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La fin du concert a été un triomphe.
La standing ovation a duré 10 min.
Dommage que nos téléspectateurs ne l'aient pas vue.
Roxana Orlac a toujours refuse que ses fins de concert soient filmées.
Elle réserve ces moments au public
qui se déplace pour la voir jouer.
Bonsoir, Elena Orlac.
Vous êtes |‘impresario, l'assistante et la soeur de la virtuose.
Ça en fait, des casquettes.
Oui, mais j'ai plusieurs têtes. Si vous voulez bien m'excuser.
...qui sont pour moi assez magiques. Excusez-moi un instant.
Je vous l'enlève 5 minutes. Je vous la rends.
Il y a trop de monde, j'étouffe.
Le ministre de la Culture va passer.
Il est en retard, mais il va arriver.
Dès qu'il arrive, on fait les photos et on rentre.
Tu me connais, après la scène.
Je sais, chérie.
Dix minutes. D'accord ?
Bon. J'ai besoin d'un moment.
- Je reviens. - D'accord.
Merci.
Regarde, c'est elle.
- S'il vous plaît, une déclaration ! - Madame Orlac, une seconde !
Madame Orlac ? Juste une question, s'il vous plaît !
" Y 3 quelqu'un ?
Roxana ?
" Y 3 quelqu'un ?
" Y 3 quelqu'un ?
Roxana...
Roxana, tu m'entends ?
Roxana ?
-Ça va? -Ça va.
Je ne comprends pas.
Ses mains ont été écrasées, pas arrachées.
Vous pensiez pouvoir les sauver, au début.
Qu'est-ce qui a changé, Richard ?
Tous les collègues que j'ai consultés confirment mon diagnostic.
Amputation ?
Les os, les muscles, les tendons, les artères... Tout a été détruit.
Même si on reconstruisait,
Roxana n'aurait que des membres inertes, des poids morts.
- Elle pourra avoir des prothèses... - "Des prothèses"?
Des prothèses...
Vous vous rendez compte de ce que vous dites ?
Madame Orlac ?
Je suis le capitaine Almeida.
C'est moi qui suis chargé de l'enquête préliminaire pour vos...
Pour votre accident.
La police ? Vous faites une enquête ? Mais pourquoi?
On a été contactés par la compagnie qui assure vos...
Mes mains. Ça s'appelle des mains, monsieur.
Excusez-moi. Pardon. J'ai...
J'ai des vertiges, je suis fatiguée.
Non. C'est moi.
Je n'aurais pas dû débarquer comme ça. Ça pouvait attendre.
Écoutez, voyez ça avec ma soeur Elena.
Je...
Bien sûr.
En tout cas, je suis un de vos admirateurs.
"Je suis un de vos admirateurs"?
Mais quel con... Mais quel con !
C'est pas possible!
Roxana, ton père et moi étions comme des frères, tu le sais.
Mieux que des frères.
C'est mon rôle de ne pas te mentir et de t'aider à traverser cette épreuve.
Pourquoi pas tenter l'opération ?
Car je ne crois pas aux miracles.
Je sais ce qui est du domaine du possible et ce qui ne l'est pas.
Tant pis si tu me détestes.
C'est impossible ! Il doit y avoir une solution.
Il doit y avoir quelqu'un qui m'aidera,
si vous en êtes pas capable !
Je répète qu'une interview est hors de question.
Non. Avec moi non plus.
Contentez-vous des news officielles.
L'état de Roxana est satisfaisant et très stable.
Laissez-la tranquille. C'est pas une rock star.
Ta maman t'embrasse.
- Ah oui ? - Oui. Ça a l'air de t‘étonner.
Je vous prépare un thé ?
Non, merci.
Il y a des centaines de mails qui m'attendent.
C'est joli, ça. C'est africain, non ?
Oui. Madame me l'a offert.
- Pourquoi? - Non, pour rien.
Je constate ce que deviennent les cadeaux que je fais à ma soeur.
Je suis désolée.
- Si vous voulez... - Non. Aucune importance.
On dirait qu'il a été fait pour vous.
Merci.
Je pourrai venir à l'hôpital ?
Je ne sais pas, chérie. Oui, peut-être.
Prends ta douche.
- Tu sens l'école. - Ça sent rien, l'école.
Si, les mauvais souvenirs. Allez, va vite.
Je t'appelle, hein.
Taxi !
Elena Orlac ? Je m'appelle Alexandre Blok.
C'est du harcèlement! Vous êtes incroyables.
Je ne suis pas journaliste.
Je travaille avec le Dr Christiansen, Bernard Christiansen.
Le docteur est un des plus grands spécialistes mondiaux des ATC.
Les ATC, ce sont les greffes ?
Il est venu à Paris dans le seul but de rencontrer Roxana Orlac.
Il peut l'aider.
Renseignez-vous sur lui et contactez-le à son numéro.
Il attend votre appel.
Pourquoi s'intéresse-Fil à elle ?
C'est une histoire très ancienne qu'il vous racontera lui-même.
Merci de votre patience.
Oui. Entrez.
Bonsoir.
Pas du tout. J'attendais votre appel.
Oui, je pense pouvoir aider votre soeur.
Je ne me serais pas permis de vous contacter, sinon.
Pouvons-nous nous rencontrer?
Très bien.
Où vous voulez.
D'accord. Bonsoir.
C'est gentil, d'être venue me voir.
Tu as grandi. Je ne t'aurais jamais reconnue.
- Tu as vu ta maman ? - Non.
- Maman n'a pas envie de me voir. - Mais ça viendra. Ne t'en fais pas.
Elle ne veut pas que tu la voies comme ça.
Tu verras, elle ira mieux.
Vous viendrez au Cap-Ferret, comme l'an dernier.
Et je t'emmènerai voir les oiseaux. D'accord ?
D'accord.
Maman en a encore pour longtemps avec l'autre docteur ?
Quel "autre docteur" ?
Pas besoin d'un exposé. Une seule chose m'intéresse :
pouvez-vous me rendre l'usage de mes mains ?
De vos mains ? Non. Mais d'autres mains, certainement.
Ma méthode n'est qu‘expérimenta|e. Qu'avez-vous à perdre ?
Si nous échouons, ben, vous retournez à la case départ.
Vous aurez tout tenté, et moi avec vous.
Pourquoi vous feriez ça ?
J'ai très bien connu votre père, Maxime,
ainsi que Richard Bremmer, d'ailleurs.
Nous avons fait une partie de nos études ensemble.
Il nous a jamais parlé de vous.
Ça ne m'étonne pas.
Nous ne nous sommes pas séparés en très bons termes.
Mais c'est du passé, très lointain.
C'est le présent et surtout le futur qui nous intéresse.
Ça ne répond pas à ma question.
M. Christiansen a été parfaitement clair, Roxana.
Si l'opération réussit,
ce sera une plate-forme médiatique pour lui et ses travaux.
À combien vous évaluez mes chances ?
Cette main opère des patients tous les jours.
Mon outil de travail.
Il y a 8 mois,
je me suis volontairement fait opérer et amputer ces 2 doigts.
Regardez très attentivement.
Voyez-vous une différence dans le grain de la peau ?
Non, pas vraiment.
Les ongles aussi ont une forme différente.
Mais, effectivement, il faut le savoir.
Extraordinaire.
