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Zulu
:::
-1776.
Les colonies anglaises d'Amerique se sont soulevees contre la Couronne.
Sous le jeune drapeau americain qui ne compte alors que 13 etoiles,
ceux qu'on appelle les lnsurgents
luttent farouchement pour conquerir leur independance.
Mais, a l'armee anglaise, puissante et organisee,
le general americain Washington
ne peut opposer que des milices mal equipees et indisciplinees.
Coups de canon au loin
:::
:::
Les armes, les vivres, les vetements font cruellement defaut.
Aussi, malgre leur courage et leur enthousiasme,
les lnsurgents essuient defaite sur defaite
et se font durement decimer.
:::
-Ephraim Putnam;
-James Thomas Hight;
-Boy Halston;
-Jonathan Mitchell ;
-La volonte de vaincre demeure.
Galvanisee par son chef Washington, la jeune nation donne ses 1 ers heros.
-Pourtant,
au soir de certaines batailles,
Washington sent d'ecrasantes responsabilites
peser lourdement sur ses robustes epaules d'ancien fermier.
-General Washington.
-Won't you be seated; -Thank you.
Coup de canon
#Musique militaire
:::
Sifflement de canon
Explosion
:::
:::
-A Paris, au cabaret de l'Epee de bois,
rendez-vous d'une brillante jeunesse eprise d'idees nouvelles.
Brouhaha
:::
-A toi, mon cher marquis !
-Merci. Tu m'as coupe la soif, cher comte.
-Messieurs !
Usant de la liberte d'opinion qui nous est chere,
je declarerai que le marquis de La Fayette, tres fort en gueule,
l'est beaucoup moins sur 2 points :
le vin et les femmes !
Pas plus d'un verre, pas plus d'une femme !
-Sa femme est charmante, mais c'est une enfant.
-Defi releve !
-ll boit !
-lL BOlT ! lL BOlT ! lL BOlT !
-lL BOlT ! lL BOlT ! lL BOlT !
-ll a bu !
-OH !
-Ca s'arrose !
-Ca se lave !
-Messieurs, bonsoir.
Je vous apporte un cadeau de notre ami Benjamin Franklin.
Un portrait du commandant des lnsurgents,
le general George Washington.
-BRAVO !
-Vive l'Amerique !
-Ah non ! C'est pas possible, ca !
Je vous ai deja laisse accrocher Rousseau, Diderot et Voltaire.
La police les tolere,
mais un general, je vais avoir des ennuis !
-Doucement, l'ami !
Notre tavernier parle d'or !
La police imbecile ne craint pas les ecrivains.
Mais sans ecrivains, pas de generaux.
La plume propose, l'epee dispose !
Acclamations
La place du general Washington est bien entre Rousseau et Voltaire.
Qu'il y reste.
Liberte !
:::
-Des argousins viennent ici deguises en bourgeois !
Vous allez me faire jeter en Bastille, moi !
-Je t'y suivrai et je reclamerai qu'on nous mette dans le meme cachot.
Egalite !
:::
Mes amis,
levons nos verres aux lnsurgents et a Washington !
:::
-Un homme si riche, un revolutionnaire ;
-ll en faut ! Avec quoi on la ferait, sinon, la revolution ;
:::
-Monsieur le marquis, un argousin !
-Monsieur l'exempt.
Malgre votre habit bourgeois,
on vous reconnait. Venez !
Trinquons a la victoire des lnsurgents.
-Fraternite ! -Apres, vous ferez
votre rapport a M. de Maurepas.
-Vous vous trompez, monsieur.
Je suis Sileas Deane, citoyen americain,
sous les ordres du general Washington.
-Welcome!
-WELCOME!
-Parlez, M. Deane.
-Je suis a Paris pour recruter des volontaires.
En m'envoyant ici, on m'a bien renseigne.
-Oui, monsieur. Quand partons-nous ;
-Allons, monsieur, vous etes encore plus presse que moi !
Je dois soumettre les contrats d'engagement a M. Franklin,
trouver un navire, des armes...
-Ou en etes-vous ; -Le general Washington
vous fait dire que tout va mal,
mais que nous nous battrons jusqu'au bout.
-M. Deane, nous sommes tous officiers de Sa Majeste le roi de France.
Ce ne sera pas facile.
On nous empechera de partir, mais nous partirons !
-Pour ou, monsieur ;
-Pour l'Amerique, monsieur l'exempt.
-Votre franchise me simplifie la tache, monsieur le marquis.
-Votre tache est de moucharder.
Mouchardez, allez !
C'est un endroit public.
Tant que l'ordre regne, vous n'avez pas a ouvrir la bouche.
-Washington... -C'est un general anglais.
-Vous me prenez pour un imbecile ; -Je ne me permettrais pas.
-Certier !
Cris
:::
Remerciez-moi, monsieur l'exempt. Vous alliez commettre un crime.
-C'est vous qui en commettez un.
Quand on a donne son epee au roi, on n'en fait pas
l'usage que vous en faites.
-Ramassez la votre.
Vous vouliez me donner une lecon ; Je vous en donnerai une autre.
-Je ne peux pas me battre contre un officier de Sa Majeste,
mais je peux le faire arreter !
A moi, le guet !
:::
-Votre epee, monsieur ! Et ca avec !
:::
-Ca y est, ca recommence ! Je l'avais bien dit !
Au secours, a l'aide !
:::
-Pour un tableau !
:::
-ll est bien defendu, votre Washington.
-Laisse-le-moi ! Laisse-le-moi !
:::
-Assassins ! -Bourreaux !
-A mort, les argousins !
-Messieurs du guet, relevez votre chef !
Qui m'aime me suive !
:::
A bientot, M. Deane !
Vous voyez ; Ca commence bien !
:::
Acclamations
:::
-J'espere que Segur va gagner.
:::
-Ca y est ! -C'est le comte d'Artois !
-Je perds 1 00 ecus. -Moi, 200.
-Moi, 3. Je suis meilleur courtisan que vous.
-Ca fait un tel plaisir au roi qu'on joue son frere perdant.
-Je vous la joue contre 1 000 ecus !
-Pere, j'ai perdu.
-J'espere bien, moi aussi. C'est d'un bon courtisan.
-Je n'y avais pas pense, je l'avoue.
Je vais regler. Vous restez avec Adrienne ;
-Certainement, mon gendre.
Le chapeau de Mme de Simiane m'a empeche de voir l'arrivee.
-Moi aussi.
-Cet etranger vient d'arriver.
Comment Gilbert a-t-il pu parier avec lui ;
-Le navire ;
-Arrive hier, au Havre.
C'est le Sussex.
-Avec des fusils ;
-Petoires, mais fusils...
-Et la police ;
-Vergennes ferme les yeux.
-Vergennes ; -Sire ;
-A qui parle donc le marquis de La Fayette ;
-Je ne vois pas tres bien, sire.
J'ai une tres mauvaise vue.
-A Sileas Deane, l'agent des Americains, sire.
-Vous, Maurepas, vous avez une excellente vue.
-Grace a Dieu, malgre les ans, je vois encore assez loin.
C'est utile, pour un ministre.
-Le baron Kalb embarquera.
-Et moi ;
-Franklin a signe votre engagement, monsieur le marquis.
-Remerciez-le.
Dites au baron que j'embarque avec lui.
-Et votre femme ;
-Je vais lui parler.
-Regardez comme Gilbert a l'air radieux.
Vous aimez donc tellement perdre ;
-J'aime les causes perdues, nuance.
-Dans ce cas, vous avez une chance, ma chere.
-Pardonnez-moi.
-Gilbert.
On nous traite, Aglae et moi, comme 2 chevaux.
-C'est-a-dire ; -On parie sur nous.
Laquelle arrivera... -Arrivera a quoi ;
-Faites l'innocent, monstre.
-Excusez-moi. Moi, je suis deja arrive.
Pere, je vous enleve ma femme.
J'ai a lui parler. -D'amour, je sais.
Mais le roi d'abord.
Comme nous avons perdu pour lui plaire,
allons voir si nous lui plaisons.
-Aimez-vous les courses de chevaux ; -Elles me passionnent.
