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Original subtitles

Coney Island, ann�es 50...

la plage, la promenade...

Un joyau jadis lumineux

dont l'�clat s'est terni au fil des mar�es.

L'�t�, je travaille sur Bay 7.

Mais � l'automne, je pr�pare � l'universit� de New York

une ma�trise sur le th��tre europ�en.

Je suis Mickey Rubin.

Po�te de nature, je r�ve de devenir �crivain.

Un auteur de grandes pi�ces

qui surprendra le monde avec un chef-d'oeuvre profond.

Mais venons-en � mon histoire.

J'en suis un des personnages

tant�t po�te usant de symboles

tant�t dramaturge pr�f�rant le th��tre � la vraie vie.

Acte 1, sc�ne 1. Carolina.

Amuse-toi.

Pardon.

O� pourrais-je trouver Humpty Javelin ?

Il tient le man�ge de chevaux. Il travaille le soir.

Vous avez son adresse ?

Il habite dans le coin. Demandez donc � Ginny.

- Ginny ? - Sa femme.

Elle travaille chez Ruby, le resto de fruits de mer.

L�-bas, au bout.

Merci.

- Pardon... Ginny est l� ? - Oui, c'est moi.

- Je suis Carolina. - Qui ?

Carolina, la fille de Humpty.

Mon dieu !

�a va lui faire un choc.

Je m'en doute un peu, mais il fallait que je vienne.

Je n'avais pas d'autre choix.

Je vais �tre franche.

�a ne va pas pas lui plaire.

Vous �tes sa femme ?

Pourquoi vous me regardez ?

Je ne vous voyais pas aussi jeune.

Vraiment ?

Je ne suis plus tr�s jeune.

Je pensais � ma m�re.

A sa mort, elle avait les cheveux gris.

Je lui ressemble.

Humpty sera l� dans une demi-heure.

Il est all� p�cher sur la jet�e de Sheepshead Bay.

Je croyais qu'il �tait parti dans le New Jersey.

Non, on s'est fait virer de l�.

Mais je ne t'apprends rien sur ton p�re.

Il avait picol� et saccag� le couloir de l'immeuble.

Vous devez vous y faire � ce bruit.

Non, impossible. Je d�teste �a.

Toute cette f�te foraine.

C'est l�-haut.

C'�tait une baraque � monstres. Il a fallu tout retaper.

J'esp�re qu'il ne sera pas en col�re en me revoyant.

Et qu'il ne me mettra pas dehors.

Je ne sais pas o� j'irai.

Je n'ai rien � mon nom. Je n'ai pas un sou.

Ce foutu boucan !

Je ne m'y ferai jamais.

Ma t�te va �clater.

Mon gamin a des probl�mes � l'�cole en ce moment.

- Il est de mon p�re ? - Non, de mon premier mari.

N'aie jamais d'enfant.

J'ai mal � la t�te.

Je souffre de migraines.

Si vous d�testez Coney Island, pourquoi ne pas d�m�nager ?

Que Dieu t'entende.

L'argent, ma belle.

Le pognon, le nerf de la guerre.

Ginny ! La p�che a �t� bonne.

Du carrelet, du turbot...

Des crabes...

Qu'est-ce que tu fous l� ?

Je t'avais interdit de remettre les pieds chez moi.

J'ai des ennuis, j'ai nulle part o� aller.

Tu l'as laiss�e entrer ?

Bon dieu !

J'y crois pas.

- Allez, casse-toi. - Je ne peux pas.

S'ils me trouvent, ils me tuent.

Humpty, �coute-la d'abord.

- M�le-toi de tes oignons. - J'ai la t�te en marmelade.

- Tu devais parler � Ritchie. - Je l'ai fait.

Frank veut me tuer. Je suis partie sans rien.

Je n'ai pas de v�tements, j'ai dormi sous la pluie.

J'ai un contrat sur moi. Ils vont me tuer.

C'est ce qui arrive quand on a un mari gangster.

Ils ne vont pas venir ici ? Je ne veux pas d'ennuis.

Vous n'avez pas compris ? Ils vont me tuer!

Il y a un gosse ici. Ce n'est pas notre probl�me.

C'est bon, on se calme.

- Donne-moi � boire. - Non, sois gentil.

Il faut que je boive.

Non mais c'est pas vrai !

Pas d'alcool ! Je te fais du caf�.

C'est pas vrai.

T'esp�rais quoi en te mariant avec ce voyou ?

J'avais vingt ans, j'�tais na�ve.

Je regrette.

Pourquoi tu ne vas pas � la police ?

Je leur en ai d�j� trop dit.

Comment �a ?

Ils m'ont menac�e de cinq ans de prison si je ne coop�rais pas.

Parce que tu sais des choses ?

T'es au secret de leur trafic ? Depuis quand ?

Justement.

Quand on est mari� � l'un d'eux, on est forc�ment au courant.

Putain de merde !

Je t'avais mise en garde contre ce voyou !

Je t'avais dit que c'�tait un tueur.

Elle s'est laiss� embobiner.

Il n'�tait m�me pas beau.

C'�tait une raclure.

- Donne-moi � boire. - N'y compte pas.

�a commence � bien faire.

Tu te calmes.

Elle avait l'embarras du choix parmi les jeunes du quartier.

Des gamins convenables.

On l'a bien �lev�e.

Ta m�re et moi, on s'est saign�s pour que t'ailles � la fac.

Et tu n'y pas all�e.

T'as tout envoy� balader.

Une belle fille comme toi.

C'est ton choix.

J'aimais Frank.

Les autres, je les trouvais tristes et ennuyeux.

Des hommes honn�tes, tous autant qu'ils �taient.

Bon sang !

La derni�re volont� de ta m�re

sur son lit de mort

c'�tait que tu quittes ce vaurien de Frank Adatto.

Mais tu ne voulais pas me faire ce plaisir.

Tu ne voulais pas la laisser mourir en paix.

Je l'aimais.

J'avais vingt ans, j'en demandais plus.

Plus ?

Plus de quoi ?

Bon sang, Humpty ! On peut nous entendre.

Te m�le pas de �a.

Tu as perdu la t�te, c'est tout.

T'�tais perdue dans les nuages � cause de ce cr�neur de Rital.

Tu crois que j'avais pas vu qu'il trimbalait un flingue ?

Il sait que t'es venue ici ?

Non, c'est le dernier endroit auquel il pensera.

Il sait ce que tu m'en veux.

Il me d�teste parce que je lui ai dit ma fa�on de penser.

Bon sang.

Je comptais sur toi � la mort de ta m�re.

J'�tais perdu.

Tu m'as l�ch� pour cette ordure.

Il ne pensera donc pas que je suis ici.

Il sait qu'on ne se parle plus et qu'on est f�ch�s � mort.

S'il se pointe, je le tue.

Ne dis pas �a, je veux pas d'ennuis.

Je suis � bout de nerfs. Tu devrais te calmer.

�a va.

Me dis pas ce que je dois faire ou pas.

C'est ma fille.

Tu �tais la lumi�re.

La lumi�re de ma vie.

Tu sais que tu m'as manqu� ?

J'ai la fringale tout d'un coup.

Nettoie les poissons, Ginny.

Je vais faire un rago�t.

Faire la cuisine me calme les nerfs.

Nettoyer les poissons ? J'ai mal � la t�te.

Nettoie les poissons, Ginny.

Et pense � envelopper les abats.

La derni�re fois, y en avait plein par terre.

Tu te souviens, les g�teaux que je faisais ?

Des cookies avec des copeaux de chocolat ?

Je mettais un peu de sel dessus.

Tu es en retard et tu as encore fait des b�tises.

Tu peux tuer quelqu'un avec tes feux.

Tu es cingl� ou quoi ?

Tu vas finir par blesser quelqu'un.

Qu'est-ce qui te prend de faire des feux ?

T'as l'air tout heureux. T'as d�croch� le bon num�ro ?

Mieux que �a, mes navires sont rentr�s au port.

- Bonne soir�e � ton man�ge. - A toi aussi.

Elle va rester combien de temps ?

J'en sais rien.

Elle pourrait travailler dans ton restaurant.

Tu crois que c'est une bonne id�e ?

Ils ont besoin d'une serveuse.

Oui mais elle est traqu�e. Et si elle allait ailleurs ?

O� �a ?

Loin d'ici... Au Mexique ?

Tu es folle ?

Elle ferait quoi au Mexique ?

Ils ne viendront pas. Elle est bien ici.

Ils croient qu'on est f�ch�s.

Mais c'est fini, les nuages sont loin.

Je ne veux pas voir surgir des types, j'ai un gamin.

T'inqui�te pas pour lui, tant qu'il ne se br�le pas

et qu'il ne tue personne.

C'est un gamin caract�riel.

C'est sa m�re qui l'est.

Qu'est-ce que tu insinues ?

Quand je pense que Carolina va faire serveuse.

Dieu merci, sa m�re est morte.

Il n'y a rien de mal � �tre serveuse.

Ce n'est pas non plus ce que je voulais faire.

