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- C'est bien elle. - Bien.
Acceptez tous les frets de Londres jusqu'au 28 Ă minuit.
- Autre chose ? - Oui.
Maßtre Charles demande 1000 dollars pour sa réunion d'université.
- D'oĂč Ă©crit-il ? - Long Island.
Union Race Course ? Envoyez-en 100.
Dites-lui qu'il y a trop de chevaux sur le campus.
Entrez.
- Du nouveau, Brooks ? - J'ai aperçu le PÚlerin.
- Impossible. - Si, avec le Capitaine Thompson.
- Vous en ĂȘtes sĂ»r ? - Absolument.
130 jours depuis la Californie, c'est un record.
En effet.
- Dois-je hisser le pavillon ? - Non, oubliez que vous l'avez vu.
- Ce sera tout, merci. - Bien, monsieur.
Le cuir est Ă combien ?
J'ai envoyé Sam s'en enquérir, je vais aller voir.
Pas de panique. Le port signalera le bateau dans une heure.
En attendant, je vais marcher jusqu'Ă la Bourse.
Bien, monsieur.
- Attention. - Excusez-moi.
Tenez. M. Barett dit que c'est important.
Ils offrent 8,40 dollars pour le cuir.
- 8,40 ? - C'est un record absolu.
TrĂšs bien.
- Je serai Ă la Bourse, Cornolly. - Entendu.
M. Stewart, j'ai une faveur Ă vous demander.
Laquelle, Sam ?
Je veux ĂȘtre marin. Vous m'engagerez sur le PĂšlerin ?
Tu es trop jeune.
Non, mon grand-pÚre a navigué avec John Paul Jones
et mon pĂšre Ă 11 ans avec le commodore Preble
C'est mon tour. J'ai ça dans le sang.
Engagez-moi.
Non, il faut ĂȘtre un peu plus costaud pour ĂȘtre marin.
Dans un an ou deux, on en reparlera.
Je suis assez grand.
Au travail, Sam.
Cuir de bovin de Californie livré dans 5 jours.
- Offre Ă 8,50 par M. Crabtree. - Bien.
Généreux, Josiah ?
Impossible de faire tourner une entreprise de chaussures sans cuir.
Dans un mois, un de mes navires arrive avec 12 000 piĂšces.
Je le vends Ă 8,50.
J'achĂšte maintenant pour ĂȘtre livrĂ© dans 5 jours.
J'accepte, Josiah.
15 000 cuirs de Californie Ă 8,50.
- Votre entrepĂŽt est vide. - Ils sont sur le PĂšlerin.
Le PĂšlerin ?
Réfléchissez, Gordon. Vous perdez 100 000 dollars.
MĂȘme Thompson ne peut arriver aussi vite.
Stewart apprécie cet officier déchu de la Navy.
Un pirate, oui.
Pas plus que vos capitaines. Acceptez-vous l'offre ?
Oui et j'exécuterai le contrat à la lettre.
Excellent.
D'autres cotes de New York. Vanille de Ténérife, 53 cents.
Soie de Russie, premier choix, 1,95.
Cordage de Manille, 10 cents.
Citron vert de Thomaston, 80 la barrique...
Navire en vue !
"Aperçu aujourd'hui à 11 h 28
"entrant dans le port de Boston : Le PĂšlerin."
De la compagnie Stewart. Capitaine Francis A. Thompson.
130 jours depuis Monterey, Californie.
Un fret de cuirs.
Bonne journée, messieurs.
Amarres Ă terre !
Tirez.
Tendez le cordage.
Allez, du nerf.
La terre ferme.
- Ăa va ĂȘtre marĂ©e haute. - Oui, je vais boire, ce soir.
Dooley, retourne aux cuisines.
HĂ©, occupez-vous de la passerelle.
Bellamer, tu devais détacher les saisines.
On est chez nous, Amazeen.
Tu vas bosser jusqu'Ă mettre pied Ă terre.
Aidez-les pour la passerelle. Amarres avant attachées.
- Passe l'amarre sur l'autre bitte. - Envoyez Ă terre.
- Je hisse le pavillon ? - Allez-y.
Pavillon hissé au mùt.
Attachez l'amarre arriĂšre.
- Attrapez l'amarre. - Attention !
Hissez la passerelle Ă bord.
- Bienvenue, capitaine. - Merci.
Félicitations pour ce voyage.
Ce record tiendra longtemps.
Un jour, j'inscrirai un record que personne ne battra.
- Quoi ? - Le navire est amarré.
- Descendons. - Merci.
Sécurisez la mùture.
Il faut remplacer le mĂąt, M. Stewart.
Il y a eu un ouragan. J'ai résisté.
- Votre arrivée vaut 50 mùts. - Merci. Le manifeste.
- Un certificat de décÚs. - Encore un mort ?
Une maladie à 2 jours de Rio. Je l'ai inhumé en mer.
Si prĂšs de Rio, ne pouviez-vous pas le ramener Ă terre ?
Et changer de cap pour entrer dans un port étranger ?
Et perdre le vent sans garantie de guérison.
Je ne doute pas de votre jugement.
Merci. Amarré à 16 h 23.
Je signe.
Un ornement unique, n'est-ce pas ?
Mon renvoi de l'US Navy.
"Capitaine Francis Thompson,
"vous ĂȘtes limogĂ© de l'US Navy. W. Jones."
En voici un autre. C'est mon épée. C'était, devrais-je dire.
Un capitaine de la marine marchande ne porte pas d'épée.
Je vais signer.
- Le journal de bord, c'est tout. - Merci, capitaine.
Merci de charger au plus vite.
Bien sûr, inutile de garder un navire à quai.
- Quand puis-je partir ? - Chargez-vous du mĂąt et des hommes.
- Et le fret est prĂȘt Ă ĂȘtre chargĂ©. - Merci, monsieur.
Juste un problĂšme.
Il faut prendre 2 passagers Ă Pernambouc pour San Francisco.
Ils transitent depuis l'Espagne.
- On ne peut pas avoir de passagers. - C'est quelqu'un d'important.
Il ne faut pas l'offenser.
- Je peux d'abord aller à Monterey ? - Bien sûr, déchargez et continuez.
Désolé si cela vous retarde trop.
Je battrai le record. Mes respects Ă madame.
Je n'y manquerai pas.
Quand allez-vous Ă terre ?
Je n'y vais pas. Nettoyez la passerelle.
Bien, capitaine.
Buvons. Le PĂšlerin est prĂȘt et partira Ă minuit.
Ce capitaine Thompson doit ĂȘtre un horrible personnage.
Tu écoutes mes rivaux.
On sait comment il traite ses hommes et dirige ton navire.
Mon navire est rentable. Blake et les autres aimeraient un Thompson.
- Markham, oĂč es-tu, misĂ©rable ? - Bienvenue, MaĂźtre Charles.
Notre fils est de retour.
- Charles. - Bonjour, maman.
Tu peux manger avec nous.
Désolé, je ne peux pas. On m'attend.
Une fĂȘte pour mon retour.
Merci, papa. Et pour les 100 dollars.
Tu as soutiré les 900 restants à ta mÚre.
Oui, j'étais un peu à court.
Tu t'en es contenté pendant des années.
Je sais et j'aimerais trouver une solution.
Tu pourrais t'arranger pour reprendre mes affaires.
- Des navires ? - Toujours pas tenté ?
- Non, ça ne me dit rien. - Tu as une meilleure idée ?
Oui.
En fait, je m'en sortirais bien comme dépensier.
Nous formons une belle paire.