-Que n'y avez-vous participe, alors ;
-J'ai l'honneur d'appartenir aux mousquetaires du roi,
je chevauche un sabre a la main.
-Reponse de mousquetaire !
-Qu'en dites-vous, Maurepas ;
-ll serait dommage que Votre Majeste perdit de tels officiers.
-Qui vous parle
de les perdre ; Nous ne sommes pas en guerre.
-On ne sait jamais si on est en guerre ou pas.
J'ai fait mettre l'embargo, ce matin,
sur un navire charge d'armes a destination des Americains.
-Vous choisissez bien mal votre moment.
-Pas si mal.
-Pardonnez-moi, sire.
Je dois, dans ce cas, instruire Votre Majeste
que de mon cote j'ai accorde l'autorisation.
-Messieurs, nous sommes aux courses. On joue, on ne decide pas.
A quoi bon avoir 2 ministres s'il faut toujours trancher entre eux ;
-Votre Majeste va s'amuser !
ll faut choisir entre Washington et Cornwallis.
-Expliquez-vous.
-Le comte de Segur va courir sous le nom de Washington...
-Maurepas, vous jouez l'Angleterre ;
-Un ministre des Finances est tenu a des placements surs, monsieur.
-Alors... 500 sur Washington. -Tenu. 500 sur Cornwallis.
-Je ne connais pas Washington, mais Segur est charmant.
Je mets 1 000 ecus sur lui.
-Moi, madame, je dois jouer sur les deux.
-C'est tres sage, sire. -Et vous, La Fayette ;
-Que Votre Majeste m'excuse.
Je ne joue pas les grandes idees sur des chevaux.
Fussent-ils anglais.
:::
-Un roi qui aime dormir, une reine qui s'amuse,
les Anglais qu'on hait mais qu'on imite,
et la guerre d'Amerique qui devient une course !
-Sire, j'y pense.
Voila pour vous une merveilleuse occasion de decider.
-Decider quoi ;
-Pour ce navire !
Si Noailles gagne, vous penchez pour Maurepas.
Si c'est Segur, pour Vergennes.
-Ma foi, madame, vous etes toujours de fort bon conseil.
:::
Cloche
:::
-Washington.
Sire, c'est Vergennes qu'il faut suivre !
-Le bouillant jeune homme.
-Je l'ai dit, sire, les courses me passionnent.
-Les courses ou les lnsurgents ;
-Tous les jeunes sont des insurges.
-Le roi faisait une boutade.
-Nullement. C'est decide. Ce navire peut partir.
-Rome organisait des courses de char. -lls pariaient ;
-Non. C'est une idee anglaise.
-Pensez-vous que ce divertissement prosperera ;
-M. de Conflans
l'affirme.
-Le general Howe, a la tete d'une armee de 33 000 hommes,
a ecrase les lnsurgents.
-Diable...
Voila un homme fort serviable.
ll me tire d'embarras.
ll vaut mieux jouer sur une armee que sur un cheval.
Je me rallie a Maurepas,
qui a decidement une meilleure vue que vous.
Je tolerais l'aide occulte aux lnsurgents.
Desormais, je l'interdis.
-Gilbert...
Aboiements
-Au fond de Passy,
dans une petite maison bien cachee,
celle de Benjamin Franklin, le sage de la revolution americaine.
-Virginie et New York.
Excusez mon retard, messieurs.
-La police ; -Non, pire.
Mon beau-pere !
-La defaite americaine, vrai ou faux ;
-Vrai !
-Baron, je ne vous avais pas vu. -On ne voit jamais Kalb, monsieur.
Tout est vrai : Howe bat Washington, Maurepas bat Vergennes,
et adieu le navire.
Nous n'aurons pas le plaisir de faire ce beau voyage ensemble.
-Vous perdez vite espoir.
-''Vite'' ; Voila 30 ans que j'attends l'epaulette de general.
Allemande, anglaise ou francaise, qu'importe.
Seuls les grades comptent.
Meme l'americain m'echappe !
Pour moi, c'est le combat qui compte.
Plutot etre soldat lnsurgent que general de la Couronne.
-C'est de votre age. Vous trouverez d'autres combats.
Celui-ci est termine.
Finished!
-J'espere que l'opinion du baron n'est partagee par personne ici.
-Par tous, Gilbert.
-Pas par vous, Deane ;
-Une defaite qu'on surmonte est un debut de victoire, seulement...
-Seulement ;
-Franklin n'est pas la. -J'ai vu. Ou est-il ;
-A cote, avec un messager qui arrive d'Amerique.
Mais j'ai peur, M. de La Fayette,
que le message soit :
''Tout est fini.''
-Finished!
-Messieurs.
Le Congres de Boston
a declare l'independance des colonies d'Amerique.
-VlVE LE CONGRES !
-Monsieur Franklin,
on ne declare pas son independance, on la conquiert.
-C'est vrai, monsieur Kalb.
Mais on ne la perd pas non plus
en une bataille.
-Si, quand c'est la derniere.
-La derniere sera celle ou les Anglais seront ecrases !
-Par vous, marquis ; -Par moi, par vous, general.
Par tous ceux qui me suivront !
-Sur une montgolfiere ; -Sur un navire, le mien.
-Vous disposez d'un bateau ; -Un bateau, ca s'achete.
-''Plus cher qu'une conscience, monsieur.''
Vous etes riche, mais connaissez-vous le prix d'un bateau,
d'une cargaison d'armes, hein ;
-La liberte n'a pas de prix, monsieur.
-C'est la votre, maintenant,
que vous risqueriez si le roi apprenait que vous voulez
acheter un bateau.
-Je serai deja loin quand il l'apprendra.
-A moment.
Vous parlez serieusement, monsieur de La Fayette ;
Vous pourriez disposer de 100 000 livres ;
-Et du double.
-Sans froisser personne ici,
nous partons tous avec contrat en poche et epaulettes.
Vous, vous ne demandez rien,
et vous offrez navire et armes ;
-Je n'y mets qu'une condition. -Laquelle ;
-Que ce navire s'appelle ''La Victoire''.
-Bravo, Gilbert !
-Et le soir, il va chez elle... -En es-tu sure ;
Est-ce un homme dissimule ; -Non, justement.
ll l'avoue : ''Je me precipite vers les idees, les drapeaux, les femmes.''
-ll y a 2 chances sur 3 pour que tu te trompes.
-Mais je l'aime.
-Et s'il n'aimait que toi ;
S'il n'aimait pas les idees, les drapeaux,
et si les femmes ne l'aimaient pas,
l'aimerais-tu ;
-Je crois.
-Pour moi, l'amour, c'est si simple. -Pour lui aussi. Trop, meme.
ll lui faut la gloire.
C'est une dame qui peut te faire souffrir plus que les autres.
Bruit de sabots
-Vous ne dormez pas ;
-Ne me touchez pas, Gilbert.
-Adrienne...
Vous embrasserais-je si je sortais des bras d'une autre ;
Repondez-moi.
-Je suis sure que la comtesse de Simiane vous plait.
-Oui, elle me plait.
Je ne le nie pas.
Et Aglae aussi me plait.
Seulement, elles ont toutes les deux quelque chose contre elles.
-Quoi ;
-Vous.
Mon coeur.
-Mais alors, ou allez-vous le soir en grand mystere ;
-Chez un vieux monsieur.
Benjamin Franklin.
-Pourquoi me le cacher ;
-Vous etes une petite fille.
-Je suis une epouse et une mere.
-Oui, aussi.
Petite fille, epouse, mere, n'est-ce pas assez ;
Dois-je encore charger ces charmantes epaules ;
-Si je suis sure de votre amour, faites ce que vous voudrez.
-Meme partir ;
-''Partir'' ;
-Sans promesse de retour.
-Chez les lnsurgents,
c'est ca ;
-Oui, mon coeur, c'est ca.
Et ce n'est pas tout.
Rien ne vous est plus facile de m'en empecher.
Vous avez entendu le roi.
On va nous surveiller a outrance. Moi, surtout.
Et vous etes au mieux avec le plus farouche de mes gardiens.
-Qui est-ce ; -Votre pere.
-Chiquois, d'ou vient M. de La Fayette ;
-Vous pouvez choisir.
Etre avec lui, contre moi, pour me garder.