Dis, tu veux venir p�cher vendredi soir ?

Chacun am�ne sa femme.

Je n'aime pas la p�che.

Combien de fois faut-il te le r�p�ter ?

Tu n'aimes ni la p�che, ni le bowling, ni le bateau.

Tu aimes quoi ? La radio et le cin�ma.

T'es toujours plong�e dans tes foutues revues de cin�ma.

Je suis inqui�te pour Ritchie.

Si tu veux mon avis, il va provoquer une catastrophe.

Te voil� ! Je m'en doutais.

- Pourquoi tu n'es pas � l'�cole ? - Je voulais voir ce film.

C'est le dernier jour.

Tu as manqu� trop souvent.

C'est pour �a que je t'ai mis en classe d'�t�.

Ils m'ont encore demand� si tu n'�tais pas malade.

- J'aime pas l'�cole. - Ce n'est pas la question.

Moi non plus je n'aime pas servir au restaurant.

Mais il faut bien manger et payer le loyer.

On est bien oblig�.

Je veux voir le film.

Tu as pay� avec quoi ?

J'ai pris 50 cts dans le pantalon � Humpty pendant qu'il dormait.

Tu voles ton p�re ?

C'est pas mon p�re et je le d�teste.

Je t'interdis de dire �a. Il m'a sauv� la vie.

C'est quelqu'un de bien.

- Pourquoi il te d�teste ? - Mais pas du tout.

Quand il a bu il d�teste tout le monde.

Mais il ne boit presque plus.

Je ne peux pas discuter, j'ai du travail.

Va � l'�cole, d'accord ?

Si je t'attrape encore avec des allumettes...

Voil� le probl�me, le gamin aime faire des feux.

Et pas des petits.

Il fait l'�cole buissonni�re

et allume m�me des feux sur la plage o� c'est interdit.

Que voit-il quand il contemple les flammes ?

Est-ce la puissance �ternelle de l'univers ?

La transformation de la masse en �nergie ?

Les furies � l'oeuvre ?

Quoi qu'il en soit, ce n'est gu�re appr�ci�.

C'est quoi, le conditionnel ?

Mon dieu, Ritchie, j'ai oubli�.

J'�tais peu attentive � l'�cole et c'�tait il y a longtemps.

Tu d�testais l'�cole.

Non, �a me plaisait.

Mais on �tait pauvres et j'ai d� arr�ter.

Il a fallu que je travaille.

Mais j'avais des dispostions.

J'�tais plut�t dou�e.

J'�tais une jeune actrice tr�s prometteuse.

Si tu m'avais vue dans un de ces spectacles!

Je vais te montrer ce que je portais.

- Encore ? - Quand je jouais Dulcie.

Je t'ai d�j� tout montr� mais tu ne fais jamais attention.

Je portais �a pour Dulcie, mais c'est un faux.

- Je l'ai d�j� vu. - C'est beau, non?

Je peux te montrer aussi...

Celui de la com�die musicale ?

J'avais une voix fantastique. J'aurais pu avoir le r�le principal.

Celle qui l'a eu �tait �norme.

Je chantais mieux qu'elle.

C'est l� que t'as rencontr� papa ?

Oui.

Ton vrai p�re �tait batteur.

Il jouait du jazz.

Il �tait parfait dans le rythme.

Il �tait vraiment fantastique.

Il avait les cheveux bruns

et les yeux verts.

O� est mon p�re, mon vrai p�re ?

Je te l'ai dit cent fois : parti.

Les jours de pluie sur la plage

je suis en cong�.

Personne ne se baigne par temps d'orage.

Autant vous le dire tout de suite

j'ai une liaison avec Ginny, la femme de Humpty.

Je vais tout vous raconter.

�a a commenc� au d�but de l'�t�.

Je ne connaissais ni Humpty, ni Ginny.

A la fin d'une journ�e orageuse, il s'�tait mis � pleuvoir.

Les derniers tra�nards s'en allaient.

Soudain cette femme int�ressante est venue marcher sur la gr�ve.

Le dramaturge en moi per�ut son d�sarroi.

Tout son corps disait sa fragilit� et son d�sespoir.

Mademoiselle.

Vous ne pouvez pas rester l�.

Il faut se mettre � l'abri.

Ils ont annonc� de la foudre.

Je dois faire �vacuer la plage.

J'ai �t� partout dans le monde.

J'ai d'abord �tudi� � New York.

Mais quand j'ai d�marr�, les Japs ont attaqu� Pearl Harbour.

Une fois d�mobilis� je suis retourn� � la fac.

Et je travaille pour finir ma ma�trise.

Mais je ne regrette pas ces ann�es dans la marine.

J'ai vraiment vu le monde. Vous avez voyag� ?

Pas vraiment, il n'existe pas d'endroit magique.

Savez-vous ce que j'ai vu de mieux ?

- Quoi ? - Bora Bora.

J'en ai entendu parler.

C'est vers Tahiti, l� o� Gauguin est parti peindre.

L'eau est limpide, immacul�e.

On peut y voir des poissons �clatants de couleurs.

Des rouges, des jaunes.

Les fleurs sont incroyables.

La nuit on voit des �toiles comme nulle part ailleurs.

On arrive � lire � leur simple lueur.

Que voulez-vous �crire ?

Des pi�ces sur la vie humaine.

De grandes trag�dies o� les personnages sont le jouet

d'une faiblesse fatale.

Par exemple ?

Ma faille tragique � moi, c'est d'�tre trop romantique.

Vous connaissez l'expression "coeur d'artichaut"?

On est responsable de sa propre trag�die, selon vous ?

Non, il y a la part du destin.

Mais nous d�cidons presque toujours de ce qui nous arrive.

Ce qui m'arrive est de ma faute.

C'est ce que je me suis dit en vous voyant.

Elle est jolie, mais elle porte en elle une faille tragique.

J'ai commis une erreur.

Il y a des ann�es de cela.

Je ne la referai plus.

Il faut que j'y aille.

Vous reviendrez sur la plage ?

Oui, c'est possible.

T'es all�e o� aujourd'hui ? T'es rentr�e tard.

Me promener sur la plage.

�a te ressemble pas.

J'�tais d'humeur bizarre.

Tu veux aller au Yankee Stadium dimanche voir les Red Socs ?

Je te l'ai dit d�j� cent fois, je n'aime pas le base-ball.

Tu y allais pourtant.

Je faisais juste semblant pour toi.

Tu veux venir ? J'ai un billet en plus.

J'ai envie d'aller au cin�ma.

Tu sais quoi ?

Tu vas t'ab�mer les yeux avec tous ces films.

T'es comme ta m�re.

Elle entend des conneries � la radio

elle croit que c'est vrai.

Je veux �tre honn�te avec toi, Mickey.

Je suis mari�e.

Je suis une femme mari�e.

Je veux �tre honn�te avec toi, Mickey.

Je suis une femme mari�e.

Je suis mari�e, Mickey.

C'est dr�le d'imaginer �a, tu n'as rien demand�.

�a me met dans une situation embarrassante.

�a me met dans une situation embarrassante.

Tu as vu juste.

J'ai parfois envie de tout foutre en l'air.

J'ai m�me pens� me noyer.

Mais avec un gosse, ce n'est pas une chose � faire.

Et puis, tu plongerais pour me frustrer d'une mort th��trale.

Te voil� prise au pi�ge.

Ginny est bien retourn�e sur la plage.

Elle s'�tait fait belle.

Et je connaissais un endroit au bout de la promenade.

J'ai quelque chose � te dire.

Deux choses.

Rien de ce que tu diras ne pourra ternir cette soir�e.

Je n'ai pas trente ans.

J'en ai trente-huit.

Trente-neuf.

C'est le bel �ge pour une femme. J'ai beaucoup de chance.

Je suis plus �g�e que toi.

La deuxi�me chose ?

Je suis mari�e.

C'est vrai ?

J'ai un mari et un enfant de mon premier mariage.

Tu penses qu'on a tout g�ch� ?

Non ?

Ce n'est pas la premi�re fois que je trouve belle une femme mari�e.

J'ai g�ch� ma vie

en �tant infid�le une fois.

Et voil� que je recommence.

Tu as provoqu� ta ruine en �tant infid�le ?

C'�tait quelqu'un que j'aimais.

Un batteur.

Son rythme impulsait la vie.

On s'est mari�s et on a eu un enfant.

Il m'adorait.

Et pourtant

je n'ai pas su r�sister � un jeune et beau com�dien.

Il n'avait pas le r�le principal

mais il m'embrassait tous les soirs sur sc�ne

et j'ai fini par d�sirer ses baisers.

Je me suis retrouv�e dans son lit.

Mon mari l'a d�couvert.

Et �a l'a an�anti.

Il m�ritait quelqu'un de mieux que moi.

Je lui avais bris� le coeur.

Humili�, il est parti.

Je ne lui en veux pas de m'avoir fuie aussi loin que possible.

Et quand il est parti

j'ai enfin appris ce qu'�tait l'amour.

Mais c'�tait trop tard.