Un fils avec trop de temps et un pĂšre trop riche.
Tu leur prends et je leur rends.
Je t'en prie, Gordon.
Excuse-moi, maman. Je gùche sans doute un agréable dßner.
- Peut-on poursuivre demain ? - Rien Ă ajouter. Tu peux disposer.
Merci.
- Bonsoir, maman. - Bonsoir, chéri.
Ne bois pas, Markham.
Il me faut encore 15 hommes.
A minuit, on part avec la marée.
- Entendu. - Foster vous les paiera Ă bord.
Si possible, prenez mes anciens hommes.
Mettons-nous au travail.
- Clark, debout. - Amazeen, dehors !
On a du boulot.
- Je ne retournerai pas en mer. - Oh que si.
Jack, tu veux voir la Californie,
naviguer et te remplir les poches ?
Je ne suis pas marin, mais fermier.
Te voilĂ marin.
Les femmes...
- Un cuistot un peu saoul. - C'est bon.
12 dollars, d'abord.
- AmÚne le rhum. - Regarde ça.
Dentelle et tout le toutim. Pas pour nous.
On appelle ça vivre à la dure.
Vous ĂȘtes au bon endroit, mesdames ?
Je montre les bouges et leur faune Ă mes amis.
Tant que vous utilisez vos dentelles pour vous laver le menton.
- Ne fais pas ça. - Allons-nous-en.
Je veux un autre verre. Garçon !
Une tournée, s'il vous plaßt.
Barman !
A boire pour les marins du plus beau brick du port de Boston.
Attendez. Vous cherchez un équipage ?
J'engage des marins pour un passage prĂšs du Cap Horn.
On connaĂźt votre bateau.
C'est un mauvais bateau. Gardez votre rhum.
Ne l'écoutez pas ! Qui boit avec moi ?
Moi.
Et je naviguerai sur votre bateau.
Vraiment ?
- M. Amazeen ? - Exact.
Alors, je signe.
Bien, on se comprend.
Donne-lui Ă boire et son avance.
- Quel est votre nom ? - Richard Dana.
Signez ici. Une avance pour 15 jours
et vous voguerez sur un navire heureux.
Matelot.
Vous commettez une erreur.
Je ne crois pas.
Qu'avez-vous dit ?
Je lui conseillais juste de ne pas signer sur votre bateau.
Restez en dehors de ça.
Tout le monde sur le pont !
AmĂšne-toi !
Allez, sur le pont.
- C'est reparti ? - Allez, sur le pont.
AmĂšne-toi.
- Sortez de vos plumes. - Dehors !
Vous vous prenez pour des passagers ?
Toi aussi. Grouille-toi !
Dehors ! Sur le pont.
Allez.
Non, j'ai une femme et deux gosses.
Ne complique pas les choses.
Retourne en cuisine, Dooley. Allume les fourneaux.
- Ils sont tous sortis ? - Plus qu'un.
Allez, dehors. Plus vite.
- M. Foster ! - Oui, chef.
- Faites-le sortir. - Allez.
- Comment suis-je arrivé ici ? - Tu es monté à bord.
Sur le pont.
- Qui est-ce ? - Bellamer.
- Arrosez-le. - Bien.
- Sur le pont. - Allez, debout.
- Dooley. - Comme on se retrouve.
Amazeen m'a encore eu.
Tant qu'Ă faire, profites-en. File sur le pont.
- Tout le monde est lĂ . - TrĂšs bien.
Certains me connaissent. Les autres sont nouveaux.
J'exige 3 choses de l'équipage.
D'abord... M. Amazeen, attention !
M. Foster, attachez ses poignets.
- Macklin, aidez-le. - Oui, capitaine.
M. Amazeen, le Second est chargé de la discipline.
Vous m'avez entendu, M. Amazeen ?
Oui, capitaine.
Bellamer.
Attaquer un officier est passible de 20 coups de fouet.
Et vous serez entravé avec un quart de ration
jusqu'à avoir compris la leçon.
Vous n'auriez pas dĂ», Bellamer.
J'espĂšre que vous le regretterez.
M. Foster, vous compterez les coups.
M. Amazeen, exécutez les ordres.
Reculez.
Un.
Deux. Trois.
Quatre. Cinq.
Six. Sept.
Huit.
Neuf.
Dix.
Onze.
Douze. Treize.
Quatorze. Quinze.
Seize.
Dix-sept. Dix-huit.
Dix-neuf. Vingt.
- Punition accomplie. - Détachez-le et emmenez-le.
Comme je vous le disais,
j'exige 3 choses de l'équipage.
Primo, une soumission totale à l'autorité.
Deuzio, l'exécution immédiate des ordres.
Tertio, le respect de votre devoir de marin.
- M. Amazeen, hissez la grand-voile. - Oui, capitaine.
Hissez les voiles. Allez, du nerf !
M. Foster, postez-vous Ă la vigie et ouvrez l'oeil.
Capitaine, j'ai Ă vous parler.
- Ce n'est ni le lieu, ni le moment. - Si.
Je suis Charles Stewart et ce bateau est Ă mon pĂšre.
Quand pouvez-vous me ramener Ă terre ?
- Dans un an avec un peu de chance. - Je suis sérieux.
Je ne plaisante jamais en mer.
Vous ĂȘtes sur le registre et vous devez servir...
Je n'ai rien signé.
Je ne m'occupe pas des signatures. Vous serez traité comme un matelot.
Ramenez-moi Ă terre ou vous perdrez votre poste.
Je peux commander ce navire ou n'importe quel autre.
Mais en attendant, ce bateau gardera son cap.
M. Amazeen, amenez-le auprÚs de l'équipage.
Oui, capitaine.
DĂ©solĂ© de devoir vous mĂȘler Ă ces canailles,
mais plus vite que ça !
Vous ĂȘtes sĂ»rs qu'il est sur le PĂšlerin ?
- Dites-lui. - On l'a mis Ă bord.
On ne savait pas qui il était. C'est tout.
- Vous voulez aller en justice ? - Oui, dĂšs demain, je...
Non.
Je ne crois pas.
Ăa peut lui faire du bien.
Et voilĂ , mes amis. Chaud devant.
Préparé par le meilleur cuistot du monde.
Il faut bien manger.
D'accord, la cuisine est un poste enviable,
mais regardez-moi.
Je prépare des mets délicats aux officiers sans jamais les goûter.
- Ils ne mangent pas comme nous ? - Toi, c'est ta 1re croisiĂšre.
Viens, Dana. ArrĂȘte d'Ă©crire ton courrier.
- Ce n'est pas du courrier. - C'est quoi ?
PlutĂŽt un genre de journal.
Stewart. Hayes. Voici vos tenues.
Celle du dessus est pour toi, Hayes.
C'est trĂšs aimable Ă eux.
Ne t'en fais pas. Ils le retireront de ta paie.
- C'est tout ? - Oui, sur un bateau de la Stewart.
Tu mangeras peut-ĂȘtre avec le capitaine.
Ne me dis pas que tu manges avec les marins.
Je l'éviterai le plus longtemps possible.
M. Stewart.
- Que fais-tu lĂ -dedans ? - Je suis clandestin.
- Tu connais mon nom ? - Je suis Sam Hooper.
Je travaillais pour votre pĂšre, mais je voulais partir en mer.
- Pourquoi ? - Je voulais vivre sur un bateau.
Vous devez ĂȘtre ravi de voguer sur le bateau de votre pĂšre.
J'en ai presque des convulsions.
- Que vas-tu faire ? - Rien.
Vous pourriez en parler au capitaine.