Ou avec moi, contre lui, pour me perdre.
Vous voyez ce que je demande a ma petite fille ;
Autant qu'a une hero:i:ne de Corneille.
-Ce qui, avec cette lettre de change,
fait un total de 1 1 2 000 livres.
-Et de 29 jours d'attente.
-Kergoet,
M. le marquis, etait un de vos plus beaux domaines.
Je n'allais pas le sacrifier.
ll fallait bien faire jouer un peu la concurrence.
-J'aurais prefere vendre 2 domaines et attendre 2 fois moins.
-M. le marquis,
vous n'avez pas juge bon de confier au vieux notaire
et ami de la famille
ce que vous comptez faire de cet argent ;
C'est une vraie fortune, et celui ou celle qui va l'avoir
pouvait bien attendre.
-ll y a des cas, monsieur, ou faire attendre est un crime.
-Alors, maitre ;
-ll a la somme,
mais je ne sais pas ce qu'il va en faire.
Une phrase sibylline, c'est tout.
-Laquelle ; -''Faire attendre est un crime.''
Clavecin
:::
-Je m'absente jusqu'a ce soir, mon coeur.
Cet air charmant m'accompagnera avec celle qui le joue.
-Vous avez la somme ; -Oui.
:::
A ce soir, mere.
-C'est de l'or ; -De grace, oubliez-le.
-Suis-je sotte.
Quand un mari sort avec tant d'or, c'est qu'il va aux cadeaux.
-Voila, mere. Je vais aux cadeaux.
:::
-Montez. -J'ai rendez-vous, pere.
-Je sais. Je vous y accompagne.
Je vous en prie.
-Mr. Deane, je suis fils de paysan,
comme vos enfants du Missouri,
mais je connais les nobles.
Un verre dans le nez, et ils sont prets a se ruiner pour une cause.
Degrises, ils se ruinent pour les femmes.
-Pas La Fayette, M. Kalb. -Je l'ai cru aussi.
Mais il me fait trainer depuis 8 jours.
Si je ne pars pas ce soir, je n'arriverai jamais lundi.
Et lundi, plus de navire.
-ll avait dit 1 6 h.
-Au plus tard.
ll est 15 h 45.
-1 12 000 livres qui sont la...
-Vous etes bien informe.
Vous savez a qui cet or est destine ;
-Oui. -A la comtesse de Simiane.
-Non. Aux lnsurgents.
-ll n'y a qu'une personne qui le savait.
-Chacun ses secrets.
-Adrienne... -Laissons-la.
-C'est ma femme. -C'est ma fille.
Donnez votre fortune aux lnsurgents si vous voulez,
mais donnez-la discretement et n'allez pas plus loin.
Votre epee est au roi.
-Un jour, il en sera bien aise. -Pour l'instant, il se mefie.
Vous croirez quitter Noailles pour l'Amerique, ce sera pour la Bastille.
-Elle ne me fait pas peur. -Moi, si.
Je souhaite pour mon gendre une autre condition que la prison.
Aussi, avant de vous rendre a votre entrevue,
nous allons endormir les soupcons du roi.
-Nous allons chez le roi ;
-Non, chez son frere. -Lequel ;
-Chez Monsieur.
-Faites entrer M. de La Fayette.
-Confiez-moi cela.
Votre habit en est tout deforme.
Ce n'est pas une confiscation, c'est un depot.
Merci.
-Soyez le bienvenu, M. de La Fayette,
sous ce toit, qui va
devenir le votre. -Le mien ;
-Le 1er gentilhomme de ma maison est ici
dans sa maison.
Mais c'est aussi, dirait-on,
votre 1 re nouvelle.
-Oui, pardonnez-moi, monseigneur.
M. d'Ayen m'a reserve la surprise.
-Je vois qu'il a reussi.
-ll aurait cependant du me consulter.
Cette charge est un grand honneur et je m'en trouve peu digne.
-Votre nom,
votre uniforme et votre fortune
vous en rendent particulierement digne.
-Merci, monseigneur.
Mais outre ces biens que vous enumerez,
il y en a un auquel j'ai la faiblesse de tenir davantage : mes idees.
-Ah oui, j'oubliais...
ll est de bon ton d'avoir des idees.
Quelle idee...
La naissance dispense d'en avoir.
Jeunesse, nom, fortune et femme
ne vous suffisent pas ;
Laissez donc les idees a ceux qui en ont besoin pour vivre.
-J'en ai besoin pour vivre, et celles que j'ai m'empechent de vous servir.
-J'aimerais que vous m'en laissiez seul juge.
-Elles ne sont qu'un mot. -Lequel ;
-La liberte ! -Un mot, en effet.
-Elle souleve le monde. -Une partie.
-La plus jeune.
-M. de La Fayette,
votre franchise est un titre de plus.
M. d'Ayen ne m'a pas cache votre sympathie aux lnsurgents,
mais prenez donc ces flibustiers comme...
comme les femmes prennent leur coiffure !
N'engagez pas votre vie sur une mode,
car en France, tout se demode.
Et rien ne change.
-Tout va changer ! Ce serait a desesperer...
-Et le roi ; Que faites-vous du roi ;
-Et le peuple, monseigneur ;
-ll serait heureux
si des agites ne lui prechaient pas qu'il ne l'est pas.
-Ces agites ne prechent pas, ils combattent
la malhonnetete des ministres, des juges,
la reduction en esclavage du peuple !
-Mais c'est un programme revolutionnaire.
-Vous comprendrez, monseigneur, qu'un revolutionnaire ne peut etre...
-Je ne suis pas le roi, mais je puis l'etre un jour.
J'estime a present qu'un revolutionnaire
n'a pas sa place ici.
Vous voila prevenu.
-Monseigneur attend M. le duc d'Ayen.
-Alors, que lui avez-vous dit ;
-Vous l'apprendrez de sa bouche meme.
Votre habit s'en trouve tout deforme.
-Pardon.
-J'ai ete nomme 1er gentilhomme de la chambre de Monsieur.
J'ai besoin de vous pour une mission urgente et secrete.
-Bordeaux, finished!
-Le voila.
-Entre deux gendarmes ;
-Merci, messieurs. Laissez-nous.
-Vous etes tres fort, M. de La Fayette.
Sifflement
Au revoir !
-Revenez vite.
-La 1 re mission de votre gendre s'est bien accomplie.
-Pardon ;
-Monsieur lui a fait porter de l'or, et j'ai eu l'honneur de l'escorter.
-Mefiez-vous que cet honneur ne vous conduise a la Bastille.
-Je desesperais...
-Alors ;
-C'etait la comtesse de Simiane, M. le duc.
-Encore...
-Nous jouons du Marivaux, cher. -Et assez bien, ma foi.
Mon beau-pere doit penser que je delaisse les lnsurgents
pour vos beaux yeux.
-Plut a Dieu. Mes beaux yeux ne vous meneront pas a la Bastille.
Gilbert, nous allons chez la reine.
-En quel honneur ; -Notre comedie ne dupe personne.
J'ai les inconvenients d'etre votre maitresse
sans en avoir les avantages.
Une ame charitable, et dans les secrets de Maurepas, m'a prevenue.
-De quoi ;
Harpe
:::
-Monsieur de La Fayette.
:::
-C'est la 1 re fois qu'on vous voit a ma musique de chambre.
-En effet, Majeste.
-Peut-etre est-ce pour y rencontrer ce cher Lauzun ;
Ou ce bon Mauroy ;
Ou cet excellent Segur, que je ne voyais plus ces temps-ci ;
-Non. C'est Votre Majeste que M. de La Fayette vient voir,
sur mon conseil.
-Vous transformez mon salon en un lieu de complots ;
Mais c'est tellement amusant.
Et ceux qui m'amusent ont droit a toutes les indulgences.
-Je suis confus, mais Votre Majeste connait ma franchise.
-Je connais aussi vos soucis.
C'est donc pour m'en parler que vous venez ecouter ma musique.
-Oui, Majeste !
-Dieu, qu'il est drole !
-Rien ne vous echappe.
-Ah, si.
Helas...
-Messieurs,
le roi !
-Sire, puis-je me permettre ;
-Que voulez-vous ;
-Une signature, sire.