Car il n'�tait plus l�.

Et j'ai commenc� � me d�truire.

Je ne pouvais plus jouer, je n'avais plus la t�te � �a.

J'oubliais mon texte, je loupais mes r�pliques.

J'ai bu.

Et j'ai perdu mon emploi.

Et Humpty, qui �tait lui aussi une �me en peine

m'a rencontr�e dans un snack

et a d�clar� que j'�tais la plus jolie.

La reine du bal.

On s'est mutuellement retap�s.

�a fait cinq ans de �a et je lui dois beaucoup.

Mais si j'ai appris par mon premier mari ce qu'�tait l'amour

j'ai appris par Humpty ce que ce n'�tait pas.

Ce n'est ni de la gratitude ni de la compagnie.

Et �a n'a rien � voir avec l'amour physique

quand on a tant � donner

et personne � qui l'offrir.

L'�t� fut donc plut�t intense.

Et pas seulement humide.

J'avais une liaison avec une ancienne com�dienne

malheureuse en m�nage et en mal d'amour.

Elle inventait des mensonges pour me retrouver.

Je ne suis jamais venue � Greenwich Village.

Ce quartier compte beaucoup pour moi.

Tous les artistes et �crivains que j'aime sont ici.

Et c'est proche de la fac.

Ce n'est qu'une chambre d'�tudiant.

C'est coquet.

C'est gentil de dire �a.

Quels magnifiques jardins !

Comment as-tu d�nich� �a ?

Je r�ve de jouer dans une pi�ce �crite par toi.

"Pour son retour triomphal � la sc�ne"

"Mademoiselle Virginia... "

Virginia Delorean, pas Ginny.

"Ce soir, le r�le de Juliette"

"sera interp�tr� par Virginia Delorean."

J'adore. C'est ton nom de jeune fille ?

Je m'appelle Westlake. Delorian est mon nom de sc�ne.

J'ai travaill� dur pour pouvoir m'offrir des cours de com�die.

Tout �a pour finir dans le r�le de serveuse

dans un restaurant de fruits de mer.

Mais c'est de la com�die, ce n'est pas moi.

Tu crois que c'est moi ?

J'ai toujours jou� la com�die et je continue.

Je ne suis pas serveuse. Je suis mieux que �a.

Je ne fais que jouer ce r�le.

Ginny.

Pardon, je dis n'importe quoi.

Promets-moi qu'on reviendra ici.

Gr�ce au retour de Carolina elle s'absenta plus facilement

car Humpty �tait trop heureux de retrouver sa fille.

Devine quel num�ro est sorti aujourd'hui.

Lequel ?

Le mien.

300 dollars.

- Pour tes cours du soir. - J'en ai trouv� justement.

Bravo. J'ai pas envie de te voir serveuse toute ta vie.

C'est toi, Humpty ?

T'as le bonjour de Frank Adatto.

Il est emb�t�, sa femme a disparu.

On la cherche.

C'est ta fille.

C'est pour �a qu'on te rend visite.

J'ai pas vu Carolina depuis des ann�es.

On n'�tait pas en bons termes.

Frank a d� vous le dire.

Je lui ai pas parl� depuis cinq ans.

Je sais rien.

J'ai perdu sa trace quand elle s'est mari�e.

Vraiment ?

Sois gentil, arr�te de bosser quand je te cause.

Vous avez essay� la Californie ?

Elle parlait d'aller vivre � San Francisco ou Los Angeles.

Je la reconna�trais m�me pas.

On pensait qu'elle aurait pu rappliquer ici.

Impossible, j'ai d�m�nag� quatre fois en cinq ans.

Vous m'avez trouv� comment ?

Frank est tr�s inquiet pour elle.

Elle n'est jamais venue ici.

Mais si je la vois je lui dirai que Frank la cherche.

Humpty, tu l'as encore frapp� ?

Je t'ai dit que si je le chopais encore � me voler...

Et moi, je te dis de ne pas le frapper.

On verra �a plus tard. Je cause avec ces messieurs.

On en reparlera.

Salut.

Ma femme, mon beau-fils.

Allez-y.

- On cherche Carolina Adatto. - J'ai d�j� r�pondu.

- La fille de Humpty. - J'ai d�j� r�pondu.

Je l'ai pas vue depuis cinq ans.

C'est vrai, il l'a reni�e.

On ne l'a jamais vue par ici. On s'en va.

C'est un pistolet ?

Il est fut�. C'est tr�s dangereux.

Vous ne la planqueriez pas par hasard ?

Pourquoi, qu'est-ce qu'elle a fait ?

Vous �tes une jolie famille.

Faudrait pas qu'il vous arrive des bricoles.

Je peux voir le pistolet ?

A plus tard, Humpty.

Rien � ajouter.

Elle n'est pas ici.

Frank savait qu'ils �taient brouill�s.

Et si elle �tait en Californie ? On la trouvera pas ici.

Moi je la trouverai.

On va bouffer des hu�tres ? Ca a l'air bon.

J'adore les hu�tres.

On aura le temps ?

Cinq heures, il nous attend � Hoboken.

Il aime pas qu'on soit en retard.

John, deux bi�res.

- Comment vous appelez-vous? - Pourquoi ?

A quelle heure vous finissez ?

Dans pas longtemps. Je vais au cours du soir.

- Au cours du soir ? - C'est �a.

- Pour faire quoi ? - Professeur d'anglais.

- A quelle heure... - Et deux bi�res.

- J'ai du travail. - Pas sympa.

C'est quand, les exams ?

L'ange de la mort avait fait cap vers l'ouest

apr�s avoir provoqu� des sueurs froides.

Il fallut plusieurs jours de soleil pour d�compresser.

Le parc offrait aux estivants sensations et hot-dogs.

Quand elle ne brisait pas les assiettes ou le coeur des clients

Carolina assistait aux cours acc�l�r�s du soir.

Et quand Humpty n'aguichait pas les clients sur son carrousel

il taquinait le carrelet et le turbot.

Ta femme n'aime plus la p�che.

Elle a toujours fait semblant d'aimer �a.

J'ai mordu � son hame�on. C'�tait moi, le poisson.

Je n'aimais pas la pluie. Maintenant je l'adore.

Parce que tu ne travailles pas.

C'est l'avantage du m�tier.

Je vois la pluie dans tes yeux et je trouve �a beau.

Tu serais folle de Bora Bora.

Les magnifiques couchers et levers de soleil...

J'irais partout avec toi.

Ta vie est morne avec Humpty. Pourquoi restes-tu avec lui ?

Moi et Ritchie ?

Je plaisante.

Servir les clients dans mon petit tablier

tirer de petits pourboires � des rustres...

Je sais, la vie � Coney Island est assez sordide.

Ne g�chons pas cette journ�e de pluie.

Parle-moi de la pi�ce de Tchekhov que tu as lue.

Parle-m'en, toi. Tu as jou� Tchekhov ?

Je ne sais plus.

Peut-�tre une fois, � Baltimore.

La com�dienne vedette en avait �t� malade.

Alors ?

Je sais qu'il a des sentiments pour moi

et que ce n'est pas juste une passade d'�t�.

Du moins je l'esp�re.

J'ai essay� de le pousser mais pas trop

pour ne pas lui montrer mon exasp�ration.

�a progresse, mais c'est poussif.

Si � la fin de l'�t� je ne suis pas plus avanc�e

je ne sais pas ce que je ferai.

Tu survivras, comme tout le monde.

Non, je n'en ai pas la force.

Je ne survivrai pas, sauf pour Humpty.

Je deviens claustrophobe. J'ai des migraines.

Il faut �tre r�aliste pour savoir essuyer les revers.

Un jardin chinois � New York n'a rien de r�aliste

et c'est pourtant l� que je veux �tre avec lui.

Comment va Ritchie ?

Ritchie ?

J'ignore ce qu'il a dans la t�te.

J'adore ta coiffure. �a te donne dix ans de moins.

Tu crois ?

J'aimerais avoir tes cheveux.

Sous la pluie, les miens me tuent.

Bonjour.

Je te pr�sente Mickey.

C'est le ma�tre-nageur en poste sur Bay 7.

La fille de mon mari, Carolina.

Je vais parfois me baigner � Bay 7.

C'est vrai ?

Il faut qu'on y aille.

Ne vous noyez pas � Bay 7, sinon ils me virent.

Allez, on y va.

- Enchant�e. - Moi aussi.

Mignonne.

Tu aimes mes cheveux ?

Oui, c'est tr�s joli.

J'ai vu ta fille hier soir. Elle �tait avec un bidasse.

Colle un uniforme � un gars, tu les rendras folles.

Je l'ai vue aussi avec un marin. Elle est tr�s patriotique.

Elle est jolie, t'as des soucis � te faire.

Sa m�re �tait jolie. Une vraie sainte.

Ma fille a un QI �lev�. Sa m�re �tait � la hauteur.

Moi je ne lui arrive pas � la cheville.

Elle a �t� mari�e, elle peut se d�brouiller sans toi.

Une femme divorc�e se fait forc�ment draguer.