Je n'aurais pas osé venir vous voir si je n'étais pas sûr de moi.
J'attends votre appel.
Docteur Christiansen ?
Je pourrai rejouer du violon ?
Je n'ai pas été prévenu de ta visite.
Tu n'as pas changé, Ricardo.
Enfin, si. Maintenant, tu as une vraie tête de patron.
Élégant, l'air sérieux, très...
Qu'est-ce que tu fais ici, Bernard ?
Va demander à ta protégée. Elle a des choses à te dire.
- Je te préviens... - Non !
Quand la seule solution, ce sont des prothèses,
on ne conseille pas, on ferme sa grande gueule !
Tu veux la tuer comme l'Argentin ?
Son arrêt cardiaque n'a aucun lien avec sa greffe de visage.
Je l'ai explique des centaines de fois.
Il est surtout mort sans faire de rejet.
Ça tombait plutôt bien.
Ça laissait croire que ton opération était un succès.
Mais, dis-moi...
Je te fais toujours aussi peur ?
C'est rassurant.
Salut, Ricardo.
Oui, Mina. Ça s'est décidé hier soir.
Je quitte l'hôpital, je pars pour La Haye, en Hollande.
Oui, j'y vais en avion.
Demande à Emily, elle te montrera sur un Atlas.
L'opération ? Je ne sais pas. Après-demain, peut-être.
Nana te tiendra au courant.
Oui. Je t'embrasse.
Oui... Oui, ma chérie.
On sera au Bourget dans 30 minutes.
Comment vous sentez-vous, madame Orlac ?
Pleine d'espoir.
Arrivée dans une grande discrétion de Roxana Orlac à La Haye,
pour rencontrer le Dr Christiansen,
médecin controverse ayant suscite des réactions diverses
dans la communauté médicale mondiale.
B. Christiansen lui aurait proposé l'opération de la dernière chance,
à la suite du terrible accident...
Nous sommes tous là, Roxana. Toute l'équipe est prête.
Les plus grands chirurgiens du monde réunis pour vous,
uniquement pour vous.
Fermez les yeux, maintenant, et laissez-vous faire.
Tout se passera bien.
L'opération s'est parfaitement déroulée, Roxana.
Un succès sur toute la ligne.
18 heures et 17 minutes.
Je ne sens rien.
C'est normal.
Ça va revenir, mais très progressivement.
Reposez-vous.
Je voulais vous dire...
Je voulais vous remercier pour...
Vous avez peur? Moi pas.
Vous ne dites rien ?
Je voudrais rester seule, s'il vous plaît.
Bien sûr.
On y va.
Toi aussi, Nana.
Ah bon ? Pourquoi ? Qu'est-ce que tu veux faire ?
Je voudrais les regarder. Tu comprends ?
Ah. Oui, oui.
- Oui. - Merci.
Cette petite merveille est le chaînon manquant dans le progrès des ATC.
Vous allez recevoir des micro-décharges douloureuses,
mais c'est le prix à payer.
Non seulement les petits muscles des mains vont se renforcer,
mais la repousse nerveuse sera accélérée.
Et comme on stimule les cellules, c'est bien pour la cicatrisation.
- On y va ? - D'accord.
Allez, les deux.
Voilà.
Ah, d'accord.
Je vous admire.
J'ai dû me plier à cette torture et je n'arrêtais pas de pleurnicher.
Je pleurniche intérieurement.
Pour vous répondre, Elena,
tout se passe bien, et même très bien.
Au-delà de toute espérance.
Merci.
Elle a tellement de volonté.
Je sais.
Je compte sur vous pour qu'elle ne relâche pas son attention,
qu'elle ne baisse pas sa garde.
Elle doit continuer à suivre son traitement,
à prendre les dosages prescrits. C'est capital.
Je veillerai sur elle, docteur. Ne vous en faites pas.
Roxana a beaucoup de chance, de vous avoir à ses côtés.
J'espère qu'elle en est consciente.
C'est vrai, maman ? Tu rentres quand ?
Bientôt, ma chérie. Je le saurai cette semaine.
Tu dis toujours ça.
Oui, mais regarde!
Tu es guérie. C'est génial.
Presque !
Il faut que je te laisse. Je dois aller à ma rééducation.
Envoie-moi un bisou.
Un plus gros !
Ah, j'allais oublier. Joachim m'a appelée, hier.
Il veut emmener Mina à New York, cet été.
Il se souvient qu'il a une fille. C'est bien.
Il m'a demandé de tes nouvelles aussi.
Il se fait du souci.
Alors, comment tu trouves l'article ?
Tiens.
T'as vu la photo de papa ?
Ce qu'ils étaient jeunes, tous les trois.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as mal ? - Parfois.
Parfois, je les regarde...
et j'ai l'impression de...
De quoi ?
Ben, je ne sais pas, justement.
J'ai demandé à Christiansen à qui elles appartenaient,
qui était la donneuse. Il n'a rien voulu dire.
Il a bien eu raison.
Je crois qu'il n'en a pas le droit.
Je vois pas l'intérêt d'y penser.
Ça me passera. Ça doit être normal.
S'il vous plaît ?
Excusez-moi ?
J'adore cette photo.
Je vais la faire encadrer, je crois.
Dis donc, tu ne m'as pas assez vue, dernièrement ?
Non. Il faut croire que non.
Avec cette conférence, ils vont te laisser tranquille.
J'espère...
J'ai payé une partie de ma dette à Christiansen.
Oui, c'est sûr. Tu as dû le citer au moins 15 fois.
Il y a une chose que j'ai pas réalisée tout de suite.
Il y a une question que personne n'a pense à te poser.
Quelle question ?
Quand tu allais reprendre le violon.
Maman !
Ça va, ma chérie ?
- Désolée, je ne voulais pas. - C'est rien, ne t'en fais pas.
Tout va bien ?
Tout va bien, madame. Bienvenue à la maison.
Je vais laver Mina.
Non, je m'en occupe. Merci.
Si vous voulez prendre un congé,
rentrer à Londres, n'hésitez pas.
Vous êtes sûre ? Vous allez vous faire mal.
- Je vais m'en occuper. - Non. C'est mon travail.
Je vous offre le voyage.
Merci, madame.
Je vais aller voir tout de suite si je peux réserver quelque chose.
Donne-moi ça. On va aller se mettre au salon.
- Elles te font mal ? - Parfois.
Tu sais quoi ?
C'est génial, d'avoir mal aux mains. Tu n'as pas idée.
- Et tu vas rester à la maison ? - Ben oui.
Jusqu'à ce que tu en aies marre de me voir.
Tu avais pas une surprise pour maman ?
Si.
Tout à l'heure, dans la voiture,
tu te demandais si je rejouerais du violon.
Oui. Tu n'as pas répondu, j'ai pas insisté.
- J'imagine que tu n'y as pas pensé. - Si, si.
J'ai eu le temps d'y penser, justement.
Je peux te le dire : je ne ferai plus de scène.
Mais je comprends pas. Christiansen t'a dit...
Je sais ce qu'il a dit.
Ces mains-là n'ont jamais tenu d'archet, et c'est tant mieux.
Je m'occuperai de Mina.
J'essayerai de vivre une vie normale et rattraper tout ce temps perdu.
À quelques secondes près, c'est pas mes mains que je perdais,
c'est ma tête, mon cou.
