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(LE DISQUE ROUGE)
Service !
Quelle surprise !
Maman sait que tu es ici ?
Joyeux Noël, Sandrino !
Joyeux Noël, Liverani !
Tu passes à la coopérative ?
D'accord.
Je suis passé à l'entrée...
Et j'ai fait comme toi : "Service !"
Bravo ! La prochaine fois, dis :
"Je suis le fils de Marcocci. Le cheminot du R-48."
Sandrino, le père Noël arrive !
Léger, cette année !
Le vin est de qualité !
- C'est du rouge ? - Non, du blanc.
- Sec ? - Non, doux.
Je te l'offre.
Arrête avec tes quatre poils !
Ils ont poussé par hasard ?
Tu te trompes !
Eh, joyeux Noël !
Meilleurs vœux !
Madame...
Merci.
Alors ?
C'est la nouvelle locataire. Elle est de Viareggio.
Tu sais toujours tout !
Question de technique !
Tôt ou tard, tu trouveras celle qui te coincera !
Impossible !
Maman a dit que demain, vous viendrez chez nous.
Mais non, Noël est une fête de famille...
Tu n'en as pas, donc tu seras avec nous !
On sait ce qui arrive, au début, les bonnes manières...
Mais c'est toujours lui qui finit par avoir la cuisse !
Tiens, Sandrino.
Dis à maman que j'arrive.
Un seul verre et je viens.
Une bise à maman !
Au revoir, Sandrino !
Joyeux Noël, Sandrino !
Joyeux Noël !
Qu'est-ce qu'il y a ? Tu es seul ?
Papa s'est arrêté chez Ugo. Il arrive tout de suite.
Tu lui as dit que Giulia et Renato sont là ?
Bien sûr !
Il reste un peu là-bas.
Ne jette pas ton manteau sur le buffet.
Quelques mots avec les amis...
Et quelques bouteilles de vin !
Veux-tu te taire !
Vous êtes pressés ?
Non,
mais Giulia est arrivée à terme.
Comment te sens-tu ?
Ça va bien.
Tu as réfléchi à cette affaire de sardines ?
Quelles sardines ?
On pourrait dédouaner le stock.
On pourrait !
Allons, laisse tomber, Marcello.
Comment ça ?
Je l'ai fait bleu. Ce sera un garçon.
Il se fait tard...
Sandrino, dis à papa qu'il se dépêche.
Bon, il faut bien un peu de vin de temps en temps...
Je m'inquiète pour Giulia dans son état.
Fais vite, d'accord ?
Tu te sens mal ?
Ce n'est rien,
juste un petit vertige.
Au revoir !
Pour vous, il n'est jamais l'heure, hein ?
Tu veux nous chasser la nuit de Noël ?
Il est tard. Le petit enfant va naître.
- Eh, le dernier ! - Non.
Je suis trop fatigué.
Ugo, tu es ouvert demain ?
Tu as sommeil ?
Un peu.
Moi aussi, mais quand ton père commence...
Au raisin !
Allez, papa !
Joyeux Noël !
Vous êtes sourds ?
Où êtes-vous ?
Bel accueil !
Je rentre...
et je ne trouve personne !
Bel accueil !
Tu te rends compte ?
Ils sont partis !
On croit que...
On croit que puisque c'est Noël...
Mais rien du tout !
Au diable les fêtes !
Quelle saleté !
Espèce de saleté !
Maman dit qu'ils sont tous chez Giulia !
Oui... Dors, maintenant.
Papa, réveille-toi !
Giulia va mal !
Je peux ?
Que fait cet enfant ? Renvoyez-le !
- Sandrino, que fais-tu ? - Maman est là ?
Oui. Entre.
Ne bouge pas d'ici.
Qu'est-ce qu'elle a, Giulia ?
Reste tranquille ici, d'accord ?
Pourquoi Giulia crie ?
L'enfant est né ?
Maman veut qu'on l'appelle Andrea.
Que dira papa si c'est une fille ?
Il est capable de se fâcher.
Même quand Giulia n'était pas mariée,
papa et elle se disputaient tout le temps.
On en parlait depuis une semaine.
J'ai dit non. Un point c'est tout !
Je sais que tu le fais exprès...
Parce que tu ne me supportes pas !
Giulia, que dis-tu ?
Oui, il me déteste !
Ce n'est pas vrai !
Sara !
Je viens !
Giulia fréquentait Renato.
Mais j'avais compris...
qu'ils ne s'entendraient plus.
Que veux-tu ?
Ma sœur a dit que...
Je suis occupé.
Giulia veut une réponse.
Allez, Renato !
J'arrive !
Dis à ta sœur que je l'appelle plus tard.
Tiens. Va-t'en à présent.
Je ne la trouve pas en forme.
Pourquoi elle ne mange pas ?
Qu'est-ce que tu as ?
Réponds !
Je t'ai seulement demandé pourquoi tu ne manges pas !
Descends chez le concierge, il doit être revenu de la fontaine.
- Mais, je... - Dépêche-toi !
Elle est enceinte.
De qui ?
De qui ?
Je veux le savoir ! Viens ici !
Dis-moi de qui !
De toute façon, ça ne servira à rien !
Dis-le-moi tout de suite !
Laisse-la. Je vais te le dire !
C'est Renato Borghi. Celui du magasin.
Andrea, attends !
Avec la force, on n'obtient rien.
Toi !
Maman !
Que se passe-t-il ?
Voyons si Renato
sera arrogant avec papa, aussi.
On ne bouge plus !