Elle va au cours du soir. Elle sera professeur d'anglais.

Sauf si un militaire la met en cloque.

Mes professeurs d'anglais ne lui ressemblaient pas.

Parce que t'as �t� � l'�cole, pauvre cr�tin ?

J'ai �t� form� � la dure.

Bonjour.

- Vous me reconnaissez ? - Bien s�r.

On s'est rencontr�s devant le cin�ma.

Oui, avec Ginny.

Vous disiez que vous veniez � Bay 7.

C'est �a.

J'�tais venue me faire bronzer mais �a s'est couvert.

Ciel d'orage.

C'est quoi ?

Hamlet et Oedipe, de Ernest Jones.

�a a l'air s�rieux.

Pas tant que �a, quand on conna�t l'histoire.

- Quelle histoire ? - Celle d'Hamlet, bien s�r.

Je n'ai pas lu Hamlet depuis le lyc�e.

- Vous avez d� voir la pi�ce ? - Une fois, mais sans plus.

J'aime le th��tre mais je n'ai pas vu beaucoup de pi�ces.

L'ignorance n'est pas un p�ch�.

Les al�as de la vie nous font passer � c�t� de certaines choses.

- Vous avez fini vos �tudes ? - Non, j'ai d� m'arr�ter.

Moi aussi. L'oncle Sam.

Et vous, c'est quoi ?

Je me suis mari�e trop vite. Mais c'est fini.

Le mariage est une �tape importante... Effrayant !

Que fait votre mari ?

Vous n'avez pas peur que quelqu'un se noie ?

�a n'arrive jamais ici. Mais vous avez raison.

J'ai presque fini ce livre. Je peux vous le pr�ter.

Et quand vous l'aurez lu, nous en discuterons.

Volontiers.

Devine qui j'ai vu hier. Le ma�tre-nageur, Mickey.

Ah bon ?

J'allais partir quand il m'a dit bonjour.

Il �tait en train de bouquiner. Il est descendu bavarder.

Il est sympa.

Il est �tudiant, il veut �crire des pi�ces.

Ca doit t'int�resser, toi qui as �t� com�dienne.

Il avait un livre sur Hamlet, une �tude psychologique.

Il m'en a parl� comme si je n'�tais pas une gourde.

Il est gentil.

Vous avez parl� longtemps ?

Cinq minutes.

J'avais rendez-vous avec un gars du cours.

On est all�s au cin�, mais je ne pense pas le revoir.

C'est tout ce que vous vous �tes dit avec Mickey ?

En fait, je lui trouve beaucoup de charme.

Vraiment ?

Je peux me tromper mais je crois que je lui plais aussi.

Il m'a pr�t� son livre pour qu'on en parle apr�s.

Ce turbot �tait un r�gal.

Rien de tel qu'un poisson qu'on a p�ch� soi-m�me.

Y a pas que l'argent, y a aussi le fumet.

Carolina.

Carnie Ryan et Leo te trouvent ravissante.

Ils m'ont chambr� sur ce militaire avec qui t'as �t�.

Rusty Ford ? C'est un h�ros. Il s'est battu � Okinawa.

Je suis quoi ici, la bonniche ?

Tu pourrais au moins d�barrasser ton assiette.

Pardon, mais tu refuses toujours que je le fasse.

Parce que tu casses trop de vaisselle.

Mais tu pourrais m'aider en faisant attention.

Bien s�r, avec plaisir.

Je me faisais juste les ongles. Je vais faire la vaisselle.

- Tiens, je te c�de la place ! - Elle se faisait les ongles.

Avec un mari enrichi dans le crime

t'as pas d� souvent faire la vaisselle.

Je vais la faire.

Donne-moi �a.

C'est mon r�le de serveuse.

Elle a sa crise.

Non, c'est moi, j'aurais d� lui proposer plus souvent de l'aider.

Entre mon travail et les cours, je n'y pense pas.

Contente-toi de rentrer � l'heure.

Tu es s�re que �a allait ?

Oui, pourquoi ?

Tu avais l'air distraite.

Carolina m'a dit que tu l'as abord�e sur la plage.

Abord�e ? Elle a failli recevoir mon bouquin sur la t�te.

Elle dit que tu le lui as pr�t�.

Oui, �a l'int�ressait.

Au lieu de lire, tu devrais surveiller la plage.

- Tu lui as parl� de quoi ? - De rien, du livre, de Hamlet.

Elle a quitt� l'�cole pour se marier.

Avec un gangster.

Vraiment ? C'est int�ressant.

Int�ressant ? Ils sont � ses trousses pour la tuer.

Sois prudent, c'est un vrai danger.

Je pr�f�rerais qu'elle d�m�nage.

Elle n'a jamais parl� de �a.

Elle ne risque pas de se vanter d'avoir foutu sa vie en l'air.

Ils veulent la tuer ? Tu dois exag�rer.

C'est une longue histoire. Le fait est qu'elle parle trop.

C'est horrible.

Elle est jeune et jolie. Elle devrait �tre en lieu s�r.

L'autre jour tu ne la trouvais pas si jolie que �a.

Je ne l'avais pas bien regard�e.

Mais sur la plage elle �tait en maillot de bain ?

Je ne sais plus trop.

Tu ne sais plus trop quoi r�pondre.

- De quoi parles-tu ? - Tu le sais bien.

- Qu'est-ce qui te prend ? - Elle n'est pas pour toi.

Elle est venue se planquer. Sa vie est un chaos.

Je n'ai fait que bavarder avec elle.

J'esp�re que tu ne lui as rien dit sur nous.

Elle le r�p�terait � son p�re, elle est bavarde.

Je ne suis pas idiot. Arr�tons avec �a.

J'ai r�v� de toi cette nuit.

Tu dis �a pour me flatter.

Je te portais secours.

Me porter secours ?

Que faire ? Je ne pouvais d�voiler mes vrais sentiments � Ginny.

J'�tais tomb� sous le charme de Carolina.

Un �norme coup de coeur.

Notre conversation m'avait fortement intrigu�.

J'�tais litt�ralement subjugu�.

Je d�sirais la revoir mais ne pouvais l'avouer � Ginny.

Je ne voulais pas la blesser ni g�cher notre aventure.

Ginny est une femme �motive.

Et puis comment expliquer les choses � Carolina ?

"J'ai une liaison avec ta m�re, elle trompe ton p�re avec moi."

Il valait mieux oublier Carolina, un beau r�ve, mais un r�ve.

Mais tel l'anank� grec, la fatalit� dicte notre destin.

D'abord, mon livre manque de lui tomber sur la t�te.

Voyez maintenant ce qui se passe.

Carolina !

Montez.

- J'allais prendre la sauc�e. - Je vous offre un caf�.

J'ai peur d'arriver en retard.

Je vais vous rapprocher le plus possible.

Je voyais ce qui se passait mais je fermais les yeux

car mon mari avait un million de femmes � ses pieds

et qu'il m'avait choisie, moi.

Ce n'�tait que bijoux, fourrures, Floride, champ de course, le Copa

les casinos et Cuba.

Quelle vie tr�pidante !

�a a �t� fantastique, mais �a n'a pas dur�.

Il y a eu pas mal de disputes et puis aussi des coups.

Des disputes � propos de quoi ?

N'importe quoi.

�a a l'air exaltant, mais c'est artificiel.

Je voulais une famille et la paix.

Finalement tout s'est effondr� et on s'est s�par�s.

Mais le FBI m'a attrap�e.

J'�tais impliqu�e, j'ai eu peur et j'ai parl�.

Parce que je sais des choses.

Ils me ha�ssent parce qu'ils ont peur.

Je sais o� ils ont enterr� les cadavres.

Quelle vie de pantouflard que la mienne !

Je n'ai qu'une culture livresque mais vous, vous avez v�cu.

Vous avez connu le monde.

Mais vous avez connu le milieu.

Vous pensez devoir toujours vous cacher ?

On doit bien mourir un jour, n'en faisons pas une obsession.

Vous parlez � un ma�tre-nageur.

Tout s'arrange quand m�me avec le temps.

Je suis pay� pour secourir les gens.

Vous seriez en s�curit� � Venise ou Bora Bora.

C'est l� que je veux aller.

Je vais �tre en retard.

Je suis flatt�e que vous vous soyez confi�e � moi.

Vous avez un gentil visage.

Vous avez un beau visage.

Surtout quand il est �clair� par la pluie.

Merci pour la course.

J'esp�re que je ne vous ai pas mise en retard.

Non, �a ira.

Ravie d'avoir fait le chemin avec vous.

Au revoir.

Tu es en retard.

D�sol�e, j'ai �t� surprise par l'orage.

Je t'expliquerai plus tard. J'ai besoin d'un conseil.

Je ne peux pas tout me taper toute seule.

J'ai des migraines, je te l'ai d�j� dit.

C'est � cause du temps.

T�che d'arriver � l'heure.

Je n'ai pas envie de toujours te couvrir.

Je suis d'habitude � l'heure.

�a ne suffit pas, il faut de la discipline.