Du temps perdu ? Tu es la plus grande soliste de ta génération.
Tu parles. J'ai même pas vu grandir Mina.
J'ai passé ma vie dans les hôtels.
Depuis Joachim, je n'ai pas pu garder un mec plus de 15 jours.
J'ai passé l'âge.
Maman !
Oui ?
- Tu jouais avec Dark Vador ? - "Avec" qui ?
- La machine. - Ah !
- Tu veux bien faire mon shampooing ? - Tu es sûre ?
- S'il te plaît. - D'accord.
Je dois aller à New York avec papa ?
Oh, tu sais, tu es obligée à rien.
Mais c'est beau, New York.
Alors pourquoi tu m'y emmènes pas, toi ?
Qui t'a fait ça, Mina ?
- Quelqu'un t'a frappée ? - Non, ça va. Ne t'inquiète pas.
C'est à l'école, c'est ça ?
Demain, je verrai la directrice.
C'est pas à l'école.
- J'ai trouvé un vol pour demain. - Vous êtes malade ou quoi ?
Pardon ?
Qui vous a permis de porter la main sur ma fille ? De quel droit?
- J'ignore ce qu'elle vous a dit... - Elle m'a rien dit.
J'ai des yeux pour voir !
Madame Orlac, j'ai été seule pendant des mois à m'occuper de Mina,
même avant l'accident.
Si vous croyez que c'est facile...
Foutez le camp d'ici.
Tant mieux. Je ne verrai plus cette peste.
Vous êtes pareilles, vous deux. Gâtées, pourries !
Alors je vous souhaite bonne chance.
And, hum... go to he||!
Dégage !
Dépêchez-vous. J'ai trop envie de vous frapper.
Me "frapper" ? Avec quoi ? Avec ces trucs ?
You‘re a freak!
Don‘t touch me!
Et si vous approchez encore une fois de ma fille, je vous tue. Compris ?
Je vous tue !
- Tout va bien, madame Orlac ? - Ça va parfaitement bien. Merci.
Je peux tout supporter, endurer tout ce qu'on voudra,
mais personne n'a le droit de te faire du mal.
Personne !
J'aurais dû t'en parler, mais tu étais malade.
Tellement jamais là, surtout.
Allez, viens, on va au lit. Dépêche-toi.
Tu veux un câlin, toi, je pense.
Nana m'a dit que votre maman vous faisait la même chose tous les soirs.
- Sauf quand vous étiez punies. - Oui, c'est vrai.
Ne dis rien.
C'est un moment de relaxation.
Tu dois faire le vide dans ta tête et penser à de très belles choses.
Aïe ! Tu me fais mal ! Qu'est-ce que tu as ?
Aïe ! Aïe !
Je suis fatiguée, pardon.
On va au lit, maintenant.
Pardon.
Je suis désolée.
Pardon.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
Roxana...
Roxana, chérie, réveille-toi.
Allez, réveille-toi.
Nana, laisse-moi dormir. J'ai passé une nuit épouvantable.
Je sais. Désolée.
Mais c'est important. La police est là.
Bonjour.
- Bonjour. - Ah, mais je vous connais.
- J'étais venu vous voir à l'hôpital. - Oui. Je me souviens.
Vous enquêtiez sur l'accident.
L'assurance s'en charge. Il s'agit d'autre chose.
C'est vous, la police ? Vous ne ressemblez pas à un policier.
T'es pas la première à me le dire. Je vais finir par faire un complexe.
Viens, on va prendre le petit déjeuner.
Merci.
Vous connaissez Emily Lovejoy ?
Je la connais. C'est... Enfin, c'était la nounou de ma fille.
Pourquoi ?
Ne me dites pas qu'elle a porté plainte.
Pourquoi elle aurait porté plainte ?
Parce que je l'ai mise à la porte.
Pourquoi vous êtes là ?
On l'a retrouvée morte, dans un hôtel,
à 2 rues d'ici, le crâne fracassé.
“Mortel:
Mais je l'ai vue hier.
Oui, je sais. Jusqu'à 20 h 10.
On vous a entendue proférer des menaces de mort
à l'encontre de Mlle Lovejoy. Vous voulez lire ?
Qu'est-ce que ça veut dire, là ?
- Je suis suspectée ? - Non. Je n'ai pas dit ça, madame.
Je veux simplement savoir ce qui s'est passe hier soir.
J'ai découvert que cette femme se defoulait sur ma fille
régulièrement, en mon absence.
Ça va, comme explication ?
On pourrait appeler ça un mobile.
Mais vous plaisantez, là.
C'est ridicule. Je n'ai pas bouge d'ici de la soirée.
Avez-vous un témoin ?
Oui. Mina, ma fille.
Navre de vous avoir réveillée. Je pense qu'on se reverra.
Vous pensez que j'ai tue Emily ?
Je ne suis pas payé pour penser, heureusement. Ne vous derangez pas.
Au revoir.
Elle s'est endormie tout de suite.
C'est fou, ce qu'elle dort mieux depuis ton...
Depuis ton retour.
Depuis que j'ai décide d'être sa mère, tu veux dire.
Je l'ai jamais vue aussi joyeuse.
Elle a de bons gènes, Mina. Elle a les mêmes que nous.
Regarde ce que j'arrive à faire.
Tu sais, j'aurais jamais imaginé que je lui manquais autant.
En même temps, j'ai jamais pris le temps d'y réfléchir.
Tu vas pouvoir te rattraper.
- Tu commences une nouvelle vie. - T'as raison.
J'ai toujours raison, je suis la plus vieille.
Emily est morte par ma faute ?
Je veux dire, si je ne l'avais pas mise à la porte...
Ça va pas ?
Tu as eu raison de la mettre à la porte.
Je m'en veux tellement d'avoir rien vu.
Il faut plus y penser.
Il faut que tu oublies cette horrible femme.
D'accord ?
Ma chérie...
Tu as réfléchi ? Tu es sûre, pour ta carrière ?
Pas tout de suite, hein, mais plus tard,
peut-être que tu pourras... - C'est terminé, Elena. C'est fini.
J'ai largement de quoi vivre pendant un temps, et puis...
Après, on trouvera bien quelque chose.
Je te comprends pas. Je ne comprends pas !
J'ai cru que si tu prenais autant de risques pour ces mains-là,
c'était pour rejouer du violon.
Moi aussi, j'y ai cru.
Mais j'ai eu le temps de réfléchir, à La Haye, à ma vie.
J'ai décidé de pas la rater.
Et moi ?
Quoi, toi ?
Qu'est-ce que je vais devenir ?
Ça va être quoi, ma place ?
Je suis restée à tes côtés...
Je sais ce que tu as fait pour moi.
Tu devrais commencer une nouvelle vie, toi aussi,
apprendre à t'occuper de toi.
- Tu me mets à la casse. - Dis pas des trucs pareils !
On va voyager ensemble, rencontrer des gens.
Oui, t'as raison.
T'as sûrement raison.
Tu dors pas à la maison ?
Non. Je vais rentrer.
Il faut que Mina s'habitue à ne plus me voir.
Ne sois pas comme ça.
Je suis fatiguée. Je vais me coucher.
N'oublie pas ta séance de torture. 30 minutes, sans tricher.
Mon violon... Qu'est-ce que j'ai fait ?
Je peux vous aider, Mlle Orlac ?
Non.