Attention...
Souriez !
Ne bougez pas...
Voilà !
Trinquons, à présent !
En espérant que ce soit un beau garçon,
comme moi !
Merci.
Félicitations, Giulia !
- Meilleurs vœux. - Merci.
Ils doivent être à Chiusi.
C'est un train rapide.
Pourquoi elle pleurait Giulia ?
Toutes les femmes pleurent quand elles se marient.
Maman aussi, elle a pleuré ?
Tais-toi maintenant.
Dors !
Tu as pleuré à notre mariage ?
Je ne sais plus... Il y avait tant de monde.
Et mon alliance qui ne rentrait pas !
Qu'est-ce que ma petite fille peut penser de moi ?
Ah, c'est toi, ma tante.
Oui... Le docteur est parti.
Mal, ma tante.
Non, pas elle.
Que veux-tu, c'est comme ça.
Merci.
Oui... je lui dirai.
Bonne nuit.
Quand je pense qu'on s'est mariés pour cet enfant.
Alors que...
Le bébé de Giulia était mort.
À cette heure-ci, j'aurais pu être tonton !
Dans ma classe, personne n'est tonton.
C'est vrai qu'un jour, on va tous mourir ?
Ce n'est pas possible que papa et maman meurent aussi.
Un paysan achète un champ de 327 m de long
et 81 m de large.
Combien de mètres carrés fait-il ?
Après Noël, papa changea d'horaires.
Alors je devais aller tout seul à l'école.
Arrêtez-le !
Ça ne compte pas !
Religion : 7. Gymnastique : 8.
Conduite : 5. Histoire-géographie : 4.
Viens ici !
Curieux... à la maison,
Marcello ne parlait plus.
Farceur !
Tu as 100 000 lires ?
Je vais te montrer comment les investir.
Même 20 ou 30 000 !
Regarde les arbres.
L'hiver est fini !
Moi, quand le printemps arrive...
Je lui dis : "Mademoiselle, ces yeux merveilleux... !"
Elle me répond : "Les yeux ?"
"Façon de parler !"
Ne fais donc pas cette tête !
Giulia et Renato venaient rarement chez nous.
Pour l'anniversaire de papa, ils vinrent.
Mais l'ambiance...
- Allons bois ! - Sers-moi !
Non, c'est lui qui doit boire !
D'accord.
J'ai 50 ans.
50 verres, il faudrait !
Au raisin !
Si ce soir-là j'étais rentré tout de suite...
Et si j'avais bu un seul verre...
Aujourd'hui, Giulia aurait un beau bébé.
Tu ne peux pas te fixer sur cette absurdité !
C'est le destin qui l'a voulu.
Ça ne devait pas arriver.
Depuis, tout va mal !
Ce sont des détails mais...
Ces silences... Ces regards...
Sans parler de Marcello !
Aujourd'hui, tu broies du noir !
Bois un coup !
- Je te remplace ? - Non !
Je voudrais savoir ce que je fais ici !
Attends, donne-moi du feu.
Cette heure est la pire.
Cette maudite lumière !
Quelle heure est-il ?
6h48.
- On a du retard. - 30 secondes !
Que fait ce malheureux ?
Freine ! Vite !
Que s'est-il passé ?
Je l'ai vu trop tard. Je sortais du tournant.
Il avait calculé son coup.
Il ne s'est rien passé. À ta place !
Il ne s'est rien passé.
Que fais-tu ici ? À ta place !
Pourquoi ces cris ?
Il ne s'est rien passé !
Écoute, ce n'est pas ta faute.
Je l'ai vu en face.
Tu as fait ton possible.
Il devait avoir 30 ans.
Qui cela pouvait-il être ?
Toi, écoute...
On repart dans 10 minutes.
Tu tiens le coup ? Comment va ton collègue ?
Je n'ai besoin de personne.
Andrea, le feu rouge !
- Comment allez-vous ? - Bien, merci !
C'est combien ?
C'est combien, Renato ?
350.
Du nouveau, Giulia ?
Comme d'habitude...
Tu as l'air plus grande avec cette coiffure.
Je suis plus grande, maman.
C'est vrai.
Eh oui, les enfants grandissent aussi.
Mais le temps passe.
Toi, tu es toujours la même, maman.
Et Sandro ?
Il m'en donne du travail !
Au revoir, Renato !
Au revoir !
Je reviens tout de suite.
Maman...
Je peux vous appeler comme ça ?
Oui.
Donnez-moi ça.
- Tu voulais me parler ? - Oui... de Giulia.
Entre elle et moi, ça ne va plus.
En fait, c'est elle qui ne va plus.
J'ai compris qu'elle ne veut plus rien savoir.
Mais pourquoi ?
C'est la vérité.
Au début, elle avait raison, mais ensuite...
Je mène une vie... !
On ne se dispute pas.
J'aimerais bien, d'ailleurs !
Je me concentre sur le travail
pour ne pas penser.
Ce n'est pas possible...
Je n'exagère pas, c'est la vérité !
Je n'en peux plus.
Je suis prêt à tout.
Renato, qu'est-ce que tu dis ?
Il vaut mieux aller voir un avocat.
Un avocat ? Tu es fou ?
Il n'y a rien d'autre à faire.
Sara.
Tu devais rentrer demain !
Andrea, que s'est-il passé ?
Andrea !
Il y a eu un accident.
Mon Dieu, qui ?
J'ai écrasé un homme.
Il est mort.
Ce n'est pas de ta faute ?
Non.
Mais ensuite, à Bologne, je n'ai pas vu le signal.