Impossible. Le capitaine se fiche bien de moi.
Attention.
Tiens, sens-moi ça.
Tu ne verras plus de poulet d'aussi prĂšs.
- C'est pour qui ? - Sa majesté mange toujours seule.
Mais les officiers ont aussi leurs petits plats.
- Il est parti ? - Oui.
Ăa sentait bon. J'ai une faim de loup.
A quand remonte ton dernier repas ?
Si loin que je m'en souviens Ă peine.
Allez, cache-toi.
Sam.
Du poulet rĂŽti.
Jette la gamelle Ă la mer quand tu as fini.
Baisse-toi.
- Tu manges quoi ? - Du poulet.
Bonne idée de me faire manger comme le capitaine. Merci.
C'est délicieux.
- Tu n'as rien mangé. - J'ai pas faim.
- Encore malade ? - C'est pas ça.
Te faire du souci n'arrangera rien.
Que vont devenir ma femme et mes enfants ? Ils ignorent oĂč je suis.
- Je ne les avais jamais quittĂ©s. - OĂč sont-ils ?
Dans ma ferme prĂšs de Boston.
Ăa ira. Tu dois rester en forme pour eux.
Essaie de manger un peu.
Tout le monde sur le pont.
Ordre du capitaine, grouillez-vous !
Il semble que l'un de vous ait pris de la nourriture aux officiers.
Le coupable ferait mieux de parler et il sera puni.
Je ne tiens pas Ă aller jusqu'Ă vous interroger un par un.
Mais si le voleur ne se dénonce pas tout de suite,
vous serez tous coupables
et mis au pain sec et Ă l'eau jusqu'Ă nouvel ordre.
Comme vous voudrez. M. Amazeen, ils sont Ă vous.
Descendez tous. Dégagez du pont.
Vous quatre, aux gréements.
Vous deux, fixez le rĂątelier.
- Sale rat, va chercher ta punition. - Pourquoi ?
Tu penses que les marins sont de la racaille.
Un marin ne ferait jamais ce que tu viens de faire.
- Alors, tu y vas ? - Sinon on te corrige.
- Ensemble ou un Ă la fois ? - Un Ă la fois.
- Brown ! Ne fais pas ça. - Pourquoi pas ?
C'est inutile.
Tu peux le massacrer, il ne changera pas d'idées.
On croise parfois ce genre de gars.
Si occupĂ© Ă vivre pour lui-mĂȘme qu'il en devient aveugle.
Ne te salis pas les mains sur lui. Laisse-le.
MĂȘme les rats ne te dĂ©rangent plus aprĂšs quelque temps en mer.
Descendons.
Jones, fixe le canon.
Garrett, descends ça dans la cale.
- Que fais-tu lĂ ? - Je suis clandestin.
Viens avec moi.
Passe-moi la gamelle. Un clandestin !
Il était dans le canot.
- Quel est ton nom ? - Sam Hooper.
- VoilĂ oĂč est passĂ© le poulet. - Tu l'as volĂ© ?
Oui, je l'ai volé. Je mourais de faim.
- Pourquoi es-tu montĂ© Ă bord ? - Je veux ĂȘtre marin.
Noble ambition.
Faites-le mousse. Emmenez-le aux cuisines.
- Vous ne le punissez pas ? - Aux cuisines, j'ai dit.
- Rationnez l'équipage. - Entendu.
- Merci. - Viens, toi.
- Comment va l'écriture ? - Bien, merci.
J'étais à la barre et je pensais à toi.
J'ai déjà entendu ton nom.
Il y avait un Dana à bord, le voyage précédent.
On l'a inhumé en mer au large de Rio.
Je sais. C'était mon frÚre.
Tu aimes écrire, Dana.
C'est rare de voir un homme y passer tant de temps.
Ah ?
- Tu écris un livre ? - Oui.
- Une histoire d'aventure ? - Si on veut.
Je suis bon en lecture. Je pourrais le lire, un jour.
Un jour.
Merci. Je suis impatient.
- M. Dana. - Salut, Sammy.
Vous pouvez peut-ĂȘtre m'aider.
A quoi ?
- J'ai un problĂšme avec ma garcette. - Fais voir.
VoilĂ le problĂšme.
Toujours faire passer les mÚches extérieures au-dessus et serrer.
Je vois. Merci beaucoup.
Je peux vous poser une question un peu indiscrĂšte ?
Pourquoi vous et les autres n'ĂȘtes pas comme M. Stewart ?
- Tu l'aimes bien, hein ? - Oui.
On n'apprécie pas qu'il te laisse t'accuser d'avoir volé le poulet.
- Mais je l'ai volé. - Non, c'est lui.
- Mais il l'a fait pour moi. - C'est vrai ?
Il m'a trouvé dans le canot et j'avais faim.
- C'est la vérité ? - Oui.
Tu t'en souviendras ? Les mÚches extérieures par-dessus.
Oui, merci beaucoup.
Surveillez la barre.
- Sonnez les postes de combat. - Oui, capitaine.
Tous aux postes de combat !
Tous aux postes de combat !
Aux postes de combat !
Vite, aux postes de combat.
Aux postes de combat !
Plus vite ! OĂč est la poudre ?
Amenez les allumettes Ă bĂąbord.
Canon n° 3.
Mets-toi lĂ .
- A quoi tu joues ? - J'éteins le feu pour les pirates.
C'est juste un exercice. Il adore jouer Ă l'amiral.
Préparez les canons !
Préparez les canons !
Vous dormez sur ce canon ? Du nerf.
On manque de boulot, il faut jouer avec les canons.
- Il se croit encore dans la Navy. - Avant d'en ĂȘtre virĂ©.
Vous ne mĂ©ritez pas de fouler le mĂȘme pont que lui.
PrĂȘt Ă charger !
Son renvoi devait ĂȘtre une erreur.
Canon n° 4, prĂȘt Ă charger.
Pas quand son sloop à 20 canons coule une frégate de 48 canons.
Tenant la barre jusqu'à ce que le pont vole en éclats
et que le canonnier en chef vienne l'aider.
Le punissant de 20 coups de fouet pour avoir quitté son poste.
- Et tu l'as fouetté. - C'est moi qui étais fouetté.
- Canon n° 1, prĂȘt Ă charger. - Canon n° 3, prĂȘt Ă charger.
Chargez les canons !
On ne condamne pas un capitaine pour avoir coulé une frégate.
Si, s'il désobéit aux amiraux.
Il est passé en Cour martiale, car il leur marchait sur les pieds.
Il se bat mieux que tous les amiraux réunis.
- LĂąchez. - Plus vite !
N° 3, prĂȘt Ă tirer.
N° 2, prĂȘt Ă tirer.
N° 4, prĂȘt Ă tirer.
N° 1, prĂȘt Ă tirer.
Feu !
C'est négligé. On recommence.
- Secouez-les, M. Amazeen. - Reste prĂšs du seau de sable.
- Chargez les canons. - Grouillez.
N° 2, prĂȘt Ă tirer.
- Que faites-vous avec ce carnet ? - Sur le pont, Stewart.
Posez-le.
Si tu caftes, je le porte au capitaine.
Sale voleur.
M. Amazeen, amenez-moi cet homme.
Suis-moi, Stewart.
Obéis ou ils t'accuseront de mutinerie.
Ton pĂšre ne pourra pas t'aider.
Otez-lui sa chemise.
Je vais le faire.
Attachez-le. Bobson, aidez-le.
M. Amazeen, formez les rangs pour assister au chĂątiment.
Tout le monde sur le pont.