Je sais que vous avez été blesse, que je suive Christiansen.
J'en suis sincèrement désolée. Mais regardez.
C'est extraordinaire, en effet.
Autant sur le plan de la motricité que sur celui de la cicatrisation.
On n'est encore jamais parvenu à un résultat aussi rapide et net.
Même si ça ne change rien à mon opinion.
- Mais il a accompli un miracle. - Tu lui sers de cobaye, Roxana.
Le traitement antirejet est extrêmement lourd
et il refuse d'en divulguer tous les composants.
Lui-même n'en connaît pas les conséquences sur ta santé.
Oui, tout ça est très spectaculaire, mais c'est l'avenir qui compte.
Ton avenir.
Bon...
- On boit un verre au miracle ? - J'espère que c'en est un.
Et pas de la sorcellerie.
Mon père aurait été très heureux pour moi, Christiansen ou pas.
Mais je suis heureux, Roxana.
Méfiant mais heureux.
Eh ben, alors... souriez.
Qu'est-ce que je fais là ?
Un problème, madame Orlac ?
Euh... non.
Je voulais vous demander...
Vous ne m'avez pas vue ressortir ce soir ?
Non. Non, je ne crois pas.
Vous étiez dehors par ce temps ?
Euh... non.
Enfin... Vous m'avez pas vue passer?
Non.
Excusez-moi, c'est un mauvais rêve. Merci. Bonne soirée.
Docteur Christiansen, c'est Roxana.
Il m'arrive des choses étranges. Des sortes d'absences.
Je fais des choses sans le savoir. C'est comme des grands trous noirs.
Rappelez-moi, s'il vous plaît.
C'est peut-être dû au traitement. Je sais pas.
Rappelez-moi, à n'importe quelle heure.
Merci.
Merci.
Voilà. Votre déposition a été enregistrée.
L'enquête va suivre son cours.
Je suis toujours suspecte ?
Tous les papiers de Mlle Lovejoy et son argent ont disparu.
L'hypothèse la plus crédible, c'est qu'elle a été agressée par un junkie.
- Je vous tiendrai au courant. - 0K.
Vous vouliez me dire autre chose ?
Ce sont des amis à moi qui ont monté un groupe.
Justement, ils jouent ce soir. Donc si ça vous dit...
- Ah, c'est pour moi ? - Oui.
Oui, ça a l'air...
Enfin, j'aime beaucoup le jazz. Merci.
Mais je sors pas beaucoup. J'ai ma fille.
Non, mais elle est invitée aussi.
D'accord.
Si ça vous dit, appelez-moi, parce que j'y vais.
- D'accord, merci. Au revoir. - Au revoir.
Dites, Almeida, à quoi vous jouez ?
Je comprends pas.
Je vous observais.
On dirait un petit garçon devant Roxana Orlac.
- C'est pas l'attitude appropriée. - Je sais ce que je fais.
Moi, elle me file le frisson.
Vous imaginez passer les menottes à ces mains-là ?
J'y ai pas pensé.
Car vous l'avez déjà absoute.
Je vais vous dire un truc.
Pas moi. Et loin de là.
Allô, Nana, ça fait 10 messages, et tu me rappelles pas.
Je m'inquiète. Je sais pas ce qui se passe.
Tu me fais la tête, j'en sais rien, mais...
Rappelle-moi. Dis-moi au moins que tu vas bien.
J'aime pas ça.
Bon. J'attends de tes nouvelles.
D'accord ? Rappelle-moi.
Je t'embrasse.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Ça va, ma chérie ?
Non, rien. C'est Nana.
Elle répond pas au téléphone, et ça lui ressemble pas.
Oh, c'est quoi ? T'es invitée ?
C'est le policier qu'on a vu l'autre jour.
Il a des amis qui ont un groupe de jazz.
On y va ? C'est ce soir.
- Non. J'ai pas envie de sortir. - Oh non. S'il te plaît.
Non. J'ai rien à me mettre.
- Je connais même pas ce type. - Comme ça, tu le connaîtras. Allez !
J'aime pas le jazz.
- Je déteste le jazz. - N'importe quoi.
- Bonsoir. - Bonsoir.
- Madame Orlac... - Oui ?
Je suis Manuel, le frère d‘Êric.
"Éric" ?
Éric Almeida.
- Ah oui, bien sûr. - Vous avez confirmé votre venue ?
- Oui. - C'est bon ?
- Oui, oui. - Suivez-moi.
- Si vous avez besoin de moi... - Merci. C'est gentil.
Regarde le pianiste !
Je savais qu'il avait pas l'air d'un policier.
- Il joue bien, en plus. - Il est mignon.
Je ne suis plus un bébé.
Oui, je vois ça.
Bravo !
Viens.
Je peux ?
- Oui, bien sûr. - Oui.
Alors, la surprise du chef?
- Trop bien. - Très bonne surprise.
À tout à l'heure.
- Je vous ai épatées ? - Oui, bien sûr.
- J'aurais bien aimé vous voir. - C'était comme ça.
Mina exagère, mais c'était pas loin.
Bravo. Vous êtes un excellent pianiste.
- Et un très bon chanteur. - Merci.
Amateur.
Non. Vous avez un niveau professionnel.
- Je suis d'accord. - Vous allez me faire rougir.
Mina a raison, vous n'avez rien d'un flic.
C'est un compliment?
Oui, je crois.
Tiens. Un petit cadeau.
Waouh ! Elles sont trop belles !
- Fais voir. - Elles me vont bien ?
Très jolies.
- Merci. - Merci.
Vous buvez quelque chose ?
Mes parents étaient fonctionnaires.
Quand ils ont su que je voulais être musicien, surtout de jazz,
ça a été Hiroshima.
Alors vous êtes devenu flic. C'est le grand écart.
Une autre façon d'être fonctionnaire.
J'aime ce boulot. Enfin, ça dépend des jours.
Mais dans ma tête, ça a toujours été quelque chose de temporaire.
En attendant de devenir - je sais pas - un grand garçon.
Il est pas trop tard pour réaliser vos rêves.
Vous avez vraiment du talent. Et je dis pas ça par politesse.
Du talent, oui. Mais du génie ?
C'est quoi, le "génie" ?
Pour vous, j'ai commis un acte illégal, passible de poursuites.
Écoutez.
Ça, c'est du pur génie.
Vous reconnaissez pas ?
C'est vous, à Pleyel, il y a 3 ans.
J'ai enregistré le moment magique de Roxana Orlac.
Mais je me reconnais pas du tout.
Un jour, vous avez dit
que ces minutes d'improvisation n'étaient pas de vous,
qu'on vous les dictait et qu'on dirigeait votre archet.
La main de Dieu ?
Vous pensez que c'est possible, de faire des choses inconsciemment ?
Comme ces improvisations ?
Non... Enfin, oui.
Laisser quelqu'un prendre possession de vous.
Faire les choses sans savoir que vous les faites.
Je suis beaucoup trop cartésien pour croire au surnaturel.
Mais quand je vous entends jouer,
je dois dire...
- Tu nous réinviteras ? - Oui.
Tu applaudissais tellement fort, comme à un concert de Lady Gaga.
Ou plutôt Mister Gaga, en l'occurrence.
Si on m'avait dit qu'un jour, vous viendriez me voir sur scène...
Vous voyez que les rêves se réalisent parfois.