-Je vais chez la reine. Votre signature attendra demain.
Vous vous entetez ;
-L'entetement est le 1 er devoir d'un ministre.
-Parlez, mais vite, j'adore cette ariette.
-ll est trop tard, Majeste.
-Maurepas me poursuit jusque chez vous, madame.
Vous etes le dernier refuge contre cet homme.
-''Le dernier'' ;
-Signer,
c'est decider, et a cette heure-ci,
je n'ai envie de prendre qu'une decision : dormir.
-Exploitons donc cet amour immodere du sommeil.
-Que faites-vous ; -De grace, n'ayez pas peur !
-Sire, ces signatures ne peuvent plus souffrir le moindre delai.
-Enfin, suis-je un refuge ou un cabinet de travail ;
-Vous avez raison.
Reprenez la musique.
Finissons-en, monsieur.
:::
-Vous semblez embarrasse, Louis.
-ll y a de quoi. Ce sont des mandats d'arret.
Regardez les noms.
-Quoi ; Arreter des gentilshommes venus chez moi en amis ;
-lls ne sont venus chez vous que parce qu'on doit les arreter.
-Je vous prends a temoin, sire. Le ministre m'accuse de comploter !
-Attention a vos paroles.
Reprenez ceci, ce n'est pas le moment.
-Votre Majeste ne me fera pas de reproche si j'ajoute un autre decret.
-Quel decret ; -La guerre.
-La guerre...
-L'Angleterre perd patience,
et le depart pour l'Amerique de M. de La Fayette et ses amis...
-L'Angleterre
devrait bien me laisser ecouter un peu de musique.
Je regrette, madame, l'amitie de l'Angleterre
demande qu'on choisisse bien les siennes.
-Attendez, sire.
Les interesses sont la.
La plus elementaire courtoisie n'est-elle pas de les informer ;
-Je suis chez vous, madame, je me plierai.
Messieurs...
ll repugne a la reine qu'on decide de votre sort dans votre dos.
Je suis moins indulgent, vous decidez de celui de la France dans le mien.
Pour lui plaire, je vous informe donc :
je signe
votre arrestation a tous les 4.
Maintenant, musique.
-Sire, j'y pense.
N'y a-t-il pas un moyen plus elegant de rassurer l'Angleterre
que d'enfermer M. de La Fayette ;
-Lequel ; -Mais de le lui envoyer !
-L'idee est admirable.
Son oncle Noailles est ambassadeur a Londres.
-Entre parents, on s'invite,
surtout si le roi vous y invite.
-Madame, pourquoi ai-je 2 ministres quand vous en valez 10 ;
Vous irez a Londres, monsieur.
D'autant plus que moi, je dois aller au lit.
-Majeste... -Suffit, Maurepas !
ll est 22 h, c'est de la folie.
Si on ne me laisse pas dormir, ou ira la France ;
-Comment puis-je remercier Votre Majeste ;
-En tournant la tete aux Anglaises.
-Souffrez, au moins... -Je n'aime pas souffrir.
Bonne chance, a Londres.
#Hymne anglais
-Mon cher Noailles, quitte a choquer cet excellent Germain,
je le repete : nous n'aurions jamais du vous prendre le Canada.
-Vous oubliez, Altesse, que l'Angleterre vit de son commerce.
Et de quoi vit son commerce ; De ses colonies.
-Mais si on prend les siennes a ses amis,
on se reveille un beau matin
sans commerce, sans colonies et sans amis.
-Quel dommage pour la France que Votre Altesse n'ait pas ete roi
a la place de son frere.
-J'aime tout de la France : ses idees, son esprit
et son vin.
A quoi buvons-nous ;
-A la France, naturellement.
-A l'Angleterre. -Aux deux !
Vous tombez bien, mon cher d'Ayen.
-Votre Altesse.
-La France est sur la sellette.
N'aviez-vous pas promis d'amener M. de La Fayette ;
-Le voici, Altesse.
-Excusez-moi, monsieur.
J'ai entendu parler de vous, mais je ne m'attendais pas
a vous trouver si jeune.
Cette jeunesse vous rend sympathique.
-Et moins redoutable.
-Vous leverez bien votre verre avec nous a l'alliance ;
-Quelle alliance ; -Mais celle de nos 2 pays.
-Ce serait avec joie, mais il y en a un 3e entre nous.
-Lequel ;
-L'Amerique.
-L'Amerique, monsieur, n'est pas un pays.
C'est une colonie anglaise.
-Lord Germain, ministre des Colonies.
-Monsieur.
J'ai aussi entendu parler de vous,
M. de La Fayette.
Vous vouliez traverser l'Atlantique. Vous n'avez passe que la Manche.
Vous avez enfin compris ou etait le vainqueur.
-On est vite vainqueur dans les ministeres, Excellence.
Les lnsurgents n'ont pas capitule.
-L'or que distribuent messieurs Deane et Franklin a Paris
ne retardera pas longtemps cette echeance.
-Ce n'est pas l'or qui fait agir les amis de la liberte.
Vos mercenaires allemands, par contre...
-lls valent bien les bandits qui s'enrolent en France.
-S'il en est ainsi des volontaires francais,
pourquoi vous en inquieter ;
-Vous oubliez de qui vous etes l'invite.
-Non, laissez.
J'aime aussi la fougue francaise.
-Voici notre invite d'honneur.
-M. de La Fayette, vous allez avoir des nouvelles fraiches
de vos amis les lnsurgents.
Cor de chasse
:::
-Vous etes francais, monsieur ;
Excusez mes oreilles d'Anglais, mais j'ai mal compris votre nom.
-Marquis de La Fayette.
-Vous aimez la chasse ;
-Tellement que j'en garde un souvenir.
J'ai grandi en Auvergne, ou l'on chasse beaucoup.
-Comme dans l'ouest de l'Angleterre.
Mon pays...
J'espere y retourner quand la guerre sera finie.
-On dit qu'elle touche a sa fin.
-C'est possible.
-D'apres vous, les lnsurgents peuvent-ils encore tenir ;
-Tant qu'ils auront un chef comme Washington, oui.
-Et ses troupes, monsieur,
meritent-elles le mepris que leur porte lord Germain ;
-Vous etes jeune, monsieur, mais vous etes militaire.
Une bande d'irreguliers aux pieds nus,
armes de fusils de chasse et sans officiers,
qui tiennent l'armee britannique en echec,
ne meritent-ils pas autre chose que du mepris ;
-Oh, si.
La victoire !
-M. de La Fayette...
Cri d'oiseau -Attention!
-Excusez-moi, il n'etait que blesse.
-De la part de Kalb.
-M. Bancroft.
-Pour vous servir, monsieur.
-Vous restez a Londres ; -Pour l'instant.
-Puis-je vous charger d'une mission ;
-Vous voyez bien que oui.
-Je vais vous confier une lettre pour le duc d'Ayen.
Vous ne la lui remettrez que dans 8 jours.
-Monsieur Bancroft ;
-Exact.
-C'est une lettre de mon gendre ;
-Exact.
-Pourquoi ne me l'a-t-il pas remise ;
-Quand on ecrit a quelqu'un,
c'est qu'on ne desire pas le rencontrer.
-Vous etes au courant ;
-lnexact. Je ne sais rien.
-Pourtant, vous servez de messager
a mon gendre. -J'aime rendre service
a tout le monde.
-C'est une lettre d'adieu.
Vous le saviez ;
-Exact.
Mais je n'ai pas a le savoir.
-Peut-etre pouvez-vous m'expliquer.
-Peut-etre.
-Mon gendre m'ecrit :
''Quand vous recevrez cette lettre, 8 jours se seront ecoules
''depuis mon depart.''
Or il a quitte Londres hier.
-Oui.
-ll ne vous a pas demande
d'attendre 8 jours ;
-Exact. -Et alors ;
-Je vous l'ai dit, j'aime rendre service a tout le monde.
-Vous etes un curieux personnage, monsieur Bancroft.
-Je sais tout l'interet que vous lui portez.
Pourquoi vous faire attendre 8 jours
pour savoir tous les details de son voyage ;
-Lesquels ;
-ll ne vous en donne pas ;
En general, les voyageurs donnent des details.