M. Amazeen, ma veste, je vous prie.
Stewart, frapper un officier est passible de 20 coups de fouet.
Désobéir aux ordres, c'est 10 coups.
Si ça avait été au combat, on vous aurait pendu.
Comme c'est votre premier voyage, je retire 20 coups.
M. Amazeen, que le cuistot apporte de l'eau salée.
M. Foster, vous compterez les 10 coups.
Va chercher le sel et prends le gamin avec toi.
Procédez au chùtiment.
Oui, capitaine.
Un.
Deux.
Trois.
Quatre.
Cinq.
Six.
Sept.
Huit.
Neuf.
Dix.
Punition accomplie.
- Détachez-le. - Oui, capitaine.
M. Amazeen, rompez les rangs.
Bùbord, descendez. Tribord, détachez les canons.
Pourquoi du sel ?
Pour son dos.
- Cuistot. - Oui.
Laissez-moi.
- C'est de l'eau salĂ©e. - Ăa fait mal, mais ça aide.
Pas besoin de votre aide.
- Il faut le faire. - Ăa va guĂ©rir plus vite.
D'accord, allez-y.
Un peu d'eau, M. Stewart.
Merci, Sam. Ăa m'a fait du bien.
Mieux vaut le descendre avant que ça ne sÚche.
- Stewart, tu peux bouger ? - Je vais essayer.
Prends son bras.
Tiens, mets ça sous toi.
- Ce sera plus confortable. - Merci.
En cas de besoin, je suis sur ma couchette.
C'est trĂšs gentil.
Je ferais pareil pour tous les matelots.
Mais je suis un peu différent.
Quand on a sonné les postes de combat,
j'ai pris le soin de cacher mon carnet.
Et lĂ , il est sur mon lit.
J'ai surpris Foster en train de le lire.
Si tu l'avais dit, tu aurais échappé au fouet.
Ăa valait le coup que je lui ai donnĂ©.
Je crois que les gars vont changer d'avis Ă ton sujet.
Je me fiche de ce que les autres pensent.
C'est du passé, maintenant.
Comme tu voudras.
Si tu veux de l'eau ou autre chose, appelle.
Je serai juste lĂ .
Merci, matelot.
- Tu crois qu'on va manger ça ? - Cette pùtée puante.
Je fais de mon mieux.
Impossible, c'est mort depuis un siÚcle. Sens-moi ça.
Je la sens toute la journée.
- Ăa grouille de bestioles. - Ăa fait de la viande, non ?
File avant que je le retourne sur ta tĂȘte.
- Il faut trouver une solution. - Que se passe-t-il ?
- On ne mangera pas ça. - On veut un repas décent.
Vous avez le droit Ă tout ce que vous voulez.
Je vais en parler au capitaine. Il vous entendra peut-ĂȘtre.
Une minute, M. Foster.
- Vous aimez cafter au capitaine ? - Je ne fais que mon devoir.
ArrĂȘte, Brown. Ăa ne te vaudra que des coups de fouet.
Au moins, il ne sera pas lĂ pour profiter du spectacle.
- Je n'allais pas chez le capitaine. - Mais vous deviez lui parler.
De quoi s'agit-il, M. Foster ?
Je n'allais rien lui dire.
Juste dire Ă Amazeen qu'il faut des provisions.
C'est mieux. Et si vous deviez changer d'avis,
sachez qu'on peut me fouetter et me pendre,
mais d'abord, vous goûterez de ma lame.
Fichez le camp.
Il a sorti son couteau.
S'il avait poignardé Foster,
il aurait été pendu à la vergue sans discussion.
- Ne doit-il pas d'abord ĂȘtre jugĂ© ? - Non.
Pas dans la marine marchande.
Un Américain ne verra ses droits protégés que sur la terre ferme.
Un marin n'aura aucune chance.
Il peut ĂȘtre loyal envers son travail.
La mer peut avoir été sa vie depuis des générations,
ça ne fait aucune différence.
Ce n'est qu'un animal qu'on tue Ă la tĂąche,
affamé, fouetté sans raison.
Aucun droit, aucune justice.
C'est ainsi depuis les galĂšres d'esclaves,
c'est une tradition.
Ăa changera, un jour. Il le faut.
Tu es peut-ĂȘtre lĂ pour ça.
Je n'y avais jamais pensé avant de sentir le fouet.
Tout le monde est comme ça à terre, c'est pour ça que j'écris.
J'espĂšre qu'ils le liront. Et mĂȘme dans le cas contraire,
aprĂšs ce voyage, je resterai Ă terre pour en faire mon combat.
MĂȘme si je ne vais pas loin, je vais essayer.
La tĂąche sera ardue.
Les armateurs seront tes pires ennemis, et mon pĂšre le premier.
A part Thompson, ton pĂšre est mon plus grand exemple.
- Vous ĂȘtes de garde ? - Oui, capitaine.
Séparez-vous. Stewart, à la proue.
Dana, je vous ai observé.
Vous ĂȘtes un bon marin. Vous aimez vraiment la mer.
Oui, capitaine.
Mais pas les bateaux sur lesquels je navigue.
Je n'ai pas demandé votre avis sur les bateaux.
Non, capitaine.
Terre en vue !
A l'étrave tribord.
Terre en vue !
Descends de lĂ , Sam.
Sortez le pavillon d'identification.
Au boulot !
- Oui ? - Terre en vue à l'étrave tribord.
Entrez.
- C'est le Pernambouc. - J'imagine.
Et une approche parfaite.
- On y sera pour la nuit. - Dommage de devoir attendre demain.
Non, nous y allons ce soir.
- Et le récif ? - Je sais, M. Amazeen.
Ils ont leurs ordres Ă terre.
Je veux perdre un minimum de temps.
Oui, capitaine.
OĂč installer les passagers ?
Dans la cabine de Foster. Mettez-le avec l'équipage.
A la marque 7, capitaine.
Attention aux bras.
A la marque 7, capitaine.
- Avancez plein vent. - Bien, capitaine.
Tendez la grand-voile.
- Oh ! Hisse ! - Tendez le bras.
Un bon 6, capitaine.
- Gardez le cap. - Oui, capitaine.
A la marque 5, capitaine.
On approche de la terre, en dessous.
Il est prĂȘt Ă tout pour battre son record.
C'est bon pour se débarrasser des bernacles.
Un bon 4, capitaine.
- C'est dangereux, non ? - On risque de boire la tasse.
3,5, capitaine.
- Rien Ă tribord ? - Non, capitaine.
2,5, capitaine.
2,5, capitaine.
Un bon 4, capitaine.
On est passé.
Sans la marée, on aurait heurté le fond.
- Carrick, oĂč est Amazeen ? - Avec Thompson sur le gaillard.
- Et Foster ? - Il est dehors.
Bien, on peut aller voir Bellamer.
- Je vais rester ici. - Ouvre l'oeil.
- Tu aides ? - Bien sûr.
- Tu risques encore le fouet. - Ne t'en fais pas.
Venez, il faut faire vite.
Lancez la fusée.
Bellamer, on t'apporte Ă manger.
Tiens, bois ça.
C'est bon.
- Tu auras bientĂŽt mieux. - On entre dans le port.
On t'apportera des oranges, des bananes, des noix de coco.
Ce sera merveilleux.
Tiens.
Je me poste prĂšs de l'ancre ?
On ne jette pas l'ancre.
On embarque les passagers et on reprend la mer.
Excusez-moi, mais il nous faut des vivres.
J'ai fait le plein Ă Boston.
Oui, mais la viande est avariée et les gars se plaignent.
C'est toujours comme ça.