En tout cas, merci pour la soirée.
- Une des meilleures depuis... - Depuis ton divorce ?
Oui.
Je vous tiens au courant de l'évolution de l'enquête ?
Ah ben, oui. "L'enquête"...
- Bonne nuit, Éric. - Bonne nuit.
Bonne nuit, Éric.
Bonne nuit.
Dis, maman, tu crois qu'il est amoureux de toi, Eric ?
Tout le monde est amoureux de moi. Tu l'ignorais ?
Non ? Sans blague ?
- C'est un monsieur adorable. - Je suis d'accord.
Allez, bonne nuit.
Laisse la porte ouverte.
OK.
Bernard Christiansen. Laissez un message. Merci.
Docteur Christiansen, c'est Roxana.
Je dois absolument vous parler. C'est très urgent.
Quelque chose ne tourne pas rond.
Rappelez-moi, s'il vous plaît.
C'était elle.
Roxana a besoin d'être seule, d'être livrée à elle-même.
Il faut qu'elle trouve des repères.
Oui, je sais.
Mais ce que je ressens, c'est terrible.
C'est normal.
Vous n'avez fait que gérer sa vie.
Je veux pas la perdre.
Au contraire, vous allez la retrouver.
Et le plus important, elle va se retrouver elle-même.
C'est bien ça que vous voulez, n'est-ce pas ?
Moi, ce que je veux, c'est retrouver notre vie d'avant.
J'ai fait ce que vous m'avez demandé.
Vous êtes sûr de vous, docteur?
Vous m'avez fait confiance, jusque-là.
Continuez.
Je vais demander une analyse ADN. Comme ça, on sera fixés.
Emily le portait quand elle a quitte l'appartement, j'en suis certaine.
Qu'est-ce qu'il faisait dans mon placard ?
Elle ne vous l'a pas jeté à la figure ?
Si c'était un cadeau de vous, dans ces moments-là...
Ne me prenez pas pour une folle, mais il m'arrive des choses étranges.
Je sors la nuit sans m'en rendre compte,
je casse mon violon préféré, et j'en ai aucun souvenir.
Je fais un rêve. Toujours le même.
J'ai peut-être fait des choses terribles.
Vous êtes somnambule ?
Non. Mais depuis mon opération, quelque chose a changé en moi.
Mes mains...
Quand je touche les cheveux de Mina, je...
Quoi ?
J'ai des pulsions.
L'autre jour, j'ai failli lui en arracher une poignée.
Qu'en dit le médecin ?
Il est injoignable.
De toute façon, il n'est pas psychiatre.
Vous avez pensé à consulter?
Désolée de vous avoir importuné.
Tenez-moi au courant, pour les analyses.
Au revoir.
Roxana, attendez. J'ai pas voulu vous blesser.
Aller voir un psy veut pas dire qu'on est fou.
J'ai pas besoin d'un psy mais d'un exorciste.
- Vous croyez à l'hypnose ? - Vous y croyez, vous ?
Récemment, une femme nous a aidés sur une enquête.
C'est une psychothérapeute aux méthodes particulières.
Donc vous y croyez.
"Vos paupières sont lourdes, vos yeux se ferment lentement..."
Grâce à elle, on a sauve quelqu'un. C'est tout ce que je sais.
Ouais, une psy. D'accord.
Qu'est-ce que ça vous coûte ?
Le Dr Denker n'a rien de folklorique. Elle ressemble même à...
- À quoi ? - Une vraie psy.
Je vais y penser. Merci.
En fait.
Je serai en France dans 7 jours pour diriger l'Orchestre national de Lyon.
Je pensais faire un saut à Paris pour venir vous voir
et parler des vacances à New York pour Mina, cet été.
Avec plaisir. Dis, ça fennuierait, si je venais aussi ?
C'est vrai, maman ?
Toi, à New York ?
Ben non, au contraire. Ça sera un plaisir.
Sarah a très envie de te rencontrer.
Au fait, c'est pour bientôt?
À la fin du mois, et ça sera une fille.
Mais tu sais faire que ça ?
Oui. Mais bien.
Appelle la veille, qu'on organise quelque chose.
- D'accord. - Salut.
Au revoir.
Tu vas avoir une petite soeur?
Bonsoir, messieurs.
- Bonsoir. - Bonne soirée, docteur.
Richard !
Je peux te parler quelques minutes ?
Que fais-tu ici ?
J'ai eu le dernier numéro du Lancet, comme le reste de la profession.
Pourquoi un tel acharnement?
Tu n'es pas cité dans mon article.
Fais pas ton faux cul !
Tu te poses en expert ATC,
tu parles de charlatans, d'apprentis sorciers...
- On voit bien de qui tu parles. - Que veux-tu ?
Comprendre cet acharnement.
Tu as vu mon oeuvre sur Roxana.
- Alors que tu haïssais son père. - Justement.
Je veux oublier ce que vous m'avez fait.
Richard,
je me suis entouré des plus grands spécialistes du monde.
J'ai trouvé des sources de financement pour la recherche.
Rejoins notre équipe.
Que dis-tu ?
Je ne te parle pas de réconciliation mais d‘efficacité.
Mais tu délires.
Aujourd'hui, je peux réaliser notre rêve,
celui qu'on avait, Maxime, toi, moi...
Quel poids peuvent avoir nos rancoeurs à côté de ce qu'on pourrait faire ?
Ta présence serait un gage de crédibilité.
Écoute, laisse-moi tranquille, s'il te plaît.
Bernard, attention !
Désolée. Il y a personne à la maison. Laissez un message. Au revoir.
Oui, Roxana... Madame Orlac...
C'est le capitaine Almeida. Je vous ai déjà laisse 2 messages.
Rappelez-moi dès que possible. C'est urgent. Merci.
La nuit a été bonne.
Le pronostic vital n'est pas engagé, mais...
la balle est passée près du coeur.
Nous en saurons plus dans quelques heures.
Et pour l'interroger ?
Ça peut prendre un certain temps, capitaine.
Je crois que vous pouvez rentrer chez vous.
J'ai vos coordonnées.
Tu y arrives ?
Oh, regarde!
Ah ben, oui. Je vois.
Aujourd'hui, vous avez un chauffeur.
Trop cool !
Allez.
Vous passiez par hasard ?
Vous n'avez pas eu mes messages ?
Non. Pourquoi?
Vous ne savez pas, pour le Dr Bremmer ?
Qu'est-ce qui s'est passé ?
On l'a abattu hier soir, à l'hôpital.
Christiansen était avec lui.
Il est gravement blessé.
- On leur a tiré dessus. - Qui ?
On a des images. Un type en jogging.
On ne distingue pas ses traits à cause de la capuche.
On passe tout l'hôpital au peigne fin.
Ça va ? Je vous trouve très fatiguée.
Je vous trouve très pâle.
Pardon. Je suis désolée. C'est...
Les séances de stimulation électrique, ça m'épuise.
Madame Orlac, excusez-moi.
Votre soeur est passée prendre quelques affaires,
et m'a demande de vous remettre ça.
- Merci. - Je vous en prie.
Nana, c'est encore moi. Je sais que t'es passée.
Pourquoi tu m'as rendu les clés ?
Cette maison est autant à toi qu'à moi.
J'ai vraiment besoin de te parler. Il se passe des choses...
Tu me manques. Je suis perdue.