-Par exemple ;
-Je sais si peu de choses.
Je sais juste qu'il va retrouver le baron Kalb
pour embarquer a Bordeaux sur un navire nomme La Victoire
a destination de l'Amerique,
ou M. de La Fayette combattra aux cotes des lnsurgents
avec le grade de general de l'armee americaine.
Vous voyez, je ne sais pour ainsi dire rien.
-ll fallait vite me donner cette lettre.
-Mais non.
Dans 8 jours.
-C'est trop tot ou trop tard ; -Si vous depechez un courrier rapide,
il arrivera a temps a Paris. J'ai bien calcule.
-Vous jouez un drole de jeu.
-Exact.
J'en joue meme 2, vous voyez ;
-Pour gagner double ;
-lnexact. Pour etre sur de gagner.
-Combien vous dois-je ;
-Attendez d'avoir gagne.
-Exact.
-Laissez passer ! Courrier de Londres pour le service du roi !
-Est-ce une heure pour deranger les gens ;
Donnez-moi ce pli.
Qu'on m'envoie une estafette sur-le-champ.
-Adrienne...
Ecoute-moi, maintenant.
Je ne reviens pas.
Je pars.
Oui, mon coeur.
-Quand ; -La.
On ne choisit pas.
Je me mepriserais.
Toi aussi.
-Je t'attendrai. -Ma petite fille.
On se moquera de toi.
Tu auras ta guerre, toi aussi.
Contre ton pere, contre le roi, contre tous.
C'est plus dur de se battre
avec ses amis que contre ses ennemis.
-ll faut que tu saches, toi aussi.
-Oui ;
-Papa... Ce n'est pas moi qui le renseignais.
Tu m'as soupconnee, je le sais.
Mais je ne lui ai jamais rien dit.
Appelle-moi toujours ta petite fille.
Mais quand tu seras la-bas,
pense que tu as une vraie femme.
Bruit de sabots
:::
On frappe.
Pars.
Vite.
Je vais les retenir.
Qu'y a-t-il, monsieur ;
-Par ordre du roi, nous devons nous assurer de M. le marquis.
-Le marquis est a Londres.
On devrait le savoir.
-L'ordre du roi est formel.
Souffrez que nous verifiions
qu'il n'est pas ici. -Montrez-moi cet ordre.
Faites votre devoir, monsieur.
Alors, vous l'avez trouve ;
-ll eut mieux valu pour lui, madame, que je le trouvasse.
-Je l'ai echappe belle, j'avais les sbires de Maurepas aux trousses.
Partons !
-Maurepas a reveille le roi en pleine nuit.
-ll a du pester ! -Tout va etre fait
pour empecher votre depart. -Je n'ai jamais
considere que c'etait un voyage d'agrement.
-Et etre considere par votre roi comme un deserteur ;
-On est deserteur que si l'on perd. Moi, je pars pour gagner.
-Monsieur de La Fayette,
ecoutez-moi.
Vous devez savoir ce qu'il m'en coute de vous donner ce conseil.
Restez.
-Monsieur Franklin, il m'en coute de ne pas le suivre.
Que dois-je dire au general Washington ;
-Que toute la France vous ressemble.
-Partis ! Je n'y croyais plus. -Vous serez general, baron.
-Curieux attelage, marquis. -Lequel ;
-Les chevaux, nous deux... Je suis allemand, vous etes francais,
mais c'est moi qui ai le culte de la raison,
et vous qui etes, comment dire...
l'exalte !
Faux baron, vrai marquis.
Ancien pauvre qui veut etre riche, et riche qui mourra pauvre.
-Mais sous le drapeau americain.
Nous avons un point commun.
-Lequel ; -Nous sommes libres.
Votre fetiche ;
-Oui, mon fetiche.
Le votre ;
-Le mien.
-Les dragons sont derriere ! Allez !
-Vite, vite ! Nous les tenons !
-Detournez les chevaux des fleches, vite !
-Ou sont-ils ;
Je te conseille de parler !
-Je ne comprends rien !
Brouhaha
:::
-Nous allons cingler ''vers'' les Antilles.
Rires
-Pourquoi ils rient ; On ne va plus aux Antilles ;
-Capitaine Borsalino.
-Bonjour, capitaine.
Les Antilles, c'etait pour la commanderie de Bordeaux.
On va en Amerique. -Comment ; En Amerique ;
Avec une escale aux Antilles ; -Non.
-Et ma cargaison ; -Laquelle ;
-Un peu de drap a vendre aux Antilles.
-Ce n'etait pas prevu, capitaine.
-L'Amerique non plus n'etait pas prevue.
-Vous pourrez vendre votre marchandise en Amerique.
-Si les Anglais tombent dessus, ils la prendront.
-ll a raison.
-Eh bien, moi, je vous l'achete.
-Tout ; -Tout !
-Qu'allez-vous faire avec tous ces draps ;
-ll n'y en aura pas assez pour habiller les lnsurgents.
Allons, capitaine. Appareillez tout de suite !
-Et vos malles, monsieur le marquis ;
-Mes malles ; On ne les attend pas.
-ll y a une chose que je dois attendre.
-Quoi ; -La maree !
Encore 2 heures.
-Mais dans 2 heures, les dragons seront la !
-Que faire ; La marree ne montera pas avant.
lmpossibile!
-Faites une priere, marquis. Moi, je ne crois qu'au diable !
-Et moi, a la Madone.
La Madone vous a entendu, marquis. L'etale va commencer.
-Halte !
-Trop tard, capitaine.
-Verdammte Schei?e!
-N'ayez pas peur, baron.
Si je me trouve a bord, La Victoire sera saisie,
avec les armes et le ravitaillement.
-Oui, comme le Sussex. -Non !
La Victoire, elle, doit arriver.
Capitaine.
A l'etale, vous partirez.
Sans moi.
-lmpossible ! -On ne partira pas !
-Si !
C'est mon 1 er ordre.
Et le dernier.
Remplacez-moi, la-bas, de votre mieux.
C'est votre fetiche qui etait le bon, baron.
-Vous m'avez bien fait courir, monsieur le marquis.
Mais enfin, je vous rejoins.
J'avais pour vous un message.
Un message du roi.
-Comment voulez-vous ne pas croire au diable ;
-J'etablirai votre itineraire jusqu'a Marseille.
Ne vous vexez pas des precautions que nous prendrons pour vous.
En revanche, nous n'en prendrons
aucune sur l'equipage et le chargement.
Comme vous voyez, vous n'etes pas arrete, marquis.
Votre carrosse vous attend.
-On ne l'arrete pas.
-Non, il embarque dans sa voiture.
-Arretez, par ordre du roi !
Veuillez me dire qui vous etes et ou vous allez.
-Marquis de La Fayette, en route pour Marseille sur ordre du roi.
-Veuillez excuser les precautions...
-En route !
-Coupez-lui la route ! Arretez-vous !
-Mauroy !
Tu n'es pas parti ; -Pas sans toi !
-Rien ne t'en empechait, toi.
-Je ne viens pas t'accompagner, Gilbert, mais te ramener
sur La Victoire. -A la nage ;
-Ecoute, sans toi, ce depart n'avait plus de sens.
J'ai propose de mouiller en Espagne, a Los Pasajes.
J'ai saute dans une chaloupe et... -Et tu veux que je saute de joie
et que je te suive a Pasajes.
Tiens, lis.
Le roi m'ordonne d'aller a Marseille,
et j'y vais.
Mais vous, je vous ordonne d'aller en Amerique,
de vous battre 2 fois plus, et de vaincre !
Va-t'en, Mauroy !
Va-t'en !
-Adieu, Gilbert. -Adieu.
Mauroy !
-C'est lui ! -Vous etes sur ;
-Oui ! J'en suis sur, c'est lui !
-La chaloupe, vite !
Cris de joie
:::
-Pare pour l'appareillage !
Les tribordais a la manoeuvre !
Larguez le grand hunier !
Hisse le grand foc et la brigantine !
-Mes compliments, Maurepas.
M. de La Fayette vous a echappe.
-Si Votre Majeste m'avait ecoute...
-Pourquoi riez-vous ;
-Avouez qu'il vous a joue un assez joli tour.
-Je ne sais pas si l'Angleterre le trouve tres joli.