Une chance que Tiny soit absente.

Je pourrais te parler quand �a ira mieux ?

De quoi ?

Te demander conseil, si tu �tais moins stress�e.

Commence par arr�ter de faire �a avec les doigts.

Je suis �nerv�e.

Ma t�te me lance, j'ai d� me taper six tables.

Je me suis farci deux grosses clientes qui m'ont �reint�e.

Je suis navr�e d'�tre en retard.

En sortant des magasins j'ai eu la pluie.

Je te rappelle que c'est un jour particulier.

Je voulais un paquet cadeau.

Ne me dis pas que tu m'as fait un cadeau.

Quarante ans, �a se marque d'une pierre blanche.

D'une pierre tombale !

Tu ne l'auras que ce soir.

Vous pouvez nous servir ?

Euh, oui.

Bonjour.

Dire que c'est mon anniversaire et qu'on n'est pas ensemble.

Je sais que Humpty a pr�vu quelque chose.

Je ne d�sire pas de cadeau

mais je n'aurais pas refus� un d�ner aux chandelles.

Le tien aussi, c'est bient�t.

J'adore les Lion.

Les Lion sont chaleureux, g�n�reux, protecteurs, beaux.

Mon dieu, je ne suis pas belle ce soir.

J'ai toujours cette migraine.

Il faut que j'y aille.

Je t'aime, Mickey.

Oui, moi aussi.

Il faut que j'y aille.

Nous te souhaitons un joyeux anniversaire.

Et ne sois pas triste d'avoir 40 ans.

Accroche-toi, car les 50 ans arrivent tr�s vite

et tu regretteras tes 40.

Passe-le moi.

Un magn�tophone. Quel appareil formidable !

J'ai pens� lui faire plaisir pour son anniversaire.

Un magn�tophone comme �a, c'est pas donn�.

- Il a �t� vol�. - Comment �a, vol� ?

Je l'ai achet� sur la promenade � un pauvre type.

Le genre de type

qui vous refourgue n'importe quoi pour boire.

Il a bien raison.

Je l'ai pay� trois dollars.

J'avais pas de quoi m'en payer un neuf.

C'est une bonne affaire.

�a te pla�t, hein, Ginny ?

S�r.

J'aimerais bien en avoir un.

C'est quoi cet anniversaire o� on ne boit rien ?

Tais-toi, Ryan.

- Tu ne connais pas les paroles. - Bien s�r que si.

C'est pas l'heure de partir ?

Venez sur le bateau samedi. On va p�cher le fl�tan.

- Bah ! elle n'aime pas la p�che. - Elle peut y aller pour bronzer.

Elle ne veut rien faire. Mais restez, ne partez pas.

�a la met en joie quand on chante �a.

�a va aller ?

Ma t�te est en train d'�clater.

Je suis contente que le foulard te plaise, il te va bien.

Merci.

Bon dieu ! quand est-ce qu'ils s'en vont ?

Mon sixi�me cachet d'aspirine.

Qu'est-ce que tu voulais me demander ?

�a peut attendre. C'est au sujet de Mickey.

Le ma�tre-nageur ?

�a peut attendre.

Non, vas-y. Tu voulais dire quoi ?

Je l'ai rencontr� aujourd'hui, il m'a emmen�e en voiture.

Il a fait �a ?

Sans lui je prenais la sauc�e.

Il... passait par hasard ?

�a nous a donn� l'occasion de bavarder.

Je crois qu'il s'est pass� quelque chose.

Comment �a ?

Il s'est montr� charmant et enj�leur.

Et �a lui plaisait de m'�couter.

Il faut dire qu'il �tait tr�s s�duisant.

Vous faites quoi l� ?

Pourquoi vous ne venez pas ?

Tu connais la chanson "Giboul�es de mars"?

On �tait en train de discuter.

Ch�rie, je ne t'ai m�me pas embrass�e pour ton anniversaire.

Tu es aussi jolie qu'� notre premier rendez-vous.

Je suis un homme chanceux.

Allez, venez nous rejoindre.

On arrive.

Pourquoi dis-tu qu'il aimait t'�couter ? Qu'a-t-il dit ?

Il m'a carr�ment fait du charme.

� ce point ?

On �tait dans la voiture, sous la pluie.

Comme dans les films d'amour.

Qu'a-t-il fait ? Il t'a pris la main?

Non, on n'a fait que bavarder.

Je lui ai parl� de Frank et de mon mariage.

Il a trouv� �a dramatique.

Tu t'es confi�e � un type que tu connais � peine ?

Je sais.

Mais �a me venait tout seul.

C'est dr�le.

Je me sens � l'aise avec lui, comme la premi�re fois.

Il a eu des gestes d�plac�s ? Il t'a pris la main ?

Il a dit que j'avais un beau visage, �clair� par la pluie.

C'est joli, "�clair� par la pluie".

C'est un po�te.

Est-ce qu'il t'a pris la main ?

Bon dieu, qu'a-t-il fait ? Il t'a touch�e ?

Il t'a embrass�e ?

Pourquoi t'excites-tu?

J'ai les nerfs en pelote.

Entre toi et eux et puis mes maux de t�te.

�a pouvait attendre.

Non, continue.

Il ne m'a pas touch�e.

Je t'en parle parce que je voudrais savoir

si je ne me fais pas d'illusions.

J'aimerais que tu m'aides parce que tu le connais.

Comment est-il ?

C'est un beau parleur.

Si tu veux mon conseil, fais attention.

Il raconte des mensonges, c'est un baratineur.

C'est vrai ?

Il ne t'a rien fait ? Il ne t'a pas embrass�e ?

- � moins que tu me le caches ? - Pourquoi je ferais �a ?

Alors, n'en parlons plus.

Je sais qu'il a une petite amie qu'il aime.

Il aurait m�me l'intention de l'�pouser.

Je te conseille de l'�viter.

C'est triste.

Il te fera du mal. C'est ce que tu veux ?

Tu es s�re ?

Les hommes ne sont pas dignes de confiance.

Ce n'est pas � moi de le dire, moi qui ai trahi mon mari

et l'ai d�truit.

Il s'est peut-�tre suicid� dans une chambre d'h�tel � Philadelphie.

Je ne veux pas le savoir, il a pris plein de somnif�res.

Tout �a � cause de moi !

Bon dieu, quand est-ce qu'ils vont partir ?

Calme-toi, ils s'en vont.

Je le connais.

Je le connais assez pour savoir que tu n'es pas son genre.

Et il est d�j� pris.

Il n'est pas libre.

D'accord.

C'est pourquoi je te posais la question.

Richie, viens dire au revoir.

Au revoir, ma ch�rie.

Ginny !

Bon anniversaire !

On t'attend ce weekend sur le bateau.

Je ne voulais pas t'ennuyer avec tout �a.

Pourquoi tu ne vas pas te reposer ?

Ce n'est pas parce que tu es jeune et jolie

et que tu fais tourner les t�tes

que chaque homme est juste bon � prendre et � jeter.

Pourquoi dis-tu �a ? Qu'est-ce que j'ai fait ?

C'est la v�rit�, non ?

Voitures avec chauffeur, l'hiver � Palm Beach...

Tu veux rire ou quoi ?

Quoi ?

Je suis sa m�re.

O� �a ?

Aujourd'hui ?

Personne n'a �t� bless� ?

Personne n'a �t� br�l� ?

Non.

Non, je travaillais.

Non, n'appelez pas la police.

Je serai l�.

� neuf heures et demie.

Merci.

Range ce foutu appareil !

- Qu'est-ce que j'ai fait ? - Tu le sais tr�s bien !

Tu as d�clench� un incendie dans le sous-sol d'un immeuble.

Mais qu'est-ce que tu fichais dans ce sous-sol ?

Ecoute-moi !

Ils ont failli appeler la police. Ton directeur nous attend demain.

�a ne tourne pas rond chez toi ?

Tu veux tuer quelqu'un ? Tu veux mourir br�l� ?

Mon dieu, j'�touffe ici. Tout part en miettes.

Qu'est-ce qui se passe ?

Ce qui se passe, c'est qu'il va finir par tuer quelqu'un.

T'as recommenc� ?

C'est quoi cette manie de faire des feux ?

Tu as perdu la raison ?

Si je te chope encore avec des allumettes, je t'�clate la t�te.

Et je te ferai passer l'envie de voler.

On est trop serr�s ici. Et cette bonne � rien, l� !

Tu l'as g�t�e, son mari l'a choy�e.

Elle est nulle au travail.

Qu'elle aille se planquer au Mexique!

Elle a raison, je m'en vais.

Non, tu ne pars pas.

Tu vas aller o� ?

C'est la faillite partout. On est dans la d�che.

Non, tu vas continuer � suivre tes cours.

Tu t'en iras quand tu pourras repartir du bon pied.

Elle n'aime pas servir et elle le fait mal.

�a va.

C'est de celui-l� qu'il faut s'occuper. Tu sais quoi ?

Je vais te flanquer une correction que tu seras pas pr�s d'oublier.

Essaie seulement !