Dis-moi ce qui se passe, d'accord ?
Je t'aime.
La plupart des personnes qui viennent me voir la 1re fois
me disent la même chose que vous.
C'est pas facile, d'admettre l'existence de dimensions
au-delà de nos perceptions ordinaires.
Vous savez qui je suis.
Oui.
Je suis pas venue pour me confesser.
J'ai du mal à discerner les rêves de la réalité.
C'est votre traitement ?
Je traverse une période difficile, comme vous pouvez l'imaginer.
Mais je reprends ma vie en main, si j'ose dire.
J'ai jamais vécu une vie normale.
Ma priorité a toujours été la musique, mon violon...
Une sorte de dimension parallèle.
Où personne n'avait accès.
J'ai gâché mon mariage par indifférence,
j'ai failli passer à côté de ma fille
et j'ai laissé ma soeur dans mon ombre,
en trouvant tout ça normal.
Beaucoup d'artistes connaissent ce problème.
Acceptez-vous de me faire confiance ?
Vous allez faire quoi ?
Je vais vous hypnotiser.
Ce sera très rapide. Vous resterez à moitie consciente.
La perte de contrôle vous effraie ?
Pas plus que le reste.
Bravo.
Fermez les yeux.
Doucement.
Respirez.
Je prends vos mains dans les miennes.
Respirez...
profondément.
Livia...
Livia... Livia...
Ça va?
- Pas de vertige ? - Ça va.
J'ai dormi ?
En quelque sorte.
Roxana, est-ce que le prénom Livia vous évoque quelque chose ?
Non. Pourquoi?
Vous venez de le répéter à plusieurs reprises.
Je connais personne...
Qu'est-ce qui m'arrive ?
Vous avez peur, madame Orlac.
Je pense que vous avez un ennemi puissant
qui veut vous détruire.
Enfin, qui cherche à prendre le pouvoir sur vous,
sur votre vie.
- Mais qui ? - Je ne sais pas.
Quelqu'un de proche.
Quelqu'un de très proche de vous. Ce que vous disiez...
J'ai que ma soeur, Elena.
Nous pouvons nous revoir, si vous le désirez,
pousser plus loin.
"Plus |oin" ?
Vous préférez ne pas savoir?
Qu'est-ce que vous faites là ? Vous me suivez ou quoi ?
- Vous êtes allée la voir? - Ça me regarde.
Vous m'offrez un café ?
Oui.
On a retrouvé l'arme qui a servi à abattre Christiansen et Bremmer.
On a pu en extraire de l'ADN.
Qui c'est? Ce sera peut-être le mien.
Le vôtre ?
En me réveillant, j'étais couverte de crasse
et j'ai retrouvé un vieux jogging avec des taches.
Du sang, je pense.
Le jogging correspond à la description que j'ai faite ?
Roxana, vous savez vous servir d'une arme à feu ?
- Comment s'en procurer une ? - Non.
Pourquoi tuer deux hommes qui vous ont aidée ?
Vous allez me donner ce jogging.
Je veux qu'on me surveille 24 heures sur 24.
Votre soeur, peut-être...
Ma soeur refuse de me parler depuis plusieurs jours.
C'est la première fois.
Je lance une recherche ? Elle a peut-être eu un accident.
Je crois que je deviens folle.
Alors je veillerai sur vous.
D'accord ?
Et si c'est moi...
Même si c'est vous, je vous laisserai pas tomber.
Surtout si c'est vous.
Merci.
Avant de lancer la machine,
je vais faire vérifier le groupe sanguin sur le jogging
et interroger Christiansen.
Pourquoi vous faites ça ? Vous me devez rien.
J'en ai pas l'air, mais je suis bon flic.
J'ai un certain flair,
et j'ai du mal à vous imaginer en tueuse.
Peut-être que je me trompe.
Je passe la nuit ici, en attendant que votre soeur redonne signe de vie.
- Le fauteuil... - Non, mais...
Personne ne m'attend.
C'est plus simple que d'ameuter toute ma hiérarchie.
Une fois la machine lancée, on ne peut plus l'arrêter.
D'accord.
Je dois dîner avec mon ex-mari.
- La gardienne s'occupera de Mina. - Je peux le faire.
Ah bon ?
Flic, pianiste et baby-sitter ?
Mais vous êtes un homme hors du commun.
Je sais. Je me surprends moi-même.
Ça continue, le traitement VIP, Almeida ?
Pardon ?
Vous demandez une analyse, et vous imaginez que je ne le saurai pas ?
C'est compliqué.
Je vous l'ai dit, Roxana Orlac est une suspecte comme les autres.
Je la mets en garde à vue. A vous de lui annoncer,
si vous y tenez.
On veut la piéger.
Tiens, donc. Et qui, d'après vous ? Pourquoi ?
Oh, elle vous plaît.
Les images du parking, on les a vues et revues.
C'est le même jogging que celui de Roxana Orlac.
- On est d'accord ? - Regardez.
Le tireur se trouve à plus de 5 m de Christiansen et à 7 de Bremmer.
Comment aurait-il pu avoir le pantalon imbibé de sang ?
Admettons. Vous avez d'autres pistes ?
Sa soeur a disparu.
Je cherche déjà de ce côté-là.
Elle avait accès à l'appartement de Roxana.
Quel serait son mobile ?
Je peux interroger Mme Orlac.
Elle est trop exposée pour qu'on puisse se permettre une bavure.
Je vous suis, pour l'instant.
Et puisque vous appréciez la musique,
rappelez-vous que vous faites partie d'un orchestre,
le mien.
Je ne veux pas de soliste. C'est clair ?
- Très clair. - Très bien.
J'ai pris ma décision.
Si d'ici 48 heures, vous n'avez pas d'avancées définitives,
je vous dessaisis du dossier.
Bonne soirée, capitaine.
Roxana ?
Roxana ?
T'as écouté un seul mot de ce que je viens de te dire ?
Quoi ?
Excuse-moi, je suis fatiguée.
- Tu disais ? - Je te parlais de Mina.
C'est une très bonne idée, que tu l'accompagnes à New York.
Je te proposais de la garder chez moi après ton retour.
Voilà.
Ah bon ? Mais pourquoi?
Tu as besoin
de calme et de tranquillité, après tout ça.
Et puis tout ce qui se passe en ce moment, ces morts.
Je ne sais pas si Mina est en sécurité.
- Tu n'y es pour rien... - Tu dis quoi ?
Je mets ma fille en danger?
Juste pour quelques semaines, le temps que tout redevienne normal.
Qu'est-ce que tu en sais ? On se voyait entre deux avions.
- On restait des mois sans se voir. - Tu exagères, là.
Écoute, Mina viendra pas vivre avec toi.
Mets-toi ça dans la tête.
Tu as ta vie, j'ai la mienne.
Mina en est le centre. D'accord ?
Tu préfères pas qu'on règle ça amicalement,
entre nous ?
C'est une menace ?
Quand tu m'as rencontrée,
j'étais une jeune femme impressionnable.
C'est plus le cas, maintenant.
Bon. Je préfère arrêter cette conversation.
Tu n'es pas dans ton état normal.
Tu en sais quoi ?
Roxana, excuse-moi.
Excuse-moi.
- Ça va pas ? - Si, si, ça va.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Venez, venez.
Venez, venez, venez.