Quelle temperature, a l'ambassade anglaise, Vergennes ;
-Glaciale, sire.
-Ce qui prouve, sire, que l'Angleterre ne trouve pas
l'aide de La Fayette aux lnsurgents negligeable.
-Vous croyez qu'un jeune qui n'a pas 20 ans
va changer le cours des evenements ;
-Qu'en savez-vous ;
-ll me desobeit, et ca vous amuse !
-Mais non. Mais si lui, en pleine mer, vous entendait,
ca l'amuserait surement !
Bruit des vagues
:::
Grincement du bois
:::
-Vous cherchez les fregates anglaises ;
-D'apres votre second, il y en a, par ici.
-Par miracle, on peut ne pas en voir,
mais je ne crois pas aux miracles.
On vous a deja arraisonne en mer ; -Non, jamais.
-La fregate envoie le pavillon rouge, et vous, le blanc.
-Pas question.
-Au 1 er coup de semonce, vous l'envoyez vite.
-Pas question !
-Au 2e coup, si ''Pas question'', ''Feu !''
Vous savez combien de canons ont les Anglais ;
1 2 ! -Et nous, 2.
Pas question d'un combat naval.
-A la bonne heure, vous etes raisonnable.
-Vous foncez pleine voile sur la fregate.
Abordage et attaque au sabre !
-Dans la marine marchande, on transporte souvent des sabres.
On y touche jamais. -Je vous donnerai des lecons.
-Je vous ai vendu mon bateau, marquis.
Mais pas ma peau !
Rire
Au sabre... Hein !
A la premiere fregate anglaise, detache la chaloupe de babord.
Pare a prendre la mer et sans dormir !
On comptera jusqu'a 20 et apres, hop !
Le bateau est deja paye.
-''Defenseur de cette liberte que j'idolatre,
''libre moi-meme plus que personne,
''en venant, comme ami, offrir mes services a cette republique,
''je n'y porte que ma franchise et ma bonne volonte.
''Nul interet particulier, nulle ambition.
''En travaillant pour ma gloire, je travaille pour leur bonheur.
''Adrienne, mon coeur,
''une journee vient encore de s'achever.
''Je dois m'arreter, car j'ai interdit toute lumiere sur le navire
''ces derniers jours.''
-Des fois, je me demande
si elle existe.
-Qui ca ;
-L'Amerique.
On a du la depasser.
-La Royerie a de la chance, les oiseaux le passionnent.
lls sont pourtant identiques.
-Justement, non.
Ceux-ci sont differents.
-En quoi ;
-lls sont americains.
Ce ne sont plus des oiseaux marins. La terre est proche !
-Grace a Dieu.
-We shall have a drink to celebrate.
-Nets progres en anglais, marquis !
Mais trinquer avant d'etre arrive, ca porte malheur.
-Navire en vue par tribord avant !
-Vous voyez ;
-ll n'est pas anglais. -Je parie mon epaulette !
-Tenu, baron !
-C'est l'etrave d'un anglais.
-J'ai gagne.
-Croyez-moi, marquis, le pavillon blanc.
-Touchez-le,
et je vous fais passer le gout du tabac !
C'est moi qui commande !
Branle-bas de combat !
Autour de moi, vous autres.
Baron ;
Mon contrat ne prevoit pas de combat en mer.
-Eux non plus.
Regardez-les.
Si vous marchez avec moi, ils marcheront.
Baron, vous etes officier americain.
-Et je vais crever comme un vulgaire marin,
moi qui ai horreur de la mer.
Allons, armez-vous !
Allons !
-Allons-y !
-Maitre d'equipage !
-Preparez les postes d'abordage !
-A la soute !
-Branle-bas de combat !
Detachez les canons, les grenades et les pots a feu dans les hunes !
Les 2 bordees au branle-bas, les canonniers a leurs pieces !
Garnissez les hunes !
-Vire un peu, qu'ils voient notre pavillon.
C'est un americain !
-Hourra !
Acclamations
:::
-C'est un americain ! -Oh !
5, 6,
7, 8,
9...
:::
Alors la... Quel miracle.
-J'ai perdu !
C'est pour toi. -J'en ai une.
-Oh, merci.
:::
-Terre droit sur babord
avant !
-Mes amis, l'Amerique !
-C'est l'Amerique !
-Nous sommes venus librement pour qu'un pays vive libre.
Jurons tous de vaincre ou de perir !
-NOUS LE JURONS !
En anglais
-''lndesirables...''
-Un de ces ''indesirables''. monsieur...
But l am the marquis de La Fayette.
lt is difficult, sir.
Nous avons traverse la mer sur un navire que j'ai achete
pour vous aider dans votre guerre.
My friends, my ship, my money, your war!
Voila, M. le president, quelle sorte d'''indesirables'' nous sommes.
-Monsieur le president...
Nous nous sommes tant battus pour vous rejoindre.
Nous avons tout abandonne.
Left everything.
Oubliez les contrats de M. Deane.
Forget our contracts.
La seule faveur que nous reclamons,
c'est d'etre des soldats sans grade ni solde,
mais dans votre armee.
-L'agrement de la democratie, c'est qu'on peut s'expliquer.
Et pas devant un seul, mais devant tous.
Et tous ont leur mot a dire.
L'assemblee a delibere. Vous pouvez revenir, messieurs.
En anglais
''Attendu que le marquis de La Fayette,
''par suite de son grand zele pour la cause de la liberte
''dans laquelle les Etats-Unis se sont engages,
''a quitte sa famille, les siens et est venu a ses frais...
:::
-''...pour offrir ses services aux Etats-Unis
''sans reclamer ni traitement
''ni indemnite particuliere,
''et a le coeur de risquer sa vie pour notre cause...
:::
-''...le Congres a resolu
''que ses services soient acceptes.
''En consideration de son zele et de l'illustration
''de sa famille et ses alliances...
:::
-''...il aura le rang de major general dans l'armee des Etats-Unis.''
-Thank you.
Brouhaha
:::
-Halt!
:::
:::
-Quel genre d'homme est Washington ; -C'est un homme simple.
ll a horreur des discours et des flatteries.
C'est un homme efface, presque austere.
Mais son shake-hand vous brisera la main !
Quand il etait enfant,
il a lance une piece d'une rive a l'autre du Potomac.
-Un vantard, alors. -Pas du tout.
Un jour, il a admis avoir deracine un cerisier.
Son pere lui pardonna en disant
qu'il valait mieux arracher 1 000 cerisiers que de mentir.
Et il s'en est souvenu.
-Ne jamais mentir ne doit pas lui faciliter la tache.
-Facile avec ses hommes, difficile avec les politiciens.
-ll parait qu'il est tres croyant.
-Oui, tres. ll croit...
Roulements de tambour
:::
-Present arm!
-Soyez le bienvenu, M. de La Fayette.
-Non, general.
C'est lui, La Fayette.
-Vous etes La Fayette ;
-Oui, monsieur.
-Vous etes si jeune, vous pourriez etre mon fils.
-Comme beaucoup de vos soldats. -Oui.
Mais ils sont aussi les fils de l'Amerique.
Vous etes francais, vous avez une grande fortune, un grand nom.
Ce n'est pas le cas de la plupart de mes fils.
-On ne recoit pas la grandeur en naissant,
mais en se battant pour une grande cause.
-Oui. Et vous vous etes deja bien battu contre le Congres.
Les Anglais sont encore plus coriaces.
Et vous avez vu mes troupes.
Ne les jugez qu'apres les avoir vus combattre.
-Je ne suis pas venu ici pour juger, mais pour apprendre.
-Bien.
Pour commencer, vous pouvez deja apprendre ceci.
Cornwallis a recu en renfort 5 000 mercenaires brandebourgeois.
Le general Howe, 1 20 pieces d'artillerie.
Et le general Clinton, un nouveau regiment de Highlanders.
-Et vous, monsieur, un marquis francais de 20 ans,
un baron prussien, leurs aides de camp et c'est tout.
-C'est juste.
Et pourtant, je ne sais pourquoi,
mais je crois que je n'echangerais pas.
-Merci, monsieur.
L'essentiel est d'avoir un chef pour qui on accepte de mourir.