C'est lui l'incendiaire. Je n'y suis pour rien.

Qu'elle parte travailler ailleurs !

Qu'elle se mette en colocation avec une autre fille !

Comment �a ?

Elle suit des cours pour assurer son avenir.

Elle essaie d'arriver � quelque chose.

Elle ne va pas faire serveuse toute sa vie.

Elle vaut mieux que �a.

Tu es trop apr�s elle.

Ch�rie, cette fille a de la classe. D'accord, elle a commis une faute.

J'ai jur� de ne plus la revoir, mais je ne suis pas rancunier.

Oui, mais moi ?

Je ne veux pas non plus �tre serveuse.

Je ne suis pas bonne qu'� �cailler des hu�tres.

Tu t'emballes, ma ch�rie.

� chaque anniversaire, au lieu de t'amuser, tu fais la gueule.

Je boirais bien un coup.

Mais c'est impossible avec toi, tu as le vin mauvais.

Va te coucher !

Merde � la fin !

C'est bon, tu peux y aller.

Jeudi prochain, � la m�me heure ?

Je travaille, je vous appellerai.

Il viendra peut-�tre seul.

�a ira.

Merci.

- Elle t'a plu ? - Elle �tait bien.

Qu'a-t-elle dit ?

Rien.

- Elle t'a bien dit quelque chose. - Elle m'a pos� des questions.

- Quoi par exemple ? - Je sais pas.

- Sur quoi ? - Je sais plus.

Sur mon p�re, sur toi et Humpty.

Et qu'as-tu dit ?

Je sais plus.

Tu lui as dit que je t'aimais ?

Que je t'ai d�traqu� en trompant ton p�re ?

Elle en pense quoi ?

Elle doit avoir une pi�tre opinion de moi.

J'ai dit que mon vrai p�re est parti par ta faute.

O� vas-tu chercher �a ?

C'est toi qui dis �a tout le temps.

J'ai dit que tu pleures et que tu entends jouer de la batterie.

Humpty.

Il doit aller chez le docteur une fois par semaine.

C'est dix dollars la s�ance.

C'est pas � moi qu'il faut dire �a.

Ni � moi.

Tu as de l'argent de c�t�.

- De l'argent ? - Oui, beaucoup.

Tu as touch� ta tombola et tu �pargnes pour Carolina

en rognant sur ta paie.

Il y a aussi la voiture que tu as vendue.

C'est pour ses cours du soir.

- Elle a son salaire. - Des clopinettes, oui.

Il y a aussi ta bo�te en fer. Je dois payer le psychiatre.

Je crois pas � leurs conneries.

T'as qu'� �tre plus s�v�re. Je te l'ai d�j� dit.

Il me faut de l'argent.

Il a besoin d'aide.

Et ma fille ?

Je ne vais pas sacrifier son avenir � un toubib bidon.

C'est une arnaque pas possible.

C'est quoi ces cigarettes ?

Oui bon, je fume.

Ginny, allez.

Le parc bat de l'aile. �a ne rapporte plus.

Ch�rie, c'est pas que je te reproche tes sautes d'humeurs.

Mais...

Je te comprends pas.

Tu es contente une minute

et puis tu piques ta crise.

Tu t'en prends sans raison � Carolina.

Elle t'aime bien.

Regarde-moi, elle t'aime bien.

Allez.

Qu'est-ce qui nous arrive ?

On devrait se parler plus souvent.

On devrait aller p�cher ensemble.

Le probl�me, c'est que tu te fais bouffer par Carolina.

Tu �conomises pour elle, tu vas p�cher avec elle

tu te f�ches si elle a un copain.

Reconnais-le, tu la traites comme ta petite amie.

Tu seras foutu quand elle te larguera de nouveau.

Car elle te larguera, elle partira.

Tu veux que je dise ?

Je ne veux plus discuter avec toi.

Tu tournes en rond dans ta t�te.

Et tu deviens insultante.

Tu sais que j'aime venir ici.

Tiens, ton cadeau.

Bon anniversaire.

C'est un livre, bien s�r.

Ouvre-le.

Le th��tre de Eugene O'Neill. �a va te plaire, c'est noir.

Et il ma�trisait son propos, la nature humaine, l'existence.

- J'ai jou� dans une de ses pi�ces. - Laquelle ? Je les connais toutes.

Le Marchand de glace est pass�, pendant un �t�.

Je faisais une prostitu�e.

Quelle puissance !

Ecrire une pi�ce sur la trag�die de la condition humaine.

Sur les mensonges que nous nous faisons pour rester en vie.

Bon anniversaire pour tes 40 ans.

Carolina dit que tu l'as dragu�e.

Dragu�e ?

Je l'ai emmen�e en voiture sous la pluie.

Inutile de mentir.

D'apr�s elle, tu t'es gar� et vous avez parl� longuement.

Vous avez badin�.

Elle a vraiment cru que je la draguais ?

Fichtre ! J'�tais simplement fascin� par son histoire.

Elle a v�cu une vie enti�re en 26 ann�es.

Tu lui as fait des avances ?

Des avances ? Mais non. Je l'ai emmen�e en voiture.

Tu lui as dit qu'elle avait un beau visage sous la pluie ?

Je ne m'en souviens pas.

Mais ce n'est qu'un compliment.

Tu sais qu'il y a un contrat sur elle.

Elle me l'a racont�, c'est effrayant.

Tu as encore envie de la revoir ?

Pourquoi me demandes-tu �a ?

C'est ce qu'elle a cru comprendre.

On est cens� f�ter ton anniversaire

et on bascule dans le troisi�me degr�.

Tu ne vois pas que je suis jalouse ?

Tu n'as aucune raison de l'�tre.

J'esp�rais que nous aurions un avenir ensemble.

Oui, je sais.

Je te l'ai dit, nous en parlerons le moment venu.

Si tu lui dis qu'elle a un beau visage, que doit-elle penser ?

Que dois-je penser, moi ?

On �tait dans la voiture un jour de pluie.

Cette lumi�re aurait �t� douce avec n'importe quelle femme.

Cette conversation prend une dr�le de tournure.

Je suis rong�e par la jalousie.

Reprenons cette journ�e � z�ro.

J'esp�re que mon cadeau te pla�t.

O'Neill �tait grand.

Grand et terrifiant.

Bien s�r, je me sentais tr�s mal.

J'avais besoin d'en parler avec plus avis� que moi.

J'ai appel� mon ami Jake Jacoby

qui fait son doctorat au d�partement de philosophie.

�a n'a pas de sens parce que tu n'es pas dans le signifiant

mais dans le sentiment.

Le sentiment, mon cher, est une autre paire de manches.

Cette affaire est totalement irrationnelle.

Je vois cette femme mari�e depuis le d�but de l'�t�.

Et elle se voit quitter son mari pour partir avec moi.

Divorcer pour se marier avec moi est son voeu le plus cher.

Tant�t je m'y vois, tant�t non.

Elle est plus �g�e que moi et �a me pla�t.

�a correspond un peu au c�t� romantique d'une vie d'�crivain.

Mais elle est plus que �a.

Alors pourquoi suis-je h�sitant ?

Je doute et suis pourtant pr�t � faire ma vie avec elle

et lui porter secours.

Peut-on se fier � cette Carolina ?

Elle a tout de m�me �t� avec des gangsters

par simple besoin de sensations fortes.

En a-t-elle tir� une le�on ?

L'autre ne serait-elle pas un choix plus s�r ?

Quand je t'entends le dire, je me dis que oui.

Ginny compte sur moi, elle se noie.

Et elle te vouera une reconnaissante �ternelle.

Apr�s tout, un amour comme celui qu'elle te porte

est un don tr�s pr�cieux pour un homme.

Comme tout devient limpide gr�ce � un regard ext�rieur !

Une brume s'�tait dissip�e et mon choix devint �vident.

Carolina n'�tait qu'un doux r�ve �veill�

tandis que Ginny, quoi qu'on en pense, appartenait au r�el.

Mes plans pour s�duire Carolina me parurent absurdes.

Je d�cidai de tirer un trait d�finitif sur ce r�ve fou.

Mais comme dit Jake, le coeur a ses hi�roglyphes.

Sans doute a-t-il raison.

Bonjour !

Je voulais vous dire un truc.

Oui ?

J'ai pens� � vous hier, vous qui aimez les pizzas.

Quelqu'un m'a emmen�e dans une excellente pizzeria � Brooklyn.

J'ai pens� que �a vous plairait.

Votre petit ami ?

C'est le Capri, � quelques rues de la promenade.

Je vous y emm�ne ?

Je suis tr�s prise en semaine par mes cours.

Vendredi soir ?

Vendredi, �a ira.

Ce n'est pas mon petit ami.

Bonjour, madame.

- Vous l'avez toujours ? - Mais oui.

J'ai la somme.

Vous pourrez le graver ?

Bien s�r, que voulez-vous mettre ?

Je suis contente qu'on ait pu s'�chapper quelques minutes.

Personne ne nous verra ici, c'est tr�s priv�.

