premier
(se retourne. Tu te le fais.) -(OK.)
-(Allez.)
Ils discutent en allemand.
...
Rires.
Cri.
R�les.
-Ach�ve-le.
-On peut le b�illonner et l'attacher.
Ne le tue pas. Cris.
-Magnons-nous de d�gager les corps.
Je me demande de quoi ils parlaient.
-Des femmes. Le tien avait un probl�me avec sa femme.
-Les gars, �a doit vivre isol�s.
-Tu ne manges rien, hein.
Il n'est pas bon,
le poulet, hein ? -Si, si.
Rires.
-Ah, l'homme d'action...
...
Ca doit manger. Et une jolie femme aussi.
-Je n'ai pas tr�s faim.
-Qu'est-ce que vous avez, tous les deux ?
On vous pr�pare un bon poulet avec des pommes de terre.
Et �a, en ce moment... -J'ai peur.
Ca me coupe l'app�tit.
-T'as raison d'avoir peur.
Il faut vivre avec.
A l'heure du d�ner, il faut manger.
Et boire.
Toi aussi, t'as peur ?
-Je pense
aux enfants. -Lesquels ?
Ah... Ah ouais, ceux-l�.
-De quels enfants vous parlez ? -C'est une histoire d'hommes.
-Vous en parlez devant moi. -Ta soeur n'a pas la langue
dans sa poche.
Elle est gaul�e, hein.
Tu iras loin,
Genevi�ve.
Si j'�tais plus jeune...
Tu sais, Alban, � la guerre,
on fait des choses horribles.
-H�las. -Non.
C'est n�cessaire.
L'homme, c'est un animal. Il ne comprend qu'une seule loi.
Dominer...
ou �tre domin�. On fait des choses
horribles comme cet apr�s-midi... -Vous avez fait quoi ?
-Pour emp�cher les bolch�viques et les youpins de dominer.
Ils ne comprennent que �a.
-R�sultat : vous perdez.
-Car on n'a pas fait assez de choses horribles.
Ils n'ont pas eu assez peur.
On a �t� faibles.
Et au fond, c'est �a, notre erreur.
On a �t� mous.
Pas assez humains.
Il rit.
-Le chef me dit d'y aller.
Je ne suis pas tranquille, alors tu gardes l'oeil ouvert.
-Ils nous ont vus ? -Non.
Je crois qu'il va d�crocher.
-Il en reste un � l'ext�rieur et Janvier � l'int�rieur.
-Alain a vu Janvier
plus un autre type. Donc, a priori, Janvier est seul.
Il d�croche. Bon...
Vous attendez dix minutes. Ensuite, Suzanne,
tu sors de la bagnole, et on fait comme on a dit. Antoine,
aux coups de feu,
tu rappliques. C'est clair ?
-Oui.
Schruder !
Alea jacta est.
...
-C'est l'heure.
-Fais attention.
-Je crois que je suis amoureuse de toi.
-Moi aussi.
...
-Quand je bois du vin clairet, ami, tout tourne, tourne, tourne.
Aussi, d�sormais, je bois Anjou ou Artois.
Chantons et buvons. A ce flacon, faisons la guerre.
Quand je bois du vin clairet, ami, tout tourne, tourne, tourne.
-Que faites-vous dehors en plein couvre-feu,
mademoiselle ?
-Je crois que je me suis perdue.
La ferme Delmas, c'est par l� ?
Cris �touff�s.
...
(Ils nous ont entendus ?) -(Je n'en sais rien.)
...
Coups de feu.
...
-Putain...
...
Max...
-Attention ! Ils sont au moins deux !
Genevi�ve, monte et ferme � cl� ! -Je l'ai rat� !
Tirons-nous ! ...
...
Tirons-nous.
...
Cris en allemand.
Coups de feu.
...
Sous-titrage MFP.
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