-Attention!
-There you are.
-Quel commandement aurai-je ; -Aucun, pour le moment.
-Mais je suis major general. -Et vous n'avez jamais vu le feu.
-Je l'ai tant de fois imagine !
-Cela demande plus que l'imagination.
-Je peux rejoindre l'armee Sullivan. -Non.
Je vous reserve...
ma milice.
Regardez-les.
lls vont pieds nus, ils ont faim,
ils n'ont que 6 cartouches par homme.
lls n'ont rien.
ll n'y a pas de quoi etre fier.
Mais si je leur donne pour commandant le marquis de La Fayette
qui a parcouru mille lieues marines pour les mener au combat,
ca reanimera leur courage plus que des souliers et des munitions.
-Oui, mais quand ;
-Patience, my boy.
A la guerre, tout arrive plus vite qu'on le pense.
Sauf peut-etre la victoire.
Cornemuse
:::
-Here they are.
:::
-What is it;
-Cornwallis a traverse le fleuve.
-Le renseignement est defaillant.
Que faisons-nous pour Sullivan ;
-Nous porter a son secours !
-Voici la reponse a votre question, baron.
-Nous devions nous replier.
-Nous essaierons.
-Nous manquons cruellement de munitions !
-Nous n'avons pas le choix.
ll faut sauver l'artillerie de Sullivan,
car je n'en ai pas d'autre.
-Je commande bien la milice ;
-Oui, vous pouvez prendre le commandement.
Follow me!
-2 000 hommes vous a-t-on dit, monsieur ;
lls sont au moins 1 0 000.
-Kalb, avec vos dragons, vous protegerez l'artillerie.
Vous defendrez aussi la tete de pont
car Cornwallis cherchera a nous couper la retraite.
-Merci, monsieur.
Cornemuse
:::
-L'avant-garde de Cornwallis. -Enfin !
-Messieurs, bonne chance.
:::
-First rank, forward!
-Fire!
-Set fire!
Cris
:::
-Fire!
-Form ranks!
Form ranks!
-How do you know;
-Gilbert ! Tu es blesse !
-Jamais !
Gemissements
:::
-Yes.
-Kalb, il a...;
-Oui, oui.
ll a reussi a traverser.
-Ou m'emmenes-tu ;
Where are we going;
ll parle une langue autochtone.
-Gaspard, Gaspard !
Hurry!
-Madame...
''Comme femme d'un officier americain,
''il faut que je vous fasse votre lecon.
''On vous dira :
'''lls ont encore ete battus a Philadelphie.'
''Vous repondrez...''
-''C'est vrai, mais en plaine,
''entre 2 armees egales en nombre,
''les veterans ont toujours l'avantage sur les jeunes.''
-Rien ne le decourage !
-ll dit que rien ne decouragera non plus les lnsurgents.
''Devant la bravoure de ces hommes,
''je me dis que si le roi les voyait...''
-Le roi, madame.
-C'est moi qui ai prie Sa Majeste de venir.
-Ne cachez pas cette lettre, madame.
J'ai eu des nouvelles de mon cote, indirectement,
mais celles qu'il vous envoie m'interessent aussi.
-ll est en Amerique contre votre volonte, mais il y est.
Vous n'aurez pas meilleur observateur qu'un major general americain.
-Que dit-il de Philadelphie ;
''On vous objectera : 'Catastrophe ! C'est la capitale de l'Amerique,
'''le boulevard de la liberte.'''
-On ne le lui fait pas dire.
-''Vous repondrez poliment...''
-Eh bien ;
-'''Vous etes des imbeciles.'''
-On ne vous l'envoie pas dire.
-Et pourquoi ;
-''Philadelphie est une triste ville dont le port est ferme,
''que seul le Congres a rendu celebre, mais sans importance strategique.''
-Et Washington ;
-La moitie de sa lettre parle de lui, sire.
''C'est le plus grand homme de guerre
''et le plus sage homme d'Etat qui soit.''
ll l'admire et l'aime comme son propre pere.
-Votre mari a, plus que l'uniforme americain,
le coeur.
-Non, sire.
ll me repete toujours qu'il combat
aussi pour la France.
-Et sa sante ;
-ll ne m'en dit rien.
-C'est bien.
-ll a ete blesse.
-ll le cache.
N'en dites rien. -N'ayez crainte.
ll a desobei, mais je respecte son courage et celui de sa femme.
Et je ne suis pas jaloux de Washington.
-Je pouvais trotter mais je devais vous attendre.
Aussi suis-je doublement content de vous voir.
-Vous n'aurez pas a attendre plus longtemps.
La Fayette, c'est trop tot pour marcher.
-Non, ca va tres bien.
J'ai recu une lettre. J'aimerais que vous la lisiez.
-De France ; -Non, d'ici.
Un membre du Congres : Conway.
-''Conway'' ;
-Je vous en prie, lisez.
ll vous propose, en somme, d'ouvrir un second front.
-Une expedition contre le Canada.
-Ce qui pourrait redonner le Canada a la France.
-Exactement. Qu'en pensez-vous ;
-C'est une offre avantageuse pour vous et pour la France.
-Oui, peut-etre. Mais j'ai pris mes renseignements...
Des enfants parlent.
:::
-Ma femme vous a alarme sans raison. Ne croyez pas les femmes.
-La votre, si.
Conway monte une cabale contre vous. -C'est un grand mot.
-Peut-etre, mais c'est le bon !
ll me fait cette offre pour nous separer.
-Vous pourriez en profiter.
La politique ne finit pas avec la guerre.
Et, avant tout, vous etes francais.
-Si les Etats-Unis se desunissent, ce n'est pas la peine de se battre.
Je ne me bats pas pour le Canada,
mais pour l'Amerique.
J'ai beaucoup reflechi, monsieur.
Nous ne pouvons ecraser les Anglais.
ll faut les harceler, les grignoter, jusqu'au jour
ou nous pourrons leur livrer bataille a l'endroit choisi par nous.
Je dis des betises.
-Ce n'est pas du tout une betise.
Je pense moi-meme depuis longtemps a une campagne de harcelement,
d'escarmouches.
Et a vrai dire, j'ai meme pense a vous la confier.
-Je repars ; -Quand vous serez capable de marcher.
-Regardez, je marche ! Je peux marcher, maintenant !
-La Fayette, j'ai ete jeune, moi aussi.
J'aime cette confiance, cette fougue.
Mais je vous conseille une chose qui m'a beaucoup servi
depuis ma premiere jeunesse :
la patience.
-La patience.
La Fayette etait capable de tout sauf de patience.
Et le soir meme...
-Ne tirez pas !
Don't shoot!
-Les lroquois sont avec les Anglais.
-Etaient. La Fayette les a rallies. -l see.
-ll y a des conquetes qu'il faut taire.
-Ecoute-moi bien, Kirowa.
Voici le plan que je te propose.
Ce soir, toi et tes guerriers...
Cris
Coups de feu
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-La Fayette.
Musique et chant
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-''Que l'attente est longue, mon amour.
''Et tu es si loin, environne de tels dangers,
''que je tremble a chaque instant pour ta chere existence.
''Seule me soutient l'action que je mene pour t'aider
''aupres du roi et de la reine.
''Elle est femme, elle comprend mes angoisses.
''Mais sa bienveillance n'etanche pas ma soif de tes baisers.''
-Le general Washington te demande. C'est tres important.
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Monsieur le marquis, je vous attendais.
-Les lnsurgents ont remporte une victoire decisive sur les Anglais
en s'emparant de Saratoga.
Acclamations
-Vive quoi ; -Saratoga, sire.
Une ville prise par les lnsurgents apres avoir aneanti l'armee anglaise.
-''Ville''... Localite, tout au plus.
Quant a l'armee anglaise, on ne peut pas l'aneantir d'un coup.
-Pourquoi viennent-ils crier ; Ce n'est pas une victoire francaise.
-Le peuple veut vous indiquer, sire, ou vont ses sympathies.
-Si on devait suivre les sympathies du peuple, ou irait-on ;
-Si l'on suit les antipathies d'un ministre, ou va-t-on, aussi ;
-WASHlNGTON !
-Washington, maintenant.
C'est la 1 re fois que le peuple se passionne pour une guerre.