Un feu rouge.
Il n'est rien arrivé.
Que va-t-il se passer ?
La routine...
J'ai été suspendu. Il y aura une enquête.
Où vas-tu ?
Dormir.
Tu veux un peu de vin ?
Aucune envie.
Je suis là... Dors, Andrea.
Giulia, je dois raccrocher.
Crois-moi... Il t'aime.
Pourquoi aurait-il dû me mentir ?
Papa est rentré plus tôt.
Je ne viendrai pas demain. Je te raconterai.
Non, ce n'est pas vrai !
On change...
Le temps change les choses.
Moi aussi, tu sais, quand il rentrait un peu ivre...
Quelquefois, il a même levé la main sur moi.
Si tu savais combien j'ai cru le détester.
Mais on apprend à comprendre.
Et les bons côtés
font oublier les mauvais.
Tu comprends ?
Crois ce que je te dis, ma fille.
Parlez ! Essayez !
Tu me le promets ?
Tu me le promets, Giulia ?
Oui, maman.
Merci.
Bonne nuit.
Bonne nuit, ma chérie.
Je réponds.
AIlô, c'est toi ?
AIlô ?
Réponds !
Tu réponds, Giulia ?
Alors, les amis, que nous reste-t-il à faire ?
La commission des syndicats ira trouver le ministre.
Et si cela ne nous donne rien,
nous ferons une grève.
Parlons aussi des employés au guichet.
La prime de nuit est encore de 120 lires !
Un moment...
Je voudrais dire quelque chose.
C'est juste.
La question des tours de nuit est très importante.
Moi, par exemple...
Je m'appelle Andrea Marcocci, machiniste.
Vous êtes au courant de mon accident de Bologne.
Oui, mais ton cas n'a rien à voir...
Non... C'est peut-être dû à la fatigue.
Il est vrai que je venais d'avoir un autre accident...
J'avais écrasé un homme... Un suicide...
Ça arrive, dans notre métier, mais ça laisse des traces !
J'étais sûrement troublé, mais ce n'est pas ça !
Le fait est que j'avais déjà conduit pendant 7 heures.
Et ce n'est pas rien !
Oui, mais tu comprends, Marchetti...
Marcocci !
Pardon Marcocci,
mais ce n'est pas l'endroit.
Allons, presse-toi !
Elle est à moi cette cravate ?
Qui sait... dépêche-toi !
Je mets aussi le chapeau ?
Ces choses sont importantes.
Quand je mets mon chapeau, je deviens neurasthénique !
Ça va pour ton fils, hein ? Tant que ça dure !
Donne-moi un peu d'argent.
Laisse, j'y vais.
Et toi ?
Il était trop tard pour l'école.
Enlève ton tablier.
Tiens.
C'est trop !
Et si tu dois offrir un café à quelqu'un ?
Pourquoi donc ? Au ministère, en plus !
Tu es prêt, toi ?
Oui.
Salut.
Dépêche-toi !
Me voilà.
- Fais attention. - Ne t'inquiète pas.
Téléphone, si tu t'attardes avec tes amis !
D'accord.
Bonjour, madame.
Bonjour.
On ne respire pas ici.
Quelles manières !
Tu sais l'heure ?
Prends donc un cendrier !
C'est ici que tu cherches un emploi ?
Viens ici.
Laisse-moi donc !
Imposteur !
Bonjour.
Attendez ici.
Eh, ça fait une demi-heure que j'attends !
Qu'est-ce que je peux y faire ?
- M. Liverani ! - Salut, Sandrino !
- Salut, Andrea. - Alors ?
Ils m'ont examiné comme la première fois.
Les yeux, les oreilles, tout !
- Andrea Marcocci ! - Oui !
Je m'en occupe.
Papa est malade ?
Non, il est en pleine forme !
Mais ici...
dans leurs bureaux... Avec leurs tonnes de papiers...
Ils deviennent tous un peu toqués !
Et pour faire semblant de travailler, ils nous embêtent !
Présent.
Reste tranquille.
Tu bois, n'est-ce pas ?
De temps en temps, entre amis.
Tu veux un conseil : Arrête.
Complètement ?
Je pense qu'après 50 ans...
J'ai fini. Il est à toi.
Dedans, il y a mon père.
Éloigne-toi ou je te fais sortir d'ici.
Docteur...
Cette visite est importante pour moi.
Expliquez-vous.
Votre collègue dit que je bois trop.
Je bois, oui, mais normalement.
S'ils sous-entendent...
Je n'ai pas fait cette erreur parce que j'avais trop bu.
Je n'étais peut-être pas à 100%, mais ce n'était pas le vin.
C'était l'accident.
Vous savez, un homme sous les roues...
Il avait 30 ans.
Comment ça va ?
Salut, Marcocci.
Allons, on nous attend.
Il était arrivé quelque chose de grave à papa.
La vérité, c'est...
qu'il faut être des charognes pour avoir de la chance !
Des fainéants !
Tu travailles 30 ans pour l'État.
Ce n'est pas rien, 30 ans.
Vous pouvez me croire !
Puis un beau jour, on te dit : "Tu t'es trompé." Terminé !
Rien d'autre.
Écoute-moi...
- Quoi ? - Raisonne un peu.
Je ne veux pas raisonner !
C'est une erreur.
En service, il est interdit de raisonner.
Les yeux ne servent que pour les signaux.
Rouge, vert, voie libre...
Un type se suicide. Freinage excellent. Inutile...
On repart tout de suite. Il ne s'est rien passé !