- Un peu Ă bĂąbord. - Oui, capitaine.
Gardez le cap.
En cas de rationnement, il y aura des problĂšmes.
Je peux régler tout problÚme sur ce bateau.
VoilĂ la barque. Hissez la grand-voile.
Hissez la grand-voile !
- Gouvernail ! - Oui, capitaine.
Amenez le filin. Aide-moi, Stewart.
Lance !
Tirez.
Ho ! Hisse !
Maria, je te présente le capitaine Thompson.
Mlle Maria Dominguez y Peralta, capitaine.
Enchantée, capitaine.
Vous parlez anglais. Ce sera plus simple.
Vous savez que le bateau n'est pas prévu pour des passagers.
Je ne vais pas me plaindre.
Colonel, j'ai peu de temps pour les formalités.
Le bateau reprend sa route dĂšs que les bagages sont Ă bord.
- C'est l'autre passager ? - Ma bonne, Mercedes.
Foster !
Embarquez les bagages au plus vite.
- M. Amazeen, ajustez les vergues. - Oui, capitaine.
Mlle... Comment déjà ?
- Maria Dominguez y Peralta. - Je vous conduis Ă votre cabine.
Préparez les bras.
C'est la premiĂšre fois qu'une dame monte Ă bord.
Restez dans votre cabine le plus possible
- et n'allez que sur le gaillard. - Comme vous voudrez.
Restez à l'écart des manoeuvres
et n'approchez pas l'équipage.
Je ne peux pas quitter le pont, mais vous trouverez facilement.
Merci.
Colonel, que vos adieux soient les plus brefs possibles.
Surveille les bagages puis descends-les.
Compris.
Viens m'aider, petit.
Laisse-les lĂ pour le moment.
- Je vais t'aider. - C'est trĂšs gentil.
Et je t'aiderai Ă les descendre.
Nous voulons le petit-déjeuner servi tÎt.
Nous sommes habituées à notre régime,
sinon nous tombons malades. Merci beaucoup.
Mais de rien.
- Vous parlez espagnol ? - Oui.
- Elle le parle trĂšs bien. - C'est sa langue maternelle.
C'est vrai ?
- Les joies de l'éducation. - Qu'a-t-elle dit ?
Eh bien, elle te le dira elle-mĂȘme.
- Le reste de vos bagages. - Merci, pose ça dans le coin.
Comment t'appelles-tu, mon garçon ?
- Elle te demande ton nom. - Sam Hooper.
Je suis un apprenti marin.
Voici mon ami, M. Stewart.
Merci, Sam. Je ne m'attendais pas à des présentations formelles.
- Posez le coffre ici. - D'accord.
- Vous allez Ă Monterey ? - Non, San Francisco.
Vous ferez le voyage avec nous.
Désolé, si nous avions su, nous aurions nettoyé la cabine.
- Puis-je faire autre chose ? - Ce sera tout pour ce soir.
- Pour moi ? - Pour vous deux.
Regarde, Sam. C'est la reine d'Espagne.
Elle est belle. Elle vous ressemble, Mlle.
Je suis d'accord.
Ăcoutez, il se fait tard. Merci de nous laisser, maintenant.
Merci. J'espĂšre que vous serez Ă votre aise.
Bonsoir.
Sam, ça t'ennuie si je garde la piÚce ?
Non, vous avez tout porté.
Merci, je te revaudrai ça.
Le capitaine attend son café.
Vraiment ? Quelle idée j'ai eu de prendre la mer.
DĂšs que je suis Ă terre, j'avale l'ancre.
Pourquoi faire ?
Je marcherai jusqu'Ă ce qu'on me demande :
"Quelle est cette chose sur votre épaule ?"
La mer, c'est fini pour moi.
Qui a fait ça ?
Tu te sentiras vite mieux.
Je viens prendre la vaisselle.
DĂ©solĂ© de ne pas ĂȘtre venu plus tĂŽt, mais la mer est dĂ©chaĂźnĂ©e.
Je me sens si mal.
- Qu'est-ce qu'elle a ? - Le mal de mer.
Désolé, j'aimerais faire quelque chose.
Ne me fais pas parler.
Ils te laissent sortir par ce temps ?
C'est mon boulot.
Je ne veux pas rater le passage du Cap.
On n'est pas un vrai marin avant ça.
On le verra peut-ĂȘtre demain. M. Stewart et moi l'espĂ©rons bien.
- Il a déjà fait ça avant ? - Non, c'est la 1re fois.
Ce n'est pas un vrai marin, mais c'est quelqu'un de trĂšs bien.
- Vous l'aimez bien aussi ? - Je ne le connais pas.
Je croyais que...
J'ai un autre plat Ă te donner.
Elle n'y a pas touché.
Vous n'en voulez pas ?
Ne me parle pas de nourriture.
Vous allez le rendre ? C'est la mĂȘme nourriture que le capitaine.
- Tu as faim ? - Un peu.
On ne mange pas la mĂȘme chose.
Alors, prends-le et mange.
Merci, madame.
Rétablissez-vous vite.
Je m'en fiche. Ce bateau peut couler.
- OĂč vas-tu, petit ? - J'emporte la vaisselle.
Ăa secoue lĂ -haut. Emprunte plutĂŽt l'entrepont.
D'accord.
M. Brown. M. Brown.
Sam, que fais-tu lĂ ?
C'est dangereux de venir avec une bougie.
Alors, je vais monter.
Ne dis pas que tu m'as vu ici.
D'accord, M. Brown.
Brown, tu es malade ?
Non, il est saoul. OĂč as-tu trouvĂ© de la gnĂŽle ?
Qu'est-ce que tu crois ? J'ai bu avec le capitaine.
C'est pareil qu'avec la nourriture.
Mieux vaut ĂȘtre saoul qu'affamĂ©.
- OĂč en as-tu trouvĂ© ? - Laisse-moi, je dors.
On le porte sur sa couchette.
Foster arrive.
Ne me regardez pas comme ça.
Ăa ne me plaĂźt pas de vivre avec vous.
Tout ça à cause de ces femmes.
Ne fais pas le malin. Tu n'es pas trĂšs populaire non plus.
On ferait peut-ĂȘtre mieux de s'entendre.
Merci, je préfÚre rester seul.
Avec ce vent de nord-ouest, le Cap devrait apparaĂźtre.
- Ouest par demi-ouest. - Compris.
- Attention, petit. - D'accord.
Sam, nous voilĂ des marins du Cap Horn.
- C'est vrai, M. Stewart. - Vous pouvez cracher au vent.
- Ăa ne secoue pas trop pour vous ? - C'est gai d'ĂȘtre sur le pont.
AprÚs le Cap Horn, la météo s'améliorera.
Sam me dit que le Cap Horn est important dans la vie d'un marin.
C'est ce qu'on dirait.
J'ai envie de vous parler depuis que vous ĂȘtes montĂ©e Ă bord.
- Vous ne risquez rien ? - Ăa vaudrait le coup.
J'aimerais vous parler de Sam.
Il a l'air affamé. Mange-t-il à sa faim ?
Le bateau manque de vivres.
Dites au capitaine d'accoster au prochain port.
Vous ne connaissez pas le capitaine Thompson.
Pourquoi devez-vous lui obéir ?
Sam dit que le PĂšlerin est Ă votre pĂšre.
Pourtant, le capitaine commande quand on est en mer.
- Mlle Dominguez ? - Oui.
Le vent a redoublé. Allez dans votre cabine.
- Que faites-vous ? - Je tends la filiĂšre.
- Vous avez fini ? - Oui, capitaine.