Joachim a raison. Je suis dangereuse.
Je me contrôle plus du tout.
Si j'ai pu lui faire ça, je suis capable de tout.
Il va porter plainte ?
Allez vous coucher. Je reste là.
Je sais plus qui je suis, Éric.
Moi, je sais qui vous êtes. Ne vous en faites pas.
Mina s'est couchée. Je lui ai promis des cours.
Ah bon ?
Je crois que j'ai un ticket.
Merci d'être là.
Désolée. Il y a personne à la maison. Laissez un message. Au revoir.
Roxana, c'est moi.
Je te demande pardon pour le mal que je t'ai fait.
Je ne sais pas ce qui m'a pris.
Quand j'ai compris que tu allais me laisser tomber,
je t'ai haïe...
aussi fort que je t'ai aimée.
Mais là, j'ai... J'ai plus la force.
J'ai plus la force ni d'aimer, ni de haïr,
ni de rien.
Ma chérie, ma chérie...
pardonne-moi.
Essaie de comprendre.
Elena, attendez! Elena !
Putain !
Philippe, c'est Almeida.
J'ai besoin de localiser un appel. C'est extrêmement urgent.
Venez ! On allait monter.
On y va.
Ah non, monsieur. Restez là.
Elena !
Appelez une ambulance !
J'ai rappelé l'hôpital.
L'état d'Elena s'est stabilisé.
Ils veulent pas nous donner de faux espoirs, mais ça ira.
Voici quelque chose qui correspond au prénom que vous prononciez.
Mais je la connais.
Je l'ai vue dans mes rêves.
Elle s'appelle en effet Livia. Livia Van Heusden.
Elle est hollandaise.
Elle a été accusée d'avoir assassine ses enfants.
Elle s'est suicidée dans un hôpital psychiatrique.
C'est la donneuse ?
Elle a définitivement été en contact avec Christiansen.
- Je veux aller voir Elena. - Je vous accompagne.
Elle est tirée d'affaire, mais elle a perdu beaucoup de sang.
Elle est très faible.
Elle est encore endormie. La chambre est là.
Ce message qu'elle m'a laisse, de quoi elle s'excusait ?
Qu'est-ce que ça voulait dire ?
Elle vous est dévouée.
Elle a dû se sentir abandonnée ou lâchée dans la nature.
Elle m'aurait jamais fait de mal.
Jamais !
Éric !
Je viens d'avoir les résultats de l'ADN.
Il ne correspond ni à Roxana ni à sa soeur.
Mais c'est une femme.
- Qui n'est pas fichèe, je suppose. - Pas chez nous.
Merci, patron.
Vous avez de la classe.
Pourquoi ?
Beaucoup m'auraient sorti
un "je vous l'avais bien dit" de circonstance.
À la 1re question que vous poserez, je vous réponds immédiatement:
"Non, je n'ai pas vu la personne qui a tiré sur moi
"et sur Richard Bremmer."
Vous allez droit au but.
J'ai toujours été un homme pressé.
Trop, vous diront certains. Que voulez-vous savoir d'autre ?
J'aurais une question technique au sujet de l'ADN.
Une question concernant l'enquête ?
Peut-être.
Après une greffe,
L'ADN du donneur peut-il fusionner avec celui du receveur ?
Excellente question.
La réponse est non, capitaine.
Les deux ADN coexistent, et ce, jusqu'à la mort du patient.
- Pourquoi me demandez-vous ça ? - Simple curiosité.
Un membre greffé peut-il influer sur le comportement du patient ?
Vous me demandez si un ADN étranger
peut modifier la personnalité d'une personne ?
Comme l'ADN d'un criminel, par exemple.
Ce que j'ai greffé à Roxana Orlac...
ce sont des tissus,
des os, de la chair,
des terminaisons nerveuses.
Uniquement de la matière organique.
Il n'y a rien désotérique. Vous allez trop au cinéma, mon ami.
Je ne suis pas votre "ami".
Justement, capitaine.
Je ne saisis pas bien.
Si vous n'êtes pas mon ami, que venez-vous faire ici ?
Ce dossier, c'est comme un vieux pull
dont on tient un fil...
Je pense qu'il serait temps que le Dr Christiansen se repose.
Désolé si j'ai abusé.
J'allais oublier.
Le nom de Livia Van Heusden vous est-il familier, docteur?
S'il vous plaît.
Un problème, monsieur?
"Un problème", c'est beaucoup dire.
Une gêne passagère.
Ce policier vous a contrarié ?
Je suis probablement trop fatigué pour recevoir des visites.
Alors, Christiansen, ça donne quoi ?
Des zones d'ombre et de flou. Il y a un truc qui m'intrigue.
Pourquoi il emploie les services d'un ancien militaire serbe ?
Pas de casier chez nous, apparemment.
En effet, c'est un curieux profil, pour un chauffeur secrétaire.
- C'est tout ce que vous avez ? - Pour le moment.
Bon. Ben, on continue.
Oh, fais pas cette tête.
Lyon, c'est tout près, Mina. Et puis papa s'occupera de toi.
J'ai beaucoup de choses à régler, je dois m'occuper de Nana...
Pourquoi je peux pas rester avec toi ?
Mina, on va bien s'amuser, tous les deux.
Tu sais, je connais personne, à Lyon.
J'ai plusieurs jours de libres avant mes répétitions.
On ira au restaurant tous les jours et on appellera maman chaque soir.
- Je veux rien qu'il t'arrive. - Mais il m'arrivera rien.
Allez.
Tu me tiens au courant?
OK.
Viens.
J'ai reçu des précisions sur Livia Van Heusden.
Ah bon ?
L'affaire est compliquée.
On accuse Christiansen d'avoir prélevé ses mains sans autorisation,
ou du moins, avec des documents falsifiés.
Elle voulait pas qu'on touche à son corps ?
La famille a attaqué Christiansen en justice.
J'ai une faim de loup.
Autant vous le dire tout de suite,
j'étais douée qu'à une chose, le violon.
Pour le reste...
Non, non. Ça a l'air...
Pas meilleur que ça n'en a l'air.
- Mais bon appétit quand même. - Merci.
Je voulais vous demander...
Vous êtes toujours proche de vos suspects ?
Mais je fais partie de votre fan club, je vous l'ai dit.
Mais si j'avais quelque chose à voir avec ce qui est arrive à Emily,
à Christiansen et Bremmer, vous seriez capables de m'arrêter?
Sans hésiter.
C'est drôle, ça me rassure, que vous me disiez ça.
Mangez, ça va refroidir.
Je crains que froid, ce soit pire.
Vous avez connu beaucoup de femmes, dans votre vie ?
"Des femmes" ?
Pas énormément.
Je suis du style sentimental. En général, je me fais larguer.
Je mets des années à m'en remettre. Non, pas autant que j'aurais voulu.
Je m'attendais pas à une réponse aussi franche.
Vous me posez pas la question ?
Je ne veux peut-être pas savoir.
Oui. Il vaudrait peut-être mieux pas continuer cette conversation.
Peut-être pas.
On aurait pu se rencontrer avant.
Ben, non, justement.
Mijn handen...
Mijn handen...
Allô ?
Oui, c'est moi.
Madame Denker ?
Qu'est-ce qui se passe ? Quelle heure il est?
Oui, oui. Je viens tout de suite.
Calmez-vous, j'arrive.