Et ne pense surtout pas au gars que tu viens de tuer !
Tu ne vois pas un signal
et ils écrivent : "État d'ivresse" !
Avec des témoins qui t'ont vu boire !
Moi, ivre !
Vous entendez ?
J'avais bu 2 gouttes
pour me remettre de ma peur.
Qu'est-ce qu'ils en savent, eux ?
Tu t'es trompé et tu dois payer ! Aucune excuse !
Avoir tué un homme, c'en est une ?
Ça arrive, dans notre métier.
Qu'est-ce que tu veux ?
Andrea, rentre à la maison. Il est tard.
Laisse-moi tranquille.
Je ne bouge pas, si tu ne repars pas avec moi.
Va-t'en tout de suite !
Laissez-le.
Venez avec moi.
Ils sont bien, les syndicats !
Ils te bourrent le crâne de belles histoires
et te piquent ton argent
avec leurs journaux pleins de belles phrases :
"Justice... Les droits du travailleur !"
20 ans de belles phrases !
Avant, on les lisait en cachette.
L'hiver, on se réchauffait avec les belles phrases !
On n'avait pas de chauffage et on parlait de justice.
Tandis que ces petits malins
encaissaient la cotisation et faisaient carrière !
Il y en avait probablement, hier, parmi ceux
qui me jugeaient !
M. Marcocci !
Et moi, je chargeais de charbon
ces vieilles cafetières.
Et je crevais de faim.
Que veux-tu y faire ?
Et puis la guerre...
Un ordre de sabotage ? J'étais prêt !
Vers Cassino, sous les bombardements...
J'aidais les partisans à renverser un train !
Tu te souviens, Ugo ?
Tu penses !
Donne-lui quelque chose à boire.
Rentrons à la maison.
Comment ?
Viens, il est tard.
C'est ta mère qui t'envoie ?
Je finis ça et on y va.
C'est combien, Ugo ?
Laisse.
Offert pas la maison.
Au raisin !
Papa ne conduisait plus le train.
Il travaillait à terre,
comme autrefois...
Chef, on dit qu'il va y avoir une grève.
Qu'en pensez-vous ?
Pourquoi tu me le demandes ?
Ça concerne tout le monde, non ?
Parler ne sert à rien.
Moi, je m'occupe de mes affaires.
Voici, madame.
Au revoir, madame Giulia.
Au revoir.
Tu sais ce dont j'ai rêvé cette nuit ?
Nous étions à Florence, toi, M. Ugo et moi.
Qui ça ?
Ugo, le patron du café...
- Vraiment ? - Quel idiot !
Ce serait bien d'aller à Florence.
Je n'y suis jamais allé.
Et toi ?
Moi non plus.
Et tu es la fille d'un cheminot !
On ira dimanche, il faut 4 heures.
Sans M. Ugo ! Rien que nous deux.
Arrête !
Nous avons de la visite.
- Salut ! - Salut, Giulia.
Sandrino !
Salut, mon mignon ! Qu'est-ce qu'il y a ?
Rien.
Je passais...
Achète-lui une glace, va !
Allez, cours !
Zut ! La chaussure !
Toi ? Qu'est-ce que tu veux ?
Pourquoi ne réponds-tu pas au téléphone ?
Ça fait un mois que je te cherche.
Que t'ai-je fait, Giulia ?
Sandro !
Maman me les achète trop grandes.
Parce qu'elle dit que je grandis.
Pourquoi ? Que t'ai-je fait ?
Rien... Tout est fini !
Ce n'est pas possible. Je ne peux pas !
Sandro, allons-y !
Je te téléphone.
Écoute, Sandro...
ne parle pas de lui, c'est promis ?
Qui est-ce ?
Un garçon que je connaissais avant.
C'est promis ?
Je ne suis pas un mouchard.
Il doit y avoir une erreur.
La paye est juste. Tu ne voyages plus.
Mais c'est une misère !
Contrôle toi-même.
Patacchiola, préposé au freinage.
Assurance, logement,
maladie, retraite,
taxe complémentaire, timbre fiscal...
J'ai compris. Vous avez toujours raison !
Et la tenue de travail.
GRÈVE
Andrea, comment vas-tu ?
Et toi ?
Comme d'habitude.
Tu conduis toujours le train des campagnards ?
Qui transporte des œufs, des poulets et des poussins.
Je fais l'aller-retour dans la journée.
Mais je préférais nos voyages.
J'ai un jeune collègue, un gars du Nord...
Quand il parle, je ne comprends pas.
S'ils pouvaient nous redonner notre train...
Tu te souviens, quand on buvait entre nous ?
Mon collègue ne boit que du lait !
Si ce n'était pas pour ces quatre sous de plus !
Ces quatre sous que si tu n'as pas...
tu n'arrives pas à la fin du mois !
Dis-moi, Gigi...
Je peux te rendre les 5000 lires le mois prochain ?
Oui. Quand j'ai mangé, tout le monde a mangé !
Je n'ai pas de femme à nourrir, moi.
Marcocci !
Je te cherchais.
Tu as deux mois de retard à payer.
Je n'ai pas de monnaie.
Je te change ton argent.
- Je ne peux pas. - Quand alors ?
Je ne peux pas venir vous chercher !
C'est pas pressé !
Et puis, je vais te dire...
je n'ai pas envie de payer maintenant.
Ce n'est pas le lieu ! Tu as compris ?
Ce n'est pas le lieu !
Allons-y, Gigi.
L'école finit. Mes notes étaient un vrai désastre.