Je voulais te parler.

Non, moi d'abord.

N'aie pas peur, c'est une bonne nouvelle.

Quoi ?

Je t'ai manqu� ?

Tu �tais accapar�e par ton fils.

Je ne te demande pas �a. Est-ce que je t'ai manqu� ?

Pourquoi es-tu toujours �vasif ? Tu ne veux jamais parler de rien.

Bon, reprenons calmement.

La semaine derni�re, c'�tait mon anniversaire.

Aujourd'hui, c'est le tien.

Comment le sais-tu ?

C'est toi que me l'as dit.

Souviens-toi, on est Lion.

Ca ne date pas d'hier. Quelle m�moire !

- Qu'est-ce que c'est ? - Je t'ai fait un cadeau.

Tiens.

Mon dieu !

Tu ne peux pas faire �a.

- Pourquoi ? - Ce n'est pas bien.

- Tu m'as bien offert un cadeau. - Oui, mais ce n'�tait qu'un livre.

Je ne peux pas l'accepter. C'est beaucoup trop cher.

- Comment le sais-tu ? - Je me suis inform�.

J'�tais avec toi.

Cette montre vaut 500 dollars.

- Mais tu la voulais. - Oui, mais c'est de la folie.

- C'est au-dessus de tes moyens. - �a me regarde.

N�anmoins, c'est de la folie, surtout que...

Surtout quoi ?

C'est une montre de luxe. Tu n'aurais pas d�.

Pourquoi ? Tu as peur que �a t'engage ?

Mon dieu, tu l'as fait graver.

Lis.

Ecoute.

Il faut qu'on se parle.

Je pensais te faire plaisir.

C'est beaucoup trop, je ne peux pas l'accepter.

Arr�te avec �a !

Tu ne peux pas m'offrir une montre de 500 dollars.

Mais pourquoi ?

Tu dis toujours qu'on a pass� ensemble un �t� formidable.

Vu les circonstances, ce n'est pas bien.

Quelles circonstances ? R�ponds-moi.

Le fait que tu prennes la chose au s�rieux

et que je ne sois pas pr�t.

Il s'est pass� quelque chose.

Tout allait si bien. Quelque chose a d�rap�.

Je ne veux pas te d�cevoir.

Tu disais que tu m'aimais.

Tu mentais ?

Ce n'est pas faute d'avoir essay�.

Esssay� ? Tu prends �a comme un devoir d'�colier.

Ce que je ressens pour toi est sinc�re.

C'est Carolina ?

Voyons, je la connais � peine.

Mais tu veux mieux la conna�tre. Et il faudrait que j'attende ?

Non, je n'ai pas dit �a. Tu t'�gares.

Tu n'en veux pas ?

Eh bien, n'en parlons plus !

Mais qu'est-ce que tu fais ?

- Tu es folle ? - Ne me parle plus !

Petite ordure, rends-moi mon argent ou je te tue.

Qu'est-ce qui se passe ?

C'est pas moi !

Je sais que c'est toi, sale petit voleur !

Il a pris 400 dollars dans ma bo�te.

C'est pas moi !

400 dollars, c'est grave. C'est criminel.

Mais je te les ferai cracher.

Ce n'est pas lui.

Viens pas me dire �a. Tu prends toujours sa d�fense.

C'est pour �a qu'il est comme �a.

- Rends-moi cet argent. - C'est moi.

- Me raconte pas d'histoires. - Ce n'est pas lui, c'est moi.

C'est toi ?

J'en avais besoin pour payer son psychiatre.

Quoi ?

Oui, �a co�te cher et il doit y retourner r�guli�rement.

Je ne voulais pas t'en parler.

T'as pay� le psychiatre avec mes �conomies ?

Il a besoin d'aide.

Cet argent, c'�tait pour les cours de Carolina.

Eh bien, elle se passera de certains r�ves.

Son psychiatre m'a appel�.

Il aurait mis le feu dans la salle d'attente.

Richie, c'est vrai ?

Je veux pas y retourner.

Alors comme �a, tu voles. Quel bel exemple !

C'est vraiment pas le moment !

Je suis en retard.

J'en ai marre d'�tre serveuse et de taper dans mon salaire

pour te permettre d'�conomiser pour Carolina.

Bon dieu ! ma t�te me lance.

Alors, prends une aspirine.

Je ne veux pas d'aspirine. Je veux un scotch.

Prends une aspirine !

C'est donc l� qu'il �tait. Je savais que tu le planquais.

Quand j'en demande, tu refuses. Mais quand c'est toi...

Tu n'y as pas droit.

Je savais qu'il y avait une bouteille.

Je vais �tre en retard. Quelle �tourdie !

J'ai oubli� mon portefeuille.

J'ai rendez-vous avec Mickey dans une pizzeria.

C'est son anniversaire et c'est moi qui r�gale.

Tu sors avec Mickey ?

Ne fais pas cette t�te, c'est toi qui me l'a pr�sent�.

S'il me brise le coeur, ce sera de ta faute.

Je sais, tu m'as mise en garde contre lui.

Mais je crois qu'il m'appr�cie sinc�rement.

Il n'y a encore rien eu entre nous

mais j'ai bon espoir pour ce soir.

Je me sauve.

Ne rentre pas tard.

Qu'est-ce tu fais ?

Je bois !

�a ne se voit pas ?

Tiny.

- C'�tait qui ces deux-l� ? - Ils cherchent Carolina.

Comment savent-ils qu'elle travaille ici ?

Vous leur avez dit quoi ? Rien, j'esp�re.

J'ai dit qu'elle est all�e d�ner avec un gars au Capri Pizzeria.

- Vous n'avez pas fait �a ! - Pourquoi, fallait pas ?

Il faut que j'appelle avant qu'ils y arrivent.

Le Capri, le restaurant italien ?

- Le t�l�phone est en panne. - Comment �a, en panne ?

- Mon dieu, un t�l�phone, vite ! - Vous voulez une pi�ce ?

J'ai un appel urgent � passer.

D'accord.

Je te rappelle.

Je dois raccrocher � cause d'un appel d'urgence.

Je te rappelle.

Je voudrais le num�ro d'un restaurant de Beach Walk.

Le Capri Pizzeria.

Capri... John � l'appareil.

Je voudrais parler � une cliente.

Elle a... les cheveux blonds...

C'est la meilleure pizza que vous ayez jamais go�t�e.

Et c'est gr�ce � moi.

J'ai quelque chose � vous dire.

Dommage que �a fasse grossir. Vous n'avez pas ce souci.

Plusieurs choses � vous dire.

D'abord, je suis amoureux de vous.

Vous me jugerez stupide mais je crois au coup de foudre.

Peut-�tre est-ce par manie d'�crivain de tout romancer

mais vous avez �veill� une r�sonance en moi

d�s que je vous ai vue.

Je ne sais pas quoi dire.

Ne dites rien.

D'ailleurs, je ne vous le demande pas.

Mais je voulais que vous le sachiez.

�a me fait plaisir.

� pr�sent je vais vous dire quelque chose

qui risque de vous secouer et de ne pas vous enchanter du tout.

Mais je veux �tre honn�te.

Vous m'angoissez.

J'ai une liaison avec Ginny.

Elle est malheureuse en m�nage avec votre p�re.

Nous avons fait connaissance sur la plage.

Je lui trouve beaucoup de charme.

J'ai m�me tent� de me convaincre que je l'aimais.

Mais je ne l'aime pas.

Elle cherche quelqu'un qui pourra la sortir de l�

mais je n'en suis pas capable.

Aussi, vais-je rompre avec elle.

Mais je voulais quand m�me vous en informer.

Mon p�re en mourra.

Il d�pend tellement d'elle.

C'est affreux pour Ginny.

Mon dieu !

Je lui ai dit que nous d�nions ensemble

et que j'esp�rais que vous me feriez une d�claration.

Et je vous l'ai faite.

J'ignore comment il faut prendre tout �a.

Je comprends.

On est pass� d'un drame � l'autre.

On peut avoir l'addition ?

- J'y vais. - Non, non.

C'est moi qui offre.

Je me suis gar� au coin de la rue.

- Je pr�f�re marcher. - Je vous accompagne.

Non, j'ai besoin de r�fl�chir.

D'accord.

Je comprends. Je vous rappelle plus tard.

Pardon si je vous ai troubl�e.

�a fait beaucoup d'un seul coup.

C'est bon de savoir que vous m'aimez.

Oui ?

Vous �tes sorti avec ma fille hier soir ?

Vous �tes le p�re de Carolina.

Je suis Mickey Rubin, enchant�.

O� est-elle ?

Elle n'est pas � son travail ?

Non, elle n'y est pas. J'ai d�j� appel�.

Elle n'est pas rentr�e hier soir ?

Elle n'est pas rest�e avec vous ?

Non, elle est rentr�e.

Dites-moi la v�rit�. Je me fais du mauvais sang.

On est all�s au Capri puis on est repartis.

Tout s'est bien pass�.

Je lui ai propos� de la ramener mais elle pr�f�rait marcher.