- Que faites-vous là ? - Je vous ai entendue faire du bruit.
La psy ? Qu'est-ce qu'elle a ?
Je sais pas. Elle est paniquée.
Elle veut me voir chez elle. Elle a découvert quelque chose.
Sa voix tremblait, elle pleurait.
Habillez-vous, je vous accompagne.
En dormant, vous répètiez "mijn handen".
Qu'est-ce que ça veut dire ?
J'en ai aucune idée. Pourquoi ?
- Ça veut dire "mes mains". - En quelle langue ?
- En néerlandais. - "Mes mains"?
Marjorie ?
C'est moi.
Restez calme.
Vous êtes calme ?
Que voulez-vous ?
Je ne prendrai aucun plaisir...
à ce que je vais faire dans 1 minute, croyez-moi.
C'est quoi, l'histoire ?
La folle a buté la psy et va se tirer une balle, c'est ça ?
- Écoutez... - Toi, tu écoutes !
Tu baisses doucement ton bras et tu lâches ton arme.
Avec des gestes lents et calmes. Allez !
J'ai lu ton dossier militaire.
Tu es un tireur d'élite.
Un vrai champion.
Et alors ?
Il fallait bien viser pour abattre Bremmer dans le parking
et seulement blesser Christiansen, surtout à cette distance.
Éric !
Monsieur Blok,
rien qu'avec ce qui s'est passe hier, vous allez prendre 20 ans.
D'après Almeida, vous êtes impliqué dans la mort d'Emily Lovejoy
et du professeur Bremmer.
Je les connais pas.
Possible, mais tu faisais croire à Roxana qu'elle devenait folle.
Le Dr Christiansen surdosait son traitement,
et vous profitiez de son état pour rentrer chez elle.
Il suffisait de lui mettre des habits mouillés, de casser son violon...
- Vous avez des preuves ? - Non, pas encore.
Vous êtes un professionnel. Vous travaillez très proprement.
Mais le Dr Christiansen sera interrogé dans la journée.
Il lui sera facile de tout vous mettre sur le dos.
Donc vous n'avez rien.
Tu fais confiance à Christiansen ?
Tu crois qu'il va endosser sa part de responsabilité ?
Dites-nous pourquoi vous avez fait tout ça.
Dans ma partie...
on ne demande pas pourquoi, madame.
On demande combien.
Sortez ça d'ici.
Allez.
Madame...
j'ai quoi, en échange de Christiansen ?
Ça dépend de ce que vous vendez.
Je pense que ça vous intéressera.
Ça va ? Pas trop stressée ?
Je pensais pas le revoir un jour.
Vous n'êtes pas obligée.
Il passera aux aveux une fois qu'il vous aura parlé.
On a largement de quoi le faire condamner.
Il faut que je sache.
Sinon ça va me poursuivre toute ma vie.
Et ces images...
ces femmes sans bras...
ce prénom, Livia...
comment je pouvais les connaître ?
C'est simple.
Je venais vous parler la nuit, à la clinique.
Vous étiez sous sédatif.
Je vous faisais des descriptions très détaillées, très imagées.
C'est moi qui vous ai soufflé le prénom.
Je savais que ça ferait son chemin dans votre inconscient.
C'est pas après moi que vous en aviez, n'est-ce pas ?
Que vous ont-ils fait ?
Mon père, Bremmer...
Qu'ont-ils bien pu vous faire ?
Ils m'ont volé ma vie.
À la fac, nous avions travaillé à trois sur une thèse autour des ATC.
Mais Bremmer et Maxime m'ont fait renvoyer.
Ils se sont approprié mes travaux,
puis ils ont fait en sorte qu'aucune faculté ne m'accepte.
J'ai fini mes études en Argentine.
- Pourquoi mon père aurait fait ça ? - Pourquoi?
À cause de Catherine.
Ma mère ?
Oui.
Je devais l'épouser.
Mais elle a eu l'heur de plaire à Maxime Orlac.
Dès qu'il m'a éloigné, il n'a eu qu'à se baisser.
Pourquoi je vous croirais ?
Ce que je vous ai fait ne constitue pas une preuve ?
Et vous avez attendu tout ce temps...
Catherine nous a quittés.
Maxime aussi est mort avant que j'aie pu m'occuper de lui.
J'ai vécu tout ce temps dans la frustration !
Jusqu'au jour où vous avez su, pour mon accident.
J'ai vu l'occasion rêvée de régler mes comptes avec le passe,
tout en préparant mon avenir.
En nous détruisant, ma soeur et moi. C'est ça ?
Vous détruire ?
Vous n'avez pas compris. Vous êtes la preuve de mon génie.
Tout ce que je voulais, c'était me débarrasser de Bremmer
et vous pousser à croire, vous et le reste du monde,
que vous étiez sa meurtrière.
Une forme de crime parfait.
Mais ce flic s'en est mêlé.
Et il est devenu un petit peu risque de vous garder en vie.
Vous êtes monstrueux.
Non, Roxana.
Je suis fou.
Si je n'avais pas eu cette folie en moi,
Dieu sait jusqu'où j'aurais pu aller.
Vous aviez réussi là où tout le monde avait échoué. Ça suffit pas ?
Il faut de la force, pour oublier. Je n'ai jamais eu cette force-là.
Mais grâce à vous...
je laisserai une trace.
Ces mains...
ça sera mon héritage.
Ça va?
Ça va, oui.
Je pensais à mon père.
Ce qui me fait mal, c'est de plus savoir qui il était,
celui avec lequel j'ai passe ma vie ou celui que m'a décrit Christiansen.
Il emportera ses secrets dans la tombe.
Écoutez votre coeur, oubliez ce salaud.
Merci de m'avoir rappelée. Vous commenciez à me manquer.
Ma vie a été un peu compliquée.
Je suis parti à Toulouse, pour faire le point.
C'est joli, Toulouse.
J'y ai joué plusieurs fois, au théâtre de...
- Du Capitole. - Oui, voilà, c'est ça.
J'ai déposé ma lettre de démission ce matin.
- Après mûre réflexion, j'imagine ? - Oui, c'est un peu ça.
Mes copains m'ont proposé d'intégrer le groupe,
de devenir pro.
Je suis heureuse pour vous.
À force d'entendre dire que je n'avais pas l'air d'un flic...
Je peux vous laisser seul avec Mina ?
- Oui. - Merci.
Roxana...
J'ignore si c'est le moment, mais...
si je vous disais que je suis un peu amoureux de vous ?
“Un peu"
Une figure de style pour atténuer l'énormité du propos.
C'est vrai que c'est énorme, mais j'ai entendu pire.
- Pas choquée ? - Non.
- On peut en reparler après ? - Oui, oui.
Pourquoi on va pas avec maman ?
Je crois qu'elle a envie de rester un peu seule.
Tu crois qu'elle parlera à la dame morte ?
Oui. C'est quelqu'un de très important pour elle.
Viens.
Je ne sais pas ce qui s'est réellement passe, Livia.
Si j'ai rêvé, si j'ai été sous l'emprise de la drogue,
si vous vouliez me dire quelque chose...
Je suis là, aujourd'hui.
Grâce à vos mains, je vais pouvoir recommencer à vivre, à espérer.
Je ne vous connaissais pas, je ne reprêsentais rien pour vous,
mais il était très important que je vienne vous remercier.
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