Retournez Ă votre poste.
Et les fils de quarante ports de mer crient :
"Ho ! Hisse !"
Sammy Hooper
Je le vois à présent
Les vents marins du sud-ouest grondent
Loin au-dessus de l'étrave
Et je vois les cirés jaunes
de son équipage hurlant
Il doit se reposer.
D'accord, M. Dana.
C'est bien, Sam.
Essaie de dormir et fais de beaux rĂȘves.
- Bonne nuit, Sam. - Bonne nuit.
- OĂč est M. Stewart ? - Il est Ă la barre.
- Dites-lui bonne nuit pour moi. - D'accord.
DĂšs qu'il descend.
Maintenant, ferme les yeux et dors bien.
- Quel est le cap ? - Nord-ouest par nord.
Nord-ouest par nord.
- Nord-ouest par nord. - Nord-ouest par nord.
- Attends sur le pont. - Entendu.
Bonsoir.
Belle soirée, n'est-ce pas ?
Le temps devrait ĂȘtre clĂ©ment jusqu'en Californie.
Dans 6 semaines, vous serez chez vous. Si le vent est avec nous.
- Encore 6 semaines. - Ăa n'a pas l'air de vous rĂ©jouir.
Si, mais je ne suis pas rentrée depuis si longtemps.
On m'a envoyée dans un couvent à Madrid quand j'avais 10 ans.
La vie en Californie ressemble peu Ă celle en Espagne.
Je suppose.
Depuis l'hacienda de mon pĂšre, on ne voit que les collines.
Mais de ma fenĂȘtre en Espagne, je voyais toute la ville de Madrid.
Je voyais mĂȘme le roi et la reine passer chaque jour.
- J'ai une photo de la reine. - Vraiment ?
Vous vous souvenez ?
J'ai demandé à Sam si je pouvais la garder.
- Vous n'auriez pas dĂ». - Pourquoi pas ?
Je me marie 2 semaines aprÚs mon arrivée en Californie.
Je suis fiancée, comme on dit chez vous.
- Depuis quand vous l'avez pas vu ? - Depuis mon départ de Californie.
Mais vous n'étiez qu'une enfant. Vous ne pouvez pas l'aimer encore.
Je vais l'épouser.
Le mariage a été arrangé par nos parents.
- Est-ce une façon de faire ? - Bien sûr.
Le mariage à l'américaine vaut-il mieux ?
Confier sa fille Ă quiconque de son choix.
Un parfait inconnu dont vous ignorez le nom.
Et l'amour ? Ăa ne compte pas ?
Vous ne devez pas parler ainsi.
Je retourne dans ma cabine.
Maria.
Oui ?
Je porte toujours la reine d'Espagne.
Bonne nuit.
Cuistot, c'est fermé.
- Désolé, c'est rationné. - Je suis malade.
Ma gorge est enflée.
Tu auras ta part Ă 20 h. Retourne travailler.
Plus vite que ça.
Du nerf.
Tu ne seras plus bon Ă rien dans ta ferme.
- Ne t'occupe pas de lui. - Il a raison.
Je ne serai plus bon à rien, et ça ne cesse d'empirer.
- ArrĂȘte-le ! - Laissez-moi.
- Qu'y a-t-il ? - Il a voulu se jeter Ă la mer.
Une insolation, sans doute.
Quoi encore ? Encore en train de tirer au flanc ?
Je ne crois pas. Il a le scorbut. Regardez sa bouche.
Sans légumes frais, on va tous l'attraper.
Mieux vaut en parler au capitaine.
Portons-le sur sa couchette.
Il n'y a pas de doute. Il faut agir sinon...
Vous avez peur pour vous, M. Foster ?
Non, mais sans équipage, impossible de naviguer.
- On peut accoster. - Nous avons déjà 3 jours de retard.
On a déjà eu des cas de scorbut et vous n'avez pas souffert.
Séparez Hayes de l'équipage.
- Et les vivres ? - Il y a des patates et des oignons.
Mais ça diminue.
Servez-en uniquement aux passagers. Ce sera tout.
On l'aura cousue dans 5 minutes.
Le capitaine lit le service funĂšbre Ă 8 h.
Il ne mangera rien.
Hayes, il faut...
Il vous faudra un autre morceau de voile.
On va tomber Ă court de voiles si Thompson ne change pas de cap.
Vous prendriez le risque, M. Amazeen ?
L'homme né d'une femme a peu de temps à vivre et est empli de tourments.
Il surgit et est coupé comme une fleur.
Il fuit, tel une ombre, ne restant jamais en un seul séjour.
Dans sa miséricorde, le Tout-Puissant accueille l'ùme de notre frÚre défunt
et nous livrons son corps aux profondeurs.
DĂ©pĂȘchez-vous !
Dans l'attente de la résurrection, quand la mer rendra ses morts,
et de la vie du monde Ă venir, par notre Seigneur,
qui Ă Sa venue, nous conformera Ă Son corps de gloire,
avec cette force qu'Il a de pouvoir mĂȘme se soumettre tout l'Univers.
Amen.
Couvrez-vous. Et tendez les vergues.
Rompez, par la vigie bĂąbord.
Tous Ă vos postes. Plus vite !
Touchant, n'est-ce pas ?
Vous tuez des gens et priez pour leurs Ăąmes.
Je vous enjoins Ă regagner votre cabine.
- Mais vous... - M. Amazeen, escortez-la.
Vous avez entendu ?
Je vous prie de descendre.
On a de la marge de manoeuvre ?
Sam, tu dois manger quelque chose.
Impossible, M. Dana.
J'ai mal quand je mĂąche.
Pour guérir, il faut manger.
- Et tu pourrais grimper au mĂąt. - Ce serait merveilleux.
Je vais voir si je trouve un petit extra.
Je sais, ma conscience me travaille.
Essaie de dormir, ça te fera du bien.
- Vous ne mangez pas, M. Foster ? - Non.
Qu'y a-t-il ? En général, vous ne vous faites pas prier.
- Vous n'avez rien mangé. - Je ne me sens pas trÚs bien.
- C'est peut-ĂȘtre le scorbut. - Non, je suis plus rĂ©sistant que ça.
Je vais quand mĂȘme goĂ»ter.
C'est toi, Brown.
J'ignorais que tu étais là .
Tu peux avoir la moitié.
J'ai plein de patates et d'oignons.
Tu peux avoir la moitié.
Ni toi, ni moi ne voulons tomber malades.
Des malades dans l'équipage
et vous cachez de la nourriture depuis le début.
MĂȘme quand Hayes est mort.
- Je vous en prie. - Normal que vous n'ayez pas faim.
Je vais tenir ma promesse, je vais vous tuer.
- Je te donne ce que tu veux. - Vous allez mourir.
Pitié, non...
Il cachait de la nourriture depuis le début.
MĂȘme quand ses collĂšgues mouraient du scorbut.
Je le referais sans hésiter.
Allez-y. Emmenez-moi chez Thompson.
Attachez-moi. Finissez-en.
- OĂč est cette nourriture ? - Il la cachait dans le coin.
Remonte-la et donne-la Ă Sam.
Et tiens ta langue.
Plus vite que ça.
- Qu'y a-t-il ? - Je viens signaler un accident.
Entrez.
Foster a glissé par-dessus bord.
Je fais descendre un canot ?
- On peut le trouver dans le noir ? - Les chances sont quasi nulles.
Comment est-ce arrivé ?
Je ne sais pas. J'étais à bùbord.
Il était à l'avant à travailler sur un chaumard.
Puis j'ai entendu crier et je l'ai vu basculer.