Moi, je sais
que quand on cherche un emploi,
on ne dort pas jusqu'à 11 heures !
À 7 heures debout. C'est clair ?
Sara, de l'eau !
J'arrive tout de suite !
File, c'est pas le jour !
Tiens, Andrea.
C'est tout ?
Je t'en apporte encore.
Tu sais, on n'a pas beaucoup de gaz.
On lui donnera demain, c'est mieux.
Non, aujourd'hui.
Je t'aide ?
On se lève à 7 heures et on sort chercher du travail !
On se donne du mal, quand on veut travailler !
Alors, c'est bien clair.
Puisque le concours aux chemins de fer te dégoûte...
demain à 7 heures, dehors ! Tu cherches un emploi !
Sara, l'eau !
Je ne fais pas exprès, j'aimerais bien travailler.
Voilà l'eau.
Tu y vas, Sandro ?
Non, je vais ouvrir.
C'était qui ?
Je ne veux pas passer pour un idiot !
Attention, ce n'est pas dans ton intérêt.
Je passe au bar à 8 heures.
C'est un ami.
Ma mère.
Bonjour, madame.
Fais-le entrer.
- Je vous en prie. - Non merci.
Et bien, Marcello ?
À plus tard.
Qui était-ce ?
Un ami.
Si tu étais venue parler avec la maîtresse...
Comme les autres mamans. C'est pour ça qu'ils passent !
- Tu lui diras ? - Quoi ?
Rien.
Tu as besoin de quelque chose ?
Ces serviettes sont trempées.
Je vais en prendre une bonne.
Que fais-tu ?
Tu ne le vois pas ?
Ne crie pas !
- Qu'il entende ! - Tais-toi !
Ça m'est bien égal !
Attends ici.
Voilà, Andrea.
Merci.
Pourquoi fais-tu cette tête ?
Je prends une serpillière.
Je m'en occupe.
Sandrino, mets le couvert.
Je ne sais pas quoi faire.
Tu as vu ce type ?
Maman, tourne-toi, je t'en prie.
J'ai des ennuis.
Je suis dans une terrible situation.
Je te jure que si j'arrive à...
Je sors.
Un ami est venu le chercher.
Le premier garçon. Quel champion !
Tout s'était très bien passé.
Vraiment bien.
À l'assaut !
Les voilà !
Visez... Feu !
Non, Sandro,
attends !
Ne t'en va pas.
Attends, Sandro !
Allons, allons !
Giulia !
Bonjour, papa.
Maman est là ?
Comme tu es élégante !
À plus tard !
Il faut que je te parle.
Que t'est-il arrivé ?
Je suis une pauvre fille !
Je suis une pauvre fille !
Marcocci !
C'est lui.
Andrea Marcocci ?
M. Andrea Marcocci.
Suivez-moi au commissariat !
Et pourquoi ?
J'ai eu affaire à toutes sortes de délinquants :
Des voleurs, des assassins...
Mais à la fin, ils ont tous chanté.
Un type dur comme celui-ci...
Alors, petit gars...
tu veux dire pourquoi tu l'as fait ?
Vous voyez ? Je n'exagère pas. C'est préoccupant.
Sérieusement.
Moi, si j'étais vous... Vous comprenez.
Oui, mais je peux l'emmener à la maison, maintenant ?
Pour cette fois.
Merci, M. le commissaire.
Allez-y.
- Viens ici ! - Non.
- Viens ici ! - Non.
Allez, viens.
Je ne te touche pas.
D'homme à homme ?
D'homme à homme. D'accord.
Je sais que tu n'es pas bête.
Tu es un brave garçon.
Tu devais avoir une raison pour lancer cette pierre.
Une très bonne raison.
Qu'y a-t-il ?
Dis-moi la vérité.
Je suis un lâche.
Il était avec Giulia en voiture.
C'est à lui que je devais lancer une pierre !
C'est un monstre ! Ça m'est égal maintenant
si j'avais juré à Giulia de ne rien dire !
Andrea !
Laisse-moi !
- Garce ! - Andrea, les gens...
Tout le monde doit savoir qui est ma fille !
Tu ne t'es jamais intéressé à moi !
Jusqu'à 18 ans, tu m'as fait mettre des chaussettes en coton.
Et ton paletot : "Il suffit de le raccourcir", tu disais !
Je mourais de honte dans la rue !
Tu es folle !
Tu m'as mariée à un homme que je ne voulais pas, qui ne me voulait pas.
Ça suffit !
J'en ai assez de vous tous ! Je veux vivre en paix !
Je m'en vais !
Assez, assez...
Et ce n'est pas ce que tu crois.
Plus rien ne m'intéresse. Je veux simplement être en paix.
Je ferais des ménages, mais je ne veux plus voir personne.
Personne, tu comprends !
Viens ici !
Va-t'en, toi !
Qu'est-ce que tu veux ?
Marcello !
Non, Marcello !
Non, Andrea !
Tu ne dois plus toucher maman !
Plus jamais !
Va-t'en !
Toi et celle-là !
Attendez, ne partez pas !
GRÈVE DES CHEMINS DE FER
À minuit commence la grève des chemins de fer...
Je viens du dépôt.
C'est bien vrai !
Quai numéro 7, attention au départ.
Train express à destination de Florence, Bologne, Milan.
Andrea, que veux-tu faire ?
Tu n'iras pas, je te casse la figure !
Va-t'en, Gigi. Occupe-toi de ce qui te regarde.