Je lui ai dit que je l'aimais beaucoup.

Elle avait besoin de r�fl�chir. Qu'allez-vous imaginer ?

Elle n'a pas dormi chez vous ?

Non, on s'est quitt�s apr�s d�ner. J'ai promis de la rappeler.

Je vais appeler la police, ils viendront perquisitionner.

Je vous r�p�te qu'elle n'�tait pas chez moi.

J'habite � Greenwich Village, ils n'ont qu'� venir.

Elle est partie dans quelle direction ?

Elle est all�e vers la promenade et moi � ma voiture.

Si jamais vous mentez vous aurez affaire � moi.

Du calme, je suis aussi inquiet que vous.

Elle vous a dit que des types la cherchaient ?

J'�tais au courant, mais elle n'en semblait pas affect�e.

Je n'ai vu personne.

Elle est o�, bordel !

Qu'est-ce que t'as, maman ?

Rien.

Pourquoi tu bois ?

- C'est mon premier. - Ton troisi�me.

Je peux aller au cin�ma ?

Ils passent un nouveau film au Neptune.

Ah oui ?

C'est quoi ?

En route pour Rio.

Rio de Janeiro ?

�a a l'air bien.

Tu veux y aller ?

� Rio ? Ou au cin�ma ?

J'aimerais aller � Rio

et ne jamais revenir.

Ils l'ont eue.

Ils ont eu Carolina.

Ils ont fini par la retrouver et ils l'ont captur�e.

Comment tu le sais ?

Je m'en doutais !

Donne-moi �a !

Je veux pas me disputer, j'en ai ma claque de toi.

Je vais te balancer par la fen�tre.

D'accord, calme-toi.

Je le savais.

Ils voulaient l'attraper, ils voulaient la tuer.

Et � l'heure qu'il est, elle est morte.

Qu'est-ce que tu dis ? Tu n'en sais rien.

Me parle pas comme �a, je suis pas n� d'hier.

Ils savaient exactement qu'elle �tait � la pizzeria.

Je vais au cin�ma, je peux avoir 50 cents ?

Tiens, tiens !

Prends ! Prends tout !

Plus besoin de voler, je te le donne.

Tu as appel� la police ?

- Evidemment ! - Alors, ils la retrouveront.

Qu'est-ce que �a peut te faire ?

Tu ne l'aimes pas.

Tu la d�testais.

Tu voulais la foutre dehors.

Arr�te.

Tu me reprochais tout le temps d'�tre apr�s elle.

Si �a se trouve, tu les as rencard�s.

J'ai pas fait �a, tu es fou.

Si tu as fait �a, je te tue.

Arr�te ! tu me fais peur.

Arr�te de boire.

Toujours est-il qu'ils savaient.

Pourquoi ils seraient revenus sinon ?

C'est pas moi, jamais je ne pourrais faire �a.

Et d'ailleurs, je n'aurais pas su comment faire.

�a veut dire quoi ?

T'as eu l'id�e de le faire ?

Alors ?

Je ne pourrais jamais faire �a.

Laisse-moi tranquille. Tu me fais mal.

Tu me fais mal.

Ginny, pardon ! J'arrive pas � y croire, je deviens fou.

Elle �tait revenue, et maintenant...

Je ne supporte pas de te voir dans cet �tat.

Reste ! Ne me laisse pas seul.

Je m'en sortirai pas sans toi.

J'ai besoin d'air, j'�touffe.

Ginny, j'arrive pas � y croire.

J'arrive pas � croire qu'elle soit partie.

Ne me regarde pas comme �a.

T'as l'air bizarre.

C'est ton imagination.

Putain ! j'ai encore soif.

Que viens-tu faire ici ?

Je suis venu te parler.

Mais tu crois que c'est prudent de venir � ma porte ?

Tu sais que j'ai un mari.

Mon dieu !

Je n'attendais pas de visite.

Je dois ressembler au fant�me d'Hesp�ris.

J'ai h�sit� avant de me d�cider � venir.

Tu es venu me dire que tu commets une erreur

en cessant tes relations avec une femme

dont tu te rends compte qu'elle t'aimait

d'un amour comme tu n'en conna�tras plus jamais.

N�anmoins

c'est t�m�raire de ta part de venir chez moi.

Il se trouve que Humpty n'est pas l�.

Il a bu, il m'a accus�e de choses �pouvantables.

Je comprends qu'il soit tout retourn�

mais il me fait peur.

Il me fait peur.

Je lui dis toujours "tu l'�touffes, c'est malsain."

C'est une adulte, et m�me une divorc�e.

Mais elle fait comme si elle avait quinze ans car il la couve trop.

Est-ce qu'elle �tait bizarre au restaurant ?

Parce qu'elle est bizarre.

Je t'avais pr�venu.

Si �a se trouve, elle est retourn�e � son mari.

A moins qu'elle soit partie au Mexique.

Mais je t'avais pr�venu, c'est une fine mouche.

Tu m'as �vinc�e pour une femme � abattre.

J'esp�re que tu n'es pas venu me demander

de reprendre notre liaison l� o� on l'avait laiss�e.

Ce serait de l'opportunisme, tu ne crois pas ?

C'est comme �a que je le vois.

Quand il s'agit d'amour

il arrive qu'on soit souvent son propre ennemi.

Je crois que l'un des avantages de l'�ge

c'est qu'on accepte les erreurs, parce qu'avec le temps

on en a fait sa part.

Ainsi, le pardon est possible.

Sinon, quel monde glacial ce serait.

Je sais tout, Ginny.

Tout quoi ?

Tout ce que tu as fait.

Je ne vois pas � quoi tu fais allusion.

Et puis �a veut dire quoi, ce ton d�daigneux ?

Ils ont d� l'ex�cuter et la jeter quelque part.

C'est horrible.

Ex�cuter, jeter, comme tu y vas !

Tu es en train de sombrer dans le m�lodrame.

J'ai tout reconstitu�.

J'ai parl� � Humpty, � Tiny.

Le t�l�phone chez Ruby �tait en panne.

Tu t'es servi d'un t�l�phone public.

J'ai parl� avec John, du Capri.

Une femme a appel�, puis raccroch�.

J'ai compris.

Pas besoin d'�tre Sherlock Holmes

ou Eugene O'Neill pour d�brouiller l'intrigue.

Un ma�tre-nageur peut le faire.

Je ne vois pas ce que tu veux insinuer.

Je n'insinue rien.

J'accuse.

Tu m'accuses ?

Sa disparition ne doit pas t'�mouvoir.

Qu'est-ce que tu en sais ?

Bien s�r, je ne pique pas une crise d'hyst�rie

comme son p�re qui a pour elle un amour contre-nature.

Sache aussi que j'ai aval� plusieurs verres.

Je t'ai dit que je ne buvais pas

mais quand je suis sous le coup d'une forte �motion

�a m'aide � emp�cher ma t�te d'�clater.

Tu voulais qu'elle disparaisse.

Tu d�lires compl�tement.

Tu crois que j'aurais pu...

Je ne vais tout de m�me pas me laisser salir

avec des insinuations sordides.

- Tu aurais pu la pr�venir. - Comment aurais-je pu savoir ?

Tu as raccroch� le t�l�phone.

Je ne suis pas assez fut�e pour faire des choses pareilles.

Mon ch�ri, j'ignore quel sc�nario tu veux �chafauder

mais tu devrais te m�fier de ton imagination.

Tu pouvais la pr�venir et tu as raccroch�.

Ma foi...

Tu auras mal interpr�t� mon langage corporel.

Tu dis d'ailleurs que ce n'est pas une science exacte.

Tu comprends ?

Je l'aimais.

Mais bon dieu !

Tu la connais � peine.

Mais c'est vrai que tu es un r�veur

qui croit au coup de foudre.

Quand j'y pense, j'ai envie de...

Quoi ?

Et toi ! Tu peux vivre avec �a.

Bon dieu, �pargne-moi ton mauvais th��tre.

Ah ! Tiens, tiens !

Vas-y, tue-moi ! Et venge-la !

C'est bien comme �a qu'on faisait au th��tre � Ath�nes ?

La police ne sert � rien.

Elle ne nous prot�ge pas.

T'as l'air encore plus secou�e que moi.

Je vais bien, pourquoi tu me d�visages comme �a ?

Comme quoi ?

C'est quoi cette robe ?

Tu es folle.

Commence pas � m'�nerver, Ginny.

Sinon, je te jure que je t'�crabouille.

Je suis pas d'humeur.

On dirait une folle.

Laisse-moi tranquille.

Ginny, pardon.

Je te demande pardon.

Ne me quitte pas.

Tu n'y penses pas, hein ?

Je pense que Richie va rentrer du cin�ma.

Et qu'il aura faim.

J'arrive pas � y croire.

Faudra que tu m'aides encore une fois.

Comme la fois o�...

Il faut que je lave ma tenue de travail.

J'ai vu Carney et Ryan.

Ils vont p�cher pour la f�te du Travail.

Tu veux venir ?

Non.

Je n'aime pas la p�che.

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