Sa lame est tombée sur le pont.
- C'est Ă Foster ? - Oui, capitaine.
Je la garde.
Qui pensez-vous pour le remplacer ?
Je n'y ai pas vraiment réfléchi.
Eh bien, réfléchissez-y.
Macklin a le plus d'ancienneté, mais Dana est un bon marin.
- Le plus efficace ? - Oui, capitaine.
TrĂšs bien. Qu'il remplace Foster.
- Ce sera tout, capitaine ? - C'est tout.
Terre en vue !
- OĂč ça ? - A l'Ă©trave tribord.
Il y a Ă manger sur ces Ăźles mexicaines.
De toutes sortes.
Bobson, sur le gaillard. Je descends.
M. Amazeen.
Les hommes sont moribonds. Sam a perdu connaissance.
- Allez-vous leur trouver Ă manger ? - Ăa dĂ©pend des ordres du capitaine.
- Je te dis qu'il ne le fera pas. - Il a intĂ©rĂȘt Ă le faire.
Terre en vue Ă tribord, capitaine.
Je sais, on a rattrapé presque 2 jours. C'est l'ßle Clarion.
Dois-je changer de cap ?
Notre destination est Monterey.
En tant que Second, je dois vous avertir
que sans faire le plein de vivres, ce sera la mutinerie.
Merci. J'inscrirai votre remarque au journal de bord.
- M. Amazeen ? - Capitaine ?
- Qui est Ă la barre ? - Moi, mais Bobson me remplace.
Vu la proximité de la terre, veuillez ne pas quitter votre poste.
Oui, capitaine.
- On change de cap ? - Non.
- On ne s'arrĂȘte pas ? - Non, ordre du capitaine.
Mais ce n'est qu'un homme.
Sa vie vaut-elle plus que tout le monde Ă bord ?
Vous pouvez changer de cap.
- Quel est votre cap ? - Nord-ouest par nord.
On garde le cap tant que le vent le permet.
- Descends, Bobson. - Oui, chef.
Il ne changera pas de cap.
- Que va-t-on faire ? - Il n'y a rien Ă faire.
Si, on peut le faire nous-mĂȘmes.
Ou rester assis pour voir Sam et les autres mourir.
Ils pendent les mutins. Blackie a raison, on ne peut rien faire.
Pas si sûr, Carrick.
- Mettez le cap sur cette Ăźle. - Vous serez puni pour mutinerie.
Ce bateau est Ă mon pĂšre et j'ordonne d'aller sur cette Ăźle.
- Posez vos armes. - Vous voulez que je m'en serve ?
Vous ĂȘtes fou, Stewart.
Alors, vous changez de cap ?
Oui, je veux rester en vie pour vous livrer aux autorités.
M. Amazeen, vous ĂȘtes tĂ©moin que j'agis sous la contrainte.
Tenez-vous prĂȘts !
Tout le monde Ă son poste !
Tenez-vous prĂȘts.
- Gare Ă la barre. - Oui, capitaine.
Blackie, un coup de main.
J'aimerais vous tuer,
mais une mutinerie doit ĂȘtre jugĂ©e.
Vous savez que c'est passible de la pendaison.
J'aurais dĂ» vous tuer quand j'en avais l'occasion.
Un jour, quelqu'un le fera.
Quand on apprendra ce que je sais,
les bouchers comme vous seront consignés.
Mettez-le aux fers.
- Gardez le cap. - Oui, capitaine.
Maria.
Je vous apporte Ă manger.
- Il ne faut pas prendre ce risque. - Personne ne m'a vue.
Merci.
- Comment va Sam ? - Il va un peu mieux.
M. Dana lui a apporté à manger.
C'est bien.
C'est si bon de vous regarder.
Vous devriez manger.
Pourquoi ĂȘtes-vous descendue ?
Parce que je pensais Ă vous.
Et Mercedes aussi.
MĂȘme si vous m'aimiez un peu, vous le tairiez.
Ăa ne changerait rien.
Pour moi, ça changerait tout.
Vous savez que ma vie est planifiée.
Ce sera toujours ainsi.
Vous comprenez ?
En espagnol, peut-ĂȘtre.
Mais en anglais, ça n'a pas de sens.
Je sais.
Je me souviendrai que vous me l'avez dit.
Vous feriez mieux de partir.
Bonne nuit.
En phase d'approche.
- PrĂȘt Ă tirer une salve ? - Le canon n° 4 est prĂȘt.
- Hissez le pavillon. - Oui, capitaine.
Pavillon hissé sur le grand mùt.
Feu !
Vous arrivez en temps et en heure.
- Merci, monsieur. - J'espĂšre vous avoir Ă dĂźner.
Désolé, mes tùches ne le permettent pas.
Voici les papiers.
Et un rapport sur un mutin qui devrait ĂȘtre jugĂ© avec cĂ©lĂ©ritĂ©.
C'est une grave accusation.
En l'espĂšce, c'est trĂšs grave au niveau du motif et des faits.
Tentative de saisie du bateau, vol d'armes
et tentative de meurtre sur mon Second et moi-mĂȘme.
- Majesté. - Mademoiselle.
J'aimerais dire un mot sur M. Stewart.
Le capitaine ne dit pas la vérité.
Puis-je vous demander de vous exprimer en anglais ?
Bien sûr.
Je disais à M. Alcalde que vous ne dites pas la vérité.
Et vous veillez à ce que vos hommes ne disent pas ce qui s'est passé.
De plus, selon moi, M. Stewart n'est coupable de rien.
Il tentait de sauver des malades et deux sont morts.
A cause de votre brutalité.
Vous trouverez les détails dans ce document.
Le prisonnier a-t-il tenté de saisir le bateau ?
Il appartient Ă son pĂšre. Il peut obliger le capitaine.
Désolé, mademoiselle,
le capitaine a le droit d'exiger un procĂšs.
En mer, la mutinerie est un des pires délits.
La loi est stricte.
Je compte sur votre diligence. J'aimerais repartir au plus vite.
- Alors, demain matin Ă 11 h. - Merci.
- Au revoir, mademoiselle. - Majesté.
- Puis-je témoigner ? - Je vous le demande.
On ne peut pas aller Ă terre.
Non ? Ce n'est pas notre avis.
Le capitaine dit de s'apprĂȘter Ă dĂ©charger.
On va à terre, que ça lui plaise ou non.
On quitte tous le bateau.
Il n'a qu'Ă prendre des locaux pour rentrer.
C'est prendre un sacré risque.
Tout vaut mieux que ça.
Tu es un second, maintenant. Dans quel camp es-tu ?
- Je ne vous arrĂȘterai pas. - Mais tu ne viens pas avec nous.
Il y a un marin enchaßné. Je crois qu'il ne faut pas le laisser.
- Et toi, Sam ? - Non, M. Dana.
Il n'a aucune chance au procĂšs.
Ils n'écouteront que Thompson.
- Sa seule chance, c'est de s'évader. - C'est impossible sans aide.
Si vous voulez tenter de le sauver, je vous suis.
- Je marche. - Moi aussi.
Dooley, aide Sam Ă s'habiller. Venez.
Venez, amiral. Habillez-vous.
Passe-moi la lampe.
- Il faut un pied-de-biche. - Oui, j'ai la clé d'Amazeen.
Venez.
Que se passe-t-il ?
On quitte le navire. Et tu viens avec nous.
Délivre les pieds. On fera les menottes plus tard.
- OĂč va-t-on ? - On ne sait pas encore.
Il faut d'abord aller Ă terre. Tu n'as aucune chance au procĂšs.