Le soir suivant, quand papa rentra,
maman et moi, on ne pouvait pas dormir.
Alors, cet espresso ?
Le voilà, il est déjà sucré !
Allez, vite, les machines sont en pression !
Ils disent qu'il y a eu seulement 70% de grévistes.
- Ici, ils disent 100%. - Et tu les crois ceux-là ?
Mais tais-toi !
C'est un triomphe. Voyons comment marcheront les demandes.
Une sacrée démonstration !
Je veux mon café avec deux verres d'alcool, ce matin.
Pour moi, deux cappuccinos. À la santé des travailleurs !
Et de ceux qui nous veulent du mal !
Bien dit !
MARCOCCI EST UN JAUNE
- M. Liverani ! - Salut, Sandrino !
M. Liverani, que veut dire "jaune" ?
Comment ?
Jaune.
Mais à quoi penses-tu donc ?
Vous me le dites ou pas ?
Laisse tomber !
À propos, tu as vu mon nouveau Guzzeto ?
J'avais pensé qu'un de ces jours...
Tu aimerais venir faire un tour avec moi ?
Tu montes devant et tu tiens le guidon.
Oui, merci.
Je vais à la maison.
C'est bien, vas-y.
- Au revoir ! - Salut !
N'oublie pas.
Je t'attends !
Oui !
Attention, Marcocci arrive !
Voilà son père !
Que fais-tu ici ?
Rentre à la maison.
Tu es sourd ? Rentre à la maison !
Papa n'allait plus travailler, et il restait peu à la maison.
Entre nous, à peine quelques mots.
Même pas une blague, rien !
La meilleure carte !
Sors la meilleure !
Adieu, ton trèfle !
Celle-là, elle gagne !
Celle-là aussi !
- Si tu ne joues pas... - Depuis que tu es marié...
C'est la faute des femmes ! Et toi, va à l'école !
Sandrino !
On fait la belle. Un demi-litre, Ugo !
Un demi-litre, Ugo !
- Un litre. Avec deux verres. - Joue à ma place.
Ça vient.
Sandrino !
Tu voulais me parler ?
Non, je cherchais papa.
Je ne le trouve pas.
On va le chercher ensemble.
Voyons un peu.
Viens avec moi.
Ici, il y a de bons bars.
Et ton père a une fine bouche.
Mon ami, le grand, fume le cigare.
Il boit du vin sec.
Tu ne bois pas ? Tu n'es pas un Marcocci.
Si tu le vois...
Je lui dirai.
Merci.
Essayons ici.
Voyons...
Il n'est pas là. Il est peut-être à la maison.
On s'est peut-être suivis sans le savoir, ça arrive.
Je ne lui fis pas comprendre...
Mais j'avais vu papa avec cette femme.
Pourquoi il restait là ? Pourquoi il ne rentrait pas à la maison ?
Sandrino.
Renato !
Salut, Sandrino !
Quelle beauté. Elle est neuve ?
Pas tout à fait.
- Elle fait du 100 à l'heure ? - Oui, c'est écrit ici.
Tu m'emmènes ?
Allons-y.
Je te cherchais, Sandrino.
Tu me rends un service ?
J'ai préparé des choses pour Giulia.
C'était chez moi.
C'est pour Giulia ?
Tu peux les lui apporter ?
Oui, mais je ne sais pas si elle sera contente.
Pourquoi ?
Avant, nous étions de la même famille, toi et moi.
Comment ça, avant ?
Tu es qui pour moi ? Mon oncle ?
Non, je suis ton beau-frère.
Mon beau-frère ?
Et moi, pour toi ?
Tu es mon beau-frère, Sandro.
- Même si je suis petit ? - Bien sûr !
Non ! Et même quand je serai grand, parce que Giulia...
n'est plus ta femme, n'est-ce pas ?
Nous sommes presque arrivés.
- Tu y arrives ? - Bien sûr !
C'est là-bas. Là où il y a les draps étendus.
Fais attention.
Ne lui dis pas que c'est moi qui t'envoie.
Sandrino !
C'est mon frère,
je ne l'ai pas vu depuis longtemps,
vous permettez ?
Oui, vas-y.
Merci. Viens, Sandrino.
Jette un coup d'œil, s'il te plaît.
D'accord.
Viens, Sandrino.
Comment vas-tu ? Tu as grandi.
Quelle odeur !
Ce sont les acides. On s'habitue.
Dis-moi, comment va maman ?
Tu ne m'en veux pas ?
Mais non.
Je sais que tout est arrivé par ma faute.
Je ne t'en ai jamais voulu.
C'est beaucoup mieux ainsi.
Je devrais même te remercier.
Pourquoi ?
Pour avoir provoqué ce changement.
Maintenant, je suis seule.
Et parfois,
je me sens triste.
Tu comprends ce que je veux dire ?
Mais mon âme est en paix...
Parce que j'ai fait
ce que je devais faire.
Quand tu seras grand, tu comprendras.
Que m'as-tu apporté ?
Il est tard, je dois partir.
Tu es bien pressé !
Ce sont des affaires à toi, je ne sais pas...
C'est maman qui t'envoie ?
Non, maman n'est au courant de rien.
C'est Renato,
il est dehors.
Je ne devais pas te le dire !
Bon, si tu dois rentrer...
Ne dis rien à Renato.
D'accord ?
- Comment va-t-elle ? - Bien.
Elle ne t'a rien dit ?
Sur toi, non.
Salut.
À bientôt. Tu sais où me trouver.
Salut.
Juste une chose !
J'ai compris, je ne dois rien dire à personne !