-C'est sa guerre, sire.
-Non, ce n'est pas une guerre, c'est une revolte.
-C'est une lutte pour l'independance.
-Dans laquelle la France est neutre. -Neutre, non.
La Fayette est francais.
-Vous allez dire qu'on doit le suivre ;
-C'est le peuple qui le dit. -Le peuple...
-Vous n'etes pas la pour vous disputer,
mais pour me conseiller.
Je vous ecoute.
-La victoire de Saratoga remplit nos coeurs de joie.
Mais ne faisons pas la meme erreur que nos adversaires.
Ne sous-estimons pas leur armee.
ll nous faut remporter d'autres victoires.
Pour cela, l'aide de la France est necessaire.
J'exprime notre reconnaissance a Mme de La Fayette,
qui lutte pour obtenir cet appui aupres de la reine.
Ce qui revient a dire aupres du roi.
-Un courrier du roi, monsieur l'ambassadeur.
-Excusez-moi.
Tenez.
Lisez, madame.
C'est une victoire plus grande que Saratoga.
Sans vous et votre mari, nous ne l'aurions pas remportee.
-''Projet d'un traite d'alliance
''entre la France et les Etats-Unis.''
-Sur le navire L'Alliance, La Fayette revient en France.
Mais ce n'est pas le retour.
C'est en charge de mission que le major general americain
a entrepris ce voyage.
-Rangez-vous, c'est un carrosse royal.
Mon coeur !
Laisse-moi te regarder.
-Gilbert...
-A Versailles.
Le roi d'abord.
-Doucement, maintenant. Nous avons tout le temps.
-M. le marquis de La Fayette, envoye du general Washington,
et Mme de La Fayette.
-Mon cher, j'ai toujours pense que mon gendre
avait l'etoffe d'un heros.
-M. de La Fayette, envoye du general Washington.
-Qu'il entre.
-Je vous sais gre de ne pas vous presenter en uniforme etranger.
-Je reste votre devoue sujet, sire. -''Devoue'' ;
Quand la cause vous plait.
Votre cas est grave, monsieur, et delicat.
-Ce que vous deciderez sera bien decide.
-Aller decider dans une affaire aussi difficile !
Je devrais vous faire arreter.
-A vos ordres, sire.
-A mes ordres...
Et a ceux de M. Washington !
Nous sommes allies avec lui, maintenant.
-C'est exact, sire.
-Qu'en dites-vous ;
-ll est certain
que M. de La Fayette merite une punition.
-Si la reine le dit !
-Mettez donc M. de La Fayette aux arrets...
-N'est-ce pas ;
-...a l'hotel de Noailles.
En tete a tete avec sa charmante femme
qu'il a delaissee si indignement.
-Je ferai remarquer a Votre Majeste...
Non ! Ne me dites rien.
La reine a un bon sens politique.
Si M. de La Fayette reste chez lui,
il n'ira pas triompher dans Paris.
C'est ce qui compte.
Vous prendrez donc les arrets de rigueur chez vous.
Defense de quitter votre femme.
-J'y veillerai personnellement.
-C'est trop de bonte, sire.
-Maintenant, M. le major general,
parlez-moi un peu de ces Americains.
-La Fayette parla au roi des Americains,
meme beaucoup et longtemps.
Pendant de longs mois au roi, a la reine, a Maurepas...
-L'Angleterre aussi, sire, a un allie puissant : la faim.
-ls it from La Fayette ; -No.
Welcome. -Thank you, sir.
-Congratulations.
-Encore unis dans cet autre combat :
Washington contre le Congres, La Fayette contre Versailles.
-La misere, sire.
Un capitaine ne peut meme pas s'acheter des bottes.
-Et les credits que vote le Congres ;
-Cela ne vaut pas l'or francais.
-ll doit d'abord faire face aux besoins de la France.
-L'or depense pour une seule fete a Versailles
suffirait a remonter l'armee americaine.
Pour ma part, j'offre ma fortune jusqu'au dernier liard.
Washington ne peut vaincre qu'avec plus de vaisseaux,
des soldats, encore des soldats,
de l'argent, encore de l'argent.
-Les troupes americaines ne sont pas faites que d'Americains.
Washington doit prendre tout ce qui se presente.
Et on ne se plie pas longtemps aux privations.
-Good day, sir.
-Vous etes aussi un bon avocat, monsieur.
M. Washington aura
les 4 000 hommes et les 60 navires demandes.
-Les Americains sont eux aussi un peuple genereux.
lls n'oublieront pas notre aide si un jour la France a besoin d'eux.
-L'aide de l'Amerique ; Pas pour gagner une guerre.
-Si, monsieur.
Les soldats de la liberte sont les meilleurs.
-C'est possible.
Mais les notres n'etant que les soldats du roi...
nous devons les placer sous un commandement experimente.
Le comte de Rochambeau commandera l'armee de terre.
Vous comprendrez
que le roi ne pouvait confier cette responsabilite
a un lieutenant de 20 ans.
Fut-il general dans l'armee americaine.
-Je ne pourrai commander qu'avec votre secours
sincere et entier.
Suis-je venu contrarier une ambition ;
-Je n'ai d'autre ambition que de servir.
Roulements de tambour
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Acclamations
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General, me voici.
:::
-Et... pas seul.
Fanfare
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Trompette
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:::
On galope.
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Trompette
Explosion
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-Fire!
Fire!
-Follow me! Charge!
-On the right. Round the grenadiers! Charge!
Trompette
:::
Hennissement
ll crie.
:::
-Washington !
Messieurs les Anglais, avec mes compliments.
Explosion
Fire!
Fire!
-Regarde.
Francais ou anglais ; -ll y en a une trentaine.
C'est l'escadre anglaise.
-Sir.
-La flotte francaise !
Acclamations
-C'est de Grasse.
La flotte francaise !
French Navy! French Navy!
-Sir!
-Avec moi, les Rangers !
Cris
:::
-Je ne verrai pas la mer.
-Courage, Kalb. Les chariots vont venir.
Brancardiers !
-ll n'y aura jamais de general Kalb.
-Mais si. Sans vous, nous etions tous pris.
-''Pris'' ;
Vous qui aimez tant la liberte...
marquis, moi aussi, je creve pour cette garce.
-Oui, Kalb.
-Vous le savez, vous ; -Oui, Kalb.
Trompette
-Ne me regardez plus, marquis.
:::
:::
-Present arm!
-Mission accomplie.
-Order arm!
Roulements de tambour
:::
Explosion
:::
:::
:::
-J'ai paye tres cher le droit de vous rencontrer.
Puis-je vous demander que ce soit en prive ;
-Volontiers. J'avais toujours garde l'espoir
de vous recevoir sous ma tente.
-Thank you, sir.
Me permettrez-vous encore un mot, sir;
Votre armee n'etait pas la plus forte.
C'est plutot la cause qu'elle defend qui fait la force d'une armee.
Chant
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-La bataille de Yorktown marquait un tournant decisif.
La victoire etait proche.
La Fayette pouvait retourner en France.
-Maintenant, M. le marquis, nous nous separons.
La victoire apporte aussi la separation.
-Rien ne peut separer 2 compagnons de guerre.
-Votre femme, vos enfants, vos amis
et la gloire. Beaucoup de choses.
-Une surtout : la France.
-L'uniforme changera, mais pas la cause.
Dieu vous a fait naitre marquis.
Mais chacun de nous se souviendra que la liberte
est nee francaise.
-L'Amerique lui a appris a marcher.
Sans vous, je serais reste un officier,
un harangueur de taverne.
Le Congres a fait de moi un general, vous, un soldat.
-Vous nous reviendrez un jour, j'espere.
-En ambassadeur d'une France nouvelle.
-Peut-etre.
-Mais serais-je encore la ;
Goodbye, my son.
-Adieu, monsieur.
-Thank you, sir.
Thank you.
Acclamations
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-''Je t'attends. Tu reviendras, je le sais.
''Mais seulement quand l'independance de l'Amerique sera assuree.''
-''C'est fait. Elle l'est, mon coeur.
''L'humanite a gagne son proces.
''La liberte n'est plus sans asile sur Terre.''
Sous-titrage : Eclair Media
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