- OĂč sont les passagers ? - Dans leurs quartiers.
Pas le temps de passer dire bonjour.
- Sortons-le d'ici. - Et vite.
Les tonneaux, par la passerelle. Les marchandises au milieu.
En gardant le rythme, nous serons à San Francisco dans les délais.
Veillez à débarquer les bagages des passagers au plus vite.
Et pour revenir aux permissions Ă terre.
Chacun aura 2 h à terre, le jeudi avant le départ.
Mieux vaut commencer par ça.
Pour faire passer ce dur voyage.
Je ne suis pas là pour ça, M. Amazeen.
Que se passe-t-il ?
On dirait qu'on met un canot Ă la mer.
Mieux vaut qu'elle reste dans sa cabine.
Il risque d'y avoir du grabuge. Verrouillez votre porte.
Dites-leur de remonter Ă bord.
Ohé du bateau ! Demi-tour. Remontez à bord.
- Et si on refuse ? - Vous en paierez les conséquences.
Dana, faites demi-tour.
- On quitte le navire. - Exact, capitaine Thompson.
TrĂšs bien.
Pourquoi avoir fait ça ?
Je vous ai obéi et fouetté les hommes, car c'était la loi.
Je les ai commandés, car tel est mon devoir.
Mais je ne les tuerai pas, c'est un meurtre.
- Vous n'ĂȘtes plus le Second. - Pas de problĂšme.
Je vous ai sorti de la lie et je vous y renvoie.
Non, capitaine Thompson.
Dana, attendez-moi !
Amazeen, revenez.
Revenez, c'est un ordre.
Vous m'entendez ? Je vous somme de revenir.
Je ne pensais pas qu'il me ferait ça.
Remontez tous Ă bord.
Vous entendez ?
- Oui, on vous entend. - Retournons-y.
Carrick.
- Qu'y a-t-il ? - Thompson et Brown sont morts.
Entretués.
- Dana, on prend le commandement. - C'est de la piraterie.
Ils l'ajouteront Ă la mutinerie, s'ils nous trouvent.
- On met les voiles, ce soir. - D'accord.
Soyons prĂȘts Ă filer par le bout.
Mieux vaut débarquer les dames. Dis-leur de se préparer.
Maria.
- Charles, vous ĂȘtes sauf. - Thompson est mort.
- Ils prennent le bateau. - Peu importe oĂč on va.
Vous ne pouvez pas rester Ă bord.
Stewart, un bateau approche.
Attendez mon retour. Que Mercedes prépare vos bagages.
Tout le monde Ă couvert.
- Ohé du bateau ! - C'est le PÚlerin.
- J'ai entendu des coups de feu. - On fĂȘte notre record.
- DĂ©solĂ© du dĂ©rangement. - OĂč est le capitaine ?
Dans sa cabine, avec ordre de ne pas le déranger.
Je vais monter Ă bord. En avant.
Couvrez-les quand j'ouvre le sabord.
- Restez oĂč vous ĂȘtes. - Pas un geste ou on tire.
Dooley, prends l'amarre. Carrick, Ă l'ancre.
Dana, partons sur-le-champ.
- On ne débarque pas les passagers ? - Pour qu'elles racontent tout.
On sera loin. Avec ce vent de terre, on ira vite.
- Aucun bateau pour nous suivre. - Il a raison. Pas de femmes Ă bord.
D'accord, mais faites vite.
Bobson ! Clark ! A la drisse. Les autres, aidez-les.
Ho ! Hisse !
Vite, pas de temps Ă perdre.
Carrick, file par le bout.
C'est fait.
Maria, j'ignore quand je reviendrai,
- mais promettez-moi de m'attendre. - Promis.
- Stewart, Ă bord. - Larguez les amarres. On se tire.
Allons-y.
- A la barre. - Hissez les voiles.
Garde le cap. Nord-ouest par ouest.
- OĂč va-t-on ? - D'abord, on va chercher des vivres.
Bonne idée, des vivres.
Puis on file vers l'Orient. C'est parfait pour se cacher.
On va se cacher toute notre vie. Ils nous traqueront dans chaque port.
- Une meilleure idée ? - Oui.
On va à Boston et on explique ce qui s'est passé.
- Pour finir tous pendus ? - On n'est pas fous.
On vend la cargaison et on part vivre en Orient.
On nous traquera comme des pirates.
Et on dira que les équipages n'ont aucun droit.
Ils n'auront pas tort si on s'enfuit.
Ce sera pire pour tout homme qui prendra la mer.
- Ce que dit Dana est sensé. - Oui, pour un fils d'armateur.
Mais ils nous pendront. C'est la seule justice pour un marin.
Fils d'armateur, peut-ĂȘtre, mais je suis un marin.
Et le livre que Dana écrit m'intéresse.
Il pense pouvoir changer la vie des marins américains.
Et il veut rentrer Ă Boston pour tenter de le faire publier.
Mais il faut que ceux qu'il défend soient là pour le soutenir.
Ramenons ce bateau en Américains libres
et affrontons les accusations.
Prouvons que nos actes étaient justifiés.
Nous serions les premiers Ă le faire.
J'ignore ce que vous en pensez,
mais je veux bien rentrer et me battre à ses cÎtés.
C'est à vous de décider.
- Je vais parier sur Dana. - Moi aussi.
- Je marche. - Je suis d'accord avec Stewart.
- Je prends le risque. - Aucune objection ?
TrÚs bien, le vote a parlé. J'ai déjà risqué la pendaison.
- Dana, on rentre dĂšs que possible. - Merci, Macklin.
- N'oublions pas de faire escale. - Pourquoi ?
Trouver des vivres pour que mon talent s'exprime.
Comme les poĂštes, on naĂźt cuistot, on ne le devient pas.
Arrivée du brick "Le PÚlerin",
de la compagnie Stewart.
Abordé par le service des douanes de Boston.
Mutinerie signalée dans l'océan Pacifique.
Capitaine Thompson et officiers tués.
L'équipage est placé sous les verrous.
- Bonjour, pĂšre. - Charles.
C'est bon de te revoir malgré les circonstances.
Mon avocat est sur l'affaire et te fera sortir demain.
Désolé, mais je reste avec les autres.
Nos actes étaient justifiés et je veux faire face.
Dana a donné son carnet à un éditeur et quand tu liras...
Inutile d'en parler davantage. Je te ferai sortir demain.
Désolé, pÚre, mais je vais rester et faire face avec mes camarades.
Comme tu voudras.
Bonsoir.
Merci, pĂšre.
Une chose est sĂ»re, ce livre ne doit pas ĂȘtre publiĂ©.
Messieurs, ce livre va ĂȘtre publiĂ©.
REVOLTE A BORD
Je n'en reviens pas.
- C'est la vérité. - C'est faux.
- Vérité. - Mensonge.
Je vous dis que c'est vrai.
Et j'exige une enquĂȘte du SĂ©nat.
Une mutinerie est passible de la pendaison.
Mais nous sommes rentrés pour faire face aux accusations
pour le bien des marins dans le futur
et pour prouver que ce que j'ai écrit est la vérité.
La seule loi du marin, c'est l'ordre de son capitaine.
S'il refuse, il encourt la faim, le fouet, voire la mort.
Et ça restera ainsi tant que le gouvernement le permettra,
que les marins meurent ou non. C'est à vous de décider.
Si vous pensez que nous disons la vérité
et que nos actes étaient justifiés,
nous vous prions de voter une loi
pour protéger ceux qui servent notre pays sur les mers.
Merci beaucoup.
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