- Maman ? - Oui.
Tu me laisses entrer ?
Qu'y a-t-il ?
J'ai vu Giulia aujourd'hui.
Je lui ai apporté un paquet avec Renato.
Je ne devais pas te le dire.
Que dit-elle ?
Un dimanche, elle m'emmènera au cinéma. Tu me laisseras ?
Mais dis-moi, Giulia...
comment elle t'a semblé ?
Elle était contente ? Heureuse ?
Oui, elle a dit que maintenant, elle était sereine.
Et que je comprendrai quand je serai grand.
Mais je veux comprendre maintenant !
Qui avait raison ? Giulia ou papa ?
Tous les deux.
C'est toujours comme ça, les disputes.
Alors on ne fait jamais la paix...
Mais si tous les deux ont raison et qu'aucun ne cède jamais...
Le problème est que...
On passe des années ensemble, mais on ne se parle pas assez.
On reste fâché pour des sottises.
Parler un peu suffirait,
mais personne ne le fait.
Alors on vit avec de la rancune et on s'empoisonne la vie
petit à petit, sans s'en rendre compte...
jusqu'à ce qu'arrive ce que tu as vu.
Et il est difficile de faire la paix.
Et on reste seul en disant qu'on est tranquille.
Alors ce n'est pas vrai que Giulia va bien ?
Elle n'est pas bien,
comme chacun d'entre nous.
Ni ton père, ni Marcello,
ni même toi.
Désormais,
il ne règne plus la paix dans la maison.
Ne pleure pas, maman !
Un paysan achète un champ de 327 m de long et 81 de large.
Combien de mètres carrés fait-il ?
Marcocci Alessandro.
Passage dans la classe supérieure.
J'avais réussi.
Maintenant, je pouvais parler avec papa.
J'avais quelque chose à lui dire.
On pouvait faire la paix et rentrer à la maison ensemble.
J'avais travaillé exprès pour ça.
Sandrino !
Viens !
Assieds-toi !
Tu as mangé ? Tu veux quelque chose ?
Bon, alors un peu de vin.
Patron, un autre verre !
Ça fait un moment qu'on ne boit plus ensemble, hein ?
- Comment m'as-tu trouvé ? - Je t'avais déjà vu ici.
Tu aurais dû entrer !
Tu n'étais pas seul.
Papa... au raisin !
Assieds-toi plus près.
Comme ça.
Tu sais...
Je...
Ça fait longtemps que je voulais te parler.
Mais d'homme à homme.
Écoute, Sandro...
Tu te souviens de ce jour dans les escaliers ?
Regarde-moi.
Je ne suis pas un jaune.
C'était écrit, je le sais, mais ce n'est pas vrai,
je ne suis pas un jaune.
C'est que...
C'est difficile à expliquer.
C'est qu'on se croit important...
et puis on se rend compte que ce n'est pas vrai.
Et alors...
Tout s'écroule !
Gigi Liverani ne croit pas que tu es jaune.
Tu l'as vu ?
Oui, chez M. Ugo, avec les autres.
À cette heure, ils doivent y être tous.
Tu sais...
J'ai souvent pensé retourner chez Ugo.
Je me disais : J'y vais,
j'ouvre la porte et je dis...
"Cassez-moi la figure, et après, on se serre la main !"
Viens ici.
Donne-moi un bisou.
Marcocci, il m'est arrivé un tonneau...
Une merveille !
Le bon vin est seulement pour lui ?
Pas pour nous ?
On ne sait pas jouer à ça, nous ?
L'argent d'Andrea vaut plus que le nôtre ?
Il y en a pour tout le monde !
Si ça ne suffit pas, il y en a encore !
Je vous l'offre ! Goûtez !
Et venez me dire qu'on ne boit pas bien chez moi !
Buvez ! C'est offert par la maison !
Et pour moi, rien ?
C'est de l'or !
Il dit qu'il n'y a pas un tonneau tout à nous !
C'est Ugo qui offre !
Et qui d'autre ? Santé, les gars !
Santé !
Papa !
"Cher Marcello, papa va mieux,
"mais il doit encore rester au lit.
"Ça fait déjà 3 mois, et c'est bientôt Noël."
Sara !
Je viens.
Voici la clé, M. Renato, et joyeux Noël !
Joyeux Noël.
- Meilleurs vœux. - Merci. Joyeux Noël.
Giulia !
Meilleurs vœux. Joyeux Noël !
À toi aussi !
Tu viens danser avec nous ? Je t'attends !
Joyeux Noël !
Joyeux Noël !
Merci. Joyeux Noël !
Giulia !
Pourquoi es-tu venu ?
Je devais te voir.
Je voulais te dire...
Joyeux Noël...
de tout cœur.
Merci, Renato.
Plus par là !
Maman, encore 10 lires !
Je n'ai plus de monnaie. Et ferme la fenêtre.
Papa !
Tu es fou ?
Papa, comme tu es grand !
Tu es lourd !
Pourquoi t'es-tu levé ?
C'est Noël pour moi aussi !
Et puis ce soir, je me sens mieux.
Beaucoup mieux.
C'est rien,
c'est passé.
Ce soir, je veux manger comme il faut. Qu'y a-t-il ?
Pour toi, j'avais...
Mais non ! J'en ai assez des bouillons !
Tu comprends que je vais mieux ?
Bien sûr... je suis faible.
C'est pourquoi je dois manger !
Même boire une goutte,
c'est bon pour le sang !
Je ne sais plus quel goût il a !
- Il est bon. - Je l'ai pris à la coop.
Bravo !
Pourquoi mange-t-on dans la cuisine ? Quelle tristesse !
Allongeons la nappe. Aide-moi à débarrasser !
Enlève cuillères et serviettes !
Allez, Sandro, dépêche-toi !
Prends ça et tire vers toi.
Tire, allez !
Là, c'est du sérieux. Nous aurions pu manger à côté.
C'est que... nous sommes seuls.
Ce n'est pas une bonne raison !
J'oubliais le meilleur.
Comme ça, c'est bien.
Maman ici... toi, là.
Il y en a, de la place !
J'y vais, papa !
Qui cela peut-être ?
Je peux ?
Joyeux Noël à toute la famille.
Madame Sara. On peut saluer ce vieil ours ?
- Comment ça va, Andrea ? - Bien.
Dans un moment, ça ira encore mieux !
Mais enfin...
Sois calme, hein ?
Papa...
Marcello dit qu'il ne part plus.
Marcello...
Il faut trinquer tout de suite, hein, Andrea ?
Bien sûr !
Marcello, mets-toi à l'aise. Sara, aide-le, vite.
Toi, débouche-moi ça. Enlève ton chapeau.
Tu me décoiffes !
Les verres !
Sara, pour une fois, prends les beaux verres.
Nous avons un service en cristal pour 12
et je n'y ai jamais touché.
Elle les garde sous clé, comme une relique !
Tu connais ta mère...
Alors sortez tout le service, parce que dans un moment...
une bande d'amis va arriver. Désolé, mais ils ont insisté...
Très bien, mais il faudra du vin !
Sara, va en chercher.
Ils ne viendront pas les mains vides !
Allez ! Meilleurs vœux !
Joyeux Noël !
Joyeux Noël, Marcocci ! Joyeux Noël à tous !
Joyeux Noël !
Meilleurs vœux !
Meilleurs vœux, madame ! Joyeux Noël !
Merci, madame.
Madame...
Ce n'est rien ! C'est la fête !
Quelle belle surprise !
Meilleurs vœux !
Meilleurs vœux, madame !
Venez, venez !
Meilleurs vœux !
Posez ça où vous voulez, si vous trouvez de la place !
Que ceux qui veulent entrer, entrent !
Salut, Sandrino !
Gigi !
Qui est la petite brune qui danse avec Marcello ?
Je crois que c'est la fille de Benedetti.
Le chef de la gestion.
Tu as changé en quelques mois.
Toi, tu es toujours le même. Tu repars ?
Non, je reste.
Tu sais que tu danses bien ?
Allez !
Tiens, continue...
- Comment ça va, Andrea ? - Bien...
Qui est-ce ?
C'est Giulia ?
Giulia... ma petite fille !
Mais bien sûr. Merci, Giulia...
Je m'en doutais.
Tout à l'heure, je pensais...
Bien sûr, mais...
Je voulais te dire que Marcello est là.
Maman te l'a déjà dit ?
Il danse. Il y a plein de monde !
Si tu voyais...
Tous !
Vraiment tous, Giulia.
La maison est pleine d'amis.
Mais tu ne...
Après la messe ?
Avec Renato ?
J'y compte. Avec Renato.
On t'attend.
Il ne manque que toi, mon enfant.
Viens, Marcocci !
Au revoir. Meilleurs vœux et joyeux Noël !
Au revoir !
Salut, Andrea !
Merci pour tout.
Merci à vous. C'était une magnifique soirée.
Au revoir.
- Au revoir ! - Salut, petite !
Salut, papa. Salut, maman.
Au revoir !
Marcello !
Tiens, couvre-toi. Cet imperméable est léger.
Prends un nougat au chocolat pour maman.
D'accord.
Attends... tu as de l'argent ?
Je t'en prie, papa...
Rentre, il fait frais.
Au revoir !
Au revoir !
Il y a longtemps que je n'ai pas passé un Noël comme ça.
Mais combien étaient-ils ?
Va savoir.
C'est vrai...
qu'il faut aller mal pour apprécier les gens.
Allonge-toi à présent.
Attends, je le fais.
Laisse-moi faire, tu t'es assez fatigué.
Tu as des cheveux blancs... Il était temps !
Mais tu me plais quand même.
Tu me plais quand même, tu sais ?
Allonge-toi.
Je te fais un café. C'est bon pour le cœur.
Sara, apporte-moi ma guitare.
Ne te fatigue pas.
Je veux te jouer une sérénade.
Seulement pour toi.
Ne parlons pas de toutes ces histoires à Giulia.
Comme si ce n'était jamais arrivé.
Quand Marcello travaillera, on achètera une nouvelle cuisine.
Avec un four !
Dès que tu iras mieux, on ira voir les grands-parents.
Ils ont été très gentils avec Marcello.
Partons tous ensemble.
Giulia aussi !
Le voyage est gratuit. On a les billets...
et chaque année, on n'en profite pas.
Andrea, tu dors ?
Je n'ai plus vu papa. Ils ont dit qu'il était serein.
Maman et Giulia ne l'avaient pas remarqué,
parce que papa semblait dormir et sourire.
Bien du temps a passé depuis.
Maman dit que la maison lui semble plus grande.
Moi, le matin, au réveil,
je regarde toujours le grand lit...
Puis je déjeune en vitesse.
Comme quand il finissait de se raser
et me disait : "Vite, le train ne va pas m'attendre !"
Sandrino !
Salut, Marcello !
Bonjour, madame.
Allez, Marcocci !
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